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Autor Thema: Geheimnis Beloga  (Gelesen 10587 mal)

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Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #60 am: 6. Januar 2013, 16:34:50 Uhr »
Heureusement que Dagor et Ezra, mais aussi Otho, avaient été là. Il aurait été incapable de penser à autre chose qu’à sauver Joan. Alors qu’ils étaient loin d’être tirés d’affaire. Certes, le Commandeur et ses proches avaient été mis hors de combat, l’étoile mystérieuse avait cessé d’émettre son rayon mortel, mais la situation était toujours des plus délicates. Les soldats de Prios restaient fidèles au Commandeur et auraient pu très vite s’emparer à nouveau d’eux et du Comète. Dagor l’avait quitté dès qu’il avait commencé à opérer Joan. Il avait alors révélé son identité aux hommes armés qui, déjà, s’avançaient vers le vaisseau.

- Je suis un Guerrier des Origines, avait-il prononcé d’une voix forte et dure. Si vous avancez plus, vous mourrez. Baissez vos armes. Nous ne sommes pas venus ici pour vous nuire, mais pour vous empêcher de nuire à d’autres. Votre rayon a causé de profonds dommages sur Beloga, semant la mort et la désolation. Si nous n’étions pas intervenus, vous seriez parvenus à détruire une très ancienne civilisation et tout un peuple. 
- Les Logas ne sont que des animaux !, émit celui qui menait la petite troupe. Nous avons besoin des richesses de Beloga !
- Vous pouvez trouver ces minerais sur d’autres planètes, sur des astéroïdes, sans nuire à personne.

A ce moment, une femme qu’ils n’avaient encore jamais vue, s’était avancée. Contrairement à tous les autres habitants de Prios, elle portait une robe d’un rouge très sombre et celle-ci se détachait sur la lumière bleutée de la station spatiale et sur les habits verts des Priens.

**

Tout était allé tellement vite qu’Ezra avait eu bien du mal à suivre. La belle femme aux cheveux châtains clairs et aux yeux vert et or était parvenue à faire reculer les soldats. Il avait perçu une sorte de crainte, mêlée de respect quand elle avait pris la parole. Son attitude, sa démarche, ce qui se dégageait d’elle, avaient rapidement fait comprendre à l’ancien colonel de la police interplanétaire qu’elle était une dirigeante, une… souveraine.

- Ces hommes sont peut-être nos sauveurs, avait-elle dit en balayant d’un regard sûr et convaincant les soldats et la foule qui s’était amassée derrière eux. Qu’il ne leur soit fait aucun mal !

Les soldats avaient hésité un instant, puis baissé leurs armes. L’un d’entre eux s’était même agenouillé devant elle. Ses compagnons l’avaient regardé, mi moqueurs, mi sérieux, puis l’un après l’autre, ils l’avaient imité.

Elle s’était alors tournée vers Dagor et lui-même, et de sa voix claire, elle leur avait dit :

- Je suis Ilyam. Lequel d’entre vous commande cette expédition ? Nous devons parler.

Ezra avait soutenu son regard, des yeux comme il n’en avait jamais vus. Même les yeux de Joan qui étaient pourtant fantastiques lui parurent soudain très pâles à côté de ceux d’Ilyam. Mais après tout, ceux de Joan brillaient surtout pour Curtis Newton… Il avait respiré un grand coup et son ancienne rigidité de colonel acquise au fil du temps lui était revenue pour saluer et répondre à cette femme surprenante.

- Notre Capitaine est à bord du vaisseau. Il opère une jeune femme très grièvement blessée. Dès qu’il le pourra, il sera, j’en suis certain, heureux de vous parler. Comme vous l’a dit le Guerrier des Origines, nous ne sommes pas venus ici pour nuire, mais pour éviter un drame.

Elle avait simplement hoché la tête.

- Alors peut-être pouvez-vous prendre des décisions à sa place ?
- Je peux essayer, oui.
- Où est le Commandeur ? Et Eluria ?
- Le premier est peut-être noyé dans un bain chaud, l’autre…
-  … est morte, termina Dagor.

Il vit un frisson parcourir le corps de la belle femme et comme un soulagement éclairer son visage, fugacement.

- Bien.

Elle se retourna alors vers la foule et les soldats, toujours agenouillés.

- Relevez-vous, ordonna-t-elle. Vous savez tous qui je suis et pourquoi je me trouve sur Prios. Vous l’avez entendu : le Commandeur n’est plus et Eluria non plus. Je prends le commandement ici. Vous !, ajouta-t-elle en désignant le soldat qui, le premier, s’était agenouillé en signe d’obéissance.

L’homme s’avança d’un pas vers elle.

- Vous prenez le commandement des forces armées ici. Nous devons aller vite. Il faut éviter que Hur apprenne la sécession de Prios, ajouta-t-elle en se tournant à nouveau vers Ezra.
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #61 am: 7. Januar 2013, 07:03:50 Uhr »
Hallo  :) !

Nur ein bisschen....

Limeye  :)




Ezra l’avait suivie, avec Otho et quelques gardes, jusqu’au poste de commandement de la base. De là, ils avaient vérifié que l’escadrille qui était partie vers Beloga faisait bien demi-tour.

- L’homme qui la commande se battra contre nous quand il découvrira que le Commandeur n’est plus. Il est l’un de ses plus fidèles partisans. Mais cela nous laisse un peu de temps. Nous allons alerter la Légion d’Andromède.
- La Légion d’Andromède ?, interrogea Ezra.
- C’est un peu l’équivalent de la police interplanétaire, si tu vois de quoi je veux parler, répondit l’androïde avant qu’Ilyam ait pu dire un mot, en lui lançant un regard complice.

Puis ils étaient revenus vers le Comète. Le calme semblait régner sur la base. Il n’y avait eu que quelques rares soulèvements, que les soldats sécessionnistes avaient rapidement maîtrisés. La population civile, quant à elle, restait calme.

Un homme attendait Ilyam, devant le vaisseau, en compagnie de Dagor.

C’était le Capitaine Future.
 
**

Ilyam avait accepté de monter à bord du Comète. Dagor et Otho étaient restés dehors, par précaution. Ezra et Curtis, rejoints par Simon qui s’absenterait régulièrement pour s’assurer que tout allait bien pour Joan, l’avaient menée jusqu’à la salle de repos. Jelle les y attendait, malgré les ordres du Capitaine. Elle avait deviné que quelque chose d’important se passait, et qu’ils recevaient quelqu’un d’important. Elle n’avait plus sommeil.

Curtis eut un simple haussement d’épaule en voyant qu’elle était là, qu’elle n’avait pas gagné sa cabine. Comme avec Joan, mais plus vite, il apprenait qu’il ne servait à rien de passer en force avec Jelle. Ni même en douceur. Elle n’en faisait qu’à sa tête, et à un moment, il se demanda comment faisait Davies… pour vivre avec une telle tête de mule. Une adorable tête de mule. Mais une tête de mule quand même.

Jelle avait préparé du thé, du café, des rafraîchissements et chacun y goûta avec plaisir. Les événements des dernières heures les avaient sérieusement secoués et les attentions de Jelle leur firent du bien à tous. Y compris à Ilyam.

- Joan va bien, dit-elle simplement à Curtis avant qu’il ne s’installe.

Tous prirent place et Ilyam commença son récit.

**

Elle était la nièce des souverains de Hur. Le roi régnant, vieux et malade, avait laissé ses conseillers prendre les décisions importantes à sa place, et petit à petit, il était devenu une potiche. Son fils, qu’il avait eu tardivement, était encore trop jeune pour prendre la relève. Sa mère, la reine, l’avait élevé le mieux possible, avec les propres parents d’Ilyam, dans le but de le préparer à son futur rôle. Les parents d’Ilyam avaient péris, empoisonnés. Petit à petit, les conseillers faisaient le vide autour du vieux roi, faisant aussi disparaître les hommes les plus fidèles à la dynastie.

Ilyam avait craint pour sa propre vie et pour celle du prince héritier. Elle avait voulu le protéger, mais avait été enlevée et conduite sur Prios avant d’avoir pu agir. Elle ignorait quelle était maintenant la situation sur Hur. Elle savait qu’elle pourrait obtenir de l’aide des autorités d’Aïmos, qui, à l’image du gouvernement interplanétaire dans le système solaire, intervenaient pour faire régner l’ordre dans Andromède. Mais à aucun moment, elle n’avait été en mesure de donner l’alerte.

Elle était soulagée de l’intervention des Futurmen, même si elle regrettait ce qui était survenu sur Beloga. Si une telle abomination était arrivée, cela signifiait alors que la situation sur Hur était désastreuse. Son oncle ne pouvait plus rien décider, quant à son jeune cousin… et à la reine…

- Nous irons sur Hur avec vous, décida Curtis. Mais avant, nous devons détruire l’installation qui produisait la source lumineuse. Et empêcher l’escadrille de reprendre le pouvoir sur Prios.
- Nous avons déjà prévenu les autorités d’Aïmos, Capitaine, dit Ilyam.
- Alors, c’est bien.

