Autor Thema: Un amour contre l'oubli  (Gelesen 8236 mal)

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Offline limeye

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Un amour contre l'oubli
« am: 24. Oktober 2013, 11:27:36 Uhr »
Hello  :) !

oui, je sais, ça fait pas du tout Capitaine Flam comme titre, c'est pas franchement accrocheur, mais compte tenu de la matinée de m... que je viens de passer, je n'ai pas eu le temps de vraiment réfléchir à un vrai titre. A moins que "Capitaine Flam contre la photocopieuse" ça vous aille, moi non...  ;D

donc, nous allons procéder à un vote (il faudrait que je retrouve comme on fait...) pour choisir un titre : voici ceux qui me trottaient dans la tête :

- Pour l'amour de Joan
- Retour vers le passé (clin d'oeil à Doc et Marty)
- Son passé était les étoiles, son futur sera une étoile
- Combat contre l'oubli

si jamais j'ai d'autres idées, je vous soumettrai cela... en attendant, voici deux livraisons, la première était la reprise de mon dernier mini-défi en date, la seconde étant... la suite !

bizz et bonne journée (sans photocopieuse : on devrait bannir ces engins-là !)

Limeye  :), les vacances, c'est demain  8)



Il ne gardait aucun souvenir. Il avait complètement perdu la mémoire. Cela faisait des mois qu’il était là, dans cet hôpital, sans savoir qui il était, quel était son nom, ce qu’il avait fait auparavant. Il avait vu défiler des tas de gens, un homme sérieux en costume, un militaire aux cheveux blancs et au regard inquiet, même la secrétaire de l’homme sérieux était venue. Il ne les connaissait pas. Ou plutôt, il ne les reconnaissait pas. Puis il avait vu défiler des hommes qui ressemblaient un peu à des singes, avec des cheveux blancs, portant une pierre au front. L’un d’entre eux avait activé la pierre, mais sans résultat. Ensuite étaient venu des Joviens, des Martiens, l’un avec une mine patibulaire.

Tous ces visages lui étaient inconnus. Sa mémoire était vide. On lui avait parlé d’un crash violent. Que son vaisseau avait explosé. Qu’il avait survécu par miracle, grâce à la protection qu’un robot géant avait assurée autour de sa personne. Les débris du robot se trouvaient soigneusement rassemblés dans un entrepôt. On était toujours à la recherche du reste de son équipe. On ne savait pas s’ils étaient à bord du vaisseau au moment de l’accident ou ailleurs. Ils étaient introuvables.

Il ne savait pas pourquoi il restait à l’hôpital. Ses blessures physiques avaient été soignées. Il pouvait marcher, sortir. Il était totalement autonome. Ce jour-là, le médecin l’avait autorisé à faire sa première sortie en ville. Il serait accompagné, bien entendu.

Il attendait tranquillement dans le hall, saluait le personnel qu’il croisait et qu’il connaissait bien désormais. Sa mémoire parvenait à graver uniquement des souvenirs récents. Il vit s’avancer un adolescent aux cheveux châtains et au visage couvert de tâches de rousseur, accompagné par une jeune femme aux cheveux noirs, très jolie, avec de beaux yeux sombres. Elle portait un petit tailleur chic et des talons aiguilles qui la rendaient encore plus élancée. On lui avait dit qu’il connaissait bien l’adolescent, que dans sa vie "d’avant", il l’avait pris en charge. Mais hélas, malgré tous ses efforts, même ce jeune garçon ne lui rappelait rien. Néanmoins, il était heureux de le voir car ils avaient "à nouveau" aisément sympathisé. Parfois, le garçon l’appelait "Capitaine". Mais il ne savait pas pourquoi. Parfois aussi, le regard du garçon se voilait de tristesse en parlant de "Joan". Mais il ne savait pas qui était "Joan". Ce n’était pas la femme aux cheveux noirs, c’était certain. Elle s’appelait Clara. Elle était la tutrice du garçon. 

Le même rituel commença quand l’adolescent le vit : un grand sourire éclaira son visage, il se précipita vers lui en criant : "Capitaine !" Puis, il se reprit, se calma et lui tendit la main comme pour le saluer en disant plus posément :

- Bonjour, Curtis. On va faire un tour avec toi. J’chuis heureux que le docteur ait accepté que tu sortes ! Je lui ai dit que ça te ferait du bien. T’es content ?
- Bonjour, Ken. Oui, je suis content de voir un peu autre chose. Bonjour, Clara.
- Bonjour, Monsieur Newton. Ce sacré chenapan a proposé de vous emmener au cinéma. Ca vous dit ?
- Pourquoi pas ? Ici, on me propose surtout de la lecture, vous savez…
- Chouette ! Tu vas voir, Capitaine, zut, non, Curtis, tu vas voir, ils ont un super film à l’affiche en ce moment !

