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=> Forum Français => Thema gestartet von: limeye am 2. Mai 2013, 16:38:23 Uhr

Titel: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Mai 2013, 16:38:23 Uhr
Hello les girls (les gars ayant définitivement abandonné ou quoi  ::) )

j'ai proposé à Free Nurara de traduire son histoire, Meuterei. C'est une des plus représentatives publiées actuellement sur le forum allemand de la vision "allemande" de Capitaine Flam et de son équipe, à mon avis, et surtout, c'est une des plus aisées pour moi à traduire... je me suis dit que ça vous intéresserait sans doute d'en lire une version française, et Free Nurara était d'accord pour que je le fasse. Bon, c'est un gros chantier, car il est déjà loin dans son récit, mais enfin, je pense que ça vaut le coup d'essayer et en plus, ça va me faire bosser mon allemand, c'est toujours une bonne chose, intellectuellement parlant.

autre raison également de ce choix, c'est que c'est un des rares hommes à écrire des fans-fictions, ce qui présente un intérêt supplémentaire (vous voyez, les francophones masculins, certains osent ! - ça, c'est juste une remarque en passant, histoire de rappeler que NON, nous ne sommes pas un repaire de fanEs  ;) )

Cette histoire est la suite de "Man hat immer eine Wahl" qui raconte la "reconversion" de Nurara (Saturnia).

Je fais le choix de conserver les noms utilisés par Free Nurara (Kuolun pour Kahlon, Capitaine Futur pour Capitaine Flam, etc...).

J'espère que la lecture vous plaira et que je parviendrai à tenir le défi  ;) ! Toutes vos remarques seront les bienvenues et si vous avez des questions, j'essayerai d'en faire part à Free Nurara pour qu'il puisse vous répondre !

Voici donc le début ! Bonne lecture !

Limeye  :)


Chapitre 1


Katherine s’était réveillée très tôt ce matin-là. Elle se tenait, pieds nus sur le porche de la maison de ses parents, avec une tasse de café fumant à la main, vêtue seulement d'un short et d'une longue chemise. Elle avait, comme souvent, noué en queue de cheval sur son épaule, ses longs cheveux noirs de jais, et seules quelques mèches parsemaient son front. Toute la maisonnée dormait encore, ses parents Ted et Eve, son jeune frère Steven et son fiancé John. Ce matin promettait d’être une nouvelle chaude journée de juillet de cette année 2203, et Katherine appréciait le lever du soleil. C'était le dernier jour de leurs vacances ensemble, qu’elle et John avaient passées chez les parents de Katherine dans l'Alabama. Dans la soirée, tous les deux devraient partir pour rentrer à New York, et être le lendemain au travail, au siège de la police de l’espace. Katherine y travaillait comme psychologue de la police, avec le grade de major, John était le capitaine et le chef du centre de communications et de la sécurité informatique.

La veille, John avait demandé au père de Katherine sa main. John s’était sentit ce soir-là très mal à l'aise, parce que le père de Katherine était un ancien boxeur professionnel, Theodore "Ted, le mauvais" Ballard, avec 200 victoires sur 210 combats, une légende vivante, de l'âge de près de soixante ans, mais qui présentait encore un aspect menaçant. En outre, John avait neuf ans de moins que Katherine, ce qui lui faisait craindre que Ted ne considère pas John comme le gendre approprié. John fut surpris, car Ted n'avait pas hésité longtemps et lui avait tenu la main, tout enthousiaste, et avait joyeusement embrassé John. Au total, John avait été impressionné par l'environnement familial et aimant de Katherine. La façon dont les Ballard se comportaient les uns envers les autres, John ne la connaissait qu’à travers des romans de gare, il avait lui-même eu une enfance difficile et une adolescence avec une mère qu'il connaissait à peine et un père qui avait investi son argent dans le jeu plutôt que dans son propre fils. Raison de plus pour que John se sente accepté et en sécurité dans la famille de Katherine.



Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Mai 2013, 21:49:33 Uhr
Katherine était juste en train de prendre une gorgée de sa tasse de café quand elle sentit des mains fortes sur ses hanches et un souffle chaud sur sa nuque. Katherine tourna légèrement la tête et le regarda avec des yeux aimants, des yeux bruns, qui brillaient.
« Bonjour, cow-boy ! », s’écria Katherine.

"Hey, Belle du Sud, as-tu bien dormi ?", demanda John. Cowboy et Belle du Sud étaient les surnoms que John et Katherine s’étaient donnés, il y a trois ans, lors de leur première rencontre. Katherine avait appelé John ainsi à cause de son arrière-grand-père qui venait de l'Oklahoma. Belle du Sud n’était donc rien de plus qu'une simple vache cornue. Katherine était sudiste et ne faisait pas mystère de ses origines. Souvent, elle se moquait avec humour de son accent du Sud, qu’on n’entendait pas sur la côte est.

Katherine fit un large sourire et regarda John avec ses yeux gris bleu acier. "Oh oui, j’ai bien dormi. John, c’était un merveilleux séjour avec toi et je tiens à te remercier pour la dernière soirée. Ta demande est le plus beau cadeau que tu pouvais me donner."

"Espérons juste que ton John me donne un cadeau encore plus grand", c’était une voix profonde qui grognait depuis la cuisine. Ted était vêtu d’une robe de chambre et apportait deux tasses de café sous la véranda, il serra la main à la John. "Effectivement, Kat, tu as maintenant 34 ans. Faites-moi enfin un petit-fils." Ted se tenait à côté de John et lui sourit.

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Mai 2013, 21:55:21 Uhr
Meine Geschichte auf französisch zu lesen gefällt mir sehr gut. Das macht richtig was her, fast schon wie Literatur! ;D ;)

Limeye, du hast dir mit der Übersetzung sehr viel vorgenommen, im Moment sind es über 140 Seiten in A4... und ich bin noch lange nicht fertig... bonne Chance!  [respekt] [bthumbup]

Hallo Free Nurara !

Ich weiss, dass es ein grosse Arbeit ist ! Aber, ich werde auch den Anfang und das Ende in parallel übersetzen, wird es mir in der Geschichte helfen.

Viele Grüsse !

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. Mai 2013, 10:00:32 Uhr
Après le petit déjeuner, Katherine alla prendre une douche et s'habiller. Alors qu'elle se séchait devant le miroir de sa chambre, elle avait l'air profondément pensive. Elle était tonique et mince,  avec des courbes féminines là où il fallait, et ses seins galbés étaient serrés comme ceux d’une adolescente. "Tu es encore tout à fait passable encore regarder, à ton âge», était l'une des nombreuses maximes irrévérencieuses, dont son frère Steven la gratifiait volontiers. Mais secrètement, Katherine donnait raison à son petit frère. Elle se plaisait, même si son corps présentait une minuscule cicatrice : il y a presqu’exactement un an, elle avait été frappée avec un vieux révolver par un fou devant le palais de justice de New York. La balle avait traversé son épaule gauche et fracturé la clavicule. Les médecins avaient pratiqué une opération de six heures pour lui poser une clavicule artificielle, et maintenant, Katherine ne gardait comme cicatrice de ce jour fatidique qu’une fine ligne rouge avec une petite étoile, ce jour durant lequel le kamikaze et une personne merveilleuse, qui était un de leurs amis, avaient trouvé la mort. Le bourdonnement de son communicateur la sortit de ses pensées. C’était son supérieur hiérarchique direct, le Marshall Ezella Garnie, chef de la Police de l'Espace, un bretteur audacieux et policier de la vieille école. Elle se précipita et appuya sur la touche du haut-parleur.

"Ici, Ballard, oui", répondit-elle en enfilant son t-shirt.
"Ici, Garnie !", explosa le haut-parleur. "Katherine, comment vas-tu ? As-tu passé un excellent séjour ?"
"Absolument, monsieur, merci de me le demander. Malheureusement trop court, comme toujours."
"Je veux que tu saches quelque chose, Katherine," dit Garnie d’une voix grave. "Si tu es de retour ici demain matin, je veux que tu ramènes un sac de voyage pour environ une semaine."
"Monsieur, je ne comprends pas ?", demanda Katherine, surprise.
"Tu vas rencontrer de vieux amis. Je veux que toi et la lieutenant Landor vous rendiez dans le système de Samedi. Le croiseur Tennessee s’y trouve. On a arrêté ce jour le colonel Abraham Tovin et il faut le ramener du Tennessee sur Terre. Tu recevras les premiers éléments de l’enquête, et Joan sera là pour t’aider et aussi pour te servir de protection personnelle."

Katherine se mit à rire : "Monsieur, pourquoi ai-je besoin de protection individuelle sur un navire de guerre de la flotte du système solaire ? Il y a 1500 soldats qualifiés à bord".

"Katherine, l’affaire est grave. Sur le vaisseau, vous n'aurez pas besoin de la protection du personnel, mais vous pourriez être amenée à conduire des enquêtes sur Sameda II, et la population y est très irritée par les agissements de Tovin. Les Samedien ressentent en ce moment une forte rancune contre les hommes et les autorités du gouvernement terrien, qui ont toujours avec bienveillance lutté pour garder la foule à distance. Si maintenant j’envoie des soldats là-bas, ce n’est pas pour mettre le feu aux poudres. Prends avec toi des vêtements civils discrets. Tu apprendras tout au briefing demain. Je t’attendrais à 9h dans mon bureau. Profite bien de ta dernière journée de vacances. A demain", et Garnie raccrocha.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. Mai 2013, 10:30:16 Uhr
c'est corrigé  ;) !
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. Mai 2013, 19:14:38 Uhr
Katherine s’était assise sur le bord de son lit et regardait le communicateur qu’elle tenait maintenant à la main. Elle avait appris la tuerie que le colonel Tovin avait commise il y a une semaine sur Sameda II. Pour des raisons inexplicables, le déjà très décoré policier de l’espace s’était mis à courir en uniforme dans les rues de Samad, la capitale, en jetant des grenades autour de lui. Soixante-cinq Samediens, hommes, femmes et enfants avaient été tués, des centaines avaient été blessées, dont certaines grièvement. Tovin avait réussi à s’enfuir avec un combattant de la planète, mais ils avaient été poursuivis par la Corvette terrienne Rampage qui appartenait à l'escorte du Tennessee. L'incident avait conduit à des tensions politiques et diplomatiques entre les Terriens et le gouvernement samedien, qui auraient pu être résolues rapidement, mais le gouvernement samedien avait insisté encore pour obtenir l’extradition de Tovin, ce qui signifiait pour lui, selon la jurisprudence samedienne, la peine de mort immédiate. Du fait du droit fondamental de la convention intergalactique qui interdit la peine de mort, le gouvernement Terrien, cependant, avait refusé l'extradition. Rien que cette attitude avait exaspéré la population samedienne, qui avait exigé satisfaction sous la forme d'une exécution du délinquant. A tous points de vue, la situation était extrêmement dangereuse. Katherine se mit à penser au croiseur de bataille Tennessee, l'un des plus grands navires et des plus compétents de la flotte et le phare du "groupe d'expédition de pointe", un groupe de combat hautement compétent, composé de croiseurs, de six corvettes, d’une base de combat et d’une frégate hôpital. Katherine savait que le Tennessee était un très bon vaisseau, elle y avait passé, il y a deux ans, six mois à bord et y avait effectué, pour le Département de la police, différentes missions spatiales. Avec regret, elle avait noté alors que le commandant en second, le Commodore Hank Taggart s’était retiré. Son successeur était le premier officier, le commandant Joachim Becker. Becker était à l'opposé de "Papa" Taggart, dur et impopulaire avec son équipage qu’il menait selon les principes du cavalier. Même si Becker s'était toujours comporté envers Katherine de manière courtoise, sa sympathie pour l'officier allemand était limitée.

Katherine entendit des pas dans l’escalier et se dépêcha de s’habiller. C’était John qui entrait dans leur chambre à coucher. "Je t’ai entendue parler, et j’ai reconnu la voix du Marshall Garnie. Que se passe-t-il ?"

Katherine soupira : "Oui, ils ont arrêté Tovin."

John comprit à la voix de Katherine, qu'elle allait devoir avoir quelque chose à faire. "Et on t’attend à New-York, n’est-ce pas ? Tu pourras encore gagner une promotion de commandant."

"Oui", grogna doucement Katherine, "c’est déjà prévu que je gagne le Système de Samedi, à bord du Tennessee. De là, je dois pouvoir infiltrer. Joan m’accompagnera."

La bouche de John s’ouvrit en grand, alors qu’il prenait Katherine dans ses bras. "Katherine, tu as vu aux informations combien ce massacre a provoqué de troubles là-bas. S’il-te-plaît, soit prudente."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 3. Mai 2013, 19:41:02 Uhr
Coucou Limeye!

Merci de nous offrir cette traduction! Tu auras du boulot, c'est long on dirait... ;D

Personnellement, j'arrive assez a suivre sa prose, mais tu ajoutes des details que j'avais surfes trop vite... ;)

J'aime beaucoup sa facon d'ecrire et son sens de l'action, et le personnage de Katherine Ballard, sacre personnalite! Par contre, je ne suis pas tres a l'aise avec ce qu'il a fait de Joan dans cette histoire...Une bonne discussion avec le Capitaine s'impose, entre autre...

Bon courage,

O-tho

PS: dans ta traduction, "Son successeur était le premier officier, le commandant Joe Smith." tu veux plutot dire Joachim Becker au lieu de Joe Smith?
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 3. Mai 2013, 21:28:16 Uhr
Limeye, je tiens à te remercier pour cette traduction, tu ne peux savoir combien j'apprécie!  [jump] [jump] [jump] J'aime beaucoup le style de Free Nurara, mais je n'ai aucune idée de ce qui s'en vient, sauf vos allusions, alors j'appréhende peut-être un peu... [smhair] Traduire les histoires allemandes  avec un site de traduction est long et pénible par moments, même si certains sont cocasses (j'ai déjà vu "président Cashew" traduit en "président noix de cajou", Hou, Hou, Hou!  ;D

Merci O-Tho pour ta remarque, je me mélangeais avec ces deux noms... [rollsmile]

L'allemand, pour moi, c'est presque comme du chinois, même si c'est moins pire car je comprends quelques mots, mais de là à saisir le sens des phrases, c'est tout autre chose!  [chinese]

Encore merci Limeye, tu es un ange de nous rendre ce service! [angel]

Bizz,
Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. Mai 2013, 22:04:01 Uhr
bonsoir à toutes et tous (là, je peux le mettre !),

j'avoue utiliser aussi un site de traduction, mais pas google qui est franchement peu satisfaisant. Mais mes souvenirs d'allemand reviennent bien, mon dico m'aide beaucoup aussi... et comme je le disais, le style de Free Nurara est relativement facile à traduire, avec des phrases assez courtes. Même pour les scènes "techniques" de combat, avec du vocabulaire militaire peu courant, je m'en sors, c'est dire... bon, j'espère juste ne pas faire de contre-sens. Mais l'auteur me corrigera si nécessaire  ;)

je vais vérifier pour Joe Smith, je travaille non avec le forum, mais j'ai copié le texte de Free Nurara au fur et à mesure de sa publication dans un ficher word, donc s'il y a eu des corrections, il est possible que j'en ai loupées quelques-unes... je vais essayer d'être vigilante  ;)

je ne vous promets pas la suite pour ce soir, on a été invité à l'apéro chez les voisins, du coup... heu, vu que je bosse demain...  [snore]

bizz

Limeye  :)

ps : elle est très mignonne, l'actrice qui t'a inspirée le personnage de Kat ! Tu avais déjà mis sa photo dans l'histoire, n'est-ce pas ?

2eme ps : j'ai corrigé pour Joachim Becker
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 3. Mai 2013, 22:45:32 Uhr
Hallo Free Nurara,

Effectivement, plutot jolie cette actrice! Et avec la personnalite que tu lui donnes, elle est irresistible!

Comme mon allemand est "rouille" (il y a longtemps que je n'ai pas parle ou lu...)...Comprends-tu bien le francais sans traduction via Google? Otherwise, I can translate in english, if it is easier for you to understand.

Au plaisir de lire la suite de ton histoire (et de savoir ce qui se passe avec Joan... [afraid])

O-tho

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 3. Mai 2013, 23:54:14 Uhr
Allô Free Nurara!

Ne t'inquiète pas pour ta femme, nous devons garder le secret avec nos maris nous aussi... ;D

Je suis bien contente de te connaître, mais mon allemand est pratiquement inexistant, sauf quelques mots... que j'ai appris sur le forum pour la plupart!

Je me débrouille avec les sites de traduction pour passer de l'allemand au français, mais je n'oserais pas écrire en allemand, je me demanderais si je serais interprétée correctement!  :o

Je me débrouille mieux en anglais, psa besoin de site de traduction dans cette langue, ça économise du temps!

Je suis impatiente de connaître la suite de l'histoire,   [jump]et je vais m'imaginer Kat avec la figure de cette actrice, maintenant, elle est effectivement TRÈS jolie...

Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 4. Mai 2013, 10:14:51 Uhr
Quand Katherine entra le lendemain dans la salle de réunion qui jouxtait directement le bureau de Garnie, elle y était déjà attendue par Joan, Curtis et son patron. Garnie se félicita de voir la psychologue de la police, l’accueillit avec une étreinte toute paternelle et lui dit : "S’il vous plaît, prenez place, Major. Je ne veux pas perdre de temps. Avez-vous étudié les documents que je vous ai envoyés hier soir ?"

Katherine acquiesça.

"Eh bien, vous et la lieutenant Landor monterez à bord du PTV-54, notre vaisseau le plus rapide. Il vous conduira à la fois sur Sameda II et à bord du Tennessee. Vous aurez à vous signaler au Commandant Rodriguez, le premier officier du bord. Vous aurez sous vos ordres une quinzaine d’hommes de la police, légèrement armés…". Garnie regarda sévèrement le large sourire de Curtis, qui se retenait de ne pas éclater de rire. "Curtis, et si tu nous expliquais ce qu’il y a de si drôle ?"

"Le Commandant Rodriguez ? Il s’agit bien d’Hernando Rodriguez Munoz d’Aragon ?", demanda Curtis, toujours riant.

Garnie regarda son datapad, ne comprenant toujours pas pourquoi le nom de cet officier de la flotte le faisait rire. "Oui, Munoz d’Aragon, mais qu’y a-t-il de drôle là-dedans ?"

Curtis éclata de rire et se frotta les yeux, emplis de larmes. "Je connais cet homme, son surnom est… ha ha ha… son surnom est Hot Rod."

"Hot Rod ?", demandèrent en chœurs les deux jeunes femmes.

"Oui, Hot Rod’Rodriguez… Kat, prends garde avec lui. Toi aussi, Joan, il est connu comme étant l’un des pires coureurs de jupons de toute la flotte, si ce n’est le pire de tous. Il préfère généralement les femmes aux cheveux noirs, mais il se contente de tout ce qui peut passer à sa portée. En tant qu'officier, c’est un brillant tacticien, un ingénieur des systèmes d'armes et un meneur d'hommes, mais entant qu'homme, il est - disons – un peu trop dépendant de sa testostérone."

Les jeunes femmes ouvrirent de grands yeux, et Garnie sourit : "Merci pour cette information, pouvons-nous passer à autre chose maintenant ?"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 5. Mai 2013, 04:55:38 Uhr
Bizarre, ce Curtis,  ça le fait rire, que Joan voyage avec un homme qui non seulement porte le surnom de Hot Rod, mais en plus mérite ce surnom? J'imagine qu'il va rire jaune plus tard?  ???

Je suis perplexe! ::)
Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 5. Mai 2013, 05:18:21 Uhr
Ah! flamme

On pourra dire que Curtis aura mérité ses cornes de cocu plus tard dans cette histoire [devil] [threesmilies] (Halo Free Nurara! ;D) .

A+

Frégo  8)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 5. Mai 2013, 08:09:32 Uhr
Coucou !

j'ai avancé dans la traduction, je suis rendue dans le chapitre 2, mais je bloque sur deux petits passages dans la fin de ce premier chapitre. Deux détails, l'un secondaire, l'autre plus important et qui pourrait me faire faire un contre-sens. J'ai demandé son aide à Free Nurara, dès que j'ai sa réponse, je pourrai vous livrer la suite. En attendant, je continue ce qui me permettra de vous livrer de plus longs passages ensuite  ;)

Bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 5. Mai 2013, 19:07:41 Uhr
Fin du 1er chapitre.


Les autres regardèrent en souriant le Marshall et hochèrent la tête. "Katherine, Joan, laissez-moi vous parler un peu du colonel Tovin", dit Garnie qui tenait un épais dossier sous sa main. "Le colonel Abraham Jake Tovin, quarante et un ans, vient de Venice Beach, en Californie. Il a travaillé pendant vingt ans avec les Marines de l’Espace, faisant la carrière typique d’un fonctionnaire. Adepte du combat individuel et des arts martiaux. Depuis dix ans, il est Ranger de l’Espace. Plusieurs prix pour actes de bravoure et d'excellentes performances individuelles. Pas marié, pas d’enfants. Aucune mesure disciplinaire mais, cependant, il est perçu comme irritable et emporté et sujet aux joutes verbales, mais n'a jamais été violent envers ses supérieurs, subalternes ou envers des civils. En gros, un soldat modèle." Garnie fit une pause pour permettre à Katherine et Joan de prendre la mesure de ses paroles. "Major, je veux savoir ce qui est arrivé à cet homme ! Et savoir, pour l'amour du ciel, pourquoi Tovin s’est laissé aller à commettre une telle atrocité."

"Oui, monsieur", répondit Katherine vigoureusement. "Nous ferons de notre mieux."

"Je le sais", dit le Major Garnie en souriant. "J’envoie là-bas mes meilleurs collaborateurs. Si vous avez d’autres questions, je vous écoute. Je vous souhaite bonne chance et s'il vous plaît soyez prudentes. La situation sur Sameda II devient de plus en plus critique au fil des jours. "

Sur le chemin de la piste d'atterrissage, Joan et Curtis se tenaient par le bras en suivant Katherine. "Que vas-tu faire pendant mon absence ?" demanda doucement Joan au grand jeune homme roux avec aux favoris épais. "Je vais me rendre dans le système Haroa. J'ai reçu une information comme quoi Kuolun et Nurara auraient été vus là-bas. Ce n'est qu'une vague hypothèse, mais je dois l’étudier. "

Le savant mégalomane et criminel Vul Kuolun avait été il y a deux ans condamné à la réclusion à perpétuité dans une prison de haute sécurité. Il y a un peu plus d'un an, et pour des raisons encore inconnues, un vaisseau spatial inhabité s’était écrasé sur la prison et l'avait détruite presque entièrement. Il y avait eu plus de mille morts et blessés. Kuolun n’avait pas été retrouvé et avait longtemps été considéré comme disparu, jusqu'à ce que les autorités locales le déclarent cette année officiellement mort. Sa compagne et ancienne amante Nurara avait disparu en même temps de la scène. Nurara était enceinte d'une fille, qui devait avoir aujourd’hui un an et demi. Curtis Newton avait de sérieux doutes quant à la théorie de la mort de Kuolun. Pour lui, il était clair que Nurara, qui avait participé avec succès à des mesures de réadaptation et avait été graciée par le président Carthew, était responsable de l'accident de ce vaisseau spatial et de la disparition de Kuolun. Seulement, il ne pouvait rien révéler à l’heure actuelle.

"Curt, je ne dis pas que tu es toujours à courir après un fantôme, mais ne penses-tu pas que tu devrais laisser reposer de temps en temps le passé ? Cela fait plus d’un an que nous n’avons pas entendu parler de Nurara et de Kuolun. Peut-être Kuolun a-t-il effectivement été réduit en cendres et Nurara élève-t-elle Jelana tranquillement ? Dans un endroit où elle peut vivre tranquillement et en paix avec son enfant ?"  Joan regardait Curtis avec un air interrogateur dans ses grands yeux bleus.

"Peut-être", grommela-t-il, "Peut-être pas. Je suis sûr que Nurara a libéré Kuolun et qu’elle est responsable de la mort de plusieurs centaines de personnes. Oui, je sais, le rapport d'enquête précise qu’il n’a pas pu être déterminé si le vaisseau s’est écrasé volontairement ou s’il avait un défaut technique. Mais le fait que des résidus d'explosifs aient été trouvés sur l'épave peut, au moins pour moi, faire penser que ce vaisseau ne s'est pas écrasé tout seul. Je trouve cela d'autant plus regrettable que Nurara soit derrière cela. Je crois Nurara capable de tout, mais je ne me serais jamais attendu à ce qu’elle assassine en masse, surtout après sa réadaptation. A aucun moment ... " Curtis s'était arrêté et regardait tristement Joan. Il savait ce que Joan pensait de Nurara. Au départ, c'était de la jalousie, puis lentement s’était développée entre les deux femmes une relation de confiance, puis amicale, et peu de temps avant sa disparition Nurara avait sauvé Joan en risquant une fausse couche. Depuis ce temps, Joan avait une haute opinion de la Martienne. Il détestait devoir défaire Joan de ses illusions, mais pour lui, les faits étaient évidents. Nurara avait libéré Kuolun et tous les deux se trouvaient quelque part dans la galaxie et pouvaient nuire à nouveau, parce que les autorités officielles - y compris le patron de Joan, Garnie - ne voyaient aucune raison de prendre des mesures, c’était donc à lui-même de retrouver le duo criminel.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 6. Mai 2013, 09:40:28 Uhr
Chapitre 2

Le voyage de trois jours vers le système de Samedi fut des plus calmes. Joan et Katherine avaient passé la plupart de leur temps ensemble, les deux pilotes Jeff et Luke jouaient aux cartes et payaient de leur poche. Katherine avait perdu le troisième jour le plaisir de jouer aux cartes et elle se retira dans leur petite cabane pour consulter les documents qu’elle avait reçus de Garnie. La séquence des événements qui s’étaient produits était décrite en détail et minutieusement, mais quelque chose lui parut étrange. Le colonel Tovin avait témoigné lors de son premier interrogatoire qu'il ne pouvait pas se rappeler avoir jamais été avec les combattants de l'espace. Mais pour piloter un vaisseau de combat rapide le mieux possible, il fallait être à cent pour cent et avoir l’esprit clair. Tovin avait signalé que la dernière chose dont il se souvenait était son entrée dans un bar, pour y rencontrer quelqu'un. Avait-il été drogué ou s’était-il lui-même drogué ? Cela expliquerait pourquoi Tovin n’était pas en mesure de se rappeler ce qu'il avait fait. Katherine savait qu’à l’époque, on était encore autorisé à conduire un vaisseau spatial en ayant consommé de la drogue, et en tant que psychologue, elle connaissait un certain nombre de drogues illégales.

Une annonce du haut-parleur du poste de pilotage arracha Katherine à ses pensées. "Nous venons d'arriver dans le système de Samedi, le Tennessee est juste devant nous. Nous devrions atterrir d’ici cinq minutes."

Katherine se leva de sa couchette et se rendit rapidement vers l'avant pour rejoindre les deux pilotes. Joan avait déjà pris place derrière les deux hommes, regardant l'atterrissage. Le croiseur de bataille Tennessee se montrait dans toute sa splendeur devant eux. Mille trois cents mètres de long, dans sa plus grande largeur, environ quatre cents mètres de large et 65 ponts. La coque semblait aussi harmonieuse qu’un insecte accroupi et était comme emballé par des dizaines de tourelles, qui à leur tour avaient la taille d'immeubles de quatre étages. Ce vaisseau était tout à la fois élégant, beau et dangereux. Le Tennessee était escorté par deux différents types de corvettes. Le premier type était plus grossier et semblait peu agressif, mais il était parsemée de dizaines d’armes différentes, l'autre type possédait un nez en forme de tonneau et un fuselage d’aiguille fine, avec beaucoup de petits canons et des tours blaster. Ce dernier était une canonnière de type type Corvette, il pouvait construire avec ses bras un bouclier autour de lui et escortait les vaisseaux principaux pour intercepter les bombardiers et les chasseurs. Ce dernier type de corvette était destiné à l'utilisation de l'artillerie lourde et une attaque de missiles avec de plus petits vaisseaux capitaux et de taille moyenne. Joan se trouvait à bord de l'un des deux modèles de ces trois navires. Derrière le Tennessee, elle reconnut un porte-conteneurs gris en forme de requin avec une grande bouche, le porte-avions Courageux, et un en forme de flèche, qui rappelait un yacht, la frégate hôpital Cherish. Les sept cents mètres de long du Courageux emportaient deux escadrons complets de chasseurs avec 144 vaisseaux et un escadron de bombardiers. Plus d’innombrables vaisseaux, vaisseaux de ravitaillement et remorqueurs.

"C’est de la folie totale", haleta Katherine. Comme elle se déplaçait avec un uniforme et vêtue seulement d'un tee-shirt, on pouvait voir la chair de poule sur ses bras. Le spectacle de cette flotte impressionnante lui coupait le souffle. Les deux pilotes l’entendirent.

 "Je ne peux pas supporter les navires de guerre," répondit Joan avec aigreur. "Ils sont moches, ils puent à l'intérieur et ne sont faits que pour détruire. Oui, c'est un acte de folie..."

"Pour la puanteur, tu as raison", répondit Katherine. "Les hommes sentent le carburant, l’huile…". Elle adressa à son amie un grand sourire.

"Kat, je t’en supplie ! On dirait une jeune fille pubère de seize ans !" Joan secoua ses boucles blondes, horrifiée. «"Et qu’en dirait John ? Et pense à Rodriguez !"

Katherine fit signe en souriant. «"’était juste pour rire, Joan. John est aussi assez détendu. Qu'est-ce que tu crois, combien de fois je lui ai dit durant les derniers mois qu’il avait été frappé à la tête, parce qu'il courait après une certaine bimbo. Qu’est-ce qu’il peut ? Je suis plus âgée que lui… Et nous sommes fidèles et honnêtes l’un avec l’autre. Maintenant, ne sois pas si apathique, Joan. Nous avons dû travailler dur pour y arriver, et nous allons profiter de chaque instant de distraction. Crois-moi, il ne fera rien de mal. Et je n’ai pas peur que Rodriguez fasse la moindre tentative." Katherine plia ses doigts comme une griffe et montra des dents de prédatrice.

"Et bien, j’espère que tu as raison, Kat", grogna Joan et elle se retourna vers la fenêtre du cockpit. Leur vaisseau s’approchait maintenant des croiseurs et Joan pouvait maintenant voir les membres de l’équipage derrière les fenêtres éclairées. Dans quelques minutes, ils se poseraient.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 7. Mai 2013, 10:18:11 Uhr
Alors que le vaisseau atterrissait dans un immense hangar, une grande femme élancée, dans la trentaine, vêtue d’un uniforme de capitaine attendait les deux agents. Ses cheveux blond clair étaient coupés courts, tout en laissant quelques mèches s’accrocher audacieusement sur son visage, elle avait des yeux bleus sombres et attentifs. Elle était très belle, mais sa présence était soulignée par une gravité, une froide objectivité et la force d’un arc de chasse tendu, ce que Katherine remarqua dès qu’elles quittèrent le vaisseau. Elle avait épinglé à la hâte ses longs cheveux noirs et fermé son uniforme jusqu’au dernier bouton du haut. Katherine s’était sentie refroidie et les deux officiers restèrent un moment silencieuses. La femme blonde avait une demi-tête de plus que Katherine et Joan et mesurait plus de six pieds. Durant quelques longues secondes, les femmes se regardèrent en silence, et dans le regard de la femme blonde on pouvait lire un certain mépris. Puis sa bouche se tordit en un sourire crispé, et elle tendit la main à Katherine. "Je suis la Capitaine Marijke Van den Bosch. Bienvenues à bord du Tennessee !"

Katherine prit la main et la serra, mais pas trop fort. "Merci bien, Capitaine. Je suis la Major Katherine Anne Ballard, psychologue de la police de l'espace. Je mène l’enquête sur le cas du Colonel Tovin. Et voici ma collègue, la Lieutenant Joan Landor."

Les traits du visage de la Capitaine Van den Bosch devinrent d'un coup gracieux, quand elle vit le visage assez ouvert de Joan. "Bienvenue, Lieutenant. Je suis heureuse de faire votre connaissance ! Si vous voulez bien me suivre, le Commandant Rodriguez vous attend sur le pont." Van den Bosch se retourna et se dirigea vers la sortie.

Joan et Katherine la suivirent à petite distance. Katherine regarda Joan d’un air interrogateur. Joan haussa les épaules en silence et retroussa ses lèvres en faisant une moue après que son amie lui ait répondu d'un sourire insurpassable. "Mais tu as fait forte impression sur la Capitaine. Il me semble que toi au moins tu as eu droit à un accueil chaleureux.", murmura Katherine à l’oreille de Joan.
"Oh dieu !", siffla Joan en donnant un gentil coup de poing sur son épaule droite.

Le pont du croiseur de bataille formait un grand demi-cercle d'environ quarante pieds de diamètre, s'étendant sur deux ponts, dont un conique avec des terrasses orientées vers le bas. Le pont était encadré par une immense baie vitrée. Dans la zone arrière se trouvait le poste de commandement du navire, de navigation et de contrôle. Van den Bosch conduisit les deux femmes vers un agent d'âge moyen. Il avait les cheveux d’un noir brillant peignés vers l'arrière, une moustache et une barbe noire épaisse et les yeux bruns foncés. Cet homme ressemblait plus à un pirate des anciens temps qu’à un officier de la flotte solaire. La Capitaine Van den Bosch salua l'officier de rang supérieur, et dit : "Monsieur, la Major Ballard et la Lieutenant Randall, de la police interplanétaire, sont ici."

"Merci Capitaine", répondit-il avec un sourire chaleureux. Puis il a donné à Katherine puis à Joan un baiser des plus galants. "Je suis le Commandant Hernando Rodriguez, le Commandant en chef du Tennessee. Je suis ravi de vous accueillir à mon bord. Avez-vous fait bon voyage ?  La Capitaine Van den Bosch est l’officier en second et la chef de la sécurité, mais vous la connaissez déjà. Le Commodore Becker vous adresse ses excuses, il est actuellement en repos. Il vous accueillera plus tard." Rodriguez regardait Katherine au fond des yeux. Ses yeux brillaient de feu et de passion, sa voix était une voix chaude de baryton, Katherine soupçonnait que Rodriguez était si sûr de son chant qu’il devait rugir avec plaisir lorsqu’il donnait des ordres.

"Merci Commandant. Oui, le voyage s’est bien passé.", répondit Katherine en regardant par la grande fenêtre Sameda II,  la planète d’un beau vert-bleu qui d’ici, n’était pas plus grosse qu’une balle de tennis. "Pourquoi sommes-nous si loin et pas en orbite autour de Sameda ?"

"Le gouvernement samedien a défini après l'incident une zone d'exclusion d'un million et demi de miles à distance de la planète et de sa lune. Une violation de cette zone par les vaisseaux de notre coalition serait considérée par le gouvernement comme une provocation militaire. Ce qui aurait pour conséquence la rupture des relations diplomatiques avec la Terre.", répondit doucement Van den Bosch. "Vous pouvez imaginer que nous prenons grand soin de ne pas aggraver la situation."

"Et comment allons-nous rejoindre la planète si nous voulons commencer notre enquête là-bas ? Autour du point O ?", voulut savoir Joan.

Rodriguez prit la main de Joan et la caressa. "Ceci est prévu, Miss Landor. Nous avons engagé une compagnie de transport locale qui nous offre un service de navette. Il y en aura toujours une de prête dans le hangar pour vous. Dans l’idéal, vous devez déclarer votre voyage environ une demi-heure avant le départ du vol, puis attendre un pilote qui vous mènera à n'importe quel endroit sur Sameda II."

Katherine se redressa et lissa la veste de son uniforme bleu sombre. "Eh bien, tout est clair. Je pense que nous devrions nous mettre au travail."

Rodriguez ouvrit les bras et fit un geste. Avec un charmant sourire, il dit : "Mesdames, s’il-vous-plaît. Pour votre information, nous avons embarqué à 16h. Dans une heure, ce sera la relève de la garde. Puis-je vous proposer de dîner avec moi-même et la Capitaine Van den Bosch ? J’ai cantonné deux officiers à votre service sur le pont. Vos bagages doivent être déjà là. Vous pourrez vous changer et un peu avant 18h, Marijke viendra vous chercher. Laissez de côté le Colonel Tovin jusqu’à demain. Qu’en pensez-vous ?"

Joan et Katherine échangèrent un regard. Puis Katherine répondit avec un soupir : "Bien, Commandant. Nous vous remercions pour votre invitation. Un dîner en bonne intelligence nous fera du bien, c’est certain."

Rodriguez rayonna. "Parfait ! Nous nous retrouverons à 18h. Je m’en réjouis. Capitaine, s’il-vous-plaît, conduisez nos amies dans leurs quartiers."

Van den Bosch salua : "A vos ordres, Sir. Suivez-moi, s’il-vous-plaît."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 7. Mai 2013, 14:29:56 Uhr
Merci, Free Nurara !  Die Übersetzung meiner Geschichte von Tachi hat auch mir geholfen, mein Deutsch zu erinnern !

Limeye  :)


Les cabines qui leur avaient été assignées se trouvaient l’une en face de l'autre dans un corridor étroit et très éclairé, environ 150 mètres derrière le pont. Après un court briefing, la Capitaine Van den Bosch laissa les deux agents féminins. A Katherine, Van den Bosch avait fait un bref signe de tête, mais à Joan, elle avait adressé un sourire aimable, suivi d’un "A plus tard, Lieutenant." Joan et Katherine suivirent des yeux la grande blonde jusqu'à ce qu'elle disparaisse à leur vue. Puis Katherine se mit à rire en tapant ses mains sur ses cuisses. "Eh bien, ma foi", s’écria-t-elle, "ne me dis as que tu as fait chavirer le cœur de Marijke !"

La situation ne faisait pas vraiment rire Joan. "Kat, honnêtement. Cette Hollandaise me fait peur. Je ne la trouve pas antipathique, mais quelque chose en elle est bizarre…"

"Peut-être à cause de son côté androgyne. Elle a quelque chose de masculin, même si c’est une femme. Une très belle affaire", dit Katherine avec un sourire narquois. "Il y a des hommes qui apprécient ce genre-là."

"Oui, et Madame Anjte apprécie certainement le genre féminin", grogna Joan. "Comme elle est responsable de la sécurité, nous aurons du mal à lui échapper. Puis-je effectuer le travail sur le terrain seule ? S’il-te-plaît, Kat !", demanda-t-elle en faisant la moue.

Katherine remua son index à la négative avec un petit sourire en coin. "Pas du tout. Qui accroche, capture. Nous ne pouvons pas nous abaisser ici. Que penses-tu de Hot Rod ?"

Le visage de Joan s’éclaira aussitôt. "Il pourrait être mon père, mais il est super. Je ne pense pas du tout qu’il soit un violent. Il est charmant, attentionné, très beau et tous ses efforts pourraient en faire un hôte agréable. Curtis a une fois de plus exagéré."

Katherine haussa les épaules. "Ce serait stupide de jeter de la poudre aux yeux en guise de salutations. Mais la façon dont il me regardait me fait soupçonner qu'il va falloir s’attendre à quelque chose. Attendons le dîner. Allons-nous rafraîchir."

Joan opina. "Bien, Major. Pour ce soir, en civil ou avec l’uniforme ?"

"En uniforme, Lieutenant.", répondit Katherine d’un ton tranchant. "Cela crée la distance nécessaire et rappelle notre professionnalisme." Avec un clin d’œil, Katherine entra dans sa cabine.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 7. Mai 2013, 15:21:26 Uhr
Coucou Limeye!

On peut dire que Katherine est vraiment "La Voix de la raison" pour Joan qui est plutôt intrépide et parfois carrément cervelle d'oiseau. J'aime vraiment cette histoire et attends la suite avec impatience!  [goodjob] [jump] [jump]

A+

Frégo
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 7. Mai 2013, 18:07:32 Uhr
Effectivement, jusqu' a maintenant c'est Kat qui garde la tete froide et Joan qui la perd!
En esperant qu'elle la retrouve (et d'apres ton dernier ecrit Free Nurara, on dirait qu'elle a retrouve ses esprits...)
J'ai beaucoup aime sa confusion vis a vis de Van den Bosch...  :P

Au plaisir de lire la suite!

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 7. Mai 2013, 20:51:43 Uhr
Hello !

voici la suite... oui, comme vous l'avez vu, Katherine est un personnage qui a beaucoup de caractère ! Ce n'est pas pour rien qu'elle est Major de la police interplanétaire, soit un grade supérieur à celui de Joan. Par moment, dans la description qu'en fait Free Nurara, on trouve chez Katherine des qualités, des attitudes, que nous, francophones, attribuons souvent à Joan.

bonne lecture !

Limeye  :)


Après une longue douche, Joan se glissa dans un nouvel uniforme, prit son communicateur et le brancha avec un câble électrique dans le système de communication publique. L'émetteur de haute puissance du Tennessee permettait d’envoyer de la vidéo et le système de messagerie vocale à un correspondant, le plus souvent avec un retard de deux à cinq secondes, à moins que ce dernier n’ait un système de performance similaire. Le Comète, construit selon les spécifications militaires, possédait un tel émetteur et un tel récepteur du système, de sorte que Joan pouvait immédiatement joindre Curtis à bord du Comète. Elle espérait ardemment que Curtis serait présent. Il ne fallut pas longtemps avant que la connexion soit établie.

"Joan !", s’écria Curtis avec joie. "Quelle belle surprise ! Est-ce que tout va bien pour toi ?"

"Hello Curt !", répondit Joan en regardant les grands yeux gris de l’homme aux cheveux roux. La distance de plusieurs années lumières entre eux provoqua une légère blessure dans son cœur. "Oui, tout va bien. Où es-tu actuellement ?" 

"Nous avons atterri il y a deux heures sur Haroa. Une tempête fait rage ici, sur le spatioport, et les autorités nous ont interdit, pour des raisons de sécurité, d'abandonner le navire. Nous risquerions de nous envoler. Je suis donc toujours à bord et j’attends que la tempête se calme. C’est ennuyeux, mais mieux vaut prévenir que guérir." Curtis semblait déçu, il détestait rester assis sans rien faire. "Avez-vous parlé avec Tovin ?"

Joan secoua ses boucles blondes encore humides. "Non, pas encore. C’est la fin de la journée ici. Le Commandant Rodriguez nous a invitées, Katherine et moi, à dîner avec l’officier en second."

Curtis ne put s'empêcher de ricaner. "Et bien, Hot Rod est toujours à l’affût, n’est-ce pas ? Et il vient avec du renfort, faites attention !"

Joan secoua la tête négativement. "Ecoute-moi, Curt ! Il est vraiment bien et charmant. Un officier et un gentleman ! Tu devrais même peut-être prendre exemple sur lui. Et le second officier est une femme ! Voilà, tu sais tout !" Dans sa voix résonnait un peu d’indignation. Elle préférait cacher le fait que Marijke Van den Bosch la trouvait plus que sympathique. Elle ne voulait pas que Curtis se comporte comme Katherine.

"Et en ce qui concerne la situation générale sur le terrain ?", voulut savoir Curtis.

Joan soupira. "Rien de bien, Curtis. Vraiment rien de bien. Les Samediens ont établi une zone restreinte autour de la planète. Nous sommes à un million de miles de la planète et nous ne pouvons nous en approcher sans peine que cela soit considéré comme un acte de guerre. Quelle est l’ambiance sur la planète, je n’en sais rien pour le moment. Je pense que nous en saurons plus au cours du repas."

Curtis fronça les sourcils de colère. "Je ne peux pas croire qu’un seul 'Marines' rendu fou puisse déclencher une guerre galactique. Que voulait-il donc faire ainsi ?"

"Il n'est pas fou. Kat pense que Tovin a été drogué", répondit Joan.

"Drogué ? Un ranger de l’espace ne prend pas de drogue ! Du moins pas volontairement." Le ton de Curtis était méprisant.

"Et s'il ne l'avait pas prise volontairement ? Selon lui, il y a eu une panne d'électricité majeure. Il ne peut même pas se souvenir comment il s’est enfui de la planète avec les soldats."

Curtis se remit la mâchoire en place. "C'est vraiment très mystérieux. Tenez-moi au courant. Et surtout Joan, soyez prudentes toutes les deux. Et ne reste pas seule, tu m'entends ?"

"Mon travail est de veiller à ce que Kat ne reste pas seule.", répondit Joan d'un ton venimeux. "Je pense que ce n'est pas normal d'être toujours traitée comme une gamine de treize ans, parce que je suis petite, blonde et mignonne ! De nous deux, Katherine est la plus casse-cou !"

"Mais je ne suis pas avec Kat, mais avec toi. Et bien que tu sois petite, blonde et mignonne, je veux que tu me reviennes en un seul morceau. Je t’aime !", répondit Curtis avec énergie, mais son visage restait doux et affectueux.

Joan prit une profonde inspiration et se détendit à nouveau. "C’est bon, Curtis. Je comprends très bien ta préoccupation à mon sujet, mais parfois tu es pire qu'une étuve* de Grag, tu sais ? Si Garnie ne m’avait pas fait confiance pour de telles missions, je n'aurais même pas pu devenir sergent, sans parler de lieutenant. N’est-ce pas ?"

Joan regarda sa montre, il était 18h10. "Curt, je dois y aller. Je suis attendue dans cinq minutes et je ne suis pas encore prête."

"Pas de soucis. Passe une bonne soirée et bonne chance pour la semaine". Curtis lui donna un baiser de la main. "Je t’aime, Joan !" 

"Je t’aime aussi, Curt. Je te recontacterai dès que possible." Elle déposa un baiser sur deux de ses doigts et les plaça sur le petit écran, puis Curtis éteignit et l'écran devint noir. Elle se précipita pour sécher ses boucles blondes et les attacher en une queue de cheval assez épaisse. Peu de temps après, on sonna et Marijke Van den Bosch s’afficha avec un sourire rayonnant dans le cadre de la porte.

"Hello Lieutenant ! Etes-vous prête ?"

Alors que les regards de Joan et de Van den Bosch se croisèrent, le visage de Joan se couvrit d’une chaude rougeur. C'était la première fois qu'elle rougissait sous le regard d'une autre femme.

* je n'ai pas trouvé d'autre traduction pour ce mot, je me demande s'il ne s'agit pas d'une expression populaire...
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 8. Mai 2013, 10:16:42 Uhr
Hello toutes et tous !

Pour Free Nurara : je comprends tout à fait ce que tu écris, je ne voulais pas comparer Kat et Joan. Elles sont très différentes, et comme tu le rappelles, il y a aussi leur différence d'âge qui joue, leurs origines familiales aussi.

Voici une suite !

Limeye  :)


Quelques minutes après la fin de sa conversation avec Joan, Curtis remarqua que la tempête s'était sensiblement calmée à l'extérieur. C'était la fin de l'après-midi et des lourds nuages ​​gris-noirs dans le ciel tombaient des torrents de pluie glacée. Haroa était déjà une planète assez inhospitalière, et ce triste temps ne mettait pas nécessairement très à l'aise dans cet endroit. Rien n'y faisait, et Curtis dût échanger le confort chaleureux du Comète contre une cape de pluie et une marche d'un demi-mile jusqu’au bureau de la capitainerie.

A mi-chemin, Curtis remarqua un beau yacht sombre et brillant qui lui sembla étrangement familier. Il s’approcha et constata que le vaisseau était fermé. A l'intérieur, il n’y avait pas de lumière, et Curtis osa s’approcher pour regarder le vaisseau de plus près. C'était un modèle récent d’un Helios HDY-RK700, exactement le même modèle que celui que Nurara avait acheté peu de temps avant les terribles événements de l'été dernier. Nurara, qui venait tout juste de terminer sa période de réhabilitation, se trouvait ce jour fatidique avec son fiancé et père de son enfant, l'avocat de new yorkais Samuel McCabe, au palais de justice de New York, à la demande du président Cashew. Alors que tous deux quittaient le tribunal avec Ezella Garnie et Katherine Ballard, apparut alors Alruna Peyo - un ancien camarade de classe et amant de Nurara - pour prendre une revanche sanglante sur ce que Nurara lui avait fait il y a dix ans, à savoir ne pas avoir répondu à son amour pour elle. Peyo blessa Katherine d’un tir de revolver, tua Samuel McCabe, puis se tua lui-même. Le choc fut sévère pour Nurara et ils s’étaient demandé si elle n’allait pas faire une fausse couche, mais ce ne fut heureusement pas le cas. Peu de temps après, Nurara disparut à bord d’un tel vaisseau dans les profondeurs de l'espace.

Curtis se déplaça vers le côté bâbord de la proue. Il se souvint que le vaisseau de Nurara était peint en vert foncé, mais ce modèle était mat et anthracite. Les chantiers navals Helios étaient connus pour construire les coques de sorte qu'il n'y ait pas de sutures visibles ou palpables ou d’impacts extérieurs. Le résultat en était une coque lisse et harmonieuse. Les yachts Helios valaient un certain prix. Curtis posa une main sur la coque et se déplaça lentement vers l'arrière. Son instinct lui disait qu'il devait sentir quelque chose, à savoir une réparation, des bosses, des rayures ou autres. Nurara avait dû procéder à un atterrissage d'urgence sur la désertique planète Holguin peu de temps avant sa disparition, alors que son vaisseau avait été légèrement endommagé. Curtis le tenait de Joan, car elle se trouvait à bord.

La main de Curtis atteignit à la zone entre le fuselage et l'aile... et là ! Il y avait quelque chose que Curtis pouvait sentir. Une forme de rainure. Il fouilla sous sa cape de pluie et en sortit une petite lampe de poche de sa ceinture. Dans la clarté de la lampe, il pouvait voir que cette rainure allait de la partie inférieure de l'aile à la coque du yacht, parmi beaucoup d'autres. De la peinture l’avait recouverte, mais il s'avéra que le navire avait dû faire un atterrissage sur le ventre. Il rangea sa lampe de poche et se redressa. La pluie avait un peu diminué.

Au moment où Curtis se retournait, il vit le visage d'un grand et corpulent homme qui tenait un pied de biche qu’il laissait battre lentement dans sa main libre. "Que faites-vous là, Monsieur ?"

"Qui est le propriétaire de ce navire ? Une jeune femme, d’une trentaine d’années avec des cheveux verts et un petit enfant ?"  demanda Curtis, mais sans espoir d'obtenir une réponse de l'homme.

"C’est moi qui pose les questions ici", répondit celui-ci en appuyant le pied de biche sur la poitrine de Curtis. "Et si vous ne voulez pas que je vous brise toutes les côtes avec cette chose, vous devriez répondre à mes questions gentiment ! Encore une fois, qui êtes-vous et que faites-vous ici ? " L'homme ne semblait pas particulièrement patient.

Sous sa cape, Curtis composa sur sa montre une combinaison d’un message d’alarme silencieuse, à destination du Comète. "Mon nom est Curtis Newton. Je suis le propriétaire du Comète, qui se trouve là-bas. J'ai atterri il ya quelques heures, parce que je suis à la recherche de quelqu'un ici," répondit-il honnêtement. Curtis n'avait aucune raison de mentir à l'homme, ni même de le contrarier.

"Je veux voir vos mains, monsieur. Faites glisser votre cape et ne faites pas l’idiot", gronda l’homme. Curtis se conforma aussitôt à la sommation.

"Ecoutez-moi, s’il vous plait, c’est très important que je parle à la capitainerie", dit Curtis en enlevant sa cape. "Pouvez-vous m’y conduire, s'il vous plaît ?"

"C’est droit devant vous, monsieur. Je suis le capitaine du port. Et je vais appeler la police immédiatement si vous ne me dites pas tout de suite, ce que faites-vous ici." Encore une fois, le capitaine du port frappa avec le pied de biche dans sa main.

"Monsieur, il est possible qu’un forçat évadé ait atterri ici avec ce vaisseau. Et sa propriétaire est soupçonnée d'avoir aidé à l’évasion de ce prisonnier d'une prison de haute sécurité. Si vous ne voulez pas que la police de l'espace vienne jusqu’ici et n’isole le spatioport, vous devriez me dire qui a atterri avec ce vaisseau ici", répondit Curtis, menaçant.

Le capitaine du port fit tomber le pied de biche, regarda Curtis un moment abasourdi, puis se mit à rire aux éclats. "La police de l’espace ? Laissez-moi rire ! Haroa n’appartient pas à la fédération, mon cher ! Ces marionnettes ne viendront jamais se perdre par ici !"

Curtis croisa les bras sur sa poitrine. "Vous êtes, malheureusement, un peu mal informé. Haroa a intégré le système solaire, via un accord d'assistance mutuelle. J'ai juste besoin de rencontrer les autorités locales, de passer quelques appels et bientôt un vaisseau de police sera en orbite au-dessus de vous. Et vous pourrez vous préparer à répondre à des questions difficiles. Et je ne préfèrerais ne pas savoir ce que vous cachez comme squelettes dans le placard. Haroa est une plaque tournante pour la contrebande de marchandises, c’est connu bien au-delà des frontières de notre système solaire. Alors, vous préférez parler avec un civil comme moi, ou avec la police ?"

"Réfléchissez bien, monsieur, et merci de tourner le pied de biche vers le bas. Cela me rend nerveux quand on menace mon patron", dit une nouvelle voix derrière le capitaine de port. C’était Otho, qui avec Grag avait reçu l’alarme silencieuse. Tous les deux se tenaient à une distance de sécurité derrière lui, prêts à faire feu.

Quand le capitaine du port vit le visage sombre de l'androïde et le robot de deux mètres de haut, tout son courage l’abandonna instantanément. Il laissa tomber le pied de biche et haussa les épaules avec résignation. Avec un soupir, il dit : "OK, Mister Newton. Vous avez gagné. Il y a environ une semaine, un homme et une femme ont atterri ici avec ce vaisseau. Vous avez raison, car il s’agissait d’une femme d’une trentaine d’années, belle et un peu arrogante. Et oui, il y avait un petit enfant avec elle, une fillette. Cependant, la femme comme l’enfant avaient les cheveux noirs et les yeux verts. L'homme était grand et maigre, il avait les cheveux noirs et une barbe. Ils ont payé les frais d'accueil pour trois mois à l'avance, puis se sont séparés ici. Où sont-ils allés, je ne le sais pas, mais ils ne sont certainement plus sur cette planète. Ils sont montés à bord d’une navette pour la station spatiale, d’où des vaisseaux de passagers peuvent partir vers n’importe où".

Curtis hocha la tête, souriant. "Merci, monsieur…" 
"Jessof", répondit le capitaine du port.

"Merci, monsieur Jessof. Savez-vous si les noms de ces deux personnes ont été enregistrés auprès de vos services ?"

Jessof secoua la tête. "Pas de mémoire. Venez dans mon bureau que je puisse consulter cela sur mon ordinateur."

"Allons-y. Otho, Grag, veuillez retourner au vaisseau, pour y prendre deux bons portraits de Nurara et Kuolun et de modifier en conséquence la description de Monsieur Jessof. Contactez la station spatiale et demandez-leur de vérifier s’ils ont pris un passager."

Otho salua. "Ok, Capitaine. Ca ne nous prendra que quelques minutes. Viens, boîte de conserve. Allons-y", suggéra-t-il à Grag en lui tapant du plat de la main dans le dos et il se détourna.

"Appelle-moi encore une fois boîte de conserve et tu vas voir ce que je vais faire avec tes membres, poupée en caoutchouc !" grogna Grag en levant son bras gauche en l’air en direction d’Otho, avant de le laisser retomber. Tous deux haussèrent le ton.

Jessof semblait amusé par les deux. Il demanda à Curtis : "Ils sont toujours comme ça ?"

Curtis fit une grimace avec un sourire en coin. "Parfois ils font pire. Vous le croyez ?"

"Suivez-moi", répondit Jessof, reprenant le pied de biche et se dirigeant péniblement à travers les flaques d'eau vers un immeuble qu’on aurait dit bricolé à partir de conteneurs de fret.

Une demi-heure plus tard, Curtis était de retour au Comète. Les informations de Jessof s'étaient avérées être tout à fait inutiles car Nurara et Kuolun avaient, comme prévu, utilisé de faux noms relativement discrets. Otho et Grag avaient en revanche eu un peu plus de succès. Kuolun avait embarqué sur un cargo clochard appelée Big Iron, qui avait toutefois quitté Haroa pour une destination inconnue. En revanche, Nurara était montée avec sa fille à bord d'un vaisseau de passagers qui les devait les mener à New Ventura. De New Ventura, il y avait une liaison rapide pour Mars !

"Je parie qu'elle est sur Terre", murmura Curtis. "Otho, remet le Comète en route. Nous rentrons à la maison !"

Quinze petites minutes plus tard, l’élégant vaisseau spatial s’enfonçait dans l’espace.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 8. Mai 2013, 12:16:36 Uhr
Y'a pas à dire, ça réveille, voir surgir cette image sur l'écran ce matin! J'ai failli m'étouffer avec ma toast...   [smhair]

Ceci dit, je trouve l'histoire très accrochante, dans le sens que le suspense ne se relâche pas... Et c'est très différent du style que je suis habituée de lire, je n'aurais imaginé Joan rougir face à une amazone qui semble l'avoir dans sa  mire... :-[

J'attends la suite avec impatience, comme toujours!
 [jump] [jump]

Bonne journée à tous (enfin, on peu le dire!)
Flamme
 [happywave]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 8. Mai 2013, 13:09:00 Uhr
Je suis d'accord avec Flamme, ça réveille ce genre d'image  ;D !

Bon, je vous livre la fin du chapitre. J'avancerai peut-être moins vite aujourd'hui, car comme Free Nurara a livré une suite hier, je voudrai la traduire aussi, même si j'en ai compris l'essentiel.  ;)

Bonne lecture !

Limeye  :)


A la surprise des deux agents féminins, le dîner prit en commun avait été très détendu et amusant. Le Commandant Rodriguez était une personne drôle et évidemment très chaleureuse. A la stupéfaction de Katherine, il ne lui avait fait aucune avance à table et ne s’autorisait aucun contact direct avec elle, hormis quelques compliments inoffensifs mais charmants. Marijke Van den Bosch avait également fait meilleur impression à Katherine que quelques heures plus tôt lors de leur première rencontre. Van den Bosch avait beaucoup ri et elle semblait ouverte et honnête et elle a posa des questions intéressantes sur la psychologie appliquée. Cependant, au grand dam de Joan, elle avait encore jeté des regards significatifs à la policière blonde. Joan était la seule à la table à ne pas se sentir particulièrement bien dans sa peau. Elle décida d’avoir avec Van den Bosch à la prochaine occasion une conversation confidentielle pour arrêter ces regards provocateurs. Elle aurait pu le faire dès cet instant, mais elle ne voulait pas blesser les sentiments de Marijke.

Au dessert, Joan tenta d'orienter la conversation vers des sujets plus graves. "Commandant, pouvez-vous nous parler de la situation sur Sameda II ?"

Rodriguez prit une gorgée de vin et se pencha en arrière. "Nous ne pouvons compter que sur les informations de la radio samedienne et leurs émissions de télévision, Lieutenant. Sameda est un vrai pandémonium. Il y a des manifestations quotidiennes et des émeutes violentes dans le quartier du gouvernement. Les rebelles exigent que Tovins soit exécuté pour se racheter. Ils exigent du gouvernement de mobiliser la flotte et d’emmener Tovin au besoin par force loin d'ici."

"Parce qu'il y a un risque que la flotte samedienne nous attaque ?", voulut savoir Katherine.

Rodriguez agréa nonchalamment. "Pas pour l’instant, Major. Et même si… Leur flotte spatiale se compose de quelques vieux croiseurs et de canonnières, qui, toutes réunies, n’auraient pas la puissance de feu de nos Corvettes. Ils ne parviendraient même pas à notre portée sans qu’on leur inflige quelques dégâts. Le Commodore Becker a reçu la garantie du nonce que Sameda II s’abstiendra d’une frappe militaire contre notre flotte."

"Le nonce ?" demanda Joan perplexe. "Le gouvernement samedien est-il religieusement orienté ?"

Rodriguez secoua la tête. "Non, Lieutenant. Le gouvernement est laïc. Nonce est le nom du Président du Conseil des Sages, la dernière autorité législative du gouvernement. Les décisions qui ne peuvent être prises à l'unanimité par le Parlement sont laissées à cet organisme de onze personnes. Cela fonctionne un peu comme notre plus haute cour fédérale sur Terre."

"Pouvons-nous nous déplacer sur Sameda librement et sans danger, si nous devions y enquêter ?", demanda Katherine.

"De ce que j’en perçois actuellement, ça ne pose pas de gros problème", répondit Van den Bosch. "Vous aurez le plein soutien de la police locale et il n’y a pas encore eu de prise à parties de personnes. Sameda vit dans une large mesure du tourisme, et ce robinet d’argent ne se referme pas volontairement contre lui-même. Eviter les bains de foule et les manifestations, et il ne vous arrivera rien. Le quartier dans lequel Tovin est devenu fou est désormais sécurisé. La police est présente à chaque coin de rue."

Comme répondant à un signal, Rodriguez et Van den Bosch se levèrent de leur siège et les saluèrent. Le Commodore Becker s'était joint à leur table. "S’il vous plaît, reprenez place. Je voudrais seulement souhaiter la bienvenue à nos invitées. Major Ballard, je suis heureux de vous revoir, même si les circonstances ne portent pas vraiment à se réjouir. Qui est cette belle jeune dame qui vous accompagne ?"

"Je suis la Lieutenant Landor, Monsieur", répondit courtoisement Joan en serrant la fine main de l’homme maigre aux cheveux blonds.

Katherine salua également l'officier allemand par une poignée de main. Elle avait le souvenir d’une poignée de main plus ferme, que celle que lui donnait maintenant Becker. Becker avait donc changé depuis leur dernière rencontre, il y a deux ans. Le Prussien, autrefois grand et plein d’énergie, était devenu émacié, il semblait fatigué et malade. Dans ses yeux bleus on pouvait lire un étrange et triste vide.

Becker échangea quelques mots avec Rodriguez, puis leur souhaita de faire aboutir l’enquête.

Comme Rodriguez reprenait place à table, Katherine se pencha vers lui et dit en baissant la voix. "Commandant, qu’est-il arrivé à Becker ? Je ne le reconnais pas !"

Rodriguez lui répondit également en parlant à voix basse : "Je déteste le dire, mais vous êtes toutes deux astreinte au secret professionnel : Le Commandant Becker est depuis quelques temps dépressif. Il semble comme submergé par la charge de cette formation. L’ensemble des officiers du Tennessee est informé de l'état mental de Becker, l'Amirauté aussi. Nous souhaitons tous que notre Commandant reprenne des forces, mais à New York, on ne veut pas remplacer l’homme tant qu’il ne commet pas de fautes. De ce fait, je suis le commandant de facto. L’équipage ne connaît pas l’état de santé de Becker." Il regarda sombrement Joan et Katherine l’une après l’autre. Van den Bosch acquiesça silencieusement.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 8. Mai 2013, 21:15:08 Uhr
Nein, Free Nurara, ich habe nur die beiden letzten Kapitel übersetzt.  ;)

Und der Anfang der Geschichte, natürlich ... Ich versuche das Verhör von Colonel Tovin übersetzen. (Kapitel 3).

Pour les lectrices françaises : début du chapitre 3, un passage émouvant.

Bizz

Limeye  :)



CHAPITRE 3

La chaleur des derniers jours avait fait place à une nuit d'orage apportant un peu de fraîcheur. Sur les tombes couvertes de rosée du Cimetière Central de New York régnait un calme agréable, qui était accompagné par le son du chant des oiseaux. Entre les rangées de tombes, une jeune femme cheminait en poussant une poussette devant elle. Elle regardait attentivement les inscriptions sur les pierres tombales, tandis que l'enfant gazouillait avec joie. La mince et grande femme portait des vêtements de cuir noir et avait de longs cheveux noirs, qu’elle avait habilement enroulés dans une toile grise. Encore et encore, la jeune femme se penchait vers sa petite fille, lui parlait doucement et amoureusement en lui souriant. Elle s’arrêta soudain devant une tombe qu’elle regarda un long moment. Puis elle fouilla dans une poche de la poussette et en sortit une boule de cristal de la taille d'un pamplemousse et la plaça sur la plaque noire polie de la tombe. Elle sortit sa fille de la poussette et s'assit avec elle dans les bras en face de la tombe. Dans la boule on pouvait voir un hologramme de la femme avec son enfant.

"Regarde bien, Jelana", murmura-t-elle tendrement à l'oreille de sa fille, "maintenant Papa peut toujours voir comment tu vas et combien tu es belle. Nous pourrons toujours lui envoyer de nouvelles photos avec cette boule." Ses yeux se remplirent de larmes. Presque jour pour jour, il y a maintenant un an, le plus grand amour de sa vie avait été brisé. Elle se réveillait souvent la nuit, parce qu'elle croyait que l'homme qu'elle aimait, était couché à côté d'elle dans son lit. Mais la place était toujours vide et elle pleurait sur elle-même pour se rendormir, comme elle le faisait tous les soirs. Elle regardait Jelana. Jelana souriait et ouvrait la bouche pour dire quelque chose. "Pa… pa !". De nouveaux, des larmes vinrent dans les yeux de sa mère.

"Oui, ma chérie, ton papa est là. Et tu le vois comme il te voit. Tu as les mêmes cheveux que lui et ses merveilleux yeux verts. Il serait fier de toi." Elle renifla et serra fort Jelana contre elle.




Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 9. Mai 2013, 03:03:05 Uhr
C'est vrai que c'est un passage émouvant, snif... :'(

J'aime bien voir Nurara plus humaine et tendre que ce qu'on a connu d'elle, ça fait du bien...  [goodjob]

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 9. Mai 2013, 10:11:10 Uhr
Bonjour Flamme,

la "conversion" de Nurara est racontée dans l'histoire précédente de Free Nurara, une sorte de "premier tome".

voici la suite.

Belle journée !

Limeye  :)


"Tu prends un grand risque à venir ici, Nurara", dit une douce voix masculine derrière elle. La voix ne lui était pas inconnue. Elle se redressa, se tourna et retrouva dans l’homme âgé l'image parfaite de l'homme qui reposait dans la tombe devant elle. C’était Jonathan McCabe, le père de Samuel.

"Je sais, John. Mais je devais le faire. Je voulais faire mes adieux à Sam et lui montrer sa fille", dit Nurara avec un mince sourire. "Comment vas-tu ? Tu as changé."

Quant Nurara avait fait la connaissance de Sam et de son père, les deux hommes avaient des cheveux d'un noir profond, mais ceux de Jonathan avaient dans l’année qui avait suivi la mort de Sam et la disparition de Nurara complètement virés au gris. Ses rides s’étaient creusées et il ressemblait à un homme brisé.

"Oui, je suis devenu vieux, vieux et malade", répondit-il, résigné. "J'ai renoncé à l'entreprise. Depuis la mort de Sam, je n'ai pas gagné un seul procès. La chance m’a apparemment abandonné.'

"Excuse-moi, John", dit Nurara sincèrement. "Comment va Diana ?". Diana Rockwell était l’associée et compagne de Jonathan.

"Oh, Diana va bien. Elle travaille encore, mais pense arrêter bientôt. Toi aussi tu as changé, Nurara, tu sembles plus mature. N’avais-tu pas les yeux bleus ?" Jonathan regarda Nurara, un peu confus.

"Des lentilles de contact vertes", répondit Nurara. "Je dois au moins m’assurer que Jelana ressemble à quelqu’un."

Nurara s’approcha de John et dit : "Regarde, ma chérie, c’est ton grand-père. Veux-tu la prendre ?"

Le visage de Jonathan rayonnait. "J’en serai trop heureux", dit-il en la prenant dans ses bras. Quand il prit Jelana, elle se blottit immédiatement contre lui.

"Elle sent que vous l’aimez, John", dit Nurara, avec encore une fois des larmes dans ses yeux.

"Combien de temps vas-tu rester, Nurara ? C’est dangereux pour toi de rester ici. Curtis est à ta recherche et après Kuolun également."

"Ma navette pour Mars part dans une heure. Je laisse Jelana un moment chez ma mère, je suis à la recherche d'une belle propriété, pour les avoir avec moi. Est-ce que vous..."

Jonathan secoua la tête et redonna Jelana à sa mère. "Non, je ne te trahirai pas. Même si je n’exerce plus, tu es toujours ma cliente. Je suis encore soumis au secret professionnel. Je ne t’ai pas vue, parole d’honneur."

Nurara installa doucement Jelana dans sa poussette, puis elle prit Jonathan dans ses bras. "Merci, Jonathan, je te remercie beaucoup", murmura-t-elle. "Dès que j'ai trouvé quelque chose, je vous enverrai mon adresse, alors vous viendrez nous rendre visite, n’est-ce pas ?"

"Oui, mon enfant. Mais s’il te plaît, sois prudente et prends bien soin de la petite, d’accord ?"

Nurara s’éloigna de Jonathan et lui montra la boule de cristal. "Il y a de nouvelles photos de Jelana dessus. Ainsi, tu pourras toujours voir comment elle se développe."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 9. Mai 2013, 23:02:43 Uhr
Coucou Limeye,

Nurara a change certes, mais je me suis bien demandee ce qui l'avait poussee a aider Kahlon a s'echapper... Dernier service pour etre quitte?

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 10. Mai 2013, 08:47:18 Uhr
Bonjour O-Tho,

je ne pourrais pas te répondre avec précision. Cela se trouve dans l'histoire précédente, que j'ai survolée, mais sans la traduire de manière aussi affinée que pour Meuterei. La "conversion" de Nurara a été lente, par étapes, la relation amoureuse qu'elle a eue avec Sam l'a aussi aidée. Peut-être que Free Nurara pourrait répondre plus précisément. Si un jour je m'ennuie, je pourrais toujours entamer la traduction de ce volet-là  ;). Mais pour l'heure j'ai de quoi m'occuper  :D !

J'ai été ralentie dans ma publication hier à cause d'une petite phrase que je n'arrivais pas à traduire, Elaine m'a filé le tuyau. Mais j'ai avancé assez bien dans le chapitre 3, je vais pouvoir vous livrer plusieurs morceaux.

bonne lecture ! Et belle journée aussi  :)

Limeye  :)


Joan avait le sentiment de n’avoir dormi que deux heures. Le bourdonnement sourd, omniprésent, du grondement des machines ne permettait pas vraiment de se reposer. Elle aurait encore besoin de quelques jours pour s'habituer au bruit. Joan regarda sa montre, il était à peine 6h. Avant de se coucher, elles s’étaient donné rendez-vous elle et Katherine à 7h pour le petit déjeuner. Mais comme Joan ne voulait pas attendre aussi longtemps ni se recoucher, elle décida de prendre juste une douche et ensuite d’aller déjà boire une tasse de café au mess des officiers. Tenant une grande tasse de café fumant à la main, Joan s'assit près de l'entrée à une petite table libre et se mit à regarder autour d’elle. Le 'Casino' était une pièce longue et étroite avec des murs lambrissés et des cloisons entre les tables. Il était décoré selon un thème maritime avec  des équipements de navigation, d’anciens modèles et des peintures qui racontaient la tempête, le vent et la mer. L'éclairage provenait en grande partie d'anciennes lanternes de navires en laiton polies. Pendant que Joan regardait avec intérêt le tableau d’une bataille navale de l'époque de la guerre d'Indépendance américaine, elle ne remarqua pas, que la Capitaine Van den Bosch s’approchait de sa table.

"Bonjour, Lieutenant. Etes-vous matinale ?", demanda-t-elle avec un sourire amical, tout en tenant une tasse de café dans sa main.

"Je suis plutôt grincheuse le matin, mais je ne pouvais pas dormir. C'est tellement bruyant ici sur le vaisseau", répondit Joan avec un soupir. Elle ne s’était pas attendu à passer ce moment avec la jolie blonde, et sa présence mettait Joan mal à l’aise.

"Oui, je ressens la même chose à bord de ce vaisseau. Le Tennessee est extrêmement bruyant. C’est comme ça. Je ne dors vraiment bien désormais que lorsque je suis chez moi. C’est plus calme." Van den Bosch sourit et cligna de l'œil vers Joan avec hardiesse. "Puis-je m’asseoir avec vous ?"

Joan aurait préféré dire non, ou se serait sauvée en courant et en criant. Mais comme elle ne voulait pas être impolie, Joan l’invita par un petit geste de la main à prendre place. Van den Bosch s'assit en la remerciant et commença à travailler sur une petite tablette. Elle prit cependant soin de ne pas imposer sa conversation à Joan. Mais Joan sentait toujours son regard. Joan regarda sa montre - 6H30. Elle pouvait regagner sa cabine, car elle ne voulait pas attendre encore ainsi durant une demi-heure. Elle opta pour la confrontation.

"Capitaine, puis-je vous poser une question ?"

Van den Bosch leva les yeux de sa tablette et lui sourit. "Bien sûr, allez-y !"

"Pourquoi n’aimez-vous pas la Major Ballard ?" demanda Joan en levant ensemble ses deux sourcils.

Les traits du visage de son homologue devinrent graves. "Qu'est-ce qui vous fait penser cela, Lieutenant ?"

"Eh bien, quand nous sommes arrivés à bord d'hier, j'ai eu l'impression que vous nourrissiez une grande aversion pour Katherine, alors que j'ai été accueillie et traitée de manière très courtoise par vous-même. Honnêtement, cela me met un peu mal à l’aise. Et la façon dont vous avez parler à Katherine au dîner hier soir aussi, me donne l'impression que vous l’avez fait seulement à cause de la présence du Commandant Rodriguez".

Durant un moment, la mâchoire de Van den Bosch resta ouverte. Puis elle se reprit et sourit. "Je n’ai rien contre la Major Ballard, Joan". Comme par hasard, elle avait appelé Joan par son prénom pour créer une atmosphère plus intime. Van den Bosch était visiblement mal à l’aise pour répondre à cette question. "C’est mon travail de veiller à garder une certaine distance avec les nouveaux visiteurs de ce vaisseau, puisque je suis responsable de la sécurité. Ce qui peut donner parfois l’impression que je n’accueille pas les uns et les autres comme de vieux amis en leur sautant au cou, si c’est ce que vous voulez dire." Elle fit une pause et ajouta de manière irrespectueuse : "Et en ce qui concerne le Commandant Rodriguez, il est le dernier à bord devant lequel je ramperais. Je pense que vous vous méprenez sur mon compte."

Joan se pencha en arrière et croisa les bras sur sa poitrine. "Et avec moi ? Pourquoi êtes-vous si courtoise avec moi ?"

Van den Bosch voulut répondre, mais Joan continua : "Laissez-moi poser ma question autrement. Depuis que je suis à bord, j’ai l’impression que vous me draguer ! C’est cela ?"

Van den Bosch se sentit soudain découverte et baissa les yeux. Puis elle se mit à sourire. "Joan, vous êtes mignonne. Je vous trouve sexy, pour une femme. Dois-je vous dire un secret ?"

Joan haussa un sourcil. "Oui, allez-y."

Van den Bosch se pencha légèrement en avant et fit signe à Joan de faire de même. Puis elle sourit d’un air conspirateur et murmura. "Si vous croyez que vous me plaisez, je dois vous décevoir, malheureusement. Je préfère malheureusement les hommes…"

La mâchoire inférieure de Joan tomba. "Oui… mais… qu'est-ce que vous avez avec moi ?"

Van den Bosch ouvrit les premiers boutons de sa veste d'uniforme et sortit de la poche intérieure une petite pochette en cuir. Elle l’ouvrit et la tendit à Joan. Joan ne pouvait pas en croire ses yeux. Dans la pochette se trouvaient deux photos de deux jolies filles blondes, photographiées à l’âge de 15 et 20 ans. Elles se tenaient par les bras et semblaient les personnes les plus heureuses du monde. Étonnamment, la fille la plus âgée ressemblait à une soeur jumelle de Joan.

"La plus jeune, c’est moi, la plus âgée, c’est ma sœur. C’est la dernière photo que j’ai d’elle. Deux jours plus tard, elle s'est noyée lors d’un accident de bateau. Nous ne l’avons jamais retrouvée."

"Excusez-moi, Capitaine. Maintenant, je comprends mieux. La ressemblance est incroyable !", dit Joan soulagée en rendant la pochette à Van den Bosch. "Je tiens à m'excuser en bonne et due forme auprès de vous, Capitaine. Je vous ai fait de la peine."

"Vous n'avez pas besoin de vous excuser, je dois le faire également, et s'il vous plaît, appelez-moi Marijke", répondit Van den Bosch en rangeant la pochette. Elle regarda sa montre et s’écria. "Oh, il est presque 7h. Je dois être sur le pont." Marijke se leva et se dirigea vers la sortie. "Par ailleurs, Joan…"

"Oui ?"

"C’est un moyen très éprouvé d’influencer les hommes, quand on ne s’y attend pas. Il y a deux mille huit cent hommes affamés à bord, mais seulement environ deux cents femmes. Cela peut vous éviter des ennuis. Et dites à la Major Ballard, qu’elle est une bombe. A plus tard !" Elle cligna aimablement de l’œil vers Joan et quitta le 'Casino'.

"Dis-lui toi-même !", cria Joan après elle en souriant involontairement. "En fait, elle n'est pas si mal...", pensa-t-elle en elle-même. Quelques minutes plus tard, une Katherine joyeuse et rayonnante apparut dans la salle.

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 10. Mai 2013, 10:59:44 Uhr
Hello Free Nurara!

I appreciate these explanations so much, as I didn`t read "Meuterei", nor "Man hat immer eine Wahl" , because I can`t read german language. I have to translate it to French, it takes a lot of time and the result is not perfect.

English is much easier for me to understand, as you can see! Your English language is fine, better than mine, as French is my first language.

Thanks a lot! I like your stories!

Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 10. Mai 2013, 19:20:32 Uhr
Danke sehr, Free Nurara !



"Pourquoi souris-tu de manière aussi débile ?", demanda Joan à son amie comme elles chargeaient leurs plateaux au buffet pour leur petit-déjeuner.

"Hot Rod a étendu ses tentacules sur moi", répondit Katherine en riant. "C'est une pure coïncidence, mais il a juste croisé mon chemin, m'a abondamment remercié pour la si merveilleuse soirée, m'a comblé de compliments et m'a demandé si je voulais dîner seule avec lui aujourd'hui."

"Et tu l’as éconduit, bien entendu…", répondit Joan avec scepticisme.

Katherine posa sa tablette sur la table et répondit : "Bien entendu. Je ne me laisse pas si facilement avoir." Puis elle imita le Commandant avec sa voix profonde et son léger accent espagnol : "Kathérine, yé souis tombé sous votre charme. S'il vous plé, faîtes-moi l'honneur de dîner avec moi ce soir." Les deux femmes se mirent à rire.

Pendant qu'elles mangeaient, Joan lui rapporta la conversation précédente avec Marijke Van den Bosch. "Elle a vraiment quelque chose contre toi, Kat, et je ressemble à sa grande soeur disparue, ce que personne n'aurait pu deviner", conclut-elle.

"Ah, oui", répondit Katherine. "Tu peux au moins poursuivre ton travail sans être inquiétée, sans crainte d'être harcelée sexuellement par elle." La légère moquerie était sans équivoque. "Ou peut-être es-tu déçue ?"

"Ah, quoi !", dit Joan à la négative. "Il ya des expériences que je ne suis pas particulièrement désireuse de faire."

"Il ne faut jamais dire jamais...", répondit Katherine avec un sourire entendu.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Tachioniumfinder am 10. Mai 2013, 20:01:33 Uhr
Salut, Limeye!

Après avoir eu un temps magnifique en vacances, je suis très surprise de trouver ta traduction de "Meuterei" dans ce forum. Félicitations! C´est un grand boulot. Des traductions mutuelles - ça semble être la "vraie" amitié franco-allemande..... ;D ;D!
   
À bientôt !
Tachi
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 10. Mai 2013, 20:34:17 Uhr
Coucou Tachi !

Je suis contente que tu as eu beau temps pour tes vacances ! J'espère que tu en auras bien profité !

Eh oui, j'ai commencé à traduire "Mutinerie", c'est plus facile pour moi de traduire de l'allemand au français ! Et le style de Free Nurara est assez facile pour moi. Et je pensais que cette histoire pouvait vraiment intéresser les lecteurs français, il y a encore certainement beaucoup de rebondissements à venir  :o ! Je me demande parfois si nous n'en sommes pas qu'à la moitié de l'histoire...  ;)

Bon retour parmi nous !

Bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 10. Mai 2013, 20:39:09 Uhr
Encore un petit morceau... j'ai bon espoir de terminer la traduction du 3ème chapitre ce soir. Le 4ème n'est pas trop long (une dizaine de pages), le 5ème un peu plus, quant au 6ème... heu, je n'en suis pas prête d'en voir la fin  :D

Bonne lecture ! Et bonne soirée ou fin de journée selon...  ;)

Limeye  :)


Une demi-heure plus tard, Joan et Katherine se tenaient devant un grand chott rouge, au coeur du croiseur de bataille. Il y avait là la prison et l'espace d'interrogatoire de la police de l'espace. Chaque grand navire de guerre de la flotte solaire possédait un tel dispositif. Un capitaine asiatique les salua toutes deux.

"Bonjour Lieutenant Landor. Je suis le Capitaine Takashi Yokomuri. Kat ! Je te salue ! Cela fait si longtemps ! Comment vas-tu ?" On pouvait voir sur son visage que Takashi était heureux de la revoir.

"Takashi ! Je ne m'attendais pas à te revoir ici !", répondit Katherine amicalement. "Joan, Takashi Yokomuri est Japonais le plus cool que je connaisse et l'un des rares qui ne tombent pas de son tabouret au bout de deux ou trois verres au bar. Comment vont Nanami et Miyu ?"

Takashi sourit. "Très bien. Miyu ira à l'école après l'été et Nanami est de nouveau enceinte. C'est un garçon. Et toi ? Es-tu toujours célibataire ?"

Katherine secoua la tête. "Non, plus depuis un an. Je suis fiancée."

Takashi poussa un soupir perceptible. "Pfiu, enfin. Je me demandais si tu n'allais pas finir vieille fille... " Compte tenu de la conversation, Joan en conclut que tous deux devaient se connaître depuis longtemps.

Katherine était grave. "Ok, Takashi, nous raconterons des sornettes plus tard. Nous avons beaucoup de travail. Peux-tu me faire un bref résumé ?"

"Bien sûr, Kat. Nous sommes une quinzaine d'hommes avec un équipement standard et j'ai le commandement du groupe. Le Colonel Tovin est à l'heure actuelle le seul prisonnier ici. Il se comporte de manière très calme et coopérative, mais semble souffrir d'une perte partielle de la mémoire."

"Lui avez-vous posé des questions au sujet de la drogue ?", poursuivit Katherine.

"Oui, nous avons fait des prélèvements simples", répondit Takashi. "Mais ils se sont révélés négatifs. Un grand dépistage doit être fait par le médecin du bord, mais je ne peux pas en faire la demande, toi seule en tant que Major peut le faire."

"D'accord, je m'en occuperai après. Pouvons-nous voir Tovin ?"

Takashi hocha de la tête et fit signe à deux sergents costauds. "Amenez le Colonel dans la salle d'interrogatoire !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 11. Mai 2013, 02:32:58 Uhr
Au moins, je suis encore loin de voir la fin de cette histoire ...

Ich glaube es auch...  ;)

Limeye  :)


Insomnie =  [motz], mais pour les lectrices françaises de de l'autre côté de l'Atlantique, voici de quoi lire encore un peu  :)


Tovin mesurait près de deux mètres, il était large d'épaules et très fort, les cheveux blonds, coupés courts comme un militaire et ses yeux bleu acier étaient attentifs. Il avait un visage anguleux attrayant avec une longue cicatrice qui s'étendait de son oreille gauche jusqu'au-dessus du menton. D'un air soupçonneux, il regarda entrer les deux jeunes et belles jeunes femmes. Celle aux cheveux noirs, au look cool, s'assit en face de lui alors que la blonde restait debout près de la porte avec les mains jointes dans le dos et un visage de pierre.

"Colonel Abraham Jake Tovin ?". Il acquiesça. "Je suis la Major Katherine Ballard, psychologue de la police de l'espace. A partir d'aujourd'hui, c'est moi qui vais mener l'enquête." Katherine regarda Tovin dans les yeux et sans sourire.

Tovin sourit légèrement et dit calmement : "Je me réjouis de faire votre connaissance, Major. Vous ne le prendrez pas mal que je ne me lève pas, comme il sied à la politesse ?" Avec un clin d'œil, il désigna ses poignets liés.

Katherine ne lui répondit pas. "Selon mes dossiers et l'information du Capitaine Yokomuri vous vous êtes montré coopératif depuis votre arrestation."

Tovin hocha la tête. "C'est vrai, Major. Je suis complètement dans la merde, non ?"

"Ensuite, nous pouvons nous s'abstenir de jouer à ce jeu, un bon flic / mauvais flic, et vous ne vous retournerez pas contre nous, Monsieur ?" Les yeux de Katherine restèrent fixés sur Tovin.

Tovin regardait alternativement Joan et Katherine, puis il répondit : "Major, je ne sais pas ce qu'on vous a dit sur moi, mais trouvez-moi une seule raison pour laquelle je devrais faire du mal à deux jolies jeunes femmes. Je suis un soldat, pas un monstre."

Katherine prit une profonde inspiration, puis se tourna vers Joan et a dit : "Lieutenant, veuillez ouvrir les menottes du Colonel Tovin." Et elle se tourna vers Tovin : "Je prends un grand risque, Monsieur, mais je vous fais confiance et je veux que vous me fassiez confiance." Pour toute réponse, Tovin hocha la tête silencieusement. Joan s'avança et ouvrit les menottes en acier.

Tovin laissa ses mains pendant un moment sur la table et attendit que Joan les lui ait enlevées. Il était comme un colonel vétéran, pour se tenir tranquille dans une telle situation sans faire de mouvements précipités ou soudains. Il savait aussi que les fonctionnaires de la police de l'espace étaient toujours de bons combattants et que leur stature ne devait pas être sous-estimée. Ballard était particulièrement dangereuse. Quand Joan reprit sa place à la porte, il leva lentement les bras et se frotta les poignets. Ballard le regardait toujours de ses yeux gris et froids, prête à sauter comme un animal sauvage sur sa proie. "Une grande chatte", c'était exactement le bon mot, qui vint à l'esprit de Tovin pour la très belle policière.

Mal à l'aise, Tovin se pencha sur la chaise de métal, toujours en se frottant les poignets. "Dites-moi, Major, qui de vous deux êtes le bon ou le mauvais flic ?"

Katherine s'était également assise en arrière et laissa passer un peu de temps avant de répondre. Elle porta la main gauche sur sa tête et ôta la pince à cheveux de son strict chignon. Elle secoua ses cheveux de sorte qu'ils retombèrent lâchement sur ses épaules et tout d'un coup un sourire ouvert et amical apparut sur son visage. "Je suis les deux, Colonel. Sachez que je m'entends bien avec mon homologue. Si vous collaborez avec nous, vous ne ferez pas la connaissance du mauvais flic. Pouvons-nous commencer ?"

Tovin inclina la tête. "Commençons, Major. Questionnez-moi, je vous dirai au mieux tout ce que je sais."

Katherine fit signe à Joan de s'asseoir à côté d'elle. "Colonel, vous avez indiqué lors de votre arrestation de renoncer à l’assistance d’un avocat durant les interrogatoires. Vous avez droit à un avocat..."

"Major Ballard", répondit Tovin calmement, "Je n’ai pas besoin d’avocat. Si je suis poursuivi pour cet acte, ce sera justifié. Je suis vraiment désolé pour ce qui s'est passé. Je suis profondément choqué par le nombre élevé de victimes. Je n’aurais jamais voulu faire cela. Mais je ne me souviens pas moi-même de ce que j'ai fait."

"Vous allez passer en cour martiale, Monsieur", intervint Joan. "Vous savez bien que si l’Amirauté recherche un coupable, elle le trouvera. Votre acte aura peut-être déclenché une guerre." 

"Je suis conscient de cela, Lieutenant. Mais encore une fois, je n’ai pas souvenir d’avoir commis un tel acte."

Katherine leva les mains et imposa aux autres avec ce geste le silence. "Ok, poursuivons. Colonel, quand vous êtes vous rendus dans le système de Samedi et quel était votre travail sur Sameda II?"

"Depuis environ trois semaines. Je faisais partie d'une délégation économique et militaire qui devait visiter avec un comité samedien le site d’implantation d’un futur centre de formation conjoint terrien – samedien pour des ‘Marines’. J'étais l'officier le plus haut gradé de la délégation et devait évaluer les sites en fonction de leur facilité d'utilisation."

"Avez-vous trouvé ce qui convenait ?", demanda Joan.

"Non, Lieutenant, les terrains en question n’étaient pas tous disponibles. Nous avons donc levé la séance et convenu d’organiser une nouvelle réunion sur le terrain dans quelques semaines."

"Et la délégation est repartie. Pourquoi êtes-vous resté sur Sameda II? " demanda Katherine, soupçonneuse.

"La nuit avant mon départ, j’ai reçu sur mon communicateur un message du Commodore Becker. Je devais attendre l'arrivée du Tennessee et obtenir de nouvelles instructions. En outre, on m'avait envoyé une adresse où je devais encore prendre, auprès d’un lobbyiste du gouvernement, des conseils et remarques pour la prochaine réunion."

"Vous souvenez-vous du nom du lobbyiste ou de l'endroit où vous deviez le rencontrer ?", demanda Katherine.

"Non, Major, je ne m’en souviens plus."

"Quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez ?"

"Je suis sorti de mon hôtel pour me rendre dans un bar voisin. J'avais vraiment très soif et j’ai commandé une bière. Puis soudain, une Samedienne follement excitante s’est retrouvée à côté de moi au bar. Et alors…" Tovin décrivit une explosion avec ses mains. "Pff… C'est tout."

"Où est votre communicateur, Monsieur ?", demanda Joan.

"Le Capitaine Yokomuri me l’a confisqué." 

Joan chuchota quelque chose à l'oreille de Katherine, qui approuva de la tête, et Joan se leva et sortit.

"Avez-vous utilisé à nouveau votre communicateur après la réception du dernier message ou avant votre arrestation ?"

"Non, Major, je ne l’ai pas fait", répondit Tovin en hochant la tête lentement. Puis-je demander ce que va faire votre Lieutenant ?"

"Lieutenant Landor veut vérifier le contenu de votre appareil, elle y trouvera peut-être encore le message."

Deux minutes plus tard, Joan revient dans la salle d’interrogatoire avec l'appareil dans la main. Elle avait l'air très déçue. "Quelqu'un l’a remis pour des réglages d'usine, Kat. Il est complètement vide." Elle remit le communicateur à son amie.

Katherine prit l'appareil et le regarda attentivement de tous les côtés. C'était un communicateur militaire avec un émetteur puissant, qui permettait également des conversations sécurisées entre la surface des planètes et des vaisseaux spatiaux qui s’en trouvaient à une demi-année-lumière. "Colonel, comment peut-on supprimer un tel dispositif ?", demanda Katherine.

"Un simple soldat comme moi ne le peut pas. Pour les unités de la taille d'un bataillon, il y a un groupe spécial qui maintient l'équipement en état et gère les stocks. Pour nettoyer un tel modèle, il faut un ordinateur spécial et le logiciel approprié. Et c’est protégé comme un trésor. Le Commandant lui-même n’en est pas informé."

On pouvait deviner que Katherine était en pleine réflexion. Puis elle se leva et se dirigea vers la porte. En sortant, elle dit : "Nous allons faire une pause. Je dois appeler quelqu'un." Elle tenait encore le communicateur dans les mains.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 11. Mai 2013, 08:37:42 Uhr
Takashi montra à Katherine le bureau qu'elle et Joan pouvait utiliser pour la durée de l'enquête. C'était une petite pièce sans fenêtre avec une lampe puissante au plafond, deux tables et deux chaises et un terminal d'ordinateur sur chaque table. Katherine alluma l’un des ordinateurs et s’assit. Peu après, Joan arriva. "J’ai fait reconduire Tovin dans sa cellule. Qui veux-tu appeler ?", voulut-elle savoir.

"John", grommela Katherine, concentrée, sans détourner les yeux de l'écran. "Si quelqu’un sait quelque chose à ce propos, c’est lui. J’espère qu’il ne dort pas. Sinon, je peux me préparer pour faire face à un sacré orage."

Il ne fallut pas bien longtemps au Capitaine John Milner pour signaler qu’il prenait l’appel. Il s'assit avec les cheveux mouillés, torse nu devant la caméra et était ravi de voir sa Katherine. "Hey, Belle du Sud, tu m'as manqué !"

"Toi aussi, Cowboy", dit Katherine qui respirait doucement et jetait un regard lubrique sur sa poitrine. "Tu es encore debout ? Il doit déjà être près d’une heure à New York."

"Je suis rentré de la Présidence, que puis-je faire sans toi à la maison ? Autant que je travaille. Comment ça se passe pour vous ? Est-ce que Joan est là ?"

"Oui, Joan est assise en face de moi. Comment ça se passe ?", soupira Katherine. "Le suspect ne peut pas se souvenir de grand chose, les preuves sont maigres, un officier me poursuit et une guerre civile menace d’éclater dans le système solaire. Tout est normal. John, tu dois m’aider. Est-ce que tu t’y connais en communicateur militaire ?"

John cligna des yeux. "Un peu oui. C’est à propos de quoi, ma chérie ?"

"Peux-tu récupérer des données supprimées à partir d'un tel dispositif, s’il a déjà reçu une réinitialisation d'usine ?"

John se gratta la tête. "Tout dépend du type de modèle", grogna-t-il. "Si c'est un nouveau modèle, qui a au maximum deux ans, alors bien sûr. Si c’est un modèle plus ancien, c’est très, très difficile, je ne pourrais pas le faire facilement. C’était une exigence du ministère de la Défense. Quel genre de modèle est-ce ? L’as-tu avec toi ?"

Katherine plaça l’appareil devant la caméra de sorte que son fiancé puisse le voir. " C’est un BS-Omni", dit John. "Sur l’arrière doit se trouver le nom du modèle. Lis-le donc."

Elle tourna vers le communicateur et lut à haute voix : "BS-Omni MK6-64. Ca te dit quelque chose ?"

"Clairement", John sourit sciemment. "Le 64 est le modèle qui équipe les troupes depuis près de six mois. Ceux qui écrivent suppriment tout le contenu dans un endroit caché, s’il venait à être remis à zéro par inadvertance. Qui peut être facilement restauré. C’est un jeu d’enfant ! Si…"

"Si j’ai l’ordinateur et le logiciel correspondant, je sais, Cowboy". Katherine interrompit John en soupirant. "C’est bien là le problème."

"Pourquoi, Kat, tu es sur un croiseur de bataille. Adresse-toi à l’officier de la sécurité. Il a accès à un ordinateur et au logiciel !"

Katherine porta sa main à son front. "Bien ! John, tu es le plus grand ! Je t’aime ! Merci ! Je te rappellerai", s’écria-t-elle en souriant.

"C’est peu de chose, ma chérie. Reviens-vite à la maison. Je me sens si seul sans toi", répondit John tristement. "Qui est l’officier qui t'agace ?"

"A la fin de la semaine, je serai de retour, mon chéri, je vais te gâter, je te le promets." Elle lui fit un grand sourire et un baiser avant d’éteindre.

Puis Katherine regarda Joan sournoisement et demanda : "As-tu envie de rendre une petite visite à ta nouvelle amie ?"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 11. Mai 2013, 15:17:55 Uhr
Hello !

je ne sais plus si je vous ai dis... j'ai fini cette nuit (sic !) de traduire le chapitre 3, j'attaque le 4. Voici la suite !

bonne lecture !

Limeye  :)


Quinze minutes plus tard, Joan entrait avec le communicateur sur le pont. Bien que Marijke Van den Bosch était de service ce matin-là, il n'y avait aucun signe d'elle. En demandant à un officier de pont, elle obtint comme réponse qu'elle se trouvait dans une "zone d'opérations". La zone d'opérations se trouvait directement derrière la plate-forme de commandement et était accessible par une porte coulissante. Joan entra et se retrouva dans un couloir étroit, qui était séparé de la zone d'opérations par un grand verre insonorisée. La Capitaine Van den Bosch discutait avec énergie avec un autre officier que Joan ne connaissait pas encore. On avait l’impression que Marijke était visiblement agacée par la conversation. Lorsqu'elle aperçut Joan à travers la vitre, elle montra son poignet et leva trois doigts - demandant à Joan trois minutes d'attente.

Joan ressortit sur le pont de commandement et chercha un coin où l’attendre. Exactement trois minutes plus tard, Van den Bosch et les autres officiers arrivèrent. Elle avait le visage rouge et semblait très tendue. Après que les officiers aient regagné leurs postes, elle prit une profonde inspiration et tenta de reprendre son sang-froid. Van den Bosch regarda autour d’elle, trouva Joan et se dirigea avec un sourire ironique vers elle. "Quels idiots !" murmura-t-elle doucement, de façon à ce que seule Joan puisse l’entendre. "Parce que Becker peut à peine s’occuper du pont, ils pensent qu'ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent. Parfois, il faut leur souffler dans les bronches. Vous vouliez me parler, Joan ?"

"Oui, Marjike, je… nous avons besoin de votre aide."

Van den Bosch s’approcha et sourit aimablement à Joan. "Que puis-je faire pour vous ?"

Joan sortit le communicateur de Tovin d’une des poches de sa jambe. "C’est le communicateur du Colonel Tovin. Il a été remis aux réglages d’usine, mais pas par Tovin. J'ai entendu dire qu’en tant qu’officier de sécurité vous aviez l'équipement nécessaire pour en restaurer les données."

"Je n'ai pas cet ordinateur dans ma cabine, mais je peux demander au service informatique de me le donner, mais pour cela, je dois avoir l’accord du Commodore."

"Eh bien allons voir le Commodore et demandons-lui !", répondit Joan énergiquement.

Van den Bosch leva les mains. "Ce n'est donc pas aussi simple que cela. Nous ne pouvons traiter de cette sorte que les communicateurs qui font partie de l'inventaire du Tennessee. Le Colonel Tovin ne fait pas partie de notre équipage. Ce serait une grave violation des règles." Elle tenta un sourire d'excuse. "La flotte est un terrible repère de bureaucrates."

"Marijke, s’il vous plait ! Le Colonel Tovin est un ‘Marine’. C’est un de vos camarades ! Dans cette enquête policière, il s’agit de son bonheur et de son malheur. Je suis simple lieutenant et je ne peux vous donner aucun ordre, mais la Major Ballard le peut en raison de sa position. Et si vous n'écoutez pas Katherine, le Marshall Garnie devra en parler à votre Commodore ou même à l'Amirauté. Je pense que nous n’y avons pas vraiment intérêt, n’est-ce pas ? Je ne veux en aucun cas affronter la colère de mon chef à cause d’une telle bagatelle, vous pouvez me croire." Joan regarda sincèrement Marijke. "La police de l’espace n’est pas plus bureaucratique que les autres forces."

Van den Bosch pesait le pour et le contre, puis répondit : "Bien. Je vais voir le Commodore. Venez à 13 heures ce midi dans ma cabine, numéro 12. Nous aurons alors la petite boîte qui le fera parler."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 12. Mai 2013, 05:13:30 Uhr
Pendant que Joan s’occupait du communicateur, Katherine rencontrait le médecin du navire, le Lieutenant Commandant Dr Teenbaum, après le Commodore Becker et le Commandant Rodriguez, l’officier le plus haut gradé à bord du Tennessee. Une réceptionniste civile lui demanda de patienter dans une salle de soin. Katherine s'assit sur la table de soins et balança ses jambes, regardant autour d'elle. Outre la table de soin, il y avait une chaise devant et derrière elle, un évier avec des distributeurs de désinfectant, un coffre blanc avec des tiroirs contenant des boîtes en carton, où on trouvait des gants en caoutchouc de différentes tailles et du matériel d'examen jetable et une réserve avec des seringues et des aiguilles en emballage stérile. En plus de la commode, il y avait une grande armoire fermant à clé en acier poli avec une façade en verre. Ce cabinet retint l'attention de Katherine, car il y avait des bouteilles et des médicaments, qu’elle regarda de plus près. Il y avait plusieurs analgésiques et des médicaments contre le rhume qui étaient disponibles sur le marché civil, des antibiotiques, des sprays, des comprimés et des onguents. Le plateau supérieur était étanche à la lumière, on y voyait des bouteilles en verre brun foncé avec des ingrédients dont les noms étaient imprimés exclusivement en latin. Katherine essaya de se souvenir de son latin de premier cycle médical ce qui n'était pas particulièrement facile. Son travail comme psychologue de la police n’exigeait pas qu’elle ait des connaissances en latin pharmaceutique. Elle reconnut au moins une étiquette comme étant une solution de morphine, soit un analgésique puissant. On pouvait remarquer sur les étiquettes le logo du fabricant, une rose rouge en pleine floraison dans un halo.

"Bonjour, Major", dit une voix nasillarde derrière elle. Un peu effrayée, Katherine se tourna. Devant elle se trouvait un grand et mince homme d’une quarantaine d’années environ, à la raie bien tracée parmi ses cheveux gris. Il avait comme Katherine les yeux gris, mais son regard semblait inanimé et piquant. Derrière ses lunettes sans monture, il avait l’air sérieux et avait le front plissé. "Je suis le Docteur Teenbaum. Que puis-je faire pour vous ? Qu’est-ce qui vous manque ?"

"Je vais bien, merci beaucoup, Docteur", répondit Katherine. Teenbaum ne fit aucun geste pour lui serrer la main, elle aussi renonça à ce geste. "Monsieur, il s'agit d’un des prisonniers, le Colonel Tovin. L’avez-vous examiné à son arrivée à bord ?"

Teenbaum s'assit sur la chaise derrière le bureau et invita Katherine à faire de même. "Tovin ? Oui, je l’ai fait. Il est arrivé en bonne condition physique, mais il m’a fait l’impression d’être très confus. J'ai diagnostiqué une légère amnésie, causée par les événements traumatiques survenus sur Sameda II. Cependant, je ne pouvais pas faire mieux, je suis un interne et non pas un psychologue comme vous, Madame. Quelque chose ne va pas avec le Colonel Tovin ?" Teenbaum semblait relativement inquiet.

"Physiquement, le Colonel Tovin va bien, c’est son amnésie qui me soucie. Cependant, je doute qu’une expérience aussi traumatisante puisse causer un tel saccage."

"Mais ?" Teenbaum enleva ses lunettes et se mit à grignoter la sangle qui les entourait.

"Au contraire, je pense que l'on a administré à Tovin un cocktail de drogues et c'est la raison pour laquelle je suis ici, docteur. Je voudrais que vous fassiez un grand dépistage du sang et des organes du Colonel Tovin. Je veux tout savoir sur cet homme, où les résidus des drogues naturelles et synthétiques peuvent s’accumuler, de la pointe des cheveux jusqu’aux ongles de ses petits orteils. Je veux que cet homme soit complètement passé en revue." Et cette demande, Katherine la ponctua d’un sourire contraint avec son poing sur la table.

"Ceci est coûteux et prend quelques jours. Je ne peux pas réaliser un tel check-up ici, mais c’est possible à bord du Cherish. Mais je peux faire le nécessaire."

Katherine se leva. "S’il vous plaît, Docteur, faites-le. Je vous suis très reconnaissante pour votre aide."

"Miss Ballard, je considère que c’est mon devoir, en tant que médecin et soldat, d’élucider ces souffrances indicibles. Vous avez tout mon soutien pour cette enquête." Teenbaum grimaça un sourire pincé et sembla fort peu sympathique.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 12. Mai 2013, 10:23:15 Uhr
Le bureau du Commodore Becker était sombre, seule une petite lampe sur le bureau diffusait de la lumière. Becker était assis dans un fauteuil en cuir lourd derrière lui et lisait des rapports. Le signal à sa porte le fit se lever. "Entrez", cria-t-il en se levant. Comme la Capitaine Van den Bosch entra, son triste visage s'éclaira un peu. "Pas de notification. Qu'y a-t-il, Capitaine ?"

"Monsieur, j'ai besoin de votre approbation pour un entretien de communicateur. L’appareil, cependant, ne fait pas partie de notre inventaire", répondit Van den Bosch avec gravité. "C’est l’appareil de Tovin. Selon la Lieutenant Landor, il a été vidé peu avant son arrestation."

"Le Colonel Tovin, hum", répondit Becker d’un ton monotone. "Capitaine, quel est votre sentiment à ce sujet ? Personnellement, je ne crois pas qu'il ait planifié et exécuté cet acte intentionnellement. Il y a autre chose derrière cela."

Van den Bosch se tendit. "Puis-je parler ouvertement, Monsieur ?" Comme Becker hochait la tête sans un mot, la grande femme blonde poursuivit : "Monsieur, je ne pense pas non plus que Tovin soit en grande partie responsable de cet acte. Mon instinct me dit que quelqu'un d'autre a forcé Tovin. C’est tout à fait étonnant que Tovin soit devenu fou, un jour après que nous soyons entrés dans ce système. Son communicateur a été nettoyé et c’est seulement ici que nous avons la possibilité d’effectuer cette maintenance. Monsieur, quelque chose pue ici !"

Becker contourna son bureau et prit la main de Van den Bosch. "Marijke, ce que vous venez de dire, n’est qu’une petite partie de cette puanteur. Puis-je vous faire confiance ?" Becker regardait son officier de la sécurité d’un air interrogateur.

"Oui, Monsieur. Je vous suis fidèle à 100%, Monsieur", répondit Van den Bosch avec emphase.

"Tout le vaisseau pue ! Je pense que d’ici peu, il y aura un soulèvement, même une mutinerie. Tovin était juste un instrument, juste une étincelle. Ce n'est rien comparé à ce qui va se passer ici. Peut-être était-il juste un moyen pour y parvenir. Marijke, nous devons éviter le pire !"

"Monsieur… que…" Van den Bosch en avait le souffle coupé. "A quoi pensez-vous ?"

"Capitaine, gardez les yeux et les oreilles grands ouverts. En particulier, pour tout ce qui touche au corps des officiers. J'ai l'impression que certains des officiers de ce vaisseau ont planifié un putsch, une émeute ou quelque chose d’autre. Travailler de concert avec Ballard et Landor. Et rendez-moi compte de tout ce que vous aurez remarqué, c’est un ordre, Capitaine ! J’ai besoin de vous ! J’ai besoin de votre aide." Becker martela sa dernière phrase mot à mot.

Marijke Van den Bosch le salua. "Oui, Sir ! Vous pouvez compter sur moi."

"Bien, retournez à votre poste. L'approbation de votre demande est accordée. Demandez la boîte magique au département informatique."

Van den Bosch se tourna vers la porte, puis se retourna de nouveau. "Monsieur, j’ai encore une demande personnelle à vous faire."

Becker interrogea du regard son officier en second. "Et bien, Marijke ? Je vous écoute."

Van den Bosch se retourna vers son Commandant, bien que ce ne fut pas vraiment autorisé par le protocole. "Monsieur, je connais votre problème. S’il vous plaît, parlez avec la Major Ballard. Dans la situation présente, il ne s’agit pas vraiment d’une thérapie, mais elle peut peut-être vous donner quelques conseils. S’il vous plaît, Monsieur, parlez avec elle ! J’ai besoin de vous ! Ce vaisseau a besoin de vous ! Vous êtes toujours le Commandant."

Le Commodore Becker prit une profonde inspiration. "Capitaine, vous ne pouvez pas imaginer à quel point j'apprécie votre franchise. Merci beaucoup. Je suis très conscient que j'ai besoin d'aide. Je ne parviens pas à diriger cette unité." Becker baissa la tête un instant, puis regarda Van den Bosch dans les yeux. "Je parlerai avec la Major Ballard. Merci, Marijke."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 12. Mai 2013, 14:02:22 Uhr
Après un rapide déjeuner pris en commun, Katherine et Joan se séparèrent pour le reste de la journée. Katherine se rendit avec Tovin, le Dr Teenbaum, le Capitaine Yokomuri et deux sergents de la police armés sur la frégate hôpital Cherish afin d'effectuer le scan complet du corps du Colonel Tovin, pendant que Joan rejoignait comme convenu à 13h précises la cabine de Marijke Van den Bosch. Van den Bosch lui ouvrit et Joan entra dans la petite cabine. A sa grande surprise, le logement de Van den Bosch était beaucoup plus confortable et féminin que Joan aurait pu s’attendre de la part d’un officier de la flotte. Ici et là, un joli vase avec des fleurs artificielles, sur le lit soigneusement posé un oreiller avec une peluche rose avec des broderies en néerlandais, des photos de famille et toujours des images de la défunte sœur de Van den Bosch. Joan était de nouveau étonnée de constater combien elle ressemblait à la sœur de Van den Bosch. D’un coup d'œil par la fenêtre, elle pouvait voir Sameda II. A une courte distance du Tennessee volait une troupe de supers chasseurs de l’espace, des Sabre.

"Entrez, voulez-vous ?", dit Marijke, qui avait enlevé sa veste d’uniforme pour la remplacer par un t-shirt blanc étroit qui soulignait ses atouts féminins, et souriait à Joan. "J'ai déjà mis en place l'ordinateur." Elle avait installé un large et plat boîtier avec un mini-écran pliable et un petit clavier, en plus des différentes interfaces.

"Bien sûr, on y va. Je suis curieuse de voir ce que nous allons obtenir ", répondit Joan en remettant le communicateur à Marijke.

Marijke prit l’appareil et le mit dans l'interface appropriée, tapa quelques commandes et quelques fractions de seconde plus tard, les spécifications techniques du communicateur, comme son modèle, son numéro de série, le type de processeur et ses caractéristiques s’affichèrent sur l'écran. "Oh !", fit seulement Marijke.

"Oh ?!", ajouta Joan, surprise. "Qu’est-ce que c’est donc ?"

"Cela ne devrait pas s’afficher, du moins pas aussi rapidement. Le communicateur n'a jamais été raccordé à cet appareil. Habituellement, pour obtenir cette information, je dois lire complètement l’appareil. Et qui prend habituellement une ou deux minutes ". Surprise, Marijke se gratta l’arrière de la tête.

Joan avait les yeux écarquillés par la peur. "Cela signifie que le communicateur…"

"...a été nettoyé avec cet ordinateur !" Marijke termina sa phrase. "Le Commodore Becker avait raison…" Elle regarda Joan d’un air malheureux.

Les yeux de Joan s’ouvrirent encore plus grands. "Comment ça ?"

Marijke secoua sa tignasse blonde et se frotta les yeux. "Joan, ce que je vais vous dire maintenant, est hautement confidentiel, vous entendez ? Vous seule, moi-même et peut-être la Major Ballard doivent être au courant. Puis-je avoir votre parole que vous n’en parlerez avec personne sur ce vaisseau ?"

Joan acquiesça. "Bien sûr, Marijke."

Marijke se leva et se mit à marcher en long et en large dans la petite cabine. "Le Commodore Becker m'a dit plus tôt qu'il croit que quelque chose va se passer ici. Il soupçonne qu'une émeute ou même une mutinerie vont se produire incessamment sous peu à bord du Tennessee. Il craint que l'acte de folie de Tovin n’ait un lien avec."

Joan porta une main devant sa bouche avec horreur. "Oh mon Dieu, c'est terrible ! Nous devons en informer l’Amirauté et le Marshall Garnie !"

"Non ! En aucun cas !" siffla Marijke en pointant d’abord un index menaçant vers Joan, puis vers le communicateur de Tovin. "Cela nous mettrait tous en danger. Sur ce vaisseau se trouvent trois mille personnes, dont de nombreux employés civils et nous n'avons toujours aucune idée de qui pourraient être les meneurs, et combien de membres de l'équipage peuvent être de leur côté. Que le communicateur a été trafiqué ici, est déjà la preuve que ce qui s’y mijote."

Joan hésita un instant, puis haussa les sourcils. La dernière phrase de Marijke lui parut un peu suspecte, car finalement Marijke appartenait au petit groupe de personnes qui avaient eu accès à l'ordinateur. "De quel côté êtes-vous, Capitaine ?" Joan s'assit sur le bord de la couchette et regarda résolument la grande femme. Elle s’attendait à un accès de rage de sa part.

Mais Marijke resta étonnamment calme. Elle s’approcha de Joan et s’accroupit devant elle. Maintenant, Joan la regardait de haut. "Je m’attendais à votre question, Joan. Je vais tout vous dire. J'ai vingt-neuf ans et je suis depuis dix ans dans la Marine. Et je connais Becker depuis tout ce temps. Il m'a formée. Il peut être un trou du cul devant le Seigneur pour le service, mais il a une famille qu'il aime et qui lui manque. Je sais combien Joachim Becker est si plein de gentillesse et de chaleur en privé. S'il y a un homme à qui je tiens, c'est lui. Je ne le trahirai jamais !" Marijke regarda Joan fixement sans bouger ses yeux.

Le visage grave de Joan se détendit et un petit sourire y apparut. Soigneusement, elle posa une main sur l’épaule de Marijke et dit : "Je vous crois. Ma question visait plus votre réaction. Si vous aviez réagi autrement, vous auriez eu quelque chose à voir avec tout cela. Que voulons-nous faire maintenant ?"

Marijke soupira et répondit : "Continuons. Dois-je nous apporter le café ? La récupération des données prendra un certain temps. Ensuite, nous devrons vérifier qui a touché à l'appareil."

"Est-ce possible ? Pouvez-vous découvrir qui s'est connecté à l'ordinateur ?"

"Oui, bien sûr", répondit Marijke avec un sourire malicieux. "Cela est prévu, même dans le cas où l'exploitant commet une grave erreur et ne peut être tenu pour responsable. Chaque utilisateur enregistré sur l'ordinateur dispose d'un identifiant unique et un mot de passe personnel." Elle se dirigea vers l'interphone et appela l'officier d'ordonnance du ‘Casino’, pour lui commander du café, puis se pencha sur l'ordinateur et donna l'ordre de rétablir la communication. Une barre sur l'écran montrait le statut et la durée restante, soit environ 42 minutes.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 12. Mai 2013, 17:47:54 Uhr
Quarante minutes et quatre tasses de café plus tard, la restauration était achevée avec succès. Marijke ôta le communicateur de l'ordinateur et le tendit à Joan. "Que pensez-vous de ce que nous avons trouvé ?", demanda-t-elle curieuse.

"Noms, adresses, journal de bord de Tovins, quelque chose comme ça", répondit Joan, en empochant l'appareil. Elle voulait enquêter seule et non en sa présence. "Vous pouvez maintenant aller voir qui a nettoyé l’appareil ?"

"Bien sûr, ça ne prend qu'une seconde" dit la blonde aux courtes boucles en se tournant vers l'ordinateur. Elle tapa une commande sur le clavier et la liste se mit à défiler. "Là, c’est cela, oui…" Soudain, les couleurs disparurent du visage de Marijke. "Merde…" siffla-t-elle et elle regarda Joan.

"Qui est-ce donc ? Dites-le moi !" La voix de Joan était devenue plus forte. Marijke la regarda impassible, déglutit, et une larme roula sur sa joue.

Joan sauta de la couchette et s’approcha plus près de Marijke, pour découvrir la liste à l'écran. Comme dernière ligne, elle lut l’application en cours de Marijke, et notamment le nom d’un officier de marine, Sven Johansson. La date correspondait au jour où Tovin avait commis son acte de folie, quelques heures avant que le communicateur du Colonel ne soit nettoyé. Joan regarda Marijke d’un air méfiant. "Qui est-ce, Marijke ? Dites-moi qui c’est !" Joan avait toutes les peines à garder son sang-froid, alors qu’elle pointait un doigt sur l'écran.

Marijke van den Bosch avait l’air pour une fois complètement impuissante, ses mains tremblaient, non, en fait, elle tremblait de partout. La force et la confiance en elle que dégageait la belle Néerlandaise,  avaient été emportées en quelques secondes. "Je… Sven... nous…" balbutia-t-elle.

Joan a attrapé l'autre femme vigoureusement par les épaules et la regarda avec énergie. "Parlez, Capitaine, et ressaisissez-vous bon sang ! Qui est ce Chef Officier Johansson ?" Sa voix d’habitude si douce devenait plus aiguë. Sa colère était sans équivoque.