A ce moment, Jelle qui avait relayé le professeur Simon auprès de Joan, revint dans la salle.

- Elle se réveille, Curtis. Il faut que tu viennes.
- J’arrive.
« Letzte Änderung: 27. September 2014, 05:09:27 Uhr von limeye »
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Offline limeye

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #62 am: 7. Januar 2013, 07:16:33 Uhr »
Ce passage m'a été inspiré par une chanson dont je vous envoie l'url si ça vous intéresse...

https://www.youtube.com/watch?v=nDoH0cKcCMs


Joan ouvrit lentement les yeux. Elle ne distingua qu’un voile de brume et une faible lumière. Elle sentit la chaleur d’une main sur sa propre main. Et un doigt léger lui caresser la tempe.

- Joan ? C’est moi, Jelle. Tout va bien.
- Curtis ?
- Je vais le chercher.

Elle referma les yeux. Quand il entra dans l’infirmerie du vaisseau, elle dormait à nouveau à poings fermés. Il regarda, un peu fébrile et inquiet, les relevés des différents appareils de mesure. Mais tout allait bien. Le pouls était un peu faible, mais régulier. Sa respiration aussi. Elle dormait, simplement.

Il s’assit sur le fauteuil à côté d’elle. Malgré la fatigue qu’il ressentait, il voulait rester la veiller un moment. Il se reposerait après. Plus tard. Il serait toujours temps, plus tard, qu’il se repose. Et qu’il écoute les autres.


Elle savait exactement où elle était. Dans le salon de Tycho. Allongée sur le canapé. Et quand c’était. Au début de l’hiver. Il s’était levé pour mettre un peu de musique. Cette chanson d’un temps ancien, qu’ils avaient découverte en fouillant les archives numériques de la bibliothèque de l’Unesco. Ils avaient totalement craqué pour ces voix qui invitaient au voyage, semblant traverser le ciel et les temps.

E ghje cusi (I Muvrini)

Il était revenu vers elle et s’était accroupi pour être à sa hauteur.

Je voudrais te dire quelque chose d’important, mon amour.

Un instant, elle avait craint qu’il ne lui annonce qu’il allait devoir repartir pour une destination lointaine, une mission difficile et qu’il lui tienne ces propos imbéciles habituels « trop dangereux pour elle ». Mais non…

Il lui sourit doucement : Tu sais… Je… Enfin… je… Si… tu…

Elle l’avait regardé, étonnée. C’était bien la première fois qu’il hésitait autant à lui dire quelque chose. Même quand il lui avait avoué son amour, il n’avait pas été aussi hésitant. Qu’est-ce que cela cachait donc ?

Il respira un grand coup. Pourtant, il avait préparé soigneusement ses phrases. Et là, face à ces grands yeux interrogateurs, c’était comme s’il avait tout oublié. Il baissa un instant les yeux, puis plongea son regard dans cet océan étoilé sans lequel, il le savait, il ne pourrait vivre.

Je voudrais… te faire un enfant.


Une lumière blanche l’enveloppait. Comme un drap soyeux et doux. Quelle était belle et attirante, cette lumière. La lumière d’un autre monde. Mais ces images et ces mots étaient repassés dans son esprit, remontant du fond de sa mémoire. Plus forts que la lumière. Plus vivaces. Et l’avaient ramenée à la vie. Parce qu’elle voulait pouvoir donner la vie.

**

Il avait compris tout de suite ce qui se passait. Elle était en train de partir. Il avait réagi en restant le plus calme possible, le plus maître possible de ses nerfs. D’une part parce qu’il savait que dans cette situation, chaque seconde comptait et que la précipitation pouvait être l’ennemi du bien. Et ensuite… il ne voulait pas inquiéter Jelle. Il lui remit le masque à oxygène, plaça les électrodes sur son cœur, renvoyant un peu plus de sang dans ses vaisseaux. Il était prêt à lui faire un massage cardiaque si nécessaire. Il n’en eut pas besoin. Elle revenait.

Machinalement, il essuya une perle de sueur qui coulait sur son front. Jelle vit le geste et demanda :

- Ca va aller, Curtis ? Elle va bien ?
- Oui, oui, Jelle. Ca va. Elle avait besoin d’un peu d’air. Je vais rester à nouveau auprès d’elle.
- Que vas-tu faire par rapport à Ilyam ? A ce qu’elle nous demande ? Va-t-on repartir tout de suite ? Est-ce que Joan va supporter le vol ?
- Jelle… une seule question à la fois, s’il-te-plaît…

Le regard sombre de Jelle croisa les yeux gris de Curtis. Elle y lut une grande fatigue, et, ce qui arrivait rarement, une profonde hésitation. Mais qui s’effaça bien vite. Elle le vit se redresser, bouger légèrement ses épaules pour évacuer la tension qu’il ressentait encore.

- Il est grand temps que j’apprenne, n’est-ce pas, Jelle ? Combien de fois n’ai-je pas laissé passer sa vie, la mienne, après celles de tant d’autres ? Mais cette fois… nous ne partirons que lorsque Simon et moi-même seront certains qu’elle pourra supporter le vol. Je te le promets. Et de toute façon, nous n’utiliserons pas le vol oscillatoire, du moins durant les premiers jours. Et cela devrait aussi te rassurer pour toi-même.
- Tu sais quoi, Curtis ?
- Je t’écoute.
- Je crois que je pourrais supporter n’importe quel vol si Joan va bien. Et j’espère que Grag réussira à doser le médicament contre le mal de l’espace suffisamment précisément pour que je puisse veiller sur elle sans être malade et sans trop dormir.
- Je suis certain que Grag réussira, sourit-il pour la réconforter. D’ailleurs, je vais l’appeler. Pour qu’il reste ici avec toi. Je vais juste prévenir nos amis de mes intentions et je reviens.
« Letzte Änderung: 27. September 2014, 05:13:36 Uhr von limeye »
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Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #63 am: 7. Januar 2013, 21:33:54 Uhr »
- Je ne t’oublierai pas, Ezra.
- Je ne t’oublierai pas non plus, Ilyam.

Tout était allé très vite. Vraiment très vite. Dès le premier soir, elle l’avait entraîné auprès d’elle. Puis, il l’avait accompagnée, avec une imposante patrouille de la Légion d’Andromède sur Hur. Curtis avait décidé d’accorder la priorité à Joan, ce qu’Ezra était loin de lui reprocher et dont finalement, il s’était plutôt réjoui pour lui-même. Et après tout, les habitants d’Andromède n’avaient pas besoin de Capitaine Future. Ils avaient leur propre organisation de sécurité, de défense, leur propre gouvernement…

Les jours, les semaines avaient filé sans qu’il s’en rende compte. Avec l’aide de la Légion, elle avait repris le contrôle des affaires sur Hur, les usurpateurs avaient été arrêtés. Elle avait retrouvé son neveu, le futur roi, vivant… Et cela avait été un vrai soulagement. Maintenant, elle devait veiller à ce que l’adolescent de quinze ans puisse prendre la suite de son père.

Et lui… il allait repartir. Sur Terre.

- Je dois veiller sur l’avenir de Hur, au moins quelques temps, avait-elle ajouté.
- Et moi… j’espère bientôt jouer le rôle auquel je me prépare depuis quelques années.
- Quel rôle ?, avait-elle demandé en le fixant de son doux regard doré.
- Celui de grand-père.
- Joan est ta fille ! ?
- Adoptive, seulement… c’est une longue histoire…
- Raconte-moi, avant de partir…
- J’étais très proche de ses parents. Son père était un de mes meilleurs amis, nous avions fait connaissance lors de notre première année d’étude, à l’Académie de la police interplanétaire. Nous avons effectué plusieurs missions ensemble… Il m’a demandé d’être le parrain de Joan. Il a disparu, en mission, quand Joan était enfant. Puis sa femme a… sombré dans la folie. Une sorte de léthargie. Elle ne reconnait plus personne, pas même… sa fille.

Il marqua un temps de silence.

- Et alors, tu t’es occupé d’elle ?
- Oui… Non… enfin, pas directement. Je l’ai confiée aux parents de Jelle, que tu as vue, qui est avec nous. Elles ont grandi ensemble, sur une planète à deux jours de vol de la Terre. Puis je me suis occupée d’elle ensuite, quand elle est venue sur Terre pour ses études.

Elle le regarda avec douceur et compréhension, et laissa glisser tendrement ses doigts sur le visage d’Ezra.