Ils quittèrent rapidement l’hôpital, traversèrent le parc arboré et montèrent dans le taxi qui avaient amené Ken et Clara. L’adolescent était excité comme une puce, Curtis devinait qu’il avait quelque chose à lui dire :

- Curtis, j’ai vu l’ingénieur qui s’occupe de Grag, un type qui s’appelle Mac Gyver. Il m’a dit qu’il avait retrouvé d’autres pièces d’un de ses circuits. Il aurait réussi à faire bouger sa main ! C’est génial ! Il dit qu’il va falloir encore beaucoup de temps, mais il est persuadé qu’il arrivera à le réparer.
- Oh, c’est très bien, répondit-il d’un ton neutre. Il ne savait pas qui était Grag.
- Il a aussi identifié 366 pannes sur ses circuits. Il serait déjà en mesure d’en réparer 22 facilement. D’ici la fin de la semaine, il m’a dit. J’irai le voir vendredi.
- Après les cours, Ken, n’est-ce pas ?, se permit d’intervenir Clara avec un petit sourire.
- Ouais, ouais…

L’adolescent se plongea dans un silence un peu triste. Ken avait confiance en Mac Gyver, mais il mettrait beaucoup plus de temps que le professeur Simon à réparer le robot, c’était certain. Il songeait à ce que Mala aurait dit, aux vannes qu’il aurait lancées "Mon pauvre tas de ferraille, te voilà réduit en un amas de tôles ondulées…"

Cette vie trépidante et joyeuse, pleine d’aventures, était hélas désormais derrière eux. Mais Ken ne perdait pas espoir, ce n’était pas dans sa nature. Et puisque Curtis avait le droit de sortir enfin, il avait bien l’intention à sa manière de lui rafraîchir la mémoire. Il était des choses auxquelles les médecins n’avaient pas pensé, des situations que lui seul connaissait, des souvenirs que lui seul pourrait évoquer. Et pour commencer, donc, un film.

Ils arrivèrent bien vite devant une grande salle de cinéma, des badauds s’avançaient. Sur le fronton, plusieurs affiches, dont une, celle du film qui était toujours number one au box office depuis quatre ans, battant tous les records : Les aventures du Capitaine Flam. Même les versions numérisées et remastérisées d’Indiana Jones et de Star Wars n’avaient pas connu un tel succès. C’était une preuve tangible que le héros faisait toujours recette et qu’à défaut de pouvoir protéger les Neuf Mondes, le récit de ses aventures passées plaisait toujours autant, rappelant à tous ce qu’il avait été. Ken espérait désormais que ce récit rappellerait aussi au Capitaine qui il avait été…

Au guichet, l’employé leur tendit leurs billets tout en assemblant une liasse de papiers avec une agrafeuse. Avant de gagner leurs places, Ken fila jusqu’aux distributeurs automatiques. Il revint avec un grand paquet de pop-corns et une marmelade.

- T’adorait la marmelade, Curtis, avant. Je te jure.
- Ah bon ?
- Oui, oui.
- Ok, Ken, je te crois…

Ils s’installèrent dans leurs fauteuils, la salle se remplissait peu à peu. Néanmoins, comme c’était le plein après-midi, la séance n’affichait pas complet. Le film débuta.

"Hum, sacré film d’action", songea Curtis. Il sentait Ken captivé par le récit. Cela l’amusait. Ainsi donc, il aurait fait cela autrefois ? Sauver des gens d’une éruption volcanique sur Jupiter ? Rencontrer des créatures aquatiques ? Il revit avec un peu d’étonnement des gens qu’on lui avait présentés : ces hommes-singes, avec leur pierre précieuse au front, ces pirates avec lesquels il aurait construit un vaisseau.

Etrangement, le film lui parut un peu bancal. Le jeune garçon n’y apparaissait que rarement. Il n’était d’ailleurs qu’un enfant. Ken lui souffla à l’oreille :

- J’ai joué mon propre rôle, mais comme c’était dangereux, je n’ai pu apparaître qu’à la fin, quand vous reveniez de mission !

A la fin de la séance, ils gagnèrent un bar, pas loin. Clara prétexta avoir une course à faire pour les laisser seuls.

- Alors, tu as aimé ?
- C’était pas mal, oui. Beaucoup d’actions… Le scénariste avait de l’imagination pour les scènes de batailles, la description des différents mondes…
- Tu sais, en vrai, c’était encore plus impressionnant !
- Vraiment ?
- Oui, je te jure ! Ca ne te rappelle rien ?
- Je suis désolé, Ken, mais non…

Curtis secoua légèrement la tête, vraiment désolé. Il regrettait sincèrement de ne pas pouvoir apporter plus d’espoir à son jeune ami. Il lui demanda cependant :

- Il y a quand même quelque chose dans ce film…

Ken releva les yeux, attentif.

- Oui, je ne sais comment l’expliquer, mais… mais si toutes ces aventures ne me rappellent rien, par contre, j’ai l’impression… je ne saurais comment l’expliquer… l’impression qu’il manque quelque chose ou quelqu’un, tu vois ?

Ken soupira et secoua la tête, avant de répondre, un peu gêné :

- Ils ont enlevé certaines scènes, oui.
- Ah ? Pourquoi ?
- Celles avec Joan. C’est elle qui l’a demandé. Elle ne voulait plus y apparaître. Elle a été tellement harcelée après ton accident… personne ne la laissait tranquille. Ezra tentait de faire barrage, mais c’était impossible… les journalistes, le président, les médecins, les gens dans la rue… Elle en a eu assez… Alors, elle a demandé à Jeff de remonter une version épurée, sans elle. Compte tenu de la situation, il a accepté bien volontiers…
- Hum… je comprends. Mais… mais dis-moi, où est-elle ? Pourquoi est-ce que je ne la vois pas ?
 
