Autor Thema: Seules contre tous  (Gelesen 14146 mal)

0 Mitglieder und 1 Gast betrachten dieses Thema.

Offline Frégo80

  • Joan Randall
  • ****
  • Beiträge: 335
Re: Seules contre tous
« Antwort #30 am: 27. August 2013, 10:35:29 Uhr »
Coucou Limeye!

Mais quelle bande de vautours! À peine la disparition de Curtis signalée et une menace qui se pointe et Vlan! On veut les codes de Tycho, on veut les joyaux de puissance, on va penser à instaurer la loi martiale, suspendre les droits individuels et on va cuisiner Joan Newton et nia,nia,nia!  >:( Et Swan qui revient dans le portrait! [motz]. Ils sont vraiment victimes du principe de Peter dans ce gouvernement interplanétaire. (Pas P.B, il est plus intelligent que ça lui!  ;D), Ce principe dit que les personnes dans les organisations tendent à s'élever jusqu'à leur seuil d'incompétence et lorsqu'il est atteint, ils bloquent l'accès à tout le monde vers l'avancement. Vous imaginez le résultat: un incompétent qui ne décolle pas et qui pourrit toute une organisation.

Je me fie néanmoins sur Simon que Joan sera prévenue par eux avant l'appel de Charron. Joan et Eufholia vont certainement servir aux Charron, Swan, Powell et Cie une réplique en règle du doigt du milieu.  ;D

J' attends la suite avec impatience. ;) [jump] [jump] [jump] [jump]

Bizz!

Frégo  8)

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #31 am: 27. August 2013, 10:55:20 Uhr »
Coucou Frégo !

je connaissais le principe de Peter, sans savoir qu'il portait ce nom-là d'ailleurs... car comment se débarrasser d'un collaborateur à un poste ? Ben, on lui file une promotion... résultat, plus on grimpe dans la hiérarchie, plus on a d'incompétents !

là, je vais essayer de montrer que si les trois vautours en question vont en effet tout tenter et se battent déjà autour de la supposée dépouille du Capitaine, ils sont légèrement différents cependant... je n'ai pas pu m'empêcher de faire revenir Swan dans l'histoire - puisqu'il apparaissait déjà dans les volets précédents de la Joan's story - et s'il est pourri, il l'est cependant différemment de ce que tu as imaginé dans Les visages de mon ennemie.

néanmoins, Joan et Eufholia vont avoir fort à faire avec ces gugusses, mais l'inverse sera vrai également...

tu voulais une suite... la voici. Retour sur Ixio et derniers moments de calme... avant la tempête.

bizz

Limeye  74 pages à l 'heure actuelle et je suis loin d'avoir écrit le mot FIN  ;)


CHAPITRE CINQ : L'ombre d'un doute

Ce matin-là, Joan s'est levée la première comme à son habitude. Elle aime cette heure fraîche du petit matin, quand elle peut déjeuner, seule, sous le pommier, et profiter du lever de Calenda. La journée promet d'être belle, elle ira avec les enfants à la plage ce matin. Eux aussi apprécient d'en profiter avant le déjeuner, quand l'eau est d'un bleu incroyable, que la température extérieure n'est pas encore trop élevée et qu'il est si agréable de se baigner. En général, la mer est aussi beaucoup plus calme, il y a moins, voire peu de vagues, et c'est aussi à cette heure que Soledad peut progresser le mieux à la nage. Thomas emmènera peut-être Kevin pêcher des crevettes, quant à Eufholia... Joan ne sait pas exactement ce que fera sa grande fille, mais elle sait qu'elle saura elle aussi profiter de ce moment particulier.

Joan est heureuse d'arriver elle aussi aux vacances, et de pouvoir retrouver ses quatre enfants. Elle voit Eufholia et Thomas grandir, bientôt, ils ne seront plus avec eux, il ne restera que les deux petits. Comme chaque matin, en savourant son café, elle pense à Curtis et à toute l'équipe, elle attend, patiemment, qu'ils arrivent sur Tondah. Elle aurait pu partir avec eux, mais elle voulait que Soledad termine sa première année d'école. Et c'était un très long voyage. Elle ne veut pas encore faire partir Kevin et Soledad aussi longtemps, et c'est la raison pour laquelle ils ne se sont pas encore rendus sur Endoran avec eux.

Elle contemple son jardin, et décide de se lever de table, et d'aller goûter quelques cerises. L'arbre pousse tout au fond du jardin, et donne des petits fruits rouges, presque noirs. En chemin, elle respire la première rose ancienne dont elle aime tant le parfum, la couleur et le velouté. Son père, William, fait pousser un petit potager. Oh, moins imposant que celui de Victor et Salomé, mais il a gardé de ses années de survie le souci de l'économie et de la subsistance. Il déteste le gaspillage, mais veille aussi avec soin à ce que chacun puisse manger de bons produits. Elle se dit que finalement, ce qui lui est arrivé n'est que le prolongement de la philosophie ixienne à laquelle, jeune homme, il avait été si sensible et qui lui avait fait choisir Ixio pour s'installer avec July.

