Autor Thema: Saga  (Gelesen 2025 mal)

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Offline limeye

  • Simon Wright
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Saga
« am: 9. Mai 2014, 14:36:48 Uhr »
Hello  :) !

Je vous rassure tout de suite, je n'abandonne pas la publication de De couleurs en parfums, cette histoire est d'ailleurs entièrement rédigée, donc vous allez pouvoir la lire au fur et à mesure de sa publication. Mais j'ai commencé une autre looooongue  ;D histoire, dont je vais commencer à vous proposer la lecture. C'est un mélange d'inspirations de toutes sortes, sorte d'épopée mystico-médiévale. Un peu fantastique aussi, un peu beaucoup romantique également (spéciale fleur bleue  [flower]) et grillpoline de service [jump].

Cela pourra se rapprocher de Mémoires oubliées et de Seules contre tous à certains passages. J'espère que cela vous plaira !

Ah oui, je manque cruellement d'inspiration pour le titre, alors pour l'heure, je me contente d'un modeste "Saga" (mais est-ce modeste d'apposer un tel titre pour une histoire  ???)

bizz et belle journée  :)

Limeye  :)


Introduction

- Vous êtes certaine que je doive descendre là-dedans ?
- Oui, Owen. Il le faut. Ce sera la dernière épreuve, pour aujourd’hui.

L’adolescent regarde avec circonspection le puits sombre et humide qui s’ouvre devant lui. Il va pour prendre son épée, mais sa Maîtresse retient son bras.

- Non. Tu dois descendre sans. Tu n’en auras pas besoin. Tu auras seulement besoin de ce que tu es. Pour devenir ce que tu seras.

Il prend une profonde inspiration, puis défait la ceinture qui lui ceint la taille et à laquelle est fixée l’arme de son Ordre. Enfin, celui auquel il appartiendra si le Grand Maître le juge capable. Et pour cela, il faut qu’il entre dans ce trou. Sans son arme. Il a appris à la manier, il est même déjà parmi les plus habiles et les plus rapides. Il lui est arrivé de surprendre l’un des Maîtres Enseignants. Pas sa Maîtresse. Elle a encore l’ascendant sur lui.

Adena se saisit de la ceinture, encourage d’un petit sourire et d’un léger signe de tête son disciple. Le Grand Maître place beaucoup d’espoir en lui. Depuis plusieurs années qu’elle le forme, elle le sait capable de répondre à cette attente. Elle sait aussi, déjà, que son destin sera, comme pour chacun d’entre eux, particulier. Mais cette dernière épreuve va être déterminante.


Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Saga
« Antwort #1 am: 10. Mai 2014, 04:59:38 Uhr »
Coucou Limeye!

J'adore les histoires "spéciale fleur bleue  [flower] et grilpoline de service"  [jump]! Celles qui nous font fondre et sortir le kit de nettoyage...  [beam] Surtout quand elles sont looooongues...  ;D

Tu vas nous faire éprouver beaucoup de [eyeheart] [bussi] [knuddeln] [loveu] [heart], j'espère... avec une fin limeyesque, j'espère aussi!

 J'ai beaucoup aimé la phrase "Tu auras seulement besoin de ce que tu es. Pour devenir ce que tu seras." Elle parle beaucoup, et elle dissimule beaucoup à la fois...

 [jump] [jump] [jump] [jump] [jump]

Bizz Vizz
Flamme
 [flower] à grandes racines profondes...

Offline O-tho

  • Joan Randall
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Re: Saga
« Antwort #2 am: 10. Mai 2014, 05:46:31 Uhr »
Coucou Limeye,

Eh bien tout comme Flamme, je me rejouis de lire ta nouvelle histoire a genre multiple! Pour le titre, t'en fais pas, Saga veut dire looong...et on ne s'en plaindra pas!

Debut fort prometteur et intrigant.... ;D

O-tho [goodjob] [jump] [jump] [jump]

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Saga
« Antwort #3 am: 10. Mai 2014, 10:18:35 Uhr »
Coucou les filles !

merci à vous ! O-tho, c'est un peu à cause de toi que je me lance à nouveau (car je considère que Seules contre tous était un peu de cette veine) dans ce style d'histoire...

j'espère être à la hauteur de vos attentes !

voici déjà le début du premier chapitre...

bizz et belle journée à vous  [flower]

Limeye  :)


Chapitre 1 : Le couronnement

La lourde porte de la Salle des Morts se referme derrière la toute jeune fille. Là, désormais, repose son père auprès de sa mère. Elle fait encore quelques pas, seule, dans le corridor. Puis s’arrête.

Elle a douze ans. Demain, elle sera reine. Reine d’un peuple triple, une partie vivant en surface, l’autre, sous la mer, la troisième, dans les airs. D’aussi loin qu’il lui ait été raconté, le souverain - ou la souveraine - a toujours été un membre de la surface. Mais le Conseil se compose à parts égales entre gens de la Mer, gens de la Terre et gens de l'Air.

Sa longue chevelure sombre retombe sur ses épaules. C’est la dernière fois qu’elle porte ainsi ses cheveux, libres, aux yeux des siens. Elle n’est pas encore très grande pour son âge, et paraît bien fragile dans son lourd vêtement de deuil. A son front, une simple petite couronne de diamants blancs, preuve de son rang royal.

Elle s’arrête alors qu’il lui reste encore quelques pas à faire dans le corridor. Elle s’est longtemps recueillie, seule, sur le cercueil de son père. Elle s’est aussi agenouillée auprès de celui de sa mère. Tant qu’elle demeure, ici, dans la Salle des Morts, elle est encore une simple princesse, une petite fille. Mais quand elle franchira la porte du long corridor, éclairé de grandes torches où seuls les prêtres et les membres de la famille royale peuvent entrer, elle ne sera plus Kaïra. Elle sera déjà Altesse, Majesté.

**

Dès le matin, on la prépare. Elles sont quatre. Quatre suivantes à l'entourer, à l'avoir baignée, puis elles commencent à la revêtir des vêtements du sacre. Ceux qu'elle ne portera qu'une seule fois dans sa vie. On l'habille d'abord d'une fine tunique si légère et si douce qu'elle a le sentiment de ne rien porter encore sur elle. La tunique lui tombe à mi-cuisses, mais l'une des suivantes lui noue rapidement une ceinture de même facture autour de la taille, pour la lui plaquer plus près du corps. Une autre lui présente un pantalon, de même matière. Puis c'est une lourde robe, jaune, bleu et rouge, dont les pans tombent sous ses bras comme si ces derniers devenaient des ailes d'insectes. Elle se demande si elle pourra seulement bouger avec cette robe. Elle comprend alors qu'elle sera liée au destin de son peuple comme les pans de la robe sont liés entre eux. Sur ses épaules, on place une longue cape, rouge, brodée d'or. Pendant ce temps, une autre suivante lui présente de jolies bottes d'un cuir souple et agréable. Au moins, songe-t-elle, ses pieds seront à l'aise.

Enfin, deux de ses suivantes s'occupent de ses cheveux. Elles passent une heure à la coiffer, savamment. Sa longue et épaisse chevelure est divisée en trois parties, une plus volumineuse au milieu, qui lui tombe sur le dos et les reins, les deux autres sur les côtés. L'une des suivantes s'empare des cheveux du dos, et les tresse. L'autre suivante réalise une savante coiffure avec ceux qui sont restés sur les côtés, les nattant, puis les enroulant et les fixant sous la tresse principale. Dans les cheveux, que ce soit sur le côté ou dans le dos, ont été passés des fines lanières blanches, qui se mêlent aux volutes. Elle se souvient de la coiffure de sa mère, alors qu'elle était encore toute petite. C'était la même.

- Majesté ?
- Oui, Nuka ?
- Pouvez-vous pencher un peu la tête, s'il vous plait, vers l'avant, que je place votre voile.