Ken était un peu plus gêné :

- Ben, elle est venue te voir, plusieurs fois… au début. Puis les médecins lui ont interdit les visites.

Il regarda Ken, très étonné :

- Ben oui… enfin… ça te mettait dans un état pas possible de la voir…
- Un état pas possible ?
- Ouais… enfin, comment dire… les médecins craignaient que tu n’aies une attaque ! Que tu ne fasses un infarctus ! Tu lui tenais des propos insensés… elle pleurait après chaque visite… c’était comme si tu étais devenu capable de lui dire seulement maintenant tes sentiments, alors que tu ne l’avais jamais fait avant, sauf que… sauf que tu ne te rappelais pas d’elle ! C’était très dur pour elle.

Ils n’ajoutèrent rien, Clara revenait. Ils le raccompagnèrent à l’hôpital. Il eut un entretien avec le médecin, parla de cette sortie. Mais dans la nuit, incapable de dormir car les images du film lui repassaient devant les yeux, il prit une décision : il devait rencontrer Joan. Elle seule possédait la clé de son passé. Et si cette clé ne fonctionnait plus, au moins, il était certain d’une chose : elle était son avenir.
« Letzte Änderung: 25. Oktober 2013, 06:23:18 Uhr von limeye »
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Offline limeye

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Re: One shot sans titre provisoire à défaut d'autre chose...
« Antwort #1 am: 24. Oktober 2013, 11:41:56 Uhr »
donc la suite...


Comme chaque vendredi, Ken partait en week-end chez Joan. Elle avait quitté New York, elle ne supportait plus la grande ville et la foule, pour vivre dans un petit village de l'autre côté de la frontière canadienne, à une heure d'autorail de New York. Ken aurait pu venir avec elle, mais la justice en avait décidé autrement. Curtis était son tuteur légal, ne pouvant plus s'occuper du jeune garçon, il avait donc été confié à Clara Jackson, une jeune femme qui assurait déjà le tutorat de deux autres enfants. Elle était employée d'état.

Joan avait vécu des jours terribles après l'accident du Comète. Mais petit à petit, elle reprenait pied, dans une nouvelle vie. Elle avait démissionné de la police interplanétaire, elle travaillait désormais comme aide-soignante dans une maison de retraite. C'était totalement différent de ce qu'elle avait fait jusqu'à présent. Elle avait bénéficié sans aucune difficulté compte tenu des circonstances d'une formation. Son nouveau métier la passionnait. Elle adorait les résidents. Même les plus grincheux, elle était parvenue à les mettre "dans sa poche". Elle aimait le contact avec eux, leur parler, évoquer leurs souvenirs. Elle aimait prendre soin d'eux, aussi, les aider pour des gestes quotidiens qu'ils ne pouvaient plus faire ou qu'ils avaient du mal à faire, toilette, lever, coucher... La plupart des résidents étaient en bonne santé, certains faisaient même preuve d'un grand dynamisme. Leur joie de vivre lui avait redonné le sourire.

Ce vendredi soir, elle était heureuse de revoir Ken. Le printemps arrivait, elle avait le sentiment de revivre après les longs mois d'automne et d'hiver qui avaient été un véritable cauchemar, après un été non moins terrible. Elle avait toujours besoin de son médecin psychiatre, le docteur Tardieu. Mais d'hebdomadaires, les séances étaient devenues bimensuelles. Il l'avait beaucoup aidée à faire face. Elle sentait aussi, petit à petit, qu'elle commençait à tourner la page. Elle s'était fait des amis, dans le village, notamment un couple, dont le père de la jeune femme était un de ses résidents.

Chaque semaine, en général le mercredi ou le jeudi, Ezra prenait de ses nouvelles. Et chaque week-end, elle revoyait Ken. Le soutien de ses deux amis lui avait été vital. Sans eux, elle savait qu'elle aurait craqué.

En sortant de la maison de retraite, elle avait filé jusqu'à la petite ville voisine, où l'autorail allait déposer Ken. Comme elle avait un peu d'avance, elle en avait profité pour faire quelques courses. Ici, personne ne l'interpellait dans la rue. Aucun journaliste ne se ruait vers elle, aucun photographe ne la mitraillait. Aucun passant non plus ne lui disait de petits mots gentils, n'avait pour elle de sourire d'encouragement. Non, ici, elle était redevenue Joan Randall. Tout simplement. Elle n'était pas la "proche amie du Capitaine", voire comme certains torchons l'avaient écrit "la pauvre fiancée éplorée" ou "la maîtresse cachée". Elle n'avait pas à répondre aux sempiternelles questions : "Avez-vous revu le Capitaine ? A-t-il retrouvé la mémoire ? Avez-vous des nouvelles de son équipage ? Allez-vous vous rendre sur Tycho ? Que vous a demandé le Président ?", etc, etc...

