Autor Thema: Für Immer / Traduction française  (Gelesen 3581 mal)

0 Mitglieder und 1 Gast betrachten dieses Thema.

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #15 am: 7. November 2013, 03:10:00 Uhr »
Coucou!

Merci Limeye de reprendre la traduction!  [goodjob] [chinese]

Bizz
Flamme

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #16 am: 7. November 2013, 07:40:35 Uhr »
De rien ! Normalement, je devrais pouvoir continuer un peu dans la journée...

bizz

Limeye  :)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #17 am: 12. November 2013, 09:31:39 Uhr »
La porte du bar s’ouvrit et laissa apparaître une Katherine Ballard éblouissante. Elle portait une veste en cuir noir, une mini-robe rouge et des bottes noires à talons. Elle nous adressa un signe amical et marcha droit vers le bar et vers les bras de Ricardo, qui l’embrassa intimement immédiatement.

Pour moi, le monde s’écroulait. La femme qui je détestais profondément, embrassait l'homme dont j’étais follement amoureuse ! Ma gorge se serra, je me suis levée et j’ai jeté quelques billets sur la table. "Je crois que je suis malade. Je rentre", murmurai-je.

Inga et Sally me regardèrent simplement fixement. Comme en transe, je suis retournée à la caserne. Je me suis jetée d’un coup sur mon lit et je me suis mise à pleurer de manière incontrôlable. Demain, décidais-je sur le moment, j’irai voir le Capitaine Sanchez et je demanderai mon renvoi. J’en avais assez.

Et pourtant, je suis restée. Quelques minutes plus tard, Inga et Sally sont revenues à la chambre et ont essayé de me réconforter. Nous parlâmes beaucoup, jusque tard dans la nuit. Finalement, ces deux chiennes avaient réussi à me convaincre de revenir sur ma décision. Elles avaient raison, après tout, j’étais venue ici pour être agent de police et non pour me laisser aller à jouer dans un cirque. Sanchez comme Ballard avaient le droit de sortir avec qui ils voulaient. Je n’avais rien à y gagner. La première année a passé et j'ai réussi à m’entendre en quelque sorte avec Ballard. Puis à un certain moment, cela ne me fit plus rien d’avoir vu Ricardo et Ballard ensemble au bar. Je me suis plongée dans les cours après le travail et je faisais mes tours sur le terrain de sport – seule.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #18 am: 12. November 2013, 11:25:27 Uhr »
Ja, Alex ! Es ist wahr !

Limeye  :)


Par un soir froid et humide de novembre, j'étais de retour sur la piste. Je m’améliorais, je pouvais faire désormais vingt-cinq tours avec régularité, j’étais fière de moi. Courir m’aidait aussi à évacuer la démobilisation et la frustration. Alors que je terminais mon dixième kilomètre et que je me dirigeais vers la sortie, la Lieutenant Ballard fit son apparition. Elle était vêtue d'un imperméable de la police et avait les mains glissées au fond de ses poches. En souriant elle me dit : "Tu t’améliores, Joan. Félicitations."

"Merci", lui répondis-je sèchement en fourrant mon survêtement dans mon sac de sport. Je n’avais vraiment pas envie de lui parler, d’autant que j’étais essoufflée.

Elle alla droit au but. "Ca ne va pas mieux entre nous, n’est-ce pas ? Qu’y a-t-il que je puisse faire ? Ne te méprends pas, loin de moi l’idée de me battre pour obtenir tes faveurs car mon temps est précieux. Je veux juste te comprendre. Je n’ai encore jamais vu quelqu’un comme toi."

"Vous êtes une psychologue, dites-le moi, Lieutenant", répondis-je, légèrement agacée. J'avais hâte de prendre une douche chaude et un bon gros hamburger au bar des sports. Ballard était sur le point de me gâcher l’appétit.

