Autor Thema: Für Immer / Traduction française  (Gelesen 3580 mal)

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Offline limeye

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Für Immer / Traduction française
« am: 18. September 2013, 09:24:12 Uhr »
Hello !

comme je suis bien partie, je continue, n'est-ce pas ? Avec donc cette courte histoire d'Alex qui raconte la rencontre entre Kat et Joan et la naissance de leur amitié. Cela fait une vingtaine de pages en allemand, c'est donc jouable...  ;)

belle journée à tous et toutes !

Bizz

Limeye  :)



Le long hiver avait vraiment été dur pour moi et j’étais bien contente qu’il fasse maintenant un peu plus chaud, après tout, nous étions déjà au début du mois de mai. L'année dernière avait été terrible pour nous tous, avec la mutinerie, ma prise d’otage, la mort évitable de personnes chères et bonnes, puis l'attaque par des pirates du paquebot à bord duquel Kat et John passaient leur lune de miel. Et Kuolun était toujours en cavale quelque part. Je me demandais tout le temps pourquoi cette galaxie ne pouvait pas vivre enfin au calme. Parfois, j’avais vraiment envie de repos. Curtis ne m’avait toujours pas demandé si nous voulions nous marier ou pas.

Ah oui, mon nom est Joan, Joan Landor. Je suis un agent de la police de l'espace et récemment, j'ai été promue au grade de capitaine, mais cela n'est pas vraiment important. Je voulais simplement me débarrasser de quelques pensées, et peut-être que cela vous intéresserait.

Comme je le disais, je profitais des premiers rayons du soleil pour boire un verre de jus frais dans l'un des petits cafés de Central Park à New York et j'attendais. J’attendais et j’attendais – mon amie de longue date et collègue, Kat. Kat, en fait Katherine Ballard, travaille également à la police de l'espace en tant que psychologue et profileuse, mais actuellement seulement à temps partiel.

Je m’étais donc assise à la terrasse du café et cela faisait plus d’une demi-heure que j’attendais Kat. Kat avait bien entendu de mauvaises habitudes, mais pas celle d’arriver en retard, il avait donc dû lui arriver quelque chose. J’ai pris mon communicateur et j’ai voulu l’appeler, mais elle est arrivée. Elle m’a regardée comme si elle venait de pleurer, mais les expressions de son visage disaient exactement le contraire de la tristesse. Non, elle rayonnait vraiment ! Elle me regardait comme si elle voulait me dire quelque chose.

"Kat !" me suis-je écrié. "Où diable étais-tu passée tout ce temps ? Il est arrivé quelque chose ?"

Elle retira sa veste de cuir noir et la posa sur la chaise. Dans son coude, je pouvais voir un petit patch. Je commençais à me douter de quelque chose.

Kat était clairement hors d'haleine, même si elle était une excellente athlète. "Joan, je dois te dire quelque chose et tu vas être la première à savoir. Même John ne le sait pas."

Je devais additionner seulement un et un, Kat et John en avaient parlé déjà si souvent, cela ne pouvait être qu’une chose : "Tu es enceinte", dis-je en me levant de ma chaise.

"Oui, oui, oui, oui !" s'écria-t-elle, en sautant sur place comme une petite fille excitée. Elle poussa un cri de joie si fort que les autres clients la regardèrent d’un air désapprobateur. Je ne pouvais pas faire autrement que sauter au cou de mon amie. "J'étais chez le médecin. C’est bon ! Six semaines ! Oh Joan, je suis tellement contente !"

Je pouvais à peine calmer Kat, mais j’étais si heureuse que vous ne pouvez pas imaginer. Vous devez savoir que Kat aurait 35 ans en juin et voulait des enfants depuis longtemps. Cependant, Kat avait trouvé l'homme de sa vie seulement deux ans plus tôt et ils s’étaient mariés l'année dernière. Maintenant – et c’était compréhensible – elle avait à cœur d’apporter son bonheur à la perfection. Le bonheur. Quand je me marierai et quand je pourrai fonder une famille, cela seules les étoiles le savent. Où… pour moi, je ne sais pas vraiment. Je donnerais n’importe quoi pour cela…

Mais je m’égare. Je regardais Katherine. Elle était si belle qu’elle m’illuminait. Ses longs cheveux noirs brillaient à qui mieux mieux comme ses yeux gris. Les efforts de l'année écoulée et la terreur semblaient avoir extérieurement disparu de son esprit, mais je savais qu'elle devait bouillir à l'intérieur. Souvent elle me racontait et se plaignait d’insomnies et de cauchemars au sujet de cette mutinerie durant laquelle on avait essayé de la violer. Par chance, cela n’avait été qu’une tentative et elle parvenait grâce à des conversations intenses avec ses amis à surmonter cette difficile expérience. Kat était donc une femme énergique remarquable, ayant du charme, de l’esprit et une redoutable intelligence. Cependant, et cela devrait en finir avec son nouveau rôle de mère – Dieu soit loué – elle était une sacré fêtarde, toujours la première quand il y avait quelque chose à fêter et souvent la dernière à  partir. Mais qui connaissait Kat, savait qu’elle y allait volontiers – pour moi, ce n’était pas toujours le cas…

Kat et moi restâmes longtemps assises au café et avons bavardé et ri en évoquant des souvenirs. Tout à coup, elle m’a demandé : "Dis-moi, ma chérie. Te souviens-tu comment nous en sommes arrivées à nous connaître ? Ta première journée à l’académie de police ?"

"Bien sûr. Ce fut une journée de merde, je ne l'oublierai jamais dans ma vie..."
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #1 am: 18. September 2013, 12:14:15 Uhr »
Coucou Limeye, Hallo Free Nurara!

