Autor Thema: Seules contre tous  (Gelesen 12552 mal)

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Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #15 am: 23. August 2013, 19:46:14 Uhr »
Curtis est en effet dans de sales draps et pour un bon moment... mais ce n'est que le début de ce passage "puant"...

Cette détention est cependant différente de celle de Cruithne, Flamme, mais je pense qu'elle va te remuer tout autant...

voici un tiboutte pour votre après-midi / début de soirée

bizz

Limeye  :)



Un répit. Ils lui ont laissé un répit. Mais à quel prix ? Où est Otho ? Qu'est-il advenu de Grag ? Et Simon ? Est-ce qu’au moins Simon est parvenu à leur échapper ? Et le Comète ? Qu’ont-ils fait du Comète ?

Avec d’infinies précautions, il se laisse aller contre le mur auquel il est attaché. Il ne bouge guère les mains, pour ne pas se blesser plus. Les images des dernières heures - des derniers jours ?, lui reviennent en mémoire. Ils n’étaient plus très loin de Tondah lorsque les appareils de navigation du Comète avaient donné d’étranges signes de faiblesse. Tondah est une des rares planètes, appartenant à l’Association des Mondes Amis, à se trouver en dehors de la Voie Lactée. Pour l’atteindre, il faut franchir un "nuage" cosmique, dans lequel la navigation s’avère plus ou moins dangereuse et complexe. Par endroit, ce nuage est traversé par de violents courants, à d’autres, il est impraticable car les astéroïdes y sont nombreux, mais il existe cependant des sortes de "portes" pour quitter la Voie Lactée. C’est au travers de celle qu’ils avaient choisie que les premières difficultés se sont manifestées. Otho ne percevait plus d’écho radar. Grag avait diminué leur vitesse pour éviter tout accident, puis d’autres appareils étaient tombés mystérieusement en panne. Quand il avait donné l’ordre de faire demi-tour, il était trop tard. Ils ne savaient plus du tout où ils étaient. Enfin, devant eux était apparue un étrange lieu, à mi-chemin entre une planète et un immense astéroïde, de forme plutôt allongée, mais très volumineuse. Ils s’y étaient posés, espérant pouvoir réparer. Mais à peine avaient-ils atterri que l’enfer s'était déchaîné. Des créatures monstrueuses s'étaient ruées sur eux, les tirs des pistolets à protons semblaient sans effet. Même Grag était impuissant face à eux. Le robot avait été assailli par une véritable meute, il ne savait pas ce qu’il était advenu du grand robot. Heureusement, le Comète avait été fermé. Avec Simon à l’intérieur. Et Curtis espère qu’il en est toujours ainsi.

Il se souvient de ces êtres hideux, grands, au corps à demi-nu, ne portant que des sortes de pantalons constitués de peaux. Il découvrira plus tard avec horreur que ces lambeaux de vêtements sont en fait fabriqués avec les peaux des victimes de ces monstres. De taille légèrement plus grande que des humains, ils en ont un peu l’apparence. Larges d’épaules, très musclés, la peau un peu sombre, marbrée ou pour certains, striée comme s’ils portaient des tatouages rappelant un peu ceux des aborigènes, ce sont des êtres d’une redoutable endurance. Durant des heures, ils les ont portés, traînés, Otho et lui, jusqu’à cet endroit.
« Letzte Änderung: 29. August 2013, 21:48:51 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #16 am: 23. August 2013, 22:04:11 Uhr »
Coucou Limeye!

Je suis accrochée... mais de façon différente, après la planète de diamants, le clonage et JIYD! Tu es ce qu'on appelle versatile...  [master] [chinese] [respekt]

Le lien semble lointain avec Ixio la bucolique, je comprends que l'histoire va être longue... pour notre plus grand plaisir!  [jump] [jump] [jump]

Bizz et bon weekend!
Flamme
 8)

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #17 am: 23. August 2013, 23:10:32 Uhr »
Coucou Flamme, Coucou à toutes et tous !

je ne sais pas si je suis versatile... toujours est-il que ce soir, j'ai vraiment bien avancé dans l'histoire (mais je n'en suis pas encore rendue à la rencontre Loërin / Eufholia  ;) ). Je peux cependant vous livrer un tiboutte supplémentaire concernant la situation périlleuse de Curtis.

J'ai terminé la rédaction du chapitre cinq et j'en suis à peine à poser les différents enjeux de cette histoire, c'est dire...  ;) Vais-je battre le record de La clé sacrée des deux mondes avec cette histoire ? Les paris sont ouverts  :D !

toujours pas d'idées pour l'oeuvre inspiratrice en question  ???

bizz, bonne nuit / soirée / réveil selon votre fuseau horaire... mais en tout cas, bon week-end  :)

Limeye  :)



La porte de la cellule de Curtis se rouvre. Il craint à nouveau de revoir l’être affreux, et de devoir subir une séance de torture. Physiquement, il sait qu’il peut tenir, jusqu’à la mort, même si ces êtres sont redoutables de cruauté. Mais mourir pour qui ? Pour quoi ? Il ne sait même pas ce qu’il fait là, qui sont ces êtres, d’où ils viennent… ni même, ce qu’ils veulent. Ils vont le torturer pour le plaisir de faire souffrir. Ne lui ont encore rien demandé.

- Humain !

Le mot est prononcé avec dédain, d’une voix glaçante. Il parvient à ouvrir légèrement les yeux. Il reconnaît cette voix, c’est celle de l’autre être, Shaak, pas celle du gnome au visage distordu, Gnourk. L’être se tient debout, devant lui. Grand, fort, imposant, tout en puissance. Curtis le fixe, cherchant dans sa mémoire s’il a jamais entendu parler de ce genre de créatures. Mais il n’en a aucune idée. Même dans les anciens récits de Deneb, rien de cela n’apparaît. L’être respire étrangement, comme s’il reniflait, Curtis comprend pourquoi : il n’a pas de nez, ses narines semblent directement creusées dans son visage. Mais pour le reste, il ressemble assez à un visage d’homme. Enfin, si tant est qu’on peut trouver une ressemblance. Il a les cheveux mi longs, noirs, tombant sur les épaules, en touffes drues et serrées, ses joues sont protubérantes, sa bouche aux lèvres presque noires laisse voir des dents étonnamment blanches. Ses yeux ont la taille d’yeux humains, mais ses pupilles sont noires, et le blanc est injecté de sang. Ses oreilles… c’est le détail qui frappe le plus Curtis. Le haut du lobe de ses oreilles a été coupé, comme on avait voulu lui enlever un signe de reconnaissance, ou le marquer d’une façon particulière. Pour le reste, il est comme les autres créatures qui les ont attaqués : les bras et le torse nus, couverts d’étranges tatouages, de scarifications.