"Je vais vous le dire, vous poussez loin ce petit jeu de pure méchanceté. Cela ne relève même pas d’une mauvaise intention par derrière parce que je ne vous offre aucune surface d'attaque, n’est-ce pas ?" Ballard m'a regardée avec un sourire évasif et haussa un sourcil. "N’est-ce pas ?" demandais-je encore une fois. "Pourquoi me stressez-vous à ce point ? N’est-ce pas stressant sur le long terme d’haïr quelqu’un sans raison ?"

Je regardais la Lieutenant Ballard un moment. Je la fixais dans ses yeux gris qui me regardaient innocemment et amicalement. Merde, oui, elle avait raison ! Il était vraiment terriblement fatigant de devoir toujours se justifier vis-à-vis de cette personne. Puis quelque chose s'est passé à laquelle je ne m'attendais pas moi-même. Je lui tendis la main pour prendre la sienne. "Lieutenant, je ne voudrais pas que l’on dise sans cesse de moi que je suis une rouspéteuse. J’ai été injuste envers vous et je vous prie de m’excuser. On fait la paix ?"

Ballard retira sa main de la poche de son manteau et l’attrapa. Elle avait une poignée de main chaleureuse et ferme. "J’accepte vos excuses, Joan. On fait la paix. Et je vous remercie !" dit-elle avec un large sourire.

"Pourquoi ?" demandais-je un peu confusément.

"Parce que les derniers mois ont été difficiles pour moi. Encore et toujours, je me suis demandé, ce que j'avais fait de mal, ce que je méritais pour que tu te détournes de moi. J’avais l’impression que cela ne faisait qu’empirer et cela me rongeait. Je n’avais tout simplement aucune explication à ton comportement."

Je pris mon sac de sport à l’épaule et nous quittâmes ensemble le terrain de sport. Une pluie glaciale commençait à tomber. "Il y a une raison, Lieutenant", répondis-je avec hésitation.

"Me la confieras-tu ?", demanda Ballard prudemment.

"Le Capitaine Sanchez… et vous…" répondis-je.

"Tu… tu étais jalouse de moi ?" marmonna Ballard. "Sérieusement ?" Etonnée, elle secoua la tête, sa queue de cheval faisant voler les gouttes d'eau.

"Vraiment", murmurai-je. "J’étais sur le point de tout abandonner."

"Vous pouvez essayer avec Sanchez. Nous ne sommes plus ensemble. Mais vous serez très déçue." Ballard avait évidemment du mal à rester sérieuse.

"Lieutenant ?" J’avais du mal, à cet instant, à comprendre.

"Sanchez est un homme incroyablement beau et l'un des instructeurs les plus compétents que je connaisse. Charmant jusqu’au bout des ongles et un amant fantastique. Mais il ne peut entretenir de relation durable avec une femme. Rien avec moi. Et comme je vous estime, Landor, rien non plus avec vous. Et n'est-il pas un peu trop vieux pour vous ? Je ne pense pas qu'il ferait quelque chose avec une cadette." Je regardais Ballard avec étonnement, tant elle avait parlé de cette brève aventure avec un tel stoïcisme. Son ouverture d’esprit et son honnêteté m’avaient impressionnée.

"Allez vous doucher, Landor. Quand vous serez prête, je serais heureuse de vous inviter à boire une bière ce soir. Car j'ai quelques nouvelles qui vont vous intéresser !"

Le bar n'était pas occupé et nous avons trouvé une table dans un coin tranquille. Après nous être assises, j’ai regardé Ballard avec expectative. "Mangeons-nous quelque chose ?" me demanda-t-elle. "Je meurs de faim ! Je vous invite, Joan."

J’étais en principe curieuse de ce que Ballard voulait dire, mais comme elle agissait avec gentillesse, je me retins. J’avais décidé d’être gentille moi aussi, même si cela m’était encore difficile. Aussi, je répondis : "Volontiers, moi aussi." Ce qui correspondait à la vérité. Alors que Ballard lisait le menu, je l'ai regardée en détail. Elle était vraiment d'une beauté exceptionnelle, avec son visage de forme ovale et régulière, et son nez droit et mince. Elle avait un minuscule grain de beauté sous son œil gauche, des lèvres pleines et rouges, qui contrastaient avec sa peau pâle. La Lieutenant Ballard avait malgré son jeune âge, elle avait peut-être au mieux cinq ou six ans de plus que moi, un aspect extrêmement charismatique.

