Autor Thema: Seules contre tous  (Gelesen 12560 mal)

0 Mitglieder und 1 Gast betrachten dieses Thema.

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Seules contre tous
« am: 20. August 2013, 14:38:54 Uhr »
Hello boys and girls  :) !

yeh  [goodjob] ! Ca y'est, j'ai débloqué ce qui bloquait pour commencer le volet 8 (oui, oui, vous avez bien lu) de la Joan's Newton's Story. Ce volet est consacré à Eufholia jeune adulte. Chronologiquement, il fait directement suite au volet intitulé "Du feu sous la glace" dont les curieux pourront trouver la lecture sur le site français du Capitaine Flam (un peu de pub pour Pascal, c'est gratos, je touche rien en échange, et ça peut pas faire de mal  ;D) : http://www.capitaineflam.free.fr/ , de même qu'ils pourront y trouver l'intégralité de cette looongue saga familiale.

bref, donc, je disais, voici le tant attendu (enfin, je crois  ;)) volet consacré à Eufholia. Pour l'heure, je ne vous révèle pas ce qui m'a inspirée, mais comme toujours, je citerai mes sources. Je ne le fais pas pour vous laisser le plaisir de les découvrir et surtout le plaisir de découvrir mondes et êtres qui vont peupler cette histoire. Pour l'heure, désolée, mais je n'ai écrit que l'introduction et elle est courte  :D. Mais, ne vous inquiétez pas (je ne pense pas d'ailleurs ce soit le cas), la suite va désormais arriver très vite, maintenant que j'ai trouvé comment organiser toute l'histoire.

Voici donc l'introduction, juste histoire de vous mettre l'eau à la bouche...  [angel]. Je pense que cette histoire sera très longue (désolée Pascal...  :D), mais aussi très complexe (d'où mes difficultés à la faire démarrer).

encore une fois, d'avance, je remercie  [chinese] mes fidèles lectrices et lecteurs pour leurs remarques, soutiens, encouragements, perspicacité, et leurs quelques  [sm] pour me soutenir dans la rédaction !

bonne lecture ! bizz

Limeye  :) working girl  [work]



INTRODUCTION

Il est écrit qu’ils ne seront pas nombreux ceux qui, comme Endoërin, aimeront un humain.

Il est écrit qu’elle sera la seule à fonder une civilisation.

Il est écrit que l’arbre sera porteur d’espérance et de lumière.

Il est écrit que les pierres seront données aux Hommes en souvenir d’Ankhior.

Mais Ankhior est un nom aujourd’hui oublié.

Par les Hommes.

« Letzte Änderung: 20. August 2013, 19:24:06 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #1 am: 21. August 2013, 08:03:07 Uhr »
Bonjour !

j'ai bien avancé le début de l'histoire, je peux donc vous en livrer un tiboutte dès ce matin. J'ai aussi plusieurs passages ultérieurs qui sont rédigés.

Bonne lecture et belle journée estivale à toutes et à tous [flower]

Limeye  :)


CHAPITRE PREMIER : Un air de vacances

La cour de la petite école retentit de cris joyeux d’enfants. C’est le dernier jour de l’année scolaire. Une grande jeune fille aux longs cheveux roux attend devant la grille que son petit diable de frère et sa petite poupée de sœur sortent. Soledad vient d’effectuer sa première année à l’école, Kevin, sa deuxième. Leur grande sœur, Eufholia, vient de réussir par correspondance plusieurs diplômes d’une des meilleures universités terrestres et a achevé la matin-même un stage de quatre mois dans un laboratoire de l’université de Doban. Thomas, qui aura bientôt 16 ans et demi, a quitté avec joie le lycée d’Ixiopolis où il était en pension pour rejoindre, depuis deux jours, sa famille dans le petit village où ils ont grandi, Glenogan, tout près du littoral de la grande mer du sud d’Ixio.

Mais pour l’heure, école, cours, révisions, devoirs, apprentissages, sont des mots qu’ils veulent tous oublier pour ne penser qu’à un seul : vacances.

- Fholia !

Le cri de Soledad et son sourire ravissent la fille aînée des Newton. La petite se précipite vers Eufholia, serrant fort ses petits bras autour de son cou. Cela fait plus de six semaines que les deux sœurs ne se sont pas vues, depuis le long week-end férié de la Commémoration de la Fondation des Mondes Amis, célébrée conjointement par tous ces mondes le 18 novembre (date terrestre), soit le 20 mai sur Ixio.

- Bonjour ma petite poupée, je suis heureuse de te voir moi aussi !
- Tu ne repars pas, hein ?
- Non, non, j’ai terminé mon stage à Doban. Où est Kevin ?

Soledad se retourne, regarde vers la cour, cherchant la touffe noire des cheveux de son frère. Eufholia l’a vu, il est en train de grimper sur un muret de plus d’un mètre de haut, pour se jeter du bout, imitant ainsi des enfants de 8 et 9 ans, alors qu’il n’en a pas encore 5. La jeune fille traverse alors la cour, saluant rapidement quelques parents qui l’interpellent, mais sans dévier de son chemin et vient se planter près du mur, alors que son frère attend son tour derrière deux garçons pour sauter.