- Et quelque part… je me sens toujours responsable d’elle. Comme un père. Même si… elle est depuis bien longtemps en âge de faire ses propres choix, qu’elle n’a d’ailleurs pas de comptes à me rendre. Elle est toujours prête à prendre des risques, j’assure ses arrières comme je peux, mais un jour viendra où je ne le pourrai plus.
- Il y a quelqu’un qui prend ton relais, Ezra. C’est son rôle.
- Oh, je le sais bien ! Et il le fait bien mieux que moi, d’ailleurs. Sauf… quand il est absent. Et qu’on le croit tous mort.
- Elle l’aime depuis longtemps ?
- Depuis… qu’ils se sont rencontrés. Et lui aussi.
- C’est beau… d’aimer ainsi.

Il ne dit rien, mais la serra tendrement contre lui, voulant profiter encore pour quelques instants de sa chaleur. Car ils venaient d’entendre, dans l’aube naissante, le Comète se poser non loin du palais des souverains d’Hur.
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Offline Elaine

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #64 am: 7. Januar 2013, 22:19:24 Uhr »
hallo Limeye

Waouhhhhhh! [master]
Ezzra, je retiens l'idée! :)
bonne nuit!

Offline limeye

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #65 am: 8. Januar 2013, 07:09:02 Uhr »
Hallo Leute  :)

Hier ist das Ende des fünften Teils. / Fin de la cinquième partie.

Speziell für Fans von Jelle. / Spécialement pour les fans de Jelle  ;)



Avec soulagement, Jelle entendit décroître le bruit des moteurs du Comète. Cela faisait trois jours qu’ils étaient en vol, et pouvoir poser pied à terre, pour quelques instants, la soulageait avant d’affronter le long voyage qui les ramènerait vers la Terre.

Ils avaient fait un essai de vol oscillatoire, entre Beloga et Hur. Notamment pour vérifier le bon fonctionnement des circuits, mais aussi pour être certains que Joan supporterait la grande vitesse et ses contraintes. Et Jelle avait bien cru qu’elle-même ne tiendrait pas. Et serait obligée de dormir tout le voyage du retour. Mais Simon qui se trouvait auprès d’elle, lui avait fait avaler une nouvelle dose de médicament et ses nausées s’étaient estompées. Elle avait vu, dans une sorte de brume bienfaisante, défiler les étoiles. Puis elle avait senti le choc de la décélération et là, elle avait tout vomi. Beuh… Quelle idée elle avait eue de venir avec eux… Quelle idée… Et dire que ça allait être comme cela durant… combien avait dit Curtis ? 5 à 6 semaines ? Elle était persuadée qu’il lui mentait : qu’il faudrait bien rajouter deux à trois semaines de voyage. Il avait certainement donné un chiffre bas pour la rassurer et lui révèlerait la vérité en cours de route, quand de toute façon, elle n’aurait pas d’autre choix que l’accepter.

Serait-elle avant l’hiver chez elle ?

Beuh…

Enfin, elle s’était endormie, après que Joan lui ait essuyé le visage avec un linge délicatement parfumé. Et lui ait longuement coiffé les cheveux. Cela lui avait fait du bien. Et l’injection que Curtis avait réalisée quelques minutes plus tard… Ah, laissez-moi dormir, laissez-moi dormir…

Même si elle craignait le long voyage, elle était aussi heureuse de rentrer sur Terre. Davies et ses filles lui manquaient et elle s’inquiétait pour eux trois. Sans compter qu’elle n’aurait pas passé l’été chez elle, et qu’elle aurait pris du retard dans la préparation des provisions d’hiver… comment ferait-elle dans les mois à venir sans compotes de fruits, sans haricots verts, sans ratatouille pour nourrir sa petite famille ? Et son jardin ? Davies aurait coupé la pelouse, mais le reste… elle imaginait déjà les herbes folles ayant envahi le potager, les fruits qu’ils auraient oublié de ramasser… et qui pourriraient sur leurs branches, une vraie catastrophe.

Ils venaient de passer plusieurs semaines sur Beloga, auprès des Logas, pour veiller, avec Dagor et une délégation d’Aïmos, qu’ils puissent à nouveau vivre en paix et en sécurité. Mais s’ils étaient restés aussi longtemps, c’était surtout pour que Joan puisse reprendre des forces. Comme l’avait promis Curtis à Jelle, il était hors de question de repartir tant qu’elle ne serait pas complètement remise de sa blessure. Et pour la première fois depuis bien longtemps, ils avaient pu profiter d’un séjour bien agréable chez des amis.

Jelle attendait, derrière Curtis qui tenait la main de Joan, que la porte du vaisseau s’ouvre et que l’escalier se déploie devant eux pour descendre. Elle était vraiment heureuse de cette dernière étape. Certes Grag avait réalisé un véritable miracle, et elle vouerait une reconnaissance éternelle au grand robot, car il était parvenu à doser exactement le médicament qui lui permettait de ne pas trop souffrir du mal de l’espace. Et comme elle l’avait promis à Curtis, elle pourrait veiller sur Joan.

Comme tout l’équipage, elle était descendue pour saluer une dernière fois Ilyam. Ils étaient revenus chercher Ezra et elle savait que les minutes qui viendraient seraient difficiles. Pour la première fois de sa vie, elle verrait Ezra en grande difficulté.

Mais alors qu’ils allaient repartir, elle ne pouvait s’empêcher de penser à tout ce qui leur était arrivé. Une chose était certaine : elle ne repartirait plus jamais dans l’espace, pas pour un tel voyage. Oh, elle supporterait de faire les trajets entre la Terre et Tycho, pour rendre visite à Joan si celle-ci décidait finalement de s’installer sur la base lunaire. Cela oui, elle le supporterait. Et bien sûr, d’aller de temps en temps sur Ixio, voir ses parents. Mais pas plus.

Jamais elle n’aurait cru qu’accompagner Ezra sur la Lune, en juin dernier, l’aurait emmenée jusque dans Andromède, et l’aurait tenue loin de sa famille, de sa maison, de son jardin aussi longtemps. Mais elle n’aurait pas voulu abandonner Joan non plus. Car elle savait que cette aventure allait peser sur le destin de son amie. De son amie et du Capitaine.

Mais pas seulement.

Elle savait que ce qui les liait leur avait permis de surmonter cette difficile séparation de trois longues années. Que cette épreuve, ces épreuves, ne feraient que renforcer leur amour. Mais qu’ils avaient fait un choix… Jelle secoua la tête.

Pouvait-elle les blâmer ? A peine l’avait-il retrouvée qu’elle avait failli partir pour son dernier voyage… Comme il le lui avait dit, allait-il enfin apprendre ? Jelle s’interrogeait : quelle couleur aurait l’avenir ? A son grand désespoir, elle était partagée. Difficile pour elle de trancher entre des sentiments qui la tiraillaient. D’un côté, la peur de l’avenir pour eux, et de l’autre, une joie profonde.  Elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’ils allaient faire une folie. Et d’ailleurs, il était possible que la folie soit déjà en route. Jelle le soupçonnait fortement. Joan était trop silencieuse, depuis quelques jours. Mais dans le même temps, Jelle repensait à ce que Curt lui avait dit, et elle devait bien reconnaître qu’il avait raison. Ils n’étaient pas un homme et une femme comme tout le monde. Elle se disait aussi, surtout, qu’ils avaient le droit de construire leur avenir à leur manière. Et en cela, elle savait qu’elle avait raison. Et elle aimait bien… avoir toujours raison.

**

Ils avaient tous rembarqué. Chacun avait repris sa place. Jelle était installée dans la salle de repos du Comète, c’était là, ou allongée dans sa cabine, qu’elle supportait le mieux les fortes accélérations du décollage. Joan était assise à ses côtés. Simon lui avait préparé ses doses.

- Voilà, Jelle, c’est le grand départ. Retour vers la Terre. Ne sois pas inquiète, tout se passera bien.
- Moi, inquiète ? Pas le moins du monde ! Je suis totalement sereine. Je défie quiconque d’être plus zen que moi à bord du vaisseau.
- Quelque chose te tracasse, pourtant, mais ne me dis pas que c’est le mal de l’espace.

Jelle fronça les sourcils en croisant le regard de son amie. D’habitude, c’était elle qui la devinait. Pas le contraire. Enfin, pas comme ça.

Elle grogna légèrement.

- J’ai raison, non ?, ajouta Joan malicieusement.
- Grr, oui…
- Alors, dis-moi ce qui t’inquiète ? Tes filles ? Je suis certaine que Davies en a pris grand soin. Davies ? Ca lui aura fait des vacances de ne pas t’avoir sur le dos. Et il va être encore plus amoureux de toi quand il va te retrouver !, dit-elle en riant.
- Moque-toi, tiens ! Il me manque terriblement… et les filles aussi. Je n’ai jamais été si longtemps sans eux.
- Je me doute. Bon, mais ce n’est pas cela qui t’inquiète, alors crache le morceau, que ça te soulage un peu, au moins. Sinon, ça va te rester sur l’estomac… et comme nous allons décoller, il ne faut surtout pas qu’il te reste quelque chose sur l’estomac.
- Espèce de saleté ! Tu sais que je t’adore ?