"Tu me regardes encore, Joan", chuchota-t-elle sans quitter la carte des yeux. "Est-ce la fascination de l'horreur ?" Elle me regarda et sourit.

"Excusez-moi, Lieutenant. Ne le prenez pas mal", murmurai-je en essayant de me cacher derrière mon menu.

Ballard tira sur mon menu et me dit : "Premièrement : ce soir, je ne veux pas entendre de 'lieutenant' de ta part, j’ai aussi un nom que tu connais. Et deuxièmement : si tu continues à me regarder ainsi, je t’en donnerai la permission ! Est-ce clair ?"

"Oui, Lieu… ah… je voulais dire Katherine."

Après que nous ayons passé notre commande, Katherine croisa ses mains et prit un air solennel. "Je vous ai dit plus tôt que j'avais des nouvelles intéressantes pour vous, non ?"

"En effet", répondis-je.

"La semaine prochaine, nous recevrons un visiteur de marque en provenance de New York. Le Colonel Garnie est devenu le nouveau chef du département de police et donc Marshall. Il veut faire un tour ici et en apprendre davantage sur le niveau de formation. Les cinq meilleurs élèves du cours seront personnellement inviter à le rencontrer lors d'un dîner, et Joan, vous êtes l'un d'entre eux ! Et pour autant que je le sache, Garnie dispose d'un tableau d’effectifs pour son personnel dans sa poche. Il n’a qu’à entrer les noms. Le capitaine Sanchez a dit que tes chances sont bonnes et il fera une recommandation pour toi."

J'étais abasourdie, je ne savais pas quoi dire. Je n’avais pas besoin de parler, Katherine s’en est chargée. "C’était la bonne nouvelle."

Maintenant, je pris peur. "Et la mauvaise ?"

Katherine prit son temps pour répondre en souriant. "Mon temps comme instructrice ici à West Point se termine. Je vais mettre fin à mes cours."

Je craignais le pire. "Voulez-vous… me dire… que…" bégayais-je.

"… j’ai été mutée à New York, exactement", termina Katherine à ma place. "Je suis désolée, Joan, mais je crains que vous ne vous débarrassiez pas de moi !"

En tant que psychologue, elle pouvait faire clairement partie du service du Marshall Garnie. Je pouvais refuser le poste offert, mais ensuite ma carrière se retrouverait rapidement dans une impasse, j’en étais bien consciente. Un travail directement dans le service du chef de la police ne se refusait pas. Alors que devais-je faire ? Tout d'abord, je baissai la tête jusqu'à ce que mon front frappe sur la table. Puis je regardais Katherine qui évidemment avait pitié de moi. "Pourquoi ?" ai-je murmuré en adressant comme une prière au ciel.

Amusée, Katherine prit ma main droite. "Allons, Joan, ce n'est pas aussi mauvais que tu le crains. Profitons de la soirée pour apprendre à mieux nous connaître. C’est aussi pour cela que nous sommes assises ici. C’était mon plan… et je suis impatiente d’aller avec toi à New York !"

A cet instant, j’avais vraiment envie de pleurer et Katherine le remarqua. Elle me serra la main et me dit doucement. "Joan, écoute-moi. Je ne suis vraiment pas ce que tu crois, crois-moi. Je ne suis pas un monstre, pas une sorcière ni une horrible chose qui se cache dans ta garde-robe et veut te faire peur la nuit. Je ne sais pas comment te le prouver. Je suis vraiment gentille et sociable, j’ai beaucoup d’amis chez moi, ma vie est un plaisir et j’en profite au maximum. Comment puis-je faire pour que tu m’accordes un peu de confiance ?"

Apparemment, Katherine commençait à désespérer de moi, comme elle me regardait tristement à ce moment-là. Un léger sentiment de triomphe se répandit en moi, et pourtant j’étais un peu désolée pour elle. Finalement, je donnais un coup à mon cœur. "Pensez-vous vraiment que nous allons nous entendre l’une avec l'autre à New York ?" demandais-je d’une voix rauque.

