Autor Thema: Traduction de The final source / La dernière source  (Gelesen 3350 mal)

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Offline limeye

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Traduction de The final source / La dernière source
« am: 18. Februar 2014, 21:03:27 Uhr »
Bonsoir à toutes et tous  :),

ce n'est pas parce que nos petites histoires sont désormais publiées sur le forum de Pascal, que nous ne prenons pas toujours plaisir à lire aussi les fans-fictions allemandes.

Claudrick, dont j'aime beaucoup les histoires, en a commencé la publication d'une nouvelle, qui offre déjà bien des perspectives de suspens. Elle a accepté que j'en fasse la traduction en français, au fur et à mesure.

j'espère que cette histoire vous plaira, personnellement, j'en découvre chaque nouvelle page avec grand plaisir !

bonne lecture à toutes et tous !

bizz

Limeye  :)


Un an auparavant

Le ciel s'obscurcissait à vue d’œil et prenait une couleur gris bleu menaçante. On entendait
de sourds grondements de tonnerre, de violentes rafales de vent se levèrent, soulevant cheveux et vêtements comme pour rappeler qu’il fallait se mettre à l’abri. Un premier éclair zébra le ciel et illumina le paysage de steppe aride d’une lumière fantomatique. Quelques secondes plus tard gronda le tonnerre. La tempête ne se trouvait pas encore trop proche, mais la tension était déjà clairement dans l’air et cela devenait vraiment dangereux de demeurer plus longtemps dans la plaine.

- Je pense que nous devrions arrêter pour aujourd’hui, dit le professeur Pierre Bouchard alors que Capitaine Futur avait la même pensée. Cela devient inconfortable par ici.
- Oui, dépêchons-nous de prendre les échantillons avant qu’il ne commence à pleuvoir, répondit Futur et il fit signe à Grag de couper avec le laser d’un de ses doigts un échantillon de roche retirée précédemment.

Juste à ce moment-là, les premières grosses gouttes de pluie éclaboussèrent bruyamment le sol poussiéreux de la steppe et la carcasse métallique de Grag.

- Alors, Grag ?, demanda Otho avec un regard de défi. As-tu déjà peur ?

Avant qu'une dispute n’éclate entre les deux, Futur ordonna au robot de s'asseoir déjà pour des raisons de sécurité dans le vaisseau, puisque l'orage était déjà dangereusement près. Le robot obéit et ne répondit pas à la nouvelle provocation d’Otho.

- Oui, va déjà devant et protège-toi un peu, vieux pot de coton !
- Otho, mets les échantillons dans le vaisseau !, ordonna Futur à l’androïde qui le fit de mauvaise grâce pendant que Grag se trouvait à l’intérieur du vaisseau, avec les bras détendus croisés derrière la tête et le regardait en souriant.

Cependant, la pluie se mit à tomber de plus en plus fort et pendant qu’Otho rangeait les derniers échantillons dans la soute du vaisseau, une violente averse se mit à crépiter et que lui-même, Futur et Bouchard ne purent renter avant même d’être complètement trempés.

La tempête était maintenant directement au-dessus d’eux, le vent sifflait bruyamment sur les ailes du petit vaisseau, et la vue sur les environs disparut sous la pluie qui crépitait bruyamment contre les fenêtres, l’éclair blanc zébra à travers le ciel, suivi par un coup de tonnerre.

- Ne penses-tu pas que nous devrions attendre avant de continuer que le pire soit passé ?, demanda Bouchard prudemment à Futur, alors qu’il s’apprêtait à démarrer en dépit de la tempête.

Futur était sur le point de rétorquer qu'il n’était pas question pour lui de voler avec ce temps, mais il changea d'avis quand il vit le regard incertain dans les yeux de son collègue d'expédition.

- Ok, attendons encore un peu.

Otho s'ennuyait déjà ; pour l'androïde, il n'y avait rien de pire que de devoir attendre les bras croisés.

- Hé, Grag, dit-il en se tournant vers le robot, sais-tu vraiment pourquoi un homme doit se mettre à plat ventre pendant un orage ?
- Parce que cela signifie que l’éclair pense que tu es déjà mort ?, répliqua le robot joyeusement.

Comme une réponse pleine de colère à ce calembour, un immense éclair violet frappa à quelques mètres du vaisseau avec un éclat qui fit vibrer l’air et dont la lumière marqua au fer rouge durant quelques secondes les rétines. Le petit vaisseau vibra carrément sous la forte tension de l’air, et des reflets bleuâtres coururent sur la carlingue, au point que même à l’intérieur du vaisseau, les cheveux se dressaient tous seuls. Lorsque l’éclair déclencha une explosion, des pierres et de la boue crépitèrent contre la proue du vaisseau, ce qui poussa Futur et Bouchard à mettre par réflexe leurs mains sur leurs têtes.

- Les dieux de la météo de cette planète n’ont vraiment aucun humour…, gémit Bouchard avec l’espoir que cette énorme tempête prenne bientôt fin.

Quand le vent et la pluie se calmèrent enfin, tous les quatre sortirent pour constater d’éventuels dégâts sur le vaisseau. Alors que Futur ouvrait la trappe, cela crissa bruyamment sous ses pieds et la gravimètre de sa ceinture se mit à biper comme un fou.

- Bon sang, que se passe-t-il ?, murmura-t-il en posant genou à terre.

Le sol qui étrangement n’était pas mouillé, était tout autour jonché de formes bizarres, comme des racines. Futur en ramassa quelques-uns et constata qu'ils avaient une structure fragile comme du verre, et quand il laissa l'un d'eux tomber, il rebondit sur le sol poussiéreux comme une boule de Noël.

- Hé, chef, qu’est-ce que c’est que ça ?, demanda Otho en repoussant légèrement sa casquette sur sa tête chauve. Et d’où cela vient-il ?
- Je pense que c’est l’éclair…, dit Futur et il remit fasciné l’un des objets de verre à Pierre Bouchard. C’est tombé ici, et la grande chaleur a fait vitrifier le sable et les roches et créer ces structures extraordinaires. Et si je ne me trompe pas...

Il approcha le gravimètre et la fréquence des bips augmenta encore.

- Cette foudre a eu la gentillesse de nous produire le si difficile gravium en grande quantité sur un plateau d’argent !
- Et bien, si ce n’est pas une expédition réussie, Flam ! C’est complètement fou, qui aurait pensé !

Avec euphorie, Bouchard frappa de sa main sur l’épaule de Futur, qu’il appelait ainsi à cause de la couleur de ses cheveux. Professeur Simon plana et jeta un œil sceptique sur les tubes en forme de racines.