Elles se regardèrent avec complicité. Leur amitié était si ancienne et si profonde, elles se connaissaient si bien qu’il leur était impossible à l’une comme à l’autre de se cacher quoi que ce soit. Jelle le savait parfaitement, aussi elle répondit :

- C’est toi, et Curtis, qui m’inquiétez. Mais plus encore. C’est mon futur neveu ou ma future nièce.
-Tu as deviné ?

Jelle haussa les épaules.

- Ca se voit comme le nez au milieu de la figure que tu es enceinte.
- Alors, tu gardes le secret, car tu es la première, en dehors de nous deux, à savoir. Et en quoi est-ce que ça t’inquiète ?
- Je ne pensais pas que tu poserais une question aussi stupide. Qu’est-ce que vous allez faire, Joan ? Comment allez-vous vivre ?
- Jelle… peux-tu me donner une seule raison valable qui nous empêcherait de vivre comme nous en avons envie ?
- Le danger. Les missions. L’absence. Les périls. L’éloignement.
- Tu veux que je te rappelle QUI balayait ces raisons d’un revers de la main, il y a quelques années, hum ?

Jelle grogna :

- Ce n’était pas pareil.
- Et en quoi était-ce différent ? Hum ? Pourquoi cela deviendrait-il soudain une préoccupation majeure alors que tu étais la première à vouloir prouver par A + B, Pythagore, Einstein et compagnie qu’on avait le droit d’être amoureux ?
- C’est qui, Pythagore ?, répondit Jelle pour se donner quelques secondes de réflexion supplémentaire.

Puis finalement, elle abandonna la lutte et dit :

- Je vais te dire un secret.
- Je t’écoute.
- Vous avez raison. Et je suis ravie de l’arrivée de ce bébé ! Mais chut ! Ne le dis à personne !

Alors Joan serra fort son amie contre elle et lui dit :

- Tu es plus qu’une meilleure amie, tu es ma sœur. Et la plus formidable sœur dont j’aurais pu rêver.
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Offline limeye

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #66 am: 9. Januar 2013, 06:11:35 Uhr »
SIXIEME PARTIE

Il était encore très tôt, ce jour-là, mais sur la base lunaire de Tycho régnait une étrange frénésie. Pourtant, aucune alerte n’avait été déclenchée, mais il fallait préparer le Comète pour un voyage de quelques jours. Une étape sur Terre était également au programme.

Otho et Grag s’activaient en se houspillant encore plus que d’habitude. Le premier se plaignait que le second lui faisait tomber régulièrement sur les pieds chacun des outils nécessaires à quelques menues réparations. Mais le robot n’était pas en reste et menaçait d’assommer sa chère boule de gomme au moins toutes les cinq minutes.

Curtis venait d’abandonner ses amis, après leur avoir demandé une nouvelle fois, vainement, d’être un peu plus efficaces. Le départ était prévu pour dans moins d’une heure.

Il rejoignit Joan dans leur chambre, un rien fébrile.

- Tu es prête ?
- Oui, oui… laisse-moi tranquille cinq minutes, que je puisse vérifier dans le calme si je n’ai rien oublié.
- Ca fait trois jours que tu prépares tes affaires et…
- Dehors ! Comment veux-tu que j’y arrive ! Déjà Otho n’a pas cessé de m’embêter hier…

Curtis fit prestement demi-tour. Qu’elle se débrouille toute seule puisque c’était comme ça…

Elle venait tout juste de terminer les derniers ajustements de sa robe, et se retourna pour regarder le véritable « chantier » qu’il lui restait encore à terminer. Au milieu de la pièce, trois grands sacs de voyage étaient ouverts. Difficile de prévoir pour un voyage aussi long, se disait-elle.

L’un des sacs était celui de Curtis. Bon, là, a priori, il s’est occupé de ses affaires, je n’ai rien à ajouter, pensa-t-elle.

Le deuxième, c’était le sien. Elle ferma les yeux un instant, comptant sur ses doigts, non, rien oublié… Des vêtements chauds pour demain, sur Terre, le reste… ce sera le plein été sur Ixio. De toute façon, une fois là-bas, s’il me manque quelque chose… Je pourrai toujours remettre quelques affaires qui me restent, que Salomé a gardées dans ma chambre. Elle secoua alors la tête. Non, bien sûr que non. Elle ne pourra rien remettre. Tant pis, on fera les magasins… Salomé sera ravie !

Quant au troisième sac… c’était celui qui lui posait le plus de soucis : il était à moitié vide, est-ce qu’elle avait pensé à tout ? Jelle lui avait pourtant encore répété la veille qu’elle avait préparé deux gros cartons, qu‘elle y trouverait tout le nécessaire. Elle soupira. Comme il lui semblait loin le temps où elle était capable de partir en urgence en mission, et d’être prête en moins de dix minutes sans se soucier de savoir si elle oubliait ou non quelque chose…

Néanmoins…

Elle finit par se décider à fermer les trois sacs, après avoir ajouté encore 2-3 bricoles dans le sien. Puis elle ressortit dans le couloir et tomba nez à nez avec Grag.

- Le chef a dit qu’il fallait que je vienne chercher tes affaires.
- C’est gentil, Grag.

Le grand robot regarda Joan d’un air attendri.

- Tout va bien se passer, Joan. Et j’ai regardé la météo. Il y aura un peu de vent sur Vancouver, et quelques flocons, mais rien d’alarmant. Je n’aurai aucun souci à réaliser un atterrissage en toute sécurité. 
- Merci Grag. Les sacs sont prêts… enfin, je crois, dit-elle d’un air un rien désespéré en regardant le robot.
- Bon, de toute façon, on est prêt à partir. Alors, n’oublie pas ton manteau…
- C’est vrai… merci de ta sollicitude, Grag. J’allais l’oublier. J’ai l’impression d’avoir la tête vide.

Grag posa ses grandes mains sur les bras de la jeune femme.

- L’essentiel, c’est quoi ?
- Les papiers. Ca, ils sont dans le sac de Curtis. J’en suis certaine, j’ai vérifié deux fois ce matin.
- Ensuite ?
- Les vêtements, je pense que nous n’avons rien oublié. Les affaires de toilette, de même. De toute façon, Salomé aura ce qu’il faut là-bas…
- Et il y a toujours de quoi dans le Comète, j’ai vérifié.
- Plus… le petit paquet que Curtis me cache depuis des semaines, mais ça…
- C’est moi qui l’ais. Donc, tu vois, tu n’as plus aucun souci à te faire.
- Merci Grag, alors allons-y.

Et elle suivit le grand robot qui s’était emparé des trois sacs comme s’ils avaient été aussi légers que des plumes.

Dans le couloir, ils croisèrent Simon qui semblait comme toujours totalement indifférent à l’agitation qui régnait autour de lui. Néanmoins, maintenant qu’elle le connaissait vraiment bien, Joan put déceler chez lui une très légère émotion. Il les suivit en planant jusqu’au hangar.

- Bien, vous voilà enfin !, s’exclama Curtis. On n’attend plus que vous. En route.
- Chef !

C’était Otho qui appelait du haut de l’escalier du Comète.

- Oui ?
- N’oublie pas de verrouiller les portes… le tas de ferraille a les bras trop chargés pour le faire.

Ce à quoi le tas de ferraille en question répondit :

- Est-ce que Oog et Eek sont bien à bord, vieil élastique distendu ?

Curtis ne laissa pas le temps à Otho de répondre.

- Ils ont intérêt, sinon, tant pis pour eux ! Ils resteront ici.
- Ils sont là, ils sont là, chef, ne t’inquiète pas !
- J’ai bien assez à m’inquiéter comme ça ! C’est à vous de gérer vos sales bestioles !

A ce moment, Joan s’approcha de lui et lui glissa tendrement sa main sous son bras.

- Tout va bien, on est tous là et tout est prêt. On embarque.

Il la regarda et soudain, toute cette espèce d’agitation et d’énervement lui sembla dérisoire.

- Parfait, alors… Allons-y.

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Elaine

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #67 am: 9. Januar 2013, 09:04:33 Uhr »
Bonjour  Limeye,

mais là Curtis il sait ou non? C'est combien de temps après leur retour? ;)
C'est l'hiver, où est Jelle?

Offline limeye

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #68 am: 9. Januar 2013, 10:13:57 Uhr »
Hello Elaine,

La suite va préciser tout cela... Curtis est au courant (voir précédent envoi : "Tu es la première, en dehors de nous deux" - donc Curtis et Joan).

C'est quelques mois après leur retour. Et Jelle est sur Terre. La revoilà d'ailleurs, fidèle à elle-même  ;)



Un peu plus d’une heure plus tard, le Comète arrivait en vue de l’aéroport de Vancouver.