C'est super Limeye, cette histoire promet! J'aime beaucoup la façon dont ça commence, avec Joan comme narratrice... Merci pour la traduction, tu sais à quel point j'apprécie!  [goodjob]

Alex, I like the beginning, and the way you built this sequence, as Joans tells us her story... You quickly caught my interest!  [goodjob]  [jump] [jump] [jump]

Bonne journée! Have a nice day!
Flamme
 ;)

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #2 am: 18. September 2013, 12:23:56 Uhr »
On se croise vraiment, car j'avais un autre petit bout à ajouter. Je n'ai pas réussi à traduire "Traümelinchen"... linchen, je ne sais pas ce que ça veut dire, Traüme, c'est le rêve, rêver... ça tient la route sans ce mot...

bizz

Limeye  :)


… ce jour-là commençait déjà terriblement. Il faisait gris, c’était une journée humide et froide d’octobre, une semaine après la fin des grandes vacances. J’avais dix-neuf ans et j’avais postulé deux ans plus tôt pour une formation à la police de l’espace. Les perspectives étaient prometteuses - formation de base et spécialisée -, des études avec un plein salaire, des droits à une pension au bout de la cinquième année de service, des augmentations de salaire régulières et, et, et. Et on voyait du pays. Voyager a toujours été un plaisir et depuis que j'étais petit enfant j’avais développé un fort sens de la justice. Pour étudier le droit et devenir avocat ou juge, les études étaient trop dures et auraient été trop ennuyeuses à la longue. Il restait donc la police de l’espace. J’avais obtenu de très bonnes notes et réussi à divers tests. Pendant longtemps, je n'avais plus entendu parler de ma demande et j’avais presque abandonné tout espoir.  Puis, durant la dernière semaine d'école, j'avais reçu une lettre de New York, une convocation à Westpoint, l’ancienne académie militaire et depuis plus de cinquante ans le centre de formation de la police de l'espace. La lettre était signée par un certain Colonel Ezella Garnie, chef d'état-major. À mon grand étonnement, à côté de la lettre officielle se trouvait une note manuscrite du Colonel.

"J'ai lu votre profil d'emploi. Si vous suivez bien la formation, j’aurais un poste intéressant à vous proposer, Miss Landor. Je viendrai vous voir à la moitié de votre formation. Bonne chance ! E. Garnie"

Ainsi donc, me suis retrouvée en face de la grande caserne dans une longue lignée de nouveaux cadets. Je tenais ma convocation et la réponse de Garnie entre les mains, réponse que j’avais lue et relue maints fois. Je ne pouvais pas croire, que je tenais entre les mains une lettre de bienvenue personnelle du second policier le plus élevé. Soudain, un type grossier me poussa par derrière, me tirant de mes pensées, et faisant tomber mes papiers. Je les ramassais rapidement et me retournais. Un garçon un peu obèse, blond, aux dents cariées, me souriait d’un air débile.

"Allez, il faut y aller"s’écria-t-il et il se mit à rire comme un poulet se met à glousser. Les gars derrière lui se mirent à rire stupidement. Je lui ai montré avec un geste de la main, ce que je pensais de lui et je me retournais sans un mot. "Chouette première journée", pensais-je et : "Ca ne peut que s’améliorer."

L’appel commença quelques minutes plus tard et avant que je me retourne à nouveau, ce paysan stupide pouvait bien changer d’opinion, j’étais déjà en ligne. Je déposais consciencieusement mes papiers devant le Sergent et découvrit avec horreur que la lettre du Colonel Garnie manquait ! Surprise, je regardais autour de moi, mais ne la vit nulle part. Le vent avait dû l’emporter.

"Merde", murmurais-je pour moi-même.

"Avez-vous dit quelque chose, Cadette ?" me rembarra le Sergent en me regardant méchamment.

"Non, je n’ai rien dit", marmonnais-je d’un air penaud.

"Non, Sergent !" cria mon vis-à-vis et les gars derrière moi se mirent à nouveau à rire de manière stupide. J’aurais juste voulu m’enfoncer dans le sol.

"Suivez les panneaux rouges", blagua le Sergent à mon égard. "Suivant !"

Je mis mon sac à l’épaule, j'ai pris mes papiers avec moi et j'ai suivi le convoi des nouvelles recrues avec qui j’allais partager les deux prochaines années, une table et un lit. Encore une fois, mon regard fit le tour de la caserne, le tour n’était pas petit. Comme je regardais en arrière, mon regard s’arrêta sur un groupe de jeunes officiers qui se tenaient, les jambes écartées et les mains derrière le dos, et observaient les nouveaux. Une de ces officiers, une jeune femme avec de longs cheveux noirs me regarda curieusement. Elle tenait dans sa main le petit morceau de papier que j’avais perdu quelques minutes auparavant. Elle était très jolie, mais ses yeux gris étaient si froids qu’ils me transperçaient.

Afin de ne pas provoquer la femme, j'ai rapidement regardé vers l'avant et j'ai suivi le chemin vers l'une des chambres où on nous avait attribué nos quartiers. Bien entendu, les hommes et les femmes étaient logés séparément. Le bâtiment dans lequel nous étions logés faisait partie des bâtiments de la caserne d’origine, celle du 19ème siècle, dont l’extérieur avait été conservé, mais dont l’intérieur avait été modernisé. Je partageais ma chambre avec deux autres filles de mon âge. Un lit restait libre, une plus susceptible avait hésité ou avait trouvé autre chose. On ne nous l’a jamais dit.
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Offline limeye

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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #3 am: 19. September 2013, 17:37:43 Uhr »
On nous donna un bref moment pour nous familiariser les uns avec les autres, puis on nous a ordonné de sortir dans le couloir. Une fois que le tumulte général se fut calmé, un grand et beau Latino d’environ trente-cinq ans s’avança dans le couloir, il avait l’air sacrément beau dans son uniforme de police bleu foncé. Il regarda chaque cadet durent une seconde, comme pour mémoriser les visages. L’atmosphère était tendue dans la salle, aucune des recrues n’osait tousser, respirer bruyamment ou faire le moindre bruit. Du coin de l'œil, je vis quelques-uns des jeunes officiers que j'avais vus à la caserne, parmi eux se trouvait cette femme aux cheveux noirs. Encore une fois nos yeux se rencontrèrent brièvement, mais elle ne broncha pas. Je me sentais mal à l'aise. Je n'avais pas changé un seul mot avec elle, mais je sentais que j’étais sa bête noire et même si elle avait pu lire seulement les quelques lignes de la lettre du Colonel Garnie, je pensais qu’elle allait tout savoir sur moi, tout ce qui il y avait à savoir sur moi. L'officier Latino vint vers moi et me regarda une deuxième et longue fois droit dans les yeux. Waouh, quel homme ! Sur son étiquette se trouvait son nom Capitaine RE Sanchez. Il me regardait toujours dans les yeux et me sourit d’un air encourageant. Selon toute probabilité, il me regardait, ce qui me faisait peur. Par chance, j’étais une des dernières de la série et l’inspection du Capitaine Sanchez se termina rapidement. Il se déplaça d’un pas haché vers le milieu du couloir et se tint devant nous.

