Autor Thema: Notre autre chemin  (Gelesen 7580 mal)

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Offline limeye

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Notre autre chemin
« am: 8. Oktober 2013, 12:19:42 Uhr »
Hello !

Demain sera la dernière journée de la publication de JiYD, je vous rassure tout de suite, je la reprendrai dans quelques semaines, au retour des missions de Joan et Curtis, pour que nous les accompagnions pour la fin de l'année (ou que ce soit eux qui nous accompagnent, allez savoir...  ;) )

Mais pour l'heure, je me suis attelée avec une certaine facilité, contrairement à Seules contre tous, au dernier volet (pour la rédaction, le 9ème dans l'ordre chronologique, 9ème sur 11) de la Joan's Story, avec le seul des quatre enfants auquel je n'avais pas encore accordé de récit. Il s'agit donc de Thomas.

Pour les quatre enfants Newton, j'ai fait le choix d'écrire un volet dans l'ordre de la fratrie. Celui consacré à Eufholia (même si elle a joué un grand rôle dans les deux précédents) était Seules contre tous, celui pour Kevin, le Combat des Héritiers, et celui pour Soledad, La Planète de Diamants.

Voici donc le tour de Thomas. Je termine par lui... un peu par hasard, j'aurais sans doute pu écrire ces quatre volets dans l'ordre, sauf que l'idée pour Kevin et pour Soledad m'était venue plus vite que pour lui.

J'espère que vous aimerez cette histoire que je prends plaisir à écrire, et que vous serez aussi surpris(es)...

Deux personnes vont intervenir dans ce récit, je vous laisse la surprise bien entendu, mais pour bien les différencier, j'ai choisi d'écrire pour l'une en italique, pour l'autre en normal. Il est possible (pour l'heure, je n'ose trop m'avancer) qu'une troisième personne intervienne. Je devrais alors choisir une autre façon de la faire "apparaître" visuellement parlant.

Mais assez de bla-bla, je vous laisse découvrir l'introduction...

Merci d'avance pour vos remarques ! Je vous souhaite une belle journée  [flower] !

bizz

Limeye  :)


INTRODUCTION

Je me suis réfugiée sous la tente. Je tiens dans la main la petite clé de données qu’il m’a tendue. Je tremble légèrement. Je revois son regard, comme un naufragé plein d’espérance. Ses mots résonnent encore à mes oreilles "Tu veux comprendre ? Tu veux savoir ? Et bien, tiens, voilà…" Sa voix était chargée d’une sorte de colère et d’urgence. J’ai accepté la clé, maintenant…

Je la regarde, j’hésite encore. C’est sa vie que je tiens là, au creux de ma main. Sa vie, à cet homme que j’aime, mais que je ne comprends pas. Y a-t-il un point de rencontre possible ? Peut-être que lorsque j’aurai découvert ce que contient cette clé…

Allons, ma fille, tu as fait face à bien des difficultés dans ta vie, tu as eu du courage, déjà. Si tu n’es pas capable de faire quelque chose pour lui…

J’ai respiré un grand coup, j’ai allumé mon portable et j’ai glissé la clé de données. Il est un peu plus de 10 heures du matin, dans cette vallée sauvage du deuxième continent d’Ixio. Calenda luit de tous ses feux. Il fait beau, encore un peu frais. Je m’installe confortablement et je commence à lire.


**

Bonjour.

Je m’appelle Thomas. Thomas Newton. A l’heure où je vous écris, j’ai 26 ans. Je suis chercheur depuis deux ans à l’université de Doban, la deuxième ville la plus importante de ma planète, Ixio. Ixio est une petite planète, la seule humainement habitable du petit système stellaire de Calenda, situé à deux jours de vol du système solaire et de la Terre. La capitale d’Ixio s’appelle, chose très originale, Ixiopolis. Je suis né sur Ixio. A Ixiopolis. Comme ma mère.

Si je prends - symboliquement - la plume aujourd’hui, c’est pour vous raconter une drôle d’histoire. Une histoire à la fois étrange, parfois sombre, parfois émouvante. Une histoire que j’aurais voulu banale. Mais qui ne l’est en rien. Mon histoire.

C’est très présomptueux de ma part de le faire. Mais… j’en ai besoin. J’espère que je ne vous ennuierais pas avec mes états d’âme. Mais si je veux écrire, c’est parce que je n’ai plus le choix. C’est ça ou… ou je pars. Loin. Parce que je ne vois plus le bout du tunnel. Parce que je ne sais plus ce que je dois faire. L’écriture c’est la vie. C’est Eynia qui m’y encourage. Et Evan. Mes meilleurs amis et soutiens en ces heures sombres.

Mais allons, je ne veux pas vous inquiéter, ni vous rebuter dès mes premiers mots. Je veux juste… me confier.