Bien à l’abri dans l’aérogare, leurs amis les attendaient.

Deux jolies petites filles, l’une brune, l’autre châtain clair, piaffaient d’impatience.

- Est-ce que Grag sera là, maman ?, demanda la plus grande, la brune, en se tournant vers sa mère.
- Oui, bien sûr. Et Otho et Simon aussi.
- Et Eek et Oog ?
- Evidemment. A mon avis, ils ont été les premiers à monter dans le vaisseau ce matin, tu sais, ma chérie.
- J’espère qu’ils viendront à la maison, j’aimerais pouvoir jouer avec eux dans ma chambre, ajouta la plus petite.
- On verra, on verra.
- Dis donc, Jelle, c’est quoi exactement, le programme ?

Jelle, la maman des deux fillettes, se tourna alors vers une jolie brune aux cheveux coupés à la garçonne, qui tenait le bras d’un grand et beau jeune homme noir, au visage avenant et au sourire plein de charme.

- Un programme normal, répondit-elle avec une très légère pointe d’agacement que seules deux personnes au monde auraient pu déceler, son mari, Davies, qui discutait un peu plus loin avec Ezra et Ken, et Joan qu’ils attendaient tous.

Elle reprit, après une courte pause :

- Cérémonie à la Maison Commune d’ici une petite heure. Puis séance de photos au jardin d’hiver, enfin, déjeuner au restaurant l’Astrolabe, et promenade sur le bord de mer si le temps le permet.
- Rien que ça ? Aucun imprévu ?
- Aucun, répliqua-t-elle d’un ton ferme et définitif.

Jelle se retourna vers les fenêtres et la piste. Cela faisait deux jours que Clara avait débarqué chez elle, avec son nouveau petit ami, Jason, et déjà, Jelle était à bout de patience. Clara avait des bons côtés, mais c’était aussi une terrible curieuse et une sacrée chieuse. Et s’il était une chose que Jelle Ashton détestait, c’était qu’on essaye de lui tirer les vers du nez, que ce soit au sujet de Davies, son mari, ou au sujet de Joan, sa sœur. Sa presque sœur.

La veille encore, avant de se coucher, blottie contre son mari, ils avaient parlé de la journée à venir.

- Tu es vraiment très forte, ma chérie, lui disait-il. Tu as réussi à garder le secret de Joan encore une journée… Bravo !
- Ce n’est pas si difficile que cela, tu sais.
- Pourtant Clara te cuisine… Et Suzy n’est pas en reste.
- Oh, tu sais… elles peuvent bien dire ce qu’elles veulent et user de tous les arguments possibles, Joan m’a demandé le secret, je le garde un point c’est tout.
- En tout cas, il est plutôt sympa son nouveau copain à Clara.
- Oui, vraiment. Je trouve aussi. Et très gentil. C’est dommage… on ne le reverra sans doute jamais…
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Parce que Clara n’est pas amoureuse. Ca se voit. Il lui plaît, c’est un bel homme et il a certainement des charmes que nous ne connaîtrons jamais, cela je n’en doute pas connaissant Clara, mais c’est tout. Le jour où Clara sera VRAIMENT amoureuse…
- Tu es un peu méchante avec elle, ma douce. Je pense que tu lui en veux encore…
- Lui en vouloir ? Mais de quoi est-ce que j’en voudrais à Clara ?
- A cause de Joan. Et de Brian.

Jelle poussa un léger soupir. Impossible de mentir à Davies. Il la connaissait si bien ! Au moins aussi bien que Joan.

- C’est vrai, c’est vrai… Si nous n’avions pas séjourné sur Ixio à ce moment-là, si maman n’avait pas eu son opération…
- Qu’est-ce que ça aurait changé ?
- J’aurais remonté le moral à Joan, une fois encore.
- Ma chérie, je ne vois pas pourquoi tu repenses à tout cela. Tu m’as dit toi-même que Joan avait tout raconté à Curtis et qu’il ne lui en voulait pas, la preuve ce que nous allons vivre dans les prochaines heures…
- Je n’ai aucun doute concernant la sincérité de Curtis, c’est juste que ça a tracassé Joan, elle m’en parlé une fois lorsque nous rentrions de Beloga. Elle s’en voulait. Elle se disait qu’elle ne lui avait pas fait ASSEZ confiance. Qu’elle aurait dû attendre encore, y croire… Et cette fichue Clara qui n’avait rien trouvé de mieux que lui dire d’enlever ses bagues…
- Mais je suis certain que tu as réconforté Joan…
- Bien sûr…
- Bon, alors, où est le problème ?

Elle le regarda intensément. Il était le seul, quand elle s’embrouillait dans ses propres pensées, dans ses propres émotions et dans ses propres questionnements à être capable de l’en sortir.

- Nulle part.
- Bien. Donc on garde la surprise pour le bébé encore jusqu’à leur arrivée, c’est bien ça ?
- Oui.
- Et Ezra fait silence aussi, de son côté ?
- Il a intérêt. Ken n’est pas au courant. En fait, c’est surtout à lui que Joan veut faire la surprise… et elle craignait que les filles ne parlent. Ce qui aurait été le cas, elles auraient lâché un mot de trop, j’en suis certaine.

Jelle leva les yeux vers le ciel. Toujours aucun signe du Comète. Mais ils avaient encore largement le temps. S’ils étaient déjà tous rassemblés, à l’aérogare, avec un bon quart d’heure d’avance, c’était à cause des filles. Elles étaient tellement excitées par l’idée du mariage, par leurs jolies robes, par la présence de tous ces amis à la maison, qu’elles en étaient devenues insupportables. Et comme leur mère, avec sa patience légendaire, était à peu près dans le même état, Davies avait finalement donné l’ordre de quitter la maison avec un peu d’avance.

Clara allait lui poser une nouvelle question, mais avant même de lui en laisser le temps, Jelle la planta là sans plus d’explications et rejoignit son mari, Ezra et Ken. Elle sourit en s’approchant d’eux. Aux côtés de Ken se tenait une toute jeune fille, aux cheveux châtain clair, coupés assez courts, dans une belle robe bleu sombre, un long manteau beige sur les épaules. Sarah, la petite amie de Ken, était impressionnée par tout ce monde. Ken lui avait tant parlé de Joan, du Capitaine et de toute l’équipe des Futurmen ! Elle allait faire connaissance avec des héros. De véritables héros.

- Ca va, Sarah ?, demanda gentiment Jelle.
- Oui, oui, Mada… Jelle. Ca va bien.
- Ils vont bientôt arriver.
- Oui.
- Je suis très heureuse de les revoir, dit alors une belle femme aux magnifiques yeux vert et or, qui écoutait avec attention la conversation entre les trois hommes.
- Votre présence, Altesse, sera une vraie surprise pour eux.
- Jelle, depuis quand tu me vouvoies ! Et pas de titre honorifique, s’il-te-plaît. Me traiter d’Altesse ici ne veut rien dire…
- D’accord, d’accord, dit Jelle en souriant malicieusement.

Quand Ezra était arrivé, trois jours plus tôt, les bras chargés de cadeaux pour les filles, avec Ilyam… Jelle avait bien cru avoir une hallucination. Il n’y avait donc pas que Joan et Curtis qui préparaient une surprise… La présence d’Ilyam allait leur faire très plaisir, elle n’en doutait pas. Et là aussi, elle avait gardé le secret.

Décidément, je suis la gardienne des secrets de Beloga, se dit-elle, un rien amusé.

- Maman ! Les voilà !

C’était Narna qui avait crié. Aussitôt, les conversations cessèrent et tous s’avancèrent vers les grandes baies vitrées qui s’ouvraient sur la piste.

Le Comète se plaça au-dessus d’un vaste espace qui avait été dégagé spécialement, dans un terrain proche des pistes, car ces dernières étaient trop petites pour le grand vaisseau. Il se posa sans à-coups. Grag assure parfaitement la manœuvre, se dit Ezra. Il faut dire qu’il veille sur un véritable trésor. Je n’ose même pas imaginer dans quel état il est à l’idée qu’un petit bébé va arriver sur Tycho…  Une chose est certaine, on ne va pas avoir à s’inquiéter des filles de la journée. Il va veiller sur elles comme sur la prunelle de ses yeux, et même plus, et il leur passera tous leurs caprices.

Il fallut attendre un petit moment, que la neige retombe, pour voir la porte du vaisseau s’ouvrir enfin. Eek et Oog furent les premiers à en sortir, comme deux petites fusées, ravis de courir et jouer dans la neige. Puis Otho apparut, suivi de Curtis qui entourait Joan et l’aidait à descendre. Grag et Simon suivaient, le grand robot prenant soin de refermer ensuite la porte du vaisseau.