- Si c’est en effet du gravium, nous ne pourrons le prouver que dans le laboratoire. Ensuite seulement nous pourrons décider si cette trouvaille est un véritable succès ou non. Grag, Otho, apportez quelques échantillons ! Et nettoyez la proue !

Les premiers tests menés dans le laboratoire du campement de base sur le minéral nouvellement formé confirmèrent ce que les violents crépitements du gravimètre avaient déjà suggéré sur le site : ils étaient tombés sur un nouveau type de gravium, quelque chose de différent des structures et propriétés physiques du gravium "réel", mais qui pouvait être utilisé pour corriger les effets de la gravité. Et on avait simplement à se baisser pour le ramasser !

Lorsque l'équipage de Futur et le professeur Bouchard retournèrent le lendemain sur place, cependant, ils connurent une déception, parce qu’ils ne trouvèrent plus un seul élément de la structure de verre. Le vent, le sable et la roche avaient écrasé les tubes fragiles qui étaient retournés en une journée à l’état de poussière.

- Eh bien, cela aurait été trop facile, dit Pierre Bouchard avec de la déception dans la voix en posant ses mains sur ses hanches. Devoir attendre à chaque fois un orage pour obtenir cette substance ne nous conduirait probablement pas à un tel succès. Et qu’en dis-tu, Flam ?

Futur se frotta le front. Il passa en revue quelques données, calcula des fluctuations et s’adressa alors au cerveau vivant.

- Simon, penses-tu que nous pourrions atteindre une température équivalente avec le laser du Comète, et que si nous lions ensemble les faisceaux, disons comme à travers une lentille, et de manière précise ?
Simon réfléchit un peu.
- Si nous réussissons alors encore à réduire l’absorption d’air à son minimum, c’est tout à fait imaginable. Très bien pensé, Curtis ! Allons chercher tout de suite le Comète pour essayer.

Environ une semaine plus tard, Pierre Bouchard envoyait depuis l’organisme agréé par l’institut gouvernemental de recherche solaire, où il travaillait, le message suivant au président James Cashew :

Monsieur le Président,

Mon excitation était à son comble, quant au résultat obtenu par l’analyse spectrale de la planète Heel, qu'il doit y avoir ici d’importants gisements de gravium. Mais mon excitation fut encore plus grande lorsque j’appris que je devais accompagner le Capitaine Futur et son équipe en tant que conseiller scientifique. Je ne pourrais jamais assez vous remercier de cette expérience ! Capitaine Futur et son équipe ont pu trouver avec la technologie dont ils disposent ce que nous recherchions et bien plus vite que n’importe quel consortium n’aurait pu le faire. Ils ont aussi développé un moyen de réduire le minéral présent d’une manière très spéciale, mais simple et efficace.

Je suis convaincu que ce n'est pas en si peu de temps que personne n’aurait pu faire cela dans un temps aussi court. L’équipe de Futur a rendu un grand service non seulement à l’institut de recherche solaire, mais à toute l’humanité, surtout depuis la perte dramatique de plusieurs mines de gravium par le criminel Wrecker. En reconnaissance de tout cela, je tiens à vous encourager en toute humilité et respect de nommer Futurit, le minéral nouvellement découvert.

Cordialement.

Professeur Pierre Bouchard


Quelques semaines plus tard, les premiers vaisseaux spatiaux arrivaient sur Heel avec l’appareil de production, développé selon les plans des Futurmen. Ils étaient suivis par des vaisseaux spatiaux avec des équipes de production qui devaient poursuivre l’extraction du futurit sous la direction de Pierre Bouchard. De plus, venait également un grand nombre de civils et beaucoup d’autres équipements, dont les hommes se trouvant aux avant-postes de la galaxie allaient maintenant avoir besoin. Cela rendait également nécessaire d’augmenter et de renforcer là-bas la petite base de la police des planètes. Cela fut observé d’un œil soupçonneux par les habitants de la planète Heel.

Capitaine Futur cependant, considérant sa tâche sur Heel comme accomplie, retournait avec son équipe sur la base de la Lune.


Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Frégo80

  • Joan Randall
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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #1 am: 19. Februar 2014, 03:24:22 Uhr »
Coucou Limeye! Hi Claudrick!

A promising story ! [goodjob] The teasing between Grag and Otho has also reached a new level! ;D So it is the last source of gravium! Right there we know that a lot of things can happen!  :o Keep it up! ;) [jump] [jump] [jump] [jump] [jump]

Ciao!

Frégo  8)

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #2 am: 19. Februar 2014, 11:09:25 Uhr »
Coucou à toutes !

j'aime moi aussi beaucoup les relations entre Grag et Otho... ils sont si drôles  ;D !

en voici encore la preuve dans le passage suivant...

bonne lecture ! bizz

Limeye  :)


Aujourd’hui

Ignorant la vue époustouflante sur le cratère de Tycho, à la beauté fantasque des contours aiguisés des parois de près de 5000 mètres de haut, Futur abandonna prudemment sa protection.

L'objectif, la petite grotte, n'était pas loin, peut-être à deux cents mètres. Une distance qu’il pouvait parcourir lui-même en courant avec un équipement complet sans que ses mains tremblent ou qu’il se retrouve à bout de souffle lui laissant encore la possibilité d’assurer un tir précis. Le problème était le manque de protections et il devait être très, très rapide ! Jouant son va-tout, il se mit à courir. Comme si ses poursuivants avaient attendu cela, une véritable volée crépita autour de lui. Cependant, à chaque fois, les projectiles frappèrent juste derrière lui en faisant gicler des petites pierres et de la poussière. Réalisant un grand plongeon pour parcourir les derniers mètres, Futur roula derrière un rocher à l'entrée de la grotte, se remit sur ses pieds et resta tendu pendant un moment, fusil à la main. Bon sang ! Ils étaient plus près de lui qu’il ne le pensait ! Mais il était presque en sécurité, son réserve d’oxygène et ses munitions étaient intactes. Jusqu’à présent, du moins…

De façon inattendue, un appel du professeur Simon s’afficha dans son viseur. Futur se tourna légèrement sur le côté pour activer le communicateur de sa montre. A cet instant, un projectile frappa la roche à côté de sa tête. Immédiatement, Futur se remit à l’abri, risquant un regard prudent au-dessus de la roche et il vit ses deux poursuivants. L’un était silencieux et les bras levés au-dessus de la tête en signe de jubilation, il était persuadé d’avoir touché son adversaire. L’autre cherchait Futur quand il vit le bref éclat d’un casque derrière un autre rocher. Futur visa et toucha ses poursuivants l’un après l’autre avec deux tirs précis. Puis il répondit calmement à l’appel du professeur.