La très travaillée chevelure est en effet recouverte d'un voile léger, blanc et transparent. La jeune suivante qui s'est occupée de sa tresse principale, Nijma, la fait retomber sur son dos et ses épaules. Kaïra est prête. Elle ne porte aucun bijou.

Elle descend la petite estrade, au milieu de son cabinet de toilette, sur laquelle on l'a préparée. Nuka s'approche de la porte, attend un mot de la princesse.

- Allons, souffle-t-elle, déjà émue.

Mais elle sort de ses appartements avec fierté, d'un pas posé, mais assuré. Les deux gardes qui se trouvent à sa porte saluent en claquant les talons et en abaissant leur épée vers le sol à son passage. Ils ne reprendront leur position de veille qu'une fois qu'elle et ses quatre suivantes seront arrivées au bout du couloir où les attend le Premier Conseiller.

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Frégo80

  • Joan Randall
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Re: Saga
« Antwort #4 am: 10. Mai 2014, 19:37:36 Uhr »
Coucou Limeye!

Cette saga promet! J'ai hâte de lire la suite! [jump] [jump] [jump] [jump] [jump] [starwars]. Ça va être épique! [flower]

A+

Frégo 8)

Offline limeye

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Re: Saga
« Antwort #5 am: 10. Mai 2014, 23:19:31 Uhr »
Coucou Frégo !

oui, ça promet d'être très épique ! J'ai quelques chapitres d'avance et ça commence à être assez mouvementé en effet...  ;)

mais voici une suite !

bizz

Limeye  :)


- Majesté, s'incline-t-il respectueusement. Etes-vous prête ?
- Je le suis, Seigneur Van'dal.

Il fait un simple signe et plusieurs gardes viennent se placer de chaque côté de la future reine. Les suivantes s'écartent, elles n'ont pas à la suivre durant la cérémonie, mais devront se tenir prêtes pour son retour, dans quelques heures.

L'intérieur du palais lui semble calme, presque silencieux. Elle perçoit cependant une rumeur, provenant du dehors. Elle devine que tout son peuple est rassemblé sur l'immense place devant le palais, mais aussi dans le lac profond qui borde la place. Dans les airs, très certainement, seront présents ceux qui ne peuvent toucher le sol.

Lorsque leur petit groupe approche de ce qui est habituellement le hall d'entrée immense du palais, ne s'y trouvent que deux êtres que tout différencie. L'un possède de grandes et fines ailes dans le dos, si fines qu'on dirait qu'un souffle de vent peut les briser, et pourtant, elles peuvent résister aux plus violentes tempêtes. Très grand et élancé, ses yeux sont clairs et ses cheveux tout autant. Ses pieds ne reposent pas au sol et il plane à un mètre environ de celui-ci. A ses côtés se tient un être qui ressemble à un dauphin, au visage humain, mais dont les petites nageoires sont des bras et des mains raccourcis. Il "flotte" dans un grand récipient, sorte de large marmite, posée sur un support avec quatre roues. Deux humains sont chargés de l'aider à se déplacer. Hors de l'eau, il ne pourrait survivre plus de deux à trois minutes, et il effectue régulièrement de petites plongées pour s'immerger totalement.

- Majesté, nous vous saluons, s'incline l'être aérien en se penchant très souplement vers le sol.
- Bien à vous, Seigneur Lorrek.
- C'est un grand honneur pour moi d'être à vos côtés aujourd'hui, intervient la voix grave de l'être des eaux.
- Je vous salue de même, Seigneur Flumir.

La jeune princesse a répondu à leur salut avec un léger signe de tête.

- Votre peuple vous attend, reprend Lorrek de sa voix légère.

Le petit groupe s'engage alors à traverser l'entrée. Puis, sur un signe du Premier Conseiller, une sonnerie de cors, grave, se fait entendre.

- Les portes vont s'ouvrir pour une princesse et se refermeront sur une reine, dit Flumir.

Kaïra se tourne légèrement vers lui et lui sourit. Elle ne connaît pas encore très bien les trois Conseillers, mais sait qu'ils ont été désignés par leurs peuples respectifs pour l'assister, comme ils ont, hier, assisté son père.

Les portes du palais s'ouvrent lentement alors que les cors sonnent encore. Un grand silence accompagne les premiers pas du petit groupe qui s'arrête en haut des marches, descendant vers la grande place. Là, d'autres personnes attendent, dont une femme, grande, déjà âgée, mais au maintien très raide et très strict. Son visage est fermé, sévère. Mais ses yeux sont plein de bonté et d'attentions pour la future souveraine. Elle est la première à s'avancer et à saluer, d'une profonde révérence, la jeune fille.

- Mes hommages, Majesté.
- Je vous salue de même, Dame Hilayna, répond Kaïra.

Aux côtés d'Hilayna se tiennent un homme à la peau légèrement jaune et une femme à la peau noire. Tous deux sont vêtus d'un grand manteau blanc, à leur ceinture se trouve une longue épée. Ils sont les seuls, avec les gardes, à être autorisés à porter une arme en présence de la future reine et de ses Conseillers. Tous deux s'avancent vers elle et la saluent avec un respect empreint d'une certaine lenteur. De ces deux personnes se dégagent une sagesse et un savoir peu communs.

- Majesté, nous avons été envoyés par le Grand Maître pour représenter l'Ordre des Gardiens des Origines. Voici Maîtresse Akama. Je suis Maître Olaf.
- Bienvenue à vous. Je serai heureuse de m'entretenir avec vous après la cérémonie.
- Nous sommes à votre service, Majesté, saluent-ils à l'unisson, en reculant pour reprendre leur place.

Derrière eux trois se trouvent quelques gardes et participants du protocole qui saluent à leur tour. Puis le petit groupe formé de Kaïra et des trois conseillers - plus les deux accompagnants de Flumir -, s'avancent jusqu'en haut des marches. Kaïra peut voir la foule rassemblée. Elle est impressionnée. Tous ces gens sont là pour elle, mais aussi pour eux-mêmes. Elle va devenir leur souveraine, celle qui va devoir prendre en main la destinée de leurs trois peuples. Depuis qu'elle est enfant, elle a été formée à cela, mais elle ne s'attendait pas à devoir endosser si vite ce rôle. Nul n'aurait pensé que son père aurait été terrassé par un mal que les plus grands médecins n'ont pu soigner. Un instant, cela lui fait peur.

Van'dal, le Premier Conseiller s'avance un peu plus et prend la parole. Sa voix porte loin.

- Bienvenue à vous tous, Peuple de l'Eau, Peuple de l'Air, Peuple de la Terre. Notre roi Gondir nous a quittés. Mais sa fille, la princesse Kaïra, se présente aujourd'hui devant vous pour assurer la continuité de nos destins communs. Elle sera secondée par un représentant de chacun de vos peuples, ici présents. Les Conseillers auront la charge de l'aider à prendre nombre de décisions concernant notre avenir, mais ils devront aussi, à intervalle régulier, rendre compte de leur travail et de leur mission devant chacun de leurs peuples. S'ils ne remplissent pas leur rôle, ils pourront être remplacés selon les lois en vigueur.

Le Conseiller marque un temps de silence, que chacun ait bien conscience de son devoir envers tous, puis il reprend :

- Nous allons procéder maintenant à la cérémonie du sacre. La princesse Kaïra va prendre les engagements.

Kaïra, petite silhouette soudain fragile, s'avance. Dame Hilayna la fixe. L'enfant qu'elle a élevée depuis la mort de la reine Kehma va devenir reine. Elle l'écoute prononcer les engagements avec appréhension et fierté mêlées. La voix est celle d'une enfant de son âge, mais son ton est déjà ferme. Son maintien est droit. Hilayna frémit : la princesse est en train de devenir reine, et cela s'incarne véritablement sous ses yeux, sous les yeux de tout son peuple. "Elle sera une grande souveraine", songe-t-elle.

