Autor Thema: Petit conte (de Noël)  (Gelesen 1126 mal)

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Offline limeye

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Petit conte (de Noël)
« am: 20. Januar 2014, 20:41:28 Uhr »
Hello Leute, Freunde, amis lecteurs !

les participants français se retrouvent désormais sur le forum de Pascal, mais compte tenu que Nemo et Tachi ont gardé ici la page française, je fais le choix de poster, à l'occasion, de courtes histoires ici aussi. Courtes, car ainsi, c'est plus facile pour Tachi de modérer le forum, et pour ma part, parce que je ne passe plus au quotidien ici, étant bien occupée sur l'autre forum.

j'ai donc déjà posté cette petite histoire en forme de conte de Noël sur le forum de Pascal, mais je vous la propose aussi ici aujourd'hui.

bonne lecture !

Limeye  :)


C'est un beau jour d'été, sur une planète lointaine. Une petite planète qui ressemble à la Terre mais qui n'est pas la Terre.

Sur Terre, comme sur les autres planètes du système solaire, c'est Noël. Dans les rues de New York, de Londres ou de Paris, dans les ruelles d'un petit village corse, malien ou encore à Singapour, Bornéo ou Tahiti, on pense Noël, on fête Noël.

Mais pas sur cette petite planète. Parce que c'est l'été et que Noël est loin dans l'esprit des habitants. Pourtant, ce sont des descendants de Deneb eux aussi, des descendants de Terriens. Mais pour eux, Noël ne signifie pas grand chose. Et si, dans les Neuf Mondes, on fête toujours Noël, ce n'est plus le cas pour eux. Car ils n'oublient pas.

Ils n'oublient que quelques jours avant Noël, il y a de cela déjà plusieurs générations, un terrible cataclysme a ravagé la Terre, apportant morts et désolation, ruines et famine, guerres et sauvagerie. Ils n'oublient pas que les survivants ont fui, vers d'autres planètes, et principalement Jupiter et Mars. Que des colonies se sont fondées, qu'il a fallu des années pour pouvoir reconstruire la vie sur Terre.

Eux préfèrent se souvenir du jour anniversaire de l'arrivée de leurs parents, sur cette petite planète. Ils préfèrent aussi célébrer la Fête de la Paix et la date anniversaire de leur entrée dans l'Association des Mondes Amis, en ce jour qu'ils ont appelé la Fête de la Fraternité. Loin des anciennes religions, loin des doctrines en tout genre, ils ont inventé sur cette petite planète une autre forme de vivre ensemble.

Et puis Noël se fête en hiver. Et pour eux, c'est l'été. Un beau jour d'été qu’éclaire leur soleil, Calenda.

Cette petite planète ne compte que deux continents et de nombreuses îles. Les hommes ne se sont installés que sur le plus petit des deux continents, ils ont placé sous haute protection le plus grand, situé en grande partie dans l'hémisphère nord, ainsi que la plupart des îles. Dans un village du premier continent, leur étoile-soleil fait briller ses chauds rayons sur un rivage encore sauvage. Le village est dans les terres, près d'une ria, qui s'est creusée au fil des siècles dans le lit d'une petite rivière. Un petit port est à l'abri dans cette ria. Quelques hameaux dispersés ont été construits ça et là, un peu en fonction des abris naturels et des terres cultivables. La côte est rocheuse, déchiquetée, mais les rives ne sont pas très hautes et offrent par endroits de belles plages de sable blanc et fin.

Sur une de ces plages, une petite fille aux cheveux blonds et bouclés joue sur le sable avec une autre fillette aux longs cheveux bruns. Elles sont en train de ramasser des coquillages qu'elles assemblent ensuite pour créer un grand dessin. La blonde est plus aventureuse, elle s'engage entre des rochers, ramène dans ses poings fermés plusieurs petites coquilles de bigorneaux de toutes les couleurs.

- Il y a un filon, là-bas, Jelle, je vais retourner en chercher.
- Ne va pas trop loin, Joan !
- T'inquiète pas.

Et elle repart en exploration. Au bout d'un long moment, la fillette brune relève la tête, voit la mer qui commence à remonter. Elle se redresse, regarde vers les rochers. Son amie n'est pas revenue. Avec la marée montante, elle va se trouver coincée dans les rochers, elle devra faire de l'escalade pour revenir. Jelle soupire. Joan a toujours le chic pour se mettre dans des situations impossibles.

- Le pire, c'est qu'elle va me dire qu'elle aurait aussi pu revenir par la mer, en nageant... bon, où est-elle passée, quand même ? Joan ! Joan ! La mer monte ! Reviens !