- Simon ? Ici Curtis. Qu’y a-t-il ?
- Désolé de te déranger, mais le Président Cashew essaye de te joindre.
- Pourquoi donc ?, demanda Futur en haussant les sourcils.
- Je suis désolé, mais tu devras le lui demander toi-même, Curtis.
- Ok… je pense que j’ai terminé ici de toute façon. A tout de suite ! Curtis, terminé.

Futur quitta son abri et regarda avec amusement Grag et Otho, éclaboussés par un jet de couleur vert clair sur leur casque dégoulinant jusque sur leur gorge. Le fusil négligemment jeté sur l’épaule, Futur descendit la pente rocheuse et se dirigea vers eux.

- Peu importe. Vous allez frotter le revêtement extérieur du Comète tous les deux ensemble, non ?
- Grag a été touché le premier !, réclama Otho. Probablement parce que son crâne géant clignote au soleil comme la pointe de l'hôtel Luxor à Las Vegas la nuit !
- Tu as jubilé le premier et quitté la protection, se justifia Grag en essayant de prendre la tête à l’androïde.
- Arrêtez, les interrompit Futur en se tournant dans la direction où était posé le Cosmolem. Nous aurions dû nous arrêter de toute façon, le Président a appelé. Vous venez ?
- Je ne veux pas m’asseoir aujourd’hui dans le Cosmolem avec cette inutile boîte en fer blanc, râla Otho, offensé. Je préfère parcourir à pied les 30 kms. Je serais probablement plus rapide qu’avec ce poids lourd à bord !

Lorsque Futur fut de retour à la base lunaire et appela Cashew, il fut surpris de ne pas trouver le Président dans son bureau, mais sur une terrasse bordée de palmiers.

- Bonsoir, Président, salua ainsi Futur le chef du gouvernement solaire. Vous vouliez me parler ?
- Oui, exactement…, commença Cashew et il sourit largement. Comme vous pouvez le voir, je suis ici en vacances, à Cape Cod. Mais il y a une affaire dont je voulais pourtant vous parler immédiatement. 
- Il y a un problème, Monsieur ?, demanda Futur, inquiet.

Si Cashew avait jugé nécessaire de le contacter alors qu’il était en vacances, c’était certainement pour une bonne raison…

- Non, pas un problème, répondit le Président avec hésitation. Quoi qu'il en soit, pas vraiment. Vous vous souvenez du Professeur Pierre Bouchard, avec lequel vous avez découvert les gisements de gravium sur Heel il y a un an ?
- Bien sûr, Monsieur !, répondit Futur avec attention. Y a-t-il lieu de s’inquiéter ?
- Peut-être pourrez-vous me le dire, Capitaine. Vous le connaissez assez bien. Il a en effet disparu depuis près de deux semaines et...

Futur écoutait et réfléchissait en même temps.

- Monsieur le Président, avec votre permission, je préfèrerais en parler directement avec vous. Je connais le professeur Bouchard, et un tel comportement me semble vraiment très inhabituel chez lui. Cape Cod, dites-vous ?
- Oui…, répondit Cashew, un peu surpris. Disons demain soir ? 19 heures ?
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Offline limeye

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #3 am: 19. Februar 2014, 14:17:50 Uhr »
Encore un tiboutte pour aujourd'hui... après, je passe à autre chose  ;)

Limeye  :)


- Cape Cod est tout simplement incroyable, fit remarquer Cashew, appuyé contre le parapet de pierre de la terrasse et laissant vagabonder son regard sur l’océan Atlantique. Ici, je peux faire un break.
- Vous avez vraiment trouvé un bel endroit ici, Monsieur, répondit Futur. Et je peux dire que j’en ai vu beaucoup.

Beaucoup de questions sur ce qui était arrivé à Pierre Bouchard lui brûlaient la langue, mais après tout, le Président se trouvait en vacances bien méritées et Futur ne voulait pas le bousculer.

- Venez, Capitaine. Asseyons-nous donc.

D’un geste, Cashew désigna de confortables chaises dans le patio et fit signe discrètement à un de ses assistants de servir des rafraîchissements.

- Vous permettez ?, demanda Cashew en s’asseyant et en allumant une inévitable cigarette. Depuis quand connaissez-vous Pierre Bouchard et que savez-vous exactement ?, demanda-t-il enfin à Futur.
- Personnellement, je l’ai rencontré juste avant le début de l’expédition sur Heel, mais j’étais déjà familier de son travail. Le professeur Simon et moi-même étions heureux d’apprendre qu’il devait nous accompagner. On peut sans doute le qualifier dans sa spécialité de géologie comme un chef de chœur.
- En fait…, commença Cashew, et pourtant vous êtes celui qui a découvert le gravium. Ou plutôt le futurit.
- Le futurit ?
-  N’avez-vous pas compris, Capitaine ? Une fois que vous avez découvert le nouveau minéral, le professeur Bouchard m’a suggéré de le nommer ainsi.
- Oh… je suis flatté…

Futur était vraiment perplexe.

- Vous pouvez l’être, confirma Cashew. Non seulement en raison de la découverte elle-même, mais aussi parce qu’extraire le gravium grâce à votre méthode est presque aussi simple que sortir des pop-corn de la terre.
- Depuis combien de temps le professeur Bouchard est-il absent ?

Futur revenait à sa véritable préoccupation.

- Depuis près d'une quinzaine de jours, répondit le Président. Sur le principe, il travaille comme conseiller scientifique chargé de superviser l’extraction du Futurit et reçoit chaque jour les organismes de financement. Mais il prend également part à des excursions dans les régions avoisinantes, mais généralement cela ne dure pas plus de trois jours. Il n’est cependant pas revenu de sa dernière tournée. La police locale de la planète a trouvé son vaisseau avec l'équipement complet. J’ai d’ailleurs chargé le Marshall Garnie des recherches, il est déjà sur place. Il est très familier avec les conditions, comme il a été en poste auparavant sur Heel il y a des années.

"Avec le Capitaine John Landor, le père de Joan, juste avant que celui-ci ne soit tué lors d’une mission", pensa Futur pour lui-même. "Joan avait juste quinze ans…"

- C’est bon à savoir, répondit-il au Président. Mon équipe et moi partirons demain pour Heel pour soutenir le Marshall Garnie.
- Très bien, je vais prévenir Garnie, dit Cashew et il vida son verre. La situation sur Heel est actuellement un peu difficile. Les habitants ont le sentiment d’être exploités par nous, Terriens, ce qui explique pourquoi nos forces de police ne sont actuellement pas bien vues pour des raisons diplomatiques et ont du mal à obtenir toutes les informations nécessaires. Intervenez à titre privé, sans lien avec les enquêteurs.
- Merci, Monsieur, répondit Futur et il se leva. Nous trouverons Pierre Bouchard, je vous le promets.

