Umfrage

A votre avis, dois-je rester fidèle à Hamilton concernant la mort du père de Joan ?

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Umfrage geschlossen: 12. März 2013, 15:37:59 Uhr

Autor Thema: Just in your dreams...  (Gelesen 44183 mal)

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Offline limeye

  • Simon Wright
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Just in your dreams...
« am: 31. Dezember 2012, 09:33:07 Uhr »
Hallo Leute  :)

Hier ist eine kurze Geschichte bis zum Ende des Jahres, zweiteilig.

Die erste Teil heute, und die zweite morgen. Sie werden verstehen...  ;)

Voici une courte histoire en deux parties. La première pour aujourd'hui, la deuxième demain. Vous allez comprendre pourquoi...

Es kann auch als Bonus in der Geschichte der Beloga gelesen werden.

Elle peut se lire aussi comme un bonus de l'histoire de Beloga.

Bonne lecture et belle dernière journée de l'année  :)  [partytime]

Limeye  :)


New York. 31 décembre. 16H30.


Joan regardait la nuit tomber par la fenêtre de son bureau. On était le 31 décembre. Elle était de service jusqu'à 18H. Ezra avait pris quelques jours de vacances, et était parti, à priori en charmante compagnie, sur une petite île des Antilles. Elle était donc seule au bureau pour plusieurs jours. Et c'était la fin de l'année.

Elle poussa un léger soupir. Elle aurait aimé rejoindre Jelle, Davies et leur petite fille au Canada, où ils habitaient depuis quelques mois, pour ce réveillon, mais ce n'était pas possible, alors, elle avait accepté la proposition de Suzy, d'aller faire une grosse fiesta avec toute une bande de copains, de copains de copains, etc... En tout, au moins 80 personnes. Voire la centaine sur le coup de minuit.

C'était bien beau, mais Curtis Newton, la seule personne avec laquelle elle aurait aimé passer cette fin d'année, était certainement plongé en pleine recherche dans un laboratoire faiblement éclairé par la lumière lunaire. Elle se demandait si Grag avait prévu un repas particulier pour ce réveillon ou si, comme elle le pensait plutôt, toute la petite équipe négligerait superbement de fêter cette fin d'année.

Il l'avait appelée une douzaine de jours plus tôt, pour prendre des nouvelles, ce qu'il faisait un peu plus souvent maintenant, mais de manière toujours très policée et uniquement amicale. Il lui avait demandé si elle avait quelques congés pour aller voir la petite famille Ashton, et elle lui avait juste avoué qu'elle serait de service, et n'aurait droit qu'à trois petites journées, les trois premiers jours de l'année, et qu'il lui était alors impossible de se rendre auprès de ses amis, le voyage lui coûterait trop cher pour trop peu de temps à passer avec eux. Elle espérait pouvoir les revoir avant la fin de l'hiver, pour découvrir ce que Jelle appelait avec enchantement le "Grand Nord".

Elle avait osé lui demander s'il avait prévu quelque chose de son côté et il avait simplement négligemment répondu "Oh, moi tu sais, ce genre de choses... Rien de spécial."

Elle aimait faire la fête, il y a moins d'un mois, elle avait participé avec grand plaisir - d'autant plus grand qu'elle revenait de mission avec Ezra - à la fête organisée par les jeunes étudiants de l'Académie de la police interplanétaire. Cette fête monstrueuse marquait la fin d'une session de cours et était l'occasion pour toute la petite communauté estudiantine de soulever un peu la soupape et d'évacuer de la pression due à la stricte formation qu'ils suivaient tous et toutes au cours de l'année.

A cette occasion, elle avait beaucoup ri, beaucoup dansé, bu un peu aussi, avec Suzy et Clara, ses deux meilleures amies après Jelle. Mais Jelle était plus que sa meilleure amie. Jelle était comme sa sœur. Elle fronça un peu les sourcils en repensant à cette soirée, car à cette occasion, Hans Stern, un des collègues de Clara lui avait fait de sérieuses avances. Elle était parvenue à s'esquiver, mais il avait insisté lourdement. Heureusement qu'elle n'avait pas trop bu, car elle se demandait encore si elle serait parvenue à lui échapper dans le cas contraire. Hans était certes un beau jeune homme brun, au nez un peu fort, mais au sourire éclatant, aux yeux couleur noisette. Il dégageait beaucoup de charme, était intelligent et vif.

Et il était tombé amoureux de Joan Randall. Sauf que Joan Randall n'était pas du tout amoureuse de Hans Stern. Son cœur battait pour une inaccessible étoile. Un adorable crétin comme aurait dit Jelle, mi sérieuse, mi badine. Une espèce de grand gaillard aux cheveux roux, aux yeux gris qui parfois devenaient plus sombres quand il la regardait, au nez bien dessiné, au sourire beaucoup plus charmant que celui de Hans. Plus intelligent - sans commune mesure - que lui aussi, courageux, trop parfois, aventurier, redresseur de torts, sauveur de jeunes filles en détresse (parfois elle), pourfendeur de tyrans, d'assassins, de pirates. En bref, un super-héros plus connu sous le nom de : Capitaine Future.

Elle secoua la tête pour chasser de ses pensées autant Hans Stern qu'elle reverrait dans quelques heures pour ce réveillon entre amis, que Curtis Newton qu'elle reverrait... elle ne savait quand.

Elle regarda l'heure et boucla quelques dossiers, passa quelques coups de fil pour s'assurer qu'il n'y avait rien à relever et contacta son collègue, Jimmy Basson, qui prendrait sa suite. Elle lui passa les consignes, les quelques informations importantes de la journée. Et lui souhaita bon courage pour la nuit. Elle aimait beaucoup Jimmy, il avait une douzaine d'années de plus qu'elle, et était veuf. Sa femme avait été, comme Joan, comme lui-même, dans la police et avait été tuée lors d'un contrôle qui avait mal tourné. Depuis, Jimmy, qui avait eu beaucoup de mal à s'en remettre, et pour ne pas se retrouver seul à certains moments clés de l'année, assurait le service - au grand bonheur de nombre de ses collègues – à toutes les dates que tous préféraient passer entre amis ou en famille : la fête nationale, la fête de la Paix, le réveillon de fin d'année.

Enfin, 18H s'afficha sur la petite horloge de son ordinateur et elle referma ses dossiers, éteignit son poste, rangea quelques affaires et sortit du bureau en le verrouillant. Elle passa au vestiaire pour se changer et fila sans attendre jusque chez elle. Suzy devait passer la chercher pour 19H15. Elle avait une petite heure devant elle pour se préparer pour la soirée. Elle savait déjà quelle tenue elle porterait. Elle avait choisi une robe de soirée plutôt sage. Elle ne voulait pas donner l'impression d'aguicher qui que ce soit. Même si elle savait que, même habillée comme une mendiante, Hans Stern ne l'aurait pas lâchée de la soirée. Si seulement elle pouvait avoir un autre cavalier !

Dans tes rêves, Joan Randall, dans tes rêves...

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #1 am: 31. Dezember 2012, 09:37:40 Uhr »
Elle était parvenue jusqu’à sa porte, et une étrange intuition l'avait saisie, durant une courte seconde. Quelque chose flottait sur le palier qu'elle était incapable d'identifier et pourtant... elle n'y prêta pas plus attention, mais elle allait bien vite comprendre...

L'appartement de Joan n'était pas très grand, mais d'une belle taille cependant si on considérait qu'elle y vivait seule. Il était des couples avec un, voire deux enfants, qui auraient aimé pouvoir habiter dans un tel lieu. Il était composé d'une petite entrée qui donnait sur un couloir menant à sa chambre et à sa salle de bain, car comble du luxe, elle avait une baignoire... Une porte conduisait aussi au salon living qu'il fallait traverser pour gagner une petite cuisine aménagée de façon très pratique. Enfin, un large balcon, presque une terrasse, courait tout le long de l'appartement, depuis la chambre jusqu'à la cuisine. Pour rien au monde, elle ne l'aurait abandonné. Enfin, presque pour rien.

Elle l'appréciait d'autant plus qu'il était situé au 42ème étage d'un des grands buildings de New York, à un quart d'heure de marche à pied de l'immeuble de la police interplanétaire et du siège du gouvernement. Elle avait eu une chance folle de le trouver. Elle aimait profiter du large balcon, dès que le temps le permettait. Pour y prendre son petit déjeuner quand il faisait beau ou même y faire de courtes siestes réparatrices l'été. Pour y partager un verre entre amis, avec Jelle et Davies notamment tant qu'ils résidaient encore à New York, ou depuis quelques temps, pour s'y installer et admirer la Lune.