A ses côtés se tient un tout petit être. Curtis se demande même s’il ne s’agit pas d’un animal. Il mesure à peine plus de 30 centimètres, il se tient debout sur de fines jambes arquées, ses bras sont maigres, ses quatre doigts sont crochus. Son visage possède de petites oreilles dont le haut du lobe a aussi été coupé, il a le menton pointu, un petit nez, le front plissé et des yeux brillants qui fouillent les ténèbres. Il est à peine vêtu d’un pan de tissu brun qui lui couvre les fesses et les cuisses. Il a le torse nu.

- Ecoute-moi, bien, chien d’humain !

Curtis fait un léger signe de tête pour montrer qu’il a compris.

- Si tu ne veux pas passer entre les mains de Gnourk, il va falloir que tu parles.
- Que voulez-vous savoir ?, souffle-t-il.
- Où est la porte ?
- Quelle porte ?
- La porte d’Ankhior.
- Je ne connais pas Ankhior. Je n’ai jam… ah !

L’être lui a jeté un violent coup de pied dans le visage. Il sent le sang lui couler dans la bouche.

- Ne mens pas ! Vous en veniez… J'en suis certain.

Curtis ne répond rien. D’une part parce que le coup lui a momentanément passé l’envie de répondre, et d’autre part, parce qu’il n’a pas de réponse. Il ne connaît pas Ankhior. N’a jamais entendu parler de ce lieu. L’être poursuit :

- Vous êtes leur allié… chien d’humain ! Mais nous allons vous détruire. Nous allons détruire la race humaine, ces vulgaires fourmis qui s’agitent dans le cosmos. Et viendra le règne du tout-puissant !

Curtis frissonne. Il devine que ces êtres possèdent un pouvoir particulier, avec leurs armes, ils ne sont parvenus à en détruire aucun. S’ils pénètrent dans la Voie Lactée… oui, ces êtres pourraient anéantir l’humanité. Ou la réduire en esclavage. L’ère de Deneb va-t-elle s’achever dans le sang et la soumission ?

- Bien. Tu te tais. Alors, Gnourk va s’occuper de toi.

Et l’être tourne les talons, faisant voler les morceaux de tissu qui pendent à sa ceinture. Le petit être à ses côtés émet un ricanement sordide.
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Offline limeye

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Re: Seules contre tous
« Antwort #18 am: 24. August 2013, 05:38:07 Uhr »
Insomnie  >:( no comment... mais ça vous donne un "tiboutte" supplémentaire...



CHAPITRE TROIS : L’évasion

Mais ce n’est pas le dénommé Gnourk qui entre dans la cellule peu après. Mais un être aussi laid, aussi repoussant, aussi distordu que lui. Mentalement, Curtis s’est préparé. Il ignore combien de temps il lui reste à vivre. Il pense à Joan, aux enfants. Pourvu qu’elle ne tente rien… et Eufholia non plus.

L’être s’approche très près de lui, colle sa bouche contre son oreille :

- Chef ! C’est moi, Otho. Ne dis rien. Ne bouge pas. J’ai pu me déguiser. Me faire encore plus laid qu’eux. Je vais te détacher et on va filer d’ici.

L’androïde saisit alors les étranges liens qui enserrent les poignets sanguinolents de Curtis. Mais dès qu’il les touche, ils le brûlent et Curtis pousse un gémissement.

- Je ne sais pas ce que c’est, Otho, mais ne touche pas à mes mains… c’est horrible.
- Comment je fais pour te sortir de là ?
- Otho.

La voix de Curtis même faible reste autoritaire.

- Nous avons peu de temps, écoute-moi attentivement. Ces êtres, j’ignore d’où ils viennent. Ils m’ont demandé la porte d’Ankhior. J’ignore ce que c’est, je n’en ai jamais entendu parler. Ils disent que nous en sommes venus, que nous sommes leurs alliés. Ils veulent pénétrer dans notre monde et l’asservir, détruire la race humaine. Je les en crois capables. Il faut que tu regagnes le Comète et que tu trouves le moyen de t’enfuir. Il faut espérer que Simon ait pu rester à bord, qu’ils n’ont pas détruit le vaisseau.
- Mais… Grag ? Toi ?
- On ne sait pas ce qu’ils ont fait de Grag. Quand ils nous ont transportés, ballotés, secoués en tout sens, à aucun moment, je ne l’ai vu. Peut-être - ce serait une chance - l’ont-ils laissé sur place.
- Tu veux que j’essaye de regagner le Comète… sans toi ?
- Je suis blessé, sérieusement, Otho. Je ne pourrais pas fuir. Toi, en te grimant, tu as une chance de leur échapper, même minime, mais nous devons la tenter. Tu DOIS la tenter. Alerter la Présidence du danger qui nous menace. Regrouper toutes les forces…
- Ok, chef.

Otho retient un soupir. Abandonner Curtis ici… mais il sait aussi qu’ils n’ont guère le choix. Malgré l’absence de lumière, il devine que son Capitaine est en effet sérieusement blessé. Il sait aussi qu’ils ont toujours pensé qu’un jour, le sacrifice ultime serait peut-être nécessaire.

- Otho, reprend Curtis, d’une voix toujours aussi ferme, et même… peut-être encore plus ferme.
- Oui, chef.
- Otho. Si tu parviens à regagner notre monde… rassemble immédiatement toute la famille sur Tycho. Ezra, Ken, Jelle… tout le monde. C’est peut-être le seul endroit où vous serez en sécurité face à ces monstres.
- Ok. Je le ferai.
- Tu diras… tu diras à Joan… aux enfants… que je les aime de tout mon cœur, de toute mon âme.

Otho sent sa gorge se serrer. Cela sonne comme un testament.

- Empêche Joan de tenter quoique ce soit. Dis-lui… dis-lui que mes dernières pensées seront pour elle. Qu’elle a été le merveilleux cadeau de ma vie, avec les enfants. Ce que j’ai de plus précieux en ce monde. Et dans l’autre, aussi.
- D’accord, chef, répond Otho, la voix enrouée par l’émotion.
- Va, Otho. Je compte sur toi. Protège-les !

L’androïde, tordu par son déguisement, s’écarte. Il traverse la cellule, gagne la porte, se retourne une dernière fois et souffle :

- On les protègera jusqu’à la mort. Tu peux compter sur nous.

Puis il sort, se glisse comme une ombre dans le couloir, évite soigneusement les flaques de lumière projetées par de grandes torches suspendues au mur. Il cherche la sortie. Il doit la trouver. Il doit sortir de ce lieu maudit. Il doit le faire. Pour Joan. Pour les enfants. Pour Curtis.
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Offline Elaine

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Re: Seules contre tous
« Antwort #19 am: 24. August 2013, 10:32:46 Uhr »
 [afraid] bonjour,  [animtwink]

tu me fais penser à la captivité de Curtis dans offene Rechnungen, une ambiance similaire mais les circonstances sont différentes: extrême et  intense . très réussi, on y croit. J'adore ce passage

Heureusement que je te connais [eyeheart], je sais que tu ne peux pas le tuer ( ouf, n'empêche ce serait un sacré défi) ou en faire un fantôme(merci Flamme)

SInon je n'en mènerais pas large et je recommencerais le harcèlement ;D

Evidemment Joan , elle va pas écouter hein ?