- Kevin Newton ! Tu vas descendre de là tout de suite ! Ce mur est deux fois plus haut que toi ! Tu veux passer ta première soirée de vacances à l’hôpital plutôt qu’à la plage ?
- Oh, Eufholia ! C’est toi qui es venue nous chercher ? Tu es rentrée ? Super !

Et il saute à pieds joints sur le mur, comme s’il s’était trouvé dans la cour, retombe exactement à l’endroit où il se tenait l’instant d’avant, affiche un grand sourire, puis comme les deux garçons le précédant sont descendus, il court sur le dernier mètre le séparant du bout du mur et saute, retombe en pliant bien ses jambes, se redresse et affiche un nouveau sourire en direction de ses sœurs.

- Voilà ! Je suis descendu ! Tu nous as apporté un goûter ?
- Non. Juste pour Soledad. Ca t’apprendra à faire le singe. Allez zou ! On rentre à la maison, je viens de passer trois heures dans un bus surchauffé, je n’ai qu’une envie, c’est aller me baigner ! Pas vous ?, demande-t-elle en remplaçant son regard sévère par un visage souriant et malicieux.
- Si !!!, crient les deux petits.

En moins de vingt minutes, car les deux petits marchent bien, ils arrivent au hameau où se trouvent leur maison et celle de leurs grands-parents. Enfin, ce ne se sont pas vraiment leurs grands-parents, mais pourtant, ils les appellent "Grand-Père" et "Grand-Mère". Victor et Salomé Morgon ont en effet élevé leur mère, Joan Randall, depuis qu’elle a dix ans, depuis que son père, William avait été porté disparu et que sa mère, July, avait sombré dans la folie. July est morte quelques années auparavant, alors que Soledad n’était encore qu’un bébé. Mais William… leur papi William est revenu parmi eux, après une aventure assez rocambolesque vécue par l’aînée des enfants Newton alors qu’elle n’avait que huit ans.

C’est avec un grand plaisir qu’ils cheminent sous les arbres, qu’Eufholia revoit son village, puis ce chemin tortueux et frais qui mène à leur hameau, puis à la mer. Plus grande que sa mère, élancée, des jambes musclées, elle a le joli visage d’une toute jeune fille qui n’a pas encore vingt ans. Depuis toujours, elle porte ses cheveux roux et bouclés en longs volutes qui lui tombent dans le dos. Ceux-là, elle les tient de son père. Ses yeux, d’un bleu lumineux, lui viennent de sa mère. Mais si, génétiquement, elle a hérité de l’intelligence de son père et de la finesse d’esprit de sa mère, il est en revanche bien difficile de déterminer duquel des deux elle tient son entêtement et sa ténacité. Souvent, ses oncles disent qu’elle a cumulé ceux de ses deux parents.

Kevin court devant elle, sautillant, grimpant sur une souche d’arbre, sautant pour attraper quelques cerises d’une branche qui pend. Soledad marche sagement à côté de sa grande sœur, lui tenant la main. Pour la petite fille, c’est un grand bonheur de revoir sa grande sœur qui lui a beaucoup manqué ces derniers mois, et qu’elle était impatiente de retrouver. Eufholia lui a d’autant plus manqué que leur père et leurs oncles sont repartis en expédition il y a maintenant plus d’un mois.

- Maintenant que tu es revenue, Fholia, papa aussi va rentrer.
- Hum, je ne sais pas, petite poupée. Il est parti pour un long voyage… il ne rentrera qu’à la fin de l’été. Pas avant, je pense.
- Oh…

Eufholia regarde sa petite sœur, son visage est empreint d’une soudaine tristesse. Son cœur se serre devant cette ombre qui voile le visage de sa petite poupée, elle-même sait très bien ce que signifient les départs de leur père et de toute l’équipe. Elle les a toujours connus ainsi, depuis sa plus tendre enfance, elle a été habituée à leurs départs, parfois précipités, et à leurs absences plus ou moins longues. Même si, le temps passant, ces missions se font plus rares, elle sait aussi qu’il est bien difficile pour eux de refuser de partir. Cette fois, cependant, il s’agit d’une mission plus technique et scientifique que réellement dangereuse, et si sa mère n’avait pas tenu à ce que Soledad termine sa première année de petite école, Joan et les deux plus jeunes les auraient certainement accompagnés. Ils sont en route pour Tondah, une planète située en dehors de la Voie Lactée, mais qui a besoin d’une assistance technique de haut niveau pour des installations énergétiques de grande puissance. Les Futurmen vont rejoindre là-bas deux équipes d’ingénieurs chevronnés, parties quelques mois plus tôt.

Eufholia reste un moment songeuse, pensant que Soledad souffre sans doute plus qu’elle-même de l’absence de leur père. De par son caractère, douce, assez secrète, voire discrète, la petite fille n’est pas aussi bien armée que son aînée pour faire face à ces départs répétés. Kevin, lui, semble moins marqué par ces absences, mais Eufholia sait qu’il n’en ait rien, car souvent, il demande à leur mère : "Il est où papa, maintenant ? Montre-moi sur la carte…" Alors Joan les emmène dans le bureau de Curtis, déploie la carte du ciel et leur désigne l’endroit où il se trouve. Eufholia pense que c’est une bonne idée, car cela les habitue aussi aux distances et aux différents mondes. Bien qu’ils aient déjà fait plusieurs voyages sur d’autres planètes, à commencer par la Terre, Saturne, et bien entendu, Tycho.