Marijke renifla et tenta de reprendre son sang-froid. "Le Chef Johansson appartient à mon équipe. C’est un officier expérimenté et un spécialiste du cryptage. Ce qu’il ne peut ‘craquer’, personne ne le peut. Il est le meilleur dans son domaine et Becker l'a pris à bord à ma demande." Marijke baissa les yeux et dit une voix presque inaudible : "Et nous avons une liaison... mais personne ne doit le savoir !"

"C’est de ce fait une vraie tempête !", murmura doucement Joan qui était sur le point de blâmer la Capitaine Van den Bosch pour sa relation amoureuse avec un officier de grade inférieur, mais elle se ravisa quand Katherine et John lui vinrent à l’esprit, eux qui s’étaient rencontrés il y a environ deux ans, alors que John avait encore le grade de Caporal et Katherine occupait déjà le grade de Major. "Depuis combien de temps cela dure-t-il ?", demanda-t-elle.

"Nous nous voyons depuis environ un an, secrètement. Dans notre service, nous ne nous faisons pas remarquer, ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour nos carrières. Qu'est-ce... qu'est-ce que vous allez faire maintenant avec Sven ?" Les craintes de Marijke pour le Chef Offiicier Johansson étaient formellement inscrites sur son visage.

"Nous allons maintenant gagner toutes les deux votre service, pour ne pas susciter la moindre réaction. Nous allons demander à Johansson de bien vouloir venir avec nous pour être entendu au quartier de la police. Peut-être y a-t-il une explication plausible ?" répondit Joan avec un sourire rassurant. Elle était très préoccupé par sa neutralité, mais secrètement, elle avait des douleurs abdominales, parce que le tout prenait peu à peu une tournure effrayante. Le terme "conspiration" lui vint à l'esprit. Joan se tourna vers l'ordinateur, referma le moniteur et le prit sous son bras. "Mettez tout en ordre, Marijke. Je vous attends à l'extérieur", dit Joan, et elle sortit avec l'ordinateur.

Quand Joan traversa avec la Capitaine Van den Bosch et le Chef Officier Johansson les couloirs longs et sinueux de l'immense croiseur de bataille jusqu'aux quartiers de la police, le trio ne prononça pas un seul mot. Johansson avait alors juste regardé avec étonnement l'ordinateur sous le bras de Joan, et malgré la peur pour son amante secrète, il était venu immédiatement et sans poser de questions. Joan le regardait alors qu'ils marchaient côte à côte. Il avait une petite trentaine d'années, la même taille que Marijke, ses cheveux blonds étaient mêlés de roux et ses yeux étaient verts. Avec sa barbe également rousse, parfaitement bien coupée, il avait un peu l'air d'un Viking ce qui s'expliquait aisément en raison de son origine scandinave. Il avait une attitude plutôt sympathique, Joan le trouva tout à fait attirant.

Une fois arrivés au quartier de la police, Joan fit mener directement Johansson dans la salle d'interrogatoire par un sergent, mais elle dût interdire à Marijke d'y aller. Déçue mais cependant avisée, Marijke obéit à cette instruction, car dans le quartier de la police du Tennessee, elle n'avait en tant que deuxième officier aucun droit à ordonner. Elle prit position avec les mains écartées dans le dos devant la salle d'interrogatoire et attendit patiemment.

Au prochain stade, Joan devait se présenter à Katherine. Katherine n'était pas rentrée avec Tovin et Yokomuri, cela faisait un peu plus d'une heure, qu'ils avaient rejoint le Cherish. Elle s'était servie de son propre communicateur et composa une connexion sécurisée. Joan s'était enfermée dans le petit bureau pour appeler Katherine.

"Ici Kat, qu'y a-t-il Joan ?" répondit-elle à son amie depuis l'autre vaisseau.

"Pour combien de temps en avez-vous encore là-bas ?", demanda Joan, sans se laisser tout de suite tomber contre la porte.

"Le scan va durer encore une dizaine de minutes, je pense que d'ici une demi-heure nous serons de retour. As-tu trouvé quelque chose ?" La voix de Katherine était extrêmement curieuse.

"Oui, Kat. Le communicateur a été restauré. Nous avons aussi un premier suspect qui a été susceptible de manipuler l'appareil de Tovin avec l'ordinateur de maintenance. Je l'ai emmené pour un interrogatoire."

"N'est-ce pas excitant, Joan ? Qui est-ce ? Van den Bosch ? Je serais presque prête à le penser. Cette bombasse ne me semble pas tout à fait claire."

Joan dût sourire aux paroles irrespectueuses de Katherine. "Pas tout à fait, Kat. C'est un certain Chef Officier Sven Johansson. Il travaille dans le service de Van den Bosch et est..." Joan dût résister à l'envie de rire et se mordit la lèvre. "... Il a une liaison secrète avec sa directrice de département. Un officier de rang inférieur avec un officier de rang supérieur. Amusant, n'est-ce pas ? Cela vous rappelle quelqu'un ? Et c'est un "hacker" comme ton Cowboy !"

Du haut-parleur de Joan provint seulement un reniflement dédaigneux. "Bah..." Katherine détestait parfois devoir justifier sans cesse sa relation avec un jeune homme de rang inférieur. Aussi au 23ème siècle hélas, l'état de service et l'âge semblaient jouer encore un rôle inconscient. "Mais sérieusement, Joan. Beau travail. S'il vous plaît gardez-le un peu. J'ai encore quelques questions d'ordre général à régler et je serai de retour. Je veux participer à cet interrogatoire !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 13. Mai 2013, 02:25:16 Uhr
Coucou Limeye,

 [goodjob] Tu traduis tres bien l'action et le suspens! Super!
Hot Rod peut-etre, mais Hot Kat quand meme!  ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 13. Mai 2013, 09:21:45 Uhr
Coucou O-Tho !

merci pour les compliments, mais tout le mérite en revient à Free Nurara dans sa description des scènes d'action !

voici la fin du 3ème du chapitre, avec Hot Kat en pleine action  ;D

j'ai beaucoup aimé ce passage... profitez-en, c'est une des rares respirations de l'histoire et un moment assez drôle. Ensuite, ça se corse...

belle journée !

Limeye  :)



Moroses, le soir, les deux policières en civil s’installèrent au bar du mess des officiers. Katherine prit un grand pichet de bière, Joan sirota du vin blanc. L'interrogatoire du Chef Johansson n’avait apporté aucun résultat. Il avait été en mesure de démontrer de façon crédible qu'il avait réparé ce jour-là un grand nombre de communicateurs pour les Rangers de l'espace et n'avait pas remarqué particulièrement qu'un des appareils était celui du Colonel. La nouvelle selon laquelle le Colonel Tovin avait eu un accès de folie sur Sameda, puis avait été arrêté, avait été annoncé officiellement par le Commodore Becker à la flotte seulement 36 heures plus tard, il s'agissait de la manipulation habituelle pour de l'information à destination d'un équipage de ce genre. Katherine leva la pinte toujours à moitié pleine et la but d'une traite D'un signe, elle demanda au serveur un nouveau verre et regarda autour d'elles. Lentement, la grande et longue salle se remplit de policiers qui n'étaient pas en service et de cadets. Beaucoup venaient ici pour prendre leur dîner, tandis que d'autres étaient assis à des tables et passaient la soirée à jouer. Sur le mur droit du 'Casino' par rapport à Katherine se trouvait un ancien juke-box, d'où sortait de la musique populaire moderne, mais pas trop fort. Katherine prit une autre longue gorgée de bière, se leva et se dirigea vers le juke-box. Comme un élément de contrôle, il y avait un écran tactile avec un clavier, avec les titres et les genres des siècles passés qui pouvaient être recherchés. Sous le capot, le jukebox fonctionnait grâce à un ordinateur puissant avec une base de données musicale très étendue. Katherine tapa quelques mots, chercha et finit par trouver. Elle choisit un titre et retourna au bar. Elle insista auprès du serveur pour qu'il lui verse quelque chose de plus fort. Quand elle s'assit, une voix masculine de ténor, un peu fausse, commença à chanter, accompagné à la guitare électrique et la basse :

Hey baby, jump over here
When you do the ooby-dooby I just gotta be near
Ooby-dooby, ooby-dooby, ooby-dooby, ooby-dooby
Ooby-dooby, ooby-dooby, ooby-dooby, dooby-do-wah-do-wah-do-wah
Well you wiggle to the left, you wiggle to the right
You do the ooby-dooby with all of your might
Ooby-dooby, ooby-dooby, ooby-dooby, ooby-dooby
Ooby-dooby, ooby-dooby, ooby-dooby, dooby-do-wah-do-wah-do-wah*


*Ooby Dooby, Roy Orbison (Sun 242, 1956)


Joan regardait Katherine avec étonnement. "Qu'est ce que c'est que cette musique étrange ? C'est quelque chose que je n'avais encore jamais entendu", dit-elle, et elle dût crier pour se faire entendre par-dessus la musique.

Katherine ricanait largement. "On appelle cette musique du rockabilly. On en jouait dans les années 50 du XXème siècle. Cela vient du Sud, hihi ! Je ne connaissais pas non plus avant de rencontrer John. J’ai immédiatement sauté dessus. Les jambes bougent toutes seules ! Et j'en ai besoin maintenant." Elle vit Joan à ses pieds et se mit à rire involontairement. *

"Puis-je vous inviter pour cette danse, Major Ballard ?" murmura à l'oreille de voix Katherine une voix profonde et agréable. Elle respira une odeur de lotion après-rasage épicée et se retourna. Le Commandant Rodriguez s'était joint à elles et lui tendait une main ouverte. Katherine regarda Joan, leva les yeux et tendit sa main. "Alors voyons si tu peux danser aussi bien qu’on peut râper du réglisse, Hot Rod, sinon je vais te baiser..." pensa Katherine sans vergogne en suivant le premier officier sur la piste de danse. Katherine était en fait une excellente danseuse, très persévérante.

Katherine attaqua doucement, car elle avait remarqué que si Rodriguez était un danseur talentueux, un rock rapide ne lui convenait pas tout à fait. Doucement, elle prit les devants et lui donna donc la chance de s'y adapter. Pour la chanson suivante, elle reprit les rênes, parce que le rythme devenait plus rapide. A la fin de cette chanson, des perles de sueur coulaient du front de Rodriguez et sa respiration s’était accélérée.

"En avez-vous assez ?" demanda Katherine avec un sourire espiègle comme elle enlevait sa veste de cuir et la jetait dans un coin de la piste de danse. La performance des deux avait attiré des spectateurs, en particulier les jeunes officiers et les cadets qui riaient et souriaient en voyant que leur premier officier s'essoufflait lentement. "J'ai encore choisi deux chansons."

"Oh, je pourrais danser avec vous toute la nuit, Katherine. Vous êtes grande, vous avez tellement d'énergie et de mobilité, ce qui est admirable."

Il y avait un swing endiablé sur lequel elle dansait un foxtrot rapide, en trois minutes, Rodriguez obtint peu de chances de faire autre chose que respirer parce que Katherine exigeait de lui des figures particulièrement complexes. Le public riait, applaudissait et encourageait plus que jamais le couple de danseurs. Le visage de Rodriguez était toujours rouge, mais il tenait bon courageusement.

Après le dernier accord de ce swing, Katherine ôta ses chaussures plates et se tint en chaussettes sur la piste de danse. Elle retira le caoutchouc de ses cheveux noir de jais et tendit son bras droit vers Rodriguez. Elle montrait, juste avec un regard exigeant et un tel geste de la main qu'elle n'en avait pas eu assez et voulait continuer à danser. Un enseigne chuchota à l’oreille d’un camarade mais à portée de voix de Rodriguez : "Maintenant, il est à plat…" Le Colombien jeta un regard désapprobateur en direction des jeunes aspirants-officiers, puis eut un sourire diabolique. Il s'avança vers Katherine et la dernière chanson commença par une intro à la guitare. Il était un peu plus lent que le précédent morceau, mais en un instant, Katherine sut ce qui allait advenir maintenant. Le morceau s’intitulait "Crazy Legs". Le titre correspondait exactement à ce que Katherine voulait et Rodriguez fut la victime consentante.

La première strophe présentait un cadre acceptable pour Rodriguez, au premier refrain, Katherine avait déjà réalisé quelques figures simples avec lui, et cela allait encore assez bien pour lui. Mais au solo de guitare qui suivit, Katherine alluma. Elle s’appuya sur les épaules de Rodriguez, lui-même la poussa vers le haut et elle effectua sous de bruyants applaudissements un retournement élégant au-dessus de sa tête. Elle dansa autour du Commandant, lui sauta dans les bras, tourbillonnant autour de son corps, dans une figure où les pieds venaient d'abord avec les jambes écartées, puis elle devait être lancée par-dessus son épaule et revenir par une rotation rapide derrière lui sur le sol. Rodriguez s'était tourné vers elle, Katherine se pencha en arrière sur ses épaules et atterrit sur ses genoux. Il dût s'accrocher à ses cuisses afin de ne pas perdre l’équilibre alors qu’il la faisait tourner dans une pirouette sauvage. Peu avant la fin de la chanson, Rodriguez ne pouvait presque plus respirer, Katherine s’avança jusqu'à un demi-mètre de Rodriguez et lui sauta sur les épaules. Le public était en délire. Même avant que Rodriguez ne rattrape Katherine, afin de ne pas perdre l’équilibre, elle avait déjà sauté et atterri avec un saut périlleux et les cheveux au vent sur le sol. C’était la fin de la chanson. Ce fut un tonnerre d’applaudissements, tandis que Rodriguez se redressait, haletant, sur ses genoux, Katherine remettait tranquillement ses chaussures et sa veste. Vous ne le croiriez pas, mais elle était à peine essoufflée. Puis elle s’avança vers le Commandant et lui dit d’une voix angélique : " Alors, Commandant ? Voulez-vous vraiment danser jusqu’à demain matin avec moi ?"

Toujours à bout de souffle, Rodriguez remercia poliment. "Mes respects, Major Ballard, je n’avais encore jamais eu une partenaire de danse qui ait autant exigé de moi. D’où tenez-vous une telle condition physique et de telles acrobaties ?" dit-il le souffle coupé.

"Les arts martiaux et la boxe, Commandant. Il y a trois ans j'ai gagné ici, à bord du Tennessee, le championnat de boxe poids léger ", répondit Katherine en riant.

Rodriguez demanda au bar une serviette et essuya la sueur de son visage et de son cou. "Major, je voudrais avoir quelqu'un comme vous dans mon équipe. Vous auriez une quantité de possibilités ici, à commencer par…"

"... être numéro un comme danseuse personnelle et professeur d'éducation physique ? Cela pourrait vous convenir !", pensa-t-elle secrètement. "Merci pour votre proposition, Commandant", l’interrompit-elle, coquine. "Mais je me sens plus à l’aise sur Terre sous un ciel couvert et un air frais. La vie à bord d’un vaisseau spatial pour une longue durée n’est pas faite pour moi."

Résigné, Rodriguez haussa les épaules. "Quel dommage. Il pourrait s'agir d'une coopération fructueuse. Je suis toujours à la recherche de personnes à fort potentiel." Son communicateur bipa. "Excusez-moi, on m’appelle sur le pont."  Avec une élégante révérence, Rodriguez dit au revoir à Joan et Katherine.

Alors que Rodriguez quittait le ‘Casino’, Joan ne put plus se retenir et éclata de rire. "Ha ha ha ! ‘coopération fructueuse’, qu’est-ce qu’il entend par là ?"

"De toute façon, certainement pas ce que l'on entend habituellement" grogna Katherine et elle fit un geste vulgaire avec son poing devant sa bouche, appuyant sur sa joue de manière synchrone avec la pointe de sa langue vers l’extérieur. "Allons, buvons quelque chose. C'est un ordre, Lieutenant !"

Joan prit son verre de vin et but. "Bien, Major ! A vos ordres !" Elle sourit : "Kat ?"

"Oui ?"

"Tu es une grande amie. Je suis vraiment heureuse de t’avoir comme amie. Parfois, je voudrais être un peu plus comme toi."

Katherine s’étouffa presque avec le reste de sa bière. "Non, Joan. J’aurais trop peur que Curt me dise un jour que je suis un mauvais exemple pour toi !"

Les deux femmes se regardèrent en riant, et tombèrent dans les bras l’une de l’autre.

* là, j'ai dû enlever un tout petit morceau de phrase, car il y a un mot que je ne trouve nulle part et qui m'est totalement inconnu "mitwippte"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 13. Mai 2013, 16:16:28 Uhr
Danke Free Nurara !

Ich versuche zu Ihrer letzten Passagen übersetzen, ich liebe den Austausch zwischen John und Gurney ! Ich "liebe" John ! Er ist ein guter Charakter !

Pour les Françaises : j'ai presque terminé la traduction du chapitre 4, mais j'avance aussi avec ce que Free Nurara publie au fur et à mesure, et je viens de traduire l'échange entre Gurney et John, le fiancée de Katherine. C'est un chouette passage, j'aime beaucoup ce personnage de John, j'attends avec impatience de voir comment il va agir...

voici en attendant pour vous le début du chapitre 4 et un lendemain de cuite difficile pour Kat...  ;)

bizz

Limeye  :)


CHAPITRE 4

Joan attendait Katherine au ‘Casino’ avec un café fumant et des petits pains frais. Celle-ci arriva avec un air chiffonné, les yeux injectés de sang et s'assit sans un mot à la table.

"Je te souhaite le bonjour, chère Katherine ! As-tu bien dormi ? ", demanda-t-elle ironiquement. Joan était capable d'imaginer ce que Katherine avait fait la veille, à la façon dont elle la regardait le lendemain matin. Une folle nuit d'amour n'aurait pas pu causer autant que l’alcool. "Schotch, Whisky ou Tequila ?" la taquina encore Joan.

"Nnnnnnoooonnnn…" grogna simplement Katherine en regardant la tasse de café vide devant elle. Joan la servit et Katherine renifla le chaud et parfumé breuvage. "Te souviens-tu de ce que tu m’as dit hier soir ?" demanda-t-elle d’une voix rauque.

"Pas mal, qu'est-ce que tu veux dire ?" déclara Joan.

"Tu as dit que tu aimerais être un peu plus comme moi. Sois heureuse de ne pas l’être. Tu ne voudrais tout simplement pas avoir ma tête. Et je devrais prendre un peu plus exemple sur toi." Katherine sourit ironiquement. "Pourquoi ne m’as-tu pas tout simplement ramenée ?"

"Major Docteur Katherine Ballard, vous êtes assez grande pour savoir par vous-mêmes ce qui est bon pour vous et ce qui ne l’est pas. Je ne suis pas votre nounou !" s'écria Joan avec une indignation feinte. Elle aimait son amie par dessus tout, mais n'avait absolument aucune sympathie pour elle quand Katherine laissait voir de temps en temps des traces de faiblesse, car Joan savait que Katherine n’était pas une enfant de la tristesse.

"Tout va bien. Et ne m’appelle pas Docteur. J’en ai juste le titre." Katherine grimaça.

Joan déposa le communicateur de Tovin à côté de la tasse de café de Katherine, laquelle lui lança un regard interrogateur. "J’ai regardé cet appareil hier avant d’aller au lit", expliqua-t-elle. "Tovin a effectivement tenu un journal, et ses entrées sont compatibles avec ses déclarations."

"Oui, et ?", demanda Katherine en avalant deux gorgées de café.

"Sa dernière entrée correspond au fait qu'il voulait rencontrer un des lobbyistes du gouvernement samedien. Son nom est Javeed Reebah. Il est un constructeur et agent immobilier influent. Je pense que c’est le premier endroit où nous devrions chercher."

"Où allons-nous le trouver ? Est-ce que Tovin a gardé son adresse ?" demanda Katherine en coupant en deux un petit pain avec des mains tremblantes et en le tartinant de miel.

"Non, Tovin avait seulement enregistré une rencontre dans un bar, probablement le bar dans lequel il a également disparu. Mais si Reebah est quelqu’un d’important, il devrait être facile de trouver l’adresse de son entreprise. Dois-je demander à ce que l’on prépare une navette pour le vol ?"

"Très bien", soupira Katherine. "L'air frais me fera du bien. Quel temps fait-il sur Sameda ?"

Joan prit sa tasse et se pencha sur les coussins de la banquette sur laquelle elle était assise. "C'est le printemps, le soleil brille et tout était en fleur là-bas."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 13. Mai 2013, 22:57:32 Uhr
J'ai absolument A-DO-RÉ le passage de la danse endiablée de Kat! Son surnom de Hot Kat lui va comme un gant...  J'aime beaucoup sa personnalité, et je me suis marrée tout le long! Ça m'a fait penser aux émissions de la série "So you think you can dance" qui porte bien son nom d'ailleurs... J'imaginais le regard moqueur de Kat devant Rodriguez, bien trop orgueilleux pour admettre qu'il ne fait pas le poids avec elle... et je me retenais de rire moi aussi!  ;D

Un peu de sérieux, maintenant: l'intrigue ne relâche pratiquement jamais, je suis accrochée et très curieuse de connaître la suite!  [jump]

Flamme
 [goodjob]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 14. Mai 2013, 06:48:42 Uhr
Bonjour à toutes !

comme tu le dis, Flamme, le suspens ne se relâche pas, et je peux t'assurer que 8 ou 9 chapitres plus loin, il en va toujours de même...

voici une suite.

belle journée ! bizz

Limeye  :)


Les manifestants samediens qui se rassemblaient devant le Palais du Gouvernement n’avaient pas d’yeux pour le printemps et la floraison des fleurs. En signe de protestation après l’acte de Tovin, des pancartes et des banderoles avaient été érigées, dont le contenu reflétait le ressentiment d'une petite partie de la population samedienne par ailleurs pacifique. Il y avait ce matin-là, comme chaque jour depuis l’arrestation de Tovin, plusieurs milliers de manifestants rassemblés sur l'immense place devant le Palais du Gouvernement. Ces manifestations avaient diminué ces derniers jours, se déroulant le plus souvent autour de l'heure du déjeuner et les forces de sécurité présentes n’avaient souvent pas trop à faire. Mais ce jour-là, c’était un peu différent en ce doux matin. L'ambiance était tendue, il y avait une indéfinissable électricité dans l'air. Parmi les manifestants, plusieurs petites bagarres, des échanges de coups de poing et de coups de pied s’étaient produits. Tout à coup, des pierres volèrent en direction des forces de sécurité et les premiers manifestants tentèrent de briser les barrières, mais furent contraints par des agents de police et des gardes du palais de plus ou moins se détourner, ce qui enflamma davantage la situation. Aujourd'hui, certains des manifestants avaient jeté des pierres et s’étaient spécialement préparés pour la bastonnade. Les manifestants poussèrent contre les barrières jusqu’à ce qu’elles tombent. Plusieurs pierres furent lancées contre les lampadaires et les fenêtres, le verre tinta et des cris de douleur se firent entendre. Quand les premiers coups de semonce des gardes de sécurité retentirent, la première réponse fut incendiaire. Puis l'enfer se déchaîna.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 14. Mai 2013, 10:15:19 Uhr
Le soleil était chaud sur la petite île. Elle était allongée dans les dunes et regardait le ciel bleu, lumineux, sans nuages. Des mouettes poussaient des cris perçants et une légère brise venait de la mer. Soudain, elle se leva et descendit l'étroit sentier vers la plage. Le sable blanc coulait à travers ses orteils, petits morceaux de coquillages piquant ses pieds nus. La plage était déserte. Elle se dirigea vers le bord de l'eau et laissa l'eau fraîche submerger ses pieds. Au-dessous de l'eau, le vent était fort et quelques mèches de cheveux verts fouettaient son visage bronzé. Elle se sentait parfaitement à l'aise et en sécurité. Mais il manquait quelque chose. Puis elle entendit une voix familière appeler son nom. Elle regarda autour d'elle. A l'Est, elle vit une figure masculine qui lui faisait signe. On pouvait voir un sourire sur son visage. Il portait une chemise de lin blanc lâche qui flottait dans le vent et des jeans coupés. Elle s’avança vers son visage. D'abord lentement, puis elle se mit à courir, vite, de plus en plus vite. Encore une fois, l'homme cria son nom. Maintenant, elle courait aussi vite que ses pieds pouvait la porter, mais elle ne pouvait pas se rapprocher. " Sam !" cria-t-elle." Sam ! Attends-moi !" La plage lui semblait de plus en plus grande et plus elle courait, plus l’homme s’éloignait. "Nurara !"s'écria Sam en lui faisant signe. Il souriait toujours, et ses cheveux noirs volaient dans le vent. Nurara courait comme une folle, mais elle ne pouvait pas l'atteindre. Elle sentait un nœud dans sa gorge et la panique grandissait en elle. "Sam ! S’il te plaît, ne t’en va pas ! Sam ! Je t’aime !" cria-t-elle contre le vent. Sam souriait et criait seulement : " Nurara !" Nurara courait toujours, elle trébucha et tomba la tête la première dans le sable chaud. Quand elle se redressa, Sam avait disparu." Sam ? Sam ? Où es-tu ?" Elle regardait autour d’elle, derrière elle, et aussi vers le chemin tortueux qui conduisait dans les dunes. Elle n'avait pas bougé d'un mètre. Des larmes de peur montaient en Nurara. " Sam ? S’il te plaît, reviens ! J’ai besoin de toi ! Nous avons besoin de toi ! Sam !"

"Sam ?" Nurara se réveilla de son sommeil. Elle regarda autour d’elle et se retrouvait dans le lit de sa chambre d’enfant. Elle était sur Mars, dans la maison de ses parents, chez sa mère. Au pied du lit se trouvait son ancien lit dans lequel Jelana dormait maintenant paisiblement en gargouillant. Nurara sentait des larmes chaudes couler sur ses joues et tomber goutte à goutte sur la peau de sa poitrine nue. Elle regarda l’heure. Dans deux heures, le soleil se lèverait et Nurara devrait passer une nouvelle journée sans son bien-aimé Sam, comme elle le faisait depuis presque un an et devrait le faire pour le reste de sa vie.

Nurara ne pouvait pas dormir, alors elle décida de se lever pour préparer le petit déjeuner pour elle et sa mère. Elle attrapa un T-shirt et se glissa dans un confortable pantalon de sport. Dans le couloir, tout était encore calme, Emelda, sa mère dormait encore. Comme elle se dirigeait vers la cuisine, elle regarda son communicateur sur lequel clignotait une lumière bleue, elle avait reçu un message dans la nuit. Nurara prit le communication dans sa main et le regarda. C'était seulement un texte d’une ligne : "Newton vous cherche et il est en route." L’expéditeur était Jessof, le capitaine de port d’Haroa. Elle lui avait versé un bonus supplémentaire pour le cas où quelqu'un effectivement la demanderait, pour qu’il la tienne au courant. Pour l'instant, cela signifiait pour Nurara de devoir disparaître aussi rapidement que possible. Sa mère ne serait sans doute pas contente qu’elle lui laisse Jelana pour quelques semaines. Non parce qu’Emelda ne pouvait pas s’occuper de Jelana, mais parce qu'elle était d'avis qu’une mère devait toujours être là pour son enfant. Pour Nurara aussi, c’était difficile de penser devoir laisser sa fille - cela lui déchirait le cœur, mais compte tenu de la situation, Jelana était tout simplement plus en sécurité avec sa grand-mère sur Mars. Nurara décida de réveiller sa mère. Tranquillement, elle entra dans la chambre d’Emelda et s'assit sur le bord du lit. "Maman ?", murmura-t-elle. "Maman, je dois partir immédiatement."

Une seconde plus tard, Emelda était réveillée. "Qu’est-ce qui se passe ?"

"Newton est après moi. Je dois retourner à mon vaisseau et quitter Haroa. Raconte-lui n’importe quoi. Envoye-le, je ne sais pas, vers le système de Tonell ou ailleurs, le principal étant qu’il soit loin de nous. Nous ne pouvons donc pas vivre sur Mars, Maman. Il n'abandonnera jamais. Quand je reviendrai, je veux que tu ais préparé tout ce dont tu auras besoin."

"Veux-tu rejoindre Kuolun ?", demanda Emelda.

Nurara ferma les yeux et secoua lentement la tête. "Non, maman. Il est parti. Une fois pour toutes. Je ne sais même pas où il est et cela m’est complètement égal. Je voudrais - et je veux - ne plus jamais le voir. Il ne serait pas bon pour Jelana."

Emelda leva la main et caressa la joue de Nurara. "C’est une bonne chose. Je suis heureuse que tu sois devenue raisonnable. Mais je ne comprends pas pourquoi tu l‘as fait sortir de prison. Maintenant, tu as plusieurs vies sur la conscience. Pourras-tu vivre avec cela ?"

Nurara n’essaya même pas d'esquiver cette question. "Non, je ne peux pas vivre avec cela, mais je le dois. Pourquoi l'ai-je sorti de prison, je ne peux même pas le dire maintenant. J’ai des questions. Et jusqu’à aujourd’hui, je n'ai pas reçu de réponses."

"Tu devras tout le reste de ta vie être très prudente dans ce que tu feras, ce que tu diras et à qui tu le diras", dit Emelda sinistrement. "Tu peux seulement compter sur la chance que les recherches se soient arrêtées."

"Ce qui n’empêche pas Newton de toujours me poursuivre", répondit Nurara avec mépris.

"S'il apparaît ici, je lui dirai certaines choses, ma chérie", promit Emelda. Elle s’était entre temps levée de son lit et avait attaché ses longs cheveux verts. "D'ailleurs, qu'est-ce qu'il a contre toi ? Mis à part un vague soupçon ? Rien ! Il n'a même pas de pouvoirs de police. Il est juste un scientifique."

"Un scientifique avec deux canons à protons et un petit navire de guerre sous sa veste", grogna Nurara. "Maman, je dois y aller ! Je vous appellerai quand je serai sur le chemin du retour."

"C’est bon, ma chérie", répondit Emelda et prit tendrement sa fille contre ses cheveux noirs. "Et s’il te plaît, prends soin de toi."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 14. Mai 2013, 16:49:08 Uhr
A quinze kilomètres de là, Joan et Katherine ne perçurent rien des excès violents qui se produisaient dans le quartier du gouvernement de Samad. Elles se tenaient devant l'immense bâtiment de la Reebah Real Estate Enterprise, impressionnées par la prouesse architecturale de celui-ci. Dans le hall d'accueil spacieux, assise derrière un élégant bar semi-circulaire vert foncé en glasit se tenait une jeune et jolie Samedienne. Les habitants de Sameda étaient grands et minces, ils étaient des humanoïdes ressemblant à des humains, à la peau allant de brun foncé à noir profond, brillante, qui semblait recouverte de vernis transparent. Ils avaient les cheveux naturellement et étonnamment colorés et brillants, les couleurs variant du bleu ou vert au violet. L'évolution samedienne - comme celle de l'Homo sapiens – s’était faite à partir d'un singe carnivore, mais ses dents encore visibles malgré les millénaires s’étaient développées en crocs et en étaient la preuve. Le plus frappant, cependant, était le grand lambeau de peau, qui prenait naissance en dessous du nombril et couvrait l'ensemble du corps et formait comme une jupe plissée chez les adultes pour se terminer finalement juste au-dessus des chevilles. Ce morceau de peau servait de protection pour leurs organes génitaux et de distributeur de chaleur par temps froid. Chacun, qui vivait sur Sameda II, décorait son morceau de peau avec des tatouages plus ou moins élaborés. Anatomiquement, les hommes et les Samediens étaient comparables, mais incompatibles génétiquement.

La jolie réceptionniste découvrait les deux jeunes humaines et elle rayonnait d’un sourire de prédateur blanc nacré. "Bonjour, Mesdames. Bienvenue à la Reebah Enterprise. Je suis Sisgha. Que puis-je faire pour vous ?"

Katherine sourit aimablement et lui dit : "Je suis la Major Katherine Ballard, et voici ma collègue, la Lieutenant Joan Landor. Nous avions rendez-vous avec Monsieur Reebah." Sisgha vérifia dans son ordinateur et appuya sur un bouton sur l'écran tactile, puis dit quelque chose dans sa langue dans son casque. Puis elle dit : "S'il vous plaît, prenez place de moment, vous allez être reçues par Javeed."

Javeed Reebah accueillit les deux policières avec une élégante révérence dans son luxueux bureau. "Mesdames, je me réjouis de pouvoir vous accueillir dans cette modeste pièce. Que me vaut l’honneur de votre visite ? S’il vous plaît, asseyez-vous." Il désigna d'un geste extravagant un canapé dans son bureau, qui ne se composait apparemment que de coussins colorés.

Une fois les deux femmes assises, Katherine répondit d'une voix grave : "Mister Reebah…"

Javeed secoua la main : "S’il vous plaît, appelez-moi Javeed, nous ne portons notre nom de famille que pour des raisons de pure forme."

Katherine reprit : "Javeed, le nom d’Abraham Jake Tovin vous dit-il quelque chose ?"

Javeed s'était assis comme les deux femmes, les jambes croisées, et tira son lambeau de peau brun. Il réfléchit un moment et dit : "Oui, c'est un officier de rang supérieur, n'est-ce pas ?  Si je me souviens bien, il a travaillé comme conseiller militaire avec la délégation qui voulait visiter les parcelles de Sameda II pour une coopération Terrien-Samedien et est devenu fou dans le quartier de divertissement il y a quelques jours, non ? Tragique affaire..."

"Nous avons trouvé dans les dossiers de Tovin une entrée indiquant qu'il voulait vous rencontrer le jour de son coup de folie. Que savez-vous à ce sujet ?", demanda Joan d'un air froid.

Javeed haussa les épaules. "Beaucoup de personnes veulent me rencontrer, en tant qu'entrepreneur, je suis un homme occupé. Il est fort possible qu'il ait demandé à avoir un rendez-vous avec moi."

"A-t-il obtenu ce rendez-vous ?", insista Joan.

"S'il l'avait obtenu, je le saurais. J'aurais certainement remarqué que je devais avoir une rencontre avec un militaire terrien. Surtout, si cela concerne mon entreprise. Mais non, je n'ai pas rencontré Tovin." Javeed fit un charmant sourire à la ronde.

"Où étiez-vous au moment des faits ?", demanda Katherine avec insistance. Elle ne connaissait pas la psychologie samedienne et ne pouvait compter que sur son instinct, mais elle se doutait que cet entrepreneur ne disait pas toute la vérité.

"J'étais là dans le bureau et j'avais une réunion avec mes directeurs de ventes. Vous êtes libres de les interroger." Le sourire de Javeed devenait un peu forcé. "Suis-je soupçonné d'avoir à faire avec ce saccage ?"

Katherine souriait maintenant doucement et regarda le Samedien profondément dans ses yeux jaunes. "Non, Monsieur, nous essayons seulement de reconstituer ce qui s'est passé ce jour-là et comment c'est arrivé. Il est encore trop tôt pour porter des soupçons sur quiconque."

A ce moment, le secrétaire du magnat entra dans le bureau. La peur et la panique étaient inscrites sur son visage. Elle parla à son patron en samedien et ressortit. Javeed bondit comme mordu par une tarentule et se dirigea vers son bureau. Là, il prit une télécommande dans sa main et alluma un écran plat qui occupait la moitié de la paroi opposée. Katherine et Joan retinrent leur souffle devant ce qu'elles voyaient maintenant. Batailles de rue, véhicules en feu, morts, blessés et des véhicules blindés étaient visibles grâce à une vue aérienne. Et à plusieurs reprises, des manifestants qui se battaient contre la police et les militaires.

"Oh mon Dieu...", gémit Katherine.

Javeed regardait désormais les deux femmes avec dégoût. "Voyez maintenant ce que votre Colonel a fait. Ca devient une guerre civile ! Je crois que vous feriez mieux de partir. Vous n'êtes plus les bienvenues ici !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 14. Mai 2013, 20:05:21 Uhr
Merci Limeye!

Moi aussi, j'aime beaucoup le personnage du "Cow Boy" John...avec Hot Kat.....Bien que Free Nurara nous ait recemment rajoute Hot Maggie....Apres Joan, John? ;D hmmm....Tentation quand tu nous tiens....

(je ne voudrais pas trop devoiler la suite pour les non germanophones....).

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 14. Mai 2013, 20:57:42 Uhr
Bonsoir à toutes et tous,

En fait, il y a plein d'aspects intéressants dans cette histoire :

- l'intrigue, qui est très fouillée et offre de multiples rebondissements (et on n'en est qu'à la moitié..., ce qui équivaut approximativement pour ma traduction à un dixième de l'histoire...  ;) - en tout cas, tel que Free Nurara est parti pour l'instant  ;) )

- les personnages qui sont tous bien campés, différents, et qui pour l'instant, tiennent tous bien leurs rôles !  J'avoue avoir du mal à dire qui je préfère... Kat a un rôle central, du côté des "gentils", c'est vrai. Mais j'aime bien aussi des personnages comme Taggart qui apparaît seulement maintenant (chapitre 12), Tovin aussi... Curtis est un peu en retrait, mais je pense qu'on va avoir droit d'ici peu à ce qu'il prenne une place plus importante dans l'histoire. Ezra a un côté "paternaliste" très professionnel. En l'état actuel du récit, c'est sans doute parmi les personnages issus du dessin animé celui qui est le plus "proche" de notre perception française. Curtis et Joan sont différents. Otho et Grag apparaissent peu (mais savent rappeler qu'ils sont à la fois une boîte de conserve et un vieux chewing-gum), Simon est quasiment absent (mais je pense qu'on le verra à l'oeuvre aussi bientôt ?, n'est-ce pas Free Nurara ?).

- et donc je peux vous dire que je ne sais pas comment ça va finir (d'après les lectrices allemandes, en après-midi shopping pour ces dames, avec John et Curtis en porteurs de paquets...  ;D), mais plus le récit avance, et plus c'est palpitant !

je dis donc : courage, Free Nurara, pour la suite !!! Und schreib mal wieder  [work]

Dernière nouvelle me concernant, j'ai attaqué la traduction du chapitre 5. Je me relis et je vous livre un autre passage ce soir.

bizz et belle soirée ou fin d'après-midi pour les outre-Atlantique ;)

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 14. Mai 2013, 21:11:31 Uhr
A l'extérieur du bâtiment, les deux femmes se regardèrent un instant. "C'était probablement rien", dit Joan avec résignation. "Et maintenant ?  Allons-nous au Tennessee ou au poste de police local ?"

Katherine mit ses mains dans ses poches et regarda un moment la pointe de ses bottes. "Laisse-moi réfléchir. Quelque chose au sujet de Javeed sonne faux. Ne penses-tu pas qu'il a réagi de manière excessive à notre coup de pied ? Je pense que nous sommes des enquêteurs étrangers qui essayons d'apporter de la clarté dans cette affaire. Dans le centre-ville, une révolte éclate et il nous pousse dans une certaine mesure à nous sentir coupable. Ce n’est pas mon sentiment qu’il soit derrière quelques manifestants mécontents qui sont lynchés par un seul. Ce que nous venons de le voir, a été planifié, dirigé, appelle ça comme tu veux. Javeed s’y attendait, mais pas maintenant. Je parie ma solde de l'année qu'il a à voir avec cela. Tout le monde ici veut une révolution politique et Tovin n'est qu'un pion. Et nous, jolies filles, sommes depuis même pas une heure sur cette planète et commençons à nous sentir mal à l’aise."

"Théorie risquée, Kat. Si cela devait être le cas, alors c’est beaucoup trop grand pour nous deux. Nous devons partir d'ici et demander à Becker de se diriger vers le système solaire."

Katherine sourit diaboliquement. "Au fond, je suis d'accord avec toi, c'est en fait une histoire dans laquelle nous allons tous terriblement nous brûler les doigts. Mais tu ne veux pas savoir ce qu'il y a derrière ? Moi si !"

Joan leva son index en signe d’avertissement. "Kat, je te préviens ! Tu sais ce que Garnie t’a dit ? Pas d’initiative personnelle !"

Katherine passa un bras amical autour des épaules de Joan. "Pas d’initiative personnelle, promis ! Je t’ai encore avec moi !"

Joan roula des yeux et poussa un fort gémissement. "J’ai deviné", dit-elle doucement, et elle reçut en réponse un éclat de rire de Katherine.

"Viens, Joan, allons voir la scène du crime. Le quartier des distractions est relativement éloigné de la circonscription administrative. Je tiens à voir le bar où se trouvait Tovin avant son acte."

Un taxi mena les deux policiers dans Lojba, le quartier des divertissements de la capitale Samad. Elles roulaient sur la route, là où Tovin avait jeté des grenades autour de lui. Des façades étaient noircies par la suie, de nombreux bâtiments avaient été gravement endommagés au rez-de-chaussée, les fenêtres avaient été provisoirement réparées avec des planches ou des films plastiques robustes.

Le taxi s'arrêta devant une entrée au sous-sol indéfinissable. Le chauffeur de taxi se retourna et demanda : "Etes-vous certaines que vous voulez y aller ? Vous savez ce qui se passe. Ce bar n’est pas forcément un bon endroit pour des Terriennes."

Katherine paya le conducteur pour sa course, sous la forme de quelques pièces locales dans la main. "Ne vous faites pas de souci pour nous. Si vous voulez, vous pouvez nous attendre ici, nous serons de retour dans moins de dix minutes", répondit-elle avec un clin d'œil en ouvrant la porte.

Quand Joan fut sortie, le chauffeur de taxi repartit avec crissements de pneus. "C’est donc non", grogna Katherine en regardant autour d’elle. Des passants pressés regardaient les deux femmes avec circonspection, en chuchotant et en sifflant des propos inintelligibles. Aux oreilles des deux femmes, ça sonnait comme des malédictions ou des imprécations. Katherine passa sa main sous sa veste en cuir et chercha son pistolet à proton dans son holster d'épaule, juste pour s'assurer que l'arme était toujours en place, Joan fit de même. Entre temps, toutes deux ne trouvaient plus exagéré d’être armées sur cette planète. Leur seule présence faisait ressortir contre elles la haine pure et le simple mépris de la population.

"Allons-y, Kat. Plus tôt nous repartirons. Je commence à me sentir assez mal à l’aise ici", dit Joan à voix basse.

"Tu as parfaitement raison", chuchota Katherine en descendant les quelques marches qui menaient à l'entrée du sous-sol du bar.

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 15. Mai 2013, 07:16:51 Uhr
Bonjour !

je ne sais pas encore à quoi va ressembler ma journée, je posterai certainement ce midi, mais voici déjà un petit morceau...

bizz et belle journée à vous !

Limeye  :)



Dès l'entrée, toutes deux furent arrêtées par un très obèse Samedien à la peau foncée. "Où allez-vous  toutes les deux ? Je ne pense pas que vous ayez perdu quelque chose ici, ma chérie !" grogna-t-il en montrant les dents vers Joan. Ses canines étaient aiguisées et lui donnait un air très dangereux.

Joan regarda l'homme avec mépris et répondit d'un ton impérieux : "Police de l’espace. Nous aimerions parler avec le chef de cet établissement. Et si tu ne veux pas nous mettre en colère, tu nous laisses passer, le gros !"

"J’ai toujours voulu grignoter quelque chose comme toi. Comment voulez-vous que je me mette en colère après deux jolies poupées comme vous, hein ? J'ai juste besoin de prendre une profonde respiration et vous accrochez sous le nez !"

Joan leva sa veste et fit étinceler la poignée de son arme. "Encore une question, gros lard ?" lui répondit-elle de manière non moins méprisable.

Katherine se tenait déjà à côté d’elle et pointait son arme sur la nuque du videur. "Écoutez attentivement, rouleau de lard", siffla-t-elle. "Nous ne voulons vraiment pas causer des ennuis, mais si vous ne voulez pas respirer l’air le plus pur par un nouvel orifice dans le corps, conduisez-nous à votre patron ! Ai-je été assez claire ? Et ne m’appelez pas jolie poupée !e Les yeux violets du portier s’ouvrirent en grand quand il vit que Katherine avait enlevé la sécurité de son arme et était prête à "tuer".

"Bien, bien !" L'homme leva les mains et tira le rideau épais qui séparait l'entrée de la buvette de l’extérieur. "Derrière le bar, Povlek, le gars avec les cheveux rouge foncé."

Joan les couvrait encore de son arme et Katherine cacha la sienne. "Ne t’en va pas, pourquoi le faire maintenant ?" dit-elle joyeusement, en tapotant la joue charnue du videur, puis en se balançant d'avant en arrière.

"Ton pouvoir de persuasion te mènera toujours trop tôt à la tombe, Kat", chuchota Joan à son amie, alors qu'elles entraient dans la salle commune. Une trentaine de paires d'yeux, toutes d’origine samedienne les dévisagèrent. Cela sentait l'alcool fort, l'air était rempli de fumée et il n'était même pas midi.

"Oh, j’ai bien l’intention de finir vieille, Joan, et de faire sauter mon petit-fils sur mes genoux, je te le promets. Pouh ! Ca pue ici !" répondit Katherine calmement et elle se dirigea droit vers le comptoir, sans même un regard pour les personnes présentes. Elle s’adressa au Samedien d'âge moyen aux cheveux rouge foncé.

"Etes-vous Povlek ? Nous avons quelques questions à vous poser."

"Je ne pense pas que des humains devraient poser des questions ici, petite fille. Va te faire foutre si tu tiens à ta vie", répondit Povlek tout en essuyant des verres. Son visage était entièrement tatoué avec des lignes blanches et percé d'ornements en argent et des bijoux. Povlek n'avait même pas pris la peine de regarder Joan ou Katherine.

Katherine prit une profonde inspiration avant de répondre. "Monsieur Povlek, nous sommes de la police de l'espace et autorisées par les autorités locales à enquêter sur ce terrible incident. Je ne voudrais pas lier d’amitié avec vous ou vous causer des difficultés. Je voudrais seulement que vous répondiez à quelques questions. Si vous coopérez, nous serons parties dans quelques minutes et vous et vos clients pourrez continuer en toute sécurité à fumer vos drogues illégales. Sinon, nous partons immédiatement et en moins de dix minutes, une patrouille de police sera ici. Elle serait très intéressée par ce qui se passe ici et qui est plus que de la simple fumée de tabac. Alors ?" Elle lui sourit avec des yeux d'ange. "Venez-vous avec nous ?"

"Ah, merde…" murmura Povlek en reposant le verre. Puis il reporta toute son attention sur Katherine. Joan tournait le dos au bar et surveillait les clients. "Que voulez-vous savoir ? Faites vite, avant que mes clients ne s’impatientent."

Katherine sortit son datapad de la poche de la jambe de son pantalon de couleur olive et montra une photo du Colonel Tovin. "Connaissez-vous cet homme ?"

Povlek éclata d’un rire bref. "Bien sûr, c'est le fou qui est responsable de cette merde. Qui ne le connaît pas ? Son horrible visage passe toutes les heures dans les médias !"

Le charmant sourire de Katherine se transforma en un masque glacé. "Il a déclaré dans son témoignage qu'il s’était trouvé ici et avait bu avec des habitants. Pouvez-vous confirmer cela ?"

Povlek secoua la tête. "Ici, le soir, l’établissement est plein à craquer. J'ai passé toute la nuit derrière le bar et ne peux pas vous dire s'il était là. Si oui, alors quelque part là-bas dans un recoin. Ici, à la réception, ce n’est pas sûr."

"Qu'en est-il de vos employés ? Quelqu'un de votre personnel pourrait se souvenir de lui ?", insista Katherine.

"Peut-être, peut-être pas. Mes deux serveuses sont parfois tellement stupides qu’elles peuvent simplement se souvenir d’une commande entre la table et le comptoir."

"Vous n’avez pas une grande opinion de votre personnel ?!"

"Rien de tel pour vous. Ca suffit ?" Povlek prit un autre verre et commença à l’essuyer.

Katherine se pencha par-dessus le comptoir, retira le verre de la main du propriétaire du bar au point de le faire éclater. "Non, ça ne suffit pas, Monsieur !", le rembarra-t-elle. "Si vous ne voulez pas que ma collègue fasse tout sauter ici, vous allez enfin me donner une réponse convenable, c’est clair ? Où sont vos employés aujourd’hui ?"

Exaspéré, Povlek jeta sa serviette sur l'épaule et se dirigea vers une porte coulissante qu’il ouvrit. "Lilla, Tabra, kveok nar haman !", rugit-il dans la pièce. Une seconde plus tard, deux magnifiques sœurs jumelles, à la peau brun foncé, entrèrent. Elles ne différenciaient que par les couleurs des tatouages  par ailleurs identiques sur leurs lambeaux de peau. Les motifs de Lilla étaient vert et blanc, ceux de Tabra bleu et jaune.

Katherine présenta la photo de Tovin aux deux femmes. "L’une d'entre vous a-t-elle vu ici cet homme le soir des attaques et l’a peut-être servi ?"

Les sœurs jetèrent un regard interrogateur à leur patron, ce dernier leur suggérant par un hochement de tête muet de répondre. Tabra dit alors : "Il était assis à l'une de mes tables et commandait une bière après l'autre. De la stout. Il pouvait supporter de boire beaucoup."

"Y avait-il quelqu’un avec lui ? Un habitant peut-être ?" demanda Katherine d’une voix douce. Elle estimait que Tabra n’était pas à l'aise pour répondre en présence de son patron.

Elle secoua la tête fermement. "Non, il n’y avait personne avec lui."

"Vous avez peut-être bu avec lui ?"

Tabra ouvrit de grands yeux. « Non, je ne l’ai pas fait. Povlek nous a interdit de boire avec les clients », répondit-elle avec horreur.

"Parfois, elles le font, mais si c’est plein, je ne peux pas le voir. Dis la vérité, Tabra !" grogna Povlek en levant une main menaçante.

Tabra hésitait. "Oui, j'ai bu un pichet de bière avec lui, c'est tout. Il a ensuite payé et est parti. Il m'a donné un pourboire généreux."

Katherine prit une profonde inspiration. "Bien, dernière question, Tabra. Tovin a-t-il dit quelque chose, qu'il attendait ou voulait rencontrer quelqu'un ici ?"

Tabra prit le temps de réfléchir. "Non, la seule chose qu’il m’ait dite est qu’il me trouvait charmante et qu’il aimerait me sortir de ce trou."

"Fais attention à ce que tu dis, Tabra !" pesta Povlek.

Katherine eut un sourire évasif. "Merci beaucoup. Vous nous avez vraiment aidées. Bonne journée ! Viens, Joan !"

Lorsque les deux policières eurent quitté le bar, Povlek lança une claque dans le visage de Tabra. Puis il retourna à son bureau, ouvrit le coffre et en sortit un communicateur. C'était un BS Omni MK6-64. Il l’alluma et appuya trois fois rapidement sur un bouton. A l’autre bout, une voix humaine masculine répondit : "Oui ?"

"Elles sont venues ici et ont posé des questions. Encore une fois, tout s’est passé normalement."

"Heureusement pour vous, Povlek. Si elles reviennent, vous mettez la blonde hors course, sans laisser de traces. Vous me laisserez celle aux cheveux noirs."

"Comme vous voulez, Monsieur !" répondit Povlek, puis il entendit un bruit de craquement et la communication fut interrompue.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 15. Mai 2013, 13:38:54 Uhr
Comme la navette spécialement affrétée décollait avec elles, Joan et Katherine se sentirent heureuses de laisser Sameda II derrière elles. Sur le chemin de l'astroport et dans l'aérogare, elles avaient été publiquement attaquées à plusieurs reprises par des habitants en colère et une jeune Samedienne avait même tenté de s’en prendre à Joan, et les forces de sécurité de l'astroport avaient dû intervenir. Officiellement, le gouvernement samedien était encore aux côtés des Terriens, mais l'opinion publique tenait des propos haineux. Les humains n’étaient plus les bienvenus sur Sameda II.

Katherine resta un moment perdue dans ses pensées, gardant le silence, mais Joan savait que les synapses travaillaient à toute vitesse derrière son front. "A quoi penses-tu, Kat ?", demanda-t-elle.

Katherine ferma les yeux et secoua lentement la tête. "Javeed et Povlek. Tous les deux savent quelque chose et essayent de le cacher. Que font-ils ensemble ? Et as-tu remarqué comment Povlek a impressionné la pauvre Tabra ? Elle sait autre chose. Elle voulait nous le dire. Ce cochon est probablement en train de la battre."

"Oui, j'ai remarqué. Nous devrions essayer de parler avec elle seule", répondit Joan. "Nous devrions retourner sur cette planète."

Katherine se redressa et secoua la tête, sa queue de cheval faisant des allers et retours. "C’est hors de question. Si nous y retournons, nous nous ferons lyncher. Je suis parfois un peu dingue, mais je sais que Dieu ne m’a pas encore fatiguée de la vie. Même si nous y allions avec Takashi et quelques hommes, nous nous ferions griller, peler ou pendre. C’est trop dangereux, Joan."

Fatiguée, Joan réfléchissait, puis elle plongea la main dans la poche intérieure de sa veste et en sortit son communicateur personnel. Elle effectua quelques manipulations et lança une seule connexion. Puis elle regarda Katherine en souriant et se leva sans dire un mot pour se rendre vers le cockpit. Au bout de quelques minutes, elle revint et s'assit à côté de Katherine, lui adressant un sourire satisfait, et la regardant droit dans les yeux.

"Veux-tu me laisser partager ta joie, Joan ?"

"Nous recevrons un appel ce soir. De Tabra", dit Joan en souriant. "Le pilota la connait et lui a donné mon numéro de communicateur. Il n’a pas de réserve vis-à-vis des humains."

"Et s’il t’avait menti ? Comment sais-tu si nous pouvons lui faire confiance ? Je ne fais presque plus confiance à quiconque d'autre que toi, pas même à Van den Bosch et Rodriguez." Katherine fit une pause. "Certainement pas à ce porc."

"Si jamais il ment, alors je lui ai dit que lors du prochain vol, je le jetterai par le sas et il faudra alors expliquer à Curtis où j’ai gaspillé son cadeau de Noël. Par ailleurs, nous sommes à une demi-heure de vol pour rentrer à bord du Tennessee."

"Pourquoi ?", demanda Katherine, méfiante. "Je dois aller aux toilettes et cette boîte de fer-blanc n'en a pas."

"La flottille se déplace dans l'espace pour effectuer un exercice de combat spatial, Becker veut éviter les provocations."

"Becker ou Rodriguez ?", demanda Katherine non sans un certain sarcasme dans la voix.

Joan fut soudain sérieuse. "Penses-tu vraiment que Rodriguez envisage de prendre le contrôle du vaisseau ? Comment peut-il s’emparer avec une poignée d’officiers loyaux d’un tel géant avec des milliers de soldats à bord ?"

"Je l’en crois capable, si on se fit à ce que la Hollandaise a dit. Il ne le fera pas par la force. D’une part, il est trop intelligent, et deuxièmement, il ne peut pas emporter l’adhésion de tout l’équipage - c’est impossible. Il utilise la dépression de Becker pour lui-même, il le déclarera inapte et assumera les commandes, conformément à la loi, comme un officier supérieur."

"Tu n’es pas sérieuse, Kat ?"

"Non, je ne crois pas que ce soit possible. C’est juste une hypothèse. Rodriguez est un lèche-bottes et un flagorneur. Tant que Becker lui laisse les mains libres pour jouer avec le vaisseau, Hot Rod est heureux. En outre, la situation actuelle est assez délicate."

Katherine, qui était assise près de la fenêtre tribord, jeta un coup d'œil au-dehors. Le Tennessee de  presque un mile de long apparaissait comme un petit point de lumière dans l'obscurité de l'espace. "Ah, enfin", grogna-t-elle. "Il était temps."

Joan regardait par la fenêtre de l'autre côté où Sameda II était encore reconnaissable à l’œil nu comme la planète bleue. "Espérons que tu aies raison, Kat", murmura-t-elle doucement, tandis qu'un sentiment d'angoisse grandissait au creux de son estomac.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 15. Mai 2013, 20:22:42 Uhr
Bonsoir tout le monde !

Apparition d'un nouveau personnage : le concurrent du Capitaine... à vous de juger...

bizz !

Limeye  :)


Dans le hangar des navettes du croiseur de bataille, il y avait foule d'activités. L'immense hall était grand comme deux terrains de football, et faisait cinquante pieds de haut, il était éclairé par de vives lumières blanches. L'éclairage était maintenant plus doux et des lampes rouges tournaient et clignotaient dans chaque coin. Le grand vaisseau était en alerte de combat. Katherine avait sa propre alarme. La rampe leur navette n'était pas encore complètement baissée qu'elle avait déjà disparu dans un coin sombre en direction des toilettes comme si elle avait été mordue par une tarentule. 

Joan prit le temps de regarder un peu autour d'elle dans le hangar. Dans cette zone du vaisseau débarquaient les combattants et les chasseurs-bombardiers, qui étaient entretenus, armés et réapprovisionnés, puis amenés par un grand ascenseur à un étage inférieur, pour être prêts à partir avec un nouveau pilote bien reposé. Le Tennessee comptait même un escadron de Super Sabre, des chasseurs et trois escadrons de bombardiers, ce qui correspondait à un total de cent huit appareils. Avec les deux cent seize chasseurs et bombardiers du Courageux, il s'agissait d'une unité de combat impressionnante et puissante. Tous les chasseurs et les bombardiers devaient être en mesure d'agir efficacement dans l'espace cosmique et aussi dans l'atmosphère d'une planète. Les pilotes de chasse du "groupe d'expédition avancé" appartenaient à l'élite de la flotte spatiale solaire et étaient très bien formés. Ils étaient charmants et beaux à regarder, pensa Joan, quand elle saisit par réflexe un casque de pilote qui lui était jeté du cockpit d’un Sabre. Elle leva les yeux dans la direction d'où venait le casque et trois mètres au-dessus d'elle, elle vit un le jeune homme avec une touffe de cheveux noirs, portant le grade de Major sur sa combinaison. Il était beaucoup plus jeune qu'elle, et quand il vit le visage surpris de Joan, il eut un large sourire puéril. Avec élégance, il sauta hors de son cockpit et descendit rapidement par l'échelle. Il sauta les derniers échelons et atterrit en pliant souplement les genoux à côté de Joan. Avec un large sourire presque machiste, il tenta de prendre doucement le casque des mains de Joan.

"Difficile de faire plus cliché", se dit Joan en tenant le casque avec une certaine résistance. Elle regarda son insigne : Major P. Becker. Puis elle regarda le jeune homme. Il avait les cheveux bruns, raides, des pattes courtes qui prenaient fin avec son lobe d'oreille et les yeux verts. Et un sourire éblouissant. Becker. Joan regarda de nouveau l'homme de plus près. Il avait une ressemblance frappante avec le Commodore Becker, mais ses cheveux et la couleur des yeux devaient lui venir de sa mère. Joan prit le risque, seule avec sa conscience, que le pilote continue à lui sourire.

"Pensez-vous que votre père tolérerait que ses pilotes en alerte de combat flirtent avec des civils féminins sur le pont du hangar ?"

"Mon père me donnerait un sacré coup de pied au cul pour retourner au cockpit, s'il s'agissait d'une véritable alarme. Major Peter Becker, cinquième escadre de chasseurs-bombardiers." Son sourire était tout simplement magnifique. Ce garçon, qui avait tout juste la vingtaine, avait un petit quelque chose. Joan ne put s’empêcher de lui sourire en retour. Il lui tendit la main et saisit Joan. Sa poignée de main était ferme, mais sa main était chaude et douce, et de plus, il avait les ongles d'une propreté remarquable.

"Lieutenant Joan Landor, de la police de l’espace." Joan ne put s’empêcher de lui adresser un grand sourire. "Si jeune et déjà Major ? Je suis très impressionnée !"

"C’est très courant. Notre espérance de vie n'est pas très élevée, mademoiselle. Ceux qui survivent à plus de cinq missions de combat entrent alors à trente ans à l’Amirauté."

"Combien de missions de combat avez-vous déjà derrière vous, Major ?" Joan n'était pas sûre de bien estimer Peter Becker : gonflé, arrogant, naïf ou enfantin.

Becker leva les yeux vers le Rumpf de son Sabre. Il fit un petit décompte. Joan put distinguer huit marques. "Huit coups de feu en quatre sorties."

Ainsi, Becker était un as. Joan voulut le narguer. "Et donc ? Fier de soi ?"

Becker devint soudain grave : "Non. La seule chose dont je sois fier, c'est que mon père a encore un fils vivant."

Ce changement d'humeur impressionna Joan. Derrière sa façade souriante, ce jeune homme semblait sérieux, il ne prenait pas place de manière inconsidérée dans une telle machine de guerre et ne tirait pas aveuglément sur tout ce qui se trouvait devant sa visière.

Joan trouvait que la situation devenait embarrassante. "Pardonnez-moi, Major, je ne voulais pas vous mettre dans l'embarras."

Le sourire héroïque de Becker revint sur ses lèvres. "Ne vous en faites pas, Lieutenant. Est-ce que je vous mettrais dans l'embarras si je vous invitais à boire un verre ce soir ?"

Joan n’hésita pas longtemps. "Non, Major, pas du tout. J’en serai honorée !"

Le sourire de Becker se fit encore plus large. "Ok, ce soir, à huit au ‘Salon du pilote’ ? C'est le mess des officiers du personnel navigant."

Joan ne put également réprimer un sourire. "C’est dit ! A 8h, j’y serai", dit-elle et elle jeta son casque à Becker. Elle avait aperçu Katherine et devait lui dire au revoir. En s’éloignant, elle dit encore : "Et si vous ne venez pas, laissez un message au Commodore !"

Puis quelqu'un frappa sur l'épaule de Joan. C’était Katherine, qui la fixait, le doigt levé avec un air réprobateur.

"Qu’est-ce qu’il y a ?", demanda Joan. "Il est doux, charmant et bien foutu. Après tout, il ne regardera pas sous ma jupe en dansant, comme toi avec Rodriguez. Alors ?" Joan se retourna et marcha la tête haute vers la sortie, laissant son amie juste debout.

Katherine dût courir pour suivre Joan. "C’est un pilote, qui n’a rien à faire avec toi ! Attends un peu, et il aura certainement envie de t'inviter à un vol de tourisme romantique sous les étoiles dans sa machine infernale. Ces types sont tous les mêmes ! Joan, tu es complètement folle ! Et que dira Curtis ?"

Joan s'arrêta brusquement et regarda Katherine droit dans les yeux. "D’abord, Curtis n’en saura rien si tu gardes le silence. Et ensuite, je n’irai pas au lit avec lui. Car c'est ce que tu penses, non ?"

Joueuse, Katherine tapa du poing sur le front de Joan. "Hallo, Miss Landor ! Y a-t-il quelqu’un là-dedans ? Il est complètement hors de questions que TU ailles au lit avec LUI, qu’IL aille au lit avec TOI, et ce, dès ce soir. "

Joan soupira. "Kat, ton inquiétude pour moi est touchante, mais je suis une grande fille. Ca n’arrivera pas, crois-moi. Pour moi, c'est tout autre chose."

Katherine mit ses mains sur ses hanches. "Ah oui ? Et puis-je te demander quoi ?"

"Peter est Major. En tant que tel, il a accès à peu près à tout sur ce vaisseau. Même si tu n’as plus confiance en personne ici, j'essaie au moins dans une certaine mesure, d'élargir mes contacts ici. Qui sait, le Major Becker pourra peut-être nous être utile."

Katherine ouvrit de grands yeux. "Tu as bien dit Becker ? Est-il…" 

"… le fils du Commodore, exactement !"

"Non !"

"Si !"

"Oh !" Katherine se toucha le front. "Sais-tu que tu es une petite chienne sournoise ?" Elle pouvait à peine réprimer un sourire malicieux. "Tu pourrais presqu’être moi."

"Tu as toujours été un bon professeur pour moi, Kat", répondit Joan en faisant un clin d’œil. "Mais s’il est le fils du Commodore, c’est une pure coïncidence. Parfois, on a de la chance."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 15. Mai 2013, 23:36:55 Uhr
Coucou Limeye,

Merci d'avancer aussi vite, tu vas rattraper Free Nurara bientot!  ;)

"Apparition d'un nouveau personnage : le concurrent du Capitaine... à vous de juger..."

Sans trop devoiler la suite, mon opinion est... >:(  [wallbash]  :o  :(  [nono] [motz] (soupir...)

hmmm on dirait que tout est Hot dans cette histoire....Hot Joan maintenant??

Bon- tout espoir reste permis, Free Nurara n' a pas encore termine son histoire...et vu comme elle est dans la mouise, ca va peut etre lui remettre les idees en place... ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 16. Mai 2013, 02:54:16 Uhr
Après ce que je viens de lire et ce que je sais tout de même par certaines allusions  ;D, j'ai de la difficulté à imaginer que ça pourrait finir en après-midi shopping (magasinage, en québécois ;)) pour Joan et Kat, avec Curtis et John en porteurs de paquet... :o

Sceptiquement,   ;D
Flamme
 [hello]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 16. Mai 2013, 04:32:40 Uhr
Coucou Flamme, O-Tho !

Je ne pense pas que je vais rattraper Free Nurara, même si j'avance bien. Surtout que j'avance bien en parallèle sur la fin, aussi pour bien savoir où va l'histoire, ce qui m'aide pour traduire ce que je vous livre. Mais c'est vrai que la pression ne se relâche pas, et dix chapitres plus loin, c'est toujours aussi haletant !

Quant au magazinage, je ne sais vraiment pas... Ca reste possible, mais je pense qu'il y aura alors beaucoup d'épisodes et de rebondissements avant qu'on les retrouve sur les trottoirs de New York à faire les boutiques en toute quiétude...

Et j'avoue être sur la même longueur d'onde que toi, O-Tho... Très bonne description "smileysée" (pour ne pas dire "imagée"  ;) )

Je vous livre la fin du chapitre 4, et je vais essayer de retrouver le sommeil... il me reste deux heures pour dormir...  ;)

Bizz

Limeye  :)


Comme elles entraient dans le quartier de la police, Takashi Yokomuri vint à leur rencontre. "C’est bien que vous soyez de retour. Les résultats du scan de Tovin sont arrivés et le Commodore voudrait parler avec toi aujourd’hui, Kat. Ca a l’air important", dit-il en déposant un datapad dans la main de Katherine.

Katherine le prit et dit : "Merci, Takashi. Allons au bureau."

Dans le bureau, Joan et Takashi s’assirent sur les deux chaises et regardèrent dans l'expectative Katherine, qui allait et venait avec le bloc de données, alors qu'elle découvrait les résultats. Elle lisait à moitié. "Analyse de sang avec des résultats négatifs. Rien dans le foie, les reins, la rate et la vésicule. L'acidité gastrique est conforme. Les ondes cérébrales ont augmenté le niveau de stress, pas étonnant. Volume pulmonaire au-dessus de la norme, de toute évidence, il a les poumons d’un sportif. La pression artérielle et la fréquence cardiaque sont normales. Aucune preuve de prise de drogue." Katherine regarda ses collègues. "Savez-vous ce que cela signifie ?" Il y eut de furtifs signes de tête. "Quelle merde !" cria-t-elle en jetant le datapad sur le bureau. Katherine était visiblement bouleversée ce qui était vraiment rare. "Nous repartons de zéro, que diable ! Un suspect amnésique qui a provoqué une guerre civile, une conspiration possible à bord de ce cuirassé avec un commandant dépressif et un premier officier excité et douteux. Et puis ce résultat de test sans aucun sens ! Et nous ne pouvons même pas identifier quoique ce soit sans risquer nos vies ! Je vous le demande, comment peut-on être autant dans la merde ?" La Katherine habituellement si calme et pondérée criait si fort que vous auriez pu l'entendre en dehors du bureau. "Je suis prête à faire mes bagages et à rentrer à la maison !"

Joan se leva et prit amicalement son amie dans ses bras. "Kat, s’il te plaît, calme-toi", murmura-t-elle. "Assieds-toi un instant. Nous allons trouver une solution."

Katherine était raide de colère, ses yeux gris lançaient des éclairs. Puis elle baissa la tête et elle se détendit un peu. "Excuse-moi, Joan. Ce n’est pas très professionnel", murmura-t-elle.

Joan serra fermement Katherine contre elle. "Non, Kat, tout va bien. Tu es simplement humaine et il a fallu que ça sorte. Tu n’es pas encore une machine." Elle prit le visage de Katherine à deux mains et déposa un baiser sur son front. Takashi approuva. La colère de Katherine était presque retombée et elle se tourna vers eux en pinçant les lèvres en un sourire modeste.

"Merci, Joan", souffla-t-elle. "Cela fait du bien de t’avoir comme amie." Plus fort, elle s’adressa à Takashi : "En ce qui concerne Tovin, j'ai déjà une idée. Espérons que ça marchera."

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 16. Mai 2013, 17:29:23 Uhr
Bonsoir...

Je vous livre le début du chapitre 5, avec l'interrogatoire de Tovin. Je vous le met en deux parties, car c'est un passage très long.

bizz

Limeye  :)


CHAPITRE 5

"Hypnose ?" Tovin regardait Katherine, incrédule. "Pour vous, psychologues, nous sommes tous fous."

 "Si tout était si fou, Colonel, il n'y aurait pas de psychologie appliquée. L'hypnose est une méthode très reconnue et efficace pour pénétrer dans les profondeurs d'un patient et faire ressortir les choses qui ont été réprimées ou oubliées." Katherine souriait, encourageante, à Tovin. "Vous avez juste à être prêt. Un patient qui résiste ne peut être hypnotisé. Vous devez me faire confiance à cent pour cent, Monsieur."

Tovin hocha la tête. "Comment puis-je être sûr que vous ne ferez pas de choses avec moi ?"

Katherine sourit. "Si vous pensez que cette magie montre où un bénévole est disgracié jusqu’à sa chemise, je peux vous rassurer. Nous serons seuls, et je vous mettrai en transe éveillée. Vous resterez pleinement conscient et aurez un contrôle total sur toute la séance. Je rapporterai seulement vos souvenirs. Tout ce dont vous pourrez vous souvenir pendant l'hypnose, vous sera remis plus tard, après la séance, officiellement sur le disque. Nous passerons en revue votre déclaration et vous pourrez peut-être vous décharger. Colonel, personne ici dans ce quartier de la police ne croit sérieusement que vous avez commis cet attentat avec préméditation. Nous voulons vous aider à rétablir votre réputation. Nous ne sommes pas vos ennemis. D’accord ?"

Tovin mit sa tête dans ses mains. "Tout cela est tellement dégradant. Maintenant, je dois effectivement encore faire le tri dans tout ce bazar psychologique..."

Katherine posa une main sur l’épaule de Tovin. "Monsieur, personne ne veut vous humilier en aucune façon. Encore une fois, il y aura seulement nous deux à être présents à cette séance. Je suis un médecin et suis soumise à la confidentialité comme n'importe quel autre médecin. Ce que me direz lors de cette séance restera entre nous. Je vais poser des questions précises au sujet de l'affaire et non fouiller dans l'ensemble de votre psyché. Ce serait inapproprié et inefficace. Je vous demande seulement de me faire confiance." Katherine regarda attentivement Tovin. Elle pouvait sentir son scepticisme.

Tovin se donna un coup pendant qu'il s'asseyait sur le lit de sa cellule et se redressa. "J'ai toujours tout donné pour être un bon soldat, impeccable, vous savez ?" Katherine hocha la tête avec bienveillance. "Quand il fallait se porter volontaire pour une mission dangereuse, j'ai toujours été l'un des premiers et je le ferai encore et encore. Je n'ai pas peur des blessures ou de la mort. Je me suis souvent regardé dans le miroir de la mort. La seule chose que je ne pourrais pas supporter serait la honte."

Katherine, qui pendant tout ce temps s'était accroupie devant Tovin, se redressa. Elle prit les mains de Tovin et le regarda gentiment, presque amoureusement. "Colonel, je suis la dernière sur ce vaisseau à vouloir ajouter des dommages à votre dignité ou à votre réputation", dit-elle d’une voix calme. "La seule chose que je veux, c'est savoir la vérité. Mais j’ai besoin de votre aide. Seriez-vous prêt ? S’il vous plaît, Colonel !"

Tovin serra les mains de Katherine et la regarda avec ses yeux bleus tristes. "Puis-je vous dire Katherine ?"

Katherine hocha la tête. D'une certaine manière, elle aimait bien le grand et musclé ‘Marine’. "Kat. Mes amis m’appellent Kat, Monsieur."

"Abe. Je vous aime, Kat. Je vous fais confiance. Faites l’hypnose. Je veux juste savoir ce qui s'est passé." Tovin souriait un peu sans défense ce dont on ne s’attendait pas tout à fait à trouver chez un Ranger de l’espace âgé et expérimenté.

Katherine saisit sa main puissante et tira Tovin du lit de sa cellule. "Et bien, allons-y, Abe. Venez, allons dans le salon, ce sera plus confortable qu'ici. Cela vous aidera également à vous détendre."

Dans le salon du quartier de la police, il y avait un confortable canapé gris synthétique et deux fauteuils assortis. Katherine poussa une chaise près du canapé et demanda à Tovin de s'allonger avec sa tête sur le canapé. Puis elle prit son petit pendentif en argent en forme de cœur, un cadeau de John, avec la belle chaîne de cou. "Je vais vous placer en transe avec la méthode du pendule, Abe. Détendez-vous, regardez le petit pendentif et écoutez ma voix. Etes-vous prêt ?"

Tovin approuva en silence. Katherine commença.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 16. Mai 2013, 17:30:41 Uhr
"Regardez le pendentif et concentrez-vous sur ma voix. Votre corps se détend et vous ressentez une légère fatigue. Vous êtes léger et détendu mais votre esprit est avec moi. Nous voyageons tous les deux maintenant ensemble jusqu’à la journée marquant le départ de la délégation. Etes-vous avec moi ?  Vous êtes pleinement conscient, Abe."

"Je suis avec vous, Kat."

"Où nous trouvons-nous, Abe ?"

"Dans la chambre de mon hôtel. Je suis en train de me raser et mon communicateur sonne. J’ai reçu un message."

"Regardez pour voir qui vous a écrit ?"

"C’est un message anonyme."

"Lisez-le moi."

"Il dit: ‘Venez à dix-neuf heures au bar de Povlek, à l’entrée du sous-sol. Javeed Reebah veut vous parler, il est entrepreneur en bâtiment et entretient des relations au plus haut niveau. Il peut vous aider’"

"Rien d'autre?"

"Non."

"Allons-nous dans ce bar ?"

"Oui, nous y allons."

"Que faites-vous dans ce bar ?"

"J'ai soif et la bière des Samediens est excellente."

"Où êtes-vous installé dans le bar ? Au comptoir ?" Katherine posait consciemment cette question.

"Non, je me suis installé dans l'une des niches. Si Javeed Reebah vient, il voudra certainement être tranquille."

"Est-ce que Javeed est venu ?"

"Non, il n’avait pas le temps.

"Combien de temps êtes-vous resté assis là ?"

"Trois quarts d’heure."

"Qui vous sert ? Povlek ?"

"Non, sa nièce Tabra, une très jolie fille. Elle m'apporte une bière après l'autre. Je parle avec elle."

"Est-ce qu’elle vient tout le temps avec vous ou est-ce que quelqu’un d’autre vous sert ?"

"Non… si… sa sœur m’apporte ma dernière bière. Elles sont jumelles. J'ai payé, mais elle me dit que c’était de la part de la maison."

"Que se passe-t-il alors ?"

"Je bois la bière jusqu’à la moitié et ça me donne le vertige. Mais ce n’est pas l’alcool. Ca devait être dans la dernière bière. Trois hommes entrent, des hommes en uniforme."

"Quel genre d’uniforme portent-ils ?" Katherine parlait plus fort, la partie captivante commençait.

"Un uniforme de la navale. C’est un lieutenant de la corvette, son insigne…"

"De la corvette Rampage ?"

"Oui, de celle-ci. Ils se rapprochent et sourient malicieusement. Je suis un peu paralysé. Je ne peux plus rien faire. Ils me soulèvent et m’emportent avec eux."

"Où ?" Katherine fut saisie d’une l'horreur pure, la présomption d'un complot semblait devenir vraie.

"A l’extérieur du bar, à quelques maisons seulement. Encore une fois dans un sous-sol. Là, ils m'attachent à une chaise. Je vois des armes et des grenades à main posées sur une table."

"Que se passe-t-il alors ?"

"Un autre officier arrive, vieux, avec des cheveux gris. Il sort une bouteille brune de sa poche et tire un auto-injecteur. Il me l’injecte sous les aisselles."

Katherine sentait la nausée monter en elle, mais elle se ressaisit. "Pouvez-vous me décrire la bouteille ?"

"Bouteille en verre brun. Je n'arrive pas à déchiffrer l'inscription, ça commence par Lythobrom... je ne peux pas lire la suite."

"Vous souvenez-vous l’étiquette ?" Katherine avait les pires soupçons et posait cette question  spécifiquement : "Pouvez-vous voir le logo du fabricant ? Un symbole, ou… ?"

"Oui, tout à fait clairement, une rose dans un halo."

 Katherine dût réprimer un étouffement. Elle savait qu'ils n’étaient plus en sécurité sur ce vaisseau. "Que se passe-t-il alors ?"

"Ils m'ont dit d'expédier les œufs et m’ont donné la ceinture avec une vingtaine de grenades à main. Ils m'ont dit que lorsque j’aurai expédié œufs, je devrai me rendre à la place du marché, mon taxi sera là à attendre."

"Que signifie ‘expédier les œufs’" insistait Katherine.

"C’est jeter sans discernement des grenades à main autour de soi, en principe, lors d’un coup de force, mais je n’étais pas en situation dangereuse."

"Avez-vous clairement cette situation à l’esprit ?"

"Oui, je l’ai. J'ai reçu un ordre et je l’ai exécuté."

Katherine ne pouvait plus se contenir et fondit en larmes. "Abe, je veux que vous vous réveillez maintenant", dit-elle entre deux sanglots. "Quand je claquerai dans mes doigts, vous vous réveillerez de la transe et vous vous souviendrez de tout."

Katherine claqua des doigts et Tovin vit qu'elle pleurait.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 17. Mai 2013, 10:00:03 Uhr
Tovin s'assit et prit la main de Katherine. "Kat, qu’est-ce qui se passe ? Je ne vous aurais pas jugée."

Katherine essuya une larme du dos de sa main. "Tout va bien. Je suis seulement choquée par ce qui se passe en ce moment. Abe, vous n'en avez aucune idée ! Nous sommes tous en grand danger."

"Expliquez-moi."

"Abe, on s’est servi de vous pour fomenter un coup d'Etat sanglant sur Sameda II. Des officiers de la flotte terrienne en sont responsables, des officiers de cette flottille ! Pouvez-vous imaginer ce qui se passera quand cette flottille sera utilisée contre la population samedienne ?"

Tovin inclina la tête. "Ce serait un génocide. Il faut l’éviter !"

Katherine haussa les épaules, impuissante. "Comment, Abe ? J’ai seulement quinze officiers, avec des armes légères. Je dois demander des renforts de New York, mais le temps que ces collègues arrivent, il se passera deux à trois jours. D’ici là, nous serons peut-être tous morts."

Tovin sourit. "Vous m’avez aidé et je vais vous aider. Sous ma direction, nous pouvons éliminer les meneurs. Découvrez qui est responsable de toute cette merde, et vous et vos troupes serez en toute sécurité ici. Je vous ai fait confiance, Kat. S’il vous plait, faites-moi confiance aussi."

Katherine n’hésita pas longuement. "D’accord, Abe. Si vous nous faites descendre de ce vaisseau, je ne mettrai pas seulement un bon mot pour vous, mais tout mon rapport. Avez-vous besoin de quelque chose ?"

"Les plans de ce vaisseau. Les plans de pont, les puits d’aération, les lignes électriques. Un ordinateur."

Katherine opine. "Je vais appeler mon chef. Il pourra obtenir les documents. Nous ne pouvons pas entrer en contact avec l’Amirauté ?"

Tovin secoua vigoureusement la tête. "En aucun cas. Ils commenceraient par interroger le Commodore. Nous devons continuer à laisser le commandement du vaisseau dans l'ignorance de nos nouvelles informations. Si on vous demande ce qu’il en est du déroulement de l'enquête, dites seulement que vous piétinez. Ne laissez rien paraître, continuez à être gentille avec les gens, sans contrainte et avec convivialité."

Katherine pensa à ce moment-là à Rodriguez. "Ce sera difficile pour moi", répondit-elle amèrement. "Nous devons comprendre Becker, Abe. Il m’a déjà dit hier que quelque chose se tramait ici. Le Commodore est du bon côté. Il veut me parler cet après-midi."

"J'ai entendu des rumeurs selon lesquelles Becker souffre de dépression ?" demanda Tovin, sceptique.

"Non. Ce n’est propablement pas aussi grave. Becker me semble débordé et submergé par la navigation. Mais la dépression, c’est autre chose. Abe, je veux que vous vous installiez avec le Capitaine Yokomuri et que vous lui donniez une description physique détaillée des quatre officiers. Le plus âgé des quatre n’était pas par hasard le Capitaine de corvette Teenbaum ?"

"Non, ce n’était pas Teenbaum, cet homme est plus âgé. Mais je ne fais pas confiance à Teenbaum. Lui aussi a quelque chose à cacher."

Katherine se leva de la chaise. "OK, Abe. Nous avons beaucoup à faire. Comme je le disais, vous allez maintenant avec Yokomuri pour faire une déclaration et dites-lui tout ce que vous venez de me dire pendant l'hypnose. Décrivez-lui les quatre hommes aussi précisément que possible, alors nous pourrons faire correspondre votre description avec les listes d'équipage de cette flotte." Elle serra son poing. Grâce à ces nouvelles informations, Katherine retrouvait de l’énergie et reprenait espoir. Elle était comme cela.

Un sergent conduisit Tovin à la salle d'interrogatoire, Katherine entra dans le bureau, où Joan l’attendait déjà.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 18. Mai 2013, 06:03:42 Uhr
Joan remarqua immédiatement aux yeux injectés de sang de Katherine que quelque chose clochait. "Kat ? Est-ce que tout va bien pour toi ? Tu as pleuré…"

"Tout va bien, Joan. Je vais bien, ça fait juste beaucoup de choses à la fois."

"Kat, ton emportement tout à l’heure, maintenant tes yeux larmoyants… Si je ne te connaissais pas, vas-tu vraiment bien ? Hé, je veux retrouver ma bonne vieille et drôle Katherine Ballard." Joan regarda son amie avec bienveillance dans les yeux.

Katherine, cependant, était sur le point de se remettre en colère, mais se ressaisit et prit une profonde inspiration. "Joan, quand ce sera fini, alors peut-être. Maintenant, nous devons vraiment nous serrer les coudes." Puis elle rapporta alors à Joan sa conversation précédente avec Tovin.

Joan savait que trop bien que Katherine avait un sens aigu de la justice et avait toujours défendu les faibles et les défavorisés. A l’idée que quelques rebelles assoiffés de pouvoir pourraient prendre possession de cette flotte pour éventuellement l'utiliser contre une population sans défense et paisible, faisait se retourner l’estomac de Joan.

"Kat, cela ne peut pas être sérieux !" haleta-t-elle. "Nous devons les arrêter !"

Katherine leva les mains. "Qui devons-nous arrêter ? Rodriguez ? Van den Bosch ? Le lieutenant anonyme qui appuie sur le bouton de mise à feu ? Nous ne savons pas qui ils sont, combien ils sont, quand ils frapperont, et en particulier : ce qu’ils ont l’intention de faire de NOUS. Ton rendez-vous ce soir avec le fils de Becker…"

Joan ouvrit de grands yeux. "Dois-je le déplacer ?"

Katherine lui fit un clin d'œil sciemment. "Non, Joan, rencontre-le, soit très gentille et écoute-le. Les pilotes sont plus proches de l'équipage que les officiers du commandement du vaisseau. Et ils sont sacrément bien informés."

Joan hocha la tête. "Ok, et quoi d’autre ?"

"Peux-tu retourner avec le communicateur de Tovin chez Van den Bosch ? Je veux avoir le contenu de l'appareil sur un fichier."

"Clairement ! Pourquoi ?" demanda Joan.

"Je veux envoyer le fichier pour analyse à John. Je veux savoir d'où le message anonyme a été envoyé à Tovin. Je parie qu'il a été envoyé à partir d'ici ou d'un autre vaisseau de cette flottille. Mais ne lui dis rien à ce sujet."

"Bien sûr, Kat. Ne devrions-nous pas informer le Marshall Garnie ?"

Katherine sourit. "C'est la prochaine étape. Il doit me récupérer les plans de ce vaisseau. Tovin nous a promis son soutien, pour le cas où nous aurions besoin de sortir ici. Il a besoin des plans pour se préparer."

Joan rit. "C'est toujours bon d'avoir un ‘Marine’ sous la main, n’est-ce pas ?"   

Katherine rit doucement avec elle. "Tu as raison, comme un marin dans la maison remplace la cavalerie."

Puis elle redevint soudain sérieuse. "Ce n’est pas tout. Tovin a dit qu'ils lui avaient injecté une drogue, ‘Lythobrom… quelque chose’, ce qui lui a probablement ôté toute volonté et a bloqué sa mémoire. Je dois voir si je peux trouver le nom complet et ses effets. Tovin a pu décrire l'étiquette du récipient, le logo est une rose dans un halo. Et de semblables bouteilles de ce fabricant se trouvent dans l’armoire à pharmacie du docteur Teenbaum."

"Donc, quelqu'un s’est rendu dans la pharmacie du vaisseau pour rendre Tovin si docile" poursuivit Joan.

"Oui", grommela Katherine. "Ou alors le Docteur est également partie prenante et il lui l’a remis volontairement. C’est par là que je dois commencer. Elle s’installa devant l’écran d’ordinateur et commença ses recherches. Très vite, elle trouva. "Voilà, Joan, ça y’est ! Lythobromphine ou Lythobromphinol. Un médicament psychotrope, développé pour aider les personnes souffrant de graves souffrances post-traumatique à aller mieux. Il doit être administré en petites doses et ce pour une durée n’excédent pas trois semaines. Un surdosage peut entraîner une perte de mémoire grave, qui reste en permanence en cas d'abus de la drogue. En outre, le patient avec une surdose perd sa volonté et l'effet de la drogue est effacé. Le médicament est entièrement biodégradable dans l’organisme et ne peut être détectée après l’injection.  Mais il est encore en test n'a pas obtenu l'autorisation d’utilisation." Katherine regarda Joan. "Je ne connaissais pas cette préparation."

"Ce qui nous permet de conclure, Kat ?" voulut savoir Joan.

Katherine hocha la tête. "Je ne sais pas encore, Joan, comment assembler toutes les pièces du puzzle. Tu vas maintenant, s'il te plaît, demander cette copie à Van den Bosch et laisser le contenu du communicateur sur une carte de données. Préviens-moi quand tout sera terminé, puis nous irons manger quelque chose." Katherine regarda sa montre. "Presque midi. Je commence à avoir faim…" 
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 18. Mai 2013, 11:19:08 Uhr
Joan trouva Marijke dans son département. Elle était assise sur le bord de son bureau, et menait un débat animé avec un sergent-chef, que Joan ne connaissait pas. Tous deux tenaient une tasse de café à la main et semblaient de bonne humeur. La porte du bureau de Marijke était grande ouverte. "Asseyez-vous, Joan. Que puis-je faire pour vous ?"

Joan s’avança rapidement et déposa le communicateur de Tovin sur la table. "Pouvez-vous me faire une copie du contenu, Marijke ? C’est important."

Marijke prit l'appareil dans sa main et le regarda avec méfiance. "Suis-je en droit de supposer qu'il s'agit d'une demande officieuse ?"

Joan pencha la tête et sourit à la femme blonde en clignant de l’œil. "Si c'est sans faire de manières", roucoula-t-elle.

Marijke ne put s'empêcher de sourire largement. "Si vous réussissez ainsi à m’entourlouper, je ne veux même pas savoir comment vous faîtes avec les garçons, pour obtenir ce que vous voulez d’eux. Soit, vous aurez votre copie. Mais si cela se sait, je me retrouverais dans la cuisine du Diable. De toute façon, il me manque quelque chose ici pour frissonner en ce moment. Venez avec moi !"

‘Le frisson est encore à venir si nous n’y prenons pas garde’, pensa Joan, mais elle avala cette réponse. Ensemble, les deux femmes marchèrent le long du couloir jusqu'à ce qu’elles arrivent à un passage transversal. Elles entrèrent dans un bureau où le Chef Johansson et un autre officier étaient assis.  Marijke se tenait devant Johansson et lui tendit le communicateur.

"Tiens, lis-moi ça et fais-moi une copie sur un support de données, Chef ", dit Marijke d'un ton confiant de commandement. Sans dire un mot, le Chef Johansson prit l’appareil et se mit au travail.

"Attends un moment, Cap’ !" dit-il. Aucun des deux ne laissait voir qu’ils formaient un couple. Même pas cinq minutes plus tard, Joan tenait le communicateur et une carte mémoire dans les mains.

"Merci, Chef", dit-elle en souriant. "Vous m’avez beaucoup aidée !"

"Ce n’est rien", grogna Johansson en souriant. Son sourire s'effaça, cependant, dès que les deux femmes eurent quitté le bureau. Il échangea des regards significatifs avec le sergent présent et tira son communicateur de sa ceinture.

"Que se passe-t-il, Johansson ?" dit une voix masculine à l’autre bout du fil.

"Monsieur, la policière blonde était ici. J’ai dû faire une copie du communicateur."

"Seule ?"

"Non, Monsieur. Marijke était là aussi."

"Merci pour ce renseignement, Chef. Cette jeune femme ne sera plus longtemps un fardeau pour nous. Ballard est déjà très dangereuse. Veillez simplement à ce que Van den Bosch ne crée pas de soucis ! Occupez-vous encore plus intensément de celle-ci avant que nous ne la liquidions. Amusez-vous encore un peu avec elle, Johansson ! Continuez !"

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 18. Mai 2013, 16:17:44 Uhr
Garnie écouta, fasciné, le rapport de Katherine. Plus elle lui révélait de détails, et plus ses yeux s’écarquillaient. Lorsque Katherine eut terminé, il se frotta l'arête de son nez entre le pouce et l'index. "Katherine, je vais vous sortir de là. La situation est, comme vous venez de me la décrire, trop dangereuse. Je ne peux pas permettre de vous faire courir à vous, Joan, Yokomuri et ses hommes ainsi qu’au colonel Tovin un danger aussi latent. Cessez immédiatement les recherches et restez calmes. J'ai un petit croiseur dans le système Gotha. Il sera capable d'arriver dans le système de Samedi en deux jours. Tenez jusque là. Je vais informer l’Amirauté."

"Non, Monsieur !", s’écria Katherine. "Non, s’il vous plait ! Cela réveillerait les chiens qui dorment. Sur le Tennessee, tout est encore relativement calme. Et nous ne savons toujours pas qui est la force motrice ici. Attendez, pourtant, s'il vous plaît, jusqu'à ce que nous ayons quitté le bord. J’attends ce soir un appel d’un témoin de la planète. Elle pourra peut-être apporter un peu de clarté dans cette obscurité. J'ai aussi un fichier pour John, j’ai besoin qu’il me l’évalue. Est-il encore là ?" A New York, il était peu après sept heures du soir.

"Non, John est maintenant rentré chez lui à cette heure. Katherine, pour l’amour du ciel, soyez prudentes. Ne prenez plus de risques, c’est un ordre et non une demande. Vous m’avez bien compris ?" Le Marshall grisonnant regarda Katherine avec sérieux.

"Oui, monsieur, complètement. Pas l’Amirauté ?"

"Pas de souci, Katherine. Vous avez deux jours, jusqu’à ce que le croiseur vienne vous chercher. Une fois que vous serez tous montés à bord, j’informerai le haut commandement."

Katherine poussa un soupir de soulagement. "Merci, Monsieur."

"Portez-vous bien et saluez Joan et Takashi pour moi." Garni adressa à Katherine un sourire encourageant, puis il éteignit.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 18. Mai 2013, 22:17:10 Uhr
Un dernier passage pour aujourd'hui, j'aime beaucoup ce dialogue entre John et Kat... Il y aura un équivalent plus loin entre Curtis et Joan, mais fort différent.

Bonne lecture et bonne nuit (ou fin de journée)

Limeye  :)


A ce moment-là, Joan entra et donna à Katherine la carte de données. "Voici, Kat. Avec qui parlais-tu ? Garnie ?"

Katherine attrapa la carte. "Oui, et je dois te saluer chaleureusement de sa part. Je lui ai décrit la situation. C’est trop dangereux. Il envoie un croiseur de la police pour tous nous récupérer. Nous devons juste tenir le coup pendant les deux prochains jours ici."

Joan s’assit face à Katherine sur le bord de la table et laissa pendre ses jambes. "Et que faisons-nous pendant ce temps ?"

Katherine ricana. "Nous poursuivons notre travail ici, quoi d’autre ?"

Joan leva un sourcil. "Garnie t’a demandé d'abandonner l'affaire, non ?"

"Exactement", répondit Katherine sèchement sans regarder Joan et elle poussa la carte de données dans le terminal. Puis elle appela John à Brooklyn par le biais d'une connexion cryptée.

Quand l’image de John apparut l’écran, Joan et Katherine n'en crurent pas leurs yeux. Il ne s’était visiblement pas rasé depuis plusieurs jours, ses cheveux étaient peignés de telle sorte qu’ils partaient dans toutes les directions. "Hé, Belle du Sud, c’est bien que tu appelles. Je te manque. Hello Joan !"

Joan leva une main en guise de salutation, et sourit sans dire un mot. Katherine regarda John étrangement. "Tu m’as laissée partir, mon cher. D’ici peu, je serai de retour à la maison", commença-t-elle. Du bas de l'écran semblait monter une fumée bleuâtre. "Dis-moi, qu’est-ce que tu fumes ? Dans mon appartement ?"

"Ce n'est pas de la fumée de cigarette, trésor, je soude seulement quelque chose." John sourit comme un écolier pris sur le fait.

"Ok, c’est seulement ton équipement à souder. Ne me dis rien. Et dans notre chambre à coucher s’étire une chaude rousse, c’est ça ?"

"Mais non, Kat", répondit John d’un ton coquin. "Denise du quatrième étage a juste essayé ton bain moussant très cher et Ella du grenier a simplement fait un défilé de mode avec ta garde-robe ! Nous avons vidé ta réserve de champagne dix minutes avant ton appel."

Bien que Katherine ne soit pas très disposée à écouter les plaisanteries idiotes de John, elle pouvait difficilement échapper à son humour et ricana involontairement. C’était bon de revoir l’homme qu’elle aimait. "Je m'ennuie de toi, mon chéri. Mais si tu te mets à fumer, pense à aérer, ok ?"

John salua avec un sourire. "Hé, Major, j’ouvrirai à fond !" Puis il redevint sérieux. "Kat, si tu appelles, ce n’est pas pour contrôler mes petits délires. A quelle demi – ou totale action illégale, veux-tu encore m'entraîner ?"

"Du travail de police officiel, John. Je t’envoie un fichier que j’aimerais que tu analyses pour moi. Tu trouveras sur ce fichier un message anonyme. Recherche le nom de Javeed Reebah. Peux-tu trouver d’où il a été envoyé ?"

"Est-ce toujours le modèle de communicateur OMNI ?"

"Oui !"

"Aucun souci, ma douce. J’en ai pour une demi-heure."

"Je te remercie, que ferais-je sans toi ?" Katherine donna un baiser à John. A son tour, il la regarda avec méfiance.

"Il y a encore autre chose ?"

"C'était la partie officielle. Maintenant, l’officieuse", répondit Katherine, amusée.

"J'ai eu un pressentiment", gémit John. "Viens-en au fait. Que veux-tu ?"

"Peux-tu obtenir les plans de conception du Tennessee et me les envoyer ?", demanda-t-elle gentiment.

"Kat, es-tu devenue folle ? C’est top-secret ! Où dois-je le craquer ?", demanda John, surpris. "Mais je peux aller en prison !"

"S’il te plait, John, tu connais tant de gens !", supplia Katherine.

"Ok, je vais essayer, mais je ne peux rien te promettre. Mais je suis vraiment trop bon avec toi !"

"Je te laisse fumer dans mon appartement, ce n’est pas rien ?", demanda Katherine innocemment. "Allez, aucune autre femme ne te laisse autant de libertés, hé hé hé."

"Joan ?", demanda John. Joan s’avança devant l’écran.

"Qu’y a-t-il, John ?"

"Est-ce que je vous ai déjà dit que cette incroyablement belle aux cheveux noirs est un mauvais exemple pour vous ?"

Joan fut secouée. En pleurant de rire, elle répondit. "Pas directement, John, mais je pense que j’ai déjà entendu de tels propos ! "
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 19. Mai 2013, 09:50:44 Uhr
Au déjeuner au mess des officiers, Katherine s'arrêta soudain et fit tomber son couvert en cliquetant sur l'assiette. "Un moment !", s’écria-t-elle. "Joan, lors du premier interrogatoire de Tovin, te souviens-tu de ce qu'il a dit hier ? Où s’est-il assis dans le bar ?"

Joan réfléchit brièvement. "Il a dit qu’il se trouvait au comptoir lorsque la Samedienne est apparue."

"Et qu’est-ce qu’a dit Povlek ?"

"Il a dit qu’il ne l’avait pas vu au comptoir."

"Exact ! Lors de l'hypnose, Tovin a dit aussi qu'il s’était assis à la table de l’une des niches. Pas un mot sur le fait qu’il se trouvait au comptoir !" Katherine prit sa fourchette et avala un grand morceau de viande rôtie. "Tabra disait exactement la même chose."

"Alors pourquoi Tovin a-t-il dit lors du premier interrogatoire avec précision qu'il se trouvait au comptoir ?"

Katherine avait la mauvaise habitude de souvent menacer son homologue avec un couteau ou une fourchette quand elle mangeait. Elle le fit à nouveau et dirigea la fourchette vers Joan. "Parce qu'il n'a jamais eu d'amnésie. Il était moins stressé et a pu bavarder hier soir. Et parce qu'il croyait que personne ne le remarquerait, il a corrigé aujourd'hui. En outre, il était difficile de lui répondre tant son histoire m'a bouleversée. Crois-moi, Joan. Tovin peut tout se rappeler, il n'a jamais eu d'amnésie. A aucun moment."

"Merde !", laissa échapper Joan. Elle regarda au-delà de l'épaule de Katherine.

Katherine se retourna et murmura aussi : "Et merde..." Le Commandant Rodriguez et un Capitaine de corvette s'avançaient, déterminés et armés de leurs plateaux, vers leur table. De toute évidence, ils avaient de la difficulté à trouver un espace libre dans le 'Casino' bondé. Katherine regarda Joan en posant un doigt sur ses lèvres. Joan répondit à ce geste avec un hochement de tête.

Rodriguez s'approcha avec un charmant sourire. "Mesdames, pouvez-vous nous accorder l'asile un moment ?"

Joan et Katherine se regardèrent un instant, puis Joan hocha la tête en direction de Rodriguez. "S'il vous plait, prenez place. Nous avons presque terminé de toute façon."

"Oh s'il vous plaît, ne vous précipitez pas, Mesdames. Nous apprécions toujours d'être en charmante société, n'est-ce pas, Frank ? Excusez-moi, puis-je vous présenter ? Lieutenant Commandant Frank Ullman, Commandant de la corvette Rampage."

Katherine dressa les oreilles. Elle regarda attentivement l'homme. Il était grand et maigre, se trouvait à la fin de la quarantaine et avait des cheveux gris coupé très courts avec une sévère raie sur le côté. Il lui rappelait un peu un dictateur européen du XXe siècle, qu'elle connaissait de ses leçons d'histoire. L'homme était antipathique au possible. Encore plus que Rodriguez, qui s'était assis à côté d'elle, tandis qu’Ullman prenait place aux côtés de Joan. Ullman présentait des similitudes avec la description de Tovin concernant l'officier qui lui avait fait l'injection.

Un moment de silence tendu s’installa jusqu'à ce que Rodriguez parle. "Miss Ballard, demain soir se déroule ici au ‘Casino‘ le bal annuel des officiers et je me demandais si vous vouliez bien m’accompagner. Miss Landor, Vous êtes bien sûr également la bienvenue."

Joan adressa à Rodriguez un sourire ironique. ’Espèce de porc, c’est bien que tu penses à moi aussi’, pensa-t-elle et elle répondit : "Merci beaucoup, Commandant…"

"Si vous n'êtes pas déjà accompagnée, Miss Landor", intervint Ullman, "j’aimerais jeter mon chapeau dans l'anneau."

"Merci, Lieutenant Commandant", dit Joan d’une voix flûtée. "Mais je crois que j’ai déjà trouvé quelqu’un pour m’accompagner."

Avant qu’Ullman, qui regardait les trois d’un air irrité, puisse répondre, le communicateur de Katherine bipa. Takashi lui avait envoyé un message. Elle prit l'appareil et regarda autour d’elle. "Désolée, mais le travail ne fait pas de pause déjeuner." Takashi avait fabriqué quatre portraits robots détaillés d’après la déclaration de Tovin. Elle consulta les photos en tenant son communicateur afin que Rodriguez ne puisse y jeter un regard. Les trois premières images ne lui dire rien, mais la quatrième fit presque s'étouffer Katherine. Elle ne laissa rien paraître et remit le communicateur à Joan. Elle regarda en silence l'image. Même sans dire un mot, un nom venait à l’esprit, auquel les deux femmes pensèrent en même temps : Ullman.

Katherine et Joan se levèrent. "Messieurs, veuillez nous excuser", déclara Joan d’un ton calme et recueilli, mais elle tremblait à l'intérieur d’elle-même. "Le devoir nous appelle."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 19. Mai 2013, 13:30:30 Uhr
Ouf!

C'est un véritable nid de serpents ce vaisseau et cette mission. C'est vraiment bien que tu fasses cette traduction, Limeye  [goodjob]. J'ai raté vraiment beaucoup de choses avec la version allemande. Je sens que je vais faire quelque chose pour corriger ce handicap.

Bizz

Frégo  8)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 19. Mai 2013, 17:07:28 Uhr
Coucou Frégo,

contente que cette traduction te permette de mieux appréhender l'histoire. C'est vrai qu'elle est très complexe, mais au fil des chapitres, le "complot" se précise et la frontière gentils / méchants devient plus nette (même si dans l'état actuel du récit - début du chapitre 15, je précise) il est fort possible que nous ayons encore des rebondissements...

ce qu'il y a de bien avec les week-ends pourris du mois de mai (de quoi je me plains, les dernières années, nous avions de la pluie, là surtout du vent et du froid...), c'est que j'avance sérieusement dans la traduction...

bonne lecture !

Limeye  :)


Dans le bureau de la police, Katherine se laissa tomber sur la chaise et, pour une fois, posa ses pieds sur la table. Takashi avait remarqué que les deux femmes étaient rentrées de déjeuner et découvert trois tasses de café fumant. "Ici, on dirait que vous pouvez en supporter un. Pouvez-vous commencer avec les portraits robots ?"

Joan saisit également une tasse et hocha la tête. "Le quatrième est le Commandant du Rampage, le Lieutenant Commandant Frank Ullman. Antipathique. Les trois autres pourraient appartenir à son équipage", répondit-elle.

"Cela signifierait-il que nous devrions d'abord nous concentrer sur l'équipage du Rampage ?", demanda Takashi.

"Non, pas nécessairement", répondit Katherine. "Je le considère plus comme l'homme de main chargé du sale boulot. Il a tout à fait la tête d’un homme de main. Un type écoeurant, cet Ullman. Cependant, les ficelles sont tirées d’ici, cela, j’en suis certaine." Katherine sirotait son café. "Après tout, nous avons déjà un premier suspect. Joan, Takashi, pendant que je me rendrai chez le Commodore Becker, je veux que vous vous rendiez sur le Rampage , il se sent sur les dents. Montrez-lui les trois autres images. Et s’il ne veut pas les reconnaître, faites aligner les officiers. Sur un si petit vaisseau, ils ne doivent être qu’une poignée."

"Une telle corvette compte seulement 200 membres d’équipage, et au maximum cinquante officiers à partir du grade de Lieutenant", grommela Takashi. "Nous les attraperons, Kat."

"Kat, si tu penses que cette conspiration, ou peu importe le nom qu’on lui donne, commence à partir de là, qui penses-tu est avec eux ?", demanda Joan.

Katherine ôta ses pieds de la table et s'assit. Elle comptait sur ses doigts : 'Docteur Teenbaum en premier. Il sait comment la Lythobromphine agit et que c’est impossible à prouver. Il a également utilisé un produit qui n'est pas encore disponible dans le commerce. Cela rendait encore plus difficile de découvrir ce que c'était. Deuxièmement, Marijke Van den Bosch et l'ensemble de son département.''

"Pourquoi donc ?", demanda Joan avec une certaine excitation. "Elle nous a déjà deux fois bien aidés."

"Exactement, voilà pourquoi !" répondit Katherine en souriant. "Je peux me tromper, mais cela va de pair avec le fait qu’elle applique les instructions, en tant qu’officier de sécurité, de manière trop laxistes. Services ici, exception là. Si elle cessait plus exactement, comme son grand modèle Joachim Becker, de suivre les instructions, nous ne serions pas ici pour encore longtemps. Elle suscite la suspicion par sa volonté d'aider."

Joan regarda Katherine tristement.

Katherine le remarqua et tenta de réconforter son amie. "Je sais que tu tiens à Van den Bosch et elle semble te vouloir également du bien, aussi je souhaite me tromper pour toi et elle-même en ce qui concerne mes soupçons. Crois-moi, s’il te plaît, Joan."

Joan croisa les bras sur sa poitrine et eut du mal à cacher son mécontentement. L’histoire de Marijke l’avait beaucoup touchée - elle le reconnaissait. Cela lui tournait dans la tête et Joan dit : "Tu as raison, Kat. Je ne peux pas m’y résoudre. As-tu un autre suspect à l’esprit ?"

Katherine se leva et but sa dernière gorgée de café. "Tout en haut sur ma liste se trouve le Commandant Hernando Rodriguez de Aragon y Munoz. Il n'est pas l'auteur de cette histoire, il y a peut-être encore quelqu’un au-dessus de lui, mais il est l'homme le plus puissant de cette organisation et il est avide de pouvoir. As-tu vu comment ses yeux brillaient quand il a dit qu'il serait de facto le Commandant de la flotte ? Un pragmatique ne colporterait pas ainsi une telle information. Pour Hot Rod, cependant, c’est comme se parer de plumes. Il s'agit d'un coq vaniteux qui aime le feu des projecteurs."

"Que ferons-nous ? Nous ne pouvons pas tous les arrêter provisoirement et les interroger ici !" fit remarquer Takashi.

"Absolument exact, Takashi", répondit Katherine en souriant. "Donc, demain soir, je vais porter une jolie robe, une paire de bas sexy et des talons hauts et je vais accepter l’invitation d’Hot Rod à ce bal des officiers. Il n’a pas dansé le rock’n’roll depuis, c'est-à-dire qu’il a assez d’air pour me répondre, quand je vais l’interroger avec mes manières charmantes et gracieuses. Joan a trouvé un pilote charmant, avec qui elle a rendez-vous ce soir. Joan, veille à ce qu’il t’invite à ce bal. Tu sais ce que tu as à faire."

Joan inclina la tête. Katherine regarda Takashi avec compassion. "Et pour toi, il reste Van den Bosch. Essaye de l’inviter. Si elle te rejette, ok. Ensuite, tu pourras toujours faire quelque chose, comme entamez la conversation avec d'autres officiers au bar ou autre. Faites attention aux moindres détails, évitez l’alcool et restez un peu en retrait, ok ? Je ferai de même, même si c’est difficile pour moi. Mais veillez à ce que votre interlocuteur boive autant que possible." Joan et Takashi rirent, parce que Katherine était connue pour être une "party girl".

Katherine tira le clip de ses cheveux noirs brillants, les secoua et posa lascivement et avec provocation un bras sur l'épaule de Takashi. Avec un clin d’œil lubrique, elle murmura : "Ce ne serait pas ridicule si nous rassemblions des informations, n’est-ce pas les enfants ?"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 19. Mai 2013, 20:33:58 Uhr
CHAPITRE 6

Curtis marchait à pas mesurés vers l'appartement d'Emelda, situé à la limite de la ville de Mars. Il n'avait raté le départ de Nurara du cosmodrome de New York que de treize heures. Avec de la chance, il aurait peut-être encore pu attraper Nurara dans sa chemise de nuit, l'embarquer à bord du Comète et faire le jeu du Marshall Garnie. Il voulait persuader Garnie de reprendre l'enquête pour déterminer où se trouvait Kuolun. Nurara avait vraiment pris soin de Curtis. Certes, elle méritait une peine à perpétuité pour le crash du vaisseau spatial sur Airam IV, causant plusieurs milliers de morts, et la mise en scène de la prison, mais Curtis voulait traquer Kuolun et s'assurer que le fils de Victor Korvo ne puisse jamais revoir la lumière du jour. Et seule Nurara savait où Kuolun avait pu disparaître dans les profondeurs de l'espace. Curtis se tenait devant la porte blanche de l'appartement d'Emelda. Quelques fractions de seconde après avoir sonné, la porte glissa sur le côté et une grande et mince femme d'âge moyen avec des cheveux verts et une fillette aux cheveux noirs dans ses bras se tenait devant lui. Elle sourit et dit : "Monsieur Newton ! Je vous attendais. Entrez."

Curtis entra dans l'appartement lumineux et propre, et regarda autour de lui avec scepticisme. "Où est Nurara ?", demanda-t-il avec impatience.

Jelana se mit à gémir un peu. "Vous pourriez aussi bien entrer sans armes, M. Newton," répondit Emelda avec un regard désapprobateur vers la combinaison spatiale de Curtis. "Vous avez raté Nurara de deux heures. Elle n'est pas là." Elle balançait doucement Jelana d'avant en arrière en lui parlant à voix basse en martien.

"Où est-elle ?", reprit Curtis d'une voix forte. "Je commence à perdre patience avec votre fille, Emelda !"

"Chut, Mister Newton, vous effrayez la petite. Ecoutez-moi, je ne sais pas où Nurara a disparu. Elle a quitté Mars et je ne peux pas dire quel est son objectif, même si je le voulais. Et je vous invite à laisser ma fille tranquille ! Elle n’a rien fait !"

Curtis renifla. "Bah ! Emelda, je vous en prie ! Vous n’y croyez pas vous-même ! Nurara a laissé exploser un cargo bourré d'explosifs sur la prison, cela a fait des milliers de victimes pour permettre à Kuolun seul d’être libre. Ecoutez-moi au lieu de vous mentir à vous-même !"

Le regard de Jelana se reporta de sa grand-mère à Curtis. Elle le regarda un instant, puis sourit et tendit ses petits bras vers lui. "N’est-elle pas mignonne, Capitaine ? Je n'ai jamais eu l'occasion d'apprendre à vraiment connaître son père, mais elle a l'air si semblable. C'est si triste que Jelana doive grandir sans père. Pourquoi voulez-vous à tout prix prendre sa mère à cette gamine ? N'avez-vous pas grandi sans parents ? Vous avez toujours été entouré par un robot et un humain artificiel ! Pourquoi voulez-vous réserver à tout prix un sort similaire à ma petite-fille ? Laissez Nurara tranquille s'il-vous-plaît ! Elle n'a rien fait ! Elle a été réhabilitée et pardonnée. Ecoutez, vous discréditez son nom !" Emelda parlait doucement, sans rancune, mais avec assurance avec Curtis. Jelana tendit encore les bras en direction de Curtis, triste et ennuyée que son souhait ait été ignoré. Elle cria haut et fort. Elmeda reprit : "Regardez cette petite fille ! Prenez-la, Capitaine. Tenez-la !"

Sans un mot, Curtis prit Jelana dans ses bras. Elle rit de joie et se mit à gratter avec ses ongles délicats sur l'armure du torse de Curtis. "Rappelez-vous cela, Monsieur Newton ! Je vais vous demander encore une fois : voulez-vous vraiment que cette belle petite grandisse sans parents ? Comment pouvez-vous être si cruel ?" Emelda regarda Curtis attentivement et avec confiance. La ressemblance entre Emelda et Nurara était sans équivoque. Toutes deux avaient ce regard qui était capable de tuer.

Le discours d'Emelda avait touché Curtis au cœur. Secrètement, il devait bien reconnaître que la mère de Nurara avait raison. Il rendit Jelana à sa grand-mère ce que la petite prit mal, et elle protesta vigoureusement. Puis il sortit une carte de données de sa ceinture et la tendit à Emelda. "Bien. Je veux bien accepter provisoirement votre histoire, Emelda. Sur cette carte sont stockées les fréquences sécurisées sur lesquelles Nurara pourra me joindre. Faites-moi une faveur et au moins transmettez-le à votre fille si elle vous contacte. J'ai besoin de lui parler." Curtis marqua une courte pause. "Nurara peut être assurée qu'elle n'a rien à craindre de moi. Je veux Kuolun. Et lui seul."

Puis il ôta un gant et caressa doucement la joue de Jelana. "Bonne chance, petite chérie. Vous avez une très bonne mère et une grand-mère avec un esprit combatif." Par réflexe, Jelana saisit son doigt et essaya de le mordre avec sa première dent. Curtis retira souplement son doigt et caressa tendrement ses mains sur ses cheveux noirs. Elle couina de plaisir. "Je m'en vais maintenant, Emelda. N'oubliez pas dire à Nurara que je veux lui parler. Simplement lui parler."

Sans un mot de plus, Curtis quitta l'appartement d'Emelda. Dans le long couloir, il marcha sur quelques dizaines de mètres, il était debout et se cogna la tête contre le mur. "Zut !", murmura-t-il.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 19. Mai 2013, 22:37:26 Uhr
Coucou Limeye,

J'aime bien comme Curtis s'est fait avoir en beaute.... ;D
Neanmoins c'est vrai que c'est Kahlon et non Nurara qu'il recherche...

J'avoue que le comportement de Joan me semble un peu trop en demi-teinte, Hot Kat est vraiment en charge et Joan son second un peu trop...second...Je prefere quand elle prend un peu plus d'initiative (sauf avec ce pilote.... >:().

J'espere qu'elle va refaire marcher ses cellules grises, elle n'a pas vraiment le choix vu la ou elle en est pour le moment.... ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 20. Mai 2013, 07:54:16 Uhr
Coucou O-Tho !

Oui, sur ce coup-là (mais ce ne sera pas le seul de l'histoire  :(), Curtis se fait avoir en effet par Nurara...

Je suis d'accord avec toi concernant le personnage en demi-teinte de Joan. Kat a une telle personnalité qu'elle en "écrase" Joan, la hiérarchie joue aussi. Joan est le personnage le plus différent par rapport à notre vision, en dehors de Nurara bien entendu du fait de son évolution personnelle (même si elle reste très rusée et fine).

Je ne sais pas ce que Free Nurara va faire de Joan pour les prochains chapitres... je suis très curieuse de le voir ! Elle est quand même dans de sales draps...

Voici une suite, qui m'a fait sourire, mais ça n'a rien à voir avec le contenu-même de l'histoire, juste qu'un petit personnage s'appelle Lafayette et forcément, j'ai pensé aux Aristochats...  ;D

Belle journée !

Limeye  :) réveillée par un gosse et un chien un jour férié, vous l'imaginez  >:(


Katherine retrouva le Commodore Becker et le Commandant Rodriguez sur le pont. Déterminée, elle se dirigea vers les deux hommes, adressa à Rodriguez un charmant sourire et dit à Becker : "Vous vouliez me parler, Monsieur ?"

"Major Ballard, merci de me consacrer un peu de votre temps. Comment avance votre enquête ?"

"Lentement, Monsieur, lentement", répondit Katherine. "Nous avons du mal à trouver un point de départ. Il semble que nous allons devoir vous quitter, malheureusement, demain. Le colonel Tovin doit bénéficier de soins psychologiques en profondeur, à New York, nous ne pouvons pas le laisser ainsi. Et sur Samedi II, nous trouvons beaucoup d'obstacles sur notre chemin." Du coin de l'œil, elle vit que Rodriguez avait bien du mal à réprimer un petit sourire.

"En avez-vous déjà parlé à la police locale ?" demanda Rodriguez.

"Non, Monsieur, nous avons dû partir plus tôt de Samad, la situation était trop dangereuse pour deux femmes sans défense." Elle répondit cette fois la vérité. "Nous n'avons pas l'intention de nous rendre à nouveau sur la planète."