Il se racla la gorge et commença à parler avec un sourire sympathique : "Mesdames et Messieurs, je suis le Capitaine Ricardo Sanchez et je vous souhaite la bienvenue à Wespoint ! Je suis votre commandant de peloton et instructeur pour le droit et les questions juridiques. A ma droite, vous pouvez voir vos autres formateurs : Lieutenant Dr Jim Buffon, sciences naturelles, Lieutenant Katherine Ballard, psychologie et sport, Sergent Emma Ball, armes et techniques de communication, et le Caporal Frank Hofmeister, service de santé."

Ainsi donc la femme aux yeux de glace s’appelait Katherine Ballard. Maintenant, l’horreur avait un nom. Et c’était pour le sport et la psychologie. Elle me préparerait, je pouvais lire cela sur son visage. Je n’étais pas moi-même anti-sports, mais je pouvais voir que ce Lieutenant en uniforme serait sans pitié avec moi pour me rattraper à chaque instant et me préparer psychologiquement. Oui, j’étais convaincue que la petite me conduirait à cela.

"Je tiens à vous prévenir à l’avance", poursuivit Sanchez. "Nous ne sommes pas dans l'armée, même si, flotte dans ces lieux sacrés encore l'esprit de discipline et d’entraînement. Certes, vous allez suivre une formation difficile ici…"

C’était clair, une formation dure, Ballard allait certainement nous assurer que nous allions tous renoncer au bout de trois semaines ou nous virer et moi la première.

"… et nous allons vous passer au crible. Mais, et je vous le promets, Mesdames et Messieurs, nous vous traiterons avec dignité et respect si vous nous confiez cela. Nous voulons que vous soyez de bons flics, pas de simples agents de liaisons. Vous aurez besoin d'utiliser votre tête là-bas plus que votre corps et nous allons vous apprendre à vous en servir correctement. Bien entendu, il est de notre devoir de vous mettre en bonne condition physique, ce qui sera l’objet de notre première session de formation. Nous devons savoir à quel stade vous êtes de vos performances corporelles. Maintenant, vous allez mettre vos tenues de sport et la Lieutenant Ballard vous fera exécuter un test de sport. C'est juste un état des lieux aujourd'hui. Selon le résultat, certains d'entre vous devront avoir un entretien personnel avec la Lieutenant Ballard. Elle vous dira si vous répondez aux exigences, si vous avez besoin de développer votre potentiel ou si éventuellement vous devez vous représenter ici l’année prochaine. C’est tout pour moi pour l’instant. Lieutenant Ballard, c’est à vous."

Merde… Cela ne faisait pas une heure que j’étais là que j’étais sur le point de me précipiter dans ma chambre pour prendre mon sac et fuir cette caserne. Tel que cela se présentait pour l’instant – et serait l’objet de ma crainte et de ma haine pour les deux prochaines années : une femme, d’environ vingt-cinq ans, un bon mètre soixante-dix, athlétique, de longs cheveux noirs, des yeux gris, professeur de sport et de psychologie.

"Je suis la Lieutenant Katherine Ballard !"

Ballard regarda lentement de gauche à droite sans faire le moindre sourire. Les deux garçons qui se trouvaient à côté de moi se sourirent, ils avaient apparemment pris goût à cette femme et étaient déjà heureux de s’entraîner au combat avec elle. Certes, Ballard a été de loin l'une des plus belles femmes que j'aie jamais vues dans ma vie, mais sa froideur ne me la rendait pas particulièrement sympathique. Faux, elle n'était pas antipathique, elle me paraissait seulement étrange.

"Je vous souhaite également la bienvenue."

Oh, elle s'autorisa un petit sourire, ou était-ce tout simplement un petit pli de sa bouche ?

"Comme le Capitaine Sanchez vous l’a dit, je vais estimer si vous êtes aptes ou pas. Pour cela, je vais vous tester dans trois disciplines. Nous allons tout de suite courir 4000 mètres, faire du saut en longueur puis un sprint de cent mètres. Je n’attends pas des records de votre part. Je veux juste savoir…"

… que nous allons ramper sur les genoux, c’est clair, Lieutenant.

"… où se situent les limites de vos performances actuelles. Vous sortez tous fraîchement de l’école où vous avez suivi une éducation physique normale. Et là je veux seulement voir ce que vous avez retenu de vos leçons de sport, ni plus, ni moins. Alors, allez-y s’il vous plait, nous nous retrouvons dans cinq minutes devant le bâtiment. Vous vous placerez sur deux lignes. Allez !"
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Offline limeye

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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #4 am: 20. September 2013, 18:44:37 Uhr »
En moins de trois minutes, j’étais remontée et redescendue en face du bloc. C'est drôle, il n'y avait personne. Avais-je pris la mauvaise sortie ? A ce moment la porte s'ouvrit, c'était Ballard et elle était toute seule. Que devais-je faire ? Je pourrais essayer de la tuer rapidement et de cacher son corps dans les buissons, mais le soupçon serait susceptible d'être dirigé rapidement sur moi, si on trouvait le message du Colonel Garnie sur elle, avec mon nom. J’ai donc rejeté l’idée d’envoyer Ballard dans l’au-delà. Très probablement ce plan se serait de toute façon retourné contre moi et la tentative de tuer mon entraîneur aurait avorté dans l’œuf. De plus, une tentative d’assassinat alors que ma carrière de policier démarrait tout juste aurait été très préjudiciable.

Ballard semblait ne pas tenir compte de moi. Elle tenait un bloc-notes avec quelques feuilles et écrivait dessus. Elle s’était également changée durant le court laps de temps. Elle portait des jambières noires, légèrement transparentes, un court short de sport rouge – trop court à mon goût – et un chandail à capuchon gris avec l’écusson de Westpoint. Ses longs cheveux étaient tirés en arrière par une épaisse queue de cheval. Elle leva les yeux de son bloc-notes et me regarda droit dans les yeux. "Qu’y a-t-il, Cadette ?"

Timidement, je secouais la tête. "N… non, Lieutenant", répondis-je correctement, la menace du Sergent à l’entrée toujours dans l’oreille. "Je me demande seulement où sont les autres."

Ballard regarda sa montre. "Je me le demande aussi. Cinq minutes, c’est cinq minutes, chaque seconde de plus oblige à faire un tour supplémentaire."

Wow ! Elle m’avait parlé sans me dévorer ! Derrière ce mur de glace se trouvait donc un être humain ? J’osais sourire.

"Pour vous aussi, Cadette. Vous pouvez vous épargner le sourire insolent !" dit-elle en me regardant d’un air torve.