Mais seul le silence lui répond. Elle s'approche des rochers, appelle à nouveau. Soudain, elle voit la chevelure blonde de son amie se détacher sur la falaise, assez loin d'elle. Elle revient vers elle, avec une aisance que Jelle lui envie. Elle a l'impression que Joan court sur les rochers, comme si elle courait sur le sable, ou dans l'herbe. Elle grimpe, redescend, prenant appui dans les petits creux, se glissant entre les failles. En quelques minutes, elle a rejoint son amie.

- T'étais partie loin...
- Mais ça en valait la peine, regarde !

Joan ouvre son poing droit et lui montre quelques beaux coquillages. Jelle les regarde, sourit. Puis demande :

- Et dans ton autre main, qu'est-ce qu'il y a ?

Joan ne répond pas tout de suite. Mais comme elle n'a pas de secret pour son amie, elle se décide enfin. Dans le creux de sa main se trouve une pierre étrange, d'un beau gris bleuté.

- C'est une pierre de lune, dit-elle. Elles sont très rares, m'a dit ton père. Il m'a dit qu'il y en avait un petit gisement sur le deuxième continent, et que les chercheurs soupçonnent qu'il y en ait aussi un sous la calotte glacière du Sud. Mais ils n'en sont pas sûrs.
- Celle-là pourrait en provenir..., dit Jelle avec intérêt. Elle aurait été emportée par la mer, les courants... pour arriver jusqu'à nous.
- Ou peut-être qu'elle vient du ciel.
- Une météorite ?
- Ou une comète.

Les deux fillettes fixent toujours la jolie pierre, parfaitement polie, en forme de larme.

- Tu as vu, reprend Joan. Il y a quelque chose qui brille dedans, comme... une étoile. Tiens, je te l'offre !

Surprise, Jelle a un léger mouvement de recul. Elle répond :

- Non, garde-la. Elle est très belle. C'est toi qui l'as trouvée. Elle est à toi.
- Mais tu es mon amie, alors je veux te l'offrir !
- Je n'ai pas besoin que tu m'offres une jolie pierre pour savoir que tu es mon amie, parce que tu es plus que mon amie, tu es ma sœur. Garde-la, elle te protègera. Surtout le jour où tu t’envoleras dans les étoiles…

**

Le même jour sur une autre petite planète où l’on ne célèbre pas non plus Noël, mais pour des raisons bien différentes. C’est une planète désertique et désolée. Là, nul océan, nulle mer, si ce n’est un vaste espace rocheux nommé Mer de la Tranquillité, nulle plage de sable blanc, mais des étendues de sable gris. Ici, nul parfum de varech, de bois, de fleurs des champs, pas même une atmosphère. Ici encore, nul cri des grands oiseaux de mer, nul miaulement de chat, seulement les grognements d’étranges petits animaux à poils longs, des chiens lunaires aux crocs acérés et au regard d’acier.

De n’importe quel endroit de l’univers, on pense ce monde inhabité et inhospitalier.
Pourtant, au cœur du cratère endormi de Tycho se trouve une base. Une grande base, bien protégée, inaccessible, dans laquelle grandit un jeune garçon entouré par trois personnes qui veillent sur lui. Un robot géant, un androïde et un cerveau volant.

Le jeune garçon vient de passer plusieurs heures, assis à son bureau, à apprendre une longue leçon d’astronomie. Il connait désormais par cœur le nom de toutes les planètes du système solaire et leurs satellites. Il peut calculer chacune de leur révolution, nommer leurs principales composantes et caractéristiques, citer les dates et les lieux des implantations humaines, faire des calculs complexes quant à leurs positions par rapport au Soleil ou entre elles.

Il ignore qu’aujourd’hui, c’est Noël. Mais après ces longues heures de travail, il n’a qu’une envie : faire un tour au-dehors. Il sort de sa chambre, traverse le long couloir silencieux. Il sait que Simon est dans le laboratoire, avec Otho. Grag… il ne sait pas où se trouve Grag. Il siffle doucement et Eek, le chien lunaire le rejoint. Il gagne le sas, enfile une combinaison spatiale intégrale, déverrouille les codes, se rend compte que Simon les a encore changés, réfléchit quelques minutes et trouve la nouvelle combinaison. Un sourire malicieux s’affiche sur son visage : son mentor devra encore inventer autre chose pour le garder à l’intérieur…

Il attrape Eek dans ses bras et active son petit propulseur. Il s’éloigne de la base, survole le fond du volcan, avant de parvenir à franchir plusieurs crêtes rocheuses acérées. Puis il se pose, le chien toujours dans les bras. Il le porte jusqu’en face de son visage, le fixe à travers la vitre de son casque et pense très fort : "Eek, trouve le filon. Je voudrais ramener une pierre de lune, pour l’étudier. Aide-moi à trouver le filon."

