Autor Thema: Traduction de Der Teufel im Detail  (Gelesen 8025 mal)

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Offline limeye

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Traduction de Der Teufel im Detail
« am: 14. November 2013, 09:29:26 Uhr »
Bonjour à toutes et tous !

je poursuis petit à petit la traduction d'histoires des fans allemands. Après celles de Free Nurara (je garde en projet l'idée de traduire la toute première Man hat immer eine Wahl, mais plus tard), je vous propose cette fois une histoire de Claudrick. C'est une histoire assez courte, qui peut se lire dans la continuité de sa toute première histoire "Qui sème le vent" (He who sows wind) que vous pouvez lire soit en allemand, soit en anglais (disponible sur le site de Pascal capitaineflam.free.fr). Comme il existait une version anglaise de cette toute première histoire et que les lectrices identifiées et assidues ici présentes l'avaient toutes lue, j'ai donc choisi de commencer avec Der Teufel im Detail.

vous y trouverez de l'aventure, de la romance et de l'émotion !

bonne lecture ! et belle journée  [flower] !

Limeye  :)


CHAPITRE PREMIER

Elaine Newton regardait le toit en verre, à travers lequel on pouvait voir dans l'espace. Au milieu des étoiles apparaissait  le globe terrestre grand et bleu. Il était à moitié caché par des nuages et des ombres.

- Regarde, Curtis, dit-elle gaiement au bébé. Nous irons là-bas. Nous retournerons sur la Terre que tu n’as encore jamais vue.

Le petit Curtis regarda de ses yeux gris et rusés et étendit ses bras potelés. Le père Newton entendit le sas d’air qui s’ouvrait et se refermait. Surpris, il se retourna.

- Grag et Otho ? Avez-vous bientôt terminé ?

La voix terrifiée de Simon Wright retentit.

- Ce ne sont pas Grag et Otho. Je connais le bruit de leurs pas, cria le cerveau vivant. Ce sont des hommes !

Elaine laissa échapper un petit cri et Newton pâlit. Quatre hommes en combinaisons spatiales et les armes à la main apparurent sur le seuil. Le visage de leur chef se révéla lorsque les hommes retirèrent leurs casques. Un visage en forme d'oiseau de proie, d'une beauté mauvaise.

- Victor Corvo !, s’écria Newton choqué quand il reconnut l’homme qui voulait lui voler ses recherches.
- Oui, Newton, enfin nous nous retrouvons, dit Corvo d’un ton triomphant. Vous pensiez, peut-être, que je ne vous découvrirais jamais ici. Mais pourtant, je vous ai trouvés.

Newton lut les intentions mortelles dans les yeux sombres et triomphants de son adversaire. Et la vue du visage pâle et des yeux grands ouverts de sa femme incita le jeune biologiste à un acte désespéré. Il se précipita vers l’armoire dans laquelle il gardait son pistolet atomique. Mais il ne l’atteignit jamais. Les armes des hommes de Corvo tirèrent. Newton fut durement touché et s’effondra. Tordu et sans vie, il resta étendu sur le sol. Elaine cria et posa le bébé sur la table derrière elle, là où il ne pouvait être atteint. Puis elle courut vers son mari.

- Elaine, fais attention !, cria le cerveau vivant.

Mais elle ne fit pas attention. L’arme de Corvo la frappa et elle tomba sur le sol à côté de son mari. Le petit Curtis sur la table commença à crier. Corvo ne lui prêta pas attention, mais il passa au-dessus des deux morts pour se diriger vers la boîte métallique du cerveau de Wright. D’un air moqueur, il fixa les yeux lentilles.

- Maintenant, c’est votre tour, Wright, ricana-t-il. Après cela, tout sera à moi, tout ce qui a été découvert dans ce laboratoire.
- Corvo, vous êtes déjà comme mort, répondit le cerveau de sa voix froide et métallique. La vengeance va vous rattraper…  Je l’entends déjà… Une vengeance terrible…
- N’essayez pas de me menacer, misérable cerveau sans corps !, rugit Corvo. Je vais maintenant vous réduire au silence.

A cet instant, deux formes se ruèrent dans le laboratoire, effrayant Corvo et ses hommes. Ils ne pouvaient en croire leurs yeux de voir deux incroyables créatures. Un robot géant et un androïde comme de la gomme ! Ils se tenaient simplement là et leurs yeux de non-humains fixaient les morts.

- Grag ! Otho ! Tuez-les !, cria le cerveau. Ils ont tué votre Maître et Seigneur. Tuez-les !

Comme tous les deux se lançaient à l’assaut, le robot émettant un mugissement plein de ressentiment et l’homme synthétique un grand cri perçant. En moins d’une minute, c’en était fait de Corvo et de ses trois compagnons. Puis Grag et Otho retrouvèrent le silence. Le feu brûlait dans leurs yeux artificiels.

- Amenez-moi à Roger et Elaine, ordonna le cerveau. Peut-être sont-ils encore vivants.

Le robot posa la caisse de Wright à côté des deux corps au sol. Les yeux lentilles du cerveau examinaient les corps.

- Roger est déjà mort, mais Elaine est encore vivante, expliqua Wright. Relève-la, Grag.

De ses bras métalliques puissants, le robot remit la femme mourante en position assise. Elle ouvrit les yeux. De loin, dans une ombre sombre, elle distinguait Wright, le robot et l’androïde.

- Mon bébé, mumura-t-elle. Amenez-moi Curtis.

Otho sauta immédiatement sur ses pieds. Il approcha doucement le bébé de sa mère. Elaine regarda son fils avec tendresse. Une tristesse infinie se lisait dans son regard.