Trop tôt pour se réjouir. Aucune humanité là-dedans. A ce moment, la porte s'ouvrit et mes trente camarades se regroupèrent devant le bâtiment. Nous nous sommes disposés comme l’avait commandé la Lieutenant Ballard sur deux lignes et attendions de voir ce qui allait se passer maintenant. Ballard a regardé sa montre en secouant la tête, a roulé brièvement des yeux et nous a menés en une course légère vers le terrain de sport.

Je ne me débrouillais pas trop mal pour ce test sportif, je terminais les dix tours de terrain dans la moyenne, le saut en longueur de même et pour le sprint, je fus l’une des meilleurs. Dans l'ensemble, j’étais satisfaite de ma performance. Pour d’autres en revanche, cela avait été difficile, et pour d’autres encore, qui à l’école étaient au top de l'apprentissage, eurent très chauds après les tests. Ballard ne fit aucun commentaire dans l’immédiat, elle nous regardait en silence et prenait constamment des notes, et je l’observais. Comme je le disais, elle était étrange pour moi, et pourtant je la trouvais comme un être effroyablement fascinant, et je la regardais encore et encore.

A la fin des tests, nous avons été conduits par le Caporal Hofmeister à la salle des vêtements, où nous avons reçu nos uniformes. Uniforme bleu ? Etat néant. On nous a fourni un treillis vert olive et des bottes de l’armée et un casque, le tout provenant de l’équipement de base du soldat. Prendre une douche ? Pourquoi ? Le déroulement d’une journée était en fait très serré et organisé. Il y avait peu de temps libre entre les différentes unités.

Hofmeister, un jeune Allemand, à peine plus âgé que nous, les recrues, nous conduisit dans le couloir et nous informa du déroulement du reste de la journée. Nous allions ensuite déjeuner, puis nous aurions une heure de pause, enfin la première leçon avec le Capitaine Sanchez, puis de nouveau une courte pause, l’annonce des résultats des tests sportifs, l’accueil par le Commandant de l’école dans le grand auditorium, et dans l’après-midi une introduction de deux heures à la psychologie de la police avec la Lieutenant Ballard. Pour conclure, cette première journée en commun devait se terminer pour nous vers 17h30.

Hofmeister nous expliqua encore certains détails du tableau de service, comme par exemple les abréviations utilisées pour le costume de chaque unité d'enseignement. TC signifiait "tenue de combat", soit le treillis vert que nous portions, TS pour "tenue de sport", VC pour "vêtement civil", que l’on portait étonnamment et exclusivement durant les cours de psycho de Ballard. Après tout, nous pouvions aussi bien aller à l’abattoir en portant nos tenues préférées. Par ailleurs, les heures de psycho se déroulaient toujours en fin de journée. Bien entendu, nous devions tenir tout le jour avec des connaissances et réaliser de lourdes dépenses physiques pour suivre le soir encore la leçon de psychologie très intellectuelle. Je pressentais déjà que beaucoup d’entre nous décrocheraient simplement et n'écouteraient plus Ballard. Ballard serait sans pitié. C’était clairement la méthode ! Avec cela de nouveaux points négatifs allongeait la liste de sympathie que je tenais sur elle.

La nourriture à la cantine était abondante et étonnamment bonne, alors que j'avais craint le pire.  J'étais assise avec mes colocataires Inga et Solveig. Inga Kroeger était Norvégienne, très jolie, bien en chair, avec des cheveux roux. Elle avait un accent doux quand elle nous parlait. Solveig von Brandhaus était une Allemande distinguée, brune, appartenant à la moyenne noblesse. En réalité, elle était insolente, détestait son titre de noblesse, avait insisté pour être appelée Sally au lieu de Solveig et planifiait l'extermination de l'aristocratie en épousant un homme de la bourgeoisie normal, afin de prendre son nom. Dès le début nous nous sommes bien entendues toutes les trois. Après tout, sur le plan des relations sociales tout allait bien, même si je devais haïr mon instructeur dès le premier jour. Après le repas, nous en sommes venues à parler automatiquement de Ballard.

"Je pense qu’elle est vraiment cool", dit Sally. "Vous ne le croyez pas, mais elle est seulement dure en apparence. Lors de la distribution des repas, elle m’a raconté une blague vraiment bonne !"

"Raconte" marmonna Inga la bouche pleine.

Sally se pencha en arrière et répéta la plaisanterie. "Alors, un auto-stoppeur se trouve sur une route de campagne et est entraîné par deux types. En chemin, ils le volent et l’attachent tout nu avec le ventre en avant contre un arbre. Au bout d’une heure passe un camion. Le conducteur s'arrête et sort. Le type est déjà tout content car il va être libéré, mais le conducteur baisse son pantalon et dit : "Excusez-moi, mais aujourd’hui n’est pas votre jour, n’est-ce pas ?"

Inga éclata de rire et je n'ai pas pu m'empêcher de faire pareil. La plaisanterie était bonne, très claire et elle me donna un petit aperçu de ce qu’était la Lieutenant Ballard. Elle avait un sacré humour, noir et débauché. Quand on la voyait…

Après le délicieux dîner, je suis sortie avec Inga pour prendre un peu d'air frais. Dans un coin pour fumeurs se trouvaient deux garçons de notre groupe, qui avaient ricané lors de la présentation, quand le Capitaine Sanchez avait présenté Ballard. En tendant l’oreille et en me tournant vers eux, ils s’appelaient Oliver et Jerzy et conversation tournait aussi autour d’elle. Tous deux se trouvaient devant le bâtiment, se préoccupant de l’apparence de Ballard et de ce qu’ils aimeraient faire pour elle, ce qui était pour le moins fleuri. Lentement, je m’approchais. D’une certaine manière, tout semblait tourner autour de cette femme. Qu’était-elle ? Une star de cinéma ? Non, elle était seulement une policière, bien foutue et pas stupide. Elle avait étudié la psychologie et apportait ses connaissances à nous, recrues inexpérimentées. En plus de cela, elle était athlétique et peut-être même drôle. Les garçons ont été fascinés par elle, ce qui était logique de la part d’un tel paquet global qui faisait forte impression sur un jeune homme connaissant des tensions permanentes de testostérone. Minute après minute cette femme fatale me paraissait de plus en plus sinistre. J’imaginais déjà que j’en ferai des cauchemars dès la première nuit.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #5 am: 20. September 2013, 19:32:49 Uhr »
Coucou Limeye! Hallo Alex!