"Demain, c'est jour de marché", pense-t-elle, "j'en profiterai pour changer le petit bouquet sur la tombe de maman et sur celle de Mamik. A moins qu'Eufholia ait envie d'y aller..."

Elle cueille quelques cerises pour elle-même. Elle sait que, tout à l'heure, ce sera l'un des grands plaisirs de Thomas que de monter à l'échelle et d'en décrocher pour son petit frère et sa petite sœur. Pas la peine qu'elle en ramène un plein saladier, les enfants s'en chargeront. Elle revient vers la maison, par le côté droit du jardin, et sourit en passant près d'un grand carré bien dégagé. Si William a installé le potager plutôt vers la gauche, pour qu'il soit bien ensoleillé, Thomas a choisi un autre endroit pour ses propres cultures. Elle ne sait pas exactement ce que son fils a décidé de faire pousser cette année. Au printemps, il avait mis des graines d'une très jolie fleur qui rappelait un peu les bleuets terrestres. Mais une chose est certaine, tout au bout du carré de Thomas poussera toujours une belle fleur aux larges feuilles vertes et aux fleurs rouges, Eufholia Esperanza. Du jour où elle avait raconté à Thomas comment elle avait choisi le prénom de sa grande sœur, celui-ci avait déclaré qu'il devait toujours y avoir une Eufholia à pousser dans le jardin. Et dans le sien, quand il sera grand, il en mettra aussi.

Elle entre dans la maison, son père est à la cuisine, se prépare ses tartines. Elle dépose un baiser sur sa joue :

- Bonjour, papa, bien dormi ?
- Oui, mais Kevin était encore excité comme une puce hier soir. Thomas a eu un peu de mal à le calmer... tu sais qu'il a fait des pieds et des mains pour dormir sur le lit du haut ?
- Sacré petit diable... je n'en suis pas étonnée. J'espère qu'il laissera son frère dormir, maintenant !
- Je pense que oui... il était temps que les vacances arrivent, il a besoin de se dépenser.
- Ce matin, je les emmènerai à la plage. Tu viendras avec nous ?
- Non, je veux profiter de la fraîcheur pour m'occuper du potager. J'ai les haricots à planter, les tomates à attacher... Eufholia a dit qu'elle m'aiderait.
- Je vais faire un petit tour rapide au village, pour le pain. J'y vais à vélo, je serai de retour avant qu'ils se lèvent tous.
- Ne te fais pas de soucis, je vais les gérer...

Joan ressort, prend son vélo, et s'élance dans le chemin qui mène au village. Elle aime cette petite promenade, qu'elle fait quotidiennement ou presque, jusqu'au village. Elle est heureuse de revivre ici, là où elle a passé son enfance. Heureuse que Curtis ait voulu lui aussi qu'ils s'installent à Glenogan. C'était d'ailleurs lui qui avait insisté, car il estimait que l'endroit serait bien mieux approprié pour faire grandir deux enfants - ils n'était que deux à l'époque, et Thomas était encore en gestation - que Tycho. Elle, elle voulait surtout que les enfants ne grandissent pas en étant isolés du monde, qu'ils puissent côtoyer d'autres humains. Vivre un peu sur Tycho ne l'aurait pas gênée, mais pas tout le temps. Et finalement, Ixio s'était imposée naturellement à eux, un peu comme ses propres parents avaient fait le choix de s'y installer.

Quand Curtis est absent, ses journées sont bien occupées. Entre les enfants, la maison, le jardin. Son père l'aide beaucoup, Victor et Salomé aussi. Mais elle travaille aussi. Elle suit leur navigation, les aide ponctuellement, même si c'est à distance. Elle est également correctrice pour un organisme qui propose des cours par correspondance pour des jeunes et pour des adultes handicapés, qui ne peuvent suivre des cours dans un établissement scolaire ou un centre de formation. Chaque semaine, elle reçoit une pile de copies et de dossiers à lire, à évaluer. Elle assure aussi le suivi de la scolarité de trois à cinq personnes - jeunes ou adultes. Elle est en quelque sorte leur tutrice.

Quand Kevin est né, elle avait dit à Curtis qu'elle voulait aussi pouvoir faire autre chose qu'être femme au foyer, l'arrivée de ce troisième enfant la contraignant à nouveau à rester à Glenogan. Elle n'a jamais eu envie de reprendre du service dans la police interplanétaire. Pas depuis la naissance d'Eufholia. Sa fille était sa priorité. Et elle voulait aussi demeurer auprès de Curtis. Elle avait donc donné sa démission, avec d'autant moins de regrets qu'Ezra lui aussi avait cessé de travailler. S'il ne leur était pas arrivé cette catastrophique mission sur Neptune, elle aurait certainement accepté de travailler avec quelqu'un d'autre, une fois Ezra à la retraite. Mais cette vie d'agent était derrière elle. Elle n'en avait plus envie. A travers cette nouvelle activité liée à l'enseignement, elle garde le contact avec le monde extérieur à son village, fait profiter des gens en difficulté de son savoir. Elle voulait de toute façon faire quelque chose d'utile. D'utile aux autres.