Et il repose le petit chien au sol. Celui-ci tourne la tête de droite à gauche, semble réfléchir, puis remue la queue et file entre les chaos rocheux. Le jeune garçon le suit, la faible gravité lui permettant de se déplacer très rapidement et de suivre sans difficulté le petit animal. Au bout d’une demi-heure, ils ont déjà parcouru une bonne distance et se sont beaucoup éloignés de la base. Mais cela n’inquiète pas le jeune garçon : il connait bien les alentours de Tycho, les a déjà parcourus de nombreuses fois avec Grag et Otho. Et grâce à ses dernières leçons d’astronomie, il sait pouvoir retrouver son chemin en se guidant d’après la position des étoiles.

Peu après, le chien s’arrête, renifle et commence à grignoter quelque chose au sol. Le jeune garçon observe avec soin les alentours, et découvre face à lui, à quelques mètres, une faille d’une couleur légèrement différente des roches alentours. Il sourit : Eek l’a mené au bon endroit. Il franchit les derniers mètres et s’approche. Un mince filon gris-bleu s’enfonce entre deux roches. Avant d’y toucher, il regarde comment il s’est créé, enregistre quelques informations, prend des repères pour le retrouver. Puis il ouvre un boîtier fixé à sa ceinture et en sort un petit outil. Avec précautions, il entame la roche. Plusieurs pépites se détachent, il en conserve quelques-unes, mais il voudrait un plus gros morceau. Enfin, un bel éclat tombe dans la poussière grise. Il le ramasse, l’observe, satisfait et va pour s’éloigner, lorsque son regard est attiré par quelque chose. En frappant la roche avec son burin, il a ouvert une fente. Il aperçoit quelque chose de brillant là où le gros éclat s’est défait. Intrigué, il s’approche un peu plus et reprend son travail. La roche est plus difficile à entamer, il s’entête, ne voit pas le temps passer, ne songe pas non plus à sa réserve d’oxygène qui commence à diminuer. Enfin, il parvient à défaire un autre beau morceau de pierre, avec un éclat brillant à l’intérieur. Satisfait, il jette un regard à sa montre et constate qu’il est resté au-dehors beaucoup plus longtemps qu’il ne le voulait.

"Eek !" pense-t-il très fort dans son esprit. Mais l’animal n’est plus là. "Eek ! Reviens ! Il faut qu’on rentre !" L’animal a disparu. Il monte sur une roche, pour regarder tout autour de lui. Toujours aucun signe du petit animal. "Grag va m’étrangler pour avoir laissé filer son chien… Eek ! Bon sang ! Il est temps de rentrer ! Je ne vais plus avoir assez d’oxygène sinon… Eek !"

Triste, il se résout à abandonner ses recherches, mais relance son propulseur et survole encore toute la zone où il a travaillé. Enfin, il aperçoit un léger mouvement, il redescend et en approchant, se rend compte qu’il s’agit de Eek en train de se battre avec un autre chien lunaire pour un morceau de métal. Le jeune garçon ne veut pas perdre de temps, il saisit une grosse pierre, la lance en direction du deuxième chien, qui fait un bond en arrière en grognant, et toujours volant, il survole la scène du combat et saisit Eek qui n’a pas lâché son morceau de métal.

"Sale bestiole ! Je t’ai cherché partout ! Il est temps de rentrer…"

Et il repart, mais très vite, les repères lui manquent, l’air se raréfie, il a déjà dû ouvrir sa réserve de secours. Il ne lui reste plus que dix minutes pour regagner la base. Il se pose, respire lentement pour économiser sa maigre provision d’oxygène. Il lève les yeux, cherche des repères. Il a le dos tourné à la Terre, masse bleue imposante au-dessus des montagnes, loin, derrière lui. Le soleil est sur sa gauche. Il cherche un alignement en particulier, soupire.

"Voilà, j’ai trouvé. Il faut suivre cette petite étoile, là-bas. C’est Calenda. C’est la bonne direction pour rentrer."

Il relance à pleine vitesse son propulseur et voit se dessiner quelques minutes plus tard la forme bien particulière de la base lunaire. A bout de souffle, il se pose près de la porte qui s’ouvre d’un coup, avant même qu’il ait eu le temps d’actionner l’ouverture.

