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=> Forum Français => Thema gestartet von: limeye am 31. Dezember 2012, 09:33:07 Uhr

Titel: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 31. Dezember 2012, 09:33:07 Uhr
Hallo Leute  :)

Hier ist eine kurze Geschichte bis zum Ende des Jahres, zweiteilig.

Die erste Teil heute, und die zweite morgen. Sie werden verstehen...  ;)

Voici une courte histoire en deux parties. La première pour aujourd'hui, la deuxième demain. Vous allez comprendre pourquoi...

Es kann auch als Bonus in der Geschichte der Beloga gelesen werden.

Elle peut se lire aussi comme un bonus de l'histoire de Beloga.

Bonne lecture et belle dernière journée de l'année  :)  [partytime]

Limeye  :)


New York. 31 décembre. 16H30.


Joan regardait la nuit tomber par la fenêtre de son bureau. On était le 31 décembre. Elle était de service jusqu'à 18H. Ezra avait pris quelques jours de vacances, et était parti, à priori en charmante compagnie, sur une petite île des Antilles. Elle était donc seule au bureau pour plusieurs jours. Et c'était la fin de l'année.

Elle poussa un léger soupir. Elle aurait aimé rejoindre Jelle, Davies et leur petite fille au Canada, où ils habitaient depuis quelques mois, pour ce réveillon, mais ce n'était pas possible, alors, elle avait accepté la proposition de Suzy, d'aller faire une grosse fiesta avec toute une bande de copains, de copains de copains, etc... En tout, au moins 80 personnes. Voire la centaine sur le coup de minuit.

C'était bien beau, mais Curtis Newton, la seule personne avec laquelle elle aurait aimé passer cette fin d'année, était certainement plongé en pleine recherche dans un laboratoire faiblement éclairé par la lumière lunaire. Elle se demandait si Grag avait prévu un repas particulier pour ce réveillon ou si, comme elle le pensait plutôt, toute la petite équipe négligerait superbement de fêter cette fin d'année.

Il l'avait appelée une douzaine de jours plus tôt, pour prendre des nouvelles, ce qu'il faisait un peu plus souvent maintenant, mais de manière toujours très policée et uniquement amicale. Il lui avait demandé si elle avait quelques congés pour aller voir la petite famille Ashton, et elle lui avait juste avoué qu'elle serait de service, et n'aurait droit qu'à trois petites journées, les trois premiers jours de l'année, et qu'il lui était alors impossible de se rendre auprès de ses amis, le voyage lui coûterait trop cher pour trop peu de temps à passer avec eux. Elle espérait pouvoir les revoir avant la fin de l'hiver, pour découvrir ce que Jelle appelait avec enchantement le "Grand Nord".

Elle avait osé lui demander s'il avait prévu quelque chose de son côté et il avait simplement négligemment répondu "Oh, moi tu sais, ce genre de choses... Rien de spécial."

Elle aimait faire la fête, il y a moins d'un mois, elle avait participé avec grand plaisir - d'autant plus grand qu'elle revenait de mission avec Ezra - à la fête organisée par les jeunes étudiants de l'Académie de la police interplanétaire. Cette fête monstrueuse marquait la fin d'une session de cours et était l'occasion pour toute la petite communauté estudiantine de soulever un peu la soupape et d'évacuer de la pression due à la stricte formation qu'ils suivaient tous et toutes au cours de l'année.

A cette occasion, elle avait beaucoup ri, beaucoup dansé, bu un peu aussi, avec Suzy et Clara, ses deux meilleures amies après Jelle. Mais Jelle était plus que sa meilleure amie. Jelle était comme sa sœur. Elle fronça un peu les sourcils en repensant à cette soirée, car à cette occasion, Hans Stern, un des collègues de Clara lui avait fait de sérieuses avances. Elle était parvenue à s'esquiver, mais il avait insisté lourdement. Heureusement qu'elle n'avait pas trop bu, car elle se demandait encore si elle serait parvenue à lui échapper dans le cas contraire. Hans était certes un beau jeune homme brun, au nez un peu fort, mais au sourire éclatant, aux yeux couleur noisette. Il dégageait beaucoup de charme, était intelligent et vif.

Et il était tombé amoureux de Joan Randall. Sauf que Joan Randall n'était pas du tout amoureuse de Hans Stern. Son cœur battait pour une inaccessible étoile. Un adorable crétin comme aurait dit Jelle, mi sérieuse, mi badine. Une espèce de grand gaillard aux cheveux roux, aux yeux gris qui parfois devenaient plus sombres quand il la regardait, au nez bien dessiné, au sourire beaucoup plus charmant que celui de Hans. Plus intelligent - sans commune mesure - que lui aussi, courageux, trop parfois, aventurier, redresseur de torts, sauveur de jeunes filles en détresse (parfois elle), pourfendeur de tyrans, d'assassins, de pirates. En bref, un super-héros plus connu sous le nom de : Capitaine Future.

Elle secoua la tête pour chasser de ses pensées autant Hans Stern qu'elle reverrait dans quelques heures pour ce réveillon entre amis, que Curtis Newton qu'elle reverrait... elle ne savait quand.

Elle regarda l'heure et boucla quelques dossiers, passa quelques coups de fil pour s'assurer qu'il n'y avait rien à relever et contacta son collègue, Jimmy Basson, qui prendrait sa suite. Elle lui passa les consignes, les quelques informations importantes de la journée. Et lui souhaita bon courage pour la nuit. Elle aimait beaucoup Jimmy, il avait une douzaine d'années de plus qu'elle, et était veuf. Sa femme avait été, comme Joan, comme lui-même, dans la police et avait été tuée lors d'un contrôle qui avait mal tourné. Depuis, Jimmy, qui avait eu beaucoup de mal à s'en remettre, et pour ne pas se retrouver seul à certains moments clés de l'année, assurait le service - au grand bonheur de nombre de ses collègues – à toutes les dates que tous préféraient passer entre amis ou en famille : la fête nationale, la fête de la Paix, le réveillon de fin d'année.

Enfin, 18H s'afficha sur la petite horloge de son ordinateur et elle referma ses dossiers, éteignit son poste, rangea quelques affaires et sortit du bureau en le verrouillant. Elle passa au vestiaire pour se changer et fila sans attendre jusque chez elle. Suzy devait passer la chercher pour 19H15. Elle avait une petite heure devant elle pour se préparer pour la soirée. Elle savait déjà quelle tenue elle porterait. Elle avait choisi une robe de soirée plutôt sage. Elle ne voulait pas donner l'impression d'aguicher qui que ce soit. Même si elle savait que, même habillée comme une mendiante, Hans Stern ne l'aurait pas lâchée de la soirée. Si seulement elle pouvait avoir un autre cavalier !

Dans tes rêves, Joan Randall, dans tes rêves...

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 31. Dezember 2012, 09:37:40 Uhr
Elle était parvenue jusqu’à sa porte, et une étrange intuition l'avait saisie, durant une courte seconde. Quelque chose flottait sur le palier qu'elle était incapable d'identifier et pourtant... elle n'y prêta pas plus attention, mais elle allait bien vite comprendre...

L'appartement de Joan n'était pas très grand, mais d'une belle taille cependant si on considérait qu'elle y vivait seule. Il était des couples avec un, voire deux enfants, qui auraient aimé pouvoir habiter dans un tel lieu. Il était composé d'une petite entrée qui donnait sur un couloir menant à sa chambre et à sa salle de bain, car comble du luxe, elle avait une baignoire... Une porte conduisait aussi au salon living qu'il fallait traverser pour gagner une petite cuisine aménagée de façon très pratique. Enfin, un large balcon, presque une terrasse, courait tout le long de l'appartement, depuis la chambre jusqu'à la cuisine. Pour rien au monde, elle ne l'aurait abandonné. Enfin, presque pour rien.

Elle l'appréciait d'autant plus qu'il était situé au 42ème étage d'un des grands buildings de New York, à un quart d'heure de marche à pied de l'immeuble de la police interplanétaire et du siège du gouvernement. Elle avait eu une chance folle de le trouver. Elle aimait profiter du large balcon, dès que le temps le permettait. Pour y prendre son petit déjeuner quand il faisait beau ou même y faire de courtes siestes réparatrices l'été. Pour y partager un verre entre amis, avec Jelle et Davies notamment tant qu'ils résidaient encore à New York, ou depuis quelques temps, pour s'y installer et admirer la Lune.

Son appartement était plongé dans le noir, alors qu'il aurait dû être faiblement éclairé par les lumières de la ville. Or, il y faisait vraiment noir, hormis une grande bougie allumée sur la petite table ronde du coin living. Une bougie qui révélait une table dressée pour deux, avec une jolie vaisselle blanche, des verres de fête, des couverts d'argent qu'elle identifierait un peu plus tard comme étant d'anciens couverts de famille, qui avaient été utilisés de nombreuses fois, mais qui étaient très beaux et très bien entretenus. A côté de la bougie, elle distingua trois roses rouges plongées dans le seul joli vase qu'elle possédait. Un vase en cristal qui avait appartenu à la mère d'Ezra et que celui-ci lui avait donné pour sa fête, il y a deux ans. Elle avait été très touchée de ce cadeau et y tenait beaucoup.

Elle resta interdite un moment, sur le pas de la porte du salon. Qu'est-ce que cela signifiait ? Qui ? Il n'y avait personne dans la pièce. Et l’appartement était silencieux. Elle comprit que les stores de la cuisine avaient été baissés, ainsi que ceux du salon, hormis celui qui couvrait la porte menant sur le balcon. Porte qui était très légèrement entrebâillée. Elle laissa ses yeux s'habituer à l'obscurité et finit par distinguer une silhouette, tournée vers elle, appuyée sur la rambarde du balcon. Elle ne pouvait voir son visage, soigneusement dissimulé dans l'ombre de l'étage du dessus. Elle ferma un instant les yeux, priant pour que ce ne soit pas Hans Stern... Elle voulait bien passer la soirée avec n'importe qui, mais pas seule en tête à tête avec lui. Enfin, n'importe qui... évidemment, elle avait une préférence en ce qui concernait le "qui", mais bon...

Dans tes rêves, Joan Randall, dans tes rêves...

Elle se décida à s'avancer un peu plus dans la pièce, s'arrêtant un instant pour admirer les roses et en respirer le parfum délicat. Puis elle s'approcha de la fenêtre et entra sur le balcon. Elle ressentit un profond soulagement et une joie immense quand elle entendit une voix chaude qu'elle aurait reconnue entre mille lui dire :

- Bonsoir, Miss Randall, et joyeuse fin d'année.

Tout en lui tendant un très joli verre, de la même facture que ceux qui ornaient la table, avec du champagne au parfum léger.

- Bonsoir, Monsieur Newton, et merci de cette belle surprise pour une fin d'année.

Et elle fit légèrement tinter son verre contre celui de Curtis, puis le porta à ses lèvres pour goûter sa première gorgée. Le vin était excellent, elle n'en avait pas bu d'aussi bon depuis... les 50 ans d'Ezra, deux ans plus tôt.

- Tu es la seule personne avec laquelle j'avais envie de passer cette fin d'année et entamer la nouvelle, lui dit-il. Mais peut-être avais-tu prévu autre chose et préfères-tu... ?
- J'étais invitée par Suzy et Clara, entre autres, à une fête monstrueuse, avec au minimum 80 personnes.
- Ouille, dit-il en faisant la grimace. Néanmoins, même si je ne suis pas fan de ce genre de grand rassemblement, je peux t'y accompagner si tu acceptes ma présence et si tu tiens à y aller.
- Mais tu as, semble-t-il, prévu autre chose ?
- Oh, juste un petit repas que Grag m'a aidé à concocter... Je crains d'ailleurs qu'il n'y ait parmi ses préparations culinaires quelques petites choses un peu bizarres, que seule Jelle serait curieuse de goûter, mais pour le reste, je pense qu'il y a de quoi faire un repas pour deux tout à fait raisonnable et je l'espère, délicieux. Quant au vin... j'ai fait un petit tour dans la cave d'Ezra avant de venir. Il se plaint toujours qu'on ne vide pas ses bonnes bouteilles...

Elle rit et ajouta :

- Alors, puisque j'ai le choix, je préfère rester ici, mais tu vas m'accorder un petit quart d'heure, car je n'ai pas envie de rester en tenue de ville pour cette dernière soirée de l'année.

Il lui sourit en faisant un simple signe de la tête, compréhensif. Et au fond de lui, il se sentit quelque peu impatient que le petit quart d'heure soit écoulé.

Dans tes rêves, Curtis Newton, dans tes rêves...
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 31. Dezember 2012, 09:46:20 Uhr
Néanmoins, quand le quart d'heure fut écoulé... ce fut à son tour de rester surpris face à ce qu'elle lui présentait. Il avait, peu après qu'elle l'ait quitté, regagné le salon, refermé la porte du balcon pour laisser le froid de la nuit à l'extérieur, et avait entrepris d'allumer toutes les bougies qu'il avait soigneusement disposées dans la pièce. Il mit aussi un peu de musique, il connaissait ses goûts et trouva sans peine le fichier contenant les plus belles chansons d'Ella Fitzgerald. Pas mal pour commencer la soirée, se dit-il. Plutôt enlevée, et gaie, comme musique, on ne tomberait pas tout de suite dans le romantisme le plus banal.

Puis il alla chercher les premières préparations de Grag, qu'il avait rangées au frais, et plaça la bouteille de champagne dans le seau à glace.

Ensuite, il s’accroupit à nouveau devant les étagères où elle rangeait les fichiers de musique, et en fit l'inventaire pour choisir ce qu'il lui ferait écouter au fil de la soirée. Il était encore en train de peaufiner son choix quand elle entra dans le salon. Il se retourna pour la regarder, et s'il n'avait pas eu une extrême maîtrise de lui-même, il serait tombé en arrière sur le sol.

Elle portait une très longue robe blanche, presque une robe de princesse de contes de fées, une robe qu'elle avait achetée deux ans auparavant pour une occasion spéciale, un anniversaire, ou une fête, mais en dehors du baptême de sa filleule, elle ne l'avait jamais portée. Le haut était un simple bustier qui dégageait complètement ses épaules. Le bustier était agrémenté de dentelles fines que l'on retrouvait également sur deux pans de tissu qui descendaient sur le devant de la robe. Entre les deux seins, il y avait une fleur rouge en tissu. La robe était agrémentée d'une fine ceinture, du même rouge, qui formait un joli nœud sur son ventre et dont les deux bouts pendaient sur le devant.

Elle avait coiffé ses cheveux légèrement en arrière et y avait glissé sur le côté gauche une sorte de petite barrette, un rien enfantine, décorée d'un petit papillon, rouge également. Deux petites perles grenat ornaient ses oreilles. Elle portait un simple collier en argent, avec un signe chinois en pendentif dont il lut immédiatement la signification : Lune. Et à sa main gauche, la bague ancienne de sa grand-mère, également en argent.

Elle était... ravissante de simplicité. Elle était... ce qu'il aimait le plus en elle. Cette simplicité qui soulignait sa beauté, sa générosité, son intelligence.

Il ne s'était pas attendu à une telle surprise, même s'il avait eu déjà - rarement, mais à qui la faute, n'est-ce pas ? - l'occasion de la voir en robe de soirée. Il se releva lentement, prenant un peu plus que d'habitude sur lui pour garder le contrôle de ses émotions et s'avança vers la table pour reprendre leurs verres. Il lui tendit le sien en souriant. Mais ce qu'il ne savait pas et qu'il était de toute façon bien incapable de contrôler - et il n'y parviendrait jamais -, c'était son regard qui s'était fait plus sombre et qui provoquait toujours en elle une émotion bien particulière, une sorte de chaleur un peu enivrante. Elle lui sourit en retour et reprit une gorgée pour se donner un peu contenance. Puis elle dit :

- Excellent choix musical !
- Je sais que c'est ta chanteuse préférée. Tu as prévenu tes amies ?, ajouta-t-il.

Il n'avait pas du tout envie de les voir débarquer.

Elle acquiesça. Elle avait envoyé un message à Suzy, pour la prévenir qu'elle avait reçu une invitation de dernière minute et qu'elle ne les accompagnerait finalement pas. Elle espérait que Suzy n'aurait pas la curiosité de passer par ici avant d'aller à la soirée. De toute façon, elle avait pris la décision de ne répondre à aucun coup de sonnette.

- As-tu des nouvelles d'Ezra ?, lui demanda-t-il en dégageant une des chaises et en l'invitant à s'asseoir.
- Il m'a juste envoyé un court message écrit pour me dire qu'il était bien arrivé, qu'il faisait un temps magnifique et que l'eau était à 24 degrés... histoire de souligner qu'à New York, on gèle.
- Sacré vieux farceur ! Et il n'a pas voulu te dire avec qui il était parti ?
- J'ai quelques doutes, mais... oui, j'ai plusieurs doutes en fait, et je ferais un impair si je t'en disais plus. Car je ne sais pas laquelle de ces dames, il a emmenée dans ses bagages.
- Peut-être qu'il n'en a pas emmenée qu'une ?

Elle éclata alors de rire, et lui aussi.

- Alors, ce serait le comble. Bon, mais comment vont Grag, Otho et Simon ?
- Simon s'est pris de passion pour les propriétés des plantes que nous avions ramenées de Saturne, il y a six mois, et qu'il n'avait pas encore eu le temps d'étudier. Je te laisse l'imaginer naviguant de la serre au laboratoire.

Elle hocha de la tête, tout en picorant ce qu'il avait disposé précédemment dans son assiette.

- Quant à Grag et Otho... et bien, je t'avoue que j'avais hâte de les abandonner sur Tycho, car ils rivalisaient d'inventivité.
- Comment cela ?
- Et bien, malgré toute ma discrétion et ma naïveté de croire que je pouvais faire confiance à Grag en lui demandant de m'aider à préparer le repas de ce soir, il s'est empressé, à un moment où j'étais parti chercher certaines herbes dans la serre, de tout révéler à Otho. Alors, j'ai eu droit à un vrai festival.

Elle rit à nouveau, elle imaginait parfaitement le tableau. Mais ses yeux bleus brillèrent d'un éclat particulier qui signifiait : bien fait pour toi !

Ils continuèrent à discuter, tout en dégustant tranquillement repas et vin. Au début, Joan ne remarqua pas qu'à chaque fois qu'il se levait pour aller chercher quelque chose en cuisine, la resservir en bulles pétillantes ou changer la musique, il éteignait une des bougies.

Et petit à petit, la pièce replongea dans l’obscurité.

Il était près de 23H30 quand il se leva une nouvelle fois car le fichier musical était arrivé en bout de course et, après en avoir lancé un autre, il lui tendit la main et lui demanda :

- Veux-tu danser ?

Elle entendit alors quelques notes, comme un sifflement. Elle reconnut immédiatement ce morceau qui était un de ses préférés. Parmi les goûts musicaux éclectiques de Joan, il était un groupe allemand de hard rock du vingtième siècle qui figurait en bonne place. Et cette chanson, tout particulièrement.

Take me to the magic of the moment, On a glory night, Where the children of tomorrow dream away,  In the wind of change *

Il avait déplacé la table basse du salon, aménageant ainsi un espace suffisant pour la faire danser. Il la fit tourner, sans la quitter des yeux. Si elle savait… qu'il avait passé des heures, une véritable torture, à apprendre, avec une - certes excellente - professeur, à danser, juste pour pouvoir la faire tourner ce soir. Enfin, ce soir ou un autre soir, il n'avait pas songé particulièrement à ce dernier jour de l'année pour cela. Juste qu'il avait envie que cela arrive.

Dans tes rêves, Curtis Newton, dans tes rêves...

Alors qu'ils avaient enchaîné déjà trois danses, ils entendirent le bruit joyeux monter de la rue. La foule se rassemblait, vers les quais du grand port pour assister au feu d'artifice. A de nombreux balcons, des visages heureux apparaissaient.

- Veux-tu que nous profitions aussi du spectacle ?, lui demanda-t-il.
- Avec plaisir. Le feu d'artifice est toujours très réussi. Il est tiré du toit du grand building de Cary Hall, et on le voit très bien de chez moi.

Ils sortirent alors sur le balcon, Curtis ayant récupéré leurs verres et la bouteille de champagne au passage. Elle frissonna un peu en sortant, dans le froid de cette nuit de décembre. Bientôt, janvier. Elle rentra pour chercher quelque chose pour couvrir ses épaules, et revint rapidement avec une sorte de châle blanc. Elle s'appuya comme lui sur la rambarde et ils virent les lumières de la ville s'éteindre une à une. A 23H50, les premières fusées partirent et le spectacle commença. Durant dix minutes, ce fut une véritable féérie.

Il avait rempli leurs verres, reposé la bouteille sur la petite table derrière eux, et avait passé son bras autour de sa taille, laissant reposer sa main à la limite entre ses reins et ses fesses, juste dans ce petit creux qui révélait une de ses plus jolies formes.

A 23H59, tout s'arrêta et une grande clameur monta de la foule dans le lointain et des fenêtres aux alentours. C'était le décompte de la dernière minute de l'année. Quelques secondes avant minuit, quatre fusées furent tirées et à minuit pile, les chiffres de la nouvelle année s'affichèrent dans le ciel, sous les applaudissements et les cris de joie.

Il la fit alors se tourner vers lui, plongea son regard dans les yeux bleus où brillaient des étoiles bien plus belles que le spectacle auquel ils avaient assisté et lui murmura :

- Bonne et heureuse année à la plus belle des femmes, à la femme de mon cœur.

Elle ne trouva rien à lui répondre et elle ne prit même pas conscience que ses lèvres s'entrouvraient très légèrement. Elle sentait juste son cœur cogner très fort dans sa poitrine. Il sourit et se pencha pour l'embrasser.

Ce fut comme un voile très doux qui se posait sur ses lèvres, avant de sentir sa langue les effleurer. Lentement, elle écarta les siennes un peu plus et à son tour, elle voulut goûter aux siennes. Puis lui vint à l'esprit, l'image d'une source fraîche comme cachée dans le creux d'un rocher, au cœur de l'été, quand il l'embrassa plus profondément. Elle avait fermé les yeux, lui aussi, et ils se laissèrent emporter par ce baiser auquel ils avaient l'un comme l'autre tant rêvé. Mais à qui la faute, n'est-ce pas, s'il leur avait fallu attendre si longtemps ?

Ils seraient incapables de dire sous le signe de quelle couleur les artificiers avaient choisi de placer cette nouvelle année. Car ils ne virent rien de la deuxième partie du feu d'artifice, et ne rompirent leur baiser que pour mieux se regarder.

- Bonne et heureuse année au diable rouge qui hante mon cœur, dit-elle alors avec un rien de malice.

Elle reprenait l'expression qu'utilisaient les pirates et bandits qu'il pourchassait sans relâche à travers l'espace.

* The Scorpions / Wind of change
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 31. Dezember 2012, 15:40:07 Uhr
Ça a l'air d'une nuit très intéressante ;D !
Le grand capitaine va surmonter sa timidité....j'y crois....  [devil]
Bonne et heureuse année, Limeye !
 [party] [partysmiley] [partytime]
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 1. Januar 2013, 11:53:49 Uhr
Hallo Leute  :) !

Frohes Neues Jahr euch allen ! Bonne et heureuse année à vous tous !  [flower]

Es tut mir leid, Nurara, ich kann nicht übersetzen meine Texte in deutscher Sprache.  Ich benutze eine Website-Übersetzung zu lesen, aber ich habe Angst, Kauderwelsch in deutscher schreiben...

Ich bin endlich zu lesen beginnen Ihre Nurara Geschichte.

Hier ist der zweite Teil der Kurzgeschichte.

Limeye  :)


New York. 1er janvier. 10H.

Donner. Recevoir. Découvrir. Partager. Accueillir. Emporter.

Ils s'étaient éveillés, tendrement enlacés, dans la lumière pâle d'un matin gris de... janvier.

Il n’avait pas pensé, la veille, à décorer sa chambre de petites bougies, comme il l’avait fait dans le salon, mais peu importait les bougies, les étoiles de ses yeux avaient éclairé sa nuit, l'emmenant dans un voyage plus beau qu'aucun de ceux qu'il avait faits jusqu'à présent.

Et il l'avait emmenée dans son monde, là où elle avait tant espéré aller un jour.

Dans vos rêves, Joan Randall et Curtis Newton, dans vos rêves...

Non, ce n'était plus un rêve.

Elle dormait entre ses bras, et la première chose qu'il vit en ouvrant les yeux fut un petit papillon rouge posé sur l'oreiller. Il n'avait pas pensé à l'ôter de ses cheveux, quelques heures plus tôt. Non, il n'y avait pas pensé. Il avait juste pensé à prendre soin de sa ravissante robe, et à la manière de la lui enlever.

Il referma les yeux, de bonheur, en repensant à ce merveilleux paysage qu'il avait alors découvert et qu'il avait parcouru, exploré des heures durant. Jusqu'à ce que le sommeil enfin les emporte. Il sentait son souffle léger sur sa poitrine, et il en frissonna. Comme elle était douce ! Comme tout ce qui émanait d'elle était doux ! Son parfum, le velouté de ses lèvres, le grain de sa peau, la caresse de ses cheveux... Mais combien aussi cette douceur cachait de feu et de passion.

Il devina qu'elle s'éveillait car il sentit le changement dans sa respiration et l'accélération de son rythme cardiaque. Il rouvrit les yeux pour assister au spectacle. Il pensait à cette émotion qui le saisissait à chaque fois qu'il assistait à un lever de soleil, quelle que soit la planète sur laquelle il se trouvait. Et voir les yeux de Joan s'ouvrir était comme un lever de soleil.

Elle s'étira un peu, il sentit ses jambes glisser le long des siennes, en une lente caresse. Puis elle se blottit un peu plus contre lui et déposa un petit baiser sur son épaule, près du cou. Etonnant comme intuitivement elle avait trouvé les zones les plus sensibles de son corps. Il fit glisser ses mains sur ses reins, en fit remonter une dans le haut de son dos, et l'autre frôla l'arrondi de ses fesses, pour venir mourir sur sa hanche.

- Bonjour, ma douce, murmura-t-il contre son oreille.
- Bonjour cœur de mon cœur, lui répondit-elle d'une voix chaude, encore ensommeillée.

Il lui vint à l'idée qu'il connaissait peut-être le moyen de la réveiller tranquillement, sans précipitation, mais dans la joie.

Et un peu plus tard, alors qu'il était allongé sur elle, qu'elle laissait glisser tendrement ses doigts sur son visage, il lui dit :

- J'ai une petite surprise pour toi. Une sorte de... cadeau, pour la nouvelle année. Mais je ne peux te le donner qu'à une condition : il va falloir quitter ton lit. Et même ta chambre. Et même... ton appartement.

Elle ouvrit de grands yeux, étonnée.

- Et pour aller où ?
- Si je te le dis, ce n'est plus une surprise.

Elle eut une sorte de petite moue, qu'il trouva adorable.

- Bon, mais je te rappelle...
- Que tu n'as que trois jours de congés, et qu'il faut que tu sois à ton poste le 4 janvier à 9H du matin. Aucun souci. Tu y seras.
- Bien, il faut donc que j'emmène des affaires pour trois jours, mais ce sera pour du chaud, du froid, du tempéré ?
- Les trois, répondit-il avec un éclat de malice dans les yeux.