Puis l'arrivée rapide de Soledad n'a fait que confirmer son choix. Elle a le temps, surtout maintenant que les deux petits sont tous deux à l'école dans la journée, d'assurer un bon suivi de ses "élèves". Mais pour l'heure, pour elle aussi, ce début d'été est synonyme de vacances.

Elle sait que lorsque Curtis arrêtera définitivement les missions, ils reprendront certainement cette vie de voyages et de séjours sur Tycho, gardant cependant leur pied à terre principal sur Ixio. Curtis aussi s'est fait à la vie ixienne. Il aime Glenogan, la mer, les paysages toujours changeants du littoral. Il aime cette planète, la sagesse de ses habitants qui n'est pas sans lui rappeler celle du peuple d'Endoran, auquel il reste profondément attaché.
« Letzte Änderung: 18. Dezember 2014, 22:14:21 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Seules contre tous
« Antwort #32 am: 27. August 2013, 13:29:18 Uhr »
Coucou!

J'avais un peu de retard... Quand j'ai vu le nom de Swan, je me suis dit... Encore lui? Il a neuf vies, celui-là... Les mauvaises herbes reviennent toujours, il est tellement difficile de s'en débarrasser!   >:(
Mais je pense que les vautours (très bien surnommés, d'ailleurs), vont frapper un double mur... [wallbash] [wallbash] fait d'entêtement et de bon sens!   ;D

J'aime beaucoup la philosophie de vie de Joan, encore une fois très humaine, très réaliste...

On sent que ça va débouler bientôt, quand Joan et Eufholia seront au courant de ce qui arrive à Curtis! Il va y avoir beaucoup de discussions en perspective avec les Futuremen...

Vivement la suite!  [jump] [jump] [jump]

Bizz
Flamme
 :D

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #33 am: 27. August 2013, 14:07:34 Uhr »
Hé oui, Swan est un peu comme Kahlon (en moins cruel cependant et en plus stupide aussi), et là, il fait son grand retour. Mais je pense que je vais lui régler définitivement son compte. Pas tout à fait comme Frégo, mais enfin... pour l'heure, je rédige un des moments clés de l'histoire, mais j'ai laissé aussi de côté tout un chapitre sur lequel je reviendrai après.

Elle me donne du fil à retordre, cette histoire !  :D

Retour en scène d'une autre personne "clé" de la Joan's story, que vous aimez bien, je crois. Et qui est une des pièces maîtresses de cette histoire.

Bizz

Limeye  :)


Quand elle regagne la maison, avec deux bons pains de campagne sous les bras, elle devine en entrant que quelque chose est survenu. Eufholia a le visage fermé, les sourcils froncés et a croisé ses bras sur sa poitrine. William, son père pourtant d'un naturel si calme, est agité.

- Maman !
- Eh bien, Eufholia ! Quelle tête ce matin ? Kevin a fait une bêtise ?
- Kevin dort encore. Non, nous avons reçu un appel de Linia. Elle est inquiète. Quelque chose la soucie. Elle aurait voulu parler à papa.
- Je vais la rappeler.

Joan dépose le pain, et gagne le bureau de Curtis. Elle s'installe devant le vidéo-transmetteur et compose le long code à destination d'Endoran.

- Ici l'opérateur d'Endoran, à qui voulez-vous parler ?
- Je suis Madame Joan Newton. La Reine Linia a cherché à me joindre. Est-il possible d'avoir le contact ?
- Je vous mets en relation avec le secrétaire royal.
- Merci bien.

Joan patiente quelques minutes, son regard se porte sur les murs de la petite pièce, face à elle le grand mur est vierge : il est possible d'y projeter des documents, et notamment la carte du ciel. C'est là, ainsi, qu'elle montre aux enfants où se trouve leur père quand il voyage. Sur le mur extérieur, à gauche de la fenêtre, se trouve un grand cadre avec de petites alvéoles dans lesquelles Curtis conserve un peu de sable ou de terre des planètes qu'il a explorées. Derrière elle, le mur est couvert par une grande bibliothèque. A droite de l'écran de l'ordinateur, face à elle, est posée une photo. L'unique photo de la pièce : les quatre enfants et elle-même. Quand son regard s'y attarde, un mince sourire se dessine sur ses lèvres. "Ce que j'ai de plus précieux en ce monde, vous cinq, mon amour".

L'écran du transmetteur s'anime, le visage de la Reine Linia apparaît.

- Joan ! Oh, merci de m'avoir rappelée si vite... j'ai dit à Eufholia de vous transmettre mon message.
- Bonjour, Majesté. J'étais suffisamment intriguée pour vous rappeler aussitôt. Que se passe-t-il ?
- Votre mari est absent, m'a dit votre fille ?
- Oui.

Elle voit le visage de Linia s'assombrir.

- Vous êtes en difficulté ?
- Non, Joan, non. Mais quelque chose m'inquiète et j'aurais aimé avoir son avis. Dites-moi, avez-vous regardé votre pierre ces derniers temps ?
- Oui, bien entendu. Je la regarde chaque soir, d'autant plus que Curtis est absent, confie-t-elle.
- Vous... vous n'y avez rien remarqué ?
- Non.