Alors donc, je m’appelle Thomas Newton. Un prénom tout simple. Un nom assez courant, en tout cas, rien qui vous saute aux yeux quand on le voit écrit, ainsi. Je ne m’appelle pas Luke Eisenhower, ni Marc Chaplin, ni Conrad von Beethoven. Non, je m’appelle juste Thomas Newton. Ma mère s’appelle Joan Randall, épouse Newton (logique). Mon père s’appelle Curtis Newton.

Ca vous fait tilt ou pas ? Hum… pas vraiment, n’est-ce pas ? Ce serait bien… J’aimerais bien que ça vous paraisse presque… anonyme.

Oui, je suis Thomas Newton, fils de Joan Randall, épouse Newton, et de Curtis Newton. Leur premier fils. Leur deuxième enfant. J’ai une sœur aînée, Eufholia, un jeune frère, Kevin, et une jeune sœur, Soledad. Quatre enfants, deux filles, deux garçons. Une jolie petite famille. Sur les photos, nous paraissons toujours comme une famille "normale".

Sauf que nous ne sommes pas une famille normale. Que je ne suis pas un garçon normal. Parce que je m’appelle Thomas Newton et que je suis le fils de Joan Randall, épouse Newton, et de Curtis Newton.

Ca commence à vous frapper, non ? Que j’insiste aussi lourdement sur mon nom, et surtout, sur mon nom de famille…

Cela ne vous choque pas ? Cela n’éveille pas quelques souvenirs chez vous ? Je vais donc devoir être plus précis, je crois.

Ma mère était agent de la police interplanétaire. Une bonne agent. Elle avait atteint, avant de démissionner, le grade de lieutenant. Elle aurait pu faire une belle carrière, finir peut-être colonel. La vie en a décidé autrement. Tant mieux pour maman. Si elle avait continué dans la police… nous ne serions tout simplement pas là.

Ca va vous paraître bizarre que j’écrive cela, alors qu’un peu plus haut, je vous parle presque d’en finir. Mais ce n’est pas à cause de mes parents, de ma famille. Enfin, pas tout à fait. Ils ne sont pas responsables. Juste que c’est difficile à vivre. Et parfois… parfois, c’est une réalité qui vous saute au visage et vous emporte. Mais je vais trop vite, vous n’allez pas comprendre si je saute ainsi les étapes.

Ma mère donc. Joan Randall. Epouse Newton (je pense que vous avez retenu, maintenant). Elle est née sur Ixio.

Mon père… Curtis Newton. Ca ne vous dit toujours rien ? Si… si, je sens bien que cela vous intrigue. Que cela commence à éveiller votre curiosité, voire… que cela vous rappelle quelques souvenirs. Comment vous parler de mon père ? Ma mère, c’est presque facile. Mais mon père… Curtis Newton.

Je tourne en rond, je le sens bien. Il va bien falloir que je vous le dise. Que je le reconnaisse aussi. Après tout, si je ne dis pas la vérité à ce bout de papier, à qui pourrais-je un jour la dire vraiment ?

Je reprends donc :

Mon père. Curtis Newton. Capitaine Futur.

Voilà. Je l’ai dit (ou plutôt, écrit).

Alors maintenant, si vous pensez que s’appeler Thomas Newton, c’est finalement banal… cessez de me lire. Mais si vous vous dites que non… alors prenez votre courage à deux mains. Prévoyez quelques longues soirées de lecture au coin du feu, avec de la bonne musique, un petit thé ou un whisky bien tassé. Un chien à vos pieds ou un chat sur vos genoux. Car il y a 26 chapitres. Du moins, à l’heure à laquelle je commence mon récit.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Frégo80

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #1 am: 8. Oktober 2013, 13:57:03 Uhr »
Coucou Limeye!

J'ai bien hâte de voire comment cette histoire va se développer. Je me doutais que Thomas se considérait comme le gars ordinaire introverti qui trouvait difficile d'être le fils de Capitaine Futur et qui a beaucoup moins bien géré les péripéties de la famille et la vie dangeureuse son père. Vivre à côté de gens aussi flamboyants que ses parents, son frère et ses soeurs peut être difficile. J'ai trouver ce début d'histoire un peu triste et très émouvante.  [goodjob]  [imsorry] [heart]

Bizz!

Frégo  8)

Offline limeye

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #2 am: 8. Oktober 2013, 21:58:24 Uhr »
Coucou Frégo !

je crois que l'atmosphère générale de l'histoire va être assez mélancolique. Ce n'est pas une histoire aussi longue que Seules contre tous, j'ai d'ailleurs pratiquement terminé la rédaction ce soir. Je vous en livrerai des petits bouts au fur et à mesure... voici avec ce message la première partie de l'an 1 (rien à voir avec la Révolution Française... )

mais en effet, contrairement à son frère et ses soeurs, l'héritage est lourd à porter pour Thomas. Avec lui, j'ai voulu aussi aborder la question de la filiation - et quelle filiation ! - d'une manière un peu différente, moins évidente que pour les trois autres.

mais je vous rassure : ça se termine bien à la fin  :)  ;D

bizz

Limeye  :)



AN 1

Comme je vous l’ai dit, je suis né sur Ixio. Si cela ne vous ennuie pas, je vais commencer par vous planter le décor. Vous parler de ma planète. J’aime beaucoup ma planète. Je ne voudrais pas vivre ailleurs, mais… mais peut-être que finalement, j’irai vivre ailleurs. Pour tout recommencer à zéro. C’est aussi pour cela que j’écris. Tout recommencer depuis le début. Tout mettre à plat. Et j’espère… m’en sortir.