- Putain, les enflures !, entendit-on soudain.
- Surveille ton langage, Suzy, je t’en prie, dit Davies d’une voix faussement choquée. Il y a des oreilles enfantines à portée…
- Non, mais, t’as vu ça ! T’as vu le bide qu’elle a ! Et on n’était pas au courant !!!, ajouta Clara estomaquée.
- Oh, c’est génial !, s’exclamait dans le même temps Ken.

Et il se retourna vers Sarah, lui prenant les deux mains et l’embrassant avec joie.

- Joan attend un bébé, ma chérie, c’est génial !

Jelle regardait le tout jeune homme. Si quelqu’un était heureux, là, juste à cet instant, c’était Ken. Et rien que pour cette joie pure, cet enthousiasme, Jelle aurait fait n’importe quoi. Et elle était heureuse que Joan, au moment où ils l’avaient laissée sur Terre, il y a quatre mois, lui ait demandé le secret. Au moins pour Ken, Jelle, au moins pour Ken, s’il-te-plaît. Je veux avoir à lui annoncer moi-même la nouvelle. Je ne sais pas encore comment… mais je veux que ce soit moi…

Toute l’équipe traversait rapidement les pistes pour gagner l’aérogare. Ken n’avait pas pu rester à l’abri. Il avait couru vers ses amis, suivi par Narna, Aziliz et Davies qui tentait vainement de faire tenir un bonnet sur la tête de son aînée.

Le jeune homme se précipita vers Joan, la souleva de terre, et la fit tourner avec un sourire jusqu’aux oreilles. Joan éclata de rire, tentant de retomber sur ses pieds.

- Doucement, Ken, doucement !
- Oh ma petite sœur ! C’est génial ! C’est une super surprise ! Qu’est-ce que je suis content ! Qu’est-ce que je suis content !
- Salut, Ken !, dit Curtis, en l’attrapant par les épaules pour tenter de le calmer un peu.

Mais il n’eut pas le temps d’en dire plus que déjà deux petites furies venaient s’accrocher à ses jambes. Sauf qu’elles le lâchèrent plus vite que Ken ne lâcha Joan, car elles avaient vu Grag. Le grand robot attrapa d’abord Aziliz, l’installa sur ses épaules, puis sans aucune difficulté, il se saisit de Narna et la garda dans ses bras. Elles étaient folles de joie, riant aux éclats.

- Allons, à l’abri, bougonna Otho, un rien jaloux de Grag. On se gèle dans ce pays.
- Bonjour Otho !, dit Ken. Alors, tu n’as pas oublié tes skis ?
- Un peu de respect, gamin…

Et ils gagnèrent rapidement l’abri de l’aérogare.

- Ilyam, vous êtes là !, s’exclama Joan avec autant de joie que les filles l’instant d’avant en voyant Grag.
- Oui… je n’aurais voulu manquer cela… pour rien au monde. Et d’abord, Joan… TU, d’accord ? Je ne répondrai à aucun vouvoiement de la part de qui que ce soit ici présent, dit-elle avec son si beau sourire.
- Aucun souci, répondit la belle jeune femme blonde, soulagée d’arriver sur Terre et de retrouver tous ceux qui lui étaient si chers. Enfin, presque tous. Mais les deux personnes qui n’étaient pas présentes, elle les verrait dans quelques jours, sur Ixio.

Son regard se tourna alors vers ses trois amies, qui attendaient pour les saluer. Ses bras se nouèrent d’abord autour de Jelle, elle ferma les yeux… Jelle, oh, ma Jelle…

- Bon, désolé de faire le ras-bas-joie, mais nous sommes attendus ! Et avec la neige qui est tombée depuis hier soir, on va mettre un peu de temps à rejoindre la Maison Commune, dit Davies.
« Letzte Änderung: 17. November 2015, 23:36:20 Uhr von limeye »
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Offline limeye

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #69 am: 9. Januar 2013, 14:35:30 Uhr »
Nur ein bisschen...


Dans la petite salle de la Maison Commune de Vancouver, un couple âgé attendait tranquillement. Lui se tenait debout, près de sa femme, assise avec un joli petit bouquet dans les mains.

- Jelle a fait des merveilles pour conserver les fleurs. Joan va être ravie, disait-elle.
- Tu vas la faire pleurer…
- Oh, certainement ! Elle ne s’attend pas à nous voir… et quand Jelle m’a dit qu’elle avait la charge de trouver le bouquet de la mariée, puisque Joan ne voulait rien prendre dans la serre de Tycho, je me suis dit que ce n’était pas à elle, mais à moi de me débrouiller pour apporter les fleurs.
- Je crois que l’équipage du vaisseau de ligne qui nous a amenés jusqu’ici se souviendra encore longtemps de ce voyage. Et surtout de cette caisse chargée de pots sur laquelle tu veillais jalousement !
- N’empêche… je suis bien contente de mon coup !
- Tu sais que tu es bien la digne mère de ta fille !

Elle éclata alors de rire. Et se pencha pour appuyer sa tête contre son mari.

Un bruit dans le couloir les fit se séparer, et un homme en costume sombre traversa la pièce pour venir jusqu’à eux.

- Les voilà.

**

Salomé s’empressa de se lever et de se tenir très près de son mari, tout en glissant ses mains derrière son dos, pour y cacher le bouquet.

Curtis fut le premier à entrer dans la salle et il marqua un temps d’arrêt en voyant les parents de Jelle. Oh bon sang, se dit-il, si je m’attendais à… ce qu’ils soient là eux aussi !

Grag, qui portait toujours les filles, et Otho le suivaient. Puis ce furent les amis, Suzy d’abord, Clara et Jason, Ken et Sarah, Ilyam, enfin Davies, Jelle et Simon. Ezra fermait la marche avec Joan.

Pour Joan, ce fut la plus belle surprise de la journée. Voir ceux qu’elle considérait comme ses parents et qu’elle ne s’attendait à retrouver que sur Ixio était pour elle le plus beau des cadeaux de cette journée bien particulière.

Elle ne trouva rien à dire quand sa mère adoptive s’avança jusqu’à elle en lui tendant le bouquet de fleurs mélangées qu’elle avait tout spécialement rapportées de son jardin.

- Tiens, ma chérie, c’est ton bouquet. Avec une rose, tu sais, celle que tu aimes tant.
- Merci, merci à vous… oh…, et elle fut incapable de dire autre chose.

Jelle passa alors son bras sous celui de son amie et l’officier chargé de la cérémonie annonça :

- Et bien, Mesdames et Messieurs, si vous voulez bien prendre place… nous allons commencer.

**

Narna se tenait debout entre sa mère et sa marraine. Elle avait la charge de garder le bouquet de Joan durant la cérémonie. Elle se sentait très fière d’être aux premières loges, mais fût un peu déçue que cela passât si vite.

- Oui.

La voix ferme de Curtis retentit.

- Oui.

Suivie de la voix douce de Joan.

Salomé échangea un regard avec Ezra. La voilà Newton, et plus Randall, pensa-t-elle. Ezra hocha la tête, il savait exactement ce qui passait dans la tête de Salomé à cet instant précis. Une pensée pour les absents…

- Vous pouvez procéder aux échanges des anneaux, dit l’officier.

Curtis se tourna alors vers leurs amis debout derrière eux et fit un petit geste en direction de Grag. Celui-ci se pencha vers Aziliz à laquelle il confia une petite boîte. Depuis qu’il avait accompagné son Capitaine sur Terre pour un court voyage, il avait soigneusement surveillé cet écrin, sans l’ouvrir. Grag n’était pas curieux. Mais Otho avait tout fait pour le trouver. Sans compter Joan… mais les pires avaient été Eek et Oog qui voulaient s’amuser avec, et qui avaient failli rendre fou le robot, le jour où ils avaient mis la main dessus et l’avaient caché au milieu des vêtements de Joan. Il n’aurait plus manqué qu’elle le trouvât !

Eek avait bien rapidement rapporté la boîte à son maître qui l’avait menacé de rester puni, sur Tycho, si la boîte ne regagnait pas immédiatement la cachette que le robot avait confectionnée.

Enfin, ces fameux anneaux étaient maintenant en bonne main, dans la petite main innocente d’Aziliz qui se dirigea très fière vers son parrain.

- Merci, ma puce, lui dit-il.

Il prit alors le petit écrin, l’ouvrit et prit celui de Joan qu’il lui passa au doigt. Elle découvrit alors ce qu’il avait choisi et était parvenu à lui cacher des semaines durant. Un simple anneau d’argent, gravé à leurs initiales entourant une petite étoile. Elle sourit.

- Très beau choix, lui dit-elle, avant de faire de même pour lui.
- Vous pouvez embrasser la mariée, ajouta l’officier avec un petit sourire.