On a juste envie de l'encourager pour tenir bon,  [jump] [jump] [jump]

bizz

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #20 am: 24. August 2013, 10:49:56 Uhr »
Coucou Elaine et merci !

le défi aux mirabelles m'a fait une bonne pause, j'en suis à la page 42 et Eufholia n'a toujours pas rencontré Loërin (je dis ça pour les impatientes de service  ;) ).

quant à ce que va faire Joan... patience...  ;)

mais j'avance bien...  [work]

ce n'est pas l'histoire de Felixx à laquelle j'ai pensé en écrivant, mais si j'arrive à rendre cette atmosphère aussi lourde et pesante, alors, je suis contente, car c'est l'impression que je veux donner.

les passages suivants vont peut-être vous mettre sur la piste de ce qui m'a inspirée... j'attends toujours vos propositions...  ;)

bizz

Limeye  :) (pas motivée pour le ménage...)



Otho sait être prudent. Il sait que la précipitation peut être son ennemie. Il fuit les endroits bruyants, mais aussi les lieux trop silencieux. Il se cache dans les recoins, progresse petit à petit. Son instinct le guide plutôt vers les hauteurs. Dès qu’il peut trouver un escalier, il l’emprunte, cherche une ouverture vers l’extérieur qui lui donnerait une idée du lieu où il se trouve. Quand on l’a amené ici, il était inconscient. Il ne sait pas à quoi ressemble ce lieu. Pour l’heure, il n’en voit que des couloirs, sombres, des recoins, il n’en perçoit que des odeurs fortes, puissantes. Des odeurs de mort et de charognes, des odeurs de boue aussi. Son déguisement, il le doit à l’un de ses gardiens, qu’il a pu assommer et dont il a pris plus ou moins l’apparence. Il ne voulait ressembler à personne en particulier, mais pouvoir se fondre parmi ces êtres étranges. Jamais encore ils n’avaient été confrontés à une telle abomination.

Enfin, après ce qui lui semble avoir duré des heures, il parvient, au bout d’un couloir, à percevoir une ouverture. Une sorte de meurtrière. Il s’en approche, prudemment. Personne autour de lui. Au dehors, c’est la nuit. Ou quelque chose qui ressemble à la nuit. Des nuages de brumes enveloppent les lieux. Il se trouve approximativement six à huit mètres du sol, d’après ce qu’il peut évaluer. Il est monté trop haut, mais cette hauteur ne lui fait pas peur. Il pourrait descendre le long de la paroi aisément, à condition de trouver une ouverture suffisante pour s’y glisser. En bas, il distingue une sorte de cour où plusieurs êtres s’activent.

Otho n’est pas un peureux, mais cet endroit, ces êtres, lui font peur. Vraiment. Encore une fois, il se retourne, regarde le long couloir d’où il est arrivé, après avoir encore monté un escalier. Il va devoir repartir par là, et reprendre à nouveau le couloir, plus bas, mais sur sa droite, cette fois. Il pense à Curtis, à son Capitaine qu’il laisse ici, derrière lui. "Si seulement j’avais Oog avec moi… Oog serait resté jusqu’à la fin avec lui. Mais Oog, s’il est encore vivant, est dans le Comète. Si le Comète n’a pas été détruit."

Otho se secoue. "Allons, tu es le dernier espoir de Curtis. Tu dois sortir d’ici, Otho ! Et retrouver Grag. Le chef n’a pas vu Grag se faire transporter comme nous. Et Simon ! Simon est dans le Comète, tu dois t’en persuader !" L’androïde se glisse à nouveau comme une ombre, le long du mur. Cet endroit lui file la chair de poule, cet endroit est un lieu malsain, un lieu sombre, un lieu de mort. Un lieu dont l’atmosphère déteint sur son moral, diminue ses espérances, sape sa volonté. Mais Otho n’est pas un humain. Et il se souvient de la tour des Allus. Ni Grag, ni lui n’avaient été gênés par les ondes mentales des Allus. Alors, ce n’est pas ici qu’il va flancher. "N’empêche, j’espère que je vais retrouver Grag et Simon."

**

Otho arrive en bas de l’escalier, lorsque qu’un bruit de pas courant se fait entendre dans le couloir devant lui. Il parvient à trouver un recoin pour se cacher et voit passer devant lui des milliers de petits êtres. Ebahi, il les regarde courir, ils lui font penser à une vague qui remonterait toute une plage, recouvrant le sable, sans qu’on puisse l’arrêter. Enfin, au bout d’un temps qu’il ne parvient pas à définir, tout redevient calme. Il n’a encore vu aucun de ces petits êtres, mais si Curtis avait été avec lui, il les aurait reconnus. L’un d’entre eux accompagnait Shaak quand il est venu l’interroger dans sa cellule.

"Qu’est-ce que c’est encore que ces ouistitis ? Je me demande vraiment où on est tombé…" Otho se secoue à nouveau, encore une fois étonné par l’espèce d’apathie qu’il ressent. Il faut qu’il sorte, absolument. Il prend le couloir dans lequel les petits êtres ont disparu l’instant d’avant, et toujours prudemment, il avance. Enfin, il débouche sur un petit escalier qui mène à une salle plus éclairée que les autres lieux qu’il a parcourus. Il y entend des bruits, des raclements de pas sur le sol, devine des ombres. Il en compte une dizaine. Impossible de continuer par là et pourtant, il sent que l’air est légèrement plus frais, moins vicié. "La sortie n’est pas loin, mais tant qu’il y a du monde en bas… Impossible de m’y aventurer. L’important est de sortir, oui, mais aussi de ne pas me faire prendre…"

Soudain, un son à lui glacer le sang se répand dans l’air, faisant vibrer les murs comme si eux-mêmes tremblaient de peur. Aussitôt, les ombres s’agitent, grognent. Et quittent la pièce. Il se demande ce que signifie ce bruit. Mais il se dit qu’il y a là l’opportunité pour lui d’avancer à nouveau, et peut-être de trouver une issue. En effet, la pièce débouche sur la cour extérieure qu’il a aperçue depuis la meurtrière, un peu plus haut. Restant dans l’ombre de la porte, il jette un regard au-dehors. Des dizaines, peut-être cent, cent cinquante, êtres semblables à ceux qui les ont attaqués sont rassemblés devant ce qui ressemble à une poterne. Deux êtres s’y tiennent. L’un est celui qui a interrogé Curtis. L’autre harangue la foule.