- Je dois vous le confier, Simon, dit-elle d’une voix rauque. Vous êtes les trois seules personnes auxquelles je peux le confier.
- Nous ferons attention à Curtis et le protègerons, dit le cerveau.
- Il ne doit pas aller sur Terre, souffla-t-elle. Des gens vous l’enlèveraient. Ils diraient que c’est mal de confier un petit enfant à un cerveau, un robot et un androïde. Il doit rester ici sur la Lune jusqu’à ce qu’il grandisse.
- Nous le ferons, promit Wright. Grag, Otho et moi en prendrons soin.
- Et quand il sera devenu un homme, souffla Elaine, parlez-lui de son père et de sa mère. Et comment ils sont morts - comment ils ont été assassinés par ceux qui voulaient exploiter les bienfaits de l’humanité à des fins crapuleuses. Dites-lui de toujours se battre contre ceux qui veulent pervertir la science à de mauvaises intentions.
- Nous le promettons, dit le cerveau et sa voix sans timbre résonna étrangement.

En tremblant la main de la femme bougea et toucha la joue de son fils qui pleurait. Une lueur étrange et clairvoyante s’alluma dans les yeux mourants.

- Je vois le petit Curtis comme un homme, murmura-t-elle, les yeux brillants. Un homme comme jamais on n’en avait vu dans le système solaire… qui combat tous les ennemis de l’humanité.

Alors mourut Elaine Newton.



(extrait du roman de bastion de 1981 – Remerciements à Harraps).

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #1 am: 14. November 2013, 13:23:17 Uhr »
Petite scène de ménage  ;)

Limeye  :)



… Futur se redressa d’un coup. Un son doux de l’horreur, qui crispait sa mâchoire serrée, le tira du cauchemar. Il respira difficilement et son pouls s’accéléra si vite qu’il put entendre battre le sang dans ses oreilles. Les yeux écarquillés, il regardait autour de lui, et lentement, les contours familiers émergeant de la pénombre de sa chambre spartiate chassèrent les ombres du rêve.

Il connaissait ce rêve. Ce n’étaient pas des images précises qui le hantaient, mais plutôt un mélange troublant de menace, de peur, de perte et de douleur. Des sentiments profondément enfouis et mouvants, qui claquaient comme des vagues sombres et menaçaient de le noyer. Épuisé, il se frotta les yeux et laissa son regard errer jusqu’à la fenêtre ovale en glasit sur le mur opposé. Une nuit de quatorze jours avait commencé sur la Lune récemment et il n’y avait donc rien à voir d’autre que la surface des cratères lunaires. Et aussi l’endroit discret où se trouvaient deux petites pierres tombales au cœur de l’obscurité profonde… Il tourna la tête et regarda Joan, qui se trouvait à côté de lui dans le lit étroit et qui était tournée vers lui. Le drap ne couvrait son corps que partiellement, sa peau brillait dans l'obscurité, et sa petite figure ressemblait à une œuvre d'art faite de marbre pur, fabriqué par la main d'un maître. Le spectacle familier lui apportait le repos et il retomba sur son oreiller. Il fit courir sa main doucement le long de la ligne de sa colonne vertébrale, caressant son cou. Sans se réveiller, elle se tourna vers lui, murmura son nom et posa sa tête sur sa poitrine. Il lui caressa ses boucles blondes et regarda tendrement son visage détendu. Rien qu’à l’idée que quelqu’un puisse lui faire quelque chose et les sombres ondes revinrent et il l’attira près de lui.

Après qu'ils aient une nouvelle fois fait l'amour spontanément sous la douche, ce qui les amena à un fou rire causé par l'étroitesse de la cabine et quelques coups de coudes et de genoux, elle dût finalement prendre congé des uns des autres dans le hangar de la base lunaire.

- Je dois vraiment me dépêcher maintenant, sinon je vais manquer l’entrée du service, dit Joan dans un rire qui cachait avec peine la douleur de leur séparation.
- Oui, répondit Futur en la prenant dans ses bras. Sois prudente.

Ils s’embrassèrent, et comme lors de chaque départ, Joan espérait cette fois en vain quelque allusion de la part de Curtis quant à leurs prochaines retrouvailles. Elle se détourna alors après un dernier regard amoureux et sans un mot, elle monta dans sa navette spatiale. Alors qu’elle était sur le point de fermer la porte, Futur la rappela.

- Tu vas me manquer, Joan.

Elle s'arrêta brusquement, et après un moment d'hésitation, elle ressortit. Une question semblait être écrite sur son visage, mais cela lui semblait trop cher payé que de l’exprimer maintenant.

- Curtis… As-tu jamais seulement pensé… Je veux dire, peut-être que tu pourrais imaginer… vivre à New York ?

Futur la regarda surpris, il n’avait pas vraiment réfléchi à la réponse.

- Jamais !, dit-il avec une profonde conviction. New York est une ville magnifique, j’y viens volontiers, mais de là à y vivre… Non, vraiment non. J’y deviendrais fou.

Déçue, Joan baissa les yeux et il eut seulement conscience à cet instant que sa réponse la rendait malade.

- Pourquoi demandes-tu cela ?, ajouta-t-il, incertain.

Joan respira profondément.

- J’avais, réellement, l’espoir que peut-être tu…

Elle s’arrêta et le regarda de ses grands yeux.

- Tu sais, nous ne pouvons pas nous voir si souvent et je pensais… ah, c’était une erreur de commencer à parler de cela, je n’aurais pas dû aborder la question. Oublie cela…, dit-elle, d’un ton qui se voulait léger, et elle se tourna de nouveau vers son vaisseau alors que Futur saisissait sa main et la tirait à nouveau vers lui.
- Je ne peux pas oublier ce que tu ne m’as pas dit. Alors, à quoi penses-tu vraiment ?, demanda-t-il sérieusement.