- Soledad, dit-elle doucement, papa pense à nous chaque soir, tu sais. Je te montrerai ce soir l’étoile vers laquelle ils sont partis, et tous les soirs, tu pourras regarder cette étoile en pensant à lui, à eux. Et à la fin de l’été, on verra revenir le Comète dans cette direction. 
- C’est vrai ?
- Oui, je te le promets.

Alors Soledad retrouve le sourire, car s’il est une chose dont elle est déjà sûre, du haut de ses quatre ans, c’est que lorsque sa sœur promet quelque chose, cela arrive.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Elaine

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 964
  • Geschlecht: Weiblich
  • carpe diem
Re: Seules contre tous
« Antwort #2 am: 21. August 2013, 09:03:26 Uhr »
 ;D coucou Limeye, ben , j'attends la suite, forcément :D [hello] [bussi] [poke2]

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Seules contre tous
« Antwort #3 am: 21. August 2013, 12:37:20 Uhr »
Moi aussi! Moi aussi! Moi aussi!  [jump] [jump] [jump]

C'est si touchant de constater le lien déjà solide entre les deux sœurs! Et je suis aussi très heureuse de retrouver Kevin!  :D

J'ai apprécié que tu "places" bien les personnages, et ce léger retour en arrière sur les grands-parents...
je suis bien "embarquée" pour la suite!

Bizz et bonne journée!
Flamme
 ;)


Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #4 am: 21. August 2013, 13:12:52 Uhr »
Oui, pour ce début d'histoire, je prends le temps de replacer tout le monde. D'autant que, chronologiquement dans la saga, j'ai abandonné Eufholia en pleine adolescence, et Kevin et Soledad à peine sortis de l'âge "bébé", voire pas du tout. Quant à Thomas, c'était encore un petit garçon.

Je vais continuer un peu en ce sens.

Belle journée et bonne lecture !

bizz

Limeye  :)


Eufholia a fait un court arrêt à la maison, pour récupérer les affaires de plage et permettre aux deux enfants de finir leur goûter et de boire un peu. Puis ils rejoignent leur mère, leur grand frère Thomas et leurs trois grands-parents sur la grande plage de sable blanc, située à quelques centaines de mètres du hameau. Chaque soir, depuis presque trois mois, quand il fait beau, après l'école, Joan emmène ses deux petits se dépenser sur le sable et parfois, nager. Elle, elle s'est remise à l'eau dès le début du printemps, n'en pouvant plus de rester sur le sable sans se baigner.

Les trois enfants cheminent à travers la dune, puis Kevin abandonne ses deux soeurs dès qu'il aperçoit le petit groupe assis sur le sable, court vers eux et vient déposer deux baisers sonores sur les joues de sa mère, puis de ses grands parents, avant de sauter sur le dos de son grand frère en disant :

- A l'eau, Thomas !
- Mais tu n'es pas encore en maillot, petit diable ! Allons, déshabille-toi vite et je t'emmène !

Avant même qu'Eufholia et Soledad les aient rejoints, les deux garçons sont déjà partis, le grand portant le petit sur son dos, puis il entre aisément dans l'eau, marche un peu, puis se tourne et se renverse en arrière pour faire basculer dans un grand cri de joie Kevin dans l'eau.

Joan sourit à les voir faire, heureuse que ses quatre enfants aiment au moins autant la mer, la plage, qu'elle. Elle a déjà nagé un bon moment, et est remontée sur le sable sec pour parler un peu avec son père et ses parents, qui sont en fait, les parents de Jelle, sa presque soeur. Les deux filles arrivent, Soledad vient se blottir sur les genoux de sa mère, cherchant un petit câlin qu'elle lui donne bien volontiers. Puis Joan lève les yeux vers sa grande fille qui dépose le sac de plage et sans attendre, commence aussi à se dévêtir pour se retrouver en maillot et gagner à son tour la mer. Elle aussi y entre sans difficulté, marche avec volonté contre les petites vagues, puis, quand elle a de l'eau à la taille, se mouille rapidement la nuque, les épaules et plonge, nage, dépasse ses deux frères - Thomas ne s'éloigne jamais trop quand il joue dans l'eau avec leurs deux plus petits, surtout avec Kevin, toujours prêt à partir nager là où il n'a pas pied, à dépasser ses limites.

- Ils ne m'ont pas attendue..., soupire Soledad.
- Je vais aller avec toi, ma chérie, dit Joan. Viens, je vais t'aider à mettre ton maillot.

Et quelques minutes plus tard, Joan et Soledad entrent à leur tour dans l'eau. Depuis ces dernières semaines, Soledad apprend à nager sans ses petites bouées, qu'elle portait encore l'été dernier. Elle a décidé qu'elle ferait comme son frère, Kevin, elle ne veut plus être un bébé. Maintenant, elle va à l'école, elle veut aussi savoir nager.

Joan attend tranquillement qu'elle se mouille, puis la regarde faire ses premières brasses. Soledad est comme les autres, pleine de volonté, de ténacité. Quand parfois, elle a besoin de reposer pied sur le sable, c'est pour aussitôt se relancer, se rallonger et avec sérieux faire de nouvelles brasses. Joan l'encourage, la félicite.