Cashew se leva à son tour.

- Capitaine, voulez-vous rester pour le dîner ? Aujourd’hui, le cabillaud m’a sauté directement dans le bateau !
- C’est tentant, Monsieur, mais je vais aller à New York.
- Bien entendu, répondit Cashew en serrant la main du Capitaine en signe d’adieu alors que son visage affichait un large sourire.

Il avait connaissance de ces quelques petites choses que le Capitaine pouvait avoir à "faire" à New York. Son goût pour un poisson noble n’en faisait certainement pas partie.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #4 am: 20. Februar 2014, 01:45:05 Uhr »
Coucou Limeye! Hi Claudrick!

Merci beaucoup pour la traduction de cette histoire, Limeye, j'apprécie infiniment, comme toujours!

Claudrick, this story will probably be rich in suspense, action, mystery, and... romance? I like the beginning, and I'm anxious to see what will happen...  [jump] [jump] [jump] [jump]

I have some ideas about what Curtis will do in New York...  ;) [flower]

J'ai une petite idée sur ce que Curtis compte faire à New York...  [eyeheart] [flower]
évidemment, je ne me referai pas...  :P

Bizz
Flamme
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« Letzte Änderung: 20. Februar 2014, 01:46:50 Uhr von flamme »

Offline limeye

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #5 am: 20. Februar 2014, 09:40:48 Uhr »
Coucou Flamme !

je pense que tu vas aimer ce que Curtis compte faire à New York  ;)... Je te / vous laisse découvrir  [peepwall]

bizz

Limeye  :)


Il n’était pas encore très tard lorsque Curtis arriva à la porte de l’appartement de Joan. Et pourtant, il fallut un moment à Joan avant d’ouvrir. Ses yeux trahissaient qu'elle dormait déjà, elle avait les cheveux un peu décoiffés.

- Curtis !, dit-elle doucement, avec un soulagement dans la voix. Enfin…

Elle s'avança vers lui, l’entoura de ses bras et se blottit confortablement contre lui, comme si elle avait voulu continuer dormir sur place. Il respira l'odeur familière de ses cheveux, profitant de la chaleur de son corps, oubliant pour un instant qu'ils étaient encore debout sur le palier, la porte ouverte.

- Tu me laisses entrer ?, demanda Curtis finalement et il prit doucement son visage dans ses mains, afin de pouvoir la regarder dans les yeux.
- Oh, bien sûr… excuse-moi, dit Joan, en prenant la main de Curt et en l’entraînant dans son appartement dont elle ferma la porte. Veux-tu du café ?
- Oui, volontiers, répondit-il, en jetant sa veste sur un dossier de chaise et en en se laissant glisser dans le sofa de Joan alors qu'elle s'affairait dans la petite kitchenette.

Surpris, il remarqua que Joan portait sa chemise grise. Elle laissait juste voir ses fesses, et mettait particulièrement en valeur ses belles jambes. Un spectacle que Curtis trouvait à cet instant séduisant sur les sous-vêtements de dentelle. Enfin, Joan revint avec deux tasses de café, lui en donna une et se blottit avec ses genoux repliés à côté de lui.

- Veux-tu me parler de ta rencontre avec Cashew ?, demanda-t-elle d’un air innocent, mais le ton curieux de sa voix était difficile à ignorer.

Curtis prit une gorgée de café et commença à raconter ce que le Président lui avait dit. Il finit par dire qu’Ezella était déjà sur Heel pour entamer les recherches, ce que Joan savait déjà de toute façon. A ce sujet, une question lui brûlait les lèvres…

- Y a-t-il une raison pour laquelle Ezella est parti sur Heel sans toi ?

Joan regarda Curtis attentivement, toute sa fatigue semblait avoir disparu. Elle posa ses coudes sur le dossier du canapé et caressa doucement Curtis dans ses cheveux rouge.

- T’ai-je déjà raconté que j’ai vécu durant deux années de mon adolescence sur Heel ?, demanda-t-elle en guise de réponse.
- Non, mais je sais d’Ezella…
- Mon père était en poste là-bas et j’ai suivi accessoirement l’enseignement dans une affreuse école terrienne.

Curtis approuva. Joan parlait très rarement par son défunt père, c’était la raison pour laquelle il n'avait pas osé lui poser de question à ce sujet.

- Horrible, mais au moins, j’ai appris à parler couramment la langue d’Heel, ajouta Joan avec un clin d’œil complice, le moment délicat était passé. Parles-tu la langue de Heel ?, demanda-t-elle en posant sa tasse sur la table basse.
- Eh bien, la langue est un peu compliquée et se compose de plusieurs syllabes difficiles à prononcer et sifflantes..., expliqua Curtis.
- Mais encore ?, demanda doucement Joan en murmurant quelque chose dans l'oreille avec les sons qu’il venait de mentionner et il grimaça.
- C’est remarquable, dit-il avec reconnaissance. Et cela signifie ?
- Je t’aime, ronronna Joan en embrassant l’oreille de Curtis.
- Cela ne prouve rien, répondit-il à Joan en fermant voluptueusement les yeux. Cette phrase est l’une des premières que l’on apprenne dans une langue étrangère.

Joan poursuivit ses efforts en glissant à califourchon sur les genoux de Curt et elle murmura quelque chose à son oreille comme elle desserrait sa cravate.

- Cela signifie : je veux dormir avec toi, traduisit Joan en déposant un baiser sur les lèvres de Curt.
- Et est-ce quelque chose que tu as appris à l’école terrienne de Heel ?, dit Curtis en souriant. Cela a vraiment dû être horrible.
- Absolument terrible, confirma Joan en embrassant Curtis passionnément.

Ses mains glissèrent sous sa chemise et dans son dos, après quoi Joan la retira avec impatience par-dessus sa tête. Mais elle aimait ses mains et ses lèvres qui effleuraient sa poitrine avant qu'elle ne se lève, essoufflée, et entraîna Curtis avec impatience dans sa chambre à coucher.
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Offline Frégo80

  • Joan Randall
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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #6 am: 20. Februar 2014, 11:57:20 Uhr »
Coucou Limeye!Claudrick!