- ... et de vous, je serai redevable, termine la fillette.
- Longue vie à la reine !, lancent à l'unisson les trois Conseillers.
- Longue vie à notre reine !

Le cri a fusé de tous les cœurs.

Le Seigneur Lorrek s'approche de la reine, suivi par une jeune fille qui porte la couronne, posée sur un coussin de velours sombre. C'est le tour du représentant du Peuple de l'Air de couronner un souverain du royaume.

**

Un grand banquet est donné à l'issue de la cérémonie. Plusieurs représentants des différents peuples sont présents, aux côtés des trois Conseillers. Les deux Gardiens des Origines sont là également. Des plats issus de la gastronomie des trois peuples sont servis à tous. La jeune souveraine mange sans grand appétit, encore marquée par l'engagement qu'elle a pris. Maître Olaf est assis à sa droite et devine la tension qui habite la toute jeune fille. Il se penche un moment vers elle et lui dit :

- Majesté, ce jour est important pour vous, comme pour les trois entités de votre peuple. Soyez assurée que notre Ordre sera toujours présent à vos côtés, pour vous soutenir et vous aider.
- Merci, Maître Olaf. C'est une lourde charge qui pèse maintenant sur mes épaules.
- Vous y avez été préparée. Votre père était un grand roi. Vous avez sa sagesse.

Elle le regarde un peu étonnée. Elle, elle ne se sent pas vraiment "sage". Le regard du Gardien est empli de bonté. Ce regard la rassure, la réconforte. Certainement, le Gardien dit la vérité.

Lorsque le repas se termine, la jeune souveraine se retire dans la Salle du Conseil. Les trois premiers Conseillers sont présents, ainsi que les deux Gardiens des Origines. Maîtresse Akama lui sourit avec bienveillance. Puis prend la parole.

- Majesté, Conseillers, dit-elle d'une voix un peu cérémonieuse, nous avons assisté à votre couronnement et rendrons compte à notre Grand Maître du déroulement de la cérémonie. Notre présence vous assure le soutien des nôtres pour les années à venir. Quelles que soient vos difficultés, nous serons à vos côtés, c'est notre rôle.
- Je vous remercie et vous demande de transmettre aussi mes remerciements au Grand Maître, répond la jeune reine.

Maître Olaf prend à son tour la parole :

- Messieurs, dit-il en s'adressant aux Conseillers, je demande à ce que nous restions seuls, un instant, avec la reine. Ce ne sera pas long.

Tous trois échangent un regard, puis le Premier Conseiller, Van'dal, acquiesce.

- Venez, dit-il simplement à l'adresse de ses homologues.

Une fois la lourde porte de la salle refermée, Maître Olaf s'approche de la reine et s'agenouille devant elle.

- Majesté, ce que nous allons vous dire doit demeurer secret. Vous ne devrez parler de cela à quiconque, hormis l'un ou l'une des nôtres.
- Je le ferai.
- Je vous remets un disque sacré, au premier abord, nul ne peut l'identifier comme tel. Mais prenez-en soin et gardez-le caché auprès de vous. Il vous permettra de nous alerter en cas de besoin. Il vous suffira de vous placer près d'une source de lumière, ce qui en fera changer la couleur. Ainsi nous saurons que vous nous appelez. Et nous irions plus vite qu'un messager.
- Je comprends, Maître Olaf.
- Majesté, intervient Maîtresse Akama. Vous seule devez l'utiliser. Il ne doit pas tomber en de mauvaises mains.
- J'y veillerai, Maîtresse Akama.

Cette dernière s'incline. Son compagnon se dirige vers les portes, après s'être assuré que la jeune souveraine a soigneusement caché dans le pli de sa robe le disque, rangé dans une petite pochette de cuir souple. Les trois Conseillers peuvent revenir siéger.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Saga
« Antwort #6 am: 12. Mai 2014, 11:48:49 Uhr »
Chapitre 2 : L'Ile de la destinée

Cela fait maintenant trois saisons que le jeune Owen a survécu à l'épreuve décisive. De ce qui s'est passé, il n'a pu en parler avec sa Maîtresse. Seul, peut-être, le Grand Maître pourrait répondre à ses questions. Il se peut aussi qu'il choisisse de ne pas les poser ou que le Grand Maître décide de ne pas y répondre. Il ignore encore quel sera son choix à ce sujet, mais il est déjà certain d'une chose : il n'oubliera pas ce qui y est arrivé. Depuis ce jour, il perçoit aussi le monde qui l'entoure d'une manière différente. Il avait été préparé à cette perception nouvelle, il le comprend désormais, grâce aux longues années d'études et de formation inculquées par sa Maîtresse.

Allongé sur la couche où il dort depuis sa plus jeune enfance, depuis qu'il a été "pressenti", ses yeux ouverts fixent le plafond de la petite chambre. C'est la dernière fois qu'il dort ici, de toute sa vie. Dans quelques heures débutera la dernière épreuve, celle qui le fera à son tour Gardien des Origines. De cette épreuve, Adena n'a pu lui dire grand-chose. Ou plutôt, elle lui en a parlé comme elle lui a toujours parlé depuis qu'il lui a été confié. Il n'a pas été surpris de sa réponse. Cela fait longtemps qu'Adena ne le surprend plus dans ses réponses.

C'est aussi la seule épreuve dans laquelle elle ne l'accompagnera pas. Hier soir, ils ont parlé tous deux, plus ouvertement qu'elle ne l'avait fait jusqu'alors. Il sait qu'il aura l'occasion de la revoir. Mais leurs relations seront désormais différentes. Elles seront d'égale à égal, et non plus de maîtresse à disciple.

A quelques heures de ce moment si important pour toute sa vie, il revoit ce jour où, alors qu'il était encore tout petit, était arrivé au village un homme, grand, vêtu comme le sont tous ceux qui font partie de l'Ordre. Un silence étrange avait couru entre les ruelles, jusqu'aux plus profondes caves, dans les moindres recoins. Les villageois s'étaient tous rassemblés, même les infirmes, même les malades. Le chef du village avait été le premier à saluer le grand Gardien. Celui-ci l'avait salué encore plus respectueusement.

- Bienvenue à vous, Maître Ogav, c'est un grand honneur pour nous de vous recevoir.
- Bien à vous, Sage Kigour. C'est un grand honneur pour moi de venir jusqu'à vous. Notre Grand Maître, Sage parmi les Sages, m'a envoyé jusqu'à vous. Il a perçu un écho parmi les vôtres.

Owen se souvient très bien du regard étonné de Kigour. Il n'avait à l'époque que trois ans. Il était appuyé contre les jambes de sa mère, elle avait posé ses mains sur ses épaules. Le cavalier s'était retourné et s'était avancé jusqu'à eux, pour saluer sa mère comme il avait salué Kigour, puis il s'était agenouillé devant lui. Leurs regards s'étaient croisés. Les yeux d'Ogav étaient d'un bleu perçant et il avait eu le sentiment qu'à travers ce regard, Ogav voyait tout de lui. Ogav l'avait ainsi fixé pendant un long moment, Owen est incapable de dire combien de temps cela avait duré. Puis il s'était relevé, s'était retourné vers Kigour, et avait alors prononcé des mots qui ont résonné sur les murs du village, comme le silence peu auparavant s'était propagé.

- Cet enfant est un Appelé. Il doit venir avec moi auprès du Grand Maître.

Un Appelé ! Il était un Appelé ! Il ne comprenait pas ce que cela voulait dire, ce que cela impliquait, mais il se souvient parfaitement de la pression des mains de sa mère sur ses épaules. Il revoit aussi le regard, fier, heureux, de Kigour. Il entend encore les murmures des siens.