Comme si elle croyait pouvoir le berner si facilement.

- Donc, il va falloir que tu me libères. Pour que je prépare mes affaires.
- Que dirais-tu aussi d'un petit déjeuner préparé en partie par Grag ? Je suppose que tu as de quoi faire du café...
- Hum, hum. Je voudrais quelque chose, avant.
- Et quoi ?
- Que tu m'embrasses.

**

Ils décollèrent peu après midi. Il l'obligea à porter une paire de lunettes noires, qui allaient l'empêcher de voir le paysage qui défilait sous leurs yeux. Il espérait faire durer la surprise jusqu'au terme du voyage. Enfin, au moins, le plus longtemps possible.

Elle accepta avec un plaisir presque enfantin de jouer le jeu. Et s'installa confortablement dans le fauteuil du copilote, sans chercher à enlever ses lunettes. Elle profita de ce moment pour penser à ce qu'elle venait de vivre. Plus beau qu'un rêve, plus beau que dans ses rêves les plus fous, les plus secrets. Comme elle avait aimé se blottir contre lui. Comme elle avait aimé cette découverte, de lui, comme il l'avait révélée aussi... à elle-même. Et cette harmonie, tout de suite, entre eux. Comme s'ils avaient, depuis toujours, été destinés l'un à l'autre.

Elle avait pris connaissance des petits messages adressés dans la nuit et au matin par Ezra, Suzy, Clara et quelques autres. Alors qu'ils déjeunaient, c'était Jelle qui avait appelé. Jelle et Narna, sa petite filleule.

Bonne année, marraine ! Bonne année, petite sœur !

Comme elle aurait aimé les voir ! Dès qu'elle pourrait, elle enverrait un message écrit à Jelle pour la mettre au courant. Elle ne pouvait pas laisser son amie dans l'ignorance de ce qu'elle venait de vivre. Le "super héros" comme l'appelait Jelle s'était enfin décidé. Et après tout... elle aussi, elle s'était enfin décidée.

- Nous allons bientôt atterrir, la prévint-il.

Elle remit alors sa ceinture. Puis une fois le vaisseau posé, il lui proposa d'enlever les lunettes, mais elle refusa : elle préférait le faire dehors, et découvrir hors du vaisseau l'endroit où il l'avait emmenée.

- Couvre-toi bien, alors. Il fait froid.
- Ah ! Un indice !, dit-elle en riant.
- Juste un petit. J'ai très bien pu nous faire revenir à New York.

Elle éclata de rire à cette idée. Il lui tendit alors son chaud manteau, avant d'enfiler le sien également, puis il l'aida à gagner la sortie, et à descendre du vaisseau. Un vent froid les saisit, mais elle sentit aussi tout de suite qu'il y avait du soleil. Elle enleva alors lentement ses lunettes, pour habituer ses yeux à la franche lumière. Au bout de quelques instants, elle distingua les installations d'un petit aéroport, la neige tout autour, hormis sur les pistes. Des collines couvertes de neige, des grands sapins. Elle n'était jamais venue ici.

Mais elle reconnut très vite les silhouettes de Jelle et de Narna qui les attendaient, chaudement emmitouflées,  au bout de la piste. Et sous les yeux ravis de Jelle, elle sauta au cou de Curtis, son cœur bondissant d'un grand élan de joie, et lui murmura :

- Merci, mon amour, merci de ce cadeau !

Et alors que Narna s’élançait vers eux, Jelle poussa un soupir de soulagement. Cela faisait quatre jours que des milliers de questions lui passaient par la tête, depuis que Curt l’avait appelée pour lui dire qu’il trouverait le moyen de faire passer ses trois jours de congés à Joan avec eux. Il n’avait rien voulu dire de plus et elle savait pertinemment que ce n’était pas la peine de l’assommer de questions. Il n’y aurait pas répondu. Mais elle avait failli, une fois de plus, rendre fou son mari car parmi toutes les questions qu’elle avait en tête, outre de se demander ce qu’elle ferait à manger pour le premier jour de l’année, celle qui revenait le plus souvent et lui causait le plus de souci était de savoir si elle devait préparer UNE ou DEUX chambres d’amis.

Ce à quoi, dans une logique imparable, Davies avait répondu :

- Prépare deux chambres. Comme ça, tu ne commettras aucun impair, tu ne mettras pas Joan dans l’embarras et s’il n’y a besoin que d’une… et bien, tu en auras toujours une autre de prête pour une autre visite !

Elle l’avait regardé avec soulagement, comme s’il lui avait donné la clé du Trésor Planétaire avec possibilité d’aller s’y servir à volonté.

- Tu as raison, mon chéri… Enfin, quand même, j’aimerais bien savoir…
- Je ne veux plus entendre parler de Curtis et de Joan avant le 1er janvier, c’est compris ?, avait-il dit, amusé.
- Impossible. Je ne vais pas pouvoir. Je suis désolée, mais ils me rendent dingues ces deux-là !
- Ma Jelle… Tu fais du mieux que tu peux, mais tu ne peux pas faire à leur place ! Accepte cela ! Et sois patiente…

Elle secoua la tête. Cela faisait des années qu’ils usaient et abusaient de sa patience… elle n’en avait plus en réserve. Même dans la réserve de secours. Elle était à sec.

- Qu’est-ce qu’il a en tête, Curtis ?
- Tu veux que je te dise ce qu’il a en tête ?

Davies avait ouvert des yeux ronds.

- Ah, tu te moques de moi ! Je ne pensais pas à ça !
- Pourtant, c’est à ça qu’il pense, lui !

Jelle avait alors regardé son mari, qui esquissait un sourire. Et ils avaient ensemble éclaté de rire.

THE END  ;)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: August am 1. Januar 2013, 18:05:59 Uhr
Bonne année Limeye !
Puisque les vacances de Joan finissent le 4 janvier, tu vas aussi continuer l'histoire chaque jour jusqu'au 4 janvier hein dis ?  ;D Hum ? Pitié !!!  ??? 
Ich bin mir sicher das wir alles mehr uber Joan und Curtis ferien lesen wollen.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: August am 1. Januar 2013, 18:17:19 Uhr
Avec qui Curtis a t'il appris à danser ???
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 1. Januar 2013, 20:47:20 Uhr
Bonne année August  :) !

Merci pour tes voeux ! Plein de bonnes choses pour toi aussi.

Je n'avais pas du tout prévu d'écrire la suite de leurs vacances... juste une vision personnelle d'un nouvel an... qui me trottait dans la tête depuis que j'ai réussi à traduire Klassentreff d'Amanda... Une histoire que j'ai adorée, soit dit en passant.

Mais c'est un défi, et si jamais l'inspiration me vient d'ici demain, je ferai peut-être une suite  :D

Sinon, aucune idée d'avec qui Curtis a appris à danser... j'ai juste inventé ce passage pour être un rien logique. Et me moquer gentiment de notre Capitaine préféré !

hum, jetzt in deutsch...

Ich hatte nicht geplant, eine Fortsetzung, die ihren Urlaub zu schreiben...  nur eine persönliche Vision eines neuen Jahr...   Ich dachte mir, seit ich die Geschichte von Amanda, Klassentreff lesen.

Aber es ist eine Herausforderung, und wenn jemals die Inspiration kommt morgen, ich könnte eine Folge sein.  :D

Keine Ahnung mit wem Curtis tanzen gelernt ...  Ich erfand auf diese Weise konsequent zu sein. Und sanft spotten unser Favorit Captain!

Bonne soirée !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 2. Januar 2013, 18:50:36 Uhr
Bonsoir  :) !

Finalement, j'ai décidé de relever le défi d'August... jusqu'au 4 janvier. Parce que j'ai une petite idée pour le 4 janvier, justement. Donc voici la journée du 2 janvier  ;)

Schließlich entschied ich mich, die Herausforderung der August zu stellen...  Denn ich habe eine Idee für 4. Januar.  Hier ist der 2. Januar.  ;)

Limeye  :)


Vancouver. 2 janvier. 15H

Deux jeunes femmes, l’une blonde, l’autre brune, se tiennent côte à côte sur les quais du port. Elles regardent les bateaux, et la mer gelée. Mais aussi un grand gaillard roux, aux cheveux en bataille, qui, inlassablement, pousse une petite fille brune sur son vélo.

- Il est foutu, dit la brune.
- Curtis ?
- Oui. Narna ne va pas le lâcher. Regarde-la, ma coquine ! Avec son sourire enjôleur. Le revoilà parti pour un autre tour…
- Heureusement qu’ils ont dégagé les quais… quelle idée vous avez eu de lui offrir un vélo pour cette nouvelle année ! Vous auriez dû attendre son anniversaire. Comment veux-tu qu’elle en fasse dans le jardin, avec cette neige ?
- Je savais que les quais seraient dégagés, et puis aussi, la grande allée du parc, je l’emmènerai quand le temps le permettra.
- Alors, tu te plais ici ?
- Oui ! Même si tu me manques, mais je suis vraiment heureuse qu’on ait quitté New York, tu sais. La ville, être en appartement… très peu pour moi. J’étouffais, je n’en pouvais plus. Ici, même si je n’ai pas encore pu en profiter beaucoup car l’hiver est arrivé vite après notre installation, j’ai enfin un jardin ! Et puis, la campagne autour, la mer, pas loin. Ca te plairait, ça, la mer !
- Certainement. C’est bien pour cela que j’ai dit oui tout de suite pour cette balade sur le port ! Dommage que Davies ait déjà repris le travail…
- C’est ainsi. Il préfère garder des jours pour le printemps. Bon, je vais aller sermonner Narna. Elle abuse.
- Mais non ! Il est ravi, regarde-le ! Et puis, il a de la ressource, je pense que ta fille se fatiguera avant lui.
- Si c’est toi qui le dis, après tout… tu le connais mieux que moi, ajoute-t-elle avec un sourire malicieux.

Joan répond par le même sourire à son amie.

- De toute façon, te connaissant, tu vas siffler la fin de la partie d’ici peu en disant que ça va être l’heure du goûter et comme tu as prévu de faire des crêpes, il ne faudra pas qu’on tarde à rentrer à la maison.
- Ce n’est pas faux.
- Néanmoins, c’est moi qui vais siffler la fin de la partie, parce que j’ai bien envie de grimper en haut de cette colline pour voir le paysage, avant qu'on rentre. C’est quoi les ruines au sommet ?
- Des restes d’un décor de cinéma. Un film a été tourné, il y a longtemps et ils ont laissé certains éléments du décor, car le film a eu beaucoup de succès à l’époque. D’autant plus que l’acteur principal est décédé peu après. Il y a un panneau qui raconte l’histoire là-haut. Mais je ne suis pas certaine qu’ils aient dégagé l’accès, avec cette neige. Quoique pour les vacances…
- En tout cas, on ne voit pas grand-monde se promener aujourd’hui.
- Trop beau. Ici, les gens ne sortent que quand il fait mauvais.
- Tu plaisantes !
- A peine. Tiens, rattrape ton homme maintenant qu’ils approchent si tu veux grimper là-haut avant qu’on rentre. Je vais gérer ma fille.
- Tu ne veux pas venir ?
- Je ne veux pas risquer une chute dans mon état. Et Narna ne pourra pas monter. Les marches sont trop hautes.
- Alors, on ne lui dit rien, sinon, elle va demander à venir avec nous en s’installant sur les épaules de Curtis.

Quelques minutes plus tard, Jelle regarde s’éloigner Curtis et Joan. Il a noué ses doigts dans ceux de la jeune femme et d’un pas sûr, il a entamé l’ascension de la colline qui domine le port. Malgré la neige, Jelle peut constater qu’ils progressent assez vite. Elle ouvre son sac, en sort un petit appareil photo et vise. Trois clichés, hop, ni vu, ni connu. Elle ne sait pas encore qu’une de ces trois photos se retrouvera dans quelques jours sur le bureau de Joan. Celle où elle a cadré juste leurs deux mains nouées.

- Maman ! Regarde comme je roule vite !
- Bravo ma chérie !

Et Jelle se tourne vers sa fille et déclenche l’appareil. Superbe journée. Superbe début d’année. Génial. Incroyable. Formidable.

**

En moins de dix minutes, ils ont atteint le sommet. Ils s’arrêtent un instant devant le panneau relatant l’histoire du lieu, mais Joan abandonne vite la lecture. Elle veut voir la mer d’en haut. Elle lâche la main de Curtis et traçant son chemin à travers la neige immaculée, elle gagne ce qui s’apparente à une sorte de petite avancée. L’ensemble du lieu ressemble à la tour d’un vieux château, avec des murets, un rempart. Une sorte de tour de garde, aussi derrière eux, mais dont l’accès est fermé en cette saison.

En contrebas, sur sa gauche, elle voit Narna qui pédale devant sa mère. Joan fronce un instant les sourcils, il ne faut pas qu’ils restent trop longtemps en haut, Jelle va avoir besoin de s’asseoir. A cause du bébé.

C’était la surprise de Jelle pour cette nouvelle année. Enfin, une demi-surprise. Disons que Joan savait parfaitement que son amie était enceinte, par contre, Jelle était parvenue, au prix d’un effort incroyable, à taire jusqu‘à hier que ce deuxième enfant est une autre petite fille. Aziliz naîtra au printemps, comme sa grande sœur, mais un mois plus tôt.

Joan relève les yeux vers la mer. Elle pense à Ixio, leur planète natale. La mer d’Ixio lui manque. Aucune mer terrestre ne ressemble à la mer d’Ixio. Sur le muret, un peu plus loin, le vent a chassé la neige et elle s’installe sur la pierre froide, mais nue. Ses jambes pendent dans le vide. Elle regarde vers Curtis qui observe la tour. Elle a encore du mal à y croire. A croire qu’il l’aime. Vraiment. A croire qu’elle ne vit pas un rêve. Qu’il est réellement, là, avec elle. Qu’il dort avec elle, aussi.

Il s’avance en souriant vers elle. Oh comme elle aime son sourire ! Et son regard… Dieu comme elle se sent partir dès qu’il la regarde ainsi. Comme elle est assise en hauteur, quand il s’approche, leurs deux visages sont presque face à face. Il entoure sa taille de ses bras et pose son visage dans son cou, l’enfouissant dans ses cheveux. Il adore sentir ses cheveux le caresser ainsi.

- Ne va pas tomber en arrière, surtout, petite aventurière !
- Tu me rattraperais avant !
- Va savoir, on pourrait faire une roulade dans la neige et on arriverait beaucoup plus vite en bas. J’en suis capable pour les délicieuses crêpes de Jelle !

Elle rit. Ce rire comme une douce cascade à ses oreilles. Elle noue ses bras autour de son cou, et appuie sa tête sur son épaule. Respire un grand coup l’air frais dans lequel se mêle son odeur et celle de la mer.

Il s’écarte un peu et lui demande, doucement :

- Tu me pardonnes ?
- Te pardonner quoi ?
- D’avoir tant tardé…

Elle le regarde, gravement :

- Oui, je te pardonne, parce que je t’aime.

Alors il l'embrasse et c’est juste… un instant de bonheur.

**

Des moments de bonheur, il y en a eu des tas depuis la veille.

Quand Narna lui a sauté dans les bras, ravie de retrouver sa marraine qu’elle n’avait pas vue depuis l’automne, quand ils avaient quitté New York.

Quand elle a croisé le regard complice de son amie, qu’elle y a lu la joie pure. Que Jelle l’a serrée un peu plus fort que d’habitude contre elle, et pas seulement parce qu’elles étaient heureuses de se revoir, non pas seulement.

Quand Jelle lui a fait faire le tour de son jardin, dans la neige, lui expliquant avec enthousiasme comment elle allait l’arranger, au printemps, après la naissance.

Quand Davies a débouché une bouteille de champagne pour que Jelle puisse annoncer la nouvelle, concernant le bébé, cette nouvelle petite fille.

Quand, un instant, elle a eu le sentiment que les choses et les êtres étaient enfin à leur place. Jelle et Davies dans cette maison, le bébé à venir, la famille qui va s’agrandir, ce dont ils avaient envie depuis longtemps. Et Curt assis dans le sofa à ses côtés, Narna passant des genoux du jeune homme aux siens, en un jeu simple qui la faisait hurler de rire.

Quand Salomé, la mère de Jelle, a appelé pour souhaiter la bonne année, même si, sur Ixio, ce n’est pas du tout la nouvelle année, mais depuis qu’elles sont parties pour la Terre, Salomé a appris à vivre avec les deux calendriers. Car elle veut toujours savoir en quelle saison, en quel mois et quel jour vivent ses deux filles. Et qu’elle a vu le visage de sa mère s’éclairer d’un sourire si chaleureux, quand celle-ci a compris, sans qu’il y ait besoin de lui dire autre chose que Je suis venue les voir avec Curtis.

Quand, le soir tombant, elle a senti la fatigue venir et qu’elle a appuyé sa tête sur l’épaule de Curtis et que Jelle a dit d’une voix qui ne prêtait à aucune discussion : Zou au lit, sinon, tu vas t’écrouler dans ton assiette !

Quand…
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 2. Januar 2013, 22:17:23 Uhr
Bonsoir limeye,

merci d'avoir continué ton histoire, c'est vivifiant et très touchant, j'attends avec impatience le 4 /01.. :).l'accouchement en avance avec le docteur Curtis?   ::)
 
Hallo limeye,
danke für die Fortsetzung! Ich finde sie berührend und erfrischend, wird Dr.Curtis Hebamme?
bis bald,
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: August am 3. Januar 2013, 00:38:15 Uhr
Avec Limeye, y a qu'à demander, elle a toujours des idées ! Merci, vraiment pour ton talent et ta productivité !   :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 3. Januar 2013, 09:51:18 Uhr
Guten Tag  :)

Merci, merci ! Danke schön !

S'il est une chose dont je n'ai jamais manqué, August, c'est l'imagination... J'ai plusieurs histoires en réserve, et là, j'ai du temps...

Ich habe viel Fantasie...  und ich habe mehrere Geschichten geschrieben.

Désolée, Elaine, mais la petite Aziliz n'a pas prévu d'arriver en avance. Elle est trop bien dans le ventre de sa maman pour l'instant  ;)

Es tut mir leid, Elaine, aber die kleine Aziliz wird im Frühjahr geboren.

voici donc le début de la journée du 3 janvier. Je peaufine la suite et vous la propose dans le courant de la journée.

bonne lecture !

Limeye  :)


Vancouver. 3 janvier. 4H

Un léger souffle l’a réveillée. Dans un demi-sommeil, Joan s’est retournée et elle a cherché Curtis, pour se blottir contre lui. Mais c’est le vide qu’elle trouve, à sa place. Elle ouvre alors les yeux, il fait nuit. Nuit blanche, car la neige et le ciel clair apportent une lumière un peu étrange, comme une aube froide. Mais l’aube est loin.

Elle se redresse légèrement, le voit debout devant la fenêtre, qui regarde le jardin sous la neige. Elle ne bouge plus, mais, durant une longue minute, elle regarde sa silhouette grande et musclée se détacher en contre-jour. Alors elle se lève et vient s’appuyer contre son dos, entourant sa taille de ses bras.

- Je t’ai réveillée ?
- Je ne saurais dire… ça fait longtemps que tu es debout ?
- Non. J’avais envie de regarder la nuit. C’est beau.
- Oui. Toute cette neige… Ca ne donne vraiment pas le même effet qu’à New York ! Ca m’impressionne...
- Pourtant, tu connais ça, la neige !
- Pas tant que ça. Sur Ixio, il neigeait rarement là où nous habitions. Le climat était tempéré, avec la mer à proximité.

Elle soupire légèrement et il en sent le souffle sur son bras.

- Depuis combien de temps n’es-tu pas allée sur Ixio ?
- Trop longtemps. La mer me manque, tu sais.
- Pourtant, tu as la mer à New York, tu vas souvent à Long Island…
- Oui, j’y vais. J’aime m’y promener, mais ça n’a rien à voir.

Il baisse les yeux sur ses mains, pose la sienne dessus. Il se dit… que finalement, il connaît peu de choses de son passé, de son enfance. Les grandes lignes, oui, mais pas ces petits détails, ces petits riens qui font la richesse d’une personnalité, qui expliquent un parcours, des choix.

Il faut que je l’emmène sur Ixio. Dès que ce sera possible. Deux jours de voyage, plus deux pour le retour… une semaine de vacances, c’est jouable. Mais quand ?

- J’étais ravie de parler à Salomé, tu sais. Je les appelle régulièrement, moi aussi, mais être présente quand Jelle lui a annoncé qu’ils allaient avoir une autre petite-fille, c’était vraiment génial ! Et c’est grâce à toi que ça a pu être possible.
- Alors, je suis heureux de t’avoir apporté cela aussi. Ce n’était pas prévu. Je ne pensais pas que Jelle avait une telle nouvelle à annoncer, je pensais qu’elle aurait gardé la surprise.
- C’est impossible. Elle est incapable d’attendre neuf mois sans savoir. Déjà pour Narna, elle piaffait d’impatience. La seule chose qu’elle avait gardée secrète, c’était son prénom. Là, elle a craqué.
- Elle est vraiment incroyable.
- Oui. Elle est l’une des deux personnes les plus extraordinaires que je connaisse.
- C’est qui l’autre ?
- Idiot ! C’est toi !

Elle resserre un peu plus son étreinte, et ferme les yeux en reposant sa tête sur son épaule.

- Je me demande comment il va faire Davies, avec trois filles à la maison, reprend-il.
- Oh, il en est ravi ! Il n’a pas vraiment de préférence, tu sais, il me l’a dit. Mais elles sont ses trésors.
- N’empêche, Narna a déjà un sacré petit caractère, alors si Aziliz marche dans les pas de sa sœur, qui marche dans les pas de sa mère… sincèrement, je ne voudrais pas être à la place de Davies !
- Il s’en sort très bien, je te rassure !, dit-elle en riant légèrement. Il n’a pas l’air comme ça, mais il connaît Jelle aussi bien que moi, et sait comment manœuvrer. Il ne se laisse pas marcher sur les pieds, même si elle donne l’impression de tout décider. Elle ne fait rien sans son accord. Je veux dire, rien qui touche à eux, à leur famille. S’il avait voulu garder le secret pour Aziliz, elle l’aurait fait, tu sais. Même si c’était un vrai défi qu’il lui aurait alors demandé.

Il tourne à nouveau son visage vers le dehors, regarde les étoiles. Il n’y a pas de lune cette nuit. Aucun de ses trois amis ne l’a appelé. C’est que tout va bien sur Tycho. Que personne n’a besoin de lui. Qu’il peut vivre pleinement ses trois jours avec Joan. Trois jours et trois nuits. Il sait qu’ils les ont longtemps attendues, ces journées, et plus encore, ces nuits. Et maintenant ?

Elle devine qu’il regarde vers le ciel, à son tour, elle lève les yeux. Et se demande… Quand vas-tu repartir, mon amour ? Non, il ne faut pas que je pense à cela. Pas maintenant. Je dois vivre l’instant présent, ne pas penser à demain, à quand tu me laisseras. Non. Je ne dois pas. Pour toi et pour moi. Je dois juste… penser à maintenant.

Doucement, elle défait ses deux mains nouées et remonte sa main gauche vers son torse. Puis elle dépose un tout petit baiser sur son épaule. Puis frissonne, un peu à cause du froid, un peu par... désir.

- Tu as l’intention de regarder encore longtemps les étoiles ?
- Oui. Parce que je veux me noyer dans celles de tes yeux, dit-il en se retournant et en plongeant son regard gris sombre dans l’océan bleu du sien.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 3. Januar 2013, 11:54:53 Uhr
la suite promise, et je vous prépare une fin assez drôle pour la fin de la journée.


Même jour. Même lieu. 9H.

Jelle entre dans sa grande salle à manger. La table est dressée, avec un petit déjeuner copieux. Ca sent bon le café. Curtis est en train d’étaler une confiture d’abricot-pêche sur une des crêpes du goûter d’hier. Devant la place libre à côté de lui, un bol et une assiette qui ont déjà servi.

- Bonjour Curt. Déjà debout ?
- Bonjour Jelle. Décalage horaire, dit-il simplement. Et pour ma part, en plus, décalage lunaire.
- Joan est levée ?
- Partie prendre une douche.
- Hum, ok. Vous avez trouvé tout ce qu’il faut ?
- Pour manger, bien sûr ! S’il y a bien un endroit au monde où je suis certain de ne pas jamais mourir de faim, c’est chez toi.
- Il y a deux endroits au monde comme cela. L’autre, c’est chez mes parents.

Il rit de sa remarque. Jelle gagne la cuisine, juste à côté, et se prépare du thé.

- Joan voulait te le préparer, mais devant la profusion du choix… elle ne savait plus lequel tu préfères le matin.
- De toute façon, en ce moment, il vaut mieux que je me le prépare moi-même, je change d’avis tellement souvent… ça fait faire des folies, un bébé, tu sais.
- Hum ?, émet-il simplement en savourant sa crêpe gorgée de confiture.

Puis après avoir avalé sa bouchée :

- Ce sont tes confitures ou celles de ta mère ?
- Celles de maman. Où veux-tu que je trouve des fruits frais à New York ? L’été prochain, ici, je pourrai en faire au moins avec des mûres. J’ai repéré des ronces, sur un chemin, par là-bas, dit-elle en faisant un signe vers la droite.

Elle revient avec sa théière et s’installe face à son jardin.

- Vous repartez tantôt seulement ?
- Oui. Pas trop tard non plus, à cause du décalage horaire. Joan reprend le travail demain.
- Tu vas rester un peu avec elle ? A New York, je veux dire ?
- Oui, tant qu’on n’aura pas besoin de moi ailleurs. J’ai des recherches à mener à la bibliothèque des Neuf Mondes, et quelques personnes à rencontrer. Mais tu t’inquiètes, Jelle ?
- Ben…
- Un peu, non ?
- Pas vraiment. Juste qu’elle sera triste quand tu repartiras, c’est tout.
- Moi aussi, je serai triste de la quitter, tu sais.

Jelle se sert, se prépare deux énormes tartines de pain. Beurre plus confiture. Un luxe qu’elle s’octroie pour le bébé : beurre pour elle, confiture pour lui. Ou l’inverse. Ca dépend des jours.

- Curtis, je voulais te remercier. Vraiment. Pour Joan, d’être venus ici. C’était génial. Trop court, forcément, mais génial d’avoir débuté l’année tous ensemble.
- Quand je l’ai appelée, la dernière fois, j’ai bien vu qu’elle était triste de ne pas vous revoir avant…

Il fait un vague geste de la main, puis reprend :

- Et alors, j’ai pensé que je pouvais peut-être faire quelque chose. Parce que j’avais vraiment envie de lui faire plaisir.
- Le mieux que tu aies fait, c’est quand même ce réveillon en tête à tête. C’était une idée géniale. Hyper romantique. J’adore.
- J’aime ton enthousiasme à toute épreuve, Jelle.
- Je peux te poser une question indiscrète ?
- Si jamais je la trouve trop indiscrète, je ne répondrai pas. Alors pose-la, tu verras bien.
- Tu as descendu combien de bouteilles de champagne pour pouvoir lui faire ta déclaration ?

Il éclate de rire. Il adore l’humour de Jelle.