Son appartement était plongé dans le noir, alors qu'il aurait dû être faiblement éclairé par les lumières de la ville. Or, il y faisait vraiment noir, hormis une grande bougie allumée sur la petite table ronde du coin living. Une bougie qui révélait une table dressée pour deux, avec une jolie vaisselle blanche, des verres de fête, des couverts d'argent qu'elle identifierait un peu plus tard comme étant d'anciens couverts de famille, qui avaient été utilisés de nombreuses fois, mais qui étaient très beaux et très bien entretenus. A côté de la bougie, elle distingua trois roses rouges plongées dans le seul joli vase qu'elle possédait. Un vase en cristal qui avait appartenu à la mère d'Ezra et que celui-ci lui avait donné pour sa fête, il y a deux ans. Elle avait été très touchée de ce cadeau et y tenait beaucoup.

Elle resta interdite un moment, sur le pas de la porte du salon. Qu'est-ce que cela signifiait ? Qui ? Il n'y avait personne dans la pièce. Et l’appartement était silencieux. Elle comprit que les stores de la cuisine avaient été baissés, ainsi que ceux du salon, hormis celui qui couvrait la porte menant sur le balcon. Porte qui était très légèrement entrebâillée. Elle laissa ses yeux s'habituer à l'obscurité et finit par distinguer une silhouette, tournée vers elle, appuyée sur la rambarde du balcon. Elle ne pouvait voir son visage, soigneusement dissimulé dans l'ombre de l'étage du dessus. Elle ferma un instant les yeux, priant pour que ce ne soit pas Hans Stern... Elle voulait bien passer la soirée avec n'importe qui, mais pas seule en tête à tête avec lui. Enfin, n'importe qui... évidemment, elle avait une préférence en ce qui concernait le "qui", mais bon...

Dans tes rêves, Joan Randall, dans tes rêves...

Elle se décida à s'avancer un peu plus dans la pièce, s'arrêtant un instant pour admirer les roses et en respirer le parfum délicat. Puis elle s'approcha de la fenêtre et entra sur le balcon. Elle ressentit un profond soulagement et une joie immense quand elle entendit une voix chaude qu'elle aurait reconnue entre mille lui dire :

- Bonsoir, Miss Randall, et joyeuse fin d'année.

Tout en lui tendant un très joli verre, de la même facture que ceux qui ornaient la table, avec du champagne au parfum léger.

- Bonsoir, Monsieur Newton, et merci de cette belle surprise pour une fin d'année.

Et elle fit légèrement tinter son verre contre celui de Curtis, puis le porta à ses lèvres pour goûter sa première gorgée. Le vin était excellent, elle n'en avait pas bu d'aussi bon depuis... les 50 ans d'Ezra, deux ans plus tôt.

- Tu es la seule personne avec laquelle j'avais envie de passer cette fin d'année et entamer la nouvelle, lui dit-il. Mais peut-être avais-tu prévu autre chose et préfères-tu... ?
- J'étais invitée par Suzy et Clara, entre autres, à une fête monstrueuse, avec au minimum 80 personnes.
- Ouille, dit-il en faisant la grimace. Néanmoins, même si je ne suis pas fan de ce genre de grand rassemblement, je peux t'y accompagner si tu acceptes ma présence et si tu tiens à y aller.
- Mais tu as, semble-t-il, prévu autre chose ?
- Oh, juste un petit repas que Grag m'a aidé à concocter... Je crains d'ailleurs qu'il n'y ait parmi ses préparations culinaires quelques petites choses un peu bizarres, que seule Jelle serait curieuse de goûter, mais pour le reste, je pense qu'il y a de quoi faire un repas pour deux tout à fait raisonnable et je l'espère, délicieux. Quant au vin... j'ai fait un petit tour dans la cave d'Ezra avant de venir. Il se plaint toujours qu'on ne vide pas ses bonnes bouteilles...

Elle rit et ajouta :

- Alors, puisque j'ai le choix, je préfère rester ici, mais tu vas m'accorder un petit quart d'heure, car je n'ai pas envie de rester en tenue de ville pour cette dernière soirée de l'année.

Il lui sourit en faisant un simple signe de la tête, compréhensif. Et au fond de lui, il se sentit quelque peu impatient que le petit quart d'heure soit écoulé.

Dans tes rêves, Curtis Newton, dans tes rêves...
« Letzte Änderung: 18. Oktober 2016, 23:08:09 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline limeye

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #2 am: 31. Dezember 2012, 09:46:20 Uhr »
Néanmoins, quand le quart d'heure fut écoulé... ce fut à son tour de rester surpris face à ce qu'elle lui présentait. Il avait, peu après qu'elle l'ait quitté, regagné le salon, refermé la porte du balcon pour laisser le froid de la nuit à l'extérieur, et avait entrepris d'allumer toutes les bougies qu'il avait soigneusement disposées dans la pièce. Il mit aussi un peu de musique, il connaissait ses goûts et trouva sans peine le fichier contenant les plus belles chansons d'Ella Fitzgerald. Pas mal pour commencer la soirée, se dit-il. Plutôt enlevée, et gaie, comme musique, on ne tomberait pas tout de suite dans le romantisme le plus banal.

Puis il alla chercher les premières préparations de Grag, qu'il avait rangées au frais, et plaça la bouteille de champagne dans le seau à glace.

Ensuite, il s’accroupit à nouveau devant les étagères où elle rangeait les fichiers de musique, et en fit l'inventaire pour choisir ce qu'il lui ferait écouter au fil de la soirée. Il était encore en train de peaufiner son choix quand elle entra dans le salon. Il se retourna pour la regarder, et s'il n'avait pas eu une extrême maîtrise de lui-même, il serait tombé en arrière sur le sol.

Elle portait une très longue robe blanche, presque une robe de princesse de contes de fées, une robe qu'elle avait achetée deux ans auparavant pour une occasion spéciale, un anniversaire, ou une fête, mais en dehors du baptême de sa filleule, elle ne l'avait jamais portée. Le haut était un simple bustier qui dégageait complètement ses épaules. Le bustier était agrémenté de dentelles fines que l'on retrouvait également sur deux pans de tissu qui descendaient sur le devant de la robe. Entre les deux seins, il y avait une fleur rouge en tissu. La robe était agrémentée d'une fine ceinture, du même rouge, qui formait un joli nœud sur son ventre et dont les deux bouts pendaient sur le devant.

Elle avait coiffé ses cheveux légèrement en arrière et y avait glissé sur le côté gauche une sorte de petite barrette, un rien enfantine, décorée d'un petit papillon, rouge également. Deux petites perles grenat ornaient ses oreilles. Elle portait un simple collier en argent, avec un signe chinois en pendentif dont il lut immédiatement la signification : Lune. Et à sa main gauche, la bague ancienne de sa grand-mère, également en argent.

Elle était... ravissante de simplicité. Elle était... ce qu'il aimait le plus en elle. Cette simplicité qui soulignait sa beauté, sa générosité, son intelligence.

Il ne s'était pas attendu à une telle surprise, même s'il avait eu déjà - rarement, mais à qui la faute, n'est-ce pas ? - l'occasion de la voir en robe de soirée. Il se releva lentement, prenant un peu plus que d'habitude sur lui pour garder le contrôle de ses émotions et s'avança vers la table pour reprendre leurs verres. Il lui tendit le sien en souriant. Mais ce qu'il ne savait pas et qu'il était de toute façon bien incapable de contrôler - et il n'y parviendrait jamais -, c'était son regard qui s'était fait plus sombre et qui provoquait toujours en elle une émotion bien particulière, une sorte de chaleur un peu enivrante. Elle lui sourit en retour et reprit une gorgée pour se donner un peu contenance. Puis elle dit :

- Excellent choix musical !
- Je sais que c'est ta chanteuse préférée. Tu as prévenu tes amies ?, ajouta-t-il.

Il n'avait pas du tout envie de les voir débarquer.

Elle acquiesça. Elle avait envoyé un message à Suzy, pour la prévenir qu'elle avait reçu une invitation de dernière minute et qu'elle ne les accompagnerait finalement pas. Elle espérait que Suzy n'aurait pas la curiosité de passer par ici avant d'aller à la soirée. De toute façon, elle avait pris la décision de ne répondre à aucun coup de sonnette.

- As-tu des nouvelles d'Ezra ?, lui demanda-t-il en dégageant une des chaises et en l'invitant à s'asseoir.
- Il m'a juste envoyé un court message écrit pour me dire qu'il était bien arrivé, qu'il faisait un temps magnifique et que l'eau était à 24 degrés... histoire de souligner qu'à New York, on gèle.
- Sacré vieux farceur ! Et il n'a pas voulu te dire avec qui il était parti ?
- J'ai quelques doutes, mais... oui, j'ai plusieurs doutes en fait, et je ferais un impair si je t'en disais plus. Car je ne sais pas laquelle de ces dames, il a emmenée dans ses bagages.
- Peut-être qu'il n'en a pas emmenée qu'une ?