Katherine lâcha ma main, prit la bière que l’on nous avait servie et avala une grande pinte devant moi. Elle leva son verre et dit simplement : "J’en suis convaincue. Si un coup doit m’emporter, ce ne sera pas ainsi. A ta santé, Joan !" Nous commençâmes à boire notre bière qui était vraiment bonne et j’eus alors le sentiment que toutes mes pensées vulgaires et méchantes à l’égard de Katherine étaient emportées. Intérieurement, je me suis sentie soulagée, soulagée que cette jeune femme qui était assise en face de moi, soit vraiment bien disposée envers moi. Cela m’a fait tellement mal, j’en étais terriblement désolée. Quelque part, je devais encore lui parler.

"Vous êtes originaire d’Alabama ?" demandais-je avec un véritable intérêt. "Le drapeau dans votre bureau…"

Un large sourire illumina le visage de Katherine, évidemment j'avais trouvé un sujet sur lequel elle aimait parler. Oui, elle était originaire du sud et en était fière. Katherine commença à me parler de ses parents, Ted et Eve, de son petit frère Steven, qui venait de passer sa première année au collège, elle avait hérité des cheveux noirs de sa mère qui était à moitié indienne Muskogee. "Seuls mes yeux sont une inconnue, mon père a les yeux verts, ma mère et mon frère les ont bruns. Je suis en quelque sorte un peu dégénérée", ajouta-elle en riant.

Je me rappelais une nouvelle fois du nom du père de Katherine. Ted – Théodore. "Dites-moi, Katherine, votre père était-il par hasard le boxeur légendaire Ted Ballard ? Lui aussi vient du sud !"

Katherine hocha la tête, légèrement touchée. Non pas que cela aurait été désagréable pour elle d'être la fille d'une superstar du sport, mais dans son apparente modestie, elle n'avait pas mentionné. Et puis pour ajouter autre chose, Katherine était la sale riche de la famille ! Son père avait amassé en son temps de l’argent et une fortune d’un million et, quand il a pris sa retraite de la boxe, Ballard avait tenu un poste de consultants grassement payé dans l'industrie des articles de sport. Même aujourd'hui, Ballard était heureux d'être invité en tant qu'expert pour les grands événements et vivait avec sa famille, sans chichi, dans une petite ville dans le sud de l'Alabama, sur le golfe du Mexique. Ainsi était assise en face de moi une femme qui, quand elle hériterait, pouvait s’attendre à obtenir un montrant de trois millions.

"Mon père profite de sa retraite, il peint et aime faire du bateau et pêcher dans le golfe. Ses os sont brisés, vous savez ? Vingt-cinq ans sur un ring, c’est un enfer. Je ne le lui reproche pas." Katherine montrait combien elle aimait sa famille et surtout adorait son père. "Ma mère travaille encore comme assistante administrative à la mairie. Elle arrêtera quand Stevie sera sorti de l’école et partira. Stevie est notre parasite familial", dit-elle avec un sourire malicieux.

Pendant que nous mangions, buvions et parlions, je commençais à me sentir réellement plus à l’aise en la présence de Katherine. Elle pouvait parler sans ponctuation, mais elle était aussi un excellent auditeur quand je lui parlais de moi. Elle ne me quittait pas des yeux, ce qui n’était pas vraiment une surprise pour moi, parce que je savais déjà que Katherine avait un humour noir pas forcément très subtil. Lors de cette soirée, qui se termina de manière bien arrosée, je commençais vraiment à apprécier un peu Katherine.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #19 am: 13. November 2013, 10:26:11 Uhr »
Le jeudi de la semaine suivante arriva. Le Marshall Garnie nous rendit visite à Westpoint. La veille, les recrues s’étaient activées pour rentre la caserne toute pimpante. Heureusement, l’automne jusque-là brumeux avait fait preuve de miséricorde et nous accorda deux jours ensoleillés. J'étais excitée comme une petite fille à Noël, car aujourd’hui devait être décidé de ma future carrière. Le Capitaine Sanchez avait effectivement joint un bon conseil à mon dossier, que j’avais pu lire à l’avance.