- Quand papa reviendra, je ferai la course à la nage avec lui, dit-elle à un moment en regardant fièrement sa mère. Je veux nager aussi vite que lui !
- Je suis certaine que tu y arriveras, ma chérie. Il sera fier de toi, lui répond-elle en souriant.

Mais elle ne peut s'empêcher alors de porter fugitivement la main au collier qui ne la quitte jamais et au bout duquel pend la pierre d'Endoran.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #5 am: 21. August 2013, 21:15:01 Uhr »
Comme je suis bonne fille, je vous donne encore un tiboutte pour ce soir. Et je vous dis  [goodnight]

Limeye  :)


Après avoir nagé un bon moment et s'être détendue, Eufholia rejoint ses grands-parents. William et Victor ont été embauchés par Kevin pour construire un château de sable indestructible. La jeune fille va s'asseoir aux côtés de sa grand-mère, Salomé.

- Alors, ma grande, te voilà enfin en vacances...
- Oui ! J'en suis contente ! C'était passionnant ce stage à Doban, mais j'avais hâte d'être ici !
- Tout s'est bien terminé ?
- Heu... Oui...
- Tu hésites un peu ? Ca s'est vraiment bien terminé ?
- Ah, disons que le professeur Wang était un peu embêté...
- Pourquoi ?
- Parce qu'en fait, j'étais meilleure que la plupart de ses collaborateurs et qu'à la fin, c'était moi qui leur apprenais des choses...
- Et bien, au moins, comme ça, tu sauras où trouver du travail...
- Je ne suis pas certaine d'avoir envie de travailler à Doban, Grand-Mère, tu sais.
- Et où voudrais-tu travailler ?
- Sur Tycho.

Salomé hoche la tête. Joan et Curtis, et eux trois aussi d'ailleurs, se doutent depuis déjà deux ans, depuis qu'Eufholia a terminé avec deux ans d'avance son lycée, que la jeune fille ne peut pas travailler comme n'importe quel autre jeune, même brillante. Il faut un lieu de recherche et d'expérimentation à la hauteur de ses compétences et de son intelligence, et seule Tycho trouve grâce à ses yeux. Mais au printemps dernier, avant qu'elle ne parte pour ce stage à Doban, Curtis avait eu une longue conversation avec elle, lui rappelant ce que cela signifiait que de travailler et vivre sur Tycho. Même si lui-même se sent heureux de pouvoir faire équipe avec sa grande fille, il ne veut pas non plus qu'elle sacrifie sa propre vie en restant enfermée sur la Lune. Il sait trop ce qui aurait pu lui arriver s'il n'avait pas rencontré Joan, s'il n'était pas tombé éperdument amoureux d'elle. Aujourd'hui, il serait un savant grincheux entre deux âges, la tête farcie d'équations, de croquis, cherchant encore et toujours, trouvant parfois, apportant des connaissances certainement très importantes à l'humanité. Mais seul. Terriblement, implacablement, seul. Sans femme, sans enfants, sans autre famille qu'un robot au grand coeur, un androïde malicieux et un cerveau volant. Oh, cette famille-là était des plus importantes pour lui. Mais Joan et leurs quatre enfants l'étaient tout autant, lui apportaient tant...

Il avait expliqué tout cela à Eufholia et elle avait alors répondu :

- Oh, mais, papa, tu sais, je n'ai pas l'intention de rester enfermée sur Tycho. Je veux aussi et surtout parcourir les mondes amis, voyager, explorer, rencontrer plein de gens ! Et peut-être que, comme toi, à l'occasion, je rencontrerai quelqu'un qui pourra être mon compagnon.
- Je l'espère, avait-il répondu.

Et il avait pensé en lui-même qu'il en faudrait beaucoup à cet homme pour trouver grâce aux yeux de sa fille. Car les petits amis qu'elle avait eus jusqu'à présent... l'avaient vite ennuyée.

Salomé reprend :

- Et bien, c'est un beau projet. J'espère que tu reviendras nous voir souvent, quand même !
- Bien sûr, Grand-Mère ! Est-ce que papa s'enferme sur Tycho pour autant ?
- Non, c'est vrai. Mais vous l'accompagnez aussi quasiment à chaque fois qu'il part là-bas. Mais dis-moi, je pense que parler travail alors que tu es en vacances depuis seulement quelques heures n'est pas la conversation que tu souhaites le plus mener, n'est-ce pas ?
- Tu as parfaitement raison, Grand-mère !, répond-elle en riant. Ah, la mer, la plage, le jardin, lire autre chose que des théories... faire un peu autre chose que des calculs...
- As-tu des projets particuliers pour cet été ? Tu sais que si tu veux recevoir des amis, il y a de la place chez nous pour en héberger...
- Merci, Grand-Mère, je verrai.
- Ah..., le ton de Salomé est légèrement déçu.
- Quelque chose te soucie, Grand-Mère ?
- Non, je pensais... enfin, je pensais que tu aurais eu envie de faire venir ici...
- Jimmy ? Pas du tout.
- Tu as rompu ?
- Oui. Il y a trois jours. Je m'ennuyais avec lui.