Joan le regarda, mais les mots préparés restèrent cachés.

- Tu sais, ce n’est pas facile pour moi de nous voir seulement de temps en temps, quand tes autres projets le permettent.

Comment pouvait-elle lui expliquer ce qui se passait en elle ?

- A chaque fois que nous sommes ensemble, j’ai le sentiment d’avoir comme pris une drogue dont je dois me passer durant les deux ou trois semaines suivantes.

A peine ses mots s’étaient-ils formés sur ses lèvres qu’il lui sembla que c’était déjà complètement ridicule. Des larmes chaudes lui montaient aux yeux et elle déglutit.

- C’est de plus en plus dur à supporter.

Futur la regarda avec de grands yeux étonnés.

- Mais, Joan… Tu peux venir à tout moment sur la base avec nous…

Joan le regardait et secouait la tête, incrédule. Voulait-il ou ne pouvait-il pas comprendre ?

- Il ne s’agit pas de cela, répondit-elle faiblement. J’ai besoin, je… je veux juste quelque chose de plus.

Futur la regarda longuement avant de répondre. Son rêve lui revenait et lui donnait la réponse.

- Cela pourrait nous mettre en grande difficulté et tu le sais. Il y a plusieurs possibilités que cela puisse être utilisé par des personnes mal intentionnées, et en ce qui me concerne, je peux plus rapidement compter mes amis que ceux qui veulent me voir mort aujourd’hui plutôt que demain. Le combat n’est pas encore terminé. Joan…

Joan l’interrompit avec un désespoir retenu.

- Le combat ne sera jamais terminé, Curtis, il y aura toujours quelques fous que le gouvernement estimera que tu pourras rendre inoffensifs. Et je ne sais pas combien de temps encore je peux participer à cela…

Elle se retourna, désespérée, et reprit place dans sa navette spatiale. Futur l’empêcha de fermer la porte.

- Joan, attends ! Ne peux tu donc pas comprendre que…

Elle démarra la navette et le bruit du moteur masqua le reste de ses mots.

- Je suis vraiment en retard, Curtis !

Elle ferma énergiquement la trappe d’entrée et la navette décolla doucement. L’alarme du verrouillage automatique du sas résonna et Futur n’eut pas d’autre choix que de quitter le hangar avant que la porte principale ne s’ouvre et que l’air ne s’échappe dans l’espace.

A travers la vitre de sécurité du sas, Futur dût regarder, impuissant, le petit vaisseau noir accélérer dans l’espace. Ce ne fut que lorsque les feux clignotants du petit vaisseau eurent disparu, qu’il frappa, furieux, avec son poing contre la porte du sas.
« Letzte Änderung: 16. November 2013, 10:30:01 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #2 am: 15. November 2013, 02:37:33 Uhr »
Coucou!

Merci, merci, merci, Limeye!

J'adore, je suis accrochée! Très réaliste, ce choc des opinions entre nos deux amoureux, quant à leur relation! Chacun voudrait le meilleur (à sa façon) sans vouloir s'accommoder du pire... Chacun semble en demander trop à l'autre, ils semblent se diriger vers une impasse...

Ça va prendre la manière forte pour remettre les choses en perspective, je le crains... Une situation périlleuse, ou quelque chose du genre...

J'ai bien hâte de découvrir la suite!
 [jump] [jump] [jump] [jump] [jump]
Flamme
 :D

Offline Frégo80

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #3 am: 15. November 2013, 04:37:25 Uhr »
Coucou les filles!

J'adore ton initiative pour traduire ce recit, que j'ai lu en diagonal avec mon Allemand tres limite et mon Larousse de poche Francais-Allemand qui date des annees 90! ;D. Et des peripeties, il va y en avoir dans cette histoire! [unconscious]. J'attend aussi le suite avec impatience! :-*

A+

Frego  8)

Offline limeye

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #4 am: 16. November 2013, 10:04:46 Uhr »
Coucou Frégo, coucou les filles !

mon propre dico date des années 80, mais bon, ce n'est pas le Larousse de poche, mais le Harrap's, néanmoins, il manque parfois des mots ou des tournures de langage "parlé". Heureusement qu'il y a les sites de traduction pour aider  ;).

mais le style de Claudrick est comme celui d'Alex, plutôt facile à lire et à traduire. Et ses paragraphes ne sont pas trop longs, donc je peux avancer comme pour Meuterei avec régularité.

voici une suite pleine de surprises...

bizz et bon début de week-end  [flower]

Limeye  :)


- Joan, tu ne vas pas le croire ! Anderson m'a donné deux billets gratuits pour la finale des play-off des Nicks contre les Lakers dimanche. Le pauvre homme ne peut pas y aller, parce qu'il est invité ce soir-là à dîner par le maire et bien sûr il ne pouvait pas refuser. Tu viens avec moi ou pas ?

Ezella Garnie prit place avec un enthousiasme non dissimulé à la table de Joan à la cafétéria de la présidence.

- Les billets ont été vendus en quelques minutes il y a deux semaines. Et nous en avons ! Sais-tu ce que coûtent ces bébés ? Et en plus en tribune VIP !

Joan se força à sourire.

- Très cher, ok, je t’accompagne.

Ezella regarda un peu plus fixement sa collègue.

- Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu es pâle comme un fantôme.

Joan se frottait douloureusement le ventre.

- Je ne sais pas. J’ai probablement attrapé moi aussi cette grippe intestinale qui n’arrête pas de tourner dans notre département.
- La grippe intestinale ?, demanda Ezella en feuilletant le dernier numéro du "Sports illustrated". Personne n’a la grippe intestinale.