- L’un des chiens d’humains s’est échappé ! Fouillez toute la tour ! Trouvez-le ! Mais ne le tuez pas ! Amenez-le jusqu’à nous ! Gnourk va s’en occuper…

Aussitôt, la foule se disperse, se rue dans la tour, Otho se recroqueville encore plus dans son recoin d’ombres. Les pas lourds frappent le sol, lui rappelant le martèlement qui a accompagné leur traversée jusqu’à ici, alors qu’il était balloté en tous sens, perdant souvent conscience. Il attend que le calme soit revenu et voit s’éloigner les deux chefs. La cour est vide. Les ombres, un temps dissipées par la lumière des torches, y règnent à nouveau. Otho se glisse au-dehors, rase les murs de la tour, imposante, puis ceux d’un mur de deux mètres de hauteur environ, qui fait penser à un chemin de ronde. Au bout du mur, il débouche sur un vaste espace. La liberté. Dans les ténèbres. Mais la liberté.
« Letzte Änderung: 9. April 2014, 04:08:40 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #21 am: 24. August 2013, 21:08:13 Uhr »
Léger retour en arrière pour vous permettre de comprendre ce qui s'est passé...

bonne soirée  :)

Limeye  :)


Simon assiste effaré au combat sans issue. Curtis lui a ordonné de rester à bord, peu confiant en ce monde brumeux et sombre sur lequel ils ont atterri. Planant devant la grande baie du poste de pilotage, Simon les voit sortir, Grag, Otho et le Capitaine. Oog et Eek sont debout sur le fauteuil de Grag. A peine leurs amis ont-ils posés pied à terre qu’ils voient une troupe se ruer sur eux. Armés de sortes de longues sagaies aux pointes tranchantes, leur allure effraie Simon et les deux petits animaux. Oog et Eek se jettent en tremblant dans les bras l’un de l’autre. En quelques minutes, malgré la résistance de Grag, les attaquants ont gagné ce qu’il est difficile d’appeler un combat. Aucun des tirs des pistolets à protons n’a tué d’assaillants. Les tirs ont comme ricoché sur leur peau, ce que Simon pourra observer un peu plus tard en visionnant les images du combat, images gravées dans sa mémoire.

Il voit, impuissant, les attaquants soulever le Capitaine blessé, Otho inconscient car il a été assommé par une lourde massue. Grag, dont la petite trappe contenant ses fusibles a été brisée lors d’un choc, gît sur le sol. S’ils emportent Otho et Curtis, les assaillants laissent là le robot. Mais alors que la petite troupe se trouve à environ 500 mètres du Comète, celui qui semble en être le chef fait un signe, et soudain, une nuée de petits êtres – qu’Otho croisera un peu plus tard dans les couloirs de la tour – entoure le vaisseau, cherchant à y grimper. Leurs petits doigts crochus parviennent à s’agripper sur la moindre éraflure de la coque, le moindre interstice. Ils s’acharnent autour de la porte, et un temps, Simon aura la crainte qu’ils ne parviennent à entrer. Mais à son grand soulagement, ce n’est pas le cas. Piaillant, poussant de petits ricanements aigus, ces milliers de petits combattants s’acharnent. Durant toute la nuit – du moins, ce que Simon définira comme étant la nuit, car le jour semble absent de ces lieux, il n’y perçoit qu’une vague différence de clarté -, ils vont courir autour du vaisseau, tenter d’y entrer. Plusieurs vont recouvrir le corps de Grag, griffer la masse du grand robot, l’un parviendra à défaire un œil, d’autres, à tirer les fils qui commandent ses mouvements, d’autres encore à défaire les petits outils incorporés dans ses doigts. Puis finalement, sans doute lassés de leur échec, ils disparaîtront aussi soudainement qu’ils ont surgi.

Après des heures à avoir entendu ces piaillements, le silence semble pesant à Simon. Prudemment, il commande l’ouverture et la mise en route des caméras situées à différents endroits du vaisseau, pour observer les alentours. Il n’y a aucun mouvement, hormis celui de vagues de brume dans le lointain. Il décide alors de sortir le bras télescopique et bénit Otho de l’avoir bien huilé avant le départ. Sans bruit, le bras se déploie et atteint Grag qu’il soulève sans difficulté. Simon commande alors l’ouverture d’une trappe, non loin de la porte du vaisseau, mais un peu en hauteur par rapport à elle. C’est par-là qu’il parvient à rapatrier le corps comme supplicié du grand robot.

Simon commande alors à un robot civière de réceptionner Grag, Eek couine, Oog pleurniche.

- Calmez-vous, mes amis. Je vais le réparer et vous allez m’aider. Il est mal en point, vu comme ça, mais je ne pense pas que ce soit insurmontable. Allons ! A l’atelier !

Durant plusieurs heures, aidés par Oog et Eek qui obéissent bien sagement à ses ordres, Simon va minutieusement réparer Grag, souder de nouveaux fils, vérifier tous les composants, lui replacer un œil, des outils miniatures. Quand, enfin, il insère de nouveaux fusibles dans le petit habitacle qu’il referme, Eek se met à sautiller sur place. Simon réactive Grag, les yeux du robot se mettent à clignoter, ses bras se lèvent vivement en un geste de défense. Eek lui saute au visage, le léchant de sa petite langue râpeuse. Oog fait de multiples pirouettes sous le regard presqu’attendri de Simon.

- Professeur ! Le chef ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-il arrivé ?

Et Simon raconte tout ce qu’il a vu et fait.

- Il faut aller les chercher ! On ne peut pas les laisser aux mains de ces êtres puants et dégoûtants !
- Bien entendu que nous allons faire quelque chose, Grag. Mais d’abord, il faut remettre le vaisseau en état. Les espèces de petites bestioles ont grimpé sur toute la carlingue, ils ont peut-être causé des dégâts. Et puis, il ne faut pas oublier que nous avons eu des problèmes d’électronique avant d’atterrir dans ce lieu maudit. Nous allons commencer par cela. Et ensuite, nous aviserons.
- Bien, professeur ! Je vais lancer une vérification complète du vaisseau.

Ce ne sera que deux "nuits" plus tard, une fois que Simon sera parvenu à déterminer la cause de leurs pannes d’électronique et que Grag aura pu réparer, qu’ils sont alors prêts à décoller à nouveau et à partir à la recherche d’Otho et du Capitaine. A la fin de cette même nuit, Otho entamera son périple à travers les brumes.
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Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #22 am: 25. August 2013, 11:43:00 Uhr »
Hello !