Ils étaient partis quelques heures plus tard, lui assis devant Ogav, se tenant à la crinière du beau cheval qu'il montait. Il avait quitté son village, les siens, pour une longue traversée de la contrée. Jusqu'à cet endroit, au cœur de la Grande Forêt, où se trouvait le Conseil des Gardiens. C'était là qu'il avait suivi une grande partie de sa formation. A y repenser, celle-ci avait commencé durant le voyage avec Ogav, mais il n'en avait pris conscience que plusieurs années après. Il pensait qu'Ogav serait son Maître, mais à peine étaient-ils arrivés qu'ils avaient été reçus par le Grand Maître et que celui-ci l'avait confié à Adena. Et hier était la dernière journée où il était son disciple.

Il n'a pas vraiment peur de ce qui est à venir, hormis la dernière épreuve, il est plutôt curieux et intrigué de ce qu'il aura désormais à faire. Des missions diplomatiques, pour le compte du Grand Maître, ou à la demande des différents peuples de leur monde. Il pourra aussi être amené à soigner, à apporter paix et sagesse. Il sera aussi en perpétuelle écoute avec les éléments, liens entre ce monde, vivant, palpable, et celui des forces de la nature : eau, terre, feu, air. Il a appris à maîtriser chacun, à sentir la vie entre tous. Aucun n'est dominant, tous sont partenaires, complémentaires pour assurer la cohésion du monde. Leur Ordre est exigeant, il demande l'oubli de soi, l'abnégation, l'altruisme. Il exige la générosité, l'ouverture d'esprit, il fait appel à l'intelligence et à la sagesse. Il apporte une connaissance inégalée et des savoirs qu'aucun autre être ne peut acquérir. Cavalier infatigable, combattant hors pair, guérisseur, il possède désormais toutes ces qualités, tous ces savoirs. Il lui reste à ouvrir son propre esprit au monde inconnu, fluctuant, des ombres. L'épreuve du puits l'y a préparé. Mais une chose le rassure : si Adena ne sera pas avec lui, le Grand Maître, lui, le sera.

Il tourne son visage vers la petite ouverture. Il aperçoit les étoiles à la clarté si pure et si douce. Il sourit légèrement. Il se souvient encore du jour où, après une longue chevauchée, à travers un paysage accidenté, lui et Adena étaient descendus dans une gorge profonde. Ils avaient remonté le lit d'une rivière assez large, jusqu'au soir. Puis ils s'étaient arrêtés sur la rive, à un endroit où s'était formée une petite plage. Jusque là, ils avaient chevauché soit dans la rivière même, soit sur des galets. C'était la première plage qu'ils rencontraient. Ils avaient fait un petit feu, à leur manière. Adena lui avait demandé s'il sentait l'esprit du feu, de l'eau, de l'air et de la terre. Il s'était plongé dans une grande réflexion, laissant partir ses propres perceptions sensorielles pour ne plus se concentrer que sur son ressenti profond, son essence vitale. Puis il avait redressé la tête et avait acquiescé. Adena n'avait rien dit, souriant simplement. Elle l'avait alors invité à manger un peu, puis lui avait dit :

- Owen, regarde autour de nous. Malgré l'obscurité, tu "vois" ce qui nous entoure. Décris-moi ce lieu.
- Face à nous, il y a une haute falaise de couleur rouge qui flamboie quand les rayons du soleil s'y posent. Par endroits s'accrochent quelques arbustes. Derrière nous, une autre falaise, de couleur noire. Par là coule la rivière au chant sourd et joyeux. Son lit est régulier, sauf vers notre gauche, où s'ouvre comme une trouée, comme si quelque chose avait écarté les pans des falaises, créant ainsi un petit cirque. Celui-ci se referme par une autre haute falaise d'où se jette une cascade jamais à sec, même parmi les temps les plus chauds.
- Bien, Owen. Nous sommes à l'un des endroits d'union des éléments. Tu vas avoir un choix à faire. Lève les yeux et choisis ton étoile. Tu as le temps, ne te précipite pas. Choisis-la bien. Elle sera ton guide dans ce monde et dans l'autre quand tu t'y aventureras.

Il avait levé les yeux vers la voûte étoilée. Respirant lentement, il avait longuement regardé les dessins formés par les constellations. Il connaissait leurs noms depuis longtemps, il avait commencé à les apprendre avec Ogav. Adena lui avait appris ce qu'il en ignorait encore. Il savait que chacun des Gardiens des Origines possède sa propre étoile. Même les esprits de ceux qui ne sont plus restent attachés à leur étoile. Il en sera de même pour lui, jusqu'à la fin des temps. Il en avait choisie une, non loin d'un amas brillant, assez facile à repérer. Mais la sienne semblait comme en chemin vers un alignement d'autres étoiles. Adena avait souri quand il lui avait révélé son choix.

- Elle est très belle.
- Sa lumière est douce.
- Tu peux dormir, maintenant.

Par la fenêtre, il la cherche, la trouve aisément. "Où que je sois, elle est là."
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Saga
« Antwort #7 am: 12. Mai 2014, 15:51:33 Uhr »
Coucou Limeye!

J'ai adoré le passage sur le choix de l'étoile...

Vas-tu nous révéler en quoi consistait cette épreuve décisive qu'Owen a dû affronter plus tard dans la saga? Ou bien demeurera-t-elle un mystère?

J'aime beaucoup l'atmosphère, le ton de cette saga, tu arrives toujours à créer quelque chose de différent à chaque nouvelle histoire! Et j'ai bien hâte à la publication des passages romantiques et fleur bleue, comme tu l'as spécifié dans ton introduction!  [eyeheart] [jump]

Bizz Vizz
Flamme
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Offline limeye

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Re: Saga
« Antwort #8 am: 12. Mai 2014, 19:16:15 Uhr »
Coucou Flamme !

Je révèlerai en temps et en heure au moins une partie de ce qu'Owen a vécu dans le puits sacré.

Pour les passages romantiques et fleur bleue, il va te falloir patienter un peu... et zou, te revoilà sur le trampogrill  [jump] [jump] [jump] [jump] [jump] [jump]

Bizz

Limeye  :)

et un tiboutte...

Une main ferme l'a secoué du sommeil.

- Owen, il est temps.

Il fait encore nuit noire, pourtant il se lève. Les petites habitations, creusées dans les troncs des arbres, dans des talus ou dans des petites grottes, sont toutes silencieuses. Ses frères et sœurs de formation, ses frères et sœurs d'armes, l'ensemble des Gardiens des Origines qui sont présents - c'est à dire ceux qui ne sont ni en mission, ni en apprentissage, ni en enseignement - dorment encore. Sans bruits, lui et Adena quittent le petit "village", si tant est qu'on puisse donner ce nom à ce lieu particulier, pour se rendre à la rivière qui coule à une lieue de là.

- Tu dois te purifier, avant de rencontrer le Grand Maître. Là sont tes vêtements pour ce qui t'attend. Prépare-toi avec soin.

Il se déshabille sans hésitation, sans gêne aucune non plus, car depuis longtemps Adena le connaît, puis entièrement nu, il entre dans l'eau de la petite rivière. Il se lave avec soin, et avant de sortir de l'eau, il lève les yeux, aperçoit son étoile, puis reporte son attention vers les vêtements qu'Adena a préparés pour lui. Il s'en revêt avec autant de soin qu'il s'est lavé.

- Je suis prêt, Maîtresse.

Adena sourit faiblement. Bientôt, il ne l'appellera plus ainsi. Ils se mettent en chemin, le long de la rivière, gagnent un gué vers l'aval. Elle s'arrête sur la rive.

- Va, Owen. Tu dois aller seul maintenant. Le Grand Maître t'attend sur l'île.

Il incline légèrement la tête et s'engage sur le gué.

Il se concentre sur les impressions qui émanent du lieu. Il connaît le Grand Maître. Ce dernier se trouve souvent parmi eux, observant les disciples, conversant avec les Gardiens. Il les impressionnait, déjà, quand ils étaient enfants, lui et les autres jeunes disciples. Il les impressionne toujours, aujourd'hui. Mais en même temps, ils ressentent une grande confiance en lui.