- Eh bien, contrairement à ce que tu penses, nous avons été raisonnables. J’en avais subtilisé deux dans la cave d’Ezra, mais on en a bu qu’une et demie… L’autre demie, on n’a pas eu le temps. Et au petit déjeuner, bof.

Elle acquiesce. Ce genre de folie, boire du champagne au petit déjeuner, ce n’est plus de son âge. Curtis reste un instant silencieux, puis ajoute, d’un ton sérieux soudain :

- Il est une autre raison pour laquelle j’espère pouvoir rester un peu à New York.
- Ah oui ?
- Joan voudrait aller voir sa mère, dès qu’elle aura ses jours de repos. Elle pensait y aller hier ou aujourd’hui, mais…
- Alors, c’est bien que tu sois avec elle. Il ne faut jamais qu’elle y aille seule. Elle est… tellement triste quand elle revient. La dernière fois, je suis allée avec elle, c’était juste avant qu’on déménage. Je voulais revoir July moi aussi. C’est arrivé une fois qu’elle se retrouve seule, et sincèrement, je ne veux vraiment pas que ça se reproduise.
- Ezra m’a dit que les meilleurs médecins l’avaient auscultée, suivie… rien à faire.
- Non. Même si tu demandais à Simon… Tu sais, Curt, July… quelque part, même si c’est très dur pour Joan, July… elle est mieux là où elle est. Elle ne souffre pas.

Il hoche la tête. Mais il n’ajoute rien, car il entend des petits pas dans le couloir et Narna se glisse dans la salle, tenant dans ses bras son doudou, les yeux encore ensommeillés. Joan entre à sa suite.

Et il n’a pas du tout envie de voir disparaître le joli sourire qu’elle affiche.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 3. Januar 2013, 17:10:24 Uhr
Liebe Limeye,

Deine Geschichte ist wunderschön. Was hältst Du davon, wenn ich sie für unser deutsches Forum übersetzen würde? Es wäre aus meiner Sicht sehr schade, wenn nur wenige Forumleser sie verstehen könnten.....
Mit Deinem Einverständnis würde ich einen Übersetzungsversuch wagen.....
Liebe Grüße
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 3. Januar 2013, 17:21:01 Uhr
La fin de cette journée du 3 janvier.  Das Ende des Tages, Januar 3.

J'ai beaucoup ri à vous l'écrire, j'espère qu'elle vous plaira !  Ich lachte viel schreibe, ich hoffe es gefällt euch.  :D



New York. 3 janvier. 21H53


Ils sont rentrés. Finies les grandes étendues blanches. Finis les rires de Narna. Adieu les beaux yeux de Jelle et la gentillesse de Davies. A une autre fois.

Elle a gagné le salon, et comme à son habitude, elle enchaîne deux réflexes : un regard vers le transmetteur sur lequel clignote le signal des messages entrants. 15 messages, bon sang… qui a bien pu appeler autant en deux jours ?

Et l’autre, la musique.

Curtis est resté figé à l’entrée du salon.

- C’est quoi cette musique de dingue ? Comment tu fais pour écouter ça ?
- T’aimes pas ?
- Franchement…

Et devant son air dégoûté, elle éclate de rire.

- J’ai découvert plein de groupes et de chanteurs et chanteuses intéressants depuis que je suis sur Terre et la musique accompagne ma vie. Mais bon, si tu n’aimes pas le Black Ice, je vais mettre quelque chose de plus soft.
- Si un jour tu oses écouter ça à fond sur Tycho, je préfère ne même pas imaginer la réaction de Simon. Tu as vu que tu as plein de messages ?, ajoute-t-il pour changer de sujet.
- Oui, oui, on va écouter ça.

Message officiel du gouvernement, 01.01 13h00. Elle soupire, ça commence bien. « Chères collaboratrices et chers collaborateurs, permettez-moi de vous offrir mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, à vous et à vos proches. En espérant toujours autant de professionnalisme de votre part dans les mois à venir. Bonne année ! Général Halk Anders. »

- Bon, ça va. J’avais oublié qu’Anders nous gratifiait toujours du même message chaque 1er janvier…, dit-elle, un rien amusée. 

Ken Scott, 01.01 13h24. « Bonne année, grande sœur ! Je vais bien, ne t’inquiète pas pour moi ! Je t’embrasse fort sur tes deux joues et j’ai fait un vœu pour toi cette nuit car j’ai vu une étoile filante super jolie ! Tu sais quoi ? Je suis certain qu’elle faisait la route entre le Capitaine et toi ! Gros bisous ! »

Oh, mon Ken ! Trop mignon ! Toi, je te donne vite des nouvelles ! Tu vas être en-chan-té !

Suzy Perkins, 01.01 13h47. « Salut ma belle ! Bon, tu réponds pas sur ton tél alors j’espère que tu vas bien et que tu as démarré l’année en fanfare. Tu donnes vite des news, on a un plan pour le 2 au soir avec Clara. Ah oui, et y’en a un, il était vraiment déçu que t’ais pas été là hier ! A plus ! »

Hans Stern, 01.01 13h52. « Bonjour Joan. J’espère être le premier à te souhaiter une bonne et heureuse année. Qu’elle t’apporte beaucoup de bonheur et j’espère qu’on se reverra très bientôt. J’aurais bien aimé te voir et passer la nuit de nouvel an avec toi, mais les filles m’ont dit que tu avais été embarquée pour une autre soirée. A bientôt, je t’embrasse Hans. »

Oh, le lourdingue… comment je vais m’en débarrasser, de celui-là ?

Code canal usuel, Tycho, Otho, 01.01 15h00. « Salut chef ! J’espère que tu vas bien et Joan aussi. Je viens de battre le tas de ferraille aux échecs, il est fou de rage. Amusez-vous bien et bonne année ! »

Pauvre Grag…

Code canal usuel, Tycho, Grag, 01.01 17h00. « Bonjour Joan, bonne et heureuse année ! J’espère que tu as aimé mes préparations culinaires et que vous avez passé un excellent réveillon ! La boule de gomme était frustrée car le chef est parti avec le dessert que j’avais préparé pour lui. J’espère que vous ne l’avez pas mangé. C’était un mélange salé – sucré, un peu caoutchouteux, pas très bon, en fait. Tu diras au chef que tout va bien pour nous. J’ai battu Otho au double poker. Eek te souhaite une bonne année aussi – ah, et Oog également, Otho avait oublié de le dire dans son précédent message. »

- Ils sont mignons ! Je les adore !, s’exclame-t-elle.
- C’était donc ça le truc bizarre avec la gélatine rose et la feuille de menthe, ajoute Curtis.

Code canal usuel, Tycho, Professeur Simon, 01.01 18h00. «  Chers Joan et Curtis, je vous souhaite une très belle et heureuse année. Je formule un premier vœu, si vous le permettez, c’est que Joan vienne très vite nous rendre une petite visite sur Tycho. J’ai dû m’enfermer dans le laboratoire car Otho et Grag m’assaillent de questions plus stupides les unes que les autres, or vous seuls avez les réponses. Néanmoins, je doute que vous ayez envie de leur répondre vraiment. Oog et Eek sont beaucoup plus sages que leurs maîtres, mais manifestent néanmoins une sorte de… d’agitation un peu particulière. Encore bonne année et profitez bien. Je vous embrasse. »

Ils se sourient. Avant d’écouter la suite.

Clara Marteens, 02.01 11h19. Elle s’était réveillée de bonne heure, Clara, ma foi, bizarre. « Alors la lâcheuse ! T’es passée où ? Rendez-vous ce soir chez moi ! On a des restes… tu vas aimer, y’a un vin français au nom imprononçable… et Suzy a réussi à choper une bouteille d’une liqueur, mamamia, tu nous en diras des nouvelles ! Tchüss !!! »

Suzy Perkins, 02.01 22h43. « Tu as disparu six pieds sous terre ou quoi, Joan ? Faut-il qu’on prévienne un certain colonel – entre nous, injoignable aussi – ou plutôt un certain Capitaine de ta disparition ? Tu rates quelque chose avec la liqueur, je t’assure… Enfin, on a saoulé ce pauvre Hans pour le consoler de ton absence. Donne signe de vie quand même ! Bye, bye !»

Suzy Perkins, 03.01 04h04. « Heu, Joan… t’es pas malade au moins ? Hips ! »

Elles ont l’air d’avoir assuré, les filles…

Suzy Perkins, 03.01 15h02. « Si tu ne veux pas qu’on te harcèle, rappelle-nous… Clara dort encore, appelle sur mon tél. Wha, on s’est mis une belle cette nuit ! Et on a dansé comme des folles ! Je me demande si on ne s’est pas plus amusé hier qu’il y a deux jours ! Mais sérieux, Joan, si tu ne donnes pas de nouvelles avant ce soir, minuit, j’appelle les plus hautes autorités. Bises au vin blanc et vive la nouvelle année ! »

Hans Stern, 03.01 15h30. « Bonjour Joan, j’espère que tu vas bien. Est-ce que je peux me permettre de t’inviter au cinéma ce soir ? Je t’embrasse. Hans »

Désolée, Hans, mais franchement, le ciné avec toi…

Ezra Gurney, 03.01 18h55. « Bonsoir ma petite Joan. Encore une fois bonne année. Je viens de rentrer, le voyage s’est bien passé, mais qu’est-ce qu’il fait froid à New York ! On prend vite l’habitude de la douceur antillaise… je t’ai ramené quelques bricoles que tu vas adorer, enfin, j’espère, et j’ai fait provision de bâtons de vanille pour Jelle, je les lui expédierai dès demain. A demain 9h au bureau, ça fait mal rien que de le dire. Je t’embrasse. Parrain. »

Elle sourit. Il est vraiment adorable.

Code canal usuel, Tycho, Otho, 03.01 19h00. « Salut, chef ! C’est toujours calme ici. Je t’appelle pour te rassurer et te dire qu’on est sage et que Simon ne nous embête pas du tout. D’ailleurs, il te fait savoir qu’il a fait des découvertes très intéressantes avec certaines plantes de Saturne. Il en a trouvé une hallucinogène et deux autres aux propriétés aphrodisiaques. Si jamais ça t’intéresse… Grag a bricolé des trucs sur le Cosmolem. J’ai vérifié, il n’a rien cassé. Bises à Joan, mais ça, j’ai pas besoin de te le dire pour que tu lui en fasses. »

Elle est pliée en deux. Elle pleure tellement elle rit. Il est dans le même état qu’elle.

Jelle Ashton, 03.01 21h30. « Coucou vous deux ! J’espère que vous êtes bien rentrés et que vous avez fait bon voyage. Narna veut vous dire un mot : Marraine, quand tu reviens ? Je veux refaire du vélo avec Curtis. Bisooooouuus ! Vous faites signe quand vous êtes à la maison, ok ? Je le dis, le redis, me répète, mais je suis trop contente de vous avoir vus et pas seulement ! Je vous embrasse et Davies aussi. »

- Eh, bien, quel succès ! Ca va t’occuper un moment de répondre à tout ce monde…
- Oh, je vais faire simple. Le même message pour tous, et zou !

Elle s’installe alors devant le petit clavier et compose rapidement quelques lignes :

« Bonsoir à tous. Merci de vos vœux. Je vous souhaite aussi une bonne année. Je vais bien. Bises. Joan. »

- Ca va suffire, tu crois ? Même pour Hans ?
- Oh lui… Laisse tomber. Je pense que Suzy va rappeler dans les cinq minutes, mais je vais remettre la veille. Jelle comprendra qu’on est bien rentré, ça la rassurera. Ken et Ezra seront contents. Si tu veux rappeler Simon, Otho et Grag… je te laisse la place.
- Pas besoin. Je vais faire comme toi.

« Bonsoir à vous trois. On est bien rentré de Vancouver. Je vois que vous avez assuré, je vous félicite. Désolé pour le dessert d’Otho, c’était absolument immangeable et ça a fini à la poubelle. Mais le reste du repas et le champagne d’Ezra étaient excellents. Narna vous embrasse sur les deux joues. Je vous rappelle demain. Joan vous embrasse et… oui, oui, Oog et Eek aussi bien sûr. Bye. »

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 3. Januar 2013, 17:23:09 Uhr
Hallo Tachi  :),

au contraire... je me sens un peu triste de ne pas pouvoir écrire mieux en allemand. Alors, si tu veux et peux le faire, j'en suis ravie ! Merci de l'idée et de la proposition.

bonne soirée !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: August am 3. Januar 2013, 23:35:08 Uhr
La fin de cette journée du 3 janvier.  Das Ende des Tages, Januar 3.

J'ai beaucoup ri à vous l'écrire, j'espère qu'elle vous plaira !  Ich lachte viel schreibe, ich hoffe es gefällt euch.  :D

oh oui !

J’ai dû m’enfermer dans le laboratoire car Otho et Grag m’assaillent de questions plus stupides les unes que les autres, or vous seuls avez les réponses. Néanmoins, je doute que vous ayez envie de leur répondre vraiment.
[goodjob]  [rolllaugh] [rolllaugh]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 4. Januar 2013, 12:42:15 Uhr
Bonjour tout le monde  :)

Journée du 4 janvier. Je vous envoie l'intégrale. /  4. Januar. Ich schicke Ihnen den vollen.

August, j'ai écrit spécialement un petit passage pour toi. Otho face à son chef  ;D

Bonne lecture ! Et belle journée  :)

Limeye  :)

New York. 4 janvier. 8H56

Joan pousse la porte de son bureau. Ezra n’est pas encore arrivé. Elle vient de passer au vestiaire pour enfiler sa tenue de service. L’endroit lui paraît un peu étrange. Pourtant, rien n’a bougé depuis l’année dernière, depuis qu’elle a quitté son poste à 18h, le 31 décembre.

Non, rien n’a changé. C’est elle, qui a changé. Ou plutôt… sa vie qui prend enfin la direction qu’elle espérait depuis si longtemps. C’est Ezra qui va en faire une tête quand il va savoir ! Et Ken… il faut vraiment qu’elle prenne cinq minutes dans la matinée pour appeler Ken. Pas question d’attendre le week-end, qu’il rentre de son séjour à Washington.

Elle s’installe, rouvre son tiroir, en sort ses affaires, rallume l’ordinateur. De son petit sac, elle sort une photo. Une des photos que Jelle lui a donnée hier, avant de partir. Elle sait qu’elle doit rester discrète, prudente même. Pas question d’afficher sa relation avec Curtis au grand jour, pour des raisons de sécurité. Mais cette photo, elle se dit qu’elle peut. Rien n’indique que ce sont leurs deux mains. Pas de bague, pas de montre, aucun signe distinctif. Ca pourrait être une simple carte de vœux. Ou une jolie photo d’artiste.

Elle reste un instant les yeux dans le vague, fixant sans les voir les icônes qui s’affichent sur son écran. Il va rester avec elle. Plusieurs jours au moins. Simon n’a pas besoin de lui sur Tycho. Grag et Otho sont ravis de pouvoir prendre du bon temps, et de s’amuser comme des gamins sans avoir de « devoirs de vacances » à faire. Quand il lui a dit hier matin, qu’il resterait un peu, elle a senti un poids en moins sur son cœur. Elle n’avait pas envie d’être triste à l’idée de retrouver New York. Car cela signifiait déjà quitter ses amis, mais en plus, qu’il allait repartir et cela… c’est déjà trop dur d’y penser.

Pourtant, il va bien falloir s’y habituer. Ce sera encore plus dur, maintenant, pense-t-elle. Sauf que… on se verra plus souvent, j’en suis certaine !

Elle sourit alors et commence à travailler. Mais elle n’a pas le temps d’entamer la lecture des dernières informations que déjà la porte s’ouvre et qu’Ezra, tout bronzé, fait son entrée.

- Tu es déjà là ! Je pensais arriver avant toi et pouvoir te faire une petite surprise !
- Bonjour, colonel, et bonne année !
- Bonne année, Joan. Viens que je te fasse la bise, quand même.

Et après avoir fait claquer deux baisers sonores sur les joues de sa filleule, il ajoute :

- Tiens, voilà une petite surprise pour commencer la journée. J’ai d’autres choses pour toi, mais c’est à la maison. Tu viens dîner ce soir, et tu pourras y goûter. Ca se mange ! Et je dirai même…
- … que ça se boit ?
- Exactement ! Alors, pas trop dur de rester toute seule à New York cette semaine ? Pas d’incidents ? Du boulot ? Une mission en perspective ?
- Ca fait beaucoup de questions, tout cela, colonel… je viens d’arriver, je n’ai pas eu le temps de tout décrypter, mais nous n’avons pas de convocation d’Anders pour l’instant. C’est déjà ça. Et tes vacances, alors ? Brune, blonde, rousse ?
- Petite coquine, je te signale que je n’étais pas parti avec une Irlandaise !
- Ah oui ? J’aurais parié pourtant…
- Oh ! C’est quoi, ça ?, demande-t-il soudain en remarquant la photo sur le côté du bureau.

Pendant ce temps, Joan ouvre le petit paquet qu’il lui a ramené. Et en sort une petite poupée créole, à la robe aux couleurs chatoyantes.

- Elle est très mignonne ! Ca va faire de la couleur sur le bureau ! Merci !
- Joan ? C’est quoi ça ?, redemande-t-il sans faire attention à ce qu’elle lui a dit.
- Ca ? Un cadeau de Jelle pour la nouvelle année, dit-elle d’un ton le plus neutre possible.
- Un cadeau de Jelle ? Tu as vu Jelle ?

Il se penche et regarde plus attentivement la photo. Il va pour relever la tête, mais s’y repenche, intrigué. Son regard fait le va-et-vient entre la photo et la main de Joan, posée sur le clavier. Il se redresse, pose ses deux mains sur ses hanches et regarde d’un air amusé sa filleule, qui, après avoir trouvé une place pour la petite poupée de l’autre côté de son écran, fait mine d’être très concentrée sur le fichier qu’elle vient d’ouvrir.

- Petite cachottière ! Je commence à comprendre pourquoi ton téléphone était éteint depuis trois jours…
- Je parie que tu n’as même pas essayé de m’appeler depuis le 1er janvier, tu étais bien trop occupé, lui répond-elle du tac au tac.
- Sérieusement, Joan… Ca y’est ? Curtis ?
- Hum, hum, dit-elle en hochant simplement la tête.
- Heureusement que j’ai prévu large, avec les provisions antillaises… vous venez dîner tous les deux ce soir, j’y tiens ! On va fêter ça !
- A ce propos… ne t’inquiète pas si tu n’as plus ton compte en bouteilles de champagne… il y a eu un petit emprunt dans ta cave…

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 4. Januar 2013, 12:48:04 Uhr
New York. Même jour. 10H

Curtis émerge de la salle de bain, et après un dernier rapide passage de sa main dans ses cheveux pour tenter de les discipliner en vain, il se dirige vers la cuisine. Jelle leur a donné tant de provisions qu’il se demande s’ils vont réussir à tout manger. Outre une impressionnante pile de crêpes, elle les a obligés à prendre plusieurs parts de viande que Joan a glissées dans le congélateur, la moitié d’une tarte aux pommes, une bouteille de vin rouge à peine entamée sous prétexte qu’étant enceinte, elle ne boit pas d’alcool et que Davies en a déjà deux autres à finir, et plusieurs pots de confiture.

Il sourit et se dit qu’il a vraiment eu une bonne idée d’emmener Joan voir ses amis. C’est la première fois qu’il passe autant de temps avec eux, jusqu’à présent, ils s’étaient vus uniquement lors de quelques soirées, chez Ezra notamment, ou lorsqu’ils revenaient de mission et qu’il déposait Joan et son parrain sur Terre. Et que ce court séjour a été très agréable, non seulement parce qu’il a fait plaisir à Joan et cela n’a pas de prix, mais qu’en plus, il a, lui-même, vraiment apprécié la compagnie des Ashton.

Il commence aussi à mieux comprendre les liens qui unissent Jelle et Joan. Lui qui a grandi sans ami humain auprès de lui mesure l’importance de cette amitié. Quand Joan parle de Jelle en disant qu’elle est comme une sœur, cela lui paraît cependant toujours un peu étrange. Il apprécie beaucoup la générosité de Jelle, son enthousiasme, sa manière de toujours positiver. Il sait qu’elle a beaucoup soutenu Joan ces dernières années, depuis qu’ils se sont rencontrés, et alors qu’il mettait tant et tant de temps à se décider. Et que sans Jelle… Joan aurait peut-être passé le changement d’année dans d’autres bras que les siens, et il n’aurait eu qu’à s’en mordre les doigts.

Si Joan doit beaucoup à Jelle… lui aussi, lui doit beaucoup.

Il s’installe devant un café et commence à déjeuner. Il a un bon programme pour la journée. Tout d’abord, rappeler Simon et faire le point avec lui. Subir les questions stupides d’Otho et Grag, en espérant que ça ne durera pas trop longtemps, enfin se rendre à la bibliothèque des Neuf Mondes. Il veut consulter certains documents sur Mazera.

Cela devrait l’occuper au moins jusqu’au milieu de l’après-midi. Après… se débrouiller pour rentrer ici avant Joan et réfléchir au programme de la soirée. C’est peut-être ce qui va le plus le préoccuper de la journée, se dit-il avec un léger sourire.

- Otho, bonjour !
- Whaou, chef, salut ! Tu vas bien ? Comment va Joan et…
- Passe-moi Simon, veux-tu, j’ai des choses importantes à lui dire.

Il espère qu’en usant d’un air sévère et d’un ton sans réplique, il va faire plier l’androïde. Il aurait préféré tomber sur Grag.

- Heu, ouais, bon, t’es pas drôle, chef. Franchement, je te passe Simon seulement si tu me réponds ! Comment va Joan ?
- Elle va bien. Partie au boulot…, lâche-t-il en espérant avoir la paix.
- Bon, faut que tu nous racontes votre petite virée et vos folles nuits !
- Otho ! Passe-moi Simon !
- Ouais, ouais, bon, je l’appelle… mais je te préviens, il a encore plus de questions à te poser que moi !

Curtis lève les yeux au plafond. Mais où donc est passé Grag ?

- Salut Chef ! J’ai entendu que tu appelais ? Comment va Joan ? Et Narna ?
- Bien, bien, Joan est partie au boulot… elle reprenait ce matin. Narna a grandi, elle est très mignonne et…
- Alors ? Vous avez aimé mon repas ? Et la petite préparation au poisson ? Joan a trouvé ça comment ?
- Délicieux, répond-il sans se souvenir le moins du monde de la préparation en question.
- Et tu n’avais pas oublié les fleurs ?
- Non, non, soupire-t-il. Mais qu’est-ce qu’il fiche, Simon ?
- Ah, tu sais quoi, chef ? Otho meurt d’envie de te poser des tas de questions, je préfère te prévenir que, heu… ben, il vaudrait peut-être mieux que Joan ne soit pas dans les parages quand tu passeras à l’interrogatoire en règle.
- A ce point ?
- Oui, il voudrait notamment savoir de quelle couleur…
- Grag, fous le camp, laisse-moi la place ! Je dois dire quelque chose d’important au chef !
- Tu as prévenu Simon de mon appel, au moins ?
- Oui, oui, il arrive.

Soupir de soulagement. Vite interrompu.

- Bon, alors, elle a des dessous de quelle couleur, Joan ?

Pourquoi j’ai appelé, pourquoi j’ai appelé… j’ai rien à dire, finalement, pourquoi j’ai appelé ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 4. Januar 2013, 13:05:47 Uhr
New York. Même jour. 14h52.

Une tête aux boucles blondes, et aux yeux verts, affichant à la fois un grand sourire, un air déterminé et une profonde joie de vivre, se glisse entre les deux pans de la porte du bureau du Colonel Gurney et de la Lieutenant Randall.

- Salut vous deux ! Vous allez bien ? Alors, tes vacances créoles, Ezra ? Le rhum ? T’as ramené du vieux, au moins ?
- Bonjour Suzy ! Parfaites, à tout point de vue, ces vacances, vraiment parfaites. Seul regret, elles étaient trop courtes.
- Bonjour Suzy, tu vas bien ?, dit Joan.
- Super bien ! Le top du top de la forme ! Bon, et toi, où t’étais passée ? Avec qui ?
- J’étais partie faire un stage de repli sur soi pour démarrer l’année. Une excellente façon de retrouver sa concentration, de faire le plein d’énergie, et de redémarrer sur de bonnes bases.
- Fiche-toi de moi, oui ! Bon, je te connais, tu ne voudras rien dire. Mais avec Clara, on est bien décidé à te cuisiner. Tu ne nous échapperas pas.

Joan hausse les épaules. Suzy et Clara peuvent bien s’y mettre à deux, avec autant de bouteilles qu’elles voudront, elle est bien décidée à ne rien dire des trois derniers jours. Seule Jelle est capable de la faire parler. Jusqu’à présent, personne d’autre qu’elle n’y est parvenue. Et même si Suzy, notamment, a quelques doutes quant aux sentiments qu’elle éprouve pour Curtis, elle n’a aucune « preuve tangible ». D’où son insistance pour lui fourguer Hans.

- Bon, on se fait une bouffe un de ces soirs ?
- Si tu veux…
- Je vous laisse, paraît qu’Hamilton a besoin de moi.
- Ne le fais surtout pas attendre…

Joan voit avec soulagement disparaître son amie. Non, elle n’a pas envie de parler, de raconter. C’est son secret. Qu’elle est parvenue à dissimuler à tous, sauf aux quelques rares personnes qui sont vraiment très proches d’elle, Jelle, bien entendu, Ken et Ezra. Et Salomé et Victor, car il est difficile de cacher quelque chose à ses parents.

New York. Même jour. 21H12

- Hum ma douce… Tu sais que tu as eu une excellente idée de suggérer à Ezra de reporter son repas antillais à demain soir, pour le faire avec Ken…
- Sauf qu’on sera d’astreinte Ezra et moi et qu’en cas de soucis…
- … pas grave, on se dévouera pour les acras, Ken et moi. Et pour le punch aussi.
- Tu ne vas quand même pas infliger à Ken sa première beuverie !, dit-elle d’un air faussement scandalisé.
- Aucun risque. De toute façon, j’ai bu assez d’alcool en trois jours. Maintenant, j’arrête.
- On n’a rien ouvert ce soir, je te ferai remarquer.
- Et c’est très bien comme ça.

Il relève la tête qu’il avait enfouie dans ses cheveux. Et jette un œil en direction de la petite table de nuit. Il est encore tôt. Dire qu’il voulait lui proposer une balade nocturne. Mais la proposition a très mal tourné. Enfin, mal… il sourit.

Accroché au mur, juste au-dessus de la table de nuit, il y a un petit cadre avec un dessin. C’est un portrait d’elle, qui doit dater d’il y a quelques années.

- Tu as quel âge sur ce dessin ?, demande-t-il.
- Même pas 16 ans. C’est mon professeur de dessin, Luis Esteban Rodriguez qui l’a fait en m’expliquant certaines règles à respecter pour les proportions d’un visage. Je l’aime bien.
- Moi aussi. Je le trouve très réussi. Mais alors, tu dessines ?
- Rarement maintenant, j’ai peu de temps… j’en faisais presque plus quand j’étais à l’Académie. Ca me détendait, avec la lecture. La dernière fois que j’ai vraiment pris le temps de dessiner, c’était l’été dernier. Je voulais faire plusieurs portraits de Narna. J’en ai donnés plusieurs à Jelle, mais j’ai gardé celui que je préférais. Quand elle a su que c’était mon préféré, Jelle a refusé de partir avec.
- Tu me le montres ?