Le Madison Square avait vendu jusqu’à ses dernières places debout. Les Nicks se livraient une course au coude-à-coude avec les Lakers et les cris des fans écumant étaient à la hauteur de l’enjeu. Deux quart-temps étaient joués et les hôtes avaient un retard de 56 à 58. Sur le terrain, les pom-poms girls légèrement vêtues échauffaient encore plus le public.

- Je dois disparaître avant que le jeu ne se poursuive, cria Ezella à l’oreille de Joan. Dois-je t’apporter quelque chose ?

Joan secouait la tête et Ezella se leva et se glissa derrière la rangée de chaises vers l’allée de la tribune. Plusieurs autres personnes avaient évidemment eu la même idée, et la bousculade était grande. Et la bousculade fut tout aussi importante sur le chemin du retour vers sa place, en même temps qu’une centaine d’autres personnes. Le signal au début du troisième quart-temps retentissait et Ezella se trouvait encore au milieu de l’allée.

- Je crois que Jason Sassor aujourd'hui ferait sans doute le siège du panier, n’est-ce pas ?

Ezella reconnut avec aigreur la voix qui prononça ses mots et il tourna la tête vers sa propriétaire. La vue de la femme le frappa comme la foudre, et son cœur s'arrêta de battre. Nurara ! Par inadvertance, il laissa échapper un cri de surprise et il prit un peu de recul. La Martienne se tourna vers lui et en une fraction de seconde on put lire dans ses yeux magnifiquement maquillés une profonde consternation. Au contraire d’Ezella, elle se contrôla immédiatement et ne laissa rien paraître.

- Excuse-moi, chéri, tu disais… ?

Ezella lutta pour reprendre son sang-froid quand il vit le visage de l’homme auquel Nurara s’était adressée. Vul Kuolun ! Toujours le même, grand, austère, élégant et superbement bien habillé. Le mépris s’afficha sur son visage quand il vit Ezella et il ne se permit aucune remarque. A la place, il passa son bras autour de la taille de Nurara.

- Viens, retournons nous asseoir.

Et avant qu’Ezella puisse réagir, tous deux disparurent parmi les spectateurs et il se sentit poussé par des gens impatients derrière lui. Comme un automate, il regagna sa place.

- Ezella !, s’écria Joan effrayée. Que t’arrive-t-il ? On dirait que tu as vu un fantôme.

Ezella regarda sa collègue et il eut le sentiment que ses cheveux se dressaient sur sa tête comme après un choc.

- Pince-moi s’il te plaît…, dit-il doucement, toujours en colère.
- Quoi ? Pourquoi veux-tu que je…

Ezella la saisit par les épaules et la poussa plus rudement que voulu.

- Joan ! Vul Kuolun est ici. Avec Nurara !

Les yeux de Joan s’ouvrirent sous le choc et elle aussi devint soudainement pâle.

- Ce n’est pas possible ! Tu dois te tromper, chuchota-t-elle, terrifiée.

Ezella la relâcha, retomba au fond de son siège et son regard fit le tour de la tribune.

- Je ne me suis pas trompé ! Ils se tenaient devant moi ! Et ils ont fait comme s’ils ne me connaissaient pas, mais tous les deux ont évidemment eu peur en me voyant ici.
- Je pense que je vais être malade, dit Joan soudainement et elle se leva précipitamment. Je dois sortir d’ici !
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Frégo80

  • Joan Randall
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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #5 am: 16. November 2013, 11:52:56 Uhr »
Coucou Limeye!

Merci encore pour cette traduction! :-* On peut dire que c'est une entrée rapide des vilains dans ce passage! :o Mais je sais qu' il y en aura d'autres dans ce récit!  ;D

A+

Frégo  8)

Offline flamme

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #6 am: 16. November 2013, 13:06:37 Uhr »
Coucou les filles!

Limeye, je ne tiens pas en place (au sens figuré, heureusement)!  [jump] [jump] [jump] [jump] [jump]

Nurara et Kuolun mijotent sûrement un sombre projet... Ils semblent toujours aussi menaçants,  [smhair] Rien qu'à en juger par la réaction d'Ezra et de Joan...

Et cette douleur au ventre qu'avait Joan, ça ne semblait pas être la grippe intestinale, alors quoi?   [suspicous] Parfois je saute vite aux conclusions...  ;D

Tu ne peux imaginer à quel point j'apprécie ces traductions, parce que mon allemand à moi aussi est très limite... à la limite du zéro...  :(

Bizz
Flamme
 ;)



 

Offline limeye

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #7 am: 16. November 2013, 14:47:40 Uhr »
Coucou Flamme,

tu verras que cette histoire est palpitante de bout en bout, tu n'es pas prête de descendre du trampoline  :D

quant à la douleur au ventre de Joan... hem... réponse un peu plus loin...  ;)

j'avance tranquillement dans la traduction, en voici un autre morceau.

bizz

Limeye  :)


Winston Brody ne montra pas sa colère. Que ses Nicks aient finalement perdu ce soir assez largement et que les Lakers aient pris la tête du championnat, il devait encore le digérer, car cela coûterait aux Nicks pour les prochaines saisons le soutien de leurs principaux sponsors. Il devait éviter de regarder dans la direction de l'entraîneur, qui était assis à la table, car, de colère, il lui aurait probablement sauté à la gorge. Alors que les joueurs avaient préféré se séparer immédiatement après leur défaite, il avait invité les sponsors et les autres parties prenantes du New York Nicks dans l'élégant restaurant français "Balthazar", mais l'ambiance était plus déprimante, et toutes les actions de jeu jusqu’aux décisions éventuellement contestables des arbitres, étaient une fois de plus encore complètement examinées.