Linia paraît soulagée de sa réponse. Machinalement, Joan jette un coup d’œil à la pierre d'Endoran, qui pend, au bout d'une petite chaîne d'argent. La pierre est toujours la même, bleu et gris mêlés, avec ce signe gravé, semblable à deux branches qui se croisent et montent ensemble vers le ciel. Près de l'une d'entre elle, une minuscule étoile s'est incrustée, signe de leur voyage vers le monde du bout du monde.

- Non, dit Joan, elle est toujours la même.
- Elle n'a pas changé de couleur ?
- Non.

Linia soupire. Joan la regarde, fronce légèrement des sourcils.

- Majesté, que se passe-t-il ? Quelle est votre inquiétude ?
- C'est l'Arbre de Vie, Joan. Son écorce devient plus sombre. J'ai un mauvais pressentiment, mais je ne saurais l'expliquer. Je n'ai aucun souvenir d'une histoire liée à ce changement de couleur. Jamais mon père ou Ethorn n'y a fait allusion. Même quand les traîtres ont cherché à conquérir le pouvoir, l'Arbre n'avait pas changé de couleur. Ce changement inconnu...

Joan hoche la tête, pensive. Elle perçoit l'inquiétude de Linia, sait que la souveraine d'Endoran n'est pas du genre à s'inquiéter pour un rien. Elle a perçu quelque chose, l'Arbre aussi, mais pour l'heure, c'est inexplicable.

- Je devrais pouvoir être en contact avec mon mari dans quelques jours, Majesté. Je lui parlerai de votre appel, mais il sera très loin de vous, pratiquement à l'opposé de la galaxie par rapport à vous... Et en dehors de la galaxie.
- Sur Tondah, m'a dit Eufholia.
- Oui.
- Merci de l'en informer et d'en parler aussi au professeur Wright. Leur avis me serait précieux... même... même si je doute qu'ils aient la moindre idée de ce que cela peut être. Je ne saurais vous dire pourquoi, mais les savoir au courant de ce changement me réconforterait.
- Je vous comprends, Majesté. Dès que j'aurai de leurs nouvelles, je vous rappellerai.
- Merci, Joan, vous êtes une amie précieuse. Embrassez-vos enfants pour moi.
- Vous aussi, Majesté, vous êtes une amie précieuse. Embrassez aussi vos enfants et Enerd de notre part à tous.
- Je le ferai. A bientôt, Joan.
- A bientôt, Majesté.

Et Linia coupe la communication. Joan se laisse aller dans le dossier du fauteuil de Curtis, le fait doucement tourner. Le regard vague, lointain, elle fixe les petites alvéoles de sable. Puis à nouveau, elle pose son regard sur la pierre. Mais la pierre ne lui révèle rien.

Pour le moment.
« Letzte Änderung: 18. Dezember 2014, 22:17:39 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline O-tho

  • Joan Randall
  • ****
  • Beiträge: 487
Re: Seules contre tous
« Antwort #34 am: 27. August 2013, 20:27:17 Uhr »
Coucou Limeye,

 [goodjob] [goodjob] [master]
Ahh je savais bien que ces references a l'arbre n'etaient pas innocentes..Je vois bien Linia faire partie de ces "seules" contre tous aussi....

Quant a Swan and Co, s'ils s'imaginent que Joan et sa fille peuvent avaler des couleuvres, ils vont vite dechanter!  ;D

O-tho

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #35 am: 27. August 2013, 21:34:16 Uhr »
Bonsoir O-tho !

oui, en voilà une de plus pour le petit groupe de nanas... mais elle n'est pas la dernière, il y a encore au moins une personne qui va se joindre à ce groupe, voire deux, mais bon... je ne sais pas si on pourra exactement la compter dedans.

En attendant, encore un passage un peu bucolique (profitez-en, après, ça se corse...)

Bizz

Limeye  :)


Eufholia rejoint sa mère dans le bureau, intriguée de ne pas la voir revenir.

- Maman ?
- Ah, Eufholia...
- Qu'est-ce qui se passe ? Un souci pour Endoran ?
- Non... enfin, je ne sais. Linia est intriguée, et pour tout te dire, inquiète au sujet de l'Arbre de Vie. Son écorce change de couleur et elle n'a aucune explication à ce phénomène.
- Aucune légende... ?
- Aucune, du moins, dans son souvenir.
- Linia est celle qui connait le mieux les légendes d'Endoran et l'histoire de son peuple. Si elle, elle n'a pas d'explications...
- Elle souhaite que l'on en informe ton père quand nous aurons le prochain contact. Elle veut qu'il soit au courant. Je doute qu'il ait la moindre idée à ce sujet, mais cela la rassurerait.
- Je comprends.