Elle se lève alors, ouvre son armoire, puis le seul grand tiroir du meuble. Dedans, il devine des feuilles, bien rangées, et toute une panoplie de crayons. Elle soulève quelques feuilles et en sort une assez grande.

Curtis reconnaît aussitôt Narna, son petit visage, son nez en trompette comme celui de son père, ses beaux yeux sombres. Derrière elle, Joan a dessiné une grande plage de sable blanc, une mer à la couleur indéfinissable, à la fois verte, bleue, avec un rien de mauve et d’ocre. Et un ciel… magnifique.

- Tu devrais le mettre au mur, il est très réussi.
- Je sais…

Son visage s’est légèrement assombri. Il se lève pour la rejoindre et l’entoure de ses bras.

- C’est la plage d’Ixio, n’est-ce pas ?
- Oui.
- Quand auras-tu au moins une dizaine de jours de congés ?

Elle se tourne vers lui, intriguée. Pourquoi me demande-t-il ça ?

- J’espère pouvoir prendre deux semaines au printemps, pour la naissance d’Aziliz, en avril.
- Alors tu vas me faire le plaisir d’en garder pour mars. Pour qu’on aille fêter ton anniversaire sur Ixio.

Elle le regarde intensément. Il se sent complètement chaviré, quand elle le regarde ainsi. Pourquoi a-t-il toujours l’impression que son regard offre plus de profondeur, plus de clarté que tout l’espace infini ?

- Curt… aller sur Ixio ? Ensemble ?
- Oui.

Elle entoure son cou de ses bras, très fort. Une larme glisse sur sa joue.

- C’est le plus cher de mes rêves, aller sur Ixio… avec toi.
- Alors, tu te débrouilles pour tes congés…
- On ne peut jamais rien prévoir…
- Si. Je vais adresser un message à toutes les crapules de l’espace pour les prévenir que Miss Randall et Capitaine Futur vont prendre des vacances. Et qu’il faut signer une trêve. Dix jours minimum.

Alors elle éclate de rire, il la soulève, la fait tourner comme dans une danse, puis retombe avec elle sur le lit.

New York. Même jour. 23H47

Biiip ! Biiip !

Joan ouvre un œil. Regarde le réveil. Trop tôt pour l’astreinte… elle n’est de service qu’à partir de 6h demain matin. Qui appelle à cette heure ?

A ses côtés, Curtis n’a rien entendu. Il dort. Elle se lève rapidement.

Code canal d’urgence. Tycho. Professeur Simon.

Elle prend l’appel sans attendre.

- Joan ! Bonsoir. Désolé de vous déranger…
- Bonsoir, professeur. Une urgence ?
- Oui. Le président vient de nous appeler. Il veut nous voir.
- Je préviens Curt.
- Merci.

Elle se retourne pour gagner sa chambre, mais elle n’a pas besoin de sortir de la pièce. Il est déjà, là, debout dans l’encadrement de la porte. Et s’installe sans attendre devant le transmetteur.

- Mon garçon, Carthew vient d’appeler. Il veut nous voir dès que possible. J’ai déjà envoyé Grag et Otho préparer le Comète.
- OK. Il est… bien, rendez-vous dans une heure à l’aéroport. Je vous y retrouve. A tout à l’heure.
- A tout à l’heure.

Et il coupe le transmetteur. Reste assis un instant, concentré, le visage fermé. Une main se glisse dans ses cheveux, avec douceur.

- Va. Ne t’inquiète pas… pour moi.

Il se retourne, la serre dans ses bras, enfouit sa tête entre ses deux seins, si doux. Puis après une longue minute, il relève les yeux vers elle. Et là, il sent sa force. Son courage.

Bon sang… Joan... que je t’aime !

- Joan…
- Chut… , dit-elle en posant juste un doigt sur ses lèvres.

Puis elle se penche et l’embrasse.

Trois quarts d'heure plus tard, il prend place dans un taxi qui l’emmène rapidement vers l’aéroport. Quand il arrive, il remarque que le Comète n’a pas encore atterri, il jette alors un œil à sa montre. Ils ne vont pas tarder, pense-t-il.

Et en effet… le vaisseau crève les nuages gris sale du ciel nocturne. Il attrape son sac et se dirige vers la piste numéro 8, près de la mer, là où Grag va poser le vaisseau. Machinalement, il glisse sa main droite dans la poche de son manteau. Et entre ses doigts, il sent quelque chose. Intrigué, il ressort sa main.

Sur sa paume s’est posé un petit papillon rouge.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 5. Januar 2013, 15:04:08 Uhr
Leurs vacances sont finies, mais pas les miennes encore, alors, je continue un petit peu...  ;)

 ihre Ferien sind vorbei, aber nicht von mir. Dann schreibe ich ein wenig.  ;)

Limeye  :)


New York. 5 janvier

Elle est debout depuis le milieu de la nuit. Elle ne parvient pas à se rendormir, après son départ. Elle s’est emmitouflée dans son manteau et, de sa terrasse, elle a vu dans le lointain le vaisseau atterrir, puis moins d’une heure après, décoller.  Ils sont partis… Elle ne sait pas vers où, ni quel danger, ni pour combien de temps.

Elle se recouche, se relève, se recouche encore. Un temps, elle a espéré qu’en retrouvant son odeur dans ses draps, elle trouverait le sommeil, mais c’est peine perdue. Finalement, sur le coup des 4h, elle se prépare un thé et met un peu de musique. Elle hésite, entre quelque chose de très calme, Chopin par exemple, ou au contraire, du bon vieux rock n’roll. Finalement, elle choisit l’album Alchemy, de Dire Straits. Pour le mélange des deux, des chansons calmes et d’autres qui vont la booster, elle le sait.

Après Telegraph Road, dont elle adore cette version, elle file sous la douche. A partir de 6h, elle doit rallumer son téléphone sur le canal des urgences. Ezra fait de même de son côté, elle le sait. Et ils se retrouvent au bureau à 9h. Si la situation reste calme, ils pourront alors dîner avec Ken comme convenu la veille.

A sa tête, quand ils se retrouvent, Ezra devine qu’il y a un souci. Et quand elle lui dit qu’elle viendra seule le soir-même, il comprend tout de suite pourquoi.

- C’est ainsi, dit-elle simplement. De ce point de vue, rien ne change.

La journée est calme. Pas d’alerte, rien que de la routine. Aucune convocation chez Anders ou chez le Président, comme elle l’espérait un peu. Un appel de Curtis, en tout début d’après-midi. Juste pour dire qu’ils font bonne route et qu’avant que la liaison vidéo ne se coupe, il veut la voir une dernière fois. Les messages suivants ne pourront être que vocaux, à cause de la distance. Ou écrits. Et encore, s’ils peuvent en envoyer. Tout ira bien, dit-il pour la rassurer, sans savoir que ces mots ne la rassurent nullement.

Le soir venant, ils quittent l’immeuble de la police interplanétaire et retrouvent Ken qui est rentré dans l’après-midi de Washington et qui a commencé à dresser la table et les attend patiemment. Il est ravi de les revoir, mais déçu que le Capitaine soit déjà reparti. Enfin, il se console avec la bonne nouvelle que Joan lui a apprise la veille et ne sait plus s’il doit lui poser des questions sur le Capitaine ou sur Narna à laquelle il est très attachée. Le jeune adolescent souffre encore du départ des Ashton pour le Canada : quand Joan et Ezra partaient en mission, c’était chez Jelle et Davies qu’il prenait pension et Narna est pour lui comme une petite sœur, la petite sœur qu’il n’a jamais eue. Il aurait pu partir avec eux, Joan, Jelle et Davies lui ont laissé le choix. Mais il a finalement préféré rester à New York, au moins pour cette première année. Il pourra toujours changer d’avis à la fin de l’année scolaire. Mais la contrainte, c’est aussi d’être maintenant en pension, car Joan et Ezra peuvent avoir à repartir n’importe quand, et plus personne n’est là, désormais, pour s’occuper de lui.

La soirée se passe tranquillement, ils ne font que goûter au punch, un fond de verre chacun, et apprécient les autres produits qu’Ezra a rapportés. Il leur montre quelques photos de la petite île paradisiaque sur laquelle il a séjourné, sans pour autant rien révéler de la ravissante créature féminine qui l’a accompagné. Mais Joan n’a pas trop la tête à plaisanter, et même si elle s’efforce d’avoir le sourire et de s’intéresser autant au voyage d’Ezra qu’au séjour de Ken, elle a bien du mal, par moments, à ne pas penser à Curtis.

Et c’est finalement, presque avec soulagement, qu’elle voit arriver 22h et annonce qu’elle va se coucher. Par facilité, elle reste dormir chez Ezra, comme Ken. Comme cela, en cas de besoin, ils partiront ensemble et seront plus vite opérationnels.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 6. Januar 2013, 09:44:42 Uhr
Journée du 6 janvier. /  Tag 6. Januar

Ich habe Mitleid mit Tachi wer übersetzt.  Ich mache es kurz.  Ich habe keine Ideen für das Schreiben von Aufgaben. Und ich habe eine andere Geschichte zu beenden.

J'ai pitié de Tachi qui assure la traduction. Je fais court pour aujourd'hui. De toute façon, je n'ai pas d'idées pour décrire les missions... et j'ai l'autre histoire à terminer.

Bonne lecture  :)

Limeye  :)


New York. 6 janvier.

Nouvelle de journée d’astreinte. Rien à signaler. Les heures s’étirent. Pas de nouvelles de Curtis. Le soir, à nouveau, Joan rentre avec Ezra chez lui, ils y retrouvent Ken pour une dernière soirée. Il reprend les cours demain. Et leur astreinte se termine le lendemain également à 6h. Ils bénéficieront alors d’une journée de repos. Elle ira peut-être voir sa mère à cette occasion, mais hésite encore à en parler à Ezra. Elle ne veut pas l’obliger à l’accompagner.





Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 6. Januar 2013, 14:11:44 Uhr
Vielen Dank für Dein Mitgefühl. So schnell, wie Du weiterschreibst, kann ich gar nicht übersetzen. Aber es macht nach wie vor Spaß und ich werde weitermachen. Soeben habe ich wieder ein kleines Stück übersetzt !
Du kannst Dich also ruhig um Deine andere Geschichte kümmern..... ;D
Viele Grüße
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 7. Januar 2013, 18:10:24 Uhr
New York. 7 janvier. 18h45

Finalement, Joan a abandonné l’idée d’aller voir sa mère. Elle ne s’en sentait pas la force. Elle s’en veut pourtant, se dit que ce n’est pas bien, qu’elle devrait faire un effort. Si elle allait la voir plus souvent, peut-être que cela changerait quelque chose, ferait évoluer son état ? L’un des médecins lui a assuré que ce serait le cas, un autre lui a dit le contraire… Qui croire ?

Oh, bien sûr, elle se trouve facilement une bonne raison pour ne pas être allée jusqu’à la clinique White Butterfly, et aujourd’hui, comme d’autres fois. Mais qui aurait envie de se retrouver face à un visage vieillissant, à une femme d’à peine 50 ans et qui semble en avoir 70, au regard vide, qui ne fixe rien, aux lèvres qui ne sourient jamais ? Une femme qui ne reconnaît plus aucun visage, pas même celui des infirmiers, des médecins qui s’occupent d’elle. Une femme qui a oublié son propre nom, qui n’a plus de passé, à peine un présent et aucun avenir. Une femme qui ne sait même plus qu’elle a une fille.

Que lui aurait-elle dit ? A chaque fois qu’elle va la voir, Joan lui parle toujours un peu, essaye de raconter son quotidien, de rappeler des événements anciens, d'évoquer des proches, même si ses mots restent sans réponse. Mais aujourd’hui, que lui aurait-elle dit ? Que le feu d’artifice du 1er janvier était magnifique ? Sa mère ne remarque pas les changements de saison, et encore moins d‘année. Qu’elle a vu Jelle, Davies et Narna ? Sa mère ignore qui est Narna, et ne se souvient plus ni de Jelle, ni de Davies. A quoi bon alors lui dire qu’elle a passé deux jours au Canada ? Sa mère ne se rappelle plus aucun lieu.

Et Curtis ? Pourquoi parlerait-elle de Curtis à sa mère ? Lui dirait-elle que celui qu’elle aime lui a enfin fait sa déclaration ? Qu’ils ont fait l’amour ? Qu’elle n’a jamais été aussi heureuse avec un homme ? A quoi bon dire à sa mère qu’il est l’homme de sa vie ? Est-ce que sa mère se souvient de ce que c’est qu’aimer ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 8. Januar 2013, 14:25:36 Uhr
New York. 8 janvier. Le soir.

Joan a repris ses crayons, ses papiers. Elle a mis un peu de musique. Chopin, oui, ce soir est un bon soir pour écouter Chopin. Elle s’est installée dans sa chambre, a déplié le petit chevalet qu’Ezra lui avait fixé au mur lorsqu’elle avait pris possession de l’appartement. Le jour, quand elle s’y installe, elle peut profiter de la belle lumière de l’après-midi. Mais ce soir, ce qu’elle veut, c’est surtout être dans la pénombre, avec juste la lumière qui éclaire le papier.

Elle aiguise soigneusement ses crayons, choisit le gris pour faire les esquisses. Les couleurs viendront plus tard. Un instant elle ferme les yeux, pour se concentrer. Comment dessine-t-on l’amour ? La joie ? Le plaisir ?

Auparavant, elle avait sorti les quelques croquis qu’elle avait faits de lui, en secret. Mais aucun ne lui plaît vraiment. Trop difficile de rendre ses expressions, son sourire, son regard. Surtout son regard.

Elle soupire, se dit encore une fois qu’elle n’y arrivera pas. Pourtant, il doit bien y avoir une solution pour coucher sur le papier ce fichu regard, ces insondables yeux gris. Mais comment peut-elle rendre ce voile sombre qui en émerge quand il la regarde ? Cela lui paraît soudain presque plus difficile que de reproduire les reflets changeants de la mer d’Ixio.

Peut-être est-elle là la solution, finalement, faire comme pour la mer… capturer ce regard dans la mouvance d’une vague, dans une gerbe d’écume, dans le reflet d’un nuage…
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 9. Januar 2013, 05:42:30 Uhr
New York. 9 janvier. 11h.

Code sécurisé. Destinataire : Le Comète. Niveau d’encodage maximal.

Partons EG et moi. Durée de la mission : indéterminée. Mission de type 3. Objectif Uranus et la bande de Seth Carus. Prenez soin de vous, nous prendrons soin de nous. Ltnt Randall.


Curtis a pris connaissance du message. Seth Carus… c’est la pire ordure qui soit ! Un redoutable bandit, bien pire que Kim Ivan en ses plus hautes heures de gloire. Bon sang ! Et Carthew qui les a envoyés vers Cassiopée… Il n’a pas le choix. Il doit leur faire confiance. Il doit… lui faire confiance. Mais cesser d’avoir peur pour elle, ça… c’est tout à fait autre chose.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 10. Januar 2013, 17:09:30 Uhr
Hallo Earthquake !

Ich dachte, eine Kurzgeschichte zu schreiben, nur für das neue Jahr.  Aber August hat mich herausgefordert, bis zum Ende des Urlaubs zu schreiben...

Ich schrieb ein bisschen mehr  :D !

Ich habe einige Ideen für die kommenden Wochen ... Renditen für ihre Mission.  Ich habe keine Lust zu dieser Zeit Geschichten mit Missionen zu schreiben. Ich habe keine Ideen.

Aber ich möchte die ersten Momente ihres gemeinsamen Lebens vorstellen.  Ich hoffe, Ihnen originelle Geschichten, manchmal lustig, manchmal sehr romantisch.  [loveu]

Vielleicht wird es ein Streit sein, ich weiß es noch nicht...  [argue]

Tachi bietet eine große Übersetzung, bin ich sehr glücklich!

Bye  [hello]!

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 10. Januar 2013, 20:43:01 Uhr
Hallo Limeye,
gerne übersetze ich Deine wunderschöne, romantische Geschichte weiter !  [flower]
Ich liebe diese tiefmenschlichen Gefühle mal abseits des großen Heldentums.... ;)
Unser Teamwork macht mir viel Spaß und stellt eine echte Herausforderung dar.....
Viele Grüße
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. Januar 2013, 09:04:45 Uhr
Hallo Earthquake !

Vielen Dank für Ihre Nachricht und Ihre Glückwünsche.

Ich tatsächlich versuchen, diese Geschichte in den frühen Tagen (und schließlich Wochen) von ihrer Beziehung vorstellen, aber nur in dem, was sie täglich.

Zunächst hatte ich nur geplant, um eine kurze Geschichte über zwei Tage, deren Zentrum die Liebeserklärung Curtis schreiben. Aber ich habe die Inspiration, um fortzufahren! Aber ich tue es in Echtzeit. Diese Geschichte wird über mehrere Monate zu entfalten, auch auf dem Forum.

Mein Ziel ist nicht geerzählt, um ihre Abenteuer im Weltraum, die Gefahren sie ausgesetzt sind, zu erfinden Feinde, usw... Dies wird sehr gut in viele andere Geschichten getan. Ich bevorzuge zu nähern diese Geschichte auf die Perspektive und Gefühlen der Entdeckung gut, und insbesondere zeigen, wie Curtis allmählich entdecken Aspekte des Lebens von Joan, dass er nicht bis jetzt bewusst war, oder dass er nicht alle Details wusste.

Zum Beispiel, seine musikalischen Vorlieben - das sind auch meine!  ;) - Oder die komplizierte Beziehung mit ihrer Mutter.

Ich denke, dass wenn sie abgeschlossen sind, diese Geschichte kann auch als die in den vorstehenden Geheimnis Beloga gelesen werden.

Viele Grüsse !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 4. Februar 2013, 04:53:52 Uhr
Bonjour à toutes et tous !

Je continue à relever le défi (et pas celui d'un magicien fou !) d'écrire au jour le jour le début de la relation effective entre Joan et Curtis, en dehors des missions. Je remercie encore une fois Tachi qui a fait un superbe travail en traduisant en allemand les journées de janvier (plus la soirée de décembre !), et voici donc le début du récit de quelques journées de février. Avec retrouvailles à la clé  [loveu] (mais soyez patients quand même, ce n'est pas pour aujourd'hui  [devil]

Bonne lecture ! Et bonne journée !

Limeye  :)


Quelque part, dans la galaxie. 4 février. 2H48 (Temps universel)

- Grag, on prendra la route suivante : 22 degrés d'ici un quart d'heure. Puis tu obliqueras sur 47 degrés bâbord, jusqu'à Kuiper. Route la plus directe possible ensuite vers la Terre.
- On s'arrête sur Tycho avant ?
- Non. Vous me déposerez sur Terre et vous rentrerez sur Tycho.
- Mouais, fait Otho. A toi les vacances avec Joan, et à nous les corvées des réparations du Comète.
- Je pourrais vous proposer des vacances si vous voulez. Mais vous vous ennuieriez très vite et vous rendriez la vie impossible à Simon. Et de toute façon, il faut que je voie Carthew pour le mettre au courant de ce que nous avons trouvé sur Béthem. Et ensuite… je ne sais même pas si Joan est rentrée d’Uranus. Et si ce n’est pas le cas, j’ai bien l’intention d’apprendre où ils en sont, Ezra et elle.
- La bonne excuse...
- Serais-tu jaloux, Otho ?, demande Curtis un peu amusé.
- Pff... je vais juste être obligé de supporter une vieille boîte de conserve métallique grinçante et grincheuse... tu parles de vacances...
- Vous aurez une mission importante à réaliser sur Tycho, continue Curtis avant que Grag ne puisse répondre à Otho.
- Laquelle, chef ?, demande le robot, soudain intéressé.
- Préparer la base pour la future visite de Joan.
- Ah, si c'est cela que tu voulais nous donner à faire pour nous occuper, alors aucun souci, je suis partant !, reprend Otho.
- Ca me plaît aussi comme job, chef, dit le grand robot.
- Alors, c'est parfait.

Et le voyage retour vers la Terre se poursuit tranquillement.


New York. 4 février. 16H50

Joan pousse enfin la porte de son appartement. La voilà de retour chez elle. Comme toujours, elle a un peu de mal à se retrouver dans son espace de vie. Il y fait froid, car elle laisse toujours le chauffage au plus bas quand elle s’absente.

Elle et Ezra ont atterri ce matin, mais il leur a fallu d’abord passer voir Anders, pour lui livrer un premier rapport oral sur leur mission. Ils en auront un à lui remettre par écrit d’ici trois jours. Mais pour l’heure, elle a droit à une journée de repos, demain.

Elle n’est pas fâchée de retrouver New York, après plusieurs semaines sur Uranus, pour une mission qui a été particulièrement difficile et éprouvante. Ils ont pu enquêter et remonter la piste de Seth Carus, même si ce dernier est toujours en fuite. Ses principaux lieutenants ont été interpellés et conduits sur Cerberus, son réseau démantelé, ses points de chute découverts. Il ne bénéficie désormais d'aucun soutien important et une équipe spécialisée a pris la relève pour le poursuivre en dehors du système solaire.

Une des premières choses qu’elle fait est d’écouter les messages qu’elle a reçus durant son absence. Elle en espère un de Curtis, mais s’attend aussi à son silence. Elle n’a pas réussi à savoir où se trouvaient les Futurmen quand elle est passée au bureau. Sont-ils toujours vers Cassiopée ? Sont-ils rentrés ? Ou sur le chemin du retour ? Elle ne sait pas non plus exactement en quoi consistait leur mission : Curtis ne lui en a rien dit. Par manque de temps, mais aussi par nécessité. Le secret fait aussi partie de leurs métiers.

Elle passe en revue tous les messages, un certain nombre ne présente guère d’intérêt. Elle note juste que Jelle l’a appelée deux fois, dont une dernière fois il y a trois jours, que Salomé et Victor aussi l’ont appelée, pour prendre des nouvelles. Et qu’il y a dix jours, Curtis lui a envoyé un court message écrit, lui disant que tout allait bien pour eux.

Elle regarde sa montre : elle peut appeler sur Ixio, mais à Vancouver, c’est l’heure de la sieste. Elle sait combien ce moment est important pour Jelle et pour Narna. Elle les appellera dans la soirée. C’est avec joie qu’elle entre en communication avec ses parents adoptifs, les parents de Jelle.

- Joan ! Te voilà rentrée ?
- Oui, Salomé.
- Tout s’est bien passé ?
- Oui, et vous, comment allez-vous ?
- Bien, ma chérie. Il fait un temps magnifique depuis une semaine. Nous n’arrêtons pas entre le potager et la cuisine…

Joan sourit. Elle imagine en effet parfaitement Salomé dans son jardin, avec Victor, le matin, à la cueillette à la fraîche, puis l’après-midi, à la cuisine, à faire les conserves de tomates, de haricots, de petits pois.

- As-tu commencé des confitures ? Tu sais que j’ai réussi à en glisser un pot dans le sac de Curtis quand il est parti le mois dernier ?
- Je m’en doutais ! Laquelle a-t-il préférée ? Si tu viens nous voir cette année… ou quand nous viendrons pour la naissance d’Aziliz, je t’amènerai aussi des provisions. Il n’y a pas de raisons que seuls Jelle et Davies en profitent !
- Ca me ferait très plaisir ! Mais, dis-moi, vous allez vous baigner au moins ?
- Oui, le soir… tu aimerais, ma chérie. Je pense à toi à chaque fois que je vais prendre un bain.

Leur conversation se poursuit encore un moment. Mais quand elle se termine, Joan ressent un petit pincement au cœur. C’est toujours ainsi quand elle peut leur parler. Ils lui manquent aussi beaucoup, et elle aimerait les voir plus souvent. Presque un an déjà qu’elle ne les a pas vus. Trois ans qu’elle n’est pas allée sur Ixio.

Et cela lui fait repenser à Curtis. A la promesse qu’il lui a faite de l’emmener sur Ixio pour son anniversaire. Mais aura-t-elle des congés fin mars ? Et lui ? Sera-t-il revenu ? Ne sera-t-il pas reparti ?
 
Elle aime son métier, elle aime partir avec lui en mission, et se demande quand cela se reproduira. La dernière fois qu’ils sont partis ensemble, c’était au début de l'automne.

Elle décide alors d’appeler sur Tycho. Comme elle s’y attend, elle n’obtient pas de réponse. Seule solution : un message écrit à destination du Comète. Mais qui mettra un certain temps à leur parvenir, selon l’endroit où ils se trouvent.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 4. Februar 2013, 06:30:37 Uhr
Bonjour Limeye,

c'est drôle avec mon mauvais esprit j'ai failli faire une allusion à l'espoir des insomnies pour que tu rajoute une partie au maître de la magie...désolée, j'espère que tu récupèreras dans la journée.
Bonne nouvelle avec la suite de ton histoire :D,
a bientôt  [hello]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 5. Februar 2013, 07:37:32 Uhr
bonjour !


New York. 5 février


Ce matin-là, Joan se dit qu'elle ne peut pas, à nouveau, repousser une visite à sa mère. Elle s'occupe d'abord de faire un peu de rangement, hier soir, elle a tout laissé en plan après avoir passé plusieurs heures à papoter avec Jelle. Elle s'est couchée tard, et n'avait plus le courage de ranger, juste celui de mettre en route une lessive.

Elle s'habille chaudement, sort et se dirige vers la plus proche station du cyber-métro. Dix minutes plus tard, elle monte dans un des trains de banlieue qui dessert le quartier où se trouve la clinique dans laquelle sa mère est hospitalisée. "White Butterfly" est plus une résidence médicalisée qu'une clinique. Mais c'est le seul endroit proche de New York qui peut accueillir quelqu'un dans l'état de July Randall.

Joan traverse un parc, endormi sous la neige, puis gagne l'entrée principale du bâtiment. L'endroit est calme. Certains résidents, atteints de troubles profonds, trouvent ici repos, sérénité, apaisement. Joan se demande toujours ce que sa mère y trouve. Cela fait des années qu'elle est ici. Son état n'a pas évolué. Il ne s'est pas aggravé non plus, c'est ce que lui dit parfois Ezra pour la consoler. Etat stabilisé, dit le médecin qui la suit, le docteur Montgomery.

Joan gagne l'accueil, salue la secrétaire.

- Vous pourrez voir le docteur Montgomery en fin de matinée, Miss Randall. En attendant, votre mère se trouve dans le petit salon. Voulez-vous qu'on la ramène dans sa chambre ?
- Non, laissons-la dans le petit salon. Je vais la retrouver là-bas.

Joan sait qu'il y aura peut-être un ou deux autres résidents avec sa mère, mais cela n'est pas un souci pour elle. Elle gagne la petite pièce, qui ressemble plus une véranda, car elle possède de grandes baies vitrées donnant sur le parc. La pièce est lumineuse, sur ses murs sont peints de grandes et belles herbes vertes et bleues. L'ensemble est apaisant.

July Randall est assise dans un large fauteuil, confortable. Joan prend une chaise et vient s'asseoir auprès d'elle, pose doucement sa main sur la sienne. July ne réagit pas.

- Bonjour, maman. Je suis venue te voir aujourd'hui. Je suis rentrée de mission hier. J'ai été longtemps absente.