"Je ne vous le recommande pas non plus", ajouta Becker. "Le soulèvement de cette police et des militaires ce matin aurait pu frapper avec une violence brutale. Il y a eu des centaines de victimes des deux côtés et dans la capitale, l'état d'urgence a été déclaré, avec des couvre-feux et tout ce qui va avec. J'ai également l'intention de déplacer la flotte rapidement." Le Commodore Becker marqua une courte pause. "Après le bal des officiers de demain soir. Par ailleurs, certains délégués de la politique samedienne et même de l'économie seront présents. Nous voulons toujours que des représentants du système solaire montrent leur bonne volonté, hein Rodriguez ?"

"Absolument, Commodore. Ce qui m'amène à la question suivante, Miss Ballard. Pouvez-vous me faire l'honneur de m'accompagner au bal demain ?"

Katherine s'attendait à cette question. Et c'est avec un grand sourire qu'elle répondit : "Commandant, ce sera un honneur pour moi. Je vous remercie beaucoup pour votre invitation. Vous pouvez compter sur moi."

Tout d'un coup, le visage de Rodriguez rayonna. Sa petite Colombienne préférée aurait sauté de joie sur le pont de commandement, mais il a garda son sang-froid. Au lieu de cela, il s'inclina gracieusement et donna une fois de plus à Katherine un baiser de gentleman. "Miss Ballard, mon cœur en danse de joie. Je vous remercie."

"Espèce de porc, si tu savais ce que je pense de tes fleurs...", pensa Katherine irrespectueusement.

"Rodriguez, maintenant, prenons un peu de temps ensemble. Vous vous comportez vraiment dans l'amour comme un jeune adolescent avant le bal !", le blâma Becker, en faisant - ce qui était rare pour lui-même - un sourire malicieux.

"Je vous demande pardon, Monsieur, mais c'est ce que je ressens en ce moment !" répondit Rodriguez en baissant humblement la tête. "Monsieur, si vous n'avez pas besoin de moi, je vais maintenant inspecter la navigation."

"Faites, Rodriguez. Allez !" Becker regarda Rodriguez encore un instant, puis fit signe à un capitaine et lui dit : "Lafayette ! Je suis dans ma cabine ! Le pont est à vous !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 20. Mai 2013, 17:15:50 Uhr
Coucou O-tho!

Au sujet de Joan, tu m'as volé les mots de la bouche (ou plus précisément, du clavier!) Je pense exactement la même chose!   >:(  Parfois, j'aurais envie de la secouer un peu (comme Jelle le ferait sans doute)!  [nono]

Ce qui ne m'empêche pas d'aimer ce récit et de le suivre avec intérêt!

Frégo, imagine ce que moi j'aurais manqué avec les sites de traduction! Et l'expression "nid de serpents" est vraiment bien choisie, encore mieux que "guêpier". C'est comme un plat de spaghettis, tu tires une nouille, il en vient d'autres avec..!  [unconscious]

Pauvre Limeye, c'est vrai que les enfants et les chiens n'ont pas la même notion que nous de la grasse matinée!  ;D  Je joins mes remerciements à ceux de Frégo pour la traduction!

De la non germanophone... ;D

Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 20. Mai 2013, 17:52:25 Uhr
Bonjour Flamme (c'est le soir quasiment ici !)

je viens ajouter une suite, et je vois tes remarques. Kat présente certaines similitudes avec Jelle, elles ont toutes deux des caractères bien trempés. Je n'ose moi plus pas imaginer Jelle dans Meuterei...  :o

vous verrez d'ici peu un passage que j'ai traduit ce matin, où la notion de nid de serpents prend encore plus tout son sens...

mais pour l'heure, voici un échange entre le Commodore Becker et Kat.

bonne lecture !

Limeye  :)


Le capitaine Lafayette salua et Becker quitta la passerelle avec Katherine. Dans sa cabine, il lui offrit une chaise confortable et se laissa tomber dans son grand fauteuil de cuir. "Merci encore pour votre temps, Major."

"Que puis-je faire pour vous, Monsieur ?" demanda Katherine, en regardant de près le Commodore, amiral au grand pouvoir dans un espace aussi modeste.

"La Capitaine Van den Bosch m'a demandé, presque obligée, à parler avec vous. Pensez-vous que j'ai changé, Miss Ballard ?"

Katherine attendit un moment, elle cherchait une réponse diplomatique. "Pour être honnête, Monsieur, oui. Et pardonnez ma franchise - pas forcément à votre avantage. Puis-je vous parler ouvertement ?"

"Je vous en prie, Miss Ballard."

"J'ai l'impression que le poste de Commodore n'est pas la tâche la plus appropriée pour vous. Rodriguez et Van den Bosch m’ont chacun fait comprendre que vous étiez un homme accablé par la tâche."

Becker hocha lentement la tête d'un air approbateur. "Vous avez parfaitement raison, Major. Je vais aussi vous dire pourquoi."

Les sourcils de Katherine se relevèrent d'un air interrogatif : "Monsieur ?"

"L'Amirauté m'a forcé à prendre ce poste. Je n'en voulais pourtant pas. Lorsque mon prédécesseur Hank Taggart a annoncé sa retraite, j'aurais aussi voulu être écarté du Tennessee. J'ai écrit plusieurs demandes, toutes ont été rejetées. Voyez-vous, Major. J'ai été depuis 42 ans officier de la flotte. J'ai toujours accompli mon service de manière exemplaire, je n'ai jamais reçu de sanction disciplinaire et je me suis toujours rendu là où l'Amirauté voulait m'envoyer, sans protester. J'y suis toujours tout simplement allé, jamais été appelé. Maintenant, je voudrais juste passer les trois dernières années avant ma propre retraite auprès de ma famille. J'ai trois petits-enfants, de quatre et cinq ans. La dernière fois que je les ai vus, c'était peu de temps après leur naissance. Pas depuis. Ce vaisseau me rend malade, Miss Ballard ! Il me tue !"

"Ce fait vous dérange, évidemment, et vos compétences en leadership en souffriraient. Mais je ne suis pas une thérapeute, Monsieur. Je suis une chercheuse et une profileuse. J'essaie d'attraper les méchants. Je ne pourrais vous donner de meilleur conseil qu’un basé sur le bon sens", répondit Katherine visiblement choquée.

"Pouvez-vous me donner un ?" demanda Becker.

"Je suis une femme de la campagne. Je viens d’un état du Sud. Là où j'ai grandi, il n'y avait que deux façons de faire : mordre ou se faire mordre. Quand je suis née, mes parents n'avaient presque rien et ont dû se débrouiller pour nous élever mon petit frère et moi. Pour nous, c’était simplement le mieux lorsque j'ai quitté l'école secondaire. Maintenant je suis ici, Major de la police de l'espace, docteur en psychologie, j'ai un grand homme qui m'attend pour fonder bientôt une famille avec moi. J’en suis à la moitié de ma vie, par rapport à vous, Monsieur et je vois devant moi un homme qui a mené la sienne. Vous avez une famille qui vous a attendu pendant des décennies, vous pouvez regarder en arrière et voir une splendide carrière dans la marine, vous êtes sur un poste, que tous les autres officiers de votre rang envient. Commodore, vous commandez le deuxième plus grand navire de la flotte !" Katherine sourit d'un sourire sincère. "Et enfin, Monsieur, vous avez un grand fils, qui lève les yeux vers vous et dont vous pouvez être fier ! Vous n’avez plus que deux ans à faire ! Vous pouvez à nouveau affronter l’enfer ! Vous avez tenu 42 ans ! Vous ne pouvez vous asseoir sur vos deux dernières années lâchement !" Pour sa dernière phrase, Katherine se serait mordu la langue, une fois de plus, car elle avait parlé avec espièglerie, en insouciante sudiste.

Becker a ignoré le faux pas verbal, mais écarquilla les yeux. "Vous connaissez Peter ?"

"Pas directement, mais ma collègue, la Lieutenant Landor, oui. Elle s’est arrangée pour que Peter l’invite au bal. Il est un beau mec, si je puis m'exprimer ainsi."

Becker lui fit un sourire paternel. "Merci, Miss Ballard. J'apprécie votre franchise. Je ne m’attendais en aucune façon à être traité ainsi. Je voulais connaître votre opinion et je vais l’inclure dans ma décision."

Katherine était terrifiée, elle craignait le pire. "Inclure ? Quelle décision ?"

"Je tiens à remercier mon responsable du ministère" répondit Becker. "Je peux me permettre de perdre mes droits à la retraite, car je suis libre, libre de ces contraintes."

"Vous voulez démissionner ? Monsieur, ne faites pas cela ! Ce vaisseau a besoin de vous ! Aujourd'hui plus que jamais !" Katherine regarda fixement le Commodore, puis elle commença à parler de ses dernières découvertes. "Ce que je vous ai dit tout à l’heure sur le pont n’est pas la vérité", commença-t-elle.

"... Et puisque le Marshall Garnie nous a rappelées, nous essayons de rassembler jusqu'à demain encore autant d'informations que possible." Becker avait écouté Katherine avec beaucoup d’attention, il était littéralement scotché à ses lèvres. Puis il se leva, glissa ses mains serrées en poings dans ses poches et se mit à tourner en rond.

"Teenbaum, Ullman et Rodriguez, dites-vous ? Et peut-être aussi Van den Bosch ?" Becker regardait Katherine d’un air impuissant tout en lui demandant : "C’est un soupçon terrible que vous leur portez, Major. Avez-vous la moindre preuve ?"

Katherine haussa les épaules. "Non, Monsieur, juste la déclaration du Colonel."

Becker se pencha vers Katherine et s'appuya sur le bras de sa chaise. "Ce n'est clairement pas assez, ma chère !", lui dit-il, en la regardant de ses yeux perçants. "Et même si vous aviez raison, Miss Ballard, vous ne pourriez pas vous en sortir ! Rodriguez et Ullman sont le Commandant et le Capitaine, et sont d’excellents ‘Marines’ ayant des compétences exceptionnelles. On a pu les endoctrinés pour garder l'information pour eux et peut-être jusque dans la tombe ! Concernant Van den Bosch, j’en mettrais même ma main au feu. Elle est pour moi un peu comme ma fille, comprenez-vous ? Marijke était comme la petite fille triste de cette flotte, remplie de crainte et ayant une faible estime de soi. Et maintenant, regardez cette femme, Katherine ! Elle me doit tout ! Pensez-vous vraiment que Marijke pourrait me trahir ? Jamais !"

Katherine fut plus que surprise par l'énergie et l'émotion que Joachim Becker manifesta à ce moment-là. Elle ne l'avait jamais vu ainsi jusqu'à présent. "Ensuite, il reste Teenbaum, Commodore. Que pensez-vous de lui ?"

"Je dois avouer, je le connais à peine. Il se trouve seulement depuis environ trois mois à bord avec nous et j'avais été le voir parce que j'ai eu des douleurs articulaires. Il vient régulièrement aux réunions du personnel, mais apporte peu au corps des officiers."

"Est-il un ‘Marine’ ?" voulut encore savoir Katherine.

Becker secoua la tête. "Non. Il ne dispose que d'une formation militaire de base, il a obtenu sa place en raison de sa position officielle comme médecin de bord. Il supervise tout l'équipage du Cherish."

"En conséquence, il n'a pas l'expérience militaire nécessaire", en conclut Katherine. "Toutefois, il est médecin et sait ce que signifie la confidentialité. La seule chose qui pourrait lui manquer est sa résistance au stress qui est la marque d'un ‘Marine’. Avec cela nous pouvons l’avoir." Katherine regarda le Commodore d’un air combatif. "Qu’en est-il des trois autres officiers ?"

Becker secoua la tête. "Miss Ballard, nous avons plus de cinq mille personnes, réparties sur huit vaisseaux. Je ne connais pas les sentiments de chaque lieutenant. Je croise même au quotidien plusieurs visages inconnus."

Katherine se leva de sa chaise. "J'irai demain soir voir le docteur Teenbaum. Puis-je faire quelque chose d’autre pour vous, Commodore ?"

Becker se rassit à son bureau. "Non, Major, c’est tout pour le moment. Merci pour votre temps et pour ces précieuses informations. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous pouvez me contacter à tout moment. Apportez-moi des preuves. Mais, je vous en prie, soyez prudentes."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 21. Mai 2013, 09:09:11 Uhr
Coucou !

Un nouveau petit passage... A noter la remarque de Joan à Takashi... on sourit... jaune  ::)

belle journée !

Limeye  :)


A bord de la corvette Rampage, il faisait chaud et étouffant. "La climatisation est de nouveau cassée", dit un jeune sergent en guise de salutation, tandis que Joan et Takashi quittaient la navette. "Cette vieille boîte est en réalité bonne pour la casse", dit-il avec un sourire avant d’être immédiatement réprimandé par ses supérieurs.

"Non, non, non, Sergent ! Cette vieille boîte ! Ne lui manquez pas de respect car elle vous ramène toujours à la maison !", une jolie fille d’une trentaine d'années aux cheveux foncés et aux yeux bruns souriant avec une large bouche, tendit la main à Joan. Avec son air de Maori, elle lui parut extrêmement sympathique. "Capitaine Jenny Simmons, premier officier du Rampage. Et vous ?"

"Lieutenant Joan Landor et Capitaine Takashi Yokomuri, de la police de l’espace", répondit Joan, souriant également en serrant la main de Simmons. "Nous serions ravis de parler à votre Commandant."

"Il se trouve probablement encore dans la salle des machines. Je vais l’appeler. Venez avec moi sur le pont." Elle demanda d’un ton énergique au sergent d’appeler le Commandant.

"Takashi, cessez de regarder son cul, vous êtes marié !" siffla Joan au Japonais. "Je crois que JE vais les entendre. Vous n'êtes pas impartial et cela peut affecter votre jugement." Avant de Takashi ait pu lui répondre fermement, une annonce se fit entendre dans le haut-parleur du couloir : "Commandant, s'il-vous-plaît, sur le pont !"

Les couloirs de la corvette étaient un peu étroits et écrasants. Le navire mesurait 160 pieds de longueur et 45 mètres de largeur, soit un peu plus du dixième du Tennessee. Le Rampage était l'une des trois corvettes de classe Maraudeur, des corvettes d'attaque avec un armement lourd. Leur tâche consistait, en cas d'attaque ennemie, à protéger les vaisseaux de petite et moyenne taille. En raison de la conception compacte du vaisseau, tout l'espace disponible devait être utilisé, et on se sentait à l'étroit sur ce vaisseau, aucune comparaison possible avec les chambres presque inutilement grandes du croiseur de bataille. Le seul endroit assez spacieux était le pont de trente mètres de large avec une grande baie vitrée, et le passage qui faisait le tour de tout le pont. De là, il était possible d'avoir une vue impressionnante sur le vaisseau amiral, qui était d'environ à cinq miles de là.

"C'est fou ! Cette chose est énorme, je ne l'aurais pas remarqué si je n'étais pas venu jusqu'ici", haleta Takashi.

Simmons ne put s'empêcher de sourire fièrement. "N'est-ce pas ? Je suis impressionnée à chaque nouvelle fois quand je vois cet énorme vaisseau. Seuls les cuirassés République et Constitution font encore cinq cents mètres de plus. Que nous vaut l'honneur de votre visite, si je peux vous le demander ?"

Joan, qui échangea un sourire chaleureux avec Simmons, dit sérieusement : "Capitaine Simmons, connaissez-vous ces trois hommes ?" en tendant un bloc de données avec les trois dessins fantômes. Simmons les examina de près et hocha la tête.

"Voici le Lieutenant Korsakov, le Lieutenant junior Allister et le Lieutenant junior Meinhardt, tous officiers de l’armée. Qu’y a-t-il à leur sujet ?" Il est évident pour Simmons qu’elle donnait leurs noms librement, sans aucun pressentiment. Joan et Takashi échangèrent un regard significatif.

"Merci, Capitaine. Cela nous aide beaucoup. Pouvez-vous nous dire où se trouvait le Lieutenant Commandant Ullman le jour du massacre ?" Takashi regarda le visage de Simmons. Apparemment, elle se sentait un peu dépassée.

"Il était en congé et avait quitté le vaisseau. Il passe habituellement ses repos jours dans une zone de loisirs sur le Cherish. Pourquoi me demandez-vous cela ?"

"Quand est-il revenu à bord ?" demanda Joan.

"Vers 23h, et assez ivre."

Takaskhi insista : "Et où se trouvaient ce jour-là les trois lieutenants ?"

Simmons réfléchit un moment et répondit : "Si je me souviens bien, tous les trois étaient également hors service et voulaient passer la journée sur Sameda II. J'ai vu leurs factures initiales."

"Qui a signé les notes d'origine ?" demanda Joan. Elle ne laissa pas le temps à Simmons de s’esquiver.

"Ullman. Mais dites-moi s’il vous plaît ce que cela met en cause ?" Le teint café au lait de Simmons était devenu pâle.

"Une dernière question, Capitaine, vous serez présente demain au bal des officiers ?" demanda Joan pour finir sur une question plus légère.

"Oui, naturellement."

"Bien", répondit Joan laconiquement. Derrière la Capitaine Simmons venait d’apparaître Frank Ullman. Il a été enduit d'huile et sur le sommet de son crâne étaient accrochés des brins emmêlés.

"Commandant sur le pont !" cria quelqu’un et Simmons se tourna pour le saluer. Ullman fit un signe, énervé. "Bien, bien. Mlle Landor, ravi de vous voir", dit-il d’une voix chaude. "Je suis désolé, mais ce vaisseau vous fait parfois faire de ces bêtises. Le climatiseur est en panne et je m’excuse pour l’air un peu chaud. Que puis-je faire pour vous ?"

Joan regarda Simmons en souriant et dit : "Merci, Capitaine." Simmons se détourna et se dirigea vers le navigateur - toujours à portée de voix. Joan s’adressa à Ullman et déclara : "Monsieur, nous avons besoin de vous poser quelques questions. Pouvons-nous le faire dans un endroit calme ?"

"Bien sûr, allons à la zone d'opérations. Par ici, s'il vous plaît."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 21. Mai 2013, 11:43:43 Uhr
La salle des opérations était une pièce insonorisée comme celle du Tennessee, plus petite, isolée du pont avec une paroi en verre épais, ce qui permettait de l’isoler complètement grâce à un noircissement de la façade en verre. Ullman laissa passer les deux policiers et ferma la porte derrière lui après être lui-même entré.

"Que se passe-t-il ?" voulut-il savoir. Dans sa voix, on pouvait sentir une légère impatience.

Takashi prit la parole. "Lieutenant Commandant Ullman, où étiez-vous le jour du massacre ?"

"C’était mon jour de congé et je l'ai passé sur le Cherish. Sauna, piscine, détente, voilà l'ensemble du programme."

"Y a-t-il des témoins ?" demanda Joan d’un ton soupçonneux.

Ullman sourit. "Des centaines ! Demandez au personnel du spa, au serveur du bar et à Rodriguez ! Il était là-bas toute la journée !"

"Quand êtes-vous revenu à bord ?"

"Alors, aux alentours de 23h, je suis allé directement au lit parce que j'avais bu beaucoup."

Joan se souvient à cet instant d’un point de détail important dans la presse de New York.

"Monsieur, quand exactement votre vaisseau a-t-il été informé des actes du colonel Tovin ?"

"Selon l’heure du bord. J’en ai été informé vers six heures. Étant donné qu'aucun coup de feu n’a été tiré, ce qui était très bien."

"Cela signifie que vous n'avez pas vu Tovin quand il a été arrêté ?" demanda Joan, soupçonneuse.

"Non, je ne l’ai pas vu !" répondit le Commandant avec énergie. "Que signifient toutes ces questions ? Soupçonnez-vous que j’aurais quelque chose à voir avec toute cette affaire ?" Ses yeux allaient avec nervosité de Joan à Takashi. Il était clairement acculé.

"Non, Monsieur", répondit Joan tranquillement et calmement. "Questions de pure routine. Une dernière question, Monsieur, puis nous repartons. Connaissez-vous ces trois hommes ?" Elle lui tendit le datapad.

Ullman prit le datapad, tandis que Takashi et Joan remarquaient que sa main tremblait légèrement. Il regarda brièvement les photos et leur rendit le datapad. "Non, je ne les connais pas", répondit Ullman.

"Ah ? Vous ne les connaissez pas ? Quelle est l’importance de votre équipage, Monsieur ?" Le ton de Takashi devint aigre.

"Deux cent vingt… mais…"

"Comment se fait-il," il prit Ullman au mot, "que votre première et belle officier puisse identifier clairement ces trois hommes parmi deux cent vingt et vous pas ? Voulez-vous dire en toute sincérité, vous ne connaissez pas les principaux officiers de vos armes à feu et pourtant vous signez leurs factures ?"

"Meinhardt, Sakow, Allister" répondit Ullman, énervé. "Ils étaient à Samad et voulaient passer la soirée dans le quartier des divertissements."

"Pourquoi ne l’avez-vous pas dit, Monsieur ?" demanda Joan.

"Parce que les trois sont connus pour aimer aller voir des prostituées, Mlle Landor. La flotte ne tolérerait pas une telle chose, mais je ne peux pas l'empêcher. Je ne veux pas que mes hommes aient d’ennuis."

"Que les trois aux plaisirs douteux soient poursuivis, nous est égal, Lieutenant Commandant. Ce qui nous intéresse est de savoir pourquoi vous avez nié connaître ces hommes. Étiez-vous ce soir-là aussi à Samad ?"

"Non, pour l'amour du Christ ! J’ai passé toute la journée, jusqu’à mon retour, avec le Commandant Rodriguez à bord du Cherish !"

Joan prit une profonde inspiration, un léger tremblement lui traversa le corps. "Monsieur, nous devons vous demander de venir avec nous sur le Tennessee. S'il vous plaît, ne provoquez maintenant aucun incident et venez avec nous jusqu'à la navette."

Takashi avait tiré son communicateur de sa poche : "Lieutenant Baxter, s'il vous plaît, venez avec cinq hommes sur le Rampage pour récupérer les Lieutenant Allister, Korsakov et Meinhardt à titre provisoire."

Joan se tourna vers la porte.

"Monsieur, veuillez nous suivre, s’il vous plaît."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 21. Mai 2013, 16:20:59 Uhr
Très certainement dernier passage que je vous livre aujourd'hui, avec un très bon passage, je trouve, qui décrit bien la personnalité de Hot Rod. Et là, on n'a plus du tout envie de rire...

Bonne lecture !

Limeye  :)


Marijke van Bosch était de service sur le pont. Le Commandant Rodriguez s'était retiré pour une discussion avec certains officiers dans la salle des opérations. Sur le pont lui-même, il y avait une ambiance animée et tendue, car là-bas dans l'espace, les combattants de l'espace et des unités de bombardiers du Courageux menaient une simulation d’attaque contre le Tennessee, qui à son tour était défendu par cinq escadrons de bombardiers et trois escadrons de chasseurs, tout deux appartenant au contingent des chasseurs du croiseur de bataille. Van den Bosch savait que l'équipage de la passerelle faisait parfaitement son travail et que sa présence se limitait à un rôle d’observatrice. Même si Van den Bosch était "seulement" deuxième officier, l’efficacité et le dévouement de l’équipage la remplissait de fierté. Elle était heureuse d'être membre d'un tel équipage de bataille loyal et opérationnel. Dehors, devant la grande baie vitrée, deux groupes de chasseurs menaient la danse étrange d'un duel. Son communicateur privé sonna dans sa poche.

"Jenny ! Qu’est-ce qu’il y a ?" Van den Bosch était surprise que sa bonne amie Jenny Simmons l’appelle durant le service sur son appareil personnel.

"Ils ont arrêté Ullman et trois membres de l'équipage, Rijke !" cracha le haut-parleur. La voix de Simmons était clairement résolue.

"Tu plaisantes, Jen !" répondit Van den Bosch, effrayée. "Qu’est-ce qui s’est passé ?"

"Landor et le Japonais étaient ici. Ils reprochent à Ullman d’avoir quelque chose à voir avec le massacre. C'est dingue, non ?"

L'estomac de Van den Bosch se serra. Elle n’appréciait ni Ullman, ni Rodriguez, mais elle ne pouvait pas imaginer pour l’instant que la conspiration, qui pensaient-ils, allaient se produire à bord du Tennessee, concernait aussi toute la flottille. Qui d’autre était dans le coup ? Pourquoi pas le Commandant Walker du Courageux ? Ce serait une catastrophe. Mais où donc tout cela allait-il mener ? "Jen, n’en parle à personne ! Tiens absolument ta langue ! Quelque chose de géant est en cours ! Nous avons un gros problème ! Assure ton service comme toujours, compris ?"

"Oui, bien. Rijke, Depuis des jours courent des rumeurs à bord. Est-ce vrai ?" La voix de Simmons à travers le haut-parleur était clairement anxieuse. "Dis-moi la vérité, s’il te plaît !"

"Oui, Jen, c’est vrai. Je voudrais pouvoir te dire autre chose. Je crois sincèrement que cette flotte joue un jeu moche, mais je ne sais toujours pas exactement quoi. Jen, je dois y aller, Rodriguez arrive ! Nous nous verrons demain soir !" Van den Bosch éteignit et rangea son communicateur. Rodriguez venait d’entrer dans la salle des opérations et se dirigeait directement vers elle.

"Capitaine Van den Bosch !" Sa grosse voix de baryton traversa la grande salle. "S'il vous plaît faites-nous apporter des boissons et quelques amuse-gueules, la réunion prend un peu plus de temps. Où est réellement le Lieutenant Commandant Ullman ? Il devrait déjà être là !"

Rodriguez ne savait encore rien. Van den Bosch se demandait sérieusement si elle devait lui dire qu’Ullman était déjà à bord, mais qu’il avait actuellement d’autres chats à fouetter. Elle décida du contraire. "Il n'a pas été signalé à bord, Monsieur. Dois-je interroger le Rampage ?"

Rodriguez s’agita. Il se retourna vers la salle des opérations. "S'il se présente, il lui faudra une bonne excuse. Il n’y a pas de retards possibles ici !" grogna-t-il et il disparut de nouveau dans la salle des opérations.

"Ullman s'est envolé, Messieurs", murmura-t-il, comme la porte se refermait derrière lui.

"Qu’est-ce qui se passe, Hernando ?" demanda un grand officier avec le grade de commandant. C’était George Walker, le Commandant du Courageux. Rodriguez fit un vague geste de la main."Ullman devrait être ici depuis une demi-heure. S’il en avait été empêché, il m’en aurait fait part personnellement. Je crains que Ballard et Landor ne lui aient rendu visite et il est devenu mou, cette mauviette. J'aurais dû le savoir."

"Que nous faisons avec le Rampage ?" voulut savoir le Capitaine Rylee MacDonald. La blonde cassante commandait la corvette Lynx, l'une de trois canonnières.

"Nous devons nous débarrasser de Simmons, on pourrait placer Heinrich au poste de commandant", déclara le Lieutenant Commandant Micaele Pizzuto, qui commandait le Rover, un vaisseau jumeau du Rampage. "Simmons ne pose que des problèmes de toute façon."

"Nous pouvons renoncer au Rampage", répondit Rodriguez. "Sans Ullman, il ne vaut rien et le vaisseau est techniquement peu fiable de toute façon." Il décrivit une croix avec deux doigts en l'air. Rodriguez venait de sceller l'arrêt de mort du Rampage et de ses deux cent vingt hommes et femmes.

"Qu’est-ce qui se passe avec Ullman ?" demanda Walker.

Rodriguez s’assit avec un sourire malicieux. "Ullman doit encore faire la noce. Quand il se réveille, il aspire le vide. Tout simplement !" Il laissa échapper un rire gras.

Les officiers présents rirent à leur tour. Rodriguez fit signe de faire silence. "Mesdames, Messieurs, s’il vous plaît. Maintenant, je voudrais entendre vos annonces de statut. Commandant Walker ?"

Le Commandant du Courageux inclina la tête. "L’équipage habituel à 85%. Le personnel volant à 42%."

"Pizzuto ?"

"Le Rover à 85%, Monsieur !" répondit le petit et raide Italien.

"MacDonald ?"

"Le Lynx à 100%", répondit l’Ecossaise avec fierté.

"Xiang ?"

Li Xiang était le commandant du Léopard, qui était également une canonnière.

"90%, Monsieur", s’écria le Chinois.

Il ne manquait que le Redneck et le Tigre. Delvos et Linke, les deux commandants avaient l'air un peu perdu. Puis Delvos répondit : "Le Redneck et le Tigre respectivement 38%, Monsieur !"

Rodriguez regarda un moment la femme et l'homme atterrés. Puis il tapa du poing sur la table. "Vous voulez plaisanter avec moi aussi ?" hurla-t-il. Les officiers présents tressaillirent tous ensemble. "Vous avez jusqu’à demain soir pour m’annoncer au moins 80% pour vos périssoires, sinon, vous serez bons tous les deux pour passer à la casserole ! M’avez-vous compris ? Si vous ne contrôlez pas vos équipages, vous en paierez les conséquences ! Et ce sera douloureux pour vous ! Suis-je assez clair ?"

Linke hocha la tête et répondit humblement : "Oui, monsieur, complètement. Nous ferons de notre mieux. "

Rodriguez fit le tour de la table, se tint devant le capitaine allemand et le regarda attentivement pendant un moment. Puis il le frappa sans prévenir d’un coup de poing dans le visage. Linke saigna du nez et de la bouche. Rodriguez posa une de ses mains puissantes autour du cou de Linke et le serra. "Votre mieux n'est pas suffisant, Hans. Je veux tout ! Je veux que vous ayez votre vaisseau sous contrôle ! À l'heure actuelle, ça ne semble pas le cas ?"

Linke haleta : "N… non, Monsieur… Vous… avez… raison !"

Rodriguez laissa Linke. Il regarda Linke désormais avec sympathie et parla d'une voix douce : "Vous avez jusqu’à demain soir, Capitaine…" Puis il saisit Linke par l’arrière de la tête et le frappa de toutes ses forces sur la table. "... Puis l'ecchymose sur le front sera votre petit problème !" Il se tourna vers la Capitaine de corvette Delvos, une petite blonde de Belgique. "Et vous, Delvos, vous et votre vaisseau ont longtemps été une épine dans mon pied ! Votre équipage est indiscipliné et vous semblez avoir déjà fait passer tous les membres masculins de l'équipage dans votre couchette, pas vrai ?"

Francine Delvos rougit : "Monsieur, c’est… c’est scandaleux ! Comment pouvez-vous…"

Rodriguez lui lança une claque dans le visage pour la faire taire. "Taisez-vous !" siffla-t-il. "Pour vous, c’est la même chose ! Vous avez également jusqu'à demain soir pour me signaler au moins 80% de ralliements, sinon vous vous retrouverez nue dans les quartiers de l'équipage ! Mes hommes seront heureux !"

Rodriguez obtint un léger rire de la part des autres officiers, hormis Linke. Celui-ci essayait d'arrêter le sang qui coulait de son nez avec un mouchoir.

"Et à part cela, Hernando ? Quand commençons-nous ?" demanda Walker. "Que faisons-nous du Cherish ?"

"J'attends les anonces du commandant. Si l'armée a rejoint les rebelles, nous avons la tâche facile." Rodriguez s’autorisa un sourire. "Demain matin, il devrait être prêt, George. Ayez un peu de patience." Rodriguez réfléchit un moment. "Le Cherish… C'est dommage pour les infirmières qui sont si douces, n'est-ce pas ?" Il forma comme une arme avec les doigts de sa main droite et la pointa sur Walker. Puis il fit mine de presser la détente. "Pan ! De la nourriture pour vos bombardiers, George !"

A ce moment, le Capitaine de corvette Teenbaum et deux soldats entrèrent dans la salle des opérations.

Les deux hommes poussaient un petit bar à roulettes, sur lequel étaient posés deux grands pots de café, des plats et plusieurs bols avec des biscuits et des bonbons. Les deux jeunes gens saluèrent et quittèrent immédiatement la salle. Teenbaum semblait traqué et tendu. Un peu surpris, il regarda le Capitaine Linke, qui saignait encore.

"Paul, qu’y a-t-il ?" demanda Rodriguez avec bonne humeur en se versant une tasse de café.

"La Major Ballard a passé un moment avec moi. Elle m’a posé des questions sur le médicament."

"Et ?" Rodriguez prit une gorgée de café tout en se détendant avec un biscuit dans la bouche. "Lui as-tu dit ce qu'elle ne sait pas ?"

"Hernando ! C’est grave. Ballard est remarquablement bien informée. Elle commence à devenir dangereuse."

Rodriguez se mit à rire à gorge déployée. "Paul, mon cher Paul, bien que tu le saches déjà. La Major Ballard EST dangereuse. C’est ce que j’aime chez elle." Rodriguez regardait pensivement le plafond. Puis il regarda autour de lui. "Ballard est mon problème, compris ? Personne ne la touchera ! Elle m’appartient !"

"Que faisons-nous de Landor et des forces de police ?" demanda Teenbaum. "Ils ont arrêté Ullman et ses trois hommes. Je viens de les rencontrer."

Rodriguez restait étonnamment tranquille. "Quand le bal sera terminé, nous ferons quitter le bord à Landor. Javeed prendra soin d’elle. Le Japonais et ses hommes seront autorisés à admirer le vaisseau depuis l’extérieur…" Il regarda autour de lui. "Oui, je sais ce que vous aller demander. Becker et Van den Bosch seront à liquider en temps opportun. Mais seulement quand nous aurons pris le contrôle de la flotte." Il regardait les officiers présents avec une mine, comme si le diable leur parlait personnellement.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 22. Mai 2013, 09:35:52 Uhr

Katherine était assise dans le bureau avec une tasse de café et s'arrachait les cheveux. Elle avait de nouveau rendu visite au Lieutenant Commandant Teenbaum après sa conversation avec le Commodore Becker et lui avait posé des questions sur le Lythobromphine. Il avait volontiers témoigné qu’il connaissait le développement de cette préparation, toutefois il n’en avait pas car il n’était pas disponible. De plus, il ne se serait pas permis de l’utiliser en tant qu’interne et médecin généraliste. Par conséquent, on ne trouvait pas ce médicament dans le quartier médical de la flotte. Teenbaum paraissait crédible et Katherine l’avait donc laissé pour cette fois avec cette enquête. Elle avait décidé de laisser de côté les recherches concernant Teenbaum, pour s’intéresser à un autre objet : John. John ! Il ne l’avait pas encore rappelée. Joan et Takashi entendaient à ce moment le Lieutenant Commandant Ullman, trois autres sergents s’étaient répartis l’interrogatoire des officiers du Rampage.

Katherine ne se sentait pas dans son assiette avec ce qui se passait ici. Pour de plus amples connaissances, elle avait passé outre aux ordres du Marshall Garnie. Tout ce qui pouvait peut-être se passer dans les heures et les jours à venir, elle aurait à se le reprocher. Katherine savait que ces jours-là, elle mettait en jeu sa carrière. Si elle et ses collègues se sortaient de cette situation, deux options se présenteraient à elle : une promotion au rang de Capitaine de frégate et une mention élogieuse - si ça se passait bien - ou le renvoi du service de police et une procédure disciplinaire pour insubordination. Même cette dernière option était encore raisonnablement acceptable pour Katherine, en pensant à l'autre moyen de sortir d'ici - à savoir sous forme d'un cadavre.

Le bip de son communicateur la sortit de ses pensées. C'était John, il venait répondre à sa commande. "Hé, Belle du Sud ! Je suis désolé de t'avoir fait attendre, mais c'est vraiment difficile d'obtenir les plans du Tennessee. J'ai encore besoin de temps. Chérie, je marche sur des oeufs, tu vois ?" C'était juste une connexion audio. Sa voix était un peu excitée.

"Bienvenu au club, Cowboy", répondit Katherine maussade. "Je ne crois pas que tu voulais juste que nous discutions. N'as-tu pas au moins une bonne nouvelle pour moi ? As-tu trouvé quelque chose à partir du fichier ?"

"Oui, j'ai quelque chose pour toi, Kat. C'est en route. Kat ?"

"Oui, John ?"

"Tu as l'air si déprimée, peux-tu me dire ce qui ne va pas ?"

Katherine dût prendre une grande respiration avant de répondre à John. "Cowboy, je veux rentrer à la maison. Je veux juste rentrer chez nous, dans mon appartement, dans mon lit. J'en ai plein le nez de cette enquête, à point que tu ne peux pas imaginer. Par chance, je dois résister jusqu'à demain seulement sur ce vaisseau, puis le cauchemar sera enfin terminé. John, je ne souhaite rien de plus ardemment que me retrouver dans tes bras."

"Moi de même, Kat. L'Acer est en route vers le système de Samedi et devrait arriver après-demain midi jusqu'à vous. Accroche-toi, ma chérie ! Je me réjouis de te revoir !"

"Cela sonne si bien. Merci, John." Katherine voulut raccrocher, mais quelque chose lui revint à l'esprit. "John ? Jusqu'à ce que je sois à la maison, tu peux imaginer déjà des couleurs pour la chambre d'enfants."

A l'autre bout, on entendit comme un bruit statique pendant un moment, puis une toux. "Kat ? Que... qu'est-ce que ça signifie ? Tu es enceinte ?"

Katherine rit. "Non, je ne le suis pas, mais je pense que nous devrions y songer. Je t'aime !"

Avant John ne puisse répondre, Katherine avait déjà raccroché. L'idée de fonder une famille avec John lui faisait énormément de bien. Cela la remplit d'un regain d'énergie et d'endurance. Une lumière clignotante sur son communicateur lui signala qu'elle avait reçu un message texte de John. Katherine se pencha en arrière dans le fauteuil et commença à lire. Et elle ne pouvait pas en croire ses yeux. Le message qui avait été envoyé au Colonel Tovin contenait les signatures du Tennessee et une indication du lieu exact, donc codé, d'où il avait été envoyé depuis le vaisseau. Un codage que serait en mesure de résoudre la Capitaine Van den Bosch. Katherine se leva immédiatement en sautant et traversa avec un sprint rapide le quartier de la police.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 22. Mai 2013, 20:47:34 Uhr
Tout en courant et pendant qu'elle tapait encore un message à John avec son communicateur, message dans lequel elle lui demandait d'engager certaines investigations sur Teenbaum, Katherine se heurta tout à coup au Commandant Rodriguez. Surprise, elle laissa tomber son appareil, qui claqua sur le pont d'acier.

"Oh, Commandant, je vous prie de m'excuser", dit Katherine, effrayée. Puis elle s'accroupit et voulut ramasser son communicateur. Rodriguez fut plus rapide et il avait déjà le communicateur dans la main. Leurs deux mains se touchèrent brièvement ce qui incita Katherine à retirer rapidement la sienne.

"Nous devions nous rencontrer, Katherine", dit Rodriguez avec un sourire charmeur et il lui rendit le communicateur, non sans avoir jeté un rapide coup d'œil à l'écran. "Croyez-vous au destin ?"

Katherine reprit l'appareil et s'agita. "J'aime prendre mon destin dans mes propres mains, si vous me comprenez, Commandant." Il ne lui avait pas échappé que Rodriguez s'adressait à elle ostensiblement par son prénom.

Rodriguez rit brièvement. "Je pensais à autre chose, Katherine. Ne pensez-vous pas que le destin nous a réunis ? Ici, sur ce vaisseau, dans ces temps difficiles ?"

Maintenant, c’était au tour de Katherine de rire. "Commandant, c’est mon chef, le Marshall Garnie, qui m’a introduite ou plutôt envoyée ici. Si je suis encore et toujours là, c’est dû malheureusement à des circonstances extérieures, précisément. Et je suis juste entrée en collision avec vous, c'est à cause de ma maladresse. Je devrais être plus prudente."

Rodriguez se leva et s’appuya négligemment avec une main sur le mur. "Katherine, vous êtes merveilleuse. Vous aimez la plaisanterie, avez du charme et de l’esprit. J'aimerais qu'il y ait plus de créatures aussi merveilleuses que vous."

"Oh, il y en a certainement plus de mon genre, Monsieur. Vous devriez simplement réfléchir à votre plan de drague", lui répondit Katherine, coquine. "Commandant, je voudrais avoir une conversation avec vous plus tard, mais j’ai à faire. Je serai disponible toute la soirée de demain pour une conversation informelle, maintenant je suis vraiment pressée. Vous voulez bien m’excuser ?" Elle continua à avancer, mais Rodriguez posa une main sur son épaule et la laissa descendre sur la manche de sa veste en cuir. Elle sentit un frisson de malaise monter en elle, son toucher était repoussant, de même que le regard lubrique de Rodriguez qu’elle croisa à ce moment-là.

Il fit un pas vers elle et lui dit avec un sourire gras : "J’en suis vraiment très heureux, Katherine. Nous allons avoir une belle soirée, j’en suis persuadé."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 22. Mai 2013, 23:45:48 Uhr
Coucou Limeye,

  [goodjob] hmm...la fameuse soiree arrive, orage en perspective pour nos personnages feminins... [afraid]

Merci!

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 23. Mai 2013, 02:42:34 Uhr
Beurk! Il me donne la nausée, celui-là, le Rodriguez à deux faces!  [puke]

Dégoûtant personnage!  >:(

Je me sens pleine d'appréhension pour Kat et Joan, je vais me croiser les doigts...  [smhair]

A +
Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 23. Mai 2013, 02:57:17 Uhr
Coucou, Limeye, flamme!

C'est vrai qu'il est dégoûtant ce Rodrigez. Le smiley qui vomit illustre le tout. Mais j'aime aussi celui-là  [sortir] . La nouvelle histoire courte de Free Nurara me donne l'espoir qu'elles s'ent sortent toutes le deux. J'ai hâte de voir comment. Toujours impatiente de voir la suite. [jump]

Frégo  8)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 23. Mai 2013, 03:04:50 Uhr
Coucou Frégo!

C'est vrai qu'il est tordant, celui-là, je me demandais si j'aurais l'occasion de le "plugger" à un moment donné! Tout est dans le visage...!

Bonne nuit aux Américaines,   [snore] bientôt le bonjour aux Européennes!  :D (Ça inclut les gars aussi!)

Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 23. Mai 2013, 11:04:39 Uhr
Coucou les filles !

Merci pour vos impressions ! Et oui, la fameuse soirée approche... J'ai avancé un peu moins vite que prévu hier dans la traduction, je pense pouvoir m'y remettre ce midi durant ma pause. Il me reste une vingtaine de pages et je serai à jour. Voici en attendant une suite.

Rodriguez est un vrai méchant. J'aime beaucoup la personnalité que lui a donnée Free Nurara. Retors, baveux, envieux...

Mais c'est vrai que la petite nouvelle que Free Nurara vient de publier nous fait penser que les filles s'en sortent (ouf ! une histoire allemande qui se termine bien  ;)), mais en effet, ça rend impatiente de savoir comment ! Aux dernières nouvelles, il est en pleine réflexion sur la suite, car tout va se bousculer ! Tout le monde va se retrouver dans le système de Samedi, en plein effervescence et ce n'est pas forcément facile de rédiger ce genre d'action !

Belle journée à vous ! Voici un peu de lecture pour la démarrer (pour les "Américaines"  ;) )

Bizz

Limeye  :)


Joan et Takashi avaient juste besoin de laisser Ullman et ses trois lieutenants. Ils avaient donné ainsi mutuellement un alibi lors des interrogatoires séparés, égal au mot près au procès-verbal. Pour les deux policiers, il était clair qu'ils s'étaient enfoncés dans le crâne la même déclaration. Contrit, Takashi s'appuya contre une porte de la cellule et sortit un paquet de cigarettes de sa poche. Il porta une cigarette à sa bouche et l'alluma avec un briquet à essence à l'ancienne.

"Takashi, il est absolument interdit de fumer ici !" s'écria Joan indignée en tapotant l’épaule de l’officier de manière ludique.

"Ca m’est égal", grogna Takashi en prenant une longue bouffée. "Ca n’empêchera pas cette grosse boîte de voler. Ce n’est rien, Joan. Nous avons affaire ici à une équipe très soudée. Ca me semble difficile de parvenir à les faire parler. Si tu as une idée, je t’en serai très reconnaissant."

Joan prit à son tour une cigarette dans le paquet de Takashi et l’alluma. Dès la première bouffée, elle toussa violemment.

Takashi ne put s’empêcher de rire. "Tu ne fumes pas souvent, n’est-ce pas ?"

"J’ai fumé ma première et dernière cigarette à 13 ans, et en fait, c'est contre mes principes, mais peut-être que cela peut m'aide à réfléchir." Joan s’assit sur le pont, les jambes croisées, et réfléchit un instant. Elle voulut prendre son communicateur, mais elle se rappela alors qu'elle l'avait laissé cet après-midi au pilote de la navette, pour qu’il l’apporte à Tabra, la serveuse.

"Si Tabra nous appelle vraiment", commença Joan en tirant sur sa cigarette, "et confirme sa déclaration, nous avons une réelle chance de retirer Ullman et ses hommes de la circulation."

"Et puis ?" demanda Takashi. "Ensuite, nous avons trois petites lumières auxquelles nous pouvons ajouter dans le meilleur des cas la marque du poison injecté au Colonel Tovin. Nous ne saurons pas qui leur a donné l'ordre de le faire."

Le visage de Joan affichait un air maussade. "C’était presque plus simple de traquer Kuolun dans l’espace."

**

Katherine trouva la Capitaine Van den Bosch sur le pont. Légèrement hors d’haleine, elle s’avança vers la jeune Hollandaise. "Capitaine Van den Bosch, j'ai besoin de votre aide, s'il vous plaît !"

Intriguée, Van den Bosch regarda Katherine. "Bien entendu, Major", dit-elle, "que puis-je faire pour vous ?"

Katherine lui mit le communicateur sous le nez. "Pouvez-vous me dire ce que cela signifie ?"

Van den Bosch prit le communicateur de Katherine et le regarda. Avec un large sourire, elle rendit l'appareil à Katherine et lui dit : "Cela signifie que votre John est l’homme le plus chanceux de tout l’univers, lorsque la femme qui l'aime reviendra à la maison et rachètera ce qu'elle vient de lui promettre."

La mâchoire de Katherine en tomba, elle reprit son communicateur et le regarda à nouveau. Puis son visage devint rouge comme une pivoine. "Oh", murmura-t-elle, embarrassée, "Ce n'était pas vraiment cela pour vous..." Elle regarda Van den Bosch dans les yeux bleu profond, dans lesquels se cachaient juste un rien d’espièglerie. Leurs regards se croisèrent pendant une seconde, puis les deux femmes éclatèrent de rire. La glace entre les deux était finalement rompue.

"Maintenant que je connais vos secrets les plus intimes, il serait approprié que nous nous tutoyons ?" demanda Marijke en essuyant une petite larme de rire. "Rijke !"

"Kat", répondit Katherine, riant toujours. Elle avait manifestement du mal à reprendre le contrôle d’elle-même. "Mon Dieu que c’est embarrassant. Je ne peux que m’excuser. C'est quelque chose que je n'aurais même pas osé montrer à Joan et pourtant, elle est ma meilleure amie !"

"Et bien, maintenant, j’ai de l’avance sur Joan pour quelque chose. Mais tu as de belles idées, je devrais essayer !" Marijke lança un clin d’œil malicieux à Katherine, mais c'était une piste sérieuse. "Ok, Kat, je pense que tu n’es pas venue me voir pour me faire part de tes fantasmes. Qu’y a-t-il vraiment ?"

Katherine fut plus que reconnaissante à Marijke de changer si rapidement de sujet. Elle montra le bon message à Marijke. "Que signifie OBD43AL ? Ce doit être un endroit sur ce vaisseau."

"Il s'agit d'un numéro de chambre, OB est un secteur du quartier des sous-officiers, D43AL désigne la pièce exacte. C'est juste une marque des constructeurs, dans la pratique, les pièces sont indiquées différemment. Maintenant, vous voulez savoir exactement où s’est sur le vaisseau, n’est-ce pas ?"

"Exactement, Rijke. Peux-tu me dire de quelle pièce il s’agit ?"

Marijke opina. "Pas de problème, je dois seulement consulter les plans des ponts du Tennessee. Viens avec moi !" Elle tira Katherine par la manche devant un terminal d'ordinateur et le cuirassé apparut sous forme d’hologramme en trois dimensions sur la table. "Je peux aussi te dire immédiatement quelle pièce a été utilisée et qui y vit." Elle entra le code et le modèle détaillé du Tennessee se transforma aussitôt en représentation symbolique. Dans les profondeurs de la partie avant du vaisseau clignota une petite lumière rouge. Marijke zooma sur l’endroit et changea le plan en une vue plongeante. Elle zooma jusqu’à pouvoir identifier la cabine et son pont. "Oh !", fit simplement Marijke.

"Qu’y a-t-il, Rijke ?" demanda Katherine, perplexe. "A qui est ce logement ?"

"Sven Johansson. Le Chef officier de mon département." Puis doucement elle ajouta : "Nous avons une liaison secrète, Kat. Maintenant, tu connais aussi un de mes petits secrets."

Katherine était déjà au courant de ce fait par Joan et montra un visage attristé. Elle dit aussi sensiblement que possible : "Marijke, je suis désolée, mais le chef Johansson est désormais soupçonné d’être fortement impliqué dans une conspiration, et peut-être d’être complice de la mort de soixante-quinze Samediens."
 
Marijke regarda encore fixement le plan de pont. "Non !" s’écria Marijke. "Non, s’il te plait, dis-moi que ce n’est pas vrai ! Que je mets le doigt dans l’engrenage ! Je m’y prépare !"

Katherine posa doucement la main sur l'avant-bras de Marijke. Elle pouvait sentir son tremblement. "Tu ne mets pas le doigt dans l’engrenage, c’est notre job."

"Comment peut-il me trahir comme ça ? Il a abusé de ma position officielle et de ma confiance et j’ai été assez stupide pour le laisser venir dans mon lit."

"Où est le Chef Johansson actuellement ?" demanda Katherine en appelant en même temps le quartier de la police. Le Lieutenant Baxter lui répondit. "Ici Ballard, un moment, Baxter." Elle regarda à nouveau Marijke. "Où ?"

Marijke soupira. "Il est de service et devrait être dans le département."

Katherine hocha la tête légèrement. "Baxter ? Allez avec deux hommes au département de la sécurité et arrêtez à titre provisoire le Chef Sven Johansson. Soyez prudents, Johansson peut être armé."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 24. Mai 2013, 06:21:25 Uhr
Le Lieutenant Baxter et les deux sergents Oobe et Romanov entrèrent relativement détendus dans le département de la sécurité. Baxter ne connaissait pas Johansson et il demanda au premier sous-officier qu’il croisa. "Chef Johansson ?", demanda-t-il. "Il est dehors, il devrait revenir rapidement."

A cet instant, les portes automatiques s'ouvrirent et le chef aux cheveux couleur de sable s’y encadra. Quand il vit les trois fonctionnaires de la police de l'espace avec leurs fusils automatiques, il siffla doucement  "Merde", tourna les talons et sortit en claquant la porte.

Le Sergent Oobe le remarqua en premier. "Lieutenant, il se sauve !" cria-t-il et il lui courut après. Baxter et Romanov le suivirent. Johansson avait descendu le petit couloir qui conduisait à un passage transversal. Il chercha à se mettre à couvert derrière un coin et tira un lourd pistolet blaster de son étui. Oobe avait vu Johansson disparaître derrière le coin à droite et tenta de se mettre à l’abri dans une petite niche, à seulement une quinzaine de mètres de la traverse. Avec un signe à la main, il indiqua à ses camarades de se coller tout près du mur. Oobe était certain que Romanow et Baxter le couvriraient en tirant et il quitta la sécurité relative de la niche. Il s'accroupit pour que les deux fonctionnaires restés en arrière puissent avoir une vision claire de la situation. A environ trois mètres sur le mur en face de lui, se trouvait un recoin similaire que Oobe voulait atteindre. Il mesurait environ quatre mètres de large, ce qui l'obligeait  à faire un sprint court. Il se releva d’un bond et se mit à courir. A ce moment-là, Johansson ouvrit le feu. Il tira trois fois en direction de Oobe, deux coups de feu finirent dans le mur et le plafond, mais le troisième le frappa à la hanche. Avec un cri strident de douleur, Oobe tomba à terre et resta là sans vie. Son fusil claqua sur le sol et glissa en direction de Johansson. Johansson disparut derrière le recoin. Il devait également passer de l'autre côté pour s'échapper. Il regarda prudemment après le coin et se couvrit par des tirs les rayons bleu paralysants. Il se retira immédiatement à nouveau. Puis il prit tout son courage, fit quelques pas en arrière et s'enfuit. Au croisement, il se jeta sur le sol en acier lisse et roula sur l'autre côté. Dans un même mouvement, il tira quelques coups de feu peu précis en direction des deux policiers. Mais Johansson n'avait pas compté avec l’instinct de Romanov. Romanov couvrit la surface du sol avec des tirs de blaster et il toucha Johansson à l'épaule, la poitrine et aux reins.

Durement touché, Johansson chuta et roula au sol. Lui aussi était immobile, l'arme toujours à la main.

Baxter et Romanov s’avancèrent lentement avec les armes à la main. Quand ils arrivèrent près d’Oobe, Romanov s’accroupit et chercha la veine battante au niveau de son cou. Baxter le regarda d’un air interrogateur, mais Romanov secoua silencieusement la tête. Ils s’approchèrent de Johansson, qui poussait un faible gémissement. Baxter prit l'arme de la main de Johansson ainsi que son communicateur pendant que Romanov le menottait.

"Ici Ballard", cria le haut-parleur.

"Baxter", répondit-il. "Major, nous avons eu un petit échange de tirs avec Johansson. Nous l’avons désarmé et entravé. Le Sergent Oobe est mort."

La dernière phrase de Baxter frappa Katherine comme un coup de poing dans l'estomac. Au cours des dernières années, elle n'avait jamais perdu un collègue dans toutes les missions où elle avait dirigé des équipes. Paralysée par la peur, la tristesse et la colère, elle fixa son communicateur. Elle lutta désespérément contre les larmes qui lui montaient aux yeux. Marijke avait tout entendu, elle n'en était pas moins touchée que Katherine, et porta ses mains sur son visage. Puis elle secoua sa tête bouclée et blonde et regarda Katherine avec bienveillance.

"Je suis... Je suis terriblement désolée, Kat", chuchota-t-elle. Elle était au bord des larmes. "Je n'avais aucune idée..."

Katherine renifla et lui tapota l'épaule. Sans un mot, elle se retourna et quitta le pont.

Pendant environ une demi-heure, Katherine erra, abasourdie, à travers les longs couloirs sinueux du croiseur de bataille. Les membres de l'équipage qu'elle rencontrait, elle les voyait comme dans une brume, leurs voix résonnaient comme des échos sur les murs. Finalement, elle se retrouva devant la grande cloison, laquée de rouge, qui sépare le quartier de la police du reste du vaisseau. Katherine ne pouvait se rappeler comment elle avait fait pour y arriver. Comme en transe, elle tapa le code d'accès sur le petit clavier chiffré et entra dans la pièce. Baxter et Romanov étaient de retour et avaient déjà déposé le sergent mort sur une table. Elle ne vit pas Johansson, apparemment, ils l'avaient déjà enfermé dans une cellule. L'ensemble de la petite force de police était rassemblé autour de la table, y compris Joan et Takashi. La terreur et la douleur étaient inscrites sur chaque visage.

Lentement et avec la tête baissée, Katherine s’avança vers ses camarades. "Je…", commença-t-elle, mais elle s’arrêta.

Joan prit doucement son amie dans ses bras. "Katherine, ne dis rien. Ce n’est pas de ta faute. Cela aurait pu être n'importe quel d'entre nous."

"Mais c’est de ma faute, Joan. J'ai donné l'ordre. Il aurait pu vous tuer tous les trois", répondit Katherine d’une voix tremblante. "C'était tellement inutile !"

Le Lieutenant Baxter posa une main sur l'épaule de Katherine. "Ne vous blâmez pas, Major. Vous nous aviez prévenus et aviez ordonné d'être prudents. Nous n’avons pas été assez prudents. Si quelqu'un est à blâmer, alors c'est moi-même en tant que chef d'escouade. Je n'ai pas fait assez attention à Amir. J’aurais dû lui siffler de revenir. Je prends l'entière responsabilité de la mort du Sergent Oobe."

Katherine adressa un léger sourire à Baxter. "Merci, Lieutenant, mais ce n'est pas dans vos mains. Officiellement, nous avions reçu l'ordre ce midi d'abandonner l'affaire et d’attendre que l’on vienne nous récupérer. J'ai passé outre consciemment à cet ordre, et j’en porterai désormais les conséquences. Je vais maintenant prévenir le Marshall Garnie. Le Sergent Oobe avait-il une famille ?"

Baxter avait l'air interrogateur. Il secoua la tête à l’affirmative. "Il n’était pas marié et n’avait pas d’enfants, si c’est ce que vous voulez dire, Madame", répondit Romanov, "mais il était attendu par sa fiancée à Douala. Amir est né au Cameroun."

"Merci, Sergent", répondit Katherine, puis elle se retourna et se dirigea vers le petit bureau en claquant la porte bruyamment et la verrouilla.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 24. Mai 2013, 13:11:15 Uhr
Jé résume le passage suivant ainsi : Ezra, Ezra, Ezra  [goodjob]



Le Marshall Garnie avait écouté stoïquement, pendant que Katherine déposait son rapport. Quand Katherine eut terminé, il se frotta les yeux. Il prit une profonde inspiration et la fixa avec un regard glacé. Elle s'attendait à ce moment, le tonnerre de sa vie, mais à sa grande surprise Garnie était étonnamment calme.

"Je suis très déçu de vous, Major", dit-il. "Vous avez ignoré explicitement mes ordres, et mit la vie de mes hommes en danger. Non seulement cela, mais un homme es mort. Que croyez-vous que je doive dire de cela maintenant ? Katherine, j’ai toujours été le dernier à mettre vos méthodes non conventionnelles d'enquête en question. Je vous ai toujours protégée. Vous souvenez-vous du Capitaine Luther ? Je vous ai couverte et mis le dossier de côté. Mais là, je ne peux pas le faire ! Vous avez manifestement dépassé les limites ! Je dois engager une procédure disciplinaire contre vous, est-ce clair pour vous ?"

"Parfaitement, Monsieur", répondit Katherine. "Je ne veux pas non plus me chercher des excuses, Monsieur. Je regrette beaucoup ce qui s'est passé. Mais nous sommes si stressés ici. Si nous interrogions le Chef Johansson, nous pourrions..."

"Vous ne le ferez pas, Ballard !" répondit durement Garnie à Katherine. "C'est assez pour moi ! Maintenant, écoutez-moi une fois pour toutes ! Vous êtes suspendue, compris ? Le Capitaine Yokomuri prend maintenant le commandement, est-ce clair ? Vous ne ferez plus rien. Ai-je été assez clair ?" Garnie était sur le point d’exploser.

"Monsieur, un groupe hostile va s'emparer du Tennessee. Je crois que ce groupe veut mettre le vaisseau en service des révolutionnaires sur Sameda II. L'attaque, l'insurrection et l'étrange comportement des membres de l'équipage aux postes clés ! Monsieur, ce qui se passe ici est au-delà de votre imagination !" Katherine jouait désormais toutes ses cartes et exprimait ses suppositions. Elle n’avait aucune preuve de ce qu’elle disait maintenant. "Nous faisons face à des traîtres qui veulent mettre un vaisseau de guerre entre les mains de criminels ! Quelques-uns des officiers de notre flotte veulent renverser le gouvernement d’une planète ! Nous ne pouvons pas permettre que cela arrive !"

Garnie écarquilla les yeux, et son épaisse moustache grise se contracta. "Major Ballard, c'est une affirmation monstrueuse que vous établissez." Il respira profondément. "Katherine, je vous étranglerai de mes propres mains si vous avez tort." Katerine savait que Garnie ne parlait pas pour rien. "Je prends un putain de gros risque, mais je vais vous donner une dernière chance. Vous avez fait au cours des dix dernières années du très bon travail et ma confiance en vous est grande. Je sais que vous ne me mentez pas, par conséquent, je vous laisse encore poursuivre l’enquête. Apportez-moi les traîtres !"

Katherine sentit son cœur se soulever de joie. "Merci, Monsieur, je ne sais pas comment vous remercier."

"Katherine", Garnie l’interrompit, "Je vous préviens.  Si vous avez tort, vous ne pourrez même pas obtenir un emploi dans un centre d'appel, je le crains."

"Compris, Monsieur", répondit Katherine, soulagée, même si elle savait que Garnie fait rarement des blagues sur le travail. "Mais j'ai encore une faveur à vous demander."

"Et quoi ?" grogna Garnie.

"J'ai besoin en urgence des plans de construction et des ponts du Tennessee," déclara Katherine avec un sourire impuissant.

Sidéré, Garnie regarda Katherine un moment. En fait, il voulait lui demander pourquoi, mais il secoua la tête avec résignation et répondit : "Donnez-moi une heure, puis vous recevrez les documents sur votre communicateur."

Avant que Katherine ait pu le remercier, Garnie avait raccroché. Katherine regarda un instant l'écran noir, puis tendit son poing triomphalement en l'air et cria seulement : "Oui !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 24. Mai 2013, 18:54:06 Uhr
J'ai bien avancé ce soir la traduction. Je vous livre donc en plusieurs fois la fin de leur éprouvante journée et le début d'une soirée... pff... SANS COMMENTAIRES (de la part de la traductrice  ;) ). A vous de juger...

Bizz

Limeye  :)


Seulement quelques secondes après que l'appel ait été coupé, le communicateur de Katherine bourdonna. Un coup d'œil sur l'écran lui fit comprendre que la serveuse, Tabra, appelait avec le communicateur de Joan. Plus tôt que prévu. Katherine prit l'appel et se dirigea vers la porte, d’où elle fit signe d’approcher à Joan et Takashi.

"Oui, c’est moi, Major. Shuct, le pilote m’a dit que je pouvais par ce moyen vous contacter pour vous faire part des informations que j’ai pour vous."

"Je suis très reconnaissante que vous nous appeliez. Quelqu’un peut-il vous entendre ?"

"Non, personne", répondit Tabra.

Katherine, Joan, et Takashi s'étaient assis. "Allez-y, Tabra. Qu’avez-vous à nous dire ?"

"L'insurrection s'est étendue. L’Armée, l’Armée de l'air et la flotte spatiale ont pris le parti des rebelles. Le gouvernement se trouve au bord de l'acceptation."

"Ici, le Capitaine Takashi Yokomuri. Que projettent les insurgés ?" demanda Takashi. "Pendant ce temps, on ne fait plus cas de l'expédition de Tovin ?"

"Non. Depuis des années, des groupes révolutionnaires travaillent en sous-main et ont l'intention de prendre le pouvoir. Ils souhaitent isoler Sameda II et la séparer du reste de la galaxie. Des populations extraterrestres de toutes sortes doivent être arrêtés et parqués dans des camps de prisonniers. Le travail forcé et les représailles les attendent."

"Des fascistes…" haleta Joan. "Il y a déjà eu cela sur la Terre et ce n'a rien donné de bon."

"Qu’est-ce qui vous rend si sûre, Tabra ?" voulut savoir Katherine.

"J'ai fouillé dans les données de mon oncle. Il est un larbin de Javeed Reebah, le magnat de l'immobilier. Javeed est un des grands noms de l'un des groupes révolutionnaires. J'ai copié un grand nombre de preuves et de la correspondance, que je vous souhaite vous communiquer. S’il vous plait, aidez-nous, que nous puissions continuer à vivre en paix sur Sameda !" La voix de Tabra avait pris un ton suppliant. "Ma sœur Lilla est également impliquée."

Sur le pont, la Capitaine van den Bosch était appelée par la station de communication. "Navette civile en approche, Capitaine. Un passager."

Van den Bosch acquiesça. "Autorisation d'atterrissage. Continuez."

"Capitaine ?" appela un lieutenant de la station de tactique. "Nous avons deux nouveaux signaux sur l'écran, deux chasseurs de l’espace de type Draltekh. Ils se dirigent vers la navette. Ils semblent vouloir l'intercepter."

La sergent de la station de communication appela à nouveau. "Capitaine, les chasseurs appellent la navette et la prie de faire demi-tour. Dans le cas contraire, les chasseurs ouvriront le feu."

Van den Bosch devait maintenant prendre une décision rapide. Il était naturel pour elle de protéger les civils, d'autre part, on pourrait interpréter une telle tentative d'ingérence dans les affaires intérieures du gouvernement de Samedi. Cela pourrait entraîner une controverse politique.

"Communication, demandez au pilote quel est le but du vol."

"Madame, il y a à bord un passager de sexe féminin qui veut voir la Major Ballard et la Lieutenant Landor", lui répondit-on promptement.

C’était désormais clair pour Van den Bosch. Elle avait pris sa décision. "Commando de chasseurs ! Qui avons-nous là-bas actuellement ? Qui serait le plus proche sur la navette ?"

"Deux Broadswords, Capitaine. Vukovic et Becker."

Van Bosch se tourna vers la console de commandement des chasseurs. "Interception ! Ils doivent déloger les deux chasseurs. Ne tirez pas, tant que les deux Draltekhs n’auront pas eux-mêmes ouvert le feu. Il faut juste les effrayer un peu. Tactique, combien de temps jusqu'à ce que les Draltekhs sont à portée de tir ?"

"Six minutes, Madame."

"De combien de temps auront besoin Vukovic et Becker ?"

"Environ sept minutes et demie, Madame."

"Appel à WingCommander !"

"Ici Vukovic", une voix déformée lui parvint par le haut-parleur.

"Capitaine Van den Bosch. Lieutenant Commandant Vukovic, donnez le meilleur de votre machine et protégez la navette spatiale ! Le passager à bord est une civile !"

"Compris, Capitaine ! Vukovic Terminé."

Vukovic était assise dans le cockpit exigu de son Broadsword, elle poussa les manettes jusqu’à la limite de leur puissance, et contacta par radio le Major Becker. "Mets les gaz, Pete ! Cette navette est importante !"

"Bien sûr, Danny, nous allons chasser les deux seaux en métal jusqu’en enfer", répondit Becker et il poussa également ses manettes à fond. En formation serrée, les deux élégants chasseurs-bombardiers foncèrent vers la navette et ses poursuivants. Les chasseurs Draltekh étaient désespérément inférieurs aux Broadswords modernes en termes de vitesse, d'armement et d’armure, mais ces deux combattants étaient plus près, et sans armes, sans armure lourde, la navette n'avait aucune chance d'échapper aux chasseurs qui approchaient.

Joan, Takashi et Katherine se regardèrent un instant, les yeux écarquillés. Ils n’avaient pas envisagé un bouleversement politique d'une telle ampleur. "Quel est le rôle de la flottille, Tabra ? Savez-vous quelque chose à ce sujet ?" voulut savoir Katherine.

"Autant que je le sache, Javeed a promis à Rodriguez et aux autres commandants de l'argent  et des postes influents, s'ils mettent le croiseur et les vaisseaux de l’escorte au service du nouveau gouvernement. La flotte doit être amenée dans l'anneau d'astéroïdes à la limite du système et y être rééquipée. Tous les membres d'équipage qui ne sont pas impliqués doivent être exécutés."

"Oh, mon Dieu !" s'écria Joan, en joignant les mains devant sa bouche. "Que pouvons-nous faire ?"

Soudain, du haut-parleur une voix masculine se fit entendre qui disait quelque chose en samedien.

"Qui était-ce ?" déclara Katherine. "Est-ce qu'il y a quelqu'un avec vous ?"

"Seulement le pilote", dit Tabra. "Je suis en route jusqu’à vous. Il a dit que nous continuions."

Le Commandant Rodriguez fit irruption sur le pont. "Qu’est-ce qui se passe, Capitaine ?" cria-t-il.

"Monsieur, une navette samedienne est en approche et demande la permission d'atterrir. Elle est poursuivie par deux chasseurs. Ils menacent d'abattre la navette si elle ne fait pas demi-tour. J'ai envoyé deux Broadswords pour protéger la navette."

"Rappelez-les. Cela ne nous regarde pas !" grogna Rodriguez.

"Mais Monsieur, c'est une navette civile non armée avec un passager à bord."

"Ordonnez aux chasseurs de revenir ! Immédiatement ! C'est un ordre !" cria le Commandant et sans attendre une réponse de Van den Bosch, il courut au poste de communication. "Ici Rodriguez. Intercepteur, faites demi-tour ! Immédiatement !", cria-t-il dans le microphone.

"Ici le Lieutenant Commandant Vukovic, Monsieur, je ne comprends pas !"

"Demi-tour maintenant, ou je vous fais passer en cour martiale, Vukovic ! C'est clair ?" hurla la voix de Rodriguez dans le haut-parleur du petit casque à l'oreille de Vukovic.

"Changement de cap, Pete. Changement de cap. Retour au vaisseau !" ordonna Vukovic d'un ton résigné. Ils avaient à portée de tir, les deux pilotes qui arrivaient par la route opposée. Sur le radar, ils virent que les deux Draltekhs changeaient de cap également, apparemment le geste de menaces avait suffi. Soudain, un nouveau signal apparut sur l'écran. Deux petits points se dirigeaient rapidement vers la navette sans défense.

"Des missiles ! Dany, ils ont tiré des missiles !" Du coin de l'œil, Peter Becker pouvait encore voir la navette traversé par une explosion aveuglante.

"Tabra, vous êtes poursuivis. Qui est après vous ?" demanda Katherine.

"Je soupçonne que ce sont les premières unités rebelles de la flotte..." dit Tabra. De l'arrière se fit entendre la voix paniquée du pilote. Puis la ligne fut coupée.

Affolés, les trois policiers se regardèrent. Ils venaient de perdre un témoin important de cette affaire et peut-être aussi des preuves à charge. Il semblait qu'ils ne devaient tout simplement pas réussir. Katherine avait l'air mal meurtrie, fatiguée et malade. Joan avait l'impression que sa meilleure amie avait vieilli de plusieurs années au cours des trois derniers jours.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 24. Mai 2013, 18:56:26 Uhr
Je dis juste : Kat, Kat, Kat !!!


Katherine fit signe à Joan et Takashi de faire silence et leur indiqua de la suivre à l'extérieur. Elle aligna la petite troupe aux côtés de la civière d’Amir Oobe. Ses camarades l’avaient provisoirement recouvert d'un drap blanc.

"Aujourd’hui est une journée difficile", commença Katherine d’une voix brisée. "Non seulement nous avons perdu aujourd'hui un ami précieux et un camarade, mais la Lieutenant Landor, le Capitaine Yokomuri et moi-même avons été également témoins il y a quelques minutes de l’assassinat d'un témoin clé. Elle était à bord d’une navette et faisait route vers nous et elle voulait nous donner des preuves. Son vaisseau a été détruit, nous ne savons pas précisément par quels vaisseaux spatiaux. Je ne crois pas qu'il ait été détruit par des chasseurs de cette flottille, mais par des militaires insurgés." Katherine décrivit en quelques mots la situation actuelle et conclut par ces mots : "Apportez le Sergent Oobe dans la chambre froide. Nous le ramènerons à la maison. Après cela, ce sera la fin de service pour vous. Si vous voulez dire adieu à Amir, vous pouvez le faire. Pour aujourd’hui, buvez bien, mangez bien. Essayez de passer cette soirée aussi agréablement que possible, compte tenu de la situation. A partir de demain, personne, je le répète, personne ne quittera cette zone en étant désarmé. Vous devrez vous déplacer dans le vaisseau au moins toujours à deux personnes et porter des gilets pare-balles. Compris ?"

"Oui Major!" lui fut-il répondu en chœur par toute la troupe.

"Bien, si vous n'avez aucune autre question, vous pouvez vous retirer. Repos !" Katherine regarda sa montre, il était maintenant presque cinq heures de l'après-midi. Elle se tourna vers Joan et lui dit : "OK, baby. Fais-toi belle et rencontre le pilote. Essaye de comprendre quelle est l'humeur du personnel navigant et à qui ils sont fidèles." Joan hocha la tête et s'apprêta à partir quand Katherine la retint par l'épaule. "Et, Joan..."

"Oui, Kat ?"
 
Katherine sourit à Joan avec une profonde et amicale affection. "S’il te plaît, ne fais rien que tu pourrais regretter par la suite, nous nous sommes bien comprises ?"

"Ok, maman !" répondit Joan en la saluant nonchalamment. Après une telle journée, Joan avait d’hâte d’arriver au soir. Elle avait hâte également de rencontrer un homme qui était quelque peu différent - comme Curtis.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 24. Mai 2013, 20:43:38 Uhr
Dernier gros morceau pour ce soir. La suite peut-être dans la nuit ?

Bizz

Limeye  :)

ps : aux indécrottables romantiques : n'oubliez pas ! Vous avez un refuge possible dans Just in Your Dreams  ;D


Après une longue douche, Joan se tenait un peu perplexe devant le petit miroir qui était fixé à l'intérieur de la porte de son armoire. La robe de cocktail bleue qu'elle avait prévue pour le bal des officiers demain, lui paraissait un peu trop épaisse pour un rendez-vous avec un pilote au mess. Elle savait qu'il y avait quelque chose de rustique chez les aviateurs et Joan opta alors pour des jeans qui soulignaient sa silhouette, des bottes noires qui montaient jusqu’à hauteur du genou, un T-shirt blanc neutre et une légère veste en cuir noir. Dans cette tenue, elle avait cependant toujours l'air sexy sans tomber dans l'excès. La robe de cocktail élégante devrait attendre jusqu'à demain.

Joan prit le temps de coiffer ses cheveux et de se maquiller. Comme elle avait déballé ses affaires, elle regarda l’heure. Il était temps qu’elle y aille. Joan avait décidé de marcher jusqu’au mess des pilotes et de ne pas utiliser les bandes transporteuses qui reliaient les services à bord d'un croiseur de bataille d’un kilomètre et demi de long. Le mess des pilotes se trouvait à la poupe du Tennessee, profondément dans le ventre du vaisseau, entre le logement des pilotes, le hangar et la salle des machines. Là-bas, un peu plus haut, se trouvaient aussi les logements des officiers de la flotte ou le quartier de la police. En s’approchant du mess des officiers, des pilotes de bonne humeur vinrent à sa rencontre et elle entendit le bruit d’un ancien air déformé de musique rock joué par une guitare électrique. Comme elle tourna au coin du couloir, Joan se trouva devant l'entrée du mess des pilotes, comme l’annonçait un lettrage bleu-jaune fluorescent portant ce nom sur la double porte. A l'entrée se trouvait un groupe de jeunes, tous de beaux hommes en pantalon cargo vert olive et vestes de cuir, duquel l’un d’entre eux se détacha, quand il remarqua Joan. Avec un sourire radieux et en ouvrant les bras, il se dirigea vers Joan. Elle sentit son cœur battre plus fort quand elle le vit.

"Hello, Joan", dit Peter, "cool que vous veniez. J'ai craint toute la journée que vous ne vous déplaciez pas pour moi. Je suis heureux de vous voir."

Joan se rapprocha de Peter, avec les talons de ses bottes, elle était presque aussi grande que lui. Il sentait un bon après-rasage, Joan aurait préféré lui donner un baiser sur la joue, mais elle dit seulement : "Je suis heureuse de te voir, Peter."

Le mess des pilotes était décoré comme un bar de country, avec des sièges confortables, des tables de billard, des fléchettes et un long comptoir. Cet endroit est l'un des rares sur le croiseur de bataille où l’on avait officiellement le droit de fumer, la flotte avait accordé à ses pilotes de chasse plus de privilèges qu’au reste de l’équipage, en raison de leur dangereux et épuisant travail, parce que le métier de ces combattants était plus dangereux et plus nocif que le tabac et l'alcool. Comme Joan et Peter entraient dans le mess, ils furent accueillis par une forte musique. Cependant – il y avait aussi des regards envieux et respectueux – Peter le perçut alors qu’il traversait la pièce avec Joan. Un nouveau visage que personne n’avait encore vu ici, et puis aussi si joli, c'était une aubaine pour les camarades de Peter qui clignaient d’un œil approbateur et levaient leur pouce.

"Joan, je dois d'abord m'excuser auprès de toi", dit-il alors qu’ils s’asseyaient.

Joan regarda Peter d’un air interrogateur. "Pourquoi donc ?"

Peter regarda autour de lui et fit un grand geste. "Pour un premier rendez-vous je ne tiens pas le mess des pilotes comme était nécessairement le meilleur endroit. Je voudrais vous inviter à bord du Cherish, mais il y a depuis quelques semaines un groupe trois gars qui ont déclenché une émeute, et depuis, pour nous pilotes, l’accès en est interdit." répondit-il avec un sourire d'excuse. "Sinon, les possibilités de loisirs sur cette flottille sont plutôt limitées."

Joan prit la main de Peter dans la sienne. Elle était grande et forte et sa peau était douce et tendre. "Allons donc, je me sens très à l'aise ici et je te remercie de l'invitation. Les gens ici ont tous l'air si gais et détendus. Non, je pense que je me sens très à l'aise, c’est bon d'être ici, surtout après ce qui s'est passé aujourd'hui. C’était une sale journée."

A ce moment, une adorable petite serveuse - apparemment une civile – vint prendre leur commande. "Hey, Mignons !", dit-elle en souriant, "Que puis-je vous faire boire à tous deux ?"

"Que prends-tu ?" demanda Peter.

"Qu’est-ce que tu prends ?" répondit Joan en souriant et elle se pencha en arrière pour s’installer confortablement dans son siège en cuir.

"Deux grandes bières, Rachel !" dit Peter avec un sourire et il reçut un clin d’œil de la gentille serveuse.

"Tout de suite!" s’écria Rachel gaiement et elle disparut en direction du bar.

Peter se pencha et demanda prudemment : "Qu’a-t-il eu de si terrible, Joan, ce jour-là ?"

Rachel apporta incroyablement vite les boissons commandées.

Les deux jeunes gens trinquèrent et Peter but une longue gorgée, tandis que Joan avalait d’un trait la moitié de son verre. Puis elle commença à raconter toute sa journée. Elle était naturellement soucieuse de ne pas révéler de détails importants de l’enquête. Elle termina avec le récit de la navette abattue quelques heures auparavant.

Peter avait l'air un peu triste et hocha la tête sciemment. "Oui, la navette. Nous aurions pu la protéger si Rodriguez ne nous avait pas ordonné de faire demi-tour. Je l'ai vu exploser."

Joan regarda Peter d’un air consterné et avala la seconde moitié de sa chope de bière. "Quoi ? Tu l’as vu ? Pourquoi pas... Je comprends maintenant..."

Pierre fit signe à  Rachel signe d’apporter à manger, et il répondit : "Mon WingCommander et moi étions dehors et faisions des exercices de tir à longue portée. Soudain, nous avons reçu l'ordre d'effrayer les deux chasseurs Draltekh qui étaient en approche et qui poursuivaient une navette et voulaient tirer. Vukovic et moi sommes allés aussitôt sur zone le plus vite possible. Alors que nous les avions à portée de nos armes à feu, Rodriguez nous a rappelés. Vukovic a encore essayé de faire quelque chose car la situation paraissait vraiment grave. Mais nous avons vraiment dû décrocher, sinon nous aurions été sous le coup d’une insubordination. Rodriguez et papa ne sont pas là par plaisir. Au moment où nous arrivions, les Draltekhs ont également pris une route inverse. Je me réjouissais de leur départ, mais alors deux missiles courte distance se sont dirigés vers la navette. Ils étaient trop rapides pour leur tirer dessus. J'avais l'un des deux chasseurs dans mon viseur et j’aurais pu tirer en cas de besoin. Je suis désolé."

Joan le regardait avec colère. "Encore Rodriguez. Pourquoi vous a-t-il rappelés ?"

Peter haussa les épaules. "Aucune idée.  Il a fait appeler mon WingCommander immédiatement après l'atterrissage. Danny était assez en colère. Tu aurais dû voir de quelle façon elle a fait tourner son casque de pilote dans le hangar."

"Elle ? Ton Wingcommander est…" Joan poussa un grand soupir de surprise.

"Une femme, oui ! Et pas n’importe laquelle", ajouta Peter avec un grand sourire. Comme à un signal, la porte s'ouvrit et une grande femme élancée entra dans le mess des pilotes. Elle portait un pantalon en cuir noir très moulant et seulement un débardeur blanc. Elle avait de longs cheveux rouge feu, qu'elle avait attachés en une tresse épaisse qui pendait sur sa poitrine. La femme avait un étroit et très beau visage avec un nez droit proéminent et des yeux de chat vert comme un saphir qui étaient particulièrement révélés par ses hautes pommettes. Le plus frappant, cependant, était que son bras droit était couvert du poignet à l'épaule par des tatouages ​​colorés. Elle était jeune, n’avait pas encore trente ans, mais on pouvait lire sur son visage une grande expérience de la vie. Sur ses lèvres minces plana un sourire moqueur en voyant Peter et Joan. Elle alla s’installer au bar où elle écarta négligemment deux lieutenants beaucoup plus grands et passa une commande. Les deux hommes restèrent sans protester et respectueusement à distance.

Il n’avait pas échappé à Peter comment Joan regardait Danny Vukovic. "Elle a du charisme, hein ?" demanda-t-il avec une certaine fierté dans la voix.

"Tout à fait, Peter. Respect. Je ne pensais pas trouver une telle femme fatale dans un escadron de chasseurs de l’espace."

"Fatal, cela convient chez Danny seulement pour celui-ci qui se trouve par sa propre faute face à ses pièces d'artillerie. Elle est le meilleur pilote de Broadsword que je connaisse. Dans le simulateur, je ne peux pas la battre. Et elle est une femme de cœur. Pendant des années, elle a fait don de sa prime de Noël à une maison pour enfants en Serbie, où elle a grandi, et elle a fait une collecte parmi nous."

"Sérieusement ?" A cet instant, Joan était vraiment surprise. "Elle dégage une telle arrogance."

"Je fais cela ?" demanda une voix féminine enrouée, d'un ton amusé. Danny Vukovic s'était approchée de leur table avec un plateau avec trois chopes de bière pleines et trois minces verres à liqueur qu'elle déposa sur la table. Elle avait pourtant encore ce sourire un peu moqueur sur les lèvres, comme elle tendit la main à Joan. "Danica Vukovic. Appelle-moi Danny.  Je suis le boss de cette magnifique pièce d'homme que voici."

"Joan Landor", répondit Joan en souriant et en lui serrant la main. "Peter me parlait justement de vous."

Sans se faire prier, Danica s'assit à côté de Peter et commença à distribuer le contenu du plateau. "C'est bon, Pete ?" En plaisantant, Danica le menaça de son wingman. "Je ne veux pas vous déranger longtemps, mais seulement payer mes dettes de jeu rapidement. Je me réjouis de vous connaître, Joan ! Santé !" Elle prit un des verres et le but d'un trait.

Joan et Peter firent comme elle. La liqueur brûla la gorge de Joan et elle dût se la rincer avec de la bière. "Qu'est-ce que c'est que ce truc ?" s'empressa-t-elle de demander.

Danica rit, c'était un rire joyeux et contagieux. "Slibowitz, Joan. D'où je viens, on le boit au petit déjeuner !" Elle prit une grande gorgée de bière et ramassa les verres. Puis elle se leva et s'apprêta à s'en aller. "Je vous souhaite à tous deux une excellente soirée !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 24. Mai 2013, 21:26:00 Uhr
Limeye, Limeye, Limeye!  [goodjob] [goodjob] [goodjob]

Tu mérites des encouragements et des félicitations, toi aussi!  [respekt]  Ainsi que Free Nurara, il a le don de faire passer le lecteur par toutes sortes d'émotions! Je dois dire que je lis ce texte différemment des tiens: même si je suis une fille aux idées ouvertes, de l'indécrottable romantisme, ça ne s'enterre pas comme ça...  ;D

Mes coups de coeur:

Ce cher Ezra... toujours aussi attachant et adorable!   [heart]

 Et cet extrait:
"Katherine sourit à Joan avec une profonde et amicale affection. "S’il te plaît, ne fais rien que tu pourrais regretter par la suite, nous nous sommes bien comprises ?" "Ok, maman !" répondit Joan en la saluant nonchalamment."

Je pensais exactement la même chose, et ça m'a fait drôle de lire ce que je pensais! C'est une petite phrase qu'il m'est arrivé de dire souvent à mes filles  ::)  (mais pas nécessairement pour les mêmes raisons), et j'ai bien aimé l'instinct maternel de Kat!  [nono]

A +
Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 24. Mai 2013, 21:50:41 Uhr
Bonsoir !

je ferai les corrections demain  ;)

merci !

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 25. Mai 2013, 04:10:57 Uhr
Terrifique!

Mais une note sur la borde: ils ne sont pas du chasseurs Sabre, ils sont les chasseurs bombardiers type Broadsword. ;)

... et les bombardiers type Liberator sont les Big Boooom Bang! ;D ;D ;D

Yehaw! Ecrit sans Google traducteur!  ;D

P.S. Je veut traduire "Schnucki" avec  "Mignons"

Ich machte die Korrekturen.  Ich weiß nicht viel über militärische Flugzeuge... Ich habe schon nicht die Marken von Autos identifizieren können...  ;D

"Ecrit sans Google traducteur" : Bravo !!! Herzlichen Glückwunsch !

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 25. Mai 2013, 04:21:26 Uhr
Hello !

j'ai donc apporté les petites corrections que Free Nurara m'a suggéré. Comme je lui disais, je suis incapable de voir la différence dans les avions de chasse, déjà que je ne peux pas identifier les différentes marques de voitures...

je vous livre une suite...  [unbelievable] [shrug]

je rappelle aux indécrottables romantiques que le pire est à venir. En cas de déprime causée par la lecture des pages suivantes de ce récit, vous savez où aller  :D. Du côté de Just in Your Dreams, vous allez voir, ça va vite aller beaucoup mieux  [eyeheart] (je poste la suite de mon histoire juste après d'ailleurs).

bizz

Limeye  :)



Pendant un moment, Joan suivit des yeux la séduisante jeune femme. "Super femme, Peter.  Je dois admettre que je l'envie. Pourquoi n'es-tu pas avec elle..."

Peter leva son index à la négative. "Nous avons été ensemble quelque temps, puis nous avons constaté que cela n'allait pas. Mais nous nous entendons très bien et nous nous faisons une  confiance aveugle. Et la confiance est juste immensément importante pour la survie."

Peter regarda Joan au fond des yeux pendant un moment. C'était un regard qui donna la chair de poule à Joan. Peter n'agissait plus à cet instant comme un aviateur puéril et audacieux. Devant elle se tenait un homme adulte, sérieux dont le regard l'attirait d'une manière magique, presque érotique. Même si Joan l'avait voulu, elle ne pouvait pas se détourner de Peter, de ses profonds yeux verts et de ses fossettes aux coins de la bouche, de son sourire espiègle et de sa petite cicatrice sur le menton. Elle avait encore le coeur battant. Les mêmes battements de coeur que Joan avait ressentis ce matin-même dans le hangar et tout à l'heure quand il l'avait saluée. Peter avait jeté un sort à Joan, un sort si grand que Joan n'avait pas la plus petite envie de résister.

"Nous ne voulons pas parler que de mon WingCommander, n'est-ce pas ?" demanda Peter doucement. "Qui est la belle femme assise en face de moi ?"

"Joan Landor, vingt-sept ans, depuis neuf dans la police de l'espace, un mètre soixante-dix de haut, poids inconnu, blonde, les yeux bleus, mes hobbies sont l'architecture, la littérature, l'art, la musique et le shopping, pas mariée,  pas d'enfants." Joan regarda rêveusement le plafond. "Ai-je oublié quelque chose ?"

"Cela signifie qu'il n'y a pas de M. Landor ou quelqu'un qui voudrait l'être ?" demanda Peter timidement.

Joan hésita un moment. "Hum, et bien, je ne suis pas seule dans ma vie."

Sous le choc, Peter lâcha la main de Joan qu'il avait tenue tout ce temps. "Oh !", fit-il seulement.

"C'est seulement que..." Joan ne trouvait pas les bons mots pour cette situation. D'une part, elle ne voulait pas se prendre la tête avec Peter après ces premières dix minutes avec lui, d'autre part elle ne voulait pas discréditer Curtis. "Je ne sais pas comment le dire, Peter. Oui, il y a quelqu'un, mais je..." Joan buttait sur les mots. "Je suis un peu triste, tu comprends ?"

"Non !" répondit Peter en souriant. "Explique-moi."

"Parfois j'ai le sentiment de ne pas être perçue comme une femme. Je reçois simplement un peu trop de commentaires. Il travaille dur, il est souvent sur la route. Quand je le voudrais, j'entends seulement que c'est trop dangereux pour moi.  Je me sens juste considérée comme une nullité." répondit Joan tristement.

"Quel est son métier ?" voulut savoir Peter.

"Chercheur... et il travaille de temps en temps avec mon chef."

"Hum, hum...", fit Peter. "Les scientifiques ont tendance à voir des choses de manière trop pragmatique. Sobre, factuel, pas du tout romantique."

Joan baissa la tête et regarda Peter. "J'ai entendu dire que les pilotes de chasse sont censés être de très grand romantiques. Est-ce vrai ?" demanda-t-elle avec un sourire timide.

Peter se pencha en arrière, croisa ses mains derrière sa tête et la regarda avec un sourire extatique. "Oh oui, Joan, c'est vraiment cela. Les pilotes de chasse sont les pires romantiques de tous les astronautes. Cela est dû au fait que chaque intervention puisse être leur dernière. Par conséquent, ils veulent profiter de tout ce qui se passe." Peter se pencha en avant et regarda Joan avec attention. "Joan, méfiez-vous des pilotes de chasse. Pour eux, il s'agit seulement de nombre de tirs réussis. Il n'y a aucun pilote de chasseur qui n'essaie pas d'embarquer une fille jolie tout de suite dès le premier soir et l'envoyer vers son funeste destin funeste. Regardez autour de vous, tous ces gars avec le badge coloré sur leurs vestes en cuir !"

Durant une seconde ce fut un silence effrayant, parce que Peter avait parfaitement joué son rôle. Les paroles de Katherine à ce sujet revinrent à l'esprit de Joan. Puis elle se mit à rire haut et fort, ce dont Peter se souvint immédiatement. Peter avait fait rire Joan, une compétence qui était très importante pour elle, et qui lui avait manqué par le passé.

Durant le dîner, pour lequel Peter lui avait également présenté ses excuses parce que le menu du mess des pilotes n'offrait rien d'autres que de gros burgers de différents choix et des collations qu'on mange sur le pouce - ce qui était incompréhensible pour Joan, parce qu'elle trouvait l'énorme hamburger excellent - Joan essaya doucement d'orienter la conversation sur d'autres voies. Malgré toute sa sympathie et son affection naissante pour Peter, la bière très potable et l'atmosphère détendue, Joan n'avait pas oublié son travail. Elle l'interrogea prudemment sur la famille de Peter, et respectivement sur la relation avec son père.

"Hé Peter, qu'est-ce que ça fait d'être le fils du Commodore et de servir dans la même flotte ? Est-ce que ça pose parfois des problèmes ?"

"Non, pourquoi ? Entre mon père et moi, il y a encore un certain nombre d'échelons, comme Danny, mon commandant d'escadron, le commandant de l'escadre, le Commandant Rodriguez. Officiellement j'ai peu à faire avec mon vieux. Et je n'ai pas non plus de privilèges."

"Et comment te sens-tu toi-même vis à vis de ton père?" demanda Joan avec un intérêt certain.

Peter rit en lui répondant. "Nous étions et sommes pas toujours d'accord, mais c'est normal entre père et fils. Il n'a jamais voulu que je devienne un combattant volant, il pensait que je perdrais mon talent. Au contraire, il aurait préféré me voir sur le pont d'un aussi grand bateau. Mais pour moi, c'est ennuyeux. Depuis ce temps, il s'est rendu compte que je faisais du bon travail ici. Nous nous entendons bien tous les deux. Pourquoi me demandes-tu cela ?"

Joan prit un visage sérieux, maintenant elle devait passer lentement à l'attaque."Tu sais déjà que ton père est brisé mentalement et se trouve perdu sur cette flotte."

Peter opina. "Oui, papa m'en a déjà parlé plusieurs fois. Depuis que Rodriguez est à bord,  papa le laisse prendre de plus en plus les rênes. Je n'aime pas Rodriguez. Il est un intrigant, avide et sans scrupules, un abruti."

"Est-ce ton opinion à ce sujet ou est-ce que tout ce qui vole pense ainsi ?" demanda Joan, en mordant goûlument dans son hamburger.

"Les deux escadrons à bord ici le haïssent, y compris notre commandant. Ce n'est pas un grand secret. Nous sommes toujours heureux quand la Capitaine Van den Bosch est sur le pont, car nous volons de manière beaucoup plus détendue. Comment cela est perçu sur le Courageux, je l'ignore." Peter avait fini sa bière et fit signe à Rachel.

Joan repoussa l'assiette de burgers et les plats d'accompagnement sur le côté. Elle était rassasiée. "Peter, de manière purement hypothétique, si Rodriguez était tenté de prendre le contrôle du Tennessee, que feriez-vous ? Imagine qu'il lancerait une mutinerie pour mettre le vaisseau en son pouvoir. De quel côté serait le pilote de chasse ?"

Peter regarda Joan avec de grands yeux. "Que... Quoi ? Je n'ai pas compris ta question ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Une mutinerie ?"

Joan posa un doigt sur les lèvres de Peter. "Psst ! Pas si fort !" Elle se leva et fit le tour de la table pour s'asseoir à côté de Peter. Elle passa un bras autour de lui et s'approcha aussi près que possible de son visage. Puis elle lui murmura à l'oreille : "Il se passe quelque chose à bord du vaisseau, quelque chose qui est lié à la révolte sur Sameda II. Je te dis cela parce que j'ai confiance en toi et parce que je... nous avons besoin de ton aide. De toi et de tes camarades." L'air de rien, ses lèvres touchèrent le lobe de son oreille.

Peter regarda profondément Joan dans ses yeux bleus, il pencha la tête en avant afin qu'ils se touchent du front et du nez. "Nous ne serons pas aux côtés de ce crapaud misérable, vous pouvez compter sur nous." dit-il doucement en embrassant avec hésitation Joan sur le bout du nez. Je suis certain que nos commandants en savent plus qu'ils ne nous laissent entendre."  Encore une fois leurs regards se croisèrent et Joan ressentit un frisson électrique. Elle pencha légèrement la tête sur le côté et ferma à demi les yeux. Il fallut une fraction de seconde pour qu'elle sente ses lèvres pleines sur les siennes.

Le monde commença à tourner autour de Joan. Derrière son sternum, elle sentit un picotement chaud et froid, un sentiment qui avait disparu depuis longtemps pour elle-même, c'est le sentiment rafraîchissant, nouveau et passionnant de tomber amoureux. A cet instant, Joan n'était plus elle-même, elle n'était plus non plus sur le vaisseau et ni dans ce système solaire. Elle ne comprit même pas que Rachel posait discrètement de nouvelles boissons sur la table.

Lorsque Peter glissa doucement sa main sous la veste de Joan, elle marqua un temps d'arrêt. "Pas si vite, Monsieur. La soirée ne fait que commencer !" murmura-t-elle doucement avec un clin d'oeil et elle glissa sa main vers sa hanche et jusqu'à son genou. Du coin de l'œil, elle put voir comment Danica Vukovic se levait quelques tables plus loin en ricanant et se dirigeait vers les toilettes. Joan comprit après coup qu'elle voulait absolument lui parler. "Excuse-moi un moment, Peter. J'ai besoin de me rafraîchir." Elle lui déposa un baiser sur la joue et s'éloigna. Elle sentait ses genoux mous comme du pudding. Ce jeune officier allemand avait triomphé d'elle sur toute sa longueur, sans même qu'elle lui oppose la moindre résistance. Joan voulait ne pas du tout se défendre. Soudain, la voix de la raison se fit entendre :

"Joan, qu'est-ce qui vient de se passer pour toi ? As-tu toujours sur tes esprits ? Tu cours pendant plus de trois ans après Curtis, tu l'as attrapé, et maintenant tu te laisses simplement avoir par surprise par un pilote de chasse ? Réfléchis, Joan, réfléchis ! Que tu fais là ?"

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 25. Mai 2013, 05:50:59 Uhr
Coucou Limeye,

Bon...on passera vite sur ce chapitre et le suivant, hein? De loin pas mon prefere.....et merci de faire revenir Joan dans JIYD... ;D

On compte peut-etre sur Free Nurara pour arranger les choses par la suite?  ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 25. Mai 2013, 09:12:40 Uhr
Hello à toutes !

O-Tho, je partage ton sentiment. Mais le pire moment à lire pour moi (rétrospectivement) dans cette histoire concernant Joan (car il y a un passage aussi où on retient sacrément son souffle pour Kat !) n'est finalement pas cette soirée pourtant gratinée, mais celle du lendemain...

je vous livre juste un court passage, mais il m'a donné du mal côté traduction. J'espère ne pas avoir fait d'erreurs, car c'est un passage très important, qui explique beaucoup de choses concernant la relation entre Curtis et Joan, et l'attitude de Joan vis-à-vis de Peter. Gardez bien ce passage en tête pour plus tard, car Joan se fera quelques réflexions lors d'une autre situation et je ne peux m'empêcher de trouver un lien "étrange" entre ces deux passages (mais c'est beaucoup plus loin, je ne manquerai pas de vous rappeler cette petite réflexion lorsque je vous livrerai la traduction du passage en question).

belle journée !

Bizz

Limeye  :)


La voix de la raison ressemblait à Katherine. Katherine, la sauvage, l’impétueuse petite enfant des Etats du Sud, qui n’avait jamais laissé passer une occasion que ce soit pour une partie, du whisky ou pour les gars qui croisaient son chemin. Ironiquement, Katherine parlait-elle à Joan dans sa conscience ? Ce n’était pas possible. Certes, depuis que Katherine était avec John, elle s’était calmée, mais elle avait toute sa vie durant vécue comme une enragée. Au contraire, Joan avait durant ses années d’études, sa formation à l’école de police été déconsidérée par les étudiantes car elle avait surtout mis l’accent sur sa formation et son travail. Quand Joan avait fait la connaissance de Katherine comme instructrice à l’école de police, elle avait été enthousiasmée par cette femme pleine d’énergie. Katherine jouissait pleinement de la vie, elle rencontrait des hommes des plus intéressants, faisait la fête jusqu'aux premières heures du matin et était toujours consciente de ses responsabilités. Cela avait impressionné Joan qui se sentait toujours un peu, en dépit de sa bonne mine et de son intelligence, comme une fille quelconque. Elle n'avait jamais faibli. Quand elle avait rencontré Curtis, elle avait pensé que ce serait quelque chose de différent. Dès le début, elle aimait regarder le grand homme avec des yeux doux. Derrière sa carapace revêche et quelque peu naïve se cachait un esprit fin très intelligent qui possédait également un attrait physique énorme. Joan l’avait attiré vers elle. Même si elle n’avait pas été rejetée au début par Curtis, il avait cependant du mal à déchiffrer les signaux féminins que Joan ou toute autre femme intéressée lui envoyait. Il avait fallu un certain temps à Joan pour comprendre le fait que Curtis - après qu'il ait perdu ses parents quand il était un petit enfant – avait été élevé uniquement par des formes de vie artificielles et qu’il n’avait pratiquement aucune expérience avec le sexe opposé. Il ne savait tout simplement pas comment une femme fonctionnait. Joan avait péniblement appris à connaître Curtis. Et même maintenant, que Curtis connaissait mieux les besoins d’une femme, il avait toujours du mal à en tenir compte. Il aimait Joan, il le lui assurait, mais il n’était toujours pas en mesure de lui montrer qu’il y faisait attention. Et cela, Joan en souffrait. Elle avait songé à quelques reprises à se séparer de Curtis, mais elle n’avait pas eu le courage de le confronter à cette décision, elle l'aimait encore. Et aujourd’hui se présentait ce jeune major allemand, beau, facile, au cœur ouvert, charmant et tout aussi insouciant que la meilleure amie de Joan, Katherine. Il lui semblait que Peter était l’homologue masculin de Katherine.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 25. Mai 2013, 21:13:37 Uhr
Danica Vukovic avait disparu avant elle dans les toilettes. Comme la lourde porte se refermait derrière Joan, cela faisait quelques décibels de moins que dans le salon, l'air était beaucoup plus frais et les néons au plafond dégageaient une lumière brillante. Danica se trouvait en face d'un lavabo, s’essuyait le bras gauche et la jambe gauche avec une serviette humide. Quand elle vit Joan, elle sourit et dit : "Ne fais pas comme moi au bras de fer, ne reverse pas ta bière sur ton pantalon, bordel…"

Joan dévisagea un moment Danica. Elle n'avait pas seulement un beau corps, elle avait, en fait, un corps très tonique et pour une femme des bras très musclés. Elle donnait à Joan l'impression d’avoir passé beaucoup de temps dans le gymnase pour obtenir un corps en forme tout en restant féminine.

"Danny, puis-je te demander quelque chose", commença Joan.

Danica prit une nouvelle serviette et commença à sécher. "Bien sûr, qu’est-ce que c’est ?"

"Peter vient de me dire que Rodriguez t’avait fait appeler après votre engagement. Qu’est-ce qu’il t’a dit ?"

Danica regarda Joan étrangement pendant un moment, puis elle jeta la serviette en papier dans la poubelle et s’appuya avec coquetterie, les bras croisés, contre le lavabo. "Pourquoi veux-tu le savoir ? Tu es bien curieuse, petite. Que fais-tu ici ?"

Joan soupira, fouilla dans la poche intérieure de sa veste en cuir et en sortit son badge. "Police de l’espace, Lieutenant Landor. Je ne te l’ai pas dit tout à l’heure ?"

Danica sourit. "Tu m’as dit ton nom. J’ai toujours pensé qu’il n’y avait dans la police de l’espace que de vieilles saucisses et que nous pilotes vous dépasserions aisément, aussi ne m’attendais-je pas à une "bonne à marier" comme toi, à tout le moins… Dis m’en plus, chérie ! Vous enquêtez sur Rodriguez, ce rat ? Pour quoi faire ?"

"Je ne peux pas te le dire maintenant, mais nous sommes déterminés non seulement contre Rodriguez, mais aussi contre un ensemble d’officiers de cette flotte."

Danica s’appuya avec une main sur le lavabo et vérifia son maquillage dans le miroir. "Laisse-moi deviner, cela a à voir avec cette histoire de Tovin, non ?" demanda-t-elle, sans détourner son attention de son image dans le miroir.

Joan dressa les oreilles. "Que sais-tu à ce sujet ?"

"J'étais avec Pete, et deux autres pilotes, quand ils ont récupéré la machine de Tovin. Nous pouvions entendre tout le trafic radio. Quelqu'un avait laissé ouvert et laissait entendre toutes les discussions sur une fréquence libre. J'ai été assez époustouflée, ce que j'ai entendu alors, et j’ai demandé à mes gars de garder le silence à ce sujet pour le moment." Danica était devenue très sérieuse tout d'un coup, le sourire avait disparu de son visage et elle avait l'air très inquiète. "J'ai enregistré le trafic radio."

Le cœur de Joan manqua un battement. "Où ? Dans l’enregistreur de vol de votre machine ? Est-ce que quelqu'un est au courant ?"

Danica secoua la tête. "Non, pas sur l’enregistreur de vol. Il est modifié et vérifié après chaque utilisation. J'ai un appareil personnel avec lequel je me connecte sur le simulateur et en situation de vol. Je ne l’ai montré à personne."

Le visage de Joan s’éclaira. Si l’enregistrement était utilisable, ils auraient enfin quelque chose à se mettre sous la main. "Danny, puis-je obtenir une copie de cet enregistrement ? S’il te plaît, c’est important !"

"Bien sûr ! Je peux le faire, mais ça prend quelques minutes." Danica s’écarta du lavabo et voulut partir. "Je ne veux rien avoir à faire avec cela, Joan ! Arrête-moi et sors mes gars de là."

"Je suis désolée, Danny, mais ce ne sera pas possible. Nous sommes tous trop impliqués. Je vais devoir aussi te faire citer officiellement comme témoin", répondit Joan catégoriquement.

"Ah merde", jura Danica. "Tu veux savoir ce que Rodriguez a dit ?"

"Oui, absolument !"

"Il a menacé de me tuer si je n'obéissais pas immédiatement à chacun de ses ordres."

"C'est tout ?" a demandé Joan un peu choquée.

Danica pinça les lèvres et secoua la tête sans dire un mot. Puis elle sortit.

Joan resta un moment devant le lavabo et regarda dans le miroir. Dans la lumière, elle avait vraiment l’air fatigué et tendue. "Rodriguez", souffla-t-elle. "Quel genre de monstre es-tu vraiment ? Quel diable es-tu vraiment ?"

Quand Joan rejoignit Peter, la première chose qu’elle fit fut de prendre sa chope et de boire sa bière. Elle but le verre d’un trait, essuya la mousse sur sa bouche du dos de sa main et sourit avec impertinence à Peter. "Où en étions-nous ?"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 26. Mai 2013, 06:12:44 Uhr
Katherine et Takashi, cependant, rencontraient beaucoup plus de difficultés. Lors de son interrogatoire, le Chef Johansson n’avait émis que des insultes à l’encontre de Takashi et des sous-entendus sexuels à l’égard de Katherine. L'accusation de meurtre d’un policier l’avait laissé indifférent. Katherine avançait lentement, mais sûrement. Posant les deux mains sur la table, elle s’était penchée vers Johansson. Celui-ci n'avait rien de mieux à faire que de la regarder fixement. Katherine fit zipper sa veste de cuir et lui siffla d’un ton sinistre : "Regardez-moi dans les yeux, quand je vous parle, Chef. C’est de la merde que vous me racontez, et vous vous enfoncez bien dans cette conspiration. Peut-être que vous êtes juste un petit rouage insignifiant dans la machine. Rodriguez ne viendra pas vous tirer d’affaire. Il peut se débrouiller sans vous. Vous êtes un zéro, une pauvre saucisse ! Vous êtes en bonne voie de toute façon pour finir en prison, au moins pour l'assassinat du sergent Oobe avec une peine d'emprisonnement à vie. Vous pouvez parler ou vous taire ! Ca ne changera rien pour vous, Chef ! Et si nous mettons votre bureau sens dessus dessous, que pensez-vous que nous y trouvions ?"

Johansson se pencha en arrière avec désinvolture et sourit sans vergogne. "C’est l’enfer que vous trouverez. Cela est beaucoup trop grand pour vous ! Vous avez parfaitement raison, Ballard. Je suis vraiment juste une petite lumière, vous ne pouvez pas imaginer l'ampleur réelle ! Je ne suis plus important et mon travail est fait", répondit-il avec un rire sardonique. "De moi vous n'apprendrez rien. Si vous le souhaitez, vous pouvez même me jeter par le sas."

Résignée, Katherine soupira. Je ne le ferai pas, car contrairement à vous, je ne suis pas une meurtrière."

Johansson rit plus fort. "Vous ne l’êtes pas ? Mais vous avez abattu froidement un collègue il y a deux ans, non ? Ballard, je sais beaucoup de choses sur vous, depuis que vous êtes ici à bord."

Katherine sentait monter la colère en elle. Elle serra son poing et le balança. Au moment où elle allait frapper, Takashi attrapa brutalement son poignet. "Laisse-le, Kat. Ce n’est pas la peine que tu te mettes en colère !"

"Allez, Ballard, battez-vous !" cria Johansson. "Laissez libre court à votre agressivité, vous ne valez pas mieux que moi, ha ha ha !"

Brusquement, Katherine se dégagea de la main de Takashi. "J'en ai assez de ce connard, Takashi. Nous perdons seulement notre temps. Enfermons-le dans une cellule et jetons la clé par-dessus bord. Allez, Johansson, debout !" lança Katherine au Chef.

"Va te faire foutre, salope !"

Après avoir enfermé Johansson dans une cellule, Takashi avait vu le colonel Tovin pour certaines choses, les deux policiers entrèrent dans la salle, ils étaient seuls, le reste du groupe avait quitté le quartier de la police. Takashi se dirigea vers un placard et en sortit une bouteille avec un contenu brun doré, et deux verres. "Je crois que c'est tout pour aujourd'hui," dit-il en souriant et en les servant. "Un bon vieux bourbon du Kentucky, de seize ans d’âge." Il tendit un verre à Katherine et trinqua avec elle. A ce moment, l’avertisseur de la porte résonna contre la cloison principale. Katherine et Takashi se regardèrent d’un air interrogateur.

"Qui cela peut-il être ?" grommela Katherine en posant son verre sur la table basse et elle s’avança vers la cloison, où elle alluma l'interphone avec un petit écran. Sur l’écran apparut le visage couvert de tâches de rousseur d’un jeune homme. "Oui ? S’il vous plaît ?" demanda Katherine.

Le jeune homme se racla la gorge et dit : "Bonjour, je suis l’Enseigne Fletcher du Courageux. J'appartiens à une équipe de sauvetage qui a récupéré l'épave de la navette attaquée cet après-midi. J’ai trouvé quelque chose qui appartient à la Lieutenant Landor. Est-ce l’un d’entre vous ?"

Katherine sentit d’un coup sa fatigue s’en aller. "Entrez, Enseigne", répondit-elle et elle ouvrit la grande porte coulissante. Elle laissa entrer Fletcher et regarda à l’extérieur, à part lui, personne ne semblait se trouver dans la salle semi-circulaire. "Je suis la Major Ballard, la Lieutenant Randall fait partie de mon équipe. Qu’avez-vous, Enseigne ?" demanda Katherine avec un sourire avenant. Le jeune enseigne avait, au mieux, dix-huit ou dix-neuf ans.

Il ouvrit une poche de veste et en sortit un petit instrument métallique bleu. C’était le communicateur de Joan. Il ne portait que quelques traces de suie à l’extérieur, était intact et pouvait encore fonctionner. "Je l'ai trouvé parmi les débris, Madame", dit Fletcher en le remettant soigneusement dans la main de Katherine.

"Ne devriez-vous pas vous signaler à votre supérieur, Enseigne ? Et comment savez-vous que cela appartient à la Lieutenant Landor ?"

"J’ai regardé le contenu et les données de l’utilisateur, Madame." Fletcher rougit légèrement, alors que Katherine le regardait sombrement. Il se trouvait dans une situation inconfortable. "Madame, ce que j'ai vu, m'a fait peur, surtout parce que mon commandant est concerné. Je ne voulais pas que cela lui saute au visage. Par conséquent, j’ai gardé l’appareil par devers moi et ne l’ai pas déclaré à mon retour."

Katherine se détendit légèrement. Tabra avait donc dit la vérité, et avait copié des pièces à conviction sur l'appareil de Joan. "Merci, Enseigne. Vous avez bien fait. N’en parlez à personne pour votre propre sécurité ! Vous entendez ? Absolument à personne !" Elle posa une main presque maternelle sur l’épaule de Fletcher. Le garçon avait pris un grand risque en apportant sa découverte, mais il avait fait une bonne chose.

Fletcher opina. "Compris, Madame. Mais nous devons en quelque sorte les arrêter. Rodriguez ne peut pas faire passer toute la flottille du côté des rebelles !" s’écria-t-il d’une voix tremblante.

Même si Katherine ne savait pas encore à ce moment-là quels documents se trouvaient sur le communicateur, mais avec ce que l’Enseigne Fletcher venait de dire, ses pires craintes étaient confirmées. "Ne vous faites pas de soucis, Enseigne. Faites votre service comme d'habitude, ne parlez à personne de ce que vous savez. Et si vous apprenez quelque chose qui pourrait encore être intéressant, vous pouvez toujours venir me le dire." Elle fouilla dans une poche et en sortit une carte de visite. "Tenez, Enseigne. Appelez-moi. Jour et nuit. Encore merci. Vous êtes très courageux. Mais vous devriez veiller maintenant à retourner à bord de votre vaisseau."

Fletcher salua. "A vos ordres, Madame !" Katherine ouvrit la lourde cloison et laissa sortir le jeune homme. Après avoir soigneusement refermé la porte, elle se précipita dans le salon avec le communicateur de Joan, saisit son verre et le vida d’un trait.

Takashi la regarda un peu confus. "Kat ? Qu’est-ce qui se passe ?"

Katherine jeta le communicateur en l’air et se mit à danser joyeusement. "Nous l’avons, Takashi ! Nous avons Rodriguez et son cul de traître ! Yeeeehhhh !" jubila-t-elle. Puis elle jeta un œil à l'écran. Il affichait : "Douze appels manqués." Tous les douze appels provenaient de Curtis.

Katherine jeta un regard furtif à Takashi. Joan était encore avec Peter. "Oups !" fit-elle simplement en souriant.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 26. Mai 2013, 10:53:03 Uhr
Et là je dis juste : Curtis, Curtis, Curtis...   [shrug]


CHAPITRE 7

Curtis entra dans son salon. La Terre brillait comme un grand marbre bleu sur du velours noir à travers la grande baie vitrée. Curtis aimait cette vision. Une douzaine de fois déjà, il avait tenté de joindre Joan sur son communicateur. Non pas qu'il était inquiet, quand Joan était en mission, il arrivait souvent que leurs appels entrants soient coupés ou tout simplement ignorés. Il voulait juste entendre sa voix et prendre des nouvelles du système de Samedi. Il essaya de nouveau, son dernier appel datait d’environ trois heures.

"Hé, Curt !" dit le haut-parleur. Mais ce n'était pas la voix de soprano de Joan, mais Katherine, qui avait un timbre plus grave.

"Kat ? Me suis-je trompé de numéro ?", demanda Curtis avec humour. "C’est agréable de t’entendre, mais je voulais vraiment parler à Joan."

"Joan est sur le pont et interroge des suspects, Curt. Elle en a identifié parmi les pilotes", répondit Katherine, en essayant de rester aussi proche que possible de la vérité. "Cependant, il est déjà près de 11 heures du soir ici, je m’attends vraiment à son retour d’ici peu."

"Quoi de neuf pour vous ? Savez-vous déjà pourquoi Tovin est devenu fou ?", voulut savoir Curtis. "Tu peux répondre sans crainte, la connexion est très bien cryptée."

"Oui, Curt, nous avons à faire à une gigantesque conspiration, Tovin n'était qu'un outil, il a été drogué. Il est innocent selon les dernières recherches. Nous allons le libérer sous peu. Je ne veux pas d'ennuis, Curtis, pour autant : des officiers du vaisseau, ou  plutôt certains officiers de haut rang sont impliqués dans la révolte sur Sameda II. On suppose que les rebelles veulent s’emparer du vaisseau. Quand cela se produira, on l’ignore. Garnie est informé et il se réserve le droit d'alerter l'Amirauté quand nous aurons débarqué. Demain, un vaisseau de police viendra nous chercher et nous emmener. Notre travail sera terminé. D’ici là, Joan joue la jolie fille ignorante." Elle dissimula le fait qu'il y avait eu des morts depuis.

"Cela ne me plaît pas, Kat. J’ai un mauvais pressentiment. Ne faudrait-il pas que je vienne vous chercher avec le Comète ?"

"Curt, je ne sais pas où tu te trouves en ce moment, mais si tu es dans le système solaire, il te faudra près de trois jours pour venir, même avec le Comète. D’ici là, nous serons sur le chemin du retour."

"Oui, tu as raison, Kat. S’il te plaît, faites attention !", dit Curtis en soupirant.

"Curt, j’ai encore quelques petites choses à faire. Je vais prévenir Joan de ton appel et lui dire de te rappeler, ok ? Je vais l’envoyer au lit quand elle reviendra. Attends jusqu’à demain."

"Ok, Kat. Je vais attendre que Joan me rappelle. Prends soin de toi !" Curtis coupa la communication. Mais Katherine avait tort pour quelque chose. Eh bien, oui, elle avait l'air stressée, ce qui était compréhensible étant donné la situation, mais Curtis ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'elle lui cachait quelque chose. Pas quelque chose qui avait à voir avec l'enquête policière, mais quelque chose qui impliquait Joan. La façon dont Katherine lui avait répondu n’était pas naturelle chez elle.