- Où étais-tu passé, Curtis ? Je te cherche depuis des heures ! La gomme balloune a même fait décoller le Cosmolem pour partir en reconnaissance ! Mais… tu n’as plus d’air ! Vite !

La tête tourne au jeune garçon, des tâches noires apparaissent devant ses yeux, il sent la poigne puissante de Grag le saisir, le faire rentrer dans le sas, prendre un tuyau branché sur l’oxygène et le placer dans sa réserve. Une goulée d’air frais lui entre dans les poumons, le brûlant. Ses premières respirations sont douloureuses. Mais il reprend vite conscience et un grand sourire s’affiche sur son visage alors qu’il fixe les yeux phosphorescents remplis d’inquiétude du robot.

- Merci, Grag, ça va. Je crois que je peux retirer mon casque maintenant.
- Seulement quand on sera rentré. Qu’est-ce que tu étais parti faire dehors ?
- Je voulais ramener des pierres de lune. J’en ai trouvé de belles… Eek m’a aidé.

La mention de son chien calme aussitôt la colère du grand robot. Le jeune garçon poursuit :

- Tiens, regarde ma collecte !

Et il tend le filet étanche dans lequel il a glissé les morceaux qu’il a arrachés à la roche. Parmi ces quelques morceaux, on peut voir celui qui a failli lui coûter la vie. Un bel éclat où le bleu et le gris se mêlent, avec une étoile blanche en son cœur.

- Tu parles d’un trésor, grogne une voix exaspérée derrière eux. Sale gosse ! Tu nous as fait tourner en bourrique… Tout ça pour des bouts de cailloux… Heureusement que Simon ne s’est rendu compte de rien… Allez zou ! File !
- Otho ! Désolé de vous avoir inquiété, mais vraiment, je te jure, j’ai vraiment trouvé une belle pierre. Je vais la polir.
- Et pour en faire quoi ?
- Rien. La garder, juste pour la regarder.

L’androïde lève les yeux au plafond. Curtis n’a pas fini de leur en faire voir, c’est certain. Et depuis quelques temps, ça ne s’arrange d’ailleurs pas.

Le jeune garçon se dirige en silence vers sa chambre, le regard toujours fixé sur la petite étoile et songe à cette autre étoile, cette petite étoile perdue parmi tant d’autres, dont il a suivi la direction et qui lui a permis de retrouver à temps le chemin de la base.

"Un jour j’irai vers Calenda. Un jour. C’est mon étoile."
« Letzte Änderung: 19. Mai 2014, 11:55:07 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Tachioniumfinder

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Re: Petit conte (de Noël)
« Antwort #1 am: 20. Januar 2014, 23:31:32 Uhr »
Bienvenue, Limeye!

Quelle bonne idée: il y avait des liens entre Joan et Curtis dès leur enfance.....

Für die deutschen Fans: Limeye hat in ihrer Kurzgeschichte eine Verbindung von Curtis und Joan, die seit ihrer Kindheit wie durch ein unsichtbares Band existiert, beschrieben. Beide finden sie als Kinder  auf ihren jeweiligen Heimatplaneten/Mond in der Weihnachtszeit einen faszinierenden Mondstein, der einen besonderen Reiz auf sie ausübt. Joan glaubt, ihr besonderes Exemplar sei vom Himmel gefallen oder aber durch einen Kometen auf ihren Heimatplaneten gebracht worden. Sie möchte den Stein als Zeichen ihrer Freundschaft ihrer Fastschwester Jelle schenken. Diese lehnt aber ab. Sie ist der Ansicht, dass Freundschaft keiner solchen Geschenke bedarf. Der Stein soll sie lieber an dem Tag begleiten und beschützen, wo sie zu ihrer Reise in das Sternensystem aufbrechen wird. Curtis, der nach ein paar Lernstunden etwas Zerstreuung sucht und die Kombination des Sicherheitssystems der Mondbasis knackt, um einen Ausflug auf die Mondoberfläche zu machen, findet mit Hilfe von Eek ebenfalls einen besonderen Mondstein. Nach längerer Zeit auf der Oberfläche kann er mit Hilfe des Sonnenstands von Calenda (der Heimatsonne von Joans Planeten) wieder die richtige Richtung zur Mondbasis zurückfinden, bevor ihm der Sauerstoff ausgeht. Curtis beschließt, den besonderen Stein zu polieren und nimmt sich vor, eines Tages in Richtung der Sonne Calenda zu reisen, felsenfest davon überzeugt, dass Calenda "sein Stern" sei.

Viele Grüße
Tachi