Joan observe sa grande fille, ses sourcils se sont légèrement froncés. Son visage est impassible. Le cœur de Joan manque un battement. Elle a le sentiment de repartir plus de vingt ans en arrière, lorsque Curtis se tenait dans le bureau présidentiel, que Carthew lui confiait une mission, qu'il écoutait avec attention. Elle pouvait alors presque deviner ses pensées qui cheminaient dans son esprit, les premières décisions qu'il prenait, toute l'organisation du début de la mission à laquelle il réfléchissait. Et elle se souvient parfaitement de sa propre réaction, l'envie de partir avec lui, avec les Futurmen, l'excitation face au danger, la volonté de réussir, d'arrêter des criminels ou de venir en aide à un peuple en difficulté. Mais parfois, aussi, la peur quand il refusait qu'elle les accompagne. Et l'amour fou qu'elle ressentait pour lui.

Là, elle peut presque imaginer que si le Comète se trouvait sur Ixio, Eufholia donnerait l'ordre du départ et décollerait pour Endoran.

Puis le visage d'Eufholia se détend.

- Nous allons donc attendre des nouvelles de papa. J'entends que ça remue là-haut. Kevin est réveillé, Soledad est déjà en train de déjeuner. J'imagine que Thomas va dormir tard...
- Certainement. Sauf s'il a prévu de faire quelque chose au jardin.
- Il serait déjà levé. Je vais emmener les petits à la plage dès qu'ils seront prêts, si tu veux.
- Tu ne voulais pas jardiner avec ton grand-père ?
- Mais toi, tu vas vouloir rester ici, non ? Et faire des recherches dans les dossiers de papa ? Des fois que...
- ... que je trouverais quelque chose sur Endoran que Linia ignore ?
- Oui.
- Impossible, Eufholia, impossible.

**

Finalement, elles sont parties toutes les deux pour la plage, avec Kevin et Soledad. Thomas est resté à la maison pour cueillir des cerises et aider son grand-père. Il a remarqué l'air préoccupé de sa mère et de sa sœur aînée, mais a gardé le silence.

Se retrouver sur la plage chasse pendant un moment les préoccupations de Joan. Eufholia, quant à elle, reste sombre. L'Arbre de Vie possède un grand pouvoir. Il retrace toute l'histoire d'Endoran, de sa fondation à aujourd'hui. Il révèle aussi toute la sagesse de ce peuple, les liens qui unissent ses habitants. Eufholia, comme Joan, prend très au sérieux cette nouvelle et l'inquiétude de Linia. Mais la jeune fille a beau tourner et retourner cette question dans sa tête, elle non plus n'a pas de réponse à ce phénomène, et butte toujours sur la même réponse : si Linia elle-même n'a pas d'explications... qui pourrait en avoir ?

Eufholia est restée au bord de l'eau, veillant et aidant Soledad à faire ses petites brasses. Joan en a profité pour aller nager vers le large.

- Tu nages de mieux en mieux, petite poupée.
- Tu m'emmènes là où je n'ai pas pied, Fholia ?
- Si tu veux. La mer est très calme, tu vas voir, ce n'est pas plus difficile de nager un peu loin qu'au bord.

De l'endroit où elle s'est arrêtée, Joan voit la belle chevelure rousse de sa grande fille se détacher sur le bleu de la mer, et les deux couettes de Soledad surnager au-dessus de l'eau. Elle sourit. Elle est heureuse que les deux sœurs se retrouvent enfin. Elle les sait très complices, très proches. L'une comprenant l'autre, se devinant, à l'image de la relation qu'elles ont chacune avec leur père. Même si les échanges entre Curtis et ses filles sont différents, ils sont basés sur la même connaissance intuitive. Quand il est parti, Curt a eu bien du mal à se séparer de sa plus jeune fille. Il est vraiment très proche d'elle, et elle retrouve son côté protecteur, celui-là même qu'il avait avec elle, quand ils partaient ensemble en mission. Pour l'heure, Soledad lui répond par la tendresse et l'admiration, mais Joan se demande si, plus grande, elle ne trouvera pas cela pesant, comme elle-même avait parfois du mal à le supporter, car elle avait alors à la fois l'impression d'être brimée et que lui-même se frustrait de ne pas pouvoir lui avouer ses sentiments.

Elle revient vers le rivage en une longue brasse fluide, mais ne rejoint pas ses filles. Elle va admirer la savante construction que Kevin est en train de réaliser avec des galets, du sable et quelques morceaux de bois échoués.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #36 am: 28. August 2013, 03:33:36 Uhr »
Insomnie  >:(

Les vautours tissent leur toile et moi je rédige un combat...

bonne soirée / nuit...

Limeye  :)



La nuit est tombée sur Glenogan, les enfants sont couchés depuis longtemps, y compris les grands. Joan entend un léger grognement provenir de la salle commune, c'est juste leur chien qui se retourne dans son sommeil. Elle soupire, elle est la seule de la maison à ne pas dormir, à moins qu'Eufholia elle aussi ne se tourne dans son lit. Encore une fois, elle porte la main à la pierre d'Endoran. Plusieurs fois, au cours de la journée, elle l'a regardée, comme y cherchant une réponse aux multiples interrogations soulevées par l'appel de Linia. Elle pense aussi à Curtis, beaucoup. Il lui manque terriblement. Et d'autant plus qu'elle a le sentiment de vivre des journées de bonheur sans nuages, qu'ils ont la chance de profiter d'un magnifique début d'été, alors que la mer est si bonne, que les cerises sont si juteuses, que les framboises sont si sucrées, qu'il fait si bon dans le jardin... que toute la famille est réunie.