Le décor, donc. Comme je vous l’ai dit en introduction, Ixio est une petite planète, appartenant à un petit système stellaire. Ixio possède une histoire relativement récente. Elle n’a été peuplée qu’après le grand cataclysme survenu sur Terre, en cet âge où les hommes n’étaient pas sages, gaspillant les ressources et détruisant consciencieusement leur lieu de vie. Je ne m’étendrai pas sur ce que je pense des hommes de ce temps-là. Le grand cataclysme les a obligés à migrer, pour la plupart. La colonisation des différentes planètes du système solaire était déjà engagée, et bon nombre de Terriens s’y sont réfugiés. Mais une colonie a migré jusqu’à Ixio. La planète présente des conditions de vie similaires à celles que l’on trouve sur Terre, mais elle ne possède que deux continents. Les premiers habitants d’Ixio sont arrivés avec en eux la mémoire vivante du grand cataclysme, mais aussi des guerres qui s’en étaient suivies, de la lutte pour la survie. Aucun ne voulait infliger à cette petite planète qui devenait leur refuge ce que leurs ancêtres et eux-mêmes avaient infligé à la Terre. Ils voulaient protéger Ixio. Ils ont donc décidé de ne s’installer que sur un seul continent, le plus petit, situé dans l’hémisphère sud. Le plus grand, qui couvre une grande partie de l’hémisphère nord, est resté sauvage, protégé. On ne peut s’y rendre que pour effectuer des recherches. J’y suis allé plusieurs fois, c’est une des choses dont je suis le plus heureux (mais je ne dois pas aller trop vite, je vous raconterai cela plus tard).

Le deuxième continent possède quelques villes moyennes, et deux villes principales, la capitale, Ixiopolis, et Doban. Doban est la ville militaire et de recherche. C’est là que se trouvent les principaux centres de recherches d’Ixio, et notamment, l’Institut du Deuxième Continent. Ma mère a grandi dans un petit village, près de la côte, à une heure de route d’Ixiopolis. C’est là aussi que nous avons grandi, en partie. Quand nous n’étions pas sur Terre, sur la Lune ou dans toute autre partie de la galaxie. Pas simple de trouver des points de repères quand nos parents nous "trimballent" de tous côtés, un peu au gré des missions et des nécessités. Un peu aussi au gré des recherches de mon père.

Vous imaginez qu’un chercheur, ça reste tranquillement dans son laboratoire comme un peintre dans son atelier ? Détrompez-vous. Il n’y a pas plus remuant qu’un chercheur. Si. Un peintre. Un peintre, ça va dehors, ça va chercher des nouveaux points de vue, des nouvelles lumières. Un chercheur… ça va explorer de nouvelles terres, de nouvelles curiosités. C’est insatiable. Ca bouge tout le temps.

Vous allez me dire que je fais le capricieux. C’est génial de voyager ! Et de voyager à bord du Comète, c’est encore plus génial. Je suis certain que vous en rêvez la nuit… Et bien, si vous voulez, je vous laisse volontiers ma place…

Bref, voilà rapidement esquissée la description de ma planète natale.

Mon village, maintenant. C’est un petit village tout simple. Une petite école, une maison commune, un port, un cimetière, des maisons aux volets colorés, qui rappellent l’Irlande terrestre. Nous, nous habitons dans un hameau, près de la mer. Un grand bonheur, la mer. Le plus grand de mes bonheurs, vraiment, avec les plantes. Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit que j’étais botaniste. Mais bon, il y a encore le temps. Je n’en suis qu’à l’année de ma naissance…

Nous vivons dans la maison de la grand-mère adoptive de ma mère.

Aïe. Je sens que là, vous commencez à tiquer. Ca se complique. Vous voyez bien que j’ai du mal à faire simple, même en le voulant très fort. Vous comprenez mieux pourquoi je vous ai conseillé un whisky.

Bien, je vais essayer quand même de faire simple. Dites-vous… Imaginez, allez, cela, vous le pouvez, j’en suis certain. Ou plutôt… Oubliez toute notion habituelle de "famille". Car ma famille… n’a rien à voir avec une famille "normale". Quand je vous dis que le plus normal dans tout cela, c’est peut-être juste mon prénom… je crois que je vais finir par vous en convaincre.