Salomé hoche doucement la tête et songe : "Comment une jeune fille pas comme les autres pourrait-elle se contenter d'une relation... comme les autres ?" Elle sait que pour ce qui est de ses amours, Eufholia est tout sauf secrète. Elle a toujours parlé aisément avec ses parents, comme avec eux, de ses petits copains. Mais aucun n'a été pour elle plus qu'une amourette, un flirt parfois. Non pas qu'elle soit volage, elle n'a eu depuis son premier petit coup de coeur que cinq petits amis, mais ces relations ne lui ont pas apporté ce qu'elle recherche. Et surtout, surtout... elle s'ennuie vite avec eux.
« Letzte Änderung: 22. August 2013, 19:32:40 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Seules contre tous
« Antwort #6 am: 21. August 2013, 22:53:05 Uhr »
Coucou les filles!

Limeye, on voit très bien la force de la génétique: ce n'est jamais simple, chez les Newton, les histoires d'amour véritable...  ;D

Plus sérieusement, le côté particulier, insondable, d'Eufholia est très bien décrit. De même que la relation de Curtis avec son aînée, et sa réaction d'inquiétude, de crainte qu'elle ne passe à côté du bonheur comme lui-même a failli le faire...  [imsorry]

Joan porte toujours la pierre d'Endoran, mais sa réaction me rend pleine d'interrogations: je la sens inquiète, je crois qu'il y a une raison... Je verrai bien, je m'arme de patience...   [jump]

Bizz
Flamme
 ;)

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #7 am: 22. August 2013, 08:43:26 Uhr »
Hello les filles et les gars !

oui, Flamme, il va te falloir un peu de patience... j'hésite encore un peu sur un enchaînement à venir. mais pour l'heure, c'est toujours "holidays" ! http://www.youtube.com/watch?v=LFN3SGH3OcM

 ;)

Bonne journée !

Limeye  :)


Cette première soirée de vacances se déroule comme se dérouleront la plupart des soirées des deux beaux mois d'été à Glenogan. Au retour de la plage, les enfants filent sous la douche, les adultes préparent le repas et la table. Ils mangent indifféremment chez les Morgon ou chez les Newton. De toute façon, il n'y a quasiment que la ruelle à traverser, et s'il manque quelque chose chez les uns, ils peuvent facilement aller le chercher chez les autres. Ils dînent en général dehors, chez Salomé et Victor, le repas se passe toujours sous la tonnelle recouverte par une magnifique glycine. Chez Joan et Curtis, comme ce soir-là, il se déroule sous un grand pommier. En général, après le repas, les deux grands-pères sortent dominos, cartes ou jeux de boules, Salomé prend son tricot - elle a toujours des tricots à faire, pour les enfants ou pour ses deux petites-filles de la Terre, Narna et Aziliz, les enfants de Jelle. Joan joue avec eux et les enfants, ou prend un livre. Eufholia préfère jouer, même si ses grands-pères refusent de faire des parties de cartes avec elle : elle gagne tout le temps. Mais aux dominos ou aux boules, il arrive qu'elle se fasse battre. Et d'ailleurs, c'est aussi pour cela qu'elle aime ces jeux.

Ce soir-là, pourtant, Eufholia est allée s'asseoir un peu plus loin, dans l'herbe que William a tondue deux jours plus tôt. Elle a le regard tourné en direction de la mer, même si on ne la voit pas d'ici, on peut entendre son chant. Elle regarde les grands oiseaux planer et regagner leur nid. "L'heure des mouettes" comme l'appelle Joan. Eufholia a pris un long brin d'herbe qu'elle mâchonne tranquillement.

Oui, c'est bon d'être enfin en vacances, de pouvoir dormir un peu plus le matin, de partager à nouveau sa chambre avec sa petite soeur, de lire des histoires aux deux petits et particulièrement, de les faire rêver en leur racontant celle de Myos et des arbres sacrés. Oui, c'est bon de revoir ses grands-parents, d'écouter les histoires de Victor, de passer du temps dans le jardin avec Salomé. Oh oui, comme ça va être bon de ramasser les framboises, les cerises, de cueillir les premiers petits pois, de voir rougir les premières tomates. Oui, c'est bon de se retrouver tous ensemble. Enfin, presque tous ensemble.

Car son père est parti et son père ne passera pas l'été avec eux, cela, elle en est certaine et elle n'a pas menti à Soledad, tout à l'heure, au retour de l'école.

Joan vient s'asseoir à côté de sa grande fille et lui dit doucement :

- Alors, ma chérie, heureuse de revoir Glenogan ?
- Bien sûr, maman... Et il fait déjà si beau, la mer est si bonne ! A Doban, je te le jure, elle n'est pas aussi bonne.

Joan rit et Eufholia l'accompagne. Joan aime cette complicité avec sa fille, différente de la complicité qu'Eufholia a avec Curtis. La mère est admirative de ce qu'est déjà sa grande fille. Intelligente, oui, au point d'être simple, naturelle, de savoir toujours se mettre à hauteur de ses interlocuteurs, de ne jamais écraser quiconque par son savoir, ses connaissances, son esprit de déduction. Et belle, aussi, si naturellement belle. Elle la regarde de profil, retrouve la forme du nez de Curtis, mais celle de son propre menton. Et si Eufholia fronce des sourcils comme son père, là, à cet instant, la fille a la même expression que sa mère. Car toutes deux pensent à cet instant à l'absent.

