Autor Thema: Etoile filante (tome 2)  (Gelesen 4352 mal)

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Offline limeye

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Etoile filante (tome 2)
« am: 13. April 2013, 14:00:44 Uhr »
Bonjour à toutes !

chose promise, chose dûe... avant de m'atteler à des tâches ménagères ingrates (liste non exhaustive...) voici le début de la suite  ;)

bon début de week-end à vous !

Limeye  :)


Première partie

Grag reste un moment aux côtés de la jeune femme, puis silencieusement, il ressort de la pièce. Pensif, il rejoint Otho et Simon dans le laboratoire. Son air sérieux et son absence de réaction à la pique qu’Otho lui a lancée en entrant font tout de suite comprendre à ses deux amis que quelque chose de particulier est en train de se passer.

- Qu’y a-t-il, Grag ?, demande Simon doucement.

Le robot secoue la tête. Otho s’approche de son ami.

- Il y a un problème avec Joan ?, demande-t-il soudain inquiet.
- Je ne pense pas qu’il s’agisse vraiment d’un problème, répond le robot, gravement. Mais…

Il soupire, puis reprend :

- Elle est amoureuse.
- Non, oh !!!, s’exclame Otho, d’un air ravi. Et de qui ?
- Boule de gomme ! Tu as trop regardé les anneaux de Saturne ou alors tu as pris de la poussière lunaire dans les yeux pour n’avoir rien remarqué !

Otho grogne, réfléchit quelques secondes et un nouveau sourire ravi s’affiche sur son visage.

- Le gars qu’on a ramené à New York ?
- Ah quand même…
- T’en es sûr ?
- Oui.
- Elle t’a fait des confidences, demande Otho, un rien déçu.
- Non, elle m’a juste posé une question.
- Ah ? Et tu en as déduit…
- Qu’est-ce que tu comprendrais toi à la question : "Quel temps fait-il aujourd’hui sur Espanola ?" Hein ?
- C’est sûr que…
- Et tout ça, de cet air songeur qu’on ne lui a pas vu depuis longtemps.

Simon écoute en silence l’échange entre les deux amis. Mais il bouge doucement ses globes oculaires, sa manière à lui de sourire.

- C’est une excellente nouvelle. Mais encore faut-il qu’elle l’accepte.
- Tu es défaitiste, professeur.
- Non, Otho, seulement réaliste. Mais laissons-la tranquille, ne lui en parlons pas, nous verrons avec le temps.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline flamme

  • Simon Wright
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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #1 am: 13. April 2013, 14:24:31 Uhr »
Coucou Limeye!

Un dernier message avant de partir: quelle manière touchante de commencer ton récit! C'est amené de manière si sensible, tout en laissant deviner les dificultés à venir concernant l'acceptation de ce qui lui arrive....   [eyeheart]

J'aime beaucoup le contraste entre les passages sérieux, sensibles, romantiques, scientifiques, et ceux où ressort une pointe d'humour, qui sont aussi très importants pour moi... C'est la diversité de toutes ces émotions qui me rejoint et me fait tant apprécier les récits!

Bon WE!  [hello]

Flamme

Offline limeye

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #2 am: 13. April 2013, 18:11:30 Uhr »
Coucou Flamme, coucou à toutes !

comme tu dis, c'est le mélange des "couleurs" que l'on donne au récit qui en font aussi son attrait ! J'avoue que dans cette histoire "inversée", outre le fait de m'amuser beaucoup à imaginer des situations connues mais vécues de l'autre côté, ce qui me plaît peut-être le plus est d'imaginer comment Grag, Otho et Simon se comportent face à Joan, l'ambiance différente qui se crée du fait que ce soit elle, et non Curtis, qui soit le chef, dont ils se sont occupés aussi. C'est autre chose...

voici la suite, qui va vous permettre d'en savoir plus sur la famille Newton. Là aussi, ce sont des passages que je me suis bien plu à écrire, j'espère que vous aimerez aussi !

bizz

Limeye  :)



Les semaines ont passé, et malgré le travail, la recherche d’un appartement et diverses fêtes de famille marquant notamment l’anniversaire de son père, de Patrick et de Mathilde, Curtis Newton n’en oublie pas moins Joan Randall. Chaque soir ou presque, la lune lui rappelle que celle-ci y vit, y travaille, en compagnie d’étranges compagnons. Il n’a aucun moyen de la contacter, hormis via le colonel Gurney, mais il ne veut pas passer par cet intermédiaire. Il n’a jamais eu besoin de personne pour sortir avec une fille, ce n’est pas maintenant qu’il va commencer.

L'été est désormais bien installé, il fait très chaud à Ottawa, comme à Espanola. Toute la famille a gagné l'île Manitoulin, sur les bords du Lac Huron, où les parents de Curtis possèdent une belle résidence secondaire, face à l'île de Fitzwilliam. La grande maison de bois est assez fraîche, l'été. Elle est entourée d'une vaste prairie qui descend jusqu'au lac. A un petit ponton est attaché le bateau à moteur avec lequel le père de Curtis va régulièrement à la pêche. C'est l'un de ses rares loisirs et dès qu'ils sont ici, il y passe une grande partie de ses matinées, ne revenant que pour le déjeuner.