"Je devrais appeler Jelle, prendre des nouvelles. Je le ferai demain. Ils seront là d'ici dix jours, je suis certaine qu'elle doit déjà être à moitié malade à l'idée de faire le voyage. Mais les filles doivent être si impatientes de changer de saison !"

Sans s'en rendre compte, elle finit par s'endormir, le visage tourné vers la photo de Curtis qu'elle ressort toujours du tiroir quand il est absent.

Un signal, le bip du transmetteur, la réveille en sursaut. Elle regarde l'heure, il est 4h du matin. "J'ai dormi, finalement", se dit-elle. Elle se lève aussitôt, sort de la chambre. Quand Curtis est en mission, elle laisse toujours ouvertes, la nuit, la porte de leur chambre et celle du bureau. C'est déjà arrivé plusieurs fois qu'il l'appelle en pleine nuit, un peu quand il en avait la possibilité. Elle se dit que c'est peut-être lui, même si elle ne pensait pas qu'il aurait appelé avant une bonne semaine. Elle enfile rapidement son peignoir, passe la main dans ses cheveux et prend l'appel. Ce n'est pas le code du Comète, mais c'est un code sécurisé.

- Madame Newton ?

Elle reconnait aussitôt le visage du vice-président des Neuf Mondes, Terrence Charron. Elle est parfaitement au courant qu'il assure l'intérim de Swenson.

- Monsieur Charron ?
- Pardonnez-moi de vous réveiller en pleine nuit, Madame, mais j'ai des nouvelles importantes à vous communiquer. J'aimerais m'entretenir directement avec vous.
- Avec moi ?
- Oui.
- Mais... mon mari est absent et...
- Il est parti en mission, oui. Et pour l'heure, il n'est pas joignable. Mais pourriez-vous venir rapidement sur Terre ?
- Je... pardonnez-moi, vous me demandez de venir sur Terre dès que possible ?
- Oui, Madame.
- Et bien... laissez-moi le temps de m'organiser ici et je vais voir. Il me faut de toute façon deux jours de voyage pour venir d'Ixio.
- Je sais. Pouvez-vous me tenir au courant pour votre arrivée ?
- Oui, bien entendu.
- Pardonnez-moi encore de vous avoir dérangée en pleine nuit, je compte sur vous dans les prochains jours, Madame Newton. C'est important. Très important.
- Au revoir, Monsieur Charron.

Et la communication se coupe.

Joan se relève du fauteuil, appuie ses mains, bras tendus, sur le bord du bureau de Curtis, reste immobile de longues minutes. Puis elle relève la tête, la laisse aller un peu en arrière. Elle sent alors la pierre, un peu froide, entre ses deux seins. Elle la regarde. Elle n'a pas changé de couleur, mais la petite étoile lui semble plus brillante que d'habitude.

- Pff, soupire-t-elle. Va dormir maintenant, tu parles... qu'est-ce qu'il me veut de si important, Charron ?

Elle regagne sa chambre, s'assoit sur le bord du lit, prend la photo de Curtis dans ses mains, la regarde longuement. Puis elle se relève, s'habille, pantalon, t-shirt, jette un pull léger sur ses épaules. Sans bruit, elle gagne la pièce principale, appelle le chien en un murmure et sort. La nuit étoilée l'accueille, elle entend le doux murmure apaisant de la mer. Elle n'a pas besoin de lumière pour se diriger vers sa crique, sa petite plage. Elle en connait le chemin par cœur. Le chien la suit, intrigué, mais toujours content de partir en balade, qu'elle que soit l'heure du jour - ou de la nuit. La mer est en train de remonter. Joan s'assoit sur le sable, regarde la masse sombre des rochers, celle un peu plus claire de la mer qui semble luire doucement sous les étoiles. Puis elle lève les yeux, cherche l'étoile mère de Tondah. Loin, très loin, là-bas.

Trop loin.

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Seules contre tous
« Antwort #37 am: 28. August 2013, 03:46:51 Uhr »
Coucou Limeye!

Je compatis pour l'insomnie... Et tu en fais vivre une à Joan, également!  J'espère ne pas faire de même cette nuit, j'embarque tellement dans tes histoires! Je vais bientôt me coucher, on verra bien...  [snore]
Je te souhaite de pouvoir te rendormir facilement! Les vautours n'ont qu'à bien se tenir, ils vont se casser le bec!

Bizz et bonne fin de nuit
Flamme
 ;)

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #38 am: 28. August 2013, 03:53:32 Uhr »
Merci Flamme !

je dirai juste : Charron n'a pas encore idée de qui il va affronter...

bizz et bonne nuit !