- De quand datent les dernières nouvelles de papa  ?
- Il nous a contactés il y a trois jours. Mais la liaison était très mauvaise. Ils s'apprêtaient à franchir le nuage qui marque la frontière de la Voie Lactée. Ils ne pourront pas nous rappeler avant d'arriver sur Tondah, désormais, soit pas avant une dizaine de jours. Et encore, il m'a dit de ne pas nous inquiéter, car parfois... les messages mettent beaucoup de temps à nous parvenir.
- Avait-il plus de précisions sur leur travail ?
- Pas pour l'heure. Du moins, nous n'en avons pas parlé. Nous sommes restés peu de temps connectés.
- Hum, je comprends. C'est dommage qu'ils aient dû partir. On aurait pu être un peu tous ensemble... Et il manque à Soledad.
- Je sais. Et à Kevin aussi. Ils m'en parlent beaucoup, enfin... je devine que Soledad pense à son père, car elle en parle à sa manière.
- En jouant ce petit air sur sa harpe ?
- Oui. Quelle idée il a eu le jour où il lui a dit qu'il aimait beaucoup cet air ! Depuis, elle le joue tous les jours, si ce n'est plusieurs fois par jour.
- Elle m'impressionne. D'aimer déjà jouer d'un instrument si petite...
- Moi aussi. Et encore, c'est juste une petite harpe à sa taille. Mais Madame Fersen se demande s'il ne faudrait pas lui faire faire du piano. J'hésite... je ne voudrais pas qu'elle s'enferme dans la musique non plus.
- Rien ne presse... n'est-ce pas, maman ?
- Non, rien ne presse. Déjà, la harpe, c'est difficile. Mais tu sais... je l'ai surprise l'autre jour, je crois qu'elle arrive déjà à lire des partitions simples, qu'elle reconnaît la position des notes.
- Alors, c'est une surdouée. Comme moi, ajoute simplement Eufholia.
- Une seule me suffit. Et encore, avec ton père... ça fait deux.
- Et Simon, tu oublies oncle Simon, maman !, s'exclame la jeune fille en riant.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Seules contre tous
« Antwort #8 am: 22. August 2013, 12:27:46 Uhr »
Coucou Limeye!

Ce que tu viens d'écrire représente bien le monde que tu as créé autour de Joan et Curtis, un monde familial humain, chaleureux, où il est si plaisant pour nous d'entrer!  :D Ça semble si réel, on s'y croirait presque nous aussi!  J'aime les liens étroits entre tous les membres de la famille, la complicité de Joan avec Eufholia, et le côté "surnaturel" de celle-ci est bien rendu, comme tu rendais celui de Soledad...

J'ai une petite question: tu parles de Myos, il me semble que ce n'est pas la première fois que je vois ce nom, mais ma mémoire à trous fait encore des siennes... Se peut-il que tu en aies déjà parlé dans un autre volet? Et qui est-ce? Ou qu'est-ce que c'est?

Bizz, bonne journée!
Flamme
 [flower]

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #9 am: 22. August 2013, 14:26:52 Uhr »
Coucou Flamme !

ce premier chapitre permet en effet de retrouver cette atmosphère familiale paisible, un peu comme Eufholia la retrouve après ses mois de stage. Parce qu'après, il faudra attendre un bon moment avant de replonger dans quelque chose de plus calme. J'ai débloqué le court passage qui me gênait, ce qui me permettra d'enchaîner longuement ensuite avec les Futurmen.

pour ce qui est de Myos, il s'agit en fait du livre que Curtis lit à Eufholia au tout début de La clé sacrée des deux mondes. Je ne pensais pas du tout en donnant ce titre qu'il me servirait aussi pour cette histoire, et me permettrait (mais vous le verrez beaucoup plus tard dans l'histoire) de faire un petit rappel à l'enfance d'Eufholia. Donc ta mémoire avait bien raison de te faire tilt !

voici donc encore un petit passage en famille, et particulièrement, entre les deux soeurs.

bonne lecture !

bizz

Limeye  :)


Eufholia est la première à regagner leur maison ce soir-là, car Soledad donne des signes de fatigue. Elle aurait voulu emmener Kevin aussi, pour coucher les deux petits en même temps, mais il est encore bien excité. Elle entre dans la maison par la véranda qu’ils ont ajoutée il y a quelques années, sur l’arrière de la maison et qui donne sur le jardin. De là, elle entre dans la grande pièce de vie, et monte aussitôt l’escalier. A l’étage, rien n’a changé depuis sa petite enfance. La seule différence est que la chambre d’amis est désormais occupée par leur grand-père, William, qui vit avec eux. Quand Ezra vient les voir, il est hébergé chez Victor et Salomé. Quand Kevin, puis Soledad sont nés, s’était posée la question d’agrandir encore la maison, mais cela l’aurait beaucoup trop transformée. Thomas, qui était tout heureux d’avoir un petit frère, avait alors plaidé pour qu’il partage sa chambre, une fois que ses parents l’auraient jugé assez grand pour dormir à l’étage. Puis Joan s’était très vite retrouvée à nouveau enceinte, et à la naissance de Soledad, c’était Eufholia qui avait argué qu’elle aussi pouvait partager sa chambre avec sa petite sœur, d’autant qu’elle savait qu’elle s’absenterait souvent, entre la pension à Ixiopolis, et ses études. Thomas étant parti à son tour en pension, les deux plus jeunes se sont très vite retrouvés avec chacun leur chambre.