Vers midi, nous étions autorisés à nous rassembler sur la grande place et un convoi de limousines bleu foncé entra dans la caserne. Garnie était un homme d’âge moyen, avec des cheveux gris et une moustache grise, il était grand et mince, et fit un bref discours. Je l’ai immédiatement trouvé sympathique, il avait quelque chose de paternel.

Après son discours, les cinq meilleurs d'entre nous furent invités avec leurs enseignants à dîner au mess des officiers. Garnie salua personnellement chaque recrue avec une poignée de main. Quand je me présentais à lui, Garnie se souvint immédiatement de moi. "Miss Landor", dit-il, "je voudrais avoir une conversation personnelle avec vous tout à l’heure. J’ai vraiment envie de vous avoir dans mon équipe."

Après le dîner, le commandant de l'école et ses officiers informèrent Garnie des nouveautés et des futures modifications de l'Autorité, le Marshall se rendit avec son personnel et les dirigeants dans le bureau du commandant. J’attendis au dehors avec les quatre autres recrues. Les recrues ont été appelées successivement dans le bureau et étaient plus ou moins heureux en ressortant avec leurs instructeurs. J’étais une fois de plus la dernière. Soudain j’entendis des talons de bottes résonner sur le grand escalier de marbre. La Lieutenant Ballard arrivait, visiblement à bout de souffle. À mon grand étonnement, elle portait l'uniforme. "Lieutenant Ballard", m’écriai-je étonnée, "que faites-vous là ?"

Elle haussa les épaules d’un air interrogateur. "Je viens juste d’être appelée et je devais venir dès que possible avant la fin. Je suis là. Comment ça va ?"

"Je n’en ai aucune idée. Le Capitaine Sanchez n’est pas encore là." Je désignais du pouce la porte du bureau du commandant. "Et je dois encore attendre jusqu’à ce qu’on m’appelle." A ce moment, la porte s’ouvrit et la tête du Capitaine Sanchez jeta un œil au-dehors. Avec un visage impassible, il s’avança vers nous.

Le cœur battant, je suis entrée dans le bureau avec Ballard. Nous fûmes accueillis par de riches tapis et des meubles en cuir noir. Le Marshall Garnie était assis à la grande table du commandant. Ensemble, ils étudiaient les dossiers. Je regardais mon Capitaine, qui me sourit d’un air encourageant. Puis Garnie se leva. "Ah, Lieutenant Ballard, Cadette Landor ! Heureux de vous voir ! Un instant, s’il vous plait !" Il se leva et fit le tour de la table pour nous saluer à nouveau avec une poignée de main. "Vous savez pourquoi vous êtes ici, mesdames ?"

"Pas tout à fait, monsieur", répondit Ballard. "Je ne peux parler que pour moi-même, je suppose, qu’il s'agit de mon transfert ?" Je ne dis rien.

"Tout à fait, Lieutenant. S’il vous plait, mesdames, asseyez-vous." D’un geste, le Marshall désigna un antique canapé en cuir. "Je vais aller droit au but", commença-t-il, pendant que Ballard et moi nous nous asseyions. "Il y va y avoir une restructuration et de ce fait, certains postes sont créés à la Présidence ou laissés vacants à la fin de cette session de formation. Vous, Lieutenant Ballard, être chercheuse et profileuse. Je vous proposerai au département qui s’occupe du crime organisé. Si je me souviens bien, c’était le sujet de votre thèse, non ?"

Le visage de Ballard devenait rayonnant. "Oui, monsieur ! Merci beaucoup, monsieur !" s’écria-t-elle ravie. Apparemment son rêve professionnel était en train de se réaliser.

"Et vous, Cadette Landor, vous serez agent dans les commandos spécialisés. C'est un long chemin jusqu'à ce que vous puissiez vous déterminer de manière indépendante, mais je vous ai donné les meilleurs instructeurs, ce que j'ai fait. Toutes des personnes expérimentées et méritantes. Je pense que cela correspond à votre souhait de poste ?" Garnie sourit derrière son épaisse moustache.