Non, ici, on lui disait simplement : "Bonjour, au revoir, Madame - ou Miss". On lui demandait quel pain elle voulait, combien de carottes, d'épinards, quelle part de viande. On lui disait aussi des choses comme : "Cette robe met en valeur votre regard" ou "Vous devriez essayer ce nouveau modèle de coupe de cheveux, cela pourrait dégager votre visage". Pour les cheveux, elle hésitait encore. Son médecin lui avait dit que le jour où elle serait capable d'abandonner son ancienne coupe, elle aurait fait un nouveau pas important. Elle aurait gagné en liberté. Plusieurs fois, elle s'était sentie prête, mais à chaque fois, au dernier moment, elle avait poliment refusé ce que son jeune coiffeur s'apprêtait à faire. Tonio Cazeri la regardait à chaque refus, un peu dépité, mais alors résigné, il redonnait un peu de volume à ses boucles blondes, taillait soigneusement les pointes, arrangeait ses volutes.

Elle savait pourquoi elle n'avait pas voulu changer physiquement. Elle ne savait pas quand, ni même si, un jour, elle serait capable de revoir Curtis, mais elle se disait qu'il faudrait qu'il puisse la reconnaître. Enfin, elle voulait se donner encore une chance qu'il puisse la reconnaître.

Les médecins ne voulaient pas lui donner de vains espoirs. Mais où se situait l'espérance dans ce tourbillon qui les avait emportés, elle, Ezra et Ken ?

Alors qu'elle patientait dans sa voiture, un frisson la parcourut. Voilà que les souvenirs revenaient, ce qui lui arrivait encore fréquemment et brutalement.
« Letzte Änderung: 9. November 2013, 08:51:37 Uhr von limeye »
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Offline Frégo80

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Re: One shot sans titre provisoire à défaut d'autre chose...
« Antwort #2 am: 24. Oktober 2013, 12:09:29 Uhr »
Coucou Limeye!

Perso, je crois que je préfère le titre"Pour l'amour de Joan"  [eyeheart]. C'est vraiment une histoire touchante! [imsorry]. Vite, la suite ! [jump] [jump] [jump].

A+

Frégo  8)

Offline limeye

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Re: One shot sans titre provisoire à défaut d'autre chose...
« Antwort #3 am: 24. Oktober 2013, 12:11:50 Uhr »
Hello Frégo !

merci de ton avis... j'avais oublié de préciser que c'était une histoire à la guimauve...  ;D

j'attends les avis des filles !

bizz

Limeye  :)
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Offline flamme

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Re: One shot sans titre provisoire à défaut d'autre chose...
« Antwort #4 am: 24. Oktober 2013, 12:30:43 Uhr »
Coucou Limeye!

Je vote aussi pour "Pour l'amour de Joan"! C'est très évocateur...  [eyeheart]  [eyeheart] [eyeheart]

Quant à la guimauve, je la repère à des kilomètres... et j'ai une solide tolérance!  ;D

Je sens que je vais brûler d'impatience en attendant chaque suite!  [jump] [jump] [jump]

Le forum est vraiment un terrain propice à la culture des fleurs bleues, et les histoires jouent le rôle de l'engrais...  ;)

Bizz
Flamme
 [flower] [flower] [flower]


Offline limeye

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Re: One shot sans titre provisoire à défaut d'autre chose...
« Antwort #5 am: 24. Oktober 2013, 16:19:58 Uhr »
J'attends encore les avis d'Elaine (you hou, t'es où ?) et celui d'O-tho pour trancher !

Je me demande aussi si ça ne pourrait pas devenir : Pour l'amour de Curtis  ???

Hem... que d'interrogations  :o !

bizz

Limeye  :)
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Offline limeye

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Re: One shot sans titre provisoire à défaut d'autre chose...
« Antwort #6 am: 24. Oktober 2013, 19:43:38 Uhr »
En attendant une décision pour le titre, voici le tiboutte du soir...

Limeye  ;)


Ce début d'après-midi. La convocation dans le bureau du Président. Une urgence.

Le visage sombre du Président. La mine déconfite des généraux Anders et Swan. Le désespoir dans les yeux d'Annie. La morne invitation : "Asseyez-vous, Colonel, Lieutenant, je vous prie". Puis l'annonce. Le Comète crashé. Le Capitaine, très grièvement blessé. Plongé dans un coma profond. Grag démembré, démantibulé, ouvert en deux par une plaque du plafond qui leur était tombée dessus. Le Capitaine devait au sacrifice du robot d'être encore en vie. Aucune trace de Simon Wright, d'Otho, d'Oog et Eek. Le vaisseau... ce qui en restait attestait s'il le fallait de la violence du choc. Où était-il ? Dans un hôpital militaire, sur Mercure. Un convoi militaire sanitaire venait de décoller en urgence, sous bonne escorte, mais sous le sceau du secret. Nul n'était encore au courant, hormis eux. "Je vous demande la plus grande discrétion, bien entendu. Il en va de notre sécurité à tous. Le Capitaine et les Futurmen avaient été missionnés pour une enquête secrète."

Elle était partie en vrille, elle avait hurlé, elle s'était débattue dans les bras d'Ezra qui était parvenu à l'arrêter quand Swan avait dit "C'est une perte terrible" sans en croire le moindre mot. Que lui aurait-elle fait ? Elle haussa les épaules. L'aurait-elle giflé ? Frappé des deux poings ?