ça se voit que c'est le week-end... c'est calme. Alors, toujours pas d'idée pour le petit "défi" ?

je continue donc à vous semer des indices... là, je pense qu'il y a de quoi...

bizz et bon dimanche à toutes et tous  [flower]

Limeye  :)



Otho s’est glissé dans les ombres, mais déjà, il se demande si l’ombre, en ce lieu, n’est pas son ennemi. Et s’il ne vaut mieux pas cheminer dans les quelques zones de lumière. Les êtres qui vivent ici semblent s’accommoder très bien des ombres. Il avance tout d’abord à travers une plaine, aux herbes rases, comme grillées, dont il ne peut déterminer la couleur. D’ailleurs, la couleur semble absente de ce lieu, soumis au noir, au gris et à une lumière blafarde. Il ignore dans quelle direction aller, et pour l’heure, il ne songe qu’à une chose : aller le plus loin possible. Il va droit devant lui, si tant est qu’il puisse se diriger en cet endroit où il n’existe aucun repère. Plusieurs fois il s’est retourné. Longtemps, il a eu le sentiment de ne pas s’éloigner de la tour, puis, à un moment, elle a disparu à ses yeux, happée par les bancs de brume. Il sent alors un changement : le sol sous ses pieds devient plus meuble, parfois, il marche dans des petites flaques. Il devine qu’il traverse une zone plus humide. Son naturel optimiste l’aide à tenir bon, sans oublier la pensée toujours présente pour son chef et sa famille. Quoiqu’il arrive, il tentera tout, et d’abord de rester en vie, pour alerter la présidence des Neuf Mondes, mais aussi et peut-être surtout, pour protéger Joan et les enfants. C’est ce que Curt lui a demandé. Ses dernières volontés, en quelque sorte. Et Otho vendra chèrement sa peau pour y parvenir.

Le fait que le sol ait changé de nature lui permet d’envisager les choses sous un angle légèrement différent : cela signifie qu’au moins, il avance. Otho est endurant. Il peut aussi tenir longtemps sans s’alimenter. Un peu d’eau cependant ne serait pas pour lui déplaire. Il se penche pour en boire au sol, mais ce qu’il distingue lui coupe la soif. D’étranges lueurs et de légers voiles émergent des flaques. Otho ignore qu’il chemine à travers un cimetière, là où ont été laissés les corps des victimes de leurs ravisseurs.

- Bon sang d’une boule de caoutchouc ! Ce lieu est maudit parmi tous les lieux maudits du monde !

Mais à cet instant, une pensée l’effleure :

- Sommes-nous encore dans le monde ?

Il reprend sa marche, mais est incapable de dire combien de temps il chemine. Longtemps encore il sent sous ses pieds le sol meuble, parfois boueux du marais. Longtemps encore les voiles de brume l’enveloppent, comme des fantômes, comme si les êtres suppliciés dont les corps sont restés sans tombe étaient réveillés par son passage. Pas une fois depuis qu’il traverse le marais il ne s’est retourné. Sans doute a-t-il bien fait. Car même pour l’androïde courageux qu’il est, peut-être que la vision de ce qui le suit, de ce qui se lève derrière lui l’aurait-il rendu totalement incapable de continuer.

Enfin, la nature du sol change à nouveau. Ce n’est plus le marais, mais ce n’est plus la plaine non plus. Désormais, le sol est dur, rocheux. Là aussi émanent des langues de brume, mais il ne s’agit plus de vapeur d’eau, mais de fumées qui sortent du sol, comme s’il marchait sur la croûte figée de la lave d’un volcan. Par moments, Otho voudrait s’arrêter, se reposer un peu. Il a oublié qu’il avait soif. Il a oublié qu’il avait faim. Il sait juste qu’il doit continuer, encore un pas de plus. Où est le Comète ? Est-il parti dans la bonne direction ?
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #23 am: 26. August 2013, 03:16:57 Uhr »
ça se voit que c'est le week-end... c'est calme. Alors, toujours pas d'idée pour le petit "défi" ?

je continue donc à vous semer des indices... là, je pense qu'il y a de quoi...


Je suis revenue! Non, toujours pas d'idée pour le petit défi, même s'il y a de quoi... ce doit être quelque chose que je n'ai pas vu, ni lu...  ??? J'ai hâte de savoir!

Ce passage du récit est vraiment très sombre, très lourd, éprouvant à lire...  :( et la curiosité qu'elle me cause est tout aussi éprouvante! Comme le dit Elaine, heureusement qu'on sait que tu ne peux pas le tuer...   ;)

Je grille d'impatience, mais différemment... de façon plus oppressée!  [jump]

Bizz
Flamme
 :(

Offline O-tho

  • Joan Randall
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Re: Seules contre tous
« Antwort #24 am: 26. August 2013, 06:32:27 Uhr »
Coucou Limeye,

Excellent comme tu decris cette atmosphere lugubre!! A donner la chaire de poule...Et Curtis, il est quand meme mal parti...Meme si on sait qu'il s'en tire, en seul morceau apparemment, on se demande bien comment...

Quant a ton "defi", au debut j'avais pense au "Seigneur des anneaux", ta description m'a fait penser a Golum, mais je ne suis pas bien sure...

Oh well, je cherche toujours... ;D

O-tho

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #25 am: 26. August 2013, 08:53:34 Uhr »
Coucou à toutes et tous !

Il était nécessaire en effet que ce passage soit très lourd, sombre. Un passage "inverse" vous attend, mais dans longtemps (enfin, vers la moitié du récit d'après mes calculs actuels).

Quant à la façon dont Curtis va s'en tirer, il va vous falloir être vraiment très très patientes, car je n'y suis pas encore, loin de là... même si j'ai la scène en tête. Sauf changement, cela ne devrait arriver que vers la fin du récit. Pour tout vous avouez, j'en suis à 70 pages (avec un morceau manquant entre deux que je dois raccorder), et la fin est encore loin. Le combat des héritiers avait fait une centaine de pages, La planète de diamants (134) (c'est histoire de vous donner une idée de la quantité de charbon de bois qui vous attend pour griller  ;) )

Ce qui devrait vous permettre de garder de l'optimisme, ce sont justement ces deux suites (l'histoire de Kevin et celle de Soledad) puisque Curtis y est bien présent...

pour ta proposition, Otho, je t'ai répondu par message !

voici donc la suite... fin du troisième chapitre.

bizz

Limeye  :)


Le Comète. Le vaisseau est en état de décoller. Un temps, Simon hésite. Ne vont-ils pas à nouveau tomber en panne ? Pour la première fois de son existence d’homme réduit à un cerveau, il hésite. Durant les heures précédentes, lorsque Grag et lui-même effectuaient les différentes réparations, ils n’ont rien vu aux alentours. Aucune des créatures qui les ont attaqués n’a fait sa réapparition.