Et là, Jelle se dit une fois encore Jamais rien comme tout le monde. Elle s’était bien demandé comment Curtis se tirerait de ce moment particulier. Lui qui détestait manifester ses sentiments devant tout le monde… Un niu niu ! Oh, le coquin ! Mais quelle jolie idée… C’était en fait un baiser à la chinoise, que l’on se donne juste en se frottant le nez.
« Letzte Änderung: 19. November 2015, 05:50:21 Uhr von limeye »
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Offline Elaine

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #70 am: 9. Januar 2013, 16:07:55 Uhr »
 ;D bonjour Limeye,

ah çà remonte le moral, quand même, ils y sont arrivés!  [goodjob]

le coup du baiser chinois , j'adore !

Mais alors, l'histoire est finie :'(,heureusement que tu m'as annonçé  la newton family story , elle va se jouer  où?

Offline limeye

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #71 am: 9. Januar 2013, 19:03:01 Uhr »
Bonsoir Elaine, bonsoir à tous  :),

Non, ce n'est pas encore tout à fait terminé... il me reste deux petites parties à vous livrer. J'espère que cela vous plaira.

Pas mal, hein, le baiser chinois  ;) !

Quant à la Newton's family's story, je termine la relecture et la mise en page du 5ème volet... et je peux déjà révéler que cela se passera entre Ixio, Tycho, Xian et Saturne (pour le volet 6)... plus quelques autres endroits divers et variés. Le pire, c'est que je commence à avoir quelques idées pour un 7ème volet, mais bon, c'est encore très brumeux  ;D

Bonne lecture !

Limeye  :)



Dans la salle du restaurant l’Astrolabe, une salle qui offrait une vue panoramique sur toute la côte, tout un groupe joyeux était attablé.

Clara lança soudain d’une voix gaie :

- C’est quand même le premier repas de noce auquel je participe sans que les mariés soient présents… Il faut le faire !

Assise en face d’elle, Jelle murmura, avec une lueur de malice dans les yeux :

- Jamais rien comme tout le monde !
- Qu’est-ce que tu marmonnes, Jelle ?
- J’ai dit que Curtis et Joan ne font jamais rien comme tout le monde.
- Ouais… ça… on avait remarqué. D’ailleurs… je suis certaine que tu es au courant de tout cela depuis des semaines ! Sans compter sa robe… elle aurait pu choisir une blanche, quand même, pour son mariage ! C’est la tradition !
- Je me suis bien mariée en rouge, dit Jelle. Sa robe est très jolie.
- Je me doute que tu ne vas pas dire le contraire, car je parie que tu l’as choisie avec elle.

Jelle répondit par un simple petit sourire malicieux.

- Est-ce qu’ils vont nous rejoindre plus tard ?
- Non, je ne crois pas. Ou alors, ils changeraient d’avis, mais je te promets que je ne suis pas au courant.

Suzy, avec son habituel dynamisme, prit alors la parole :

- Ne nous raconte pas d’histoires, Jelle, je suis certaine que tu en sais bien plus que tu n’as voulu nous le dire !
- Je ne vois pas à quoi tu fais allusion, Suzy…
- Ne me dis pas que tu n’étais pas au courant pour le bébé ! Tu as gardé le secret !
- Alors, là, d’abord, je n’étais pas la seule à être au courant, dit-elle en se tournant vers l’homme assis à ses côtés.

Ce dernier ouvrit alors des yeux ronds, mais son sourire fit aussitôt comprendre à toute la tablée qu’il jouait simplement à un petit jeu avec sa femme. Celle-ci lança alors un regard bien plus explicite en direction d’Ezra, assis en bout de table, aux côtés d’Ilyam. Se voyant ainsi interpellé, il secoua la tête tout en s’occupant avec beaucoup d’attention des fruits de mer qui se trouvaient dans son assiette.

- Rien vu.
- Menteur, Ezra !, s’exclama Ken.
- Je te dis que je n’étais pas au courant, Ken. Moi, je n’ai pas de sixième sens aussi affûté que Jelle…
- Ce n’est pas peu dire qu’elle a le sixième sens affûté, reprit Davies.
- C’est d’ailleurs pour les qualités de mon sixième sens que le Capitaine Future m’a fait embarquée avec tout l’équipage, dit-elle avec aplomb.

A cette remarque, Otho manqua de s’étouffer et Ezra leva les yeux au plafond. Grag intervint alors :

- Faut-il te rappeler comment tu t’es moquée de moi ?
- A ta place, tas de ferraille, je ne serais pas fier de raconter cette histoire… tu t’es fait avoir comme un bleu !, se moqua Otho.
- Plaignez-vous, plaignez-vous… qui c’est qui était content de m’avoir à bord pour avoir droit aux meilleurs repas que vous n’ayez jamais faits sur une mission, hein ?
- Le seul moyen de t’empêcher de vomir, c’était quand même de t’abrutir avec les médicaments et de t’enfermer dans la cuisine…
- Voilà pourquoi je n’ai rien vu de la grossesse débutante de Joan, intervint Ezra. Elle prenait du poids à cause de tes bons petits plats !

Tout le monde éclata de rire à cette remarque.

- N’empêche, Jelle, ils sont partis où ? C’est quoi ces manières de s’éclipser, à peine la séance de photos terminée ?, demanda à nouveau Clara.
- Je pense que si tu n’avais pas été aussi ch… durant la séance de photos, ils seraient restés avec nous. D’ailleurs, je te ferai remarquer que le nombre de couverts prévoyait qu’ils soient là.
- Maintenant, c’est de ma faute ? Ils sont repartis sur la Lune ?
- Non, non, dit Otho.
- Ah, toi, tu en sais plus aussi ! Je vais te cuisiner !
- Je ne dirai rien, même sous la torture. Muet comme une carpe.
- Une carpe toute molle, alors, lança Grag, bien content de pouvoir se moquer à son tour de son ami.

A cet instant, Jelle se leva pour s’approcher de la grande baie vitrée. Devant, un petit espace de jeux pour enfants avait été installé : ses deux filles y jouaient avec leurs poupées et avec Oog et Eek.

- Ca va, mes chéries ? Vous ne voulez pas manger un petit peu ?

La plus grande secoua la tête. La petite ne leva même pas le nez de ses jouets.

Jelle regarda alors par la fenêtre, pensive.

Non, vraiment rien comme tout le monde…

Elle savait parfaitement où étaient passés les mariés, et qu’ils avaient prévu de ne pas rester déjeuner avec eux tous. C’est leur journée, pensa-t-elle. Ils ont bien le droit de la vivre comme ils l’entendent. Deux semaines auparavant, Joan lui avait demandé d’aller faire un repérage. Si l’endroit qu’elle avait choisi était vraiment aussi joli et aussi tranquille qu’annoncé dans la publicité. Alors elle était partie tôt un matin, après avoir déposé les filles à l’école, pour visiter l’hôtel que Joan avait sélectionné parmi plusieurs dans la région. Grâce à son sourire enjôleur, elle avait même pu voir plusieurs chambres et en avait choisi une pour ses amis.

- Jelle !
- Oui, Suzy ?
- Mais qu’est-ce qu’ils vont faire, maintenant ?
- Tu veux que je te dise ce qu’ils sont en train de faire ?
- Ah, mais non, idiote… je parle de demain, plus tard, enfin ? Ils vont vivre où, comment ? Ca, tu dois bien le savoir ! Joan n’a rien voulu nous dire…
- Tu n’as toujours pas compris que pour faire parler Joan, ça ne servait à rien de la cuisiner ? Et Curtis, c’est encore pire…
- Pourtant, toi, tu y arrives bien. Et tu les cuisines.
- Oui, mais à ma façon. Quant à l’avenir…, commença-t-elle en revenant s’asseoir.
- Alors ? Elle va rester avec lui sur la Lune ?
- Où veux-tu qu’elle aille ? Ils ne supportent plus d’être séparés.
- Mais quand même… quand il va repartir, en mission… et le bébé ?
- Ben, soit, je le garderai, soit Joan viendra avec lui chez Ezra ou chez nous, ou alors, ils partiront tous ensemble.
- Tous ensemble ? Mais ils sont fous ! Il est complètement fou, Curtis !

Jelle haussa les épaules. Clara commençait à sérieusement l’agacer avec ses questions.

- Bon, je vais te dire une dernière chose, Clara, et après, tu me fous la paix avec Curtis et Joan, j’ai envie de profiter de ce que j’ai dans mon assiette.
- Bon, bon, d’accord… dis-moi alors ?
- Curtis n’est pas un homme comme les autres, Joan n’est pas une femme comme les autres, ce bébé ne sera pas un bébé comme les autres et il n’aura pas une vie comme les autres. Un point, c’est tout. Maintenant, tu me laisses déguster mes langoustines ou je t’envoie le pot de mayonnaise dans la figure.
- T’es pas drôle.
- Ca m’est égal. Fiche-moi la paix, et surtout, fous leur la paix aussi.
- De toute façon, comme on ne sait toujours pas où ils sont et qu’ils ne sont certainement pas joignables… je ne vois pas comment je pourrais les embêter, même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque ! D’ailleurs…
- D’ailleurs quoi, siffla Jelle en tendant la main vers le pot de mayonnaise.
- D’ailleurs, on fait comment pour leur apporter le petit déjeuner demain matin ? Normalement, c’est la tradition…

Avant que les choses ne tournent mal, Davies qui surveillait sa femme depuis un petit moment, réussit à plaquer sa main sur la table pour éviter à Clara de se retrouver maquillée de mayonnaise.