La rivière coule doucement. En traversant le gué, Owen écoute son chant et il lui semble entendre comme des voix, très douces, apaisantes. Il marche lentement, et plus il avance, et plus il perçoit ces voix. Elles finissent par l'entourer, par l'envelopper et comme le guider. Enfin, le voilà sur l'île. L'aube ne pointe pas encore, mais elle n'est pas loin, là-bas, vers l'aval. Les voix se sont tues, et elles ont été remplacées par des bruits différents, comme des frôlements, des mouvements autour de lui. Pourtant, ses yeux ne distinguent rien. Mais son esprit, son cœur, sont tournés vers ces présences.

Puis, soudain, ce n'est plus seulement une présence qu'il distingue, mais un être bien vivant. Le Grand Maître est là, qui l'attend. C'est un homme assez grand, mais légèrement plus petit qu'Owen. Musclé, élancé, on le perçoit aussi très endurant, résistant. Il est difficile de lui donner un âge. S'il était un homme comme les autres, on lui donnerait entre 40 et 50 années. Mais il n'est pas un homme comme les autres.

- Bonjour, Owen.
- Bonjour, Grand Maître.
- Tu as fait bon chemin jusqu'ici ?
- Oui, Grand Maître.
- Alors, c'est bien. As-tu ressenti de la crainte ?
- Non, plutôt de la curiosité. Mais quand j'ai su que vous m'attendiez pour ce jour, oui, à ce moment-là, j'ai ressenti de la crainte.

Le Grand Maître sourit légèrement, incline la tête.

- Viens, maintenant.

Ils se dirigent en silence vers le centre de l'île. Elle n'est pas très étendue, à peine une lieue, plutôt de forme allongée, et dans sa plus grande largeur, elle ne mesure guère plus d'une demi-lieue. Mais elle est couverte de grands et beaux arbres, et son sous-bois est assez dense. Au milieu, cependant, on trouve une petite clairière. Le sol en est entièrement recouvert d'une belle mousse verte, sur laquelle il est très agréable de marcher et quand on s'y assoit, on s'y sent comme sur des coussins moelleux. Le Grand Maître invite Owen à y prendre place, face à lui.

Ils ne se sont pas assis au milieu de la petite clairière, mais légèrement sur le côté, car en son centre est creusée une légère dépression, entourée par des pierres blanches. Le fond en est tapissé de mousse, comme tout le reste de la clairière.

- Owen, avant toute chose, je dois te dire qu'ici, tout peut se dire. Tu vas pouvoir me poser toutes les questions qui te passeront par la tête ou toutes celles que tu as retenues au fil des années, que tu n'as pas osé poser à Adena, ou que tu aurais oublié de lui poser. Tu peux aussi me révéler ce qu'il y a dans ton cœur, dans ton esprit. Tes doutes, tes espérances, tes envies.
- Bien, Grand Maître.

Ce dernier le fixe un instant avant de reprendre :

- Owen, nous sommes ici dans un des lieux d'union des forces du monde. Et ce lieu est aussi un lieu de communion avec ces forces. Tu les as certainement senties en approchant de l'île.
- En effet, Grand Maître. J'ai senti...

Il hésite un instant. Le Grand Maître l'encourage d’un signe de tête à exprimer ses impressions, ses sensations.

- J'ai senti en effet que ce lieu est peuplé.
- Tout le temps que tu seras ici, tu vas apprendre à communiquer avec les esprits des quatre éléments. Tu vas aussi découvrir pourquoi nous sommes les Gardiens des Origines. Tu sais déjà quel est notre rôle en ce monde. Demain, tu seras l'un des nôtres.
- Si je réussis les dernières épreuves...
- Il n'y a plus d'épreuves, Owen. Pas dans le sens où tu l'entends, en tout cas. Mais pour l’heure, nous allons faire le vide en nous.

D’un geste ample de la main, le Grand Maître l’invite à baisser la tête et fermer les yeux, à se recueillir. Il fait de même. Owen a appris à chasser ses pensées, ses émotions, pour accueillir les différents enseignements qu’il a reçus. Le lieu, unique, la présence du Grand Maître et cette dernière étape - puisqu’il ne faut pas vraiment parler d’épreuve -, la solennité de l’instant le font se mettre en condition très vite. Des images se forment dans son esprit, et sans qu’il le mesure, d’autres aussi se forment autour d’eux.

Alors commence pour lui la révélation des Origines.

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Saga
« Antwort #9 am: 15. Mai 2014, 14:13:28 Uhr »
Coucou les filles (et les gars éventuels  ;) ),

je poursuis aussi la rédaction de cette histoire, mais je vous lance un petit jeu ! Ca vous dit ?

Vous vous souvenez du "casting" de rêve pour Meuterei ? Je vous propose alors de lancer des idées pour "incarner" aussi les divers personnages de cette histoire, ok ?

En attendant vos suggestions, voici la suite...

bizz

Limeye  :)


A l’aube de ce temps était le Feu. Le Monde était Feu. Vivant, brillant, chaud, aveuglant. Il a déposé sur la Terre une richesse infinie. Puis l’Eau s’est répandue, amenant la Vie. Les arbres, les plantes ont poussé, se sont développés et ont petit à petit recouvert la Terre. L’Air est arrivé et a créé les autres êtres vivants, oiseaux, poissons, animaux terrestres.

De la Terre est né l’Homme. Sous toutes ses formes. Humains, Delphiniens, Aériens, Nobols, Gronfalls, et autres Gamériens. Ils se sont installés dans les milieux qui leur convenaient le mieux : la mer et les lacs pour les Delphiniens, la voûte céleste pour les Aériens, les grottes pour les Gronfalls, les forêts pour les Nobols, les déserts pour les Gamériens.

Parmi eux ont été choisis des Appelés, Gardiens des Origines. Ils ont la Connaissance, le Savoir, la Sagesse. Ils sont les piliers de ce monde. Ils sont aussi les Héritiers des éléments originels. Enfin, ils sont ceux qui peuvent communier avec ces forces.

Tout ce récit apparaît à Owen sous formes d’images s’enchaînant. Il voit la boule de Feu, puis il voit tomber l’Eau, grandir les arbres, souffler le Vent, enfin apparaître tous les êtres vivants. Cette histoire, si belle, la sienne, la leur, le touche particulièrement et sans qu’il en ait conscience, son visage se couvre de larmes d’émotion.

Le Grand Maître le laisse prendre la mesure de toute cette histoire, puis lui demande doucement :

- Comprends-tu l’importance de notre rôle, Owen ?
- Oui, Grand Maître. Je commence à mieux comprendre.
- Bien. Nous allons prendre un léger repas, puis nous te présenterons.
- Me présenter ?
- Oui. Aux Esprits des Eléments, qu’Ils te reconnaissent lorsque tu seras amené à communiquer avec Eux.
- Quel rôle joue mon étoile ?
- Je te l’expliquerai plus en détails tout à l’heure, mais sache déjà qu’il te faudra la faire apparaître en pensée pour qu’elle t’accompagne sur le chemin des Esprits. C’est aussi par son intermédiaire que tu seras reconnu.
- Je comprends.

Le Grand Maître se relève alors, va chercher un peu d’eau et une préparation à base de grains et de céréales.

- Prends ceci, Owen. Prends le temps aussi de goûter. Mange lentement. Nous ne sommes pas pressés.

Le jeune homme s’empare de la coupelle que lui tend le Grand Maître, ce dernier déposant entre eux celle contenant l’eau.

Puis le Grand Maître se saisit de certaines plantes, posées sur une pierre, près de lui.

- Je vais t’apprendre à réaliser une préparation à base de plantes. Il faut la boire à chaque fois que tu veux entrer en contact avec les Eléments : les messages qu'Ils te délivreront seront ainsi plus clairs. C’est très important de le faire, as-tu des questions ?
- Pas pour l’instant, Grand Maître.