Le visage de July s'est tourné vers celui de sa fille, mais elle ne manifeste rien. Rien dans ses yeux ne montre qu'elle la reconnaît, pas le moindre sourire n'éclaire son visage.

- Comment te sens-tu ?

Pas de réponse. Joan sait qu'elle n'obtiendra pas de réponse. Mais le médecin lui a demandé de toujours poser certaines questions à sa mère. Toujours les mêmes, avec la même formulation.

Joan attend un peu, en silence, puis pose les deux suivantes :

- Dors-tu bien ?

Puis :

- Veux-tu te promener dans le parc ?

Pas le moindre mot, pas le moindre signe de la tête. Jamais le moindre mot. Jamais le moindre signe de tête. July ne regarde déjà plus sa fille. Elle a retourné son visage vers le dehors, son regard est vide, lointain.

Joan n'ajoute rien. Elle n'a pas envie de parler. Comme avant de partir pour Uranus, elle n'a rien à dire à sa mère. Et surtout... elle ne veut pas lui parler de Curtis.

Elle reste assise, à ses côtés, silencieuse, une petite heure environ. Puis elle lui dit au revoir et s'arrête devant le bureau du docteur Montgomery. Il la reçoit rapidement. Toujours les mêmes mots, chez lui aussi.

- Etat stationnaire pour votre maman, Miss Randall. Sa santé est bonne. Elle n'a pas été malade de l'hiver. Vous n'étiez pas venue depuis longtemps.

Cela sonne comme un léger reproche.

- J'étais prise par mon travail. Je n'étais pas sur Terre ces dernières semaines. Et très peu ces derniers mois.

Il hoche la tête, pensif.

- Au revoir, Miss Randall. Revenez avant le printemps, si vous le pouvez, bien entendu.
- Au revoir, docteur Montgomery. Je ferai de mon mieux.

Elle ressort, regarde sa montre. Il est presque 14H. Elle regagne la ville au plus vite, s'arrête dans le premier pub venu pour manger un sandwich et boire un thé chaud et rentre chez elle. Elle se sent soulagée de retrouver son appartement, et avant cela, la rue, la ville, l'animation. La vie.

Elle jette un coup d’œil au transmetteur. Pas de message. Son cœur se serre. Elle aurait tellement aimé pouvoir joindre Curtis ! Avoir des nouvelles. D'une part, pour être rassurée sur ce qu'il devient, ce que devient toute l'équipe. D'autre part... pour oublier les deux petites heures passées hors du monde, hors de sa vie.


New York. Même jour. Appartement de Suzy Perkins. Le soir


Quand Suzy l’a appelée pour lui proposer une petite soirée entre amis, elle a accepté tout de suite. Elle n’a aucune envie de se retrouver seule chez elle. Quand Davies et Jelle habitaient encore à New York, en général, elle passait ses premières soirées de libres avec eux. Pour évacuer la tension de la mission achevée, et souvent… pour parler de Curtis. Combien de soirées n’ont-elles pas passées Jelle et elle à parler de lui ? Sans la ténacité et la foi de Jelle, elle aurait – peut-être – abandonné.

Suzy a évidemment invité Clara, et le nouveau copain de celle-ci, que Joan ne connaît pas. Steven. Très sympa. Clara se dégotte toujours des copains très sympas. Le problème, c’est qu’ils ne restent jamais longtemps. Ou plutôt… c’est elle qui se lasse très vite. Joan a bien du mal à comprendre le fonctionnement amoureux de Clara. John, le petit ami de Suzy, est là aussi. Il est informaticien. Un autre couple d’amis, enseignants, elle à l’université, lui professeur de sport, est également présent. Plus l’inévitable Hans Stern. Joan l’avait complètement oublié, celui-là. Mais c’est en s’installant autour de la table du salon qu’elle comprend qu’ils sont 8 et forment 4 couples.

Et flûte ! Moi qui voulais juste me changer les idées… je ne vais pas me les changer du tout. Il va falloir que je manœuvre pour ne pas encourager Hans… comme si j’avais la tête à ça ! Je voulais juste passer une bonne soirée sans penser à maman… et pas trop à Curtis.

La soirée commence pourtant de manière très agréable, Jimmy et Kate, le couple d’enseignants, sont des gens très agréables, vraiment gentils. Joan les voit rarement, mais elle a toujours plaisir à les retrouver, à échanger avec eux. La conversation s’engage facilement.

Par discrétion, et parce que cela fait partie de leurs métiers respectifs, ni Suzy, ni Joan, ne parlent de la mission que cette dernière vient d’effectuer.

A un moment, Clara, John et Steven s'installent sur le balcon, pour fumer. Joan a envie de prendre un peu l'air et les accompagne. Machinalement, elle lève les yeux vers le ciel, derrière les nuages, elle aperçoit la vague clarté de la Lune. Curtis... il lui manque vraiment. Tant qu'elle a été en mission, elle a supporté l'éloignement et le silence. Mais elle devine que l'attente, désormais, sera difficile à vivre. Qu'il va lui falloir apprendre à la vivre autrement.

Clara lui pose une question, elle n'a pas entendu.

- Hé ! Joan ! Tu as la tête ailleurs...
- Oh, désolée, Clara. Je suis fatiguée. Les dernières journées ont été éprouvantes.

Clara opine : elle travaille à l'hôpital, et sait ce qu'est une journée chargée, même si cela n'a rien à voir avec ce que font Joan et Suzy. La pression du quotidien, elle connaît. Elle n'a pas le temps de reposer sa question que Joan reprend :

- Je ne vais pas tarder à rentrer. J'ai vraiment besoin de sommeil.

Et elle les abandonne pour regagner le salon. Hans s'y trouve.

- Suzy ?

Suzy passe la tête par la porte de la cuisine.

- Désolée, je ne reste pas. Je suis trop fatiguée. Il faut vraiment que je dorme. Je reprends demain, j'ai le rapport à rédiger...
- Ok, ma belle. Pas de soucis. On se refera une soirée ce week-end ou la semaine prochaine, si tu veux.
- Ce week-end, je récupère Ken. Il a dû rester à l'internat depuis la rentrée, il a hâte de venir à la maison un peu !
- Bon, comme tu veux, mais dimanche, on pourrait aller faire un tour ?
- Merci, je te tiens au courant.

Hans s'avance alors, toujours serviable :

- Je peux te raccompagner, Joan ?
- Merci Hans, il est tôt et je ne voudrais pas te gâcher la fin de la soirée.
- Oh, mais tu ne me la gâcherais pas ! Ce serait un vrai plaisir de te raccompagner.

Suzy fait un clin d'oeil à Joan. Mais celle-ci ne relève pas et garde un air fermé.

- C'est gentil, mais non, Hans. Je me débrouille. Allez, bonne fin de soirée à tous !, lance-t-elle en enfilant son manteau et en gagnant rapidement la porte de l'appartement.

Suzy la suit, jusque sur le palier, mais en refermant la porte derrière elle.

- Joan ! Tu ne veux vraiment pas que Hans te raccompagne ?
- Non !
- Tu as tort. C'est un chouette garçon, et il est fou de toi !
- Peut-être, Suzy, mais pas moi, ok ? Donc s'il-te-plaît, fiche-moi la paix avec Hans et ne cherche pas à me le refiler la prochaine fois que je viens dîner chez toi ou je refuserai l'invitation, c'est compris ?
- Ok, ok... rentre-bien, alors, dit Suzy.

Et Joan file jusqu'au bout du couloir, pour prendre l'ascenseur. Mais Suzy se dit que Joan ne va pas réussir à lui échapper : tôt ou tard, elle finira bien par avoir le fin mot de l'histoire. Soit Joan a quelqu'un dans sa vie et ne veut pas le dire, soit... elle a eu un chagrin d'amour dont elle ne parvient pas à se remettre. Malgré sa finesse d'esprit, Suzy n'est toujours pas parvenue à trancher entre ces deux solutions. Une chose est certaine pour Suzy, Joan est une trop jolie fille et c'est vraiment gâché que de ne pas la voir avec un homme. Suzy se dit aussi qu'il y a deux personnes qui en savent certainement plus, mais elle sait pertinemment que ni Jelle Ashton, ni Ezra Gurney ne lui feront la moindre confidence, sans l'accord de Joan. Reste Ken... peut-être réussira-t-elle à en savoir plus grâce à Ken ?


New York. Même jour. Appartement de Joan. 22H12


Joan vient de rentrer chez elle. Elle est assise devant le transmetteur et prend connaissance du message suivant, qui a été transmis durant son absence :

Heureux de te savoir rentrée. Tout va bien pour nous. La mission se termine. Nous rentrons bientôt. Tu me manques. Je t'aime. Curtis.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 5. Februar 2013, 11:26:30 Uhr
 :) Bonjour Limeye,

je croyais que Curtis accompagnerait Joan chez sa mère, je confonds d'histoire? J'ai raté un épisode?
Vivement le retour, cela va être  [eyeheart]
A propos je suis ravie que tu ai continué  mais c'est risqué de rédiger une histoire en suivant un calendrier! Je suis curieuse de voir comment tu vas gérer!
Bravo en tout cas, pas évident du tout [bthumbup] [chinese]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 5. Februar 2013, 11:48:38 Uhr
Coucou Elaine,

tu ne confonds pas du tout... il avait bien prévu d'accompagner Joan pour aller voir sa mère, sauf qu'il a été envoyé en mission par Carthew avant de pouvoir le faire. Et elle... n'a pas voulu y aller avant de partir sur Uranus. Et se décide à le faire seulement à son retour, mais seule.

les retrouvailles sont rédigées... mais il va falloir être un petit peu patient pour les lire  [naughty], c'est le propre du calendrier.

je ne sais pas en effet ce que ça va donner, ni comment je vais m'en sortir, mais j'ai pas mal d'idées en fait pour le récit. Aborder des situations ou des questions qu'on décrit peu dans nos autres histoires. Je sais que Spacy l'a fait aussi d'une certaine manière dans sa longue histoire. Et puis, j'ai une sortie de secours : si je sèche, je les envoie en mission et j'attends quelques semaines pour ravoir des idées  ;D

bonne journée !

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 6. Februar 2013, 04:41:56 Uhr
New York. 6 février. 11H17

Ezra rentre dans le bureau avec deux cafés. Depuis le matin, Joan et lui travaillent à la rédaction de leur rapport sur leur mission sur Uranus. Anders leur a donné jusqu'à demain, mais ils savent par expérience qu'il sera satisfait de l'avoir si possible en fin de journée ou demain matin au plus tard. Joan se dit que ce sera sans doute demain matin, car la mission a été complexe. Comme toujours, ils se sont partagés la tâche : à Ezra les grandes lignes, le déroulement général de la mission. A elle, les points de détails importants, la liste et le maximum d’informations sur les personnes interrogées, interpellées, les suspects.

Elle accepte avec joie le café, elle sait déjà qu'ils déjeuneront d'un repas rapide, au bureau. Ezra ne veut jamais traîner à faire les rapports, et il a bien raison. Elle a été à bonne école avec lui pour cela. Non seulement, Ezra est un bon agent, son grade et sa carrière parlent en sa faveur, mais elle apprécie sa rigueur, son souci du détail, le fait qu'il ne laisse rien au hasard. D'une certaine façon, il lui rappelle Curtis pour cela. Même si Curtis a souvent une vision bien plus large qu'Ezra d'une situation. En général, parce qu'il a eu accès à des données différentes, et que son esprit scientifique l'amène à considérer une situation sous tous ses aspects, même les plus anodins.

Et voilà qu'elle repense à Curtis... Un éclat illumine un instant ses yeux alors qu'elle se remémore le message qu'il lui a envoyé hier. Tu me manques, je t'aime. Elle soupire, Ezra lui jette un regard qu'elle ne remarque pas. Toi aussi, tu me manques. Le colonel ne dit rien, mais sourit, légèrement amusé. Il sait très bien que le soupir de Joan n'a rien à voir avec le rapport qu'ils sont en train de rédiger.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 7. Februar 2013, 03:55:33 Uhr
New York. 7 février 17h15

Joan sort rapidement de l’immeuble de la police interplanétaire. La journée a été bien remplie, mais elle est loin d’être terminée. Demain, elle récupère Ken au lycée et ce soir, il faut absolument qu’elle fasse des courses. Le soir, quand elle est seule, elle se contente de grignoter, mais avec Ken, il lui faut prévoir des provisions ! Elle se sent soulagée qu’il passe le week-end avec elle, et elle a hâte de le revoir.

Beaucoup de choses ont changé avec le départ de Jelle et Davies pour le Canada. Pour Ken, bien entendu, mais pour elle aussi. Quand elle est à New York, en semaine, le soir, désormais, elle est seule chez elle et l’adolescent lui manque souvent. Elle aime sa joie de vivre, son dynamisme, sa gentillesse aussi. Et ses traits d’humour dont il ne manque jamais de lui décocher quelques flèches. Depuis que Curtis lui en a confié la garde, elle s’est occupée de lui le mieux possible. Jamais sa présence ne lui a pesé, bien au contraire. Son anniversaire est proche, elle espère que Curtis sera là pour les 12 ans du jeune garçon. Elle se dit qu’il va falloir qu’elle commence à réfléchir à ce qu’elle va lui offrir.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 7. Februar 2013, 09:01:13 Uhr
 ;D les provisions c'est pour l'Homme aussi, non? Comment ils vont faire avec ken dans les pattes? ;D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 8. Februar 2013, 03:40:35 Uhr
Bonjour Elaine,

Joan ne sait pas exactement quand Curtis va débarquer (vous non plus d'ailleurs, héhé  ;)), donc les provisions, c'est surtout pour nourrir Ken ! Quant à ta deuxième question, réponse bientôt !

En attendant, voici le récit de la journée de ce vendredi.

Et encore merci et bravo à Tachi qui parvient à suivre pour la traduction !


New York. 8 février. Lycée Martin Luther King. 17H34

- Joan !
- Ken, bonjour !
- Qu’est-ce que je suis content de te revoir ! J’avais tellement hâte d’arriver au week-end !
- Je m’en doute. Moi aussi et je suis très heureuse de te revoir, Ken.
- Tu as des nouvelles de…
- Pas depuis mardi. Je ne sais pas où ils sont. Sur la route du retour, mais c’est tout.
- J’espère qu’on les verra durant le week-end…
- Je l’espère aussi, mais rien n’est sûr, tu sais.

Ils se sont éloignés de la porte du lycée et se dirigent vers la plus proche station de cyber-métro.

- Comment s’est passée ta semaine, les cours ?
- Ah, pff…
- Tu m’en parles vite fait et ensuite, on oublie ce sujet de conversation jusqu’à lundi matin, ok ?
- Bon… je ne me suis pas trop mal tiré de mon devoir de maths. Une note correcte, 13/20. Par contre, j’ai du mal en espagnol. Je ne vois pas pourquoi Curtis veut que j’apprenne l’espagnol… en plus de la langue internationale.
- Parce qu’il a jugé que c’était important pour ta culture générale ! Il t’a laissé le choix entre plusieurs langues ou des cours d’Histoire ancienne. C’est toi qui as choisi, il faut assumer ses choix, Ken.
- J’ai l’impression d’entendre Jelle…
- Et Jelle a toujours…
- … raison, oui, je sais. Bon, on va manger chinois ce soir ?
- Si tu veux… on passe à l’appartement déposer tes affaires. Tu as lavé ton linge cette semaine ou pas ?
- Mardi seulement. J’en ai ramené un peu, du coup.
- Pas de souci. On s’occupe de ça et on va chez Li Yan.


En approche de la Terre. 8 février. 23H39

La voix d’Otho retentit dans la cabine du Capitaine Futur.

- Chef ! On va atterrir d’ici 15 minutes !
- Ok, parfait. J’arrive.

Il glisse encore 2-3 affaires dans son sac et le referme d’un geste rapide. Il sort dans le couloir du vaisseau, le dépose devant la porte et gagne le cockpit. Enfin la Terre. Et dans moins d’une heure… il reverra Joan. Il a été en contact avec Ezra, quelques heures plus tôt, pour être sûr qu’ils n’étaient pas repartis en mission de leur côté, ou qu'ils n'étaient pas d'astreinte. Et c’est avec un soulagement certain qu’il a appris qu’elle était chez elle.

- Je commence la manœuvre, chef, indique Grag.
- Bien, dit-il en s’installant dans son siège.

Il a abandonné sa combinaison spatiale pour des jeans, un t-shirt.

- La température au sol ? Le vent ?
- Des nuages sur New York, vent faible, indique Otho. Et la température au sol est de 3 degrés. Va falloir que tu mettes un pull, ajoute l’androïde avec un clin d’œil.
- Grag, réduis la poussée des moteurs 3 et 4, s’il-te-plaît.
- Bien, chef.
- On va approcher par un angle de 85 degrés, nord-est.
- A tes ordres.

Quelques minutes plus tard, le Comète s’est posé sur l’une des pistes de l’aéroport interplanétaire de New York. Il est 23h53. La nuit est grise et froide. L’hiver s’accroche aux hautes tours de la ville monde.

Curtis s’apprête à quitter le cockpit quand Grag l’interpelle :

- Chef, tu feras des gros bisous de notre part à Joan !
- Je n’y manquerai pas.
- Et à Ken et Ezra aussi.
- Oui, oui, bien entendu.
- Et surtout, tu n’oublies pas de lui dire qu’elle est invitée sur Tycho dès qu’elle a des jours de repos !, ajoute Otho, avec un rien d’impatience.
- Je n’ai pas oublié, ni de lui dire que j’ai été sage, ni de lui donner votre petit cadeau, ni… Bon, j’y vais. Vous savez comment me joindre si nécessaire. Rentrez bien sur Tycho.
- A bientôt, Capitaine et amuse-toi bien !

A cet instant, Eek et Oog se glissent entre les jambes du Capitaine en couinant. Un rien agacé, il les regarde :

- Ah, vous aussi, vous avez un message pour Joan ?

Les deux petits animaux hochent la tête, en mimant une embrassade.

- Vous voulez que je fasse un bisou à Joan de votre part, aussi ?

Eek secoue la tête, à la négative. A ce moment, Oog se métamorphose en gros cœur rouge, qu’Eek s’empresse de serrer entre ses pattes avant.

- Ok, j’ai compris, un câlin.

Eek opine, mais serre plus fort Oog.

- Un gros câlin, c’est ça ?

Alors Oog reprend sa forme normale en faisant une petite pirouette et Eek agite sa queue en sautillant.

- Pas de soucis, vous pouvez compter sur moi. Allez, à plus tard, les amis !
- A plus tard, Capitaine, répondent-ils en chœur.

Et alors qu’il descend rapidement l’escalier, Otho s’installe à la cool dans son fauteuil en commençant à blaguer :

- Pas fâché d’être arrivés, il devenait insupportable.
- C’est toi qui étais insupportable, boule de gomme, répond Grag en grognant.
- Bon, tas de ferraille, c’est bien joli qu’il se prenne quelques jours de congés avec Joan, mais je le répète, à nous les corvées ! Qu'est-ce qu'il entend à ton avis par "préparer la base pour la venue de Joan" ? 
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 9. Februar 2013, 04:37:16 Uhr
Bonjour à tous,

Voici enfin leurs retrouvailles  [eyeheart]. J'espère que vous aimerez... Je me suis un peu amusée et moquée de l'expression de Curtis "je tiens toujours mes promesses". Quant à la façon dont ils vont se dépatouiller de Ken, puisque cela intriguait Elaine, début de réponse pour cette journée du 9 !

Bonne lecture et bon début de journée !

Limeye  :)



New York. 9 février. 0H21


Une petite demi-heure plus tard, Curtis entre silencieusement dans l’appartement de Joan. Il ne l’a pas prévenue de son retour, il veut lui faire la surprise. Elle sait juste que la mission qui les a emmenés lui et les Futurmen vers Cassiopée était sur le point de se terminer. Mais elle ignore leur date de retour.

Il referme soigneusement la porte d’entrée, pose son sac et accroche son manteau dans la penderie. A cet instant, il remarque une paire de baskets un peu fatiguées devant les petites étagères sur lesquelles Joan range ses chaussures. Il fronce un instant les sourcils. Ca, c’est à Ken… Il est là, Ken ? A ce moment, il se rappelle : c’est vendredi, ou plutôt, samedi, tôt. C’est le week-end et Ken a quitté le lycée pour passer trois soirs avec Joan, comme d’habitude.

Il jette un œil dans le salon, et voit l’adolescent endormi sur le lit qu’elle a déplié à partir d’un des fauteuils. Il dort profondément. Curtis ferme alors complètement la porte, puis gagne le couloir qu’il referme tout aussi soigneusement. Enfin, il entre sans bruit dans la chambre de Joan.

Comme toujours, elle a laissé les stores ouverts. Elle ne dort jamais avec les volets baissés. Elle déteste cela. Car elle veut pouvoir voir le ciel, les étoiles et surtout la Lune. Une pâle lumière, celle de la rue, éclaire faiblement la pièce. Elle est couchée sur son côté droit, en chien de fusil, ses longs cheveux étalés sur l’oreiller, comme un soleil.

Il la regarde un long moment, sans bouger. Son cœur bat fort. Rien que la regarder dormir est un bonheur. Il se souvient d’une fois, dans le Comète, au retour de Saturne, d’avoir osé entrouvrir la porte de sa cabine et de l’avoir regardée dormir. Il n’avait pas osé, alors, faire plus. Mais il a toujours gardé, précieusement, ce souvenir dans un recoin de sa mémoire.

Sans bruit, il dépose ses vêtements sur le siège, devant la petite coiffeuse de Joan, et la rejoint dans le lit, essayant de ne pas la réveiller. Il glisse doucement sa main sur ses cheveux, elle bouge légèrement. Il va pour la serrer plus dans ses bras, quand il remarque quelque chose qui le fait sourire et qu’il n’avait pas encore vu. Elle dort, les bras repliés sur la poitrine, serrant fermement une des chemises qu’il lui a abandonnée au moment du départ, comme un doudou d’enfant.

Il se penche vers son oreille et lui murmure :

- Je suis parti comme un voleur, je reviens comme un voleur. Dors. Je suis là.
- Hummm…, Curt ?
- Préfères-tu continuer à dormir en serrant cette chemise ou en la remplaçant par son propriétaire ?
- Qu’est-ce que… ? Hum ?

Doucement, il dégage la chemise et referme ses bras sur elle, dépose de légers baisers dans ses cheveux, puis son front, sa joue, sa gorge. Ses mains commencent à l’explorer, cherchant les endroits les plus doux de son corps.

- J’ai deux promesses à tenir, lui murmure-t-il toujours. D’abord, ceci…

Et il frôle ses lèvres, l’embrasse, d’abord légèrement, puis sentant qu’elle commence à réagir, plus profondément. Quand il abandonne ses lèvres, pour faire courir les siennes le long de sa mâchoire, jusqu’à son oreille, c’est pour lui dire :

- Ca, c’était de la part d’Otho, Grag et Simon, mais…
- Hum, ils sont… hum… trop… oh… gentils…
- Et là, ma douce… que tu es douce… hum… que c’est bon… Joan… de te retrouver… hum…
- Curt… oh… oui…
- Là… oui… hum… c’est… hum… Eek et Oog… qui… voulaient… qui m’ont demandé… hum… de te faire… hum… un gros… câlin…
- Oh… ils… oh… sont trop…. Oui…. Curtis… Ah… trop… mignons… viens…

Et quelques instants plus tard :

- Voilà…, soupire-t-il. J’ai tenu… mes promesses. Rendors-toi, mon amour.

Il sent ses bras se refermer autour de sa taille, puis elle se détend doucement. Elle s’est rendormie.

**

Joan émerge lentement du sommeil, lui revient à l’esprit le rêve qu’elle a fait cette nuit, et quelques mots : Je suis parti comme un voleur, je reviens comme un voleur. Elle se retourne et ce faisant, sa main frôle un bras. Elle ouvre aussitôt les yeux, surprise. Se redresse dans le lit et le voit. Il est endormi, sur le dos, la tête collée dans l’oreiller. Elle a du mal à ne pas se retenir de rire. Si elle s’attendait à ça !

Elle n’ose pas bouger plus, elle le regarde avec un bonheur indescriptible. Une joie pure. Puis elle prend connaissance de l’heure et se dit qu’ils ont encore bien le temps avant de déjeuner. De toute façon, Ken ne va pas émerger avant 11h du matin, et encore…

Et bien, Monsieur Newton, puisque vous m’avez fait la surprise de vous glisser dans mon lit cette nuit, c’est à vos risques et périls pour votre réveil !
**

Ils ont traversé sans bruit le salon, pour rejoindre la cuisine, dont ils ont refermé la porte pour que Ken puisse continuer à dormir. Il prépare le café, puis ils s’installent autour d‘une table bien garnie.

- Dis donc, il est presque aussi généreux que chez Jelle, ton petit déjeuner.
- Je te signale que Ken passe trois nuits et deux jours avec moi, et j’ai intérêt à bien remplir mes placards et le frigo avant chaque vendredi soir, ça mange à cet âge ! Je dirai même… ça dévore !

Après avoir mangé quelques bouchées, elle lui demande :

- Alors, cette mission ?
- Oh, comme d’habitude. Il fallait sauver le monde… ça finit par manquer d’originalité.

Elle pouffe.

- Et toi ? Ce séjour sur Uranus ?
- Un peu difficile car Ezra n’avait pas le moral. Ca va mieux maintenant, mais…
- Son Irlandaise ?
- Elle n’était pas Irlandaise, j’ai fini par le savoir, mais Brésilienne. Bon, c’est passé. Il s’est consolé avec le rhum qu’il avait ramené. J’ai réussi à lui en subtiliser un fond de bouteille pour te le faire goûter, mais il ne faut pas lui dire. Il est persuadé de l’avoir fini tout seul.
- Je ne dirai rien. Et Ken, là, ça va ? Le lycée ?
- Il s’en sort. Il a fallu le motiver un peu à notre retour d’Uranus. C’est toujours comme ça quand on part. Il prend des bonnes résolutions pourtant, mais il a du mal à les tenir. Avant, Jelle assurait un suivi sérieux de sa scolarité, mais là… il se retrouve un peu livré à lui-même quand je ne suis pas là et ce n’est pas facile pour lui. Même si Jelle l’appelle souvent. Il n’avait trop pas le moral dernièrement. Heureusement qu’Ezra et moi-même n’avons finalement pas été absents trop longtemps.
- Il faudrait trouver une autre solution pour lui. Un fonctionnement en alternance. A la rigueur, quand tu pars, mais que nous sommes sur Tycho, il pourrait venir avec nous.
- Il en serait ravi, mais je ne sais pas si le lycée sera d’accord.
- On se débrouillera pour qu’il soit d’accord.
- Je ne m’attendais pas à ce que tu reviennes si vite.
- J’ai tout fait pour qu’on arrive au week-end. Grag n’a rien compris à mes choix de pilotage, et je pense que ça va l’intriguer un bon moment.
- Ils vont bien ?
- Fidèles à eux-mêmes. Ah, ils m’ont donné un cadeau pour toi. Un truc qu’ils ont trouvé sur Béthem, c’est dans mon sac, je te le donnerai tout à l’heure. On va laisser Ken dormir.
- En plus, tu nous ramènes le soleil, je ne l’avais pas encore vu depuis notre retour, il a fait un temps effroyable sur New York cette semaine, et même plus paraît-il. Gris, humide, froid, du brouillard certains jours… c’était plombant.
- Tu sais quoi ? Puisque Ken est avec nous, j’ai envie de lui offrir un chouette week-end. Comme il fait beau, j’irais bien à Long Island, puis un ciné et pizzeria ensuite. Tu crois que ça va lui plaire ?
- Il va…

Elle n’a pas le temps de finir sa phrase qu’une voix ravie s’exclame :

- Génial !