Ça pique vraiment la curiosité de découvrir ce qui a bien pu se passer pour déclencher la solide amitié entre Joan et Kat que j'ai pu découvrir dans Meuterei! ??? Kat est vraiment rébarbative, même son humour vraiment particulier ne parvient pas à défaire cette image que j'ai d'elle, c'est très bien rendu!

I really wonder how Joan and Kat will become friends! Kat doesn't seem easy to tame, and Joan seems frightened by her!  :o

A +
Bis Bald!
Flamme
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Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #6 am: 22. September 2013, 16:44:30 Uhr »
And what the two of them are going through, well ... we`ll see.



I'm sure that you gonna entertain us again! I expect action, surprise, fun, maybe sadness...
I like your stories and the way you write them!

Have a nice day!

Flamme
 ;)
« Letzte Änderung: 22. September 2013, 16:46:48 Uhr von flamme »

Offline O-tho

  • Joan Randall
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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #7 am: 23. September 2013, 06:45:39 Uhr »
Coucou Limeye et Free Nurara,

J'aime beaucoup les multiples facettes de la personnalite de Kat qui sont peu a peu revelees...Et Joan remplie de prejudices vis a vis d'elle....On a du mal a croire qu'elles deviendront copines comme cochon apres ce debut peu prometteur!

O-tho

Offline limeye

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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #8 am: 25. September 2013, 10:47:19 Uhr »
Hello à toutes et tous !

j'ai des soucis pour avancer cette traduction : ce texte est un peu plus compliqué à traduire que Meuterei, le texte est dense aussi. Et puis, l'un des sites de traduction avec lequel je travaille pour aller plus vite ne fonctionne plus depuis deux jours... et l'autre n'est pas toujours aussi précis. Bref... il me faut souvent recouvrir au bon vieux dictionnaire "Harrap's"... j'ai cependant réussi à traduire la moitié de l'histoire, ce n'est déjà pas si mal. J'aimerai la finir plus rapidement, de manière à pouvoir vous proposer la traduction de l'histoire suivante, qu'Alex a commencé à publier sur le forum allemand. Mais bon, chaque chose en son temps...

en attendant, voici une suite ! bonne lecture !

Limeye  :)


Je repoussais ces craintes alors que je me réjouissais à l’idée de suivre les premières leçons avec le Capitaine Sanchez. Il m’était très sympathique, avec son sourire et sa voix de velours. Et en fait, ses leçons d'introduction étaient très divertissantes. On disait beaucoup de choses sur lui, son origine cubaine, sa grande famille de musiciens et que lui-même n'était pas amoureux. A cette information, on put entendre dans la salle de classe un léger soupir parmi les quelques recrues féminines. La leçon que le Capitaine Sanchez présentait clairement et avec humour, ce qui ne semblait pas être vraiment simple pour les pures questions juridiques. Mais il trouvait toujours des exemples amusants et excitants pour la pratique et nous rendait intéressante cette matière plutôt ennuyeuse. A parier que Ballard ne le pouvait pas, préférant un enseignement frontal impitoyable.

Ballard. Qui se tenait devant moi, pour un entretien personnel. Après la leçon juridique le Caporal Hofmeister nous fit à nouveau nous aligner. Les bureaux des instructeurs étaient dans le même corridor, au bout du couloir. Nous étions une trentaine de recrues et Ballard appela chacun d’entre nous individuellement pour l'informer des résultats du test physique. Il fallait compter un maximum d’une à deux minutes jusqu’à ce que l’on sorte. Sur leurs visages je pouvais deviner qui pouvait rester et qui devait refaire immédiatement ses valises. La plupart revenait avec le sourire. Inga et Sally l’avaient réussi. Je comptais six visages tristes. Cela faisait une bonne demi-heure que je me trouvais dans le couloir et il était toujours vide autour de moi. Cette bête me faisait attendre jusqu’à la fin ! La Lieutenant Ballard m’appela effectivement en dernier.

"Landor !" appela-t-elle, en passant la tête par la porte. Lentement, avec les genoux tremblants et une boule dans la gorge, j’entrais dans son bureau. Il était sobre et décoré avec du mobilier de bureau blanc. Seul sur le mur, derrière le fauteuil de Ballard, était accroché entre deux fenêtres le drapeau de l’état de l’Alabama, une croix de Saint-André rouge sur un fond blanc. Elle en était probablement originaire. "Fermez la porte, Cadette Landor", dit doucement Ballard, comme elle s’asseyait derrière son bureau. Je m’avançais alors et m’arrêtait devant son bureau puisque l’invitation pour prendre place faisait défaut. Elle portait toujours ses vêtements de sport, mais avait ôté son pull à capuche, et était juste assise en un débardeur. Ballard retira une feuille de papier de son bloc-notes et la lut brièvement. Elle hocha silencieusement la tête, songeuse, puis me regarda un long moment. "Sprint et saut en longueur étaient corrects, Landor. Pour l’endurance, vous pourrez toujours vous améliorer. Vous aviez bien commencé et vous vous trouviez dans le tiers supérieur. Dans les quatre derniers tours, vous avez probablement manqué d’un peu de souffle, n’est-ce pas ?" Elle me regarda fixement et sans émotion.

J’hésitais et dodelinais de la tête. "Oui, Lieutenant." Je ne pouvais pas dire plus.

"Vous allez devoir travailler. Par vous-même. Dès la semaine prochaine, je vais proposer après les cours un entraînement d'endurance pour les nouvelles recrues, sur la base du volontariat, bien entendu. Si vous souhaitez participer, s'il vous plaît, dites-moi. Ca vaut le coup."

Se porter volontaire pour passer mon temps libre avec cette sorcière ? Jamais ! "Merci, Lieutenant. Je vais y réfléchir."

"Ne réfléchissez pas trop longtemps, Landor, je peux prendre un maximum de dix participants, mais vous recevrez un bon entraînement intensif. Mais pour votre première performance, c’est assez. Vous restez. Bonne chance." Apparemment, Ballard ne pouvait pas sourire. "C’est tout pour le moment. Vous pouvez y aller."

"Merci, Lieutenant", lui ai-je répondu et j’étais trop heureuse de pouvoir quitter cette fosse à serpents. L'épée de Damoclès avait été retirée pour le moment d’au-dessus de ma tête. Je me suis retournée et j’avais encore la poignée de la porte dans la main. Puis Ballard me parla à nouveau.

"Landor ?"

"Oui, Lieutenant ?"

"Il y a encore quelque chose. Fermez la porte et asseyez-vous !"

Merde, pensais-je, qu’est-ce qu’il y a encore ?