Owen le regarde faire, le Grand Maître prend le temps de lui expliquer le rôle de chaque plante, quelle partie il faut prendre, à quelle maturité, et en quelle quantité. Il observe ses gestes avec attention, fait quelques remarques. La préparation est prête, ils vont la boire.

- Owen, le monde des Eléments est un monde qui ressemble aux nôtres, on pourrait s’y perdre. Il ne faut pas y aller seul. Mais peut-être que des circonstances particulières, exceptionnelles, te pousseront à y aller seul, et que tu doives entrer en contact avec Eux, ou que leurs Esprits t’appellent. C’est pour cela que tu as dû choisir une étoile. Elle est aussi un signe de reconnaissance quand tu vas entrer dans ce monde. Tu dois toujours y penser quand tu t’apprêtes à communiquer avec Eux. Pour ce premier voyage, nous sommes tous les deux. Je vais te présenter aux Esprits. Ils te connaîtront, te reconnaîtront aussi. C’est une précaution, mais elle n’est pas suffisante.
- Je comprends mieux le rôle de l’étoile.
- Es-tu prêt ?
- Oui, Grand Maître.
- Alors, buvons.

**

C’est un voyage intense et fascinant, à la fois merveilleux, émouvant et effrayant. Owen en revient très marqué et éprouvé, avec aussi le sentiment de perdre quelque chose d’important en revenant en son monde.

Il reprend conscience en étant allongé sur le sol moussu. La première chose qu’il voit, c’est son étoile, dans le ciel clair. Puis le visage du Grand Maître, penché vers lui, bienveillant.

- Reste allongé encore, Owen. Reprend tes forces. Veux-tu boire un peu ?
- Oui…, dit-il d’une voix faible.

Le soutenant, le Grand Maître l’aide à boire. Puis au bout de quelques minutes, Owen parvient à se redresser et à s’asseoir.

- Grand Maître, c’est… c’est un endroit extraordinaire !
- Oui. C’est un monde extraordinaire. As-tu eu peur ?
- Oui. Et j’étais fasciné aussi. J’étais heureux, également. Un sentiment… de plénitude.

Le Grand Maître hoche doucement la tête.

- N’oublie pas la peur que suscite ce monde. Elle t’amènera à Le respecter et à toujours y pénétrer en étant humble. L’humilité, une certaine prudence aussi, sont les clés pour communiquer avec les Eléments.
- Grand Maître… quand je suis arrivé ici, le jour allait se lever. Et là… il fait nuit à nouveau. Le voyage a-t-il été si long ?
- Oui. Pour ce premier voyage, il a été long pour toi. Car tu as mis du temps à digérer ce que tu as vu, mais aussi le mélange que nous avons bu. Nous ferons un autre voyage avant que tu ne partes. Dans plusieurs jours. Mais maintenant, si tu t’en sens capable, nous allons marcher un peu.

Ils entament une promenade autour de l’île, et devisent tranquillement. Au fil de la discussion, cependant, Owen comprend que le Grand Maître ne le considère pas comme un apprenti, un novice, qu’il ne se comporte pas avec lui comme Adena le faisait. Il a le sentiment d’être comme un égal, un proche. Il y a certes une relation de respect, et d’attention, mais pas de hiérarchie, comme c’était encore le cas il y a peu. Au cours de ces quelques moments, comme durant les jours suivants, Owen va parler de tout ce qu’il a appris, des changements qui se sont opérés en lui, comment il a reçu les divers enseignements d’Adena. Le Grand Maître lui explique aussi plus en détails quels seront ses missions, et notamment la première qu’il va lui confier.

C'est au cours d'une de ses promenades qu'il a l'occasion d'aborder ce qu'il avait "vu" et "éprouvé" dans le puits.

- Grand Maître, j'ai été le témoin d'une terrible bataille. J'ai vu aussi le soleil descendre sur la Terre et le Feu ravager notre monde. J'ai vu une épée brillante comme le soleil surgir de la Terre, illuminer le ciel. J'ai vu deux cavaliers en chemin. Il y avait de la tristesse, mais aussi un autre sentiment que je ne peux pas vraiment décrire. Qu'était cette vision ?

Le Grand Maître ne répond pas immédiatement. Puis il finit par dire :

- C'est de mon devoir de répondre à toutes tes questions, Owen. La seule réponse cependant que je puisse te faire, c'est que tu as vu ton destin. C'est ce que chacun voit en descendant dans le puits sacré.

Le jeune homme s'abîme dans ses pensées. La réponse du Grand Maître ne lui apporte guère d'éclaircissements. Mais il a appris à compenser avec ces réponses à demi-mots, que lui faisait Adena. Cette réponse y ressemble. Seule l'expérience, la vie, lui permettront de résoudre cette énigme.

Puis, pour terminer son séjour sur l’île, ils font un dernier voyage dans le monde des Eléments Originels. Ce voyage est tout aussi fascinant que le premier pour Owen, mais moins éprouvant. Il reconnaît le monde où ils arrivent, voit luire son étoile. Il reconnaît aussi les voix de certains Esprits qui avaient déjà retenti lors de son premier voyage. Il devine qu’il ne s’agit là que d’une présentation de lui-même, pour être reconnu, mais pas encore d’un véritable dialogue ou échange avec les Esprits. Il n’est pas venu demander quoi que ce soit, ni recevoir de message. Il est juste venu pour découvrir et se faire connaître.

Avant de quitter l'île, le Grand Maître lui remet un disque poli, fin et brillant. Owen en connaît les propriétés, Adena a utilisé le sien plusieurs fois en sa présence. C'est le signe qu'il est désormais un des Gardiens des Origines.

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Saga
« Antwort #10 am: 16. Mai 2014, 09:35:27 Uhr »
Hello !

vous allez bien ? Ca vous plaît ? Je continue ? Côté casting, j'ai déjà une petite idée pour le personnage d'Olaf que vous allez retrouver maintenant, mais je vous laisse le choix... je vous révèlerai le mien un peu plus tard  ;)

bizz

Limeye  :)


Chapitre 3 : Le royaume de Rankir

Deux cavaliers chevauchent dans la nuit tombante. Enveloppés dans de grands manteaux, ils guident leurs chevaux d’un pas sûr, sur un chemin caillouteux, le long d’une haute falaise. Cela fait plusieurs jours qu’ils sont en chemin. Ils avancent l’un derrière l’autre, le chemin étant trop étroit pour leur permettre de chevaucher côte à côte, et de ce fait, ils n’ont pas échangé un mot depuis plusieurs heures.

L’homme le plus âgé est passé le premier, au début du défilé. Il connaît le chemin, il est venu ici quelques années plus tôt. Il sait qu’il faut plus d’une journée de chevauchée pour en parvenir au bout. Il avait prévenu son compagnon, que cette partie du voyage serait sans doute monotone. Il espère juste qu’ils ne feront pas de mauvaises rencontres, car vivent sur les hauteurs quelques montagnards revêches et misérables qui s’en prennent parfois aux voyageurs isolés. Ils ont de quoi négocier leur passage, mais s’il le faut, ils feront usage de leurs armes, même s’il rebute à cela.

Son compagnon, plus jeune au point de pouvoir être son fils, est un peu plus grand que lui, mais tout aussi large d’épaules et bâti solidement comme le laissent deviner ses jambes musclées et ses bras qui tiennent fermement les rênes de sa monture. Bien que le paysage qui défile devant ses yeux depuis la fin de matinée ne présente guère de variété, il reste attentif et vigilant, comme en témoigne son regard qui se porte fréquemment sur les hauteurs de la falaise, comme vers l’avant et le tournant suivant.

C’est seulement lorsque la première étoile s’allume dans le ciel encore pâle, au-dessus de leurs têtes, que celui qui vient en premier décide de s’arrêter. Une source jaillit dans un recoin du rocher et après être descendus de leurs montures, ils commencent par les abreuver.