Curtis vient rejoindre sa famille pour quelques jours de congés, au passage, il a embarqué sa sœur, Stéphany, et son neveu. A huit mois, Eddy commence à ramper partout, mais Mathilde sera ravie de jouer à la poupée avec lui. Durant le trajet, entre Espanola et le village de Little Current, sa sœur ne le lâche pas :

- C'est vraiment fini avec Solange, alors, Curt ?
- Oui, je t'assure que j'ai été clair ! Je lui ai dit clairement que c'était fini.
- Bon, au moins, pour une fois... tu auras bien rompu, sans faire traîner les choses.
- J'ai toujours l'impression d'être un monstre quand tu dis cela.
- Tu es juste un homme qui n'ose pas dire les choses, c'est tout. Tu n'as jamais eu de mal à emballer une fille, avec le physique que tu as, le contraire serait étonnant, mais...

Il la coupe :

- Mais j'aimerais bien qu'elles ne m'aiment pas QUE pour mon physique.

Stéphany sourit :

- Pas de dangers, tu as plus d'un petit pois dans la tête.
- Tu sais que je t'adore, Stéphany ? Tu as une manière de dire les choses...
- C'est une forme de poésie, cher petit frère. Mais revenons à nos moutons. Il y a quelqu'un d'autre ?
- Comment ça ?
- Idiot ! Une autre fille ?
- Pas vraiment.
- Ca, ça veut dire que tu as un plan en vue.
- Encore faut-il que j'arrive à dresser un plan.

Stéphany lui jette un coup d’œil en biais, c'est lui qui conduit, et elle s'étonne :

- Faut-il que je retire ce que j'ai dit tout à l'heure concernant tes talents de séducteur ?
- Steph, tu m'expliqueras comment je fais pour revoir une femme avec laquelle je n'ai passé que quelques jours, qui ne vit pas sur Terre, qui passe son temps dans un vaisseau extraordinaire à sillonner l'univers et qui ne semble pas vraiment vouloir s'embarrasser d'un compagnon, et même pas d'un boy-friend ?
- Alors tu es tombé sur un os. Un peu de difficulté ne t'a jamais fait peur pourtant, je me souviens de la petite hispanisante, Bianca... elle t'a fait tirer la langue pendant quelques semaines avant de craquer.
- Ca n'a rien à voir. Bianca était une chic fille. Mais un amour de vacances.
- Bon, et elle habite où ta nouvelle princesse ?
- Sur la Lune.

Stéphany manque de s'étouffer et tousse, hoquète :

- Sur la Lune ? Tu te fiches de moi ?
- Pas du tout.

Elle se renfonce dans son siège, regarde le paysage qui défile. Ils ont déjà passé le pont transbordeur depuis un bon quart d'heure et sont prêts d'arriver. Curtis n'est pas mécontent de traverser le petit village, puis de prendre la route qui serpente le long de la côte et de voir enfin se dessiner le toit de leur maison. Stéphany ne lui a été, pour une fois, d'aucun secours, et il n'a pas envie de parler plus de Joan avec elle. Alors qu'il coupe le contact et ouvre la porte, il s'étonne juste d'une chose : sa sœur n'a pas eu la curiosité de lui demander le prénom de celle qui hante son cœur et ses pensées.
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Offline limeye

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #3 am: 13. April 2013, 21:01:19 Uhr »
Bonsoir à toutes !

retour sur Tycho... ambiance, ambiance sur la base...

Limeye  :)



Joan se redresse, passe sa main dans ses longs cheveux blonds, soupire, se tourne vers Simon et lui adresse un grand sourire :

- Voilà, nous avons terminé ! Je suis contente d’être venue à bout de cet inventaire ! La flore de Vénus est si riche…
- Et encore, nous n’avons pas exploré les zones les plus humides.
- Il faut que l’on organise cela prochainement. Dans les marais, on trouve toujours des choses intéressantes.
- Oui.
- Bon, je vais ranger ces échantillons et je vais me préparer un bon thé !
- Tu l’auras bien mérité, je suis même étonné que Grag ne soit pas encore venu te signaler que tu n’avais pas mangé depuis plusieurs heures.

Elle rit. Simon émet le petit bruit qui est son propre rire. Il aime beaucoup entendre le rire de Joan. C’est un des bonheurs de son étrange existence.

Joan glisse la dernière petite palette de pousses qu’ils ont étudiées ce matin-là dans la grande armoire réfrigérée où ils conservent tous leurs échantillons. Puis elle sort du grand laboratoire de Tycho et gagne la partie d’habitation de la base. Elle sifflote dans le couloir :

We'd go down to the river / And into the river we'd dive / Oh down to the river we'd ride *

et très vite Eek et Oog viennent la saluer.

- Coucou, petits monstres ! Où sont vos maîtres ?

Oog couine, Eek jappe et ils la devancent en cavalant vers le salon. Par la porte ouverte, elle entend la conversation entre ses deux amis.

- … qu’on va repartir bientôt, mon vieux Grag ?
- A mon avis, dès que Joan et Simon auront terminé, la chef voudra repartir faire un tour dans les étoiles. A moins que Carthew n’ait besoin de nous quelque part…
- Coucou vous deux ! Vous vous ennuyez ?
- Ah Joan ! Vous avez terminé ?
- Oui, ça y’est. Et vous ?
- Le Comète est prêt à décoller, dès que tu en donneras l’ordre !, répond Otho avec une certaine emphase.
- Tu n’as pas envie d’un petit voyage ? Ca fait des semaines qu’on n’a pas bougé de Tycho.
- Depuis notre expédition sur Calypso, c’est vrai, reconnaît Joan. Bon, je me fais un thé, qu’as-tu préparé pour ce midi, Grag ?
- Tu vas faire d’une pierre deux coups entre ton déjeuner et ton goûter, vu l’heure…
- Désolée, je suis un peu décalée en ce moment, je voulais vraiment qu’on finisse l’inventaire avec Simon.