Nurara dégustait nonchalamment sa mousse à la pistache. Entre ses beaux sourcils un pli raide s’était formé et elle plissa de colère ses lèvres parfaitement maquillées. Elle était assez indifférente au fait que les Nicks aient perdu, mais la rencontre avec le Marshall Garnie avait gâché complètement la soirée.

- Nurara, ma chérie, qu'est-ce qui ne va pas ?, demanda finalement Vul Kuolun en posant une main sur son bras. Es-tu encore en colère après cette défaite ?

Winston Brody éclata de rire.

- Je ne pense pas que cela soit dû au jeu, Vul. Quelque soit les hochets que vous offriez à votre jolie compagne, vous aurez du mal de toute façon à la garder de bonne humeur !

Toutes les personnes attablées rirent plus poliment que sincèrement amusées par la plaisanterie de leur hôte, mais Nurara n’était pas d’humeur à supporter des badinages. Son visage se figea et elle saisit sa cuillère pour l’utiliser comme une arme l’instant suivant. Kuolun qui ne connaissait que trop bien son tempérament imprévisible, glissa sous la table une main apaisante sur son genou.

- C’est bon, Winston, c’est très amusant, répondit Kuolun en se laissant aller à sourire. Mais cependant continuer à distribuer des cadeaux généreux à des poms-poms girls devient au final assez coûteux, n’est-ce pas ?

L’épouse de Brody manqua d’air et Nurara sourit avec satisfaction. Et avant que Brody ne puisse répondre, Kuolun posa sa serviette à côté de son dessert intact.

- Eh bien, Winston, merci pour l'invitation, mais comme vous le savez nous avons encore un long chemin pour rentrer chez nous. S’il vous plait, excusez-nous de partir maintenant. Bonne nuit.

Il se leva, offrit son bras à Nurara et avec un dernier clin d’œil en direction de leur hôte fâché, ils quittèrent le restaurant.

- Je déteste ce mec !, dit Brody à sa femme. Mais malheureusement je ne peux pas faire sans lui pour mon prochain projet.

- Je déteste ce mec !, dit Nurara alors qu’ils pénétraient dans le compartiment en classe affaire du TAR, le transatlantique rapide, et qu’elle enlevait ses chaussures en les jetant furieusement dans deux directions différentes. Pourquoi dois-je laisser parler ce type dégoûtant ?

Elle était très bouleversée, ses yeux brillaient et sa voix était en colère.

- Pourtant, tu n’es pas en colère contre Brody, dit calmement Kuolun en se dirigeant vers le bar pour se servir un whisky. Tu es plutôt bouleversée parce nous avons croisé Garnie, n’est-ce pas ?

Il s’installa sur le canapé en cuir blanc, desserra sa cravate et la regarda attentivement. Nurara allait et venait nerveusement devant lui.

- C’est vraiment incroyable ! Nous ne faisons que passer quelques heures à New York et nous nous retrouvons justement face à ce colonel ! Et dès demain nous aurons Capitaine Futur à nos trousses.

Kuolun sourit calmement.

- Je ne vois pas pourquoi. Hormis Garnie, personne ne nous a reconnus, et à en juger par son expression, il ne pouvait même pas en croire ses yeux !

Nurara ressentit le besoin de casser quelque chose, et elle s'arrêta brusquement devant Kuolun, arracha le verre de whisky de sa main et brisa le cristal précieux sur le parquet.

- Et si Garnie n’était pas tout seul et peut-être nous…

Soudain Kuolun se leva, saisit Nurara par le bras et l’attira plus ou moins durement près de lui.

- Maintenant, écoute-moi, siffla-t-il à voix basse. Nous devons rester près de Brody, et il est inévitable d’être vus en public, et peut-être que quelqu’un nous reconnaisse. Après que tu m’aies déjà gâché mon dessert avec tes caprices, maintenant j’aimerais au moins profiter en paix de ce whisky écossais de marque !

Nurara le foudroya du regard, mais sa poigne était ferme, la colère dans ses yeux se dissipa et elle fut à nouveau un peu plus docile.

- Veux-tu un dessert ?, lui demanda-t-elle d’un ton provocant, le poussant doucement sur le canapé et l’enfourchant. J’en connais de bien meilleurs.

Elle l’embrassa fermement et prit sa main pour la poser sur sa cuisse sous sa jupe ultra-courte.

- Tu es un petit diable, dit Kuolun, amusé. Pourquoi est-ce que je t’achète des sous-vêtements de pécheresse très chers si de toute façon, tu ne les portes pas ?
- Pour me prouver que tu peux te le permettre, ronronna Nurara et elle se pencha un peu en avant pour le mordiller malicieusement l’oreille.

Et pendant que le TAR filait, à une centaine de mètres sous la mer à travers un tube vide flottant, à 7 500 kilomètres par heure en direction de Londres, où il devait arriver dans une heure, Vul Kuolun et Nurara jouissaient d’un dessert pour lequel ni les beaux verres en cristal, ni la porcelaine n’étaient nécessaires.
« Letzte Änderung: 17. November 2013, 03:22:09 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #8 am: 16. November 2013, 15:15:02 Uhr »
Coucou Limeye!

Brody vit dangereusement... Oser ridiculiser Nurara devant tout le monde...  [smhair]

Il est facile de saisir le caractère de cette dernière à travers ce texte: bouillant, impulsif, passionné...  >:(

Kuolun, quant à lui, est toujours aussi maître de lui: pas facile de lui faire lâcher prise, mais Nurara semble tout de même y parvenir! J'aime ces passages sensuels, il a ses faiblesses lui aussi!  [naughty]   Que mijote-t-il avec ce Brody?