Mais là, pour les vacances, la grande et la petite sœur, comme le grand et le petit frère de l’autre côté de la cloison, sont heureux de se retrouver aussi à dormir dans la même pièce.

Quand, en milieu d’après-midi, Eufholia était arrivée chez eux, elle était rapidement montée dans sa chambre, avait posé son sac et rangé ses vêtements, puis était aussitôt redescendue pour voir ses grands-parents avant d’aller chercher les deux petits à l’école. Ce n’est vraiment que ce soir, alors qu’elle observe sa petite sœur, qu’elle peut aussi retrouver l’atmosphère particulière de leur chambre. Comme pour celle de Thomas et Kevin, la porte donne au milieu de la pièce, mansardée. Sur la droite en entrant, se trouvent leurs lits, des lits superposés. Les pièces ne sont pas très grandes et il était difficile d’y installer deux lits, du moins une fois que Soledad ne dormait plus dans son petit lit d’enfant. Sur la gauche se trouve une grande armoire à trois battants, chacune ayant un côté qui lui est réservé pour ranger leurs vêtements, la penderie au milieu étant en commun. Seule Eufholia range quelques affaires sur l’étagère du haut, au-dessus de la penderie. Enfin, sur le mur du pignon est installé un petit bureau, l’ancien bureau d’Eufholia où Soledad s’installera plus tard, quand elle sera en primaire et aura des devoirs à faire. Sous la pente du toit, William et Victor leur ont aussi fabriqué des petits placards où elles ont rangé livres, jeux, jouets. Les murs sont en pierre apparente pour celui du pignon et de la soupente, peints à la chaux et de couleur bleu et verte pour les cloisons. Elles y ont accroché deux dessins faits par leur mère, un de leur plage et un d’un paysage de Styx. A sa hauteur, Eufholia a aussi décoré le pan de mur avec des petits souvenirs bien à elle, et sur l’étagère, au-dessus de sa tête de lit, elle a posé toute une série de petits cailloux qu’elle a rapportés des différentes planètes où ils ont voyagé.

Eufholia observe avec joie et un peu d’étonnement sa petite sœur. Soledad a beaucoup progressé au cours de l’année, et depuis ses derniers mois. Elle sait maintenant se mettre en chemise de nuit seule, se laver les dents seule. Là, elle est en train de plier très soigneusement ses vêtements, et de déposer dans le panier à linge, sur le palier, ceux qui sont sales. Eufholia attend tranquillement, assise sur le lit de la petite. Soledad va ensuite chercher un livre, qu’elle tend à sa grande sœur. Celle-ci pensait devoir lui lire l’histoire de Myos et des arbres sacrés, mais c’est un autre que la petite poupée a choisi. C’est l’histoire d’un jeune garçon qui part de chez lui et va à la découverte des animaux. L’adolescent, qui peut avoir une quinzaine d’années, a les cheveux roux, et Eufholia sourit en comprenant qu’à travers cette histoire, Soledad pense à leur père, parti explorer la galaxie.

- Tu peux me lire celui-là, Fholia ?
- Bien sûr, ma petite poupée. Installe-toi dans ton lit.

La lecture commence. Eufholia a toujours aimé lire, et depuis que Kevin est assez grand pour aimer les histoires le soir, elle a repris avec plaisir cette activité qu’elle avait abandonnée quand Thomas avait été assez grand pour lire lui-même ses histoires.

- Tu ne te couches pas maintenant, Fholia ?
- Non, je vais redescendre un petit peu pour aider maman et grand-père à ranger, mais je viendrais me coucher assez tôt. J’ai eu une longue journée, avec le voyage, je suis un peu fatiguée moi aussi.
- Tu ne m’as pas montré l’étoile où est papa…
- Ah oui, c’est vrai. Viens, on peut la voir depuis la fenêtre de la salle de bain seulement.

Elles entrent dans la pièce qui donne au-dessus du jardin, Eufholia ouvre le large velux, prend sa sœur dans ses bras, et se tourne un peu sur le côté. Elle lui décrit le ciel et lui désigne enfin l’étoile mère de la planète Tondah.

- C’est loin…, soupire la petite.
- A peu près comme s’ils étaient partis sur Endoran. Juste quelques jours de voyage de plus.
- Est-ce qu’on ira un jour sur Endoran, Fholia ?
- Oui, je pense. J’aimerais beaucoup y retourner moi aussi. Revoir Linia, Enerd et leurs enfants. Et revoir l’Arbre de Vie, le Mur de Vie.
- Quand papa reviendra… Je voudrais que papa soit là.

Eufholia serre plus fort sa petite sœur dans ses bras.

- Nous allons bien nous amuser, cet été, ma petite poupée. Et il reviendra bientôt.

Soledad appuie son petit visage sur l’épaule de sa grande sœur, profite de ce petit moment de tendresse, tout en fixant là-bas, si loin, l’étoile vers laquelle est parti son père. Son père et les Futurmen.
 
Eufholia attend un peu, puis referme la fenêtre, et ramène sa sœur dans son lit, l’embrasse sur le front.
 
- Bonne nuit, petite poupée. Je vais dire à maman de venir te faire un bisou.
- Et à papi aussi.
- A papi aussi.
« Letzte Änderung: 9. April 2014, 03:51:45 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #10 am: 22. August 2013, 19:35:30 Uhr »
Un tout, tout tiboutte pour cette fois... mais un peu comme pour l'introduction, c'est un passage important.