Cela me revint à l’esprit, oui, Garnie avait vraiment lu mon dossier du début à la fin. "Oui, monsieur, à cent pour cent, monsieur !" lui répondis-je avec un grand sourire. La deuxième année ici, à West Point, m’offrait un laissez-passer et la perspective de cette place convoitée m'avait donné la motivation pour supporter encore plus dur ce que je faisais déjà maintenant.

Garnie frappa dans ses mains et se leva. "Parfait ! Mesdames, messieurs, alors permettez-moi de vous demander de remplir quelques formalités."

Toutes les personnes présentes se tenaient prêtes et Garnie sortit de son porte-document un certificat jaune. Il se racla la gorge et lut le texte : "J’accorde le titre de Capitaine à la Lieutenant Katherine Ballard. New York City, le 20 novembre 2194. S’il vous plait, c’est à vous !"

Les yeux de Ballard s’ouvrirent tout rond de surprise et sa bouche s’ouvrit en un cri silencieux. Elle ne s’attendait pas à une promotion. Garnie et le Commandant Mulligan apposèrent l’insigne du nouveau grade sur les épaules d’une Katherine complètement abasourdie, et ôtèrent l’ancien d’un puissant coup avec le plat de la main.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #20 am: 13. November 2013, 11:14:09 Uhr »
Merci, Alex !

Je suis désolée d'avoir tardé pour vous livrer la fin, mais la voici !

belle journée à toutes et tous  [flower]

Bizz

Limeye  :)



Kat regardait avec envie le ciel. "Je m'attendais à tout, mais pas à une promotion au grade de Capitaine. C'était au moins un an trop tôt !"

"Tu aurais pu refuser", la taquinais-je. "J’aurais immédiatement accepté."

Kat me montra un oiseau et sourit. "Oui, c’est clair. Pour une Cadette se retrouver égale d’un Capitaine, cela te ressemblait tout à fait."

J'ai regardé Kat, car nous nous connaissions depuis près de dix ans, et je ne peux pas vous dire où le temps s'arrête. Nous avons vieilli, mais pour Kat le temps semble s’être arrêté. Elle n’avait pas changé du tout, elle semblait toujours avoir le même âge. Elle n’avait pas la moindre ride autour de la bouche ou des yeux, même si elle riait souvent. Et le rire nous avait accompagné jusqu’à l’avant-dernier semaine de formation de la deuxième année…

Nous nous trouvions, deux semaines avant Noël, dans les Montagnes Rocheuses, dans le Colorado, pour un dernier exercice. Nous, c'est-à-dire, le Capitaine Sanchez, le Capitaine Ballard, et les dix derniers de notre promotion, soit à mes côtés, Inga, Sally, Oliver et Jerzy. Le but de cette formation est moins de nous fournir du contenu - on nous avait appris tout ce qui se trouvait au programme - mais de consolider la fin du cours, une fois de plus dans le sens de la communauté. Les deux dernières années de formation avaient été difficiles, avec leurs lots de privations pour les formateurs et les recrues, sans compter mes débuts difficiles avec Ballard. Ma relation avec Katherine s’était finalement normalisée, mais nous étions encore loin de nous considérer comme des amies, cela était dû à la relation de travail et non voulu.
 