Elle éclata alors de rire, et lui aussi.

- Alors, ce serait le comble. Bon, mais comment vont Grag, Otho et Simon ?
- Simon s'est pris de passion pour les propriétés des plantes que nous avions ramenées de Saturne, il y a six mois, et qu'il n'avait pas encore eu le temps d'étudier. Je te laisse l'imaginer naviguant de la serre au laboratoire.

Elle hocha de la tête, tout en picorant ce qu'il avait disposé précédemment dans son assiette.

- Quant à Grag et Otho... et bien, je t'avoue que j'avais hâte de les abandonner sur Tycho, car ils rivalisaient d'inventivité.
- Comment cela ?
- Et bien, malgré toute ma discrétion et ma naïveté de croire que je pouvais faire confiance à Grag en lui demandant de m'aider à préparer le repas de ce soir, il s'est empressé, à un moment où j'étais parti chercher certaines herbes dans la serre, de tout révéler à Otho. Alors, j'ai eu droit à un vrai festival.

Elle rit à nouveau, elle imaginait parfaitement le tableau. Mais ses yeux bleus brillèrent d'un éclat particulier qui signifiait : bien fait pour toi !

Ils continuèrent à discuter, tout en dégustant tranquillement repas et vin. Au début, Joan ne remarqua pas qu'à chaque fois qu'il se levait pour aller chercher quelque chose en cuisine, la resservir en bulles pétillantes ou changer la musique, il éteignait une des bougies.

Et petit à petit, la pièce replongea dans l’obscurité.

Il était près de 23H30 quand il se leva une nouvelle fois car le fichier musical était arrivé en bout de course et, après en avoir lancé un autre, il lui tendit la main et lui demanda :

- Veux-tu danser ?

Elle entendit alors quelques notes, comme un sifflement. Elle reconnut immédiatement ce morceau qui était un de ses préférés. Parmi les goûts musicaux éclectiques de Joan, il était un groupe allemand de hard rock du vingtième siècle qui figurait en bonne place. Et cette chanson, tout particulièrement.

Take me to the magic of the moment, On a glory night, Where the children of tomorrow dream away,  In the wind of change *

Il avait déplacé la table basse du salon, aménageant ainsi un espace suffisant pour la faire danser. Il la fit tourner, sans la quitter des yeux. Si elle savait… qu'il avait passé des heures, une véritable torture, à apprendre, avec une - certes excellente - professeur, à danser, juste pour pouvoir la faire tourner ce soir. Enfin, ce soir ou un autre soir, il n'avait pas songé particulièrement à ce dernier jour de l'année pour cela. Juste qu'il avait envie que cela arrive.

Dans tes rêves, Curtis Newton, dans tes rêves...

Alors qu'ils avaient enchaîné déjà trois danses, ils entendirent le bruit joyeux monter de la rue. La foule se rassemblait, vers les quais du grand port pour assister au feu d'artifice. A de nombreux balcons, des visages heureux apparaissaient.

- Veux-tu que nous profitions aussi du spectacle ?, lui demanda-t-il.
- Avec plaisir. Le feu d'artifice est toujours très réussi. Il est tiré du toit du grand building de Cary Hall, et on le voit très bien de chez moi.

Ils sortirent alors sur le balcon, Curtis ayant récupéré leurs verres et la bouteille de champagne au passage. Elle frissonna un peu en sortant, dans le froid de cette nuit de décembre. Bientôt, janvier. Elle rentra pour chercher quelque chose pour couvrir ses épaules, et revint rapidement avec une sorte de châle blanc. Elle s'appuya comme lui sur la rambarde et ils virent les lumières de la ville s'éteindre une à une. A 23H50, les premières fusées partirent et le spectacle commença. Durant dix minutes, ce fut une véritable féérie.

Il avait rempli leurs verres, reposé la bouteille sur la petite table derrière eux, et avait passé son bras autour de sa taille, laissant reposer sa main à la limite entre ses reins et ses fesses, juste dans ce petit creux qui révélait une de ses plus jolies formes.

A 23H59, tout s'arrêta et une grande clameur monta de la foule dans le lointain et des fenêtres aux alentours. C'était le décompte de la dernière minute de l'année. Quelques secondes avant minuit, quatre fusées furent tirées et à minuit pile, les chiffres de la nouvelle année s'affichèrent dans le ciel, sous les applaudissements et les cris de joie.

Il la fit alors se tourner vers lui, plongea son regard dans les yeux bleus où brillaient des étoiles bien plus belles que le spectacle auquel ils avaient assisté et lui murmura :

- Bonne et heureuse année à la plus belle des femmes, à la femme de mon cœur.

Elle ne trouva rien à lui répondre et elle ne prit même pas conscience que ses lèvres s'entrouvraient très légèrement. Elle sentait juste son cœur cogner très fort dans sa poitrine. Il sourit et se pencha pour l'embrasser.

Ce fut comme un voile très doux qui se posait sur ses lèvres, avant de sentir sa langue les effleurer. Lentement, elle écarta les siennes un peu plus et à son tour, elle voulut goûter aux siennes. Puis lui vint à l'esprit, l'image d'une source fraîche comme cachée dans le creux d'un rocher, au cœur de l'été, quand il l'embrassa plus profondément. Elle avait fermé les yeux, lui aussi, et ils se laissèrent emporter par ce baiser auquel ils avaient l'un comme l'autre tant rêvé. Mais à qui la faute, n'est-ce pas, s'il leur avait fallu attendre si longtemps ?

Ils seraient incapables de dire sous le signe de quelle couleur les artificiers avaient choisi de placer cette nouvelle année. Car ils ne virent rien de la deuxième partie du feu d'artifice, et ne rompirent leur baiser que pour mieux se regarder.

- Bonne et heureuse année au diable rouge qui hante mon cœur, dit-elle alors avec un rien de malice.

Elle reprenait l'expression qu'utilisaient les pirates et bandits qu'il pourchassait sans relâche à travers l'espace.

* The Scorpions / Wind of change
« Letzte Änderung: 18. Oktober 2016, 23:15:29 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Tachioniumfinder

  • Ezra Gurney (Mod)
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Re: Just in your dreams...
« Antwort #3 am: 31. Dezember 2012, 15:40:07 Uhr »
Ça a l'air d'une nuit très intéressante ;D !
Le grand capitaine va surmonter sa timidité....j'y crois....  [devil]
Bonne et heureuse année, Limeye !
 [party] [partysmiley] [partytime]
Tachi

Offline limeye

  • Simon Wright
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Re: Just in your dreams...
« Antwort #4 am: 1. Januar 2013, 11:53:49 Uhr »
Hallo Leute  :) !

Frohes Neues Jahr euch allen ! Bonne et heureuse année à vous tous !  [flower]

Es tut mir leid, Nurara, ich kann nicht übersetzen meine Texte in deutscher Sprache.  Ich benutze eine Website-Übersetzung zu lesen, aber ich habe Angst, Kauderwelsch in deutscher schreiben...

Ich bin endlich zu lesen beginnen Ihre Nurara Geschichte.

Hier ist der zweite Teil der Kurzgeschichte.

Limeye  :)


New York. 1er janvier. 10H.

Donner. Recevoir. Découvrir. Partager. Accueillir. Emporter.

Ils s'étaient éveillés, tendrement enlacés, dans la lumière pâle d'un matin gris de... janvier.

Il n’avait pas pensé, la veille, à décorer sa chambre de petites bougies, comme il l’avait fait dans le salon, mais peu importait les bougies, les étoiles de ses yeux avaient éclairé sa nuit, l'emmenant dans un voyage plus beau qu'aucun de ceux qu'il avait faits jusqu'à présent.

Et il l'avait emmenée dans son monde, là où elle avait tant espéré aller un jour.

Dans vos rêves, Joan Randall et Curtis Newton, dans vos rêves...

Non, ce n'était plus un rêve.

Elle dormait entre ses bras, et la première chose qu'il vit en ouvrant les yeux fut un petit papillon rouge posé sur l'oreiller. Il n'avait pas pensé à l'ôter de ses cheveux, quelques heures plus tôt. Non, il n'y avait pas pensé. Il avait juste pensé à prendre soin de sa ravissante robe, et à la manière de la lui enlever.