Limeye  :)
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #39 am: 28. August 2013, 09:42:12 Uhr »
Hello à toutes et tous !

sachez qu'entre hier soir et cette nuit (sic !), j'ai bien avancé, mais je suis toujours loin de la fin... encore beaucoup de choses à dire et à raconter dans cette histoire. Si ça vous intéresse, sachez que je viens seulement de sauver Curtis (ce qui n'est pas mal) vers la 80ème page (format word A4, calibri taille 11 - pour les pointilleux). Mais cela figurera sans doute vers la 90ème minimum, car j'ai encore tout un chapitre à rédiger que je dois insérer quelque part, mais je ne sais pas encore où...

cela dit, voyez plutôt la suite. Une mère face à sa fille. Et un nouveau petit passage "mystère".

bizz et bonne journée  [flower] !

Limeye  :)


- Et bien entendu, il n'a rien dit.

Eufholia ponctue sa phrase d'un froncement de sourcil. Elle a entendu sa mère rentrer, très tôt ce matin, le jour était à peine levé. "Pour que maman soit sortie en pleine nuit, c'est qu'elle est préoccupée. Cet appel de Linia nous intrigue toutes les deux. Ca cache quelque chose". Elle avait entendu sa mère faire chauffer le café et elle l'avait rejointe, silencieuse. En descendant la petite échelle du lit, elle avait jeté un regard à Soledad, endormie. Puis elle avait regardé dans la chambre des garçons, Thomas dormant profondément sur le lit du bas, Kevin, découvert comme toujours, avec juste le bout d'un pied encore sous les draps, dormant, souriant, dans le lit du dessus. "Sacré petit diable ! Je m'en doutais que tu n'aurais pas voulu rester dormir en bas ! Thomas est trop gentil avec toi..."

Eufholia était descendue, avait trouvé sa mère habillée, buvant son café, assise dans la véranda. Joan lui avait aussitôt raconté l'appel de Charron.

- Maman, c'est moi qui vais aller sur Terre. Papa devrait appeler bientôt, il vaut mieux que tu sois ici, pour lui parler de l'appel de Linia. Je te tiendrais au courant dès que j'aurais vu le vice-président.
- C'est moi qu'il voulait voir. Il est peut-être arrivé quelque chose à ton père, à l'équipage...
- Maman. C'est moi qui irai. Je demanderai à Ezra de m'accompagner. S'il est arrivé quelque chose à papa, il pourra autant me le dire qu'à toi. Je vais préparer mon voyage.

Et avant même que Joan ait pu ajouter quelque chose, Eufholia a déjà gagné le bureau de son père et entreprend de réserver une place pour le prochain vol vers la Terre. Il y a un départ dans la journée, en fin d'après-midi, si elle peut avoir une place... le prochain vol n'est que dans trois jours.

Quand William se lève à son tour, il s'étonne un peu de voir sa fille et sa petite-fille déjà reveillées, en plein activité. Très vite, Joan lui raconte l'appel de la nuit, et la décision d'Eufholia de répondre à la convocation de Charron. William perçoit l'inquiétude de Joan et dit alors :

- J'accompagnerai Eufholia pour le voyage. On ne sait jamais. Mais je pense que Curtis donnera bientôt de ses nouvelles, et je partage l'avis d'Eufholia : il vaut mieux que tu restes ici avec les enfants. Nous leur ferons croire qu'Eufholia a dû se rendre à Doban pour voir le professeur Wang et que je l'ai accompagnée. Tu n'auras qu'à dire la vérité seulement à Thomas.
- D'accord, d'accord. C'est peut-être mieux ainsi, en effet. Car si je pars, les petits vont s'inquiéter, alors que l'absence de leur sœur, surtout avec le prétexte qu'elle est à Doban, passera sans soucis.

**

Elle regarde l’Arbre.

L’une des racines devient noire.

Ils sont sortis des ténèbres.

Ankhior et le monde des hommes sont désormais menacés.

Mais les hommes les ont oubliés.

Et la mémoire d’Ankhior a jamais s’est perdue.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Seules contre tous
« Antwort #40 am: 28. August 2013, 13:09:11 Uhr »
Coucou!

Eufholia = détermination et "pas d'temps à parde!"  Ce que j'ai hâte de voir la réaction de Charron et de Swan!  ;D

J'aime toujours tes passages énigmatiques, et je me demande bien ce que veut dire ce que même Linia ne peut deviner... Tu sais très bien créer et maintenir le mystère!

Je grille, je saute.... [jump] [jump] [jump]

Bizz
Flamme
 :)

Offline Frégo80

  • Joan Randall
  • ****
  • Beiträge: 335
Re: Seules contre tous
« Antwort #41 am: 28. August 2013, 15:11:09 Uhr »

Les portes d'Ankhior sont l'information que ces créatures hideuses et puantes espèrent arracher à Curtis, si je me souviens bien des passages antérieurs [idea]. Ce sont sûrement eux qui sont «sortis des ténèbres». La menace devient plus évidente pour nous, lecteurs. ;D. En tout cas, Eufholia a l'air bien partie pour passer nos trois vautours à la casserole au train qu'elle mène.  ;D

J'ai hâte de voir ça!  [jump] [jump] [jump] [jump]

Bizz!