Puis l'enfer s'était déchaîné, car évidemment, la presse avait fini par apprendre la nouvelle. Des hordes de journalistes la suivaient sans cesse. Certains campaient devant son immeuble, l'un était même parvenu, déguisé en laveur de carreaux, à atteindre son balcon. Elle ne pouvait se déplacer sans gardes du corps, pour Ezra et Ken, de même. Elle ne se rendait plus au travail, ne répondait plus au téléphone. Elle ne dormait pas sans puissants somnifères. Elle avait maigri, puis avait été sujette à des crises de boulimies. C'était derrière elle, heureusement. Ici aussi, elle avait retrouvé le goût de la nourriture saine, de la pratique sportive régulière.

L'enfer avait continué. Quand le convoi sanitaire avait ramené Curtis. Il était sorti du coma et les médecins l'avaient jugé transportable. Un autre convoi ramenait les restes du vaisseau, sous escorte policière et militaire également. Des fouilles minutieuses y étaient entreprises, des enquêteurs et un type un peu fou, Mac Gyver, auquel Ken vouait une telle admiration, s'étaient mis au travail pour retrouver toutes les pièces du robot, dégager les tôles enchevêtrées, les poutres, les appareils. Ils tentaient aussi de trouver traces du reste de l'équipage, mais seul Grag semblait avoir "survécu". En mille morceaux.

Oui, l'enfer avait continué, à l'hôpital où le Capitaine avait été admis. Là encore, des hordes de journalistes, de policiers, d'admirateurs tenant des pancartes "We love you, Captain !" "Sauvez notre sauveur !"... des barrages à franchir, juste pour pouvoir entrer, le voir quelques minutes. Son visage encore tuméfié, ses membres dans des carcans. Et son regard, vide. Son sourire, absent. Puis, quand il avait commencé à aller mieux physiquement, il avait eu ces flots de paroles hachées, il ne la reconnaissait pas, mais il lui faisait des compliments trop osés. Il lui parlait d'amour, il avait de grandes envolées lyriques sans suite. Puis il replongeait dans une sorte de mutisme incompréhensible.

Elle était épuisée. Elle avait essayé, encouragée par les médecins, de le revoir régulièrement, avec Ken et Ezra, parfois seule. Elle n'avait pas tenu. Elle s'en voulait. Elle ne savait plus ce qu'elle devait faire, qui écouter. Elle avait atterri un jour, comme une loque, dans le cabinet du docteur Tardieu. Grâce à lui, elle avait repris pied. Elle s'était retrouvée, elle avait eu le courage de dire non, de refuser ce qu'on exigeait d'elle.

Oui, elle avait dit non. Non au Président, non aux généraux, non à "l'intérêt supérieur des Neuf Mondes". Non à ces insinuations, non à ces ordres à peine voilés, non à ces menaces qui se cachaient derrière des sourires compatissants. Non à ces "Vous seule pouvez le tirer de là. Vous devez continuer. Il doit retrouver la mémoire. Nous avons besoin de lui !"

Elle essuya une larme rageuse. Tout ce à quoi ils pensaient, ces bureaucrates en costume hors de prix, c'était leur petite place bien chaude, leurs petits avantages, leur petite sécurité. Curtis prenait des risques qu'aucun d'entre eux n'était capable d'assumer. Plus d'une fois Ezra lui avait dit : "Ils comptent trop sur toi". Mais il repartait. A chaque fois. Malgré tout. Ne pensant pas à lui. Courant l'aventure, poussé par une adrénaline que seul le danger provoquait, et par une soif de justice insatiable.

Elle avait fui aussi ces soi-disant amies, ces collègues à la gentillesse doucereuse, ces "On te l'avait bien dit...", ces "Comment pouvais-tu espérer quelque chose avec cet homme-là ?". Elle ne voulait pas qu'on la plaigne. Elle voulait qu'on la laisse en paix. Qu'on le laisse en paix, lui aussi. N'avait-il pas donné plus que tout autre ? N'avait-il pas le droit... à l'oubli, lui qui avait tout oublié, jusqu'à son propre nom ?

C'était pour cela aussi qu'elle était partie. Elle ne savait pas si elle pouvait quelque chose pour lui. Elle l'avait dit au docteur Tardieu. Et Tardieu lui avait dit deux choses essentielles : "Dire non à l'autre, c'est souvent dire oui à soi-même", et puis : "Prenez soin de vous. Il n'y a qu'ainsi que vous pourrez quelque chose pour lui, si un jour vous vous en sentez capable". Elle ne savait toujours pas si elle en était capable, mais elle avait pris soin d'elle. Le mieux possible.

Elle voyait donc le docteur Tardieu deux fois par mois. Elle revenait à New York pour cela. Incognito. Sans gardes du corps. Elle revoyait encore l'air effaré d'Anders quand elle les avait refusés. Il avait fallu l'intervention du Président pour qu'elle en soit vraiment débarrassée. Elle prenait toujours ses rendez-vous en milieu de matinée. Cela lui laissait le temps de venir. Elle repartait aussitôt après, et pouvait reprendre son travail en début d'après-midi. Elle avait droit à ces absences, au titre de son "suivi médical et thérapeutique".