Il referma les yeux, de bonheur, en repensant à ce merveilleux paysage qu'il avait alors découvert et qu'il avait parcouru, exploré des heures durant. Jusqu'à ce que le sommeil enfin les emporte. Il sentait son souffle léger sur sa poitrine, et il en frissonna. Comme elle était douce ! Comme tout ce qui émanait d'elle était doux ! Son parfum, le velouté de ses lèvres, le grain de sa peau, la caresse de ses cheveux... Mais combien aussi cette douceur cachait de feu et de passion.

Il devina qu'elle s'éveillait car il sentit le changement dans sa respiration et l'accélération de son rythme cardiaque. Il rouvrit les yeux pour assister au spectacle. Il pensait à cette émotion qui le saisissait à chaque fois qu'il assistait à un lever de soleil, quelle que soit la planète sur laquelle il se trouvait. Et voir les yeux de Joan s'ouvrir était comme un lever de soleil.

Elle s'étira un peu, il sentit ses jambes glisser le long des siennes, en une lente caresse. Puis elle se blottit un peu plus contre lui et déposa un petit baiser sur son épaule, près du cou. Etonnant comme intuitivement elle avait trouvé les zones les plus sensibles de son corps. Il fit glisser ses mains sur ses reins, en fit remonter une dans le haut de son dos, et l'autre frôla l'arrondi de ses fesses, pour venir mourir sur sa hanche.

- Bonjour, ma douce, murmura-t-il contre son oreille.
- Bonjour cœur de mon cœur, lui répondit-elle d'une voix chaude, encore ensommeillée.

Il lui vint à l'idée qu'il connaissait peut-être le moyen de la réveiller tranquillement, sans précipitation, mais dans la joie.

Et un peu plus tard, alors qu'il était allongé sur elle, qu'elle laissait glisser tendrement ses doigts sur son visage, il lui dit :

- J'ai une petite surprise pour toi. Une sorte de... cadeau, pour la nouvelle année. Mais je ne peux te le donner qu'à une condition : il va falloir quitter ton lit. Et même ta chambre. Et même... ton appartement.

Elle ouvrit de grands yeux, étonnée.

- Et pour aller où ?
- Si je te le dis, ce n'est plus une surprise.

Elle eut une sorte de petite moue, qu'il trouva adorable.

- Bon, mais je te rappelle...
- Que tu n'as que trois jours de congés, et qu'il faut que tu sois à ton poste le 4 janvier à 9H du matin. Aucun souci. Tu y seras.
- Bien, il faut donc que j'emmène des affaires pour trois jours, mais ce sera pour du chaud, du froid, du tempéré ?
- Les trois, répondit-il avec un éclat de malice dans les yeux.

Comme si elle croyait pouvoir le berner si facilement.

- Donc, il va falloir que tu me libères. Pour que je prépare mes affaires.
- Que dirais-tu aussi d'un petit déjeuner préparé en partie par Grag ? Je suppose que tu as de quoi faire du café...
- Hum, hum. Je voudrais quelque chose, avant.
- Et quoi ?
- Que tu m'embrasses.

**

Ils décollèrent peu après midi. Il l'obligea à porter une paire de lunettes noires, qui allaient l'empêcher de voir le paysage qui défilait sous leurs yeux. Il espérait faire durer la surprise jusqu'au terme du voyage. Enfin, au moins, le plus longtemps possible.

Elle accepta avec un plaisir presque enfantin de jouer le jeu. Et s'installa confortablement dans le fauteuil du copilote, sans chercher à enlever ses lunettes. Elle profita de ce moment pour penser à ce qu'elle venait de vivre. Plus beau qu'un rêve, plus beau que dans ses rêves les plus fous, les plus secrets. Comme elle avait aimé se blottir contre lui. Comme elle avait aimé cette découverte, de lui, comme il l'avait révélée aussi... à elle-même. Et cette harmonie, tout de suite, entre eux. Comme s'ils avaient, depuis toujours, été destinés l'un à l'autre.

Elle avait pris connaissance des petits messages adressés dans la nuit et au matin par Ezra, Suzy, Clara et quelques autres. Alors qu'ils déjeunaient, c'était Jelle qui avait appelé. Jelle et Narna, sa petite filleule.

Bonne année, marraine ! Bonne année, petite sœur !

Comme elle aurait aimé les voir ! Dès qu'elle pourrait, elle enverrait un message écrit à Jelle pour la mettre au courant. Elle ne pouvait pas laisser son amie dans l'ignorance de ce qu'elle venait de vivre. Le "super héros" comme l'appelait Jelle s'était enfin décidé. Et après tout... elle aussi, elle s'était enfin décidée.

- Nous allons bientôt atterrir, la prévint-il.

Elle remit alors sa ceinture. Puis une fois le vaisseau posé, il lui proposa d'enlever les lunettes, mais elle refusa : elle préférait le faire dehors, et découvrir hors du vaisseau l'endroit où il l'avait emmenée.

- Couvre-toi bien, alors. Il fait froid.
- Ah ! Un indice !, dit-elle en riant.
- Juste un petit. J'ai très bien pu nous faire revenir à New York.

Elle éclata de rire à cette idée. Il lui tendit alors son chaud manteau, avant d'enfiler le sien également, puis il l'aida à gagner la sortie, et à descendre du vaisseau. Un vent froid les saisit, mais elle sentit aussi tout de suite qu'il y avait du soleil. Elle enleva alors lentement ses lunettes, pour habituer ses yeux à la franche lumière. Au bout de quelques instants, elle distingua les installations d'un petit aéroport, la neige tout autour, hormis sur les pistes. Des collines couvertes de neige, des grands sapins. Elle n'était jamais venue ici.

Mais elle reconnut très vite les silhouettes de Jelle et de Narna qui les attendaient, chaudement emmitouflées,  au bout de la piste. Et sous les yeux ravis de Jelle, elle sauta au cou de Curtis, son cœur bondissant d'un grand élan de joie, et lui murmura :

- Merci, mon amour, merci de ce cadeau !

Et alors que Narna s’élançait vers eux, Jelle poussa un soupir de soulagement. Cela faisait quatre jours que des milliers de questions lui passaient par la tête, depuis que Curt l’avait appelée pour lui dire qu’il trouverait le moyen de faire passer ses trois jours de congés à Joan avec eux. Il n’avait rien voulu dire de plus et elle savait pertinemment que ce n’était pas la peine de l’assommer de questions. Il n’y aurait pas répondu. Mais elle avait failli, une fois de plus, rendre fou son mari car parmi toutes les questions qu’elle avait en tête, outre de se demander ce qu’elle ferait à manger pour le premier jour de l’année, celle qui revenait le plus souvent et lui causait le plus de souci était de savoir si elle devait préparer UNE ou DEUX chambres d’amis.

Ce à quoi, dans une logique imparable, Davies avait répondu :

- Prépare deux chambres. Comme ça, tu ne commettras aucun impair, tu ne mettras pas Joan dans l’embarras et s’il n’y a besoin que d’une… et bien, tu en auras toujours une autre de prête pour une autre visite !

Elle l’avait regardé avec soulagement, comme s’il lui avait donné la clé du Trésor Planétaire avec possibilité d’aller s’y servir à volonté.

- Tu as raison, mon chéri… Enfin, quand même, j’aimerais bien savoir…
- Je ne veux plus entendre parler de Curtis et de Joan avant le 1er janvier, c’est compris ?, avait-il dit, amusé.
- Impossible. Je ne vais pas pouvoir. Je suis désolée, mais ils me rendent dingues ces deux-là !
- Ma Jelle… Tu fais du mieux que tu peux, mais tu ne peux pas faire à leur place ! Accepte cela ! Et sois patiente…

Elle secoua la tête. Cela faisait des années qu’ils usaient et abusaient de sa patience… elle n’en avait plus en réserve. Même dans la réserve de secours. Elle était à sec.

- Qu’est-ce qu’il a en tête, Curtis ?
- Tu veux que je te dise ce qu’il a en tête ?

Davies avait ouvert des yeux ronds.

- Ah, tu te moques de moi ! Je ne pensais pas à ça !
- Pourtant, c’est à ça qu’il pense, lui !

Jelle avait alors regardé son mari, qui esquissait un sourire. Et ils avaient ensemble éclaté de rire.

THE END  ;)

« Letzte Änderung: 12. September 2015, 05:41:18 Uhr von limeye »
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Offline August

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #5 am: 1. Januar 2013, 18:05:59 Uhr »
Bonne année Limeye !
Puisque les vacances de Joan finissent le 4 janvier, tu vas aussi continuer l'histoire chaque jour jusqu'au 4 janvier hein dis ?  ;D Hum ? Pitié !!!  ??? 
Ich bin mir sicher das wir alles mehr uber Joan und Curtis ferien lesen wollen.