Nous étions partis pour la dernière journée pour un petit exercice de course à travers le site magnifique et couvert de neige des Rocheuses. Nous nous étions divisés en deux groupes de cinq. L'objectif était d'arriver le premier au camp de base, puis de préparer pour l’arrivée du second groupe un dîner copieux. Inga, Sally, Oliver, Jerzy et moi étions avec Ballard. Elle avait insisté pour m'avoir dans le groupe. Sanchez était avec les autres. Nous avons été conduits avec une camionnette dans les montagnes. Au bout de six à huit heures, nous devions parvenir à rejoindre le camp, c’était le plan et notre groupe avançait bien. Bien qu'il faisait très froid, avec des températures bien en-dessous de moins quinze degrés, notre équipement était de bonne qualité et nous tenait chaud. C’est arrivé à un croisement. Ballard et moi avons voulu nous orienter selon les données du GPS et nous avons quitté le chemin sur quelques mètres. Ensemble nous regardions la carte sur le petit appareil. Les autres se sont arrêtés sur le chemin et ont fait une pause cigarette. Ballard venait de choisir le chemin et avait rangé le GPS lorsque le sol a cédé sous nos pieds. Nous nous sommes regardées, confuses, pendant un instant et avant que nous puissions réagir, nous sommes tombées et avons fait une chute de cinq à six mètres dans une crevasse. Je suis tombée douloureusement la tête contre une pierre. Mon bonnet de laine épaisse et la capuche de ma veste thermique m’ont empêchée de me casser le crâne. Ballard s’est précipitée vers moi, et moi vers elle.

Le visage déformé par la douleur, Ballard essayait de s’asseoir. "Est-ce que ça va, Capitaine ? Etes-vous blessée ?" demandais-je en tendant les jambes et en me dirigeant prudemment vers mon instructrice. Pour moi, tout allait bien hormis la bosse que j’avais à la tête et quelques ecchymoses sur la cuisse.

"Oui, ça va, juste quelques égratignures…" murmura Ballard. "Mais cependant… Merde ! Mon pied est coincé ici, je ne peux pas le sortir, bordel !"

En effet, le pied gauche de Ballard était coincé dans un trou étroit et ne bougeait pas. Nous avons regardé autour de nous, nous avions glissé d’environ cinq mètres. Nous ne voyons rien d’autre que le ciel bleu au-dessus de nous, mais après quelques secondes, les visages de nos camarades sont apparus au-dessus du trou. Ils étaient autant effrayés que nous.

"Capitaine ! Joan ! Est-ce que tout va bien ?" cria Oliver.

"Oui, Olli !", répondis-je. "Nous ne sommes pas blessées, mais la Capitaine a le pied coincé et ne peut le retirer !"

Ballard fouilla pour trouver le communicateur. Il n’avait pas survécu à la chute. "Merde", siffla-t-elle en jetant négligemment le combiné défectueux. "Hennings !" appela-t-elle Oliver. "Trouvez de l’aide n’importe où, et apportez des pics et même une corde. Le communicateur est hors-service. Et emmenez les autres avec vous ! Selon la météo, il va y avoir une tempête de neige aujourd’hui, alors dépêchez-vous !"

"A vos ordres, Capitaine ! Il y aura bien une cabane ou autre sur le chemin. Nous revenons le plus vite possible."

Ballard regarda autour d’elle et désigna une corniche. "Regardez, Landor. Vous pourriez peut-être remonter par-là."

Sans regarder dans la direction pointée par la Capitaine Ballard, je répondis : "Non, Capitaine. Je reste avec vous, cela va sans dire." Et je criais à Oliver : "Allez-y ! Je reste avec la Capitaine Ballard !"

Oliver leva la main en guise de salutation et retira sa tête. Nous étions quelque part à mi-chemin, ce qui signifiait que Oliver et le groupe mettraient trois à quatre heures dans le pire des cas, à rejoindre le camp, s’il ne trouvait aucune aide en chemin et il leur faudrait peut-être de nouveau quatre heures pour revenir jusqu’à nous. Je regardais ma montre, il était deux heures de l'après-midi, ce qui voulait dire que nous étions peut-être coincées ici jusqu'à tard dans la nuit.

Ballard me regarda durement. "Vous ne devez pas rester ici, Landor. Je peux me débrouiller !"

Je la regardais tout aussi durement. C’était la première que je manifestais ouvertement et vigoureusement mon désaccord avec Ballard. "Et je reste, Capitaine ! Je ne vais pas vous laisser seule. Ne jouez pas à l’héroïne ! Est-ce clair ?"