Frégo

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #42 am: 28. August 2013, 17:09:46 Uhr »
Voilà les amies ! Comment Eufholia "passe les vautours à la casserole" pour reprendre ton expression, Frego !

en attendant, tes déductions suite aux petits mystères que je distille sont bonnes ! Tu suis bien, bravo  [goodjob]

et j'aime beaucoup ta définition d'Eufholia, Flamme ! C'est tout à fait ça...

le passage suivant est écrit depuis très longtemps... sans savoir encore ce que j'allais en faire, mais il est vraiment au coeur de cette histoire, c'est, je pense, l'un des passages les plus importants (avec les petits mystères), un de ceux qui font basculer l'histoire.

bonne lecture !

bizz

Limeye  :)


CHAPITRE SIX : La Présidente des Mondes Amis

Eufholia se tient debout, devant la grande fenêtre du bureau du vice-président Charron. Elle tourne le dos aux trois personnes qui attendent, avec un rien d’impatience, sa réponse. Elle est en colère. Une colère froide, après ces trois hommes. Après le destin aussi.

Trois jours plus tôt, quand le vice-président les a fait prévenir, sa mère et elle, ni l’une, ni l’autre, n’auraient pourtant imaginé ce qui se cachait derrière cette convocation. Elle se dit que si Joan avait su… jamais elle ne l’aurait laissée venir seule à New York. Ce que ces hommes lui demandent est tout simplement inimaginable, impensable.

- Miss Newton… nous avons vraiment besoin de votre réponse, rapidement, rappelle le vice-président. Le temps nous est compté, et à votre père aussi. Si nous intervenons assez rapidement, il y a peut-être moyen de le sauver.
- Vous vous fichez bien de mon père !
- Ne dîtes pas cela, Miss…
- C’est un chantage, un odieux chantage !
- Non, pas du tout. Je comprends votre colère, intervient un autre homme, Bart Powell, proche conseiller du vice-président. Mais nous vous demandons de bien reconsidérer les choses. Je sais que cette demande vous a surprise, mais essayez de considérer la situation dans son ensemble. Nous faisons appel à votre intelligence, Miss, et au souci que vous partagez avec vos parents, je crois, d’agir aussi en fonction de l’intérêt collectif.

Elle se retourne, fixe Powell de ses beaux yeux bleus. "Il me prend pour une imbécile, ce balourd ou quoi ? Comme si je n’avais pas compris la manœuvre… à Charron de rentrer dans le lard, à lui d’essayer de m’amadouer et au dernier… de vouloir remporter la mise. Jamais je ne leur donnerai ce qu’ils me demandent. Papa a toujours refusé que certains secrets de Tycho soient révélés. Et celui-là, en particulier. Menace extra-galactique ou pas. Président malade ou pas. Papa en danger ou pas. Ces porcs ne voient que leur propre intérêt et ils osent me parler d’intérêt collectif. Je parie que Swan va me balancer tout à l’heure qu’il en va de l’avenir de l’Humanité toute entière."

- C’est non, Messieurs. Et ce seront mes derniers mots.

Elle entend un soupir, presque comme un gémissement. C’est Swan.

- Miss… pensez à l’avenir de l’Humanité… c’est ce qui est en jeu. Vraiment.

Elle lui lance un tel regard, qu’il se dit qu’ils vont avoir du mal avec elle. Elle a l’air d’avoir le même tempérament que sa mère. Une tête brûlée. Voilà ce qu’est la fille aînée des Newton. Et Swan se souvient avoir suffisamment eu à faire avec le père et la mère pour savoir de quoi il parle.

Elle sort du bureau sans ajouter un autre mot, puis quitte d’un pas décidé l’immeuble du gouvernement interplanétaire. Elle veut rentrer sur Ixio, mais elle sait qu’elle ne va pas pouvoir le faire. Pas tout de suite. Elle doit tirer cette sale histoire au clair. La vie de son père est en jeu. De son père, et de ses oncles. Et pour lutter face à ces politiciens véreux et à ce général incapable qui a réussi à devenir ministre de la Défense, elle sait qu’ici, à New York, elle ne peut compter que sur une seule personne : Ezra Gurney.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Seules contre tous
« Antwort #43 am: 29. August 2013, 02:33:28 Uhr »
Coucou Limeye!

Super, on va revoir Ezra! Je l'aime tant, celui-là!  :-*

Chère Eufholia, elle a vraiment bien jugé Swan, tout comme lui reconnaît bien en elle la digne fille de ses parents (le tempérament, surtout...)  ;D  C'était si amusant de lire ce qu'elle pensait du trio de fonctionnaires véreux!  [rolllaugh]

Je suis curieuse de découvrir ce qu'il en est de ce secret!  [jump] [jump] [jump]

Bizz
Flamme
 :D

Offline O-tho

  • Joan Randall
  • ****
  • Beiträge: 487
Re: Seules contre tous
« Antwort #44 am: 29. August 2013, 07:16:29 Uhr »
Coucou Limeye,

Ah c'est trop drole de lire les pensees d'Eupholia! S'ils s'imaginaient pouvoir l'entourlouper, c'etait la sous-estimer gravement...

Et voila Ezra qui apparait! J'ai toujours aime son cote paternaliste, celui sur lequel on peut toujours compter et s'appuyer....C'est encore vrai pour la generation suivante! Vas-y papy!  ;D

O-tho