The Heel language seems very sexy! [naughty] [eyeheart] [devil] [knuddeln] . It is a very promissing story!

A+

Frégo  8)


Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #7 am: 20. Februar 2014, 12:22:49 Uhr »
Hallo Limeye, Frégo, Claudrick!

 [goodjob] [knuddeln] [eyeheart] [loveu] [naughty] [devil]

I guessed right about what Curtis wanted to do in New York...  [naughty]

Tu as raison Limeye, j'aime ce que Curtis fait à New York... et j'avais bien deviné! [flower]

I don't forget Curtis' question: why did she stay on Earth? Why did Ezella go to Heel without her?

Je n'oublie pas pour autant ce que Curtis a demandé à Joan: pourquoi n'a-t-elle pas accompagné Ezra sur Heel?

Bizz
Flamme
 [jump]


Offline limeye

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #8 am: 20. Februar 2014, 18:49:06 Uhr »
Réponse à ta question dans le passage suivant, Flamme !

N'est-ce pas qu'elle parle bien la langue de Heel, notre petite Joan  ;) !

bizz

Limeye  :)


Le corps de Joan se trouvait blotti tout près du sien, sa tête reposait sur son bras. Son souffle maintenant régulier et son pouls détendu donnaient l’impression qu'elle dormait. Mais Curtis pouvait effectivement avoir le sentiment que Joan était éveillée, à regarder le plafond sombre.

- Tu n’as pas répondu à ma dernière question, demanda Curtis doucement et il entendit Joan prendre une profonde inspiration.
- Ezella ne voulait pas que je l'accompagne parce que... j’avais alors traversé une période très difficile. Je me disputais souvent avec mon père parce qu’il avait peu de temps libre alors et puis il est mort soudainement… sans que je puisse vraiment m’expliquer avec lui.

Un étranger n’aurait probablement perçu aucun changement dans la voix de Joan, mais Curtis Newton sentit très clairement les émotions violentes qui venaient de saisir la femme qu’il tenait entre ses bras.

- Cela a dû être terrible pour toi, dit-il avec bienveillance.
- Je ne sais pas ce qui serait advenu de moi si Ezella n’avait pas été là, continua Joan. Dans un sens, il m'a sauvé la vie. Il ne me l'a pas dit, mais je pense qu'il ne voulait pas que je vienne sur Heel avec lui, peut-être parce que les vieilles blessures se seraient réveillées.

Pendant un moment, tous les deux restèrent silencieux.

- Voudrais-tu quand même y retourner ?, demanda-t-il doucement.

Joan ne répondit pas immédiatement, au lieu de cela, elle se tourna vers lui et embrassa une de ses jambes enroulée autour de ses hanches nues.

- Je ne sais pas…, répondit Joan en se redressant pour pouvoir le regarder dans les yeux, puisqu’elle était maintenant à demi sur Curtis. Tu n’as pas vraiment répondu à ma question.
- Que veux-tu dire ?, demanda Curtis et il sentit renaître son désir du fait de son corps chaud sur le sien.
- Oui, si tu peux parler la langue de Heel, demanda-t-elle et elle embrassa sa poitrine.
- Ah ça…, Eh bien, je peux la lire et la comprendre, mais pour la parler, pas très bien.
- Alors, ce sera peut-être nécessaire, dit Joan, en appuyant ses mains de chaque côté de la tête de Curt.
- Comment cela ?
- Et bien que tu m’emmènes, répondit-elle et elle l'embrassa avant qu'il ne puisse protester. D’accord ?
- D’accord, répondit Curtis sans aucune résistance et il laissa glisser des mains pleines d’espérance sur ses cuisses.

A sa grande surprise, cependant, Joan se leva et ouvrit son placard.

- Je prépare mes affaires rapidement, donc ne t’enfuis pas !
- Je crains de ne pas avoir assez de sang dans les jambes pour m'enfuir, répondit Curtis et il attira Joan vers le lit.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #9 am: 21. Februar 2014, 18:11:10 Uhr »
Encore un tiboutte...


Heel était une planète rocheuse de taille moyenne de la classe M, comme il en existe encore des milliards d'autres dans la galaxie et tournait son orbite autour du soleil du système Cancri.
Outre les masses terrestres des deux calottes polaires, Heel possédait trois continents, dont un seul d’entre eux cependant, N!poya avait atteint le niveau d'une société forte, basée sur l'art et la culture. Le progrès technologique n’apportait pas du tout, en effet, pas d’électricité, et encore moins de navigation spatiale. Par rapport à l'évolution terrestre, Heel se situait quelque part entre le 15 et 16 siècles en Europe.

Comme un arc, traversant l’équateur pour relier la masse du pôle sud à la masse pôle nord, N!Poya, le continent principal, était entouré par des centaines de milliers de grandes et petites îles le long de ses côtes, qui présentaient chacune toutes formes de paysages allant d’arides volcans abrupts à des plages de sable fantastiques. Pourtant, seulement environ quinze pour cent de la superficie totale de ce vaste continent étaient effet peuplés. Le centre culturel du continent était Kalatepe avec environ un million d'habitants, situé sur un delta de la rivière à proximité immédiate de la mer, sous les latitudes tempérées de l'hémisphère nord de la planète. Ici le Capitaine Landor avait été en poste, lui et sa fille y avaient passé deux années de leur vie. C'était un sentiment étrange pour Joan de revoir cette ville. Tout d'abord, parce qu’elle avait complètement changé, d'autre part, parce que la base de la police planétaires se trouvait à Kalatepe, le dernier endroit où Joan avait vécu avec son père...

Pour l’heure, l'agent était assise dans le siège des invités du Comète qui avait déjà atterrit à Kalatepe, et regardait curieusement par la petite fenêtre latérale à côté d’elle, s'il était possible de reconnaître des détails familiers de la ville.

- La ville est superbe !, s’écria-t-elle, surprise. Bien plus belle que dans mon souvenir.
- Peut-être que ton ancienne école terrienne est maintenant bien plus agréable aussi, plaisanta Curtis en lui jetant un regard malicieux par-dessus le siège de pilote.
- Je ne vois pas la nécessité de retourner voir cette école, répondit Joan en grimaçant. Mais je suis curieuse de voir ce qu’Ezella va nous dire.

Comme convenu avec le Marshall Garnie, Futur posa d’abord le Comète sur l’aérodrome de la police des planètes à Kalatepe, la base de la police interplanétaire. Joan reconnu le bâtiment, même si tout était devenu plus grand et plus moderne. Le hangar, l’école de pilotage, les ateliers et les autres installations logistiques. Et quelque chose de grande taille caché entre les arbres, mais en direction de la mer, les locaux d'habitation de la police des planètes et de leurs familles, y compris l'école et la garderie.