- Du calme, les filles. Je vous rappelle qu’on est quand même dans un des restaurants les plus chics de la ville et que c’est un repas de noce, pas une foire d’empoigne.

Jelle se tourna alors vers son mari et lui offrit un de ses plus jolis sourires, un de ceux qui le faisait complètement craquer.

- Tu as raison, mon chéri. Mangeons donc. Et faisons honneur aux absents.

« Letzte Änderung: 28. September 2014, 06:47:26 Uhr von limeye »
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Offline limeye

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #72 am: 10. Januar 2013, 10:08:29 Uhr »
Bonjour à tous, Hallo Leute !

Voici donc la toute fin de l'histoire... Bonne lecture et belle journée !

Limeye  :)


Curtis ouvrit doucement la porte de la grande chambre d’hôtel dont la fenêtre donnait sur la mer, une mer qui avait pris la teinte grise du ciel et qu’on distinguait à peine à travers les flocons qui tombaient lentement. Il neigeait. Des flocons comme une caresse.

Joan regardait le paysage, debout devant la fenêtre. Elle portait toujours sa longue robe grise, aux manches un peu évasées qui s’arrêtaient à mi-bras. La ceinture rouge ceignait sa taille, en en soulignant la forme désormais bien généreuse, et dans ses cheveux blonds qui avaient repoussé jusque sur ses épaules, elle avait glissé une rose du même rouge sombre.

Il s’avança jusqu’à elle, l’entourant de ses bras, glissant ses mains sur son ventre. Il appuya son menton sur son épaule.

- Comment allez-vous, Madame Newton ?

Elle leva sa main droite jusqu’à son visage, et il sentit la douce caresse de ses doigts sur sa joue. Elle sourit.

- Très bien, Monsieur Newton.
- Il était délicieux ce petit repas. J’espère que nos amis ont aussi bien mangé.
- Je n’ai aucun doute. On peut faire confiance à Jelle pour le choix du restaurant ! De même que cet hôtel, elle a bien choisi, n’est-ce pas ?
- Oui. Quand je pense qu’elle a réussi à nous dégotter la chambre qui offrait la plus belle vue sur la mer, alors qu’elle était déjà réservée… je ne sais pas comment elle a fait…
- J’ai ma petite idée à ce sujet…
- C’est dommage qu’il neige. J’aurais aimé qu’on se promène un peu en bord de mer.
- Mais c’est un beau spectacle.
- Oui.

Il ferma les yeux, pour savourer cet instant. Comme un coup de poing sous ses mains lui fit les rouvrir d’un coup.

- Hé bé, ça s’agite là-dedans !
- C’est son heure… toujours en fin de journée.
- Et en plein milieu de la nuit. Ca promet, ajouta-t-il en riant.

Elle se retourna vers lui. Ses mains entourèrent ses reins. Elle posa les siennes sur ses épaules. Il ne pouvait plus la serrer autant contre lui qu’avant, désormais. A cause de ce ventre rond qui prenait de plus en plus de place.

- Je t’aime.
- Moi aussi. Je t’aime.

Elle lui offrit ses lèvres. Il l’embrassa doucement, mais déjà, elle voulut plus. Et de ses mains, elle attira son visage plus près du sien, et glissa sa langue entre ses lèvres, pour un baiser plus passionné. Il y répondit de la même façon.

- Tu sais que je me pose une question depuis tout à l’heure, dit-elle.
- Laquelle ?
- Si ce grand lit est aussi confortable qu’il n’y paraît.
- Tu veux l’essayer dès maintenant ?
- Non… je veux que NOUS l’essayons dès maintenant.

Il rit. Il adorait ce genre de petits échanges avec elle, pleins de tendresse et de sous-entendus amoureux. Il vit briller ses yeux.

- Tant pis pour la mer, de toute façon… j’ai un plus bel océan à parcourir. Rien que tes yeux sont une promesse, mon amour.
- Et que devrais-je dire tes tiens ? Comme une nuit qui me recouvre et m’emporte…
- Et où voudrais-tu que je t’emmène ?
- Juste au creux de tes bras.

Il l’embrassa à nouveau. Puis ôta délicatement la rose rouge de ses cheveux.

- Je vais la faire sécher, murmura-t-elle. Pour la ranger soigneusement dans mon carton à secrets.
- Un souvenir du plus beau jour de ta vie, c’est cela ?
- Ce n’est pas le plus beau jour de ma vie. Il n’y a pas de plus beau jour, il y a juste des beaux jours, toujours, quand je suis avec toi. Que tu es avec moi. Aucun de ces jours n’est plus beau que l’autre. Aujourd’hui est juste un jour particulier.
- J’aime comment tu vois les choses. Jamais comme tout le monde.
- Comment une femme pas comme les autres pourrait-elle voir les choses comme tout le monde ?

Il lui sourit. Elle s’écarta un peu de lui, et il vit passer une ombre dans ses yeux.

- Qu’y a-t-il ?, lui demanda-t-il en laissant glisser sa main jusqu’à son petit menton.
- Regarde donc ce qu’une autre femme pas comme les autres nous a offert.

Elle fit quelques pas en direction d’une table basse sur laquelle était déposée une grande feuille roulée.
 
Une photo, sans doute… Qu’est-ce que Jelle a manigancé ?

Car il ne pouvait s’agir que d’elle.

Il s’approcha de Joan, qui déroula la feuille devant lui. C’était un arbre généalogique. Mais à la place des noms, Jelle avait disposé des photos. Tout en bas, un espace vide marqué d’un point d’interrogation. Au-dessus, une des photos qu’ils avaient prises quelques heures plus tôt. Mais aussi, une autre branche, partant de lui comme d’elle : avec une photo d’Ezra, Salomé et Victor pour elle, une d’Otho, Grag et Simon pour lui. Pour ne pas oublier ceux qui les avaient élevés, même s’il n’existait pas de lien de sang avec eux.

Il fit courir son index le long de la branche qui remontait depuis Joan, puis la sienne.

- C’est un très beau cadeau. Et très original.

Puis après un temps d’arrêt, il ajouta :

- Elle a dû réussir à soudoyer Simon pour obtenir certaines photos… celles de mes arrières grands-parents, notamment.

Joan laissa le cadeau de Jelle s’enrouler à nouveau sur lui-même.

- Elle m’a surtout dit ceci :

A tous nos absents, et ils sont nombreux. Mais surtout, à l’avenir. Et que la ligne du destin se brise.

Curtis fronça les sourcils. Ce n’était pas un message très joyeux.

- Curt ?
- Oui, ma chérie.
- Où sont-ils ? Crois-tu qu’ils étaient avec nous ? D’une manière ou d’une autre ?

Il regarda pensivement le visage de la jeune femme, de sa femme.

- Ils sont dans nos cœurs, et le seront toujours. Et bien sûr qu’ils étaient avec nous. Où pouvaient-ils être ?

Il la reprit dans ses bras, la serrant tendrement contre lui, autant que le ventre rond le lui permettait. Il laissa passer une longue minute, puis quand il sentit que la tension se relâchait un peu en elle, il déposa un léger baiser dans ses cheveux, là où elle avait auparavant glissé la fleur.

Puis il posa sa bouche contre son oreille et lui murmura :

- Et maintenant, si on se décidait à l’essayer, ce lit ?



FIN
« Letzte Änderung: 28. September 2014, 06:53:15 Uhr von limeye »
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Offline Elaine

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #73 am: 10. Januar 2013, 10:34:18 Uhr »
 [goodjob]
Happy Ending, avec un touche d'émotion familiale, l'arbre généalogique, très bonne idée! [master]

 bravo limeye! :)

Offline limeye

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Re: Geheimnis Beloga
« Antwort #74 am: 10. Januar 2013, 11:31:31 Uhr »
Merci Elaine !

Je suis bien contente d'être arrivée au bout... et surtout d'avoir équilibré l'histoire. C'est souvent cela le plus difficile... et puis, comme je dis aussi, réussir à écrire  "comment sauver le monde" en quelques pages. Ce n'est pas mon fort, et parfois, j'use de procédés bien loin de ceux d'Hamilton...  ;) !

Et parfois, j'ai juste une situation ou un simple échange entre des personnages que je veux absolument caser dans l'histoire et ce n'est pas évident !

Allez, je retourne à ma Chine du 8ème siècle, je n'en suis pas encore débarrassée  :D !

Bonne journée !

Limeye  :)
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