Donc. Mon père est bien mon père (aucun doute là-dessus, pas besoin de test ADN). Ma mère, c’est bien ma mère aussi. Jusque-là, tout va bien. Mon père est le fils d’Elaine et Roger Newton. Ils sont morts. Il y a longtemps. Quand mon père était bébé. Il a été élevé, accrochez-vous bien, par un androïde, un robot et un cerveau volant. Otho, Grag et Simon Wright. Sur la Lune, sur une base dans le cratère de Tycho. Si vous vivez sur Terre, vous pouvez voir le cratère, les soirs de pleine lune.

Ouf. Ca y’est. J’ai réussi à vous dire tout cela. Bravo, Thomas. C’est bien. Continue.

**

Simon Wright. Tu as bien écrit Simon Wright. Ce nom me saute au visage. Une émotion forte m'étreint. C'est à lui que je dois d'être encore en vie, de mener une vie normale. D'avoir retrouvé l'usage de mes muscles, de marcher, de bouger, de respirer... Ainsi, tu le connais ? Thomas, tu connais Simon Wright ? Le Professeur Simon Wright ? Oh, comme le destin est étrange, parfois...

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #3 am: 9. Oktober 2013, 02:24:09 Uhr »
Coucou Limeye!

Oui, l'atmosphère est mélancolique, comme tu dis... Et c'est sous un tout nouveau jour que tu vas nous présenter le fait d'être l'enfant de Curtis Newton et Joan Randall... Pauvre Thomas, je me sens pleine de compassion pour lui...  :( Et très curieuse aussi de savoir ce qui lui est arrivé pour qu'il soit dans un tel état d'âme!  [jump]

Quant à "la personne qui écrit en italique" (je vais l'appeler comme ça en attendant mieux! ;D), elle a tout un vécu, elle aussi! Il semble lui être arrivé quelque chose de grave, et je me demande comment Simon a croisé son chemin... Pour du suspense et de la surprise, c'est réussi!  [master] [chinese]  [respekt]

Et merci de nous rassurer! J'apprécie!  [goodjob]

Bizz
Flamme
 :D

Offline O-tho

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #4 am: 9. Oktober 2013, 06:07:45 Uhr »
Coucou Limeye,

Effectivement, un tout autre ton pour Thomas, plus prone aux tourments de l'ame...Il a vraiment l'
air de ne pas assumer son heritage, enfin pour le moment...

Quant a la personne en italique, je pensais que c'etait Babette, mais ses reflexions semblent suggerer une personne plus agee...Je suis bien curieuse... ;D

O-tho

Offline limeye

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #5 am: 9. Oktober 2013, 09:20:57 Uhr »
Hello !

suspense, suspense... qui se lèvera petit à petit !

en attendant, fin de l'an 1  ;)

Limeye  :)


Ma mère, maintenant. Elle est la fille de July et William Randall. William a disparu quand elle avait dix ans, il était policier et escortait un convoi marchand qui a été attaqué par des pirates (je vous raconterai la suite plus tard, car il y a une suite, mais je ne veux pas vous embrouiller. Et après tout, je dois être clair pour moi aussi). A la suite de cette disparition, ma grand-mère, July, a perdu l’esprit. Ma mère s’est retrouvée quasiment orpheline. Heureusement (et je dis cela très sincèrement, sans aucun trait d’humour), elle a pu recevoir le soutien et l’amour de trois adultes : Ezra Gurney, son parrain, colonel de la police interplanétaire, Victor et Salomé Morgon. Tous trois sont devenus nos grands-parents adoptifs (j’espère que vous ne décrochez pas, jusque-là, c’est encore simple). Victor et Salomé ont une fille, Jelle. Ma mère et Jelle étaient des amies très proches, elles sont devenues des sœurs. Jelle est donc notre tante. Et son mari, Davies, notre oncle (je vous raconterai la suite aussi plus tard, toujours par souci de ne pas vous embrouiller).

Vous voyez, finalement, on s’en sort. Des familles adoptives des deux côtés. Celle de ma mère, humaine, celle de mon père… plus qu’humaine. Là aussi je suis sincère. Car je ne connais pas d’êtres plus humains, plus sensibles, plus généreux que Grag, Otho et oncle Simon. Combien d’humains seraient prêts à traverser la galaxie, à affronter mille dangers pour aller récupérer mon père, ma mère ou l’un d’entre nous, pris dans un danger mortel ? Combien se feraient découper en petits morceaux pour nous protéger ? Si vous en connaissez, faites-le moi savoir, ça pourrait être intéressant de discuter avec ces personnes.

Bien. Maintenant, vous voyez un peu où je suis né, vous avez aussi une petite idée de ma famille.
 