Elle ressort de la pièce pour gagner la belle cuisine, s’installe à table et Grag lui présente un délicieux gratin de chou-fleur aux lardons.

- Et je t’ai préparé un gâteau au chocolat pour ton dessert ! J’ai empêché la gomme balloune d’y goûter en premier.
- Merci, Grag, vas-y, Otho, sers-toi. Je sais que tu en meurs d’envie !

Otho se sert une minuscule part, renifle, prend un air dégoûté qui ne trompe personne, avale une bouchée et se resserre plus généreusement. La bouche pleine, il marmonne :

- Me demande si celui de Curtis est aussi bon…
- Tu disais, Otho ?, dit Joan avec petit sourire en coin.
- Rien, rien…

Elle pique la tête vers son assiette, la remarque d’Otho ne lui a pas échappée, et elle se demande si Grag n’a pas fait un peu exprès de cuisiner ce gâteau, histoire de lui faire revenir à l’esprit le souvenir du jeune homme. "Pas besoin de gâteau au chocolat pour que je pense à Curtis, mon vieux Grag !", se dit-elle. "Et puisque vous parlez de quitter Tycho, j’irai bien faire un tour sur Terre ! Mais il me faudrait un bon prétexte… "


* The River / Bruce Springsteen
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Offline Frégo80

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #4 am: 13. April 2013, 21:35:18 Uhr »
Coucou Limeye,

C'est bien de voir que Joan dans ce récit est beaucoup moins couincée après sa première rencontre avec Curtis que lui dans les autres récits, et je ne parle même pas du dessin animé. J'ai hâte de voir la suite! ;D

Tourlou! (un autre mot à chercher dans le dictionnaire québécois  8))

Frégo 

Offline O-tho

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #5 am: 13. April 2013, 23:28:45 Uhr »
Coucou Limeye,

Merci de nous apporter la suite si vite!
J'adore la relation qu'elle a avec ses 3 compagnons, beaucoup plus tendre que l'original! Et Otho qui la titille, Crag qui se fait du souci pour elle, ca ne change pas ca... ;D

Pour le probleme de Curtis:
"Il n’a aucun moyen de la contacter, hormis via le colonel Gurney, mais il ne veut pas passer par cet intermédiaire. Il n’a jamais eu besoin de personne pour sortir avec une fille, ce n’est pas maintenant qu’il va commencer."...Il pense developper la telepathie?? Se perdre sur la lune? Devenir ennemi public numero 1 ...pour la revoir? ;D

Au plaisir de lire la suite!

O-tho

Offline limeye

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #6 am: 14. April 2013, 05:55:14 Uhr »
Coucou les filles !

je voulais vous livrer la suite hier soir, mais panne d'internet impromptue (forcément...  [motz] ), donc il m'a fallu attendre l'insomnie pour pouvoir le faire  ;)

fin de la première partie, toujours en famille.

Limeye  :)


Toute la famille Newton est attablée devant un bon petit déjeuner, au soleil, en ce début de matinée. Seul le père, Roger, manque à l’appel. Il est parti tôt pour une nouvelle expédition de pêche.

La mère de Curtis, Elaine, tient son petit-fils sur ses genoux, elle a repoussé loin sur la table son bol de café fumant, car ce petit coquin a la main rapide et attrape tout ce qui traîne devant lui. Laëtitia, la petite amie de Patrick, joue avec lui, lui tendant une petite cuillère qu’elle retire dès qu’il veut la saisir. Le petit garçon rit. Cela fait sourire Curtis qui les observe, assis en face de sa mère. Cela fait deux jours que Stéphany, Eddy et lui sont arrivés, et il a déjà l’impression d’être en vacances depuis une semaine. Se retrouver ici, en pleine nature, lui a toujours fait du bien. Patrick regarde le jeu, glisse sa main sur la taille de Laëtitia. Elle se retourne vers lui, lui sourit et il dépose un rapide baiser sur ses lèvres.

- Ouh, les amoureux !, s’écrie Mathilde.
- C’est dégoûtant de se faire des bisous à table, renchérit Alicia.

Tout le monde éclate de rire. Les deux plus jeunes passent leur temps à embêter Patrick et Laëtitia, s’amusant du moindre petit geste tendre entre eux.

- Hooooon, y’a plus de lait, dit Mathilde en voulant se servir un bol de céréales.
- Et bien, lève-toi et va chercher une autre bouteille, lui répond sa mère.

La petite fille se lève en poussant un gros soupir.

- Tu n’as pas l’âge de grogner et de traîner les pieds. Pas avant 13 ans, rappelle Elaine.

Quelques instants après, on entend à nouveau la voix de Mathilde :

- Y’en a plus dans le frigo non plus ! Mais qui c’est qui oublie d’en remettre à chaque fois ?
- Ton père…, soupire Elaine en échangeant un regard complice avec Curtis.
- Maman, demande celui-ci, est-ce que Matthew et Myriam vont venir un peu ?
- Elle doit rester couchée… avec le bébé. Ca leur ferait du bien d’être ici pourtant, il fait moins chaud qu’à Ottawa, mais ils ne veulent pas prendre le moindre risque… trois heures de route, c’est beaucoup trop.

Curtis opine. Il sait combien Myriam a envie de ce bébé. La jeune femme a déjà fait une fausse couche, et cette nouvelle grossesse est difficile. Il espère que tout ira bien. Il aime beaucoup sa belle-sœur, et sait que cet enfant rendrait aussi son frère très heureux.

Mathilde revient à cet instant avec une nouvelle bouteille de lait qu’elle a récupérée dans le garage.