« Letzte Änderung: 1. Januar 2013, 18:11:16 Uhr von August »

Offline August

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #6 am: 1. Januar 2013, 18:17:19 Uhr »
Avec qui Curtis a t'il appris à danser ???

Offline limeye

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #7 am: 1. Januar 2013, 20:47:20 Uhr »
Bonne année August  :) !

Merci pour tes voeux ! Plein de bonnes choses pour toi aussi.

Je n'avais pas du tout prévu d'écrire la suite de leurs vacances... juste une vision personnelle d'un nouvel an... qui me trottait dans la tête depuis que j'ai réussi à traduire Klassentreff d'Amanda... Une histoire que j'ai adorée, soit dit en passant.

Mais c'est un défi, et si jamais l'inspiration me vient d'ici demain, je ferai peut-être une suite  :D

Sinon, aucune idée d'avec qui Curtis a appris à danser... j'ai juste inventé ce passage pour être un rien logique. Et me moquer gentiment de notre Capitaine préféré !

hum, jetzt in deutsch...

Ich hatte nicht geplant, eine Fortsetzung, die ihren Urlaub zu schreiben...  nur eine persönliche Vision eines neuen Jahr...   Ich dachte mir, seit ich die Geschichte von Amanda, Klassentreff lesen.

Aber es ist eine Herausforderung, und wenn jemals die Inspiration kommt morgen, ich könnte eine Folge sein.  :D

Keine Ahnung mit wem Curtis tanzen gelernt ...  Ich erfand auf diese Weise konsequent zu sein. Und sanft spotten unser Favorit Captain!

Bonne soirée !

Limeye  :)
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Offline limeye

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #8 am: 2. Januar 2013, 18:50:36 Uhr »
Bonsoir  :) !

Finalement, j'ai décidé de relever le défi d'August... jusqu'au 4 janvier. Parce que j'ai une petite idée pour le 4 janvier, justement. Donc voici la journée du 2 janvier  ;)

Schließlich entschied ich mich, die Herausforderung der August zu stellen...  Denn ich habe eine Idee für 4. Januar.  Hier ist der 2. Januar.  ;)

Limeye  :)


Vancouver. 2 janvier. 15H

Deux jeunes femmes, l’une blonde, l’autre brune, se tiennent côte à côte sur les quais du port. Elles regardent les bateaux, et la mer gelée. Mais aussi un grand gaillard roux, aux cheveux en bataille, qui, inlassablement, pousse une petite fille brune sur son vélo.

- Il est foutu, dit la brune.
- Curtis ?
- Oui. Narna ne va pas le lâcher. Regarde-la, ma coquine ! Avec son sourire enjôleur. Le revoilà parti pour un autre tour…
- Heureusement qu’ils ont dégagé les quais… quelle idée vous avez eu de lui offrir un vélo pour cette nouvelle année ! Vous auriez dû attendre son anniversaire. Comment veux-tu qu’elle en fasse dans le jardin, avec cette neige ?
- Je savais que les quais seraient dégagés, et puis aussi, la grande allée du parc, je l’emmènerai quand le temps le permettra.
- Alors, tu te plais ici ?
- Oui ! Même si tu me manques, mais je suis vraiment heureuse qu’on ait quitté New York, tu sais. La ville, être en appartement… très peu pour moi. J’étouffais, je n’en pouvais plus. Ici, même si je n’ai pas encore pu en profiter beaucoup car l’hiver est arrivé vite après notre installation, j’ai enfin un jardin ! Et puis, la campagne autour, la mer, pas loin. Ca te plairait, ça, la mer !
- Certainement. C’est bien pour cela que j’ai dit oui tout de suite pour cette balade sur le port ! Dommage que Davies ait déjà repris le travail…
- C’est ainsi. Il préfère garder des jours pour le printemps. Bon, je vais aller sermonner Narna. Elle abuse.
- Mais non ! Il est ravi, regarde-le ! Et puis, il a de la ressource, je pense que ta fille se fatiguera avant lui.
- Si c’est toi qui le dis, après tout… tu le connais mieux que moi, ajoute-t-elle avec un sourire malicieux.

Joan répond par le même sourire à son amie.

- De toute façon, te connaissant, tu vas siffler la fin de la partie d’ici peu en disant que ça va être l’heure du goûter et comme tu as prévu de faire des crêpes, il ne faudra pas qu’on tarde à rentrer à la maison.
- Ce n’est pas faux.
- Néanmoins, c’est moi qui vais siffler la fin de la partie, parce que j’ai bien envie de grimper en haut de cette colline pour voir le paysage, avant qu'on rentre. C’est quoi les ruines au sommet ?
- Des restes d’un décor de cinéma. Un film a été tourné, il y a longtemps et ils ont laissé certains éléments du décor, car le film a eu beaucoup de succès à l’époque. D’autant plus que l’acteur principal est décédé peu après. Il y a un panneau qui raconte l’histoire là-haut. Mais je ne suis pas certaine qu’ils aient dégagé l’accès, avec cette neige. Quoique pour les vacances…
- En tout cas, on ne voit pas grand-monde se promener aujourd’hui.
- Trop beau. Ici, les gens ne sortent que quand il fait mauvais.
- Tu plaisantes !
- A peine. Tiens, rattrape ton homme maintenant qu’ils approchent si tu veux grimper là-haut avant qu’on rentre. Je vais gérer ma fille.
- Tu ne veux pas venir ?
- Je ne veux pas risquer une chute dans mon état. Et Narna ne pourra pas monter. Les marches sont trop hautes.
- Alors, on ne lui dit rien, sinon, elle va demander à venir avec nous en s’installant sur les épaules de Curtis.

Quelques minutes plus tard, Jelle regarde s’éloigner Curtis et Joan. Il a noué ses doigts dans ceux de la jeune femme et d’un pas sûr, il a entamé l’ascension de la colline qui domine le port. Malgré la neige, Jelle peut constater qu’ils progressent assez vite. Elle ouvre son sac, en sort un petit appareil photo et vise. Trois clichés, hop, ni vu, ni connu. Elle ne sait pas encore qu’une de ces trois photos se retrouvera dans quelques jours sur le bureau de Joan. Celle où elle a cadré juste leurs deux mains nouées.

- Maman ! Regarde comme je roule vite !
- Bravo ma chérie !

Et Jelle se tourne vers sa fille et déclenche l’appareil. Superbe journée. Superbe début d’année. Génial. Incroyable. Formidable.

**

En moins de dix minutes, ils ont atteint le sommet. Ils s’arrêtent un instant devant le panneau relatant l’histoire du lieu, mais Joan abandonne vite la lecture. Elle veut voir la mer d’en haut. Elle lâche la main de Curtis et traçant son chemin à travers la neige immaculée, elle gagne ce qui s’apparente à une sorte de petite avancée. L’ensemble du lieu ressemble à la tour d’un vieux château, avec des murets, un rempart. Une sorte de tour de garde, aussi derrière eux, mais dont l’accès est fermé en cette saison.

En contrebas, sur sa gauche, elle voit Narna qui pédale devant sa mère. Joan fronce un instant les sourcils, il ne faut pas qu’ils restent trop longtemps en haut, Jelle va avoir besoin de s’asseoir. A cause du bébé.

C’était la surprise de Jelle pour cette nouvelle année. Enfin, une demi-surprise. Disons que Joan savait parfaitement que son amie était enceinte, par contre, Jelle était parvenue, au prix d’un effort incroyable, à taire jusqu‘à hier que ce deuxième enfant est une autre petite fille. Aziliz naîtra au printemps, comme sa grande sœur, mais un mois plus tôt.

Joan relève les yeux vers la mer. Elle pense à Ixio, leur planète natale. La mer d’Ixio lui manque. Aucune mer terrestre ne ressemble à la mer d’Ixio. Sur le muret, un peu plus loin, le vent a chassé la neige et elle s’installe sur la pierre froide, mais nue. Ses jambes pendent dans le vide. Elle regarde vers Curtis qui observe la tour. Elle a encore du mal à y croire. A croire qu’il l’aime. Vraiment. A croire qu’elle ne vit pas un rêve. Qu’il est réellement, là, avec elle. Qu’il dort avec elle, aussi.

Il s’avance en souriant vers elle. Oh comme elle aime son sourire ! Et son regard… Dieu comme elle se sent partir dès qu’il la regarde ainsi. Comme elle est assise en hauteur, quand il s’approche, leurs deux visages sont presque face à face. Il entoure sa taille de ses bras et pose son visage dans son cou, l’enfouissant dans ses cheveux. Il adore sentir ses cheveux le caresser ainsi.