Je suis donc né par une froide journée d'hiver. Ah, là, je dois aussi vous préciser quelque chose. Je me suis engagé à de la clarté, soyons-le aussi pour les dates et le temps. Comme je vous l’ai dit, nous vivons sur le premier continent d’Ixio, dans son hémisphère sud. Par rapport aux saisons terrestres de l’hémisphère nord, nous sommes donc à l’inverse. A quelques heures près, la révolution ixienne est proche de celle de la Terre, et pour simplifier vraiment, je vous dirai donc de retenir qu’Ixio fait le tour de Calenda en autant de jours que la Terre fait le tour du Soleil. A quelques heures près. Je suis donc né durant l’équivalent du mois d’août de l’hémisphère nord terrestre. Ma grande sœur, elle, est née en mars ixien, soit septembre terrestre. Elle est la seule de la famille qui fête deux fois son anniversaire dans l’année. Parce qu’elle est née sur Terre. Moi, je suis né sur Ixio, alors on fait simple : on ne me le souhaite qu’une fois. Pour Kevin, idem. Et finalement, pour Soledad aussi. Il n’y a qu’Eufholia qui a cette particularité.

Vous allez croire que je suis jaloux de ma grande sœur ?

Pas du tout. Mais vraiment pas du tout. Je l’adore. Comme j’adore mon petit frère et ma petite sœur. Et que si je suis encore là… c’est parce que j’aime ma famille et que je ne veux pas leur faire de mal, leur faire de peine en partant trop tôt.

Mais je m’égare à nouveau. Revenons à cette première année.

Je suis donc né à l’hôpital d’Ixiopolis. Ma mère avait eu ses premières contractions en deuxième partie de nuit. Ma grand-mère, Salomé (pour ma grand-mère, c’est facile : c’est toujours Salomé, pour les grands-pères, je préciserai toujours duquel je parle pour que vous ne vous embrouilliez pas et moi non plus). Donc, ma grand-mère et mon père ont emmené ma mère à l’hôpital. Mon père est resté tout le temps avec ma mère. Il a assisté à ma naissance. Il paraît qu’il pleurait comme un enfant à qui on offrait le plus beau jouet de la Terre quand j’ai poussé mon premier cri. Il faut dire qu’il n’avait pas assisté à la naissance de ma grande sœur. J’étais donc le premier pour lui.

Tiens, quelque part, cette pensée me fait chaud au cœur.

Ma grande sœur m’a vu le soir même. Elle m’a souvent dit que ma naissance est l’un de ses plus anciens souvenirs, l’un de ses plus précieux aussi. Je la crois. Elle est sincère. Eufholia est l’une des personnes les plus sincères que je connaisse.

Il existe une photo d’Eufholia me tenant dans ses bras, au retour à la maison. Elle est calée dans les oreillers du lit de nos parents, elle me tient avec précaution sur ses genoux. Elle m’a dit que j’étais le plus beau bébé du monde pour elle.

Ca aussi, ça me fait chaud au cœur.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #6 am: 9. Oktober 2013, 12:33:32 Uhr »
Coucou Limeye!

Tu as merveilleusement décrit la famille "plus qu'humaine" de Thomas...  [goodjob] [chinese]

Ainsi que la réaction du nouveau papa à la naissance de son fils!  ;D

Qu'est-ce que Thomas a dans la tête lorsqu'il dit "je ne veux pas leur faire de mal, leur faire de peine en partant trop tôt"... Il semble vraiment désespéré... :(

Pourtant, les membres de cette famille sont si proches les uns des autres, c'est bien décrit...  [master]

Le gril est à la chaleur maximum et la toile de la trampoline, tendue au maximum...  [jump] [jump] [jump]


Alors vite la suite, avant que je perde le souffle! Pas de Smiley essoufflé, ça vaudrait la peine aussi...

Bizz, belle journée tout le monde!
Flamme
 :D


Offline limeye

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #7 am: 9. Oktober 2013, 18:48:30 Uhr »
Hello !

au moment où Thomas commence à écrire ce "journal" de sa vie, il est en effet dans une situation très désespérée, comme le laissent entendre certaines de ses réflexions. Ecrire peut l'aider à sortir de cet état dépressif... vous découvrirez plus tard pourquoi il se retrouve ainsi (en espérant que ce ne sera pas trop "capilotracté"  ;)

pour ce soir, un nouveau tiboutte... bonne fin de journée à toutes et à tous !

Limeye  :)


AN 2

Je viens de souffler ma première bougie. Je suis assis sur les genoux de mon père, maman est penchée à côté de moi, Eufholia sur ses genoux. Autour de nous, il y a ma grand-mère et mon grand-père, Victor. Il y a aussi mon autre grand-père, Ezra, et Jelle, Davies, et mes deux cousines, leurs filles, Narna et Aziliz. L’aînée, Narna a sept ans, Aziliz, la seconde, a trois ans et demi. Eufholia aura quatre ans dans trois petites semaines.