- Je vais mettre un gage à papa. Je n’aime pas boire le lait tiède.
- Il en est déjà à quatre gages depuis ce matin. Tu crois qu’on va battre le record de la semaine dernière ?, demande Alicia.
- Vous êtes bien parties en tout cas, lance Patrick.
- Lequel ou laquelle d’entre vous m’accompagne pour faire les courses, ce matin ?
- Je veux bien venir avec toi, maman, répond Curtis avant son frère.

Il ne veut pas se retrouver plus souvent qu’à son tour à faire le surveillant de colonie de vacances. Patrick lui lance un regard désespéré, mais Curtis reste inflexible.

**

Sa mère a fait un rapide inventaire, et une heure plus tard, Curtis se retrouve à ses côtés, à pousser deux grands charriots dans les allées d’un supermarché encore peu fréquenté. Il sait que sa mère passe une demi-matinée, trois fois par semaine, à refaire le plein des placards, des deux réfrigérateurs et du congélateur. Alors qu’ils patientent un peu à la caisse, devant la montagne de provisions, il fait la remarque :

- Tu crois qu’on tiendra deux jours ?
- J’aimerais tenir trois, mais ça ne va pas être possible. En plus, ton frère a eu la bonne idée de vouloir inviter deux copains… ils débarquent demain… mais il m’a promis de s’occuper de chaque repas du soir !
- Alors on aura intérêt à prendre un bon goûter, car Patrick n’est pas un rapide… et ils vont rester traîner sur la plage, les connaissant…
- Hum, tu étais pareil !
- Vraiment ?, demande-t-il avec un sourire.

Elaine l’observe. Depuis qu’il est là, Curtis sourit rarement. Elle connait par cœur chacun de ses enfants, et devine toujours quand quelque chose les tracasse. Elle sait pertinemment ce qui préoccupe son deuxième fils, mais ne dit rien. Elle-même n’a pas de solutions. "Comment attraper une étoile filante ?" Elle sait qu’il veille le soir, la nuit dernière encore, elle l’a aperçu sur la terrasse, alors que tout le monde était couché. Curtis s’est toujours relevé la nuit, pour observer le ciel, surtout ici, car ils sont loin des lumières de la ville et les cieux d’été sont magnifiques. Mais elle sait aussi que depuis quelques semaines, ce n’est pas seulement pour chercher des constellations, observer la position des planètes, qu’il sort la nuit. "Est-ce qu’un jour, je la rencontrerai, cette jeune femme ? Il est vraiment amoureux, parce que sinon, il serait déjà passé à autre chose."

Sur le chemin du retour, Elaine ne cherche pas à rompre les pensées de son fils. Elle-même est en pleine réflexion. Stéphany, son aînée, a toujours été un peu volage. Matthew vit avec Myriam depuis six ans, ils se sont mariés il y a trois ans, juste avant Stéphany. Patrick sort avec Laëtitia depuis cet hiver, mais il a déjà eu plusieurs petites amies avant. Néanmoins, il semble tenir à cette jeune fille, qu’Elaine apprécie, mais ils sont encore jeunes et sait que ça ne durera peut-être pas. Quant à Curt… Solange a été une erreur, elle l’a su tout de suite. La jeune femme lui tournait autour depuis des mois, il a fini par craquer. Elle se doute qu’il a dû avoir quelques aventures durant ses deux années d’absence, mais certainement beaucoup moins que ce que ses sœurs imaginent. "Il était trop pris par ses études, et à son retour, il a craqué pour cette fille qui n’était vraiment pas faite pour lui. Je suis soulagée qu’il se soit décidé à la laisser tomber. Et même si sa rencontre avec cette Joan ne doit déboucher sur rien, elle aura eu au moins le mérite de l’aider à rompre." Elaine pousse un léger soupir, elle regrette toujours un peu la petite Bianca avec laquelle il était sorti un été, il y a quatre ans, ici. "J’ai bien peur que Joan ne lui inflige de vrais tourments amoureux…", songe-t-elle en le regardant sortir, le visage un peu fermé, les packs de lait et les grands sacs de provisions du coffre de la voiture.
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Offline limeye

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #7 am: 14. April 2013, 18:47:01 Uhr »
Allez, avant de me replonger dans les visages de mon ennemie, je vous livre un petit bout de celui-là...

Deuxième partie

Ils passent l'après-midi au bord du lac, seule Stéphany est restée à la maison et les rejoindra plus tard, après la sieste d'Eddy. Roger quant à lui s'est installé avec un livre sous un arbre, à l'ombre, au calme. Autant il aime aller à la pêche, autant il déteste rester sur la plage.

Curtis s'apprête à sortir de l'eau, après avoir nagé un bon moment, lorsqu'il est alerté par la pâleur de sa jeune sœur, Mathilde, et son immobilité. Debout dans l'eau, elle a le regard vague, il s'avance vers elle, la voit vaciller, court et réussit à la sortir de l'eau avant qu'elle ne boive la tasse. Elle a les yeux vitreux. Elle est en train de faire un malaise.

Il la prend dans ses bras, sort rapidement de l'eau, leur mère se précipite vers lui.

- Mathilde ! Mathilde !
- Elle est tombée dans les pommes, maman, vite allongeons-la !

Elaine pose la main sur le front de sa fille, relève les yeux, inquiète :

- Elle est bouillante.

Ils arrivent à la ranimer, mais à peine s'est-elle redressée qu'elle est prise de violents vomissements.

- Alicia ! Va prévenir papa, vite !, crie Elaine à son autre fille. Curtis ! Porte-la, on la ramène à la maison.
 
Alerté, Roger les voit arriver, la petite dans les bras de son frère. Ils s'en occupent rapidement. Elle fait plus de 40 de température, et vomit encore.