- Que fait-on, professeur ?, demande Grag, installé aux commandes. Ne devrions-nous pas décoller et survoler un peu la plaine, des fois qu’on apercevrait quelque chose ?
- Je crois que nous devrions le faire. Si nous ne voyons rien, nous tenterons de repartir et d’alerter la Présidence et Joan.
- Pouvons-nous repartir sans… sans le chef et sans Otho ?
- Nous serons peut-être obligés de nous y résoudre, mon pauvre Grag. J’ignore tout des êtres qui nous ont attaqués et de ce monde étrange où nous nous sommes posés. Mais ce dont je suis sûr, c’est que ce monde est un monde dangereux. Et que les êtres qui le peuplent sont une menace. Nous sommes peut-être les premiers à le savoir, et notre devoir - Curtis nous l’imposerait - serait de donner l’alerte.
- Oui, vous avez raison, professeur. Alors, je décolle ?
- Vas-y, Grag.

Le robot relance un à un les cyclotrons, les moteurs. Le vaisseau vibre légèrement, puis, quand la puissance nécessaire est atteinte, le robot fait décoller le Comète.

**

Elle regarde l’Arbre de Vie.

L’écorce est plus sombre que d’habitude.

Une sourde inquiétude s’en dégage.

Jamais le plus sage parmi les sages ne lui a parlé d'un changement de couleur de l'Arbre.

Elle cherche, parmi la longue histoire du peuple d'Endoran, ce qui pourrait lui donner un indice.

Pour l'heure, elle ne trouve pas.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Seules contre tous
« Antwort #26 am: 26. August 2013, 12:03:59 Uhr »
Bon, j'en connais qui ne vont pas tarder à émerger de l'autre côté de l'Atlantique, et qui à défaut de réussir à faire griller leurs tartines (un souci de mon propre lever  ;D...) pour leur petit déjeuner grillent sur place pour lire la suite  [jump]

Limeye  :)


CHAPITRE QUATRE : Le Retour du Comète

Le Comète survole la plaine sans fin que les ravisseurs d'Otho et Curtis ont traversée, quelques 'jours' plus tôt. Grag a placé le vaisseau à une altitude respectable, tant il craint une attaque sournoise qui les forcerait à nouveau à se poser. Simon a branché les radars et les caméras, car dans l'obscurité régnante, il est bien difficile, même pour le robot de distinguer quelque chose au sol. Cela fait déjà un bon moment qu'ils sont en vol quasi-stationnaire et ils n'ont rien décelé. Raisonnablement, Simon se dit qu'il lui faudrait donner l'ordre à Grag de repartir. Mais comme lui, il se refuse encore à croire que tout est perdu, que Curtis et Otho ont définitivement disparu.

Oog et Eek se tiennent devant l'un des écrans de contrôle, Oog a la tête baissée, triste de l'absence de son maître et du Capitaine. Compréhensif et compatissant, Eek a passé l'une de ses pattes sur l'épaule de son ami et le console et le soutient comme il peut. Lui aussi est triste. Tout en câlinant Oog, Eek garde les yeux fixés sur l'écran et soudain, il lance un petit jappement. Quelque chose bouge dans la plaine.

Simon vole rapidement jusqu'à l'écran, fait zoomer les caméras et aperçoit un être difforme, solitaire, qui chemine dans la plaine. Intrigué, il prévient Grag.

- Grag, il y a quelqu'un en bas qui avance. Le vois-tu ?
- Pas encore, professeur.
- A 20 degrés sur ta droite. Dès que tu le verras, tu me diras ce que tu en penses.
- Ah, ça y'est ! J'aperçois quelque chose ! C'est bizarre, on dirait qu'il est fatigué, qu'il titube... Il ne marche pas comme les autres dont vous aviez enregistré les images...
- En effet, c'est ce que je constate aussi. Et surtout, il ne ressemble à aucun de ceux que nous avons vus jusqu'à présent. Ni grand et costaud comme ceux qui nous ont attaqués, ni petits et malingres comme des singes.
- Il nous a vus, professeur !

Otho ne sait plus depuis combien de temps il marche. Tout est devenu machinal. Il ne pense plus à rien. Il met juste un pied devant l'autre, sans se soucier d'être visible, sans se soucier non plus de la direction dans laquelle il doit aller. Il a le sentiment que sa volonté l'a abandonné, qu'il ne peut plus rien faire d'autre que lever un pied, le faire bouger un peu, le reposer, lever l'autre, et faire un pas, puis un autre pas. Un bruit pourtant, un bruit qui ne lui est pas inconnu mais qu'il met longtemps à identifier finit par parvenir jusqu'à son cerveau, qui est comme endormi, groggy. Il lui faut encore un long moment pour s'arrêter et finalement, lever les yeux.

Il reste immobile. Là, au-dessus des volutes de brumes, il devine une forme bien particulière. Et surtout, il voit de la couleur. Blanche. Et un gris, un peu brillant, différent du gris qu'il a perçu depuis... il ne sait pas depuis combien de temps. Mais il lui faut encore un bon moment avant de reconnaître le Comète.

- On dirait qu'il nous fait des signes, professeur ? Et si c'était un piège ?

A ce moment, Eek se met à japper plus fort, Oog s'est précipité devant la grande baie du vaisseau. Il couine.

- C'est Otho, dit soudain la voix particulière de Simon. Il a dû se maquiller. Regarde !

En effet, l'être bossu bouge, s'agite, passe ses mains sur son visage, se frotte et c'est soudain la tête de l'androïde qui apparaît.

- Youhouuuuuuu !!! Mon vieux chewing-gum ! C'est la balle de caoutchouc, professeur ! Professeur !
- Oui, mon vieux Grag. Je suis aussi heureux que toi de le revoir ! Approche-toi, on va le récupérer.

Grag manœuvre alors le vaisseau juste au-dessus d'Otho, Simon fait coulisser la trappe située sous l'habitacle du Cosmolem et envoie un rayon tracteur. Otho est comme aspiré et se retrouve rapidement à l'abri du Comète.

- C'est bon, Grag ! Otho est à bord. Reprends de l'altitude !

Grag obéit, mais il a bien du mal à rester aux commandes. Il voudrait se précipiter vers l'arrière du vaisseau pour serrer fort Otho dans ses bras. Eek et Oog se sont précipités à la suite du professeur et Oog retrouve son maître en lui faisant une vraie fête, couinant, sautillant sur son épaule, ses bras, lui léchant sans cesse le visage, le cou, les mains.

- Du calme, Oog, du calme, je suis épuisé.
- Viens dans le cockpit, Otho, tu vas nous raconter ce qui t'est arrivé. Et tu vas reprendre des forces.

**

- Le chef a dit qu'il fallait qu'on reparte ?

La voix métallique de Grag est chargée d'étonnement et de tristesse.

- Oui, Grag, oui. Il était impossible pour lui de fuir. Il était blessé, et entravé... je ne sais pas avec quoi ils l'avaient attaché au mur, mais quand j'ai touché ses liens, c'est comme si j'avais reçu une décharge électrique, et lui-même a souffert. Il m'a ordonné de tout faire pour retrouver le vaisseau, espérant que vous y seriez encore, professeur, et que Grag avait été laissé sur place. Comme je suis heureux de te revoir entier, mon vieux tas de ferraille !
- C'est le professeur qui a pu me récupérer et me réparer. Ils m'avaient mis dans un sale état, mais surtout...