Curtis n’aimait pas cela. Il avait ordonné à Grag et Otho de tenir le Comète prêt à partir, mais son vaisseau attendait une grande révision, qui avait déjà été repoussée trois fois. Plusieurs erreurs et des échecs lors d’opérations de vol s’étaient récemment produits et il était essentiel d’y remédier pour des raisons de sécurité. Le Comète ne pouvait pas être prêt avant au moins 48 heures. Au cours d’une inspection du Comète, Otho avait dressé avec Grag une liste des améliorations à effectuer, y compris une phase d'augmentation du chargement des canons à protons pour en améliorer l'impact, une augmentation massive des performances des propulseurs de manœuvre, ce qui rendrait le Comète plus agile, plus quelques améliorations techniques que le professeur Simon avait suggérées. Simon était particulièrement fier du scanner ADN de fonctionnement du vaisseau, qui aidait à localiser des personnes depuis une distance de sécurité, à condition que l’ADN de la personne recherchée figure dans les données de bord. Des versions antérieures de cet appareil avaient déjà été utilisées par la police, mais elles manquaient de fiabilité du fait d’échantillons d'ADN incomplets, ou de l'insuffisance de portée de l'opérateur. Les perfectionnements de Simon permettaient que seule une fraction d’empreinte ADN soit nécessaire pour trouver la personne à l’ADN correspondant - du moins dans les conditions de laboratoire. Le prototype de Simon devait être monté à bord du Comète.

Curtis avait accordé 48 heures à Grag et Otho pour terminer avec son aide la révision du Comète. Pendant ce temps, Curtis fit quelques recherches dans des artefacts non encore examinés de ses voyages précédents et eut une conversation avec un ami de son père, le Marshall Garnie. Cela lui permis d’obtenir des informations sur les événements dans le système Samedi, informations plus détaillées que ce que Katherine avait pu lui communiquer, parce que Garnie, et le gouvernement terrien avaient des agents en civil en mission sur Sameda II. Ils étaient bien informés pour le coup, de ce qui était arrivé à la flottille, dont même les agents n’avaient aucune idée.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 26. Mai 2013, 14:11:28 Uhr
Et là, je dis : Ezra  [goodjob] !

"Je me sens très mal à l’aise avec tout cette histoire, Ezra. Je suis ennuyé parce que pour l'heure le Comète a grand besoin d'un entretien. Ensuite, nous partirons immédiatement pour le système de Samedi. Je crois que Joan court un grand danger", déclara Curtis lors de son échange vidéo avec Garnie.

"Seul, tu ne pourras rien faire, Curtis. Et la fédération fera un scandale si tu t’immisces dans les affaires politiques intérieures d’un système solaire indépendant. Je vais devoir t’interdire les déplacements de toute façon. Je viens de recevoir un message de Katherine, le colonel Tovin a été libéré, de sorte que leur travail est terminé. Dans cinq jours, elles seront de retour", répondit Garnie d’une voix calme. Curtis pouvait voir à son visage, que le vieux Marshall était inquiet.

"Qu'en est-il de la flottille ? Une mutinerie ? Katherine pense que certains officiers veulent s’emparer du vaisseau et le mettre à disposition des rebelles !"

"Je sais, Curtis. Mais tant que Joan et les autres se trouvent à bord du Tennessee, je ne veux prendre aucun risque. Je ne peux que demander à l’Amirauté de constituer un groupe de travail pour tenter de tirer au clair cette affaire. Je ne peux pas et ne veux pas mettre la vie de mes troupes en danger."

Curtis savait parfaitement que Garnie n’avait pas d’autre choix. La perte d’une unité si précieuse et apte au combat dans un système étranger causerait un violent changement pour le pouvoir, sans parler des transferts de savoir-faire et de technologie. S’assurer que les vaisseaux de guerre et leur technologie ne se trouvaient pas en de mauvaises mains était d’un intérêt bien plus grand que la vie d’une poignée de policiers. Garnie avait seulement besoin de temps. Si le contact avec le Tennessee était rompu dans les 36 prochaines heures, des cuirassés, des croiseurs, des frégates, des transporteurs et des navires de combat partiraient pour le système de Samedi et poursuivraient le Tennessee et le réduiraient si nécessaire en pièces, sans tenir compte des passagers innocents qui se trouvaient à bord - Garnie ne pourrait rien faire à ce sujet.

"Je ferai n’importe quoi, Ezra. Je ne peux pas rester ici et attendre", s’écria Curtis en tapant du poing sur la console devant lui. "Joan se trouve là-bas, coincée quelque part et je dois rester ici à me tourner les pouces ?"

"Reprends-toi, Curt !", répondit Garnie en grimaçant. "Ce n’est pas seulement Joan qui est en danger ! Le Capitaine Milner est aussi sur des charbons ardents. Nanami Yokomuri est enceinte et espère comme moi que son mari sera présent pour la naissance de son deuxième enfant, Layla Mbeme voudrait enterrer son fiancé Amir Oobe, et, et, et… ! Dois-je citer d’autres noms ? Crois-tu que la vie des familles de mes hommes me soit égale ? Tu n’es pas le seul à te faire du souci, Curtis !" Garnie fit une pause et prit une profonde inspiration. Un peu plus calme, il reprit : "Curtis, je comprends tout à fait tes inquiétudes au sujet de Joan, s’il-te-plaît, crois-moi, je fais tout mon possible pour que cette affaire nous épargne. La dernière chose que je veux faire est de mettre mes gens plus en danger qu'ils ne le sont déjà. L’Amirauté est encore en pleine négociation avec l’unité. A l’heure actuelle, tout se passe parfaitement selon la procédure standard. Et même si une mutinerie éclatait, nous ne pourrions rien faire. Le temps de rassembler la flotte de l’Amirauté et qu’elle arrive dans le système de Samedi, il faudra encore compter trois à quatre jours ! Pense à tout cela, Curtis, avant de partir là-bas avec tes propres moyens. Avant même de pouvoir tirer un seul coup, que dis-je, avant que vous ne vous trouviez dans le champ de tir, vous et votre vaisseau seriez atomisés. Tu n’es pas tout-puissant, Curt ! Prends-en ton parti, ce n’est pas un croiseur de combat qui contrôle le système solaire ! Et encore une fois, nous ne parlons pas seulement de croiseurs dans des combats sanglants, mais de toute une flotte, pour l'amour de Dieu !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 26. Mai 2013, 17:25:03 Uhr
Coucou! Hallo!

Eh bien, même si ce cher Curtis a de la difficulté à exprimer ce qu'il ressent (l'explication donnée un peu plus tôt est TRÈS crédible), il a tout de même de l'intuition!  ;D

Et j'apprécie beaucoup l'échange entre Ezra et Curtis, la voix de la sagesse contre celle de l'impétuosité...  [diploma]

Toujours merci Limeye, et chapeau à Free Nurara!  [goodjob]

Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 26. Mai 2013, 19:01:02 Uhr
Coucou Flamme,

je trouve tous les passages dans lesquels Ezra intervient vraiment très réussis. J'aime beaucoup la dimension que Free Nurara donne à ce personnage, moins "familier" avec Joan (ou Kat) que dans nos histoires, mais toujours très professionnel et en même temps, très attaché à ses agents...

cet échange avec Curtis est en effet bien vu. Il est important aussi, car un autre échange viendra un peu plus tard, vous verrez. Et les deux se répondent bien.

une suite, postée en deux morceaux. Pour le premier, je dis simplement : Danica  [goodjob], mais j'ai juste eu un tout petit souci de traduction, c'est quand Joan donne le numéro de sa cabine à Peter, je n'arrive pas à traduire le numéro du pont, que j'ai donc appelé bêtement pont X (c'est un détail, mais bon, je vous le signale quand même...)

bonne fin de journée !

Limeye  :)


Danica Vukovic les regarda de loin quand Peter et Joan s’embrassèrent langoureusement. Ce n'était pas la jalousie qu'elle ressentait, mais une forme de rivalité. Bien que sa relation avec Peter soit terminée, elle percevait ce qui lui manquait. C'était elle qui avait mis fin à la relation intime avec Peter. Non pas qu’elle regrettait Peter, ce qui lui manquait, c’était l’affection. Avec impatience, elle tapota le comptoir du bar de ses mains mouillées. Dans une poche de son pantalon en cuir se trouvait une petite puce de données du trafic radio enregistré. Elle avait promis cet enregistrement à Joan, et en général, Danica tenait toujours ses promesses. Quand finalement Peter laissa Joan pour se rendre aux toilettes, elle s’éloigna du bar et se rendit rapidement à leur table. Danica glissa deux doigts dans sa poche et en tira une puce noire. "Joan !" siffla-t-elle aussi discrètement que possible, comme elle se pencha au-dessus de la table. "Fais disparaître cela et n’en parle à personne, pas même à Peter !" Danica regarda la table, puis Joan avec un regard suppliant. "Et s’il-te-plaît ! Ne joue pas avec lui ! Il mérite une femme qui soit sérieuse avec lui !" Puis elle se redressa de toute sa hauteur et, sans attendre la réponse de Joan, elle regagna la table à laquelle elle était assise avec ses camarades.

Joan attrapa la puce et la mit dans une poche en toute sécurité. A ce moment, Peter revint, visiblement heureux. Même avant que Peter ne se soit assis, Joan jeta ses bras autour de son cou et lui chuchota à l'oreille : "Derrière la passerelle, cabine 75, dans une demi-heure !" Puis elle fit doucement glisser ses ongles sur sa joue et donna à Peter un autre baiser langoureux.

Joan trouva Katherine, Takashi - et à sa grande surprise - Tovin dans le salon. Sur la table étaient posés trois verres et une demi-bouteille de whisky. Au-dessus de la table, elle pouvait voir une holographie détaillée d'un plan de pont. Apparemment, Katherine avait obtenu les plans. Tovin fumait cigare sur cigare - et la fumée des cigarettes de Takashi s’enroulait autour de l’hologramme. Katherine fut la première à voir Joan et regarda, étonnée, sa montre. Il était peu avant minuit. "Hein ?", s’inquiéta Katherine. "Déjà de retour ? Quel est le problème ?"

"Au contraire, ma chère Kat !" répondit Joan avec le plus grand sourire que Katherine ait jamais vu chez son amie, "Je ne fais que passer. Tout va très bien ! Le sous-commandant Peter m’a donné ceci." Joan jeta d’un geste élégant la puce à travers l'hologramme sur la table.

Takashi prit la puce et demanda : "Qu’est-ce que c’est, Joan ?"

"Les liaisons radio enregistrées entre le Rampage et le pont du Tennessee, pendant l’arrestation du colonel Tovin" répondit Joan, contente de son coup. "Vous pouvez l’analyser. Je dois repartir." Elle se retourna pour sortir.

"Un moment, Joan", l’interpella Katherine. "Qu’est-ce qui nous prouve que ces documents sont authentiques ?"

"Si les entretiens sont vrais, je serai en mesure de le confirmer", intervint Tovin. "Je peux fournir un journal de pré-mémoire si vous le souhaitez. Je me souviens assez bien des liaisons radio, et du Commandant Rodriguez, maudissant et criant."

Katherine se redressa dans son fauteuil. "Eh bien, allez-y. Il est encore tôt."

"Je rejoins ma cabine", dit Joan, se mordant la langue à cause de sa promesse. Elle espérait que personne n'avait remarqué ce faux pas.

"Ok, Joan", dit Katherine, puis s’arrêta un moment. Joan était déjà à la porte. "Hé, attends une minute", dit-elle. "Que fais-tu ? Tu vas à ta cabine ? Ne veux-tu pas aller à ton rendez-vous ?"

Mais Joan ne lui donna pas de réponse, elle avait déjà disparu.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 26. Mai 2013, 19:01:51 Uhr
Et la suite... Joan, Joan, Joan...  :'(


Dans le couloir, avant d’arriver à la cabine de Joan, Peter se sentait un peu nerveux. Les agents de la flotte avaient à plusieurs reprises par le passé considéré Peter avec méfiance. Après ce qui lui sembla une éternité, il entendit le cliquetis de talons de femme sur le pont d'acier. Elle était là, un peu échevelée et pourtant resplendissante. Elle souriait tout en tapant le code de la porte sur le clavier. Lorsque la porte s'ouvrit, Joan saisit Peter par le revers de sa veste de vol et le tira à l'intérieur avec force et douceur. "Viens..." elle haletait, et referma du poing le loquet intérieur.

La porte se referma avec un sifflement doux.

"Laisse la lumière allumée", murmura Joan, comme Peter cherchait le commutateur. Lentement, elle lui enleva sa lourde veste de bombardier qui tomba alors sur le sol avec un bruit sourd. Elle tira la chemise de sa ceinture et glissa ses mains dessous. Sa poitrine était dure et musclée. De même que son ventre que Joan pouvait sentir dur sous ses pouces. Les exigences physiques des pilotes de combat étaient extraordinairement élevées et ils devaient suivre un programme régulier de formation nécessaire pour répondre à ces besoins. Le résultat, Joan pouvait le sentir sous ses mains. Et elle devait bien reconnaître en elle-même qu’elle aimait ce qu’elle sentait.

Elle poussa doucement Peter vers sa couchette, elle le poussa sur le lit et s’installa sur lui à califourchon. Ses mains se glissaient sous son blouson de cuir et sa chemise. Quand il toucha sa poitrine, elle ressentit comme des picotements dans tout son corps. Elle se laissa faire. Joan ôta rapidement ses vêtements et se plaça sur lui. Son visage était encadré par ses cheveux blonds. Dans la lumière blafarde de la nuit et l’éclairage bleu, Peter vit comment Joan souriait - lascive, volontaire et exigeante. "Et maintenant, nous allons faire un vol que tu n’oublieras pas, pilote !", murmura Joan.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 26. Mai 2013, 20:25:57 Uhr
Danke, Alex !

Ich habe endlich verstanden ! In französich ist : la passerelle...

Limeye  :) qui va compléter de suite...
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 27. Mai 2013, 03:53:51 Uhr
Insomnie quand tu nous tiens... ta la lin...

Une suite, avec une Kat MA-GIS-TRA-LE...  [goodjob]

A chaque fois que je relis cette scène, je me dis : Et si Jelle avait été à la place de Kat, ça aurait donné quoi... Difficile à imaginer car ma Joan ne se serait pas retrouvée dans cette situation, mais je pense que ça aurait été assez similaire, avec juste deux baffes en plus...  ;D

Bizz et bonne lecture !

Limeye  :)


La nuit de Katherine avait été courte. Avec Takashi, elle avait passé trois heures à écouter les enregistrements radio et les avait comparés avec les précédentes déclarations du colonel Tovin. Sauf pour quelques menus détails, ils étaient comparables. Le Commandant Rodriguez avait demandé à plusieurs reprises au Capitaine Simmons de retirer le Colonel Tovin des chasseurs spatiaux, ce que Simmons avait toujours refusé à cause des besoins de la flotte. Furieux, Rodriguez avait menacé Simmons de la mener devant une cour martiale parce que, à son avis, elle avait mis leur vaisseau en danger lors de l’approche les chasseurs. Dès que Simmons avait menacé de communiquer au Commodore Becker que Rodriguez l’obligeait à employer la violence d’une arme non appropriée, et commettre alors un meurtre, Rodriguez s’était fait tout petit. Il avait ensuite donné l'ordre d'arrêter Tovin avec un rayon tracteur et de capturer son vaisseau. Comme Katherine avait passé la journée avec Joan à questionner Jenny Simmons sur le massacre, il ne leur était pas venu à l'esprit, d’interroger le premier officier sur les événements concernant l’arrestation de Tovin. Même si aucune erreur grave n’avait été commise durant l'enquête, avec le recul, c’était ennuyeux parce qu’elles avaient une fois de plus devoir traduire le Capitaine du Rampage, pour l’attraper, sinon elles pourraient également faire citer Simmons.

Katherine avait dormi quatre heures dans une cellule vide et avait été réveillée par des voix et des bruits de cliquetis. Les troupes avaient apparemment apprécié la soirée de congé, parce que des rires se faisaient entendre en écho dans le couloir. Malgré ces quatre courtes heures de sommeil, Katherine se sentait reposée et détendue. Elle avait seulement besoin d’une douche et de changer de vêtements, car cela faisait 24h qu’elle marinait dans les mêmes. Katherine se leva du lit et sortit de la cellule. Takashi n’était nulle part en vue, elle décida donc de rejoindre au travail le lieutenant-Baxter. "Baxter, je passe rapidement à ma cabine, pour me rafraîchir et déjeuner. Je serai de retour dans une heure", lui cria-t-elle en passant.

Le jeune lieutenant lui fit signe en souriant. "Très bien, major, le Capitaine Yokomuri sera également avec nous à huit heures", répondit-il. Katherine aimait bien Baxter, un Texan agile, intelligent et consciencieux, qui pourrait bientôt prétendre à la promotion au grade de capitaine. De son point de vue, Baxter avait bien mérité cette promotion.

À une intersection juste avant sa cabine, Katherine vit un homme qui courait en faisant signe à quelqu'un. Il était grand, large d'épaules, brun, les cheveux courts et portait un blouson de pilote typique en cuir marron. "Oh, je vous demande pardon, Mademoiselle, je ne faisais pas attention", dit-il, en se retournant et en regardant Katherine dans les yeux. Katherine regarda aussi l'homme dans les yeux, puis lut le nom sur sa veste où était inscrit "Major P. Becker". Puis Katherine regarda dans la direction d’où venait Becker. Joan se tenait dans le couloir et porta ses mains à son front. Katherine regarda à nouveau Becker, puis Joan, et encore Becker. Les secondes durant lesquelles elle les regarda tous les deux s’écoulèrent lentement, sans dire un mot, Katherine leva juste un sourcil d’un air pincé qui montrait sa désapprobation.

Becker était beaucoup plus grand que Katherine et Joan, qui étaient à peu près de la même taille. Becker était plus surpris de voir combien était séduisante une femme brune dans un endroit pareil, et baissa les yeux devant son regard gris acier dont il émanait une forte autorité. Il se demanda brièvement ce qu'il pouvait dire, parce qu'il pensait l’avoir déjà vue auparavant. "Je… heu… je vous connais, vous étiez hier dans le hangar, n’est-ce pas ?"

Katherine ne répondit pas, mais son sourcil se leva un peu plus haut.

"Vous êtes la collègue de Joan, c’est ça ?", Becker tenta un sourire gêné, parce qu'il se sentait pris. La réponse de Katherine se limita à une arcade sourcilière levée encore un peu plus haut. Elle se tenait, les poings appuyés sur ses hanches et regardait simplement Becker arriver. Becker tenta un assaut frontal. "Major Peter Becker, cinquième pilote de bombardier. Enchanté de faire votre connaissance, Miss… ?" Il tendit la main à Katherine.

Katherine avait maintenant levé ses deux sourcils ensemble avec un sale regard et dit sinistrement :
"Miss je devrais mieux prendre soin de mon amie". Puis elle secoua lentement la tête et passa devant Becker. "Pilote",  murmura-t-elle pour être seulement entendue par Becker,  "Et je l'avais prévenue. Je l’avais prévenue..."

Becker se tourna vers Joan. "Ce soir à 8h ?", cria-t-il par-dessus Katherine. "Je viendrai te chercher !"

Katherine se tourna vers Becker et le menaça avec son doigt. La situation n'était pas sans un certain humour. Becker fit avec un sourire malicieux un geste d'excuse à Katherine, comme pour dire : "Je ne peux pas empêcher que les femmes volent jusqu’à moi", il jeta un baiser de la main à Joan et s’éloigna d’un pas souple.

A la hauteur de porte de la cabine de Joan, Katherine se dressait face à son amie et avait croisé ses bras sur sa poitrine. "Qu’est-ce que je t’avais dit, Joan ? Je t’écoute !"

"Kat, ce n’est pas ce que tu penses", impuissante, Joan cherchait une excuse.

"Pourtant, c’est bien ce que je pense", répondit Katherine méchamment. "Tu t’es donc laissée embarquer par ce type ?"

"Non !", répondit Joan avec force. "Je… " Joan secoua la tête. "C'est moi qui l’ai embarqué."

Katherine était sidérée. "Dis-moi que ce n’est pas vrai !", elle était atterrée. "Es-tu folle ?"

"Kat, s’il-te-plaît. S’il-te-plaît, n’essaye pas de me convaincre, de me culpabiliser. Je le suis déjà, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Peter est… il est si différent de Curtis. Il est ouvert, perspicace, il m'a posé des questions sur des choses qui n’ont jamais intéressé Curt. Peter en a appris plus sur moi en une nuit que Curtis au cours de toutes ces années. Il s’intéresse vraiment à moi, Kat !"

Katherine prit une profonde inspiration. "Joan. Tu es grande. Tu sais ce que tu fais. Psychologiquement, je peux tout à fait comprendre ce qui se passe en toi. Non, je ne suis pas en train de te faire la morale. Mais, s'il-te-plaît dis-moi, comment suis-je censée faire désormais face à Curtis. Si tu me promets que ce n’est que pour une fois, je n’ai rien vu, rien entendu. Mais je ne peux pas vivre avec l'idée que tu trompes Curtis."

"Je réfléchis depuis quelques temps, d’en rester là, Kat. Et depuis cette nuit, j’ai pris ma décision. Cela m’est égal si et comment cela va continuer avec Peter." Joan releva son menton avec défi. "J'ai longtemps eu le sentiment d'être prise au piège dans une cage dorée. Et le fait est que je n’en veux plus."

Katherine prit son amie par le bras et l'attira près d’elle. "Quelle que soit ta décision, bébé ..."

"Kat ?"

"Oui."

"Tu pues. Allons, à la douche !", Joan sourit avec gratitude à son amie.

"J’y allais justement. Rendez-vous au petit déjeuner dans une demi-heure ?", Katherine lui sourit à son tour.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 27. Mai 2013, 04:16:27 Uhr
Coucou Limeye!

Quand j'ai vu ton nom apparaître parmi les visiteurs, je me suis dit: Bon, Limeye fait de l'insomnie!

Et je pensais justement à Jelle, comment elle aurait réagi,  [motz] et à ce que tu avais déjà dit, à savoir que tu n'osais pas l'imaginer dans cette histoire!  ;D Kat m'a bien fait rire dans cet extrait, avec l'arcade sourcilière en ascension graduelle... [rolllaugh] Et elle remplace quand même bien Jelle, mais je crois qu'effectivement, cette dernière se serait exprimée plus vigoureusement!  [nono] [twak]

Free Nurara: I liked your precisions about the characters. I like Danica very much, as I like Kat! How did you get the idea for Wingcommander Vukovic's first name? She makes me think of Danica Patrick, the American racing car driver: a woman working in a man's world, and doing better than some men!

Congrats!
Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 27. Mai 2013, 14:15:11 Uhr
I bet this nonverbal scene could have made a cinema audience laugh. ;D

Sicher !  [jump]

Nouveau passage émouvant concernant Nurara.

Limeye  :)


En dessous d’elle était la mer. Bleue foncée, parsemée de petits moutons blancs. Elle regarda tout autour, l'horizon était vide, on ne voyait aucune terre, aucun navire. Un vent vif lui soufflait au visage, mais il ne faisait pas froid. Le soleil lui réchauffait le dos. Quelques mouettes effrontées volaient à côté d'elle et criaient. Nurara sourit comme elle survolait la mer. Elle n'était pas dans un planeur ou un avion, non, elle s’était envolée, avec les bras tendus et libre comme un oiseau. Les manches de sa robe blanche flottaient dans le vent et dégageaient un bruit de crépitement. Elle tournait en roulant, remontait, se laissait retomber. Nurara se sentait incroyablement bien et libre. Au loin, elle aperçut maintenant une petite île, ovale et verte avec une large bande de plage de sable blanc. Elle reconnaissait l’île à sa forme. Elle n’était jamais venue ici. Perplexe, Nurara regardait autour d’elle, cette île devait faire partie d’une chaîne d’îles, à quelques miles au large du continent. Mais cette île était toute seule au milieu de la mer d'un bleu profond. Elle découvrit des maisons, des routes, des animaux et des gens là-bas. Nurara décida de visiter l’île, et…

… elle se retrouva au milieu de la route d’un village animé. Lentement, elle se tourna sur elle-même et regarda les visages souriants. Nurara entendait les discussions et les rires des enfants, les aboiements des chiens, et le bruit des sabots des chevaux sur la brique rouge des pavés. Personne ne lui parlait, les gens se contentaient de lui sourire aimablement comme pour lui dire : "Bienvenue à la maison, Nurara !"

Un vieil homme avec une barbe et une pipe à la bouche leva une main et montra une direction. Il semblait vouloir l’encourager à y aller. Lentement, Nurara s’éloigna. Une femme d’âge moyen fit comme l’homme et montra la rue. Un petit garçon de quatre ou cinq ans indiquait également la direction. Plus Nurara s’avançait et plus les gens lui désignaient cette direction. Enfin, elle atteignit le bout de la rue et se retrouva devant une maison en brique rouge avec un toit de chaume et des volets bleus autour de fenêtres blanches. Elle savait qu’elle avait vécu ici autrefois. La porte bleue s’ouvrit. Nurara regarda derrière elle. Tous les villageois l'avaient suivie et hochaient la tête, l’encourageant à continuer. Nurara s'enhardit et entra. Il fallut une seconde à ses yeux pour s’habituer à l’entrée sombre, après avoir quitté  la lumière du soleil. Elle entendit des plats cliqueter et une voix masculine connue fredonner une chanson. Elle crut aussi percevoir des odeurs de cuisine. Puis elle entendit le rire d’une fillette. "Sam ? Es-tu là ? Jelana ?" Nurara se dirigea lentement vers la salle de séjour. Toutes sortes de jouets d'enfants traînaient. La table de la salle à manger était décorée comme pour une fête et une carafe de vin rouge se dressait sur la table. Une seule bougie était allumée. Nurara fit le tour de la table vers la cuisine. La porte était entrouverte. Prudemment, Nurara entra. Un grand homme et une petite fille de trois ans environ étaient là, lui tournant le dos. Tous deux avaient des cheveux noirs de jais. La petite fille était debout sur un petit tabouret et regardait l'homme qui cuisinait. Elle riait encore et encore et tout à coup se retourna et vit Nurara. La petite fille avait un mince et joli visage, et des yeux verts profonds. Quand elle vit Nurara, elle sourit et s'exclama : "Papa ! Maman est là !" Puis l'homme se retourna. Il avait également les mêmes yeux verts. C’était Sam. Il adressa à Nurara un sourire chaleureux et affectueux et dit : "Bienvenue à la maison, Nurara !"

"Bienvenue à la maison, Nurara !" Ces mots résonnaient dans la tête Nurara quand elle se réveilla. Avec un soupir, elle se redressa sur sa couchette. Le rêve précédent était différent de ceux qu'elle faisait habituellement. Elle avait vu Sam dans son rêve, si proche et si réel. Et elle ne s’était pas réveillée en larmes, non, elle se sentait joyeuse et insouciante. En deux jours, le petit vaisseau à passagers dans lequel elle se trouvait arriverait dans le système d’Haroa. Nurara voulait récupérer son vaisseau et engager des la recherche pour un endroit pour sa famille. Elle n’avait pas besoin de chercher plus. Elle avait déjà trouvé l’endroit.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 27. Mai 2013, 17:25:16 Uhr
Retour avec Kat et Joan : petite explication en règle...

Bizz

Limeye  :)


Au petit-déjeuner dans le carré des officiers, Joan et Katherine s’assirent en silence face à face. Katherine observait stoïquement chaque mouvement de son amie. Finalement, Joan laissa tomber ses couverts sur la table avec un léger cliquetis. "Katherine Ballard, c'est assez", dit-elle."Pourquoi restes-tu à me regarder ? Je pensais que tu n’étais pas en colère contre moi ?" Ses yeux bleus lançaient des éclairs.

Katherine se pencha en arrière sur le banc et prit sa tasse de café. "Je ne suis pas en colère contre toi, juste un peu déçue. Et ce n'est pas parce que tu as trompé Curtis. C’est ton problème. Je suis déçue parce que tu n’as pas voulu m'écouter. Je t'avais prévenue devant lui. Et tu n’as rien eu de mieux à faire que de le traîner au lit. Dès le premier soir. En fait, je pensais que tu étais plus intelligente que ça." Katherine prit une gorgée de café. "En passant, Curtis a appelé hier soir sur ton communicateur."

Les yeux de Joan s’agrandirent. "Et que voulait-il ?", demanda-t-elle.

"Te parler. Je lui ai dit que tu étais sur le pont et de que tu le rappellerais aujourd'hui. Fais-le s'il te plaît et aussi clarifie la situation. S'il te plaît !" Katherine regardait Joan.

"Hum… je vais le faire", grogna Joan avec humeur. Elle se sentait un peu poussée dans ses retranchements par Katherine. "Curt a-t-il dit quelque chose d’autre ? A-t-il dit ce qu’il me voulait ?"

Katherine secoua légèrement la tête. "Je lui ai seulement rapporté notre situation ici à ce jour. Il ne m’a rien demandé de plus à ton sujet."

Joan fit claquer deux coups de poing sur la table. "Vois-tu maintenant ce que je veux dire ? Il ne s'intéresse pas vraiment à moi ! Il n'a même pas demandé comment j‘allais ?"

Katherine haussa les épaules. "Non, malheureusement."

"Comprends-tu maintenant pourquoi je regarde après les autres hommes ? Des hommes qui me voient comme une femme et pas seulement comme un appendice magnifique qui orne le pont d'un vaisseau spatial ? Kat, j’en ai assez ! Je ne veux pas seulement faire partie d'un équipage, dont le capitaine s'est engagé à sauver l'univers et mène sa propre vendetta. Certes, dormir avec Peter dès le premier soir n’était pas la meilleure chose à faire, mais j'ai appris une chose de lui."

"Et quoi ?" Katherine accordait désormais toute son attention à Joan.

"Le fait que ce soit un homme qui court partout et qui ne me propose rien de plus qu’un compte en banque et une vie d’ermite sur une station lunaire déserte. Et qu’il existe des hommes qui me portent de l'attention et un intérêt sincère."

Katherine posa sa tasse de café et prit la main droite de Joan dans sa main gauche. "Je t'ai déjà dit auparavant que je comprends très bien ton comportement, Joan. Mais je ne suis pas qualifiée pour cela. Vraiment pas. Tu sais comment est Curtis et pourquoi il est ainsi. Tu as admis beaucoup à ce sujet et maintenant tu voudrais juste l’offenser ? Je trouve cela très injuste envers Curtis. Avez-vous déjà parlé ?"

Joan secoua ses boucles blondes. "J’ai essayé plusieurs fois. Il esquive toujours. J'ai le sentiment que ce serait le submerger." Elle regarda la table et posa sa main libre sur la nappe. "Kat, tu ne pourrais pas lui parler, toi ? Tu es psychologue, peut-être qu’il t’écouterait."

Katherine lâcha la main de Joan et sourit. "Tu penses à quelque chose comme une thérapie de couple ? D’abord des entrevues individuelles, puis une confrontation ensemble ?"

"Oui, quelque chose de ce genre."

Katherine fit un geste négatif. "Tout d'abord, ce n’est pas mon domaine d'expertise et d'autre part vous êtes mes amis. Je serais gênée. Mais je peux parler avec Curt comme avec un ami. Mais il verra clair à travers moi, il n’est pas né de la dernière pluie. Mais en premier lieu, Joan, il faut que tu te poses la question : aimes-tu encore Curtis ?"

Joan secoua sa tête d’avant en arrière. "Oui, bon sang, bien sûr que je l'aime encore. Je compte sur lui aussi..."

"Il faut que tu lui parles, bon sang. Pas simplement jeter l'éponge ! Le confronter à tes attentes et lui montrer les conséquences. Il te pardonnera ton faux-pas, j’en suis sûre", dit Katherine avec un doux sourire.

Joan regarda le plafond en réfléchissant. "Peter m'a demandé d’aller avec lui au bal des officiers."

"Et c'est pourquoi il te retrouve ce soir à huit heures", demanda laconiquement Katherine. "Et tu vas courir après. En fait, je te défends de te retrouver à nouveau face à ce pilote durant la mission."

"Tu oses !", lança Joan d’un air buté.

"Non, je n’ose pas", rétorqua Katherine. "Nous avons besoin de lui. Et c'est la seule raison pour laquelle je vais te laisser aller au bal avec lui. Mais si je l'attrape à nouveau, en sortant de ta cabine, je suis désolée, mais je devrais engager une procédure disciplinaire contre toi." Katherine fit une courte pause et passa ses doigts dans ses cheveux brillants, mais encore humides. "Oh mon Dieu, combien je déteste avoir à être de service !"

Joan sourit. "Ce n'est pas grave, Kat. Tu as tout à fait raison. Cela ne se reproduira pas, je te le promets."

Katherine regarda son amie de plus près. "Pourquoi donc ai-je le sentiment que tu me racontes des histoires ? Heureusement que nous quitterons ce vaisseau de merde demain !"

A ce moment le commandant Rodriguez s’avança vers leur table. Il fit une révérence galante en direction de Joan et donna un baiser sur la main de Katherine. "Bonjour, Mesdames", dit-il avec joie. "Mlle Ballard, je voulais juste m'assurer que notre rendez-vous de ce soir était bien maintenu."

"Bien entendu, Commandant", répondit Katherine avec un sourire évasif. "Je... nous sommes impatientes d’arriver à ce soir, n'est-ce pas, Joan ?"

"Absolument, Kat !" répondit à son tour Joan avec un sourire entendu.

"Qui vous accompagnera, alors, Miss Landor ? Le Capitaine de corvette Ullman était un peu triste de votre refus", plaisanta Rodriguez.

"Le Major Becker", répondit Joan du tac au tac, et Rodriguez pinça les lèvres avec reconnaissance.

"Le fils du Commodore. Alors attention, Miss Landor. Respect ! Vous avez un bon œil et un goût encore meilleur. Vous devriez seulement faire attention à cette sorcière serbe rousse de Vukovic ou vous risqueriez de voir vos yeux être déchirés ou vous faire tirer dans le dos, elle est très jalouse et ne fait pas mystère à ce sujet."

"Oh ?" fit Joan. "Ce n’est pas l’impression que j’ai eue, Commandant. La Capitaine de corvette Vukovic semblait très détendue et agréable, lorsque je l’ai rencontrée hier soir."

"Elle s’est donc montrée sous son meilleur jour. Vukovic est indisciplinée, rebelle et manque de respect avec ses supérieurs. Pas plus tard qu'hier, elle était sur le point de ne pas obéir à un ordre concernant la direction du vaisseau. Cette femme a longtemps été pour moi une épine dans le pied. Si cela vient à mes oreilles, elle devrait avoir un dossier disciplinaire bien garni. "

"Alors c'est un problème pour le supérieur immédiat et la profession militaire, et non la police de l’espace, Monsieur", dit Katherine avec un charmant sourire. "Ce soir à 8h, Commandant ? Je suggère que nous nous retrouvions ici."

Rodriguez salua à nouveau. "Comme il vous plaira, mademoiselle Ballard. Je serai ponctuel." Il avait compris l'invitation subliminale de laisser les deux femmes seules, il leur adressa encore un grand sourire et s'éloigna.

Joan se pencha sur la table vers son amie et lui dit : "Il hait Vukovic. Elle m'a dit hier qu'il a menacé de la tuer ! Elle n'est ni jalouse ni sournoise, bien au contraire : pour moi, elle avait l'air très gentille, disciplinée et a beaucoup de prestance. Rodriguez a un problème personnel avec elle et je pense qu'il attend de nous d’en venir à bout."

Katherine prit une gorgée de café. "Je pense que ce bâtard a plus d'un problème avec d'autres personnes. Il a notamment un problème avec lui-même. Un excès de confiance en soi couplé avec le manque d'auto-réflexion. Il relève d’un traitement psychologique et ne devrait pas se trouver sur le pont d'un vaisseau de guerre."

"Je me demande si Rodriguez n'est pas surpris que nous ne l’ayons pas encore interrogé. Ce que nous avons fait avec Van den Bosch, Becker, Ullman, Simmons et quelques autres, et nous avons arrêté Johansson", songea Joan.

"Je ne pense pas que Rodriguez soit beaucoup surpris. Il sait que nous sommes sur la bonne voie, mais il est très sûr de lui, parce que nous avons encore rien trouvé contre lui. Mais cela ne fait rien", dit Katherine. "Ce n'est également pas de notre devoir de prendre directement des mesures contre lui. Quand nous partirons demain, nous enverrons un message radio codé à Garnie, qui à son tour informera immédiatement l'Amirauté. Ce qui concerne Rodriguez et ses sbires peut être relativement sans importance pour nous. Nous emmènerons Johansson avec nous et le transfèrerons auprès du procureur, avec une charge d’assassinat contre lui et quelques lauriers pour nous. J'ai entendu dire bien avant que nous partions, que toi aussi aspirais à la promotion au grade de capitaine." Katherine sourit mystérieusement.

Les policiers avaient occupé leur matinée à rédiger des rapports, mettre de l’ordre et entretenir l'équipement et les armes. Takashi Yokomuri se trouvait avec le colonel Tovin et certains fonctionnaires s’étaient rendus au service de l'approvisionnement pour procurer à Tovin un nouvel uniforme. Katherine avait la veille remis officiellement en liberté Tovin parce qu'il avait été déchargé après sa déposition, elle avait souligné certaines incohérences dans ses déclarations liées à son état mental. Tovin avait demandé un uniforme parce que lui aussi voulait aller au bal des officiers. Katherine lui avait cependant rappelé, que pour Rodriguez l’apparition de Tovin serait considérée comme une pure provocation, mais elle ne pouvait pas le lui interdire. Pour plus de sécurité, Tovin ne devait pas se déplacer seul à bord du navire, et Katherine avait organisé une escorte.



Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 27. Mai 2013, 21:31:49 Uhr
Dernière livraison pour aujourd'hui... Vous vous souvenez de la communication entre John et Kat ? En voici une en parallèle entre Curtis et Joan. Ah, Curtis (soupir) !

Limeye  :)


Joan s’était retirée dans sa cabine après avoir accompli ces différentes tâches, peu avant l’heure du déjeuner pour appeler Curtis. Avec une sensation de malaise dans l’estomac, elle attendit que la connexion vidéo sécurisée soit établie. Comment réagirait Curtis quand elle lui avouerait cette histoire ? Bien que Joan ait eu récemment des doutes sur la stabilité de sa relation avec Curtis, et même si elle se sentait seule, elle savait aussi qu’elle l'aimait toujours dans son cœur. Ce qui la gênait était que dans la vie, la romance et l’amour bénéficiaient d’un temps bien court. Bien entendu, Curtis était tendre et affectueux quand il était avec elle, mais même dans son imagination, c’était un peu juste. Il manquait à Joan des idées nouvelles et un peu de peps. Mais si elle prenait des initiatives, elle avait le sentiment qu’elle ferait plutôt peur à Curtis. Elle repensa à la nuit dernière avec Peter. Il était si agréablement différent, audacieux, inventif, et même un peu sale. Il avait un côté "mauvais garçon", qu’elle aimerait bien voir chez Curtis au moins une fois. Peter lui avait donné au cours de cette nuit exactement ce à quoi elle avait aspiré durant les derniers mois. Et elle en voulait encore.

Curtis la regardait comme si elle venait de le jeter hors du lit, ses cheveux étaient ébouriffés et son visage était couvert d’une barbe rousse. Joan ne put s'empêcher de sourire involontairement, parce qu’elle aimait bien le voir ainsi, même si Curtis détestait ne pas être rasé.

"Salut Curtis," dit-elle doucement, comme il avait l'air très fatigué. "Je t’ai réveillé ? Excuse-moi, vraiment !"

"Ca va, Joan", répondit Curtis, en bâillant et en se passant une main dans ses cheveux. "Je ne pouvais pas vraiment dormir de toute façon. Je ne cesse de penser à toi. Est-ce que tout va bien ?"

Joan hocha la tête. "Oui, tout va bien, Curtis. Ne te fais aucun souci. Il y a quelques personnes qui prennent soin de nous." Un moment, elle pensa à Peter. "Nous devons seulement passer la soirée à ce bal des officiers, puis ce sera fini et demain, nous pourrons partir. Je suis contente de rentrer à la maison." Dans sa dernière phrase, Joan ne savait pas si elle disait la vérité ou mentait. Secrètement, elle aurait voulu contre toute attente rester avec Peter. Le laisser sur ce vaisseau lui poignardait le cœur. Joan savait qu’elle était sur le point de tomber éperdument amoureuse de l’intelligent pilote allemand.

"Kat me semblait un peu étrange hier. Etrangement fermée. Ce n’est pas son genre d’habitude ?", Curtis avait l'air perplexe.

Joan soupira. "Tu sais, Curt, tout ici va lentement et cela me pèse. Un échec chasse l'autre. Nous sommes très déterminées et Kat se sent personnellement responsable d'une défaite. En particulier, la mort d'un collègue hier lui a causé beaucoup de soucis. Ce n’était pas de sa responsabilité, mais tu peux imaginer sa réaction."

Curtis fit une grimace : "J’ai appris par Ezra que vous aviez eu des pertes. Kat ne me l’avait pas dit."

"Tu vois ?", répondit Joan avec une pointe de colère dans la voix, car elle ne voulait pas vraiment parler de Katherine avec Curtis. "Kat change, et cela m'inquiète. Elle a perdu sa joie intérieure et ne peut rien y faire. Tu dois donc supporter ses sautes d’humeur. Tout d'abord, une crise énorme, comme j’en ai rarement vue chez elle avant et peu de temps après, elle a eu une crise de larmes. Voilà tout simplement ce qui arrive. Durant les trois derniers jours, Kat a fait beaucoup pour obtenir ce que nous avons obtenu, tu peux me croire."

Curtis hocha la tête avec compréhension. "Je te crois volontiers. Dis-moi, où étais-tu hier soir ? Et où as-tu passé tout ton temps ? J'ai essayé une dizaine de fois de te joindre."

Joan s’autorisa maintenant à faire une erreur. "Je… heu… J'avais placé mon communicateur en indisponibilité. Et j'ai supprimé tous les appels entrants. J'ai une confession à te faire, Curt... "

"Qu’est-ce que c’est ? Vas-y, parle !"

"Ton cadeau de Noël a malheureusement souffert durant l’enquête…", dit-elle avec un sourire coupable.

"Ce n’est que ça", dit Curtis calmement. "Je t’en offrirai un autre. Le principal est que tu n’ais pas eu de soucis." Puis il pencha la tête et regarda fixement Joan. "Qu’est-ce qui ne va pas, Joan ? Tu es bizarre. Il se passe quelque chose ?"

Joan secoua ses boucles blondes. "Non, Curtis, tout va bien. Vraiment ! Je suis juste assez épuisée et un peu fatiguée." Curtis n'avait aucune idée d'où pouvait bien provenir sa fatigue.

"Joan, je t’aime ! Tu sais que tu peux tout me dire. J'ai le sentiment que quelque chose s'est passé, et que tu as peur de me le dire. Qu’est-ce que c’est ?" Curtis affichait un visage compatissant, mais ses yeux brillaient d’une grande préoccupation.

"Je t’assure que tout va bien, Curtis !" Joan déglutit, avait-il des soupçons ? Elle n’était tout simplement pas prête à dire la vérité à Curtis. Et surtout pas pendant une connexion à une distance de trois années-lumière. Elle avait décidé d'affronter Curtis en se trouvant face à lui, elle le lui devait bien. "Je veux juste sortir de ce cercueil de fer. Ce vaisseau me fait peur. Je vis dans l’angoisse ici." Joan n’avait même pas besoin de mentir.

Curtis soupira. "Ce sera fini demain, ma chérie. Et puis tu seras bientôt de retour à la maison. Je me réjouis de te revoir. Que penserais-tu d’aller passer deux semaines aux Petites Antilles ? Un peu de soleil, de sable et la mer te feraient du bien", dit-il avec un sourire malicieux.

Le visage de Joan s’éclaircit un peu. Elle n’avait pas encore pris de longues vacances cette année. A cet instant, elle imagina ce que ce serait de faire un tel voyage avec Peter. Encore, et de plus en plus souvent, elle pensait à lui. "Oui, nous verrons", murmura-t-elle. "Je ne sais pas ce qui va arriver après cette mission, sans aucun doute beaucoup de paperasse à remplir."

"Ne te fais pas de soucis, je verrai cela avec Ezra. Allons, ce sera très amusant !" Le sourire de Curtis était éclatant, allant d’une oreille à l’autre, comme celui d’un écolier. "Depuis quand ne nous sommes-nous pas occupés de nous, ma belle ?"

La ténacité de Curtis était un de ses traits de caractère les plus marqués, Joan le savait bien. Et il ne lâcherait pas tant qu’elle n’irait pas mieux. "Permets-moi déjà de rentrer à la maison, veux-tu ?" soupira-t-elle. "En outre, en août, c’est la saison des pluies dans les Caraïbes. Nous devrions au moins attendre la fin septembre."

"Comme tu veux, mais nous allons partir en vacances, nous l’avons mérité", dit Curtis avec un sourire. Puis il bâilla.

"Va dormir, Curtis", dit Joan doucement. "C’est aussi tout ce dont j’ai besoin pour être en forme ce soir."

"Oui, c’est une bonne idée. Je pense que maintenant je dormirai mieux puisque je sais que tu vas bien. Prends soin de toi, Joan. Je t’aime."

"Dors bien, mon grand." Joan pinça les lèvres pour lui envoyer comme un baiser et éteignit. Elle était assise sur le bord de sa couchette. Avec un gros soupir, elle se laissa tomber sur son oreiller et regarda les tuyaux au plafond. Les vibrations du Tennessee avaient considérablement augmenté, apparemment le grand vaisseau s’était mis en route. Joan fut elle-même étonnée de la rapidité avec laquelle elle avait coupé la communication. Elle n’avait pas tenu sa promesse faite à Katherine en ce qui concernait sa confession, ce qui lui causait une douleur à l'estomac et elle n’avait même pas dit à Curtis qu'elle l'aimait en lui disant au revoir. Pour la première fois.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 28. Mai 2013, 03:02:37 Uhr
Coucou Limeye,

Merci pour tous ces chapitres!  [goodjob] Vivement qu'on repasse a l'action... ;D

To Free Nurara: this is a great story! Action, suspens, and lots of twists and turns! I love all the characters you have created, especially the women: smart, headstrong, sexy, the exception for me would be Joan in this story: she seems a bit passive, and subdued, any chance she perks up a bit? (now that she is in biiiig trouble?) ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 28. Mai 2013, 10:08:10 Uhr
Coucou O-Tho, Free Nurara, et tout le monde  :)

côté action, je pense que ça ne va pas manquer...  ;)

voici le début d'une soirée très mouvementée pour nos deux héroïnes. Une soirée qui réserve de sacrées surprises et un suspens toujours haletant ! Je vous en livre des morceaux au fil de la journée.

bizz !

Limeye  :)


CHAPITRE 8

Joan avait effectivement dormi pendant quelques heures. Maintenant, elle était parfaitement reposée et bien coiffée d’un chignon serré, elle portait une robe de cocktail bleu clair, des bas couleur chair et des chaussures de couleur assortie, elle se regardait dans le miroir sous toutes les coutures. Ses boucles blondes dorées tombaient sur ses épaules nues et encadraient son joli visage espiègle. Elle se plaisait et elle était sûre de plaire aussi à Peter. Même si elles devaient travailler ce soir, elle était contente de pouvoir quand même passer du temps avec Peter. Pendant un moment, elle pensait à Katherine, qui devait se charger du Commandant Rodriguez. Joan pouvait facilement imaginer entreprise plus agréable que ce pensum, de sorte qu'elle ressentait une trace de pitié pour son amie, mais Katherine était assez professionnelle pour cacher son aversion pour le premier officier. Elles ne faisaient pas ce métier que pour le plaisir, c’était ce qu’on leur avait inculqué.

On frappa à la porte de la cabine de Joan. Elle ouvrit et une belle Katherine se présenta. Elle portait un excitant bustier en cuir, une mini-jupe assortie, de brillants bas noirs et des chaussures à talons qui auraient pu passer pour des armes illégales. Elle avait épinglé ses cheveux artistiquement et seule une mèche noire épaisse, qui avait refusé d'être apprivoisée se remarquait sur son front.

"Whaou, Katherine !", s’écria Joan. "Tu es trop sexy, je ne t’ai jamais vue ainsi ! Si je ne te connaissais pas mieux, je dirais que tu vas à la chasse. Est-ce que John sait ce que tu fais dans le coin ?"

Katherine grimaça. "Si je devais me montrer ainsi devant John, nous ne serions jamais prêts de quitter la maison... mais tu n’es pas sans charme, toi non plus." Katherine marqua une courte pause et regarda Joan d’un air soupçonneux. "As-tu parlé à Curtis ?"

"Oui, je l’ai fait", répondit Joan brièvement en la regardant d’un air maussade.

"Et alors ? Que lui as-tu dit ?", demanda Katherine avec exigence, après quoi Joan se sentit toute petite sous le regard de son amie et sa réponse montrait qu’elle se sentait coupable. "Alors, donc, non", en conclut Katherine. "Pourquoi ai-je une telle idée ? Joan, bon sang ! N’est-ce pas malheureux ? Je pourrais vraiment te..." Elle posa ses mains sur le cou de Joan et la secoua gaiement.

"Kat, s’il-te-plaît. C’est vraiment difficile pour moi pour le moment. Je suis très attirée par Peter, sa proximité me fait du bien. Est-ce illégal ?" Joan eut un sourire impuissant.

Katherine regarda Joan de haut en bas et répondit : "Légalement et psychologiquement non, moralement oui. Oui, je sais ce que tu vas me dire. Je suis… Je n’ai pas été mieux par le passé. J’ai eu beaucoup d’hommes dans ma vie entière, mais pas deux à la fois ! Et tu sais que les gars ont toujours couru après moi et pas le contraire ! Je le pense très sincèrement et j'ai souvent, très souvent été déçue, Joan, je ne veux pas que cela t’arrive ! Je ne veux pas que quelqu’un fasse du mal à ma meilleure amie ! Comprends-moi un peu !" Katherine posa ses mains sur les épaules de Joan, puis elle la serra dans ses bras. "Quoique tu penses, j’étais en colère contre toi car tu as tort. Je ne veux pas te laisser sciemment courir à ta perte ! Je peux te comprendre, Peter est un millefeuille délicieux, mais demain, nous serons parties et tu ne le reverras peut-être plus jamais. Que feras-tu s’il se fait descendre ?"

"Ne me dis pas ce genre de choses, s’il-te-plaît, Kat, ne me dis pas ce genre de choses", riposta Joan en larmes. "J’y ai pensé auparavant, mais je ne veux rien entendre de plus !"

"Excuse-moi, Joan. Je ne voulais pas te blesser." Katherine regarda l’heure et laissa aller Joan. "Vers 8h, ton Peter et Takashi viennent nous chercher."

Comme par enchantement la sonnette retentit. Joan jeta un regard dans le miroir, son maquillage était encore en ordre. Elle prit une profonde inspiration. Devant la porte, elle entendit deux voix masculines rire et plaisanter. Joan ouvrit et eut le souffle coupé. Peter se tenait devant elle, dans un uniforme bleu foncé, le capuchon rabattu sur son visage et une barrette large sur la poitrine. Derrière lui, Takashi était vêtu d'un costume civil sombre avec un col de chemise amidonnée et un nœud papillon noir. Les deux hommes sourirent largement quand ils virent Joan et Katherine dans leurs robes de cocktail sophistiquées. Peter offrit son bras à Joan. "Voulez-vous ?" demanda-t-il en souriant. Joan se glissa entre eux, elle adorait tout simplement Peter dans son uniforme de pilote. Elle ne remarqua pas le regard de Katherine à Takashi et le manque de respect dans ses yeux.

A l'entrée du ‘casino’ des officiers se tenaient le Commodore Becker, le Commandant Rodriguez et la Capitaine Van den Bosch qui accueillaient personnellement leurs invités. Les hommes portaient des uniformes tandis que Marijke Van den Bosch portait une robe très serrée et moulante noire qui donnait à sa haute silhouette un avantage supplémentaire.

"Ah, Major Ballard ! Lieutenant Randall !" s’exclama le Commodore Becker d’un ton joyeux. "Je me réjouis de votre présence." Becker jeta un regard sévère vers son fils, mais sourit. "Bonjour, Peter, je ne m’attendais pas à te voir."

"En fait, je n’avais quasiment aucune raison de venir", répondit Peter avec un regard oblique sur sa charmante compagne. "Tu sais je n’accord pas trop d’attention à ces occasions sociales. Mais aujourd’hui, c’est différent."
 
"Tant mieux", déclara le Commodore avec un sourire sincère. "Je me réjouis de te voir, mon fils." Puis il dit à Takashi : "Capitaine Yokomuri, je suis heureux de vous voir. Entrez, s’il vous plaît."

"Miss Ballard", explosa Rodriguez. "Vous êtes magnifique, si vous me permettez cette observation. Vous aussi, naturellement, Miss Randall. Vous apportez toutes les deux aujourd'hui un éclat très particulier sur notre humble vaisseau."

"Espèce de baveux" pensa Katherine en faisant pour toute réponse un sourire évasif et un clin d’œil charmeur. "Si les officiers principaux du vaisseau sont de sortie aujourd'hui, qui est sur le pont alors, Commodore ?", demanda-t-elle à Becker père.

"Oh, ce sont les lieutenants et les enseignes de la promotion qui commandent aujourd'hui. Oh, mais ne vous faites aucun souci, il y a de très bons aspirants officiers et nous sommes en de bonnes mains", répondit le Commodore en souriant. Il semblait détendu et concentré sur Katherine. Probablement la conversation entre eux avait fait une différence dans l'état mental de Becker.

Joan fut la première à remarquer la réaction de Rodriguez. Tout à coup, Rodriguez pâlit et sa mâchoire tomba. Elle regarda autour d’eux et en comprit la raison. Accompagné de deux sergents de police, le Colonel Tovin apparut sur la scène, avec confiance et se tenant droit, il rejoignit le groupe. Katherine hocha la tête en direction des deux policiers, qui s’éloignèrent silencieusement et discrètement.

"Colonel Tovin", dit Rodriguez étonné. La surprise sur son visage était sans équivoque.

"Commodore, je vous remercie pour l'invitation !" dit Tovin de sa voix grave en saluant le Commandant.

Becker rendit son salut à l'officier et répondit : "Colonel, cela me fait plaisir de vous accueillir à nouveau et suis soulagé de vous revoir sur pied."

Tovin ne put réprimer un sourire. "Tout le mérite en revient à la major Ballard et sa compagnie. Encore une fois merci, Major."

Katherine hocha la tête et dit simplement : "Nous n’avons fait que notre job, Colonel. Rien de plus, rien de moins."

"Rodriguez, on dirait que tu viens de voir un fantôme !" s'écria Tovin, amusé, pendant que Takashi et Marijke échangeaient un regard amusé.

"Seulement… je… hum… L’information selon laquelle la Major Ballard vous a libéré est probablement passée inaperçue pour moi dans la précipitation. Je suis heureux de vous accueillir ici." Il était évident que Rodriguez avait été complètement pris de court par cette nouvelle situation. Il se reprit cependant, et offrit immédiatement son bras à Katherine. "Alors laissons-nous passer une bonne soirée", dit-il se tournant vers ses commandants. "Avec votre permission, messieurs ?"

"Mesdames, messieurs, allons nous amuser. La délégation Samedienne est déjà là. Je suis sur le point de faire une brève allocution", déclara solennellement le Commodore Becker qui entra le premier dans le ‘casino’. Au bout de la longue salle, où d’un côté avaient été installés un grand buffet et de l’autre un long bar, s’ouvrait une large porte autrement invisible. Derrière se cachait une salle faisant presque la taille d'un terrain de football. A travers la porte se faisaient entendre les voix des invités ainsi que les musiciens accordant leurs instruments.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 28. Mai 2013, 19:03:14 Uhr
Et un autre morceau pour cette fin de journée... L'étau se resserre petit à petit...  [smhair]




Pendant que les invités étaient présentés les uns aux autres et qu’ils se saluaient, un petit vaisseau quelconque s’arrimait dans l’espace, sur la proue du croiseur Tennessee. Il portait le nom de Big Iron et un seul passager, un homme grand et maigre, avec une barbe et des yeux perçants, monta à bord de l’immense vaisseau de guerre, qu’il allait bientôt appeler le sien.

Devant la scène sur laquelle des musiciens jouaient des morceaux de swing des années 40 du 20ème siècle, avait été érigé un lutrin portant l’emblème du Tennessee. Le Commodore Becker avait annoncé qu'il tiendrait un bref discours, mais qui dura dix minutes. "... Il est bien sûr question de respect pour le peuple samedien, si nous les ambassadeurs du système solaire au cours de cette période difficile, pouvons apporter notre aide quand elle est spécifiquement demandée. Il est une chose que je peux vous assurer cependant ", dit Becker en portant un regard pénétrant sur la délégation samedienne. Parmi ces personnes se trouvait, à la grande surprise de Joan et Katherine, Javeed Reebah. "Si le peuple samedien nous en fait expressément la demande, nous serons là. Qu'il s'agisse de fournitures, le soutien militaire ou pour les aider à se reconstruire. Pensez à nous comme des amis et non comme des fauteurs de troubles. Mesdames et Messieurs, chers invités, je vous remercie de votre attention et vous souhaite à tous une excellente soirée !"

Son discours souleva un tonnerre d’applaudissements. Katherine regarda autour d’elle les visages de ceux qui se trouvaient directement dans son champ de vision. Plus de cinq cents personnes se trouvaient dans la grande salle, mais elle était en mesure de reconnaître les visages de nombreux officiers de marine, qui se trouvaient soit aux côtés de Becker, soit aux côtés de Rodriguez. Un peu moins d’un tiers des officiers se trouvaient derrière Rodriguez. Beaucoup d'entre eux avaient tourné le dos pendant les applaudissements et observaient la scène avec un regard fixe, tandis que les officiers loyaux applaudissaient avec enthousiasme et souriaient.

Le Commandant Rodriguez s’approcha en souriant de Katherine, avec deux verres de champagne à la main. "Katherine, je suis tellement heureux que vous soyez en ma compagnie ce soir. A votre santé, ma chère !"

De part sa bonne éducation, Katherine remercia pour le champagne et trinqua avec Rodriguez. Elle sirotait une gorgée de la noble boisson, car elle savait que la soirée serait très longue et qu’il lui faudrait tenir.

Rodriguez jeta un coup d’œil inquiet l’épaule gauche de Katherine. "Que vous est-il arrivé, Katherine, si vous me permettez cette question indiscrète ?"

"Blessure par balle. Il y a un an, un fou m’a tiré dessus devant le palais de justice de New York. On m’a posé une clavicule artificielle", répondit-elle avec fierté.

"Une arme ne peut pas briser un os ?" demanda Rodriguez, perplexe.

Katherine éclata de rire. "Non, l'auteur avait une vieille arme balistique, un revolver de calibre 44."

Une grimace de douleur apparut sur le visage de Rodriguez. "Je suis vraiment désolé. Cela a dû être incroyablement douloureux, non ? Qui était le délinquant ? Vous l’avez attrapé ?"

"Nous l’avons eu, après qu’il ait tué un de mes bons amis, il s’est tiré une balle. Il n’avait pas grand-chose dans la tête." Katherine eut un sourire sardonique. "Je n’ai pas beaucoup souffert de la douleur. Lorsque je me suis réveillée après une intervention chirurgicale à l'hôpital, j’ai reçu plein de médicaments merveilleux. Et maintenant, je n’ai qu’une cicatrice en souvenir. Personne n’est sans défaut ni parfait", dit-elle avec un léger haussement d’épaule.

Rodriguez eut un sourire charmant. "Ne dites pas une chose pareille, Katherine. A mes yeux, vous êtes parfaite, avec ou sans la cicatrice. Je dirais presque que cela vous donne une touche d'érotisme et d'audace."

Katherine bougea légèrement. "Commandant, vous êtes un charmeur. Je ne vois rien d’érotique dans cette cicatrice. Je crois que je la garderai ainsi jusqu’à la naissance de mon premier enfant."

"Oh ? Vous voulez un enfant ? Pour moi, vous ne donnez pas l’impression d’être une mère de famille. Je vois plutôt une obstinée solitaire devant moi", répondit Rodriguez, étonné. "Y a-t-il un homme dans votre vie ?"

Katherine sourit triomphalement. "En effet, Commandant. Déçu ? Volontaire, je le suis de toute façon, et c’est une de mes plus grandes qualités." Elle le regardait comme s’il s’était débattu dans l’eau sans savoir nager.

Rodriguez souriait tristement. "Je dois admettre que c’est juste une déception pour moi, car les femmes comme vous, Katherine, sont si rares. Vous êtes si pleine de beauté, de grâce, d’intelligence, d’esprit et de charme. Je n'ai jamais de ma vie rencontré une femme qui m'ait autant marqué l'imagination que vous." Dans ses yeux brillait un vif désir.

Bien que Rodriguez fut un menteur dégoûtant, Katherine estima qu'il était sincère et que, dans son cas, c’était une exception. Il la voulait. Et elle était certaine qu’aucun scrupule ne l’arrêterait. Un frisson courut le long de la colonne vertébrale de Katherine. Rodriguez était capable de tout. Derrière le masque de l'officier de la flotte galant, charmant et attirant, se cachait une personnalité sombre, brutale, impitoyable, violente et impulsive. Elle pouvait à peine imaginer ce dont Rodriguez se permettrait, s'il était seul et sans témoins, pour lui mettre la main dessus. Une légère panique s’empara de Katherine. Elle chercha de l’aide, regarda autour pour trouver ses amis. Takashi dansait avec Marijke Van den Bosch, qui apparemment prenait beaucoup de plaisir avec son partenaire puissant. Tovin se tenait debout avec un verre de champagne à la main et discutait avec un groupe d’officier de 'Marines'. Joan et Peter avaient rejoint le commandant d'escadron de Peter. Le Commodore Becker et plusieurs autres officiers du navire s'entretenaient avec les membres de la délégation samedienne.

"Voulez-vous danser, Katherine ?", demanda Rodriguez, la tirant de ses pensées. Katherine n’entendit pas le signal sonore du communicateur de Rodriguez, mais cela la sauva. "C’est l’officier du pont supérieur. Excusez-moi un moment ?"

Katherine lui sourit en retour : "Bien entendu, Commandant, le devoir avant tout."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 29. Mai 2013, 04:31:58 Uhr
Préparez-vous à un choc...  :o


Rodriguez la salua chaleureusement et se détourna. Dans le corridor vide, il prit l'appel. "Ici Rodriguez. Que se passe-t-il ?"

"Capitaine Teppler, Monsieur. "Il" est ici. Son vaisseau vient de s'amarrer."

Rodriguez fronça les sourcils."C'est beaucoup trop tô ! Le Big Iron devait arriver après minuit !" Il tenta de garder son calme et de ne pas blâmer Teppler en cette circonstance. "Où est-il, Teppler ?"

"Dans la salle de réception, monsieur. Il veut vous voir !" La voix de Teppler semblait soucieuse et pressée.

"J'arrive. Montrez-vous gentil avec notre invité et ne le vexez pas ! Je vous retrouve dans moins de dix minutes !" grogna Rodriguez qui mit fin à la conversation. Lentement, il redevint grave.

Abandonnée, Katherine se dirigea vers Joan et Peter, qui semblaient très amoureux. Katherine se serait bien passée de ce spectacle, mais elle se retint. "Et vous ? Comment ça va ? Avez-vous trouvé quelque chose ?" demanda-t-elle aux deux tourtereaux.

Peter hocha légèrement la tête. Il dit à l'oreille de Katherine, en baissant la voix : "Rien de concret encore, mais il semble qu'entre le 3ème et le 5ème pont, il se passera quelque chose à bord du Tennessee, derrière le Commodore Becker, comme vient de me l'assurer mon commandant, le Commandant Bernard. Il a laissé entendre que lui et le Commandant du 3ème pont travaillaient à l'élaboration d'un plan pour enrayer la mutinerie, Rodriguez devant se détacher de lui-même de la flotte. Ce qui surviendra alors de courageux sera seulement une question de conjoncture. Le Commandant Walker est un homme très fermé et silencieux. Vous devez vous poser quelques questions sur la meilleure équipe du hangar ou sur certains de ses pilotes."

Katherine hocha la tête avec compréhension et réfléchit une seconde. "Il ne vaut mieux pas", répondit-elle. "Je ne voudrais pas nous faire tomber dans un piège et il est prêt. Mais merci déjà pour ces informations. Peut-être que nous pourrions être utiles plus tard. Rodriguez m'a laissée tomber. Il avait à faire sur le pont." Elle sourit plus largement. "Donc, je peux me déplacer plus librement ici sans être constamment sous son regard."

Le visage de Joan se tordit. "J'ai vu comment il te regardait. Il y a encore deux jours, j'avais une bonne opinion de lui, mais maintenant je le trouve tellement dégoûtant que j'aimerais juste le frapper au visage. Comment peux-tu supporter, Katherine, de le laisser te toucher ?"

Katherine leva son verre de champagne et le vida. "Je suis capable de souffrir, Joan", répondit-elle avec un sourire ironique. "Je parle pour moi, et encore, tout cela va bientôt prendre fin."

Rodriguez se tenait devant la lourde porte de la salle de réception. Il baissa les yeux sur lui, caressant son uniforme bleu sombre et repoussant une poussière. Puis il se redressa, ouvrit la porte et entra. Le Capitaine Teppler le salua en silence et fit un signe de la main vers une silhouette brune, svelte, assise sur une chaise, lui tournant le dos. L'homme avait remarqué que quelqu'un était entré dans la salle et se leva. Il se tourna vers Rodriguez et le fixa ouvertement avec un visage impassible, les yeux de l'homme étaient petits, gris et fendus comme des coups de couteau. Son épaisse barbe noire, aux reflets bleus, soulignait l'aura sombre et menaçante qui l'entourait. Sur ses lèvres flottait un mince sourire malicieux.

Rodriguez ne se sentait tout simplement pas très à l'aise dans sa peau. Il avait l’habitude et avait déjà résisté face à  certaines personnes désagréables, mais cet homme lui inspirait de la crainte. C'est avec de légères palpitations qu'il osa parler à l'homme. "Docteur Kuolun ! Bienvenu à bord du Tennessee ! Je ne vous attendais pas aussi tôt."

"Commandant Rodriguez !", dit-il d'une voix impérieuse. "Je me réjouis de vous voir ! Je ne pouvais pas attendre pour enfin entrer dans mon vaisseau. Tout se passe comme prévu ?"

Rodriguez s'inclina obséquieusement. "Nous sommes sur la bonne voie, monsieur. À l'exception des deux corvettes, nous avons toute la flottille de notre côté. Nous allons vous débarrasser tôt demain matin de ces deux vaisseaux. En outre, je dois me débarrasser de policiers, de leur chef, et de Tovin. Le Commodore Becker sera demain matin relevé de son commandement et placé en résidence surveillée. Nous placerons alors la flottille dans l'anneau d'astéroïdes entre Sameda IV et V. Il y a un astéroïde géant qui va servir de cachette jusqu'à ce que les équipages soient échangés. Sur Sameda II, le gouvernement est tombé en grande partie, les dernières troupes loyalistes ne tiendront pas longtemps."

Kuolun acquiesça. "Bien, bien, mon cher Rodriguez. Je savais que je pouvais compter sur vous." Puis il s'arrêta un instant. "Des policiers, disiez-vous ? Leur chef ? Quel est le nom de leur chef ?"

Rodriguez hésita un instant. "Ballard, monsieur. Major Katherine Ballard, mais pourquoi..."

Kuolun eut un petit rire amusé. "Comme le monde est petit et comment peut rapidement se transformer le destin. Il y a seulement deux ans, j'étais prisonnier sur le vaisseau où se trouvait Ballard, et en effet carrément humilié. Maintenant, je suis de retour ici, ce vaisseau sera demain le mien, et pour couronner le tout, Ballard s'y trouve encore !"

Rodriguez était pâle. Que voulait faire Kuolun de Katherine ? Il osait à peine contredire Kuolun, mais il le fit quand même. "Sauf votre respect, Monsieur, mais la Major Ballard m'appartient ! C'est le prix que je demande pour mon travail !"

Si les regards pouvaient tuer, Rodriguez à cet instant aurait perdu la vie. Kuolun regarda l'officier une seconde avec un regard dur, mais ensuite se détendit à nouveau. "Respect, Rodriguez. J'ai les reins plus solides que vous ne le pensez. C'est bon, vous pouvez garder Ballard. Cependant, je voudrais vous dire quelques mots", dit Kuolun d'une voix onctueuse. "Si vous le permettez."

"Bien sûr, Monsieur. Soit dit en passant, cela pourrait vous intéresser de savoir que l'adjointe de la Major Ballard est la lieutenant Joan Landor",dit Rodriguez avec un sourire triomphant.

Kuolun le regarda étonné. "Non !" laissa-t-il échapper. "Quelle belle surprise ! Rodriguez, vous êtes un as ! Avez-vous la moindre idée de ce qu'un tel atout peut valoir entre nos mains ?" Il frappa le Colombien avec approbation sur l'épaule. "Auriez-vous un logement pour moi ? J'aimerais me rafraîchir et me faire plaisir en me rendant à votre bal des officiers."

"Bien sûr, Monsieur. Si vous voulez bien me suivre ? Teppler, prenez les bagages du Docteur Kuolun. Où est votre charmante compagne Nurara, docteur ?"

Kuolun fit un geste de colère. "Naaaah... elle a pris une autre voie. Elle est devenue mère..." Après un silence, il ajouta : "Quelle perte..."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 29. Mai 2013, 09:31:45 Uhr
Coucou !

Vous avez encaissé le choc ? Préparez-vous à un deuxième...

L'insomnie m'a permis d'avancer la traduction (faut bien que ça serve à quelque chose  ;)), je suis en mesure de vous fournir le chapitre 9 dans la journée.

Bizz et belle journée à vous  [flower]

Limeye  :)


Vers 22H30, le Commandant Rodriguez entra dans la salle de bal, accompagné d'un homme de grande taille, portant la barbe. Katherine regardait du coin de l'œil, qui était apparu à l'autre bout de la salle de bal, et soudain, elle concentra son regard. Comme par hasard leurs regards se croisèrent brièvement, et l'homme eut un sourire malicieux. Un froid glacial s'empara de Katherine. Cet homme l'avait reconnue et elle aussi. "Putain de merde", murmura-t-elle si doucement que seule Joan qui se tenait à côté put l'entendre.

"Qu'est-ce qui se passe, Kat ?", demanda-t-elle étonnée.

Katherine déglutit difficilement avant de répondre. "Je pense simplement que tout va aller mal." Elle dût s'appuyer sur ses deux mains sur le bar pour se retenir. "As-tu remarqué l'homme avec lequel Rodriguez est entré ?"

Rodriguez avait conduit l'homme dans la pièce voisine et revenait. Joan secoua la tête. "Non, qui est-ce ?" Elle pouvait voir que Katherine frissonnait et tremblait légèrement.

"Kuolun est ici !", souffla-t-elle. "Kuolun est à bord de ce vaisseau et il m'a vue !"

Les yeux de Joan s'écarquillèrent et elle porta sa main à sa bouche. "Oh mon Dieu ! Es-tu certaine ?"

"A cent pour cent, Joan. Ces yeux froids, je les reconnais parmi des milliers. Il porte une barbe, mais la mascarade n'est pas suffisante. C'est Kuolun, sans aucun doute !"

Les deux femmes remarquèrent alors que Rodriguez conduisait des membres de la délégation samedienne dans la pièce voisine. Le Commodore Becker n'était visible nulle part. Joan et Katherine étaient surprises de l'audace de Rodriguez. Lorsque Rodriguez conduisit les Samediens dans la pièce voisine, il referma la porte derrière lui.

"J'ai besoin de boire quelque chose", gémit Katherine qui prit son verre et le vida d'un trait. "Je dois rejoindre nos collègues et prévenir Garnie. Nous devons partir d'ici, Joan. Rejoins ta cabine, prépare tes affaires et revient ensuite. Et dépêche-toi !" Sur ces mots, Katherine quitta la salle de bal et se rendit au bar du 'casino'. Elle commanda un whisky et tourna le dos au barman. Elle ne remarqua pas à ce moment-là l'officier faire un signe au barman derrière le comptoir qui hocha la tête et mélangea à son tour quelques gouttes d'un liquide incolore dans la boisson de Katherine.

Joan rejoignit Peter qui se trouvait parmi un groupe de pilotes. "Je dois y aller, Peter", lui souffla-t-elle à l'oreille. "Je dois préparer mes affaires et rejoindre le quartier de la police. Si tu veux me dire au revoir, c'est maintenant l'unique occasion de le faire."

Katherine prit son verre de whisky et l'avala d'un trait. Elle sortit du 'casino'. Dans le long couloir en direction de l'ascenseur, elle se sentit soudain prise de vertiges. Ce ne pouvait pas être à cause de l'alcool, elle n'avait bu que ce seul whisky, avec un peu de champagne, en dînant au délicieux buffet. D'une main elle s'appuya contre le mur, de l'autre elle se toucha le front. Sa vision était floue et proche à la fois. Quelqu'un lui demanda alors : "Madame ? Avez-vous un problème ? Est-ce que tout va bien ?"

Elle jeta un coup d’œil en direction de celui qui lui avait posé la question. C'était deux 'marines' en tenue de combat vert olive. Ils tenaient leurs pistolets à protons et regardaient Katherine anxieusement. "Je suis KO", murmura-t-elle, puis elle perdit connaissance dans les bras de l'un des soldats.

L'autre sortit un communicateur. "Ici Rodriguez. Qu'y a-t-il ?" fut la réponse rapide.

"Nous avons Ballard", répondit le soldat.

"Parfait ! Emmenez-la à ma cabine comme convenu. Attachez-la et bâillonnez-la, mais ne lui faites pas de mal, c'est compris ? Et soyez prudents ! C'est du bon travail !" Rodriguez coupa la communication. L'autre 'Marine' releva Katherine avec aisance et la jeta par-dessus son épaule.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 29. Mai 2013, 11:58:19 Uhr
Exactement... choc suivant  [badhairday]?


CHAPITRE 9

Joan prit Peter par la main et le tira pour sortir rapidement de la salle de bal. Ils étaient les derniers du groupe, Tovin et Takashi étaient déjà partis depuis plus d'une heure. Joan remarqua Marijke, mais se força à quitter la scène sans frénésie. Elle n'avait nullement l'intention, quelque soit l'évolution de la situation, de se retrouver aux mains de Kuolun. "Dépêche-toi, Peter, nous n'avons pas de temps à perdre."

Comme ils entrèrent dans la cabine de Joan et que la porte se refermait derrière eux, Joan resta debout, enroulant ses jambes autour des hanches de Peter. Ils s'embrassèrent d'un baiser chaud tandis que Peter guidait doucement Joan vers sa couchette. Doucement, il la prit en glissant lentement ses mains sous sa robe du soir. Elle le laissa la pénétrer, sachant ou craignant que cela pourrait être la dernière fois qu'un tel homme le ferait. Joan avait le sentiment qu'elle ne survivrait pas à cette mission.

Quand Katherine reprit conscience, ce fut pour sentir un grondement sourd accompagné d'une forte vibration de la plate-forme du vaisseau. Elle savait de mémoire ce que cela signifiait. Les gros canons du Tennessee avaient ouvert le feu. Sur quels objectifs tiraient-ils, Katherine n'aurait pu l'imaginer, mais elle craignait le pire. Katherine était assise sur une chaise en métal non rembourrée, pieds et poings liés, et sa bouche était fermée avec du ruban adhésif. Elle regarda autour d'elle, ses chaussures étaient à côté de la chaise, elle n’était pas blessée et ne ressentait aucune douleur. Katherine était assise dans une cabine qui était presque aussi grande que celle du Commodore. Elle devait se trouver dans celle de Rodriguez. Elle était assise en face d'un lit défait, sur la table de chevet une petite horloge d'alarme en chrome brillante avec un affichage numérique. Il était 4H30. Ce qui signifiait qu'elle avait été inconsciente pendant six bonnes heures.

Tout d'un coup, la porte de la cabine s'ouvrit - Rodriguez et Kuolun entrèrent. Le Commandant lui fit un clin d’œil et Rodriguez s'approcha d'elle. Il attrapa son visage et tira d'un coup sec sur le ruban. Katherine cria de douleur. Rodriguez la regardait avec sympathie. "Excusez-moi, Katherine. Je ne voulais pas vous blesser, mais des circonstances particulières exigent parfois des mesures strictes."

"Des mesures strictes, ah oui ? Qui pensez-vous avoir soufflé il y a quelques secondes dans l'espace ? Combien d'innocents venez-vous de tuer ?" demanda Katherine dédaigneusement. Puis elle regarda Kuolun. "Que vous vous montriez ici, porc méprisable, j'aurais dû m'en douter. Un tel complot ne peut porter que votre marque, Kuolun !" Sa voix était froide et perçante. Elle aurait voulu crier des insultes à Kuolun, mais désolée, elle se souvenait combien sa personnalité était forte et confiante. Katherine était morte de peur à ce moment-là, elle ne savait pas si elle survivrait aux prochaines heures, mais elle se força à ne pas le montrer.

Kuolun fit claquer sa langue. "Major Ballard, Katherine, c'est un tel plaisir de vous revoir, et que nous soyons réunis à cet endroit. N'est-ce pas merveilleux ? Vous êtes vraiment charmante. Cette robe est tout à fait admirable ! Très sexy !" Il lui sourit grassement.

"Je vais être malade", répondit Katherine d'une voix grave. "Que voulez-vous me faire, Kuolun ? Si vous voulez me tuer, alors vous avez mieux à faire en ce moment. Sinon..."

"Non, non, non, Katherine. Ce qui viendra sera pire. Je suis loin de vouloir vous tuer. Comment pourrais-je vouloir ôter la vie à une aussi belle créature que vous ? Non, non. En outre, le Commandant Rodriguez m'a interdit de porter la main sur vous."

Katherine leva un sourcil. "Il vous a interdit quoi ?" demanda-t-elle perplexe. "Ca alors, Rodriguez, vous êtes plus courageux que je ne le pensais." Puis elle se mit à rire aux éclats.

Rodriguez était rouge de colère et se mit à frapper Katherine au visage, du plat de sa main. "Taisez-vous", rugit-il. "Vous n'êtes pas en mesure de faire des blagues."

Kuolun cria alors après Rodriguez. "Laissez-la, Commandant ! Cessez d'humilier cette femme !" Puis il dit d'une voix douce à Katherine : "Permettez-moi de vous présenter des excuses officielles pour le comportement du Commandant. J'ai le sentiment qu'il n'a rien fait pour mériter une femme comme vous."

Katherine regarda d'un air perplexe les deux hommes, l'un après l'autre. "Une femme comme moi ? Mériter ? Qu'est-ce que vous racontez, Kuolun ?"

Kuolun ouvrit les bras à un geste impérieux. "Il vous emmène, en échange, je reçois ce vaisseau. Eh même si je ne peux pas imaginer que la possession d'un vaisseau de guerre de cette taille puisse offrir un avantage par rapport à la possession d'une femme, aussi adorable fut-elle, mais c'est ainsi."

Au mot "possession", Katherine sentit ses plus grandes craintes ressurgir. Rodriguez regarda Katherine avec un sourire de prédateur. Des nausées lui montèrent à la bouche.

Kuolun prit une profonde inspiration. "Bien, Katherine, je voulais juste encore une fois vous saluer. Mais j'ai encore une question à vous poser. Où est Joan Landor ?"

"Au quartier de la police", admit Katherine avec insolence, mais elle ne savait pas si c'était effectivement le cas. "Et vous connaissez assez bien le secteur, Kuolun. Si vous ne voulez pas sauter avec la moitié du vaisseau, sortez d'ici !"

En fait, le quartier de la police était un quartier de haute sécurité avec une puissance indépendante en alimentation en air, un réseau privé de communication et de solides protections contre les intrusions de l'extérieur. Cette zone présentait toutefois un inconvénient majeur : une fois que vous y étiez, vous étiez pris au piège. Il n'y avait aucune possibilité d'en sortir.

Kuolun la remercia en s'inclinant légèrement. "Merci beaucoup, ma chère. C'était un plaisir extraordinaire pour moi de vous voir. Je vous souhaite bien du plaisir. Rodriguez, elle est à vous. Faites-en ce que vous voulez."

Sans ajouter un mot de plus, Kuolun sortit de la cabine. Rodriguez verrouilla la porte derrière lui. "Bien, Katherine. Nous voilà enfin seuls...", siffla t-il en dégainant son pistolet de son étui et en le posant sur une étagère hors de portée. Puis il s'avança avec un sourire lubrique et s'agenouilla devant elle. "Je vais maintenant vous libérer de ce carcan, puis détacher vos mains. Vous ferez exactement ce que je vous dirais, et vous serez alors en grande partie exempte de la douleur." Il posa doucement ses mains sur ses cuisses et les laisser glisser sous la robe en cuir de Katherine. Ses bas craquèrent, alors que ses paumes glissaient vers le haut. "Ahhh", fit Rodriguez avec un air de connaisseur. "Vous portez des bas, vous avez vraiment du style !"

La panique s'empara de Katherine. Elle était saisie d'une crainte pure. Jamais de sa vie, elle ne s'était sentie si impuissante.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 29. Mai 2013, 18:15:01 Uhr
Désolée, Free Nurara, mais ce passage me fait toujours bondir. Je me dis que Joan n'a pas beaucoup d'intelligence sur le coup, mais Peter encore moins...  :o

A vous de juger, maintenant, les filles  ;)

Limeye  :)




Peter fut le premier à remarquer les grondements et les secousses. Il se réveilla immédiatement. Il regarda sa montre, il était 4h31. "Putain", murmura-t-il, "putain, putain." Il se leva et chercha dans la nuit sombre son uniforme. A côté de lui, Joan s’étirait, mais elle s’était réveillée sous le choc et le bruit mystérieux. Elle s’assit dans son lit. "Que se passe-t-il, Peter ?" demanda-t-elle étonnée.

"La grosse artillerie. Ils sont en train de tirer là-bas. C'est bizarre, il n'y a pas d'alarme de combat. Joan, je dois aller au pont d’envol", dit Peter précipitamment.

Joan se leva et alluma la lumière. Quand elle vit Peter et leurs vêtements épars sur le sol, elle en fut estomaquée. "Oh Peter ! Combien de temps avons-nous dormi ?"

Il regarda encore une fois sa montre. "Juste environ quatre heures et demie." Il la prit dans ses bras. "C’était merveilleux avec toi, Joan", murmura-t-il. "Nos chemins doivent-ils se séparer maintenant ? Ou bien nous reverrons-nous quand ce sera fini ? Je suis en train de tomber amoureux de toi." Sa main caressa la culotte de soie qu'elle portait, et y resta. Ses mamelons durcis chatouillaient sa peau nue.

"Oui, et oui, Peter. J’aimerais te revoir. Police de l’espace, New York City. Demande juste après moi. Ils me connaissent là-bas. Et maintenant, il faut que vous regagniez votre machine, pilote !" Joan donna à Peter un baiser claquant sur la bouche et le poussa doucement mais fermement vers la porte. "Je ne voudrais pas être à blâmer parce que vous vous êtes absenté sans permission."

A la porte, Peter se tourna de nouveau vers Joan. "Joan, je... je suis vraiment fou de toi. J'ai juste fait une erreur, je suis vraiment fou amoureux de toi. Prends soin de toi, d'accord ? Je te promets que je viendrai te voir."

"Toi aussi, sois prudent. Embrasse Dany et transmets-lui mes remerciements. Elle saura pourquoi." Avec un sourire, Joan s'approcha encore une fois de Peter et l'embrassa passionnément. Puis elle le repoussa. "Bonne chance, Peter", murmura-t-elle en fermant la porte. Puis elle se laissa tomber sur le sol, des larmes plein les yeux. Elle se sentait vide à l'intérieur et déchirée. Elle avait le sentiment qu'elle venait de voir Peter pour la dernière fois de sa vie.

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 29. Mai 2013, 18:30:45 Uhr
Coucou Limeye,

Tout a fait d'accord avec toi, Joan, Joan, Joan...?? [wallbash]  >:(  ???  ::)

En tout cas cote surprise, je ne l'avais pas vu venir Kuolun.... et c'est vrai qu'apres ca, l'histoire prend une autre dimension, et on sent bien que les choses serieuses ne font que commencer!

Et Free Nurara, tu as change d'avatar... C"est Kat?  ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 29. Mai 2013, 20:34:51 Uhr
Salut Limeye, O-tho et Free Nurara.

En effet, le quotien intellectuel de Joan en prend beaucoup pour son rhume dans cette histoire.  [unconscious] [wallbash] :o >:(.  Sa supérieure lui dit que Kuolun est dans la place et qu'ils doivent foutre la camp en vitesse et tout ce qu'elle trouve de brillant à faire c'est d'aller s'envoyer en l'air avec le pilote.  ???  [bigeek]

Le dernier verre avant de partir de Katherine n'était pas beaucoup mieux.  ???

Notez que ça a au moins le mérite de rendre l'histoire palpitante!  [goodjob] [jump] [jump]

Bizz,

Frégo  8)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 29. Mai 2013, 21:21:43 Uhr
Oh, oh, joli ton nouvel avatar, Free Nurara ! Vas-tu changer ton pseudo en Hot Kat  ;D ?

Pour la traduction, concernant la drogue dans le whisky, il est fort possible que j'ai loupé quelque chose, mais il semble que c'est ce que l'on devine, non ? Corrigez-moi les filles si vous n'avez pas compris les choses ainsi...

O-Tho, tu avais loupé Kuolun  :o ? Je comprends que tu sois surprise alors... et en effet, l'apparition de ce sordide personnage rend l'histoire encore plus fouillée et palpitante... et ce n'est pas fini  ;)

En fait, concernant le passage entre Joan et Peter, non seulement on se demande pourquoi elle n'a pas filé plus vite au quartier de la police, même en ayant passé un dernier petit moment avec lui (à la rigueur...), sachant que Kuolun est dans la place, la première chose à faire est de se mettre à l'abri, non ? Ou alors le danger la fait jouir aussi, je sais pas... Quant à Peter, pour un pilote, Major, dont le père est un militaire avec une glorieuse carrière derrière lui, deux sous de jugeotte aussi... d'autant qu'il a eu vent du risque de mutinerie, qu'il sait qu'il va se passer quelque chose dans les heures à venir. Ben non...  [wallbash]

pour l'heure, on ne sait pas du tout ce qui va arriver à Peter, mais en tout cas, je ne peux pas m'empêcher de penser que si Joan est dans la mouise après cela, il y est un peu pour quelque chose... et elle aussi, bien entendu.  :(

bon, ceci dit, après tous ses passages difficiles, j'espère que vous avez encore de la réserve et du courage, car le prochain est un des plus terribles de l'histoire. Mais vous verrez que Kat s'en sort avec brio... et un zeste d'humour. Sacrée nana  [goodjob] [respekt]

bonne lecture ! bizz

Limeye  :)


Rodriguez fit éclater les chaînes de Katherine et prit son pied gauche à deux mains. Katherine n'osait pas bouger. Elle était toujours assise sur la chaise de métal, les mains attachées. Il aurait été facile de donner un habile coup de pied dans le visage de Rodriguez, mais à la lumière de sa situation, cela aurait certainement provoqué encore un peu plus de mal et de douleur. Elle devait attendre un moment plus propice et le surprendre. Elle avait peur, et ressentait un dégoût immense pour cet homme, qui était toujours à genoux devant elle. Rodriguez caressait doucement son pied, puis son gros orteil. "Eh bien ? Qu'est-ce que ça te fait, ma belle ?" demanda-t-il tranquillement, haletant et déjà en extase.

John aurait été à sa place, Katherine aurait tout accepté, même les chaînes, mais à ce moment, cependant, elle avait simplement envie de vomir. "Espèce de misérable, porc perverti", pensait-elle, regardant en silence vers le plafond de la cabine. Encore une fois, ses mains glissèrent sous sa robe, puis de nouveau, sur ses hanches jusqu'à ses seins. Il n'était toujours pas découragé, ce qui rendait les choses de plus en plus difficiles à supporter pour Katherine. Rodriguez se déplaça derrière elle et se leva. Elle sentit son souffle chaud sur son cou. Il se mit à libérer ses mains.

"Ne gâche pas tout maintenant, mon petit," a-t-il sifflé. Quand Katherine constata que ses mains étaient libres, il la saisit par les cheveux et la tira violemment en arrière.

"Ah !", cria-t-elle. "Vous me faites mal, bon sang ! Je fais tout ce que vous voulez, mais m'arrêter de m'infliger cette douleur !"

"Je ne veux pas que tu fasses quelque chose d'irréfléchi. Allez ! Va te coucher !" Avec une force brutale, Rodriguez poussa Katherine les deux pieds par-dessus son lit.

Joan se releva et commença à s'habiller. Son choix de vêtements propres se réduisant à un minimum, elle décida alors de porter des jeans, un t-shirt propre, et sa veste en cuir de la veille. Son pantalon et sa veste sentaient un peu la nicotine, mais elle n'y porta pas vraiment attention. Joan attrapa en hâte son sac et enfila les bottes confortables de son uniforme. Elle pensa, avant de quitter sa cabine, qu'elle n'avait plus le temps de communiquer avec Katherine ou Takashi. Elle voulait s'en aller loin de Rodriguez et de ses traîtres, le moyen le plus rapide était de gagner le quartier de la police, d'où elle pourrait rejoindre rapidement le hangar. Le couloir menant à l'ascenseur était vide, elle avait juste un coude à franchir avant de l'atteindre. Ce fut là qu'elle se précipita dans les bras de deux 'Marines' armés. "Mais qui donc avons-nous là ?" demanda l'un des deux joyeusement en dirigeant sa carabine sur Joan. "Si ce n'est pas la Lieutenant Landor ! Vous êtes faites, bébé !"

Joan laissa tomber son sac et chercha une voie de secours. Elle se retourna et voulut s'enfuir. Puis plus rien n'exista pour Joan, la dernière chose qu'elle ressentit fut un sérieux coup à la nuque, puis tout devint noir autour d'elle.

Katherine tremblait, étendue sur le dos dans le lit de Rodriguez. D'une main, il maintint le haut de son corps sur le matelas, et avec son autre main, il commença à ouvrir son pantalon.

"Que ferez-vous de moi, quand vous en aurez terminé ici ?" demanda Katherine d'une voix tremblante.

Rodriguez prit l'ourlet de sa robe en cuir à deux mains et le déchira avec une violence brutale."Quand j'en aurai fini avec toi, je t'attacherai à nouveau et je reviendrai vers toi quand j'en aurai envie. Aussi longtemps que j'en aurai envie et que je trouverai du plaisir avec toi. Après... qui sait." Puis il se pencha sur elle.

Katherine regarda frénétiquement autour d'elle et vit le petit réveil brillant qui était presque à portée de main. "Finissons-en, allez, allez", murmura-t-elle.

Rodriguez ne se le laissa pas dire deux fois. Il s'agenouilla sur le bord du matelas et repoussa vers le haut la robe déchirée de Katherine. A cet instant, Katherine réagit avec une extrême rapidité. Elle tourna sa jambe droite, la lança dans l’entrejambe de Rodriguez, et lui matraqua le nez à de coups de pied et de talons. Rodriguez hurla de douleur et de surprise. La force du coup le fit chanceler légèrement en arrière, mais pas tomber du lit. Cette fraction de seconde permit à Katherine de prendre la petite horloge sur sa gauche avec son câble d'alimentation et le projeta de toutes ses forces sur les tempes de l'homme, surpris. Katherine frappa de toutes ses forces, encore et encore, jusqu'à ce que le sang jaillisse de ses tempes. Et elle la fit éclater, jusqu'à ce que l'entourage en métal chromé se recouvre de morceaux sanglants. Katherine ne voulait laisser aucune chance à Rodriguez de se défendre. Soudain, son bourreau se redressa. Son sang avait coloré les draps blancs comme neige en rouge. Katherine fit rouler l'homme sur le côté et le laissa tomber avec un bruit sourd sur le sol. À bout de souffle, elle se redressa.

Elle s'agenouilla à côté de Rodriguez et lui tâta le pouls sur l'artère carotide. Il vivait encore. "Vous n'êtes pas de taille pour danser et avoir des relations sexuelles avec moi, Hernando !" murmura-t-elle avec un sourire. Elle regarda dans la pièce autour d’elle. Au-dessus du lit, sur une étagère, se trouvait un tube mince. Spontanément, elle prit le réveil sanglant et arracha le câble. Puis elle tira le lourd homme sur son lit, l’installa à genoux, tandis que Katherine évitait scrupuleusement de toucher le pénis à moitié en érection de Rodriguez. Elle prit la longue corde et lui attacha les mains au-dessus de sa tête autour du tube transversal.

Katherine regarda son travail avec satisfaction, Rodriguez était suspendu dans une position très embarrassante et même humiliante, et ne pourrait pas si rapidement se défaire de sa situation. Il commença à remuer et à revenir à lui. Katherine se rappela que ce n’était peut-être pas encore suffisant pour Rodriguez, mais rien de tel qu'un ruban robuste. Rodriguez ouvrit les yeux et gémit doucement. Katherine eut alors une idée. "Regardez-moi bien, Rodriguez", dit-elle doucement. Il cligna des yeux et leva légèrement la tête. Katherine commença ostensiblement à rouler l'un de ses bas de soie noirs et à le défaire. Elle tira son bas sur toute sa longueur et le tient sous le nez de Rodriguez. "Ca te plaisait ?" dit-elle malicieusement, en caressant sa joue avec le bas. "Tu aimais mon odeur, non ? Peut-être que tu vas l’aimer encore plus !" Elle froissa la chaussette en boule et la fourra dans la bouche de Rodriguez. Les yeux de Rodriguez s’agrandirent. Katherine retira le second bas d’une manière au moins aussi érotique et chatouilla à nouveau le nez de Rodriguez avec. "Même sans y penser, tu vas la sentir, espèce de bâtard pervers ! Je te laisse un souvenir de moi. Et c'est la seule chose que vous aurez de moi !" Elle prit son bas, le serra sur la bouche de Rodriguez, puis l’attacha avec un triple nœud. "C’est très chic, Monsieur !" dit-elle en le taquinant et en lui caressant la joue. Puis elle se regarda et remarqua que Rodriguez avait déchiré sa robe de l'ourlet à la taille et qu’elle était donc complètement ruinée. "Et merde", siffla-t-elle. "Cette robe m’a coûté la moitié d’un mois de salaire." Elle était maintenant vraiment en colère, elle se dirigea vers l'étagère où Rodriguez avait posé son pistolet, un lourd blaster militaire, et le prit. Elle le mit sur Rodriguez et lui dit froidement : "Je pourrais te tuer rien que pour cela !" Elle le balança et frappa à nouveau Rodriguez avec la poignée pour lui faire perdre conscience.

Respirant lourdement, Katherine regarda dans la cabine. Elle devait maintenant disparaître rapidement, car Kuolun ou d’autres pouvaient se rendre ici à tout moment. Elle devait s’en sortir elle-même. Puis elle se demanda si elle devait encore se rendre rapidement dans sa propre cabine pour se changer. Très vite, elle changea d’idée, c’était trop dangereux. Elle devait rapidement rejoindre le quartier de la police, ce qui, actuellement - parce que tout le vaisseau était dans la tourmente - s’avérait difficile. A chaque recoin vous courriez le risque d'être pris, mais Katherine devait prendre ce risque.

Katherine éteignit la lumière, ouvrit la porte du bout du fusil et regarda au dehors. Il n'y avait personne en vue, alors elle se glissa dans le couloir et ferma la porte. Elle détruisit ensuite rapidement d’un coup d'expert avec la poignée de l'arme le clavier de contrôle d'accès. A ce moment-là, Katherine se souvint qu'elle avait laissé ses chaussures qui lui avaient coûté cher dans la cabine. "Et encore merde…", pensa-t-elle en avançant, un rien décadente, pieds nus dans le couloir. Les ascenseurs seraient désormais tabous pour elle.

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 30. Mai 2013, 00:48:20 Uhr
Coucou Limeye!

Pour Joan et Peter, c'est ce qui s'appelle ne pas être dans son état normal en effet. C'est ce que Free Nurara essaie d'exposer comme point de vu. Leurs cervelles sont abêties par les hormones, la frustration, la jeunesse et leur coup de foudre.  [eyeheart]

Mais quand-même, je trouve que c'est un peu juste comme explication pour Joan, une femme qui a déjà 9 ans de métier. Pour Peter, un tout jeune homme qui brûle la chandelle par les deux bouts et qui ne s'attend pas à vivre vieux, c'est un peu plus compréhensible. N'empêche que ce qui les menace aurait pu les dégriser plus que cela. ;D

J'attend la suite avec impatience!  [jump] [jump] [jump]

Bizz!

Frégo  8)



 
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 30. Mai 2013, 01:02:37 Uhr
Coucou Frego et Limeye,

Comme on dit par ici, Joan and Peter are in lust, not in love... ;D

Well, maybe then Joan should talk with Curtis about certain bedroom activities that would satisfy her...I am sure he is game for any kind of adventure! ;D  :D

Mais je suis bien d'accord avec vous, meme s'ils ont les hormones en pagaille, Kuolun= biiiig trouble and Joan should know better....especially with their past encounters!

O-tho

PS Limeye, pour preciser, j'avais bien repere Kuolun quand j'avais lu le texte en v.o., mais je ne m'attendais pas a le voir apparaitre dans l'histoire...c'est cependant avec plaisir... sera-t-il plus vicieux avec Joan que Rodriguez avec Kat?... ;D Pourvu qu'elle sorte ses griffes, Kat s'en est superbement bien sortie! ;)



Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 30. Mai 2013, 02:57:48 Uhr
Citation de Free Nurara: "Kat was knocked out with K.O. drugs in her last drink. Not sure, but I think that Limeye missed that Little Detail in the Translation (no offense, Limeye... )"

Citation de Limeye: "Pour la traduction, concernant la drogue dans le whisky, il est fort possible que j'ai loupé quelque chose, mais il semble que c'est ce que l'on devine, non ? Corrigez-moi les filles si vous n'avez pas compris les choses ainsi... "

Citation de Flamme: tu avais bien traduit ce passage, Limeye! Ecrit noir sur blanc: "Elle commanda un whisky et tourna le dos au barman. Elle ne remarqua pas à ce moment-là l'officier faire un signe au barman derrière le comptoir qui hocha la tête et mélangea à son tour quelques gouttes d'un liquide incolore dans la boisson de Katherine."

Il semble que tout le monde ait perdu le tête, ce soir-là, y compris Katherine, qui aurait dû connaître et se souvenir de cette règle élémentaire de prudence: ne jamais quitter son verre des yeux!

Pour le reste, je crois que toutes les filles ont bien résumé ce que je pense... je n'ai rien à ajouter! [wallbash] [unconscious] [burn] [nono] [motz]

En passant, O-Tho, c'est drôle de te voir mélanger l'anglais et le français dans la même phrase!  ;D

Free Nurara: je me joins à toutes les autres au sujet de ton avatar: cette représentation de Kat est absolument mignonne!

A +
Flamme

P.S. J'ai "taponné en masse" pour essayer de trouver comment faire des citations comme vous faites, Limeye et Free Nurara, mais je n'ai pas encore trouvé la bonne façon!  [wallbash] . Taponner en masse, ça veut dire que j'ai cherché et essayé plusieurs fois sans succès!
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 30. Mai 2013, 09:20:35 Uhr
Coucou tout le monde !

je manque un peu de temps ce matin pour vous répondre en détails à vos messages... Flamme, j'essayerai de t'expliquer par mail comment on fait pour les citations, c'est un peu compliqué... comme tu as fait, c'est presque aussi simple  ;)

je suis d'accord avec toi que Kat aurait dû surveiller son verre ! L'erreur aurait pu lui coûter très cher  [badhairday]

voici la suite, dans laquelle Kuolun est presque sympathique... à se moquer ainsi de Rodriguez.

bizz et bon début de journée !

Limeye  :)


Deux soldats défoncèrent la porte de la cabine du commandant Rodriguez. Vul Kuolun observa le travail avec un léger sourire. Il avait eu le pressentiment que Katherine Ballard avait maîtrisé Rodriguez et s’était libérée parce Rodriguez n’était pas apparu sur le pont, comme convenu une demi-heure après le départ de Kuolun de sa cabine. Les deux soldats ayant ouvert la porte, Kuolun fit un geste en leur direction pour leur demander d’attendre à l’extérieur. Il entra dans la cabine, ferma la porte et alluma la lumière. Quand Kuolun vit Rodriguez attaché avec les mains sur la tête, bâillonné avec des bas de femme, sa virilité mise à nue, à genoux sur son lit, il éclata de rire. Kuolun riait rarement de bon cœur, mais cette vue l’amusait au-delà de toute mesure. En riant, il défit le bâillon et regarda d’un air moqueur le visage de Rodriguez qui avait maintenant repris conscience et ne semblait pas du tout amusé. Kuolun fit glisser le cher bas de soie avec son doigt et dit : "Ballard a vraiment du goût, et pas seulement pour son style vestimentaire. Je vous avais prévenu, Hernando ? Elle est un peu trop forte pour vous, mon ami !" Son sourire était pure malice.

Rodriguez cracha l’autre bas et eut le souffle coupé. "Taisez-vous, Kuolun, et laissez-moi me débrouiller !" répondit-il énervé. De sa blessure à la tempe dégoulinait encore du sang.  Sans un mot, mais avec un sourire, Kuolun sortit un couteau et coupa rapidement le câble, après quoi Rodriguez tomba la face en avant sur son matelas. Il cria de douleur. "Aaahhh, la chienne m'a cassé le nez !" II gémit et paraissait misérable.

Quand il se redressa, Kuolun remarqua son pantalon ouvert et ce qui était accroché en bas. "S’il vous plaît, épargnez-moi une telle vision et rentrez vos affaires à l’intérieur", dit-il avec ironie. "Je comprends parfaitement Ballard, d’avoir eu envie de s'enfuir." Il se détourna en riant de son rire typiquement audacieux pendant que Rodriguez descendait de son lit et refermait ses pantalons.

Rodriguez regarda autour de lui dans sa cabine et se rendit compte que Katherine avait volé son arme et son communicateur. Il se rendit à la console de communication à côté de la porte et appuya sur un bouton. "Département de la sécurité", fit écho dans le haut-parleur. "Ici Rodriguez. Ballard a volé mon communicateur. Désactivez le contact ! Ensuite, partez à sa recherche ! Si vous attrapez Ballard, ne plaisantez pas et exécutez-la !"

"A vos ordres, Monsieur !" lui répondit-on.

"Avez-vous déjà trouvé Van den Bosch ?"

"Non, monsieur, aucun signe d'elle pour le moment."

"Pour Van den Bosch, la même chose. Sans poser de questions, exécutez-la immédiatement. Rodriguez Terminé !"

Kuolun regarda Rodriguez tristement, secoua lentement la tête et claqua sa langue. "Tss, tss, Rodriguez, vous êtes un mauvais perdant, vous le savez ? Qu’a fait Ballard, au vu de ce que vous avez fait avec elle ? Elle a juste eu envie de survivre, comme toute personne saine d’esprit l’aurait fait. Vous devriez demander une revanche."

"Cessez de dire des conneries, Kuolun", cria Rodriguez. "Je ne me fais jamais avoir deux fois. Ballard est allée trop loin et va devoir payer la facture. Je ne laisserai pas avoir par cette chienne du Sud comme un garçon de petite école !"

Kuolun recommença à rire, de son rire sardonique. "Un garçon de petite école ? C'était bien, vous devriez encore vous entendre ! Vous vous comportez comme un écolier de six ans, à qui on a enlevé ses jouets. Vous avez probablement pris un coup trop dur sur la tête. Vous devriez laisser le médecin du navire vous ausculter les tempes", dit-il avec un sourire mielleux.

"Vous êtes trop bon, Kuolun. Avez-vous déjà songé à travailler pour les services sociaux ?" dit gravement Rodriguez en appuyant sur un des boutons de la console. Le service médical répondit et assura que le Dr Teenbaum se rendrait promptement auprès du Commandant Rodriguez et s'en occuperait personnellement.

"Que faisons-nous avec Becker ?" demanda Rodriguez, après qu’il eut fini de parler. Il ne faudra pas beaucoup de temps à Becker pour savoir que le Rampage, le Redneck et le Tigre auront été détruits par le feu du Tennessee, arrêtés et emprisonnés. Le Commodore était encore en vie et était maintenant entièrement dépendant de la décision de Kuolun.

"Nous allons encore attendre d’avoir atteint l'anneau d'astéroïdes", répondit Kuolun. "Il est emprisonné dans une cellule et ne peut pas faire beaucoup de dégâts. Cependant, vous devriez communiquer avec l'équipage que le Commodore Becker, jusqu'à nouvel ordre, n'est plus apte au service, et que vous prenez le commandement. Expliquez aussi les raisons de la fusillade."

Rodriguez prit une profonde inspiration, pour se préparer évidemment à la douleur. "Eh bien, quand  Teenbaum sera reparti, nous irons sur le pont", dit-il doucement, et un sourire s’afficha sur son visage couvert de sang.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 30. Mai 2013, 11:17:13 Uhr
Hi, hi, hi!

Kuolun comme travailleur social! Son approche profiter des autres et de leurs situation embarrassantes, leur vulnerabilite! Ses outils: la souffrance, la vengeance et la torture.  ;D (Ce n'est parce qu'on sourit que c'est drole.)

Au plaisir de lire la suite. [jump] [jump] [jump] [jump]

Frégo  8)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 30. Mai 2013, 11:50:27 Uhr
Coucou Frégo,

voici une courte suite, j'ai de la relecture à faire pour les chapitres suivants, mais je suis quasiment à jour de la traduction par rapport à la publication de Free Nurara.

je suis d'accord avec toi, on rit jaune... mais face à ce porc de Rodriguez, Kuolun paraît presque "civilisé". Par contre, aucune indication pour l'heure du traitement qu'il réserve à Joan, avec Elaine, on a imaginé les pires scénarios...  [badhairday], mais on n'a aucune info !

là, vous allez faire connaissance avec un autre personnage "secondaire", bien sympathique, la Major Burrows.

bizz

Limeye  :)


Chapitre 10

"Cesse de remuer, Hernando !" l’avertit Teenbaum en lui collant un large sparadrap sur le nez. "Ton nez est fêlé, mais pas cassé. Quand l’enflure aura disparu, tu pourras à nouveau facilement respirer. Veille seulement à ne pas prendre un nouveau choc dans les prochains jours. Tu as déjà eu beaucoup de chance, un ou deux autres coups à la tête et tu étais mort ! Ou tu aurais fait une commotion cérébrale. Qu’est-ce que Ballard a fait avec toi ?"

"Elle lui a frappé à la tête avec son réveil", répondit Kuolun en riant et tenant le bout de ses doigts juxtaposés, tout en étant confortablement assis dans un fauteuil. Le réveil cassé et sanglant posé sur le bureau, étant comme la preuve ironique de la défaite de Rodriguez contre le sexe prétendument faible.

Teenbaum leva les yeux et ne put s'empêcher de sourire. "Hernando, quand vas-tu enfin apprendre que tu ne peux pas tout avoir ? Ballard a au moins dix ans de moins que toi, elle est plus agile et plus souple."

"Tu veux dire que je me fais vieux, Paul ?", demanda Rodriguez avec indignation.

Teenbaum leva les mains. "Avec tout le respect que je te dois, Hernando, mais tu devrais te tenir un peu mieux."

Le visage de Rodriguez se tordit avec aigreur. "Tu as de la chance que nous soyons deux bons amis, sinon je t’aurais depuis longtemps cassé les dents et brisé la mâchoire. Allons ! Fais attention !"

Teenbaum désinfectait la blessure de Rodriguez et lui mettait un pansement. "Tiens, prends deux de ces pilules par jour et ton mal de tête restera supportable."

"Merci, Paul", grogna Rodriguez et il se leva avec impatience. Il se rendit à son cabinet et en sortit un uniforme propre. "Messieurs, voulez-vous bien m’excuser un instant ? Paul, veux-tu retourner à ton cabinet, tu as certainement encore quelques survivants de la corvette à soigner ?"

Teenbaum haussa les épaules. "Si quelqu'un peut avoir survécu, bien sûr. Mais vous deviez absolument faire tirer sur les vaisseaux. Etait-ce nécessaire ?" Il regarda Rodriguez avec reproche.

Rodriguez leva les sourcils de colère et frappa du poing contre le casier en métal. "Oui, bon sang ! C’était nécessaire !", grogna-t-il. "Je ne vais pas laisser quelques traîtres et une paire d’opposants me gâcher ce projet ! Venez, Kuolun ! Nous avons une planète à conquérir !"

Sur le pont du croiseur de la policer Acer, l'atmosphère était tendue. Dans quelques secondes, le vaisseau allait abandonner la vitesse supraluminique pour entrer dans le système de Samedi, faire une courte halte là-bas auprès de la flotte expéditionnaire de pointe, récupérer deux collègues et puis rentrer à la maison dans le système solaire. La Commandant, la Major Jade Burrows, était pressée de toute façon, de revenir à la maison pour son mari et son fils, par conséquent, elle avait ordonné en avance aux pilotes de la navette de récupérer dès leur arrivée la Major Ballard et sa collègue à bord du Tennessee. Burrows avait hâte de revoir Katherine, car elles étaient de la même année de formation. Elles avaient suivi une formation de base de la police, puis Katherine avait étudié la psychologie et Burrows avait commencé la formation des pilotes de l'espace. Burrows se tenait nonchalamment avec les mains dans ses poches, en regardant à travers les fenêtres du pont les étoiles qui défilaient. "Cinq secondes avant de rentrer dans l'espace réel", indiqua le pilote. "Trois, deux, un. Entrée !"

Les alignements d’étoiles se réduisirent et des points scintillants apparurent dans la noirceur de l’espace. Un murmure étonné traversa le pont. Là où aurait dû se trouver le Tennessee, il n’y avait que du vide. "Epave à trois cent miles !" entendit-on depuis la console de navigation. "J’en compte deux, trois petites et une plus grande, Major ! Et je capte un faible signal de détresse de l'épave principale."

"Merci, Steffen. Pleine vitesse des propulseurs ! La navette restera dans le hangar !" Burrows retira ses mains de ses poches et ôta son chapeau. Des boucles rousses en sortirent, encadrant son petit visage aux yeux bleus couvert de taches de rousseur. Elle posa la main sur la console, tandis qu'elle se grattait l'arrière de la tête avec l'autre. "Qu’est-ce qui s’est passé ?", murmura-t-elle. Dans quelques secondes, ils devraient en savoir plus.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 30. Mai 2013, 16:49:18 Uhr
Pour les 2-3 passages suivants, j'hésite beaucoup à dire qui d'Ezra, John ou Curtis est mon préféré...  ;)




Comme John Milner gagnait ce matin-là son bureau, il fut intercepté par le sergent Hannah Croft, qui - c’était inhabituel chez elle - avait l'air très inquiète. Habituellement le matin, elle saluait le patron d’un air rayonnant avec une tasse de café à la main. John savait que Croft était secrètement amoureuse de lui. Aujourd'hui, cependant, elle était différente, presque triste. "Et bien, Hannah ? Qu’est-ce qui se passe ?"  demanda-t-il intrigué. "Quelque chose ne va pas ?"

Croft baissa les yeux un instant, puis le regarda. "Capitaine, vous devez vous rendre immédiatement auprès du Marshall Garnie. Il y a de mauvaises nouvelles du système de Samedi."

"Qu’est-ce que c’est ? Dites-le moi déjà, Hannah ! Est-ce qu’il s’agit de Katherine et de Joan ?" John se sentit aussitôt envahi par la panique, il avait chaud et froid et ses genoux se dérobaient sous lui.

"Cap, l'Acer vient de nous envoyer un message, il y a une vingtaine de minutes. Le Tennessee, le Courageux, et trois navires de l’escorte ont disparu sans laisser de trace. Trois corvettes et la frégate hôpital sont détruites. Il y a dû y avoir une bataille spatiale. Le commandant de l'Acer est en pleine discussion avec le Marshall. Ils sont en train d’essayer de sauver des survivants des épaves." Les larmes jaillirent des yeux d’Hannah alors qu’elle faisait une courte pause. En s’excusant, elle reprit : "Sur l'un des navires de l’escorte se trouve mon frère."

John posa avec compassion ses mains sur les épaules fragiles de la jeune femme. "Comment s’appelle ce vaisseau ?" voulut-il savoir. Lui et ses subordonnés ne connaissaient qu’un seul vaisseau. En dépit de ses propres préoccupations pour Katherine et sa meilleure amie Joan, il essayait de redonner du courage à Hannah. "De quelle année est votre frère ? Quel est son nom ?"

Hannah renifla : "Will… William… Il a le grade de lieutenant junior à bord du Rampage, officier de navigation."

John prit une longue inspiration. "Ok, Hannah, je vais voir Garnie et j’essaye d’y comprendre quelque chose, d'accord ? Je sais que c'est dur, mais s'il vous plaît, essayer de rester calme une fois de plus. S’il vous plaît, retournez maintenant à votre travail." John regarda Hannah avec compassion, droit dans ses yeux marron foncé. Il se sentait tellement désolé, parce qu'il savait qu'elle n'avait pas de famille, sauf son frère. Pour la consoler, il la prit dans ses bras et la serra fortement. "Nous retrouverons votre frère, Hannah, je vous le promets !" souffla-t-il.

Quelques minutes plus tard, John se trouvait dans l'antichambre du bureau de Garnie. Melissa, une stricte secrétaire et employée civile, travaillait depuis plus d’un an pour Garnie. Depuis la mort tragique de son prédécesseur, la Caporal Stella Winter, qui avait été tuée de sang-froid par un traître dans les rangs de la police, la place était restée inoccupée jusqu'à ce que le chef de la police se soit résolu à pourvoir le poste à nouveau. Il sembla à John que Melissa n’était pas particulièrement heureuse quand il entrait dans la pièce, elle le saluait avec les lèvres pincées et un regard méprisant, mais maintenant, elle l'accueillait avec un sourire, faisant des gestes et un signe de tête vers la porte de la salle de conférence. John la salua avec un bref signe de tête et entra.

La salle était plongée dans le noir et sur un grand mur vidéo, John vit l'image pixélisée d'une femme de l'âge de Katherine, rousse, avec des boucles sauvages. Elle était en train de délivrer son rapport au public, assis à côté du Marshall Garnie, parmi lesquels se trouvaient certains amiraux et officiers supérieurs de la marine autour de la table.

"… pour l’instant, la frégate Cherish est stabilisée. La section d'entraînement est complètement détruite et il reste 22% de l'énergie nucléaire. Il est difficile d’exiger plus, nous ne voulons pas insister. C'est assez pour la lumière, les installations environnementales et les soins médicaux. Aucune gravitation à bord. Le Tigre et le Redneck ont été entièrement perdus, pas de survivants. Pour ce qui est du Rampage, la proue est en grande partie intacte avec le pont. L'épave tourne lentement autour de son axe longitudinal, soit une dizaine de tours par heure. Nous n'avons pas de tracteur pour stabiliser l'épave. Il y a une trentaine de survivants sur le pont, le capitaine, le Lieutenant Commandant Ullman est mort, j’ai pu parler par communicateur avec le premier officier, la Capitaine Jenny Simmons. Les batteries fonctionnent encore, pour environ une quinzaine d'heures, mais les craintes de Simmons concernent les fuites d’oxygène, leurs réserves sont estimées entre huit à dix heures. Nous allons essayer de pénétrer à l'intérieur de l’épave avec une équipe spéciale pour récupérer les survivants les uns après les autres."

Garnie hocha gravement la tête. "Merci, Major Burrows. Vous avez fait un excellent travail à ce jour." Les officiers de la marine approuvèrent. Burrows se permit un petit sourire reconnaissant. "S'il vous plaît, restez à l'écoute pour de plus amples instructions."

"A vos ordres, Monsieur !" répondit Burrows en saluant. Garnie coupa la connexion et ralluma les lumières. Il se tourna vers la porte et reconnut John. D’un geste, Garnie indiqua à John de prendre place. A ce moment, la porte s'ouvrit de nouveau et tous les regards inquiets se tournèrent vers Curtis Newton qui entrait dans la pièce.