- Nous n’allumerons pas de feu, Owen, pour ne pas nous faire remarquer.
- Devons-nous craindre quelque chose des animaux de la nuit ?
- Pas vraiment. Mais nous nous reposerons à tour de rôle. Mangeons un peu pour commencer.

Owen s’empresse de débarrasser les chevaux d’un sac dans lequel ils ont conservé de la nourriture. Avec l’eau de la source, cela leur fait un repas tout à fait acceptable. Il se dit qu’il a mangé moins bien parfois, au cours de ses années d’apprentissage, et même lorsqu’il s’est retrouvé, l'hiver il y a deux ans, coincé durant des semaines parmi les Traminiens, une des peuplades Gronfalls, dans une de leurs grottes profondes. Là, il avait survécu en mangeant des racines et des petits animaux étranges. S'il n'y avait pas eu Siwu, il serait sans doute mort.

Puis ils s'installent tranquillement, un peu à l'écart des chevaux.

- Nous partirons un peu avant l'aube, demain, Owen.
- Combien de journées faut-il encore pour arriver jusqu'à Rankir ?
- Trois jours, une fois sortis du défilé. En chevauchant lentement. Mais nous pourrons nous permettre, par endroits, d'aller un peu plus vite qu'au pas. Cependant, je ne veux pas arriver en ayant fatigué les chevaux. Ni nous-mêmes. Notre mission est d'importance et nous devons apparaître sous un bon jour.
- Vous aviez déjà rencontré la Reine, n'est-ce pas ?
- Oui. Avec Akama. Nous étions présents pour son couronnement. C'était... il y a cinq ans. Puisque son père était encore vivant lors de la dernière réunion des Régnants.

Owen garde le silence. Il est le premier à aller dormir. Olaf le réveillera dans quelques heures, pour assurer la veille. Ils se relayeront ainsi deux fois. Ils en ont l'habitude, du moins quand ils ne peuvent trouver d'abri en chemin. Accueillir pour la nuit un Gardien des Origines est un honneur, une obligation, mais aussi pour certains esprits superstitieux, comme un signe de la chance. 

L'aube pointe à peine quand il réveille Olaf. Ils déjeunent, puis rangent leurs quelques affaires et remontent en selle. En milieu de matinée, ils devraient sortir du défilé. Ils n'ont pas été inquiétés de la nuit, mais Olaf devine que les montagnards sont au courant de leur présence.

Si l'un comme l'autre se montrent tout aussi attentifs que la veille, Owen se laisse par moments aller à quelques pensées. La réunion des Régnants est un moment important qui rythme la vie des hommes et des peuples. Elle a lieu tous les six ans, à chaque fois dans un endroit différent. Cette fois, elle va se dérouler en terre de Petimont. Olaf et lui-même ont été mandatés par le Grand Maître pour escorter la Reine de Rankir, reine du peuple triple, jusqu'à Petimont. Chaque autre régnant invité est également escorté par des Gardiens des Origines. Le Grand Maître assistera à la réunion, ainsi que plusieurs d'entre eux. Cette réunion permet de régler des différends qui pourraient voir le jour entre les peuples, d'échanger aussi des savoirs, des biens. C'est un grand moment de fête aussi, durant lequel des amis peuvent se retrouver.

C'est la première fois qu'il va y assister. En tant que disciple, il n'avait pas le droit d'y participer jusqu'alors. Il était encore en plein apprentissage, avec Adena, lorsque la dernière s'est déroulée, sur les bords de la Mer Salée.

La matinée est à peine entamée qu'ils quittent enfin le défilé. Owen n'est pas mécontent d'en sortir et de voir le paysage s'ouvrir devant eux. Durant un moment, ils suivent encore le lit de la rivière, ne pouvant d'ailleurs pas chevaucher sur ses rives. Petit à petit, les pentes deviennent plus douces et enfin, ils peuvent remonter sur la terre ferme. Devant eux se dévoile un paysage de collines boisées.

- Nous suivrons la rivière jusqu'à ce soir. Nous la quitterons demain matin, dit Olaf. Puis nous traverserons la fin des Terres Hautes, pour arriver enfin dans la vallée qui mène à la Cité. Elle est construite en bordure d'une grande forêt, le royaume des Aériens, et de l'océan, où vivent les Delphiniens. C'est l'union de ces trois peuples - avec les Humains de Rankir - qui forme vraiment cette entité.
- Pourquoi ces trois peuples se sont-ils regroupés en un seul ? Quels sont les points communs, les liens entre eux ?
- La nécessité les a poussés à s'allier, il y a fort longtemps. Car séparés, ils étaient faibles. Unis, ils forment un peuple à nul autre pareil sur notre terre. Ils sont ainsi la preuve que la paix apporte la prospérité. C'est un royaume riche que celui de Rankir. Les famines y sont rares, même lorsque les saisons sont mauvaises. Il y a toujours moyen de trouver de la nourriture chez les uns ou les autres.
- Il y a une grande coopération entre eux, alors ?
- En effet.
- Ce peuple a-t-il bénéficié de l'enseignement des Gardiens pour se montrer aussi sage ?
- Ils ont reçu notre aide, très tôt, en effet. Ils ont été aussi parmi les premiers à l'accepter. C'est à partir du royaume de Rankir que s'est développée l'Entente des Régnants, telle que nous la connaissons aujourd'hui. Avec le concours des nôtres. Mais cela remonte loin dans le temps, déjà.
- L'Entente est-elle solide ?
- Elle perdure. Contre vents et marées, parfois. Elle a parfois aussi été mise en danger, mais pour l'heure, la paix règne et nous devons continuer d'y veiller.

Owen hoche la tête. Ils sont là pour cela. Il a été formé pour cela.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

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Re: Saga
« Antwort #11 am: 16. Mai 2014, 13:15:23 Uhr »
Coucou!

J'a-do-re cette saga, Limeye... Ce côté surnaturel, au-dessus de la nature humaine... Ces valeurs de paix et de solidarité...

Je saute sur l'idée du casting! On avait vraiment eu de bons moments lors de cet exercice, quand on l'avait fait pour Mutinerie...

Je verrais bien Theo James incarner Owen... pour les autres, je réfléchis encore, je connais moins les jeunes acteurs....

https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRBh_JJ1uPuwX4VY7i8hetbWFxDPKFQcMMTEA9C1KP7kuYuYfz0

Félicitations Limeye pour cette saga, je ne peux m'arrêter de lire sans ressentir une légère frustration de ne pouvoir continuer...  ;D

Bizz Vizz
Flamme
 [hello]

Offline limeye

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Re: Saga
« Antwort #12 am: 17. Mai 2014, 12:26:32 Uhr »
Coucou Flamme !

je vais donc tenter de combler (un peu) ta frustration, et alléger la pression sur le trampogrill  ;D ! avec ce qui suit...

pour le casting, va pour Théo James. Après, pour Kaïra, pourquoi pas Emily Blunt ? J'ai un petit faible pour elle, et elle a les cheveux de la bonne couleur (pas les yeux, par contre). Mais je vous laisse faire vos propositions aussi ! Et il ne faut pas que de jeunes acteurs ! Il en faut des plus âgés aussi, ne serait-ce que pour les conseillers, Olaf, le Grand Maître, Adena, etc... plus toute la foule de personnages plus ou moins secondaires que vous allez découvrir petit à petit !

bizz et belle journée  [flower]

Limeye  :)


Quand il voit, deux jours plus tard, se dessiner les murs de la ville de Rankir, il comprend mieux ce qu'Olaf a voulu lui dire en parlant de prospérité. Les bâtiments sont beaux, mais sans luxe ostentatoire. La richesse qui en émane n'est pas issue de pierres rares, ni de métaux précieux, mais se révèle par la finesse de la taille des pierres, par l'assemblage savant et harmonieux de différentes teintes, par la variété des formes. S'ils arrivent par la plaine, il distingue cependant la forêt profonde qui s'étend au-delà des murs de Rankir, sur l'autre versant de la vallée. La ville est également construite en partie le long du rivage. Ainsi, les Delphiniens ont-ils accès à la Cité.