Grag secoue la tête, désespéré.

- Surtout, je n'ai rien pu faire pour vous protéger, le chef et toi...
- Grag, dit Simon, remets les moteurs en route. Nous allons obéir aux ordres de Curtis. Je pressentais quelque chose de monstrueux en ce monde, et ce qu'Otho nous a rapportés nous le confirme. Curtis est peut-être mort à l'heure qu'il est, mais nous devons rentrer dans notre monde. Nous devons maintenant mettre Joan et les enfants à l'abri. C'est ce qu'il nous a demandé. S'il est encore vivant, il compte sur nous pour le faire ! Nous devons le faire, Grag !
- Oui, oui, professeur. Bien sûr. Maintenant, nous allons veiller sur les petits.

Grag remet alors le Comète en route, et ils s'éloignent de ce lieu maudit, laissant derrière eux la preuve de l'existence du monde humain, et un homme, leur Capitaine, aux mains d'un peuple sanguinaire et terrible.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Frégo80

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Re: Seules contre tous
« Antwort #27 am: 26. August 2013, 16:32:47 Uhr »
Coucou!

Me revoilà! ;D

Curtis se retrouve dans de sales et puants draps! Je sens que les seules contre tous seront Joan et Eufholia. Cette planète aux gens hideux, presque des zombies me fais penser un peu à Planet Terror de Quentin Tarrentino: Ils se battent contre une armé de Zombies créés à cause d'un agent toxique secret. Le héros meurt, l'héroïne enceinte du héros survit et devient la chef des derniers survivants seins de l'humanité. On la voit à la fin sur un cheval  avec un bébé derrière son dos et ses derniers mots sont Two against the world baby! Two against the world!, après avoir pourfendu un dernier zombie. ;D

Pour ma part, ce récit ne me faire pas fondre, il me consume! [burn] [goodjob]

Vivement la suite!  [jump] [jump] [jump] [jump]

A+

Frégo  8)

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #28 am: 26. August 2013, 20:16:06 Uhr »
Bonsoir à toutes et tous !

recoucou Frégo ! Contente que tu aies eu un chouette week-end. J'espère que tu reviens avec le plein d'idées pour les mini-défis et pour les visages de mon ennemie !

je n'ai pas vu le film dont tu parles, j'avoue ne pas avoir retenté le moindre Tarantino après m'être endormie au premier quart d'heure de Pulp Fiction... oui, j'avoue  :-[.

donc, ce n'est pas ce film qui m'a inspirée  ;) !

le Seules contre tous concerne en effet Joan et Eufholia, mais pas seulement (si j'ose dire), vous le verrez plus tard...

bonne nouvelle de ma part, j'ai quasiment fait la jonction entre cette première "grosse" partie du récit et la fameuse rencontre entre Eufholia et Loërin (je dis ça, car je crois qu'il y a quelques impatientes du côté du Canada à ce sujet  ;) ).

voici donc une suite ! Retour sur Terre...

bonne soirée / bon après-midi !

Limeye  :)


- Monsieur le vice-président !
- Oui, Nadia ?
- Un appel en urgence du professeur Simon Wright. Puis-je vous le passer ? La communication n’est pas très bonne…
- Bien entendu.

Terrence Charron se tourne légèrement dans son siège, pour se placer bien en face du vidéo-transmetteur posé sur son bureau. Depuis trois semaines, depuis que le Président Stephan Swenson est tombé gravement malade, c'est lui qui assure l'intérim de la présidence des Neuf Mondes. C'est la première fois qu'il va traiter directement avec les Futurmen, même s'il n'est pas sans ignorer que l'équipe du Capitaine Futur est partie pour Tondah il y a plus d'un mois.

- Professeur Wright, bonjour.
- Monsieur Charron, bonjour. Je …uis soulagé de parvenir enfin à vous …tacter. Je dois … informer de quelque cho… de très grave. Lors de notre travers… du nuage frontalier, à deux jou… de vol de Tondah, nous avons été pris dans … turbulences importantes et entraînés dans … lieu des plus inhospitaliers. Nous y avons été attaqu… par des créatures contre lesquelles … armes ne peuvent rien. Le Capitaine a été fait prisonnier. Gr… blessé, il n'a pu s'enfuir. Il nous a donné l'ordre … vous prévenir d'une terri… menace pesant sur … monde. … créatures ont l'intention … nous attaquer. Il faut réunir toutes … forces possibles contre … fléau !
- Professeur... vous êtes certain ?, demande-t-il légèrement inquiet.
- Mon… Charron, nous n'avons que peu … temps. Je vous en conjure !
- Une menace extra-galactique ?
- Je … crains. J'ai beau cherch… dans toutes nos données, je n'ai rien trouvé … ces êtres. Mais … veulent réduire l'humanité à néant, et … crains qu'ils n'en soient capables.
- Bien, je vais donner l'alerte. Où êtes-vous ?
- Nous sommes … chemin du retour. Nous allons … vite que possible. Je veux rejoindre Ixio … préven… Joan Newton.
- Oui, oui, je comprends... la disparition du Capitaine est une grande perte.

Il lui semble entendre une sorte de grognement, mais la liaison étant assez mauvaise, il ne s'y attarde pas. C'est simplement Otho, qui, à côté du professeur, n'a pu s'empêcher de manifester son agacement face à la platitude d'une telle remarque.

- Nous .... ensuite... cho...

La liaison se coupe sur ces dernières bribes de phrases que Charron ne parvient pas à décrypter. Mais ce qu'il a entendu lui suffit. Il convoque immédiatement le ministre de la Défense, le Général Swan.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Seules contre tous
« Antwort #29 am: 27. August 2013, 09:35:16 Uhr »
Swan est un homme qui arrive à la fin de sa carrière. Longtemps général, il a enfin obtenu le poste qu'il convoitait comme une apothéose, celui de ministre de la Défense des Neuf Mondes. Lui et le Président Swenson s'estiment sans vraiment s'apprécier. Il avait été évincé par Carthew, peu après l'échec lamentable de la mission de police qu'il avait confiée au colonel Ezra Gurney et à la lieutenant Joan Randall, mission qui avait failli coûter la vie à la jeune femme. Suite à cet échec, il avait fait profil bas, retournant servir dans l'armée, renforçant ses réseaux, retrouvant une certaine aura. Et lorsque la Présidente Pam Keshir avait été élue, il avait su bien manœuvrer pour se rendre indispensable. Le successeur de Keshir, Swenson, est d'un tout autre acabit. Le même genre que Carshew, mais il n'avait aucune raison de dévoyer Swan et pour l'heure, il l'avait maintenu à son poste. Mais Swan est un proche du vice-président, Charron, et à ce titre, depuis la maladie du Président, il est aussi un des hommes forts du gouvernement interplanétaire. La convocation de Charron ne l'étonne guère, mais quand il entre dans le bureau présidentiel, il comprend qu'il se passe là quelque chose de grave.