- Une bonne gastro-entérite, dit-il.
- En plein été ?, interroge sa femme, soupçonneuse.
- Ca arrive.
- Avec autant de fièvre ? Mathilde fait rarement beaucoup de température...
- C'est possible, tu sais, la chaleur estivale n'arrange rien. Tu as ce qu'il faut dans la pharmacie ou faut-il que j'aille faire un tour ?

Elaine soupire : le médecin de la famille, c'est lui, mais si elle n'était pas là pour veiller sur son stock de médicaments, ils avaleraient tous des comprimés périmés.

- Oui, j'ai ce qu'il faut. Je vais prévenir Stéphany de ne pas approcher, pour éviter qu'Eddy ne l'attrape. Et lavage sérieux des mains pour tout le monde, ordonne-t-elle en redescendant dans le salon où Patrick, Laëtitia, Curtis et Alicia les attendent également.
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Offline limeye

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #8 am: 14. April 2013, 22:31:53 Uhr »
Le soir même, la fièvre n'a pas diminué et la petite fille est très agitée. Elaine commence à s'inquiéter sérieusement, Roger se veut rassurant.

- Elle en a pour 24h au moins à être malade, c'est normal, ça secoue...
- Roger ! Elle a déjà fait des gastros, elle n'a jamais eu autant de fièvre, et ça ne baisse pas, malgré les médicaments !
- Elle en vomit la moitié, c'est difficile de faire de l'effet...

Agacée, Elaine sort sur la terrasse. Curtis, Patrick et Laëtitia y sont encore, autour des restes d'un repas auquel ils ont peu touché.

- Ca va maman ?, demande Patrick, inquiet.
- Pff... des fois, je me demande à quoi ça sert que j'ai épousé un médecin !
- Papa est cardiologue, pas généraliste..., poursuit Patrick.
- Mathilde a toujours de la fièvre ?, demande à son tour Laëtitia.
- Oui, beaucoup, ça ne diminue pas. Pour moi, ce n'est pas une simple gastro. Et si elle faisait une intoxication ? Ou l'appendicite ?
- Tu veux qu'on l'emmène au dispensaire ?, suggère Curtis.
- Ton père en fera une jaunisse, mais ce serait plus prudent.
- Si ça peut te rassurer, alors allons-y. Tant pis pour la jaunisse de papa, il en verra d'autres.

Une demi-heure plus tard, ils arrivent au dispensaire de l'île, qui ne possède pas d'hôpital, ni de clinique. Il y a plusieurs cabinets médicaux, répartis sur toute l'île, mais le seul endroit ouvert 24 h/24 est le dispensaire. Le médecin de service examine rapidement la petite fille et conseille aussitôt de l'envoyer aux urgences de l'hôpital d'Espanola.

- C'est fort possible que ce soit l'appendicite, dit-il. Il faut qu'elle soit prise en charge rapidement, une telle fièvre n'est pas normale, et ses yeux sont vitreux. Depuis cet après-midi, vous dîtes ?
- Oui, docteur. Ca l'a pris alors qu'elle se baignait.
- Vous pouvez l'emmener ?
- Oui, bien sûr, répond Curtis.

Et les voilà, filant dans la nuit. Curtis conduit, Elaine est installée à l'arrière de la voiture, Mathilde allongée sur la banquette arrière, la tête sur les genoux de sa mère. Elle ne vomit plus, mais délire. Le médecin n'a rien voulu lui faire avaler, si une opération doit se dérouler en urgence, c'est plus prudent, a-t-il expliqué.
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Offline O-tho

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #9 am: 15. April 2013, 02:15:20 Uhr »
Coucou Limeye,

Quelle matriarche cette Elaine, qui veille sur ses petits poussins....Je n'ose imaginer un jour Joan la rencontrer, et toute la smala avec!  :P Ca peut donner des scenes savoureuses!

Pov' 'tiote de Mathilde...ca sent la peritonite aigue tout ca... :-X...ou bien...Elle n'aurait pas besoin de Simon par hasard?  ;D

O-tho

Offline flamme

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #10 am: 15. April 2013, 04:21:14 Uhr »
Coucou! Je n'ai pas pu résister à la tentation d'aller jeter un petit coup d'oeil ici avant d'aller me coucher!

Limeye: un merci spécial pour la gomme balloune! Tu as raison, ça lui va merveilleusement bien comme surnom!    [goodjob]  Autre passage savoureux: les allusions à peine subtiles de Crag et O-tho avec le gâteau!   :-*  Indomptables, ces deux-là....heureusement!  ;D

Frego: un merci spécial pour le référence au dictionnaire québécois! Je ne serais pas surprise que tu sois québécoise toi aussi, même si tu es rendue en Ontario, puisque tu connais ce mot-là! A moins qu'il soit aussi employé dans les régions francophones ontariennes, ça, je ne sais pas... Et moi aussi, j'apprécie l'aisance et le sens de la répartie de Joan avec Curtis...   ;)

O-Tho: d'accord avec toi pour la relation de Joan avec l'équipe! Et  je sens que Curtis, s'il est le moindrement autodidacte, pourrait  prendre l'initiative d'agrandir le champ de ses talents en y incluant le tir, le décodage, le craquage de données informatiques, le pilotage, etc, etc...   [diploma] dans le but d'impressionner sa bien-aimée!

Limeye (pour conclure): je me demande vraiment quel sera le prétexte aux prochaines retrouvailles, car malheureusement l'histoire prend une tournure dramatique pour la petite (!) famille de Curtis...

Bonne nuit (Amérique) et fin de nuit (Europe)!