- Ne va pas tomber en arrière, surtout, petite aventurière !
- Tu me rattraperais avant !
- Va savoir, on pourrait faire une roulade dans la neige et on arriverait beaucoup plus vite en bas. J’en suis capable pour les délicieuses crêpes de Jelle !

Elle rit. Ce rire comme une douce cascade à ses oreilles. Elle noue ses bras autour de son cou, et appuie sa tête sur son épaule. Respire un grand coup l’air frais dans lequel se mêle son odeur et celle de la mer.

Il s’écarte un peu et lui demande, doucement :

- Tu me pardonnes ?
- Te pardonner quoi ?
- D’avoir tant tardé…

Elle le regarde, gravement :

- Oui, je te pardonne, parce que je t’aime.

Alors il l'embrasse et c’est juste… un instant de bonheur.

**

Des moments de bonheur, il y en a eu des tas depuis la veille.

Quand Narna lui a sauté dans les bras, ravie de retrouver sa marraine qu’elle n’avait pas vue depuis l’automne, quand ils avaient quitté New York.

Quand elle a croisé le regard complice de son amie, qu’elle y a lu la joie pure. Que Jelle l’a serrée un peu plus fort que d’habitude contre elle, et pas seulement parce qu’elles étaient heureuses de se revoir, non pas seulement.

Quand Jelle lui a fait faire le tour de son jardin, dans la neige, lui expliquant avec enthousiasme comment elle allait l’arranger, au printemps, après la naissance.

Quand Davies a débouché une bouteille de champagne pour que Jelle puisse annoncer la nouvelle, concernant le bébé, cette nouvelle petite fille.

Quand, un instant, elle a eu le sentiment que les choses et les êtres étaient enfin à leur place. Jelle et Davies dans cette maison, le bébé à venir, la famille qui va s’agrandir, ce dont ils avaient envie depuis longtemps. Et Curt assis dans le sofa à ses côtés, Narna passant des genoux du jeune homme aux siens, en un jeu simple qui la faisait hurler de rire.

Quand Salomé, la mère de Jelle, a appelé pour souhaiter la bonne année, même si, sur Ixio, ce n’est pas du tout la nouvelle année, mais depuis qu’elles sont parties pour la Terre, Salomé a appris à vivre avec les deux calendriers. Car elle veut toujours savoir en quelle saison, en quel mois et quel jour vivent ses deux filles. Et qu’elle a vu le visage de sa mère s’éclairer d’un sourire si chaleureux, quand celle-ci a compris, sans qu’il y ait besoin de lui dire autre chose que Je suis venue les voir avec Curtis.

Quand, le soir tombant, elle a senti la fatigue venir et qu’elle a appuyé sa tête sur l’épaule de Curtis et que Jelle a dit d’une voix qui ne prêtait à aucune discussion : Zou au lit, sinon, tu vas t’écrouler dans ton assiette !

Quand…
« Letzte Änderung: 12. September 2015, 10:18:59 Uhr von limeye »
Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).

Offline Elaine

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #9 am: 2. Januar 2013, 22:17:23 Uhr »
Bonsoir limeye,

merci d'avoir continué ton histoire, c'est vivifiant et très touchant, j'attends avec impatience le 4 /01.. :).l'accouchement en avance avec le docteur Curtis?   ::)
 
Hallo limeye,
danke für die Fortsetzung! Ich finde sie berührend und erfrischend, wird Dr.Curtis Hebamme?
bis bald,

Offline August

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #10 am: 3. Januar 2013, 00:38:15 Uhr »
Avec Limeye, y a qu'à demander, elle a toujours des idées ! Merci, vraiment pour ton talent et ta productivité !   :)
« Letzte Änderung: 3. Januar 2013, 00:40:36 Uhr von August »

Offline limeye

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #11 am: 3. Januar 2013, 09:51:18 Uhr »
Guten Tag  :)

Merci, merci ! Danke schön !

S'il est une chose dont je n'ai jamais manqué, August, c'est l'imagination... J'ai plusieurs histoires en réserve, et là, j'ai du temps...

Ich habe viel Fantasie...  und ich habe mehrere Geschichten geschrieben.

Désolée, Elaine, mais la petite Aziliz n'a pas prévu d'arriver en avance. Elle est trop bien dans le ventre de sa maman pour l'instant  ;)

Es tut mir leid, Elaine, aber die kleine Aziliz wird im Frühjahr geboren.

voici donc le début de la journée du 3 janvier. Je peaufine la suite et vous la propose dans le courant de la journée.

bonne lecture !

Limeye  :)


Vancouver. 3 janvier. 4H

Un léger souffle l’a réveillée. Dans un demi-sommeil, Joan s’est retournée et elle a cherché Curtis, pour se blottir contre lui. Mais c’est le vide qu’elle trouve, à sa place. Elle ouvre alors les yeux, il fait nuit. Nuit blanche, car la neige et le ciel clair apportent une lumière un peu étrange, comme une aube froide. Mais l’aube est loin.

Elle se redresse légèrement, le voit debout devant la fenêtre, qui regarde le jardin sous la neige. Elle ne bouge plus, mais, durant une longue minute, elle regarde sa silhouette grande et musclée se détacher en contre-jour. Alors elle se lève et vient s’appuyer contre son dos, entourant sa taille de ses bras.

- Je t’ai réveillée ?
- Je ne saurais dire… ça fait longtemps que tu es debout ?
- Non. J’avais envie de regarder la nuit. C’est beau.
- Oui. Toute cette neige… Ca ne donne vraiment pas le même effet qu’à New York ! Ca m’impressionne...
- Pourtant, tu connais ça, la neige !
- Pas tant que ça. Sur Ixio, il neigeait rarement là où nous habitions. Le climat était tempéré, avec la mer à proximité.

Elle soupire légèrement et il en sent le souffle sur son bras.

- Depuis combien de temps n’es-tu pas allée sur Ixio ?
- Trop longtemps. La mer me manque, tu sais.
- Pourtant, tu as la mer à New York, tu vas souvent à Long Island…
- Oui, j’y vais. J’aime m’y promener, mais ça n’a rien à voir.

Il baisse les yeux sur ses mains, pose la sienne dessus. Il se dit… que finalement, il connaît peu de choses de son passé, de son enfance. Les grandes lignes, oui, mais pas ces petits détails, ces petits riens qui font la richesse d’une personnalité, qui expliquent un parcours, des choix.

Il faut que je l’emmène sur Ixio. Dès que ce sera possible. Deux jours de voyage, plus deux pour le retour… une semaine de vacances, c’est jouable. Mais quand ?

- J’étais ravie de parler à Salomé, tu sais. Je les appelle régulièrement, moi aussi, mais être présente quand Jelle lui a annoncé qu’ils allaient avoir une autre petite-fille, c’était vraiment génial ! Et c’est grâce à toi que ça a pu être possible.
- Alors, je suis heureux de t’avoir apporté cela aussi. Ce n’était pas prévu. Je ne pensais pas que Jelle avait une telle nouvelle à annoncer, je pensais qu’elle aurait gardé la surprise.
- C’est impossible. Elle est incapable d’attendre neuf mois sans savoir. Déjà pour Narna, elle piaffait d’impatience. La seule chose qu’elle avait gardée secrète, c’était son prénom. Là, elle a craqué.
- Elle est vraiment incroyable.
- Oui. Elle est l’une des deux personnes les plus extraordinaires que je connaisse.
- C’est qui l’autre ?
- Idiot ! C’est toi !

Elle resserre un peu plus son étreinte, et ferme les yeux en reposant sa tête sur son épaule.

- Je me demande comment il va faire Davies, avec trois filles à la maison, reprend-il.
- Oh, il en est ravi ! Il n’a pas vraiment de préférence, tu sais, il me l’a dit. Mais elles sont ses trésors.
- N’empêche, Narna a déjà un sacré petit caractère, alors si Aziliz marche dans les pas de sa sœur, qui marche dans les pas de sa mère… sincèrement, je ne voudrais pas être à la place de Davies !
- Il s’en sort très bien, je te rassure !, dit-elle en riant légèrement. Il n’a pas l’air comme ça, mais il connaît Jelle aussi bien que moi, et sait comment manœuvrer. Il ne se laisse pas marcher sur les pieds, même si elle donne l’impression de tout décider. Elle ne fait rien sans son accord. Je veux dire, rien qui touche à eux, à leur famille. S’il avait voulu garder le secret pour Aziliz, elle l’aurait fait, tu sais. Même si c’était un vrai défi qu’il lui aurait alors demandé.

Il tourne à nouveau son visage vers le dehors, regarde les étoiles. Il n’y a pas de lune cette nuit. Aucun de ses trois amis ne l’a appelé. C’est que tout va bien sur Tycho. Que personne n’a besoin de lui. Qu’il peut vivre pleinement ses trois jours avec Joan. Trois jours et trois nuits. Il sait qu’ils les ont longtemps attendues, ces journées, et plus encore, ces nuits. Et maintenant ?