Le regard dans le vague, elle sursauta en entendant deux coups brefs contre la vitre de la fenêtre côté passager. Le visage souriant de Ken lui redonna aussitôt sa bonne humeur. Elle était toujours attentive à cacher ses pensées, ses craintes, ses soucis à Ken. Lui aussi avait beaucoup souffert. Non seulement de l'amnésie de Curtis, du vent de folie qui les pourchassait, mais aussi de la perte de Simon, Grag et Otho. Ken s'accrochait à l'espoir qu'un jour, Grag serait réparé. Ken s'accrochait à l'espoir qu'un jour Curtis retrouverait la mémoire, même partiellement. Qu'il les reconnaîtrait. Ken avait le droit d'espérer. Il était encore si jeune...

Elle... elle ne savait pas. Elle ne savait plus ce que c'était que l'espoir.
« Letzte Änderung: 9. November 2013, 08:53:15 Uhr von limeye »
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Offline O-tho

  • Joan Randall
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Re: One shot sans titre provisoire à défaut d'autre chose...
« Antwort #7 am: 25. Oktober 2013, 00:30:40 Uhr »
Coucou Limeye,

Wow, ca demarre fort....J'espere que ca finira bien! ;D

Elle en est passee par de belles, la pooovre Joan, et le fait qu'elle soit devenue "aide-soignante dans une maison de retraite", colle bien avec sa personnalite, son devouement qu'elle utilise a d'autres fins...

Quant au titre, je vais faire l'avocat du diable....J'aime bien "Par amour pour Curtis" car somme toute, il semblerait que c'est Joan qui va faire le boulot de lui faire retrouver la memoire, et avec ce que ca va lui couter, faut que ca en vaille la peine.... ;D, mais c'est vrai que ca fait un peu unilateral, car Curtis va se donner un peu de mal aussi...Alors que "combat contre l'oubli" semble etre un front commun....J"embouille encore plus, hein?  ;D

O-tho

Offline limeye

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Re: Un amour contre l'oubli
« Antwort #8 am: 25. Oktober 2013, 06:30:11 Uhr »
Hello !

comme vous allez le constater, j'ai trouvé un titre. J'ai réfléchi à la remarque d'O-tho que je partageais assez que "Pour l'amour de Joan / ou de Curtis" était trop unilatéral, or l'histoire ne sera pas unilatérale... J'aimais cette idée de "front commun" qu'elle a soulignée. Et je pense que ce nouveau titre soulignera bien les aspects touchants et romantiques de l'histoire  [eyeheart].

j'ai pu écrire un tiboutte hier soir. Voici déjà une petite suite, avec un petit clin d'oeil à l'un des livres qui a le plus marqué mon enfance, que j'ai dû lire et relire je ne sais combien de fois...

bizz et belle journée  [flower] !

Limeye  :)


Ken jeta son sac dans le coffre, grimpa prestement à côté d'elle et l'embrassa avec enthousiasme sur les deux joues. Son énergie lui faisait du bien, aussi. Il lui donna des nouvelles d'Ezra. Le colonel laissait entendre qu'il prendrait bientôt sa retraite. Le Président l'avait obligé à ne plus partir en mission, lui accordant cependant le droit de travailler encore un peu. Ezra disait que le travail l'aidait. Joan se demandait comment il faisait pour résister à la pression. Elle avait beau bien le connaître, elle savait qu'en lui aussi, quelque chose s'était brisé.

En moins d'un quart d'heure, ils arrivèrent au village, Joan salua quelques passants d'un geste de la main, Ken sourit au patron du café qui prenait le frais à sa terrasse. Un homme d'environ 35 ans, célibataire, gentil et discret. Peut-être... Non.

Joan se gara devant sa maison. C'était une maison toute en bois comme on en faisait dans ce pays-là. Avec une terrasse, en bois également, un abri pour les bûches. Elle en avait aussitôt aimé l'intérieur quand elle l'avait visitée. Une entrée-couloir qui distribuait les pièces : à droite, le salon et la cuisine, à gauche deux chambres. Dans le fond, la salle de bain et les toilettes. De la cuisine, on pouvait accéder à un petit cellier et au jardin. Elle y était bien. Elle y avait passé l'hiver sans problème. La maison était située dans le village, elle n'était pas isolée, mais elle y était tranquille. Elle avait pris un chien, un husky aux yeux gris, au pelage blanc et noir, épais. Endurant, puissant, il pourrait la protéger des visites indésirables. Sauf qu'ici, personne d'indésirable ne se présentait. Il s'appelait Kazan. Il fit la fête à Ken, en les entendant arriver. L'adolescent courut aussitôt dans le jardin, lançant sans relâche de solides morceaux de bois au chien. Joan lui prépara un goûter. Comme il faisait bon, elle s'installa dans un fauteuil, sur la terrasse et les regarda jouer.

Le repas du soir fut gai, comme toujours quand Ken arrivait. Ce ne fut que le lendemain qu'il lui parla de Curtis.
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Offline flamme

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Re: Un amour contre l'oubli
« Antwort #9 am: 25. Oktober 2013, 13:20:35 Uhr »
Coucou!