Le soleil était chaud et faisait scintiller l’air au-dessus du tarmac de l’aérodrome de la police des planètes de Kalatepe comme l’équipe de Futur et Joan quittaient le Comète. Une navette climatisée les attendait, promesse d’un rafraîchissement bienvenu. Le Marshall Garnie était venu à leur rencontre pour les accueillir. Ravi, il prit Joan dans ses bras, mais en même temps ses yeux trahissaient une préoccupation évidente de par sa présence... Puis il serra les mains des autres membres de l’équipage de Futur et fit un signe à Simon pour les saluer.

- Bienvenue à la base de la police planétaire de Kalatepe, j'espère que vous avez eu un bon voyage. Et maintenant, allons-y vite, sinon, nous allons rester coincés ici et fondre sur l’asphalte. Nous sommes déjà attendus !

Un employé les attendait à l'entrée de l'aile administrative du bâtiment de l'aéroport, pour les accompagner au siège. Le Marshall Garnie resta un peu en arrière afin de se placer à côté de Joan.

- Joan, il y a quelque chose que tu dois savoir…, lui dit-il mystérieusement.
- Quoi donc ?
- Te souviens-tu que je t’avais dit que quelqu’un ici dans la base pourrait établir des contacts avec le guide heelanien pour nous ? Cette personne est Zack.

Joan s'arrêta brusquement et regarda Ezella avec surprise.

- Zack Donovan ? Il est encore ici ?
- Oui, et nous allons bientôt le rencontrer chez le commandant. Je voulais juste que tu t’y prépares. Excuse-moi de ne pas te l’avoir dit tout à l’heure…

Joan n’avait plus le temps de réagir. D’une part parce qu'elle était encore trop étourdie, d’autre part parce que la porte du bureau de l'aérodrome de commandant George Milton s’ouvrait déjà devant elle. Il se leva de son bureau et vint saluer l'équipage de Futur et ses deux collègues. Un jeune homme qui se trouvait également dans le bureau de Milton se leva lui aussi.

- Capitaine Futur, j’ai l’honneur de vous accueillir ici à Kalatepe. Votre soutien est plus que bienvenu pour nous !

Ils se serrèrent la main et échangèrent quelques politesses, puis Milton se tourna vers son autre invité pour le présenter également.

- Je voudrais vous présenter un des membres de mon personnel : l’agent Zack Donovan. J'ai entendu dire que vous et l'agent Donovan aviez été ensemble à l’école ?, dit le commandant en se tournant vers Joan.
- Oui… C’est exact, répondit Joan en faisant un pas maladroit vers Donovan. Zack… c’était il y a combien de temps ?

Il portait ses cheveux noirs maintenant assez courts, et son visage portait maintenant une belle barbe. Mais derrière, elle retrouvait le visage encore insouciant de ses dix-sept ans… Joan ne savait pas s'ils devaient se serrer la main ou s'embrasser, mais comme il lui souriait d’un air heureux, elle choisit cette dernière possibilité.

- Zack, c’est bien de te revoir, réussit-elle à dire.
- Je me réjouis aussi, répondit Zack.

Curtis nota avec attention le comportement hésitant de Joan. En une fraction de seconde, il perçut des gestes petits, mais équivoques : les narines de Donovan, qui s’élargirent brièvement quand il frôla les cheveux de Joan de manière à capter son parfum. La main de Joan, qui, certes brièvement, se posa sur l’épaule de Donovan, mais qui caressa son bras quand elle s’écarta de lui… Cela ne dura qu’un bref moment puis tous les deux reprirent une distance professionnelle. Et Curtis remarqua, contrarié, qu’inconsciemment les muscles de sa mâchoire s’étaient tendus…

- S’il vous plait, prenez place, proposa le commandant Milton à ses invités, et tous - sauf Grag - prirent place autour de la table ovale en verre, tandis que le commandant Milton servait de l’eau minérale fraîche à ses invités dans les verres disposés là.
- Malheureusement, nous n’avons jusqu’à présent aucune trace du professeur Bouchard, tout du moins, rien de probant, commença Milton après s’être servi. Simplement des rumeurs, que nous prenons en compte de toute façon. Mais de cela, l’agent Donovan peut vous en dire plus.

D'un geste, il donna la parole à Zack Donovan.

- Merci, Monsieur, dit-il en prenant la parole. Je dois commencer par dire qu'il y a sur N!Poya toute une structure sociale complexe des différentes classes sociales. Au sommet de la structure se trouvent les Auruns, hauts et puissants seigneurs, qui guident les destinées du pays. L’Aurun de Kalatepe est un homme sage qui - contrairement au rejet général dont font l’objet les Terriens - entretient une relation détendue avec nous. C’est réellement de par sa volonté expresse que ses deux fils apprennent l’anglais et les arts martiaux à la police des planètes.

Futur écoutait attentivement et observait Donovan avec attention. Ses yeux se posaient nettement plus souvent sur Joan que sur l’un des autres membres assis autour de la table. Cependant, Joan ne montrait qu’un intérêt purement professionnel, même si peut-être, elle clignait un peu plus souvent des yeux…  Quelque chose se passait entre les deux, et Futur n'était pas sûr de ce que c'était. Néanmoins, Donovan continuait.

- Depuis que je suis ici sur la base en tant qu’instructeur, j'ai repris cette tâche. Je me rends donc régulièrement au palais de l’Aurun et des rumeurs sont parvenues jusqu’à moi selon lesquelles Pierre Bouchard aurait été enlevé.
- Enlevé ?, laissa échapper Futur. Par qui ?
- Comme je l'ai dit, la situation est un peu compliquée avec les Heelaniens, poursuivit Donovan. il y a actuellement dans l'ensemble de N!Poya plus de cinquante Auruns, et la majorité d'entre eux souhaite que les Terriens quittent Heel, par la force si nécessaire. Ils voient en Pierre Bouchard l’origine de la présence des Terriens ici, ayant creusé avec de lourds appareillages les paysages de la planète, il a donc été enlevé pour nous faire chanter et nous contraindre à quitter Heel.
- Mais le professeur Bouchard m'a dit que des dispositions avaient été prises entre Heel et le gouvernement solaire pour le transfert de technologie. Heel devait profiter de la présence des Terriens, objecta Futur.
- C’est exact, répondit Donovan, mais entre temps, les Heelaniens ne sont peut-être plus intéressés. Ils veulent juste qu’on les laisse en paix.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #10 am: 21. Februar 2014, 18:50:29 Uhr »
Coucou Limeye! Et merci pour les deux tibouttes!  [goodjob]

J'adore les arguments que Joan a employés pour se faire emmener sur Heel!  [proud]

Et maintenant qu'elle y est, elle y retrouve quelqu'un dont la présence risque de déranger un peu Curtis, on dirait...  [suspicous] Tu penses bien que je me pose ÉNORMÉMENT de questions sur ce qui s'est passé entre eux, car il semble s'être passé quelque chose...  ???