Et Curtis reçoit un grand garçon un peu dégingandé dans les bras.

- Capitaine ! Tu es rentré ? Super ! J’adore ton programme ! On y va ?
- Tu vas peut-être déjeuner avant, non ?, lui répond Curtis.
- Oui, bien sûr !

**

Ils ont passé une superbe journée. Joan a l’impression de revivre certains moments de leur séjour à Vancouver. La longue balade sur le bord de mer. Les garçons qui font la course, tournent autour d’elle, pour la faire tomber, Curtis qui la rattrape au dernier moment en riant. Enfin, le concours de ricochets qu’elle remporte haut la main. Et ce moment, où elle se tient, dos à la mer, qu’il prend ses deux mains, les nouent avec les siennes et la regarde longuement.

Puis la séance de ciné, en fin d’après-midi, une histoire abracadabrante qui enchante Ken, mais à laquelle elle ne comprend rien, une histoire de dinosaures qui font du cirque, mais se retrouvent ensuite dans l’espace. Elle se dit qu’elle a dû rater un passage. Peut-être quand Curt l’a embrassée ?

L’important, c’est que Ken soit ravi.

Le repas chez Tino et Tina, meilleure pizzeria du quartier, on y vient même des faubourgs chics de New York, Ken a dévoré sa pizza et se sent prêt ensuite pour une séance de patinoire. Sauf que Curtis lui fait comprendre qu’il est déjà plus de 22h et que Joan menace de s’endormir.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 9. Februar 2013, 08:49:18 Uhr
 [eyeheart] Une journée parfaite çà fait du bien, [eyeheart] j'adore mais comme on est samedi un peu de mauvais esprit, d'accord?

il va se convertir à la vie de famille! ;D

 et l'Homme, il n'a pas de besoins plus [naughty] après tant d'abstinence? Le pauvre, que des bisoux ou alors" Oh… ils… oh… sont trop…. Oui…. Curtis… Ah… trop… mignons… viens… Et quelques instants plus tard " c'est Lucky luke [rolllaugh]

Bonne journée, la mienne sera chargée, j'écris juste en passant!Néanmoins je trouve cette histoire vraiment réussie, pour l'instant tu tiens la distance avec le calendrier  [master]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 9. Februar 2013, 10:12:37 Uhr
J'aime bien ton mauvais esprit  [bthumbup]. Tu n'en avais pas eu hier, il faut bien que tu te rattrapes aujourd'hui  [angel]

J'ai toujours bien aimé Lucky Luke  [ghost], et en bonne fan des westerns, je sais qu'il ne faut pas griller toutes ses cartouches d'un coup... il y aura peut-être une scène hot plus détaillée un de ces jours, selon l'inspiration... la journée de demain est quasiment bouclée, mais il faut que je prenne un peu d'avance pour lundi et mardi, je risque de ne pas pouvoir poster dans la journée pour cause de formation et réunion.

Je ne pense pas qu'il y ait conversion à la vie de famille. Ce n'est pas dans mon objectif (non, non, tu vois August, je ne suis pas obsédée que par leur reproduction  ;D), puisque ça arrive beaucoup plus tard (Beloga). Là, l'objectif, c'est de raconter ce qu'on ne raconte en fait jamais ou qu'on ne fait que survoler dans les autres histoires, axées autour d'aventures et de missions. Donc oui, parfois, je le reconnais, ça aura sans doute un côté "gentillet". J'espère juste ne pas nous ennuyer, ni vous avec la lecture, ni moi pour l'écriture  [sm]

A plus !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 10. Februar 2013, 05:48:42 Uhr
New York. 10 février. 10H

Ken ouvre un œil. Il est encore tôt pour lui, pour un dimanche matin. Mais sa montre a vibré. Il a fait exprès de la mettre à sonner. Ce n’est pas tous les dimanches qu’il peut faire une surprise à Joan ET à Curtis. Pas un bruit dans l’appartement. C’est parfait. Il se lève, s’habille et sort en silence.

Il revient un bon quart d’heure plus tard, les bras chargés. Il a fait une "descente" à la boulangerie française deux rues plus loin pour leur offrir un petit déjeuner du tonnerre. Et comme hier il s’est retenu de ne pas vider les pots de confiture de Salomé, il y aura vraiment du choix. Il file directement dans la cuisine et prépare la table. La seule chose qu’il ne fait pas, c’est le café. Ca, c’est réservé au Capitaine !, pense-t-il. Puis il attrape un magazine illustré pour les attendre.

C’est Joan qui, la première, le rejoint.

- Déjà debout, Ken !
- Oui, grande sœur ! Je vous ai préparé une petite surprise…
- Ca sent délicieusement bon… hum… qu’est-ce que tu as été cherché… mais, tu es fou ! Tu as vu tout ce que tu as acheté ?
- Et bien, comme ça, il en restera pour le goûter…
- Ca va, mon bonhomme ?, demande Curtis, en entrant à son tour dans la cuisine.
- Ca va, sauf que je commence à avoir faim.
- Nous aussi, ça tombe bien

Un peu plus tard, alors qu’il avale son troisième croissant, Ken demande :

- C’est quoi le programme de la journée ? Il fait encore super beau !
- Le grand tour de Central Park. 
- Le grand tour ? Waouh ! C’est long, quand même…, faudra emmener des provisions.
- Avec tout ce que tu viens d’avaler…

Joan sourit. C’est vraiment formidable que Curtis ait pu être là pour le week-end, pour Ken.

- Quand est-ce que je pourrai revoir Simon, Grag et Otho, Capitaine ?
- Le week-end prochain, si on ne repart pas, bien entendu. Week-end sur Tycho. Ca vous va ?

Il n’a pas eu le temps encore d’en parler à Joan. Elle acquiesce. Elle aussi a hâte de revoir leurs amis, même si elle se doute que Grag et Otho lui réservent quelques petites surprises.


New York. Même jour. Central Park. 12H48


Ils sortent tout de suite après le petit déjeuner. Il fait grand soleil, comme la veille. L’air est froid et piquant, mais cela fait du bien. Le parc est encore calme, quelques joggeurs courageux foulent la neige des allées. Curtis et Joan marchent bras dessus, bras dessous. Ken court devant, infatigable. Un jeune chien fou, pense Joan.

Cela fait près d’une heure qu’ils se promènent quand le téléphone de Joan se met à vibrer. C’est Suzy. Joan se souvient alors qu’elle avait proposé une balade ce jour-là.

- Salut, ma belle ! Vous êtes où ?
- Bonjour Suzy. Je suis sortie un peu avec Ken.

Elle est bien décidée à garder sous silence le fait que Curtis soit avec elle. Sinon, elle en a pour des heures à être bombardée de questions. Et elle a envie de garder son "secret" encore un peu.

- Vous nous rejoignez ? On va au parc d’attractions. Ca plaira à Ken, non ?
- Je vais lui demander, Ezra nous attend pour déjeuner. Plus tard, peut-être…

Curtis la regarde, à la fois intrigué et un peu amusé.

- Suzy Perkins, fouineuse hors pair !, dit Joan après avoir raccroché.
- Tu n’as pas envie de voir Suzy ?
- Pas spécialement. Et toi ?
- Elle est au courant ?
- Non. Pas encore… mais la connaissant, elle va vite flairer poisson clown sous galet.
- Poisson clown sous galet ?
- Une expression de Jelle.
- Ah !
- Et plus tard elle aura idée du poisson clown, mieux ce sera. Je n’ai pas envie d’être assommée de questions, et je pense que toi non plus.
- J’ai assez à faire avec Grag et Otho, si tu peux imaginer…
- J’imagine très bien ! Mais tu y as survécu…

A ce moment, Ken revient vers eux.

- J’ai faim, on va au snack, près de l’étang ?
- Déjà faim ?, demande Curtis, étonné.
- Ben… oui…

Et ils se dirigent vers le petit étang, en font le tour et s’installent au soleil, à l’abri du vent. Ken dévore deux hamburgers géants avec double ration de frites. Joan reste blottie contre Curtis, ferme les yeux un instant. Un instant de bonheur, tout simple. Ken les regarde d’un air béat, cela fait sourire Curtis qui lui répond par un clin d’œil complice.

Ils reprennent leur promenade après que Ken ait avalé une apple-pie recouverte d’une montagne de glace à la vanille et de crème. Mais très vite, la balade se transforme en bataille de boules de neige, et c’est trempés qu’ils regagnent dans l’après-midi déclinant l’appartement de Joan.

Elle expédie aussitôt Ken sous la douche et toute tremblante de froid, elle essaye de s’occuper de ce paquet de vêtements détrempés qui inonde le sol de l’entrée.

- Quels monstres vous êtes ! Non seulement, on rentre frigorifiés, on va attraper la grippe !, mais en plus, l’appartement va devenir une vraie piscine…

Curtis s’avance, lui enlève les vêtements des mains.

- De toute façon, vu l’état de ton entrée, laisse tomber cela, ça pourra attendre, n’est-ce pas ? Et viens par là. Je connais un très bon moyen pour te réchauffer… on va en profiter pendant que Ken est sous la douche.

Elle essaye de protester, mais il l’interrompt d'un ton sérieux :

- Miss Randall, pas un mot. C’est un ordre. Sinon, c’est toi qui vas être malade.

Et il l’expédie dans la chambre, verrouille la porte. Il commence par lui enlever son pull et sa jupe, lui frictionne vigoureusement les bras et le dos, puis les jambes. Enfin il la tourne vers lui, prend son visage entre ses mains et commence à l’embrasser tout doucement. C’est comme un choc pour Joan, après l’avoir réchauffée vivement, le voilà qui met autant de douceur que possible dans ce baiser. Elle se laisse aller entre ses bras, elle prend conscience que cela fait un moment qu’elle ne souhaite qu’une chose : faire l’amour.

**

- Joan !

La voix de Ken retentit derrière la porte, le soir est là.

- Hum... oui, Ken ?
- C'est Jelle qui appelle ! Elle s'inquiète car tu ne lui as pas donné de nouvelles depuis lundi !
- Satanée Jelle, grogne Curtis. Dis-lui qu'on la rappelle ou fais la causette à Narna !
- C'est déjà fait ! Bon, je lui dis que tu rappelles ?
- Non, c'est bon, dis-lui que j'arrive..., soupire Joan en se dégageant des bras de Curtis et en déposant un léger baiser sur ses lèvres.

Elle enfile son peignoir et gagne le salon.

- Ma Joan, ça va ?
- Oui, oui...
- Je t'embête ?
- Non...
- Si, si, je le vois bien. T'étais sous la douche ?
- Non...
- Ben quoi ? Qu'est-ce qui se passe, tu en fais une tête ?
- Curtis est rentré hier et...
- Oh, merde ! Oh, je suis désolée, je vous ai dérangés... Mais il est couillon, Ken, aussi, il aurait pu me dire que Curt était là !

Jelle affiche une mine confuse, elle est cramoisie. Ce qui lui arrive rarement.

- Il a réussi à ne pas te le dire ?
- Oui, oui, je t'assure. Sinon, je lui aurais juste demandé de te passer le message et tu m'aurais rappelée plus tard. Bon, ça va, alors ?

Et Joan lui sourit, heureuse.

- Et toi ? Aziliz ?
- Elle se porte comme un charme. Pour l'heure, elle profite encore d'être là où elle ne pourra jamais être mieux de sa vie.
- Narna ?
- Un peu difficile cette semaine, mais je m'en sors. Elle devient impatiente, je crois, pour la naissance.
- Si elle est aussi patiente que sa mère, ça promet !

Curtis s'est permis cette dernière remarque en arrivant dans le salon et en s'accroupissant près de Joan pour être à la bonne hauteur devant le vidéo-transmetteur et saluer Jelle.

- Curtis Newton ! Tu es incorrigible ! Tu verras, tiens ! Le jour où tu devras attendre neuf mois...
- Il y a des tas de choses que j'ai attendues beaucoup plus longtemps que neuf mois et je ne m'en porte pas plus mal.
- Bon, en tout cas, ça tombe bien que tu sois là, car on avait quelque chose à te demander Davies et moi.
- Veiller sur Joan ? C'est au programme. Sauf quand je suis interrompu...
- Bon, ça va, tu t'en prends à Ken, c'est de sa faute, pas de la mienne, d'abord.

Il rit. Il adore la mauvaise foi de Jelle.

- Tu ne veux pas savoir ce que l'on a à te demander ?
- Si, si, vas-y. Je t'écoute, je suis sérieux.
- Est-ce que tu voudrais bien être le parrain d'Aziliz ?
- Le parrain d'Aziliz, mais… ? Ca consiste en quoi ?
- C'est un peu comme être un super tonton, tu vois ? La cérémonie est très courte. Ca se fait à la Maison Commune, comme pour un mariage. C'est un engagement très sérieux par contre, car s'il nous arrivait quelque chose, tu aurais à veiller sur elle, aux côtés de nos parents.
- Hum, je comprends, un peu comme pour Ken et les papiers qu'on a faits...
- Voilà. Un peu. Tu n'es pas obligé de me dire oui tout de suite, hein ? Je te laisse réfléchir...
- C'est gentil, ça, de ne pas vouloir une réponse positive dans les 10 secondes...
- C'est pour te prouver que je peux être patiente ! Sincèrement, Curt, réfléchis sérieusement. C'est important pour nous quatre.
- D'accord, Jelle, je te promets de bien y réfléchir, d'en parler aussi avec Joan car cela m'intrigue un peu, et avec vous aussi avant de te donner ma réponse définitive. Bon, je vous laisse papoter, j'ai une piscine à éponger.
- Une quoi ?

Et Joan reprend le fil de leur discussion, lui racontant leur journée. Pendant ce temps, les garçons s'activent à nettoyer l'entrée et faire disparaître toutes les traces de leur bataille de boules de neige.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 11. Februar 2013, 02:50:29 Uhr
New York. 11 février. 7H15

Ken est en train de vider le dernier pot de confiture de Salomé. Joan soupire, ce n’est vraiment pas une sinécure que d’avoir un adolescent à nourrir. Ni à élever, ajoute-t-elle, en repensant à la conversation qui vient d’avoir lieu entre Curtis et Ken. Curt a filé prendre une douche et se préparer, il va ramener Ken au lycée. Elle, elle aura un peu de temps pour elle ensuite, avant d’aller au travail.

- Pourquoi il tient absolument à voir mes profs, Curtis ?
- Parce qu’il est responsable de toi et qu’il veut suivre ta scolarité aussi bien que possible.
- Mais je m’en sors bien, non ? Je travaille, tu sais…
- Je sais, Ken, on te fait confiance. Maintenant, à toi d’être digne de cette confiance aussi. Pour l’instant, ça va, mais on sait très bien, et toi aussi, que tu pourrais mieux faire dans certaines matières. Tu as des envies pour plus tard, tu veux devenir pilote, c’est très exigeant… je parle en connaissance de cause. Nous ne te demandons pas de renoncer aux plaisirs de ta vie d’enfant, mais notre devoir, c’est aussi de veiller à ce que tu prépares ton avenir.

Ken n’ajoute rien, il grommelle en léchant la cuillère de confiture.

- Est-ce que je pourrais venir mercredi soir ?
- Je suis d’astreinte mercredi et jeudi, Ken. On ne sait jamais ce qui peut arriver…
- Mais Curtis sera là, je lui tiendrai compagnie !
- Il sera là, il sera là… lui aussi, il peut être amené à repartir ! Je ne peux rien te promettre. Ce qui est certain, c’est que si ni lui, ni moi, ne repartons, c’est week-end sur Tycho ! 
- Mouais. Je vous connais. Vous allez trouver le moyen de repartir en mission tous les deux en milieu de semaine, sans moi.
- Ne fais pas cette tête. D’habitude, tu es moins grognon le lundi matin…
- Non. C’est juste que tu as perdu l’habitude des lundis matins avec moi. Je suis toujours grognon le lundi matin, ajoute-t-il en tirant la langue.

Curtis entre dans la cuisine.

- Bon, Ken, départ dans 5 minutes. File te brosser les dents et on y va.

Ken marmonne :

- Tout ça, c’est pour faire un petit câlin à Joan, facile de se débarrasser des enfants sous des prétextes fallacieux.

Curt lève un sourcil :

- Je vois que tu améliores ton vocabulaire. Félicitations.

Et Ken sort de la cuisine en traînant les pieds.

- Et bien, ça démarre bien, la semaine, dit Curtis en se tournant vers Joan, assise devant son petit déjeuner.
- C’est toujours un peu comme ça, depuis qu’il est à l’internat. Il a du mal à accepter de se retrouver là-bas. Je pense que ça lui rappelle un peu l’orphelinat… Et sachant que tu es ici, c’est encore plus dur pour lui de ne pas rester avec nous.
- Je vois. Je vais demander à rencontrer ses profs et aussi la directrice du lycée, voir ce qu’il est possible de faire. Sans céder à un quelconque chantage pour autant.
- Tu ne vas pas t’ennuyer ici, toute la journée ?
- M’ennuyer ? Je me demande comment je pourrais m’ennuyer avec tout ce que j’ai prévu de faire !
- C'est-à-dire ?
- Déjà, le lycée, le temps que je revienne, ça va me prendre une partie de la matinée. Ensuite, ranger le bazar ici et refaire le plein de courses, tu avais raison, tes placards et ton frigo sont à nouveau vides…

Elle rit. Elle a du mal à l’imaginer en train de s’occuper de choses aussi bassement matérielles.

- Pourquoi ris-tu ?
- J’imagine juste que je vais pouvoir rentrer chaque soir de la semaine et retrouver un appartement propre, rangé, avec un bon petit plat qui mijote et que je n’aurai qu’à glisser mes pieds sous la table et qu’ensuite, tu seras entièrement disponible pour t’occuper de moi. Je vais vivre des journées de patachon !
- Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle ?
- Tu es en vacances, non ?
- Ah oui ? Et si j’ai une bonne définition des vacances, c’est : faire ce qu’on n’a pas l’habitude de faire au quotidien, n’est-ce pas ? Donc m’occuper de toi et de ton lieu de vie, ce n’est pas ce que j’appelle mon quotidien. Ce serait même plutôt du genre exceptionnel.
- Alors, c’est parfait. Si tu veux "jouer" à l’homme de maison, tu as quartier libre !


New York. Même jour. Fin d’après-midi.

Joan se dépêche de rentrer chez elle. Pas question de traîner. Elle est parvenue à échapper le matin-même à Suzy et espère ne pas tomber sur elle ce soir. C’est sûr que Suzy soupçonne quelque chose. Ce matin, quand elle est arrivée au travail, elle était en train de cuisiner Ezra, qui a affirmé avec un aplomb sans faille que oui, Ken et Joan avaient déjeuné chez lui et qu’ils avaient passé l’après-midi ensemble. Et que non, Joan ne cachait rien du tout. Et Joan n’avait pas cillé quand Suzy lui avait demandé si tout allait bien. Bien sûr que tout allait bien !

Elle entre dans son immeuble et gagne rapidement son appartement. Il y fait sombre. Curtis n’est pas là. Un temps, elle s’interroge, mais gagne la cuisine où elle trouve un petit mot : Je serai de retour vers 18h, ne prépare rien, j’ai tout prévu pour ce soir. Curt.

Elle pose alors ses affaires, et file dans sa chambre. La tenue de ville, c’est pour la ville. Elle ne sait pas s’il compte l’emmener au restaurant ou s’il a prévu quelque chose ici, mais elle est certaine d’une chose : elle veut s’habiller autrement qu’en pantalon et chemisier classiques. Elle troque son jean pour une longue jupe noire et des bas clairs, trouve les petits dessous bleu nuit qu’elle s’est offerts à l’automne, au retour de Saturne, quand elle avait senti que… qu’ils étaient devenus un peu plus proches encore. Et qu’il n’avait pas manqué grand-chose pour qu’il l’embrasse. Elle hésite juste un moment pour choisir ce qui va remplacer son chemisier. Et finalement, elle opte pour un pull rouge à col roulé, mais très moulant. Satisfaite, elle regagne son salon pour choisir un peu de musique.

Puis, après s’être servi un grand verre de jus de pamplemousse, elle s’installe confortablement dans le petit sofa, ferme les yeux et savoure ce moment de paix.

Quelques minutes plus tard, elle entend le code de la porte s’enclencher. Curtis entre dans l’appartement.

- Tu es arrivée avant moi ! Je pensais réussir à être le premier.
- J’ai filé… sans attendre mon reste, je ne voulais surtout pas faire de zèle. Anders nous a collés un dossier un peu compliqué à étudier, une enquête sur Mercure en perspective.
- Ah ?
- Mais pour l’instant, ni Ezra, ni moi, ne voyons très bien ce qu’il en est. Et je n’ai pas envie d’en parler.

Il sourit et la regarde avec tendresse. Puis s’avance et se penche vers elle pour l’embrasser. Il s’assoit à ses côtés et passe son bras autour de son épaule, elle s’appuie sur la sienne.

- Raconte-moi plutôt ta journée…
- Rendez-vous pris avec les profs de maths, physique et langue internationale pour jeudi. J’ai pu voir la directrice du lycée. Pour elle, tout va bien. Ken suit une scolarité normale. Certes, il est parfois un peu triste. Il a quelques amis, mais plus des "copains" que de vrais amis. Mais il a de la curiosité et il montre des signes encourageants. Ensuite, j’ai fait deux tournées de courses, j’ai rempli tes placards à ras bord. Puis j’ai appelé Simon…
- Et Otho et Grag vont bien ?
- Terribles. Ils sont en train de nettoyer Tycho à fond. Grag a déclaré la guerre absolue à la poussière, Eek n’a plus le droit d’aller cavaler dans le cratère sous prétexte qu’il ramène du sable lunaire. Otho a bien avancé la révision du Comète. Pas question que "ma princesse" voyage dans un carrosse déglingué, a-t-il déclaré.

Elle éclate de rire. Elle les adore. Elle a hâte d’arriver à la fin de la semaine, et espère juste qu’ils ne repartiront pas avant… ou alors, tous ensemble cette fois.

- Et là, je reviens de chez Carthew. Je voulais lui faire mon rapport sur l’expédition sur Béthem.
- Il ne t’a pas parlé d’autre chose ?
- Pour l’instant, non, rien en vue. Et c’est très bien ainsi, car j’aimerais bien pouvoir passer plus de temps avec toi et aussi qu’on aille voir ta mère ensemble. Je te l’avais promis quand on était à Vancouver et…
- J’y suis allée mardi dernier, Curt.
- Avec Ezra au moins ?
- Non. Toute seule.

Il secoue la tête, l’air sombre.

- J’avais promis à Jelle de t’accompagner. Elle ne veut pas que tu y ailles seule.
- Jelle a ses propres idées à ce sujet. Mais je me devais d’y aller. Je ne l’avais pas vue depuis la fin de l’été, c’est énorme ! Même le médecin m’a laissée entendre que j’avais abusé. L’excuse des missions lointaines n’est pas toujours très valable.
- Et comment ça s’est passé ?
- Comme d’habitude. Elle ne dit rien, ne me reconnaît pas. Elle va bien, côté santé, j’entends. Elle n’a pas été malade de l’hiver, les analyses de sang qu’ils font régulièrement sont bonnes. Mais aucun changement psychique. Il n’y en aura jamais, ajoute-t-elle en le regardant gravement.
- Joan, je ne veux pas que tu retournes seule la voir.
- Curt, c’est ma mère… c’est à moi de m’en occuper aussi. C’est de ma responsabilité.
- Je ne dis pas le contraire. Seulement, ne me dis pas que ça ne te bouleverse pas de la voir comme ça ! Si ce n’était pas le cas, tu n’hésiterais pas et ne repousserais pas certaines visites… Je ne veux pas que tu sois seule quand tu y vas. Je vais être aussi exigeant que Jelle pour cela.
- Je reconnais que c’est toujours difficile, que j’ai toujours l’impression d’être… dans le vide face à elle. Je n’ai rien à lui dire. Je ne partage rien avec elle. Toute ma vie lui est étrangère. Je suis une étrangère pour elle. Comme tout le monde, d’ailleurs.

Elle soupire et reprend :

- Le docteur Montgomery qui la suit voudrait que je vienne plus souvent. Au moins une à deux fois par mois, ce serait l’idéal pense-t-il. Je l’ai fait l’an passé, je suis allée la voir le plus régulièrement possible, mais…
- Oui, je me souviens d’avoir remarqué ton air sombre avant certains départs en mission… même avec nous.
- Je me suis forcée à aller la voir avant chaque départ, sauf quand nous sommes partis au pied levé sur Koros. Et d’y aller à chaque retour. Mais que j’y aille toutes les semaines ou deux fois par an, c’est pareil !

Elle a dit ces derniers mots avec un léger sanglot dans la voix. Il lui prend doucement la main :

- Nous irons ensemble la prochaine fois. Je veux la connaître, je veux voir ce qu’elle a. Discuter avec le médecin. Comprendre.
- Il n’y a rien à comprendre, Curt… personne ne peut rien pour ma mère. Personne.
- Pour ta mère, peut-être. Mais pour toi, face à ta mère, si.

Elle le regarde alors, avec comme un espoir au fond des yeux. Pendant de longues secondes, ils ne disent rien, se regardent simplement. Puis il l’embrasse, fait durer ce baiser avant de lui murmurer à l’oreille :

- Tu sais que tu es diablement ravissante ce soir, mon amour ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 12. Februar 2013, 04:22:20 Uhr
NEW YORK. 12 FEVRIER. 2H

Curtis ne dort pas. Il sait qu'il va lui falloir quelques jours pour retrouver un cycle de sommeil quasi-normal. C'est le lot des retours de mission et des quarts de pilotage. Mais pas seulement. Avec Joan, ses journées, sa vie sont différentes... Il la regarde dormir, c'est un spectacle dont il ne se lasse pas. Les heures qui viennent de s'écouler ont été tout simplement merveilleuses. A peine rentré, il n'a pas pu résister bien longtemps. Et quelle idée aussi elle a eue de mettre ce pull moulant qui lui révélait la forme ronde et chaude de ses seins ? Et cette jupe longue, longue, longue... qui n'en finissait pas de glisser sur ses jambes. Il soupire. Sans parler de ces petits morceaux de dentelle bleu sombre, qui s'accordaient si bien avec la douceur de sa peau et avec son regard dans lequel tremblait une folle lueur. Combien il aime se perdre dans cette douceur et dans ce regard.

Sa Joan...