Flamme

Offline limeye

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #11 am: 15. April 2013, 08:42:41 Uhr »
Coucou à toutes !

O-Tho : c'est bien dans mon idée de faire des scènes entre la smala Newton et Joan, voire toute l'équipe, mais je n'en suis pas là encore. Peut-être dans le Tome 3  ;D

Flamme : oui, je n'ai pas pu m'empêcher pour le surnom d'Otho ! Les insultes en français étant vite toujours les mêmes... Maintenant, il faut aussi en trouver un pour Grag  ;D

Le prétexte aux retrouvailles approche, O-Tho a déjà eu du flair...  ;)

Bon début de journée à tout le monde !

Limeye  :)


Une heure plus tard, ils arrivent à l'hôpital, sans savoir encore que Patrick, à son tour, est saisi des mêmes maux que sa petite sœur.

Quand Curtis entre dans la salle d'attente des urgences, sa sœur dans les bras, il s'étonne. Il y a du monde, une certaine effervescence. Sa mère s'avance vers l'accueil, et dès qu'elle signale les symptômes de Mathilde, les deux secrétaires se regardent étrangement.

- Vous êtes la douzième personne à arriver depuis deux jours. La septième aujourd'hui. A Ottawa aussi, ils ont des cas. Ce n'est pas une gastro-entérite. C'est autre chose. Allez vous asseoir, je préviens une infirmière de garde.

Quelques minutes plus tard, une jeune femme s'avance vers eux avec un brancard, conduit la petite fille dans une salle d'examen. Curtis laisse sa mère l'accompagner, il sort et appelle son père pour le prévenir qu'ils sont arrivés à Espanola. C'est Stéphany qui décroche et lui apprend la nouvelle concernant Patrick.

- Alors pas la peine de le laisser comme ça. Venez directement à Espanola. Il y a quelque chose : ils ont déjà plusieurs cas semblables depuis hier.
- Ok, je m'organise avec papa.
- Fais attention pour Eddy, surtout, lui rappelle Curtis.
- Ne t'inquiète pas. Il n'y a que moi qui l'approche depuis ce soir et je me lave soigneusement les mains à chaque fois. Il va bien.
- Je vous rappelle dès que maman et Mathilde ressortent de la salle d'examen.

Quand sa mère revient, il devine que son inquiétude ne s'est pas calmée.

- Ils lui font une échographie, pour vérifier pour l'appendicite, mais il y a peu de "chances" que ce soit cela.
- Maman... Patrick est malade lui aussi.
- Non ? Oh !

Et elle se prend la tête entre les mains. Curtis serre sa mère entre ses bras et lui dit :

- J'ai eu Stéphany, je lui ai dit d'amener Patrick ici directement. Je pense que papa va s'en charger.
- Je crois que ça va être plus simple de faire rentrer tout le monde ici... je ne veux pas que ta sœur reste toute seule là-bas avec le bébé ! Si jamais il y a des complications...
- En tout cas, si ce n'est pas une gastro-entérite, il y a moins de risques de contamination.
- Et comment tu expliques que Patrick soit malade à son tour ?
- Il a peut-être mangé quelque chose, comme Mathilde, de périmé ou...
- Quelque chose de périmé ? En faisant les courses tous les deux jours ?
- Excuse-moi, j'ai dit quelque chose de stupide. Enfin, tu vois ce que je veux dire ?
- Oui, oui, je comprends. Quelque chose qu'eux seuls auraient mangé et pas nous ?
- Un problème dans un paquet de biscuits, par exemple, ça arrive... ou dans les yaourts...

**

En fin de nuit, les responsables des hôpitaux de la région, alertés par le nombre de cas et la gravité des symptômes, ordonnent le regroupement de tous les malades à Ottawa. En tout, on compte déjà une cinquantaine de cas, principalement des enfants, des jeunes adultes ou des personnes âgées.
Epuisés par une nuit de veille et d'agitation, par l'inquiétude concernant Mathilde et Patrick, c'est seulement sur le petit matin que Curtis parvient à ramener sa mère chez lui, dans le petit appartement qu'il loue depuis un mois. Roger est resté à Espanola avec Alicia, Stéphany et le petit Eddy. Pour l'instant, aucun d'entre eux n'est affecté.

Les premières analyses ne donnent rien, les autorités sanitaires ont fait revenir du personnel et quelques biologistes pour tenter de trouver l'origine de la contamination. Tous soupçonnent de la nourriture, mais aucune piste ne se dessine vraiment, les cas étant répartis de manière irrégulière tout autour d'Ottawa, avec un nombre plus important de cas sur Espanola et sur la capitale-même.

Elaine est parvenue à dormir quelques heures, Curtis aussi, mais c'est un appel de son père qui le réveille.

- Curt, comment va ta mère ?
- Elle dort encore... j'ai réussi à la ramener chez moi en fin de nuit. On n'a pas de nouvelles de l'hôpital pour l'instant. Tu en as de ton côté ?
- J'ai alerté Matthew. Il doit appeler un collègue gastro-entérologue, qui est en poste à l'hôpital central, il y a des chances d'ailleurs qu'il ait vu ton frère et ta sœur au cours de la nuit. Matthew va essayer d'en savoir plus grâce à lui, je vous tiens au courant.
- Ok, papa. Tout va bien de votre côté ?
- Oui, oui, rassure ta mère. Nous tous allons bien.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #12 am: 15. April 2013, 18:53:36 Uhr »
Et un petit morceau en plus...