Elle devine qu’il regarde vers le ciel, à son tour, elle lève les yeux. Et se demande… Quand vas-tu repartir, mon amour ? Non, il ne faut pas que je pense à cela. Pas maintenant. Je dois vivre l’instant présent, ne pas penser à demain, à quand tu me laisseras. Non. Je ne dois pas. Pour toi et pour moi. Je dois juste… penser à maintenant.

Doucement, elle défait ses deux mains nouées et remonte sa main gauche vers son torse. Puis elle dépose un tout petit baiser sur son épaule. Puis frissonne, un peu à cause du froid, un peu par... désir.

- Tu as l’intention de regarder encore longtemps les étoiles ?
- Oui. Parce que je veux me noyer dans celles de tes yeux, dit-il en se retournant et en plongeant son regard gris sombre dans l’océan bleu du sien.

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Offline limeye

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #12 am: 3. Januar 2013, 11:54:53 Uhr »
la suite promise, et je vous prépare une fin assez drôle pour la fin de la journée.


Même jour. Même lieu. 9H.

Jelle entre dans sa grande salle à manger. La table est dressée, avec un petit déjeuner copieux. Ca sent bon le café. Curtis est en train d’étaler une confiture d’abricot-pêche sur une des crêpes du goûter d’hier. Devant la place libre à côté de lui, un bol et une assiette qui ont déjà servi.

- Bonjour Curt. Déjà debout ?
- Bonjour Jelle. Décalage horaire, dit-il simplement. Et pour ma part, en plus, décalage lunaire.
- Joan est levée ?
- Partie prendre une douche.
- Hum, ok. Vous avez trouvé tout ce qu’il faut ?
- Pour manger, bien sûr ! S’il y a bien un endroit au monde où je suis certain de ne pas jamais mourir de faim, c’est chez toi.
- Il y a deux endroits au monde comme cela. L’autre, c’est chez mes parents.

Il rit de sa remarque. Jelle gagne la cuisine, juste à côté, et se prépare du thé.

- Joan voulait te le préparer, mais devant la profusion du choix… elle ne savait plus lequel tu préfères le matin.
- De toute façon, en ce moment, il vaut mieux que je me le prépare moi-même, je change d’avis tellement souvent… ça fait faire des folies, un bébé, tu sais.
- Hum ?, émet-il simplement en savourant sa crêpe gorgée de confiture.

Puis après avoir avalé sa bouchée :

- Ce sont tes confitures ou celles de ta mère ?
- Celles de maman. Où veux-tu que je trouve des fruits frais à New York ? L’été prochain, ici, je pourrai en faire au moins avec des mûres. J’ai repéré des ronces, sur un chemin, par là-bas, dit-elle en faisant un signe vers la droite.

Elle revient avec sa théière et s’installe face à son jardin.

- Vous repartez tantôt seulement ?
- Oui. Pas trop tard non plus, à cause du décalage horaire. Joan reprend le travail demain.
- Tu vas rester un peu avec elle ? A New York, je veux dire ?
- Oui, tant qu’on n’aura pas besoin de moi ailleurs. J’ai des recherches à mener à la bibliothèque des Neuf Mondes, et quelques personnes à rencontrer. Mais tu t’inquiètes, Jelle ?
- Ben…
- Un peu, non ?
- Pas vraiment. Juste qu’elle sera triste quand tu repartiras, c’est tout.
- Moi aussi, je serai triste de la quitter, tu sais.

Jelle se sert, se prépare deux énormes tartines de pain. Beurre plus confiture. Un luxe qu’elle s’octroie pour le bébé : beurre pour elle, confiture pour lui. Ou l’inverse. Ca dépend des jours.

- Curtis, je voulais te remercier. Vraiment. Pour Joan, d’être venus ici. C’était génial. Trop court, forcément, mais génial d’avoir débuté l’année tous ensemble.
- Quand je l’ai appelée, la dernière fois, j’ai bien vu qu’elle était triste de ne pas vous revoir avant…

Il fait un vague geste de la main, puis reprend :

- Et alors, j’ai pensé que je pouvais peut-être faire quelque chose. Parce que j’avais vraiment envie de lui faire plaisir.
- Le mieux que tu aies fait, c’est quand même ce réveillon en tête à tête. C’était une idée géniale. Hyper romantique. J’adore.
- J’aime ton enthousiasme à toute épreuve, Jelle.
- Je peux te poser une question indiscrète ?
- Si jamais je la trouve trop indiscrète, je ne répondrai pas. Alors pose-la, tu verras bien.
- Tu as descendu combien de bouteilles de champagne pour pouvoir lui faire ta déclaration ?

Il éclate de rire. Il adore l’humour de Jelle.

- Eh bien, contrairement à ce que tu penses, nous avons été raisonnables. J’en avais subtilisé deux dans la cave d’Ezra, mais on en a bu qu’une et demie… L’autre demie, on n’a pas eu le temps. Et au petit déjeuner, bof.

Elle acquiesce. Ce genre de folie, boire du champagne au petit déjeuner, ce n’est plus de son âge. Curtis reste un instant silencieux, puis ajoute, d’un ton sérieux soudain :

- Il est une autre raison pour laquelle j’espère pouvoir rester un peu à New York.
- Ah oui ?
- Joan voudrait aller voir sa mère, dès qu’elle aura ses jours de repos. Elle pensait y aller hier ou aujourd’hui, mais…
- Alors, c’est bien que tu sois avec elle. Il ne faut jamais qu’elle y aille seule. Elle est… tellement triste quand elle revient. La dernière fois, je suis allée avec elle, c’était juste avant qu’on déménage. Je voulais revoir July moi aussi. C’est arrivé une fois qu’elle se retrouve seule, et sincèrement, je ne veux vraiment pas que ça se reproduise.
- Ezra m’a dit que les meilleurs médecins l’avaient auscultée, suivie… rien à faire.
- Non. Même si tu demandais à Simon… Tu sais, Curt, July… quelque part, même si c’est très dur pour Joan, July… elle est mieux là où elle est. Elle ne souffre pas.

Il hoche la tête. Mais il n’ajoute rien, car il entend des petits pas dans le couloir et Narna se glisse dans la salle, tenant dans ses bras son doudou, les yeux encore ensommeillés. Joan entre à sa suite.

Et il n’a pas du tout envie de voir disparaître le joli sourire qu’elle affiche.
« Letzte Änderung: 12. September 2015, 11:15:53 Uhr von limeye »
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Offline Tachioniumfinder

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #13 am: 3. Januar 2013, 17:10:24 Uhr »
Liebe Limeye,

Deine Geschichte ist wunderschön. Was hältst Du davon, wenn ich sie für unser deutsches Forum übersetzen würde? Es wäre aus meiner Sicht sehr schade, wenn nur wenige Forumleser sie verstehen könnten.....
Mit Deinem Einverständnis würde ich einen Übersetzungsversuch wagen.....
Liebe Grüße
Tachi

Offline limeye

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Re: Just in your dreams...
« Antwort #14 am: 3. Januar 2013, 17:21:01 Uhr »
La fin de cette journée du 3 janvier.  Das Ende des Tages, Januar 3.

J'ai beaucoup ri à vous l'écrire, j'espère qu'elle vous plaira !  Ich lachte viel schreibe, ich hoffe es gefällt euch.  :D



New York. 3 janvier. 21H53


Ils sont rentrés. Finies les grandes étendues blanches. Finis les rires de Narna. Adieu les beaux yeux de Jelle et la gentillesse de Davies. A une autre fois.

Elle a gagné le salon, et comme à son habitude, elle enchaîne deux réflexes : un regard vers le transmetteur sur lequel clignote le signal des messages entrants. 15 messages, bon sang… qui a bien pu appeler autant en deux jours ?

Et l’autre, la musique.

Curtis est resté figé à l’entrée du salon.

- C’est quoi cette musique de dingue ? Comment tu fais pour écouter ça ?
- T’aimes pas ?
- Franchement…

Et devant son air dégoûté, elle éclate de rire.

- J’ai découvert plein de groupes et de chanteurs et chanteuses intéressants depuis que je suis sur Terre et la musique accompagne ma vie. Mais bon, si tu n’aimes pas le Black Ice, je vais mettre quelque chose de plus soft.
- Si un jour tu oses écouter ça à fond sur Tycho, je préfère ne même pas imaginer la réaction de Simon. Tu as vu que tu as plein de messages ?, ajoute-t-il pour changer de sujet.
- Oui, oui, on va écouter ça.