Elaine, je vois que tu es là, j'espère que tu as eu le temps de faire ton commentaire pendant que j'écris le mien? ;D  Parce que je dégaine tout de même!  [mag]

Limeye, j'adore ton nouveau titre! Ça dit tout, et surtout, comme tu dis, ça évoque la réciprocité!  [knuddeln] [loveu] [flower]

Et tu m'as rappelé qu'il faut que j'ajoute la lecture de Kazan à ma liste de choses à faire...  ;)

Bizz
Flamme
 ;)

Offline limeye

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Re: Un amour contre l'oubli
« Antwort #10 am: 25. Oktober 2013, 13:34:57 Uhr »
Coucou Flamme,

contente que ce "vrai" titre te plaise ! Il m'aura donné du mal celui-là, pourtant, il est tout simple !

je crois que pendant des années, j'ai bien dû lire Kazan deux à trois fois par an...  ;). C'est beaucoup "à cause" de ce livre que je rêve du grand nord canadien !  ;)

tiboutte suivant... prévoir la louche et les mouchoirs !

bizz

Limeye  :)


Ils étaient attablés à la terrasse, pour le déjeuner. Joan avait préparé un petit ragoût dont Ken raffolait. Pour le soir, elle avait prévu une tarte aux épinards et aux lardons. Elle savait déjà que Ken en mangerait une bonne moitié.

- Joan, j'ai vu Curtis mercredi.
- Ah oui ?
- Oui. Il a enfin obtenu le droit de sortir.
- Enfin..., soupira-t-elle.

Elle ne s'était pas faite à l'idée qu'il devait rester dans cet hôpital, sous protection. Pour elle, c'était comme une prison. Avec des gardiens en blouse blanche, des infirmiers aux allures de policiers. Mais il semblait ne pas s'en rendre compte, c'était ce qu'Ezra lui avait laissé entendre un jour qu'elle lui avait fait la remarque.

- Depuis le temps que je faisais le siège du bureau du docteur Gordon... il a ENFIN été d'accord pour qu'on puisse partir en balade.
- Sans gardes du corps ?
- A distance..., fallait pas rêver non plus.
- Non, fallait pas rêver. Et ça s'est bien passé ?
- Oui. Je l'ai emmené au cinéma.
- Au cinéma ? Toi, tu voulais voir le dernier film avec les monstres et les...
- Nan... j'avais pas envie. C'est nul. C'est un mauvais film. Plein d'effets spéciaux moches. Un navet.

Joan pouffa.

- Alors, tu l'as emmené voir quoi ?
- Les aventures du Capitaine Flam.
- Ken !

Elle ouvrait des yeux horrifiés.

- Tu n'as pas fait ça ?
- Si. Le toubib était d'accord. Il pensait même que c'était une bonne idée.
- Oh, Ken...

Elle avait les larmes aux yeux, la gorge serrée. Soudain, elle n'eut plus envie d'avaler la moindre bouchée. Sa sauce était fade, sa viande trop dure, ses pommes de terre mal cuites. Et ses champignons trop spongieux. Et le pain rassis. Et... et pas faim. Plus d'appétit. Du tout.

- Quoi ? C'était mon idée. J'étais sûr que ça lui plairait. Il a bien aimé. Il a trouvé que c'était un bon film, avec des actions bien menées, de beaux paysages.
- Et tu lui as dit que ça racontait certaines de ses aventures ?
- Bien sûr !
- Et alors ?
- Ben... il ne s'en souvenait pas.

Joan secoua ses boucles blondes. Comment Curtis aurait-il pu s'en souvenir ? Ken poursuivit, endurant.

- Mais il a remarqué quelque chose.
- Ah ?
- Il a eu l'impression que le film était bancal. Je lui ai expliqué que c'était une version raccourcie.
- Et tu lui as dit pourquoi ?
- Oui.

Elle baissa la tête. Ses cheveux lui tombèrent devant les yeux. Elle resta ainsi une demi-minute, puis se leva sans un mot, repoussant un peu rageusement son assiette. Elle descendit les deux marches de la terrasse et traversa le jardin pour aller s'appuyer contre un grand érable, tournant le dos à la maison. Ken regarda sa propre assiette, dépité. Dire qu'il pensait qu'elle aurait trouvé l'idée judicieuse ! Dire qu'il pensait qu'elle aurait été contente que Curtis remarque quelque chose...

Son regard croisa celui du chien. Il fit un mouvement du museau, l'air de dire : "Tu vas la laisser toute seule dans le jardin ?". Ken se leva alors, rejoignit Joan. Il était presqu'aussi grand qu'elle, désormais. Il passa les bras autour de son cou, fourra sa tête contre son épaule et dit :

- Excuse-moi, Joan. Excuse-moi. Je voudrais tellement...
- Je sais, Ken, je sais.

Des larmes avaient déposé une fine pellicule humide sur ses joues, ses lèvres, son menton. Ses yeux bleus n'étaient plus que douleur.

- Pardonne-moi. Je ne veux pas que tu aies de la peine, surtout pas à cause de mes bêtises.
- Ce ne sont pas des bêtises, Ken. Tu as le droit d'essayer des choses, je le comprends, c'est juste que moi... je ne sais plus ce qu'est l'espérance.

Il passa ses bras autour de sa taille, la serra fort.