Je ne marche pas encore, bien entendu. Mais je trotte à quatre pattes. Et j’ai déjà fait un voyage dans l’espace. Il y a quelques mois, nous nous sommes rendus sur Tycho, la base lunaire où mon père a grandi et qui abrite toujours l’un des plus formidables laboratoires de toute la galaxie. Je ne garde bien entendu aucun souvenir de ce voyage, et s’il n’y avait pas les photos et quelques petits films enregistrés par la mémoire de Grag, le grand robot, je n’en aurais rien su. 

J’ai oublié de vous parler de quelqu’un qui a de l’importance pour moi. Enfin… quelqu’un. A cet âge, comme tout enfant, ce "quelqu’un" est important. C’est Loulou. C’est mon "doudou". On dirait une sorte de petite grenouille, verte et bleue, avec un œil jaune et l’autre rose. Ca va vous faire sourire, mais… je l’ai toujours. Ou plutôt, maman l’a rangé très soigneusement dans ma chambre, avec d’autres affaires de mon enfance qu’elle a gardées précieusement. Quelques livres, des dessins, quelques vêtements qu’elle n’a pas voulu donner. Et aussi, des photos de mes premières plantations. Et mon herbier. Mon premier, bien entendu. J’en ai fait beaucoup, par la suite. Je dirais même… que je ne cesse d’en faire.

Au cours des deux premières années de ma vie, mon père a été présent. Sa première mission, sa première absence "à risques", il ne l’a menée que l’année suivante. Je dois certainement avoir la trace au fond de moi de ces mois où nous avons vécu "normalement". Comme n’importe quelle famille. Mais je n’en ai, hélas, aucun souvenir réel. Je ne revis ces années qu’à travers les souvenirs des autres, de mes grands-parents, de ma sœur, de mes parents. Enfin, surtout de ma mère, car papa parle peu.

Ah, tiens, j’ai écrit "papa".
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Notre autre chemin
« Antwort #8 am: 9. Oktober 2013, 22:43:50 Uhr »
Coucou!

On dirait que ça fait longtemps qu'il n'a pas appelé Curtis papa...  [mindoubt] et on dirait aussi que le fait qu'il parle peu lui a pesé autant que ses "absences à risque"...  :(

S'ils n'étaient pas portés ni l'un ni l'autre à parler beaucoup, on peut imaginer leurs conversations... :-X

C'est un tout autre visage de la relation parent-enfant que tu nous fais voir! C'est très intriguant, je vais trouver difficile d'attendre de savoir ce qui l'a mené dans cet état!  [jump] [jump] [jump] [jump] [jump]

Bizz
Flamme
 ;)


Offline Frégo80

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #9 am: 10. Oktober 2013, 02:02:42 Uhr »
Coucou!

Je crois qu'être à la place de Thomas c'est être un gars ordinaire qui aime que son univers soit prévisible qui est projetté dans un univers changeant voir quelques fois instable, dangereux avec des gens qui sont tout sauf ordinaires. Curtis aussi pouvait avoir un tempérement morose et replié sur lui-même. Lorsque la famille s'est fait menacée par Khalon ou même par Swan par exemple, ça a du être traumatisant pour lui.  :(

Je suis moi aussi impatiente de voir la suite!  [jump] [jump] [jump] [jump]

Offline limeye

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #10 am: 10. Oktober 2013, 08:36:33 Uhr »
Hello les filles !

Thomas est en effet introverti, secret. Il ressemble assez à Soledad pour cela, et donc aussi à Curtis. Mais avec son père, l'effet miroir ne fonctionne pas... car Thomas se sent "écrasé" par la stature de Capitaine Futur... contrairement à Soledad qui ne connaîtra quasiment pas son père en tant que Capitaine Futur, Thomas, lui, grandit dans cette ombre...

les "points de dialogue" (à l'image des "points de rencontre" dans les lieux publics) entre eux ne sont en effet pas simples à déterminer, même si Curtis s'y emploie. Vous verrez aussi comment petit à petit, une relation "adulte" se construit entre eux deux.

mais voici déjà une suite de son enfance...

bizz et bonne journée   [flower] !

Limeye  :)


AN 3

C’est donc cette année-là que mon père part en mission pour la première fois depuis ma naissance. Une mission assez dangereuse, mais il est évidemment accompagné de toute son équipe. Ken est avec lui, bien entendu.

Ah, c’est vrai, je ne vous ai pas encore parlé de Ken. Mon oncle Ken. Ou mon cousin. Ca dépend des jours, des envies. Ca y’est, je sens que je vais vous emmêler avec Ken.

Ken est orphelin, ça ne devrait plus vous surprendre, ce genre de révélations, maintenant que vous avez compris que ma famille n’est pas une famille "comme les autres". Hum, voilà aussi que j’utilise l’expression dont on affuble ma grande sœur, mais je vais trop vite, vous n’allez pas comprendre. Reviens à Ken, Thomas, reviens à Ken.