Trampoline, quand tu nous tiens...  [jump] [jump] [jump]

Bizz
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Offline limeye

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #9 am: 16. November 2013, 15:45:30 Uhr »
Oui, les caractères des personnages sont bien trempés, on est aussi tout de suite dans le vif du sujet ! Et Nurara est une sacrée bonne femme ! Là aussi, mais d'une manière différente que dans Meuterei, elle a un sacré caractère  :o !

bon trampoline  ;)

bizz

Limeye  :)
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Offline limeye

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #10 am: 16. November 2013, 19:06:01 Uhr »
Et un tiboutte pour ce soir... peut-être un autre un peu plus tard...

Bizz

Limeye  :)


Joan et Ezella étaient rentrés chez eux dans le monorail de New York beaucoup moins luxueux. Le compartiment était bondé de fans des Nicks, mais l'ambiance était évidemment modérée en raison de la défaite.

- Nous devons prévenir le Capitaine, dit Ezella après avoir gardé le silence pendant un moment.

Joan réfléchissait. Ce serait bizarre de le revoir alors qu’ils s’étaient séparés si malheureusement la dernière fois. Comment allait-il se comporter ?

- Pourquoi veux-tu le faire, Ezella ?, demanda Joan en réponse. Tu n’es même pas absolument certain qu’ils étaient vraiment là ! Malgré toute mon amitié, mais pourquoi réagis-tu à ce sujet ?

Ezella eut une grimace de colère.

- Et bien Joan, je suis étonné de te voir si calme. Cela t’indiffère complètement ce que cela nous a coûté d’efforts à nous et aux Futurmen de les envoyer derrière les verrous ? Et qui sait ce que ces deux-là ont encore en réserve ! C’est la première chose dont je vais m’occuper demain !

Ils arrivaient au sud de Central Park et Joan retint un soupir.

- Ezella, demain est un jour férié. Reparlons-en après-demain, ok ? Et s’il te plait, laisse pour une fois Capitaine Futur en dehors de cela. Nous n’avons rien du tout en main !

Le tramway s’arrêta et Joan s’apprêta à descendre.

- Dormons d’abord et alors tout cela nous paraîtra peut-être bien différent. A mardi !

Elle hocha une nouvelle fois la tête en direction de son collègue et sortit. Le monorail se remit en route et Ezella fixa Joan jusqu’à ce qu’il ne puisse plus la voir. Il se demandait un peu pourquoi sa collègue ne voulait pas d’une collaboration avec Capitaine Futur ce qu’elle avait toujours voulu jusqu’à présent. Bien au contraire.
« Letzte Änderung: 17. November 2013, 03:24:29 Uhr von limeye »
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Offline limeye

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #11 am: 17. November 2013, 03:27:57 Uhr »
CHAPITRE DEUX

Nurara ouvrit les yeux.

Le soleil traversait des nuages duveteux voilant un ciel rose, dardant des rayons orange et or à travers les délicats rideaux de la fenêtre de la chambre, et se posant sur les meubles anciens en une lumière chaude. Une idylle qui avait provoqué son malaise.

Elle se tourna sur l’autre côté. Kuolun était assis avec le haut du corps appuyé contre la tête du lit et regardait les nouvelles sur son communicateur. Quand leurs yeux se rencontrèrent, il laissa tomber l'appareil, et pour un moment, ils se regardèrent en silence.

- Je meurs d’ennui ici, dit finalement Nurara en guise de bonjour.

Kuolun sourit d’un air provoquant.

- Comment ça ? Dans la grange, il y a deux chevaux arabes, le jardin dispose d’un golf à 18 trous et sous la serre, on trouve les plus belles orchidées d’Angleterre…

Nurara regarda Kuolun comme s’il n’avait pas toute sa raison, puis en colère, se tourna à nouveau de l’autre côté.

- Je déteste quand tu te moques de moi !

Kuolun rit, attrapa Nurara par son épaule et elle se retourna pour lui faire face à nouveau.

- Je sais que ton humeur est liée à autre chose. Mais pour l’instant, nous ne pouvons pas nous permettre la moindre colère.
- Qu’est-ce que cela veut dire ? Je…
- Tu as déjà oublié, ma chérie ?, l’interrompit Kuolun. Quand, lors de la fête, tu as fait couler récemment de la cocaïne d’une valeur de plusieurs milliers de dollars dans l’étang du jardin…
- Tu sais que je n’en avais nullement l’intention !
- … et que les cinq carpes japonaises se sont régalées, alors que cela m’a coûté au moins deux mille dollars. Et c'était pur hasard si nos hôtes n'ont pas, dans leur propre intérêt, fait appel à la police.

Nurara fit la moue, mais elle n'avait rien à lui répondre.

- Bien, maintenant, tu vas être une brave fille et te comporter gentiment. Winston Brody vient pour le petit déjeuner.

**

Joan n’était pas bien quand elle entra dans le bureau après le week-end. Elle se sentait malade, elle avait des nausées et des étourdissements qui lui faisaient se demander si elle avait bien fait de venir au bureau. Avec un profond soupir, elle prit place derrière son bureau. Si elle ne se sentait pas mieux au cours de la matinée, elle rentrerait à la maison. Le communicateur clignotait déjà quand elle entra dans son bureau, et en soupirant, elle alluma l’appareil. Le message venait d’Ezella et datait d’avant 7h.

Bonjour, Joan. Je sais qu’il est assez tôt, mais je voulais te demander quelque chose avant que tu ne t’attèles aux tâches quotidiennes. Nous devons absolument déjeuner ensemble ce midi, c’est vraiment urgent. S’il te plait, rendez-vous vers midi au petit café dans le parc, derrière la bibliothèque. Et prévois un peu de temps. A plus tard.