!!!!!!!!! avis aux lecteurs / trices !!!! J'ai oublié ce passage !!!! Désolée... !!!!

Garnie lui fit un bref signe de tête. Curtis hocha la tête et prit place aux côtés de John sans y avoir été invité. Les deux hommes se saluèrent brièvement et amiablement, puis reportèrent toute leur attention vers Garnie.

Garnie se leva de sa chaise. "Messieurs, voici le rapport préliminaire de ma collègue, la Major Ballard. Quand vous l’aurez lu attentivement, je voudrais avoir votre avis, à savoir exactement pourquoi MON équipe avait découvert une conspiration au sujet d’un crime de haute trahison sur un de VOS navires. Pouvez-vous s'il vous plaît m'expliquer pourquoi vos propres forces de sécurité n'étaient pas en mesure d'empêcher une telle catastrophe ?" La voix de Garnie n’annonçait rien de bon. Il avait visiblement du mal à contrôler sa colère.

L'officier général supérieur, l'Amiral Dubois, un Français grisonnant avec un gros ventre, prit le dossier en main, le feuilleta superficiellement et le reposa. Il ôta ses lunettes pour lire et se frotta l'arête de son nez. "Marshall Garnie, nous ne pouvons travailler qu’avec les informations que l'Amirauté nous transmet. Pourquoi ne nous avez-vous pas informés quelques jours plus tôt ? Nous aurions été en mesure alors d'envoyer une force de combat adéquate là-bas pour éviter une telle situation. Mais non, pour protéger vos agents, vous avez détenu des informations importantes et vous nous avez laissés dans l'ignorance. Quel est le résultat ? Quatre vaisseaux de guerre détruits et plusieurs centaines de morts ! Garnie, vous êtes responsable de cette tragédie ! Cela aura des conséquences pour vous et votre service !" Comme Dubois voulait mettre l'accent sur ses paroles, il frappa à plusieurs reprises avec son poing sur la table.

Garnie tenta de conserver son calme. "Amiral Dubois, un peu de respect ! Avez-vous déjà été informé de la situation politique dans le système de Samedi ? Vouliez-vous sérieusement déployer plus de navires de guerre dans un système aussi instable et provoquer des complications diplomatiques encore plus importantes ? Après le massacre causé par le Colonel Tovin, la présence de la flotte était déjà considérée comme une provocation. Pourquoi pensiez-vous que votre unité se soit trouvée dans une zone restreinte à un demi-million de kilomètres de la planète habitée ? Et vous venez vers moi maintenant avec la diplomatie d’un cuirassé ? Dans quel siècle vivez-vous ? La période coloniale remonte à plus de deux cent cinquante ans dans le passé !" Garnie fit le tour de la table pour s’approcher de Dubois. Ce dernier se leva et se trouva maintenant face au chef de la police. Garnie s’écria : "En outre, Amiral, quelle flotte voulez-vous envoyer face au Tennessee ? Le République et le Constitution sont obsolètes et constamment en révision. L'Alabama et le Texas sont quelque part en mission secrète. Que vous reste-t-il ? Quelques croiseurs lourds, une poignée de frégates et de corvettes. Les nouveaux destroyers sont en construction, parce que vous n'aurez pas de fonds et vos hommes seront exclusivement de la chair à canon dans cette bataille face un croiseur de cette taille ! Dites-moi, Amiral, qu'est-ce que vous avez ?"

Dubois se sentait maintenant personnellement attaqué. "Marshall Garnie ! Vous faites partie de la police, non de l'Amirauté ! Veuillez retirer vos paroles ! Occupez-vous de vos affaires ! Les navires dont vous avez parlés sont tout à fait disponibles et prêts à appareiller ! En outre, nous avons des plans d'urgence pour un regroupement rapide d’une flotte unitaire impliquant l'Angleterre, la France, l'Allemagne, le Japon et la Russie ! Je peux rassembler en 24 heures une unité de combat, avec une puissance de feu suffisante pour soulever la Lune hors de son orbite !"

Garnie se détourna et se rassit à sa place. "Alors, qu’attendez-vous, Dubois ! Bon sang, regardez autour de vous ! Nous avons tous des gens là-bas qui sont importants et précieux. Allez récupérer nos hommes ! Envoyez votre flotte, Amiral !"

Dubois croisa les bras sur sa poitrine. "Désolé, Marshall, mais je n’accepte pas d’autres ordres que ceux du Président !"

Ennuyé, Garnie roula des yeux. "Dois-je sortir le Président Carthew de son lit, ou voulons-nous attendre qu’il ait pris son petit déjeuner ?" Dubois regarda Garnie avec de grands yeux interrogateurs. En soupirant, Garnie appuya sur le bouton de l'interphone. "Comme vous voulez, Dubois. Vous devrez vous justifier devant le président. Melissa, contactez-moi le Président Carthew. Appel vidéo !"

A ce moment, l'Amiral Dubois devint pâle. Curtis et John échangèrent un sourire légèrement amusé.   

Dubois leva les mains et dit d'une voix calme : "Bien, bien, Garnie. Je pense avoir les pouvoirs suffisants pour donner les ordres pour la flotte d’intervention."

"Combien de temps cela prendra-t-il jusqu'à ce que la flotte puisse être mise en mouvement ?", demanda Garnie, toujours avec insistance.

Dubois regarda d’un air interrogateur ses amiraux. Le contre-amiral d’origine arabe prit la parole. "Entre dix et onze heures, Monsieur. Nous disposerions alors de deux cuirassés, deux croiseurs de bataille, sept à huit croiseurs lourds, quatre véhicules de transport, des citernes, des corvettes et un navire hôpital." Le visage de l'Amiral Dubois s’illumina d’un sourire rempli de fierté. "Et bien, Garnie ? Impressionnant, n'est-ce pas ?"

"En effet, Dubois. Maintenant, à vous d’agir." Garnie remit en marche l'interphone. "Melissa, tout va bien. Nous avons réglé nous-mêmes la question", dit-il en regardant l’amiral français. "Et bien, qu’attendez-vous donc ?"

Dubois hocha la tête et fit signe à ses officiers de le suivre. "Vous avez bien entendu ! Allez, messieurs, vite, vite !" Sans un mot de plus, les amiraux quittèrent la salle de réunion.

Garnie regarda avec aigreur les officiers partir et murmura à l’adresse de Curtis et de John : "Les officiers de marine, béats et arrogants."

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 30. Mai 2013, 18:49:20 Uhr
Ah Ezra ! Ah Curtis ! Oh John !!!

Limeye  ;) je les adore !!!




Garnie faisait face aux deux hommes autour de la longue table et son visage était tendu. "Je ne sais pas exactement, Curt. Mais si je peux donner foi au rapport de Katherine, le Commandant Rodriguez du Tennessee et du Courageux, a décidé de se débarrasser des officiers loyaux et de disparaître. Cela semble plausible, du moins."

"Et avec les vaisseaux, il pourrait soutenir les rebelles sur Sameda II", conclut Curtis.

"Combien de temps peut-il tenir ?" demanda John à son tour. "Son approvisionnement n’est pas suffisant en soi, et comme tout croiseur de bataille, il a besoin de beaucoup d’énergie, de carburant et de nourriture. Il ne peut pas se cacher bien longtemps !"

"La question est Où se cache-t-il ?", poursuivit Curtis. "Je ne connais pas très bien le système de Samedi, mais je sais qu’il est entouré par un anneau d’astéroïdes. C’est un endroit où un vaisseau de cette taille peut disparaître très facilement."

"Katherine l’a également mentionné dans son rapport. Et le découvrir, Curtis, sera votre tâche. S’il te plaît, partez pour le système de Samedi et trouvez Rodriguez."

A cet instant bipa le vidéo-transmetteur. La Major Burrows avait apparemment des nouvelles à communiquer. Garnie prit l’appel. "Oui, Major Burrows, que se passe-t-il ?"

La jolie rousse avait l'air à la fois excitée et heureuse. "Monsieur, nous avons repéré il y a quelques minutes un cargo fantôme, qui était sur le point de se faufiler hors du système. Le vaisseau dispose de deux projecteurs de tracteurs, de sorte que nous pouvons accélérer l'opération de sauvetage sur le Rampage. Le Capitaine du Big Iron a en effet d'abord refusé de nous aider, mais sous peine de confiscation de son vaisseau, il est devenu très coopératif", ajouta-t-elle avec un sourire. "La partie avant du Rampage est maintenant stabilisée."

Curtis entendit clairement le nom du vaisseau. "Major, vous dîtes bien le Big Iron ?" demanda-t-il, les yeux écarquillés.

Jade Burrows hocha la tête. "Oui, c’est ainsi que s’appelle le cargo. Pourquoi ?"

Curtis frappa du poing sur la table. "Bon sang !" s'écria-t-il. "Kuolun ! Il est dans le système de Samedi ! Il est derrière tout ça !"

Les mâchoires de Garnie et de John leur en tombèrent. "Qu'est-ce que tu dis, Curtis ?" demande Garnie.

"Alors que j'étais il y a quelques jours sur Haroa, le ministère de l'Immigration m'a confirmé le départ d'un certain Grimm Ferris sur un cargo vagabond nommé Big Iron. La description physique correspondait clairement à celle de Vul Kuolun ! Major, il faut que vous récupériez le journal de bord et la liste des passagers !"

Burrows hocha la tête. "Je le ferai."

Garnie intervint. "Major, la situation est désormais extrêmement dangereuse. Terminez aussi rapidement que possible votre travail de récupération et revenez à la maison !"

"A vos ordres, Monsieur ! Mais que devons-nous faire du Cherish ? Il y a plus de quatre cents personnes à bord. Nous ne pouvons pas les laisser livrer à eux-mêmes ?" demanda Burrows, surprise.

Garnie réfléchit rapidement. "Ok, Burrows. Commencez à en prendre le contrôle. Pouvez-vous tous les prendre à bord de l’Acer ? "

Burrows réfléchit un moment. "Ce sera très serré, mais c'est faisable. Cependant, je pourrai m’arrêter sur le chemin du retour et nous ravitailler."

"Faites ainsi", déclara Garnie. "Mais dès que le Tennessee ou le Courageux refont leur apparition, vous vous quitter immédiatement les lieux et disparaissez, vous comprenez ?"

"Compris, Monsieur !"

"Puis-je poser une question à la Major Burrows, Monsieur ?" demanda John.

"Bien entendu !" dit Garnie d’un ton encourageant à l’adresse de son chef de la sécurité.

"Major, je suis le Capitaine John Milner, du service de la sécurité et des communications. Une de mes employées a un frère qui est officier de la navigation à bord du Rampage. Pouvez-vous savoir s'il se trouve parmi les survivants ? Son nom est William Croft, il a le grade de lieutenant junior."

"Bien sûr, mon Capitaine, je n'ai pas encore la liste des noms des survivants, mais je vais demander immédiatement à la Capitaine Simmons. Attendez un moment, s’il vous plaît." Burrows se détourna de la console pendant une longue minute, et disparut de l’écran. Les doigts de John tambourinaient nerveusement sur la table. Normalement Garnie l'aurait réprimandé pour cela, car il détestait quand  quelqu'un le faisait. Mais il savait à quel point John était proche de ses employés, alors il le laissa faire mais lui adressa simplement un regard désapprobateur. Burrows revint avec un grand sourire. Cela annonçait une bonne nouvelle. "Capitaine, c’est beaucoup de chance pour votre employée. Vous pouvez lui annoncer que son frère est en vie. Le Lieutenant Croft a une légère blessure à la tête, mais il se porte bien. La Capitaine Simmons vient de me le confirmer."

On pouvait voir le soulagement sur le visage de John. "Merci, Major. C'est probablement à l’heure actuelle la meilleure nouvelles de la journée. Encore merci beaucoup !"

"De rien, Capitaine", répondit Burrows en souriant. "Puis-je faire encore quelque chose pour vous ?" La question s’adressait au Marshall.

"Pas pour le moment, Major. Allez-y, faites comme nous avons dit, et s'il vous plaît soyez prudent ! Prenez soin de vous. Bonne chance, Major !"

"Merci, Monsieur !" répondit Burrows et elle coupa la communication.

"Bien", dit Garnie. "Où en étions-nous ?"

"Je pars pour le système de Samedi et je vais chercher la cachette de Kuolun et Rodriguez", répondit Curtis avec énergie. "Peut-être que je pourrai aussi trouver où Joan et Katherine sont emprisonnées et les délivrer."

"Katherine…" chuchota John en regardant tristement la table. Il avait certes une bonne nouvelle à annoncer à Hannah, mais pour lui-même, il se sentait profondément misérable. La peur et l'inquiétude pour son amour étaient écrites sur son visage.

Curtis lui posa une main réconfortante sur l’épaule. "Je vais trouver Kat et la ramener à la maison, John. Je te le promets !" dit-il aussi gentiment que possible.

John regarda son chef droit dans les yeux. "Je veux y aller, Monsieur. Je ne peux pas abandonner Kat !"

Garnie bougea l'index à la négative. "Absolument pas, Capitaine. Vous n'avez aucune expérience du combat. C’est trop dangereux."

"Mais…" émit John, mais il fut brutalement interrompu par le Marshall.

"Non ! Et c'est tout ! Pas de discussion, vous m’avez compris ? Laisser ces sauvetages à ceux qui en ont l'expérience ! Je peux certainement comprendre votre désir, John. Je ne voudrais pas agir différemment dans votre situation, mais je ne peux pas me permettre de mettre inutilement plus de gens en danger. Kat, Joan, Takashi et sa troupe, Jade Burrows et son équipage de 250 hommes ! Ils sont plus importants, John ! Maintenant, retournez à votre travail. C’est un ordre !"

John se leva et salua. "A vos ordres, Monsieur !" dit-il déçu en quittant la pièce.

"Je vais l’emmener avec moi", dit Curtis lorsque la porte se fut refermée sur John. "Il se trouve dans la même situation que moi, à la seule différence que je peux faire quelque chose pour Joan et Kat et que John est contraint de rester ici, inactif."

En soupirant Garnie se leva de sa chaise et se mit à arpenter la pièce. "Je sais, Curtis. Mais la question ne se pose tout simplement pas. John aurait l'expérience nécessaire sur le terrain, je n’aurais aucun problème à l’envoyer faire cette mission. Mais pas dans ces circonstances. Tu sais qu’il est encore bien jeune pour être Capitaine. Je ne veux pas risquer de compromettre ce jeune homme inexpérimenté."

"Ezra, si tu ne lui donnes pas une chance, John ne sera jamais en mesurer d’engranger de l’expérience. Il a plus de 25 ans et n’est plus un gamin. Il veut fonder une famille avec Katherine et c'est son droit et son devoir de la protéger de toute atteinte. Tu sais combien ils s’aiment tous les deux !" Curtis ouvrit des bras suppliants. "Il pourrait également être utile en tant que spécialiste en informatique pour pirater les mécanismes de sécurité du Tennessee. Je t’en prie, Ezra, donne sa chance à John !"

Le vieux Marshall laissa aller sa tête d'avant en arrière, caressant sa moustache grise. "Hum, bien, Curtis. John a le droit à sa chance. Mais tu seras responsable de sa sécurité !"

Curtis sourit. "C’est une évidence. Ne te fais pas de soucis, nous les ramènerons tous à la maison."

Garnie se détourna et tint immobile, ses mains dans ses poches, devant la fenêtre sombre. Dehors, c'était un beau matin d'été de la fin d’août. "S'ils sont encore en vie, Curtis. C’est mon principal souci. L'Amirauté est sur le point d’engager des vaisseaux de guerre qui coûtent des milliards ou nous rendre inoffensifs. Ils ne tiendront pas compte de quelques policiers. Si Kuolun n'a pas déjà tué nos agents, il va probablement utiliser nos propres navires de guerre et nous devrons rester les bras croisés. Si Kuolun contrôle le Tennessee et le Courageux, il va les utiliser sans pitié, aussi vrai que je suis ici. Et personne ici ne sait mieux que nous deux de quoi Vul Kuolun est capable."

Curtis se leva et serra les poings. "Si jamais Kuolun porte atteinte à Joan, alors ce sera le dernier acte de sa vie. Il en sera de même pour Katherine ! En huit heures, le Comète sera prêt, ce qui me donne deux à trois heures d'avance sur la flotte. Puis-je emmener John, ou veux-tu lui parler ?"

Garnie se détourna de la fenêtre et regarda Curtis avec détermination. "Prépare ton vaisseau, je parlerai à John", dit-il en tendant la main à Curtis. "Bonne chance, Capitaine ! Bonne chasse !"

Curtis lui serra amicalement la main et répondit en souriant : "Merci. Nous en aurons besoin !"


Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 31. Mai 2013, 07:21:21 Uhr
Tristement, John marchait de long en large dans les couloirs de son service. Il aurait voulu faire quelque chose pour sauver Katherine. Il se sentait lui-même coupable. Il ne pouvait pas imaginer la vie sans cette femme d’esprit, cette femme chaleureuse et aimante, non, il ne pouvait tout simplement pas l’imaginer. A la pensée de Katherine, John se rappela tout ce qu'il savait sur le Tennessee et ses expériences que Katherine lui avait racontées sur le vaisseau. Katherine avait particulièrement aimé l'ancien commandant. Comment s’appelait-il déjà ? John ne parvenait pas à se souvenir de son nom. Baggart ? Haggart ? Non. John cherchait profondément dans sa mémoire. Taggart ! Le Commodore Hank Taggart ! Alors que le nom lui revenait à l'esprit, une idée s’y formait également...

Le petit convoi composé d’un croiseur de bataille, d’un porte-avions et de trois corvettes faisait route vers les limites du système. A bord des vaisseaux patrouillaient des troupes armées et des sections de combat de différents corps d’armée. Ceux qui se rendaient à eux étaient capturés, ceux qui résistaient étaient tués impitoyablement. Les petites corvettes signalèrent les premières qu’elles étaient "en ordre".

Sur le pont du Tennessee, Kuolun et Rodriguez s’étaient installés pour jouir de la vue magnifique sur l'immense planète Sameda V, de couleur vert bouteille de gaz, lorsque la station tactique lança un signal. "Commandant, des mouvements sont signalés sur Sameda II. Il s’agit du Big Iron et d’un grand vaisseau, de la taille d’une corvette. Il s’identifie comme étant un croiseur de la police du nom d’Acer. D’après le trafic radio, je comprends qu'ils commencent le travail de sauvetage."

Kuolun vit Rodriguez pâlir. "Ha, ha, opération de sauvetage ? Je pensais que vous aviez fait du travail propre ? Vos artilleurs semblent être un peu rouillés. Ils me donnent l’impression de devoir retourner à l’école. Eh bien, maintenant vos hommes auront assez à faire une fois que nous serons sur Sameda II."

Rodriguez était rouge de colère. Ce Vul Kuolun était froid et méchant et lui tapait sur les nerfs. "Occupez-vous de vos affaires, de ce à quoi vous comprenez quelque chose, Kuolun ! Mes hommes ont tiré et bien tiré. Ce n’est plus qu'une question de temps avant que les derniers survivants meurent aussi ! Mais si vous voulez que nous perdions encore un peu de carburant et de munitions, je peux envoyer un escadron de bombardiers pour achever les morceaux", répondit-il avec humeur et dans l'espoir que Kuolun serait assez raisonnable pour ne pas donner suite à cette commande.

Kuolun savait ce que Rodriguez voulait obtenir et fit le contraire. "Faites-le, Hernando. Visez le commandant du vaisseau de la police, qui est le maître de la maison. Envoyez les bombardiers", dit-il en riant méchamment. Encore une fois, il avait trouvé le point sensible du Colombien. Il trouvait juste amusant de taquiner ce petit officier gras et de le fâcher.

Rodriguez était sur le point d'exploser, mais il se ressaisit et se tourna vers l'officier des communications. "Appelez le Courageux. Ils doivent envoyer un escadron de bombardiers et tirer sur le vaisseau de la patrouille, allez ! Dépêchez-vous !"

Deux minutes plus tard, douze bombardiers lourds de type Libérateur sortaient de la gueule de requin du grand transporteur et se dirigeaient en formation serrée vers Sameda II.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 31. Mai 2013, 08:55:31 Uhr
Oh zut, oui ! J'ai oublié ce passage... je ne sais pas pourquoi... erreur de ma part ! Je le rajoute !

Limeye pas réveillée  ;D
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 31. Mai 2013, 09:00:47 Uhr
Donc j'ai rajouté le passage oublié un peu plus haut..., relisez le tout, car il est important en effet, et en plus, on a droit à un super Ezra !  ;)

bon début de journée, je vous en ajoute la suite plus tard...

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 31. Mai 2013, 18:33:33 Uhr
Bon, j'espère que vous aurez relu le passage que j'ai oublié et que vous n'aurez pas perdu le fil de l'histoire, quelle idiote quand même, en plus, c'est un passage que j'adore ! Enfin, merci à Free Nurara pour sa "veille" pointilleuse...

Voici la suite !

Bizz

Limeye  :)


En moins de quinze minutes, l'équipage de l'Acer avait sauvé les survivants de la tuerie. Une fois que tout fut terminé, la Capitaine Jenny Simmons monta à bord et fut accueillie par une poignée de main, une couverture chaude et une tasse de café chaud par Jade Burrows. Les survivants étaient tous en légère hypothermie, ce qui était dû au fait que l'épave s’était retrouvée très rapidement sans climatisation. Simmons était de bonne disposition et remercia le commandant du vaisseau de police avec un grand sourire. "Merci pour le sauvetage. Je suis Capitaine Jenny Simmons, premier officier."

"De rien, Capitaine. Je suis la Major Jade Burrows. Faites comme chez vous et aller manger avec votre équipage. Notre cuisinier est vraiment bon. Nous allons maintenant survoler le Cherish et commencer le travail de secours. Je pense qu’on sera serré", répondit Burrows avec un clin d’œil.

Une légère secousse se produisit à bord du vaisseau, lorsqu’il se détacha de l’épave du Rampage. Simmons regardait à travers un hublot alors que l'épave s’éloignait lentement. "Quatre-vingt dix pour cent des femmes et des hommes..." murmura-t-elle, en regardant Burrows avec tristesse.

Burrows posa une main réconfortante sur son épaule et dit avec bienveillance : "Je suis affreusement désolée pour ce qui s'est passé ici, Capitaine. Qui en est responsable ?"

"Commandant Hernando Rodriguez. Il est fou, mégalomane", répondit Simmons.

Burrows prit une profonde inspiration, puis elle dit à Simmons : "Je dois maintenant poursuivre et coordonner les autres opérations de secours. Ensuite, lorsque nous en aurons terminé, je veux vous entendre ainsi que les officiers supérieurs sur l'incident."

Simmons approuva. "Naturellement, Major. Je voudrais maintenant vous offrir notre aide pour le sauvetage, car nous connaissons très bien le Cherish. Cela pourrait accélérer le travail."

"J’accepte avec reconnaissance, Capitaine. Et s’il vous plaît, appelez-moi Jade."

La belle femme maorie sourit. "Jenny".

A ce moment-là, appela l’officier de pont. "Capitaine, nous avons quelques contacts qui approchent à la vitesse de la lumière. Il s’agirait de bombardiers Libérateur. À cette même vitesse, ils seront à portée de main dans une heure environ."

Burrows tapa du poing sur le bouton de conversation. "Ici, la Commandant. A tous les vaisseaux ! Toute la puissance à 200% ! Permission de tirer lorsqu'ils seront à portée ! Communication, Hyper-espace par radio au siège : Commençons le travail de récupération à bord du Cherish, les bombardiers ennemis approchent, contact dans une heure." Burrows relâcha le bouton et réfléchit une seconde, puis elle dit. "Question navigation, combien de temps avant l’amarrage au Cherish ?"

"Deux minutes, Commandant", fut la réponse rapide.

"Merci, à partir du point de localisation de l'épave, calculez un saut de trois minutes-lumière hors du système et préparez-le ! Commandant terminé." Burrows regarda à nouveau Simmons. "Il est temps maintenant, Jenny."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 31. Mai 2013, 19:26:20 Uhr
Coucou Limeye,

Moi aussi j'aime beaucoup ces passages ou la cavalerie se met en route!  ;D

Et tous ces personnages feminins au pouvoir... ;)

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 31. Mai 2013, 19:40:50 Uhr
Tout à fait d'accord avec toi,  O-Tho!

Et je trouve que la personnalité diabolique de Kuolun est fort bien rendue: imperturbable, ne perdant jamais sa dignité, se réjouissant de la souffrance et des embarras causés à autrui, faisant tout son possible pour susciter la colère et l'impatience de ceux qui sont pourtant à son service, somme toute détestable au possible! Et par-dessus tout, il aime vraiment agir ainsi, c'est comme un besoin viscéral chez lui!

C'est à ce qu'il suscite chez le lecteur qu'on peut reconnaître le talent d'un écrivain  (et d'une traductrice, pour mon cas) ! Encore à tous les deux, Free Nurara et Limeye,  [master] [goodjob] [chinese] [respekt]

Bonne soirée, moi je suis encore en plein milieu d'après-midi!  ;)

Flamme
 :D
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 31. Mai 2013, 22:14:10 Uhr
Coucou les filles,

je suis tout à fait d'accord avec vous, comme toi, O-Tho, j'aime ces passages "branle-bas de combat" ! Et John nous réserve une petite surprise un peu plus loin en ce sens également.

Free Nurara mène cette histoire tambour battant, avec beaucoup de suspens. La tension ne se relâche jamais ! Je peux vous l'assurer avec les passages qu'il est en train de publier sur le forum allemand. On ne cesse de se demander comment l'histoire va avancer, ce qui va se passer, comment les différents personnages vont intervenir, quel rôle ils vont jouer etc...

Et les personnalités sont en effet particulièrement bien campées, Rodriguez est vicieux, ambitieux, méchant à souhait. Quant à Kuolun, sa personnalité est vraiment très bien rendue également. Les deux font une paire redoutable, mais comme tous les méchants, ils sont aussi concurrents dans la méchanceté... et ça pourrait causer leur perte (là, j'anticipe grave !).

Finalement, il n'y a qu'un personnage que je n'aime pas dans cette histoire, mais j'imagine que vous avez compris lequel depuis longtemps  ;)

Bon, je vous offre une suite et après, extinction des feux de mon côté  [goodnight]

Limeye  :)


Quand John entra dans son bureau, son état-major avait formé un demi-cercle autour d’Hannah Croft et quinze paires d'yeux regardaient maintenant leur patron dans l'expectative. Un lieutenant, qui se tenait juste derrière la sergent Croft, posa ses mains protectrices sur ses épaules. Croft le regarda avec reconnaissance et lui donna un petit sourire. Puis elle se retourna vers les yeux bruns et graves de leur Capitaine. Tout était calme dans la pièce, on n’entendait que le seul bruit du climatiseur.

John se tenait en face de son équipe et les regarda tous, puis il a dit à la Sergent Croft : "J’ai une bonne nouvelle pour vous, Hannah. Votre frère est vivant. Il est légèrement blessé, mais vivant. Lui et 30 de ses camarades sont désormais en sécurité à bord de notre croiseur Acer et ont évacué l'épave."

Durant une fraction de seconde il y eut un silence, puis un rugissement d'acclamations et Hannah bondit de joie au cou de son superviseur, de gratitude pure, elle le couvrit de baisers sur les joues. "Merci, Cap, merci, merci !" dit-elle, et se mit à pleurer de joie.

"C’est bon, Hanna !" répondit John avec un sourire. "Ce n’est pas avec moi qu’il faut remercier, mais la Major Burrows, elle commande l'Acer et organise l'opération de sauvetage."

"Cap, je ne sais pas comment vous remercier !" dit Hannah avec les larmes aux yeux.

John regarda la petite tête bouclée au doux sourire. "Il est une chose que vous pouvez vraiment faire pour moi."

"Tout ce que vous voulez, Cap !" répondit Hannah en se mouchant.

"Bien, Hannah, trouvez-moi où habite le Commodore Hank Taggart. Il est l'ancien commandant du Tennessee et est depuis près de deux ans à la retraite. Il peut vivre n'importe où dans la zone métropolitaine de New York."

Un large sourire éclaira le visage d'Hannah. "Je le ferai, Cap. C'est une bagatelle !" dit-elle en retournant à son travail.

Puis John frappa dans ses mains et dit d'une voix forte : "Et maintenant, tous au travail !" Puis il entra dans son bureau et appela le gestionnaire de flotte. "Ici, Capitaine Milner. Je vais avoir besoin d'une limousine dans cinq minutes pour le reste de la journée. Je vous remercie."

Quelques secondes plus tard, Hannah frappait à la porte. "J’ai l’adresse, Cap ! L’amiral Hank Taggart habite à Hamptons, avec sa famille. Voici l’adresse."

"Merci, Hannah. L’Amiral est donc encore par ici…" dit John en prenant le papier. Il lut l'adresse et regarda une carte de l’Etat de New York, qui était accrochée sur le mur derrière lui. De Manhattan à Hampton, il fallait compter 140 km. C’étaient encore les vacances d'été, par conséquent la circulation était encore fluide sur les grandes artères. Si John parvenait à convaincre Taggart de son plan, il devrait mettre cinq à six heures pour revenir. John se leva de sa chaise, saisit sa veste d'uniforme et sortit.

"Lieutenant Jackson", appela-t-il. "J'ai rendez-vous à Long Island. Vous gardez la boutique !" Jackson ne se le fit pas dire deux fois. Trois minutes plus tard, il partait avec une limousine bleu foncé et quittait le garage de la Préfecture de la Police de l'espace.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 1. Juni 2013, 04:52:41 Uhr
 [motz] je venais de terminer mon message, j'ai tout coupé, trop nulle  [motz] ! Bon, je recommence...

Hallo Leute  :) !

@ Free Nurara :

That really sounds funny! Like an old Lieutenant should have a look at a store of women's clothes... ;D
what guy or girl is it you don´t like? I gonna kill him/her within the next pages... grrrr  ;)

Ich versuche, Volksausdrücke zu benutzen, um den Vernunft des Textes zu übersetzen.

Nein, du kannst nicht ihn töten ! Er ist eine wichtige Figur und  ich freue mich darauf, zu sehen, welche Rolle er spielen wird ... Er ist Peter ! Ich möche nicht dass er Joan in Gefahr gebracht hat, aber natürlich ist Joan auch verantwortlich !

@ les Francophones : voici la suite... avec des nouvelles de Joan

bizz

Limeye  :)


Chapitre 11

Joan sortit de son inconscience avec des douleurs dans le cou. Ses épaules étaient en feu, parce qu'ils avaient enchaîné ses mains à la tête d'un cadre de lit rouillé. Elle était couchée sur le dos sur un matelas moisi. Elle regarda autour d’elle, elle se trouvait dans une cave humide en briques grises. Quelque part l'eau coulait sur le sol de pierre sombre. Elle n’était plus à bord du Tennessee, c’était certain. Mais où l’avait-on emmenée ? Depuis combien de temps était-elle enchaînée ici ? Joan baissa les yeux vers elle-même. Elle était toujours habillée et visiblement pas blessée. On lui avait juste enlevé sa veste en cuir pour lui faire une couverture de fortune. Il faisait relativement froid dans cette pièce, et une petite lampe au-dessus d’une porte en bois massif apportait une faible lumière jaunâtre. Joan saisit les chaînes et essaya de se redresser, mais elle ne pouvait pas le faire parce qu'elle était également enchaînée aux pieds. A côté du lit moisi se trouvaient ses bottes, un vieux fauteuil en métal et une table en bois brut. A travers une la fente de la porte, Joan put tout à coup découvrir un éclat lumineux et entendre des pas. Une clé fut glissée dans la serrure et tournée. La porte s’ouvrit vers l’intérieur. Une Samedienne avec un plateau dans ses mains entra. Joan la reconnut immédiatement, c'était Lilla, la sœur jumelle de Tabra qui avait été tuée. Sans un mot, Lilla posa le plateau sur la table et s'assit dans le fauteuil. Elle se redressa et lui dit : "Vous êtes réveillée. C’est bien. Je vous ai apporté quelque chose à manger. Vous devez avoir faim."

"Depuis combien de temps suis-je ici ?" demanda Joan d’une voix éraillée.

"Je ne sais pas", répondit Lilla. "Cela fait au moins huit heures que vous êtes ici."

Joan réfléchit un instant. Quand elle avait été frappée par les soldats, il était environ quatre heures quarante-cinq du matin. Par conséquent, il devait être midi, au moins sur le Tennessee. Les Samediens avaient plus de deux heures d’avance sur eux. C’était donc l’après-midi à cet endroit où Joan soupçonnait avoir été emmenée. "Quelle heure est-il ici ? Et où suis-je ?" demanda-t-elle à Lilla.

"Selon votre heure, il est environ 15h30. Qu’entendez-vous par 'où vous êtes' ? Vous êtes sur Sameda II bien sûr", répondit la Samedienne à la peau noire avec insolence.

Joan roula des yeux. "Quel est cet endroit ? Où se trouve cette cave ?"

Lilla se leva et sortit une petite clé de son gilet brodé coloré. "Je m’en vais maintenant, Joan. N’essayez pas de me résister. J'ai des réflexes rapides et je pourrais vous tuer d’une seule main."

Joan savait que Lilla disait la vérité et resta calme. Elle sentit comme une grande bénédiction de pouvoir être en mesure de redonner à l’articulation de son épaule une position normale. Lilla ouvrit les entraves et dit : "Vous pouvez vous asseoir à table et manger. Je vous ai cuit de la viande de Pregha et des racines d’Y'Quef. C’est similaire au goût du porc et des pommes de terre sur la Terre. Vous pouvez manger en toute sécurité. Il est épicé et très savoureux."

Quand Joan se leva lentement et s'étira, Lilla s’éloigna un peu d’elle. Joan s'assit à la table et souleva le couvercle de la casserole. La nourriture semblait appétissante et son odeur également. Elle prit les couverts et commença à manger. "Et ce n'est pas empoisonné ?" demanda Joan tout en mâchant et en jetant un regard de côté vers Lilla.

Lilla secoua lentement la tête. "Je n'ai aucune raison de vous tuer... si vous ne m'en donnez pas", répondit-elle calmement.

"Que voulez-vous de moi de toute façon ? Pourquoi suis-je ici ?"

Lilla haussa les épaules. "Je ne sais pas. Je n'ai que la tâche de prendre soin de vous et que vous ne fassiez pas de mal."

"Votre oncle ? A-t-il quelque chose à voir avec ça ? Ou Javeed Reebah ?" ajouta Joan. Lilla n’était pas vraiment communicative.

Lilla démentit. "Mon oncle est seulement un des sbires de Javeed et Javeed a des choses bien plus importantes à faire que de perdre son temps avec vous. Les soldats qui vous ont amenée m'ont juste dit de vous enfermer, de vous nourrir et de bien vous traiter. On prendra soin de vous plus tard. C'est tout."

Joan réfléchit. Si elle ne présentait pas d'intérêt pour l'oncle de Lilla, Povlek, ou pour Javeed Reebah, il ne pouvait alors s'agir que de Kuolun qui l'avait faite emprisonner ici. Si elle était donc otage de Kuloun, un gage pour sa sécurité, dans le cas où Curtis devrait apparaître ici. Mais comment Curtis pourrait-il l'apprendre ? A ce moment, Joan se rendit compte qu'elle et les forces de police auraient dû être récupérées depuis bien longtemps par l'Acer. Et l'Acer avait-il quitté le système sans avoir rien trouvé ? Alors Garnie en serait informé. Ou alors le vaisseau de la police avait-il été lui aussi victime de l'artillerie lourde du Tennessee ? Joan espérait vivement que pour ce dernier, ce n'était pas le cas. Parce qu'alors, elle en avait bien peur, elle serait perdue. Il lui fallait donc essayer de quitter de son propre chef sa prison. Par conséquent, Joan décida d'être en bons termes avec Lilla.

"Lilla, ce repas est vraiment excellent", dit-elle honnêtement. "Vous êtes une excellente cuisinière !"


Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 1. Juni 2013, 09:54:16 Uhr
Et maintenant, des nouvelles de Nurara...

Jurant tout bas, Nurara était perplexe, son vaisseau se trouvait à huit cents mètres du bureau de Jessof. Il pleuvait des cordes et un vent glacial lui frappait le visage. En peu de temps, ses vêtements de cuir noir furent trempés et se collèrent à elle comme une seconde peau sur son corps. Toutefois, un sourire éclaira son visage quand elle découvrit la silhouette élégante de son yacht nommé Up jumped the Devil. Dans quelques minutes, elle quitterait l’inhospitalière planète d’Haroa et volerait vers un nouvel avenir. Elle tapa le code d'accès de la trappe et se rendit à bord. L’intérieur sentait le renfermé, après quelques semaines d’absence, l’air était un peu fade, mais c’était respirable. Avant de préparer le vaisseau pour partir, elle entra dans sa cabine privée, spacieuse, et se changea avec des vêtements secs. Sur la console de communication clignotait une lumière rouge, signe d’un message entrant. Nurara alluma l’appareil et découvrit un message vidéo, envoyé par sa mère Emelda. Nurara écouta le message et s'assit sur son lit.

Hello ma chérie ! J’espère que tu es bien arrivée sur Haroa. Jelana se porte bien, mais tu lui manques ! Elle appelle constamment après toi et te cherche partout. Par ailleurs, elle commence à ramper.

A ces mots, Nurara sentit son cœur se serrer de manquer les premiers essais de locomotion de sa fille, cela la rendit triste.

Je ne te dérangerais pas si je n’avais pas des nouvelles importantes à te communiquer. Peu de temps après ton départ, Newton est venu me voir et voulait savoir où te trouver. Je ne lui ai rien dit, mais il m’a arraché la promesse de te prévenir !

Emelda sourit joyeusement à ce sujet.

Il a réalisé qu'il perdait son temps à s'occuper de toi. Mais il m'a demandé avec insistance de te prévenir, afin que tu te mettes en contact avec lui. Cela semblait très important pour lui. Newton a laissé quelques fréquences sécurisées avec lesquelles tu peux le joindre. Je te les ajoute à ce message. S’il te plaît, contacte-le. Et s’il te plaît, tiens-moi au courant. Rentre bien à la maison, ma chérie. Tu nous manques !

En soupirant, Nurara quitta sa couchette et se dirigea vers la console pour charger le fichier dans l'ordinateur de bord. Puis elle descendit dans la cabine de pilotage et commença à préparer le décollage. Alors que Nurara préparait le départ, elle laissa l'ordinateur de navigation calculer la direction de sa nouvelle planète, la Terre.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 1. Juni 2013, 10:57:35 Uhr
Tout ce chapitre qui vient est vraiment bien rendu aussi, avec des atmosphères et des ambiances différentes selon les protagonistes. Dans le passage suivant, on se sent vraiment avec Kat qui chemine dans les couloirs et recoins du Tennessee pour tenter d'échapper aux soldats. Mais elle n'y perd pas sa finesse et son humour...  ;)

Limeye  :)


Katherine avait perdu toute notion du temps et un peu de l'orientation. Pieds nus, avec une robe en lambeaux et une ceinture d'armes lourdes sur le corps, elle se glissa à travers des passages latéraux déserts et les conduites d'alimentation de l'énorme croiseur de bataille, avec toujours la crainte d'être prise par des soldats. Elle avait été frappée à plusieurs reprises à la tête et était couverte de bleus et de griffures, et la sueur faisait couler son maquillage de la veille. Avec Takashi, Katherine avait essayé de mémoriser les voies de circulation les plus importantes du vaisseau. Mais la réalité rendait le cheminement sur le Tennessee plus que difficile. En une demi-année, de nouvelles coursives avaient été nécessaires, pour permettre de se déplacer facilement sur les dix ponts. Le Tennessee comptait soixante-trois ponts. Katherine était parvenue à une intersection. Le numéro de ce pont et le numéro de passage étaient indiqués aux parois. Un peu perplexe, elle regarda les étiquettes. Elle était complètement perdue et avait besoin d'aide. A qui pouvait-elle demander, sans se mettre en danger ? Ce fut seulement à cet instant qu’elle se souvint de Marijke Van den Bosch. Katherine se retira dans un recoin sombre et s'assit sur le sol en acier froid. Elle prit le communicateur de Rodriguez et fouilla dans son répertoire. Elle trouva rapidement le contact de Marijke Van den Bosch et l’appela. Elle n’attendit pas bien longtemps que Van den Bosch prenne l'appel et qu’elle reçoive une série d’invectives.

"Comment osez-vous, moi aussi m’appeler, espèce de sale porc ? Qu’est-ce que vous avez fait ? Vous êtes sans scrupules..."

"Rijke, s’il vous plaît ! Ecoutez-moi !" murmura Katherine aussi clairement que possible. "Je ne suis pas Rodriguez, c’est Kat ! Kat Ballard ! Comprends-tu ?" Le silence lui répondit.

"Kat ? Pour l'amour de Dieu ! Comment peux-tu appeler avec le communicateur de Rodriguez ? Et où es-tu ?" Marijke était complètement surprise.

"Hot Rod a essayé de me violer. J'ai réussi à lui échapper, il est ligoté et bâillonné, et à m’emparer de son communicateur et de son arme. Vous auriez dû le voir. Les mains par dessus la tête et ses organes génitaux à l’air libre..." répondit Katherine laconiquement. Elle entendit Marijke rire à l'autre extrémité.

"L’espèce de salaud", répondit Marijke amusée. "Mais dis-moi, Kat, que veux-tu ? Où es-tu ?"

"J'ai perdu mon chemin. Je suis à un carrefour sur le pont numéro seize, à la recherche d'un passage vers les locaux de la police, peu ou pas fréquenté si possible. Le carrefour porte les numéros quatre et quarante-trois."

"Laisse-moi réfléchir, Kat. Quatre et quatre-trois… Tu es… Tu te trouves à environ une cinquantaine de mètres de l’accès au pont quatre, suis les petits faisceaux rouges. Puis tu arriveras à une cloison. Dans cette cloison se trouve une petite pièce avec un droïde de nettoyage. Ouvre la trappe, tu pourras seulement ramper. C’est étroit. Sur ta gauche, il y a une autre trappe. Au-dessus se trouve une échelle qui te permettra d’accéder au pont 4. Quant tu seras sur le pont 12, passe par la trappe, au bout du couloir à la première intersection. Nous nous retrouverons là. Je t’attendrai ! Et abandonne le communicateur de Rodriguez ! Vraisemblablement, il activera le logiciel de suivi et il pourra te repérer !"

Katherine regarda stupéfaite l'appareil. Elle aurait dû y penser elle-même. "Oui, je vais le faire disparaître et je sais déjà où. Combien de temps me faudra-t-il pour te rejoindre ?" "Si tu es rapide, environ un quart d'heure. Sois prudente sur l'échelle. Si tu tombes, tu fais une chute de quatre-vingt pieds."

"Merci, Rijke. Je ferai attention. A plus tard." Katherine se leva et éteignit le communicateur, avec l'espoir que le logiciel de suivi avait également été coupé. Puis elle suivit le chemin décrit par Marijke. Encore et encore, elle dût s’enfoncer dans des recoins et attendre que des soldats qui passaient aient disparu de sa vue. Ils étaient tous armés jusqu'aux dents, mais aucun d'entre eux ne semblaient chercher Katherine. Elle trouva sans problème le local du droïde de nettoyage. Elle referma doucement la porte rabattable derrière elle puis elle se mit à ramper en serrant le ventre. Elle trouva trois droïdes de nettoyage en réfection, qui la regardaient comme si quelqu'un avait placé deux bols de soupe devant l'autre monté sur un châssis. Sur la tête des droïdes, Katherine découvrit un simple communicateur, mais également adapté pour les appels vocaux. Le droïde était un appareil pour la navigation. Katherine eut une idée. Elle prit le communicateur de l'interface et le mit en marche. Puis elle actionna l’un des dispositifs du communicateur et recopia les données personnelles de celui de Rodriguez, ainsi que sa liste de contacts. Puis elle coupa le communicateur de Rodriguez et activa l’interface de celui du droïde. Avec un doux gazouillis, le bol de soupe grise à roulettes se mit en mouvement. "Allez, retourne à ton propriétaire ! Brave Hundi…" murmura Katherine, en souriant en voyant le droïde disparaître par la porte dans le couloir.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 1. Juni 2013, 14:39:35 Uhr
Chère Kat... Décidément, je l'adore! Elle ne perd jamais son humour, même dans les circonstances les plus pénibles, et c'est une de ses qualités que j'apprécie le plus!  ;D

Flamme
 :D
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 1. Juni 2013, 14:54:04 Uhr
Oui, Kat est vraiment un personnage super !

Voici l'entrée en scène d'un autre personnage que j'aime beaucoup, l'Amiral Taggart. Je n'ai pas pu m'empêcher, vous le savez, de faire un petit clin d'oeil à Free Nurara concernant ce personnage en le reprenant dans le cadavre exquis de Frégo. Je vous laisse faire sa connaissance... en même temps que John !

bizz

Limeye  :)


Après une cinquantaine de minutes de voiture, John fit tourner le volant de la limousine dans la rue de Cedar, de la petite ville d’Hampton, à Long Island. La rue de Cedar était une impasse, avec de belles villas. La maison de l'amiral Taggart se trouvait au bout de la rue et offrait une vue magnifique sur l'Atlantique. Alors que John roulait lentement pour remonter la rue, il fut considéré avec méfiance par les habitants, un officier de police de l'espace était rarement aperçu par ici.

John gara la limousine devant l'allée et en sortit. Une légère brise venue de la mer apportait l'odeur du sel et du poisson. Il regard sa montre, il était juste 10h30. Déterminé, John se dirigea vers la petite porte, peinte en blanc. Dans le jardin devant la villa, un garçon blond et une fille blonde d’environ six et huit ans jouaient. John leur fit un signe amical et cria : "Hello ! Est-ce bien ici qu’habite l’Amiral Hank Taggart ?"

La petite fille se leva et fit quelques pas vers lui. "C'est mon grand-père. Qui êtes-vous ?", demanda-t-elle avec suspicion. En petite fille bien éduquée qu'elle était, elle gardait avec l'homme étranger une distance de sécurité.

"Je suis le Capitaine John Milner, de la police de l'espace à New York. J'aimerais beaucoup parler avec votre grand-père", répondit John en souriant.

"Grand-père le sait-il ?"

John secoua la tête avec impatience. "Non, non, certainement pas. J'ai besoin de l'aide de votre grand-père. Pouvez-vous s'il vous plaît le prévenir ?"

La petite fille se retourna et cria de toutes ses forces : "Mamaaaaaaaaaan ! C'est la police qui veut voir grand-père !"

Quelques secondes plus tard une jolie femme blonde, d'une trentaine d'années, sortit en courant de la maison. "Qu'est-ce qui se passe, Sally ? Que veux-tu ?" dit-elle surprise. Quand elle vit le jeune homme en uniforme bleu sombre debout devant la porte, elle fit un pas encore plus rapide. Elle alla à la porte et regarda John étrangement.

John regarda la femme aux yeux verts et aux taches de rousseur sur son nez retroussé et dit : "Je vous prie de bien vouloir m'excuser, Madame. Je suis le Capitaine John Milner, de la police de l'espace. J'aimerais parler avec l'Amiral Taggart." Il tendit la main à la femme. Qui, cependant, garda ses poings sur ses hanches.

"Vous voulez voir mon père ? Qui est contre lui ?" demanda-t-elle, le front plissé.

"Par Dieu, rien de grave, Madame. Je… nous avons besoin de son aide. Je voudrais poser quelques questions à votre père au sujet de son dernier vaisseau. Juste quelques questions, après je repartirai, je vous le promets." John sourit avec confiance. La femme qui se trouvait en face de lui était très courageuse et plutôt sans humour.

Elle prit une profonde inspiration et sortit, puis lui ouvrit la porte. "Entrez" dit-elle avec un sourire assez sympathique. "Je suis Karen Taggart-Baker. Faisons le tour de la maison, mon père est quelque part dans le jardin."

Lorsque John entra dans le jardin, il y fut reçu par un géant de près de deux mètres avec de larges épaules et les bras forts. Il avait les cheveux gris, coupés courts comme un militaire, une belle barbe, et de sympathiques yeux bleus emplis d’humour. Il serra fermement la main de John. "Hank Taggart, bienvenue, Capitaine", dit-il d'une voix grave et profonde. "Il était difficile d'ignorer les cris de ma petite-fille."

"John Milner, de la police de l’espace", répondit John en serrant à son tour la main de l’Amiral. Taggart avait une poigne comme un étau.

Taggart désigna d’un geste une table avec un banc et deux chaises. Sur la table étaient posées des tasses et une cafetière. "S’il vous plaît, Capitaine, prenez place. Qu'est-ce qui vous amène ici ? Un café ?"

John hocha la tête et s'assit sur une chaise avec gratitude. "Amiral, vous souvenez-vous de la Major Katherine Ballard ?"

Taggart servit à John un café parfumé et aromatique. "La belle psychologue de la police ? Bien sûr ! Une grande femme qui a passé une demi-année sur mon vaisseau, et a fait du bon travail. J’ai apprécié de travailler avec elle, elle était très sympathique. Que lui arrive-t-il ?"

John prit une gorgée de café avant de répondre. "Elle est retournée avec quelques agents à bord du Tennessee, Monsieur."

Taggart s’appuya en arrière contre le banc avec sa tasse à la main. "Nouveau travail, hein ? Sous les ordres de Becker, mais elle n'aura pas autant de plaisir au travail", répondit-il avec un sourire narquois.

John se sentit mort de peur tout d'un coup. "Monsieur, je crains qu’il ne soit plus du tout question de plaisir."

Taggart haussa un sourcil. "Que voulez-vous dire, jeune homme ?"

John prit une profonde inspiration. "Monsieur, le Tennessee a disparu depuis ce matin, vers sept heures heure locale, dans le système de Samedi. Avec lui, le transporteur d'escorte le Courageux et trois navires d'escorte. Là où se trouvait la flotte ont été retrouvées les épaves de trois autres navires d'escorte et une frégate hôpital gravement endommagée. Un de nos vaisseaux, qui devait récupérer la Major Ballard et ses agents, réalise actuellement des opérations de sauvetage."

Le visage bronzé de l'amiral était pâle sous le choc, le tremblement de sa main gauche fit cliqueter la tasse sur la soucoupe. "Quoi ? Que dites-vous ? Quelqu'un a attaqué l’unité ?" s'écria-t-il, consterné, et il reposa la tasse de café.

"Eh bien, Monsieur, c’est bien là le problème", déclara John. "Nous soupçonnons… non, nous sommes certains qu’une mutinerie s’est produite à bord du Tennessee. Le premier officier et un criminel recherché dans toute la galaxie et répondant au nom de Kuolun se sont emparés de la flotte et ont pris le commandement. Nous supposons que les vaisseaux ont été détruits par les canons du Tennessee et qu’il se cache encore dans le système de la fédération."

Taggart s'était levé et marchait de long en large dans le jardin, les poings serrés. "Rodriguez", grogna-t-il. "J'ai eu un pressentiment. Je me suis toujours opposé à ce que cet homme vienne sur mon vaisseau. Je n'ai jamais voulu de lui parmi l'équipage. Mais l'Amirauté m'a simplement dit de le tenir à l’œil. Et maintenant, il fait même cause commune avec Kuolun ! Sur mon vaisseau !" Taggart se tourna vers John. "Mais qu’attendez-vous de moi ? Je suis à la retraite !"

John s’était également levé et regardait le grand vieil homme avec détermination. "Monsieur, Katherine est ma fiancée, par conséquent, je voudrais vous demander de l’aide, pour la récupérer ainsi que les agents. En tant qu’amiral à la retraite, vous pouvez toujours reprendre du service, je connais les règles. Personne ne connaît mieux le Tennessee que vous, Monsieur. Combien de temps avez-vous servi sur ce vaisseau ? Sept, huit ans ?"

"Presque dix, jeune homme ! Je l'ai mis en service", répondit Taggart. "Et oui, je connais chaque rivet, chaque soudure, vous pouvez me croire." Taggart sourit. "Bien, allons. La petite Ballard est votre fiancée ? Ma foi, vous êtes un gars chanceux ! Le savez-vous ? Je n’y réfléchis pas à deux fois. Je vais vous aider !"

Une demi-heure plus tard, John était sur le chemin de retour vers New York. Assis à côté de lui sur le siège du passager se trouvait Taggart dans son uniforme d'amiral, qui venait d'être en contact avec l'Amiral Dubois.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 1. Juni 2013, 18:02:34 Uhr
Une scène de combat et de sauvetage qui fait froid dans le dos...  [badhairday] [afraid]


"Commandant des Walkyries à Siegfried. Nous serons dans trois minutes dans la zone des combats. S’il vous plait, quelles sont les cibles ?"

"Ici Siegfried. Commandant des Walkyries, vous avez le champ libre. Faites feu sur tout ce que vous verrez. Aucun vaisseau intact de la zone de combat ne doit quitter le système."

"Commandant des Walkyries. C’est compris, Siegfried. Nous allons commencer à viser. Commandant des Walkyries terminé."

Les douze bombardiers lourds Libérateur se placèrent en formation serrée dans la noirceur de l'espace. "Commandant Walkyrie à son escadrille. Deux à six, occupez-vous de la frégate, sept à onze, du vaisseau de la police. Numéro douze avec moi, nous nous attaquerons au cargo." Le commandant des Walkyries entendit les onze confirmations par les haut-parleurs de son casque. "Escadrille des Walkyries. Préparez vos armes ! Nous y voilà !"

Sur le pont de l’Acer, c’était la précipitation. Ils étaient parvenus à transférer à ce moment-là les 374 membres de l’équipage, via un long tuyau de deux mètres de large de diamètre et de cinquante pieds de long, du Cherish à l’Acer. Les derniers vingt-neuvièmes hommes se trouvaient toujours dans le tuyau accroché au vaisseau de la police. Seul la Capitaine Simmons et le Commandant de la frégate-hôpital étaient encore dans la trappe du Cherish, lorsque Simmons entendit une annonce par le haut-parleur. "Burrows, ici Jenny, dépêchez-vous ! Les bombardiers sont à portée de vue !"

Simmons, bien sûr, ne pouvait pas répondre et dit au commandant du Cherish : "Ok, Lieutenant Commandant Fawke. Nous allons monter à votre bord, merci." Fawke jeta de nouveau un regard triste en arrière, puis se mit à avancer. Simmons le suivait de près.

Tout à coup, il y eut une autre annonce. "Torpilles en approche ! Impact dans dix secondes !" Un léger grondement se fit entendre, les machines de l'Acer ont été comme soulevées, et c'est avec un sifflement aigu que le robuste tube en aluminium encaissa la rescousse. Fawkes réussit tout juste à entrer dans l’Acer alors qu’un grondement sourd et un fracas, suivi par un fort tremblement du vaisseau lui firent soulever ses pieds. Les premières torpilles avaient frappé le Cherish. Avec de grands yeux, il regarda en arrière. La trappe du Cherish causa une première fissure au tube de secours et on pouvait voir clairement comment il évoluait dans l’atmosphère. Jenny Simmons avait encore environ quatre mètres à parcourir, avant de sentir elle aussi la terre ferme sous ses pieds. D’autres chocs suivirent, et les fissures s’agrandirent. Le vide commençait à tirer sur les vêtements et les cheveux de Simmons. "Dépêchez-vous, Capitaine !" appela Fawke encore une fois avant d’être brutalement poussé sur le côté par un caporal de l’Acer. Le caporal avait enfilé un harnais de sécurité et tendu le bras vers Jenny Simmons.

"Vite, Capitaine ! Chaque seconde compte ! Prenez ma main !" Il cria pour se faire entendre malgré le bruit en plus en plus fort de l'atmosphère qui s'échappait. Simmons se trouvait seulement à un mètre et demi de la main salvatrice du caporal. Une autre secousse frappa le vaisseau, et encore une autre, plus grave. A ce moment, le tuyau s’arracha complètement de la trappe du Cherish et l'explosion envoya l’air de l’Acer dans l'espace. La panique envahissait Jenny Simmons, instinctivement elle retint son souffle. Le casque du caporal se ferma automatiquement et lui apporta de l'air. Du casque sortait un autre tube de respiration, qui était destiné à Jenny Simmons. Le caporal devait seulement l’atteindre. Il se pencha et accrocha le harnais. Ca tenait. Derrière Simmons, il pouvait voir le Cherish s'éloigner lentement. Ses doigts touchèrent la Capitaine. La lumière vacillait à l'intérieur de la frégate, puis s’éteignit pour la dernière fois. Tout d'un coup, l'aspiration cessa. Tout l'air du sas de pression s’était échappé. Simmons et le caporal étaient maintenant dans le vide complet. Il devait se dépêcher pour protéger la femme de la mort du zéro absolu. Tant qu'elle pouvait respirer, ses poumons résisteraient sans se déchirer. Il mit la main sur le poignet droit de Jenny et la tira près de lui. Puis il lui mit le tube respiratoire dans la bouche et se prépara à franchir la trappe. De sa main libre, il ouvrit le mécanisme de verrouillage et ferma la trappe. Automatiquement de l’air fut renvoyé dans le sas de pression. Le caporal serra fermement Simmons contre lui et attendit jusqu'à ce que la pression atmosphérique du sas soit de nouveau normale et que le témoin lumineux passa du rouge au vert. Doucement, il retira ensuite le tube de la bouche de Jenny et le casque. Les yeux brun foncé de la belle femme maorie brillèrent avec gratitude. Elle enroula ses bras autour de l'homme surpris et lui donna un long baiser intime.

Walkyrie 1 et 12 n’avaient eu aucun problème avec le cargo Big Iron, qu’ils tentaient de briser en morceaux, de déchirer avec quatre torpilles à protons bien placées. Il se brisa en deux parties, qui disparurent dans une énorme explosion rouge-jaune.

Walkyrie 7 à 11, quant à elles, eurent beaucoup plus de travail avec le vaisseau de la police. Les canons antiaériens légers de l'Acer détruisirent facilement neuf torpilles par des tirs de barrage. Une seule torpille explosa et eut un effet important sur les boucliers de protection du croiseur.

Lorsque les cinq bombardiers furent à portée de ses canons, ils se placèrent à cent quatre-vingts mètres du vaisseau de la police et firent feu avec de lourds lasers et canons à turbo. Walkyrie 9 fut touchée par une série de tirs de l’Acer et se transforma en une fleur qui s'épanouit en un temps record. Walkyrie 10 avait seulement eu un peu plus de chance. Des coups lourds sous le fuselage et les moteurs avaient forcé l'équipage du bombardier à s’éjecter. Il ne restait plus guère qu’un petit vaisseau spatial hors de portée de l'Acer, qui explosa du fait de la surcharge de ses moteurs. Les bombardiers restants se regroupèrent pour une nouvelle attaque à la torpille.

La Major Burrows sut profiter de la courte pause causée par l'explosion. Après avoir signalé que la Capitaine Simmons était en toute sécurité à bord, elle ordonna de rejeter le tube de sauvetage et de relancer les machines à pleine vitesse. Le navigateur mit une centaine de secondes pour atteindre le point du saut dans l'hyper-espace. Ces presque deux minutes parurent à Jade Burrows durer une éternité. L'Acer sollicita encore tous ses cylindres. Tout l'équipage du pont regarda sur un moniteur la destruction du Cherish. La forme allongée du vaisseau, comme une flèche courbée en deux, puis une série d'explosions au sommet du vaisseau jusqu'à l'explosion finale dans la coque avait fait éclater  comme un fruit mûr et dans toutes les directions le malheureux vaisseau.

"Walkyrie 7 à Commandant Walkyrie. Le vaisseau de la police tente de s’échapper. Nous allons nous accrocher." Le pilote visa les moteurs de l’Acer et dirigea ses torpilles. Juste pour s'assurer qu'il était suffisamment proche de l'Acer, à portée de ses canons. Les deux derniers hommes avaient été victimes des tirs défensifs. Walkyrie 7 était maintenant seul et pour un moment. Il choisit les huit torpilles restantes et les arma pour une seule salve. Dans son esprit, il compta à rebours jusqu’à cinq. L'un des pilotes appuya sur le bouton de tir et huit lourdes torpilles à protons quittèrent les baies d'armement du bombardier Libérateur, laissant une trace bleu-blanc étincelante. A neuf fois la vitesse du son, les projectiles furent tirés sur le vaisseau en fuite.

"Torpilles en approche, Skipper !" cria l’officier. "Impact dans huit secondes."

"Navigation ?" demanda Jade Burrows d’un ton catégorique. Avec étonnement, la femme rousse regarda autour d’elle sur le pont.

"Passage à la vitesse de la lumière dans trois, deux, une seconde. Go !" lui répondit-on. Une légère secousse fit vibrer l’Acer et les étoiles se transformèrent en longues bandes. Pendant un moment, on pouvait entendre comme une mouche voler sur le pont. Ensuite, une jubilation indescriptible éclata. Jenny Simmons, qui avait déjà gagné le pont quelques secondes plus tôt, tomba dans les bras de Jade Burrows en lui sautant joyeusement au cou. Ils avaient réussi. L'équipage de l'Acer avait sauvé quatre cent trente vies et échappé à une attaque à la torpille menée par un ennemi bien supérieur.

Walkyrie 7 regarda avec joie la façon dont les torpilles avaient suivi leurs traces. Encore deux secondes avant l'impact. Mais le vaisseau de la police commença à vaciller devant ses yeux, se retira dans son champ de vision et disparut dans un éclair à la vitesse de la lumière. Walkyrie 7 était déçu par la façon dont ses munitions avaient disparu dans les profondeurs de l'espace.

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 1. Juni 2013, 19:48:08 Uhr
Deux soldats armés de fusils automatiques se trouvaient à l'intersection du couloir, où, quelques minutes plus tôt, Katherine avait disparu derrière la petite porte d'accès. Un des deux soldats regarda le communicateur et leva la main pour faire signe à son camarade de ne pas bouger. Il activa l'écran et  montra un petit point rouge qui s'approchait lentement a environ soixante mètres de distance dans l'allée transversale. "Elle est là", chuchota-t-il en rangeant l'appareil et en prenant son fusil. Son compagnon hocha la tête et fit de même. Un mauvais sourire éclaira le visage du soldat qui tenait le communicateur et se pressait le long du mur, son ami s’était positionné pour le couvrir. Quant ils arrivèrent à la jonction, tous deux entendirent un vrombissement, accompagné d'un bourdonnement électronique et de gargouillis. Le premier soldat ouvrit ses doigts et silencieusement compta à partir de cinq. Lorsqu’il arriva à zéro, il se jeta avec un saut de carpe de l'autre côté et a couvert le passage de tirs rouges avec le blaster. L’autre soldat tira également. Quand les deux tirs se croisèrent, le droïde de nettoyage explosa en une sorte de cri strident électronique comme s’il avait ressenti la douleur. Une fois qu’une fumée dense se fut dissipée, les deux soldats se regardèrent perplexes. Tenant toujours leurs fusils, qu'ils marchèrent lentement vers le tas de ferraille encore fumant d'étincelles, qui avait été quelques secondes auparavant un droïde de nettoyage. Le soldat de rang inférieur trouva dans les restes carbonisés le communicateur et l'examina, puis il s’adressa à son supérieur avec un sourire ironique : "Allez expliquer cela à Rodriguez…"

Katherine était descendue avec précaution jusqu’en bas de l’échelle. Le métal des minces barres était froid sous ses pieds nus. Un vent glacial s’engouffrait dans l’étroit passage et la faisait frissonner. La baie elle-même n'était que faiblement éclairée, tous les dix mètres comme dans une sorte de brume, par des lampes à la lueur jaunâtre fixées dans le mur. Marijke Van den Bosch lui avait dit qu'elle devait descendre quatre ponts, ce qui correspondait à une distance d’environ vingt-cinq mètres. Katherine avait parcouru cette distance, mais elle devait descendre très attentivement du fait du manque d'éclairage qui ne lui permettait pas de distinguer quoi que ce soit. Une fois, elle faillit glisser.

Quand Katherine atteignit le pont 12, elle trouva une trappe qui ouvrait sur le pont supérieur. Au-dessous de la trappe il y avait une zone plus large sur laquelle elle allait pouvoir se tenir debout plus confortablement. La trappe présentait aussi un mécanisme d'ouverture constitué d'un bouton vert et d’un bouton rouge lumineux. Katherine appuya sur le vert, et tout naturellement, la trappe s'ouvrit avec un bruit de sifflement et laissa apparaître un tunnel sombre. Encore une fois, elle vit les deux boutons lumineux. Katherine se glissa dans le tunnel et appuya sur le bouton rouge. La trappe se referma, et elle s'assit sur le sol sombre. Katherine se mit à tâtonner. Le tunnel mesurait seulement trois pieds de long, et elle put se déplacer facilement vers l’avant en se mettant à quatre pattes. Mais était-ce bien l’endroit que Marijke avait mentionné ? Katherine ne pouvait pas le voir, et maintenant elle devait espérer que Marijke était honnête et qu’elle n’avait pas attiré Katherine dans un piège. Elle n’avait pas d’autre choix, que de le découvrir. Spontanément, Katherine commença à avancer et à se glisser à l'aveuglette. Le plancher de métal était composé d’arêtes vives et égratigna à plusieurs reprises les genoux nus de Katherine. Elle laissait probablement déjà une traînée sanglante sur le métal. Soudain, il lui sembla voir par moment clignoter une lumière blanche au loin. Marijke devait se trouver à environ 20 à 30 mètres de là. Prudemment, Katherine sortit le pistolet blaster de sa ceinture et continua à avancer lentement et aussi discrètement que possible. Elle approchait de la source lumineuse, et entendit chuchoter une voix de femme : "Psst ! Kat ! Hey, Kat, es-tu là ?" C’était bien Marijke. Katherine n'osa pas répondre. Elle s'allongea sur son épaule gauche et se passa lentement sur son visage la paume de sa main libre tout en poussant sur ses pieds. Devant elle, quelque chose bruissait dans l'obscurité. Soudain, le rayon de lumière blanche se posa sur elle et l’aveugla directement et douloureusement. "Tu es là, Kat. Je croyais qu'ils t'avaient attrapée !" chuchota Marijke avec crainte.
 
"Arrête ça, ça fait mal !" siffla Katherine, après quoi Marijke diminua la puissance du cône de lumière et le projeta vers le sol. Les yeux de Katherine mirent quelques secondes à s’habituer à l'obscurité. Elle regarda Marijke, elle semblait tout autant amochée que Katherine. Marijke avait quelques égratignures et éraflures sur le visage et les bras, ses franges blondes décoiffées encadraient son visage confus. "Pourquoi es-tu là, Rijke ?" voulut savoir Katherine.

Marijke sourit douloureusement. "Pour la même raison que toi. Rodriguez s’est mis en chasse après moi. Je vais te conduire jusqu’à la zone de la police, et je veux que tu me prennes avec toi là-bas", siffla-t-elle implorante. "Une fois que nous y serons, nous trouverons un moyen pour sortir du vaisseau."

"Rijke, je ne sais pas si je peux te faire confiance..." répondit Katherine avec scepticisme. "Je ne sais pas en qui je peux faire encore confiance ici."

En jetant un regard à couper le souffle sur le pistolet de Katherine, la chef de la sécurité répondit : "Tu as le fusil, et si tu veux sortir d'ici, tu dois me faire confiance. Ensemble nous pouvons le faire, seules, nous courons à notre perte. Alors ?"

"Oui, c’est vrai", grogna Katherine en faisant disparaître l'arme. "Qu’est-il arrivé à Becker ?"

"Aucune idée", soupira Marijke. "Si Rodriguez ne l'a pas déjà tué, Becker est probablement assis dans une cellule en train d’attendre son exécution ou quelque chose de ce genre. Depuis que j'ai quitté le bal, je n'ai pas revu Becker."

"Allons-nous faire quelque chose pour lui ?" renchérit Katherine.

Marijke secoua sa tête blonde et frisée. "Impossible. Les cellules de détention sont dans la zone avant, à environ six cents mètres de là, et dix-huit ponts au-dessus de nous. Ca nous prendrait des heures pour y arriver, ce serait un suicide. Et je pense aussi que la plupart des mutins est rassemblée à l'avant et remonte systématiquement vers l'arrière. La zone de la police se trouve seulement deux ponts plus bas et à environ trois cents mètres sur l'arrière. Si tout fonctionne bien, dans trente minutes, nous serons en sécurité", répondit-elle avec un sourire rassurant. "On y va ?"

"Quelle heure est-il ?" Katherine avait perdu toute notion du temps, elle avait également faim et soif, et  se sentait épuisée.

"15H30", répondit Marijke. Depuis son évasion de la cabine de Rodriguez, cela faisait onze heures que Katherine cheminait, sans boire ni manger.

"Allons-y, Marijke. Nous avons quelques détails à régler", dit Katherine en s’appuyant sur l’épaule de Marijke.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 1. Juni 2013, 21:54:04 Uhr
Dernière livraison pour aujourd'hui, avec un Rodriguez toujours plus odieux (et ce n'est pas fini...).

Bonne fin de journée à tous ! Bizz

Limeye  :)


Rodriguez entra dans la spacieuse cabine de l’amiral, là où se trouvait le Commodore Becker. Becker se redressa avec un regard fier de sa chaise en cuir lourd, il était gardé par deux soldats. Quand il vit Rodriguez, il se secoua. "Vous n’êtes pas le bienvenu ici, Hernando. Quoi que vous envisagiez, la flotte va vous pourchasser jusqu'aux extrémités de la galaxie, vous ne pourrez compter sur vous-même."

"Commodore Becker", déclara Rodriguez d'une voix douce, mais il parlait à Becker avec son rang effectif, et non avec sa désignation officielle, comme Commandant de la flotte. Le titre de Commodore était attribué aux officiers de l’Armée de l’Air qui n’avaient pas le rang d'amiral, mais devaient avoir ses pouvoirs de commandement et ses compétences. "La flotte ne nous trouvera pas si vite. Nous faisons route actuellement vers la ceinture d’astéroïdes. Nous nous y cacherons quelque temps, pour y effectuer une révision du vaisseau et nous débarrasser des membres d’équipage qui ne sont pas de notre côté." Ce que Rodriguez voulait vraiment, il le cachait, Becker ne pourrait de toute façon pas le deviner. Rodriguez s'était assis sur le bord de la table et laissait nonchalamment pendre une de ses jambes. "Joachim, je suis désolé, mais votre temps en tant que Commandant de la flotte est passé. En raison de votre mauvaise décision, nous avons perdu aujourd'hui trois, non quatre navires, y compris la frégate hôpital. Je crains de ne pas avoir d'autre choix que de vous arrêter en vertu de l'article Vingt-trois du code de la Marine", dit Rodriguez avec un sourire mielleux.

Becker fit un mouvement pour se lever de sa chaise, mais les deux soldats pointèrent leurs armes sur lui et Rodriguez posa catégoriquement une main sur son épaule. "Vous ne pouvez pas faire ça ! Vous avez ces vaisseaux sur votre conscience…" s’écria Becker avec force.

"Rasseyez-vous s’il vous plait, Joachim", dit Rodriguez toujours aussi amical. "Nous avons désormais deux options. La première : vous vous rendez avec ces deux hommes dans la zone de détention, où vous pourrez vous comporter de manière exemplaire en tant qu'ancien commandant, ou la seconde : vous insistez pour conserver votre charge, alors je serai malheureusement contraint de vous faire exécuter sommairement. Vous savez que je suis autorisé à le faire."

Becker repoussa la main de son épaule. "Ne me touchez pas, Rodriguez ! Dites-moi juste depuis combien de temps vous avez oeuvré pour vous emparer du vaisseau, hein ? Je me suis déjà demandé depuis un moment, ce que faisait le rejeton d’un des clans colombiens de la drogue dans la flotte ? Apparemment, vous êtes le mouton noir d’une famille dépravée, n’est-ce pas ?"

Rodriguez partit d’un rire bruyant. "Vous faites erreur, mon cher Joachim. Je ne suis pas le mouton noir, j’ai pour le coup beaucoup plus de succès que n’importe lequel des mes ancêtres !"

"Ha mais, je vous félicite", répondit Becker amèrement.

Rodriguez se leva de la table. "Bien, je crois que nous avons assez discuté. Puis-je vous demander de bien vouloir suivre maintenant les deux camarades ici présent jusqu’à votre cellule ?" Il souriait toujours nonchalamment, alors qu’il avait déjà une main sur la porte. Les deux soldats s’approchèrent et firent signe à Becker, sans un mot, de se lever. Avec un regard impuissant, l'officier allemand répondit à l’invitation.

"Qu’allez-vous faire de moi maintenant ?" demanda Becker.

Rodriguez eut un sourire contraint.

"Ca dépendra du temps. Si vous vous comportez correctement, cela pourrait vous sauver la vie", répondit-il en contournant le bureau. Rodriguez s’assit lourdement dans le fauteuil avec un soupir et appuya sur le bouton pour obtenir la communication de bord. Il se racla la gorge et dit d'une voix ferme : "A destination de l'ensemble de l'équipage. Ici le Commandant Rodriguez. Le Commodore Becker n’est définitivement plus bon pour le service, et m’a délégué le pouvoir de commandement, avec effet immédiat. Notre unité doit immédiatement se mettre en ordre de bataille, l'état de guerre est déclaré. Suivez les instructions des troupes qui patrouillent sur le Tennessee et le Courageux, c’est absolument nécessaire. Pour toute infraction, il sera fait usage des armes à feu sans autre avertissement. Rodriguez terminé." Rodriguez relâcha le bouton et se rassit sur sa chaise avec un sourire béat. "Voyez-vous, Becker ? C'est aussi simple que pour un transfert de commande. Maintenant disparaissez de ma vue !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 2. Juni 2013, 06:16:11 Uhr
Quel sauvetage!   [smhair]

Quelles retrouvailles, entre Kat et Rijke!  [goodjob]

Et quel détestable ordure que ce Rodriguez, il me donne de l'urticaire virtuel, celui-là... en plus des nausées!  [thumbsdown]

Et quelle impatience est la mienne pour la suite!  [jump]

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juni 2013, 06:20:41 Uhr
Coucou Flamme,

je vois que tu es là, la suite arrive... et j'ai eu tes mails, je vais te répondre pour ton petit déjeuner  ;)

oui, Rodriguez est vraiment une ordure, et je trouve que Free Nurara décrit vraiment très bien les méchants ! C'est important dans une histoire d'avoir des vrais méchants, bien réussis, bien décrits... toute l'histoire repose sur eux !

et celui-là, tu verras, il nous en réserve encore une scène terrible un peu plus loin...

bon, je m'installe, prépare mes fichiers et j'envoie la suite !

bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juni 2013, 06:24:33 Uhr
Début du chapitre 12, avec un retour auprès de Joan qui semble se souvenir de l'existence de Curtis... ben tiens, elle est dans mouise aussi, c'est pas son pilote qui viendrait la chercher là !  [motz]

Cela dit, ce passage commence surtout à révéler les projets machiavéliques de Kuolun... et on se dit qu'en effet, Joan prisonnière ou pas, il faut vraiment que Capitaine Futur vienne faire un tour sur Sameda  :o  !!!



CHAPITRE 12

Lilla apporta quelque chose à boire à Joan. Joan était assise sur le lit, enchaînée seulement par la main gauche au cadre du lit. Comme elle avait un peu de liberté de mouvement, la douleur dans l'épaule et le cou avaient un peu diminué. Aussi Joan essaya-t-elle de persuader Lilla à lui en dire plus que ce que son oncle Povlek l’y avait autorisée. Néanmoins, Joan essaya d’entraîner encore et encore la jeune et jolie Samedienne dans la conversation. "Lilla", commença-t-elle, "vous ne pouvez rien me révéler de ce qui se passe ici ? Je veux seulement comprendre ce qui se passe ici sur cette planète et surtout pour votre peuple ! S’il vous plaît, racontez-moi."

Lilla versa de l'eau dans un gobelet en plastique transparent et le tendit à Joan. Sans un mot, elle se détourna, fit quelques pas vers la table et se tourna vers Joan. "Ce qui se passe ici est au-delà de votre imagination", dit-elle seulement.

"Essayez de m’expliquer", répondit Joan patiemment.

Lilla s'assit sur la table et lissa ses lambeaux de peau noire, qui brillaient dans la pénombre de la cave comme une chaussure très polie. "Le peuple samedien est très ancien, de plusieurs milliards d'années après votre époque. Nous avons derrière nous une ancienne culture, l'art, la musique, la littérature, les sociétés démocratiques. Il y a eu des guerres dans notre histoire, mais seulement quelques-unes, mais elles étaient sanglantes et ont causé beaucoup de pertes. Nous avons vraiment parcouru un long chemin, mais notre peuple dégénère. De génération en génération, nous décédons de plus en plus jeunes. Nos scientifiques ont découvert qu'une anomalie génétique qui s’est toujours transmise, va exterminer notre course d’ici mille ans. Beaucoup de femmes samediennes donnent déjà naissance à un trop grand nombre d’enfants mort-nés."

Surprise, Joan porta la main devant sa bouche. "C'est terrible !" dit-elle. "N’Y a-t-il rien que vous puissiez faire à ce sujet ?"

Lilla secoua lentement la tête. "Non. Moi aussi j’ai perdu un enfant", répondit-elle tristement. "Ce défaut génétique est une maladie incurable qui affecte mon peuple. Nos scientifiques ont été en contact avec des chercheurs d'autres mondes il y a quelques années. Aucun ne peut nous aider, sauf un…"

"Vul Kuolun", jeta Joan, désabusée. "Il a précédemment étudié la génétique. Comment tout un peuple peut-il s’engager avec un tel criminel ? Quel est le prix à payer ?"

"Son prix ? Il voulait juste ce vaisseau là-haut dans l'espace", dit Lilla en désignant le plafond.

"Non, Lilla, je ne le crois pas. Il y a plus que cela. Kuolun ne se satisfera pas seulement avec un vaisseau de guerre. Il cherche le pouvoir à l'état pur. Il préférerait dominer tout un monde. Et je pense qu'il a choisi votre monde. Il peut supprimer votre défaut génétique, mais il est assez roué pour implanter quelque chose dans votre ADN, ce qui lui permettra d’asservir votre peuple ! Lilla, qu'avez-vous fait ?" Joan était visiblement ébranlée et enfouit son visage dans ses paumes. Puis elle regarda Lilla avec des larmes dans les yeux. "Lilla, s’il vous plaît ! Soyez raisonnable ! Vous ne pouvez pas laisser le destin de votre peuple entre les mains de ce monstre ! Même si vous ne pouvez vivre plus longtemps encore et mettre des enfants en bonne santé au le monde, quelle vie est celle de l'esclave ? Voulez-vous vraiment donner votre liberté, votre culture et votre patrimoine ?"

Lilla se leva et se dirigea silencieusement vers la porte. Elle se tourna à nouveau vers Joan et lui dit avec une larme à l'œil : "Ce n'est pas en mon pouvoir de le décider." Elle sortit et ferma la porte.

Joan s'assit sur le matelas moisi et se mit à pleurer de manière incontrôlable. "Curtis…", murmura-t-elle. "S’il te plaît, aide-moi… aide ce pauvre peuple…"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 2. Juni 2013, 06:28:13 Uhr
Coucou Limeye!

Super!  Il faut vraiment que j'aille me coucher, mais je commencerai ma journée avec ce que tu auras envoyé!

Merci et bonne journée à toi!

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 2. Juni 2013, 06:56:16 Uhr
Coucou Limeye et flamme!

Je ne suis pas encore couchée non plus, méchante fille que je suis! ;D. Et oui, Joan est dans la moise et se rapelle maintenant de Curtis. [motz] J'ai lu la version allemande où elle pense a nouveau à son pilote [motz]. Je trouve vraiment pénible de voir Joan avec aussi peu de caratère et dans une situation aussi désespérée. Elle est vraiment dans l'ombre de Katherine. Je continue de suivre néanmois cette histoire avec impatience. [goodjob] Les méchants son éffectivement très méchants dans cette histoire. Il faudra que je m'en inspire. ;D

A+

Frégo  8)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juni 2013, 10:10:13 Uhr
Voilà, j'ai terminé la traduction du texte en cours, je suis donc "à jour" avec Free Nurara. Je vais vous proposer au fil de la journée ce chapitre 12, voire plus selon mes disponibilités de connexions. Vous n'aurez plus beaucoup de "retard" de lecture alors par rapport aux lecteurs allemands.

Pour te répondre Frégo, je pense que nous, lectrices francophones, partageons en effet ton opinion quant à Joan. Kat a une telle personnalité qu'elle en "écrase" Joan. Nous avons en effet envie de la voir réagir, agir, prendre les choses en main et non subir, comme c'est un peu le cas. Et quand elle prend une initiative, malheureusement, c'est pour tromper Curtis, ce qui effectivement, est une pilule assez difficile à avaler pour nous.

Néanmoins, et c'est aussi pour cela que je trouvais "Meuterei" intéressante, c'est qu'au-delà de l'histoire elle-même, de ce scénario plein de suspens et mené sur un sacré rythme qui ne faiblit pas (et là, je dis vraiment bravo à Free Nurara !), de ces méchants très très méchants (excellente idée d'y puiser de l'inspiration, Frégo, pour le cadavre exquis !), je trouvais aussi intéressant de vous la faire lire justement pour cette profonde différence de perception du personnage de Joan entre les Allemands et nous. J'ai un peu discuté sur une des autres pages du forum, suite à un post de Mooncat, avec les Allemands, car je m'interrogeais sur le fait que dans leurs histoires, c'était toujours Joan qui trompait Curtis et non l'inverse (lorsque j'ai posé cette question, Earthy venait d'entamer la publication de Perfekt dans laquelle Joan trompait Curtis avec un de ses collègues) et hasard de la publication, Free Nurara nous collait Joan dans les bras de Peter. Ca faisait beaucoup pour moi, d'autant que d'autres histoires donnaient aussi cette image de Joan. Bref, je voulais comprendre ! Une des explications possibles - et sans doute la principale - m'a été donnée par Nemo et explique en effet bien des différences entre notre perception francophone de Joan (mais aussi de Curtis) et la perception germanique. Les Allemands n'ont pas bénéficié comme nous de la version quasi intégrale du dessin animé de Toei (je dis quasi pour nous, car on n'a pas eu droit aux bisous  [shrug]  :'( ). De ce fait, quasiment toutes les scènes "tendres" du dessin animé ont été supprimées de la version allemande, ce qui, je vous laisse imaginer, donne une vision très pauvre des sentiments de Joan, mais aussi de Curtis, ce qui renforce le côté "froid" du Capitaine et carrément "bimbo" de Joan.

Peut-être que Free Nurara pourra nous expliquer plus précisément ses propres choix quant au personnage de Joan, et que la suite de son histoire complètera ce personnage, en effet, loin de ce que nous écrivons. Et cela va au-delà de la romance, c'est vraiment un autre personnage.

cela dit, je vous rassure, toutes les histoires des fans allemands ne mettent pas en scène des tromperies, et il y en a qui sont plus proches de notre vision, notamment celles de Claudrick, mais aussi celle de Johanna et dans une moindre mesure de Mooncat (je marque une légère "attente" pour son histoire à ce sujet, Second Chance, car elle est loin d'être terminée et j'attends d'ailleurs la suite avec impatience et j'attends d'en voir encore plus le développement pour me faire une opinion plus précise de la "vision" de Joan par Mooncat). Si j'ai le temps dans les prochains mois et que les filles sont d'accord, je m'attellerai bien à la traduction de leurs histoires aussi... il y a matière  ;D. D'ailleurs pour vous qui êtes meilleures anglophones que moi, Pascal a publié la version anglaise de la première histoire de Claudrick sur son site.

Bien, maintenant la suite ! J'adore Taggart, Ezra, John dans ce passage... je pense que vous comprenez pourquoi le personnage de Taggart me plaît autant et j'ai hâte de voir comment il va mener ses troupes et organiser toute la contre-attaque. Je rêve aussi d'une scène de discussion et de préparation du combat entre lui et Curtis !

d'ailleurs, nous devrions faire une liste des scènes que nous avons envie de voir, je ne sais pas ce que Free Nurara pensera de cette idée  ;D

Limeye  :)



En début d’après-midi, John et l’Amiral Taggart étaient de retour à New York. Taggart avait parlé durant presque tout le voyage avec l'Amirauté et l'Amiral Dubois pour les convaincre, encore une fois - au moins pour la prochaine mission - de reprendre du service actif. Dubois avait finalement accepté que Taggart prenne le commandement suprême de la force spéciale, qui était actuellement en formation autour de l’orbite de la Terre. Evidemment, Taggart se réjouissait de pouvoir à nouveau commander un vaisseau de guerre, son sourire était plus large que le continent asiatique sur une carte de poche. Son communicateur ne cessait de biper, chaque nouveau signal était celui d’un nouveau vaisseau se plaçant en orbite. Au quinzième bip, John en abandonna le compte.

"Allons, attention !" grommela Taggart. "Voilà que s’organise une flotte d’attaque complète, là, Rodriguez peut aller se rhabiller, mon garçon !"

Presque tous les pays étaient en effet représentés dans des vaisseaux spatiaux gouvernementaux du monde disponibles : l’Amérique avait fourni le cuirassé République et deux croiseurs de bataille, l’Alabama et le Texas, la France, le croiseur de bataille Charles de Gaulle, l’Angleterre les transporteurs de troupes Ark Royal et King William, l’Allemagne les frégates Brandenburg, Rheinland et Bayern, le Japon le croiseur d’interception Musashi , la Russie les croiseurs lourds Tolstoï, Orlov et Tsar Nicolai. Il y avait d'innombrables petits vaisseaux de combat, des corvettes, des vaisseaux de soutien et de services qui avaient été envoyés par d'autres pays.

"Je dois choisir mon phare", dit Taggart en tapant un message sur son communicateur. "Pour votre Katherine, ce sera l’Alabama. Qu’en pensez-vous, John ?" Taggart n’avait délibérément pas choisi le plus grand vaisseau, de mille neuf cents mètres de long, le République. Le cuirassé était bien plus grand et mieux armé, mais plus lent que l'Alabama et ses sister-ships, le Tennessee et le Texas. Il connaissait le plus petit modèle comme la poche de son gilet et savait comment employer le croiseur de bataille le plus efficacement possible contre un adversaire équivalent.

"Kat s’en réjouira..." marmonna John distraitement, alors qu'il garait la voiture dans le parking souterrain de la préfecture de police. "Nous sommes arrivés, Amiral. Nous devons d’abord nous rendre auprès du Marshall Garnie."

Avant même d’arriver au bureau de Garnie, John et Taggart furent interceptés par lui-même. "Où étiez-vous, Milner ? Je vous ai cherché partout !" s'écria-t-il, semblant un peu agacé.

"Monsieur, j’ai ramené le commandant de la flotte spéciale. Puis-je vous présenter ? Amiral Hank Taggart."

"Enchanté, Monsieur", répondit Garnie respectueusement. "Vous étiez le dernier Commandant du Tennessee, n’est-ce pas ?"

"Exactement, Marshall", répondit-il avec un large sourire. "En fait, je suis à la retraite, mais votre employé dynamique que voici a réussi à me convaincre de remonter à nouveau sur le pont d'un vaisseau de guerre pour aller rechercher sa fiancée là-bas."

Garnie regarda John avec méfiance. "Alors que le vent souffle. Nous en reparlerons quand vous serez de retour, Capitaine."

John cligna des yeux sans comprendre. "Monsieur ? Je ne comprends pas…"

"Allez préparer vos affaires, Milner. Vous partez avec Curtis. Il est parvenu à me convaincre de vous laisser partir."

Un large sourire triomphant éclaira le visage de John. "Merci, Monsieur, je…"

Garnie secoua son index. "Pas un mot, Milner ! Ramenez-moi Landor, Ballard et tous les autres. Et maintenant, filez, avant que je ne change d’avis ! Curtis vous attend à 17h sur le terrain d’atterrissage."

John regarda sa montre. Il avait encore une heure et demie pour rentrer à la maison pour prendre ses affaires et à être de retour à l'heure. Il savait que Curtis n’était pas un ami supportant le retard et serait sans pitié pour lui s’il ne se présentait pas à l’heure au vaisseau. Il salua avec un heureux "A vos ordres, Monsieur !" et sprinta vers les ascenseurs.

Taggart et Garnie l'observaient tandis que Taggart songea : "Ce doit être l’amour de sa vie, hum !"

Garnie inclina la tête. "Vous pouvez le dire, Amiral. Vous allez faire pour sa femme, ce que je ferai pour la mienne, non ?"

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 2. Juni 2013, 12:21:57 Uhr
Coucou Frégo et Limeye!

Frégo, si tu t'inspires de Free Nurara pour tes méchants, on n'a qu'à bien se tenir.... [bigeek] J'ai trouvé le Kuolun de tes mini-histoires magistralement diabolique, il me donnait efficacement froid dans le dos, je te l'ai déjà dit!  [smhair]

J'ai la même opinion que vous deux, et O-Tho est sûrement de cet avis aussi, concernant Joan, et l'explication que tu nous apportes, Limeye, est très plausible, je trouve... Il me semble que sur le site de Pascal, quelqu'un avait fait allusion au fait que toutes les scènes un peu romantiques (bien que ce ne soit rien comparé à ce qui se fait sur notre forum  ;D) avait été coupées des émissions allemandes, et j'avais pu le constater auparavant en écoutant des extraits sur Youtube, il y a de cela quelques années. J'étais toute contente de tomber là-dessus, parce qu'il n'y avait pas encore en ligne d'extraits français et je ne les avais pas encore vus en streaming. J'avais choisi l'aventure des Rois de la Comète pour me replonger dans l'ambiance: même si je ne comprenais rien, je pouvais au moins voir les images et me rappeler du texte français, et quelle fut ma mauvaise surprise de constater que ce que je voulais le plus revoir était carrément absent!  :( :o

Et tu m'apprends quelque chose, Limeye: il y aurait eu des bisous dans la version intégrale?  ???  :-*C'est vrai qu'il y en avait dans les romans, j'aurais dû m'en douter... Mais quand je voyais les émissions à la télé, j'ignorais tout des romans d'Hamilton, c'e n'est que bien plus tard que je les ai découverts.

Quant à l'histoire de Claudrick en anglais à laquelle tu fais allusion, j'imagine que tu parles de "He who sows wind"? Je me souviens que j'avais adoré le sens de l'initiative de Joan dans cette histoire, et que toute la scène où elle prend les devants avec Curtis, lorsqu'il la ramène à son appartement, m'avait fait ouvrir grand les yeux... :o C'était romantique à souhait et j'avais beaucoup aimé! Tout comme les histoires de Jimmy Unknown, "Combat sur Tauris" et "Le soleil noir". Celles de Sabina, notamment "Superman" , "A night in the park"  et "Jump Start" m'avaient aussi beaucoup plu.  :D

J'ai vraiment hâte de voir Taggart et John en action!  [jump]

Bnne journée à tous! (toutes)
Flamme  ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juni 2013, 13:20:31 Uhr
Retour avec les deux filles !

Limeye  :)


Marijke avait eu une bonne estimation. Environ une demi-heure après, les deux femmes avaient rampé à travers des puits sombres et froids, lorsque l’Hollandaise blonde désigna avec l'index l’ouverture d’une grille. "Nous y sommes, Kat", siffla-t-elle. "Nous devons descendre ici, sur une vingtaine de mètres dans le couloir et tourner à droite. Ensuite, nous ferons face à la cloison du quartier sécurisé de la police."

"C’est un jeu d’enfant, non ?" demanda Katherine doucement. Le seul bruit qu'on entendait à ce moment-là était le fort grognement de son estomac.

"En fait, oui, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer que la patrouille des gardes de Rodriguez n'attend que de nous rattraper. Rodriguez aura pris l’assurance d’avoir des hommes qui ont déjà essayé de trouver votre équipe", rétorqua Van den Bosch, alors qu’elle sortait un couteau de poche et ouvrait les fermetures.

"Rien ne nous aidera, Rijke. Si nous voulons descendre du vaisseau, nous devons oser. Alors, oserons-nous ?" demanda Katherine avec un sourire de prédateur.

"Clairement, prenez-moi avec vous !" dit Marijke qui attaquait la grille avec ses doigts. Ensemble, les deux femmes soulevèrent le haut de la lourde grille et la repoussèrent de côté aussi silencieusement que possible. Marijke passa la tête à travers le trou et regarda autour d’elle. "La voix est libre, Kat, vous d’abord !"

Katherine s’assura que Marijke avait dit la vérité et se laissa tomber les pieds en avant par l'ouverture du plafond. Les ponts du Tennessee mesuraient environ huit pieds de haut, pour une athlète comme elle, bien entraînée, ce n’était pas dangereux. Elle se laissa aller aussi bas que possible et se fit glisser. Une fois au sol, elle sortit habilement son arme et se pressa contre le mur le plus proche. "C’est bon, viens, Rijke !"

Marjike Van den Bosch atterrit malheureusement un peu mal sur son pied gauche. "Ah, Dieu !" gémit-elle doucement dans sa langue maternelle.

"Tout va bien ?" souffla Katherine.
"Oh merde, je me suis tordu le pied gauche il y a quelques heures, maintenant ça fait vraiment mal." Marijke s'était relevée et Katherine pouvait clairement voir qu’elle boitait. Dans la pâle lumière du plafond, Marijke paraissait, de toute façon, vraiment mal en point et épuisée. Son uniforme blanc était recouvert de saleté et d'huile, était déchiré et plein de taches de sang. Comme Marijke regardait Katherine, elle vit la compassion de la policière aux cheveux noirs. "Quelle belle robe, c’est dommage. Ca coûtait cher, non ?"

Katherine se regarda. La robe en cuir orange était également maculée d’huile, et présentait de nombreux petits trous et déchirures, que Rodriguez avait causés jusqu’au torse de Katherine. Katherine elle-même était très sale, griffée et couverte d'ecchymoses. "Oui, ça l’était", souffla-t-elle. "Et ce sera une surprise pour mon fiancé. Je voulais la porter la veille de notre noce…"

"Tu sais quoi, Kat ? Quand nous serons sorties d’ici, et de retour à la maison, nous irons faire du shopping. J’ai quitté New York depuis longtemps. Je suis certaine que nous pourrons encore trouver cette robe, j’aimerais porter la même. Moi aussi je suis déterminée, tu vois ce que je veux dire ?"
"Parfaitement. Nous irons faire du shopping, d’accord !" Katherine ne put s'empêcher de sourire involontairement. Alors qu’elles étaient en danger de mort, blessées et affamées, elles n'avaient rien de mieux à faire que de prendre rendez-vous pour faire du shopping, ce que seules les femmes pouvaient faire.

Marijke leva la main et fit signe à Katherine de se taire. "Chut… quelqu’un vient", chuchota-t-elle. Elles pouvaient entendre clairement des pas qui résonnaient sur le pont et se rapprochaient. Marijke jeta un coup d’œil après le coin. Derrière son dos, elle montra à Katherine avec ses doigts combien elle voyait de personnes. Il y en avait trois. Marijke baissa de nouveau la tête. "Vite, Kat, à l’abri ! Et rentre la tête !" murmura-t-elle en se glissant le plus discrètement possible dans la direction indiquée. Puisque Katherine était pieds nus, elle n'avait pas besoin de se faufiler. Rapidement et discrètement, les deux femmes se cachèrent derrière un mur de projection. Elles pouvaient clairement entendre que le petit groupe marchait vers elles. Des soldats, deux hommes et une femme, qui bavardaient et riaient bruyamment. Quand le petit groupe fut passé, Marijke se hasarda une nouvelle fois à s’avancer jusqu’au coin. Elle ne vit personne d’autre et fit signe à Katherine de la suivre. Katherine sauta rapidement et courut en avant sur la pointe des pieds. Ensuite, tout se passa très vite. Sur ses pieds nus, elle glissa sur le pont métallique lisse et atterrit douloureusement sur les fesses. Son pistolet, qu'elle avait jusque-là tenu dans sa main, claqua sur le pont.

"Qu’est-ce que c’est ?" entendirent les deux femmes, c’était l’un des trois soldats qui appelait. Puis le trio revint au pas de course. Vigilante, Marijke se précipita vers le pistolet blaster, qui avait arrêté sa course à quelques mètres devant Katherine. Elle saisit le pistolet, se retourna et mit Katherine en joue. Surprise, Katherine ouvrit de grands yeux. Elle s’assit et regarda l'agent de sécurité avec de la peur et des questionnements au fond des yeux.

"Marijke, qu’est-ce que…" haleta-t-elle, tandis que les trois soldats approchaient à grands pas. Marijke sourit méchamment et déverrouilla le pistolet blaster, puis elle cria : "La tête en bas, Kat ! Et à terre !"
Katherine réagit instinctivement et se coucha à plat sur le dos. Trois tirs rouges de blaster fusèrent près d’elle. Katherine pouvait littéralement sentir la chaleur sur son visage. Puis elle entendit trois cris de douleur et le cliquetis du métal sur le sol. Puis ce fut le silence. Prudemment, Katherine se retourna sur le ventre et regarda dans la direction d'où les soldats étaient venus. Ils se tenaient immobiles sur le sol, les jambes tordues comme des arabesques.

"Ramassez les armes, Kat, vite avant que d'autres n’arrivent. Ce n’est plus loin !" entendit-elle Marijke crier. Comme une automate, Katherine sauta sur ses pieds et se précipita vers les cadavres. Comme elle ramassait les armes, elle vit du coin de l'œil que Marijke s’asseyait par terre en s’appuyant contre le mur et portait la main à son visage.

Katherine se dirigea lentement vers Marijke et s'accroupit à côté d'elle. "Hé, Marijke, qu’est-ce qui se passe ? Tu viens juste de me sauver la vie et je pensais..."

Marijke ôta la main de son visage et regarda Katherine avec des yeux ternes. Doucement elle dit : "… que je voulais te tuer, c’est ça ? Auras-tu confiance en moi maintenant ? Kat, la flotte est tout ce que j’ai. Ma sœur est morte, mon père et ma mère croupissent dans un asile et je ne sais plus qui je suis. La flotte est ma famille, je ne trahirais jamais, crois-moi !"

"Je te crois, Marijke", répondit Katherine avec bienveillance. "Viens, je vais t’aider. Est-ce encore loin jusqu’au chott ?" Marijke secoua ses cheveux blonds trempés de sueur et désigna avec la bouche du pistolet de Katherine la prochaine intersection. "A une autre centaine de mètres, derrière, après le coude. Nous serons alors en sécurité."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juni 2013, 13:59:22 Uhr
Ah Curtis !!!

Limeye  ;)


Curtis s’assit dans le siège du pilote du Comète et lança les vérifications de préparation du vol. Grag avait indiqué que son vaisseau serait prêt dans une heure. Lui et son équipe feraient un rapide voyage jusqu’à New York City, pour y récupérer John et partir avec une avance de trois heures sur la flotte en direction de Sameda. C’était son plan. Puis Otho entra derrière lui. "Chef, je reçois un signal d’appel. Le Up jumped the Devil nous contacte."

Curtis se sentit un peu confus. C’était le vaisseau de Nurara. "Dans ma cabine, Otho !" cria-t-il en se levant. "Pas ici s’il te plait", dit-il encore à l’androïde en sortant rapidement. Dans sa cabine, il prit la communication, c’était une vidéo-connexion de bonne qualité.

"Bonjour Capitaine", dit Nurara avec un sourire timide. Curtis eut l'impression que Nurara ne se sentait pas particulièrement à l'aise d’avoir cette conversation. Elle avait l’air belle, la grossesse lui avait fait du bien et avait un peu adouci les traits de la jeune Martienne, et pourtant, on avait toujours l’impression qu’il émanait d’elle quelque chose de mystérieux et d’opaque. "Ma mère m’a demandé avec insistance de parler avec vous."

"Oui, c’est vrai", confirma Curtis, "Et je vous remercie de m’appeler. Comment allez-vous ?"

"Plutôt bien, merci de votre question", répondit Nurara en penchant sa tête d’un air interrogateur. "Mais je pense que vous ne vouliez pas seulement m’appeler pour me demander des nouvelles de ma santé ? Alors, que voulez-vous de moi, Newton ?"

Curtis sourit doucement et posa sa main sur sa tête. "Non, pas seulement. Nurara, je voulais juste vous dire que j’avais un travail à vous proposer. Vous n’avez pas besoin de vous cacher de moi."

Confuse, Nurara cligna des yeux. "Et qu’est-ce qui vous amène à cette proposition ? Avez-vous enfin réalisé qu'il n'y a rien contre moi ?" Il était difficile d’ignorer la moquerie dans sa voix.

Curtis soupira. "Nurara, nous savons tous les deux que vous avez fait s’écraser un cargo sur la prison Airam IV afin de libérer Kuolun ? Ne vous méprenez pas pour rien !"

Nurara haussa silencieusement les épaules.

"Avouez-moi vos raisons, pourquoi vous l’avez fait. Cela restera entre nous, parole d’honneur."

Nurara leva les mains en s'excusant et souffla d'une voix sucrée : "Je ne sais pas quoi vous dire, Capitaine. Kuolun me manquait, et je l’ai retiré du circuit. Mais on l’a récemment déclaré mort, non ?"
Nurara déclara d’une voix grave : "Est-ce tout, Capitaine ? Je vais bientôt passer à la vitesse de la lumière. Embrassez Joan et Kat pour moi." Elle leva un doigt et voulut mettre fin à la connexion.

"Joan et Kat ont disparu, Nurara. Je suis sur le point de partir à leur recherche."

Les yeux de Nurara sortirent de leurs orbites. "Que… qu’avez-vous dit ? Disparues ? Où ?"

"Dans le système de Samedi, elles étaient sur une mission de routine, mais le vaisseau sur lequel elles se trouvaient ne se signale plus." Curtis ne montrait pas combien il était inquiet.

"Le système de Samedi", pensa Nurara à voix haute. "N’est-ce pas là qu’il s’est produit récemment une tuerie ?"

"Tout à fait, et Joan et Kat ne devaient qu’en trouver les auteurs et les ramener sur Terre, rien de plus."

Nurara tapa sur la console quelques commandes, puis répondit : "Dans 48h, je serai dans le système de Samedi. Si nous parvenons à laisser de côté pendant un moment nos réserves, je vous aiderai volontiers dans votre recherche. Kat est toujours mon amie." Nurara fixa Curtis fermement, son regard ne souffrait aucune contradiction.

Curtis réfléchit rapidement et effectua de tête quelques calculs approximatifs. S'il partait maintenant, il pourrait rencontrer Nurara incognito dans le système Samedi et lui parler face à face. Puis il se souvint de John. John devrait se joindre à la flotte de combat pour s’y rendre, il n’avait désormais plus le temps de l’attendre. De plus, John se trouverait plus en sécurité sur un grand vaisseau que sur le petit Comète. Sans compter le fait que John trouverait sur le cuirassé des installations beaucoup plus techniques pour participer avec succès à cette mission. "Bien, Nurara. Je vous remercie de votre proposition d’aide. Nous nous verrons après-demain dans le système de Samedi. Bon voyage !"

"A vous également, Capitaine. A après-demain !" Nurara lui adressa un petit sourire avant de couper la communication.

Curtis appela John sur son propre communicateur. "John, où es-tu actuellement ?"

"J’ai quitté la Présidence. Je serai là d’ici une vingtaine de minutes", lui répondit-il.

"Ainsi Garnie t'a informé que tu pouvais venir ?" en déduit Curtis.

"Oui, je te remercie, Curt, d’avoir rendu cela possible. Je n’aurais pas supporté de rester ici."

"Alors, John, reste encore ici. Il y a un petit changement de programme. Tu ne voyageras pas avec moi, tu dois veiller à ce que tu puisses monter à bord de la flotte. Je dois partir immédiatement pour rencontrer dans deux jours une vieille connaissance dans le système de Samedi."

Après une courte pause, John répondit : "Une vieille connaissance ? Laisse-moi deviner, Nurara !"

"Bien trouvé, John", répondit Curtis en souriant. "Est-ce bon pour toi ?"

John sourit en retour en prenant la parole : "Aucun souci, mon pote ! Aujourd'hui, j'ai rappelé l’ancien commandant de la flotte pour lui faire reprendre du service actif. Je vais l’appeler aussitôt et lui demander de me prendre à bord de l’Alabama."

"Merci, John, nous nous reverrons dans le système de Samedi", répondit Curtis, soulagé.

"Laisse-moi seulement te saluer ! Bon voyage, Curt !"


Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juni 2013, 17:38:07 Uhr
La fin du périple pour Kat et Marijke, les voilà en sécurité, du moins, dans la mesure où elles peuvent l'être en étant encore à bord du Tennessee...


Katherine et Marijke avaient parcouru sans être remarquées les soixante derniers mètres et maintenant  elles se tenaient devant le grand feu rouge de la cloison en acier, le dernier obstacle avant une relative sécurité. Pendant que Marijke portait les armes automatiques qu’elles avaient récupérées, Katherine tapa son code d’accès personnel à six chiffres sur le clavier. Elle espérait ardemment que Takashi ne l'avait pas changé. Pendant un long moment, il ne se passa rien, puis on entendit un ‘clac’ et une fente s’ouvrit dans la petite porte du chott. Soulagée, Katherine fit signe à Marijke. Prudemment, les deux femmes franchirent la porte blindée et la refermèrent. Puis elles se retournèrent et fixèrent la bouche des dix fusils blaster qui leur faisaient face en demi-cercle.

"Baissez vos armes, ce sont la Major Ballard et la Capitaine Van den Bosch !" cria un des policiers. Derrière lui apparut Takashi Yokomuri.

"Kat ! Enfin ! Où étiez-vous donc passée ?" demanda-t-il à bout de souffle. Il sourit à Marijke et dit : "Soyez la bienvenue, Capitaine. Mais où est Joan ?"

Katherine secoua ses cheveux noirs, le chignon de la nuit précédente ayant capitulé depuis plusieurs heures. "Comment, où est Joan ? Elle n’est pas ici ?" demanda-t-elle perplexe. "Je l’ai envoyée ici dès hier soir."

Takashi haussa les épaules, impuissant. "Je sais, mais elle ne répondait pas, et nous n’avons pas pu la joindre sur son communicateur."

Katherine se retourna et frappa d’un violent coup de poing sur la porte blindée. "Putain de merde… Alors nous devons supposer que Joan est tombée entre les mains de Kuolun. Est-ce que vous avez déjà informé Garnie ?"

Takashi secoua la tête à la négative. "Négatif. Il semble que quelqu’un ait coupé notre antenne. Nous ne recevons aucune communication de l’extérieur. Actuellement, nous sommes sourds, aveugles et emprisonnés."

Katherine se massa les tempes. "Ce n’est pas bon. Vraiment pas bon. Comment ça se passe pour Tovin et Johansson ?"

A la mention du nom de son ancien amant, Marijke grimaça. Takashi tendit le pouce derrière lui. "Tovin aussi est ici. Johansson est dans sa cellule et boude. Il regardait avec pitié les deux femmes battues. "Rien qu’à vous regarder, on devine que vous avez besoin d’une douche et de manger quelque chose. Je vais vous laisser vous laver et changer de vêtements."

"C'est vrai, Takashi, c’est vrai, je veux parler au préalable avec Johansson", répondit Katherine avec un profond soupir, quand elle aperçut un paquet de cigarettes ouvert dans la poche de la chemise de Takashi. Rapide comme l'éclair, elle en attrapa une et l’alluma.

"Hé, Kat !" s’écria Takashi. "Je ne t’avais encore jamais vue fumer."

"Pas étonnant", répondit Katherine avec un large sourire. "C’est la première cigarette de ma vie. Tu en vue, Rijke ?" demanda-t-elle, en tendant le paquet à la Néerlandaise blonde.

"En fait, il y a une interdiction totale de fumer sur le vaisseau", répondit celle-ci avec détermination. Puis elle prit une profonde inspiration et prit le paquet. "Oh et puis merde…"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juni 2013, 19:07:19 Uhr
Maggie'time !


Comme un fou, John courut à l'aire d'atterrissage de la Préfecture de Police. Il avait parlé il y a quelques minutes avec l'amiral Taggart, qui lui avait promis d'envoyer un transport pour le ramener dans l'orbite de l'Alabama. Une légère pluie commençait à tomber, qui contribuait encore à la lourdeur oppressante de cet après-midi d’août. La zone d'atterrissage était presque vide à l'exception de quelques vaisseaux, exactement au milieu se trouvait un puissant bombardier biplace, de type Liberateur. Les moteurs du long cuirassé de près de 30 m de long peints en gris devaient être chauds, parce que là où la pluie tombait, sur les moteurs se formait une vapeur blanche épaisse. Sous l'une des flèches d'arme, le pilote avait cherché un abri contre la pluie et marchait de long en large. Apparemment, il attendait John.

John gara la limousine sur le parking au bord de la piste d'atterrissage et courut avec son sac en bandoulière vers le bombardier. Tout en courant, il appela le pilote : "Allez-vous vers l’Alabama ?"
Le pilote tendit le pouce. Lorsque John s'approcha, le pilote ôta son casque et ses lunettes de soleil. Il secoua ses cheveux blonds et fit un sourire charmeur. Une jolie jeune femme d’une petite vingtaine d’années lui fit signe.

"Capitaine Milner, je suppose ? Je suis la Capitaine Margaret de Havilland. Appelez-moi Maggie !"

"John Milner, heureux de vous voir Maggie. Êtes-vous déjà autorisée à piloter un tel monstre ?"

"Ne vous laissez pas berner par mon apparence, Johnny", répondit Maggie avec insolence. "J'ai quelques centaines d'heures de temps de vol à mon actif sur le Libérateur. Vous n’avez jamais volé à bord d’une telle chose ?" Son ton et son dialecte rappelèrent Katherine à John, se tenait devant lui une sudiste pure race.

John secoua la tête avec la bouche ouverte en regardant vers le cockpit.

"C’est du sexe pur…" dit Maggie avec un clin d'œil complice et elle appuya sur un bouton sur la carlingue, puis une échelle sortit de la coque. "Donnez-moi votre sac, vous ne pouvez pas entrer avec dans le cockpit, je le range ici." Quand Maggie installa le sac de John dans le petit compartiment de charge, elle le regarda avec des yeux verts émeraude exigeants. "Prêt pour un petit tour chaud ?" demanda Maggie, en calant lascivement sa crinière sous son casque. John avait remarqué que la pilote flirtait ouvertement avec lui.

"Prêt quand vous le serez, Maggie", répondit-il, en passant sous la coque et en gravissant les échelons vers le cockpit.

Moins de cinq minutes plus tard, le bombardier avec des moteurs rugissant s’envola en une spectaculaire montée droit vers le ciel.

Lorsque le bombardier Liberateur quitta la haute atmosphère de la Terre, John eut une image merveilleuse du coucher de soleil sur l'Europe. Face à la lumière, il pouvait voir le Musée ISS, une station spatiale de cinq kilomètres carrés, construite en 2086 et transformée en musée. Chaque jour, depuis ce temps, de petits groupes de touristes et de classes scolaires partaient en excursions d'une journée à l'endroit où auparavant ne pouvaient voyager que des scientifiques et des personnes autorisées. Maggie de Havilland vola juste devant l'ISS et John lui jeta un long regard.

"Jamais été là-bas ?" demanda Maggie, amusée. Depuis le départ de New York, elle riait et souriait sans cesse. Elle semblait clairement apprécier la compagnie de John.

"Si, quand j’étais enfant, avec ma classe. C'était assez excitant", répondit John."Déjà alors, je trouvais étonnant, avec quels moyens primitifs nos ancêtres étaient en mesure de voler dans l'espace cosmique."

"Vous ne rendez pas justice aux générations précédentes, John", répondit Maggie, amusée. "Toutes les réalisations techniques du passé nous ont amenés là où nous sommes aujourd'hui. Si vous êtes intéressé par la technologie, mon nom devrait vous dire quelque chose."

John réfléchit un instant. "De Havilland, vous dîtes ? J’ai déjà entendu ce nom. Donnez-moi un indice. Aviation ?"

"Pas mal, Johnny !" dit Maggie gaiement. "Un de mes ancêtres était Geoffrey de Havilland, un concepteur de l'aviation britannique. Il a construit des aéronefs pour la Royal Air Force lors de la première grande guerre mondiale, uniquement constitué de tuyaux toile, de contreplaqué et d’acier. Pour l’époque, c’était des chefs-d’œuvre de l’art de l’ingénierie. Après la guerre, il a conçu des avions de sport et de passagers. J’ai pratiquement le vol dans le sang."

"Pas mal, Maggie", répondit John avec reconnaissance. "J’appartiens aussi à une célèbre société."
 Maggie de Havilland éclata de rire une fois de plus. "Cela fait longtemps, je fais partie de la troisième génération d’aviateurs."

"Vous n’êtes pas anglaise, pourtant ? Vous venez d’un Etat du sud. Duquel ?"

"Texas", répondit Maggie avec fierté. "Je peux monter des taureaux, tirer, boire et griller des steaks convenables." Avant de John puisse émettre une réponse, Maggie avait levé la main. "Un moment, Johnny, je dois appeler Maman", dit-elle en ouvrant le canal radio. ‘Appel à maman’ était le nom donné dans le jargon des pilotes pour contacter le contrôleur de vol pendant l'approche d'atterrissage. "Alabama Contrôle, ici Joboxer Neuf. Demande d'autorisation pour atterrir sur le vecteur trois-deux-zéro-virgule-sept."

John pouvait voir à l'horizon, comme une flotte massive devant lui. A l'œil nu, il comptait près de vingt-cinq navires de la Terre, auxquels de nouveaux venaient toujours  s’ajouter.
"Joboxer Neuf, ici Alabama Contrôle. Négatif. Pas d’autorisation d’atterrir. Goddess, nous avons un camion-citerne en face du hangar. Vous ne pouvez pas atterrir actuellement. Faites encore un petit tour avec votre passager. Recontactez dans 45 minutes. Alabama Contrôle Terminé."

"Compris, Alabama Contrôle. Nous restons en dehors. Joboxer Neuf Terminé." Maggie plaça l’appareil radio sur la réception et respira profondément. Il ne paraissait pas que cette jolie blonde était triste de devoir rester avec son beau passager dans l’espace.

Goddess était le prénom usuel de Maggie. Goddess, la déesse. John regarda Maggie pendant un moment. En effet, elle en avait quelque chose. De longs cheveux blonds légèrement bouclés, des yeux verts sombres et des lèvres pleines qui toujours souriaient et invitaient à embrasser. Elle correspondait parfaitement au type de femme qu’aimait John.  Et elle avait beaucoup de Katherine, cette légèreté, cette nature facile, avec un sens de l’humour et ce tempérament incroyable des femmes du Sud.
"Vous m’observez, Johnny", dit Maggie sans détourner le regard de ses instruments.

John arrêta immédiatement et regarda droit devant lui à travers la fenêtre du poste de pilotage. Il pouvait presque sentir qu'il rougissait.

"C’est bon, cowboy. Je suis habituée à être regardée. Je te trouve très chouette !" Maggie le regarda et lui fit un clin d'œil.

Cowboy ! Elle l’avait également appelé Cowboy, ce que Katherine faisait toujours. Ce devait être une caractéristique typique des femmes des Etats du Sud. Ce ne fut pas que John était à ce moment-là dans un sérieux embarras, mais cette pilote de bombardier était un peu trop familière. Il prit une profonde inspiration et essaya de changer de sujet. "Que savez-vous à propos de cette mission, Maggie ?"

Maggie haussa les épaules. "Pas grand-chose, juste que nous devons récupérer quelque part quelques-uns de tes collègues et que tu as l'air d'être très important, sinon je n’aurais pas reçu directement l’ordre de l’Amiral de venir te chercher." Maggie avait utilisé le ‘tu’ avec une évidente franchise.

John sourit. "Non, ce n’est pas tout à fait exact que cela concerne ma personne. Je suis juste une petite lumière de la police de l'espace, mais j'ai..."John s'arrêta et déglutit. "Je… ma… ma fiancée est l’une des personnes disparues et je serai là en personne lorsque nous les sauverons elle et sa collègue."
Maggie était soudain sérieuse, toute légèreté avait disparu. "Excuse-moi, John. Honnêtement ! Je ferai tout pour que tu puisses prendre ta fiancée dans tes bras, je le promets ! Comment s’appelle-t-elle ? As-tu une photo d’elle ?"