Donc Ken est orphelin. Ses parents sont décédés dans un accident de navette spatiale quand il avait 5-6 ans. Il a embarqué un beau jour, comme un petit filou, dans le Comète. Le Comète, c’est le vaisseau de mon père.

Je sens que j’oublie plein de choses. Je voudrais être clair… je vous parlerai du Comète plus tard, contentez-vous de savoir pour l’heure que c’est le vaisseau de mon père.

Ce jour-là, mon père avait été mandaté par le Président des Neuf Mondes, James Carthew à l’époque (hé oui, ça ne nous rajeunit pas !), pour une mission particulière sur Jupiter. Des colons terriens étaient victimes d’un mal sans précédent, la rétrogradation de l’espèce. En fait, il s’agissait d’un complot mené par un Terrien qui se faisait passer pour l’Empereur de l’espace. C’est à l’occasion de cette mission que mes parents se sont rencontrés.

Ken a donc participé à la mission, et quand ils sont revenus sur Terre, mon père a confié Ken à ma mère. Elle était fille unique, je vous le rappelle, et à part Jelle, Davies et Ezra, elle était assez seule sur Terre, à New York. Elle s’est occupée de lui comme s’il avait été son petit frère. Quand elle partait en mission, c’étaient Jelle et Davies qui le prenaient en charge. Ken aussi a grandi avec une famille "recomposée". Il voue une admiration sans borne à ma mère. Il lui doit beaucoup.

Moi, je l’aime beaucoup, Ken. Il a beaucoup de courage, il est aussi toujours de bonne humeur, rieur. C’est un grand optimiste. Un très bon pilote aussi. Et un sacré "Don Juan". Il n’est pas marié, n’a pas d’enfants. Il dit parfois en nous regardant avec les yeux pétillants qu’il ne veut pas s’encombrer… C’est une boutade qu’il aime envoyer à mon père.

Et papa lui répond toujours que lui, il n’est pas encombré. Nous ne l’encombrons pas. Nous sommes ses piliers.

Vous imaginez un peu ? Allez, essayez, s’il-vous-plaît. Capitaine Futur qui dit le plus sérieusement du monde que ses enfants sont ses piliers. Difficile à croire. Difficile de croire surtout qu’il ait besoin de piliers. J’ai parfois du mal à le croire. Pourtant, je sais qu’il est sincère.

Mon père est donc parti pour sa première mission après ma naissance. A bord du Comète, évidemment. Le Comète a été construit à partir d’éléments du petit vaisseau qui avait conduit mes grands-parents, Elaine et Roger Newton, ainsi que Simon Wright, sur la base lunaire. Quand mon père n’était pas encore un adolescent, il devait avoir 8-9 ans, avec Grag, Otho et oncle Simon, il a entrepris la construction de ce grand vaisseau. Ils ont mis plusieurs années à le réaliser. Et, années après années, ils n’ont pas cessé de le perfectionner, d’y ajouter des fonctionnalités. C’est un grand et beau vaisseau, à la forme aérodynamique. Puissant, maniable, rapide, fiable. Il est aussi très confortable et possède un laboratoire très bien équipé, une infirmerie et toute une partie d’habitation. On peut y transporter une grande quantité de matériel, de provisions, et si nécessaire, il peut aussi servir à évacuer une trentaine de personnes en urgence. Quand sa construction a été achevée, mon père et toute l’équipe ont pu entamer un premier voyage pour lui permettre de découvrir le système solaire. C’est au cours de ce voyage qu’il a fait la connaissance d’Ezra Gurney, mais aussi de beaucoup d’autres personnes. Il a appris beaucoup, s’est montré curieux des mondes et des êtres qu’il découvrait et rencontrait. Je crois aussi que c’est au cours de ce voyage qu’il a eu sa première expérience amoureuse. Mais il reste très secret à ce sujet, et maman aussi.

Tiens, j’ai écrit "maman".
« Letzte Änderung: 12. Dezember 2014, 21:35:39 Uhr von limeye »
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Offline flamme

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #11 am: 10. Oktober 2013, 12:44:48 Uhr »
Coucou Limeye!

J'aime beaucoup le fait de pouvoir récapituler, de pouvoir revivre le passé à travers l'histoire de Thomas!  :D

Les liens entre Ken et Joan, entre Ken et Curtis, la vision qu'a Curtis de ses enfants, celle qu'a Thomas de son père. Il le voit vraiment comme un être secret, au-dessus de la normalité, peut-être un peu inaccessible...  :(

Tu vas nous faire exercer notre faculté d'analyse  [mindoubt] et nous faire jouer les psychologues amateurs!  ;D

Bizz, belle journée à tout le monde!
Flamme
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Offline limeye

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #12 am: 10. Oktober 2013, 14:01:47 Uhr »
Coucou Flamme !

c'est vrai que cela fait un peu "jeu de piste" psychologique...  ;) en espérant ne pas faire de la psychologie de bas étage... et d'être crédible jusqu'au bout !