 ;)


En fin de journée, on compte les deux premiers décès. Une femme âgée, déjà affaiblie par un diabète, et un tout petit enfant de deux ans. Une vingtaine de cas supplémentaires sont arrivés à l'hôpital central, les services sont en cours de réorganisation pour accueillir au mieux les patients, d'autres malades ont été déplacés vers les autres hôpitaux et cliniques de la ville. Aucun des malades atteints ne se portent mieux, certains sont tombés dans le coma.

Alors que Curtis et sa mère attendent, avec d'autres familles rongées par l'inquiétude, Curt voit arriver Solange en larmes, avec ses parents. L'apercevant, elle vient s'asseoir à côté de lui.

- Mon frère est malade, Curt, fièvre, vomissements...
- Comme tous ceux qui sont ici depuis trois jours maintenant, lui dit-il calmement.
- Quelqu'un est malade chez toi ?, demande-t-elle inquiète.
- Mathilde et Patrick.

La jeune femme secoue la tête.

- Il y a déjà eu des décès, il paraît qu'ils ne trouvent pas... tu crois qu'ils vont tous mourir ?
- Non, il faut garder espoir. Tout le personnel travaille d'arrache-pied, les médecins, les labos aussi... il faut du temps pour trouver la bactérie responsable, mais ils vont y arriver, ne t'inquiète pas.

Il a dit cela autant pour rassurer la jeune femme que sa propre mère. Les parents de Solange se sont approchés également, il les salue. Ils lui répondent un peu froidement, mais il s'en moque. Pour l'heure, ce qui compte c'est de rassurer tout le monde et ne pas laisser la tension monter.

Mais quand l'après-midi touche à sa fin et que deux autres décès sont annoncés, il n'y tient plus, sort et appelle le colonel Gurney, au siège de la police interplanétaire à New York. Il a déjà dans la tête que le professeur Simon, avec ses connaissances et ses compétences, peut aider les équipes dans leurs recherches.
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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #13 am: 15. April 2013, 21:17:12 Uhr »
- Bonjour, madame, dit-il à l'hôtesse qui prend son appel, pourriez-vous me passer le colonel Gurney, s'il vous plaît ?
- C'est professionnel ?
- Oui.
- Je vous passe son secrétariat.

Curtis patiente, un jeune homme décroche. Il explique qui il est, mais ment sur les raisons de son appel. Il invente une histoire d'observation d'un étrange phénomène céleste. Au bout d'une minute, il reconnaît la voix du colonel.

- Professeur Newton ?
- Colonel Gurney, excusez-moi de vous déranger.
- Je vous écoute, vous avez observé quelque chose d'étrange ?
- Pas du tout, mais j'ai besoin de vous. Etes-vous au courant de l'étrange épidémie qui touche Ottawa et sa région ? Plus de 70 cas à ce jour, en trois jours, déjà 4 décès...
- J'ai entendu cela oui, mais en quoi...
- La plus jeune de mes sœurs et mon frère sont hospitalisés, des connaissances aussi. Je ne suis pas idiot, colonel, mon père et mon frère connaissent des médecins, et si les autorités sanitaires cherchent à rassurer, en fait, il n'en est rien. Personne ne parvient à trouver la moindre piste d'explications et l'état des malades empire. Plusieurs personnes sont déjà dans le coma, et je crains que cela n'arrive à ma sœur dans les prochaines heures.
- En quoi puis-je vous aider ?
- J'ai pensé au professeur Simon Wright, colonel. Ses connaissances pourraient nous être précieuses...
- Vous avez raison. Excellente idée. Mais je ne sais pas s'ils sont encore sur Tycho. Joan avait dans l'idée de repartir sur Venus pour poursuivre leurs recherches sur la flore de cette planète. Je vais essayer de les joindre. Je vous rappelle.
- Merci, colonel.
- Gardez confiance.
- C'est ce que je fais. J'ai une mère à soutenir. Sans compter tous les autres...

**

Mais un quart d'heure plus tard, alors qu'il a regagné la salle d'attente, ce n'est pas la voix du colonel Gurney qu'il entend en décrochant son téléphone, mais celle, rafraîchissante mais néanmoins inquiète, de Joan.

- Curtis, bonjour ! Ezra vient de m'appeler... Nous n'étions pas au courant de ce qui arrive. Explique-moi !
- Joan !

Rien que de l'entendre, il se sent étrangement soulagé. Il a besoin d'elle, il en prend seulement conscience. Il lui explique rapidement ce qui est arrivé. Et quand elle dit simplement : "On arrive", avant de raccrocher, il sait qu'il va pouvoir vraiment remonter le moral de sa mère.

- Maman ?

Il s'accroupit devant sa mère, assise, pâle, mais volontaire, résistante à la panique et aux gémissements d'inquiétude provenant d'autres familles. Il lui prend les mains et l'invite à sortir dans le couloir. Solange, qui est assise à l'autre bout de la pièce, les regarde partir.

Elaine suit son fils jusqu'à l'extérieur de l'hôpital. Elle l'a vu s'éloigner, quelques instants plus tôt, suite à un appel. Elle craint un peu que ce ne soit Roger ou Matthew et qu'il n'ait pas de bonnes nouvelles à lui annoncer, pourtant, elle le devine étrangement confiant.

- Maman, j'ai réussi à joindre quelqu'un qui va peut-être pouvoir nous aider. Le professeur Simon Wright.
- Le cerveau volant qui travaille avec Joan, dont tu m'as parlé ?
- Oui.
- En quoi pourrait-il quelque chose ?
- Il a des compétences très étendues, dans tous les domaines. Ils ont une pharmacopée impressionnante, des moyens de recherche à faire pâlir les meilleurs laboratoires terrestres... et Joan aussi a des connaissances. Ils vont venir prêter main forte aux équipes ici. Ils trouveront, maman, j'en suis certain.