Ballard souffla avec étonnement, comme un vent de face, elle ne s’attendait pas à cela de ma part. Puis elle se pencha en arrière et essaya de trouver une position relativement confortable. "Merci, Joan. Je n’en pensais pas moins de vous", murmura-t-elle avec un sourire.

"Ce n'était pas tout, Capitaine. Vous allez apprendre à me connaître !" m'écriais-je, en mettant mes mains sur mes hanches et en prenant la pause. "Vous n’avez pas encore vu quelle personne serviable et gentille je suis ! Vous allez le découvrir. Attendez seulement un peu !"

Nous nous sommes regardées quelques secondes, puis nous avons éclaté d’un grand rire libérateur. La glace entre nous était rompue, et ce dans le vrai sens du mot.

Les heures passaient lentement et il faisait sombre au-dessus de nous. Nous commencions à nous refroidir, mais je ne pouvais pas trouver ici le moindre matériel pour allumer au moins un petit feu. Ballard et moi avons discuté, essayant de garder notre bonne humeur, mais elle retombait de plus en plus au fur et à mesure que le temps passait. Puis finalement, nous nous sommes tues. Il devait être environ 19h, quand tout à coup un vent froid souffla à travers la crevasse et d’épais flocons de neige commencèrent à tomber. Le blizzard annoncé arrivait. Soudain, il fit plus froid dans ce trou et le vent hurlait sinistrement autour de nous. J’ai vu que Ballard commençait à trembler et je n’en étais pas loin.

"Joan ? Joan, viens", murmura Ballard doucement. "Il fait froid, nous devons nous tenir chaud l’une l’autre."

"Oui, Capitaine", répondis-je et je m’approchais d’elle.

"Joan, fais-moi une faveur et arrête ton radotage avec ce ‘Capitaine’. Appelle-moi Kat." Puis ses yeux se fermèrent.

Je secouais Kat pour la maintenir éveillée. "Kat, hé, Kat, nous ne devons pas dormir ! Tu entends ! Reste éveillée, Kat, je t’en prie !"

La dernière chose dont je me souviens de cette situation furent les lumières, les sons des moteurs et des voix. Puis je me suis réveillée et cela sentait l’encaustique et le désinfectant. Dans ma main droite, il y avait une canule avec une perfusion. A ma gauche se tenait Kat qui me souriait gentiment.

"Hello, Joan", murmura-t-elle, "Bienvenue parmi nous." Elle me tendit la main et je la pris. Je tenais la main de Kat serrée aussi fort que je le pouvais et elle en faisait de même. "Merci d’être restée avec moi." Une petite larme coula sur son visage.

"Soyons amies, non ?" demandais-je timidement.

Kat déglutit. "Oui. Sommes-nous amies ?"

J’eus également du mal à avaler et je n’étais pas loin de pleurer. "Oui, je le pense vraiment. Pour toujours ?"

Kat serra encore ma main. "Oui, Joan, pour toujours !"


FIN

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Frégo80

  • Joan Randall
  • ****
  • Beiträge: 335
Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #21 am: 13. November 2013, 12:07:41 Uhr »
Coucou Limeye! Alex!


Merci à vous deux! [goodjob] [master] [chinese] [respekt]

A+

Frégo  8)

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #22 am: 13. November 2013, 12:49:50 Uhr »
Coucou Limeye!  Merci pour la traduction!  [goodjob] [chinese]

Hallo Alex! Thanks for this story!  [master] [respekt]

This was a long and hard way to a true frienship... But it was worth it!

Limeye, Frégo, O-tho et Elaine, vous avez dû réagir comme moi quand j'ai lu qu' Ezra avait "quelque chose de paternel"! C'est vraiment ça, c'est tout à fait ça!

Bizz, LG
Flamme
 ;)

Offline O-tho

  • Joan Randall
  • ****
  • Beiträge: 487
Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #23 am: 14. November 2013, 05:52:33 Uhr »
Merci d'avoir traduit cette histoire Limeye! Thanks for your story Free Nurara!

Obviously it was not love at first sight between Joan and Kat... ;D!

Et Ezra, je suis bien d'accord, il a comme un rapport paternel avec Joan des le debut!

O-tho