Elle est une des rares personnes capables de le surprendre vraiment. Depuis qu'ils se connaissent, elle n'a pas cessé de le surprendre. Par son courage, non pas qu'il n'imaginait pas qu'une femme puisse être aussi courageuse - il en a croisées des très fortes -, et par cette énergie, cette foi en la vie. Mais aussi par le sentiment qu'elle lui donne d'être ce qui lui manquait, mais qu’il n’avait jusqu’à présent pas soupçonné. Et qu'il découvre, pas à pas, moment partagé après moment partagé. Oui, il veut être avec elle le plus possible désormais, quand leurs vies professionnelles leur en laisseront la possibilité. Et être avec elle, ce n'est pas que pour ces heures de plaisir. C'est aussi être à ses côtés pour les moments les moins faciles de sa vie. S'occuper de Ken, ce qu'il faisait déjà, certes, mais qu'il veut faire un peu différemment à présent car même s'ils avançaient de concert pour la scolarité et l'éducation du jeune garçon, il sent qu'il va falloir trouver d'autres solutions pour lui.

Et aussi… être avec elle quand elle va voir sa mère. Il a deviné depuis longtemps, depuis qu’Ezra lui a raconté ce qu’il était advenu à William et à July, que pour Joan, c’est une pierre rouge et douloureuse dans son cœur, dans sa vie. Quelque chose qu’elle a à affronter, sans doute plus difficile qu’un de leurs ennemis ou qu’une situation délicate en mission. Quelque chose qui touche au sensible, à l’humain. Un peu comme lui-même quand il songe à ses parents. Sauf que ses parents sont morts, que personne ne les lui ramènera et qu’il a appris à vivre ainsi. Son deuil est fait depuis longtemps. Pour Joan, sa mère est à la fois morte et vivante. Vivante, mais terriblement absente. C’est comme un deuil qui n’en finit pas. Qu’elle ne peut jamais faire.

Et une chose est certaine, il veut l’accompagner dans cette épreuve. Et s’il le faut, il rencontrera ce docteur Montgomery, seul.


NEW YORK. Même jour. Aux environs de 22H

Un cyber-taxi file dans la nuit, traverse les faubourgs et gagne le centre-ville. A son bord, Curtis et Joan reviennent de chez Ezra. Il tenait absolument à les inviter à dîner ce soir. Ils rentrent, mais pas trop tard. Demain, à partir de 6h, Joan et Ezra entameront leurs quarante-huit heures d’astreinte. Curt tient Joan blottie contre lui. La neige recommence à tomber. La tête lui tourne légèrement, Ezra n’a pas pu s’empêcher d’ouvrir deux bouteilles, une de champagne et une de ce vin blanc terrible pour accompagner les poissons et crustacés. Heureusement qu’il connaît ce vieux coquin, il s’est méfié…

Les cheveux de Joan caressent sa joue, elle a glissé sa main sous son manteau.

Curtis a passé la journée à faire ce qu’il avait prévu de faire avant de partir pour Béthem, à savoir rencontrer quelques collègues chercheurs et consulter des documents à la bibliothèque des Neuf Mondes. Mais il est rentré plus tôt que la veille et a attendu Joan. En un rien de temps, elle était prête, ce qui n'a pas manqué de l'impressionner encore une fois, et après un coup de fil à Ken pour savoir comment s'était passée sa journée, ils ont filé dans la nuit.

Ezra n'est pas un très bon cuisinier, mais il aime la bonne nourriture, aussi avait-il commandé soupe de poissons et cassolette de coquillages chez un des meilleurs traiteurs de la ville. Mais pour le vin, ils pouvaient lui faire confiance.

La main de Joan bouge légèrement, se glisse sous son pull.

Demain, il a promis à Ken de passer l'après-midi avec lui. Deux heures de piscine et deux heures de devoirs. Il veut faire le point avec lui avant de rencontrer les professeurs, jeudi. Il rappellera Simon aussi, pour lui parler de ce qu'il a trouvé comme documents.

Les doigts de Joan sont parvenus à défaire l'un des boutons de sa chemise. Il tourne légèrement la tête, dépose un baiser dans ses cheveux. Elle ne dit rien. Elle est si calme en apparence, il a l'impression qu'elle somnole. S'il n'y avait pas ses doigts fins qui commencent à courir sur sa peau...

Bon, il se dépêche, ce taxi ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 13. Februar 2013, 02:49:08 Uhr
NEW YORK. 13 FEVRIER. 13H25

- Colonel Gurney ?
- Oui, Major Edwards ?
- Nous venons d’interpeller des trafiquants. Certains sont originaires de Titan.
- Où les avez-vous conduits ?
- Pour l’heure, ils sont dans les cellules de la police municipale, mais nous envisageons leur transfert chez vous d’ici deux heures.
- Nous arrivons.

Ezra regarde Joan. Elle a compris. A eux de prendre le relais, puisqu’il s’agit de citoyens non Terriens.

**

Les heures vont filer sans qu’elle ait le temps de souffler, de s’en apercevoir vraiment. Elle prend juste quelques minutes pour prévenir Curtis qu’elle est sur une affaire, qu’elle ignore à quelle heure elle va rentrer, et même si elle va rentrer…

Lui, il passe comme prévu l’après-midi avec Ken. Longue discussion avec le jeune garçon en fin de journée, après la piscine. Curtis comprend très vite et très bien que Ken n’est pas franchement heureux en pension. Mais comme il le lui dit aussi, il a eu le choix. Il aurait pu suivre Jelle et Davies à Vancouver, mais ne l’a pas souhaité. Il voulait rester dans le même lycée, à New York, avec Joan. Secrètement, Ken espérait aussi pouvoir repartir plus souvent à bord du Comète, mais il se rend compte que c’est loin d’être le cas.

Au fond de lui, Curtis se sent un peu désarmé face à Ken. Il comprend son désarroi, il aimerait pouvoir l’emmener plus souvent avec eux, car il sait parfaitement qu’il apprendrait autant en mission qu’au lycée, du moins lors des missions scientifiques. Pas question en revanche de l’emmener lorsqu’il s’agit de poursuivre des malfaiteurs. Mais il veut aussi donner à Ken une stabilité de vie, au quotidien. Et lui faire comprendre qu’il faut assumer ses choix, même s’ils sont difficiles. Cependant, il se demande si l’épreuve n’est pas un peu trop dure pour un garçon de 12 ans…

Il sait déjà qu’il va parler de tout cela avec les enseignants et la directrice du lycée, qu’il a prévu de revoir également. Comment organiser la vie du jeune garçon, de manière à le motiver pour les cours tout en lui faisant sentir qu’ils ne l’abandonnent pas ? Et surtout pas parce que désormais, Joan et lui sont ensemble. Que cela ne change rien au fait qu’ils sont responsables de lui.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 14. Februar 2013, 02:27:32 Uhr
New York. 14 février. 2H45

Cela fait une petite demi-heure que Joan est de retour. Curtis s’est relevé, elle est en train de prendre un léger repas, dans la cuisine. Ses traits sont tirés. Elle a besoin de sommeil. Elle doit reprendre les interrogatoires avec Ezra à 8h.

New York. Même jour. Le soir

Joan n’est pas encore rentrée. Curtis sait ce que représentent les journées d’astreinte quand il y a des interventions à suivre. Elle va bien mériter de sa journée de repos, demain, pense-t-il. Un moment, il voulait lui proposer d’aller voir sa mère, mais il se dit que ce serait mieux de le faire lundi, au retour de Tycho. Surtout si elle rentre tard, à nouveau. Néanmoins, rien ne l’empêche, lui, de se rendre à "White Butterfly" et d’y rencontrer le médecin, pendant qu’elle se reposera. Sauf qu’il sait qu’il ne pourra pas lui cacher sa sortie.

Il est en train de réfléchir à cela, lorsque le bip du vidéo-transmetteur résonne. Il se lève, regarde le code qui s’affiche. Il ne le connaît pas. Ce n’est ni Jelle, ni Ken. Et encore moins Joan, elle l’appellerait directement sur son propre téléphone. Il laisse s’enclencher l’enregistreur, si c’est urgent ou quelqu’un qu’il connaît, il prendra l’appel.

C’est Hans Stern. Intrigué, Curtis le laisse parler.

Bonsoir Joan, j’espère que tu vas bien. Je… j’aurais aimé te revoir. Veux-tu que nous passions un moment ensemble d’ici la fin de la semaine ? N’hésite pas à me rappeler. Je t’embrasse.

Curtis se relève, sort un moment sur le balcon. Les dernières lueurs du jour s’attardent dans le ciel de la ville-monde, mais déjà, la nuit gagne là-bas, au-dessus de la mer.

Hans Stern. Le collègue de Clara qui est amoureux de Joan. Il va bien falloir qu’il comprenne… mais comment Joan a-t-elle l’intention de se "débarrasser" de lui ? Ce n’est sans doute pas un mauvais garçon, pense-t-il. Et qu’il n’est sans doute pas aisé de faire de la peine… néanmoins…

Il reste un moment, pensif, puis se décide à rentrer dans l’appartement, jette un œil à sa montre, se demande quand Joan va rentrer. Si c’est comme hier… elle l’a prévenu ce matin : ne m’attends pas pour manger ce soir ! Ils sont coriaces ! Mais nous aussi… A la place des Titaniens, il se méfierait…

Il se prépare rapidement à manger, puis s’installe à nouveau dans le salon. Le petit clignotement du vidéo-transmetteur lui refait penser à Hans Stern.

Mais aussi à une conversation qu’il a eue avec Simon, à la fin de l’année dernière, juste avant d’appeler Joan pour prendre de ses nouvelles et décider de passer la dernière – et première ! – soirée de l’année avec elle. Quand Simon l’a mis face à ses responsabilités vis-à-vis de Joan. Ce n’était pas la première fois qu’ils parlaient ensemble de la jeune femme et des sentiments qu’il éprouvait pour elle. Qu’elle était bien différente des quelques femmes qu’il avait rencontrées avant elle. Il y a un AVANT et un APRES Jupiter. Immanquablement.

Il ne se confiait pas forcément souvent à Simon, mais à chaque fois qu’ils ont parlé de Joan, cela l’aidait considérablement. Sans compter les allusions et les "piques" de Grag et Otho, voire d’Ezra et Ken. Et encore, il se dit qu’il a échappé à Jelle… Puis fronce les sourcils. Non, il aurait peut-être mieux valu ne pas avoir à échapper à Jelle. Il a eu de la chance. Beaucoup de chance. Il aurait pu tout gâcher. Tout perdre. Perdre Joan, c’était tout perdre. Comment a-t-il pu se permettre de risquer autant ? De se croire à ce point si sûr de lui ? Pourtant, il était tout sauf sûr de lui… Sans Jelle, qui soutenait Joan, et sans Simon qui l’a aidé à prendre sa décision, non, il ne serait pas là à écouter le message un rien triste et désabusé d’Hans Stern. Ce serait peut-être Hans Stern qui serait assis, là, à sa place, à attendre Joan en écoutant un message de Curtis Newton. Un message un rien triste et désabusé.

"Tôt ou tard, ce serait arrivé, Curtis", lui disait encore une fois Simon. "Tôt ou tard, tu aurais croisé la route d’une femme dont tu serais vraiment tombé amoureux. C’est arrivé avec Joan. Tu n’y peux rien. C’est le destin des hommes ! Plus encore que la guerre… la guerre, on peut l’éviter, la refuser. Pas l’amour. Mais nous connaissons tous suffisamment bien Joan maintenant ! Des mois, que dis-je, des années qu’elle nous accompagne. Tu ne peux pas avoir de meilleure compagne qu’elle. Mais ne tarde pas. Elle est jeune, elle est jolie, elle a du caractère. Je suis certain qu’elle ne laisse pas indifférents nombre de ses collègues ou relations. Si tu tardes trop, encore… N’aie pas la fatuité de croire qu’elle va t’attendre indéfiniment ! Et cesse de me parler des risques. Des risques, elle en prend tous les jours, et toi aussi. Qu’est-ce que ça change ? Si tu meurs demain, si elle meurt demain, vous n’aurez que des regrets. Mais si, demain, elle se tourne vers un autre que toi, alors… ta vie sera vraiment un enfer."
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 15. Februar 2013, 03:49:36 Uhr
Livraison en deux fois pour cette journée. Ca vous plaît toujours ou c'est complètement ringard ?


New York. 15 février. 6H30


Joan rentre silencieusement chez elle. Elle est épuisée par une journée et une nuit d’interrogatoires. Mais l’un des prévenus a craqué et l’équipe qui va poursuivre l’enquête va pouvoir sérieusement démarrer son travail. Elle est exténuée, mais satisfaite : Ezra et elle ont fait du bon boulot et elle préfère avoir travaillé, même durement, que d’avoir eu à attendre qu’il se passe quelque chose. Même si, en contrepartie, elle a très peu vu Curtis depuis deux jours. Mais c’est le propre de son métier et de ses contraintes. Elle espère juste qu’il ne se sera pas ennuyé.

L’appartement est silencieux, elle se dit qu’il doit dormir. Elle, elle a surtout besoin de deux choses : un vrai petit déjeuner et une douche. Ou mieux, un bain. Elle file à la cuisine, et sourit : il lui a préparé la table, même le café est dosé, elle n’a plus qu’à mettre en route la cafetière. Elle s’installe, se prépare quelques tartines. L’odeur du café la met en appétit. Elle dévore et se dit qu’elle ne vaut pas mieux que Ken ce matin.

Elle est heureuse d’arriver au week-end. Elle a quatre jours de repos devant elle. Elle va récupérer au mieux dans la journée, puis en fin d’après-midi, ils iront chercher Ken au lycée, ou, si elle a encore besoin d’un peu de repos, elle dira à Curtis d’y aller seul. Puis Grag et Otho viendront les récupérer à l’aéroport interplanétaire. Elle est impatiente de les revoir et de remonter à bord du Comète, même pour un court vol jusque vers la lune. Cela fait plusieurs mois qu’elle n’est pas remontée dans le vaisseau et c’est un endroit qu’elle aime particulièrement. C’est le plus extraordinaire vaisseau à bord duquel elle ait jamais navigué ! Et indépendamment des sentiments qu’elle éprouve pour Curtis et de l’envie qu’elle a toujours eue d’être avec lui, elle aime vraiment se trouver à son bord. En tant que pilote, d’une part, d’agent aussi. Et puis, elle a toujours été fascinée par les possibilités infinies, parfois extrêmes, du vaisseau. Non seulement, il est ultra-rapide, sûr, il répond parfaitement aux commandes, mais en plus, il dispose de tout ce qui est nécessaire. Elle sait, parfois cela lui fait même un peu peur, qu’ils pourraient y vivre des mois, des années sans avoir besoin de se poser, si ce n’est pour refaire l’approvisionnement. Et encore… l’équipage serait capable de créer une mini-serre qui permettrait de faire pousser fruits et légumes, elle en est certaine.

Elle se ressert un café, et sort sur le balcon pour admirer le lever du soleil. La brume enveloppe la ville-monde et l’air est très froid. L’hiver lui semble long… Un léger bruit se fait entendre derrière elle et deux bras se glissent autour de sa taille.

- Bonjour mon amour, te voilà rentrée ?
- Oui. Merci pour le petit déjeuner… je mourrais de faim !
- Je me suis douté que tu ne rentrerais qu’à la fin de tes heures d’astreinte. Tu as pu te reposer un peu quand même ?
- Juste une petite heure, vers 23h, alors qu’Ezra poursuivait les interrogatoires avec un autre collègue. On s’est relayé pour manger un peu et faire une pause. Mais tu sais, on a rarement de l’appétit dans ces moments-là. 

Il hoche la tête.

- Dépêche-toi de finir ton café et file te coucher. Tu vas vraiment tomber de sommeil si tu restes debout…
- Je rêve de prendre un bain ! Mais une douche sera plus rapide et moins dangereuse. Le bain, je risque de m’endormir dedans.

Il sourit :

- Pas si je veille sur toi !

Elle se retourne, se blottit contre lui.

- C’est gentil, mais non, je vais me contenter de la douche. Tu vas bien, toi ?
- Oui.
- Tu ne t’es pas ennuyé ?
- Pas du tout. J’ai passé quasiment la matinée d'hier au lycée, mais je t’en parlerai plus tard. Il faudra qu’on discute de Ken tous les deux, puis qu’on parle aussi avec lui. J’ai déjeuné avec lui hier midi, il trépigne d’impatience à l’idée d’aller sur Tycho ce soir.
- Je l’imagine très bien ! Il a hâte de revoir nos amis…
- Oui.
- Et hier après-midi ? Et hier soir ?
- Je suis sorti. Balade à Central Park, j’avais envie de profiter du soleil. J’ai organisé le vol avec Otho et Grag aussi. Bref, des bricoles.

Elle s’étire, bâille.

- File sous la douche. Et dodo ! Moi, je vais me servir un café.

**

Elle entre dans sa chambre, son lit l’attend. Mais pas seulement. Curt est là aussi, allongé. Il la regarde entrer, marcher, bouger, faire tomber la serviette dont elle s’est entourée, se glisser dans le lit, venir se blottir contre lui. Il referme ses bras sur elle. Sa Joan… Il n’est plus question de penser, de se demander ce qu’il faut dire ou faire. Juste faire. Juste donner. Et prendre soin d’elle.


New York. Même jour. Début d’après-midi.

Joan se réveille, elle a entendu un bruit de porte qui se referme. Curtis entre doucement dans la chambre, se penche vers elle :

- Je vais au lycée, je m’occupe de Ken. On repassera te chercher tout à l’heure. Repose-toi encore, et prépare tes affaires. Tu as un repas qui t’attend, tu as juste à le réchauffer. Mais dors. Tu en as besoin.

Elle noue ses bras autour de son cou, l’attire contre elle.

- Tu es adorable. Je t’aime.
- Moi aussi, je t’aime. A tout à l’heure.

Et il l’embrasse tendrement. Elle s’enroule dans la couette, soupire, referme les yeux. Mais un petit quart d’heure après son départ, elle ne s’est toujours pas rendormie et finalement se relève. Elle s’habille rapidement, jeans, chemisier, et entre dans la cuisine. Une bonne odeur lui met l’eau à la bouche.

Qu’est-ce qu’il m’a préparé ? Je ne savais pas qu’il cuisinait aussi bien que ça ! J’ai toujours imaginé que seul Grag s’occupait des repas… Il faut dire qu’en mission, on a rarement le temps de cuisiner. Il nous faudrait Jelle à bord, mais jamais Jelle ne montera dans le Comète, elle serait trop malade. Déjà, aller sur Ixio est un vrai défi…

Elle soulève le couvercle de la casserole, il a fait mijoter des oignons, de la viande, des carottes. Ajoute du riz si tu veux… Et sur la table, dressée pour le repas, il lui a laissé une petite salade de betteraves et de maïs. Elle ouvre le réfrigérateur, ce qu’elle n’a pas vraiment fait depuis deux jours. Elle sourit : j’ai même droit à une vraie compote ! Je comprends mieux pourquoi il ne s’est pas ennuyé hier… c’est simple, moins recherché que ce que Jelle aurait fait, mais je suis certaine qu’elle adorerait !

Elle remet le feu sous la casserole et attrape le petit bol dans lequel se trouve sa salade, et debout, elle commence à manger. Elle fait un petit tour au salon et voit alors qu’elle a reçu un message, la veille, dont Curtis ne lui a pas parlé. Elle l’écoute. C’est celui d’Hans Stern.

Il va falloir que je dise la vérité à Hans. Je n’ai pas le droit de continuer à le laisser attendre comme un chien attend son os. Je sais que je vais lui faire de la peine, mais je n’ai pas le choix. Je lui en ferai encore plus si je continue à me taire. Tant pis s’il se confie ensuite à Clara et à Suzy. Je n’ai pas envie qu’elles soient tout de suite au courant pour Curt et moi, mais je sais aussi qu’elles découvriront la vérité tôt ou tard, mais surtout, c’est un moindre mal par rapport à Hans. Je lui proposerai de déjeuner avec lui un midi et je veillerai à ce que Clara soit disponible pour l’écouter si nécessaire.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 15. Februar 2013, 12:12:17 Uhr
Je vous avais promis une suite dans la journée. La voici. Je l'ai rédigée hier, tout cela s'est un peu télescopé avec le défi des 10 mots version Nuit de noces, donc... J'espère m'en être bien sortie et que la description de ce moment particulier d'une première nuit sur Tycho vous plaira !


Tycho. Même jour. Dans la soirée.

Le voyage a paru court à Joan et à Ken. Ils sont tous les deux ravis de revenir sur la Lune, ce qui n’était pas arrivé depuis de longs mois. Mais pour Joan, c’est un séjour un peu différent des autres. Curtis n’est pas mécontent non plus de revenir sur la base, après la mission vers Cassiopée. Et il se rend compte qu’il n’est pas venu ici depuis l’an dernier, ce qui le fait un peu sourire. Pour l’heure, il ne se pose pas vraiment la question de savoir comment il va organiser sa vie, en dehors des missions. Etre à New York, avec Joan, revenir de temps en temps ici… il n’a pas envie d’y penser, pas encore. Lui qui a pourtant l’habitude de bien organiser les choses veut, pour l’instant, se laisser une certaine liberté. Et aussi, d’une certaine manière, l’accorder à Joan.

Grag et Otho sont évidemment enchantés de revoir leurs amis. Grag a passé la journée à cuisiner, Otho n’a cessé de vérifier le Comète et de le préparer pour le voyage. Simon soupirait après le temps qui ne passait pas alors que les deux amis trépignaient d’impatience à l’idée d’aller chercher leur chef, Joan et Ken sur Terre. Revoir le jeune garçon les enchantent tous les trois, et bien vite après le repas, Ken oblige Grag et Otho à jouer aux cartes avec lui. Curtis en profite pour entraîner Joan vers sa chambre.

C’est la première fois qu’elle y entre. La chambre de Curtis est la seule pièce, avec la chaufferie, de la base de Tycho, dans laquelle elle n’est jamais entrée. Elle est un peu curieuse et en même temps, intimidée. Cet endroit représente pour elle un lieu un peu "sacré", secret, qu’elle a toujours eu du mal à imaginer, mais où elle a aussi toujours rêvé de pouvoir pénétrer un jour.

Il devine son trouble quand ils s’en approchent et lui sourit :

- J’espère que cet endroit te plaira, que tu t’y sentiras aussi bien que dans les autres pièces de Tycho.

Puis il ouvre la porte et ils entrent.

La pièce est plus grande que Joan ne l’imaginait, mais aussi sobre. Seulement, elle ne s’attendait pas à trouver des murs clairs, ocres, qui lui donnent une clarté et une douceur qui tranchent avec l’aspect plus sombre du mobilier. Le lit est grand, cela, elle s’en doutait. Il est placé dans le coin gauche, juste quand on y entre, ce qui dégage de l’espace pour le bureau et la petite bibliothèque. Au-dessus, sur le même mur que la porte, il y a une très grande photo d’un lever de soleil sur Saturne. La photo est magnifique et Joan reste à la regarder un long moment.

Il l’entoure de ses bras. Elle dit :

- Elle est très belle, cette photo.
- J’aime Saturne. C’est une des plus belles planètes que j’aie jamais parcourue. Les lumières y sont extraordinaires. Il faudrait que nous y passions du temps, que tu amènes tes crayons, et que tu laisses libre court à ton imagination. Je suis certain que tu ferais des dessins magnifiques.
- Cela fait beaucoup de projets…
- N’as-tu pas envie de ces projets ?
- Si.

Elle se retourne contre lui, le regarde et prend son visage entre ses mains. Doucement, elle l’embrasse. Elle a envie de prendre le temps, ce soir. Pour cette première fois, ici, avec lui. Parce que c’est son monde, son univers, et qu’elle veut que ce soit un merveilleux souvenir pour lui comme pour elle. Un moment qu’ils n’oublieront jamais.

Lentement, ils se dépouillent l’un l’autre de leurs vêtements, puis restent debout à se regarder.

-Tu sais que tu vas être la première à dormir ici, lui dit-il, heureux.

Elle sourit. Ces mots disent beaucoup plus que leur simple signification. Ils sont révélateurs de ses sentiments pour elle.

Il l’enlace, la serre contre lui. Il aime sentir comme leurs corps s’accordent déjà, dès les premières approches. Doucement, il la mène vers le lit, elle s’allonge, l’attirant à elle. Il la regarde. Elle laisse glisser ses mains sur ses épaules, son torse. Il commence à l’embrasser, comme une caresse. Lui aussi a envie de prendre son temps et surtout que ce soit très tendre. Il aime comment ils réagissent l’un à l’autre. Elle lui répond, elle a le sentiment d’être toujours en accord avec lui, qu’il sait ce qu’elle attend, comme s’il était très à l’écoute d’elle, de ce qu’elle ressent. Elle espère lui apporter autant.

Sa première plainte le fait frémir. Il voit s’allumer des étoiles dans ses yeux. Il aime cet instant où elle commence à s’abandonner, où elle le laisse l’emporter. Il ne sait jamais jusqu’où ils vont aller. Il sait juste qu’il veut la rendre la plus heureuse possible. Et partager avec elle ce qu’elle a de plus secret. Dans l’amour aussi, il perçoit sa force intérieure, sa générosité. Cette simplicité qu’il a toujours aimée. Et qu’elle lui offre si intimement. Il sait que c’est un cadeau précieux.

Elle ferme les yeux, savoure ses caresses. Déjà il la recouvre de sa tendresse. Elle sent monter en elle cette chaleur qu’elle aime tant et que lui seul a su éveiller, provoquer. Il est celui avec lequel elle se sent vraiment elle. Oui, il la révèle à elle-même, en même temps qu’elle lui révèle la vie en elle.

Le souffle court, il la regarde. Il la veut. Elle l’appelle. Il vient en elle et ils s’aiment très fort, si fort qu’elle en pleure. Il la serre tout contre lui, il ne veut pas la lâcher, il ne veut plus bouger. Rester là, au creux de son corps, ne pas s’éloigner d’elle, ne pas se séparer d’elle.

Il lui faut quelques minutes pour remarquer ses larmes, pour en sentir le doux sillon sur sa propre joue. Il relève la tête, la regarde et soudain inquiet :

- Ma douce… je t’ai fait mal ?
- Non… mon amour… je suis si heureuse… si heureuse avec toi !
- Tu m’as fait peur. C’était si fort et si bon…
- Pour moi aussi. Je t’aime si fort, Curt, si fort…

Il veut bouger un peu, s’écarter d’elle, elle le retient.

- Reste… encore un peu…

Il lui sourit.