Message officiel du gouvernement, 01.01 13h00. Elle soupire, ça commence bien. « Chères collaboratrices et chers collaborateurs, permettez-moi de vous offrir mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, à vous et à vos proches. En espérant toujours autant de professionnalisme de votre part dans les mois à venir. Bonne année ! Général Halk Anders. »

- Bon, ça va. J’avais oublié qu’Anders nous gratifiait toujours du même message chaque 1er janvier…, dit-elle, un rien amusée. 

Ken Scott, 01.01 13h24. « Bonne année, grande sœur ! Je vais bien, ne t’inquiète pas pour moi ! Je t’embrasse fort sur tes deux joues et j’ai fait un vœu pour toi cette nuit car j’ai vu une étoile filante super jolie ! Tu sais quoi ? Je suis certain qu’elle faisait la route entre le Capitaine et toi ! Gros bisous ! »

Oh, mon Ken ! Trop mignon ! Toi, je te donne vite des nouvelles ! Tu vas être en-chan-té !

Suzy Perkins, 01.01 13h47. « Salut ma belle ! Bon, tu réponds pas sur ton tél alors j’espère que tu vas bien et que tu as démarré l’année en fanfare. Tu donnes vite des news, on a un plan pour le 2 au soir avec Clara. Ah oui, et y’en a un, il était vraiment déçu que t’ais pas été là hier ! A plus ! »

Hans Stern, 01.01 13h52. « Bonjour Joan. J’espère être le premier à te souhaiter une bonne et heureuse année. Qu’elle t’apporte beaucoup de bonheur et j’espère qu’on se reverra très bientôt. J’aurais bien aimé te voir et passer la nuit de nouvel an avec toi, mais les filles m’ont dit que tu avais été embarquée pour une autre soirée. A bientôt, je t’embrasse Hans. »

Oh, le lourdingue… comment je vais m’en débarrasser, de celui-là ?

Code canal usuel, Tycho, Otho, 01.01 15h00. « Salut chef ! J’espère que tu vas bien et Joan aussi. Je viens de battre le tas de ferraille aux échecs, il est fou de rage. Amusez-vous bien et bonne année ! »

Pauvre Grag…

Code canal usuel, Tycho, Grag, 01.01 17h00. « Bonjour Joan, bonne et heureuse année ! J’espère que tu as aimé mes préparations culinaires et que vous avez passé un excellent réveillon ! La boule de gomme était frustrée car le chef est parti avec le dessert que j’avais préparé pour lui. J’espère que vous ne l’avez pas mangé. C’était un mélange salé – sucré, un peu caoutchouteux, pas très bon, en fait. Tu diras au chef que tout va bien pour nous. J’ai battu Otho au double poker. Eek te souhaite une bonne année aussi – ah, et Oog également, Otho avait oublié de le dire dans son précédent message. »

- Ils sont mignons ! Je les adore !, s’exclame-t-elle.
- C’était donc ça le truc bizarre avec la gélatine rose et la feuille de menthe, ajoute Curtis.

Code canal usuel, Tycho, Professeur Simon, 01.01 18h00. «  Chers Joan et Curtis, je vous souhaite une très belle et heureuse année. Je formule un premier vœu, si vous le permettez, c’est que Joan vienne très vite nous rendre une petite visite sur Tycho. J’ai dû m’enfermer dans le laboratoire car Otho et Grag m’assaillent de questions plus stupides les unes que les autres, or vous seuls avez les réponses. Néanmoins, je doute que vous ayez envie de leur répondre vraiment. Oog et Eek sont beaucoup plus sages que leurs maîtres, mais manifestent néanmoins une sorte de… d’agitation un peu particulière. Encore bonne année et profitez bien. Je vous embrasse. »

Ils se sourient. Avant d’écouter la suite.

Clara Marteens, 02.01 11h19. Elle s’était réveillée de bonne heure, Clara, ma foi, bizarre. « Alors la lâcheuse ! T’es passée où ? Rendez-vous ce soir chez moi ! On a des restes… tu vas aimer, y’a un vin français au nom imprononçable… et Suzy a réussi à choper une bouteille d’une liqueur, mamamia, tu nous en diras des nouvelles ! Tchüss !!! »

Suzy Perkins, 02.01 22h43. « Tu as disparu six pieds sous terre ou quoi, Joan ? Faut-il qu’on prévienne un certain colonel – entre nous, injoignable aussi – ou plutôt un certain Capitaine de ta disparition ? Tu rates quelque chose avec la liqueur, je t’assure… Enfin, on a saoulé ce pauvre Hans pour le consoler de ton absence. Donne signe de vie quand même ! Bye, bye !»

Suzy Perkins, 03.01 04h04. « Heu, Joan… t’es pas malade au moins ? Hips ! »

Elles ont l’air d’avoir assuré, les filles…

Suzy Perkins, 03.01 15h02. « Si tu ne veux pas qu’on te harcèle, rappelle-nous… Clara dort encore, appelle sur mon tél. Wha, on s’est mis une belle cette nuit ! Et on a dansé comme des folles ! Je me demande si on ne s’est pas plus amusé hier qu’il y a deux jours ! Mais sérieux, Joan, si tu ne donnes pas de nouvelles avant ce soir, minuit, j’appelle les plus hautes autorités. Bises au vin blanc et vive la nouvelle année ! »

Hans Stern, 03.01 15h30. « Bonjour Joan, j’espère que tu vas bien. Est-ce que je peux me permettre de t’inviter au cinéma ce soir ? Je t’embrasse. Hans »

Désolée, Hans, mais franchement, le ciné avec toi…

Ezra Gurney, 03.01 18h55. « Bonsoir ma petite Joan. Encore une fois bonne année. Je viens de rentrer, le voyage s’est bien passé, mais qu’est-ce qu’il fait froid à New York ! On prend vite l’habitude de la douceur antillaise… je t’ai ramené quelques bricoles que tu vas adorer, enfin, j’espère, et j’ai fait provision de bâtons de vanille pour Jelle, je les lui expédierai dès demain. A demain 9h au bureau, ça fait mal rien que de le dire. Je t’embrasse. Parrain. »

Elle sourit. Il est vraiment adorable.

Code canal usuel, Tycho, Otho, 03.01 19h00. « Salut, chef ! C’est toujours calme ici. Je t’appelle pour te rassurer et te dire qu’on est sage et que Simon ne nous embête pas du tout. D’ailleurs, il te fait savoir qu’il a fait des découvertes très intéressantes avec certaines plantes de Saturne. Il en a trouvé une hallucinogène et deux autres aux propriétés aphrodisiaques. Si jamais ça t’intéresse… Grag a bricolé des trucs sur le Cosmolem. J’ai vérifié, il n’a rien cassé. Bises à Joan, mais ça, j’ai pas besoin de te le dire pour que tu lui en fasses. »

Elle est pliée en deux. Elle pleure tellement elle rit. Il est dans le même état qu’elle.

Jelle Ashton, 03.01 21h30. « Coucou vous deux ! J’espère que vous êtes bien rentrés et que vous avez fait bon voyage. Narna veut vous dire un mot : Marraine, quand tu reviens ? Je veux refaire du vélo avec Curtis. Bisooooouuus ! Vous faites signe quand vous êtes à la maison, ok ? Je le dis, le redis, me répète, mais je suis trop contente de vous avoir vus et pas seulement ! Je vous embrasse et Davies aussi. »

- Eh, bien, quel succès ! Ca va t’occuper un moment de répondre à tout ce monde…
- Oh, je vais faire simple. Le même message pour tous, et zou !

Elle s’installe alors devant le petit clavier et compose rapidement quelques lignes :

« Bonsoir à tous. Merci de vos vœux. Je vous souhaite aussi une bonne année. Je vais bien. Bises. Joan. »

- Ca va suffire, tu crois ? Même pour Hans ?
- Oh lui… Laisse tomber. Je pense que Suzy va rappeler dans les cinq minutes, mais je vais remettre la veille. Jelle comprendra qu’on est bien rentré, ça la rassurera. Ken et Ezra seront contents. Si tu veux rappeler Simon, Otho et Grag… je te laisse la place.
- Pas besoin. Je vais faire comme toi.

« Bonsoir à vous trois. On est bien rentré de Vancouver. Je vois que vous avez assuré, je vous félicite. Désolé pour le dessert d’Otho, c’était absolument immangeable et ça a fini à la poubelle. Mais le reste du repas et le champagne d’Ezra étaient excellents. Narna vous embrasse sur les deux joues. Je vous rappelle demain. Joan vous embrasse et… oui, oui, Oog et Eek aussi bien sûr. Bye. »

Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti (Gandalf le gris / Tolkien).