Elle le regarde, s'étonne quand même de la grande confiance que son fils place en cette jeune femme et son équipe, se demande si l'amour ne l'aveugle pas un peu... Mais quand une heure plus tard, elle fait connaissance avec Joan, Simon et Otho, elle comprend tout et reprend espoir à son tour.
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Offline limeye

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Re: Etoile filante (tome 2)
« Antwort #14 am: 16. April 2013, 08:37:01 Uhr »
Troisième partie

En apercevant le jeune homme et celle qu'elle devine être sa mère, Joan sent son cœur battre plus fort. Elle qui cherchait un prétexte pour revenir sur Terre et le revoir en a regretté l'idée dès qu'elle l'a eu en ligne, un peu plus tôt. Elle aurait préféré mille fois une autre raison. A cette heure, on frôle la centaine de malades, 4 décès, une quinzaine de comas. Des familles bouleversées, que l'hôpital est en train de faire évacuer. Impossible de laisser tous ces gens dans les salles d'attente, certains parents ayant eu des crises d'hystérie, des mouvements de colère violents, des évanouissements liés à la tension et à l'inquiétude.

En arrivant à l'hôpital central d'Ottawa, Joan, Otho et Simon ont été impressionnés par le dispositif mis en place. La police est là, des pompiers. Ils ont croisé une ambulance qui déposait un nouveau malade, un petit garçon de 6-7 ans, avec sa mère. Deux policiers empêchent la maman de rentrer dans l'hôpital, lui assurant que l'enfant va être pris en charge. La femme pleure, s'effondre presque. Otho s'approche et la soutient. Elle les regarde :

- Je n'ai que lui, sauvez mon fils !

Joan se sent bouleversée. Elle a déjà prêté main forte à des populations en danger, face à des catastrophes naturelles ou à un envahisseur. Mais cette maladie risque de faire des ravages. Depuis qu'elle a eu les premières informations par Curtis, puis par le professeur Boltrek, un biologiste que Simon connaît bien et qu'ils ont contacté aussitôt après, elle cherche le point commun entre tous ces malades.

Joan voudrait entrer dans le bâtiment, mais ils arrivent en pleine évacuation des familles, ce n'est vraiment pas le meilleur moment. Ils se placent un peu loin de la foule, et elle contacte Curtis.

- Joan ! Vous êtes arrivés ?
- Oui, mais ils sont en train de faire sortir les familles. Pourquoi ?
- Ca devenait ingérable à l'intérieur. Maman et moi sommes déjà sortis, est-ce que vous pouvez gagner le bâtiment de forme ronde, que tu dois voir sur ta droite ?
- Oui.
- C'est le laboratoire. On s'y retrouve, c'est là que ce sera le plus facile.
- Est-ce là que le professeur Boltrek travaille ? Il nous attend.
- Oui.
- Alors parfait, à tout de suite.

**

Un quart d'heure plus tard, tous les cinq sont installés dans le bureau du professeur Boltrek. Celui-ci explique à Simon et à Joan où ils en sont. La piste de l'eau courante empoisonnée ou polluée a été écartée, tous les abattoirs ont été mis en alerte. Des prélèvements sont en cours.

- Nous cherchons le point commun, dit Boltrek. Mais c'est difficile.
- Les analyses de sang des patients indiquent quoi ?
- Une bactérie mutante. Nous essayons de l'isoler, pour trouver l'antibiotique correspondant. Il faut faire vite... tous les laboratoires du pays sont mobilisés. A Montréal, une équipe fait également des recherches sur les œufs.

Joan a écouté les explications en silence. Simon se fait préciser certaines choses, demande des échantillons pour eux aussi. Boltrek les remercie de leur aide.

- Vous savoir à nos côtés est un soulagement énorme pour toutes nos équipes, professeur Simon, professeur Randall, dit-il. Votre aide nous est plus que précieuse.
- Nous allons regagner le vaisseau, Simon, et nous mettre au travail. Nous restons en contact, bien entendu, professeur, à la moindre nouvelle... même une mauvaise, prévenez-nous.
- Les autorités sanitaires organisent une réunion en visioconférence, dans deux heures, pour faire le point sur la situation. J'y assisterai.
- Je me joindrai également à vous, dit Joan. Merci à vous.

Ils sortent, Curtis marche à ses côtés. Sa mère les regarde, intriguée, mais confiante. Cette jeune femme l'impressionne, mais elle se sent aussi rassurée. Il se dégage de cette petite équipe une telle solidarité, mais aussi un tel savoir, qu'elle se dit que si quelqu'un peut trouver, et vite, ce sont bien eux. Son fils ne lui a pas menti.

- Curtis, y a-t-il un endroit proche où l'on pourrait parler tranquillement ?, demande Joan. J'ai beaucoup de questions à vous poser à tous les deux, mais je ne voudrais pas être dérangée. On peut retourner à l'aéroport, mais c'est loin, je veux pouvoir être de retour ici dans deux heures, pour la visioconférence. Je veux un endroit loin d'oreilles indiscrètes, je ne veux pas être dérangée par des parents inquiets, tu comprends ?
- Oui, oui, bien sûr. Le plus simple, c'est la terrasse du Madison, à cette heure, ce sera tranquille, c'est à dix minutes à pied, à peine.
- Otho, tu raccompagnes Simon au Comète, vous commencez les recherches, je vous retrouverai après la conférence.
- Bien, chef !, répond l'androïde qui s'éloigne avec le professeur.
« Letzte Änderung: 16. September 2013, 20:55:55 Uhr von limeye »
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