Quant à Curtis, son attitude jalouse et soupçonneuse  >:( envers ces deux-là risque de le déconcentrer un peu, on dirait... Pourtant, il a intérêt à être vigilant, car j'ai l'impression que la disparition de Pierre Bouchard cache autre chose que cette envie qu'ont les habitants de Heel de voir les Terriens s'en aller...  [mindoubt]

Je suis accrochée!  [jump] [jump] [jump]

Hi Claudrick! I liiiiiiiike how you entertain us, I have many questions about Joan and Zack  (I had a lot of fun to see Curtis' jealousy)  ;D, and about what is the real reason behind Pierre's kidnapping...

Bizz
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Offline limeye

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #11 am: 22. Februar 2014, 11:12:11 Uhr »
Hello à toutes !

Claudrick trouve très vite des arguments pour nous embarquer dans ses histoires... En quelques pages, il y a déjà beaucoup de suspens... et la disparition de Pierre Bouchard en est un des éléments !

J'avais demandé (dans la version allemande) à Claudrick si c'était un hasard que le jeune agent s'appelle Zack... ce à quoi elle m'a répondu que non ! Elle avait réussi à le caser...  ;) ;D

Quant à ce qui s'est passé entre lui et Joan, je vous laisse découvrir les "aveux" de cette dernière...

bizz

Limeye  :)


Tout laissait à penser que Pierre Bouchard avait été enlevé. Selon toute vraisemblance d’après Rodekh, un des Auruns des provinces nordiques. Un aristocrate ultraconservateur qui était parvenu à convaincre une partie des autres Auruns que les Terriens n’étaient rien d’autres que des gens avides, des exploiteurs sans scrupules qu’il s’agissait de chasser de Heel. Transfert de technologie et progrès ou non. Tout cela avait été abordé lors de la discussion chez le commandant Milton. Plus tard lors du dîner pris en commun au mess des officiers de la base, il fut discuté d’autres actions. L'équipage de Futur allait essayer d’entrer dans la résidence de Rodekh, à la recherche de traces de Pierre Bouchard et lui porter secours si nécessaire. Ezella Garnie et Zack Donovan resteraient dans la base en contact permanent avec l'équipage de Futur pour organiser le soutien nécessaire. Milton montra à Futur et au professeur Simon sur une tablette des cartes de la province de Rodekh, nommée ainsi selon le nom de son chef. Il était difficile d'accéder dans une région rocheuse, très boisée. Il ne fallait pas songer à y atterrir avec le Comète, avec le Cosmolem peut-être, mais cela nécessiterait une longue marche à travers un terrain accidenté… Futur remarqua que Joan et Donovan se détournaient discrètement de cette conversation et discutaient tranquillement d’autre chose dont il ne pouvait comprendre les détails. Les muscles de sa mâchoire se crispèrent à nouveau.

Plus tard, l’équipe de Futur et Joan retournèrent au Comète pour préparer tout le nécessaire pour le lendemain. Comme ils allèrent se coucher, Joan se blottit contre Curt, dans la cabine de celui-ci, comme d’habitude. Sa nervosité semblait être oubliée, mais Curtis ne pouvait pas s'endormir...

- Joan ?
- Hum ?
- Comment as-tu réellement fait connaissance avec Zack Donovan ?
- Tu veux dire à part le fait que je le revois pour la première fois depuis quinze ans ?, demanda Joan et Curtis agréa. J’ai passé deux ans à l’école avec lui, mais nous n’étions pas dans la même classe. Durant l’été, avant de quitter Heel, il m’a appris avec beaucoup de patience à faire du surf, c’est tout.
- Ah bon, murmura Curtis et il ressentit comme un soulagement en lui.
- Et lors de ma dernière nuit sur Heel, j’ai couché avec lui. La seule fois et pour la première fois, ajouta Joan après un moment de silence et elle retint son souffle à cette confession.

"Je m’en doutais", faillit dire Curtis, mais il s’abstint. Cela faisait quinze ans de cela et tous les deux étaient encore des adolescents… Et pourtant, cela expliquait beaucoup de choses à Curtis.

- Alors aujourd'hui, tu t’es retrouvée à table avec deux hommes avec lesquels tu as déjà fait l’amour, nota-t-il sèchement.
- C’est vrai, confirma Joan et elle put entendre que cela lui était un peu désagréable. Que je souhaite en faire autant est aussi éloigné que l’astre de mon pays natal.

Curtis ne put s'empêcher de rire.

- Oh, pas facile à battre… Si nous voulons être reposés pour demain, nous devrions dormir maintenant.

Joan approuva et tira les couvertures jusqu’à son menton. Curtis ne lui avait jamais rien demandé de son passé en ce qui concernait les hommes. Et le fait qu’il ait réagi avec un rien de moins qu’un peu de jalousie était une bonne chose, même s’il n’y avait aucune raison à cela.

- Curtis ?
- Hum ?
- Le fait que j’ai dû quitter Heel alors que j’avais enfin pu m’y installer, a fait que j’en ai beaucoup voulu à mon père à l’époque. Puis il y eut Zack, dont j’étais tombée follement amoureuse. Et j’ai réalisé que non seulement je ne reverrais plus jamais Heel, mais que je devais aussi le quitter. J’en ai tellement voulu à mon père que je l’ai menacé de m’enfuir et de retourner seule sur Heel. Et j’ai dit des choses que je ne pouvais plus retirer, alors qu’Ezella et mon père devaient intervenir contre le Faucon. Comme tu le sais, il n’est pas revenu de cette mission et cela m’a plongée dans une crise terrible. C’est pourquoi Ezella ne voulait pas que je revienne ici : parce que je m’étais séparée de Heel et à proprement parler aussi de Zack lors de mon différend avec mon père.
- Ton père n’aurait certainement pas voulu, tu t’en fasses encore aujourd’hui, dit Curtis après un moment de réflexion. Tu étais encore jeune.

Il pouvait à ce moment comprendre parfaitement le souci d’Ezella pour Joan.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #12 am: 23. Februar 2014, 04:43:42 Uhr »
Coucou Limeye!