- Général, asseyez-vous. L'heure est grave. Très grave.

Swan prend place, et sans attendre, Terrence Charron lui livre le contenu de son échange avec le professeur Simon.

- Je considère le professeur Wright comme un "homme" dont on ne peut mettre en cause la parole. S'il nous fait part d'une menace, c'est qu'elle est réelle.
- Qu'est-il arrivé au Capitaine Futur ?
- De ce que j'en ai compris, il a été gravement blessé et n'a pu être évacué. Nous devons le considérer comme mort. C'est une très mauvaise nouvelle. Nous aurions bien eu besoin de lui. Enfin, ses hommes sont sur le chemin du retour. J'ai demandé au service des communications de m'établir une estimation du temps de parcours qu'il leur reste à effectuer. J'attends leur réponse d'un instant à l'autre.

Swan ne peut s'empêcher d'esquisser un léger sourire. Il ne porte pas le Capitaine Futur dans son cœur, ne l'a jamais porté. Cet aventurier n'étant soumis à aucune loi, agissant pour le compte du Président uniquement. Oh, un bon meneur d'hommes. Mais fort heureusement, il n'avait jamais fait de politique. Sinon, il aurait été un adversaire redoutable. Intègre, fidèle à des principes que Swan méprise en partie, prenant la défense des plus faibles... Swan se souvient notamment qu'il est celui qui a bloqué toute exploitation des richesses de Styx et a fait négocier un accord qui verrouille totalement l'accès à cette planète pourtant riche en diamants et métaux. Tout cela pour une population qui vit de manière complètement archaïque. Pour Swan, une chose est certaine : la nouvelle de la disparition du Capitaine Futur est une bonne nouvelle, sur le plan personnel, tout au moins.

- Général, je vous ai convoqué car nous allons devoir très vite prendre des décisions importantes. Nous serons peut-être obligés de déclarer un couvre-feu, de restreindre les libertés, pour protéger la population de cette menace, décréter l'état de guerre et ordonner la mobilisation générale. Pour l'heure, bien entendu, nous n'en sommes pas là et cette menace est peut-être encore lointaine. Néanmoins, nous devons, au niveau du gouvernement, nous tenir prêts. Une chose m'inquiète, c'est que le professeur Wright a laissé entendre que les armes conventionnelles étaient inefficaces contre ces êtres...

A cet instant, le téléphone du vice-président sonne. Il décroche, c'est le service des communications. Il met le haut-parleur pour que Swan entende.

- Monsieur le vice-président, voici notre estimation. Le Comète se trouvait à proximité de Gaïa lorsque nous avons reçu son appel. En estimant qu'ils ne réduiront pas leur vitesse et ne feront aucune escale, ils devraient arriver sur Terre d'ici une quinzaine de jours.
- Je vous remercie.

Et il raccroche, reste pensif un instant.

- Vous disiez, Monsieur, que les armes conventionnelles...
- ... seraient inefficaces. Nous devons trouver autre chose pour les combattre. Et je sais quoi.
- Une arme secrète ?, interroge, perplexe, Swan.
- Oui. Mais pour cela... pour cela, il nous faut pouvoir entrer dans la base lunaire de Tycho.
- C'est impossible, répond d'emblée Swan. Elle est ultra-protégée. Par des codes qu'aucun expert n'a jamais pu craqués. Seul le Capitaine Futur...
- ... ses hommes et sa femme en connaissent la composition. Oui, je le sais. Mais la nouvelle que nous venons d'apprendre est une bonne nouvelle.
- Comment ça ?
- Les Futurmen vont mettre près de deux semaines à revenir. Cela nous laisse largement le temps de présenter sous un jour favorable pour nous la nouvelle à Joan Newton. Lui faire comprendre où est l'intérêt général.

Swan reste songeur un moment. Entrer sur Tycho... pénétrer dans le saint des saints de la recherche et des connaissances ! Un lieu unique dans tout l'univers... et, d'une certaine façon, s'emparer d'un secret connu de très peu de personnes... sans doute, sur Terre, uniquement du Président. Oh, bien entendu, tout cela pour servir l'intérêt général. Bien entendu.

- Quelle est cette arme secrète, Monsieur ?

Terrence Charron fixe Swan un long moment. L'heure est grave. Il va devoir révéler un secret qu'il est le seul à connaître au sein du gouvernement, et encore, sans la maladie de Swenson, jamais il n'en aurait eu connaissance. Mais sans Swan et une troupe d'élite, il ne peut l'utiliser. Seulement... seulement, il le sait, cette arme ne peut être mise en n'importe quelles mains. Quiconque en aurait possession pourrait devenir le maître des Neuf Mondes et des Mondes Amis. Sans qu'aucune résistance ne soit possible.

- Général. La puissance de cette arme est phénoménale. Un mauvais usage détruirait notre monde, notre galaxie. Nous devons être très prudents.
- Je comprends, Monsieur. Je ne vous demande pas de me la révéler...
- ... seulement, vous comprenez que nous ne pouvons pas la manipuler sans prendre certaines précautions. Nous devrons la confier à des troupes d'élite, des fidèles parmi les fidèles de la démocratie. Des hommes intègres, incorruptibles. Et brillants. Courageux. Au point d'être prêts à mourir pour nous sauver. Tous.
- Hum... je vois. Je vais réfléchir à les sélectionner.
- Bien. Mais en attendant, je vais contacter Madame Newton. Nous allons avoir besoin d'elle. Vous pouvez disposer, Général. Préparez la mobilisation générale, nous pourrions de toute façon avoir besoin de troupes pour maintenir l'ordre et éviter des mouvements de panique. Bien entendu, pour l'heure, tout cela reste secret.
- Vous pouvez compter sur moi.

Swan le salue et sort.

Charron s'approche de la grande fenêtre qui donne sur la mer. Sur sa gauche, il peut voir l'aéroport interplanétaire de New-York. Il fixe le Soleil qui a entamé sa course vers le couchant. Il n'est que trois heures de l'après-midi. Mais c'est l'hiver, à New York.

"J'espère qu'elle ne nous donnera pas trop de fil à retordre. Joan Newton risque de vouloir rester fidèle à la mémoire de son mari et respecter jusqu'au bout ses préconisations. Comment la faire céder ? Il va bien falloir qu'elle nous obéisse. Je vais demander l'aide de Powell. A nous deux, avec Swan, nous y parviendrons bien. Nous devons mettre la main sur les joyaux de force. Nous n'avons pas d'autres choix."
« Letzte Änderung: 9. April 2014, 04:29:30 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).