Thomas est en effet différent d'Eufholia dans sa perception de leur père, ce qu'est son père, ce qu'il fait n'a jamais vraiment posé de problèmes à sa fille. Toute petite, elle avait plus de la curiosité que de la crainte par rapport à lui. Alors qu'en effet, Thomas se sent écrasé et perdu, et ne sait pas trop comment entrer en "communication" avec lui. Il mettra du temps à trouver comment faire...  ;)

bizz et belle journée pour toi aussi !

Limeye  :)
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Offline limeye

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #13 am: 10. Oktober 2013, 17:07:25 Uhr »
Un tiboutte pour la fin de journée...

Limeye  :)


Un de mes plus anciens souvenirs est lié à son retour. Il était revenu par un vaisseau de ligne, entre la Terre et Ixio. Le Comète venait, à cette époque, rarement sur Ixio, pour des raisons de sécurité. Pour nous protéger, maman, Eufholia et moi.

Hum. Je crois que je peux vous raconter pourquoi je suis né, là, maintenant.

Ma sœur avait 18 mois à peine. C’était le début de l’automne, sur Ixio. Elle venait de faire ses premiers pas. Et ce jour-là, papa se préparait à repartir en mission scientifique sur Io. Ce jour-là aussi, maman lui a dit qu’elle avait envie d’un autre enfant. Il a d’abord refusé. Eufholia lui suffisait. Il trouvait que les choses étaient déjà assez complexes comme cela. Ils vivaient sur Tycho, presque continuellement. A cette époque, ils se rendaient sur Terre ou sur Ixio pour des voyages "d’agrément". Pour voir la famille, les amis. Mais ils vivaient sur Tycho. Ma mère a commencé un lent travail pour le convaincre. Il a finalement accepté, mais a posé ses conditions. Puisque ma mère voulait un autre enfant, pour que ma sœur ne grandisse pas seule et pour qu’elle ait une vie la plus "normale" possible, alors il fallait que nous vivions comme une famille "normale". Il n’était donc plus question d’habiter sur Tycho. Pour lui, comme pour elle, vivre sur Ixio était une évidence. Ils ont cherché un lieu où habiter, au départ, ils pensaient à Ixiopolis, car la vie y est très agréable. La proximité de l’aéroport interplanétaire était aussi un point de détail non négligeable. Mais quand Victor leur a proposé la maison de sa mère… Ils n’ont pas refusé. Ils n’ont pas pu refuser. Ils y ont réalisé quelques aménagements, car elle n’était plus habitée depuis longtemps même si mes grands-parents l’entretenaient bien. C’est là que nous avons grandi, en partie comme je vous l’ai dit au début de mon récit. C’est là qu’ils vivent toujours.

Je vous disais donc que l’un de mes plus anciens souvenirs est lié à son retour. J’espère que je ne vous embrouille pas trop avec ces apartés en marge, sur le vaisseau, la maison… Il nous avait prévenus de son retour et nous étions partis, après le déjeuner, à Ixiopolis pour le retrouver. Je garde l’image assez floue d’un des bâtiments de l’aéroport. Je me souviens qu’il faisait beau. Mais je crois qu’il fait toujours beau dans nos souvenirs d’enfant. On a vu le vaisseau atterrir, on était dans la salle d’attente de l’aérogare, à l’étage. On l’a vu traverser le tarmac et entrer dans la salle des contrôles. Puis, quelques minutes après, il est arrivé jusqu’à l’étage. J’étais dans les bras de ma grand-mère. Ma sœur a couru vers lui, lui a sauté au cou. Moi, j’ai filé aussi, derrière elle. Mais elle courait plus vite que moi. Elle ne voulait pas le lâcher, et il s’est presque fâché pour pouvoir me prendre à mon tour. A cette époque, il arrivait encore à nous tenir chacun sur un bras. Je crois que c’est la dernière fois qu’il l’a fait, après, on est devenu trop grands et trop lourds, surtout Eufholia.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline O-tho

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Re: Notre autre chemin
« Antwort #14 am: 10. Oktober 2013, 19:06:34 Uhr »
Coucou Limeye,

Hmm... Quel dommage que Curtis ne sache pas communiquer avec son fils, surtout si ses enfants sont ses piliers comme il le dit... S'en rend-il au moins compte? Et Joan, elle qui est si perceptive, le voit-elle? A-t'il decu son pere a un certain moment, ou plutot, pense-t-il l'avoir decu? (Ce serait plutot Kevin qui devrait ressentir ca, mais ca ne semble pas lui poser de problemes a lui ;D...)

Je suis aussi curieuse de savoir pourquoi le titre est NOTRE autre chemin, et pas MON autre chemin si c'est Thomas qui raconte...

O-tho