Limeye  :)


Elles regardent l’arbre.

L’arbre s’agite et frissonne.

Une ombre passe. Sombre menace.

L’ordre du monde va basculer.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Seules contre tous
« Antwort #11 am: 23. August 2013, 05:35:48 Uhr »
Coucou Limeye!

J'aime beaucoup la tournure de ce dernier passage, tout comme ton introduction... Ces quelques mots qui en disent beaucoup, sans toutefois dévoiler le mystère... génial!  [goodjob]

Finalement, le pressentiment de Joan semble réel... [smhair] Et je suis curieuse de voir comment Eufholia et Loërin vont faire connaissance...  ::)

Insoutenable suspense... [jump] [jump] [jump]

Bizz
Flamme
 ;)

Offline limeye

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 2569
  • Geschlecht: Weiblich
Re: Seules contre tous
« Antwort #12 am: 23. August 2013, 09:56:07 Uhr »
Coucou Flamme,

tu vas devoir patienter un bon moment avant la rencontre entre Loërin et Eufholia. Assez longtemps, même, je dirai au moins 4 chapitres, peut-être 5. J'ai commencé la rédaction de cette rencontre, puisque c'était un des passages que j'avais bien en tête et qu'en démarrant par ces passages-là, j'espérais débloquer le tout début qui me posait difficulté. Néanmoins, il faut avant que j'explique tout ce qui va amener à cette rencontre, et ça, c'est long  :D !

en attendant donc, changement complet d'atmosphère. J'espère que vous avez bien profité de celle bucolique d'Ixio, car là, nous sommes "ailleurs". A partir de maintenant, vous allez avoir des indices concernant l'oeuvre dont je me suis inspirée pour cette histoire. Je devrais dire d'ailleurs "les oeuvres" car cette histoire a été déclinée de plusieurs manières. Celle ou celui qui découvrira en premier aura droit... à toute ma considération  [chinese].

bonne lecture mais je préviens encore... accrochez-vous !

bizz

Limeye  :)

ps : j'ajoute quand même : ça se termine bien à la fin  ;D


CHAPITRE DEUX : La menace

Curtis ouvre les yeux avec difficulté. Entravé à un mur, par une sorte de crochet qui lui entaille les poignets dès qu’il bouge les mains, il reprend peu à peu conscience. Une odeur pestilentielle lui monte à la gorge et menace de le faire s’évanouir. A travers ses paupières mi-closes, il perçoit cependant quelque chose d’indéfinissable, mais d’horrible. Sans faire le moindre geste, il laisse son cerveau se remettre en route, sa vue s’accommoder et quand il se rend compte de ce qu’il voit, son sang se glace. Une créature d’une laideur repoussante se tient devant lui, un visage boursouflé, déformé par des pustules et des cicatrices, un œil en moins, un crâne dépourvu de cheveux, une bouche tordue dans laquelle la moitié des dents est absente, est penché vers lui. Son haleine est fétide quand il prononce :

- Il se réveille, Shaak. Ce chien d’humain n’est pas mort.
- Et c’est tant mieux, Gnourk. Nous allons avoir besoin de lui, répond une voix très grave, d’un ton où la froideur le dispute à la méchanceté.
- Voulez-vous que je le fasse parler ?
- Oui, mais nous avons à faire pour l'heure. Nous reviendrons.

Curt comprend aussitôt ce qu’on va lui faire. Le langage de ces créatures est basique, mais il en a saisi l’essentiel. Il va devoir se préparer au mieux, mentalement, pour faire face à la cruauté de ses geôliers.

La créature laide, répondant au nom de Gnourk, s’éloigne alors de Curtis, l’air devient légèrement plus agréable à respirer, si tant est qu’on puisse trouver agréable cet air vicié, humide, au parfum de champignons moisis. Une porte se referme lourdement. Le voilà seul.
« Letzte Änderung: 18. Dezember 2014, 03:16:28 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline O-tho

  • Joan Randall
  • ****
  • Beiträge: 487
Re: Seules contre tous
« Antwort #13 am: 23. August 2013, 18:01:01 Uhr »
Coucou Limeye,

Ah ben, t as eu raison de nous prevenir!  :o
Effectivement ca se corse!
J'ai beaucoup apprecie les paragraphes precedents, c'est vraiment super comme tu decris les atmospheres, et les petits bonheurs quotidiens!
On sent vraiment qu'Eupholia n'est pas une jeune fille ordinaire, le bonheur range dans un placard, ce n'est pas pour elle  ;D
Bon heureusement qu' on sait que ca finit bien, car le Curtis, il est dans de sales (et puants...) draps...

Quant a l'oeuvre dont tu t'es inspiree...piout....aucune idee pour le moment!

O-tho, qui se rejouit de lire la suite...

Offline flamme

  • Simon Wright
  • *****
  • Beiträge: 1023
Re: Seules contre tous
« Antwort #14 am: 23. August 2013, 19:21:49 Uhr »
Coucou les filles!

Brrrr....  [smhair]

Ça me rappelle la terrible expérience sur Cruithne... assez pénible à lire, j'étais pas mal remuée... [electrified]

Bizz
Flamme
 :(