"Bien sûr", répondit John d’une voix rauque et il sortit son portefeuille. "La voilà, elle s’appelle Katherine."

Maggie regarda la photo de John et Katherine pendant un moment. "Elle est belle comme une image. Vous formez un beau couple. Nous la retrouverons, John, je te le promets !" A partir de ce moment-là, Maggie ne fit plus d’autres avances à  John. "Nous avons encore beaucoup de temps. C’est suffisant pour faire un petit tour vers la Lune. As-tu envie ?"

John sourit largement à Maggie. "Oui, bien sûr ! Mets-les gaz, Maggie ! Et cela te dérange si on mange ensemble ce soir ?"

Maggie sourit. "Si ta Katherine ne nous dérange pas, volontiers !"

Pendant qu'ils tournaient autour de la lune, ils virent clairement que de l'hémisphère sud, un engin spatial se lançait dans l'espace. "Regarde, Maggie", dit John avec joie, "c’est le Comète qui part. Pouvons-nous les joindre ?"

"Bien sûr", dit Maggie avec un sourire et elle ouvrit un canal. "Tu connais l’équipe de Futur ?"

"Curtis Newton est un de mes amis. Son amie Joan et Katherine se connaissent depuis des années et sont des amies proches", dit John avec de la fierté dans la voix.

"Respect, mec !" répondit Maggie d'un air approbateur et elle appela le vaisseau en cours de décollage.
"Chef, un bombardier Liberateur approche à grande vitesse, et nous appelle", dit Otho perplexe. Bien qu'ils recevaient souvent des appels par radio depuis des vaisseaux, c’était plus rare à partir d’un petit vaisseau de guerre comme ce bombardier.

"Allume l’écran, Otho", dit Curtis joyeusement. Il se sentait bien sur le pont de son vaisseau et était tout heureux d’avoir enfin une grande mission à mener, bien que les circonstances extérieures n’en étaient guère joyeuses.

"Comète, ici Joboxer Neuf. Pouvez-vous m’entendre ?" retentit la voix de l'orateur, qui était clairement féminine. Une seconde plus tard, Curtis pouvait mettre un visage sur cette voix. "Je suis la Capitaine Maggie de Havilland, et j’ai à bord un passager qui veut échanger quelques mots avec vous."

"Allez-y, Joboxer Neuf. Qui avez-vous à bord, Capitaine ?" demanda Curtis, surpris. La pilote tourna la petite caméra vers la place juste à côté d’elle. "John ! As-tu trouvé un taxi ? Impressionnant ! Et en plus, avec une si jolie conductrice !" Il ne put réprimer un sourire en coin.

John sourit jusqu'aux oreilles et il répondit. "Eh bien, Curt, comme je ne peux pas voler avec vous, j’ai dû trouver un remplaçant approprié. Puisque je voyage, autant que ce soit avec style !"

"Kat a un effet étrange sur toi..." dit Curtis pour blaguer. "A bord de quel grand vaisseau vas-tu monter ?"

"Sur le vaisseau amiral, l’Alabama, j’ai déjà parlé avec son Commandant, l’Amiral Taggart. Je vais faire partie d’une équipe de débarquement qui paralysera proprement le Tennessee et divers systèmes. Je dois d’ailleurs te transmettre que tu devras atterrir pour un rendez-vous sur le King William pour un briefing."

"Compris, John. Nous nous verrons dans trois jours." Curtis fit une petite pause. "L'équipe de débarquement, tu as dit ? Penses-tu que ce soit une bonne idée ? Garnie le sait-il ?"
"Pourquoi devrait-il le savoir ?" répondit John malicieusement. "Hé, je vais là-bas avec une équipe d'élite. Ils font ça en permanence."

"Je ne suis pas sûr que votre patron approuverait cela, John. Tu sais ce qu'il a dit", grommela Curtis.
"Je sais, Curt. Je suis un hacker et pas un soldat. Mais je ne manquerai pas une telle opportunité et tu sais aussi bien que moi qu'il y a plus en jeu ici qu'un stupide vaisseau de guerre. Si Joan et Kat n'étaient pas à bord, je resterais assis avec une tasse de café dans mon bureau derrière mon ordinateur et je laisserais faire la flotte. Mais il s'agit de ta femme et de la mienne ! Je ne laisserais pas l'amour de ma vie périr entre les mains de traîtres !" La voix de John était pleine d'énergie, Curt pouvait littéralement sentir ce que ressentait son ami.

"C'est bon, John. Et tu as absolument raison ! Tu as exactement la bonne attitude, tu mérites d'être là !" répondit Curtis en souriant. Le courage et la détermination de cet homme à peine plus jeune que lui provoquait chez lui un grand respect. "Nous allons passer à la vitesse de la lumière, je vous verrais de l'autre côté ! Bon voyage !"

"Pour toi aussi, et merci, Curt !" répondit John avec un soupir.

"De rien, John. Joboxer Neuf, Comète terminé."

Dix secondes plus tard, le Comète avait disparu dans un éclair de lumière aveuglant. A ce moment, l'Alabama appela Joboxer Neuf pour donner au bombardier l'autorisation d'atterrir.

Maggie se dirigea vers la Terre et poussa les manettes des gaz à leur puissance maximale. Elle regardait John avec compassion. "C'est si romantique, John. Ta Katherine a attrapé un grand homme, je suis vraiment jalouse !" Elle sourit un instant, puis redevint soudain sérieuse. "C'est contre le Tennessee ? Autrement dit, nous allons voler vers le système de Samedi ?"

John n'était pas sûr de la quantité de détails qu'il pouvait révéler à une simple pilote de bombardier, mais elle avait finalement pu entendre la conversation en détail. Il décida de mettre Maggie au courant. "Oui, c'est cela, Maggie. Et de ce que j'ai entendu, cela va être très dangereux. Une partie de l'équipage s'est mutinée sous les ordres du premier officier, a pris le contrôle du navire et a détruit trois navires de son escorte. Maintenant, ils ont disparu avec le reste de l'escorte quelque part. En outre, Vul Kuolun se trouve à bord du Tennessee."

"Quelle merde..." s'écria Maggie. "Voilà pourquoi un tel effort. Un quart de la flotte solaire est déployé et rassemblé là pour prendre un seul croiseur de bataille ?" Elle désigna vers l'avant le rassemblement des vaisseaux qui prenaient une formation convenable. "Wahou !"

Pendant quelques minutes, les deux jeunes gens restèrent assis en silence jusqu'à ce que Maggie reprenne la parole. "Quand vous vous rendrez sur le Tennessee, je me porte volontaire pour être la pilote de votre navette. Ce sera peut-être un voyage d'enfer, mais je veux le faire pour vous, pour toi et ta Katherine."

"Pourquoi ?" demanda simplement John.

Maggie réduisit la vitesse, alors que l'énorme coque de près de la moitié de mille mètres de long de l'Alabama s'avançait vers la fenêtre de cockpit. "J'étais une petite fille chez les Boy Scouts. L'utilité et la charité sont parmi les qualités les plus importantes et belles qu'un homme ait à offrir." Avec un sourire, elle posa avec élégance le lourd bombardier dans le hangar du croiseur de bataille.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juni 2013, 20:59:03 Uhr
CHAPITRE 13

Hernando Rodriguez se tenait sur le pont et regardait l'amarrage une tasse de café à la main. La flotte avait atteint son objectif préliminaire, la protoplanète Vestara, un grand astéroïde d’une centaine de kilomètres en forme de pomme de terre, qui se trouvait dans l’anneau entre les planètes géantes productrices de gaz Sameda VII et VIII. Vestara avait connu au début du système de Samedi le sort de beaucoup de jeunes planètes qui n’avaient pas pu se développer, car elles avaient été littéralement déchirées par les champs gravitationnels de leurs voisines les plus proches. En arrière se trouvait le champ d'astéroïdes et l'ancien noyau qui refroidissait et formait Vestara. Vestara se composait principalement de roches et de diverses minerais plus ou moins précieux, qui avaient été extraits de Sameda depuis des siècles et utilisés à des fins industrielles, mais aussi de diamants, de terres rares et de métaux précieux. Avec ces matières premières, Sameda II faisait prospérer le commerce intergalactique et atteignit en quelques décennies un grand bien-être. Mais cela prendrait bientôt fin, d’après les plans de Kuolun, cela Rodriguez le savait. Kuolun connaissait depuis plusieurs années Vestara et sa valeur, mais connaissait aussi la douleur qui tourmentait la population samedienne depuis des générations. Certaines intrigues ici, quelques esquives intelligentes là-bas, ainsi que divers pots de vin et des tueurs à gages, et Kuolun était parvenu en quelques mois à se présenter comme un sauveur potentiel de ce peuple samedien. On lui faisait confiance, car on ne savait pas sur Sameda II qui il était en la réalité. Kuolun s’était présenté sous un faux nom, avait laissé pousser sa barbe et s’était comporté comme une personne agréable, sympathique et humble en public.

Lentement les hommes d’équipage de l’immense croiseur de bataille manoeuvraient par la porte encore plus grande qui fermait l'astéroïde excavé. L'ouverture avait un diamètre généreux de soixante kilomètres et pouvait être ouverte en cas extrême sur 120 kilomètres, ce qui était suffisant pour pouvoir cacher toute la flotte au-dedans dans les 400 kilomètres de la cavité. La cavité elle-même contenait un spatioport avec des services publics, des installations de réparation, de l'hébergement et une cour pleine où pourraient être construits des cargos minéraliers de six kilomètre de long. La gravité légère, qui avait été renforcée, permettait à ses habitants de mener une vie normale et confortable à l'intérieur de l'astéroïde.

"Alors, Hernando ?" murmura une voix au timbre d'une scie rouillée à côté de lui. Kuolun l’avait rejoint et se grattait la barbe. "Un spectacle étonnant, n'est-ce pas ? C’est quelque chose que vous ne voyez pas tous les jours." Kuolun regarda le petit Colombien de haut en bas et regarda ironiquement son bleu, qui prenait lentement une couleur jaune verdâtre. "Ca fait toujours mal ?" taquina t-il avec une sympathie feinte.

"Lèche mon cul, Kuolun ! J'ai d'autres préoccupations qu'un œil au beurre noir. Espérons qu'il y ait assez de carburant ici. Entre temps, l'Amirauté pourrait avoir eu vent de notre affaire et annulé les deux vaisseaux-citernes qui devaient nous attendre. Parce que vous étiez dans une telle hâte de prendre le contrôle du vaisseau qu’il se peut que bientôt nous manquions de gaz !" Rodriguez était visiblement en colère à propos de la situation. Le croiseur de bataille et le transporteur consommaient des quantités quotidiennes de carburant avec lesquelles une ville de trente mille habitants pourrait vivre plus d'une demi-année.

"Ah, Hernando. Vous êtes si négatif depuis ce matin", Kuolun parlait d’une voix douce. "Avez-vous mené ainsi le débat avec la Major Ballard ? Avez-vous du mal à encaisser de telles pertes personnelles ? Pleurez-vous encore après elle ? Peut-être que vous devriez parler de cela avec un expert ou un spécialiste. Je connais une très charmante psychologue de la police qui…" Kuolun s’efforçait manifestement de ne pas rire ouvertement de Rodriguez.

"Gardez vos propos stupides pour vous, Kuolun avant que je vous en colle une !" Rodriguez rembarra ainsi le grand homme déguingandé. Il n'avait pas peur de menacer ou d'insulter Kuolun. Un simple signe de lui et il ne pouvait quitter à tout moment Kuolun et mener son équipage dans le vide, ce dont était également conscient le Martien et il l’accordait à Rodriguez. Les insultes n’avaient de toute façon pas de prises sur lui, elles étaient pour Kuolun seulement un signe de faiblesse et d'impuissance. Kuolun ne considérait pas le premier officier du Tennessee comme si stupide que cela, mais il estimait qu’il avait une vision très limitée de l’essentiel. Kuolun tenait les soucis de carburant pour négligeables tant que le vaisseau, par sa seule présence, présentait une menace latente pour le système de Samedi et c'était, en effet, le cas.

"Quelle est la situation à bord actuellement, mon cher ?" demanda Kuolun pour simplement changer de sujet.

"De la proue au le hangar, le vaisseau est à nous. Des escadrons se sont barricadés et résistent. Cependant, ils ne peuvent pas quitter le navire, nous les fusillerions sans pitié. Les artilleurs sont tous à cent pour cent derrière nous, dans la salle des machines, ils ne savent toujours pas ce qui se passe réellement et nous avons presque pris tous les civils au piège. Il y a eu quelques morts, mais cela ne fait pas tant que ça." Rodriguez regardait fixement vers l'avant, il n'avait aucun intérêt à regarder Kuolun.

"Avez-vous un soupçon de... Désolé de devoir à nouveau mentionner ce nom, de Ballard et de sa troupe ? Qu’en est-il de Van den Bosch ?"

Rodriguez renifla doucement. "Elles ont rejoint le quartier de la police, toutes les deux ! Et peu de temps avant, trois de mes hommes ont été tués. Mais elles me le payeront, ces deux salopes !" Rodriguez tapa du poing ce qui fit rebondir la tasse de café vide sur la console en face de lui. "Nous essayons toujours de pénétrer dans le quartier de la police."

"Avez-vous conduit la Lieutenant Landor à Samad, comme je vous l'avais demandé ?" insista Kuolun.
"Oui, j’ai répondu à votre demande", répondit Rodriguez avec aigreur. Il était encore et toujours un soldat et n’appréciait guère les ordres des civils."Elle est sous la garde de Povlek et de sa nièce, Lilla. Elle est nourrie et traitée de façon appropriée selon votre désir. Pensez-vous vraiment, que comme otage elle vous apporte quelque chose ?"

Kuolun eut un rire méprisant face à cette ignorance apparente. "Mon cher Rodriguez, apparemment vous n'avez pas la moindre idée de qui est avec la Lieutenant Joan Landor. Mais comme je ne veux pas vous laisser mourir idiot, je vais vous expliquer. Elle est la petite amie de notre héros intergalactique bien connu et populaire Curtis Newton, également connu sous le célèbre nom de Capitaine Futur." Amusé, Kuolun remarqua bien la façon dont Rodriguez écarquilla les yeux.

"Et qu’est-ce vous allez faire avec elle ?" demanda Rodriguez sceptique."Voulez-vous attendre jusqu'à ce qu'il se présente ici et essaye de libérer Landor ?"

Kuolun se permit un sourire sardonique. "Vous l’avez attrapée. Et dès qu'il sautera dans le système, il atterrira juste en face de la bouche de nos canons." Kuolun frappa du poing dans sa paume ouverte. "Et puis, je le soufflerai dans l'espace, une bonne fois pour toutes." Il ponctua sa phrase de son rire typique de charlatan.

Rodriguez regarda pensivement à travers la grande baie vitrée et marmonna : "Si nous avons encore suffisamment de carburant pour nous déplacer aussi comme sur un simple clic..."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. Juni 2013, 08:23:01 Uhr
Katherine marchait maladroitement vers les lavabos. Négligemment, elle jeta les serviettes et son uniforme propres sur un banc et entra sous la douche, d’où elle fit couler l'eau chaude. Elle appuya sa tête contre le mur carrelé et apprécia la façon dont les perles de l'eau coulaient sur elle. En collaboration avec Marijke, elle avait déjà interrogé le Chef Johansson, mais ce dernier était têtu et était resté muet comme une tombe. Katherine se demandait à ce moment-là ce qu'elle ferait vraiment des traîtres en cas d’évasion. L’emmener avec eux était simplement difficile, et il était hors de question de le tuer. Il y avait ainsi deux alternatives : le laisser partir n’était pas possible, il y avait un danger qu'il envisage – ou révèle certaines choses à Rodriguez ou le laisser enfermé dans sa cellule jusqu'à ce que quelqu'un l'y trouve et le libère. La deuxième option était toujours pour Katherine la plus humaine.

Cela faisait plusieurs minutes que Katherine était appuyée, la tête contre le mur, quand elle fut secouée par une main qui la tira hors de ses pensées. "Kat ! Hé ! Kat ! Tu prends toujours ta douche en étant habillée ?"

Katherine tourna la tête lentement, toujours penchée dans la direction d'où venait la voix. A travers le nuage de vapeur d'eau, elle pouvait voir Marijke qui lui souriait, amusée. "Quoi ? Comment ?" murmura-t-elle. A ce moment-là, elle se rendit compte qu’elle portait encore sa robe de cuir à moitié déchirée. "Ah, merde, je ne peux pas me rappeler où j'ai mis ma tête, Rijke. Quant à ces bagatelles, je ne suis déjà plus en mesure d’y penser." Courageusement, Katherine ôta la robe et la jeta comme un ballot de chiffons, lourds d’eau, négligemment dans un coin. Alors elle ôta sa culotte et se regarda en détail. Elle avait des ecchymoses sur tout le corps et des éraflures qui, là où l’eau coulait, commençaient à la brûler terriblement.

"Tu es épuisée, Kat. Maintenant que tu reprends un peu pied, tes pensées dansent comme dans un manège. La situation ne laisse personne indifférent", dit Marijke en se glissant également sous l'eau.

Katherine sourit ironiquement. "Merci pour ce diagnostic psychologiquement profond. J’en parlerai à mon thérapeute à l’occasion…"

Marijke sourit. "Après tout, tu n’as pas complètement perdu ton sens de l'humour", dit-elle en commençant à se savonner.

Katherine regarda la grande blonde. Elle avait une silhouette de rêve, dont Katherine se sentait particulièrement envieuse, ce qui forma dans les moindres recoins de son estomac comme un pack de six. Le plus frappant, cependant, était le grand tatouage asiatique qui ornait son corps à partir de l'épaule gauche sur la hanche, puis sur ses cuisses. "Humour noir, Rijke, pur humour noir", répondit Katherine avec un soupir et elle se mit à se laver les cheveux.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. Juni 2013, 13:32:11 Uhr
Hello !

nouvelle livraison... un excellent passage !  J'aime comment l'intrigue avance du côté de Joan, et comment ça se combine dans le quartier de la police pour en sortir, l'échange entre Kat et Rodriguez... du grand art  [goodjob] ! Bravo Free Nurara  [respekt]

et j'aime bien aussi le rôle de Tovin, comment notre perception de ce personnage évolue... au début, on sait juste qu'il a commis des crimes, un coup de folie, puis il y a ses "aveux" avec Kat, enfin sa présence au bal des officiers, et maintenant comment il va prendre la direction du groupe pour les sortir de leur zone de protection qui est presque une prison... Vraiment, c'est un personnage que j'aime de plus en plus, merci Alex  :) !

bizz

Limeye  :)



Joan s'était assoupie brièvement, mais à moitié endormie, elle entendit le déclic d'une clé tourner dans la serrure de la porte de la cave. Immédiatement, elle se réveilla. C’était Lilla qui arrivait chargée d’un plateau.

Silencieusement et avec le visage sérieux, la jeune Samedienne le déposa sur la table et ouvrit le lien de Joan autour de sa cheville. "Je vous apporte votre dîner", dit-elle simplement et elle prit une chaise pour s’installer contre le mur opposé.

Joan se leva et ne put en croire ses yeux quand elle vit ce qui se trouvait sur le plateau à côté de l’assiette. C’était un communicateur militaire de la marque BS-Omni. Visiblement troublée, elle le désigna et lança un regard interrogatif à Lilla.

"J’ai réfléchi, Joan", dit-elle doucement et un peu coupable. "J’en suis venue à la conclusion que ce qui se passe sur ma planète n’est pas une bonne chose. Tout là-haut domine la guerre et la société que je connais menace de tomber dans le chaos. Il doit y avoir une autre façon de sauver mon peuple. Je ne veux pas être responsable si la race samedienne est asservie par un seul étranger et quelques complices. Ce serait définitivement la mort et le chaos, et je ne peux pas l’admettre. Par conséquent, j'ai décidé de vous aider. Povlek est absent pour quelques heures et je lui ai volé le communicateur. Vous pouvez passer un appel rapide, de trente secondes maximum. Appelez votre collègue et dites-lui où vous êtes. Faites vite s’il vous plaît ! Je dois ramener l’appareil !"

Sans hésitation, Joan attrapa le communicateur et composa le numéro qu’elle connaissait bien directement dans la liste d'appels. Son appel fut prit au bout de quelques secondes.

"Colonel Tovin. A qui ai-je l’honneur ?"

Joan sentit une pierre sur son cœur. "Colonel ? Ici Joan, Joan Landor. Ecoutez-moi, je dois faire court ! Je suis quelque part à Samad et je suis prisonnière. Kuolun veut pratiquer une modification génétique sur les Samediens. J’ai reçu de l’aide ici, peut-être que je peux sortir. Mais je ne sais pas encore."

"Allez-vous bien Joan ? Etes-vous blessée ?" demanda Tovin visiblement surpris.

"Je vais bien. Comment ça se passe pour vous ?"

"Nous sommes coincés dans le quartier de la police et en train de planifier une sortie. Nous ignorons ce qui se passe dans le reste du vaisseau. C’est peut-être dangereux. Nous n’avons aucun contact avec l’extérieur."

Lilla fit signe à Joan de terminer l’appel. "Colonel, je dois raccrocher. J’essayerai de vous recontacter à nouveau." Lilla avait déjà pris l’appareil.

"Bonne chance, Joan…" entendit-elle encore avant que Lilla ne coupe la communication.

"Je vais essayer de vous sortir d'ici, je vous le promets. Je ne sais pas encore quand, demain, après-demain. S’il vous plait, gardez patience", murmura Lilla, en faisant disparaître le communicateur sous son morceau de peau. "Mangez maintenant, je dois repartir."

A la dérobée, Joan regarda Lilla. "Merci, Lilla. Je ne vous oublierai pas." Pendant que Joan mangeait, elle reprit à nouveau courage.

"Bonne chance, Joan…" avait encore pu dire Tovin avant la fin de la communication. Takashi et Baxter applaudirent avec un large sourire. Joan était en vie, c’était l’essentiel. Katherine et Marijke, fraîchement douchées et habillées, entrèrent dans la salle de réunion avec le sourire.

"Qu’est-ce qui se passe ici ? Quelque chose à fêter ?" demanda Katherine, alors qu'elle essuyait ses cheveux encore mouillés. Marijke n’avait pas grand chose à sécher, sa frange blonde et sauvage, enchevêtrée tombait devant ses yeux.

Takashi fut le premier à parler. "Une bonne nouvelle, Kat. Joan est vivante. Elle se trouve quelque part à Samad, mais elle semble avoir trouvé de l’aide. Elle a parlé d’une éventuelle évasion." 

Katherine poussa un soupir de soulagement. "C’est vraiment enfin une bonne nouvelle. A-t-elle dit autre chose ? Aucune indication quant à son sort ou autre ?"

Tovin grimaça. "Juste quelque chose comme quoi Kuolun prévoit de modifier génétiquement les Samediens, si on peut dire ainsi. Ensuite, la communication a été coupée."

"Le fumier. Nous pouvons seulement espérer que Joan s’en sorte", pensa Katherine. "Qu’est-ce que Kuolun projette ? Une manipulation génétique ? Qu’est-ce que ça signifie ?"

"Aucune idée, Kat", répondit Takashi. "Mais je crains que nous n’apprenions bien assez tôt ce que ce monstre malade veut faire. Kat, je pense que nous devrions maintenant tous manger ensemble et puis nous occuper de la manière de nous sortir d’ici."

Le dîner de la petite équipe fut composé en grande partie de rations d'urgence, fades, mais nutritives et qui apportait une sensation de satiété. Bien sûr, les discussions avaient tourné autour du plan d’évasion sur lequel le colonel Tovin avait travaillé dans les heures précédentes à l'aide des plans du vaisseau.

"Que faisons-nous du sergent Oobe et du prisonnier ?" voulut savoir un Lieutenant.

"Je suis désolé, Lieutenant", répondit Tovin, "Mais nous ne pouvons pas faire passer un cadavre par l'entrepont."

"Et de toute façon, Johansson reste ici, je ne le traîne avec nous en aucun cas", ajouta Katherine. "On va lui jeter une ration dans sa cellule et il pourra attendre que Rodriguez le sorte d’ici. En parlant de Rodriguez, je suis surprise qu'il n'y a eu aucune tentative de sa part pour venir jusqu’ici..."

"Et s’il essaye, ce ne sera qu’une tentative, Kat", dit Marijke.

"Pourquoi ?"

"Eh bien, l’épaisse cloison rouge est l’un des éléments premiers de ce vaisseau, il fait partie de sa structure principale. Si Rodriguez essaye de faire sauter la trappe, il endommagera la cloison, et tous les ponts s’effondreront comme un château de cartes, du fait de la gravité artificielle. Dans le pire des cas, l'ensemble du complexe moteur s'arrêtera. Je ne veux pas être ici quand ça arrivera." Marijke avait, parlé, en étant aussi calme et détendue qu’une présentatrice de télévision.

"N'est-ce pas un grave défaut de conception ?" demanda Baxter.

"Tout dépend de la façon dont vous voyez les choses", répondit Marijke en souriant. "De par leur conception, les vaisseaux de type Confédération sont vraiment stables et robustes. Pour fissurer les boucliers et la coque de l'extérieur, il faut beaucoup d'artillerie lourde et de missiles. Les concepteurs ont déjà pensé à cela quand vous arrivez à la fondation, la coque est comme un fromage suisse de toute façon. En cas d’explosion interne par exemple, cela n’entraîne pas d’autodestruction. Dans ce cas, on renforce le noyau dur. Beaucoup plus efficace. Il ne reste plus alors que des grains de poussière du vaisseau."

Il y eut alors comme un signal contre la cloison. Quelqu’un voulait entrer.

"Quand on parle du diable", s'écria Katherine, en sautant de son siège et en courant vers l'entrée. Le reste du groupe la suivit. Katherine alluma l'interphone et le petit écran. En effet, c’était Rodriguez, qui se trouvait avec un groupe de soldats en face de la cloison du réservoir.

"Commandant Rodriguez, quelle surprise", dit Katherine avec mépris. "Nous parlions justement de vous. Que voulez-vous ?" Elle s'appuya nonchalamment contre la cloison et croisa les bras sur sa poitrine.

Rodriguez tendit une paire de chaussures de femme et des bas noirs devant la caméra. "Vous avez oublié quelque chose chez moi, je voulais vous les rendre", répondit-il avec candeur.

"Vous pouvez les garder, Rodriguez. En souvenir de moi. Gardez-les et jouez avec le soir dans votre cabine !" répliqua Katherine ironiquement, ce qui provoqua un éclat de rire de ses camarades.

"Mais Katherine, pourquoi êtes-vous si méchante ? J’aime mieux la femme qui se trouve dans ces chaussures. Sortez d’ici. Vous et Van den Bosch. Vos agents et le Colonel Tovin auront le passage libre et un vaisseau les ramènera sur Terre."

"Oubliez ça, Rodriguez. Plutôt nous laisser nous envoyer en l’air, vous avez compris ?"

"Ca pourrait vous arriver, Ballard", grogna Rodriguez. "Nous allons entrer maintenant et alors, à la grâce de Dieu pour vous, ne l’oubliez pas. Teppler, vous pouvez placer les charges !"

Katherine en avait assez entendu et éteignit l'interphone. Elle regarda droit dans les yeux ses compagnons. "Ok, les gars. Je pense qu’il est temps de nous en aller d’ici. Prenez vos armes et votre équipement et allons-y !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. Juni 2013, 18:44:47 Uhr
John et Taggart...  [goodjob]


Lorsque John arriva sur le pont, accompagné de Maggie de Havilland, il fut reçu par un Amiral Taggart de bonne humeur. "John ! Heureux de vous voir. Nous partons dans quelques minutes. Venez, je vais vous présenter à mes officiers", dit Taggart de sa voix grave et grondante. Il guida John jusqu’à la zone d'opérations, où un groupe d'hommes et de femmes portant les uniformes de la flotte de chasseurs spatiaux et de Rangers de l'espace s'étaient rassemblés. Taggart les présenta un par un. "Commandant Klaus Döner, Commandant de l’Alabama ; Lieutenant Commandant Pierre Foche, premier officier ; Commandant Luis Gonzalez, Commandant du premier escadron de chasseurs ; Commandant Julia Malinovka, Commandant du deuxième escadron de bombardiers ; Colonel Elena Marko, Ranger de l’espace et son chef d’équipe, la Capitaine de corvette, Isabella Trevor, chef de la sécurité. Mesdames, Messieurs, je vous présente le Capitaine John Milner, chef de la sécurité de la police de l’espace. Dans le cadre de cette mission, le Capitaine Milner est professionnellement votre supérieur. La flotte a été placée sous le commandement de la police de l'espace. S'il vous plaît, soutenez le Capitaine Milner le mieux possible et en toute connaissance de cause."

Des mains furent serrées et des épaules frappées. Globalement, John fut très amicalement et ouvertement accueilli par les officiers. Cependant, John se sentait quelque peu écrasé dans l'environnement de ces anciens officiers apparemment très expérimentés. En particulier, il fut considéré avec méfiance par Elena Marko. Elle resta dans la zone d'opérations, jusqu'à ce que tous les autres officiers eurent disparu. Puis elle se dirigea vers John.

"Capitaine Milner ? Un mot, s’il vous plaît", dit-elle avec une voix d'alto sombre, qui semblait avoir la même couleur que ses cheveux noir de jais.

"Bien sûr, Colonel", répondit John avec un doux sourire. La femme d'une quarantaine d'années forçait le respect. Elle avait l'air un peu comme une version de Kat plus âgée, mais John se serait cassé le nez à plusieurs reprises sur le joli visage de Marko.

"Je n’ai encore reçu aucun ordres quant à notre mission, Capitaine, mais j’ai bien compris que nous allons passer en fraude sur le Tennessee pour aller à un endroit qui n'est pas encore défini à bord et sortir votre femme sortir de là-bas ?" Marko n’avait pas l’air de porter beaucoup d’intérêt à cette mission.

"Fondamentalement, vous avez bien compris la situation, Colonel", répondit John aussi calmement que possible. "Mais, ce n’est pas seulement ma femme, mais aussi quinze membres des forces de police et un ranger de l’espace. Je les veux tous indemnes et vivants !" John frappa avec insistance avec son poing dans sa paume. Il ne dit pas qu’à l’heure actuelle, il n’avait pas la moindre idée de la façon de mettre en œuvre son plan. Mais il disposait encore d’au moins 48 heures pour cela.

Marko se permit de lui faire un petit sourire. "Le ranger de l’espace est Abe Tovin. Je le connais depuis notre formation de base. Je peux vous promettre une chose, Capitaine. Si votre femme est avec Abe, ils s’en sortiront indemnes. Ne vous faites pas de soucis. Abe est le meilleur ! Avez-vous l’expérience du combat ?"

John secoua la tête. "Non, j’occupe un poste administratif. J’en suis désolé, Madame."

Marko laissa échapper un rire de gorge. "Elena ! Appelez-moi Elena. Méfiez-vous, John. Avec moi, vous êtes entre de bonnes mains. Dites-moi où vous voulez vous rendre et je vous y emmènerai. Par ailleurs, John, vous ressemblez assez à mon fils. Cependant, il n'est pas aussi difficile que vous. Votre action planifiée force vraiment mon respect, mais je vous le dis, ce n'est pas facile. Pourtant, je suis sûre que nous pouvons le faire. La Force est avec nous." En riant, Marko quitta la zone d’opérations.

Affolé, John se gratta la tête. "Celle-ci a pris beaucoup de coups, et pas seulement sur le nez. C'est sûr…", murmura-t-il doucement et il rejoignit l’Amiral Taggart sur le pont. Maggie de Havilland était toujours là, avec son casque de pilote sous le bras et ses grands yeux.

John sentit un grondement sourd et un tremblement sous ses pieds. Le croiseur de bataille se redressa lentement et se mit en mouvement. Il se réjouit en regardant à travers les grandes baies vitrées du pont. Relativement au-dessous de la proue de l’Alabama, il vit le bord bleu de la Terre, mais qui se retira lentement de son champ de vision. Puis apparut le croissant de lune sur le côté tribord. John trouva que c’était un spectacle magnifique. Maintenant, la flotte se regroupait pour passer à la vitesse de la lumière, quelques heures plus tôt que prévu.

"On part tout de suite, John", murmura Taggart à côté de lui. "J’ai passé 45 années dans la flotte, dont pendant plus de trente ans sur le pont d'un vaisseau de guerre, d’une petite navigation au commandement de la flotte, et il n'y a jamais rien eu de plus excitant pour moi que les dernières secondes avant le passage à la vitesse de la lumière - jusqu'à maintenant rien n’y a changé quoi que ce soit."

"Je peux comprendre, Monsieur", répondit John avec respect en passant une main dans ses cheveux bruns. "C'est pour moi la première fois et je suis très excité, je dois l'admettre."

"Quand vous l’avez fait une fois, vous voulez le faire encore et encore, n'est-ce pas, Capitaine de Havilland ?" Taggart avait remarqué que la petite pilote de bombardier était toujours sur le pont, où elle n’avait rien de précis à faire à ce moment. "Y a-t-il quelque chose d’autre, Capitaine ?"

"Non, Monsieur, je vais juste y aller", répondit Maggie, un peu déçue. John la regarda. Apparemment, elle voulait parler à John au sujet de l’heure du dîner. John se détourna.

"Où puis-je vous voir plus tard, Maggie ?" demanda-t-il rapidement.

"Appelez-moi dans ma cabine, 45-37C !" Maggie salua avec un grand sourire l’Amiral et disparut au pas de course de la passerelle.

"Mignonne, cette petite", murmura Taggart. "Elle semble avoir un œil sur vous. Qu’en dirait votre fiancée ?"

John sourit. "Rien, Monsieur. La Capitaine de Havilland et moi sommes d'accord. Nous irons dîner plus tard et resterons à l’écart les uns des autres. Elle aimerait faire du bénévolat en tant que pilote de la navette."

Taggart pinça les lèvres. "Hum, soit. Transmettez à la Colonel Marko. Elle s’occupe de la planification du personnel."

A travers la fenêtre panoramique apparut un compte à rebours rouge vif de trente secondes. Pendant ce temps, le convoi avait parcouru un demi-million de km entre eux et la Terre, dans les trente secondes qui suivirent, ça serait un autre demi-million de kilomètres, pour atteindre le point de Lagrange de la flotte, d’où ils pourraient se rendre en direction du système de Samedi.

Pour la flotte, le point de Lagrange était un "point de non-retour" - pour John aussi.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. Juni 2013, 21:06:23 Uhr
CHAPITRE 14

Après le saut à la vitesse de la lumière, John n'avait pas perdu de temps et s’était rendu quelques ponts au-dessous auprès du Capitaine de corvette Trevor dans le département de la sécurité. Trevor l'accueillit avec le sourire et le conduisit dans le centre de données, le cœur tactique du croiseur de bataille, où elle lui présenta un lieutenant à son âge. "Lieutenant MacDuran", s'écria la brune élancée d’une bonne trentaine d’années. "Voici le Capitaine John Milner, de la police de l’espace. S'il vous plaît, aidez le Capitaine Milner dans tous les aspects de cette mission. Et vous, Capitaine, ne vous laissez pas aller à une dégustation de whisky avec Tommy. Ce diable des Highlands vient toujours avec des trous percés dans la coque." Trevor adressa à sa subordonnée un sourire moqueur.

McDuran salua avec désinvolture et tendit une main amicale à John. "Tommy MacDuran, enchanté !" Il avait un accent écossais très prononcé. "N’écoutez pas ma chef", dit MacDuran d’un ton confidentiel et avec un clin d'œil à John, puis à l’adresse de sa supérieure, il dit plus fort : "Et qui boit seulement de la petite bière américaine, hum ?"

"Tommy, il faudrait plus souvent sortir de ton bunker et participer à la vie ! Bonne chance à vous deux !" dit Trevor et elle quitta la pièce en riant. John les regarda perplexe.

Tommy le frappa affectueusement sur l'épaule. "Oui, c’est assez facile ici. Elle se considère plus comme nous autres, ‘maman’ que comme notre supérieure, mais nous formons une bonne équipe. Alors, que faisons-nous ? Je suis prêt à toutes les infamies." Tommy fit craquer les jointures de ses doigts.

John secoua la tête à la pensée de ‘maman’ Trevor et regarda le jeune écossais en souriant. "Nous voulons organiser un sabotage, en passant inaperçus sur le Tennessee, de ses armes et de son équipement et récupérer quelques personnes. Penses-tu que nous puissions faire cela ?"

Les yeux bleus brillants du lieutenant blond s’écarquillèrent. "Wahou ! Quelle folie ! Alors vous êtes au bon endroit avec moi. Allons-y, mec ! J’ai déjà une idée…" Tommy murmura mystérieusement et conduisit John dans les profondeurs du centre de données.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 4. Juni 2013, 10:06:34 Uhr
[chinese] [chinese] [chinese]

Merci merci merci!

Je vais faire de mon mieux. Mais il faudra un peu de temps jusqu'à ce que je continue. Bientôt nous deux sont égaux sur l'histoire. Peut-être que vous devriez descendre du gaz un peu. ;-)
Il ya seulement quelques pages gauche jusqu'à moi.

Hallo Free Nurara !

Peut-être que vous devriez descendre du gaz un peu. ;-) = in französich ist besser : je vais lever le pied  ;) . Ja, ich weiss... aber, die Frankophonen Leser wird Deine Geschichte etwa zur gleichen Zeit gelesen wie die deutsche Leser  ;)

@ pour les francophones : du grand Rodriguez !

LG

Limeye  :)


"Faites attention à ce que les charges soient fixées seulement dans la direction du rail de la porte !" précisa le Capitaine Teppler à ses hommes. Teppler et ses hommes étaient membres du détachement de sapeurs du Tennessee et étaient compétents dans le maniement de l'explosif explosif F-86. "En aucun cas, le cadre de la cloison supérieure ne doit être endommagé !" Teppler connaissait le risque de faire sauter la porte du quartier de la police et avait attiré l’attention de Rodriguez avec insistance. Ce dernier cependant avait réagi avec un simple geste de la main.

Les sapeurs avaient placé la charge explosive et priaient chacun de se mettre à couvert. Une demi-minute plus tard, une forte explosion secoua le pont. Le Capitaine Teppler et un sergent inspectèrent la porte et se regardèrent d’un air interrogateur. Le sergent secoua la tête, impuissant.
La cloison était en bon état à l'exception des résidus du tir.

Rodriguez émergea de derrière son abri et appela : "Qu’y a-t-il, Teppler ? L’avez-vous cassée ?"
"Non, Monsieur, je suis désolé. La cloison a tenu selon ses capacités." On pouvait entendre un léger plaisir dans sa voix. Teppler manifestait ainsi seulement le peu d'intérêt pour l'honneur offensé de son commandant. Il espérait secrètement que Rodriguez échouerait dans cette tentative. Il avait tort.
"Et bien, posez une charge plus importante, maintenant je veux aller là-bas ! Allez-y, faites-le !" Rodriguez semblait très contrarié.

"Mais, monsieur, je vous ai déjà dit que la cloison..."

"Taisez-vous, Teppler et obéissez à mes ordres ! Casser cette fichue cloison ou je vais vous tuer ici sur place !"

En soupirant, Teppler fit signe à ses hommes. "Ok, Messieurs, soixante grammes de plus par charge. Assurez-vous que vous restez bien sur le bord de la cloison", murmura-t-il à la ronde.
Le sergent lui fit part tranquillement de son inquiétude : "Capitaine, en tout, cela fait dix-huit kilos d’explosifs, cela déformera complètement le chott !"

"Je sais, Sergent. Mais dans la mesure où elle plie et ne rompt pas, la structure tiendra le coup. Ensuite, nous pourrons forcer l'ouverture de la porte avec des poussoirs hydrauliques. Mais si cela se passe mal..."

"Nous irons tous en enfer, Capitaine", le sergent termina la phrase.

"Rodriguez va tous nous tuer", murmura le premier sous-officier.

"Doucement !" siffla Teppler. "Je pense comme vous, Messieurs. Mais ce n’est pas le moment de discuter. Maintenant, placez cette merde d’explosifs et essayons de ne pas tous nous tuer tout de suite, compris ?"

"Qu’est-ce qu’il y a encore ?" leur cria Rodriguez. "Capitaine Teppler, j’insiste : vous devez ouvrir cette porte immédiatement !"

"Tais-toi, connard !" chuchota Teppler, en désignant à ses hommes là où ils devaient poser les explosifs. Une minute plus tard, une nouvelle explosion, encore plus puissante, secoua encore le vaisseau. Une fois la fumée dissipée, Teppler et Rodriguez inspectèrent à nouveau la porte rouge. Une lueur pâle sortait de l'autre côté.

"Et bien", dit Rodriguez avec satisfaction. "Maintenant, enfoncez la porte."

"A vos ordres, Monsieur", répondit Teppler calmement en regardant la partie supérieure de la cloison. De toute évidence, la cloison avait tenu. Extérieurement, elle ne montrait aucun signe de dommages. Cependant, ce que Teppler et ses hommes ne pouvaient voir, c'était le fait qu'une fissure microscopique s'était formée à l'intérieur du cadre et que chaque vibration du vaisseau allait l’élargir.

Le sort du croiseur de bataille Tennessee était scellé.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 4. Juni 2013, 13:08:13 Uhr
Je sais, je sais, je vais finir par traduire plus vite que Free Nurara n'écrit... heu, non, quand même pas  ;D

Néanmoins, vous serez désormais quasiment "à égalité" avec les lecteurs allemands, c'était aussi un des objectifs...

bonne lecture !

Limeye  :)


Katherine et les autres avaient quitté le quartier de la police à peine une seconde plus tôt. Tovin avait élaboré, en leur absence, un plan d'évacuation par les gaines de ventilation. Les accès n’en étaient pas facilement visibles et encore moins par tout le monde. Même les plus anciens membres de l'équipage n'étaient pas au courant de leur existence et en auraient été trompés par des représentations factices. Le but de ces dispositifs était d’empêcher une évasion des détenus condamnés. Même Marijke Van den Bosch n'avait pas connaissance de cela et fut plus que surprise par le camouflage habile que les concepteurs de Tennessee avaient imaginé.

Tranquillement et prudemment le groupe de dix-sept personnes rampa à travers les puits étroits. Katherine maudit intérieurement d'avoir à ramper sur les mains et les genoux à travers les pièces métalliques sombres, étroites, mais au moins, elle portait maintenant des vêtements militaires robustes qui la protégeaient largement des griffures et autres blessures. Par deux fois, ils furent secoués par de violentes explosions. Rodriguez essayait réellement d’accéder au quartier de la police. Katherine se souvint des explications précises de Marijke concernant ce qui se passerait à bord du vaisseau en cas d'accident, et incitait ses agents à se dépêcher. Leur but était d’atteindre le hangar des chasseurs, de là, il devrait être possible pour eux de détourner une navette, et de passer en quelque sorte inaperçus pour disparaître du vaisseau. Qu’ils se trouvaient encore en principe dans le piège parce que la flotte avait cherché refuge dans un immense astéroïde creux, cela Katherine et ses agents n’en devinaient encore rien. D’abord, il leur fallait parvenir jusqu’au hangar, franchir un dispositif aussi renforcé que celui du quartier de la police, renforcé autant du dehors que du dedans – Katherine l’espérait – par des pilotes et du personnel des deux escadrons de combat qui se défendaient encore contre les mutins. Leur progression les conduisit vers l'arrière et vers le bas, vers l'échangeur d'air central à proximité des locaux des machines. Il faisait chaud et c’était bruyant et il leur fallait presque crier pour s’entendre. Tovin demanda une courte pause pour s’orienter. Katherine s’assit sur le sol, Takashi fit de même à ses côtés. Il y avait une lumière tamisée dans cette petite baie. En face de Katherine était assis un jeune sergent britannique du nom de Beck. Il regarda son arme et commença tranquillement à chanter une vieille chanson des soldats anglais.

Up to mighty London Came an Irishman one day As the streets are paved with gold Sure, everyone was gay Singing songs of Piccadilly, Strand and Leicester Square Till Paddy got excited And he shouted to them there…

It’s a long way to Tipperary, It’s a long way to go. It’s a long way to Tipperary to the sweetest girl I know! Goodbye Piccadilly, Farewell Leicester Square! It’s a long long way to Tipperary, but my heart's right there.

Paddy wrote a letter To his Irish Molly-O, Saying, „Should you not receive it Write and let me know!“ „If I make mistakes in spelling, Molly dear,“ said he, „Remember, it's the pen that's bad, Don't lay the blame on me!“


Deux de ses camarades, Setzer et Clapton, chantèrent avec lui, et même Takashi qui connaissait la vieille chanson et reprit un couplet. Puis il s’approcha de Katherine qui le fixait obstinément. "Allez, Kat, chante avec nous. C’est bon pour nous", dit le Capitaine japonais avec un large sourire.

Katherine secoua la tête. "Non, laisse tomber, Takashi. Chanter n’est pas mon truc. Si je chante, je vais déclencher une catastrophe !"

Setzer, Beck et Clatpon comprirent immédiatement la plaisanterie de leur Major et se mirent à rire. Takashi mit une seconde de plus à comprendre, puis il éclata de rire. En riant, il reprit son rôle de chef d’orchestre et pria toute la troupe, y compris Tovin et Marijke, de chanter. Contre le bruit ils chantaient, et souriaient victorieusement.

It’s a long way to Tipperary, It’s a long way to go. It’s a long way to Tipperary to the sweetest girl I know! Goodbye Piccadilly, Farewell Leicester Square! It’s a long long way to Tipperary, but my heart's right there.

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 4. Juni 2013, 19:04:11 Uhr
Encore un morceau... avec un Rodriguez encore plus odieux que précédemment... un vrai, vrai méchant  [afraid] [badhairday]

Limeye  :)


Grâce aux lourds poussoirs hydrauliques, Teppler et ses hommes ouvrirent facilement la cloison. Ils créèrent une ouverture, assez grande pour permettre aux soldats de pouvoir passer facilement. Lorsque la pièce fut sécurisée, Rodriguez et Teppler pénétrèrent dans le quartier de la police. Pas âme qui vive. "Allez, cherchez les tous ! Amenez-moi ces deux chiennes !" hurla Rodriguez.

Tous les soldats se déployèrent par deux et fouillèrent la zone d’hébergement, les cellules et les salles de réunion du complexe tentaculaire. Au bout de quelques minutes, deux hommes revinrent avec le Chef Johansson visiblement soulagé.

"Commandant Rodriguez !" appela ce dernier. "Merci beaucoup de m’avoir sorti d’ici. Ils sont partis, ont tout simplement disparu !"

"Johansson, mon cher Johansson", déclara Rodriguez avec plaisir. "Ravi de vous revoir sain et sauf." Il passa un bras amical autour de l'épaule du Chef officier. "Allons par-là."

 Ensemble comme de vieux amis, Rodriguez et Johansson se dirigèrent dans le couloir. "Vous savez, Johansson", dit tranquillement Rodriguez et en toute confidentialité. "Je me suis fait du souci."
"Ah, oui", murmura Johansson. "Les policiers de l'espace ne sont pas des barbares qui torturent leurs prisonniers inutilement."

"Je ne pensais pas à cela, mon cher", murmura Rodriguez, en plaçant sa main dans le cou du Chef. "Je parlais plutôt de ma préoccupation pour la réussite de cette mission, vous comprenez ?" Il sourit amicalement au Scandinave roux.

"Si c'est ce que vous croyez, Monsieur, je n'ai pas parlé. Ballard et Landor n'ont pas appris un mot de moi", répondit Johansson.

Rodriguez pinça les lèvres. "Bien, bien. Je n'en attendais pas moins de vous." Rodriguez s'était retourné vers Johansson, la main toujours dans son cou, leurs visages tellement rapprochés que le nez des deux hommes se touchaient presque. "Et je veux que cela continue, vous comprenez, Chef ?"

"Bien sûr, Monsieur", répondit Johansson, un peu confus, car il ne comprenait pas ce que Rodriguez voulait. "Vous pouvez compter sur moi."

"Je suis désolé, Sven, mais que je ne peux plus compter sur vous." La voix de Rodriguez était devenue sombre et sinistre. Il tira sa tête en arrière, saisit plus fermement Johansson par le cou, devint tout à coup sérieux et cogna la tête de Johansson avec force contre le tuyau qui descendait verticalement du plafond près des deux hommes. Johansson se mit à saigner abondamment. D'une main, Rodriguez se saisit de l'homme totalement maîtrisé par son col et le frappa brutalement à plusieurs reprises dans l'estomac jusqu'à ce que Johansson, se tordant de douleur, tomba au sol.

Rodriguez sortit son pistolet à protons et s'agenouilla devant l'homme gémissant. "Tu m'as trahi depuis l'instant où tu as été arrêté, Johansson. Je n'ai pas besoin d'hommes comme toi, tu as compris ?" Il plaça son arme sous le nez de Johansson et dit : "Va à Dieu, Chef !" Alors Rodriguez tira. Johansson n'eut même pas le temps de crier.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 4. Juni 2013, 21:43:42 Uhr
Coucou Limeye,

Wow, chapeau pour la vitesse de traduction!  ;)

C' est vrai que Free Nurara cree des personnages savoureux, mechants ou gentils... ;D
Mais comme toi je pense qu'il y en a un qu'il aurait pu garder dans sa poche.... ;D
Neanmoins ca peut effectivement donner des scenes interessantes avec Curtis... si jamais il est a cours de drame ou suspens  ;D...

Quelle imagination  et quel realisme, on se croirait vraiment sur ces navire de guerre dans l'espace...Il devrait vendre le scenario pour un film!  ;)

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 5. Juni 2013, 02:12:21 Uhr
And for the film: I would give the script away, under one simple condition: Cobie Smulders plays the role of Kat, nobody else! ;)

Kat: dream on, Alex...

Natürlich...  ;)

@ O-tho : je partage ton avis, pour certaines scènes (dont la précédente en effet, mais aussi par exemple, celle de Kat dans les couloirs et recoins du vaisseau), on verrait bien cela en film ! Aucune idée des intentions d'Alex concernant l'intervention de Curtis et une ou des scènes entre Peter / Joan / Curtis ou seulement Peter / Curtis ou Joan / Curtis, mais vu tout ce qui précède, ça m'étonnerait que ça donne une scène "fade"... va falloir qu'on s'accroche bien les coeurs, les filles...  ;)

bon, l'insomnie revenant, je vous livre de la lecture pour votre fin de journée outre-Atlantique... Je précise que le passage suivant a été traduit par une non-geek, je demande donc de la tolérance  ;D !

bizz

Limeye  :)


John et Tommy s'entendirent bien immédiatement. Ensemble, ils élaborèrent un plan de pour noyauter et contrôler rapidement et efficacement l'ordinateur central du Tennessee. Ce ne serait pas facile, car l'ordinateur central possédait de multiples protections et une erreur dans la prise de contrôle aurait pour conséquence que l'ordinateur se fermerait en mode secours et tous les accès seraient refusés. Le vaisseau deviendrait alors incontrôlable. Tommy avait montré à John au moyen d'une simulation, comment cela allait se passer. De plus, il devait donner aux différents terminaux, répartis sur le vaisseau, des codes spéciaux, attendre quelques minutes et confirmer l'autorisation du système. Ce temps d'attente rendait leur entreprise dangereuse. Durant cette période, l'équipe avec laquelle John devait infiltrer le Tennessee serait repérable, car l'ordinateur signalerait alors à la centrale de sécurité qu'à ce moment on cherchait à l'infiltrer. Tout compte fait, John avait le sentiment qu'il s'était engagé dans une mission-suicide. Le fait que le Tennessee naviguait désormais seulement avec une garnison qui comptait moins qu'un tiers de ses capacités était seulement une faible consolation. Si le croiseur de bataille avait compté sur ses douze mille membres d'équipage, une telle entreprise aurait été dès le départ suicidaire. Cependant, on pouvait s'attendre désormais à ne rencontrer que des couloirs vides. Et comme les cheminements sur ce vaisseau étaient identiques à ceux de l'Alabama, John pouvait déjà s'attendre à retrouver le chemin de sa cabine.

Il se sentait dispo et appela comme convenu Maggie dans sa cabine. "Je pensais que tu ne viendrais plus", dit-elle un peu tristement. "Je meurs de faim. Allons-nous au 'casino' des pilotes ? Il y a au moins quelque chose à boire..." John pouvait presque entendre Maggie lui faire un clin d’œil. Il avait également envie d'une bière fraîche, cela était une certitude.

Quand John entra dans le 'casino' des pilotes, une Maggie rayonnante s'y trouvait déjà. Elle était vêtue, comme tous les autres pilotes d'un pantalon vert olive typique, d'un T-shirt blanc et d'une veste d'aviateur en cuir brun avec des badges colorés. L'insigne de leur escadron de bombardiers était un tigre gris-noir avec la gueule grande ouverte et les pattes avant posées sur une torpille.

"Je suis désolé, Maggie, mais l'instruction au centre de données a pris plus de temps que prévu. Tout cela est diablement compliqué. Demain, je reçois un guidage précis sur le vaisseau, que je vais adapter à notre approche", dit John en s'asseyant à la table de Maggie.

Maggie dégustait un Cuba Libre avec une paille et John semblait encore un peu songeur. "Vous avez déjà une idée de comment vous allez entrer dans le Tennessee ?" demanda-t-elle intéressée. Elle semblait s'intéresser à tout ce qui touchait John ou venait de lui."Vous pouvez difficilement voler jusqu'au hangar, descendre et crier : Hello, nous voici ! Pouvons-nous reprendre ce vaisseau ?"

"Parvenir jusqu'au Tennessee serait déjà une bonne chose", dit John en remerciant d'un clin d’œil le serveur qui lui avait apporté sa bière. "As-tu déjà volé à bord d'un Black Teardrop ?"

Maggie secoua sa crinière blonde. "Ces nouveaux appareils de type Infiltrateur avec une coque furtive ? Je n'en ai vu que des photos. Il s'en trouve déjà à bord de la flotte ?"

John sourit mystérieusement. "Je ne suis pas très familier avec les vaisseaux spatiaux, Maggie, mais le colonel Marko - que j'ai rencontrée en chemin et à qui j'ai fait part de mon souhait de t'avoir en tant que pilote de navette - a dit que tu devrais sauter dans le simulateur rapidement pour te familiariser avec ce type d'engin. Nous en avons deux à bord du King William."

Maggie ouvrit de grands yeux. "Vraiment maintenant ? Moi ? C'est... oh, merci, John !" Elle était prête à bondir et à sauter au cou de John, seulement la table se trouvait sur son chemin.

John était grave. "Maggie, ce ne sera pas une partie de plaisir. Le plan est le suivant : nous volerons jusqu'à la poupe du Tennessee, là où il y a très peu de tourelles. Toutefois s'y trouvent quatre énormes pots d'échappement des moteurs. Entre les pots se trouvent de petites pointes qui sont utilisées lorsque le vaisseau est en chantier par exemple, à partir de là, vous pouvez rapidement approcher des moteurs.  La petite différence, c'est que quand le mécanicien doit sortir, les moteurs sont froids, si nous parvenons à les approcher en volant, il y aura aisément des gaz d'échappement de quatre à six mille degrés qui nous grilleront en quelques secondes. Les Teardrops ont des boucliers faibles, car ils sont conçus pour une brève utilisation. Il ne pourra pas tenir plus de trente secondes dans les gaz d'échappements. Et maintenant, tu viens." John se pencha en arrière, prit une gorgée de sa bière et regarda sérieusement Maggie dans l'expectative.

Maggie regarda sa montre. "Je ne peux pas aller au simulateur aujourd'hui. Il est entièrement occupé. Je regarderai plus tard les spécificités du Teardrop. Mais, je pense que j'ai déjà eu une idée de comment monter à bord. Ce sera rugueux comme un tour de rodéo, mais je t'emmènerai de l'autre côté !" Elle leva son verre pour porter un toast à John en regardant le beau jeune homme droit dans les yeux.

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 5. Juni 2013, 06:56:55 Uhr
Hello !

voici le passage que j'attendais de lire depuis au moins 3 (ou 4 ?) chapitres. Je ne suis pas certaine de pouvoir vous livrer la suite avant demain, j'ai commencé la traduction des deux passages que Free Nurara nous a livrés hier, mais j'ai une grosse journée de taf' devant moi. Il vous faudra donc prendre un petit peu patience avant de découvrir encore un bon moment et de bonnes réparties de Kat  ;). Mais pour l'heure, Joan a rendez-vous avec.... Kahlon !

Limeye  :)


De façon totalement inattendue, la porte de la prison moisie de Joan s'ouvrit. Un Povlek de bonne humeur entra, suivi de quelqu'un recouvert d'une cape de pluie mouillée, de haute taille. Joan devina qui se cachait sous cette cape, juste avant qu'il ne l'enlève.

"Kuolun", grommela Joan à peine surprise. "Que voulez-vous de moi ? Pourquoi me retenez-vous ici ?"

Kuolun posa la cape sur la table et se dirigea vers elle avec un geste arrogant. "Miss Landor, Joan. Quel plaisir de vous revoir ! Cela fait maintenant deux ans que nous nous sommes vus pour la dernière fois, n'est-ce pas ?" Il lui sourit aimablement. "Vous êtes merveilleuse, j'ai l'impression que vous êtes toujours aussi belle !"

"Dans toute autre bouche, ces mots seraient des compliments, Vul. Chez vous, je ne remarque que la mauvaise odeur de votre bouche !" lui répondit froidement Joan. Une légère panique s'était levée en elle à la vue de l'ennemi juré de Curtis. "Et si vous voulez me tuer, s'il vous plaît, faites-le proprement. Je ne supporterais pas votre présence bien longtemps !"

"Ah, Joan, laissons donc le passé derrière nous", répondit Kuolun avec un profond soupir. "Personne n'a l'intention de vous tuer. Bien au contraire, ma chère ! Vous allez m'aider à sauver des milliards de vies !"

Joan émit un bruit en signe de dérision. "Pan ! En quoi puis-je vous aider de quelque façon ? Réduire les Samediens en esclavage ? Jamais de la vie !"

Kuolun appuya ses doigts les uns contre les autres. "Joan, ma chère, Joan chérie", dit-il avec une voix de velours, et il s'accroupit en face de son lit. Ses yeux étaient, comme Joan s'en souvenait, petits, froids et perçants. "Je crains que vous n'aurez pas d'autre choix possible. Je vais mettre en œuvre mon plan pour sauver le peuple samedien d'un génocide, et ni vous, ni votre Curtis ne pourrez m'en empêcher. Oh oui, votre Curtis va oser venir jusque dans ce système. C'est une surprise de feu qui l'attendra, hahaha !"

"Que voulez-vous dire ?" demanda Joan, craignant le pire.

"La marine samedienne dispose justement des mines de gravité dans ce système solaire. Chaque vaisseau plus petit qu'une canonnière est tout simplement déchiré, comme s'il allait tomber dans un trou noir ou une dépression de lune. Ah, magnifique, cette idée. Le grand Capitaine Newton et son célèbre vaisseau, le Comète seront les victimes peu spectaculaires d'une mine de gravité primitive. C'est tellement... tellement... tellement fataliste !" Kuolun se redressa, leva les bras en l'air et sourit méchamment.

"Vous êtes et resterez un fou monstrueux. Combien de protections faut-il brûler pour vous atteindre ?" Joan se montra volontairement effrontée.

Kuolun s'était détourné et était sur le point de partir, mais il se retourna vers Joan. "Joan, vous n'avez pas la moindre idée de ce qui se passe ici. Je vais vous le montrer. Quand j'aurai mis en place mon plan, vous me verrez avec des yeux différents, oui, peut-être même avec vénération." Il désigna Povlek qui était resté tout ce temps silencieux près de la porte avec une mine glacée, pour qu'il ouvre celle-ci. "Oui, Joan, de cela j'en suis sûr. Vous me vénérerez et m'aimerez. Vous me considèrerez comme un dieu !" Kuolun s'inclina en une profonde révérence en direction de Joan puis se redressa fièrement, le torse bombé.

Joan soupira et se laissa tomber sur le matelas. "Oui, Vul, bien sûr, Vul. Je vous aimerai et vous vénérerai... espèce d'araignée ! Allons, Lilla, sors-moi d'ici !" murmura-t-elle. A cet instant, elle repensa à Peter et à la dernière nuit chaude dans sa cabine. "Si Peter savait où je me trouve actuellement, il grimperait dans sa machine et réduirait tout cela en miettes pour me sortir de là..." songea-t-elle comme une larme coulait sur sa joue.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 6. Juni 2013, 04:00:43 Uhr
Hallo Free Nurara!

Joan's temper is so different of what I usually see! I think I prefer her with a stronger mind. After all, all your female characters but Joan have a strong mind et personality! The villains have strong personalities, too! And Ezra, John, Takashi, Tovin, are so loveable!

I had a big laugh when you asked Limeye to "descendre du gaz un peu" She's pretty quick, doesn't it?
 [rolllaugh]

Your story is good enough to make you think of a second career, if you want! Some movies are more boring than Meuterei!

Congratulations! Félicitations! Bravo! Glückwünsche!  [goodjob]

Flamme
 :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 6. Juni 2013, 10:10:26 Uhr
Hallo Free Nurara !

I'm agree with your analyse about the universe of Star Wars and I think also it's possible to create another story in CF universe. Ich denke, dass die Welt durch Hamilton auch von großem Interesse und Möglichkeiten für neue Geschichten und neue Charaktere vorgestellt sind.

Im meine Geschichte habe ich auch andere und neue Charaktere erstellt, aber es ist schwierig für mich neue und imaginäre Welten zu beschreiben.  Ich bin so durch Orte inspiriert, die ich kenne und liebe.

Die französiche Leserin sind jetzt eifrig, um mehr zu lesen !  [work]

Und ich denke dass ich morgen Zeit habe, um zu übersetzen.

Viele Grüsse !

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 6. Juni 2013, 11:35:03 Uhr
Voilà, voilà... Jelle aurait foutu une baffe, Kat, c'est autre chose...  ;)


Peter était assis tristement avec une tasse de café dans le mess des pilotes. Il aurait préféré prendre quelque chose comme un alcool fort en ce moment, mais les deux commandants d'escadron avaient exprimé une interdiction absolue de l'alcool pour les pilotes et le personnel du fait de la prise illégale du commandement par Rodriguez. Les deux commandants s’étaient déclarés fidèles au gouvernement terrien et avaient pris leurs distances avec la mutinerie au sein de la flotte. Mais les escadrons avaient été piégés. La zone comprenant le hangar, le pont d'envol, les dépôts d'essence et de stockages de munitions ainsi que les logements des pilotes était plus une citadelle fortement blindée comme l’était le quartier de la police, et même plus. Mais une tentative de sortie aurait été un suicide, à peine le chasseur et chasseur-bombardier auraient-ils quitté le croiseur de bataille, qu’ils seraient impitoyablement abattus par les traîtres qui étaient autrefois leurs camarades. De plus, le Tennessee était juste à l'intérieur d'une grande station spatiale et le transporteur le Courageux se trouvait avec ses canons antiaériens à seulement dix kilomètres de distance. Une tentative d'évasion avec les petits avions de chasse se serait terminée par un massacre. Le personnel des deux escadrons était encore en une relative sécurité. Une centaine de pilotes et techniciens protégeaient les accès au sein du vaisseau et devant la grande porte de hangar on avait installé quinze Broadswords sur une rangée qui étaient détournés de leur usage habituel pour être transformés en artillerie lourde. Personne ne pouvait entrer, personne ne pouvait sortir.

"A quoi penses-tu donc, Peter ?" demanda une chaude voix féminine et il sentit une main sur son épaule. C’était Danica qui le regardait avec bienveillance, alors qu’elle s'asseyait en face de lui. Peter la regarda avec attention de ses yeux verts et soupira.

"Joan, Dany. Je pense à Joan. Je ne l’ai plus entendue depuis des heures et je ne parviens pas à la joindre. J'ai le vague sentiment que quelque chose lui est arrivé et, lentement mais sûrement, je commence à me blâmer pour cela."

"Ne dis pas de bêtises, mec !" répondit doucement Danica à son compagnon de vol. "Joan est une femme adulte qui sait comment faire face à de telles situations, sinon elle ne serait pas agent de police de l'espace."

Peter secoua la tête. "Tu ne m’as pas compris, Danny. Hier soir, la Major Ballard a donné à ses agents, vers la fin du bal, le commandement clair, de se rendre immédiatement au quartier de la police. Joan m'a emmené dans sa cabine et a dormi avec moi. J’aurais dû lui parler. La nuit dernière, elle aurait pu facilement rejoindre les agents. La mutinerie ne s’est déclenchée que ce matin. Et comme elle ne répond pas, je crois qu’il lui est arrivé quelque chose. Et si c'est le cas, c'est juste de ma faute ! Je n’aurais pas dû aller avec elle."

"As-tu essayé de joindre la Major Ballard ?"

"Oui, mais ça ne répond pas. De même pour le Capitaine Yokomuri ou la Capitaine Van den Bosch. Il n’y a personne au bout du fil."

Danica se pencha en arrière et croisa ses mains derrière sa tête. "Hum, peut-être que Rodriguez les a attrapés. Alors nous ne pouvons rien faire pour eux."

Peter posa sa tête entre ses mains et s'arrachait les cheveux. Il avait l'air assez désespéré. "Je me fais du souci pour Joan, Danny."

Danica posa une main sur le bras de Peter. "Tu l’aimes, n’est-ce pas ?" demanda-t-elle en souriant. Peter pinça les lèvres et hocha la tête.

Les deux restèrent assis en silence pendant un moment, jusqu'à ce que soudain de l'extérieur du ‘casino’ éclate un grand bruit, et tous ceux qui étaient présents au ‘casino’ saisirent leurs armes et se précipitèrent dehors. Puis il y eut une annonce par haut-parleur. "Attention ! Alerte ! Tentative d’infiltration dans le hangar ! Tous en ordre de bataille ! Je répète ! Tous en ordre de bataille ! Alerte ! Tentative d’infiltration dans le hangar !" Danica et Peter se regardèrent brièvement, puis saisirent également leurs armes à protons.

"Okay, les amis. Nous y sommes", chuchota Tovin en pointant de l’index sur l’écran d’un petit appareil de navigation. "Grâce à cette écoutille, nous descendrons dans le hangar principal. Nous devons seulement espérer que les gars là-bas seront assez intelligents pour ne pas nous tirer comme des lapins, mais commenceront par nous poser des questions. Alors s'il vous plaît, soyez gentils et amicaux quand nous entrerons dans le hangar. Je parie que les camarades en-dessous ont actuellement le doigt assez nerveux doigt sur la gâchette." Tovin éclaira brièvement chacun des visages du groupe et reçut un hochement de tête approbateur.

Katherine bâilla, la tension et la fatigue pouvaient se lire sur son visage. Depuis les dernières dix-huit heures elle était debout, ce qui était normalement peu pour elle, mais elle n’avait fait depuis le matin que ramper à demi-couchée ou même se pencher par la ventilation sombre et étroite et les coursives d'alimentation et jusqu’à la courte pause au quartier de la police. Tovin appela le sergent Romanov, qui était fort comme un Turc. "Ici, Sergent, nous devons ouvrir ces verrous. Aidez-moi !" Ensemble, les deux hommes réussirent à ouvrir les quatre gros loquet de verrouillage de la trappe. Le couvercle de la trappe tomba sur le sol du hangar.

"J'espère que personne ne se trouvait en-dessous", murmura Takashi.

"Je vais descendre maintenant", dit Tovin et il descendit l’étroite échelle. L’échelle se trouvait dans un des coins à l’arrière du hangar. Quand il se retourna, Tovin vit déjà la bouche de trois canons à protons et chaque seconde amenait plus de pilotes et de techniciens qui tournaient également leurs armes contre lui. Tovin leva lentement ses mains et sourit faiblement. "Ne vous méprenez pas, s'il vous plaît, les gars", dit-il à voix basse. "Nous sommes du bon côté !"

"C'est Tovin, le traître!" cria une voix à l'arrière de la foule grandissante. "Descendez-le !" Apparemment, il n'était pas arrivé aux oreilles de tout le monde à bord du vaisseau que le Colonel Tovin était libéré.

"Personne ici ne le descendra, c’est clair ?" rugit une nouvelle voix énergique venant de plus loin. Une certaine agitation vint de cette direction, comme quelqu’un qui se frayait un chemin pour approcher. "Il dit la vérité ! Baissez vos armes, idiots !" C’était Peter et Danica qui se tenaient désormais devant tous les autres. Peter se tourna vers ses compagnons, levant les bras en l'air. "S'il vous plaît, les gars restez calmes et rangez vos armes." En grognant, les fusils et les pistolets rejoignirent leurs étuis. Peter regarda Tovin. "Colonel, content de vous voir. Etes-vous seul ?"

Tovin sourit largement et dit : "Je suis accompagné de quelques amis pour participer à la fête, Major."  Il désigna l'échelle et à la grande surprise de Peter en descendirent Katherine, Marijke Van den Bosch, Takashi Yokomuri et quatorze autres officiers.

Peter regarda dans l'expectative, au fur et à mesure que chacun descendait progressivement.  Lorsque le dernier flic sauta de l'échelle, il eut l'air déçu. "Mais… où est Joan ?" demanda-t-il en se tournant vers Katherine. Celle-ci se taisait et regardait avec colère le brillant pilote.

Tovin fit un pas de plus vers Peter et posa sa grande main sur son épaule. "Elle se trouve sur Sameda II, Peter. Kuolun la garde enfermée dans un endroit inconnu, mais nous avons parlé avec elle lors d'une connexion par communicateur. Elle se porte bien et a parlé d’une évasion, elle a dit qu'elle avait reçu de l'aide sur place."

Peter baissa la tête. "Tout est de ma faute", murmura-t-il. "Ca ne serait pas arrivé si j’étais resté avec elle."

"C'est assez vrai", dit Katherine qui sentait monter la colère et s’avançait avec l’index menaçant vers Peter. "D'abord vous séduisez ma collègue et amie, puis vous l’inciter à la désobéissance et la mettez en danger !" Katherine serra le poing. "Je suis tellement énervée, Major, que je serais ravie de vous en coller une !" siffla-t-elle à l’adresse du pilote allemand.

Peter haussa les épaules et écarta les mains. "S'il vous plaît, Major Ballard, vous n'avez pas à vous forcer. Si vous allez mieux après…" Peter avait à peine fini de parler que le poing de Katherine l’atteignit douloureusement au menton. L’impact de ce violent coup le fit tomber au sol. Un murmure amusé et enthousiaste remplit le hangar. En particulier Danica, qui avait suivi jusqu'à présent la conversation en silence, jeta un regard respectueux à Katherine. Katherine s'était appuyée les jambes écartées devant Peter et lui tendit la main. "Maintenant, je me sens vraiment mieux. Allez, Becker, levez-vous."

Peter se frotta le menton. "Mon respect, Major, vous possédez un puissant coup de poing. Où avez-vous appris cela ?" demanda-t-il en acceptant l’aide de Katherine.

L’expression sinistre de Katherine se transforma en un petit sourire. "C’est une longue histoire. Si vous pouvez nous trouver quelque chose à manger et un endroit pour dormir, je vais vous la raconterai plus tard."

"Bien entendu, Major. Nous sommes très bien organisés avec du ravitaillement et de l'espace en abondance." Peter continuait à se frotter le menton. "Etes-vous toujours en colère après moi ?"

Katherine s’avançait et traçait son chemin à travers la foule. "Oui", répondit-elle laconiquement.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 6. Juni 2013, 11:55:42 Uhr
Ach ja ! Es tut mir leid, Alex...

"Jelle" ist eine Person dass ich erfunden habe. Sie ist die bessere Freunde von Joan, als ein bisschen wie Deine Katherine. Aber sie hat eine andere Persönlichkeit, und wir haben denken, wenn sie an Stelle von Kat gefunden war, wenn Peter die Kabine von Joan verließ, würde sicherlich Jelle schlug Joan und Peter.

Es ist nur ein wenig Spaß zwischen Französinnen.  ;)  ;D

LG

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 6. Juni 2013, 12:51:35 Uhr
Hi Free Nurara!

What makes me think that Joan is weak in mind and character, is the way she acts with Curtis: she seems to forget him totally, she thinks only of Peter! That's probably why I enjoyed so much when Kat gave him a punch! It was excellent, I had a big laugh!  [rolllaugh]

I know my French friends think the same!  ;)

Have an nice day, I must go to work...

Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 6. Juni 2013, 17:47:20 Uhr
AVIS AUX LECTRICES (les mecs, désolée, j'abandonne...)

Petit délire perso sur la version allemande de Meuterei... j'ai passé commande à Alex... je pense que vous partagerez mon avis, mais vous avez aussi peut-être d'autres envies... la liste n'est pas exhaustive, mais il va se dire qu'on est complètement folles  [gonenuts], ce qui ma foi, pour ma part, est un peu vrai  ;D

à plus tard !

Limeye qui s'en va profiter de son jardin, youpi  :) !
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 6. Juni 2013, 20:31:40 Uhr
Na, ja, Alex... es ist nur französiche Humour und bretonnische Ironie...  [rolllaugh]

es ist ein bisschen schwierig um zu erklären, aber es ist nicht sehr wichtig  ;)

LG

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 7. Juni 2013, 11:33:29 Uhr
La suite... Alex,  ich übersetze meine kleine "Reise" ein wenig später...


CHAPITRE 15

Maggie et John restèrent longtemps assis dans le ‘casino’, jusqu'à ce que le barman sonne "Last Call". Ensuite, le commandement du vaisseau donna l'interdiction aux débits de boissons de servir de l'alcool jusqu'à la fin de la mission. Pour couper court, Maggie se laissa glisser de son siège et prit John par la main. "Viens avec moi ! Je veux te montrer quelque chose", murmura-t-elle mystérieusement, en prenant son sac en bandoulière. John suivit volontiers la magnifique texane. Elle le mena à un ascenseur turbo et appuya sur le bouton du "pont zéro".

"Pont zéro ? Qu’est-ce que c’est que ça ?" demanda John avec intérêt. "Le vide ?"

Maggie sourit malicieusement. "Pas tout à fait, Johnny. Mais tu es très proche, dans le vrai sens du mot" répondit-elle mystérieusement et elle s'enveloppa dans le silence pour le reste du voyage en ascenseur. L’ascenseur s’arrêta doucement et les portes s’ouvrirent sur un corridor plongé dans la semi-obscurité, au sol recouvert de tapis épais. "Viens avec moi !" chuchota-t-elle et elle tira John en dehors de la cabine de l’ascenseur.

"Quel est cet endroit ?", demanda John alors qu'ils avançaient sur une épaisse moquette vers le bout du couloir où  se trouvaient des portes doubles à l'ancienne.

"Derrière cette porte se trouve une salle de réunion pour une trentaine de personnes", dit Maggie doucement, en tirant le verrou en laiton vers le bas. La porte n'était pas verrouillée. Maggie poussa doucement John à l’intérieur et referma sans bruit la porte. Ils se tenaient dans l'obscurité totale. John n'était pas sûr de ce qui allait se passer à ce moment, mais il se raidit en sentant les mains et les lèvres de Maggie sur lui. Il avait chaud et froid en même temps. John perçut la tension dans l'air pendant un moment, puis un picotement chaud se glissa derrière son sternum.

"Ferme les yeux", chuchota Maggie. Il répondit à son invitation. La tension était insupportable pour John. Derrière lui, il entendit un léger déclic, un bruit qu'il ne pouvait pas identifier. Puis il entendit le crissement de la veste en cuir de Maggie et ses pas qui s’éloignaient tranquillement loin de lui, puis se rapprochaient à nouveau. Il entendit la douce respiration de Maggie et sentit son souffle chaud dans son oreille. "Maintenant, tu peux ouvrir les yeux », chuchota-t-elle.

Quand John ouvrit les yeux, cela lui cloua le bec. Il était debout dans une pièce circulaire avec une table ronde au centre, et une trentaine de chaises en cuir noir disposées autour. Sur la table sur environ trois mètres de hauteur s'étendait une coupole transparente qui se baissait jusqu'à la hauteur d'un spectateur de taille moyenne, et derrière apparaissaient des lignes multicolores comme des brouillards roses et verts. "Quelle folie", souffla-t-il. Il n’avait jamais vu de sa vie un tel spectacle. "Est-ce que ..."

"Les étoiles, John. A la vitesse de la lumière", répondit Maggie avec un grand sourire. "Ca te plaît ?"

"Et comment !" répondit-il essoufflé. "C'est juste... magnifique !" Bouche bée, John resta immobile à la porte et regarda le dôme. Dans son for intérieur, le soulagement se répandait car Maggie avait tenu parole et n’avait pas essayé de le séduire dans l'obscurité totale. La façon dont Maggie se comportait parfois envers lui, ne rendait pas facile de résister à cette belle jeune femme à la crinière blonde.

Maggie se débarrassa de son blouson et le jeta sur la table de conférence. Alors elle déplaça deux des chaises de la table et les tourna en direction de la fenêtre panoramique. "Hey, John, dans le sac il y a une bouteille de vin et des verres. Ouvre-les et viens t’asseoir avec moi ! Maintenant, je veux juste profiter d'un peu de repos et de la vue."

Quand John se laissa tomber dans un fauteuil confortable en soupirant avec les deux verres de vin rouge aux côtés de Maggie, elle lui demanda avec un sourire espiègle : "Tu t’attendais à autre chose, non ? Tu pensais que j'allais t’attaquer dans l'obscurité, non ?" Avec un clin d’œil, elle prit le verre que John lui présentait.

"Honnêtement, Maggie ? Oui, j’ai pensé à autre chose. Et je te suis très reconnaissant que ce ne soit pas arrivé." John la poussa et sourit légèrement.

Maggie prit une gorgée de vin et rit. "Pourquoi les hommes croient-ils toujours vraiment qu'une jolie fille ne peut pas tenir leur parole ? Certes, je trouve cela très triste que tu sois pardonné. Et je suis tout à fait franche, si je te dis, que je t'aurais très volontiers ici et maintenant sauté dessus, mais…"

"Mais ?"

"La loyauté est très importante pour moi. Et je respecte quand un homme aime une autre femme et lui est fidèle. Je ne suis pas de ces femmes qui se précipitent dans une relation. Je connais un certain nombre de ces salopes. Je pense juste que c’est facile. Oui, j'aime flirter, mais un partenariat est sacré pour moi. Un homme qui ne me fait pas d'abord de l’effet, n'a rien à craindre de moi."

"Merci, Maggie. Ta franchise est sans pareil. A ta santé !" répondit John avec enthousiasme.

"A la tienne, John et à celle de Katherine. J'envie cette femme qui a trouvé là un homme grand et courageux" répondit Maggie avec un sourire et elle tourna son regard vers la fenêtre panoramique.


Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 7. Juni 2013, 18:06:37 Uhr
Ah, Grag et Otho ! Que je vous adore !!!  [eyeheart]


Au fil des secondes qui se décomptaient pour revenir dans l'espace normal, Curtis devenait plus nerveux. Il passait ses mains sur le rebord du poste de pilotage. Si le pont du Comète avait été un sol mou et non de l’acier massif, vous auriez pu y voir un chemin circulaire. Les pensées tournaient dans l’esprit de Curtis. Nurara serait-elle à l’heure ? Pourrait-il compter sur elle ? Pourrait-il localiser rapidement Joan et Katherine ? Etaient-elles seulement encore en vie ?

"Dix secondes avant le retour dans l'espace normal, chef", dit Otho depuis le siège du pilote."Nous arrivons entre Sameda I et II."

"Quoi ? Oui, merci, Otho", répondit Curtis un peu absent, mais en une fraction de seconde, il avait repris ses esprits. "Grag, mets immédiatement sous tension les boucliers et prépare les armes. Je ne veux pas avoir de mauvaises surprises."

"Ok, Capitaine", répondit le robot. "Armes prêtes, le générateur de bouclier fonctionne à une capacité de 203 pour cent."

"Alors allons-y…" murmura Curtis en s’attachant sur son siège. La nervosité était palpable.

Otho commença à lancer le compte à rebours. "Cinq, quatre, trois, deux, manœuvre de freinage." Quand Otho abaissa le levier supraluminal, les longues files des étoiles se transformèrent en petits points étincelants. Ils étaient arrivés dans le système de Samedi.

"Scan de l’espace profond, Otho", ordonna Curtis. "Voyons si Nurara est déjà là."

"Je le fais, Chef", répondit l'androïde avec un large sourire. "Alors, ici je ne vois que le trafic régulier de transport dans Sameda II, principalement des cargos, des pétroliers, et une poignée de vaisseaux à passagers. Dans l'hémisphère nord, je découvre deux contacts de taille moyenne avec signalement militaire. Destroyers ou frégates samediennes. Je ne peux pas encore dire de quel type. Nous sommes trop loin. Mais…"

"Quoi, Otho ?", demanda Curtis avec intérêt.

"Chef, on dirait qu’ils jettent ou perdent quelque chose en une longue ligne..."

Curtis comprit immédiatement. "Des mines ! Ils minent l’espace autour de Sameda II !" cria-t-il en sautant dans son fauteuil de commandement. "Quels sont les points d'entrée ?"

Otho réalisa quelques commandes sur la console de navigation, et lui donna la liste des résultats. "Alors, nous avons : Cress, MR56-34, Vega, Haroa et Fync."

"Haroa, bon sang ! Nurara va arriver par là-bas ! Grag, plein gaz, en route vers les frégates ! Chassons-les et détruisons les mines. Nous n’avons pas de temps à perdre !" Les jambes écartées et les bras croisés, Curtis se tenait debout derrière ses hommes. Déterminé, il regardait l’espace par la fenêtre ronde de l'habitacle.

"On nous appelle, Capitaine", signala Otho.

"Alors, réponds, poupée de caoutchouc !" lança Grag.

"Est-ce que je t’ai parlé, fils d'un seau de rouille ?" Otho se retourna d’un air pincé et regarda son Capitaine. Celui hocha la tête et Otho ouvrit la connexion. Sur l’écran apparut un Samedien sévère à la peau sombre dans un uniforme vert olive.

"Je suis Malval, le Capitaine de corvette du destroyer Zcekc de la République libre de Sameda. Vous vous trouvez dans une zone militaire interdite. Arrêtez votre approche et préparez-vous à être abordés. Si vous n’obéissez pas à cette invitation, nous ouvrirons le feu !"

Curtis répondit d’une manière calme et concentrée. "Je suis Curtis Newton, Capitaine du Comète. Capitaine Malval, vous avez disposé des mines autour d’un point d’entrée. Cela viole l'accord de transport intergalactique. Cessez vos activités immédiatement ou je devrai tirer sur vos mines."

Malval frappa du poing. "Capitaine Newton. Le nouveau gouvernement libre Samedien a imposé la loi martiale dans ce système. J'ai le droit, pour un vaisseau qui ne se conforme pas à mes ordres, de m’en emparer ou si nécessaire de le détruire. Dans votre propre intérêt : arrêter immédiatement !"

Curtis sourit avec compréhension. "Capitaine, je suis ici pour le compte de la police de l'espace et suis à la recherche d'une équipes de Terriens qui a disparu. Et vous ne pourrez pas m'empêcher d'exercer mon métier. Et si vous continuez à ignorer l’accord intergalactique, cela aura de graves conséquences pour vous et votre gouvernement. Avez-vous compris ?"

Malval sourit méchamment et montra ses dents de prédateur. "Oui, je vous ai compris. Mais je m’en fous, ok ? Dernière sommation, ou je vais ouvrir le feu !"

Curtis tira son atout. "Capitaine Malval, peut-être que cela pourrait vous intéresser de savoir que dans quelques heures une unité de combat terrienne arrive avec pas moins d'une trentaine de vaisseaux de guerre, allant de la corvette au cuirassé. Si vous ne voulez pas que le système solaire déclare la guerre à  Sameda à cause de votre ignorance, veuillez dès maintenant récupérer vos mines et disparaître !"

Lentement mais sûrement, Curtis perdait sa patience face au commandant samedien.

"Nous sommes dans la ligne de mire, Capitaine", intervint Grag. "Dans trente secondes, ils seront à portée de tir."

Malval se tenait le ventre de rire. "Je ne peux pas les récupérer, même si je le voulais, Newton. Ce sont des mines gravitationnelles. Elles se fixent à votre cul et vous déchirent jusqu’au cou, ha ha ha !" Malval regarda vers sa gauche. "Feu !"

"Passe lui devant la proue, Grag. Voyons comment il apprécie. Feu concentré, convergence à deux kilomètres du but." A cet ordre de Curtis, Grag fit tirer les quatre canons à protons du Comète de sorte que les quatre faisceaux individuels se regroupent en un seul faisceau à deux kilomètres avant le point d’impact du Zcekc. Grâce à cela, le Comète se trouvait avec ses boucliers et armures capable – dans certaines limites – de porter des impacts à des adversaires plus puissants. Face à des monstres comme le Tennessee ou même le République, le Comète connaitrait un moment difficile, mais pourrait aussi montrer ses dents. Les deux cent dix petits pieds de long du Zcekc, cependant, étaient une cible facile. Même si le vaisseau de guerre samedien ait été relativement bien armé, mais pour gagner en vitesse et en agilité, cette classe de vaisseau devait renoncer à un blindage solide.

Le Comète volait à travers une pluie de faisceaux de laser verts. Plusieurs rebondirent sans effets sur les boucliers du Comète, Otho évitait les autres grâce à des manœuvres habiles, au grand dam de Grag qui ne pouvait pas viser correctement. "Espèce de poupée en caoutchouc, laisse le vaisseau tranquille ! Je ne peux pas prendre le vaisseau pour cible !" grogna-t-il en direction de l’androïde, toujours concentré.

En colère, Otho lâcha le manche des commandes et leva les mains en hauteur. "Si c’est ce que tu veux, tas de ferraille ! Si tu veux nous transformer en tas de fer. Par la suite, plus personne ne sera en mesure de trouver ce qui était le vaisseau et ce que tu étais !"

Curtis fut encore une fois de plus surpris comment Grag et Otho pouvaient se livrer à ce genre de joutes verbales, même dans des situations délicates. Apparemment, le robot et l’androïde avaient besoin d’un peu d’air pour respirer.

Grag utilisa une pause de deux secondes des tirs du destroyer pour lui adresser une longue rafale. La violence du bombardement de protons déchira le Zcekc sur sa coque tribord sur environ quarante pieds de longueur. Au même moment, les armes se sont turent. Grag se tourna vers son Capitaine et lui demanda : "Encore un, Capitaine ?"

Curtis fit un geste dédaigneux. "Non, Grag, c’est bon. Otho, appelle Malval."

Le Commandant samedien apparut sur l'écran, entouré de fumée, de câbles tombés et de morceau de métal. "Newton, êtes-vous fou ? Vous allez le regretter !" hurla-t-il.

Curtis a levé ses mains. "D'abord, Capitaine, vous ouvrez le feu sur moi, deuxièmement, je dois donc exercer mon droit à l'auto-défense et, troisièmement, dans l'état actuel de votre vaisseau désormais, je veux discuter avec vous les conditions de votre capitulation", dit-il avec un sourire évasif.

Malval se trouvait au-delà de toute mesure. "Appelez le Tvevel, qu’ils expédient ce fumier dans le vide !"

"Ah, ha ! Capitaine, s’il vous plait. N’y pensez même pas. Vos tirs n'ont même pas affaibli mes boucliers de cinq pour cent. Votre vaisseau est désormais incapable de combattre. Dois-je vous le prouver à nouveau ?" demanda Curtis avec un sourire charmant. Cela ne fit qu’énerver encore plus le Commandant Samedien.

Malval émit un grognement, l’équivalent samedien d’un soupir humain. "Allons, bon, Newton, pour l’instant, vous avez gagné. Je vais désactiver les mines. Mais je vous préviens ! Vous ne pourrez pas vous déplacer longtemps librement dans ce système. Je vais signaler l'incident et la flotte entière samedienne verrouillera le système et vous chassera ! Vous pouvez en être certain ! Vous ne pouvez pas vous cacher ici !"

Curtis se permit alors un sourire effronté. "Puis-je vous rappeler à nouveau l'arrivée de la flotte terrienne dans moins de sept heures ? Ensuite, l'équilibre des pouvoirs aura quelque peu changé. Les mines sont-elles désactivées ? Avez-vous des pertes ?"

Malval regarda à sa droite et hocha la tête, puis se tourna vers la caméra. "Confirmation. Les mines sont désactivées. Je n’ai pas de pertes – une chance pour vous, Newton. Une putain de chance !" Malval aboya quelques commandes en samedien et coupa la connexion. Les deux destroyers changèrent de cap et quittèrent à grande vitesse la zone de lutte.

"Alerte de proximité dans le champ de mines ! Un vaisseau arrive dans le système !" s’écria Otho. "C’est… c’est le Up jumped the Devil !"

Soulagé, Curtis respira.  Nurara n’arrivait pas une seconde trop tôt - et elle avait tenu parole.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 7. Juni 2013, 19:31:53 Uhr
Je voulais juste vous signaler qu'en faisant la traduction du passage précédent, j'ai eu une pensée pour vous, amies du Québec, quand Curtis ose dire : "Nous n'avons pas de temps à perdre !"

J'ai failli vous l'écrire à votre manière...  :D

bizz et à plus tard ! Je posterai peut-être encore ce soir, mais pas sûr...

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 7. Juni 2013, 22:30:07 Uhr
Hello to all,

Fffew...for a moment, I thought that John would do to Kat what Joan did to Curtis....Hot hot hot around here!   ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 8. Juni 2013, 10:17:18 Uhr
Bonjour tout le monde!

ça faisait longtemps que je n'avais pas eu d'insomnie!

Trop drôle, Limeye, de voir tout le chemin qu'a parcouru mon expression préférée! Elle perd tout de même son sens comique quand elle est écrite en français ou en anglais, je crois que c'est le mot "parde" qui lui donne sa drôlerie! Et je suis allée voir ta commande sur le site allemand... ;D

O-Tho: moi aussi j'ai eu la frousse dans la salle de réunion,  [smhair] et j'ai trouvé admirable l'attitude de John et Maggie! Quelle noblesse de sentiments de la part de ces deux-là, si bien décrit!

Free Nurara: I really liked the scene between Maggie and John in the meeting room! I liked so much each one's attitude, John's faithful and Maggie's honesty!  This moment was... magic, it was wonderful!
 [master] [respekt]

Flamme
 [hello]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 8. Juni 2013, 11:23:37 Uhr
Hi Free Nurara!

I laughed so much when I read your last message!  [rolllaugh]

Don't even try to find "useful translation"! "Parde" is a variation of the word "perdre", the French verb that means "to lose". "Parde" is said as Quebec people usually do when they talk (they talk quickly), so the expression "Pas de temps à perdre" devient "Pas d'temps à parde!" i.e. "No time to lose!"

I hope my explication helped you to learn a new Quebec expression! It was really a funny
moment to begin my day!  ;D

From a French-Canadian fan of this forum,
Flamme
 [happywave]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 8. Juni 2013, 11:41:41 Uhr
"Allez ! Debout !" Joan fut brutalement réveillée par une voix de femme humaine. Lentement, elle ouvrit les yeux et vit deux jeunes femmes en uniforme de combat des ‘Marines’ de l’espace. Elles n’étaient pas plus âgées que Joan. Joan lut sur la plaque signalétique de la brunette qu’elle était la Sergent Chef Goodmood et sur la plaque signalétique de la rousse qu’elle était la Caporale O'Reilly. O'Reilly avait posé sa main droite sur sa cuisse sur la poignée du pistolet alors qu'elle tenait un sac noir dans sa main gauche. Goodmood avait la petite clé des menottes de Joan entre les doigts. "Ne faites pas de bêtises", siffla-t-elle, comme elle ouvrit la cheville de Joan.

"Que se passe-t-il ?" voulut savoir Joan.
 
"Qu'en sais-je?" souffla la Sergent Chef. "Ca m’est égal. Vous venez avec nous et vous ne posez aucune question, c’est clair ? Sinon, vous serez battue." A la vue de cette grande et puissante femme, Joan se douta que ce n’était seulement une menace en l’air. "Alors venez avec vous et les mains en avant !"

Goodmood referma les menottes électriques autour des poignets de Joan. "Si vous nous causez des ennuis, vous recevrez des impulsions électriques, chaque impulsion suivante sera plus forte que la précédente, c’est compris ?"

"Je connais cette chose, vous n’avez pas besoin de m’expliquer", répondit Joan sèchement.

Goodmood sourit gentiment. "Alors tout va bien, bébé.  Si vous ne causez pas d'ennuis, nous nous entendrons très bien toutes les trois. Iris, couvre-la du sac." Sans dire un mot, Iris O'Reilly obéit à l’ordre. Tout à coup, tout fut sombre pour Joan. "Ok, alors allons-y. Laissez-vous guider par O'Reilly, l’escalier est raide. Vamos !"

Joan essaya, bien que désorientée comme elle était, de mémoriser autant de détails que possible. Elles quittèrent le sous-sol vers la gauche et puis marchèrent pendant environ soixante pas, à un rythme normal. Puis elles montèrent les vingt-deux marches d'un escalier en bois qui menait à une porte s’ouvrant par une commande hydraulique. Le sol sur lequel elles marchaient semblait être recouvert de nombreuses petites tuiles inclinées. Joan compta cent-dix pas. L'odeur de la fumée et de l'alcool devenait plus forte. Encore une fois elles franchirent une porte hydraulique et se retrouvèrent sur un plancher en bois, qui semblait être creusé en dessous. Il était évident qu’elles étaient dans le bar de Povlek. Joan dut tourner à gauche et marcher trente pas. Puis elle crut être frôlée par un tissu semblable à un lourd rideau grossier. Joan sentit soudain l'air frais, elles se tenaient en plein air. Elle dut se tourner vers sa droite et monter encore les quinze marches d'un escalier en pierre. Joan se souvenait de ces quinze marches, quand elle s’était rendue avec Katherine dans le bar de Povlek, quelques jours auparavant. Elle reconnut l’étage, avec un profond renfoncement, c’était le deuxième étage.

L'air était frais et humide, apparemment il avait plu récemment. Joan ne pouvait pas dire exactement quelle heure de la journée il était, mais il lui semblait qu’il devait s’agir des heures tardives de la soirée. Après encore une centaine de pas, Goodmood dit : "Eh bien, Landor tourne-toi, baisse la tête, et assieds-toi devant toi."

Joan s'assit sur un siège rembourré, une porte hydraulique se referma, quelqu'un passa de l'autre côté et s'assit à côté d'elle. C’était Goodmood qui donnait l’ordre à O’Reilly de partir. Une secousse fit trembler le vaisseau et il décolla. Elles se trouvaient donc bien dans un vaisseau. Toutes les autres tentatives pour s’orienter devinrent donc inutiles.

Le vol ne dura que quelques minutes. Les deux soldates menèrent Joan dans un bâtiment dans lequel régnait une odeur particulièrement forte de nettoyage et de désinfection. Apparemment, elles étaient dans le bureau d'un médecin ou dans un hôpital. Joan choisit la première option, car en dehors de ses propres pas et de ceux de ses gardiennes, elle n’entendait rien. Goodmood et O'Reilly l’emmenèrent dans une pièce et lui ôtèrent sans la prévenir le sac opaque de sa tête. Aveuglée par la lumière zénithale, les yeux de Joan se fermèrent. Quand elle les rouvrit timidement, Joan vit de dos deux grands hommes, l'un vêtu d'un uniforme de marine et avec les cheveux gris, courts ; l'autre avait les cheveux foncés et portait des vêtements civils bleu foncé. Les deux hommes se retournèrent en même temps. C'était Vul Kuolun et le médecin du bord du Tennessee, le Dr Teenbaum.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 8. Juni 2013, 12:36:33 Uhr
Wow! Limeye! [goodjob]

Tu es très productive. Tu as presque rejoint Free Nurara dans cette traduction de son récit. Il va falloir de nouveau être patients pour connaître la suite. ;D.

Hello Free Nurara!

I have also read Limeye's «restaurant style» order of events for your story. I really appreciate your generosity. I am really looking forward to its continuation. [jump] [jump]

Chau! A+! Bizz!

Frégo  8)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 8. Juni 2013, 15:31:32 Uhr
Merci Frégo !

il me reste en effet le dernier passage, l'exacte suite de celui-ci à traduire. Ce n'est pas très long et je pense que je le mettrai en ligne demain. Nous y découvrirons encore un peu plus précisément les terribles projets de Kahlon  [smhair] !

bon week-end si tu t'absentes ! bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 9. Juni 2013, 03:24:48 Uhr
Rien ne vaut une petite insomnie pour finir une traduction... la suite en fonction de Free Nurara désormais  ;)


"Lieutenant Landor !", s’exclama Teenbaum avec joie. "Quel plaisir de vous revoir ! J’espère que tout va bien pour vous ?"

"Le plaisir n'est pas de mon côté, Lieutenant Commandant", répondit Joan avec froideur. "Qu’en tant que médecin, vous ayez comploté est assez incroyable."

Teenbaum secoua la tête et leva les mains en signe d’excuse. "Lieutenant, s’il vous plait. Vous n’avez pas une vue d’ensemble. S’il vous plait, asseyez-vous. Je voudrais vous expliquer certaines choses."

Teenbaum indiqua avec une main une couchette d'examen près du mur. Joan y prit place encore enchaînée avec les menottes électriques. "Sergent Goodmood, s’il vous plaît, ôter les menottes de la Lieutenant Landor, puis attendez à l’extérieur."

"Oui, Sir", grogna Goodmood et elle exécuta l’ordre. Ave O’Reilly, elle quitta sans un mot le bureau du médecin.
 
Kuolun restait debout avec désinvolture, s'appuyant les bras croisés sur le mur en face et souriant en silence.

"Ok, Docteur. Vous avez toute mon attention", dit Joan d’une voix atone, en s’installant sur la couchette, le dos contre le mur, elle prit un genou entre ses bras.

Teenbaum prit une profonde inspiration avant de commencer. "Comme vous le savez sans doute déjà, Miss Landor, les Samediens souffrent d'une anomalie génétique grave qui les fait mourir de plus en plus tôt de génération en génération. Si rien n'est fait, ce peuple aura disparu dans environ un millier d'années."

Joan acquiesça. "Oui, c’est ce que Lilla m’a déjà raconté. Et que, jusqu'ici, aucun scientifique n'a pu résoudre cette énigme de venir à bout de l'anomalie génétique."

"Parfaitement, Miss Landor. Et c'est pourquoi nous sommes ici. Nous allons utiliser les installations biotechniques du Tennessee pour apporter de l’aide. Nos laboratoires sont parfaitement équipés pour." Teenbaum se permit pour lui-même un fier sourire.

"Mais pour cela il faut susciter un soulèvement, tuer des gens innocents et détourner un navire de guerre ? Une intervention humanitaire du système solaire n’aurait pas suffit ? Et que dire de lui", Joan pointa du doigt Kuolun avec mépris, "qu’a-t-il à voir avec cela ?"

Teenbaum s'appuya avec une main sur un dressoir et releva ses lunettes sans bord vers le haut. "Le gouvernement terrien a une fois offert de l'aide humanitaire et a envoyé une délégation de scientifiques sur Sameda. Les premiers résultats étaient prometteurs - l'ADN des sujets semblait récupérer, mais après une demi-année, les sujets sont décédés d'une seconde à l'autre. Il s'est avéré que l'agent qui avait été administré à des sujets, avait causé de graves dommages aux organes internes. Ces pauvres âmes faisaient une hémorragie fatale en quelques minutes." Teenbaum secoua la tête avec dégoût. "Pas beau à voir, je peux vous le dire. Quoi qu'il en soit, le nonce a ordonné que toutes les tentatives soient suspendues. La délégation terrestre est alors repartie sur un échec. Jusqu’à maintenant, aucun scientifique n’a pu obtenir le moindre début de succès. Jusqu’à ce que le Docteur Kuolun envoie il y a quelques mois une expertise au nonce. Sa proposition a été acceptée."

Kuolun, toujours silencieux, sourit d’un air suffisant.

"Alors vous allez me dire, s’il vous plait, comment Kuolun a rejoint le Tennessee. La flotte n’a pas affrété de vaisseau !" s'écria Joan, avec suspicion.

Kuolun intervint alors. "Venir à bord du Tennessee était relativement facile. J'ai des contacts divers et nombreux, même au bureau de la marine. Pour mon projet, j’avais naturellement besoin d’un vaisseau optimal avec un équipage facile à diriger. Le choix du Tennessee n'a pas été difficile. Il ne m'a fallu que quelques pots de vin pour apprendre que le moral de l'équipage sous les ordres du Commodore Becker n’était pas au mieux. Suite à une brève conversation téléphonique avec le Commandant Rodriguez, nous sommes rapidement parvenus à un accord. C’est juste dommage que nous ayons perdu la frégate hôpital. Elle nous aurait été très utile, ainsi soit-il. Vous savez le reste, Joan, vous étiez encore à bord. Et vous rencontrer ici est vraiment la cerise sur le gâteau qui rend mon travail beaucoup plus facile, vous pouvez me croire."

"Qu'ai-je à faire avec cela, Kuolun ? Et ne me dites pas que vous êtes ici par pure charité, hein ? Vous n’êtes pas un Robin des Bois moderne !" Kuolun fouilla dans la poche intérieure de sa coûteuse veste de costume et en sortit un minuscule sachet transparent. Joan y reconnut un cheveu blond. "Que… Quoi…" balbutia-t-elle avec des yeux terrorisés.

Kuolun acquiesça. "Vous avez correctement identifié, Joan. C’est un de vos cheveux. Je l’ai trouvé à bord du vaisseau de Nurara et je l’ai emporté secrètement. A un moment de calme, je l'ai examiné et ai constaté que les parties de votre ADN correspondaient avec l’ADN samedien. Un de vos chromosomes contient des informations qui peuvent remplacer le chromosome samedien, à savoir celui qui a un gêne défaillant. Joan, vous êtes unique ! Vous pouvez sauver ce peuple !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 10. Juni 2013, 02:28:16 Uhr
Coucou Limeye,

Wow ...tu es epatante quand meme, tu as rattrape Free Nurara!
Pressure is on Free Nurara, Limeye caught up with your writing!  ;)

I wonder what you have in store for Joan and Kuolun...After all, Nurara dumped him...And maybe a little scene with Nurara and Kuolun for old time sake...to add to the wish list?... ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 10. Juni 2013, 09:12:51 Uhr
Merci O-tho !

vous pouvez désormais suivre quasiment l'histoire aussi rapidement que les lecteurs allemands. Il faudra juste me laisser le temps de traduire au fur et à mesure de la publication d'Alex, je ferai de mon mieux pour tenir le rythme  ;)  [work] !

je ne sais pas ce qu'Alex a l'intention de concocter entre Kuolun et Joan, on peut imaginer le pire..., le plus sadique aussi, enfin, forcément quelque chose de terrifiant compte tenu du personnage  [smhair]

mais c'est vrai qu'une scène entre Nurara et Kuolun serait pas mal non plus... c'est une bonne idée de la rajouter à la liste  ;)

bizz

Limeye  :)

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 11. Juni 2013, 10:55:33 Uhr
Danke Alex für "vitesse supra-luminique"  ;)

A toutes, voici donc la traduction du passage qu'Alex a livré hier en allemand. Echange entre Curtis et Nurara. Et enfin, première apparition de Simon...

Limeye  :)


Des coups doux secouèrent la poupe du Comète, comme l'Up jumped the Devil s’approchait. Avec les mains dans le dos, Curtis se trouvait dans l’expectative devant le sans, pendant qu'Otho exécutait la compensation de pression.  Le voyant passa du rouge au vert, après quoi Curtis hocha la tête pour que l’androïde ouvre la serrure.

"S’il vous plaît, puis-je monter à bord", dit Nurara avec un demi-sourire alors qu'elle se tenait devant le cadre de la cloison.

"Permission accordée", répondit Curtis en lui serrant la main. Il s’étonna de l’apparition d’une Nurara belliqueuse, totalement habillée de cuir noir, ses jambes chaussées de lourdes bottes et un grand blaster militaire pendant à sa ceinture. Ses cheveux étaient encore teints en noir et donnait à son joli visage sombre, une aura inaccessible. Seuls ses yeux bleus brillaient et dégageaient énergie et besoin d’activité. Nurara ôta ses gants et lui tendit une poignée de main ferme. "Vous ne changez pas facilement, Nurara. Comment allez-vous ?"

"On dit que le temps guérit toutes les blessures. Mes blessures sont encore loin d'être guéries, Curtis. Je pleure encore beaucoup Sam. Sans Jelana, je ne sais pas ce qui me serait arrivé", dit Nurara d'une voix ferme. "Elle me donne la force et la volonté de vivre."

Curtis posa une main amicale sur l’avant-bras de Nurara. "C’est si dur. Je ne peux pas vous dire toute la peine que cela me fait. Nous portons tous ce douloureux incident." Curtis laissait entendre dire entre les lignes ce qu’il en était de "l'incident", non seulement l'assassinat brutal de Samuel McCabe, mais aussi la tentative d’assassinat de Katherine. "Venez Nurara, allons au mess."

Entre deux gorgées de café, Nurara regarda sérieusement Curtis et en vint au fait. "Allons, quel est votre plan, Curt ?"

Curtis se gratta la tête et la regarda un peu perplexe. "Je dois admettre que je n'ai pas vraiment de plan. Nous sommes arrivés il y a seulement une heure et nous avons dû combattre deux destroyers samediens qui posaient des mines par ici. Il était temps de désactiver les mines, sinon vous ne seriez pas assise ici maintenant, Nurara. L'ensemble du système semble être dans la tourmente. J’ai chargé Grag et Otho d'analyser le système. Nous avons trouvé des traces d'ions avec les signatures des moteurs du Tennessee et de ses navires d'escorte. Je ne pense pas qu'ils aient quitté le système."

Nurara se pencha en arrière et croisa les bras sur sa poitrine. "Le système de Samedi est à peu près aussi étendu que le système solaire. Il n'y a qu'une seule planète habitée dans la zone habitable, la seconde est une planète de glace. Toutes les autres sont des géantes gazeuses avec de plus ou moins grandes lunes. Et les limites du système sont le champ d'astéroïdes. Cacher une flotte n’aurait pas de sens. On ne peut guère y manœuvrer."

L’intercom du vaisseau grésilla et la voix de fer-blanc de Grag se fit entendre. "Capitaine, pouvez-vous s'il vous plaît revenir sur le pont ? Nous avons trouvé quelque chose d’intéressant."

Curtis et Nurara se regardèrent brièvement et se levèrent simultanément de la table. "Qu’est-ce que c’est, Grag ?", cria Curtis alors qu’ils entraient sur le pont.

"Nous avons trouvé un grand champ de débris, situé à environ six millions de kilomètres de Sameda II. D’après ce que nous pouvons déterminer, il y a des débris de vaisseaux spatiaux de construction terrienne."

"Ce doit être le champ de débris à partir duquel l’Acer a récupéré les survivants. Alors, allons-y sur le champ, Grag. Pleine vitesse !"

"Nous sommes déjà en route, Capitaine. Nous faisons un saut luminique d'environ sept minutes."

"Oh Mon Dieu", haleta Curtis comme le Comète tirant en remorque l'Up jumped the Devil  se glissait lentement à travers le champ de débris. Des vaisseaux spatiaux, ou de ce qui étaient autrefois des vaisseaux spatiaux, on pouvait seulement reconnaître des morceaux carbonisés et éclatés. Le vaisseau de la police avait réussi à récupérer tous les survivants. Il n’y avait là plus rien à faire.

"Kuolun", murmura Nurara. Elle se tenait à côté de Curtis devant la grande fenêtre du pont, les mains au fond de ses poches. "Cela ressemble clairement à la signature de Kuolun."

Curtis regarda Nurara. Il n'avait pas mentionné le nom de son ancien amant lors de leur conversation radio deux jours auparavant. Pourquoi pensait-elle à lui à cet instant ? "Qu’est-ce qui vous rend si sûre, Nurara ?", demanda-t-il prudemment.

Elle haussa les épaules évasivement. "Aucune idée. J’ai un pressentiment", dit-elle doucement, sans détourner son attention des épaves. "Il est ici, je peux le sentir. Je sens sa présence."

Le professeur Simon Wright s’approcha. Le cerveau vivant était le plus proche confident, mentor et ami de Curtis. "Curtis, j'ai enregistré plusieurs faibles pistes d'ions. Selon les bases de données, il s’agit de traces de Broadsword ou de bombardiers Libérateurs terriens, datant d’environ quarante à cinquante heures. Il devait y avoir douze appareils. Selon mes calculs, les pistes mènent hors du système."

Nurara secoua ses cheveux noirs. "Les Broadswords et les Libérateurs ne peuvent quitter aucun système sans vitesse supra-luminique. Ce sont chasseurs de système qui ont besoin d'un vaisseau-mère. Le vaisseau-mère doit encore présent ici, ou alors il a lancé ses machines et est passé à la vitesse de la lumière."

Curtis se gratta le menton. "Je crois que le Tennessee est encore ici. Et je parie le Cosmoliner que nous allons le trouver dans le champ d'astéroïdes. Grag, direction le champ d’astéroïdes !"

"Ah, Curtis ?" intervint Nurara.

"Oui ?"

"Votre vaisseau est un peu trop voyant pour cette mission. Le mien non, ne pensez-vous pas qu’il serait préférable de voler avec le Devil ? Mon vaisseau n’est pas aussi célèbre que le Comète. En outre, mon vaisseau est équipé d'un laquage spécial qui le rend presque invisible au scan de profondeur."

Curtis grimaça un sourire en coin. "Vous n’avez pas changé, Nurara. Toujours ce côté sombre. Allons bon, prenons votre vaisseau. Grag, Otho, menez le Comète sur une orbite haute autour de Sameda III, la planète de glace. Nurara, s’il vous plaît, après vous !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 11. Juni 2013, 21:54:10 Uhr
"Up jumped the Devil"...I love the name of that ship!  :D  ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 12. Juni 2013, 02:42:07 Uhr
Je sens que je vais tenter de trouver du temps pour lire "Man hat immer eine Wahl", il y a beaucoup de passages qui piquent ma curiosité!  ???

Tu as raison, Limeye, je m'attends aussi à quelque chose de terrifiant et diabolique en ce qui concerne les projets de Kuolun, à quoi s'attendre d'autre avec lui?  [smhair]

Encore merci pour la traduction, et j'attends toujours la suite avec impatience!  [jump]

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 12. Juni 2013, 09:25:42 Uhr
Coucou les filles, coucou Alex,

la suite de la traduction arrive. Je vais aller écouter la chanson !

je vais peut-être commencer la traduction de "Man hat immer eine Wahl"...  ;) . Vous comprendrez un peu aussi en lisant la suite. Mais encore une fois, Alex s'arrête en plein supsens  [goodjob]

Bizz

Limeye  :)


Dans le cockpit du Devil, c'était serré, mais pas inconfortable. Curtis se pencha en arrière dans le siège du copilote et regarda autour de lui. Nurara avait, depuis qu’elle avait acheté le vaisseau juste avant la mort de Sam, fait quelques changements dans les tableaux de bord. Il remarqua le contrôle central des armements, en particulier le ciblage des missiles et l’affichage d’énergie des trois canons à répétition. Nurara avait ainsi transformé un yacht de luxe rapide et discret en canonnière respectable.

L'ordinateur de bord signala une durée de vol approximative de trente minutes jusqu’au bord de l'anneau d'astéroïdes entre Sameda VII et VIII. "Votre silence me dit que vous voulez me demander quelque chose, Curtis", dit Nurara avec un sourire évasif. Curtis devait admettre en lui-même que la jeune Martienne avait une très bonne connaissance de la nature humaine en général, et de lui en particulier. "Demandez ! Mais je crois savoir ce que vous voulez demander."

Curtis regarda Nurara avec sérieux et dit un seul mot : "Pourquoi ?"

Nurara poussa un gros soupir. "Vous savez Curtis, il y a encore deux ans, j'aurais essayé lors d’un tête-à-tête intime de vous tuer froidement. Depuis ce temps, rien n'est plus loin de moi que l'idée de commettre un assassinat. J’ai un enfant, une vie." Nurara indiqua du doigt à travers le vitrage du cockpit. "C’est difficile et il faut se priver, pour élever un enfant. Jelana n’a que six mois."

"Je peux imaginer, juste sans le père à vos côtés", agréa Curtis. Nurara inclina la tête tristement.

"Pour répondre à votre question, j'ai fait ce que j'avais à faire pour en finir enfin avec mon passé. Je devais obtenir ce que je méritais."

"Qu’est-ce qui peut justifier de causer la mort de milliers de personnes ?" voulut savoir Curtis. Afin de ne pas irriter Nurara, il posa sa question d’un ton perplexe.

"Les brevets, les plans, les inventions qui pourraient révolutionner la civilisation..."

"... ou pourraient la détruire", jeta Curtis d’un ton aigre.

Nurara ne se découragea pas. "… pourraient révolutionner si on les utilise à bon escient. Beaucoup d'idées de Kuolun sont basées sur mes calculs. Kuolun est un homme très intelligent, mais je suis meilleure mathématicienne et physicienne. Kuolun a usurpé et caché plusieurs de mes travaux. Maintenant, j’ai de nouveau ce qui m’appartient." Elle frappa doucement avec la paume sur le tableau de bord du Devil. "L'ordinateur de ce petit vaisseau discret regorge de connaissances techniques d’une valeur marchande de milliards, que dis-je, de billions ! Cela m’était tout simplement insupportable de le laisser pourrir en prison et que mon travail finisse au tombeau. Il n’y a que moi de coupable, de restituer les données."

Curtis prit une profonde respiration."Et pensez-vous encore que cet acte est justifié par un assassinat de masse ? Vous venez de livrer un aveu."

Nurara éclata de rire. "Est-ce que je le suis, Curtis ? Vous connaissez la version officielle : un cargo de matière explosive piloté par un robot s’est trouvé hors de contrôle et s'est écrasé. Ne pouvez-vous pas en rester là ? Je ne suis pas votre ennemie, je ne l'ai jamais été et ne voulais pas l’être. Kuolun l’est ! Oui, j'ai fait beaucoup de mal et j’ai payé pour cela. Permettez-moi enfin vivre ma vie avec ma fille."

Curtis vit qu’il était préférable de laisser enfin l'histoire se reposer. "Allons, bon, Nurara", soupira-t-il, "Je ne vous embêterai pas à l’avenir. Il n'a de toute façon aucune autorité officielle, ni sur Airam et encore moins sur Terre, qui soit intéressée à reprendre l'enquête."

C’était maintenant à Nurara de le regarder avec surprise. "Oh ? Pourquoi donc ?"

"Eh bien, il y a un dossier officieux, qui démontre que les mesures de sécurité de l’espace aérien de la prison de la base d’Airam IV ont été trop négligentes, et donc tout à fait insuffisantes. On aurait déjà dû qualifier un vaisseau spatial en train de tomber selon son angle d’approche comme dangereux et le détruire plus tôt. De tels dangers et des mesures appropriées n’ont tout simplement pas été envisagées par l’administration airamienne. Pour éviter un scandale politique intergalactique, les recherches ont vite été abandonnées, quelques coupables du contrôle aérien ont été identifiés, la prison a été reconstruite et des mesures de défense antiaérienne ont été installées."

Nurara regarda Curtis avec colère. "Et vous vouliez, avec votre sens de la justice, me ramener devant un tribunal. En fait, vous devriez m’être reconnaissant d’avoir découvert un cas de mauvaise administration !" répondit-elle d’un ton sarcastique. Une petite alarme leur fit interrompre leur conversation. "Nous approchons du bord extérieur de l'anneau d'astéroïdes", murmura-t-elle, et elle fit ralentir le vaisseau. "Maintenant, nous allons devoir avancer silencieusement et jouer aux petites souris."

A trois fois la vitesse du son le Up jumped the Devil "vola" près de la protoplanète Vestara dans le champ d'astéroïdes.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 12. Juni 2013, 16:01:26 Uhr
J'apporte deux petites corrections au passage précédent, l'un au début ne change rien au sens de l'histoire, mais Alex a apporté la modification alors que j'avais déjà entamé la traduction (voilà que je suis trop rapide  ;D).