- Ca va aller, dit-elle au bout d'un moment en sortant un mouchoir de sa poche et en essuyant doucement ses joues. Ca va aller. Retournons à table, notre repas va être froid.
« Letzte Änderung: 9. November 2013, 08:58:12 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Elaine

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Re: Un amour contre l'oubli
« Antwort #11 am: 25. Oktober 2013, 19:59:05 Uhr »
 ;D coucou

et ben non, Flamme, tu ne m'as pas grillée, j'ai aucune excuse,  :-X, j'étais ailleurs!

alors moi j'attends la suite, tout simplement, j'ai  même un scoop que je ne trahirais pas  et  [devil] j'ai décidé d'être méchante, na!

 [motz] qu'est-ce qu'ils ont tous à cogiter, s'excuser, se consoler,  [motz] pas une personne pour secouer le cocotier, là ?

un bon coup sur la tête, une explosion, un gros truc, là qui réveille ses réflexes? Non?

 s'il a plus de tête, il lui reste un corps, Joan elle a pas envie d'en profiter un peu [devil]?

Désolée, je m'emballe, allez sans rancune,  [eyeheart] [knuddeln] [jump] [jump] [jump]


Offline flamme

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Re: Un amour contre l'oubli
« Antwort #12 am: 25. Oktober 2013, 20:07:20 Uhr »
Coucou les filles!

Elaine, peut-être que ta méthode-choc aurait du bon...  :o mais ce serait peut-être trop choc...  ;D

J'admets que je n'aurais pas spontanément pensé à ça...quand je lis cette histoire, je me sens un peu comme Joan, et je trouve Ken très attachant...  [eyeheart]

Limeye, j'attends la suite avec impatience! Je dois retourner à mon ménage...  :(

Bizz
Flamme
 [flower] plutôt que  [motz]

Offline limeye

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Re: Un amour contre l'oubli
« Antwort #13 am: 25. Oktober 2013, 20:58:01 Uhr »
Coucou les filles !

je dirais... que je vais vous contenter toutes les deux, même si vos impressions sont différentes !

ce ne sera peut-être pas tout à fait ce à quoi vous vous attendez, mais quand même un petit peu...  ;)

voici donc deux tibouttes, Flamme, pour te couper dans ton ménage et Elaine, pour ton dessert !

livraison du deuxième dans la foulée... tu vas voir, Elaine que ton idée d'explosion n'est pas loin...

bizz

Limeye  :)


Ils n'avaient pas reparlé de Curtis du week-end, et Ken était reparti le dimanche soir, comme d'habitude. Joan se retrouvait à nouveau toute seule. Elle était parvenue à faire bonne figure devant lui, elle ne voulait pas qu'il se sente coupable.

Elle regarda l'autorail s'éloigner. Elle resta un moment sur le quai, debout, le visage tourné vers le couchant, dans la direction dans laquelle Ken était parti. Les familles qui avaient accompagné des voyageurs repartaient tranquillement, elle devinait un peu de mouvement autour d'elle. Elle ne voyait personne. Elle se décida finalement à retourner à son véhicule. En conduisant, elle chassa toutes les images qui lui revenaient en mémoire.

En rentrant chez elle, elle ralluma le poêle. Il ne faisait pas froid, mais elle se sentait glacée. Elle s'installa dans son fauteuil. Elle l'avait acheté exprès : confortable, un vrai petit nid où elle pouvait se blottir pour lire, ou, comme ce soir, pour pleurer. Le chien vint s'asseoir à ses pieds, il posa sa truffe sur ses genoux. Machinalement, elle lui caressa la tête. Elle était heureuse de l'avoir. Quelle bonne idée d'avoir pris un chien ! Quelle bonne idée...

Au moins, elle n'était pas seule. Il veillait sur elle. Elle eut une nouvelle crise de larmes : il lui rappelait Curtis. Elle ne dîna pas, finit par aller se coucher. Le chien s'installa au pied du lit, sur le vieux morceau de couverture qu'elle lui avait dédié. Comme chaque soir, elle reprit ses somnifères. Elle savait déjà que cette nuit, elle n'aurait pas pu dormir sans.

Elle se réveilla d'un bond, en pleine nuit. Un cri l'avait réveillée. Son propre cri. Elle hésita, cherchant l'interrupteur de sa lampe de chevet, le chien s'était levé, sa truffe reniflant sur le drap pour trouver sa main. Elle finit par atteindre l'interrupteur, alluma et se prit la tête entre les mains. Son cœur battait à cent à l'heure. Une sueur glacée lui coulait dans le dos, et entre les seins.

En tremblant, elle saisit son verre, but un peu. Après un long moment, elle finit par se calmer et se leva, un peu titubant. Quand elle atteignit la porte de sa chambre, ses pas avaient retrouvé de l'assurance. Elle gagna la cuisine, se fit chauffer une tisane, sortit le pot de miel. La blanche lueur d'une pleine lune éclairait le jardin.

Elle ne voulait plus voir la Lune. Elle ne voulait plus entendre parler des étoiles.

D'ailleurs, plus aucune étoile ne brillait dans ses yeux.
 
« Letzte Änderung: 2. April 2014, 05:57:43 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Elaine

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Re: Un amour contre l'oubli
« Antwort #14 am: 25. Oktober 2013, 21:01:01 Uhr »
 :o ouahou!

j'adore!!!!!!

vite la suite, t'es un ange.....

bizz :-* :-* :-* :-*