Les mains tremblantes, je pris la chaise et m'assit, et je me trouvais les genoux modestement serrés  et mes mains posés sur les genoux. Ballard observait chacun de mes mouvements comme un faucon. Elle-même croisa un genou et mit le pied sur le barreau de sa chaise. Cette position me signifiait qu’elle avait ici le commandement et la parole tous puissants. Elle était maître de la situation et me le faisait sentir. Ses yeux gris pierre étaient fixés sur moi, jamais auparavant je n'avais jamais vu une telle couleur d’yeux chez un humain. Ballard soupira avant de parler. "Landor." Pause. Je déglutis et je m'attendais au pire. "Pourquoi avez-vous peur de moi ?"

J’ouvris grands les yeux d’effroi. Comment avait-elle pu deviner ? "Excusez-moi… je… je ne comprends pas, Lieutenant…" commençais-je.

Ballard posa son menton sur ses genoux, tandis qu'elle serrait et tiré vers le haut les sourcils. "Quand vous êtes là, vous me regardez constamment quand je vous regarde, tout en m’évitant. Vous tremblez de partout, on dirait un aveugle et regardez juste comment vous vous êtes assise ! Votre posture seule en dit long ! Je vous ai observée, Landor. Quand vous êtes seules avec vos camarades Kroeger et von Brandhaus, vous êtes détendue et sans soucis, et quand j’arrive, vous vous crispez. Que pensez-vous de la raison pour laquelle j’ai raconté la blague à von Brandhaus ?"

Merde, cette chienne avait raison. Elle avait vu à travers moi. Je laissais tomber ma tête, découragée.

"Encore une fois, Landor. Pourquoi avez-vous peur de moi ?"

"Je… je… je ne sais pas", murmurai-je, j’étais au bord des larmes.

Ballard descendit son genou et déplaça sa chaise près de la table. Je la regardais toujours timidement. "Regardez-moi, Landor. Regardez-moi et dites-moi droit dans les yeux pourquoi vous avez peur de moi !"

Lentement je levais la tête et VIS d'un seul coup une autre Katherine Ballard ! Elle souriait ! Elle souriait si aimablement et ouvertement que chaque trace de froid et manque d'émotion avait disparu de son visage. Une personne complètement différente se trouvait assise en face de moi. Mais laquelle de ces deux Ballard était la véritable ?

"Je vais donc vous le dire maintenant, Landor", continua Ballard d’une voix calme. "Il n'y a pas une unique raison pour laquelle vous devriez avoir peur de moi ou de quelque autre instructeur. Vous êtes volontairement ici et notre tâche est de vous former. Vous vous engagés dans une profession difficile et responsable et nous nous employons à ce que vous puissiez plus tard exercer raisonnablement cet emploi. Nous n'avons aucun intérêt à vous compliquer la vie, alors nous ne recevrions aucunes bonnes recrues. Cela fait deux ans que je suis ici comme formatrice et vous allez faire partie de ma deuxième équipe de formation. Si vous le voulez, je suis encore un peu inexpérimentée. Que croyez-vous, que j’avais le trac pour mon premier jour ici ? Je venais tout juste d’être nommée Lieutenant, j’avais le diplôme en poche, et déjà on me lâchait face à trente recrues ! Ce qui m'a aidé, c’est ma conscience et les connaissances acquises au titre de ma compétence professionnelle. Vous êtes aussi une femme de confiance, je sens cela, autrement vous ne seriez  pas ici. Pour cela, pas besoin d’études de psychologie. Nous vous transmettrons la compétence professionnelle et pour cela, vous avez les meilleurs instructeurs de toute l'académie. Ne vous faites aucun souci. Si vous changez, nous pourrions parfaitement nous entendre toutes les deux. Cependant si vous me regardez de travers, parce que vous avez un problème personnel avec moi, je peux vous faire vivre l’enfer sur la Terre. Dites-moi donc tout de suite ce qui se passe. Nous trouverons la clé du problème, Landor ! Je ne vous mangerai pas !"

Wow ! C’était une annonce à laquelle je ne m’attendais pas vraiment. J’eus besoin de quelques secondes pour remettre mes pensées en ordre.

"Lieutenant, je ne sais pas ce que je dois dire. Ce matin, à la porte de caserne, un type derrière moi m’a  bousculée et j'ai fait tomber mes papiers. Quand je les ai ramassés, il me manquait une lettre personnelle qui est très importante pour moi. Quand je passais devant vous, j’ai vu cette lettre dans votre main et à votre regard, j’ai eu le pressentiment qu'il n'était pas bon de la perdre."

Ballard se leva et se dirigea vers son uniforme bleu qui était accroché au mur. Elle ouvrit une poche de la jambe de son pantalon et en retira justement cette lettre. Elle revint vers moi et me la tendit. "Je suis désolée, mais maintenant, je dois donc la lire, sinon je ne pourrais pas vous la rendre. J’avais de toute façon l’intention de le faire."

Soulagée, je repris le petit document. "Merci Lieutenant", dis-je doucement.

"Et vous avez ainsi fait une telle révolution ? Vous auriez dû venir vers moi ce matin et me demander cette lettre. Je l'aurais rendu sans discussion, au lieu de cela vous vous tourmentez toute la journée avec cette pensée, vous me considérez comme un monstre ! Ai-je donc l’air si dangereuse ?"

Oui, tu dis vrai, Ballard, et à l’instant, je t’aurais volontiers giflée.

"Je n’avais pas de temps à vous consacrer, s’il vous plait, croyez-moi. En ce qui concerne le message, je m’excuse vraiment de l’avoir lu. J’espère que vous accepterez mes excuses. Je ne connais pas encore, certes, votre dossier de candidate, mais vous devez avoir quelque chose de particulier pour que le chef de l'état-major vous a fait entrevoir une place."

Ballard commença à rire. Elle ne se moquait pas de moi, elle était évidemment contente aussi que la situation ait été clarifiée. C’était la première fois que je voyais vraiment Ballard rire. Bien que ce soit selon toute apparence un rire ouvert, honnête et cordial ; pour moi la situation était extrêmement désagréable, je me serais volontiers enfoncée avec la chaise dans le sol.

Elle me regardait de nouveau un moment, tira sur le lien de sa queue de cheval et secoua sa crinière noire. "Ce n’était que cela, Landor. Maintenant vous pouvez y aller, si vous n’avez aucune question. Allons, nous nous verrons au prochain cours. Ah d’ailleurs, Landor ! Le type qui vous a poussée ce matin, pouvait faire également à la porte revient, je m'en suis occupé. Le type qui vous a poussée ce matin a pris la porte immédiatement, je m’en suis occupée. Nous ne tolérons pas ici une telle conduite."