Par contre, en me relisant, j'ai vu que j'avais omis deux phrases... j'étais en fin de page et lors du saut de page, j'ai zappé... bref, revoilà le texte entier et corrigé. Désolée Alex pour cette erreur !

il s'agit de ces deux phrases, qui sont quand même importantes : Curtis prit une profonde respiration."Et pensez-vous encore que cet acte est justifié par un assassinat de masse ? Vous venez de livrer un aveu."

quant à la légère modification, c'est au début avec la phrase suivante : Nurara avait ainsi transformé un yacht de luxe rapide et discret en canonnière respectable.

Je vais entamer la suite, avec les deux passages que tu nous as livrés aujourd'hui...

Bizz / LG

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 12. Juni 2013, 17:00:59 Uhr
Na ja !  [work] [sm]   ;D Aber, gestern und heute habe ich Zeit... morgen nicht viel...  ;)


@les francophones : la suite, et je dirai juste, après avoir lu le dernier passage que je n'ai pas encore traduit, qu'il est grand temps qu'il se grouille le Curtis, s'il ne veut pas retrouver sa Joan en morceaux  :o !


Les énormes blocs de roches se déplaçaient lentement et de manière prévisible, de sorte Nurara avait peu de mal à manoeuvrer à travers le champ. Il y avait des bouées de navigation qui délimitait un grand chenal à travers le champ d'astéroïdes au delà du bord du système de Samedi. Cependant, il y avait à ce moment-là aucun trafic spatial significatif, hormis certains tracteurs miniers sans pilote avec leurs containers vides ou leurs cargaisons pleines. Curtis surveillait l'écran du scanner dans lequel avaient été enregistrées les signatures ioniques des bombardiers. Soudain ils entendirent les traces.

"Ils sont venus jusqu’ici", murmura-t-il et il entra la carte schématisée de Samedi sur un autre moniteur. "Cela signifie effectivement que l’escadrille du Tennessee et du Courageux a été accueillie ici. Mais il n'y a pas de traces d'autres émissions d'ions, que ce soit celles des croiseurs de bataille, ni celles du transporteur ou de la corvette. Toutes les pistes finissent plus ou moins à cet endroit."

"Cependant, il est impossible qu’ils aient sauté dans le champ d’astéroïdes à la vitesse de la lumière. Cela nécessite un espace libre !" ajouta Nurara.

"Exact", confirma Curtis, "De ce fait, il n'y a que deux façons pour la flotte d’avoir poursuivi sa route. Soit avec des tracteurs ou très lentement par les manœuvres des propulseurs. Ceux-ci permettent des propulsions par fusées et n’émettent pas de gaz d’échappement ionisé."

"Mais là où ils peuvent ensuite être allés ? En dehors de quelques stations minières, il n’y a rien. Surtout, rien où l’on peut cacher deux vaisseaux aussi énormes."

"Un moment", chuchota Curtis de manière à peine audible en tournant plusieurs fois la carte dans leur propre position. "Il n'y a pas ici de station spatiale construite artificiellement. Mais il y a… il y a… oui, c’est ça ! Nurara, s’il vous plait, déplacez-nous de près de treize degrés vers le haut et de six degrés à bâbord."

Nurara plaça le Devil sur une nouvelle position. Curtis se détacha et indiqua à Nurara la fenêtre tribord. "Là, vous voyez ? Les gros morceaux ?" Curtis désignait un astéroïde géant brun-noir à environ 300000 km, en partie illuminé par Samaveh, l'étoile centrale du système de Samedi.

"Oh, oh !" fit Nurara en haussant les sourcils. "Oui, cette chose est immense ! Si cette roche est creuse à l’intérieur, on peut y cacher une flotte entière."

"L'astéroïde s’appelle Vestara et est en fait pour un tiers complètement creux. Il s'agit de la station de la mine centrale et il héberge des installations portuaires, des chantiers navals et des logements. La base de données indique que Vestara est le noyau d'une planète gazeuse instable qui a refroidi et a été réduite en morceau par la gravité de Sameda VII il y a des milliards d'années. En plus du nickel, on y trouve des minerais de fer, du radium, de l’or, des diamants et d’autres minerais. Le plus important est le nickel, pour environ soixante-quinze pour cent. 1182 kms de long, 900 kms de diamètre, masse de 1,2 fois 10 soit 21 kg, soit un dixième de la gravité terrestre.

"Une forteresse imprenable, Curtis. Aucune flotte de la galaxie ne peut trouver une puissance de feu pour faire craquer ce caillou." soupira Nurara.

Curtis se penche en arrière dans son siège et regarda pensivement autour de lui. "Je crois que nous ne le devons pas, Nurara. Nous allons les attirer. Nous devons tout faire pour faire sortir la souris hors de son trou. Peut-on voler plus près ?"

Nurara salua d'un sourire. "Aie, Capitaine ! Plus près", dit-elle en poussant la manette des gaz.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 12. Juni 2013, 21:37:50 Uhr
Voici un dernier morceau pour ce soir. Finalement, Teenbaum va hélas très bien avec Kuolun... (mais je ne m'attendais pas vraiment à une surprise de sa part).

Bonne fin de journée et/ou soirée !

Limeye  :)


"Que voulez-vous faire de moi, Kuolun ?" s’écria Joan effarée. "Quoiqu’il en soit, je ne vous soutiendrais jamais. Seulement sur mon cadavre !"

Kuolun fit claquer sa langue et secoua de l'index négativement. "Vous allez m’aider, Joan. Que vous le vouliez ou non. Quant à la faveur de vous tuer, malheureusement pour vous, je ne peux pas le faire. Morte, vous ne valez rien pour moi. J’ai besoin de vous et de votre corps en vie."

Un frisson glacial courut dans mon dos de Joan. "Voulez-vous abuser de moi comme donneur d’organes vivant ? Vous êtes un dégoûtant, un monstre dégoûtant, Kuolun ! Il aurait mieux valu que Nurara dirige le cargo sur votre cellule, plutôt que de vous libérer !" Elle cracha littéralement ses paroles. La peur, une colère incontrôlable et la panique se répandirent en Joan.

Kuolun resta calme malgré les insultes. "Ca ne durera pas longtemps, Joan. Ce ne sera pas si mauvais que ça pour vous. Vous serez choyée et soignée, vous gouterez à de la nourriture riche et savoureuse, et personne, sauf le Dr Teenbaum ne vous touchera, pas même moi, je vous le promets !" dit-il avec un sourire amical plus ou moins crédible. "Docteur, pourriez-vous dire gentiment à Miss Landor comment nous allons procéder ?"

Teenbaum avait enfilé des gants d'examen en attendant, et placé deux seringues prêtes dans un petit bol en acier inoxydable. La plus petite était vide, dans la plus grande, il y avait un liquide vert clair. "Miss Landor, savez-vous comment on effectue un examen de la moelle épinière ?" Joan regarda Kuolun, mais  ne répondit pas à la question. "Eh bien, Miss Landor, le patient est anesthésié localement au niveau des vertèbres du coccyx, dès que l'effet anesthésique se fait sentir, on pique avec une aiguille dans le canal rachidien. Cette procédure est appelée une ponction lombaire. C’est très douloureux pour le patient, d’où l'anesthésie locale. Le liquide de la moelle, le liquide céphalo-rachidien, dont je ne vais retirer que quelques millilitres, sert de base pour la poursuite de notre travail. Pour votre santé, je ne prélèverai que tous les trois jours seulement quelques millilitres de liquide céphalo-rachidien. Ce délai vous permettra de récupérer. Avez-vous des questions, Miss Landor ?"

"Espèce de sale porc !" siffla Joan en crachant en plein visage de Kuolun. "Vous êtes vraiment de la merde !"

Kuolun sortit un mouchoir soigneusement repassé de sa veste et s'essuya le visage. Totalement insensible à l'éclat de Joan, il dit : "Je crains que vous n'ayez pas le choix, ma chère." Il s’approcha de Joan et lui souleva délicatement le menton. Tranquillement, il murmura d’un ton menaçant : "Vous allez vous déshabiller maintenant et suivre les instructions du Docteur Teenbaum. Sinon j'appelle Goodmood et O'Reilly et nous vous y forcerons. CE sera très pénible pour vous. Songez-y bien. Les deux ‘Marines’ sont debout devant la porte, attendant juste pour vous faire du mal. Jouez le jeu cependant, et nous en aurons terminé ici en moins de quinze minutes et vous pourrez séjourner dans une suite au premier hôtel de la ville, prendre un bain, manger et dormir. La décision vous appartient. Docteur Teenbaum, vous commencerez dès que Miss Landor sera prête. Je vais retourner maintenant à bord du Tennessee." Kuolun dit au revoir à Joan, en la saluant avec une profonde et galante révérence. "Je vous remercie beaucoup de votre aide, Joan. A bientôt !"

Kuolun quitta brusquement la salle du médecin. Joan regarda Teenbaum et prit la mesure. Elle voulait se jeter sur lui et le frapper dans le cou avec l'anesthésique. Tranquillement, Teenbaum regarda le petit bol d’acier et dit : "N’y pensez pas, Landor. Je possède comme vous la pratique de divers arts martiaux, et les deux gentilles dames à la porte également. Une tentative d'évasion est impossible. Maintenant, allez derrière le paravent, ôtez vos vêtements en haut et votre pantalon. Vous pouvez vous couvrir avec la serviette que voilà. Et ne rendez la situation pour vous-mêmes pire qu'elle ne l'est déjà." Puis il prit la seringue contenant l'anesthésique dans sa main.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 13. Juni 2013, 00:29:59 Uhr
Bonsoir Limeye!  C'est vrai que c'est terrible, nous arrêter en plein suspens comme ça...  [jump] [jump] [jump]  Et bravo pour ton efficacité, hé, hé, hé!  [rolllaugh]

Free Nurara: I don't think I could translate correctly from german to french: conversely to english that I can read and translate by myself, I need a translating site to understand german! Your story could be transformed a lot during the process! I would not dare to do it... ;D

Flamme
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 14. Juni 2013, 18:51:20 Uhr
Coucou Limeye!

Qui traduit plus vite que Nurara n'ecrit!  :P

Joan is in biiig trouble indeed, but they need to keep her alive...for now....It seems impossible for her to get out without external help though....But do I hear the cavalry coming.?!... ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 14. Juni 2013, 22:12:01 Uhr
Coucou à toutes,

yes, the cavalry coming ! Taggart, John und the Futurmen, yeeeeeeeeesssss !  ;D

mais non, aujourd'hui je n'ai pas traduit plus vite qu'Alex  ;)

la suite demain !

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 15. Juni 2013, 10:09:19 Uhr
Voilà la suite ! Après, je vous donnerai les nouvelles de Kat, peut-être dans la journée ou demain, selon...

CHAPITRE 16

John se trouvait avec l'Amiral Taggart sur le pont et attendait leur arrivée dans l'espace normal dans moins d'une minute. Il était agité, ses mains étaient moites et il se balançait sur ses pieds nerveusement d'avant en arrière. Son plan, qui était de paralyser le Tennessee depuis l'intérieur avait été accepté dans les moindres détails et décidé avec la Colonel Marko et son équipe spéciale. Maggie s’était familiarisée dans le simulateur avec le Teardrop et était prête pour cette mission. Maintenant, il attendait juste de  pouvoir localiser ce traître de Rodriguez après leur arrivée dans le système de Samedi. Taggart regarda John avec un petit air paternel.

"Et bien, un peu excité, mon garçon ?" grogna-t-il de sa voix profonde et grave. "Déjà. Si Rodriguez nous voit arriver, il devra vite se faire tout petit. Tactique : prendre la formation de V standard dès notre entrée dans l’espace normal. Le République prend la tête, derrière viendront l'Alabama et le Texas. Les trois frégates en V, les deux transporteurs et les soutiens à l'arrière. Tous les autres s’intègreront. Cinq kilomètres de distance. Communication : vous appelez immédiatement le Comète. Nous irons au point de rassemblement près de Sameda III. Commandement des chasseurs : à deux degrés se positionneront les Sabres et les Broadswords."

Les stations assignées rendaient leurs confirmations. "Monsieur, comment allez-vous poursuivre le Tennessee ?", voulut savoir John.

"Si vous avez peur que nous détruisions le navire prématurément, je peux vous rassurer. Les bombardiers et les chasseurs-bombardiers ont seulement l'instruction de prendre soin de l'artillerie et de la mettre hors d’état de nuire. Vous et Marko pourrez passer illégalement quand la bataille entre les chasseurs aura commencé et que l’aviation aura assez à faire. Peu importe que Katherine et son équipe soient à bord ou non. Je veux récupérer la navigabilité du Tennessee, parce qu'il était autrefois mon vaisseau. Le Courageux et les Corvettes courent toutefois le risque d'être détruits. Ce sont des boîtes de fer-blanc minces en comparaison avec la classe des Confédération. Je vais certainement essayer de limiter les dégâts autant que possible, mais vous savez, un plan ne fonctionne que lorsque la bataille commence." Taggart rit dans sa barbe grise et tapota John sur l'épaule. "Laissez-moi de faire, de n'est pas la première bataille de l'espace sous mon commandement."

"Rentrée dans 5, 4, 3, 2…", annonça le contrôle de la navigation. Les longues lignes d’étoiles se transformèrent en points lumineux. Devant la proue apparurent les deux lumières des croiseurs italiens Duilio et Dandolo. Mais ce fut bref. Ensuite, les deux vaisseaux longs et minces semblèrent se plier l'un et l'autre, les revêtements extérieurs s'ouvrirent et se libérèrent dans l'atmosphère, rendant clairement visible l’équipage dans l'univers. Les deux coques plièrent comme des bananes, les croiseurs explosèrent dans deux gerbes jaune-blanc étincelant. Le Commandant Dörner, le commandant sud-africain de l'Alabama réagit immédiatement. "Mines gravitationnelles ! Toutes les machines en contre-poussée ! Alerte de bataille ! Feu sur le champ de mines ! Feu sur les cibles repérées !" Dörner cria ses ordres. En moins de deux secondes, l’Alabama et le Texas tirèrent une gerbe éclatante de protons et d'éclats de laser dans l’espace en face d'eux. Au loin, on pouvait voir les explosions des mines en des éclairs jaunes.

Dörner s’avança vers Taggart et le salua. "Message du Texas, Monsieur. Duilio et Dandolo sont perdus. Aucun survivant."

Taggart hocha la tête. "Merci, Commandant. Nous avons pu le constater. Maintenez le feu jusqu'à ce que plus rien ne puisse être dangereux pour nous dans les deux mille kilomètres alentours. Les plus petits vaisseaux doivent se placer à l'intérieur de la formation. Message radio au République : assumer le leadership et donner plus d'énergie à des armes et des boucliers. La vieille dame est maintenant notre mère l'oie."

"Merde." grogna John quand il vit éclater les débris sur les boucliers de l'Alabama.

"Encore trois", en convint Taggart. "Cela fait à peine dix secondes que nous sommes arrivés, et nous avons déjà perdu deux vaisseaux avec huit cents hommes. Voyons ce que ce petit bâtard de Rodriguez a dans sa manche."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 16. Juni 2013, 10:02:49 Uhr
Encore une grande Kat pour ce passage...


Morose, Katherine s’est assise au bar du lounge des pilotes. Même la petite Rachel, avec laquelle elle s’est liée d'amitié depuis son arrivée, ne pouvait pas vraiment faire sourire Katherine. La jolie et gracieuse employée civile lui donnait également l’impression d’être affaiblie et épuisée. L'ambiance entre les pilotes était chaude et il y avait toujours des petites bagarres. Le fait que la partie fidèle de l’équipage soit à bord du Tennessee ou prise par des opérations de vol rendait les choses difficiles pour tous. Une tentative de briser les commandants d'escadron semblait être dangereuse du fait que le croiseur de bataille était encore à l'intérieur de la station spatiale. Et le siège des mutins semblait se renforcer. Maintes fois des troupes avaient tenter de passer à travers les entrées latérales ou d’avoir accès à la zone du hangar. Des combats, en particulier dans les halls des logements, étaient toujours d’actualité et il y avait des morts et des blessés des deux côtés.

"Kat, tu m’inquiètes", pensa Rachel alors qu’elle se trouvait derrière le comptoir à essuyer des verres. "Est-ce que je peux faire quelque chose pour te remonter le moral ?" Même si Rachel elle-même n'était pas dans son meilleur état d'esprit, elle demeurait la serviabilité personnifiée.

Agacée, Katherine repoussa la tasse de café vide devant elle et grogna : "Donne-moi un whisky, Rachel. Si nous devons tous y passer ici, je voudrais que ce soit au moins avec quelques millilitres dans le sang."
Rachel secoua tristement la tête et filer voler en un tourbillon sa queue de cheval brune. "Désolée, Kat, mais tu sais, je ne peux pas servir d’alcool."

"Cela vaut pour les pilotes et les équipages. Est-ce que je ressemble à un pilote ?", répliqua Katherine avec irritation, ce qui l’instant d’après la rendit désolée, car la jeune fille qui était à peine sortie de l’adolescence ne faisait que suivre les instructions. "Excuse-moi, je ne voulais pas te brusquer", murmura Katherine aussitôt d’un air coupable en essayant de sourire.

"Tout va bien, Kat. Regarde, je vais te passer une bouteille et un verre. Ce que tu en feras m’est égal. Je n’ai pas vu comment tu étais passée derrière le bar et ce que tu as pris, d’accord ? J’ai de toute façon maintenant terminé mon service", répondit Rachel avec un sourire révélateur. Katherine lui répondit par un petit signe. Rachel était sympathique, ouverte avec une grandeur d’âme, trouva-t-elle.

Lorsque Rachel laissa Katherine avec une accolade chaleureuse, Katherine se versa un double scotch et remit la bouteille derrière le comptoir. Elle venait de prendre sa première gorgée, lorsqu’elle entendit une voix familière à côté d’elle. "Eh bien, ma chérie? Encore du mal ? Puis-je t’apporter un peu de réconfort ?" L'homme auquel appartenait la voix posa une main ferme sur l'avant-bras nu de Katherine.
Katherine roula des yeux, reposa le verre et repoussa la main avec le bout de ses doigts. "Ryker, tu ne piges pas, n’est-ce pas ? Je t’ai éconduit avant-hier soir et hier soir encore. Est-ce que tu comprends le mot 'non' quand une femme le dit ?"

Le Capitaine Ryker était un pilote de bombardier et de ce fait se croyait fort. Il était grand, les cheveux blond foncé, et Katherine lui plaisait vraiment, mais Ryker était extrêmement arrogant et suffisant, caractéristiques que Katherine détestait profondément. C’était un coureur de jupons et il croyait de ce fait tout connaître sur les femmes. "Quand une femme dit 'non', ça veut dire 'oui', bébé. Je remarque aussi que quelque chose se passe entre nous." Encore une fois, il posa sa main sur le bras de Katherine.

"Ryker", gémit Katherine, "Ton plan de drague est si mauvais qu’il doit dater d’au moins 200 ans. Tu piges que je ne suis pas intéressée Je suis célibataire et je veux que tu me foutes la paix. Est-ce que ça rentre dans ton crâne de pilote ? Et s’il te plaît, ôte tes pattes de là ou je vais me fâcher."

Ryker ricana avec concupiscence. "Oh oui, j’aimerais bien faire une petite bagarre avec toi." Il laissa sa main sur le bras de Katherine et le caressa.

"Ryker ! Ote tes sales pattes de la Major Ballard, comme elle te l’a demandé !" Peter Becker était arrivé et essayait de tirer Ryker par l'épaule pour l’éloigner de Katherine. Peter était un rang au-dessus de Ryker et était contre lui, et même si les deux hommes n’appartenaient pas au même escadron, il était autorisé à lui donner des ordres.

"Arrête, Becker ! Cela ne te regarde pas !" cria Ryker en menaçant Peter de son poing.

"Oh que si que cela me regarde, Ryker. La dame voudrait ne plus être importunée par toi et tu t’y tiendras." Peter attrapa Ryker par le col et le poussa loin du bar. "C’est un ordre."

"Que veux-tu faire de toute façon, fils de Commodore ? Hein ?" cria Ryker, dédaigneux. "Ton papa n’est pas disponible, gamin !"

A ce moment, Peter lâcha son col et frappa violemment Ryker dans le creux de l’estomac.

Immédiatement, une violente bagarre éclata entre les deux hommes. Katherine mit le whisky en sécurité et s’assit sur le dernier tabouret du comptoir, s’appuya contre le mur et regarda joyeusement avec un plaisir pur les deux hommes se renvoyer les coups, les insultes, la testostérone et le sang. Becker et Ryker ne lâchaient rien, ils étaient tous deux des combattants aguerris et expérimentés. De plus en plus de spectateurs approchaient et chacun encourageait son favori. Même des paris d’argent furent lancés. Sous les huées et les applaudissements, les deux coqs de combat roulaient maintenant sur le sol, et Ryker avait succombé et devait rendre tout le temps des coups de poing.

"Arrêtez ! Immédiatement !" hurla une forte voix d’homme. C’était le Commandant Bernard, le commandant de l’escadron de Peter. Vigoureusement, il s’interposa entre les deux pilotes et eut évidemment des difficultés à les séparer. Deux autres pilotes aidèrent Bernard à empêcher Peter et Ryker de continuer. Bernard était Suisse et restait calme en lui-même, mais les circonstances extérieures de ces derniers jours avaient eu un effet négatif sur ses nerfs. "Alors, qu’est-ce qui se passe ? Becker ?"

"Monsieur", répondit Peter, haletant. "Le Capitaine Ryker harcelait la Major Ballard et j’ai essayé de l’en dissuader. Un mot en entraînant un autre..."

"Est-ce vrai, Ryker ?" demanda Bernard avec énergie.

Coupable, Ryker baissa la tête et essuya le sang de sa bouche. "Oui, Monsieur. C’est exact."

"Et qui a donné le premier coup de poing ?" insista encore Bernard.

"Becker, Monsieur", répondit Ryker avec un sourire triomphal, après que Peter l’ai à nouveau menacé de son poing.

"Laissez tomber, Becker !" le rembarra son commandant. "Major Ballard", appela-t-il en direction de Katherine. "Ce serait bien aimable à vous de venir jusqu’ici ?"

Avec un sourire amusé et les mains dans les poches de son pantalon, Katherine s’avança vers Bernard et ses deux bagarreurs. "Oui, Monsieur ?"

"Vous a-t-il touché de façon inappropriée ?"

"Non, Monsieur." Katherine souriait largement.

"Qui a frappé le premier ?"

"Le Major Becker, Monsieur." Son sourire était encore plus large. Becker la dévisagea, incrédule. "Et vous avez regardé tranquillement, comment deux pilotes peuvent être amenés à utiliser leur capacité opérationnelle et à se battre comme des chiffonniers ?" Bernard essaya de prendre un visage horrifié, mais le sourire de Katherine le désarma.

"Oui, Monsieur", répondit-elle en riant. "Qu’aurais-je dû faire ? Je suis juste une pauvre petite femme..." Katherine termina sa diatribe par un regard émouvant.

Bernard plissa les yeux et était grognon. "Ballard, n'essayez pas de me tromper ! Depuis que vous êtes là, vous tournez la tête des hommes. Dans le logement, il n'y a pas d'autre sujet que Ballard ici, que Ballard là. Vous êtes la première femme depuis des années à cause de laquelle des pilotes se battent. Je ne tolère pas une telle chose, pigé ? Arrêtez de rendre mes hommes fous !" Bernard accentua ses mots d’un index menaçant. "Sinon, je vous jetterai moi-même par le sas !"

Katherine haussa les épaules, impuissante. Elle savait parfaitement que Bernard ne la considérait pas comme telle, mais que face à la pression de l’affaire, il avait pris Katherine comme déclencheur de la bagarre. "Becker ! Ryker ! Je vous laisse pour cette fois avec un avertissement. Si vous voulez vous battre, faites-le sur le ring de boxe. Ca suffit maintenant avec vos fichues mains et faites-en plutôt quelque chose ensemble dans le futur ! Vous pourrez toujours en avoir besoin !"

Ryker et Peter se regardèrent. Ryker tendit le premier la main à Peter qui lui rendit avec une tape sur l’épaule. "Rien de mal, Becker. Je ne voulais pas..."

Puis Bernard regarda encore une fois Katherine avec insistance. "Et vous, Major…" Katherine regarda le grand Suisse avec un mignon regard de teckel. Bernard voulait se lancer dans une autre exhortation, il s’agita. "Vous allez m’achever, Ballard, vraiment ! Bougez-vous aussi un peu. Avec le sas, je parlais sérieusement ! Continuez !"

Le Commandant Bernard s’éloigna à grands pas. Ryker avait entre temps rejoint ses camarades d’escadron et la foule commençait à se dissiper. Ainsi se retrouvèrent Katherine et Peter face à face. Sans un mot, Katherine se dirigea vers le bar et revint avec deux serviettes en papier. Elle essuya presque tendrement le sang du nez et de la bouche de Peter. "C'était amusant, Peter. Sincèrement !"

Regarder deux hommes se battre pour vous, vous rend heureuse ?", demanda Peter, effrayé. "N’êtes-vous pas un peu bizarre ?"

Katherine rit. "Non, juste comment vous vous êtes battus pour moi. Je vous dois quelque chose. J’aurais pu me débrouiller seule face à Ryker. Mais j'ai apprécié la façon dont vous avez essayé de me protéger. Je me suis trompée sur vous. Vous pouvez vraiment apprécier une femme."

"Vous m’en voulez encore pour Joan ?", demanda Peter prudemment.

Katherine haussa les épaules. "Oui et non. Joan est ma meilleure amie, je l’ai formée et je me sens un peu responsable d’elle. A la maison l’attend un homme qui l’aime, mais il ne montre pas toujours ses sentiments, selon la situation appropriée. Cependant, cet homme est grand et bon pour elle. Et je ne veux pas que Joan remette en cause cette relation pour une petite aventure. Vous comprenez ?"

Peter acquiesça. "Message reçu. Sommes-nous quitte maintenant ?"

Katherine offrit à Peter un franc sourire. "Oui, nous le sommes. Plus de mal, ok ?"

Avant de Peter puisse dire quelque chose, il y eut une annonce par le haut-parleur. "Du commandement de l’escadre à tous : la cavalerie est arrivée ! Nous avons reçu des messages radio. Il y a une importante force terrienne composée d’un cuirassé, deux croiseurs, des transporteurs et d’un grand nombre de petits vaisseaux qui vient d’entrer dans le système il y a quelques minutes. Nous n’en savons pas encore plus. Que l’escadron et le commandement de vol se mettent immédiatement dans la zone d’action !"

Tous les présents levèrent les yeux vers le haut-parleur et de cris de joie éclatèrent. Katherine et Peter se regardèrent en riant, et tombèrent dans les bras l’un de l’autre.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 16. Juni 2013, 15:24:56 Uhr
Coucou Limeye!

Effectivement, une grande Kat dans ce passage, mais à mon avis (évidemment), surtout vers la fin lorsqu'elle met les choses au clair avec Peter à propos de Joan!  [nono]

I wonder how Kat would handle with Ryker, I think it should be interesting to read!  ;D He, he, he... I really enjoyed the way she managed to put Rodriguez K.O.! 

Bonne journée!
Have a nice day!
Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 17. Juni 2013, 21:12:08 Uhr
Coucou Flamme,

oui, elle met bien les choses au clair avec Peter, mais j'aime beaucoup aussi comment elle se comporte face à Bernard ! Tu m'étonnes qu'elle rend les hommes dingues   [devil] !

Pauvre John, faut vraiment qu'il assure  ;D

bizz et bonne soirée !

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 17. Juni 2013, 22:50:00 Uhr
Coucou Limeye!

A ta citation: Tu m'étonnes qu'elle rend les hommes dingues!, en parlant de Kat...

Je réponds: elle n'est pas psychologue pour rien... [devil] Et ça, c'est de la psychologie appliquée!  [goodjob]

Bon, j'ai un souper (dîner français) à préparer, ma psychologie ne sera pas assez forte pour faire patienter cette famille affamée... Peut-être que Kat pourrait?  ;D

Flamme  ;D
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 19. Juni 2013, 14:47:43 Uhr
Et nous retrouvons Joan... courageuse !


A cet instant, Joan n’avait pas du tout envie de rire. Nue jusqu'à la ceinture, le pantalon baissé, elle était étendue sur le coussin froid de la table d'examen. Elle avait une boule dans la gorge et les larmes lui montaient aux yeux de désespoir. Elle voulait juste crier et s'enfuir. Elle devait se résoudre à servir de cobaye humain pour l’une des expériences de Vul Kuolun.

"Je vais maintenant pratiquer l’anesthésie. C’est assez rapide et vous sentirez que la partie inférieure de votre corps jusqu’aux pieds sera au chaud", dit doucement le Docteur Teenbaum. Joan sentit une légère piqûre au-dessus de son coccyx. "Vous pouvez vous détendre maintenant, Miss Landor. L'anesthésie ne dure que quelques minutes, je vais me dépêcher. Je vous pince maintenant dans la peau, sentez-vous quelque chose ?"

"Non, rien", murmura Joan.

"Bien", répondit Teenbaum. "Je vais maintenant vous prélever le liquide céphalo-rachidien. Vous sentirez une pression sourde. Tant que cette pression persistera, je vous prie de ne bouger sous aucun prétexte. Cela présente le risque que les nerfs soient blessés par l’aiguille, vous me comprenez ?"

"Oui", gémit Joan et elle sentit le désespoir et la peur lui chatouiller le cou. La pression sourde se produisit, mais elle ne sentit pas vraiment l’aiguille. Involontairement, elle se raidit.

"Détendez-vous, Miss Landor. J’ai bientôt fini", dit Teenbaum pour essayer de calmer Joan. Après quelques secondes, qui semblèrent une éternité à Joan, la pression diminua considérablement. "Voilà, Miss Landor, nous avons terminé." Teenbaum tenait la seringue contenant un liquide clair devant les yeux de Joan. "Vous êtes en bonne santé, je ne vois aucune opacification ou décoloration, ce qui est bon signe. Restez encore quelques minutes allongée jusqu'à ce que l'anesthésie s’estompe. Vous aurez quelques pertes d’équilibre et éventuellement un léger mal de tête au cours des prochaines heures, c'est tout à fait normal. Tenez, prenez cela dans tous les cas." Teenbaum tendit à Joan un petit paquet de pilules contre les maux de tête.

"Que va-t-il m’arriver ?" demanda Joan faiblement en essayant de relever la tête. Teenbaum reboucha la seringue avec une fermeture stérile et la mis dans un boîtier métallique. "Goodmood et O’Reilly vont maintenant vous conduire au Grand Palace Sundiho. Nous vous avons réservé une suite, où vous pourrez vous détendre et vous reposer. Le personnel est invité à répondre à tous vos souhaits."
Teenbaum s’approcha de Joan en retirant ses gants en caoutchouc. "Mais ne croyez pas qu'il vous sera possible de sortir de là, Miss Landor. Tout l'hôtel est gardé par des combattants de la liberté samedienne."

"Les combattants de la liberté", grogna Joan. "Les rebelles, ce sont des rebelles égarés. Auxquels vous et Vul Kuolun avez menti ! Combien de temps allez-vous me retenir ? Vous ne croyez pas sérieusement pouvoir rester ainsi. On va rechercher le Tennessee, et ce, très bientôt."

"Nous vous retiendrons aussi longtemps que nécessaire. Votre liquide céphalo-rachidien est la base d’un vaccin que nous développons. Si ce vaccin fonctionne, vous entrerez dans l'histoire, Miss Landor !"

"Allez au diable, Teenbaum !" vociféra Joan. "Qu’allez-vous ajouter au vaccin ? Où Kuolun veut-il en venir ? Que veut-il faire avec les Samediens ? Les asservir ?"

Teenbaum haussa les épaules. "Je suis un médecin, pas un politicien. Kuolun ne m'a pas informé de ses autres objectifs. Je sais seulement ce que j’ai besoin de savoir. Et j’ai la possibilité de permettre la survie de la race samedienne. Rhabillez-vous maintenant, s’il vous plait !"

Joan renfila son pantalon et s’assit avec la serviette couvrant sa poitrine. Les genoux tremblants, elle se leva et se dirigea lentement derrière le paravent pour se rhabiller. "Teenbaum, vous êtes juste un monstre pervers comme Kuolun. Les gênes humains et non-humains ne sont pas compatibles et mélanger les uns et les autres et tout simplement anormal ! Quel genre de monstre voulez-vous produire ? Avez-vous songé aux possibles descendants de ceux que vous allez vacciner ? Aux mutations ? Je ne comprends pas comment le nonce a pu accepter une proposition aussi épouvantable !"

Teenbaum rit. "Le nonce… le nonce est un vieil homme, de même que les vieillards qui l’entourent. Vous connaissez Kuolun et sa personnalité attachante, peut-être mieux que moi. Il a menti au nonce comme au bleu du ciel ! Que pensez-vous donc ? Quelques petits mots gentils et flatteurs ont suffi à Kuolun pour mettre le nonce et ses conseillers de son côté."

Joan revint avec la tête baissée de derrière le paravent et la secoua avec résignation. "Je ne veux pas que mes gènes soient utilisés à mauvais escient." Elle leva la tête et regarda Teenbaum dans les yeux.

Teenbaum cependant s'appuya nonchalamment contre le dressoir et croisa les bras. "Que voulez-vous donc faire ? Nous vous forcerons simplement et si vous vous montrez indisciplinée, cela vous fera mal. Sinon, je peux vous placer dans un coma artificiel, si vous préférez, Miss Landor." Il hocha la tête vers la porte et cria : "Goodmood !"

Quelques secondes plus tard, la Sergent Chef Goodmood se présenta à la porte : "Monsieur ?"

"Conduisez Miss Landor au Grand Palais Sundiho, comme convenu. A dans trois jours, Miss Landor !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 19. Juni 2013, 21:40:47 Uhr
Coucou Limeye!

L'évocation d'une ponction lombaire a vraiment de quoi donner la chair de poule!  [smhair] C'est très bien écrit (et traduit, sûrement)!

Où Alex a-t-il pêché son inspiration pour le nom de la sergent chef Goodmood, ce nom sort vraiment du commun!  ;D

Alex: how did you get your idea for sargent Goodmood's name? It's so.. unusual!

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 20. Juni 2013, 13:27:47 Uhr
Argh, un chat !!!  ;D

merci Flamme pour la traduction, mais je n'ai pas beaucoup de mérite : le texte d'Alex est fluide... j'ai (presque) terminé le dernier petit morceau, mais je n'ai pas mon dictionnaire avec moi et je bute sur un mot. Je vous livrerai donc la traduction ce soir.

bizz !

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 20. Juni 2013, 17:23:52 Uhr
Voilà, j'ai débloqué la petite phrase qui m'embêtait un peu...

dernière livraison d'Alex, donc, avec de plus en plus de précisions sur les intentions de Kahlon... l'étau se resserre autour de Joan  [badhairday] [electrified]

Limeye  :)


Quand Joan entra dans la suite, elle y trouva Kuolun debout en face de la fenêtre avec un verre de vin rouge à la main. A côté de lui se trouvait une table richement garnie avec de la bonne nourriture et de la boisson.

"Que faites-vous ici, Kuolun ? Je croyais que vous retourniez à bord du Tennessee ?" dit-elle avec un sanglot dans la voix.

"Petit changement de programme, Joan. Rien qui doive vous pesez", répondit Kuolun aimablement. Il laissait Joan dans l'ignorance qu'il ne pouvait pas voler dans l'anneau d'astéroïdes sans passer inaperçu en raison de l'arrivée de la force terrienne. "Je vous prie, asseyez-vous et mangez. La nourriture samedienne est alléchante ! Je voudrais parler avec vous de certaines choses, si vous le permettez, ou bien ?"

Lentement, et toujours soutenue par la caporal O'Reilly, Joan s'approcha de la table. En soupirant, elle prit un siège. En fait, elle ressentait une grande faim, la nourriture offerte semblait trop tentante. Kuolun fit signe d’un petit mouvement de la main à O'Reilly de quitter la suite. Lorsque la porte hydraulique se fut refermée silencieusement, Kuolun servit à Joan du vin rouge et leva son verre vers elle pour porter un toast. "A vous, Joan, et au peuple samedien !"

"Epargnez-moi cela, Kuolun. Que voulez-vous vraiment ? Nurara vous a-t-elle si bien lavé l’esprit que vous êtes devenu maintenant un grand bienfaiteur ? Je ne le crois pas de votre part", ricana Joan.

"Ha !", fit Kuolun. "Nurara. Non, elle ne l’a pas fait, je peux vous l’assurer. Notre relation est malheureusement, depuis qu'elle a donné naissance à ce métis, pour le moins du monde perturbée. Je ne peux pas souffrir ce que cette petite garce a fait avec son avocat. C'était un hasard heureux du destin que ce petit Alruna ait fait le sale boulot pour moi."

"Vous êtes dégoûtant, Kuolun. Nurara a connu pour la première fois de sa vie ce que cela signifie d'être aimé sincèrement, du fond du cœur ! Et l'enfant ce que vous appelez péjorativement un sang-mêlé, est le fruit d'un grand amour. Mais cela vous laisse froid", cracha Joan. "Maintenant, venons-en au fait ! Que voulez faire de moi ? Qu’avez-vous l’intention de faire des Samediens ? Vous n’êtes pas un esprit de pure charité ! En connaissez-vous seulement la notion ?"

Kuolun se pencha en arrière dans la chaise rembourrée et confortable. "Laissons cela pour l'instant, Nurara n'est pas un problème pour moi. Elle viendra ramper à nouveau un jour, j'en suis sûr. Et elle subira les conséquences de ses actes. Quant à vous, ma chère, vous serez la nouvelle femme à mes côtés désormais. Certes, il y aura dans les premiers temps quelques points de friction, mais je suis persuadé que nous nous en accommoderons tous les deux." Kuolun rit encore de son rire typique.

Effrayée, Joan laissa tomber son couvert en cliquetant sur l'assiette. "Comment ? Je pense que j’ai mal entendu ? Plutôt l’enfer ! Dites-moi maintenant ce que vous comptez faire avec les Samediens ?" explosa Joan.

"Volontiers, ma chérie !" répondit Kuolun amicalement. "Le fait est que je peux aider les Samediens. Avec l'aide de votre ADN, Sameda sera sauvée et je serai comblé de richesses et de puissance ! Je serai l'homme le plus puissant de ce système solaire ! On m'introduira dans les institutions politiques influentes et dans au plus tard cinq ans, le système de Samedi m'appartiendra. La révolution actuelle n'est qu’un début ! Une ère nouvelle s’annonce. Le pouvoir politique n'est même pas le seul. Non !" Kuolun montra du doigt le plafond. "Là-haut dans l'espace se trouvent des ressources en quantités inimaginables avec lesquelles je vais construire des vaisseaux spatiaux, plus grands et plus puissants que l'ensemble de toute la flotte solaire ne pourra jamais l’être. Et j’entamerai alors une expédition comme jamais l’univers n’en a encore vue. En tout premier lieu, le système solaire devra y croire. Le Président Carshew est depuis trop longtemps à son poste. Et Newton sera enfin mort." Kuolun frappa d’un coup de poing sur la table et se leva. "Cela vous suffit, Joan ? Et vous serez à mes côtés et regarderez comment j’écraserai Curtis Newton !"

"Vous êtes encore plus mégalomane que je ne l’avais imaginé, Kuolun. Mais je vois tout cela avec légèreté, voyez-vous ? Vous n’êtes pas encore parvenu jusqu’à présent à mener à bien l’un de vos coups. Cette fois, ce ne sera pas différent, croyez-moi !" Complètement détendue, Joan porta un morceau de viande à ses lèvres.

"Je vais vous laisser seule, Joan. Pesez bien mes paroles. Tout va se passer comme je viens de le dire. Je vous souhaite une bonne nuit !" Et sur ces mots, Kuolun sortit.

"Espèce de fou !" murmura Joan. Elle savait que le plan de Kuolun était voué à l'échec, mais cela ne changeait rien à la situation extrêmement dangereuse dans laquelle elle se trouvait elle-même. En outre, son environnement était désormais différent. Depuis qu’elle se trouvait dans cette suite d’hôtel, l’aide de Lilla était devenue caduque. Joan devait trouver autre chose. Tout d’abord, Joan devait bien l’admettre, elle devait rendre sa situation aussi agréable que possible. Joan attrapa la carafe et le verre de vin, se leva de table et chercha la salle de bains. Un bain chaud lui apporterait peut-être une bonne idée.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 21. Juni 2013, 03:41:37 Uhr
Hi to all!

I also had a good laugh at Sergeant "Goodmood"..It sounds like a James Bond girl's name! Although I am not sure the sergeant would fit the part... ;D
Well, nice to meet the actual inspiration for Goodmood...hmmm...is she your cat Free Nurara? Is she - ever-  in a Good mood? ;D

It also sounds like Joan is in more trouble than previously thought...Does Kuolun really think she will willingly stay with him? A bit delusional is he, hmmmm?

Can't wait to see his bottom part kicked!  ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 21. Juni 2013, 04:08:57 Uhr
Argh, un chat !!!  (citation de Limeye!)

Ben quoi, Limeye? Tu n'aimes pas les chats? Il (ou plutôt elle, d'après Alex) a l'air bougon (bougonne!)
à souhait!  C'est d'un comique...

I really wonder if something can make this cat happy... I laughed a lot!  What a pun!  ;D

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 21. Juni 2013, 08:17:37 Uhr
Well O-tho,

I remember one Captain Future fan fiction, Schwartz Sonne, by Jimmy unknown, where the villain kidnapps Joan and put her through a procedure to alter her thoughts hoping that she forget everything about her life and that she would set her eyes on him. He hoped to produce de child with her and use his genes to create a perfect android army. Kuolun is very capable of this kind of scheme. And that scares me.  [smhair]

I am impatient to see the next episode. [jump] [jump] [jump]

Frégo  8)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 21. Juni 2013, 12:31:57 Uhr
Coucou!

Frégo,  (et les autres aussi!)  j'ai aussi repensé à cette histoire  en lisant le dernier extrait de Meuterei... et c'est vrai que Kuolun est capable de tout, sauf que lui ne prendrait certainement pas la peine de se préoccuper des sentiments de Joan envers lui (ou de n'importe qui d'autre d'ailleurs!)
Peu importe pour Kuolun ce que Joan veut ou ne veut pas...Le seul sentiment d'autrui qui le préoccupe, c'est le malheur, et il sait très bien s'y prendre!  C'est vraiment un personnage retors...  [smhair]

Et je suis impatiente de voir la suite!  [jump]

Bonne journée à tout le monde!
Flamme
 [hello]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 22. Juni 2013, 07:46:13 Uhr
Coucou a tous!  ;D

Flamme and Frego, I quite agree with you regarding Kuolun's abilities...The key word was "willingly", I am wondering what he will come up with to "tame " Joan..This thought is quite frightening indeed!

To Free Nurara:
" Did James Bond ever have a brunette?"
Oh yes, actually I remember more brunettes than any others!
Think of Barbara Bach, Carole Bouquet, Lois Chiles (= Holly Goodhead in Moonraker.. ;D) Jane Seymour...to name a few...
OK I will grant you Honor Blackman as "Pussy Galore" in "Goldfinger" as a blond....

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 23. Juni 2013, 16:53:49 Uhr
Fin du chapitre 16. Il me reste le début du chapitre 17 à traduire, peut-être pour plus tard en fin de journée...

Limeye  :)


Nurara et Curtis avaient atterri sur un petit astéroïde qui avait une orbite proche autour de Vestara. Ainsi, ils pouvaient voler en passant inaperçus à quatre mille kilomètres à la ronde autour de Vestara, scruter et observer les astéroïdes. Le Up Jumped the Devil possédait des caméras vidéo puissantes, avec lesquelles la surface pourrait être regardée en haute résolution sur les écrans. En une demi-heure, le petit astéroïde aurait atteint une position qui permettrait d’observer la totalité de Vestara dans la lumière du soleil, tandis que le Devil serait dans son ombre et ne pourrait donc pas être repéré.

Lorsque Nurara eut coupé toute les lumières à l’intérieur et à l’extérieur, Curtis dit en soupirant : "Maintenant, il s’agit d’attendre et de boire du thé." Il s'adossa confortablement dans le fauteuil du pilote.

Le visage de Nurara jusque là sérieux s’éclaira d’un sourire et elle se leva d’un bond. "C’est une bonne idée, thé ou café ?"

"Café, fort, s’il vous plait", répondit Curtis.

"Tout de suite !" dit Nurara en lui tournant le dos en souriant et elle disparut vers l'arrière du vaisseau. Curtis entendit le cliquetis de la vaisselle et bientôt l'odeur aromatique du café fraîchement moulu se répandit dans le cockpit. Curtis ne cessait de regarder sur le scanner et le radar du trafic des vaisseaux restait passif. Plus l'astéroïde se déplaçait vers Vestara, plus le trafic devenait dense. C’était principalement des transports de marchandises et des vaisseaux miniers qui volaient, quelques vaisseaux civils, des paquebots et des yachts privés. Curtis et Nurara ne seraient très vraisemblablement pas remarqués à bord du Devil. Cependant, la proportion de vaisseaux de transport militaire, de corvettes samediennes et de destroyers du type de celui qui avait déjà attaqué Curtis, des chasseurs et bombardiers de la même origine samedienne et plusieurs Super Sabres, Broadswords et des Libérateurs était inhabituellement élevée. Curtis compta trente chasseurs terriens qui simulaient des batailles spatiales avec des chasseurs samediens.

"Nurara", appela-t-il par-dessus son épaule. "Quelque chose se passe là-bas ! Je pense que nous sommes sur la bonne piste !"

Nurara revint avec deux tasses de café fumant et en remit une à Curtis avant de se rasseoir. "Que se passe-t-il ? Avez-vous déjà trouvé le Tennessee ?"

Curtis secoua sa tignasse rouge. "Pas tout à fait, mais je pense que nous nous rapprochons. Vérifiez les codes d’identification. Ce sont clairement des identifiants terriens. Et là où se trouvent des chasseurs, le transporteur n’est pas loin."

"Voulez-vous attendre que nous soyons dans l’orbite de Vestara ?" demanda Nurara en sirotant son café.

"Je pense que nous n'en avons pas besoin, regardez !" Curtis désigna du doigt Vestara, qui brillait maintenant d’un beau brun doré devant eux. Une cavité circulaire d’environ une vingtaine de kilomètres de diamètre apparaissait, éclairée par la lumière bleuâtre et blanche de projecteurs. Nurara zooma avec la caméra à la résolution la plus élevée et ne put en croire ses yeux. La proue mince et élégante du Tennessee était clairement reconnaissable, ainsi qu’un peu plus loin, la forme de conteneur du Courageux. "Là ! Curtis ! Il est là !" haleta-t-elle.

"Bonne pioche ! La question est maintenant de savoir comment nous pouvons les attirer au dehors", murmura Curtis. A cet instant bipa la console de communication.

"Le Comète nous appelle sur une fréquence cryptée", dit Nurara et elle prit l’appel. Otho apparut sur l’écran.

"Otho, qu’y a-t-il ?" demanda Curtis à l’intention de l’androïde au teint pâle et à la casquette de capitaine vissée sur son crâne chauve.

"La flotte est arrivée, chef. Nous venons de recevoir une demande de rendez-vous à l’endroit convenu. L’Amiral Taggart a fait demander ce que vous aviez déjà trouvé."

"Oui, Otho, nous avons trouvé. Le Tennessee et son escorte se cachent à l'intérieur de l’astéroïde Vestara. Nurara va vous envoyer le document afin que Taggart puisse l’analyser. Il y a du neuf de votre côté ?"

Otho secoua la tête. "Oui, chef. Taggart a intercepté deux vaisseaux-citernes qui étaient apparemment en route vers le champ d’astéroïdes." Otho s'arrêta un instant. "Cela signifie que le Tennessee…"

"… n’a plus de carburant !" termina Nurara. "Ce qui veut dire..."

"… que tôt ou tard, Rodriguez devra sortir pour aller à la rencontre des vaisseaux-citernes." Curtis sourit jusqu'aux oreilles. "Otho, je dois parler à Taggart immédiatement. Nous revenons !"

"Oui capitaine ! Je passe. Comète terminé."

Nurara remit immédiatement les moteurs en route et manoeuvra le Devil juste au-dessus de la surface de l'astéroïde du côté opposé à Vestara. Puis elle lança le plein régime et vola à la vitesse supérieure vers Sameda III.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 24. Juni 2013, 06:46:34 Uhr
Coucou Limeye,

Hmmm ...alors apres la petite pause cafe peinarde a bord du vaisseau de Nurara, voici le fameux coup de la panne d'essence...en plein espace!   :P

Jusqu'ou ira t-il!  ... ;D

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 27. Juni 2013, 10:07:48 Uhr
Hello !

voilà la suite, je suis désolée de ne pas vous l'avoir proposée plus vite, mais j'avais à faire sur les autres projets... je vais essayer de rester à jour, il me reste encore trois pages à traduire. Mais je veux aussi avancer sur JiYD qui me prend du temps car leurs journées sont longues et la description au plus juste des lieux est un défi, certes passionnant, mais un défi quand même  ;).

bref, voici déjà un peu de lecture sur cette histoire. La suite dès que je peux !

bizz

Limeye  :)


CHAPITRE 17

"Ordre au Courageux : préparez-vous à l’appareillage !" cria Rodriguez à l’officier de quart. "Salle des machines, moteurs prêts à démarrer et rester en stand-by. Desserrer les clips de rétention, effectuez la manœuvre des propulseurs."

"A vos ordres, Commandant", fut la réponse de l'officier de quart, qui donnait les ordres aux différents postes. Pendant quelques secondes, le colosse de combat se réveilla à la vie et de légères vibrations et un grondement omniprésent remplirent tout le vaisseau. Lentement, le Tennessee commença à se déplacer. Il y avait besoin d'une distance de sécurité autour des installations intérieures de Vestara d'au moins deux cents kilomètres jusqu'à ce que les six puissants moteurs principaux puissent être enflammés. Cela prit environ dix minutes au Tennessee avec les moteurs auxiliaires à pleine vitesse pour atteindre la grande porte.

Rodriguez aimait sentir la vibration du vaisseau sous ses pieds. Un vaisseau spatial, élégant comme le Tennessee, avait quelque chose de semblable à une femme pour lui. Grand, fort et esthétique, puissant et dangereux - comme Katherine, pensa Rodriguez à ce moment.

De nombreux ponts au-dessous de la passerelle, les vibrations devenaient plus significatives. Et ces fortes vibrations avaient des effets. La fissure microscopique à l'intérieur de la cloison du bâtiment de la police devenait rapidement plus large. Alors que le Tennessee passait la porte, la fissure avait déjà atteint plusieurs millimètres et se développait de plus en plus pendant que les principaux moteurs s’étaient mis en route. Après seulement une heure de vol, la fissure mesurait désormais cinq centimètres de long et était déjà visible de l'extérieur, si vous regardiez la cloison.

Personne ne regardait là-bas, du moins pas pour le moment.

Rodriguez avait donné l’ordre de partir parce qu’il avait été informé par le gouvernement rebelle samedien qu’il avait mis à disposition de la flotte deux vaisseaux-citernes. Ce que Rodriguez ne savait pas à ce moment-là, c'était que la flotte terrienne était déjà dans le système et avait intercepté les vaisseaux-citerne. Pour aggraver les choses, Kuolun était bloqué en raison de cette circonstance sur Sameda II.

Sans être remarqués, Curtis et Nurara avaient disparu de l'anneau d'astéroïdes et atterri sans encombre sur le support de flotte King William. Un petit vaisseau les conduisit tous les deux sur l'Alabama, où ils ont furent conduits par une ordonnance sur le pont. Curtis était relativement calme, alors que Nurara se sentait visiblement mal à l'aise en présence de tant de soldats. La tension se lisait sur son visage.

L’Amiral Taggart accueillit Curtis avec un grand geste paternel. "Vous voici, Capitaine ! Bienvenu à bord." Il regarda un instant Nurara de haut en bas et lui tendit sa grosse patte. "Vous êtes ?"

"Nurara", lui répondit-elle simplement d’un ton déterminé en lui serrant la main.

"Nurara !" s’écria Taggart. "J'ai suivi votre procès et j’ai failli ne pas vous reconnaître. Terrible, cet incident. Vous avez toute ma sympathie."

"Merci, Monsieur", répondit Nurara avec hochement de tête. "Ce serait très bien si nous pouvions mettre de côté cette question."

"Bien entendu. Je m’excuse, je ne voulais pas vous offenser", répondit Taggart aimablement.

"Voulons-nous en venir aux faits ? L’Etat Major nous attend déjà dans la salle des opérations. S’il vous plait, par ici."

Comme Taggart et ses invités entraient dans la salle des opérations, tous les officiers se levèrent et les saluèrent. John et Maggie de Havilland étaient également présents. Taggart présenta rapidement un par un ses officiers. John s’avança vers Nurara et la regarda avec hésitation. Il ne savait pas exactement comment l’aborder, parce qu'il n'était pas sûr que Nurara n’avait pas quelque chose à voir avec l'accident sur Airam IV. Toutefois, Nurara était heureuse de voir un visage familier. "Hello, John", chuchota-t-elle en prenant le grand homme aux yeux bruns doux dans ses bras. "Nous trouverons Kat, promis !"

"Pourquoi es-tu là, Nurara ?" demanda John, sceptique. Il était sur le point de dire qu'il allait bien se débrouiller seul, mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase.

Nurara posa ses mains gantées sur les épaules de John. "Parce que je ne veux pas qu’il vous arrive la même chose qu’à moi, John. J’aime Kat, elle est comme ma sœur. Et je peux voir comment tu souffres."

"Mesdames, Messieurs, puis-je vous prier de prendre place ?" demanda Taggart depuis le bout de la longue table de conférence. "Allons-y !"

La réunion se déroula de manière disciplinée, le plan de bataille était élaboré dans les moindres détails. Une fois que le Tennessee serait sorti, des escadrons de chasseurs de la flotte devraient livrer bataille aux combattants ennemis et intercepter les bombardiers et les corvettes. Leurs propres bombardiers devaient s’occuper du Tennessee et du Courageux, en causant le moins de dommages aux vaisseaux. Le plan prévoyait que dès que les armes se seraient tues, des navettes lanceraient l’assaut des vaisseaux avec des ‘Marines’ de l’espace. Pendant les combat dans l'espace, le Teardrop devrait passer inaperçu derrière la ligne de bataille et s’approcher d'un quai dans la zone des moteurs du Tennessee, avec la Colonel Marko et son équipe, ainsi que John, pour monter à bord et organiser le sabotage informatique du vaisseau. L'approche du Tennessee était de la partie la plus difficile de la mission. Même si le Teardrop pouvait durant la plus grande partie du vol être presque invisible car il pouvait se déplacer discrètement sur sa propre inertie, dans les dernières étapes de l'approche, il pourrait certainement être découvert quand il allumerait ses propulseurs. De plus, le Teardrop était totalement désarmé.

"Capitaine de Havilland", murmura Elena Marko, sceptique, en jouant avec une mèche de ses cheveux noirs. "Expliquez-nous s’il vous plait comment vous voulez nous faire passer. Je n'ai vraiment pas envie d'être grillée par les moteurs. Etes-vous vraiment prête à voler à bord du Teardrop ? Avez-vous déjà volé à son bord auparavant ?"

Maggie se leva et demanda à afficher par l’holo-projecteur une représentation schématique d'une situation de combat. "Je peux faire voler le bébé, comme vous le savez, Madame", répondit Maggie gaiement. "Il vole plus aisément qu’un Libérateur. J'ai passé une trentaine d'heures dans le simulateur et élaboré diverses options d’approche."

"Aha, dans le simulateur, et alors ?" répondit Marko avec aigreur. "Alors je dois confier la vie de mes hommes dans votre expérience de simulation ?" Marko regarda autour d’elle. "C’est une excellente nouvelle ! Mais s’il vous plait, Capitaine, allez-y !"

John, qui était assis entre Nurara et le Capitaine de corvette Scott, l’adjoint de Markos, se pencha vers lui et lui souffla : "Elle est toujours aussi négative ?"

Scott sourit et cligna de l'œil à John. En murmurant, il répondit : "Elle est dans un bon jour aujourd’hui…"

Maggie s’avança vers Marko avec subtilité et commença une animation dans la projection. "Je vais maintenant vous montrer la meilleure voie d'approche. Nous nous trouvons ici, les ennemis là. Nous nous ferons lancer comme avec une catapulte par le King William sur une trajectoire courbe vers la cible et volerons à l’extérieur de la zone de combat. C'est un voyage calme et confortable d'environ dix minutes." Maggie zooma dans la projection et une vue agrandie du Tennessee apparut. "J'ai l'intention de voler au-dessus de l'arrière de la cible, puis de voler en piqué au-dessus et de m’approcher de la surface arrière en position horizontale. Ensuite, pour ainsi dire, je jetterai l'ancre, jusqu’à ce que notre vitesse de progression soit seulement légèrement inférieure à celle de la cible. Nous nous laisserons comme emportés par le courant. Comme nous volerons relativement près du fuselage, le risque d'être découverts sera assez faible."

"Quelle est cette distance relative ?" demande Scott, intéressé.

"Moins de cinq pieds en-dessous de notre quille" répondit Maggie, en souriant sciemment comme si un pistolet avait tiré. Les mâchoires des présents leur en tombèrent.

"Mais c’est stupide, Capitaine !" s’écria Marko, atterrée. "Vous n'y arriverez pas ! Vous volez ainsi avec votre grossier bombardier !" Un murmure d’approbation se fit entendre de plusieurs endroits. John avait pâli, Nurara, sceptique, avait levé ses sourcils, même Curtis secoua légèrement la tête.

Maggie ne se découragea pas. "Colonel, ce que vous appelez ainsi est en fait un instrument aussi précis qu’un scalpel. Un pilote de Libérateur qualifié peut se placer à deux mètres d'altitude à une vitesse de cinq cents kilomètres par heure."

"Je suis d'accord avec la Capitaine de Havilland, Mesdames et Messieurs," dit la Commandant Julia Malinovka, la supérieure de Maggie, avec son accent slave prononcé. "La Capitaine de Havilland a, à plusieurs reprises et avec succès, effectué ces manœuvres dans le passé. J'ai confiance en elle, Colonel." Malinovka regarda Marko droit dans les yeux. "Et je serais ravie, Colonel, si vous vous montriez notre un peu plus respectueuse à l’égard de notre instrument de travail. Poursuivez, Maggie !"

Marko fit une grimace tordue, comme son nez.

"Merci, Commandant !" répondit Maggie avec un large sourire. La confirmation de sa commandante lui donnait l’avantage. "Comme je l'ai dit, nous nous laisserons dériver jusqu'à ce que nous nous trouvions sur l'arrière, puis je pousserai le nez vers le bas pour accoster entre le moteur II et III. Un jeu d’enfant !"

Taggart grattait sa courte barbe grise et pinça les lèvres. "Audacieux, Capitaine. Très audacieux. Mais si la Commandante Malinovka met une si grande confiance en vous, je n'ai aucun doute sur vos capacités. Quelle autre alternative avons-nous ?"

Maggie commanda une deuxième simulation dans laquelle le Teardrop s’amarrait à divers points du quai. Maggie évaluait toutes les possibilités d'être découverts et abattus ou d’être exécutés en entrant dans le Tennessee et en se jetant directement dans les bras des mutins. "Dans l'ensemble, je considère que la première option la plus sûre." Maggie regarda chacun à la ronde et accrocha en dernier son regard avec Elena Marko. "Colonel, mon surnom est Déesse et je ne l’aurais pas obtenu, juste parce que je suis une jolie jeune fille. Je veux revenir à la maison en toute sécurité, vous pouvez me croire." Maggie fit un clin d'œil à John. "Ayez confiance en moi et en mes capacités."

Marko se força à sourire. "Ok, Capitaine de Havilland. Faites ce que vous dites. Mais je vous préviens, si cela se passe mal, nous nous retrouverons en enfer, et alors je vous tirerai sur le cul de sorte que même le diable lui-même aura peur et sera mort d’inquiétude !"

Un rire détendu remplit la salle. Quand un peu de paix fut revenue, Taggart, souriant, désigna John. "Bien, jeune homme. Maintenant, c'est à votre tour. Expliquez-nous votre plan !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 27. Juni 2013, 20:58:54 Uhr
Voilà la suite. Il me reste encore un tout petit morceau, mais ce sera pour demain ! J'aime vraiment beaucoup ce personnage de Taggart  [goodjob] ! L'échange entre Curt et lui est vraiment plaisant, limite trop court ! J'en veux encore  :D !

bizz et bonne lecture !

Limeye  :)


John se leva de sa chaise et demanda l’apparition d’une image d’un cuirassé de type Confédération à l’holo-projecteur. Avec un petit appareil de pointage laser, il souligna quatre points qui étaient répartis dans tout le vaisseau. Il se racla la gorge et commença. "Mesdames et Messieurs, veuillez m'excuser, mais je ne suis malheureusement pas un grand orateur. Je veux essayer aussi facilement que possible de vous expliquer mon projet et vous éviter en grande partie les détails inutiles de mon travail. Ici, vous voyez quatre marques. Ces marqueurs sont des terminaux d'ordinateur, permettant un accès direct à l'ordinateur central ici", John désigna un cinquième point au centre du vaisseau. "Il existe sur le vaisseau plus de vingt de ces terminaux, mais nous devons atteindre seulement quatre d'entre eux. Mon travail consistera à injecter à chacune de ces quatre bornes un type de virus informatique. A chaque téléchargement réussi, l'ordinateur central ajustera certaines de ses fonctions. Si je parviens à craquer avec succès la dernière borne, je peux prendre le contrôle total du vaisseau, ou le rendre commandable à distance à partir de là."

"Quand l'ordinateur sera paralysé", glissa la Lieutenant Commandant Trévor, la jolie tête brune du service de la sécurité, "des commandos pourront entrer de tous les côtés sans danger à bord du Tennessee et le nettoyer." En effet, il y avait sur le Tennessee plus de trois cents quais extérieurs, où les petits vaisseaux pouvaient accoster. Chaque navette d'attaque, conduite par une unité pouvait emmener une centaine de soldats. Le porte-avions Ark Royal contenait dans son ventre quatre cents de ces petits vaisseaux et à ce moment-là il y avait deux transports de troupes de plus de quatre mille cinq cents soldats à bord du transporteur. "Donner l'assaut du navire sera une promenade, n'est-ce pas, Colonel Marko ?" Trévor sourit largement en direction de Marko.

Elena Marko hocha la tête avec impatience. "Oui, bien sûr. Mais pour cela, nous devons infiltrer le Tennessee à partir de sa poupe jusqu’à la proue sur plusieurs ponts à la fois. Ce n’est pas du tout une promenade, même avec un ‘baigneur’. Au mot ‘baigneur’, John prit un air un peu moqueur. Ce terme était couramment employé pour les membres de l'équipe non formés qui n'avaient aucune expérience de combat dans les ‘Marines’. "Mais comme je vous l'ai dit, nous allons revenir, John. Nous devons seulement arriver sans coups et blessures." Marko jeta un regard sarcastique à Maggie de Havilland qu i lui répondit seulement avec un sourire joueur.

"Mesdames, arrêtez, ne vous mettez pas en pièce avant d’avoir servi ! C’est assez !" rappela Taggart d’un ton strict. Il était officier de la vieille école et détestait quand des officiers, sans distinction de sexe, rendaient, de part leur position, la vie difficile par leur animosité. Son sentiment était que de jeunes officiers comme Marko et Trevor essayaient de se surpasser les uns les autres.

A ce moment, un jeune sergent entra dans la zone d'opérations, salua l'Amiral Taggart et lui chuchota quelque chose à l'oreille. "Merci, Midshipman", grogna simplement Taggart et il se leva. Il regarda un instant à la ronde, et dit d'une voix grave : "Le Tennessee vient d'être repéré avec ses navires d'escorte. Préparons-nous au combat. Nous y voilà !"

Lorsque les policiers eurent quitté la zone d'opérations, Taggart appela Curtis à lui. "Capitaine, encore un mot, s’il vous plait !" "Bien sûr, Amiral, qu’y a-t-il ?" demanda Curtis avec curiosité. Nurara et John, quant à eux, se tenaient à ses côtés.

"Capitaine, je ne peux, puisque vous êtes civil, pas vous donner d’ordres, mais je veux, et à vous aussi Nurara, vous demander avec insistance de rester en dehors des combats. Comme je l'ai dit, je ne peux pas vous donner d’ordre, mais si vous vous trouviez dans la ligne de feu, je ne pourrais pas garantir votre sécurité. Est-ce clair ? Il s'agit principalement d'une opération militaire dans laquelle il s’agit d’arrêter un traître. Les risques que vous prendrez le seront de votre propre responsabilité."

Nurara hocha la tête en silence, comme Curtis répondait. "Bien entendu, Amiral. Nous sommes pleinement conscients des dangers et resterons en dehors de l’opération." Il regarda Nurara et cligna de l'œil, ce que Taggart remarqua, bien sûr.

Taggart se gratta la tête. "Capitaine, si vous n'étiez pas qui vous êtes, vous ne me mèneriez pas en bateau. Alors, que faites-vous ?" demanda-t-il avec un sourire complice.

Curtis lui sourit en retour de la même façon. "Je vais aller à bord du Comète et je vais regarder de près le Tennessee. J'ai à bord un prototype récemment développé de scanner d'ADN, je vais le tester cette occasion. Je veux savoir si Joan et Katherine sont encore à bord et si elles sont encore en vie." Curtis prononça sa dernière phrase avec sérieux.

 "Compris", murmura Taggart. "Soyez prudent pour l'amour de Dieu. Vous affrontez un adversaire supérieur. Un peu de négligence et vous et votre vaisseau serez de la poussière dans l'espace." Taggart se tourna vers Nurara. "Qu'en pensez-vous, Missy ? Je ne pensais pas du tout à vous pour ce plan il y a une heure. Nous accompagnez-vous ?"

Nurara secoua sa crinière de couleur noire. A la racine de ses cheveux, le vert original était déjà visible. "Non, Amiral. J'ai décidé à la dernière minute de rester ici et de me joindre à l'équipe de  la Colonel Markos. L’infiltration est une de mes spécialités."

Taggart secoua la tête avec énergie. "Excusez-moi, mais je ne peux pas vous laisser faire ! La Colonel Marko ne vous acceptera en aucune circonstance. C’est trop dangereux !"

Nurara voulut protester, mais John posa une main sur son avant-bras. "Il a raison, Nurara, pense à Jelana. Si quelque chose va mal, elle sera orpheline."

Nurara fixa John avec colère. "Qu'en sais-tu, John ?" siffla-t-elle. "Je dois quelque chose à Katherine. Elle m'a sortie de la merde. Sans elle, Jelana ne serait peut-être pas de ce monde. Je veux faire quelque chose pour elle en échange de ce qu'elle a fait pour moi. Et personne ne m'arrêtera, ni toi, ni Curtis, ni encore l'Amiral Taggart. Compris ?" "Elle fixa successivement les trois hommes. Son visage ne souffrait clairement aucune contradiction. "Et si vous essayez de me retenir, j’irai seule. Ce ne serait pas la première fois pour moi, d'accord ?"

John haussa les épaules avec résignation. "Si tu le dis... mais tu ne dois rien à Kat. Elle donne mieux qu'elle ne prend. Tu le sais !" soupira-t-il en jetant un regard interrogateur à l’Amiral. Celui-ci secoua la tête d’avant en arrière.

"Bien, Miss Nurara. Je suis conscient que vous avez quelques compétences, dont certains rangers de l'espace ne peuvent que rêver. Vous avez ma permission. Mais si la Colonel Marko est d'avis que vous n'avez rien à faire dans cette opération, vous resterez ici, vous comprenez ? Je vais faire accrocher votre vaisseau à la chaîne. Si vous pouvez nous accompagner, vous vous en tiendrez strictement aux instructions de Marko et Scott, me suis-je exprimé clairement et distinctement ?" grogna Taggart en menaçant de l’index. Face à l’autorité qui se dégageait de Taggart, même Nurara eut conscience de devoir plier.

"Oui, Monsieur, j’ai compris. Merci", répondit Nurara pour une fois exceptionnellement modérée.

"Eh bien, alors, souhaitons-nous bonne chance à tous. Et s’il vous plait, prenez soin de vous !" s’écria Taggart en quittant la salle des opérations.

"Ouf, c'était une déclaration", murmura Nurara. "Taggart me rappelle un peu mon père, en beaucoup plus sympathique. Taggart ne se laisse pas mener par le bout du nez."

"Pas étonnant", répondit Curtis, amusé. "Il est le commandant de plus de cinquante mille personnes. Ca autorise certaines déclarations. Cet homme est admirable."

"Je souhaiterais avoir un tel homme comme père, Nurara", ajouta John, un rien sentimental. "Bien, allons rappeler à la Colonel Marko qu’elle a encore un baigneur."

Nurara se laissa emporter par un rire diabolique. "Ca la reposera." Elle ôta ses gants et les fourra dans les poches de son blouson de cuir. Puis elle passa un bras autour de John et lui ébouriffa tendrement ses cheveux brun clair. "John, je sais que vous ne m'aimez peut-être pas particulièrement, mais moi je vous aime beaucoup, et cependant, j'ai une question à vous poser. Pouvons-nous essayer de nous entendre pour les prochaines heures et les prochains jours ? Nous nous battons pour le même objectif."

John regarda par-dessus l'épaule de Nurara vers Curtis, qui hocha la tête d’un air encourageant. John regarda Nurara dans ses yeux bleu clair. Son regard se figea un instant, puis un sourire apparut sur son visage. "Allons, bon. Mais ne le répétez pas, je ne le voudrais pas, d’accord ?"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 27. Juni 2013, 23:44:50 Uhr
Coucou Limeye,

Eh bien tout se precipite on dirait, ca sent le denouement  a coup de feu d'artifice!
On a la cavalerie Taggart/John/Nurara/Curtis qui arrive....ca va chauffer ! ;D
Et surtout quand Curtis s'apercevra que ni Joan ni Kuolun ne sont  a bord du vaisseau...Volet 2 de la cavalerie sur Sameda je suppose?  ;)

It sounds like a "Mission Impossible" movie, and so many IFs...: if John gets on board undetected and alive, if he gets safely into the system and sets up his virus, if they rescue Kat and if they can get all out alive!..For part I of the rescue...not even mentioning Joan and Kuolun getting cozy on Sameda... ;D

Well , I want  to find out what happens for sure!   ;D    [jump] [jump]

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 28. Juni 2013, 11:08:25 Uhr
Coucou O-tho et toutes !

voici la dernière partie traduite, vous allez voir que l'étau se resserre autour de Rodriguez, un peu comme il s'était resserré autour de Kat et Joan à bord du Tennessee...

Rodriguez est dans la mouise, la panade, pour rester polie  :D ! Et quelque part, ce n'est que justice...

je ne peux pas encore répondre à tes questions O-tho ! Alex seul détient les réponses  ;)

bizz

Limeye  :)


"Merde !" s’écria Rodriguez avec rage depuis la passerelle. La nouvelle transmise par l’avion de reconnaissance longue portée était définitivement difficile à avaler pour lui. Kuolun avait disparu, une flotte de guerre était arrivée dans le système de Samedi et les deux vaisseaux-citernes avaient été interceptés. Rodriguez ne disposait plus que d’une trentaine d’heures de carburant environ, dans les conditions de vol moyennes. A pleine vitesse, les stocks seraient déjà entièrement consommés en six à huit heures. Pour le transporteur le Courageux, il en allait de même. Le commandant, le Commandant Walker, à son tour, avait signalé quelques jours plus tôt un niveau bas de carburant. Avec sept cents mètres de long, soit un peu plus de la moitié du Tennessee, le transporteur d'escorte avait une consommation de carburant beaucoup plus élevée que le croiseur de bataille. Walker avait signalé qu’il pouvait, au mieux, faire face durant dix-huit heures. "Commando des chasseurs, ordre du Courageux. Équipez deux escadrilles de bombardement avec des fusils d'ions, deux escadrons de Sabres pour les accompagner. Ramenez-nous les vaisseaux-citernes. Exécution !"

Trois minutes plus tard, quarante-huit chasseurs de combat sortaient à pleine vitesse de la proue du Courageux et disparaissaient dans l'obscurité de l'espace. Le Capitaine Teppler se trouvait à côté de Rodriguez et regardait également les chasseurs stellaires. Rodriguez l'avait vu du coin de l'œil. "Oui, Teppler ? Qu’y a-t-il dans le hangar ? Avez-vous au moins une bonne nouvelle pour moi ? Je pourrais avoir besoin de quelque chose de constructif."

Teppler haussa les épaules. "Non, Commodore. Désolé. Les escadrons ont pris solidement racine, ils sont barricadés et ont installé des pièges. A chaque tentative, nous perdons plus d’hommes. Nous comptons déjà trente-cinq morts et soixante blessés. Les ponts autour du hangar ressemblent à des champs de bataille."

La mission est vouée à l'échec, pensa Rodriguez en lui-même. Nous pouvons seulement essayer d’en sortir en sauvant notre peau. Mais il avait vraiment besoin du précieux carburant des vaisseaux-citernes, sinon il serait coincé ici et serait sommairement abattu par la flotte terrienne. Cependant, le ravitaillement du Tennessee et du Courageux prendrait entre huit et dix heures, et ce temps, Rodriguez ne l’avait pas. La situation devenait précaire. Le bip du communicateur de Teppler interrompit ses pensées.

"Biggs, quel est le problème ?" demanda Teppler. "Oui ? Quoi ? Malédiction ! Oui, merci, Biggs !" Teppler remit son communicateur dans sa poche. Puis il baissa les yeux et se frotta l'arête de son nez. "Merde", murmura-t-il seulement.

"Que se passe-t-il, Teppler ? Ne me dites pas que nous avons encore reçu une mauvaise nouvelle." Rodriguez attrapa Teppler par les épaules et le secoua rudement. "Parlez, bon sang, mec !"

Teppler dut prendre une profonde respiration. "Monsieur, l'explosion de la cloison du quartier de la police a causé des dommages à la structure du vaisseau. Une fissure s’est produite qui grossit en permanence du fait des vibrations. Biggs dit qu’on peut voir littéralement la fissure s’agrandir."

La bouche de Rodriguez se contracta un moment. "Quelle est l’importance de ce mal ? Est-il possible de réparer ?"

"L'ingénieur en chef se trouve déjà là-bas avec une troupe et inspecte les dégâts. Il vous contactera directement. Mais ce n’est probablement pas du bien, Monsieur."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 28. Juni 2013, 15:41:36 Uhr
Tsk, Tsk, Tsk... Rodriguez, ne te défoule pas sur les autres des conséquences de ton manque de jugement et de ton caractère emporté!  [nono] On récolte ce qu'on sème, bien fait pour toi, na! Bon, voilà que je me remets à parler aux personnages!  [gaehn] C'est ce qui arrive quand on aime l'histoire au point d'embarquer dedans... ;D

Free Nurara: I like the way you entertain us with your story! I liked Maggie's and Malinovka's attitude and pride toward Marko! The technical aspects and strategy are so well told , that I feel I'm involved in the action!  :D

When John said to Nurara that she doesn't owe anythin to Kat, as Kat gives more than she takes... This moment is a masterpiece!   [master]

I just hope that Kat and the others will be saved without any serious injury, and I doubt that it will not be easy!   [smhair]

Please excuse my bad english, I want you to know that I appreciate your story, and I'm anxious to read more of it!  [jump] [jump] [jump]

Congrats,
Flamme
 [goodjob]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 28. Juni 2013, 16:27:51 Uhr
Coucou Limeye!

Encore merci pour ta traduction! :-*

Hello Free Nurara!We posted almost at the same time.

I am also looking forward to the continuation and conclusion of your story!  [goodjob] [respekt] [jump]. I have been reading the comments at the Users forum and I am aware of the hair pulling sessions happening there. I really wonder what this is all about. ??? Do not let that take you down and please, finish your story. Your vision of the CF univers is just as valid as anyone else. Moreso, I find your vision entertaining and enriching!

"May the force be with you!"  [swvader]  ;D

Frégo  8)

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 29. Juni 2013, 17:41:01 Uhr
Une suite !  ;)


Trois jours, pensa Joan. J’ai trois jours pour sortir d’ici. Comme un lion en cage, elle allait et venait dans la suite. Elle avait déjà fouillé tous les endroits possibles dans les salles de la suite à la recherche de micros et de caméras et n'avait rien trouvé. Soit la chambre n'en était pas équipée ou alors les dispositifs d'écoute étaient si ingénieusement cachés qu’elle ne pouvait tout simplement pas les trouver. Joan évitait encore de se parler à elle-même, et ses pensées allaient et venaient dans sa tête. Les fenêtres de la suite étaient occultées, Joan ne pouvait pas voir à l'extérieur, seule une horloge numérique sur le mur, lui permettait de déterminer le moment de la journée. Il était plus de minuit et Joan se sentait épuisée au-delà de toute mesure. Joan avait bu tout le vin, ce qui la rendait encore plus fatiguée. Un maître d’hôtel avait enlevé la table richement couverte de nourriture en présence d'un soldat rebelle et avait recompté très exactement les couverts. Joan n’avait aucune possibilité de faire disparaître un couteau émoussé ou une fourchette. Finalement, Joan s’assit sur le confortable canapé, puis elle se retrouva dans une position confortable et en peu de temps, elle s’endormit.

Un bruit sourd et des mouvements la firent sortir de son sommeil une demi-heure plus tard. La lumière de la suite était par moment occultée par le mouvement, de sorte que Joan se réveilla dans une demi-pénombre. Elle regarda l'horloge et se rendit compte qu'elle avait bien dormi six heures et demie, c’était alors les premières heures du matin. Joan entendit encore une fois un bruit sourd, puis un grattement. Apparemment, quelqu’un se trouvait à la porte de la suite. Lentement et prudemment, Joan roula hors du sofa sur le tapis moelleux. En prenant soin de ne pas faire des mouvements trop bruyants, Joan rampa sur le ventre vers la porte, qui devait se trouver environ cinq à six mètres. Ainsi, elle pouvait remarquer qu’elle restait en dehors du champ de surveillance. Elle parvint ainsi jusqu’à la porte où elle demeura accroupie, prête à sauter, alors que la porte hydraulique glissait. Sans porter attention à qui voulait entrer, Joan se releva d’un bond, plaça son bras gauche autour du cou de l’intrus, le serra en une forte prise et le jeta à terre. Du fait des violents mouvements de lutte, la lumière se ralluma. Joan tenait les mains serrées autour du cou de son adversaire. Surprise, elle ouvrit grands les yeux et rejeta ses mains au loin.

"Lilla !" haleta-t-elle, essoufflée. "Qu'est-ce que tu fais ici ? Il s’en est fallu d’un cheveu que je ne te tue."

Tout aussi effrayée, Lilla luttait pour retrouver son souffle. "J’avais dit que je t’aiderais", laissa-t-elle échapper entre deux respirations. "Je vais te faire sortir d'ici, Joan, vite, nous devons nous dépêcher. Les gardes sont presque tous éloignés, mais nous avons au maximum dix minutes. Lilla désigna un sac à dos très épais qu’elle a pris avec elle. "C’est ton déguisement, allons à la salle de bain."

Joan prit le sac à dos et l’ouvrit. Elle y trouva des vêtements de femmes autochtones, un petit sac de maquillage de théâtre, un spray de couleur noire et un sac en simili cuir épais.

"Ai-je raison de penser que je vais devenir une Samedienne maintenant ?" demanda Joan, sceptique. "Mais je suis de quelques centimètres trop petite…"

Lilla s’était redressée et remettait de l’ordre dans sa veste noire. "Laisse-moi faire, Joan", répondit Lilla en découvrant ses dents.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 30. Juni 2013, 07:20:43 Uhr
Coucou Limeye and Free Nurara,

Ahhh.... Nice to see Joan with all her wits back!  She can show Curtis (and Peter..."sigh") that she can take care of herself very well, thank you very much... ;D

Looking forward to reading more of it!

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juli 2013, 13:22:38 Uhr
Hop, la suite ! Il me reste encore une page à traduire, je ne vous promets rien d'ici la fin de la journée, plus vraisemblablement demain...

bizz

Limeye  :)


Dans la salle de bain, Lilla vidait le sac à dos. "Déshabille-toi, Joan, s’il te plait, complètement", souffla-t-elle. Alors que Joan hésitait un instant, Lilla attrapa vigoureusement Joan par sa chemise et la tira par-dessus la tête d'un coup sec. "Ne fais pas ainsi, tu n’es pas plus nue que moi !" Joan commença alors à se déshabiller seule, jusqu’à ce qu’elle se tienne nue devant Lilla. Lilla saisit la lourde imitation d'un lambeau de peau et en compara la couleur avec la bombe d’aérosol. "Cela correspond," murmura-t-elle, en secouant la peinture. "Tiens tes cheveux et ferme les yeux. Il s'agit d'une couleur spéciale, extrêmement tenace et résistante à l'eau."

"Quelle sera ma couleur désormais ?" demanda Joan avec anxiété.

"C’est pour l’instant un tout petit problème", répondit Lilla en souriant  et elle commença à pulvériser Joan de la tête aux pieds avec la couleur brun-noir. "Cela sèche immédiatement sur la peau et l’effet est agréable comme la chaleur d’un corps quand il fait frais, comme si tu portais des collants. Tourne-toi !"
Quand Lilla en eut terminé avec la ‘peinture’ de Joan, elle lui tendit le lambeau de peau. "Glisse-le ici.  Mets-le afin qu'il s'adapte parfaitement sur tes hanches."

Le lambeau de peau artificielle sentait le caoutchouc et était vraiment très dur.

"C’est quoi ce truc ?" voulut savoir Joan.

"De la peau de Prichta. Les Prichtas sont de grands mammifères, à la peau épaisse, qui sont encore partiellement utilisés dans l'agriculture ou comme bêtes de somme. Ils sont assez stupides et en plus de cela, ils sont immangeables, mais après leur mort, ils trouvent encore de nombreuses utilisations, par exemple, des prothèses de lambeaux de peau, comme celui-ci." Lilla examina Joan. "C’est déjà très bien. Tes cheveux…" Lilla tira d’une petite boîte transparente contenant quelque chose de bleus. Elle prit l’éponge du lavabo, la plongea dans la boîte et frotta avec les boucles blondes de Joan, les imprégnant d’une teinture bleu. "Maintenant, assieds-toi, je dois te maquiller !"

Joan se regarda dans le miroir et elle se reconnut à peine elle-même avec sa peau presque noire et ses cheveux bleus qui la rendaient étonnamment proche d'une Samedienne. Seuls ses yeux bleus révélaient qu’elle était humaine. Lilla tira une petite boîte de la poche intérieure de sa veste et l'a donna à Joan. "Mets ces lentilles de contacts. Ainsi, le camouflage est presque parfait. Tu percevras ainsi notre monde un peu différemment maintenant, parce que nous avons une gamme de couleurs différente de la vôtre, mais tu t’y habitueras."

Excitée, Joan ouvrit la petite boîte. Les lentilles de contact étaient de couleur orange. Quand Joan posa les lentilles de contact, elle découvrit un nouveau monde pour elle. Les équipements de la salle de bain, qu’elle voyait auparavant dans des tons simplement blanc et gris, se révélaient maintenant dans des tons pastels. Puis Joan regarda Lilla. La jeune Samedienne dont la peau était d'un brun très foncé, semblait maintenant être entourée d'une aura rouge. Joan se regarda, sa peau peinte en noir brillait d’un ton bleu-vert. "Quelle folie", haleta Joan. "Je n'avais jamais pensé que tout était si beau ici. Lilla, tu es belle ! C’est vraiment dommage que nous humains ne puissions pas voir ainsi."

Lilla sourit. "Attends seulement donc de voir le monde au-dehors !" Lilla regarda Joan en souriant. "Encore une chose, Joan. Ne souris pas et ne parle jamais ! Ne montre pas tes dents ! Cela nous trahirait. Et maintenant, enfile ces bottes, allons-y, le temps nous est compté." Lilla tendit à Joan une paire de bottes ornées et un cardigan coloré. La laine grossière grattait terriblement la peau de Joan.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juli 2013, 14:07:06 Uhr
Danke, Alex ! je corrige...

 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 2. Juli 2013, 19:12:23 Uhr
À l'extérieur, en face de la suite, Joan trouva Goodmood et O'Reilly qui gisaient sur le sol. Les deux femmes respiraient doucement et régulièrement, cependant elles étaient inconscientes. Joan s'agenouilla près d’O'Reilly et prit son pistolet mitrailleur et son communicateur. "Merci, ma douce", murmura Joan et elle caressa la joue de la femme.

"Dépêche-toi, Joan. Elles vont bientôt se réveiller !" cria Lilla en courant vers l’ascenseur. Joan glissa en hâte le fusil sous le faux lambeau de peau et fit disparaître le communicateur dans une de ses bottes.

Comme les portes de l'ascenseur se refermaient derrière les deux femmes, Lilla chuchota : "Tu répondras désormais au nom de Nileh. Je vais maintenant parler en samedien avec toi, il te suffit de hocher la tête, tu comprends ? Si quelqu'un pose des questions, je lui dirai que tu es une 'Habida', une servante du temple, qui a fait voeu de silence. Il ne te sera pas fait de mal."

Joan hocha la tête silencieusement. Elle regarda Lilla un moment, interrogative. "Comment m'as-tu trouvée ici ?"

Lilla eut un petit rire qui ressemblait à un gargouillement. "Povlek a été assez stupide pour s'endormir avec son communicateur. Je lui ai pris l'appareil facilement. Mais il aura très vite à l'idée que c'est moi qui ai fait cela, et il me cherchera - il en va de sa vie, maintenant. S'il ne peut pas nous trouver, sa vie est perdue, ce à quoi Kuolun et Javeed veilleront."

L'ascenseur les amena toutes les deux au sous-sol, où elles entrèrent dans un garage spacieux avec des planeurs et véhicules à roues. Lilla conduisit Joan vers un petit véhicule, à quatre roues motrices. Il était ouvert et pourvu d'un arceau de sécurité imposant. "Monte", murmura Lilla. "Cette boîte est en effet assez inconfortable, mais elle nous emmènera là où les planeur ne vont plus." Lilla sauta dans le siège du conducteur et démarra le moteur, le grondement se réveilla à la vie.

"Où allons-nous ?" voulut savoir Joan. Elle avait dû crier littéralement face au bruit qui résonnait contre les parois.

"Tout d'abord, sortir de la ville", hurla Lilla en sa direction en faisant rouler la voiture lentement. "Il y a un petit groupe de résistants qui sont là pour t'accueillir."

"Moi ? Et toi ?"

"J'ai encore quelques tâches à faire ici. Je viendrai plus tard." A ces mots, Lilla mit les gaz et fit sortir le véhicule tout terrain du garage. Au-dehors, tout était encore relativement sombre et calme. Un vent frais souffla sur le visage de Joan, il avait le parfum de la liberté.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 3. Juli 2013, 02:01:30 Uhr
Coucou!

J'adore l'idée (et la leçon) de réaliser qu'on peut voir le monde autrement, et surtout le trouver beau!

It is wonderful to see the world and other people differently, in a better perspective: great idea!

Bravo!
Flamme  :D
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. Juli 2013, 10:06:09 Uhr
Dernier petit passage pour l'heure...  ;) qui s'arrête encore en plein suspens !

Limeye  :)


Lilla roulait vite et avec assurance dans les rues en permanence pleine de la circulation quotidienne de Samad. Tout semblait parfaitement normal et loin d'être une révolution. La seule preuve que la vie quotidienne avait perdu sa normalité était qu’à chaque coin de rue, des soldats lourdement armés et des policiers patrouillaient.

"Quelles sont ces tâches, Lilla ?" demanda Joan avec curiosité alors qu’elles avaient atteint la périphérie de Samad et que le trafic devenait moins dense. Elle s’était tue pendant près de vingt minutes et se creusait la cervelle, se demandant quel rôle Lilla jouait effectivement ici. Joan n’en avait pas la moindre idée. Lilla avait très vite changé d’opinion, comme autrefois Nurara après son arrestation. Trop vite au goût de Joan.

Lilla jeta un regard de côté à Joan. "Je suis surprise que tu me le demandes seulement maintenant, mais je vais répondre à ta question. Je travaille pour les services secrets samediens et je suis agent de liaison pour la police des planètes, Tabra aussi. A l’origine, Tabra et moi-même devions entrer en contact avec vous et vous rencontrer, juste après que la Major Ballard et toi ayez interrogé Povlek dans le bar. C'était une coïncidence que tu aies fait parvenir ton communicateur à Tabra. A cause des événements, nous avons à peine eu le temps de nous rapprocher de vous. Que le contact a échoué…" Lilla dut déglutir à ce moment-là, la mort de sa sœur ne remontait qu’à quelques jours.

"… est uniquement de la responsabilité de Kuolun et de Rodriguez !" Joan frappa furieusement avec son poing sur le tableau de bord. "Je suis terriblement désolée, Lilla."

"C'est bon, Joan. Notre job est dangereux. Mais il fallait oser. Tabra et moi avions tiré au sort laquelle s’envolerait."

Joan secoua la tête sans comprendre. "Et j'ai vraiment cru que tu étais une traître."

Lilla eut un petit rire de gorge. "C’est une partie du camouflage. Je jouais l’obéissante, Tabra la défiante. Cela a très bien fonctionné jusqu’à la fin. J’ai pu maintenir ma couverture jusqu’à maintenant."

"Qu’en est-il de Povlek ? Est-il vraiment ton oncle ? Ne sait-il pas pour qui vous travaillez ?"

Lilla fit un signe négatif. "Oui, il est vraiment notre oncle et depuis des années dans le collimateur des services secrets. Il ne connait jusqu’à présent de Tabra et moi que des photos et des réunions de famille, quand nous étions encore petites. Il n’a pas la moindre idée de notre formation. Cet idiot…"
Lilla se concentra sur la route et ouvrit grands les yeux. "Silence maintenant, Joan ! Plus un mot !"

Joan regarda avec surprise au-delà du pare-brise. Devant eux, il y avait un barrage routier.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 6. Juli 2013, 04:49:58 Uhr
Arrrggh! J'ai l'impression de me cogner contre un mur, moi aussi... c'est un mélange de  [wallbash], de  [unconscious], de  [jump]  et de  >:( à l'idée d'être obligée de s'arrêter là...!

Hallo Free Nurara!  I look forward to more! Can't wait...  [jump]

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 26. Juli 2013, 19:00:44 Uhr
Bonsoir tout le monde !

Free Nurara a repris la publication de Meuterei, mais pour cause de vacances, j'ai, de mon côté, pris du retard dans la traduction. En voici un premier passage, dans lequel Kuolun pourrait rivaliser de cruauté avec Rodriguez... Ames sensibles, s'abstenir...

bizz

Limeye  :)


"Bon, bon", siffla Vul Kuolun. "Donc vous affirmez n’avoir rien vu, si je vous comprends bien ?" La Sergent Chef Goodmood et la Caporale O’Reilly se tenaient la tête baissée devant le grand Martien barbu, qui les dévisageaient avec de la haine au fond de ses yeux perçants. Il était revenu avec une troupe de soldats et le Lieutenant Commandant Teenbaum. "Vous savez toutes les deux ce que cela signifie ?"

"Nous devons les chercher, Monsieur", répondit Goomood d’une voix faible. "Nous allons le faire immédiatement..."

"Vous ne ferez rien, Sergent !" dit Kuolun en interrompant la jolie brune. "Ce sont vos camarades ici présents qui vont s’en charger." Kuolun désigna du pouce, derrière lui, les dix membres du groupe de Rangers de l'espace, tous de grands hommes bien formés qui observaient avec une grimace sardonique Goodmood et O'Reilly. Kuolun se tourna vers le chef de la troupe, un lieutenant costaud et de taille moyenne. "Reculez ! Et ne revenez pas vers moi sans la Lieutenant Landor ! C’est clair ?"

Le Lieutenant salua sans mot dire et donna l'ordre à ses hommes de quitter la suite où Joan avait résidé. Quand les soldats furent partis, Kuolun fit un pas vers la Sergent Goodmood et prit son menton entre son pouce et son index en une bonne prise douloureuse. Le resserrement doux du cuir de ses gants fut à ce moment le seul bruit qu'on entendit. Les deux femmes n'osaient pas respirer. Kuolun releva la tête de Goodmood et la regarda droit dans les yeux. D'une voix basse et sinistre, il dit : "Partout où les gens travaillent, des erreurs sont commises. Oui, mesdames, cela arrive, j'en suis conscient. Je dois aussi avouer que j'ai moi aussi déjà fait une ou deux erreurs, sans aucun doute."
Kuolun lâcha le visage de Goodmood et se tourna vers O'Reilly. "On apprend de nos erreurs, n'est-ce pas ?" Il caressa du doigt la joue d'Oreilly. La petite femme irlandaise plissa les yeux de peur, une petite larme coula sur sa joue. Kuolun la releva de son doigt et le lécha. "Très salée. Saviez-vous que l'on peut voir la peur au goût des larmes ? Les larmes sont salées de joie - ou de tristesse. C'est évidemment une absurdité totale sur le plan médical, mais il y a des gens comme ça. Avez-vous peur, Caporale ?"

O'Reilly leva les yeux et hocha la tête timidement. Kuolun sourit paternellement et lui dit : "Vous n'avez pas besoin de cela. Pas avec moi." Kuolun étendit sa main vers son visage et dit : "Remettez-moi, s'il vous plaît, votre pistolet, Corporale. S’il vous plait. Sa voix était douce et gentille.

O'Reilly répondit à l'invitation sans hésitation. Avec des mains tremblantes, elle remit son lourd blaster dans la paume de la main de Kuolun. Rapidement ses doigts se refermèrent autour de l'arme, et il l'a remis à Goodmood. "Sergent chef, s’il vous plait. Prenez-la", murmura-t-il en posant un regard exigeant sur son visage.

"Que… que voulez-vous, Monsieur ?" haleta Goodmood.

"Prenez la maintenant, Sergent !" s’écria Kuolun, encore amical. Comme Goodmood hésitait encore Kuolun se mit en colère. "C’est pour bientôt ?" grogna-t-il. "Je n'ai pas toute la journée !"

Goodmood se saisit du fusil et le tint le canon tourné vers le sol. "C’est bien. Alors, Mesdames, maintenant, je vais vous donner une leçon d’obéissance et de service, ce qui, en tant que soldates, ne devrait pas être une nouveauté pour vous. Sergent Goodmood, vous avez maintenant le choix de donner une punition, soit à vous-mêmes, soit à la Caporale O’Reilly. Vous êtes l’une comme l’autre responsable de cet incident. Mais je suis déterminé à ne punir que l’une d’entre vous, de manière exemplaire afin que l’autre puisse en tirer les conclusions. Sergent Goodmood, vous avez maintenant la possibilité de décider si vous vous punissez vous-mêmes ou si si vous punissez la Caporale O’Reilly, en utilisant cette arme pour tuer."

La peur jaillit dans les yeux des deux femmes. "Quoi ? Que dois-je faire ?" s’écria Goodmood pétrifiée. "Jamais ! Je me refuse à tuer purement et simplement l’une de mes camarades ! Je ne suis pas une meurtrière !"

Kuolun tira sa propre arme de son étui et la plaça à une distance d'un mètre vers Goodmood. "Si vous ne le faites pas, je vais le faire. Et rassurez-vous, je suis un meurtrier."

La main de Goodmood tremblait comme elle baissa les yeux vers le pistolet. Puis elle leva le pistolet et posa le canon sur le front d’O'Reilly. "Liz, ne le fais pas ! S’il te plait… !" supplia O’Reilly et des larmes coulaient sur son visage et ses tâches de rousseur.

Goodmood était aussi au bord des larmes, sa dureté et la ruse lui donnaient une expression désespérée. Elle déglutit et sanglota : "Pardonne-moi, Iris." Puis elle appuya sur la gâchette. La Caporale O'Reilly fut complètement fauchée avec une balle de la taille d'un poing, qui ouvrit une brûlure sur son front. Les épaules de Goodmood s’effondrèrent et elle regarda tristement sa camarade morte. Elle n'avait plus la force de tenir le pistolet et le laissa tomber en claquant sur le sol.

Kuolun, son pistolet blaster toujours pointé vers Goodmood sourit triomphalement. "Vous voyez, Goodmood ? Ce n’était pas si difficile. Vous avez fait une bonne chose, et vous êtes en vie !"

Goodmood secoua lentement la tête alors que les larmes lui montaient aux yeux. Kuolun continua : "Regardez-moi, Sergent. Regardez-moi dans les yeux. Vous avez puni O’Reilly. Et à juste titre, si je peux dire. Vous sentez-vous mieux maintenant ?"

"Non", souffla Goodmood. "Absolument pas."

"Oh, je suis désolé, Sergent, mais malheureusement, nous ne pouvons pas revenir en arrière. Peut-être que cela vous aidera si je vous dis qu'en ce moment, je ne me sens pas particulièrement bien moi aussi, parce que j'ai perdu quelque chose et que vous en êtes responsable. Maintenant, il est temps de vous punir, Goodmood ! Au revoir !" Kuolun abattit Goodmood de deux balles dans l'abdomen et dans la poitrine, et d’une dans la tête. Il ricana lorsque Goodmood tomba la tête baissée vers le sol et atterri sur le ventre sur le cadavre d’O Reilly. Avec un dernier sursaut dans ses membres, elle mourut.

Teenbaum, qui avait vu toute la scène sans dire un mot, jeta un regard de mépris et de dégoût à Kuolun. "Vous êtes un monstre, Kuolun. Un monstre froid cruel et dégoûtant. Que venez-vous donc de faire ?"

Kuolun leva une main en l'air et s’adressa à Teenbaum. "Taisez-vous, Teenbaum. Si je n’avais pas encore besoin de vous, vous rejoindriez dès maintenant ces deux jolies filles dans l’au-delà. Ne m’énervez pas !"

Sans un mot de plus, Kuolun quitta la suite à grandes enjambées et se dirigea vers les ascenseurs à travers le couloir recouvert d’un luxueux tapis.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: O-tho am 27. Juli 2013, 07:39:47 Uhr
Hi Limeye and Nurara,

Well...no hard feelings left indeed....Hopefully Kuolun won't be the first to find Joan! [afraid]  :o

 [goodjob]

O-tho
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 28. Juli 2013, 03:06:07 Uhr
Brrrrr....

on a beau s'attendre à tout de la part de Kuolun, on ne peut que rester secoué par sa manière de prendre plaisir à torturer psychologiquement ses victimes avant de s'en débarrasser...  [smhair]
Je m'attendais bien à la mort de ces malheureuses, mais j'ai quand même eu froid dans le dos, mon âme sensible n'a pu s'abstenir!  :'(
Merci Limeye pour la traduction, on vit toutes sortes d'émotions dans ce récit! C'est très bien rendu!


Hallo Free Nurara!

It is so well written... It is horrible to read!  Kuolun's cruelty at its peak... That game of the cat with the mouse... Absolutely as I imagine Kuolun's way to punish anyone who can't give satisfaction to him...Doing exactly the opposite of what he makes his victims think...
As O-Tho says: I hope Kuolun won't find Joan, who knows what he would be able of? Sure he would be mad...
I'm so glad to read your story again! Even though I was afraid!

Flamme
 [smhair]

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 28. Juli 2013, 17:31:18 Uhr
Encore un morceau, merci au site de traduction pour les quelques mots d'espagnol (compréhensibles cependant  ;))

Les combattants des quarante-huit bombardiers du Courageux avaient eu jeu facile avec l'escorte des navires-citernes, composée d'une canonnière et d’un escadron de supers Sabres. Sans opposer de résistance, les vaisseaux spatiaux prirent la fuite, et il faudrait attendre longtemps avant qu'ils ne reviennent pour combattre. C’est avec plaisir que Rodriguez apprit la conquête des deux vaisseaux citernes. D'une part, il était satisfait car ses soucis de carburant n’étaient désormais plus un problème pour les trois prochains mois, mais que l'ennemi ait abandonné si facilement son butin le faisait devenir suspect. Aucun commandant n’aurait abandonné aussi facilement des vaisseaux spatiaux précieux et tactiquement importants sans combattre. Cela sentait le piège pour Rodriguez. Il donna l’ordre aux escadrons de chasseurs d’escorter les vaisseaux citernes jusqu’à Vestara et de faire demi-tour. Il voulait effectuer le transfert de carburant à l’abri de la relative sécurité du planétoïde creux, et non dans le vide de l’espace. L’ingénieur chef n’avait pas encore estimé les dommages de la structure. Le Capitaine Teppler estimait qu’il ne fallait pas négliger l’étendue des dommages, et Rodriguez s’impatientait. Il s’apprêtait à appeler Teppler et la LI, lorsque deux hommes aux visages graves entrèrent sur le pont. C’était le Capitaine de corvette Jeff Townsend, un grand et puissant homme d'âge moyen qui était l'ingénieur en chef et chef du département technique. Il était en sueur et son uniforme était sale. Il renonça avec décontraction au salut militaire et alla droit au but.

"Hernando, c'est grave", dit-il simplement en se grattant la tête avec une main.

"Quelle gravité, Jeff ? Parle donc ! Nous n'aurons pas à évacuer le navire, quand même ?" demanda Rodriguez avec un sourire nerveux. Il connaissait Townsend depuis des années et il savait que si celui-ci ne riait pas une seule fois, alors la situation n’était vraiment pas drôle. 

"Pas tout de suite, Hernando, mais quand les vibrations s'arrêteront, le schott se fendra au plus tard dans les prochaines 36 heures et toute la poupe se renversera. Nous essayons de réparer, mais j'ai un mauvais pressentiment. Si les soudures rompent, les dégâts augmentent de façon exponentielle. Ce navire est condamné, d'une façon ou d'une autre !" Le regard de Townsend était triste. "Il n'est plus capable de se battre et doit de toute urgence rejoindre un chantier naval !"

Rodriguez secoua la tête comme s’il tentait d’en faire sortir la vérité. Il fit un geste avec sa main gauche vers la grande baie vitrée du pont. "Jeff, il y a une flotte terrienne à notre cul. J'ai besoin de ce navire ! Fais quelque chose pour que la puissance de combat demeure ! Renforce la cloison avec des poussoirs hydrauliques, soude la porte, fais ce qui est nécessaire !" Sa voix était un sifflement, faible mais énergique, Rodriguez ne tenait pas à attirer l'attention de l'équipage du pont.

Townsend soupira. "Hernando, sur cette cloison pèse six millions de tonnes, soit un tiers de la masse totale du navire. Il est impossible de réparer ces dégâts avec juste un peu de ruban et de la colle ! En principe, je devrais faire couper les machines par mesure de sécurité et demander au remorqueur de nous amener jusqu’au chantier naval ! A l’heure actuelle, le Tennessee d’un qu’un tas de ferraille ! Un tas de ferraille mortel !"

Rodriguez était irrité à l'extrême et essayait de ne pas perdre son sang-froid. Il serrait les poings, face à son ami Jeff Townsend, les fermant brièvement mais violemment devant lui. Mais Rodriguez savait que Townsend avait raison et qu'il n'avait même pas à lui reprocher le dynamitage. "Allons, bon, Jeff", gémit-il après s’être un peu calmé. "Que proposes-tu ? Pouvons-nous retourner jusqu'à Vestara ?"

"Avec la moitié de la vitesse subliminale ? Oui. Cela devrait tenir malgré les vibrations, juste comme cela", répondit Townsend en frottant sa barbe.

Rodriguez émit un grognement dédaigneux. "La moitié ? Nous allons mettre au moins vingt heures à revenir. Et d’ici là, la flotte nous aura trouvés !"

Townsend s’approcha de Rodriguez et regarda le Colombien dans les yeux. "C'est la seule proposition raisonnable, que je puisse te faire, Hernando. Tout le reste serait un suicide. Un suicide comme toute la merde dans laquelle tu nous as foutus ! Fais ce que tu veux, Hernando, mais si tu ne suis pas mes conseils, je ne peux rien te garantir, sauf celui-ci : ce vaisseau périra et nous avec lui !" Sur ses mots le Capitaine de Corvette Townsend laissa le Commandant Rodriguez seul sur le pont.

Rodriguez suivit Townsend des yeux et murmura : "„La puta madre! Maldito jodido infierno!“ / La putain de merde ! Putain ! Putain !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 30. Juli 2013, 17:38:15 Uhr
Peter était assis dans le cockpit de son Broadsword, regardant à travers la porte du hangar ouverte vers l'espace. Il était au service de l'artillerie et avait remarqué que le ciel était devenu clair autour de lui. Il voyait à gauche et à droite les autres pilotes dans leurs chasseurs-bombardiers, qui le regardaient avec surprise. Attentifs comme l’étaient les pilotes, ils avaient également remarqué le changement de cap. Les quinze chasseurs-bombardiers étaient rassemblés sur le bord du pont, qui était ouvert sur le côté tribord du Tennessee. Ce hangar était utilisé seulement pour l'approche et l'atterrissage sur le croiseur de bataille. Les chasseurs de combat s’élançaient à partir d'une plate-forme de huit tunnels de chaque côté du vaisseau-mère d’où les chasseurs étaient littéralement "crachés". Peter suivait les mouvements du vaisseau avec l'ordinateur de navigation et effectivement le Tennessee changeait de route. Peter saisit son communicateur, qui se trouvait sur le dessus du tableau de bord et appela son commandant. "Ici le Major Becker, Monsieur. Nous changeons de cap. Ce serait l’occasion parfaite pour une alerte."

"Pas question, Becker. Nous attendons jusqu’au moment du combat", répondit sèchement le Commandant Bernard. "Nous ne savons pas exactement où se trouve la flotte de combat et je ne veux prendre aucun risque à vous laisser errer sans but dans l’espace. En outre, l'évacuation du personnel civil n'est pas encore assurée. Vous pourriez sortir avec vos chasseurs, mais vous seriez des proies faciles. Nous attendons encore. A vous, Becker. Bernard Terminé."

Déçu, Peter laissa son communicateur revenir au tableau de bord. Il pensait à son père, qui était enfermé quelque part sur ce grand vaisseau et très probablement dans une cellule. Peter se demandait s'il reverrait jamais son père ou si Rodriguez l’avait déjà fait exécuter.

Joan. Joan avait disparu depuis trois jours. Elle se trouvait à un endroit inconnu sur Sameda II et hormis pour une brève connexion avec le communicateur, elle n’avait pas donné d’autre signe de vie. C’était ce que Katherine lui avait raconté.

L’incertitude concernant le sort de deux personnes qu’il aimait remplissait Peter d’inquiétude et d’anxiété. Le fait qu'il restait les bras croisés assis dans ce cockpit lui causait également une fureur sans bornes. Il aurait volontiers mis en marche le lourd moteur Dynason-Odell du Broadsword et se serait envolé. Pour son père, il ne pouvait rien faire, mais il pourrait chercher Joan sur Sameda II. Le chasseur-bombardier dans lequel il était assis était entièrement alimenté et armé pour le combat. Les moteurs étaient préchauffés selon le standard électrique et la température de régime. Peter pouvait s'envoler à tout moment. Ses yeux se posèrent sur les deux commutateurs en argent de la console du toit au-dessus de lui. Il y avait juste deux commutateurs à pousser et le moteur se mettait en route. Peter avança la main. Il hésita. Son doigt sur posa sur les deux interrupteurs, il avait juste à les tirer. Peter exerça une certaine pression et le commutateur commença à se déplacer légèrement. Un bourdonnement électrique remplit le cockpit, la pompe à carburant se mettait en route. Il devait juste encore passer le point de pression, pousser les manettes vers l’avant, puis rapidement sortir du champ d’action des canons anti-aériens. D’ici que les chasseurs-intercepteurs du Courageux aient démarré, Peter serait déjà loin – si tant est qu’on veuille prendre en chasse un chasseur bombardier isolé. Encore quelques petits millimètres et la machine serait en route.

Soudain, les sirènes retentirent. Surpris, Peter lâcha les commutateurs. L’officier de liaison annonçait par haut-parleur : "Vaisseau inconnu en approche. Restez tous à vos postes." Le Tennessee tourna encore, ce qui permit de voir à travers l’ouverture du hangar une faible étincelle qui grandissait rapidement. Ce vaisseau volait très vite et se trouvait sur une trajectoire de collision avec le Tennessee.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 30. Juli 2013, 18:22:11 Uhr
Dernier morceau pour ce soir. J'avance, j'avance !

 ;)


Curtis regarda par-dessus son épaule le professeur Simon, le cerveau vivant, qui se reposait sur son support et considérait avec ses capteurs optiques qui ressemblaient à des tentacules une représentation schématique de la carte du système. "Quand pourra-t-on utiliser le scanner d’ADN, Simon ?", voulut savoir Curtis.

Simon tourna l’un de ses tentacules vers son garçon. "J'ai recalibré les capteurs, une distance moyenne de 820 km devrait fournir une image précise. Cependant… " Le professeur hésita un instant.

"Qu’y a-t-il ?", demanda Curtis, tendu. "Où est le piège ?"

Simon décolla de son support d’acier et plana jusqu’au siège de Curtis. "La portée de l'artillerie lourde du Tennessee est de plus de cent mille kilomètres. Des missiles se trouvent à bord. Es-tu sûr de vouloir approcher si près de ce monstre ?"

Curtis hocha la tête tristement. "Oui. Je veux savoir si Joan est toujours vivante. S’il te plait, entre les informations de l’ADN de Joan et Kat dans le scanner." Curtis jeta un regard par la fenêtre ronde du cockpit. "Otho, mets en route le bouclier invisible du Comète. Même si nous sommes déjà identifiés, nous pouvons peut-être les tromper encore un peu."

Otho tourna la tête et sourit. "Hé, Capitaine, cela fait longtemps que nous ne sommes plus furtifs !" Il appuya sur quelques communicateurs sur sa console et un bourdonnement sourd remplit le pont.

Le bras en forme de X du Comète, dans lequel les canons à protons de gros calibre étaient situés  commença à tourner lentement autour de l'axe longitudinal du vaisseau. Alors que la rotation devenait de plus en plus rapide, le bras commença à briller d’une lumière blanche jusqu’à ce que le Comète devienne une boule rougeoyante de feu, qui se déplaçait comme une longue queue à travers l’espace.

Quand ils furent seulement à deux mille kilomètres de distance du Tennessee, Curtis et son équipage furent appelés. "Ici le Commodore Hernando Rodriguez à bord du croiseur de bataille le Tennessee. Navire inconnu, vous vous trouvez sur une trajectoire de collision. Changez de cap immédiatement ou nous prendrons des mesures défensives. Avez-vous compris ?"

Otho interrogea son chef du regard. Curtis comprit le regard de l’androïde et leva la main. "On ne répond pas, Otho. Gardez le cap. Grag, tiens-toi près pour naviguer en faisant des zigzags. Tu as fait du très bon travail tout à l’heure avec les destroyers. C’était le devoir, maintenant les figures libres. Le Tennessee a une puissance de feu quinze fois supérieur à un destroyer. Ce sera chaud. Simon, le scanner est prêt ?"

"Prêt, Curtis. Nous avons juste besoin d'un survol sur le côté le plus long", répondit Simon de sa voix fluette.

"J'ai le meilleur vecteur pour un survol à tribord", grogna Grag.

"Alors plein gaz, Grag, lance le Comète à fond !" cria Curtis en tapant du poing sur l’accoudoir.

Encore une fois, Rodriguez parla. "Vaisseau inconnu, changez de cap immédiatement. C’est notre dernier avertissement !" cria-t-il à travers le haut-parleur.

"Eteins ça, Otho", dit Curtis froidement. "Ce type m’énerve."

(petit commentaire de la traductrice : et encore, je suis restée polie...  ;))
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 1. August 2013, 22:22:03 Uhr
Dernière mise à jour, me / nous voici à "jour" avec Free Nurara. J'ai rencontré quelques difficultés avec les termes techniques, notamment "Sonnensegel", bon, j'espère avoir traduit correctement...


Dans le hangar, les nouvelles d'un vaisseau spatial s'approchant s’étaient répandues comme une traînée de poudre. Katherine, Takashi et Marijke se trouvaient avec quelques pilotes devant la grande fenêtre de la salle de briefing de l'escadron, qui était située juste à côté des lanceurs des chasseurs, en-dessous du pont du hangar. Ils voyaient le petit point blanc se rapprocher rapidement. Un pilote tendit à Katherine des jumelles. Elle regarda et retint son souffle. "Non", haleta-t-elle. "C’est… c’est…" Katherine fit un bond. "C’est le Comète ! Takashi ! Le Comète !" Elle tendit les jumelles à son collègue.

"Oui, c’est évident", s’écria le jeune Japonais tout heureux. "Alors cette histoire touche à sa fin." Le Comète volait avec sa queue blanche éclatante à environ 150 kilomètres du côté tribord du Tennessee.

Katherine se tourna vers le public et s'écria avec un sourire : "C’est le vaisseau d’un de mes bons amis, Capitaine Futur ! A tous, maintenant qu’il est ici, Capitaine Futur veillera sur nous." Des acclamations retentirent et ils tombèrent dans les bras les uns des autres. Soudain, le Tennessee commença à trembler et un grondement fort remplit la salle. Ce bruit, Katherine l’avait déjà entendu il y a quelques jours et elle regarda, effrayée, à nouveau à travers les fenêtres panoramiques. Les épais et lumineux rayons lasers rouges tiraient à travers la noirceur de l’espace et visait le petit vaisseau spatial. De loin, on ne pouvait pas dire si le Comète avait été touchée ou était toujours indemne, mais il évoluait sans se laisser décourager de son chemin jusqu'à ce qu’elle ait disparu de la vue des observateurs.
Sur le pont du Comète s’écrasa et tonna comme un orage violent. Les tireurs du Tennessee connaissaient leur job, les salves étaient parfaites. Les boucliers tenaient encore, mais c’était seulement une question de temps avant qu’ils ne tombent en panne. Curtis et son équipage furent secoués vigoureusement à plusieurs reprises. Certains coffrages du plafond s'étaient déjà détachés et de gros câble pendaient lâchement. Simon devait faire très attention à ne pas être frappé par une plaque du plafond ou un câble lourd.

"Combien de temps encore ?" cria Curtis pour se faire entendre par-dessus le bruit.

"Encore une dizaine secondes pour que l’analyse soit terminée", répondit Simon. Il était difficile à comprendre.

"Dans au moins de dix secondes, nous n'avons pas plus de boucliers", intervint Grag avec force, il n'eut aucune difficulté à se faire entendre par-dessus le bruit. "Statut vingt-huit pour cent. A chaque coup, nous perdons cinq autres pour cent. Et ils tirent assez bien."

"Tenez bon !" cria Curtis en s’agrippant aux accoudoirs de son siège. Plus les chocs devenaient violents, plus les boucliers perdaient de l'énergie. Soudain les bruits de point d’impact devinrent aigus comment des coups de fouet clairs.

"Les boucliers ne répondent plus, impact sur la coque, Capitaine. Le gouvernail est touché !" hurla Otho. Puis vint un nouveau coup de fouet, suivi de deux autres. L’auvent latéral vient de s’évaporer, le gouvernail inférieur a été arraché ! Capitaine, nous partons en morceaux ! Intégrité de la coque à quatre-vingt douze pour cent." Un autre tir réussi secoua le Comète. "Antenne de poupe endommagée. Nous devons dégager !"

"Simon ?" demanda seulement Curtis, soucieux de préserver le calme.

"Analyse terminée dans trois, deux, une seconde. Maintenant !"

"A fond, Grag ! Mets toute la puissance des moteurs ! Bouclier de camouflage."

Avec un arc gracieux, le Comète se détourna du Tennessee et disparut du champ de tir du croiseur de bataille. Par chance pour Curtis, les bombardiers-intercepteurs du Courageux ne prirent pas part à la poursuite, ce qui aurait été fatal pour le Comète et son équipage.

Curtis se détacha de son siège et se leva. Sur le pont, il y avait une vraie pagaille. La seule fois dans le passé où le Comète avait subi de tels dommages était lorsque les deux acolytes de Kuolun, Grandes Oreilles et Caméléon, l’avaient dévasté lors de la recherche des sept pierres, et l’avaient rendu incapable de voler. "Rapport des dégâts, Otho ?", demanda-t-il, pendant qu’il jetait un regard sur l’écran de Simon qui était en train d’analyser le scan des ADN.