Ils ont aussi traversé un pays calme, où les hommes travaillaient les champs avec bonheur. Nulle trace de crainte dans les yeux des villageois. Les villages étaient paisibles. Ils y ont trouvé un abri la veille sans difficulté.

Un petit groupe d'hommes, des soldats, viennent à leur rencontre. Deux d'entre eux sont des Aériens et se déplacent en volant. C'est la première fois qu'Owen en rencontre.

- Bien à vous, Maître Olaf, dit celui qui mène la troupe. Je suis Baderan, garde royal. Nous vous attendions. Notre Reine s'inquiétait de votre voyage.
- Nous avons fait bonne route, dit Olaf en le saluant. Mais nous sommes heureux d'arriver. Je vous présente Maître Owen, le Grand Maître nous a chargés tous deux de le représenter auprès de Sa Majesté.
- Venez, dit Baderan, vous allez pouvoir vous détendre avant d'être reçus.

Ils parcourent rapidement les deux dernières lieues qui les séparent de la ville, et y entrent par la porte ouest, la plus proche de leur route. Ce qu'Owen avait observé de loin se révèle à ses yeux : les rues sont assez larges, il est facile d'y circuler à cheval, malgré la présence de nombreux passants, de charrettes remplies de provisions. Les détails des bâtiments se dévoilent à ses yeux, et il découvre de belles sculptures dans les murs, rappelant toutes les trois origines de ce peuple : feuillages, coquillages, fleurs, coraux...

Baderan les mène jusqu'au palais royal, construit au bord de la rive. La grande place qui s'étend devant lui donne en effet en partie sur un grand bassin qui communique avec la mer. Owen en conclut que c'est pour permettre aux Delphiniens d'accéder à une partie de la ville, et du moins, à leurs représentants de se rendre aisément auprès de la Reine.

Ils laissent leurs chevaux sur un des côtés de la place et deux palefreniers viennent aussitôt les chercher. Olaf et Owen leur confient les rênes, non sans avoir porté une main apaisante sur l'encolure de leur monture. Les liens entre un Gardien et son cheval sont forts. Owen possède le sien depuis bien avant d'être devenu Gardien. Elle était une jeune pouliche fougueuse, qu'il avait mis toute une saison à dresser. Mais c'est ainsi pour chaque Gardien : il connaît sa monture, mais sa monture le connaît, et bien souvent, le cheval choisit autant son maître que l'inverse. Pour le cas d'Owen et d'Ingir, le jeune homme pourrait aisément dire que c'est le cheval qui est venu le chercher. Adena et lui-même campaient depuis plusieurs jours près d'un troupeau sauvage. De belles bêtes, taillées pour la course, endurantes, résistantes au froid. Ils les observaient depuis leur arrivée et Owen avait repéré un jeune poulain, qui caracolait toujours un peu à l'écart du troupeau. Il pensait qu'il serait facile à approcher. Les chevaux s'étaient habitués à leur odeur, et les avaient laissés les côtoyer sans fuir. Plusieurs se laissaient même caresser. Le calme des Gardiens est une de leurs caractéristiques et leur permet bien souvent d'entrer en contact avec des animaux sauvages, et parfois, de ne pas être attaqués par eux. De nombreuses histoires se racontent entre Gardiens et disciples faisant mention de loups, de chevaux, et même d'oiseaux apprivoisés.

Ils étaient donc là, à observer les chevaux, et depuis deux jours, Owen tentait d'approcher le jeune poulain. Mais celui-ci fuyait sans cesse, un peu comme un jeu, mettant à mal la patience du jeune homme. Celui-ci voyait dans ce jeu justement l'occasion être éprouvé. Puis Ingir était venue le chercher. Elle était une pouliche un peu plus âgée que le poulain, à la robe fauve, à la crinière un peu plus claire. C'était déjà une belle bête. Une fin d'après-midi, un peu las, Owen s'était allongé dans la prairie. Il regardait le ciel, songeait à différents moyens qu'il n'avait pas encore mis en oeuvre pour attirer le poulain. Lorsque la tête d'Ingir s'était placée au-dessus de son visage. Il l'avait regardée un moment, en fronçant les sourcils, puis s'était redressé lentement. Elle n'avait pas fui. Il avait pu la toucher, elle avait même mangé dans sa main. Il avait passé un moment avec elle, sans chercher plus. Le soir, elle l'avait suivi jusqu'à leur campement, en restant à une distance prudente. De ce jour, elle n'avait pas rejoint le troupeau. Il l'avait alors apprivoisée, comme elle l'avait apprivoisé. Adena possédait sa propre monture, ils avaient voyagé un temps, elle à cheval, lui à pied, à côté d'Ingir. Puis ensuite, pas à pas, il l'avait montée. Il lui arrivait encore de le faire "à nu", sans selle, sans rênes.

Baderan les précède au palais, et ils sont accueillis par le Conseiller Van'dal en personne.

- Maître Olaf, c'est un grand honneur de vous revoir parmi nous.
- Je vous remercie de votre accueil, Conseiller. Je suis heureux aussi de vous revoir et de revenir en Rankir.
- La Reine tient un Conseil, mais vous recevra d'ici peu. Elle m'a demandé de vous mener jusqu'à vos appartements.
- Merci bien, Conseiller, dit Olaf en s'inclinant respectueusement.

Owen fait de même. Il ouvre grands les yeux, s'imprégnant de l'atmosphère calme, mais cependant impressionnante, du palais. Les grands couloirs éclairés par la lumière du jour, les nombreuses fresques racontant divers épisodes de l'Histoire des trois peuples de Rankir, ou même des légendes. Il en connaît certaines, en devine d'autres. Les voilà enfin devant leurs chambres.

- Reposons-nous un peu, dit Olaf à Owen, après le départ du Conseiller. Et prépare-toi ensuite pour être reçu par la Reine.
- Bien, Olaf.

Owen pénètre dans sa chambre, une belle pièce claire, où le soleil entre, lumineux. Il s'approche d'abord de la fenêtre, qui donne sur de grands jardins, à l'arrière du palais. De nombreuses fontaines y apportent eau et fraîcheur, mais il devine aussi de beaux parterres fleuris, des buissons aux feuillages variés. Le tout est très harmonieux. Il a rarement eu l'occasion de séjourner dans des palais, et celui-ci lui plaît particulièrement. On y perçoit l'autorité, mais aussi le souci de la beauté et d'une certaine simplicité. Il se demande si cela a toujours été le cas dans l'Histoire des peuples de Rankir, depuis leur union, où si c'est plus récent, et si la jeune souveraine imprime déjà sa patte dans l'atmosphère du lieu.

Un serviteur vient frapper à sa porte, apportant ses bagages et un rafraîchissement au goût légèrement acide, qu'il trouve particulièrement bon. Puis, une fois seul, il se dévêt de ses vêtements de voyage, prépare sa tunique de cérémonie, et torse nu, s'installe sur un des tapis pour méditer et se détendre.

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline O-tho

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Re: Saga
« Antwort #13 am: 17. Mai 2014, 19:38:36 Uhr »
Coucou Limeye,

Hmm... j'ai l 'impression que ce voyage avec la reine ne va pas etre sans encombre...
Je suis bien curieuse, le disque remis a Kaira est-il le meme que celui donne a Owen?

Juste une petite question aussi: y a t- il eu un lapse de temps entre le couronnement de Kaira et l'arrivee d'Olaf et d'Owen? Tu les decris comme des adolescents mais ta description d'Owen alors qu il arrive a Rankir me fait penser plutot a un jeune homme...Mais j imagine que tu vas repondre a tout ca dans le prochain chapitre.... ;D

Quant aux acteurs...hmm...je cherche... :)

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