Un peu bizarre et pourtant soulagée, je rejoignis mes camarades. Quand j’entrais dans la pièce, Inga me regarda soucieusement. "Qu’est-ce qui se passe, Joan, tu es restée longtemps chez la Lieutenant Ballard ? Pourquoi as-tu l’air si triste ? Es-tu renvoyée ?"

Je secouais la tête et souriais. "Non, Inga, tu vas devoir encore me supporter un peu." Je jetais alors un regard à Sally qui était assise sur son lit et me regardait plein d’espoir. "Tu as raison, Sally. La Lieutenant Ballard est vraiment cool."
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Offline flamme

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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #9 am: 26. September 2013, 13:36:46 Uhr »
Coucou! Hallo!

On voit encore ici le contraste frappant entre les personnalités de Kat et de Joan! Katherine a vraiment un caractère fort, alors que Joan semble timide et effacée. Mais on voit déjà que lorsque la barrière des préjugés tombe et qu'on découvre ce qu'il y a derrière les carapaces, on peut faire de belles découvertes!  :D

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Offline flamme

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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #10 am: 28. September 2013, 02:15:18 Uhr »
Hallo Alex!

I didn't forget that Katherine is about seven years older than Joan, as you wrote it in Meuterei. Their personalities are the same, Kat's is stronger than Joan's.  I like  that their différences don't prevent their friendship...  [goodjob]

Bis bald!

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Offline limeye

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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #11 am: 1. Oktober 2013, 10:09:09 Uhr »
manque de temps, Alex... et grosse fatigue... je continue dès que je peux...

bizz

Limeye  :)
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Offline limeye

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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #12 am: 9. Oktober 2013, 10:31:56 Uhr »
Je vais continuer Alex, mais pas tout de suite... je suis en train de finir d'écrire une nouvelle histoire et je m'y consacre pour le moment, mais je n'oublie pas cette traduction...

bizz et bonne journée !

Limeye  :)
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Offline limeye

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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #13 am: 6. November 2013, 12:54:07 Uhr »
Hello !

je sais que j'ai mis du temps à me remettre dans la traduction. J'espère pouvoir vous apporter bientôt la fin de cette courte histoire. Voici déjà un petit morceau...

bizz

Limeye  :)


J’écoutais d’une oreille distraite le long discours du commandant de l’école, le Commandant Sir Thomas Mulligan, chevalier de la Couronne Britannique. Mon esprit vagabondait encore et encore autour de ce que la lieutenant Ballard m'avait dit. Je n’avais jamais été une personne anxieuse. Je ne connaissais pas vraiment la peur du contact avec les étrangers, j’avais toujours été ouverte à de nouvelles expériences. En fait, la Lieutenant Ballard m’avait inspiré de l’angoisse par son apparition. Ce n'était pas son apparence, mais l'aura qui l’entourait. Ballard avait essayé durant notre courte conversation de m’enlever ma peur, mais n'importe comment, je ne pouvais pas lui faire confiance. Elle avait l'air si sévère et inaccessible qu'il était tout simplement difficile pour moi de m’ouvrir à cette femme. Je ne me réjouissais pas du tout à l’idée de la leçon suivante. Je décidais de m’asseoir dans la dernière rangée, si possible, de suivre les instructions comme une étudiante assidue et de m’écarter autant que possible du chemin de Ballard au cours des deux prochaines années.

Comme nous étions assis en civil dans la salle de classe, je fus à nouveau surprise par la lieutenant Ballard. Elle apparut en civil, elle portait un jean bleu, d’élégantes chaussures noires à talons et un chemisier blanc. Elle avait attaché ses cheveux et s’était maquillée discrètement. Avec un large sourire, elle entra dans la salle de classe et ressemblait à une personne différente. Un murmure élogieux parcourut le rang des recrues masculines, ce que Ballard reconnut avec le sourire. Elle posa ses affaires sur son bureau et s’assit nonchalamment sur le bord de la table. Elle regarda chacun un court moment, puis s’arrêta évidemment sur moi.

"Ok", commença-t-elle d’un ton affable. "Quelque chose de fondamental avance. Quand nous nous retrouverons cet après-midi et que nous franchirons cette porte, je ne serai plus la lieutenant Ballard, mais Katherine. Je vais vous appeler par votre nom, si c’est possible. Vous êtes des adultes et nous faisons ici la formation des adultes, en conséquence je vous traiterai comme tels. J'attends de vous également que vous vous comportez de cette façon." Ballard marqua une courte pause et regarda attentivement certaines des recrues masculines. "Si vous pensez cependant que cela vous confère un privilège et croyez qu’en dehors je vous verrais comme des copains, soyons ici de braves garçons en uniformes. Des questions ?" Encore une fois elle regarda en souriant à la ronde et obtint des hochements de tête silencieux. Mais pas moi, je suis juste restée à regarder Ballard avec la bouche ouverte.

"Bien ! Nous allons donc pouvoir commencer !" dit-elle en tirant les épingles de son chignon. Ainsi elle ôtait sa dernière rigueur visible. "Qu’entendez-vous par préjugés ?" dit-elle et elle me regarda dans les yeux. "Joan ?"

"La… la crainte infondée de l’inconnu ?" commençais-je. Encore une fois, elle avait insisté. Lentement, je commençais à détester Ballard.

...

Kat me regardait comme si je l’avais frappée. "Tu me détestais vraiment ? Je peux à peine y croire. Je suis la personne la plus douce au monde !"

"Et quelle ironie que tu ne peux retenir, Kat", répondis-je d’un ton mordant. "Tu n’avais rien de mieux à faire que de me houspiller et me taquiner constamment."

Kat secoua l’index à la négative. "C'est l'impression que tu avais de moi. La question du préjugé était plus que justifiée. Je voulais juste te faire sortir de ta réserve. Tu devais perdre tes appréhensions vis-à-vis de moi."

"Ca m’a vraiment été difficile. Puis quand j’ai vu ce que tu as fait avec le Capitaine Sanchez, tout s’est éteint. Je voulais te tuer sur le champ", répondis-je avec un soupir. "J'étais follement amoureuse de lui."

Kat fronça les sourcils et afficha un sourire sarcastique. "Sanchez n’aurait rien été pour toi. J’étais moi aussi tombée dans le panneau. Heureusement, rien de sérieux."