Fatiguée, Joan se frotta les yeux. Elle pressentait déjà qu’il devait s’agir de Kuolun et de Nurara.

« Letzte Änderung: 17. November 2013, 03:30:03 Uhr von limeye »
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Offline Frégo80

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #12 am: 17. November 2013, 04:32:26 Uhr »
Coucou Limeye!

Nurara a vraiment un caractère anti-social dans ce récit!  ;D Et je sais que Claudrick y a gardé du Nurara à son meilleur pour la fin! [devil]

A+

Frégo  8)

Offline limeye

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #13 am: 17. November 2013, 08:20:53 Uhr »
Coucou Frégo, coucou à toutes !

Oui, le caractère de Nurara est franchement bien décrit ! J'aime aussi beaucoup la fin pour cela...  ;)

En attendant de vous la faire lire, voici un passage qui va vous permettre de comprendre, de deviner un peu, ce que fomentent Kuolun et Brody...

Bizz et belle journée  [flower]

Limeye  :)


- Bonjour, Winston ! Avez-vous fait bon voyage ?

Vul Kuolun accueillit Winston Brody avec une poignée de main, Nurara montrait sa réticence en lui tournant le dos.

- Bien, merci, Vul. Outre le fait qu’à cette heure, à New York, je serais encore au lit, il n’a y pas autre chose de plus confortable que de voyager en TAR, n’est-ce pas ?

Ils prirent place, la femme de chambre apporta le thé et un petit déjeuner anglais avec du porridge, des œufs brouillés avec du bacon et des toasts. Après avoir échangé quelques plaisanteries, Kuolun en vint finalement au but.

- Et bien, Winston, comment cela se passe-t-il avec NanTech ?
- Vraiment bien ! Nous sommes même en avance sur le calendrier, de sorte que la présentation est possible dans deux semaines.
- Excellent !, répondit Kuolun. J’espère que nous pourrons aussi mener d’autres projets ?
- Nous allons procéder exactement comme nous en avons discuté. La clairière dans la forêt est assez éloignée du terrain des entreprises pour pouvoir y atterrir sans se faire remarquer. L'entrée au puits de mine n'est pas gardée et se trouve alors pour ainsi dire à vos pieds. Les normes de sécurité à cet accès correspondent aux exigences minimales de la compagnie d'assurance. Et les codes d’accès au complexe du coffre-fort ne peuvent représenter aucun obstacle pour un homme de votre taille, dit Brody comme s’il parlait de la météo.
- Soyez rassuré à cet égard. Il serait aussi bon d’avoir une copie des données pour notre sécurité, répondit Kuolun avec son rire distinctif. Et comment allez-vous introduire la nouvelle technologie ?
- Maintenant…, commença Brody en observant en plissant légèrement du nez comment son partenaire non anglais arrosait de citron son thé au lieu d’y mettre du lait.
- Nous voulons rendre cette présentation particulièrement impressionnante. Et l'expérience sera la meilleure si l'ensemble rayonne d'exclusivité et de luxe. Et comme les ingénieurs et les designers ne manquent pas, nous allons démontrer notre nouvelle technique d'une voiture de sport en classe de luxe. Et comme nous parlons de luxe…

Il joignit les doigts des deux mains et se tourna en souriant vers Nurara, même si elle paraissait ennuyée, mais elle avait suivi la conversation avec des oreilles de lynx, de cela il était sûr.

- C’est peut-être démodé, mais le plus beau des bijoux pour une voiture de luxe est une femme avec un corps de luxe, et je dois avouer que j'ai tout de suite pensé à vous, Nurara.

Les yeux de la Martienne rétrécirent, et pendant un moment elle eut une image dans l'esprit, comme si ses ongles griffaient le visage de Brody.

- Si vous voulez me réduire à un corps de luxe, je me sentirais flattée que vous préfériez exposer l’une de vos poms-poms girls, répondit Nurara ostensiblement.
- Cependant, je ne permettrais jamais de vous réduire à quelque chose, ma chère, répondit Brody avec une indignation simulée et il afficha un sourire supérieur.
- S'il y a un moyen d'échapper à l'ennui de cette maison de campagne désolée, je le ferais même volontiers, Winston. Car même dans la colonie de Mars la plus misérable, on peut s'amuser plus que dans votre Angleterre étouffante.

La dernière phrase retentit dans l’air comme un bruit de verre se brisant. Kuolun jeta à Nurara un regard de colère, mais il se tourna ensuite immédiatement vers son hôte et essaya de sauver la situation avec diplomatie.

- … C’était une plaisanterie bien entendu, Winston… Nous nous plaisons beaucoup ici… Les deux étalons arabes sont splendides. Quel est le cheick qui… ?

Blablabla. Tout ce qui se trouvait dans le champ de vision de Nurara prit une teinte rouge sang. Et pour éteindre sa rage, elle se leva rapidement et sortit de la pièce avant de ressentir à nouveau la tentation de jeter des choses par terre.
« Letzte Änderung: 17. November 2013, 11:48:42 Uhr von limeye »
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Offline limeye

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Re: Traduction de Der Teufel im Detail
« Antwort #14 am: 17. November 2013, 13:18:15 Uhr »
Tiboutte de la mi-journée, avec des révélations, mais pas seulement du côté de Kuolun...  ;)

bizz

Limeye  :)


Joan Landor se trouvait peu de temps après midi à l'endroit convenu. Le petit parc était peu connu, même parmi les New-Yorkais, et peu de gens venaient se perdre ici pour leur pause de midi. Ezella était déjà assis à une petite table, à moitié caché par une grande plante et un parasol. Elle s'approcha, et c'est seulement à cet instant qu'elle vit la femme assise à la table avec Ezella. Elle était habillée avec beaucoup de goût, portait un subtil maquillage, et des cheveux courts châtains, qui étaient parfois striés de gris, mais qui relevait son élégance. Elle était négligemment penchée en arrière sur la chaise de bistrot, fumant un cigarillo. Joan n'avait encore jamais vu cette femme.