Eh bien, on sait maintenant ce qui s'est passé entre Zack et Joan... mais on ne sait pas ce qui va se passer maintenant!  Le passé va-t-il les rattraper? On dirait que Curtis a les mêmes doutes que moi...  ::)

Bizz
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Offline limeye

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #13 am: 23. Februar 2014, 17:05:54 Uhr »
Coucou Flamme,

je suis comme toi... je m'interroge aussi sur ce qui va advenir entre ces trois-là. Mais pour l'heure, les Futurmen et Joan se trouvent "sur le terrain".

bonne lecture !

bizz

Limeye  :)


Dans la lumière grise de l'aube, l'équipage de Futur et Joan Landor se rendirent avec le Cosmoliner vers Rodekh. Les images qu'ils avaient recueillies via les satellites météorologiques de la société minière terrienne n'étaient pas de bon augure. La météo étouffante d'hier semblait se développer en une énorme tempête vers le nord.

- Une véritable dépression est en train de se constituer, dit le professeur Simon. Il ne faut en aucun cas que nous ne nous retrouvions là-bas avec le Cosmolem.

Futur, qui se souvenait des violents orages de l’année passée, agréa.

- En cas d'extrême urgence, nous atterrirons à temps.

Ils avaient déjà parcouru une bonne distance, alors que des nuages ​​de plus en plus menaçants se profilaient et prenaient une couleur bleu gris inquiétante. Déjà le premier éclair zébrait l’horizon et le vent se renforçait régulièrement, ce qui était ressenti de manière particulièrement forte à bord du petit Cosmolem. Futur maintenait le petit vaisseau sur la bonne voie jusqu'à ce que le vent atteigne des vitesses telles qu'il ne pouvait pas poursuivre plus longtemps le vol.

- Il vaudrait mieux atterrir maintenant, dit-il en se tournant vers l’androïde assis à côté de lui. Y a-t-il un endroit convenable pour atterrir pas loin ?

Otho énumera à Futur les coordonnées appropriées, et le Capitaine choisit sans hésitation la position la plus proche. C'était un plateau rocheux sur lequel coulait un torrent, mais qui était protégé de l'autre côté par des forêts denses.

- Regarde, Curtis, cria Joan alors que la foudre illuminait brièvement la scène. A l’orée de la forêt, il y a une cabane !

L’agent avait raison. Futur et Otho sortirent pour vérifier la hutte et adressèrent aux autres des signaux pour leur faire comprendre qu'ils pouvaient venir. Un peu à l'improviste, Grag saisit rapidement Simon dans ses bras en raison de la pluie qui tombait et des éclairs pour le mettre rapidement au sec.

La hutte semblait être un refuge pour les bûcherons, comme l’indiquait les outils rangés dans un hangar avoisinant. L’installation se révélait spartiate : une niche de foin récupérée pour dormir, une table, deux chaises, un coin cuisine avec une chaudière cabossée.

- Otho, tu prendras la première veille, je te relève deux heures plus tard, pour le cas où nous serions bloqués ici plus longtemps, ordonna Futur. Grag, allons donc voir si nous sommes encore loin du trône de Rodeck.

Les images des satellites météorologiques avaient pu être chargées sur leurs communicateur portables grâce à leur équipement, et leur indiquèrent que la cabane se trouvait à une demi-journée de marche de leur objectif et ils envoyèrent un message à Ezella à Kalatepe.

- J’ai des nouvelles utiles pour vous, dit Garnie. L’agent Donovan a appris au palais de l’Aurun de Kalatepe qu’il existerait un passage secret dans la forteresse de Rodekh, dont l’accès se trouve à l’extérieur de la ville. Mais il n’a pas pu savoir où se trouvait exactement cet accès.
- Nous le trouverons, Ezella, répondit Futur. Remercie de ma part l’agent Donovan pour ces précieuses informations.

Il regarda Joan, qui était occupée à poser un film thermique sorti de la trousse de premiers soins sur le foin humide de l'alcôve.

- Comme la tempête nous oblige à cette pause, je vais me reposer un peu, bourdonna Simon et il se plaça en mode veille comme Grag.
- Nous devrions également nous allonger, dit Joan en s’adressant à Curtis.
- C’est seulement pour une place, déclara celui-ci. Allonge-toi là. Je vais m’asseoir sur une chaise.
- Il n’est pas absolument nécessaire que tu te comportes comme un protecteur masculin, répondit Joan un peu plus vivement que voulu. Cela suffira pour nous deux, ajouta-t-elle plus conciliante en se couchant de manière démonstrative et en faisant bruire le foin et le film thermique.

Curtis hésita un instant, puis se leva et se coucha à côté d'elle. Cela sentait un peu le renfermé et depuis une peau d’animal qui avait permis de réparer provisoirement une fuite tombaient des gouttes du toit. Il doutait de vraiment trouver le sommeil…

- Curtis ?
- Oui ?
- Excuse-moi de t’avoir parlé ainsi, souffla Joan. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire.

Curtis voulut dire quelque chose, mais Joan continuait.

- Mais je pense tout le temps à mon père. Il m’a probablement plus marquée que je ne l’ai cru.
- Il a fait du bon travail, répondit Curtis avec sincérité et les yeux de Joan s’éclaircirent à ce compliment.
- Il m'a appris à reconnaître l'injustice et à la combattre, il me laissait monter sur chaque arbre et chaque rocher, m'a montré comment faire face de manière responsable avec des armes… Parfois, je pense qu’il voulait faire de moi le fils qu’il n’avait pas eu !

Elle le regarda directement, et Curtis songea, qu’il pouvait deviner un soupçon de mélancolie dans ses yeux.

- C’est vraiment une honte, répondit Curtis avec un sourire en saisissant sa main et en l’embrassant pour lui remonter le moral. Alors que tu es devenue une fille super.

Le doux rire de Joan fut couvert par le bruit de moteurs surchargés, le craquement des arbres et par l’agitation d’Otho qui entra en coup de vent.

- Dehors, un vaisseau est en train d’atterrir d’urgence !
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

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Re: Traduction de The final source / La dernière source
« Antwort #14 am: 23. Februar 2014, 18:18:53 Uhr »
Coucou Limeye!

Mauvais moment pour t'arrêter...  [motz] Ça fait plaisir de le remettre celui-là!  ;D

Je grille d'impatience d'en savoir plus!  [jump] [jump] [jump] [jump]

Hi Claudrick!

I like this story, the way you create suspense, and your hints to Joan's past...  [goodjob]

Bizz
Flamme
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