"Et j’étais vraiment jalouse de toi…"
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Offline limeye

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Re: Für Immer / Traduction française
« Antwort #14 am: 6. November 2013, 17:23:06 Uhr »
Oui, Alex, j'ai pris mon temps... mais j'avais bien d'autres histoires à écrire, comme tu as pu le voir...

une suite !

bizz

Limeye  :)



Parce que... je croyais que le Capitaine Sanchez s’intéressait vraiment à moi. Mais ce n'était pas le cas. Pourtant, je m’accrochais à mes rêves, quand il nous faisait cours. Je le voyais sur une plage cubaine sous les palmiers, l’eau bleue et un cocktail frais dans la main. Quand Inga, Sally et moi-même nous sommes rendues le soir au petit bar des sports, Sanchez s’y trouvait aussi avec d’autres formateurs après leur journée de travail. Il s’assit avec nous et répondit volontiers à nos questions sur la classe, il blagua avec nous et nous avons eu une conversation assez simple et détendue. Pour moi, il n’était pas qu’un pilote et un formateur, Sanchez était également devenu une personne de confiance. Un soir, j’étais assise seule au bar, j’attendais mes deux nouvelles amies, il est entré et je lui ai fait signe. Il a bien compris mon invitation et est venu s’asseoir avec moi. Je ne pouvais y croire, j’avais Ricardo quelques minutes pour moi seule. Il me salua chaleureusement et s’assit. Durant une seconde il me regarda et sourit, puis il devint plus sérieux.

"Cadette Landor, je voudrais vous parler, je voulais vraiment vous convoquer dans mon bureau aujourd’hui, mais je n’ai pas pu le faire", dit-il en me regardant droit dans les yeux. Mon cœur se mit à battre plus fort. Avait-il remarqué ce que je ressentais pour lui ?

"Monsieur…", commençais-je, mais Ricardo leva la main et me fit signe de me taire.

"J’ai entendu dire que vous avez un problème avec la Lieutenant Ballard. Est-ce vrai ?" me demanda-t-il en me souriant d’un air encourageant. "Dites-moi ce qu’il en est ? Vous sentez-vous mal ou traitée injustement par la Lieutenant Ballard ?"

"Non, non, Monsieur. Tout va bien ! La Lieutenant Ballard est juste envers moi", répondis-je rapidement.

Ricardo opina. "Je veux savoir ce qu’il en est exactement, Cadette. Il n'y a jamais eu de plaintes au sujet de la Lieutenant Ballard ou de ses méthodes de formation. Certes, elle n’enseigne pas de manière conventionnelle, mais elle est efficace. La dernière promotion l’a largement portée aux nues. Et je veux que cela continue. Si vous n'aimez pas Ballard, dites-le moi maintenant, que nous réglions cela une fois pour toutes. La conséquence serait que vous quittiez cette classe et que vous alliez dans une autre. En tant que recruteur, je ne peux vous accuser de quoi que ce soit, vos prestations sont supérieures à la moyenne et vous êtes populaire auprès de vos camarades. Mais je ne vais pas tolérer les fauteurs de troubles dans ma classe, compris ?"

"Oui, Monsieur. Tout à fait !" répondis-je, gênée. Ricardo se leva et se retourna pour partir.

"Capitaine ?"

Ricardo se retourna et me sourit. "Oui, Cadette Landor ?"

"Est-ce que la Lieutenant Ballard vous a parlé de moi ?" A peine avais-je posé la question que je la considérais comme effroyablement stupide.

Ricardo opina. "Oui, elle l’a fait. Et je peux vous dire qu’elle m’a affirmé à plusieurs reprises ne rien avoir contre vous. Bien au contraire ! La Lieutenant Ballard m'a parlé très positivement de vous et de votre travail. La Lieutenant Ballard apprécie votre travail acharné et votre dévouement, elle ne peut pas comprendre pourquoi vous vous comportez de manière si distante avec elle. Faites un effort, s’il vous plait, pour mieux vous entendre avec elle. Elle ne vous a rien fait et ne veut rien vous faire de mal ! Voulez-vous rester dans ma classe ?"

J'ai hoché la tête avec impatience. "Naturellement, Monsieur ! Absolument !"

Ricardo se pencha et posa les deux mains sur la table. Son parfum sentait tellement merveilleusement bon, je l'aurais embrassé. Il me regarda avec insistance de ses beaux yeux brun foncé. "Alors soyez un peu moins fermée avec la Lieutenant Ballard ! Vous n’avez pas à devenir les deux meilleures amies du monde, mais laissez votre formatrice faire son travail !"

"Oui, Monsieur", répondis-je timidement. Son message était clair.

"Vous êtes une bonne élève et si vous me permettez cette formulation, Cadette Landor, je vous aime beaucoup. Et je détesterai vous perdre, vous comprenez ?"

Sally et Inga entrèrent alors en scène. Quand Ricardo les vit, il dit juste : "Ma porte vous est ouverte, Landor. Nuit et jour. Si vous avez quelque chose sur le cœur, venez m’en parler et ne le gardez pas pour vous, ok ? Je vous souhaite une bonne soirée !" Il sourit avec ses dents blanches nacrées et me fit encore signe une fois, puis il se dirigea vers le bar, où il fut accueilli par ses collègues policiers avec accolades et poignées de main.

Immédiatement Inga et Sally vinrent vers moi et me parlèrent en même temps. "Que te voulais Ricky ?" "Lui as-tu dit ce que tu pensais de lui ?" "Tu étais seule avec cette bombe ?"

Je levais les mains en signe de défense et demandait à mes amies – ce que nous étions devenues au fil des deux premiers mois – d’arrêter. "Les filles, calmez-vous ! Ce n’est pas ce que ça en a l’air."

"Et quoi alors ?" demanda Inga en buvant une longue gorgée de ma bouteille de bière.

Je reposais mon menton sur mon poing et regardait avec envie vers le bar. "Il m’a fait un sermon par rapport à Ballard. Je dois me ressaisir et être gentille, sinon, il me colle dans une autre classe."

"C’est déjà arrivé chez le Capitaine", dit Sally avec amusement. "Ne penses-tu pas aussi que tu prends vraiment trop ton temps ? Elle est incroyablement belle, d'accord, stricte et exigeante, mais elle est super en tant que femme et en tant qu'instructeur. Tous disent cela, toi seule est en dehors des clous."

"Je ne l’aime pas", grognai-je d’un air de défi. "Et cela ne changera pas si vite." Non, le pire était à venir…
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