- Ah, enfin. Je pensais que tu m’avais oublié !

Ezella avait remarqué Joan et lui faisait signe depuis la table.

- Puis-je vous présenter ? Beverly Mason-James, rédactrice en chef au New York Weekly – Joan Landor, agent de la police des planètes et une des collègues.

Les deux femmes se serrèrent la main et Joan prit place. Un serveur arriva et leur apporta des bouteilles d'eau et un sandwich.

- Et bien, Joan, comme tu peux t’en douter, cette affaire ne m’a autorisé aucun repos ce dimanche, commença Ezella. Hier, je me suis donc rendu en tant que Marshall de la police des planètes auprès du directeur des Nicks pour montrer les réservations en tribune VIP et…
- Cela signifie donc quelque chose ?, l’interrompit Joan. Nous nous sommes nous-mêmes assis à des places réservées pour le chef de la police et sa femme.
- Oui, c’est vrai, répondit Ezella. Mais la rangée dans laquelle j’ai vu disparaître Kuolun et Nurara était réservée pour les invités personnels de Winston Brody, le principal propriétaire des Nicks.
- Aha, dit Joan en prenant une bouchée de son sandwich, pour la première fois depuis deux jours avec appétit. Et qu’est-ce que cela signifie à ton avis ?
- Eh bien, j'ai pris des renseignements au sujet de Winston Brody avec nos moyens et avec l'aide de Beverly. A l'origine, il est britannique, mais a vécu de nombreuses années à New York. Et maintenant, il a l’intention d’acquérir la moitié de la ville ! En dehors des Nicks, il possède une chaîne d'hôtel, une compagnie aérienne privée, siège comme un membre éminent du conseil d'administration de C-Tron, une entreprise de construction de quasi-monopole pour les ateliers de cyclotrons, est l'un des sponsors les plus généreux du MIT et a finalement été l'un des principaux investisseurs dans la construction du TAR... Joan, ce mec est un magnat milliardaire qui met ses pions un peu partout !
- Et qu’est-ce que cela a à voir avec Kuolun ?, demanda Joan avec une pointe d’impatience dans la voix.

Ezella fit une grimace triomphante et échangea un sourire complice avec Beverly Mason-James.

- Maintenant arrive le meilleur ! Brody a versé pour nos crapules préférées une caution à 7 chiffres pour que ceux-ci quitte Kelaburs. Très étrange, non ? Mais en principe, Kuolun ne peut pas séjourner sur Terre, et Nurara, qui subit une peine plus raisonnable, ne peut pas entrer seulement sur le continent américain. Et comme par hasard, elle vit actuellement en Angleterre, dans une maison appartenant à Winston Brody. Penses-tu toujours que j’avais tort ?

Joan réfléchit.

- Apparemment non, je le reconnais. Il y a donc quelque chose entre ces deux-là, outre le fait que Kuolun ait violé ses conditions de détention ?
- Hum… non, avoua Ezella. Mais si Brody a placé autant d’argent pour obtenir la libération de Kuolun, alors il est tout à fait évident que tous deux préparent quelque chose. Et c’est pour le savoir que j’ai demandé l’aide de Beverly.

Le journaliste, qui s’était tu jusqu'à présent, se pencha en avant et expira la fumée de son cigarillo.

- Vous devez savoir qu'il y a une présentation à NanTech, une firme de Winston Brody, dans deux semaines.

Sa voix était profonde et sonnait avec gravité.

- Et dans les milieux de la presse, on dit qu’il va présenter une innovation révolutionnaire. Seuls des représentants des magazines et journaux sélectionnés seront invités, et le New York Weekly est l’un d’entre eux. Que ce soit nous et quelques autres n’a bien sûr rien d’inhabituel. Cependant si rien ne se produit durant cette présentation, nous pouvons y découvrir réellement des activités criminelles, ce qui ferait sensation et serait une exclusivité pour mon papier.
- Que voulez-vous dire par "nous" ?, demanda Joan sans comprendre.
- Et bien, le fait est que…, dit Ezella prudemment. Je ne peux pas le déterminer officiellement, mais il y a une seule possibilité de participer à cette présentation : j’irai avec Beverly et son photographe de presse. Et j’espère que tu viendras aussi. Alors, qu’en penses-tu ?

Ezella la regarda dans l’expectative alors que Beverly James-Mason prenait un étui en argent et allumait un nouveau cigarillo.

Joan prit une profonde inspiration. Ce qu’Ezella avait dit semblait très intéressant et elle aurait probablement répondu aussitôt, sans le sandwich à moitié mangé et la fumée des cigarillos qui lui provoquèrent une nausée.

- Ok, je viens avec vous, dit-elle finalement et elle se leva. Excusez-moi un instant.

Avec une main sur son ventre et l’autre devant sa bouche, Joan disparut à l’intérieur du café.

- Es-tu certain de vouloir la prendre avec nous ?, demanda la journaliste, sceptique.
- Mais bien sûr !, répondit Ezella sans hésitation. Elle travaille très bien et est fiable. Pourquoi non ?
- Je ne doute pas de ses compétences !, s’empressa de répondre Beverly en signe d’apaisement. Mais cette jeune femme est enceinte, non ?

Ezella éclata de rire comme si elle lui avait raconté une bonne blague.

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