"Les gouvernails supérieur et inférieur sont gravement endommagés. Le vol oscillatoire n’est pas conseillé pour l’instant. Le panneau solaire bâbord est détruit, plus d’énergie. L'antenne de poupe est endommagée, mais peut fonctionner. Et nous devrions avoir quelques brûlures désagréables sur la coque. La coque est intacte, aucune fuite d’air dans l’atmosphère, ni de rayonnement. Dans l'ensemble, rien qui ne puisse être réparé, chef."

"Merci, Otho", soupira Curtis, soulagé. "Et toi, Simon ? Trouves-tu quelque chose ?"

Simon lisait de longues séries de données à une vitesse folle sur l'écran. "J’ai 3018 références que je dois comparer maintenant avec la banque de données du personnel de la police." Simon fit une courte pause. "Dix-sept données identifiées. Capitaine Takashi Yokomuri, Lieutenant Will Baxter, Major Katherine Ballard… désolé, Curtis. Joan n'est selon toute apparence pas à bord."

"Ou elle est morte", répondit Curtis catégoriquement.

"Pas nécessairement, Curtis. En supposant qu'elle soit morte et encore à bord, le scanner l’aurait certainement identifiée. Le scanner ne retient que les informations de l'ADN, il ne fait pas de distinction entre les vivants et les morts." L’explication de Simon calma légèrement Curtis.

"Simon, peux-tu vérifier si Kuolun est à bord ? Nous avons aussi son ADN, non ?"

"Kuolun non plus n’est pas à bord, désolé."

Curtis se leva et se dirigea vers l'avant vers Grag et Otho. "Otho, contacte le Tennessee par radio, je veux parler à Rodriguez, immédiatement ! Et transmets sa position à l’ensemble de la flotte."

Otho sentit la colère sans bornes de son chef. Sans un mot, il ouvrit un canal et contacta par radio le croiseur de bataille.

**

Le visage rusé et léthargique du commandant Rodriguez apparut sur l'écran, souriant malicieusement. "Je vois que vous êtes prêt pour une entrevue. Vous abandonnez ? Et vous seriez trop bon de vous présenter afin que je puisse écrire un nom sur votre pierre tombale ?" Rodriguez était devenu arrogant.

Curtis s'assit dans son fauteuil de commandement et se redressa. "Je n'ai pas l'intention de me rendre, commandant Rodriguez..."

"Commodore, je vous prie", l’interrompit Rodriguez méchamment.

"Ha, ha," fit Curtis, "On reçoit le titre de Commodore, vous vous l’êtes approprié selon toute apparence de manière illégale. J’aimerais que vous répondiez à quelques questions."

"Qui diable êtes-vous pour poser des questions ici, Monsieur ?", grogna Rodriguez.

"Mon nom est Curtis Newton, Capitaine du Comète, un vaisseau civil, que vous avez agressé sans motifs valables. Vous vous êtes rendu coupable de piraterie, en plus de mutinerie et de trahison. Où sont la Lieutenant Joan Landor et la Major Katherine Ballard ?"

Rodriguez grogna de manière désobligeante et coinça ses pouces dans sa ceinture. "Même si je le savais, vous seriez la dernière personne à qui je voudrais le dire. Je m’intéresse à  la merde où deux salop…" 

"Je vous préviens, Rodriguez ! Faites attention à ce que vous dîtes !" dit Curtis d’une voix froide et calme. "Vous êtes dans une situation assez désespérée. D’ici quelques minutes, une grande flotte de combat arrivera et vous emmènera en enfer. Le mieux serait de me dire maintenant où se trouvent ces deux femmes et que vous me remettiez votre vaisseau avant que la flotte n’arrive. Je ne veux pas d'un bain de sang." 

Un officier avec le grade de Capitaine s'approcha de Rodriguez et lui chuchota quelque chose à l'oreille, ce qui amena un large sourire sur son visage, annonçant une victoire certaine. Il hocha la tête en direction du  Capitaine et dit à Curtis : "La conversation est terminée, Newton. Dites au Commandant de la flotte de quitter le système de Samedi ou il le regrettera. Et vous aussi."

La connexion fut interrompue, Curtis vit sur l'écran tactique, que le croiseur de bataille et ses navires d'escorte changeaient de cap et passaient peu après à la vitesse de la lumière.

Otho et Grag interrogèrent leur chef du regard. Curtis se rassit avec un sourire et noua ses doigts ensemble. "Très bien", murmura-t-il. "Cette partie du plan est déjà prévue. Otho, la flotte possède-t-elle les coordonnées ?"

Otho sourit. "Oui, Capitaine. Dois-je informer Taggart que Rodriguez a pris possession des vaisseaux-citernes ?"

"Fais-le, Otho. Laissons le temps à Hot Rod de faire le plein. Il n’ira pas loin. Cap sur la flotte. Et regardez tous les deux, s’il vous plait, les dégâts que nous pouvons réparer."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 2. August 2013, 19:44:39 Uhr
Merci Limeye pour la traduction, comme toujours! C'est incroyable ce que notre valeureux capitaine peut accepter comme risques pour retrouver sa belle... Quel combat, il aurait pu finir en morceaux...  je ne sais pas s'il aurait agi de la même façon s'il avait su pour Joan?  ??? Si elle vient à apprendre ce qu'il a fait pour elle, elle pourrait s'en mordre les doigts... Enfin, on verra bien, j'imagine qu'ils vont finir par se parler... Faut qu'ils se retrouvent d'abord!  [jump]

Décidément l'arrogance de Rodriguez n'a d'égale que sa stupidité...  Moi aussi, il m'énerve...  >:(

Free Nurara:

I lost my breath when the Tennessee attacked the Comet! Curtis  took a lot of risk to save Joan... fortunalely he doesn't know the truth yet... What will be their reaction when each one will discover what the other has done?  [jump]

Great story!
Flamme
 [goodjob]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 3. August 2013, 10:01:40 Uhr
Coucou Flamme, Hallo Free Nurara !

je partage ton avis, Flamme... je n'avais pas eu le temps de vous faire part de mes impressions sur les derniers passages traduits. J'aime beaucoup la "vision" que Free Nurara donne du Capitaine, depuis le début de cette histoire. Même si on l'a "peu" vu jusqu'à présent, j'avais déjà beaucoup aimé la discussion avec Ezra et John, puis avec Taggart. Là, on se retrouve en pleine action  [sword] !

Quant à la réaction de Curtis s'il apprend ce que Joan a fait... j'essaye de l'imaginer, mais j'ai du mal ! Même dans une de mes histoires, j'aurais du mal à inventer cela...  Et comme tu dis, déjà, faut-il qu'il la retrouve (j'ai bon espoir qu'il y parvienne, même si cela doit leur causer quelques aventures !), mais j'espère aussi que Joan sera sincère avec lui. Quelque soit le choix de Joan, de rester avec lui ou de le quitter pour Peter, mais elle lui doit bien cela...

j'avoue attendre avec une certaine impatience la confrontation Curtis / Kuolun et Curtis / Peter... je crois que ça pourrait donner de belles scènes et un grand Capitaine ! Si, si, j'en suis persuadée... et là, je crois que j'arriverais mieux à écrire ce genre de scènes !  ;)

As for his reaction - at this stage I have no idea. And still there is Peter...

Ob du nicht weisst...  ::)  aber, ich  Ich würde sehr gern, dass Joan aufrichtig mit ihm ist, und dass sie die Wahrheit sagen sollt. Was auch immer seine Entscheidung, mit ihm zu bleiben oder zu leben mit Peter.

bizz ! LG

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 4. August 2013, 13:29:43 Uhr
Coucou Limeye! Hello Free Nurara!

I agree with Limeye and Flamme. This is a great, rich and complex story. All the caracters, good, evil or those who are somewhere in between  are well described. I am always impatient to see how it will unfold.  [goodjob] [master] [chinese] [jump].

So long!

Frégo  8)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 4. August 2013, 15:40:20 Uhr
J'avais promis de vous livrer une suite assez palpitante. Je trouve que cette dernière petite partie de ce chapitre fait un bon parallèle avec ce que nous avons vécu un peu plus tôt à bord du Comète.

Joan  [goodjob] !

Limeye  :)


"Reste dans la voiture !" siffla Lilla en se glissant du siège du conducteur jusqu’à la route. "Et ne dis pas un mot ! Tu as fait vœu de silence." Joan acquiesça docilement et saisit lentement le blaster sous sa veste, qu’elle déverrouilla.

"Que voulez-vous ?" demanda Lilla au premier des trois agents samediens. Joan ne comprenait pas un seul mot.

"Pouvez-vous vous identifier ?" demanda le soldat d’une voix forte. Ca n’avait pas l’air possible de négocier avec lui. Lentement le soleil se levait au-dessus de la ligne d’arbres et Joan pouvait de mieux en mieux distinguer les couleurs du monde de Sameda. Malheureusement, elle n'avait pas la possibilité de profiter de la beauté de ce monde, la situation devant le véhicule tout terrain exigeait toute son attention.

"Bien sûr, je suis Lilla Ramdana, des services de sécurité samediens. Et dites-moi maintenant ce qu’est ce barrage ?" Lilla tira sa carte d’identité de sa poche et la tendit sous le nez du soldat. "Au cas où vous ne le sauriez pas encore, l’ensemble du service de sécurité est ce soir totalement débordé par les combattants pour la liberté", mentit-elle. "Laissez-nous simplement passer !" Surpris, le soldat regarda la carte d’identité, puis ses camarades. Ceux-ci le regardaient d’un air interrogateur, apparemment, cette information – inventée – n’était pas encore parvenue jusqu’à eux. "Attendez, je dois vérifier cela", dit le soldat, en faisant quelques pas en arrière. Quelque part derrière lui un communicateur sonna. L'un des autres soldats prit l'appel, dit quelques mots affirmatifs et mit fin à la conversation. Puis il fit signe au soldat qui avait parlé avec Lilla. Une vive discussion s'engagea entre les deux, après quoi le premier soldat prit un coup violent sur l’arrière de la tête. Il s’avança de nouveau vers Lilla et prit son fusil de son épaule. "Qui est la femme dans la voiture ?" voulut-il savoir.

"Elle s’appelle Nileh et est une ‘choisie’. Je la conduit au Temple central de Soleil, où elle se prépare pour devenir une servante du temple. Elle a déjà fait son vœu de silence. S’il vous plait, ne parlez pas avec elle." La voix de Lilla était ferme et déterminée. Elle connaissait son job.

Le soldat sortit son arme et la pointa vers le sol, en s’approchant du véhicule tout terrain. "Nileh, lève-toi et sors de la voiture !" cria-t-il en faisant un geste autoritaire de sa main gauche. Joan comprit ce qu’il voulait, elle se leva du siège passager mais ne sortit pas. Elle posa les mains sur le cadre du pare-brise et jeta un regard interrogateur à Lilla. Celle-ci hocha la tête à l’affirmative et lui fit signe de sortir. Joan répondit à l’invitation et descendit, son cœur battant plus vite.  Elle ne pouvait pas faire la moindre erreur maintenant.

"Tu es un peu jeune pour être une servante du Temple, chérie", murmura le soldat en se rapprochant. "As-tu vraiment l’âge requis ?" Il étendit sa main gauche vers le visage de Joan et creusa de son ongle comme une forme de griffe dans sa joue. Quand il remarqua que son teint sombre n'était pas réel, Joan réagit instinctivement.

Elle saisit l’arme du soldat et la lui arracha vivement. Dans le même mouvement, elle frappa au menton le soldat ahuri d’un coup de pied avec le talon de sa botte. Surpris, l'homme lâcha le pistolet et recula. Joan continua et frappa de toutes ses forces le front du soldat avec la crosse du fusil, soldat qui tomba à terre sans résistance. Avec un dernier mouvement rapide, Joan enfonça le fusil dans sa poitrine qui céda avec un craquement. Joan laissa retomber le fusil sur le sol et simultanément, elle sortit son pistolet et tira deux coups de feu imprécis en direction des deux autres soldats. Le premier coup se perdit dans l’air, mais le second frappa l’un d’entre eux au cou. Mortellement blessé, le soldat s’écroula. Le troisième soldat chercha à s’abriter derrière la barricade imposante qui était installée sur l’accotement. Joan s’accroupit et saisit une grenade à main à la ceinture de l’homme qui se trouvait inconscient au sol. Pendant une longue seconde, Joan considéra la grenade qui était à peine différente de celles qu’on trouvait dans les arsenaux militaires terriens – et au sein de la police. Intuitivement, elle tira la bague de sécurité, attrapa la pièce de verrouillage et laissa ‘bouillir’ la grenade dans sa main durant deux secondes avant de la jeter sur la barricade. Juste au moment où la grenade atterrit derrière la barricade, elle explosa et Joan et Lilla furent recouvertes de poussière, de copeaux et de débris. Le troisième soldat n'avait aucune chance de survivre à l'explosion.

Une fois que la poussière et la fumée se furent dissipées, Joan se releva et regarda autour d’elle pour voir Lilla. Elle était étendue sur le sol, couverte de poussière et regardait Joan fixement. Puis elle se remit sur ses pieds et brossa ses vêtements. "Hé, Joan, je n’aurais pas pu faire mieux. La formation à la police de l'espace semble être vraiment bonne", murmura Lilla respectueusement.

Joan se baissa et ramassa le pistolet. "C’est une école très dure, mais ça vaut le coup", répondit-elle laconiquement. "Ne serait-il pas mieux que nous partions ? Où allons-nous ?"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 5. August 2013, 21:47:17 Uhr
Tout le passage suivant est assez long, et je suis obligée de vous le livrer en deux fois et je n'ai pas tout à fait terminé la traduction, vous aurez donc la suite de cette longue discussion demain (si tout va bien et que je peux avancer). Je dirai juste : Ah Simon ! Oh John ! Eh Amiral ! Et Wahou Elena !  [goodjob]

Par contre, je suis très curieuse de découvrir ce que Curtis a en tête...

bonne lecture ! bizz

Limeye  :)


CHAPITRE 19

Otho vient amarrer le Comète dans la partie supérieure de l’Ark Royal, où il prit sa place dans le hangar parmi les machines de combat. Une navette de l’Alabama amena Curtis et Simon jusqu’au croiseur de bataille. Curtis aurait volontiers pris le Cosmolem, mais il avait découvert à son grand dam que le petit vaisseau spatial s'est fait piéger par le bombardement précédent au niveau de ses dispositifs de freinage. Grag allait en premier regarder comment dégager le petit vaisseau. Simon avait demandé sur le chemin du retour vers la flotte l’organisation d’une réunion avec l'Amiral Taggart, car l'exploitation du scan de l’ADN mettait à jour certains détails intéressants qui pouvaient avoir une importance significative pour la suite de la mission.

Sur le pont du hangar principal, Nurara, John et Taggart attendaient déjà l’arrivée de la navette. Plein d’espoir, ils observaient Curtis et Simon monter du petit bac militaire. "Professeur Wright", s’écria Taggart depuis le pont, il avait un peu de mal à se faire entendre à cause du bruit. "L’unité spéciale nous attend dans la grande salle de réunion, j'ai fait le nécessaire pour vous, vous pouvez immédiatement commencer la réunion."

Simon flotta jusqu’à Taggart. "Merci beaucoup, Amiral. Ne perdons pas de temps, les informations dont je dispose sont importantes pour l’unité spéciale."

Sur le chemin de l’ascenseur, John prit Curtis à part. "Vous avez vraiment écopé, Curt. C'était considérablement risqué, ce que vous avez fait là", murmura-t-il si doucement que seuls Curtis et Nurara purent l’entendre. Nurara hocha la tête. "Cela aurait pu également mal tourner", ajouta-t-elle tranquillement.

"Je sais, John", répondit Curtis avec une certaine indifférence. "Mais que devais-je faire ? Après tout, nous sommes de retour, sains et saufs, nous avons rapporté un sac plein de précieuses données et quant au Comète, Grag et Otho sont en train de s’en occuper. A tout le moins, je peux continuer à chercher Joan."

Nurara écarquilla des yeux. "Que voulez-vous dire, Curtis ? Voulez-vous dire que Joan n’est pas à bord du Tennessee ?"

Curtis pinça les lèvres et hocha la tête. "C’est cela, Nurara. La question est maintenant, où peut-elle bien être ? Sur l'un des navires d'escorte ? Sur Vestara ? Sur Sameda II ou III ? Ou n’importe où ailleurs dans le système ? Ce qui est certain, c’est qu’elle doit être sous le contrôle de Kuolun, car lui non plus n’est pas à bord." La gorge de Curtis se serra lorsqu’il prononça ces mots.

"Tu ne pourras pas faire un deuxième balayage avec le scan autour du croiseur et des corvettes, n’est-ce pas Curt ?", demanda John.

Curtis secoua la tête presque imperceptiblement. "Certainement pas, John. Dans cette situation, ce serait un suicide. On ne me laisserait même pas approcher à la portée de leurs pièces d’artillerie, mais on ferait faire le travail par quelques bombardiers intercepteurs. Je pense à autre chose..."

Comme le groupe de l'Amiral Taggart entrait la grande salle de réunion sur le pont 0, les officiers présents se levèrent de leurs sièges. Le Commandant Dörner, l’officier le plus haut gradé, commença des salutations, mais Taggart lui coupa la parole. "S’il vous plait, prenez-place, Mesdames et Messieurs. Venons-en directement aux faits. Le Professeur Wright possède quelques informations importantes pour la prochaine mission, ce qui vous concerne principalement, Colonel Marko, Lieutenant Commandant Scott et Capitaine Milner. S’il vous plait, professeur !" Taggart et les autres prirent place autour de la table ronde. Comme par une pure coïncidence, John se retrouva une nouvelle fois à côté de la souriante Maggie de Havilland. Simon flottait au dessus d’eux et fit démarrer le projecteur holographique placé au centre de la pièce, qui projeta en quelques secondes une représentation schématique du croiseur de bataille de la classe Confédération.

"Mesdames et Messieurs", commença Simon de sa voix fluette, "je voudrais vous montrer les résultats suivants de nos analyses d'ADN. S’il vous plait, lisez les indications suivantes." Simon signala le quartier de la police dans la zone centrale et le hangar dans la partie inférieure arrière du croiseur de bataille. "Comme vous pouvez le voir, ici se trouvent les policiers que nous voulons délivrer." Simon éclaira la zone du hangar. "La Major Ballard, Le Capitaine Yokomuri, Le Lieutenant Baxter et treize agents d’après ce que je peux estimer. Le Colonel Abraham Tovin est également ici." Un point bleu s’alluma. "J’ai découvert dans le quartier de la police ce signal, il s’agit de l’ADN du Sergent Amir Oobe. La position de ce signal, cependant, permettez-moi de faire une suggestion - c’est à l’arrière du quartier de la police - est que le Sergent Oobe se trouve dans la chambre froide. Malheureusement, je dois supposer que le sergent Oobe est mort." Simon masqua de nouveau Oobe d’un point lumineux rouge. "Concentrons-nous sur le hangar. La Major Ballard et le Capitaine Yokomuri se trouvent dans ce que je peux identifier comme étant une salle de réunion. Le lieutenant Baxter et le Colonel Tovin sont ici et là, tous les autres policiers étaient au moment du scan de la zone – dans la zone de loisirs de la section de vol."

"Cela signifie", intervint Elena Marko, "que nous devons nous rendre à l’arrière du hangar. C’est presqu’impossible, professeur. Il n’y a là aucun accès ! Nous devons passer par le pont recouvrant l’avant. Qu’est-ce qui nous attend là-bas ?"

"Je peux vous montrer, Colonel", répondit Simon d’une voix neutre. Il marqua de nouveaux points verts, qui se concentraient sur les limites du hangar vers la proue du croiseur de bataille. "Ces points verts, Colonel semblent être des groupes de mutins, qui essaient de gagner par la force l'accès au hangar. Un autre indice est le nombre élevé de contacts sur les côtés opposés de l'entrée. Je suppose que de violents combats se déroulent ici."

"Cela voudrait dire que les pilotes du Tennessee ne font pas partie des mutins", rappela la Commandant Malinovka, non sans fierté dans la voix.

"Je suppose que oui, Commandant", répondit Simon. "Je pourrais réaliser un autre contact, il s’agit cette fois du Commodore Becker. Il est situé à l'avant, dans la prison militaire. Il est peu surveillé. Un commando peut éventuellement trouver le moyen de le libérer."

Elena Marko et son adjoint Timothy Scott se regardèrent et échangèrent quelques mots à voix basse. Scott secoua la tête à plusieurs reprises, après quoi Marko haussa juste les épaules, résignée.
"Et ? Marko ? Scott ? Que dites-vous ?", demanda Taggart avec curiosité.

Le Lieutenant Commandant Scott secoua la tête. "Excusez-moi, Monsieur. Ce n’est pas avec une vingtaine d’hommes que nous voulons aller là-bas. Si nous accédons au hangar, nous avons cinq cents mètres au moins pour avancer jusqu’à la proue. Détours et les différences de hauteur non inclus. Il faudrait une deuxième équipe simultanément sur le quai, pour s’emparer de la zone de détention et la sécuriser. Pour cela, nous avons besoin d’au moins une cinquantaine de personnes."

"Vous les aurez, Lieutenant Commandant, pas vrai ?" La question de Taggart était purement théorique. Il ne s'attendait pas à ce que Marko et Scott soient en désaccord. Une nouvelle fois, les deux rangers de l’espace chuchotaient. Taggart laissa les deux officiers discuter. Alors le Lieutenant Commandant Scott se leva.

"Monsieur, nous sommes partagés. La Colonel Marko mènera comme prévu la mission originale. Je vais organiser une autre équipe, et nous prendrons la zone de détention et de libèrerons le Commodore Becker. Pour ceci cependant, nous aurons besoin du deuxième Teardrop."

Taggart sourit à ce besoin d’activité. "Bien, Scott. Cela me plait. Commandant Dörner, appelez tout de suite le Commandant du King William. Il tiendra le deuxième Teardrop prêt à partir avec un pilote. Vu et approuvé. Professeur Wright, avez-vous d'autres informations importantes ?"

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 5. August 2013, 21:47:46 Uhr
Simon vola une fois autour de la table de conférence, comme s'il voulait 'secouer' ses articulations qu'il n'avait plus. "Oui, Amiral. Il y a encore une chose importante qui me préoccupe. Pendant les scans d'ADN, j'ai fait également une analyse spectrale du Tennessee, par curiosité." Simon vola de nouveau vers le centre de la table de réunion. Il changea la représentation en deux dimensions en une projection à trois dimensions et tira un trait bleu épais qui descendait du pont supérieur jusqu’au coeur du Tennessee. Deux autres lignes bleues furent aussi tracées. "C’est ici, Mesdames et Messieurs, que se trouvent les trois pans centraux d’un vaisseau de la classe Confédération. Dans le jargon de la marine, ils sont appelés le coeur de la structure. Ils ont le rôle de donner au vaisseau sa forme extérieure et de répartir uniformément la masse totale du vaisseau. Un vaisseau de cette classe pèse dix-huit millions de tonnes. Ce n'est pas exactement un poids plume. C’est là que repose tout le poids – si aucun autre centre de gravité n’existe. Maintenant cependant, c'est aussi dans chacune des quatre sections adjointes que l’on trouve un générateur de pesanteur. Ainsi, ces cadres supportent six millions de tonnes chacun, en accélération normale. A ma connaissance, les cadres sont conçus pour une vitesse de douze accélérations, c'est à dire qu'ils tiennent encore, même si toute la garnison est déjà décédée. S’ils sont en parfait état."

Taggart fronça les sourcils. "Qu’entendez-vous par là, professeur ? Je ne vous suis pas."

Simon fit un cercle complet sur lui-même et regarda toutes les personnes présentes brièvement. Puis il se tourna directement vers l'Amiral Taggart. Dans le même temps, une ligne rouge visible fut projetée du coeur de la structure vers le milieu de la face ventrale. "Amiral, mon analyse spectrale m'a montré un dommage dans le coeur central de la structure. Nous avons survolé durant trois minutes le Tennessee et en trois minutes, le dommage a augmenté de façon exponentielle jusqu’au moment où on a ouvert le feu sur nous. La vibration des tirs a causé selon toutes vraisemblances des dégâts dans la cloison."

"Qu’est-ce que cela signifie, professeur ?", s’exclama Maggie. "Est-ce que le vaisseau va s’effondrer sur nous ?"

Simon se tourna vers Maggie de Havilland et vola tout droit jusqu’à son joli visage. A moins d'un demi-mètre d'elle, il s'arrêta et tendit ses tentacules oculaires vers elle. Maggie recula, légèrement effrayée. "Comme vous le dites, Capitaine. Voyez vous-mêmes !" Simon se retourna et activa une simulation qui secoua le modèle d’hologramme, faisant brûler tous les cylindres. Dans le même temps, le mince trait rouge devint plus épais. Quand il atteignit la ligne supérieure du pont, le pont supérieur se plia et s'enfonça. Emporté par le poids du pont effondré, toute la section s’effondra sur elle-même comme un château de cartes. Mais la simulation n’était pas encore terminée. Le programme avait calculé que la section arrière, restée encore intacte, se penchait maintenant et se brisait jusqu’à exploser silencieusement. Simon interrompit la simulation. "Mesdames et Messieurs, voilà ce qui va se passer.  Je ne peux pas vous dire quand, cela dépend de trop de facteurs inconnus, mais cela va se produire."

Sans un mot, les officiers se regardaient. Elena Marko se gratta le menton. "Professeur, cela signifie que si nous y allons, nous pouvons ne pas avoir la moindre chance de sortir de là ?"

"Vous avez choisi exactement les mots justes, Colonel. Je suis désolé de vous dire cela, mais c'est vrai."

L’Amiral Taggart appuya son coude gauche sur la table et se frotta le front avec ses doigts. "Très dangereux", murmura-t-il. "Je ne peux pas répondre de cela."

Un murmure général se fit entendre. John regarda autour de lui, impuissant. "Est-ce que cela signifie…" grinça-t-il. "Est-ce que cela doit signifier que toute la mission est annulée ? Amiral, s'il vous plaît..."

Taggart regarda John avec bienveillance. "Je suis désolé, Capitaine. Mais dans ces circonstances, je ne peux pas donner l'ordre de mission." Taggart se leva. "Commandant Dörner, ordre à toute la flotte. Action claire, formation terminée, nous prenons Rodriguez séparément ! Avec tout ce que nous avons ! Commandant Malinovka, Commandant Gonzalez, chasse libre pour vos escadres. Cela est également valable pour les chasseurs de combat et autres vaisseaux de combat."

Comme piqué par une tarentule, John se leva d’un bond et frappa du poing sur la table. "Non, Amiral ! Vous ne pouvez pas faire ça !" hurla-t-il. "Ma femme est là-bas et je vais la sortir de là ! Je ne la laisserai pas mourir là-bas, est-ce clair ? Si nécessaire, j’irai seul à bord du Tennessee pour chercher Kat, mais je ne resterai pas assis les bras croisés dans un coin à regarder comme vous les tuerez !"

Taggart regarda John avec de grands yeux. Il s'était attendu à quelque chose, mais non à ce que  ce jeune et inexpérimenté Capitaine, par ailleurs presque timide, se livrerait à un tel déchaînement de passion. Secrètement, le vieil Amiral comprenait pleinement John et respectait son courage. Il se leva lentement de sa chaise en cuir. "Capitaine Milner, avec tout le respect dû à votre situation personnelle. Mais je dois vous demander d'accepter les faits que le professeur Wright nous a fait remarquer. Par ailleurs, je vous rappelle qu’il s’agit ici principalement d’une mission militaire, qui vise à éliminer un traître, par tous les moyens nécessaires. Votre mission de sauvetage est, j’en suis désolé d’avoir à le dire, que secondaire. Je ne peux pas et ne veux pas prendre la responsabilité pour une telle mission suicide."

"Amiral Taggart", John interrompit l’officier et le fixa d’un regard déterminé. "Je vous rends également hommage, à votre grade et votre expérience avec le plus grand respect. Il ne s’agit pas seulement de ma femme, il y a aussi une quinzaine de mes camarades et un Ranger de l'espace." John regarda Elena Marko et Timothy Scott. "Qu’en est-il des Rangers, de leur camaraderie à ne laisser personne derrière ? Est-ce encore dans vos traditions ou pas ?" Marko et Scott répondirent avec un petit hochement de tête, la femme encouragea John d’un clin d’œil à continuer. John regarda à la ronde, vit Curtis qui souriait avec un signe encouragement à Nurara, qui leva un pouce vers le commandant Dörner, qui hocha la tête et vit aussi Maggie qui admirait John. "Amiral", poursuivit John, "j'ai appris à connaître votre famille, vous avez une belle fille et deux petits-enfants. Je vous demande : combien de fois avez-vous mis votre carrière en danger avec la certitude que vous ne reverrez jamais votre famille ? Une fois ? Dix fois ? Plus encore ? Au moins, vous avez une famille. Voulez-vous me prendre la chance de fonder avec la femme que j'aime une famille ? Pouvez-vous répondre à cela ? Il ne s'agit pas de la loi et du droit, qui sont de votre côté, sans aucun doute. Mais j'en appelle à votre conscience ! A votre morale, Monsieur ! Je vous demande de me laisser voler jusqu’au Tennessee pour sortir Katherine et ses camarades de là-bas. Ces gens méritent d'être sauvés !" John se rassit.

Durant un moment, l’Amiral Taggart resta foudroyé et silencieux, les mains sur la table. Puis il prit une profonde inspiration et se redressa. Avec un regard dur, il regarda John, qui à son tour, regardait maintenant désespérément autour de la table. Maggie posa sympathiquement une main sur son épaule. John s'attendait à ce moment-là au plus grand tonnerre de sa vie, de la part d’un homme au charisme et à l’autorité en rien inférieurs à ceux de son propre patron, le Marshall Garnie. Mais à cet instant-là, peu lui importait ce qui se passait, John n’avait rien à perdre. Taggart se racla la gorge. Le tonnerre se fit attendre. Il dit seulement : "Marko ! Scott ! Venez avec moi à l’extérieur."

Les deux Rangers de l’espace se levèrent sans un mot et suivirent l'Amiral. Devant la porte, Taggart regarda bien les deux officiers. "Elena, je ne peux pas vous donner cet ordre, pas en tant que commandant de la flotte. Mais vous êtes le Commandant du bataillon et vous avez un pouvoir de décision franc. Je veux entendre votre opinion – maintenant !" Taggart croisa les bras et s'appuya nonchalamment contre le mur.

Elena Marko colla ses mains sur son pantalon de combat noir - un geste qui n’est généralement pas autorisé devant un Amiral - et fit quelques pas de long en large du couloir. "Monsieur, laissez-moi réfléchir un moment. Tim, complétez-moi si j’oublie quelque chose. Le fait que nous voulons prendre le Tennessee entre deux feux, d’un côté paralyser son réseau informatique avec le Capitaine Milner et de l’autre le rendre inapte au combat de l’intérieur. Une nouvelle mission nous incombe maintenant de libérer le Commodore Becker, plus facile en terme de coût que la mission principale. Milner doit prendre au moins quatre terminaux et vous aurez le plein contrôle, Monsieur. Milner pense que s’il n’y a pas de résistance, cela prendra trois quarts d’heure. Alors en bas dans le hangar, de Havilland récupère les policiers et Tovin et s’en va. Avec de la résistance, je compte sur une heure et demie, Monsieur. Si d’ici là, le ciel ne nous tombe pas sur la tête." On pouvait deviner qu’Elena tenait à cette mission et ne tenait pas à se tourner les pouces lors de la prochaine bataille spatiale. "Ai-je oublié quelque chose, Tim ?"

Scott secoua la tête. "Non, je ne vois pas."

Taggart s’appuya contre la paroi. "Vous voyez une chance de pouvoir terminer la mission avec succès ?"

"Oui, Monsieur", répondit Marko laconiquement. "Nous nous sommes déjà retrouvés dans des situations plus difficiles et avec moins de renseignements. Ce ne sera pas un jeu d'enfant, mais c'est faisable."

Taggart leva un sourcil. "Faisable ? Je veux que vous en soyez sûre à 100% !"

La colonel Marko découvrit ses dents. "A 120%, Monsieur !" répondit-elle vigoureusement et elle salua avec désinvolture. "Mais je n’emmène pas les civils. En aucune circonstance."

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 6. August 2013, 02:15:48 Uhr
Coucou!

Merci Limeye, que d'action! D'abord Joan qui retrouve ses moyens et impressionne Lilla (sa réponse laconique m'a bien fait sourire, surtout le mot "laconique").   ;D

Puis Taggart, admirable comme toujours, et qui n'a vraiment "pas d'temps à parde": j'adore sa tirade "venons-en directement aux faits"! Et surtout sa conversation avec Elena Marko...

On n'a vraiment aucun répit avec ce récit! Le suspense ne relâche jamais, et c'est passionnant!  [jump] [goodjob]  [master]

Free Nurara:

I like the way you lead all your characters; there is always suspense and action!
Elena is certainly cool, same thing for Taggart: they really don't have time to lose (do you remember, "pas d'temps à parde"?)!

This story makes me  [jump]

Flamme
 :D

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 6. August 2013, 14:22:30 Uhr
Encore une petite suite... je n'ai pas tout à fait terminé (il me reste environ une page word à traduire), mais je vous livre déjà ce passage, qui contient quelques répliques que j'aime beaucoup... dont une de Nurara et l'autre de Taggart ! Mais je vous laisse lire...

bizz

Limeye  :)


"Alors bien, Nurara restera ici. Venez, retournons à l'intérieur", dit Taggart et il ouvrit la porte. Dans la salle de conférence se déroulait un vif débat qui cessa instantanément lorsque les trois officiers entrèrent. Sans un mot, Marko et Scott reprirent place, pendant que Taggart se tenait debout derrière sa chaise en posait ses mains sur le dossier. "Mesdames, Messieurs. Pour le protocole : je peux et ne prendrai aucune responsabilité dans cette entreprise…"

Encore une fois, John se leva de son siège. "Amiral, Monsieur…" Il ne continua pas. Taggart le considéra avec un regard sévère et désigna du doigt le fauteuil de John. John se rassit et serra les poings sur la table. Sa rage était telle qu’on pouvait la voir.

"Asseyez-vous, Capitaine. C’est encore moi qui commande ici. Commandant Dörner : les ordres d’opération donnés précédemment sont toujours valables. La flotte va se préparer au combat. Malinovka, Gonzalez, vos chasseurs et bombardiers se concentrent sur les vaisseaux et les combattants de l'escorte. Le Tennessee ne devra en aucun cas être attaqué, compris ? Communiquez les ordres aux autres escadrons. La flotte se maintient hors de portée du Tennessee, sans provocation. Ne donnez pas à Rodriguez la moindre occasion d’ouvrir le feu, compris ?"

Les officiers mentionnés ci-dessus hochèrent la tête silencieusement. John, Nurara et Curtis se regardèrent, interrogatifs.

"Maintenant, en ce qui concerne la mission de sauvetage. Encore une fois, je ne vais pas donner d’ordre, mais dans la brève conversation tout à l'heure, la Colonel Marko m'a fait comprendre qu'elle appuie la décision et assumera la responsabilité pour une intervention sous le commandement du bataillon. Est-ce exact, Colonel ?"

Elena Marko sourit victorieusement. "Oui, Monsieur ! Nous allons leur rentrer dans le cul ! J’ai encore maintenant besoin d’un pilote qui se porterait volontaire."

Immédiatement la main de Maggie se leva. "Je m'étais porté volontaire mais il y a deux jours, non ?"

John ressentit comme une pierre lui tombant sur le cœur. Il se leva et me tendit la main vers la  Colonel Marko. "Merci, Colonel. Vous ne savez pas combien cela signifie pour moi."

Elena Marko regarda John avec impertinence. "Vous me remercierez quand vous pourrez prendre votre Katherine dans vos bras sur ce pont et pourrez l’embrasser. Je veux voir cela, en effet.", répondit-elle pour conclure.

"Tout est en ordre", poursuivit l’Amiral Taggart. "Marko, Scott, prévenez également vos hommes tout de suite. Dörner, prévoyez une conférence avec les autres commandants. Y a-t-il des questions de votre part ?"

Curtis leva la main. "Ne devrions-nous pas essayer de prendre contact avec la Major Ballard ou le Colonel Tovin ? Nous n'avons pas pu déterminer pendant le scan si la Lieutenant Landor est à bord. Je poursuivrais volontiers les recherches à son sujet."

Taggart acquiesça. "Un bon point, Capitaine. Cela aurait été ma prochaine suggestion. Tovin est-il équipé en conséquence ?"

John approuva. "Oui, Monsieur. Selon mes informations, le Colonel Tovin possède un BS Omni MK6-64. S’il l’a pris avec lui, nous devrions être en mesure de l'atteindre via une connexion sécurisée à partir d'ici." John sortit une carte de données de sa poche et la posa sur la table. "Voici ses coordonnées."

Effrayée, Elena Marko regarda John. "D’où  tenez-vous cela, Capitaine ? Ce sont des informations militaires confidentielles !"

"Travail de la police, Madame. Cela fait une semaine que je travaille sur le cas de Tovin, jusqu'à ce que le contact s'interrompe à la date de la mutinerie." John ne put s’empêcher de sourire. "Quand nous serons de retour, je vous offrirai quelques bières et vous raconterai l'histoire."

Dörner attrapa la carte et se leva. "Avec votre permission, Amiral, je monte à la passerelle pour diriger la suite des opérations. Je vous organise la liaison jusqu’ici."

"Merci, Commandant. Faites", répondit Taggart et il renvoya le Commandant de l’Alabama d’un mouvement de l’épaule.

Quand le commandant Dörner eut quitté la pièce, Taggart se tourna vers Nurara. "Miss Nurara, la nouvelle situation a apporté quelques changements vous concernant. Puisque vous êtes une civile, la Colonel Marko et moi avons décidé que vous resterez ici  à bord pour votre sécurité et que vous n’irez pas sur le Tennessee. Je peux vous donner aucun ordre, mais..."

"Mais quoi, Amiral ?" demanda Nurara d’une voix froide et perçante.

"Cependant, j’ai la possibilité en tant que propriétaire des lieux – pour ainsi dire – de vous interdire de vous trouver sur le chemin de mes hommes. Si nécessaire, par la contrainte directe, vous voyez ce que je veux dire ? Vous pouvez quitter le vaisseau et la flotte, mais par la présente, je vous interdis catégoriquement la participation à cette entreprise." Taggart sourit d’un air contraint.

Nurara vit qu’il était inutile de discuter avec le vieil officier de marine. Elle croisa les bras sur sa poitrine, faisant la moue et se pencha en arrière dans le confortable fauteuil. Curtis eut à ce moment-là une idée.

"Nurara, venez avec moi à la recherche de Joan… j’ai en ce moment un petit problème… et j’ai besoin d’un vaisseau… et vous pouvez toujours tirer ou avez-vous oublié depuis l’année dernière ?" demanda Curtis d’un ton moqueur.

Nurara serra le poing. "Bien sûr que non, Curtis. Je n’ai pas fait tout ce chemin depuis Haroa et mis mes projets de côté pour venir boire le café avec vous. Je vais vous aider à trouver Joan."

A cet instant, le Commandant Dörner appela depuis la passerelle. "Monsieur, nous avons une communication avec le colonel Tovin. Je vous le passe." Le haut-parleur crachota et tous se sentirent joyeux.

Un bruit statique se fit entendre, et une voix grave masculine dit : "Hallo ? Ici le Colonel Tovin."

Taggart répondit. "Colonel, ici l’Amiral Hank Taggart, à bord du croiseur Alabama. Je suis le Commandant de la flotte qui va vous sortir de là. Quelle est votre position, Colonel ?"

"Monsieur, merci de votre venue ! Je suis avec le groupe des policiers dans le département de vol. Nous sommes pris au piège et assiégés par les mutins. Pourtant, ils n’arrivent pas à passer, mais les deux escadrons perdent de plus en plus d’hommes. Nous avons beaucoup de morts et de blessés. Les communications externes sont coupées. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que les rebelles n’arrivent ici."

"Merci, Colonel. La Major Ballard va bien ?"

"Oui, Monsieur, elle est assise en face de moi et soigne une personne blessée."

"Donnez-lui votre communicateur. Il y a ici quelqu’un qui a très envie de lui parler." On entendit un bruit de fond un peu plus fort qui pouvait être un murmure de voix. Puis une voix de femme se fit entendre dans le haut-parleur.

"Ici la Major Ballard. Amiral Taggart ?" demanda Katherine, perplexe. "Que faites-vous ici ? N’êtes-vous pas en retraite ?" La voix de Katherine était troublée.

Taggart sourit. "Oui, Miss Ballard. Il y a quelques jours, quelqu’un est venu me sortir de ma retraite pour que je reprenne du service actif – à cause de vous. Et ce quelqu’un a très envie de vous parler." D’un geste, Taggart fit signe à John de parler.

D’une voix tremblante, John commença. "Kat ? C’est moi, John. Vas-tu bien ?"

Durant une seconde, ce fut le grand silence, puis on entendit un cri de joie qui déchira les oreilles de tous ceux encore présents dans la salle de réunion. "John ! Tu es ici ! Tu m’as tellement manqué, Cowboy ! Tout va bien pour nous, mais nous commençons à manquer d’air." Dans les situations difficiles, Katherine avait toujours un ton sarcastique.

"Kat", l’interrompit John. "Ecoute-moi, nous n’avons pas beaucoup de temps. Nous allons vous sortir de là, tu entends ? Où est Joan ?"

"Selon les dernières informations que nous avons eues, Joan se trouve sur Sameda II aux mains de Kuolun. Elle a dit qu’elle avait trouvé une alliée qui allait l’aider. Nous n’en savons pas plus. C’était il y a environ 48 heures. John, dépêchez-vous, s’il vous plait, nous voulons seulement…" Soudain, la connexion fut interrompue et le bruit statique fit place à un son strident dans les oreilles.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 7. August 2013, 06:20:13 Uhr
Aaarrrrgh!

Vraiment frustrant, cette interruption, non seulement dans la communication, mais aussi dans le texte!

Vraiment attachant, Taggart, quel homme adorable!   :D

Vraiment taquins, les échanges entre John et Elena!  ;D

Vraiment diplomatique, le Curtis!? ;D

Vraiment bien placée, la réplique de Nurara!  :)

Vraiment touchant, les retrouvailles verbales de John et Kat!  [loveu]

Vraiment intéressant à lire, ce récit!  [goodjob]

Merci Limeye, félicitations Alex!

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 7. August 2013, 09:54:07 Uhr
coucou !

j'aime beaucoup ta façon de résumer tes impressions, Flamme ! Je pense qu'Alex les comprendra aisément !

la suite (et fin disponible) de la traduction c'est pour dans la journée. Il ne me restait vraiment plus beaucoup à traduire, mais hier soir,  je n'avais pas le courage de m'y remettre... je suis de repos aujourd'hui, je vais donc pouvoir terminer cela très tranquillement.

bizz et bonne journée !

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 7. August 2013, 12:46:21 Uhr
Voilà donc la toute fin de ce qu'Alex a livré jusqu'à présent. J'adore vraiment Taggart ! Frégo, il faut vraiment qu'on arrive à lui faire jouer un rôle semblable dans la réécriture des Prisonniers ! Je l'adore, tout simplement !!!

Limeye  :)

"Brouillage", murmura le Lieutenant Commandant Scott. "Ils ont surveillé les fréquences et maintenant les masquent."

"Ok", dit Taggart. "Monsieur Newton, cette information vous aide-t-elle ?"

Curtis haussa les épaules. "En considérant le fait que Sameda II est aussi grande que la Terre - passablement. Mais je pense trouver Kuolun facilement. Si je trouve Kuolun, je trouverai aussi Joan." Curtis se leva. "Nurara, voulez-vous ? Simon, pouvons-nous installer le scanner ADN dans le Devil ?"

Simon, qui s'était installé pendant la discussion précédente devant Curtis sur la table, se remit à planer. "Aucun problème. L'ensemble du système n'est pas plus gros qu'un sac à main pour dames. Il faut une heure pour réaliser le montage. Je peux le ré-étalonner durant le voyage vers Sameda."

Curtis frappa dans ses mains avec énergie. "Très bien !" dit-il. "Alors, allons-y !" Lui et John se souhaitèrent mutuellement bonne chance, et le trio quitta la salle de réunion.

Taggart regarda les autres participants à la réunion. "Allons ! Au travail ! Marko, informez vos équipes. Capitaine de Havilland, rejoignez le King William et préparez-vous au vol. John", Taggart fixa le jeune homme avec sérieux. "Du fond du cœur, je vous souhaite bonne chance. Tenez-vous en aux instructions de la Colonel Marko et revenez-nous avec Katherine. Compris ?"

John opina et salua le vieil Amiral. "Oui, Monsieur ! Je n’ai pas l’intention de toute façon de revenir sans Katherine !"

Taggart hocha la tête et frappa l’épaule de John d’une tape paternelle. Puis il se tourna vers la console de communication et se mis en relation avec l’intercom du vaisseau. "A l’ensemble de l’équipage. Ici l’Amiral Taggart. Préparez-vous au combat ! Tous à vos postes de combat. A la passerelle : direction le Tennessee !"

Quelques secondes plus tard se firent entendre en un long hurlement toutes les alarmes des vingt-trois vaisseaux de guerre de la flotte. Les pièces d’artillerie étaient chargées, dans les hangars, les chasseurs et les bombardiers étaient armés et ravitaillés.

L’Amiral Taggart gagna la passerelle et s’approcha du Commandant Dörner. "C’est parti" furent les seuls mots qui sortirent de sa bouche.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Frégo80 am 7. August 2013, 13:03:48 Uhr
Coucou Limeye!

Ce récit d'Alex me passionne tout autant et j'adore ce personnage de Taggart. 8) Moi je pense qu'il faut lui faire jouer un rôle dans la réécriture des prisonniers. Nous trouverons un moyen.  [idea]

Bizz,

Frégo  8)

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 8. August 2013, 13:41:00 Uhr
Coucou!

 J'adore vraiment Taggart ! Frégo, il faut vraiment qu'on arrive à lui faire jouer un rôle semblable dans la réécriture des Prisonniers ! Je l'adore, tout simplement !!!  Limeye

j'adore ce personnage de Taggart. 8) Moi je pense qu'il faut lui faire jouer un rôle dans la réécriture des prisonniers. Nous trouverons un moyen.  [idea]  Frégo80


Oh oui, les filles! Je vote pour!  [jump] [jump] [jump]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 9. August 2013, 12:35:28 Uhr
Juste avant le déjeuner... la suite de Meuterei ! A toi, Alex, maintenant  ;)



"Je vais t’emmener dans les montagnes, Joan," répondit Lilla, alors qu’elle et Joan chargeaient les armes et les affaires des soldats rebelles morts dans le véhicule tout terrain. "Nous y retrouverons quelques-uns de mes collègues et une compagnie des soldats loyaux. Tu y seras en sécurité jusqu’à ce que nous apprenions du nouveau quant à la situation dans l’espace. Et nous allons dormir, manger, et enfin nous laver - je suis impatiente d’y être."

A ce propos revint à l’esprit de Joan que son amie Katherine devait toujours être coincée à bord du Tennessee. "Penses-tu que je pourrais à nouveau utiliser le communicateur, Lilla ? J’aimerais beaucoup savoir comment vont Katherine et les autres", demanda Joan.

Lilla referma le coffre du véhicule avec fermeté et s’installa à nouveau derrière le volant. "Quand nous serons là-bas, Joan. Ici, sur la route, c’est trop dangereux. Si tout va bien, nous allons rouler encore une heure, puis nous aurons encore environ deux heures de marche. Quand nous serons là-bas, tu pourras parler à ta collègue. Sois patiente", dit Lilla et elle mit le moteur en marche. "Monte dans la voiture. Allez, dépêche-toi, avant que d'autres rebelles ne se présentent !"

Au bout d’un quart d’heure de route, Lilla tourna dans un chemin forestier qui montait directement vers les hauteurs. Elles avaient atteint le bord d’une chaîne de montagnes dont les sommets disparaissaient dans le ciel couvert de nuages. C'était les montagnes Fuldihm, dont les contours étaient omniprésents et visibles depuis Samad. Lilla expliqua à Joan pendant le voyage, que ces montagnes étaient dans un endroit mystique, autour desquelles couraient de nombreuses légendes de l’histoire samedienne. Elles étaient donc objectivement considérées comme une grande chaîne de montagnes, dont les neuf plus hauts sommets atteignaient entre six et sept mille mètres de hauteur. Le véhicule tout terrain roulait sans difficulté sur la route étroite et bosselée, entourée par une forêt de feuillus de couleur bleu et violet. Au sol, on voyait des champs de fleurs de toutes les nuances de couleurs possibles. Joan était fascinée par les couleurs de la flore et de la faune samedienne. Vert-beige comme les rennes qui broutaient paisiblement avec leurs petits dans les clairières, des hyménoptères colorés, au long bec courbé, coassaient et volaient de branche en branche, et des insectes non moins colorés volaient dans l’air. Les deux femmes roulèrent environ une demi-heure à travers la forêt dense, pendant que Lilla racontait des choses intéressantes à Joan sur la faune samedienne. "Regarde seulement ces bestioles, là-bas !" s’écria Lilla en désignant un groupe d’animaux à huit pattes de couleur jaune orangé, ressemblant par leur forme à des homards terrestres, ils avaient les mêmes pinces et antennes. "Si elles te mordent, d’une part, c’est très douloureux, et d’autre part, tu te retrouves pendant des jours dans un délire psychotique. Le poison de Cheslut forme un terrible cocktail de médicaments psychotropes. Jusqu'à ces dernières années, ils étaient chassés à cause du poison par des trafiquants de drogue de tous les coins de la galaxie connue et avaient presque été éradiqués. Aujourd’hui, ces animaux, aussi dégoûtants soient-ils, sont une espèce protégée. La possession de leur venin est sévèrement punie."

Le chemin était escarpé et rocheux, la forêt s'éclaircit progressivement et le soleil du matin donnait chaud à Joan et à Lilla. "Bientôt, nous devrons marcher", dit Lilla. "Ce ne sera pas long et la route devient trop étroite pour la voiture." Lilla roulait au pas et laissait le moteur s’emballer. Soudain il y eut un grand bruit, de la fumée monta du capot et le véhicule tout terrain s’arrêta dans un hoquet. En soupirant, Lilla enclencha le frein et sortit pour vérifier les dégâts. "C'est ça, alors", murmura-t-elle en laissant retomber le capot. "La caisse a perdu tous ses liquides. Je crains que nous ne devions désormais continuer à pied."

Joan l’avait rejointe. "Je ne comprends pas pourquoi, vous, Samediens, utilisez encore des moteurs à combustion interne. Sur Terre, cela fait plus de cent ans qu’il n’y en a plus."

Lilla ricana d’un ton blessant. "Oui, parce que vous, Terriens, avez brûlé et gaspillé en deux siècles votre précieuse huile fossile et qu’il n’y en a plus. C’est de votre faute ! Allez, prenez le matériel."

Lourdement chargées, les femmes empruntèrent le chemin étroit et rocheux qui montait sous le soleil torride. Le lourd lambeau de peau artificiel gênait Joan, il commençait à frotter contre sa hanche et elle suait considérablement, le cardigan rayé et coloré grattant de plus en plus sa peau. Comme elle aurait aimé remplacer ces vêtements peu confortables contre ses jeans et sa veste en cuir. Mais au moins, elle était à l’aise dans ses bottes. "Est-ce encore loin, Lilla ?" haleta-t-elle.

Lilla était aussi épuisée que Joan, car la montée de 30% faisait avancer péniblement les deux femmes. Elle indiqua un plateau qui se trouvait éloigné d’environ un kilomètre et à 500 mètres au-dessus d’elles. "Vois-tu le plateau devant nous ? Nous devons l’atteindre. Sur notre droite se trouve un défilé étroit, nous devons passer par la montagne. Une fois là-bas seulement, nous chercherons un endroit ombragé et nous reposerons un peu. Ensuite, ça devient vraiment raide. En deux heures, nous pouvons y être."

Joan regarda Lilla d’un air sceptique. "Sur la montagne ? Cela signifie que nous allons devoir faire de l’alpinisme ?"

Lilla secoua la tête. "Non, ce n’est pas si dur, mais maintenant, le chemin devient étroit et un peu raide. C'est épuisant. Nous allons devoir manger un peu."

Réconfortées par un court repos d’une dizaine de minutes, Lilla et Joan se lancèrent dans la montée. Il était midi, elles se trouvaient à près de 1500 mètres d’altitude et la température était de plus de 30 degrés Celsius. S’y ajoutaient des rafales d’un vent chaud, des nuages de poussières qui rendaient la respiration des deux femmes difficile. A plusieurs reprises, Lilla regarda sa montre. "Nous y sommes presque, Joan", dit-elle à plusieurs reprises pour encourager Joan. Petit à petit, elle ne croyait plus la Samedienne. Joan s’interrogeait de plus en plus sur la sincérité de Lilla. Et si elle conduisait Joan dans un piège ? Non, elle aurait pu la passer par les armes dès le début. Ou bien Lilla avait-elle fait en sorte de dissimuler les dangers à Joan ? Enfin, on ne tue pas quelqu’un qu’on veut sauver. Lilla marchait devant, Joan aurait pu facilement lui tirer dans le dos. Oui, elle pourrait tuer immédiatement Lilla de sang-froid, lui enlever le communicateur pour parler avec Kat et prendre le chemin du retour… pour certainement tomber entre le mains de la meilleure patrouille de rebelles qui la ramènerait tout droit à Kuolun. Ce qui lui arriverait ensuite, Joan n’osait l’imaginer. Mais si Lilla la trompait ? Joan regardait fixement le chemin rocheux et poussiéreux devant elle, percevant à peine Lilla tant elle était plongée dans ses pensées. Soudain, elle heurta Lilla qui s’était arrêtée d’un coup.

"Hey, regarde où tu vas, Joan !" s’écria Lilla d’un ton amusé. "Après cette courbe, nous y serons. Prête à faire la connaissance de quelques personnes gentilles et serviables ?"

Joan marqua une courte pause avant de répondre. Elle dodelina simplement de la tête.

"Alors, allons-y !" dit Lilla en reprenant sa marche. Alors que Joan franchissait la courbe, tous ses doutes furent dissipés. On avait construit sur le plateau un petit village de huttes et de tentes. Des enfants jouaient entre les foyers, des femmes faisaient la lessive, certains hommes préparaient à manger et des soldats en uniforme de l’armée samedienne régulière patrouillaient.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 9. August 2013, 13:27:02 Uhr
Limeye, la femme qui ne dort jamais ... ;)

c'est bien le problème, mais surtout, je dirai : la femme qui a plein d'idées à la minute  ;D !

Je ne peux pas rapidement :o

 [work]  [sm]  [jump]  ;D

LG

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 9. August 2013, 17:16:52 Uhr
Bonjour Limeye!

J'aime tes surnoms, Limeye, ils te vont très bien!  Merci pour cette suite, et si j'ai bien compris, la traductrice a encore rattrapé l'auteur... ;D

J'ai beaucoup aimé ce passage, la description colorée de la flore et de la faune samediennes, et cette allusion écologique sur la folie de consommation de carburant de nous-mêmes, Terriens...

Hallo Free Nurara!

I liked so much to accompany Joan and Lilla in their crossing of the forest, in their hiking to the mountain!  I liked to imagine the colored  flora and fauna of Sameda, and Lilla's answer to Joan's question about combustion engines... A lesson for us, too!  [goodjob]

I forgot to tell you that your motto (slogan) made me smile!  :D

And don't even think to compete with Limeye! She creates her stories as fast as she translates yours! Maybe faster...  ;D

Flamme
 ;)


Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 13. August 2013, 15:28:03 Uhr
Le début du chapitre 20 - un entretien entre Ezra et les parents de Kat - est assez long, je suis obligée de le couper en plusieurs passages. Je vous livrerai au fur et à mesure que je traduirai. Car ensuite, ça chauffe !

Limeye  :)


CHAPITRE 20

Ezella Garnie sortit de la petite navette et immédiatement sentit l'air empli de l’odeur de sel de mer et de poisson. En temps normal, il aurait apprécié cette matinée ensoleillée de fin d’été, mais il se sentait mal et tendu. Garnie s’était levé très tôt, avait récupéré un pilote de petite navette de la police pour voler jusqu’à Fairhope, la petite ville endormie de la côte de Mobile Bay, dans le sud de L’état d’Alabama. Garnie se rendait chez les parents de Katherine pour les informer de la situation. Garnie avait fait la connaissance d’Eve et Théodore Ballard il y a dix ans, à l’époque où Katherine avait pris son poste d’instructrice à l’Académie de police de West Point, à New York. Garnie estimait les parents de Katherine autant que sa collaboratrice, aussi se sentait-il tout simplement obligé de leur rendre une visite en cette période difficile.

Garnie effectua à pied le demi-mile qui le séparait de la piste d’atterrissage de la maison des Ballard. De temps en temps, un chien aboyait dans un des terrains voisins, les jardiniers arrosaient les pelouses et les domestiques mettaient les couverts des petits déjeuners sur les tables des vérandas. Fairpoint était un des quartiers résidentiels les plus agréables du sud de l’Alabama, où les habitants pouvaient se permettre occasionnellement quelques luxes, sans pour autant montrer de l’ostentation comme les habitants d’autres quartiers riches de la côte Est ou de la Californie. Le style des maisons était marqué par la simplicité, le style architectural était similaire à celui qu’on retrouvait dans les états du sud depuis plus de quatre cents ans : les maisons étaient blanches avec un toit noir, comptaient généralement deux étages et une véranda en bois, comme dans les états du sud. Les murs extérieurs en béton étaient solides pour résister aux tempêtes, mais étaient toujours recouverts de panneaux de bois pour rappeler l’aspect typique de l’architecture des états du sud. Après une courte marche, Garnie arriva devant l’allée de gravier clair des Ballard. Une femme d’âge moyen, aux cheveux noirs, était assise au milieu d’un parterre de fleurs qu’elle était en train de désherber. Elle portait une courte blouse à carreaux, rouge et blanc, des jeans bleus coupés et un foulard rouge dans les cheveux. Quand elle entendit des pas dans l'allée, elle se tourna dans cette direction et se leva. Même s’il était tôt le matin et qu’il faisait encore relativement frais, c'était peu après huit heures, le jardinage lui avait déjà mis le front en sueur. Eve Ballard avait des traits indiens, ses ancêtres descendaient des Indiens Muskogee, qui avaient vécu en Alabama. Comme sa fille, elle avait de longs cheveux noirs couleur de jais, mais contrairement à Katherine, elle avait le teint café au lait et les yeux marron foncé. Pour une femme de la cinquantaine, elle paraissait extrêmement jeune, et il fallait s’approcher d’elle pour remarquer les quelques plis autour de ses yeux et de sa bouche qui révélaient qu’elle n’était pas la grande sœur de Katherine. Eve reconnut immédiatement le grand homme aux cheveux gris et à l’épaisse moustache. Elle laissa tomber son petit râteau, ôta ses gants de jardinage et s’avança à travers la pelouse, rayonnante, les pieds nus, vers Garnie. "Marshall Garnie ! Ezella ! Quel plaisir de vous voir !" cria-t-elle. Cependant lorsqu’Eve vit l’expression inquiète du Marshall, son sourire se figea.

"Ezella, pourquoi tu es si triste ?" demanda Eve avec attention. Quand le vieux Marshall prit une profonde inspiration, elle soupçonna le pire. "Quelque chose ne va pas avec Kat ? Il lui est arrivé quelque chose ?" La panique se propageait sur le visage d’Eve.

Garnie prit le bras d’Eve et le serra fermement. "Allons à l'intérieur, s'il vous plaît, Eve. Ted est-il à la maison ?"

"Oui, il est à l’intérieur. Mais dites-moi ce qui se passe pour Kat ! Est-elle… morte ?" Le visage d'Eve était pâle de terreur. Doucement, Garnie conduisit Eve vers la maison et monta les trois marches de l’escalier de la véranda. "Je ne sais pas, Eve – pas encore. J’attends d’une seconde à l’autre à un message en provenance du système de Samedi", répondit-il d’une voix rauque. "Auriez-vous une tasse de café pour moi, Eve ?"

"Na… naturellement, Ezella. Allons dans la cuisine." Eve appela haut et fort son mari, qui se rendit d’un pas lourd du salon à la cuisine. Le géant trapu de deux mètres de haut accueillit Garnie avec une lourde tape sur l’épaule en souriant. Cependant, son sourire se figea quand il vit les visages de Garnie et de son épouse.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 13. August 2013, 16:05:14 Uhr
Encore un "tiboutte" et je file au jardin. La suite peut-être en fin de journée.  ;)


"Bienvenue, Ez. Qu'est-ce qui vous amène ici ?" Ted regarda Eve, qui détourna les yeux, et servit, les mains tremblantes, le café dans trois tasses. "Eve ? Qu’est-ce qui se passe ? Il est arrivé quelque chose à Kat, Ez ?"

"Eve, Ted, s’il vous plait, asseyez-vous", dit Garnie doucement et il s’assit sur une des chaises de la cuisine. Il sortit son communicateur de sa poche et le posa devant lui sur la table. Eva posa les tasses de café sur la table avec un léger cliquetis. Elle tremblait tellement que sa propre tasse déborda. "Ted, Eve. J’ai de mauvaises nouvelles en provenance du système de Samedi. Il y a eu un soulèvement à bord du Tennessee, selon toute vraisemblance en rapport avec les émeutes sur Sameda II. A l’heure actuelle, je ne sais pas exactement ce qu’il est en pour mes hommes à bord du croiseur, de même pour Katherine." Il désigna son communicateur. "Nous avons envoyé il y a deux jours une très grande force de combat dans le système de Samedi, pour arrêter les responsables de l'émeute. La flotte y est arrivée il y a quelques heures. Je suis directement en contact avec l’Amiral Dubois, le chef de l’Amirauté, et j’attends à chaque seconde des nouvelles."

Eve se mit à pleurer doucement, tandis que Ted se passait les mains dans les cheveux. "Ma petite fée...", murmura-t-il en enfouissant son visage dans la paume de ses larges mains. "J’ai toujours su que quelque chose finirait par arriver. J’aimerais prendre l’avion immédiatement et sortir ma petite fée de là." Ted regarda Garnie avec des larmes dans les yeux. L’ancien boxeur professionnel habitué aux victoires semblait aussi impuissant qu’un petit enfant. "Qu’en est-il de John ? Est-il déjà au courant ?"

Garnie sourit légèrement. "John a été un des premiers informés. Il a plus ou moins organisé toute l’opération de sauvetage. John se trouve à bord du vaisseau amiral et dirige les opérations de secours au niveau technique, d’abord contre ma volonté expresse. Mais j'ai réalisé que je ne pouvais pas le retenir. Il se serait de toute façon passé de ma permission."

Ted essuya une larme avec le dos de sa main. "John est un bon gars, volontaire et sincère. Il mérite ma fille. Cela est certain", dit-il entre deux gorgées de café, puis il serra Eve contre lui, qui pleurait de manière incontrôlable. "Chut, Baby. Tout va bien pour Kat, je le sens", murmura-t-il à l’oreille de sa femme.

Garnie n’aurait rien voulu de plus ardemment que confirmer les paroles de Ted, mais il préféra garder le silence pendant un moment. Puis il posa ses mains sur le bras de Ted et lui dit : "Nous faisons tout ce qui est humainement possible pour arriver à récupérer votre fille et les autres qui sont là-bas. Joan est aussi à bord du Tennessee. Je m’en veux terriblement d’avoir envoyé Katherine et Joan sur cette mission. En fait, toutes deux ne devaient qu’interroger un prisonnier et le ramener avec elles. Vous ne pouvez pas imaginer combien je suis inquiet pour toutes les deux." Que Katherine lui ait désobéi, cela, Garnie le passa sous silence.

Ted secoua la tête, les yeux fermés. "Non, Ez, vous n’avez pas besoin de vous faire des reproches. Katherine a choisi ce métier et je sais combien elle aime son travail. Elle m’a dit une fois que pour tout l’or du monde elle n’aurait pas voulu faire un autre métier. Je n’étais pas certain qu’elle intègrerait la police de l’espace, mais elle était majeure quand elle s’y est inscrite et n’avait pas besoin de prétextes. Kat a toujours été aussi têtue que moi. Mon métier de boxeur n’était pas non plus sans danger, cela elle me l’a toujours reproché. Et Dieu sait combien de fois je suis rentré complètement amoché, et une fois encore plus proche de la mort que de la vie. Encore une fois, Ez, ne te fais pas de souci. Eve et moi serons les derniers à te faire des reproches. Kat aurait tout aussi bien pu s’engager dans la Marine ou faire partie des Marines." Ted regarda sa femme avec amour, qui, à son tour, hocha la tête avec un sourire douloureux.

A cet instant, le communicateur de Garnie sonna. "C’est l’Amirauté. Vous voulez bien m’excusez un moment ?" demanda Garnie en sortant avec son communicateur à la main par la porte de la cuisine ouverte sur le jardin.

Ted et Eve se tenaient par la main l’un l’autre et regardaient d’un air inquiet le chef de la police. "Ca va aller, mon chat", murmura Ted. "Crois-moi, tout va bien pour Kat."
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 15. August 2013, 17:57:01 Uhr
Ich weiss es, Alex, ich weiss es...

un "tiboutte" pour finir la visite d'Ezra aux parents de Kat, avant de retrouver Kat à bord du Tennessee.

 :)


Après ce qui sembla durer une éternité pour Ted et Eve, Garnie entra par la porte de la cuisine. Il se gratta la tête et les regarda indécis. Son regard alla de l’un à l’autre des parents de Katherine, puis il poussa un soupir à peine perceptible. "Une bonne et deux mauvaises nouvelles. La bonne : Katherine est en vie et se trouve relativement en sécurité – pour l’instant. La mauvaise : le Tennessee semble être fort endommagé et menace de partir en morceaux à chaque heure. La deuxième mauvaise : apparemment, Joan a été enlevée. Elle ne se trouve plus à bord du vaisseau, mais quelque part sur Sameda II. Deux équipes vont pénétrer d’un moment à l’autre dans le Tennessee, pour le mettre hors de combat et pour sauver Katherine et les autres. John fait partie d’une des équipes. On n’a pas pu m’en dire plus pour le moment."

Ted sauta. "Kab vit ! Ma petite fée est en vie !" s’écria-t-il ravi, avant de s’arrêter d’un coup. "Qu'est-ce que tu viens de dire, Ez ? Le vaisseau à bord duquel elle se trouve va se rompre ? Qu’est-il arrivé ? Y a-t-il eu un combat ?"

Garnie haussa les épaules. "Je n’en ai pas la moindre idée, Ted. L’Amirauté n’est pas en mesure de me donner tous les détails. Normalement, ces vaisseaux sont considérés comme exceptionnellement robustes. Il ne s’agit pas d’une supposition et je connais trop peu ces grands vaisseaux de guerre pour pouvoir exprimer quelques spéculations ou conjectures que ce soit. Pour l’heure, je fais confiance à John et aux deux équipes d’abordage, et en leurs capacités. J'ai reçu l'assurance que la troupe d'élite qui va monter à bord connaît son affaire." Garnie se retourna pour partir. "Je dois rentrer à New York. Mais il était important que je vous mette moi-même au courant de cette affaire. Je vous tiendrai au courant de l'évolution de l'affaire, promis", dit-il avec un sourire amical.

Eve se détacha de l'étreinte de son mari et s'approcha du Marshall. "Ezella, vous êtes un bon ami de la famille, depuis que nous nous connaissons. Je vous remercie de tout mon cœur de ne pas nous avoir laissés dans l'ignorance." Elle a pris Garnie dans ses bras et l'embrassa sur la joue.

Garnie regarda fixement Eve dans ses yeux sombres. "Cela va sans dire, Eve. C’est bien le moins que je puisse faire pour vous deux."

Ted se retrouva devant Garnie et lui tendit sa grosse patte. "Merci, Ez", dit-il avec un regard triste.

Eve et Ted accompagnèrent le Marshall dans l'allée et le regardèrent un long moment, jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière une courbe. Ted avait passé son bras autour de sa petite et gracieuse femme. Les Ballard avaient mené jusqu’à présent une vie paisible et idyllique. Cette idylle était maintenant détruite par un soulèvement, qui s’était produit à trois années-lumière de la Terre. Eva s’écarta de son mari et recommença à travailler dans les fleurs avec des larmes aux yeux. Ted regarda fixement vers le bas de la rue où les mâts des voiliers dansaient sur la jetée, doucement agités par la houle. "Kat…" souffla-t-il. "S’il te plait, rentre à la maison, ma petite fée…"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 16. August 2013, 04:15:11 Uhr
Coucou Limeye,!

Merci pour ce "tiboutte" si touchant! Les parents de Kat sont si sympathiques! et j'a-do-re le surnom affectueux de "petite fée" qu'ils donnent à Kat!   [goodjob]

J'ai hâte de retrouver Kat... et John!  [jump] [jump]

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 16. August 2013, 05:01:41 Uhr
Dépêchez-vous! Je suis déjà dix pages plus loin ... ;D [director] [twak] [sm] [work]

Pas pour longtemps, Alex, pas pour longtemps...  ;D

Not for long, Alex, not for long...  ;D

Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 16. August 2013, 12:33:58 Uhr
Sérieux, là, je prends du retard... j'espère avancer plus tantôt et me remettre à jour durant le week-end, surtout que ça s'active !!!

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 16. August 2013, 14:21:31 Uhr
Si j'osais, je vous raconterais tout ce que j'imagine qu'il va pouvoir se passer...  [confusion3]  [diploma]

Alex, tu as le don pour faire courir mon imagination  [idea] qui n'a pourtant pas besoin de ça   [gonenuts]

Tu peux demander aux filles, elles savent bien de quoi je suis capable...   ::)  J'ai même osé imaginer que Nurara (Saturnia) séduirait Peter...  [rollsmile]

Désolée, j'écris en français, car je n'ai pas beaucoup de temps...  [unconscious]

LG

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 16. August 2013, 16:34:51 Uhr
Si en plus Danica rentre dans la course... ça va manquer d'hommes, à la fin ? Ou alors ils vont devenir polygames  ;D ? Parce qu'il faut caser Maggie aussi... oui, j'ai cru comprendre qu'il y avait un policier qui peut-être...  [naughty]

bon, mes suppositions (enfin, quelques-unes) :

- Peter retrouve Joan en premier, parce que Curtis a été trompé à cause de l'ADN de Joan que Teenbaum a réussi à lui prélever et qui est entre les mains de Kahlon, et comme il cherche Kahlon aussi...  [mindoubt]

- Curtis trouve Joan avant Peter (j'aimerais bien mais je ne crois pas que ça va arriver  ::) )

- Curtis ET Peter retrouvent Joan en même temps  ;D - ça, ce serait rigolo, non  :P ?

- Aucun des deux ne trouvent Joan, c'est elle qui parvient à rejoindre la flotte terrienne (je ne sais pas encore comment, mais Alex réussira bien à inventer quelque chose en ce sens)  [work]

- John retrouve Kat alors que le Tennessee est en train de s'effondrer sur lui-même, c'est la fuite éperdue sous les gravats pour rejoindre le vaisseau de Maggie... mais tout est bien qui finit bien quand même pour eux, ouf.  [loveu]

- Le plus grand nombre possible de gentils s'en sortent (Marijke, les autres policiers, les amis de Lilla...) et du coup, grosse fiesta  [beer] et  [party].

- Rodriguez... Ah, Hot Rod !!! Hum, j'imagine une super scène avec Taggart ! Du grand Taggart, dirigeant le dernier assaut de main de maître...  [mag] dantesque, génial, vite un film !  ;D

- Après, hem... après... Ezra... ah oui, une belle scène dans laquelle Ezra apprend aux parents de Kat que leur fille (et John) sont sains et saufs. "Die kleine Fee" et les larmes du papa boxeur. La maman, limite à s'évanouir.  [heart]

- Encore après... Nurara... hum, hum, que faire de Nurara ? Elle ne va pas retourner s'occuper gentiment de sa fille... donc  ??? Mystère... (j'aime bien les mystères   [animtwink]).

- Kahlon... celui-là, il en réchappe (les méchants ne meurent jamais, sinon, après, il n'y a plus d'histoire...). Peut-être que je pourrais suggérer une histoire de clonage  ;D pour s'en débarrasser définitivement, non ? oui ? non ? Bon, je remballe l'idée... (bien tenté, dirait Elaine  ;)).

- Après, Joan et Curtis... Joan et Peter... solution : cloner Joan (ok, je la remballe aussi...  [confusion3]). Un duel de capes et d'épées ? Genre d'Artagnan  [sword] (j'ai un faible pour les 3 Mousquetaires et leurs deux suites) ?

- pour finir, je terminerai sur une supposition stupide, un  [baby], mais ça, je crois que ce sera réservé pour Kat et John. Donc, ça comptera pas pour arriver aux 101 avant la fin de l'année.

Alex ! Je sais, on est un peu folles, l'histoire avec les bébés, c'est compliqué à t'expliquer... un gros délire... avec Elaine. Je résumerai juste : il y a des auteurs qui font se tromper Joan et Curtis, nous, on leur fait faire des bébés (bien résumé, non ?)

En conclusion (pour l'instant) :  [respekt] [work] :-*

Limeye  [rollsmile]
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 16. August 2013, 19:27:43 Uhr
Vous avez oublié qu'en plus de John et Kat éventuellement Baxter et Maggie pourraient faire un bébé ? Tous deux sont Texans et identifient l'odeur peut-être ?
J'ai été négligeant Baxter...
 ;D

Man kann an alles nicht denken...  ;)


Retour à bord du Tennessee (pour les lectrices / lecteurs) avec la "petite fée"


Katherine regardait fixement au dehors par la grande ouverture du hangar donnant sur l’espace. A deux kilomètres une grille de construction à laquelle s’ajoutaient des conteneurs surdimensionnés semblables à des tonneaux se retrouvait dans son champ de vision et venait s’arrêter lourdement. Depuis le cadre en treillis, de longs tubes télescopiques serpentaient lentement vers le Tennessee. La distance entre le croiseur de bataille et le pétrolier était inférieure à cinq cents mètres. Pour Katherine, ce vaisseau était à portée de main. Elle entendit derrière elle des pas de lourdes bottes et se retourna. C’était la Lieutenant Commandant Vukovic qui s’approchait négligemment avec les mains dans les poches de son pantalon.

Vukovic n’était apparemment pas de service, car elle portait le pantalon vert olive habituel des pilotes et la veste en cuir brune avec les tâches multicolores au lieu de sa combinaison d’aviateur. Pendant un moment, les deux jeunes femmes gardèrent le silence jusqu'à ce qu’avec un sourire sardonique Vukovic se mit à parler. "Le vieil escroc a encore dégoté un pétrolier. Cela me démange de monter dans un Broadsword et de lancer une torpille dans les parties molles de ce tambour plein d’huile."

Katherine regarda la jeune pilote d’un air étonné. "Où est le problème ? Il y a là pourtant assez de machines, non ?"

La bouche de Vukovic se tordit en un sourire de pitié. "Petit chat, il y a là bas au moins 380 millions de litres de carburant dans un espace d’un demi-kilomètre. Si je mets cette idée en pratique, la dernière chose que vous verrez sera comment la peinture de la coque du pétrolier se fissure. Et un éclair lumineux qu’on pourra voir depuis la Terre." Même si Vukovic avait grossièrement exagéré, elle disait la vérité.

Katherine soupira. "Ok, schnapsidée. J’ai compris. Je me demande seulement quand ceux-ci vont enfin frapper." Par ‘ceux-ci’ Katherine entendait le groupe d’engagement qui devait arriver sous peu. La courte conversation avec John lui restait dans la tête. John avait mis en mouvement tous les leviers possibles et avait même sorti Hank Taggart de sa retraite paisible pour venir les sauver. John s’était montré dès le début comme un homme et un partenaire sensible et imaginatif qui était toujours capable de surprendre Katherine et lisait tous ses souhaits dans ses yeux. Cependant, il allait jusqu’à risquer sa propre vie pour elle, à bord d’un navire de guerre, et même si Katherine était très romantique, jamais elle n’aurait rêvé lui demander une telle chose.

"Maintenant serait un bon moment", dit Vukovic. "Cela ne me surprendrait pas si l’Amiral Taggart jetait les pétroliers à Rodriguez comme un pot de miel."

"Les pétroliers ? Il y en a un autre ?" demanda Katherine. "D’où viennent-ils ?"

"Hum, hum", fit Vukovic. "Ils viennent très certainement de Sameda II ou III. Le deuxième pétrolier approvisionne le Courageux et les corvettes. Nous suivons la route prise par Rodriguez. Nous avons volé de la base d’astéroïdes de nouveau vers le centre du système. Approximativement à mi-chemin, de Sameda VI, était le point de rendez-vous avec les pétroliers et actuellement, nous nous trouvons de nouveau dans la proximité de l'anneau d'astéroïdes. Rodriguez continuera à envoyer les vaisseaux-citernes vers le champ d'astéroïdes, où ils seront relativement en sécurité et nous replongerons dans le centre. Je suppose qu’il se prépare pour le combat."

"Qu’il perdra. Il ne peut pas tenir avec une poignée de vaisseaux et une petite équipe face à une flotte complète, n’est-ce pas ?"

Danica Vukovic secoua la tête et laissa aller sa grosse natte rouge comme un tourbillon. "Ce n’est pas certain, mais le Commandant Bernard pense que la flotte samedienne va rejoindre Rodriguez."

Katherine renifla avec amusement. "… mais elle est composée uniquement de quelques vieux croiseurs et destroyers."

Vukovic éclata d’un rire rauque. "D'où avez-vous trouvé ça ? De Rodriguez ? Je vais te dire quelque chose, Kat. La flotte samedienne est relativement petite, mais très bien équipée et moderne. Elle compte des cuirassés, des transporteurs, de petits et grands croiseurs et des centaines de chasseurs stellaires. Dans l’ensemble, elle n’est peut-être pas aussi puissante que la flotte terrienne, mais elle est assez forte dans les duels et il ne faut pas la sous-estimer."

Katherine mit ses mains sur ses hanches, la nature quelque peu arrogante de la pilote lui portait facilement sur les nerfs. "Et où est cette flotte, Miss tuyau supérieur ?" dit-elle d’un ton irrité.

Vukovic, les mains toujours dans les poches, haussa juste les épaules. Le bruit de bottes sur le pont d’acier fit se retourner les deux femmes. Un groupe de pilotes en uniforme s’approcha d’elles en courant. L'un d'eux portait un casque supplémentaire et une combinaison de vol grise dans les mains. C’était Peter. "Danny, viens t’habiller ! On a une alerte ! Nous sortons !" Tout en courant, il jeta son casque à sa supérieure.

Réagissant rapidement, Danica retira sa veste d’aviateur et le tendit à Katherine. « Kat, prends soin de cela jusqu’à ce soit fini ici. Rendez-vous de l’autre côté. Tu ferais mieux de disparaître d’ici maintenant. Ca va pulser ! »

Katherine prit la veste et fit un pas vers Danica. "Bonne chance, Danny. Vraiment bonne chance."

Danica étreignit brièvement Katherine et prit la combinaison que lui tendait Peter. "Merci. Bonne chance à vous tous aussi. Faites en sorte de sortir indemne d’ici. Et maintenant, allons-y !"

Katherine regarda Peter droit dans les yeux et posa ses deux mains sur son casque. "Bonne chance pour toi aussi, Peter", souffla-t-elle. Comme Katherine ne pouvait pas embrasser Peter sur la joue à cause du casque, elle lui fit un vrai baiser sur la bouche. Puis elle quitta le hangar au pas de course.

Au même moment, les sirènes retentirent. Du haut-parleur gronda la voix de l’officier de quart : "Alerte ! Alerte ! Enlevez le pont du hangar ! Chasseurs de l’espace en approche. Identification terrienne ! Que toutes les unités se forment avec les chasseurs en approche !"

Katherine se retrouva dans une salle à côté du hangar, derrière une vitre épaisse qui offrait une protection contre les balles, et regardait maintenant comment les bombardiers Broadsword quittaient successivement le hangar dans un bruit de moteurs rugissants. Le début de l’attaque avait été choisi avec soin. Du fait que l’énorme vaisseau-citerne se trouvait à l’extérieur du hangar, les armes sur le côté tribord du Tennessee ne pouvaient tirer. Cependant, le début du vol n’était pas sans danger pour les pilotes qui devaient réaliser immédiatement après avoir quitté le hangar un vol en piqué pour passer sous le vaisseau-citerne afin de ne pas s’écraser sur lui. Cinq cents mètres représentaient un tout petit goulot d'étranglement dans ces circonstances et à des vitesses des chasseurs. Après qu’une douzaine de Broadswords eurent quitté le hangar supérieur, la rampe de départ du côté tribord sous le hangar laissa sortir d’autres Broadswords et des Super Sabre. En moins de six minutes, les deux escadrons comptant 144 appareils étaient dans l’espace et rejoignaient la troupe terrienne.

Marijke avait rejoint Katherine et lui passa un bras amical autour de l’épaule. "Allez, c’est parti, Kat. Tu es nerveuse ?" chuchota-t-elle.

Katherine regarda la grande blonde. "Merde, oui", souffla-t-elle en regardant à nouveau au dehors. A l’extérieur, sur le pont du hangar, les techniciens commençaient à approvisionner les autres navettes. Soudain, un étrange grondement métallique surprit Katherine et Marijke. "Qu’est-ce que c’est, Rijke ?" demanda Katherine avec de grands yeux.

"Je n’en ai aucune idée,  mais je crains que cela ne présage rien de bon..." répondit Marijke en regardant à travers la vitre. Les techniciens avaient eu aussi entendu le bruit, laissé tomber leurs outils et regardaient d’un air désespéré le plafond.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 16. August 2013, 22:52:02 Uhr
 [jump] [jump] [jump]

Viiiiiiiiiite, John, on dirait que le Tennessee n'en a plus pour longtemps!

Je me demande ce que Peter a pensé du baiser de Kat?   ;D  Même si elle n'a pas eu le choix de l'emplacement...  :D

Vous avez oublié qu'en plus de John et Kat éventuellement Baxter et Maggie pourraient faire un bébé ? Tous deux sont Texans et identifient l'odeur peut-être ?
J'ai été négligeant Baxter...
 ;D

C'est vrai que j'avais aussi oublié Baxter... Pour ta défense, Limeye! Quant à toutes tes autres suppositions... c'était tellement distrayant de te lire! Et je suis d'accord pour le film, je serais parmi les premières à aller le voir!   [master] [goodjob]

Free Nurara:

This story has all that needs to make a wonderful movie!   [chinese] [respekt]

Flamme
 ;)
 
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 17. August 2013, 14:55:49 Uhr
Hello !

je n'ai pas trouvé d'équivalent en français pour "schnapsidee"... et je trouvais le mot "mignon", je me suis dit aussi que tout le monde le comprendrait...

la suite dans les prochaines heures, dès que je peux...  ;)

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 17. August 2013, 15:04:08 Uhr

Let's talk about the cast! ;)

I'm sure you have already thought about it!   ;D  I think you gave us some names, a lot of posts ago... I Wonder which actors you would choose, especially to play Taggart and John.... I like so much these two characters! They're so endearing!   [bussi] [eyeheart]  I wonder who you would choose for Kuolun and Rodriguez, too! The first is so evil,   [smhair] [electrified] and the second so despicable..  >:( [puke]

Flamme
 ;)
Personnally, I don't know who I would choose,
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 17. August 2013, 18:22:20 Uhr
Je passe vite fait pour vous livrer une suite... avec un Rodriguez toujours plus odieux.

Ce passage, Alex l'a titré : Rodriguez 0 - Taggart 1

C'est tout à fait ça !

Bizz

Limeye  :)


La terreur se lisait sur les visages de Rodriguez et des officiers du pont. Tous avaient entendu le bruit. Des gouttes de sueur perlaient au front de Rodriguez, et sa main tremblait alors qu’il la tendit vers la console de communication. Le Capitaine Teppler, récemment nommé premier Lieutenant, était devenu pâle. Le fait de s’affairer lui avait déclenché des nausées. "Monsieur", commença-t-il d’une voix tremblante. "C’est parti. La cloison est en train de se briser. Le vaisseau est en train de rendre l’âme, nous devrions évacuer."

"Taisez-vous, Teppler !" aboya Rodriguez avec colère en levant la main contre Teppler. "Si vous ne voulez pas que je vous traîne à l’hôpital devant tout l’équipage, fermez votre gueule ! Je ne vous laisserai pas saper mon autorité, vous avez compris ?"

Teppler baissa humblement les yeux, mais intérieurement, il bouillait. Rodriguez lui avait promis la richesse et la prospérité, mais en attendant, le jeune Capitaine se demandait si cela en valait la peine. Il était sur le point de se révolter contre le Commandant Rodriguez, de le tuer froidement sur la passerelle et de remettre à son poste le Commodore Becker. Mais rien que le geste de sortir son arme aurait coûté la vie à Teppler. Partout sur le pont, des space rangers désoeuvrés étaient postés. 

"Commodore", dit la voix de l’officier de communication, "Nous avons le contact avec la formation de combat. Je compte 23 vaisseaux, dont un navire de guerre de type République et deux cuirassés de la classe Confédération. En outre, deux grands porteurs rapides, une douzaine de croiseurs ainsi que des destroyers et des corvettes. C’est presqu’un quart de la marine terrienne, Monsieur. Vous allez sur un vecteur d'attaque." L’officier regarda son écran, puis revient à Rodriguez. "Nouveau contact, Monsieur ! Une escadre de Broadswords et de Libérateurs escortée de trois escadres de Super Sabres et de Hawks. Ils volent en formation d’attaque !" Des troubles commencèrent à se produire sur le pont. La voix de l'officier de communication était un peu paniquée. "Monsieur, nos combattants et des chasseurs-bombardiers ont quitté le hangar et font route vers l'attaquant."

Rodriguez serra les poings. Tout allait trop vite pour lui. "Logistique, où en est l’approvisionnement en carburant ?"

"20%, Monsieur", répondit une jeune femme au grade d'enseigne.

Rodriguez effectua mentalement quelques calculs rapides, puis il prit une décision. "Les vaisseaux citernes doivent se détacher et se rendre vers Vestara. Appelez sur l’astéroïde pour prévenir que la flotte se met en route. Alerte au combat ! Ordre aux corvettes : formation en coin devant le vaisseau amiral. Le Courageux doit faire sortir ses chasseurs d’interception. Les bombardiers doivent charger leurs missiles et rester en veille. Tous aux postes de combat !" Une fraction de seconde plus tard, les sirènes retentirent dans tout le vaisseau.

Une nouvelle fois l’officier de communication appela. "Commodore, le vaisseau amiral de la flotte de combat nous appelle. C’est l’Alabama. Le Commandant veut vous parler et vous offrir la possibilité de capituler."

Rodriguez grogna de manière désobligeante. "Une capitulation ? Pan ! Jamais. Qui est ce Commandant ? Est-ce seulement un planqué de l’Amirauté auquel on a accordé un commandement juste avant son départ à la retraite ?" Rodriguez n’avait pas remarqué qu’à cet instant, le propre canal de sa console était ouvert.

"Ici l’Amiral Hank Taggart à bord du croiseur de combat Alabama ! Rodriguez ! C’est à cause d’une petite merde comme toi que j’ai repris du service ! Je vais vous en faire voir du planqué !"

La peur pouvait se lire dans les yeux de Rodriguez. "Merde !" s’exclama-t-il. Avec Taggart, il pouvait s’attendre à tout. Rodriguez savait par expérience personnelle que Hank Taggart était un grand stratège et pouvait faire face à des cuirassés comme personne d’autre. Il connaissait Taggart, mais ce qu’il avait appris de lui le rendait prévisible et il savait que le vieux cheval de bataille était un adversaire dangereux, incalculable, surtout avec de tels moyens. Rodriguez répondit consciemment de manière aimable et affable au Commandant. "Amiral Taggart, quelle joie de vous rencontrer ici. Comment va votre famille ?"

"Rodriguez, je ne suis pas ici pour parler chiffons avec vous, mais pour vous donner mes conditions. Ecoutez-moi avec attention maintenant. Vous allez vous rendre immédiatement avec votre troupe et libérer le Commodore Becker ainsi que les policiers que vous retenez. Immédiatement, vous avez compris ?" A entendre sa voix, on comprenait que Taggart ne plaisantait pas. "Je veux aussi savoir où se trouve actuellement la Lieutenant Landor."

"Je suis désolé, Amiral", répondit Rodriguez avec une tristesse feinte, "Même avec les meilleures intentions du monde, je ne peux pas vous dire où se trouve Miss Landor à l’heure actuelle. Je ne l’ai pas vue depuis trois jours, depuis le bal des officiers. Je crains qu’elle n’ait quitté le vaisseau vers une destination inconnue."

"Rodriguez !", grogna Taggart. "Arrêtez de me faire marcher ! Si vous ne répondez pas à mes demandes dans les quinze minutes, vous êtes un homme mort ! Vous avez quinze minutes, puis mes bombardiers seront à portée de vous. Ah, encore une chose, Hernando, nous savons que la coque du Tennessee menace de s’effondrer. Ce n’est pas très bon pour vous. Si vous ouvrez le feu sur nous, vous scierez la branche sur laquelle vous êtes assis. Vous pouvez encore quitter le vaisseau sans mal. Pensez-y. Quinze minutes ! Le temps vous est compté ! Taggart, terminé !"

Le Capitaine Teppler jeta un regard implorant à Rodriguez. "Monsieur, ils le savent eux aussi. S’il vous plait, Monsieur, rendons-nous !"

"Teppler !" cria Rodriguez. "Ne vous ai-je pas dit de fermer votre stupide gueule ?" Il sortit son pistolet blaster et tira de sang froid dans la tête de Teppler, puis il quitta le pont en direction de sa cabine. "Lafayette ! Vous êtes désormais numéro 1 ! A vous la passerelle. Et débarrassez-vous de Teppler."

Lorsque Rodriguez referma la porte de sa cabine derrière lui, il se frappa à plusieurs reprises la tête contre le cadre de la porte. Puis son regard fit le tour de la spacieuse cabine du Commandant, qui était jusqu’à il y a quelques jours encore occupée par le Commodore Becker. Elle était propre et rangée. Le lourd et sombre bureau de bois précieux était poli et brillait, dans le fauteuil pivotant en cuir rembourré brillait la lumière zénithale. Sur le tapis moelleux, on ne voyait pas une trace de poussière. De l’autre côté de la pièce se faisaient face un lit confortable et un ensemble de sièges en cuir tout aussi confortables. Toutes les armoires étaient insérées dans les murs et les boiseries brillaient à qui mieux mieux. Sur une étagère près du bureau, Rodriguez trouva une carafe contenant un liquide ambré. Rodriguez la saisit, ouvrit le bouchon et renifla. Du scotch. Rodriguez prit un verre sur l’étagère et s’en versa une triple dose, qu’il but d’un trait. Il regarda une fois de plus vers la couchette. Devant le lit se trouvaient les chaussures de Katherine et, sur les draps de lits blancs, convenablement pliés comme en signe de dérision, ses bas noirs. De toute évidence, l’employé chargé du nettoyage de la cabine s’était permis une plaisanterie. Rodriguez s’occuperait de cette pauvre âme plus tard. Il posa le verre vide sur le bureau, s'allongea sur le lit et prit les bas dans sa main. Il y respira profondément le parfum encore persistant de Katherine. "Katherine…", murmura-t-il. "Si je ne sors pas d’ici vivant, alors vous non plus, je vous le promets !"

Il prit les chaussures et les chaussettes et les jeta dans le vide-ordures. Puis il retourna à son bureau, se versa un autre scotch qu’il but à nouveau d’un trait et retourna sur le pont. En chemin, il regarda sa montre : dans huit minutes, l’ultimatum expirerait.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 17. August 2013, 22:15:34 Uhr
Coucou Limeye!

"Rodriguez ! C’est à cause d’une petite merde comme toi que j’ai repris du service ! Je vais vous en faire voir du planqué !"

Ce passage-là, c'était du GRAND, du PRODIGIEUX  Taggart!  [goodjob] [master] [chinese] Que j'ai ri, je l'aime un peu plus à chaque chapitre, je l'embrasserais!  :-* :-* Mais il n'aurait pas dû se donner la peine de vouvoyer cette ordure, cette vermine, ce ver de terre, ce pourri jusqu'à la moëlle.... je vais arrêter là, je risque de ne plus pouvoir rester polie...  >:(

Quel être méprisable... je vais croiser les doigts pour qu'il ne puisse pas attraper Kat, ni même la pauvre âme qui a fait le ménage de sa chambre...  [smhair] [electrified]  Je plains tous ceux qui doivent le côtoyer..

Je grille d'impatience de le voir constater de quel bois se chauffe Taggart!  [jump] [jump] [jump] [jump] [jump] [jump]

Hallo Alex!

You can't guess how you are skilled at making me like Taggart (and all your story) and hate Rodriguez! I summarize what I have written to Limeye like this:

Taggart:  [master] [goodjob] [chinese] [eyeheart] [heart] [angel]  [respekt]

Rodriguez:  >:( [thumbsdown] [puke] [twak] [sortir] [bash] [mag]

Congrats,
Flamme
 ;)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 18. August 2013, 11:18:04 Uhr
Coucou tout le monde !

je rejoins Flamme pour la sortie de Taggart...

pour la suite, merci à Elaine et Alex pour un petit détail de traduction qui me coinçait... j'avance encore et peut-être que je pourrai vous un autre passage avant la fin de la journée (mais j'ai un peu de taf' quand même... ). Pour la dernière phrase, j'ai été volontairement vulgaire... en allemand, ça l'était aussi  ;) !

bizz et bon dimanche  :)

Limeye  :)


Peter bougea d’avant en arrière dans son siège de pilote peu confortable. Il ressentait un mélange d’excitation, d’incertitude, de peur et de tension. Les machines puissantes de son Broadswoard bourdonnaient d’une manière monotone mais régulière, il contrôlait toujours les signaux et les instruments de son chasseur bombardier. Tout était en parfait état et au milieu de la formation géante, Peter aurait effectivement dû se sentir bien, mais quelque chose le troublait. Encore et toujours, Joan lui revenait à l’esprit. Pour lui, la jolie policière blonde n'était pas seulement une courte aventure, pas après la deuxième nuit qu'il avait passée avec elle. Joan avait disparu et Peter ressentait un profond besoin de faire quelque chose, de la chercher. Il laissa son regard glisser sur l'escadrille d’une centaine de combattants et de chasseurs-bombardiers, il était en plein milieu. Un bombardier en plus ou en moins ne changerait pas grand-chose au nombre total, d’autant que les deux groupes de combattants rejoignaient la flotte de Taggart. Peter devait trouver le moyen de quitter la formation sans s’attirer d’ennuis. Il ne voulait surtout pas se retrouver jugé par une cour martiale pour désertion. Mais il se sentait responsable et complice de la disparition de Joan. S’il avait seulement attendu Joan trente secondes, tout cela ne se serait probablement jamais passé. Il devait agir, et agir vite. Le rendez-vous avec les unités en approche aurait lieu dans moins de huit minutes. Il alluma sa radio sur le canal privé de la machine de Danica Vukovic. "Danny ?"

"Qu’y a-t-il Pete ? Nous devons garder le silence."

"Danny, je dois y aller. Je dois quitter la formation et chercher Joan."

"Négatif, Pete. Tu n’as pas idée de l’endroit où la chercher et seul, tu n’as aucune chance d’atteindre les basses couches aériennes de Sameda II." Danica qui volait sur le flanc bâbord de Peter, fit un peu vaciller ses ailes. "De plus, je ne peux pas te donner l’autorisation pour le moment, demande la permission à Bernard."

Pour parler avec le Commandant Bernard qui se trouvait dans l’appareil de tête, Peter devait changer de canal d’escadre et tous les pilotes entendraient sa demande. Peter n’avait pas le choix et il prit une profonde inspiration, ouvrit le canal et appela son commandant d’escadron. Il ne risquait guère plus qu’une remontrance en bonne et due forme pour avoir brisé le silence radio, les vraies conséquences se feraient sentir bien plus tard, ce qui lui était égal. Sa préoccupation était plus importante pour lui. "Jakebrake 19 appelle Chef Jakebrake."

Légèrement agacé, le Commandant Bernard répondit : "Chef Jakebrake. 19, j’avais ordonné le silence radio. Que voulez-vous, Becker ?"

"Monsieur, je voudrais vous demander la permission de quitter la formation."

"Pourquoi, 19 ? Avez-vous un problème technique ?"

"Non, Monsieur, tout l’appareil fonctionne parfaitement. Je voudrais voler jusqu’à Sameda II pour chercher la Lieutenant Landor."

Bernard hésita un instant avant de répondre. "Négatif, Becker. Restez dans la formation. Ce n’est pas l’endroit pour des affaires privées. La Lieutenant Landor est certainement recherchée par des membres de la flotte."

"Mais Monsieur, je…"

"Pas de discussion, Becker ! Vous restez dans la formation et dans le vol, c’est compris ?"

"Peter aime Landor, Monsieur" intervint Danica. "Et il est assez bouleversé. Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, si Peter est inattentif, il ne sera pas d’une grande aide dans la bataille, mais plutôt un danger pour vous-même !"

Le Commandant Bernard resta silencieux pendant un moment, puis répondit : "Bien. 19, vous pouvez quitter la formation, bonne chance et soyez prudent ! Et cela vaut aussi pour vous, 18."

Perplexe, Vukovic répondit : "Monsieur ? Je ne comprends pas ?"

"18, vous allez voler avec Becker. Personne ne sort sans son ailier, c’est compris ? Allez au Diable ! Chef à l’escadron : serrez les rangs. Chef Jakebrake terminé."

Les deux chasseurs bombardiers rompirent la formation et se dirigèrent vers Sameda II. Peter envoya encore un message radio à ses camarades. "Merci ! Bonne chasse et enculez bien Rodriguez !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 18. August 2013, 15:26:46 Uhr
La suite  ;D !

J'avoue que j'imaginais bien Rodriguez avec cette tête-là, mais en plus gros, plus "enveloppé".

Et John est assez proche aussi de ce que j'imaginais, mais un rien plus jeune. Contrairement à Elena Marko que je voyais plus âgée... quant à "Joan"... elle est très ressemblante !

Maintenant, il nous manque : Maggie, Peter, Danica, Lilla...  [sm]

C'est encore plus vulgaire que l'original allemand ... ;D [goodjob] [pfui]

Ich weiss es...  ;)

cela dit, j'ai une suite aussi pour vous ! J'avoue que ce passage est cependant peut-être un de ceux que j'ai traduit le plus approximativement, car Alex y décrit surtout l'équipement militaire, et le transporteur King William, et comme qui dirait que je ne suis pas très familiarisée avec les termes militaires (le fusil m'a donné quelques soucis  [mindoubt]. Cependant, j'espère être restée la plus précise possible et proche du texte original... Le dernier passage qui me reste à traduire pour revenir "à hauteur" d'Alex devrait être plus simple  ;) !

bizz

Limeye  :)


John fut accueilli par les Rangers de l'espace dans la salle de briefing avec de grands applaudissements. Une atmosphère presque euphorique emplissait la salle. Les soldats étaient chauds pour partir en mission et posaient de nombreuses questions précises sur la mission à John, Elena Marko et Timothy Scott qui répondaient bien volontiers et aussi précisément que possible. Une centaine d'hommes et de femmes du 101e Bataillon de Rangers s'étaient portés volontaires, et Marko et Scott avaient réparti les soixante meilleurs en deux équipes. La première équipe composée d’une quarantaine de soldats serait dirigée par Timothy Scott, pour sortir le Commodore Becker de sa prison, les vingt-deux autres faisaient partie de l’équipe numéro deux menée par Elena Marko et John pour organiser le sabotage du Tennessee. Ils étaient en train de réfléchir à l’éventualité de faire se retrouver les deux équipes, une fois leur mission réussie, dans le hangar afin de gagner la passerelle pour y arrêter le Commandant Rodriguez et son état-major, mais cette idée fut rejetée du fait de l’état incertain du croiseur de bataille. Il n’y avait qu’une chose à faire : entrer, récupérer le Commodore et paralyser le vaisseau, libérer les policiers et quitter le vaisseau le plus vite possible. Les appareils des chasseurs devraient protéger les vaisseaux et appareils de sauvetage et les escorter jusqu’à la flotte, une fois qu’ils auraient regagné l’espace. Ceux qui resteraient volontairement sur le Tennessee y périraient, il n’était de toute façon pas question de les aider. Le plan d’intervention était en tout cas très complexe et fut mis minutieusement au point. La mission des Rangers de l’espace devait au maximum durer deux heures, pendant ce temps les chasseurs devaient emporter le combat – ce qui ne devrait pas être trop difficile car Rodriguez n’avait de disponibles que les trois escadrons du Courageux, soit près de 210 chasseurs et bombardiers. Numériquement, Rodriguez était en infériorité par rapport à Taggart à 4 contre 1 – à condition que les rebelles samediens ne lui apportent pas leur soutien. Sinon, la situation s’équilibrerait et pourrait tourner à l’avantage de Rodriguez et des rebelles, car ils pouvaient être approvisionnés en matériel et en personnel, ce qui n’était pas le cas pour Taggart.

La Colonel Marko regardait ses soldats en tenue de combat noire, elle connaissait la plupart d'entre eux par leurs prénoms. A presque tous, Marko avait déjà refusé des demandes. Elle faisait confiance à ses troupes, autant que ceux-ci faisaient confiance à leur chef de bataillon. Marko était considérée par ses hommes comme un peu "rugueuse" parce qu’elle agissait parfois avec une rudesse un peu exagérée face à l’ennemi et à cause de ses penchants pour les grenades à main. Certains Rangers pensaient que Marko se préparait à en finir un jour avec une grenade. Néanmoins Elena Marko était très populaire en tant que personne et en tant que Commandante et avait toujours montré une grande volonté et beaucoup de discipline. "Est-ce clair pour tous ? Ou y a-t-il encore des questions ?" Les hochements de tête de tous furent la réponse. Marko sourit avec joie. "Bien, tous à vos postes pour prendre vos armes ! Décollage du King William dans trente minutes !" Les commandos se levèrent comme un seul homme et quittèrent la salle de briefing.

John regarda de côté Marko pendant un moment. Jusqu'au nez un peu tordu et ses yeux verts comme l'herbe, la jolie femme d’une quarantaine d’années offrait une ressemblance frappante avec Katherine, aussi sur le plan de son énergie et de sa spontanéité. Cependant Katherine avait dans sa nature quelque chose de maternel et de bienveillant, ce qui manquait complètement à Elena Marko. Elle lui avait parlé de son fils adolescent et était heureuse qu’il puisse grandir auprès de la sœur de Marko. Elena Marko ne se considérait pas elle-même comme une bonne mère. Le père, ou le géniteur, comme Marko appelait de manière désobligeante l'homme, était encore ranger de l'espace. Le garçon avait été conçu il y a dix-sept ans lors d’une brève mais intense histoire lors d’une formation. Marko pointa deux doigts sur la poitrine de John et sourit : "Que se passe-t-il, Capitaine ? Votre pantalon est déjà plein ?"

John respira profondément et souffla. "Pas du tout, Colonel. Je n’en peux plus d’attendre de monter à bord du Teardrop." Il proposa d’une manière absolument pas militaire son bras à la Colonel Marko. Avec un petit sourire il demanda : "Voulez-vous, Madame ?" Secrètement cependant, il savait que Marko avait raison. Un sentiment d'angoisse commençait à se répandre dans le creux de son estomac. Bientôt il allait se jeter dans la fosse aux lions et John avait le sentiment d’être ce que l’on jetterait à ces lions à manger.

Devant l’arsenal, John et la Colonel Marko firent signe à un caporal et s’avancèrent vers une table où se trouvaient divers armes et matériels. Le caporal remit à John une ceinture avec un lourd pistolet militaire et de petits outils, un gilet pare-balles et un fusil semi-automatique qu’il pouvait porter à l’épaule. "M-106, très maniable dans les passages étroits", fut le commentaire laconique du petit gradé de la troupe. John hocha la tête, il savait que la version policière de cette arme à feu permettait une attache à l’épaule rigide, offrant la possibilité de lancer des grenades et une lunette de visée.

Le même équipement fut attribué à la Colonel Marko, avec en plus sur la sangle d’épaule dix grenades à main dont l’étiquette indiquait qu’il s’agissait d’obus de fumée ou plutôt d’obus éclatants qui devaient rendre l’adversaire sourd et lui faire perdre le sens de l’orientation sans causer volontairement de blessures sérieuses. John regarda autour de lui et vit que la quasi-totalité de la soixantaine de soldats avait le même équipement qu’elle. Ceux qui ne portaient pas de grenades à main avaient leurs sacs à dos bien remplis avec des recharges pour les armes et du matériel de premiers secours.

Sur le mur opposé de l'arsenal était accroché un grand miroir dans lequel les soldats pouvaient vérifier, si besoin était, leur camouflage facial. John se regarda. Lui-même portait une de ces tenues de combat noires, avec les insignes du grade de capitaine. Cependant, il avait été promu de manière officieuse, parce que le rang de Capitaine dans la Marine et  chez les Rangers de l’espace avait toujours correspondu à celui de Major ou de Commandant à la police de l'espace et pour une obtenir une promotion au grade de Major, John devrait attendre au moins trois à quatre ans. Son rang correspondait plus à celui d’un Lieutenant chez les Rangers.

Les soldats se rendaient petit à petit vers le hangar et montèrent à bord des navettes qui allaient les conduire jusqu’au transporteur rapide King William.

Sur le pont d’envol du transporteur, il faisait chaud et c’était bruyant. Les arcs électriques des appareils illuminaient les murs, des ordres retentissaient et résonnaient jusque sur le sol. L'air était rempli de vapeurs d'huile et de carburant. L'équipage du King William semblait être de bonne humeur, ce qui se voyait à une grande agitation et des visages motivés. Pratiquement personne ne porta attention à la soixantaine de Rangers de l’espace qui montaient à bord des navettes avec leur armement complet et qui s’alignaient en rang par trois dans la zone ouverte du pont d’envol. De telles scènes étaient quotidiennes sur un transporteur rapide.

John regarda autour de lui. La taille du pont d’envol du King William était presqu’écrasante. Le transporteur faisait 900 m de long et à peine 300 de large. Il possédait trois pont d'envol qui s'étendaient sur presque toute la longueur et la largeur et pouvait transporter plus de cinq cents avions de chasse et leurs pilotes, ainsi que le personnel de maintenance. A cela s'ajoutait l'équipage d'environ huit cents hommes. Dans l'ensemble, un transporteur de cette classe comptait trois mille membres d'équipage. La flotte comptait actuellement deux de ses transporteurs.

Marko et Scott menèrent leurs troupes vers l’arrière du King William, où se trouvaient les deux Teardrops. C’était des vaisseaux spatiaux d’un beau noir mat, d’une trentaine de mètres de long, qui étaient appelés ainsi à cause de leur coque en forme de goutte, qui se rétrécissait vers l’arrière où un petit moteur était installé en position centrale. L’entrée, en forme de trappe circulaire, était située directement sous l’arc, derrière elle, de chaque côté, se trouvaient des coupoles hémisphériques en verre dans lesquels le pilote et le copilote s’installaient. Ces deux dômes ressemblaient à des yeux et donnaient aux Teardrops une apparence de poisson. Maggie de Havilland et un autre pilote attendaient près des navettes et parlaient avec animation.

John grimaça de peur quand une main lourde vint se poser sur son épaule. C’était Curtis qui avait surgi de nulle part en compagnie de Nurara. "Hé Curt, hé Nurara" cria John pour se faire entendre. "Tout va bien pour vous également ? Nous n’attendons plus que l’ordre de nous mettre en route."

Curtis opina. "Oui, nous allons partir également, Nurara n’attend plus que le feu vert. Nous devons nous rendre sur le pont inférieur où se trouve le Devil. Lorsque débutera le combat, nous serons en route."

John se sentait trop nerveux à ce moment-là pour mener une conversation vraiment sensée. Il regarda tour à tour Nurara et Curtis, et dit seulement : "Bonne chance. Trouvez Joan !"

Nurara s’avança vers John et le serra dans ses bras. "Et toi, sois prudent, tu entends ? Et ramène Kat à la maison."

John s’arracha de ses bras et répondit : "Même si c’es la dernière chose que je dois faire. Et maintenant, vous deux, disparaissez !" Un large sourire traversa son visage. Avec un dernier signe, Nurara et Curtis montèrent dans l’un des ascenseurs.
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 18. August 2013, 17:41:19 Uhr
Et voilà le dernier morceau, à Alex maintenant  ;) !

Limeye  :)


Les Rangers de l’espace appelés par Kuolun avaient atteint le barrage routier quelques heures après le passage de Joan et Lilla. Un groupe de rebelles samediens avait commencé à nettoyer et à réparer les dégâts. Un des rebelles fit signe au chef de la troupe. "Un d’entre eux vit encore, Lieutenant. Il a dit que c’était deux femmes, l’une était plus vraisemblablement une humaine qu’une samedienne. Elle l’a sérieusement blessé et tué les deux autres."

Le Lieutenant opina. "On dirait qu’il s’agit de la personne que nous recherchons. Où mène cette route ?"

"Aux montagnes Fuldhim, il y a un passage qui mène au travers. Lorsque vous traversez les montagnes, vous rejoignez la région Roag. En dehors de l’agriculture et de l’élevage, il n’y a pas grand-chose là-bas. C’est peu peuplé, plat et cela offre peu de possibilités de se cacher."

"Alors, c’est qu’elles ont fui dans la montagne", conclut le Lieutenant. "Cela pourrait être difficile de les y trouver. Y a- t-il des guides de montagne ?"

Le Samedien secoua la tête. "Non, presque personne ne va là-bas volontairement. La majeure partie de cet endroit est effrayante. Des fantômes et ce genre de choses, vous comprenez ? Les vieux s’y reconnaîtraient peut-être, et encore, cependant personne ne serait capable de faire une excursion en montagne. Et les jeunes apprennent à ne pas y aller. Si vous voulez y aller, je crains que vous n’ayez à le faire vous-mêmes. Nous en connaissons aussi peu que vous."

Le lieutenant grogna et se retourna. Il fit un geste de la main en direction de ses troupes et leur indiqua de s’asseoir à nouveau sur la plate-forme du camion. "Bande de superstitieux", murmura-t-il en s’asseyant dans la cabine sur le siège du passager. Il poussa le chauffeur local et murmura : "Allons-y, mec."

Après vingt minutes de route, on frappa sur le toit de la cabine. "Arrêtez-vous tout de suite !" cria le Lieutenant au conducteur. Il sortit et leva les yeux vers la plate-forme. "Qu’est-ce qui se passe ? Qu'y a-t-il, bon sang ?" cria-t-il.

Un des soldats désignait une partie du chemin. "Des traces de pneus, Monsieur, qui mènent dans les bois !"

Le Lieutenant courut immédiatement vers l’endroit et découvrit quatre traces de pneus creusées dans le sol, probablement celles d’un petit véhicule tout terrain. Le sol avait conservé l’humidité de la nuit précédente, d’autant plus qu’il y avait eu de fortes pluies. Les traces étaient encore fraîches. Le véhicule tout terrain était passé là il y a quelques heures, il ne pouvait être bien loin. Le Lieutenant s’approcha du conducteur. "Où mène cette voie ?"

"A travers la forêt, vers les montagnes. Ce chemin est étroit et non carrossable. Mon véhicule est trop large et trop lourd pour y passer. Par la forêt, cela fait environ cinq à six kilomètres, puis vous tomberez sur les premiers rochers."

Le Lieutenant frappa avec le plat de sa main contre la portière du chauffeur. "Merci, mec. Vous pouvez sortir ! Les gars ! Descendez ! Nous continuons à pied !"
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: flamme am 19. August 2013, 00:44:57 Uhr
Coucou!

C'était peut-être vulgaire, "enculer Rodriguez", mais ça traduit très bien ce qu'il inspire  >:(  Et je n'ai pas peur de dire que je suis d'accord!  ;D  [goodjob]  J'ai bien aimé la réaction du commandant Bernard face à la demande de Peter, j'ai toujours apprécié les gens compréhensifs!  :D  Peter est prêt à courir lui aussi de gros risques pour Joan, ça me touche, que veux-tu... ;D 

Je trouve qu'Alex a vraiment fait un bon choix d'acteurs, surtout pour Rodriguez (c'est vraiment proche de ce que j'imaginais) et John! Joan aussi est très ressemblante, mais j'imaginais Elena un peu plus "masculine"... Tu as raison, Limeye, il en manque d'autres, et Kuolun n'est pas encore là... ni Curtis, ni Taggart!   

Hallo Alex!

Very good choice for the actors! Especially Rodriguez and John... I like Joan, too. Elena is different of what I had in mind.... And Kuolun? Curtis? Taggart? I'm anxious to see the actors you have chosen for their part!

Can't wait for the next part, as usual...



Je suis impatiente de connaître la suite!  [jump] [jump] [jump] [jump] [jump]

Flamme
 :D
 

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 19. August 2013, 09:31:59 Uhr
Hello Alex !

excellent choix que Liam Neeson ! J'adore cet acteur !

et Daniel Day Lewis aussi...

sacré générique pour un futur film en tout cas...  [goodjob] ! Si tu arrives à les avoir tous, je veux bien faire la scripte  [director] (ou la maquilleuse, heu, mais là, franchement, je promets rien  ;D).

bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: Elaine am 19. August 2013, 10:40:17 Uhr
 [goodjob] [goodpost] [jump] [jump] Free Nurara est vraiment bien trouvée, j'aime aussi l'acteur d'Avatar pour Peter (Sam Worthington, faut au moins cela pour que Joan lui saute dessus, faut qu'il ait du corps) et Antonio Banderas pour Rodrigez ( au moins il se sait  beau [eyeheart] et a le sens de l'humour). Sinon Russel crowe ( Gladiator)  ferait bien dans le décor comme Tovin.

Pour Ezzra  j'aime bien Morgan Freeman ou Mickael Caine, dans le rôle mais physiquement Ian mc Kellen ( Richard III)  même s'il est un peu vieux. SInon pourquoi george Clooney, Ezzra qui dit " What else?" c'est pas beau? ;D Sinon Sean Connery, oh oui. Là c'est de la pure nostalgie!En fait il nous faut un John Wayne... et pourquoi pas celui qui joue Leroy Jethro Gibbs?

Bon, Kevin Kostner meriterait de figurer dans la liste, non? Curtis? Trop vieux?
Sinon Emma Watson en Joan serait crédible, pas trop belle, dynamique et intelligente...question yeux bleux, l'actrice principale de BOnes teintée est pas mal non plus. J'en veux une moins blonde....

kekvouenpensez?
bizz

Titel: Re: Meuterei / Version française
Beitrag von: limeye am 19. August 2013, 11:13:46 Uhr
J'en pense qu'il faut nous mettre des photos  ;D

Kevin Costner... pfff... nostalgie... j'adore aussi ! C'est vrai qu'il nous le faut quelque part ! Il pourrait jouer Tovin aussi, non ? Ce serait bien un rôle pour lui... par contre, non, je ne le vois vraiment pas jouer Curtis... pas crédible en Capitaine et puis mine de rien, Zac Efron, il fait plutôt bien l'affaire. Surtout que je l'ai vu récemment dans un film où il n'ose pas avouer ses sentiments, et franchement : très crédible. Pour faire joujou avec des pistolets à protons par contre, je sais pas  ;D

Sean Connery pour Ezra... ou pour le père de Kat ? Ancien boxeur... il a bien la carrure, non ? Et qu'est-ce qu'on fait d'Harrison Ford ? Vous voulez pas Harrison Ford au générique aussi ?

Pour Joan, je continue à militer pour Rachel MacAdams, mais l'actrice trouvée par Alex est bien aussi (Julia Dietze).

Du coup, ça me fait penser qu'il faut aussi un rôle pour Ryan Gosling (le lieutenant Baxter ? ou Peter ? - non, ça n'irait pas pour Peter, il a le regard trop doux. Il faut un regard plus viril pour Peter et Sam Worthington fait bien l'a