- Moi aussi, je t’aime si fort. Ma Joan.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 15. Februar 2013, 19:36:57 Uhr
 [bussi] J'aime bien cette partie ! Elle est merveilleuse !  ;)
Après avoir lu beaucoup d'histoires allemandes si sombres (néanmoins bien ecrits), j'aimerais bien lire de la vie quotiedinne de Joan et Curtis, comme couple d'amoureux.
 [happywave]
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 15. Februar 2013, 20:16:03 Uhr
 ;D olé  [goodjob]

après la saint Valentin,... intéressant. [eyeheart]

Tu l'as très bien écrite, c'est très romantique. [eyeheart]  moi je suis encore "coincée" dans ce type de scène (à l'écrit, s'entend [devil]) , je fais dans le genre préliminaire puis emballé c'est pesé! ;D

Tu nous le fais dans la chaufferie aussi?  ;D c'est mon côté carabin,désolée

A plus, je suis en vacances!! [flower]




Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 15. Februar 2013, 21:42:07 Uhr
Bonsoir Tachi, Bonsoir Elaine,

contente que cela vous ait plu ! Ce ne sont pas des scènes faciles à écrire, sauf quand on délire ! Mais là, ce n'était pas mon intention. Certes je voulais répondre à certaines insistances concernant une scène d'amour, et cela faisait plusieurs soirs que j'y pensais (par rapport à leur calendrier, je veux dire). Mais je n'y arrivais pas, ça n'allait pas. Finalement, je me suis dit que sur Tycho, dans son monde à lui, c'était pas mal comme contexte.  :) (et non, Elaine, il n'y aura pas de scène "hot" dans la chaufferie  ;D - ça va plaire à August, cette remarque  ;))

ce qui est compliqué, peut-être qu'Elaine tu le confirmeras aussi, c'est d'éviter l'écueil entre le vulgaire et l'obscène, sans pour autant tomber dans le "rose bonbon". Parfois aussi, on imagine très bien la scène, mais la décrire est une autre histoire...  ::)

pour rejoindre ce que tu dis, Tachi, c'est vrai qu'il y a en allemand de très belles histoires, mais ce début d'année était marqué par des histoires assez sombres, et pour le moral, bouh  :'(... j'ai moi-même écrit des passages durs pour nos héros (le début de "Beloga" met tout de suite dans l'ambiance, et ne parlons pas de la scène d'enterrement sur Ixio dans "Jennifer"), mais j'avais aussi envie d'être vraiment "tendre" avec nos personnages. Je trouvais qu'ils étaient suffisamment torturés, triturés, qu'on leur en faisait voir de toutes les couleurs, dans les aventures ou dans les "prises de tête", par ailleurs. Et je me suis dit, puisque je relevais ce défi du calendrier, qu'après tout, ils avaient bien le droit d'être heureux, tout simplement. Pourquoi n'imaginer leur relation amoureuse qu'avec des tiraillements, des interrogations, des doutes, des situations extrêmement douloureuses ? N'ont-ils pas déjà une vie difficile, par leurs métiers, leurs aventures, les dangers auxquels ils s'exposent ? Un peu de respiration ne pouvait pas leur faire de mal...  :)

et comme je l'ai dit - en français, désolée - sur le post du forum allemand sur la personnalité du Capitaine, je voulais aussi enrichir à ma manière leurs personnalités réciproques en les confrontant au bonheur et à des gens gentils. Voir comment ils pouvaient évoluer et se révéler, non dans l'adversité et l'aventure, mais dans le quotidien et un certain bonheur. J'espère réussir à poursuivre ce défi, j'ai des idées sur la durée, à certaines échéances (un voyage sur Ixio, l'anniversaire de leur rencontre, la naissance d'Aziliz), maintenant, j'espère que ce sera toujours plaisant pour vous, lectrices et lecteurs !

et pas trop difficile pour toi, Tachi, à traduire, si l'aventure te tente toujours  ;) !

bonne soirée !

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 16. Februar 2013, 03:40:33 Uhr
Bonjour, bonjour  :)

Début du week-end sur Tycho. Avec une discussion un peu sérieuse entre Joan et Curtis, dans laquelle ils évoquent Jelle. C'est un petit hommage personnel à ma meilleure amie... je crois qu'elle s'y reconnaîtra !

Limeye  :)

Tycho. 16 février.

Ken est ravi. Cela fait deux week-ends qu’il n’a pas de devoirs à faire. Il a parcouru la base en tout sens, courant après Oog et Eek, s’amusant des disputes entre Grag et Otho, se posant un moment dans le salon avec un livre, surveillant Joan et Curtis. Passer du temps sur Tycho est un régal pour lui. Il aimerait y rester plus longtemps, souvent il a le sentiment de perdre son temps au lycée. Il ne s’y est guère fait de copains ou de copines parmi les autres enfants de son âge. Ils ont tous une famille, des frères et sœurs. Lui a grandi trop vite, il se sent souvent plus âgé qu’eux. Il a du mal à participer à leurs jeux, qu’il trouve trop gamins.

Ici, sur Tycho, il se sent vraiment à sa place. Avec des gens qu’il aime et qui l’aiment aussi. Il a aimé parler avec Curtis dans la semaine, cette façon dont le jeune homme l’a traité. Presque en adulte. Il a encore du mal à comprendre certaines choses, à en prendre la mesure, mais de s’être entendu dire qu’il était responsable de sa vie, de ses engagements, cela lui a plu. Même si cela lui fait un peu peur aussi.
Et ce qui lui plaît par dessus tout, c'est d'être dans la confidence. Il a compris très vite que peu de gens étaient au courant pour Joan et Curtis. Et qu'il fait partie de ce premier cercle, privilégié. Et être dans le secret des amoureux, c'est gratifiant pour lui. Cela lui donne une responsabilité, celle de ne pas parler à tort et à travers, et c'est aussi une marque de confiance.

Plus d'une fois, le week-end dernier et déjà depuis hier, il les a vus, si proches. Enfin, si proches. Et cela le rend particulièrement heureux. Joan et Curtis sont les deux personnes qui comptent le plus pour lui, et que le Capitaine se soit enfin décidé à avouer ses sentiments à Joan est le plus beau cadeau qu'il pouvait lui faire, à lui aussi.

Après le déjeuner, il part avec Otho pour faire le tour du Comète. L'androïde lui montre le fonctionnement de certains appareils, et Ken l'écoute avec attention. Demain, Grag lui a promis une sortie dans le Cosmolem au-dessus de Tycho, il en est ravi.

**

Joan et Curtis se sont installés dans le grand salon de Tycho. C'est une pièce que Joan aime particulièrement. Elle est grande, lumineuse, confortable.

- Est-ce que tu serais d'accord, lui demande Curtis, pour me donner quelques-uns de tes dessins et on les accrocherait sur ces murs ? Je t'avoue que la décoration n'a jamais été notre fort à l'un d'entre nous, et à part les deux reproductions de Monet que ma mère aimait beaucoup et que j’ai choisies pour cette salle, nous n'avons jamais vraiment songé à embellir notre cadre de vie. Mais en voyant tes dessins, cela m'a donné envie. Qu'en penses-tu ?
- J'en serais ravie, Curt. Mais tu pourrais aussi demander quelques photos à Jelle. Elle est très douée pour les photos, tu sais. Elle a l’œil pour les petits détails, pour souligner ce qui est simple et beau. Elle sait donner de la poésie à la plus petite chose, une goutte d'eau, un pétale de fleur. Un banc vu par Jelle n'est pas un simple banc. C'est un endroit où tu as envie de t'asseoir, que tu aimerais avoir chez toi, c'est... une invitation au repos, une source d'imagination, de rêve. Tu as vu dans mon salon la photo de la goutte d'eau ? C'est elle qui l'a faite.
- Je ne le savais pas. J'avais remarqué qu'elle faisait de très beaux portraits, les photos de famille qui sont dans leur salle à manger, à Vancouver, sont très réussies, Davies m'avait dit que c'était elle qui les avait prises, mais j'ignorais qu'elle avait un tel coup d’œil. Tu crois qu'elle serait d'accord elle aussi ?
- Je suis certaine qu'elle se demande pourquoi je ne te l'ai pas encore suggéré...
- Alors, on lui en parlera la prochaine fois qu'on la contactera.
- Tu as réfléchi à sa demande ?
- Pour Aziliz ?
- Oui.
- Un peu. Cela m'intrigue et je t'avoue que je ne sais pas quoi leur répondre. S'il s'agissait seulement de leur faire plaisir, je dirais oui tout de suite, mais ce n'est pas que cela, si j'ai bien compris. C'est une responsabilité importante aussi.
- C'est parce que Ken nous donne quelques soucis que tu hésites ? Tu te dis que si jamais tu te retrouvais aussi avec Aziliz sur les bras, ce serait compliqué ?
- Il y a un peu de cela, en effet.
- Si par malheur cela devait être le cas, tu ne serais pas seul pour t'occuper d'elle. Moins seul qu'avec Ken, et encore... Jelle et Davies nous ont bien aidés, et Ezra aussi. Et je me demande même si Ken ne va pas vouloir aller vivre à Vancouver l'année prochaine. Mais revenons à Aziliz. S'il arrivait quelque chose à Jelle ou à Davies, et au pire, aux deux, il y a les parents de Davies, et puis Salomé et Victor. Et moi aussi, et le frère de Davies. Ce qui t'incomberait, ce serait d'être présent, de participer à son éducation, pas d'en assumer toute la responsabilité comme avec Ken. Tu comprends la différence ?
- Oui.
- Mais ce qui est important surtout, pour eux, ce n'est pas uniquement s'il leur arrivait quelque chose, de savoir qu'ils pourraient compter sur nous pour s'occuper des filles. Parce que cela, ils le savent pertinemment ! Ils savent que jamais nous ne les abandonnerions ! Comme jamais Simon, Grag et Otho ne t'auraient abandonné ! Non, ce qui compte avant tout, c'est que nous soyons là avec eux. Que nous ayons un lien "privilégié" avec les filles. Comme je l'ai déjà avec Narna. Parce que je suis plus que sa tante. Il y a un petit plus, mais ce petit plus, ce sera à toi de l'inventer avec Aziliz, de lui donner la nature que tu voudras. Tu comprends ce que je veux dire ?
- Un peu mieux, oui. Et tu as raison. Même sans être le parrain de cette petite, je ne me vois pas rester sans rien faire pour elle en cas de malheur pour ses parents. De même pour Narna.
- Alors, tu as compris ce qu'ils attendent de toi. Non pas d'être là pour les jours sombres. Mais d'être là pour les jours heureux.


Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 16. Februar 2013, 22:10:47 Uhr
 ;D bonsoir Limeye,

bon maintenant qu'il a compris, elle va lui faire comprendre ... qu'elle veut aussi[baby]?

Non je plaisante, on l'a pas encore notre équipe de football.

Plus sérieusement, j'aime beaucoup le passage de Ken.  :-*

a +  je lis des histoires je suis en panne [wallbash]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 16. Februar 2013, 22:24:13 Uhr
Bonsoir Elaine,

pourtant, d'après August, on était rendues à 14... ce qui fait qu'on a même les remplaçants  ;D ! Pour l'équipe de rugby, il faut encore faire un petit effort, mais je pense qu'on n'en sera pas loin très bientôt !

je ne continue pas sur Mémoires Oubliées ce soir, j'avance cette histoire-là, car lundi, je ne pourrai pas beaucoup poster, ni rédiger, donc je prends de l'avance. Il ne faut pas que je me laisse déborder par le calendrier ! Mais si jamais durant l'insomnie, je suis inspirée... je verrai ce que je peux faire  ;). Ce qui me "bloque" un peu, c'est l'histoire du général. Comment l'amener et comme c'est toi qui as évoqué le fait que ses hommes s'étaient emparés du Cyberlabe, du coup, je manque de "billes" un peu pour aborder cette partie de l'histoire.

contente que le passage concernant Ken te plaise. Je me suis dit que c'était bien aussi de glisser par moment le point de vue de leurs plus proches amis. Ca donne un regard un peu extérieur, et ça permet de montrer aussi comment les gens réagissent. J'ai beaucoup aimé le passage où tu faisais dialoguer Mala et Joan, ce qui m'a d'ailleurs inspiré un petit passage pour la journée de demain.

pour le baby, et si je veux être "raccord" avec le secret de Beloga, ce n'est pas Joan qui en parle, mais Curtis...  ;)

Ca me fait penser qu'il faudra que je les envoie fouiller dans la bibliothèque de l'Unesco aussi... je ne vais pas manquer de petites choses à raconter pour les prochains mois !  :D

bonne soirée !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 17. Februar 2013, 05:00:01 Uhr
La fin de cette journée m'a été inspirée par un passage écrit par Elaine dans l'Armée des ombres, le dialogue entre Joan et Mala. C'est différent ici, mais c'est une vision d'une même question.

Bonne lecture !

Limeye  :)


Tycho 17 février. Quelques moments au fil de la journée

Joan est la première à s’éveiller, ce matin-là. Avant d’ouvrir les yeux, elle laisse son sommeil s’éloigner, doucement, par vague. Elle se sent bien reposée, elle a récupéré de ses deux jours d’astreinte et du manque de repos que cela a impliqué. Elle ne bouge pas, Curtis dort encore et elle ne veut surtout pas le réveiller. Elle sent son souffle, léger, dans ses cheveux. Rien que ce souffle est une caresse. Elle sourit pour elle-même. Son cœur se gonfle d’une joie profonde et sereine. Avait-elle jamais imaginé heures plus heureuses avec lui ? Depuis qu’ils sont sur Tycho, il lui ouvre son monde comme il ne l’avait encore jamais fait, et pourtant, elle est venue sur la base de nombreuses fois, y a passé souvent plusieurs journées d’affilée, en retour de mission ou en simples visites avec Ezra, lorsque les Futurmen voulaient leur montrer certaines choses, leur faire part de certaines découvertes.

Par petites touches, il a évoqué devant elle sa famille, ses parents. Oh, il ne lui en a dit que peu de choses encore, mais de savoir que sa mère avait un faible pour les impressionnistes et qu’outre son parcours scientifique, elle avait le goût pour l’histoire de l’art et que ses propres parents lui avaient donné une éducation la plus ouverte possible, c’est déjà pour Joan découvrir un peu plus la personnalité d’Elaine Newton. Elle est touchée par le fait que Curtis ait évoqué un peu sa mère avec elle. Jamais encore il ne lui avait parlé de ses parents autrement que par rapport aux recherches qu’ils avaient menées, et, une fois, lorsqu’il avait reconnu Ul Quorn, pour rappeler leur mort tragique.

**

Curtis a passé une partie de la matinée avec Grag et Otho, réfléchissant à certaines menues réparations qu’il voulait apporter au Comète. Joan s’est promenée dans la serre de Tycho, avec Simon et Ken. C’est un endroit qu’elle a toujours aimé, c’est le poumon de Tycho. Elle sait combien Simon en prend soin, car elle leur procure une partie de leur nourriture, mais aussi la base de nombreux médicaments. Elle ne peut s’empêcher d’évoquer Jelle en voyant l’une des plantes qu’ils ont ramenée de Saturne et dont Simon a entrepris l’étude quelques semaines auparavant. Et contrairement à ce qu’a dit Otho à l’époque, elle n’est ni aphrodisiaque, ni hallucinogène. Mais ses fleurs sont très belles et Joan se dit que Jelle en ferait certainement de belles photos, sans compter qu’elle serait heureuse de la voir fleurir dans son jardin.

- Professeur, cette plante fait vraiment des fleurs superbes. Je suis certaine que cela ravirait Jelle de la voir.
- Je le crois aussi, ajoute Ken qui s’est penché pour en respirer le parfum. Elle ne sent pas grand-chose par contre.
- En effet. Comment va Jelle, Joan ? Le bébé ?
- Elle va bien. Mieux que pour sa première grossesse au même stade. Mais vous savez, professeur, elle est impatiente d’arriver au bout… et cela fait plus de sept mois que cela dure…
- Curtis m’a parlé tout à l’heure d’une demande particulière qu’elle et Davies lui avaient faite.
- Celle d’être le parrain d’Aziliz ?
- Oui. Cela l’intrigue. C’est quelque chose qu’il ne connaît pas pour lui-même, mais il veut vraiment réfléchir à sa réponse. Il ne veut pas s’engager à la légère.
- S’engage-t-il jamais à la légère, professeur ?

Simon a tourné ses globes oculaires vers la jeune femme.

- Jamais.

Elle sourit :

- Alors, je pense qu’il va accepter. Mais je comprends qu’il veuille y réfléchir sérieusement avant. Nous en avons reparlé hier après-midi.
- Il me l’a dit, oui. Et je pense en effet qu’il va accepter. Il a compris ce que Jelle et Davies attendaient de lui, mais au-delà de cela, il est touché par cette demande. C’est une marque de confiance qu’ils lui accordent, et d’amitié aussi. Un peu comme si ils lui demandaient de faire partie de la famille.
- C’est exactement cela, professeur. Et, vous savez, quand Jelle aime quelqu’un, elle a besoin que cette personne fasse partie de son monde. Je crois que cette demande n’a rien à voir avec ce que nous vivons Curtis et moi. Même s’il n’y avait eu que des liens d’amitié entre nous, Jelle lui aurait demandé cela.
- Je comprends ce que tu veux dire, Joan. Jelle a une haute conception de l’amitié.
- C’est quelque chose de très important pour elle. Pour moi aussi.

**

Le repas du midi a été joyeux. Otho n’a pas cessé de plaisanter avec Ken et Joan. Elle se sent soulagée aussi de l’attitude que les trois compagnons ont adoptée avec elle, et se dit que, finalement, c’est très peu différent de ce que cela était jusqu’à une date encore récente. Ils ont toujours apprécié sa présence, sa personnalité, elle devine qu’ils ont été aussi de sérieux défenseurs pour elle, pour aider Curtis à accepter ses sentiments pour elle. Et si aujourd’hui, elle doit entendre Otho glisser quelques piques et Grag la couver comme un trésor, ce n’est pas un problème pour elle. Au contraire, ils sont fidèles à ce qu’ils ont toujours été et elle apprécie leur compagnie. Elle sait qu’ils se feraient tuer ou détruire pour Curtis. Elle sait aussi qu’elle compte beaucoup pour eux, qu’ils prendraient aussi tous les risques pour elle.


Tycho. Même jour. Tard dans la soirée.

- Professeur…
- Oui, Grag ?
- Vous croyez que ce sera comme cela désormais ?
- Qu’est-ce qui te tracasse, tas de ferraille ?, se permet d’intervenir Otho.
- Ben… ne me dis pas que tu ne te demandes pas comment tout cela va s’organiser ? Si le chef va rester à New York avec Joan et venir nous voir que de temps en temps ?
- Les amis, intervient Simon avant que la conversation ne dégénère. Je crois que nous n’avons aucun souci à nous faire. Cela fait quelques temps, n’est-ce pas ?, que nous espérions qu’il se décide. Avouez que vous avez fait votre possible aussi pour qu’il accepte ses sentiments vis-à-vis de Joan !
- Heu…

Les deux amis se regardent, un peu confus.

- Et bien, maintenant, c’est fait ! Il va passer du temps avec elle, c’est certain. Mais avec nous aussi ! Je ne pense pas qu’il souhaite rester à New York tout le temps, en dehors des missions, sauf que là, il a un certain nombre de choses à y faire. Tout va s’organiser petit à petit. Il a toujours eu des décisions à prendre vite, toujours dû laisser de côté ses propres sentiments. Réjouissons-nous qu’il puisse avoir un peu de liberté ! Et surtout, que Joan l’ait attendu…
- C’est vrai, professeur, dit Grag. Il vaut mieux que les choses se passent ainsi, même sans nous, plutôt que Joan soit allée voir ailleurs et qu'on ait eu à le consoler.

Et Otho qui ne veut pas être en reste, opine. Eek et Oog émettent aussi de petits cris. Ils sont tout à fait d’accord.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 17. Februar 2013, 06:19:21 Uhr
 ;) bonjour Limeye,

eh oui toujours la même question, maintenant qu'ils sont ensemble, comment faire?
J'aime bien quand tu évoques son sens des responsabilités et sa prise de décision. [goodjob]

a bientôt,
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 18. Februar 2013, 01:38:13 Uhr
Hello à toutes et tous !

pour Elaine :
eh oui toujours la même question, maintenant qu'ils sont ensemble, comment faire?

C'est en effet une des questions qui se posent, et d'écrire au jour le jour est aussi une façon d'imaginer comment cela peut se faire...

J'aime bien quand tu évoques son sens des responsabilités et sa prise de décision. [goodjob]

Il me semble que c'est ainsi qu'il agirait...


Pour cette nouvelle journée, le récit est long (désolée pour Tachi qui traduira...  ;) ), mais je ne me voyais pas passer en vitesse sur ce moment particulier de mon récit. Je vous le livre en deux paquets.

Bonne journée !

Limeye  :)



New York. Lundi 18 février. 9H 

- A mercredi, Ken ! Je viendrai te chercher à midi, et tu passeras la soirée avec nous.
- Et le week-end prochain, on retourne sur Tycho ?
- On verra...
- Allez, mon Ken, bon courage pour ces deux jours. A mercredi.

Et Joan dépose un baiser sur le front du jeune garçon. Curtis fourrage dans ses cheveux et le regarde s'éloigner, un peu soulagé. Cela s'est mieux passé que la semaine dernière. Il espère que les discussions qu'il a eues avec lui et avec les enseignants lui permettront de mieux accepter la pension.
Et de faire un choix qui lui convienne mieux pour l'année prochaine.

Il se retourne vers Joan, qui relève le col de son manteau. Le visage de la jeune femme s'est un peu refermé. Elle est grave.

- Viens, ne restons pas là.
- Tu tiens vraiment à y aller ?
- Oui.
- Ce n'est vraiment pas un moment drôle à vivre, tu sais.
- On en a parlé, Joan. Je tiens à être avec toi. Si ça se trouve, demain, je serai obligé de repartir. Alors, on y va ce matin, je vais voir ce docteur Montgomery pendant que tu resteras un peu avec ta maman, je raconterai notre entrevue à Simon et nous verrons si nous avons des idées... il y a peut-être une autre façon d'appréhender les choses, surtout pour toi !

Elle ne répond rien. Ils s'éloignent tranquillement, main dans la main, vers la plus proche station de cyber-métro. Ils arrivent à la clinique une demi-heure plus tard.

- Bonjour Miss Randall.
- Bonjour, Madame. Il n'est pas trop tôt pour voir ma mère ?
- Non. Elle est dans sa chambre. Monsieur... Newton ?
- C'est moi-même.
- Vous aviez demandé à rencontrer le docteur Montgomery, n'est-ce pas ? Pour lui parler de Madame Randall ?
- Oui.
- Il est encore occupé à faire la tournée de ses patients. Je vous préviendrai dans la chambre de Madame Randall quand il sera disponible.
- Merci.

Et il suit Joan qui s'est engagée dans un couloir, puis un escalier. La chambre de July Randall se trouve au deuxième étage. Joan croise une infirmière qui la salue.

- Vous pouvez entrer, Miss, votre maman a fini de déjeuner et elle est habillée. Si vous avez un souci...
- Merci, Madame Johnson. Bonne journée à vous.

Ils s'engagent dans le couloir, puis trois portes plus loin, sur la gauche, Joan s'arrête. Elle frappe légèrement puis entre dans la pièce. Curtis a beau s'y être préparé, c'est quand même un choc pour lui de voir, pour la première fois de sa vie, July Randall. La mère de Joan.

July est debout devant la fenêtre. Ses cheveux gris sont coiffés en chignon. Elle porte une longue robe bleu sombre, avec un gilet clair. Elle ne tourne même pas la tête quand ils entrent. Joan traverse la pièce et s'approche de sa mère. Curtis reste un peu en retrait et observe la scène. Joan touche le bras de July, puis lui prend la main.

- Bonjour, maman. J'ai pu revenir aujourd'hui. Je suis venue plus tôt que l'autre fois.

Et elle dépose un baiser sur sa joue. July se tourne vers elle, le regard vide. Puis se détourne, regarde sans vraiment le voir, le parc au-dehors. Curtis note que la fenêtre est soigneusement verrouillée et que les montants et la vitre sont d'excellente qualité. July ne court pas le risque de se jeter du deuxième étage.

Joan amène sa mère vers un fauteuil. La chambre est assez grande, claire. Il y a la place pour un lit, autour duquel peut être installé du matériel médical si nécessaire, une table de nuit en bois sombre. Le lit est poussé tout contre le mur, ce qui libère de la place pour un petit coin salon avec quatre petits fauteuils et une table. Sur le mur, à droite en entrant dans la pièce, une commode prolongée par une petite penderie. Au-dessus de la commode, dans un cadre, un grand dessin : des fleurs, un jardin, une belle glycine qui sert de cadre à la scène. Il n’a pas besoin de se demander longtemps qui a fait le dessin. Il remarque aussi, sur la petite commode, une photo de Joan, photo qui doit dater d’il y a un an ou deux. Il sent son cœur se serrer. Même si July a sous les yeux, chaque jour, la photo de sa fille, cela ne lui permet pas de la reconnaître quand elle vient.

Joan s’est assise en face de sa mère et tourne ses yeux vers lui. Il n’a toujours pas bougé et est à peine entré dans la pièce. Elle lui tend une main, il s’avance alors.

- Maman. Je ne suis pas venue toute seule aujourd’hui. Je voulais te présenter Curtis.

July a toujours le regard dans le vague. Il s’assoit près de Joan, mais il remarque aussi que July ne l’a pas vu, qu’elle ne cherche pas à le regarder, à le fixer. Il sert la main de Joan. Elle reprend, en posant les habituelles questions, celles que Montgomery veut qu’elle pose. Puis après celle concernant une sortie dans le parc, elle enchaîne :

- Il fait toujours très froid, maman. L’hiver est long. Tu as vu qu’il y a encore de la neige. Peut-être que tu aimerais marcher dans la neige ? Prendre un peu l’air…

Joan fixe le visage de sa mère, elle est très concentrée, comme si elle voulait lui faire passer autre chose que des mots. Mais July s’appuie simplement contre le dossier du fauteuil et laisse retomber sa main sur ses genoux, le regard toujours perdu si loin.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 18. Februar 2013, 01:48:03 Uhr
Ils restent ainsi, silencieux. Une vingtaine de minutes plus tard, un appel résonne. Joan se lève et décroche le combiné. Elle se tourne vers Curtis :

- Le docteur Montgomery peut nous recevoir. Je préfère que tu y ailles seul, c’est ce qu’on avait convenu. S’il veut me voir, je passerai ensuite. Son bureau est au rez-de-chaussée, de l’autre côté de l’accueil.
- Je demanderai. Je lui dirai que tu peux le voir dans la matinée. Je reviens te chercher ici ?
- Oui.

Il se lève, dépose un léger baiser sur ses lèvres et sort. Il reprend le couloir, l’escalier. Il réfléchit à ce qu’il vient de vivre, à ce qu’ils viennent de vivre. Il a compris ce que Joan a essayé de lui dire, de lui expliquer. Le silence, les regards dans le vague de July.

Le choc a dû être terrible pour elle, pense-t-il. C’est effrayant pour Joan. Comment fait-elle pour supporter cela depuis des années ? Je ne suis pas loin de penser qu’il vaudrait mieux que July ne soit plus là… Non seulement elle paraît beaucoup plus vieille que son âge, cela encore est acceptable et compréhensible, mais cette indifférence, cette perte de mémoire, rien ne semble la toucher, l’intéresser. Elle va là où on la mène… ne décide plus rien. Quelle liberté a-t-elle ?

Il arrive à l’accueil, la secrétaire lui indique le chemin jusqu’au bureau. Le docteur Montgomery l’attend.

- Monsieur Newton ?
- Bonjour, docteur Montgomery. Je voulais vous voir au sujet de July Randall. Je suis le compagnon de sa fille, et j’ai des connaissances médicales. J’aimerais comprendre… et aider Joan si cela est possible.
- Je vois… mais le secret médical…
- Je sais. Vous empêche de dire certaines choses. Je ne vous demande pas de rompre ce secret, juste de me dire ce que vous pensez de l’état mental de July et quelles solutions vous préconisez.

Montgomery pousse un soupir.

- Il n’y a guère de solution. Avant que je ne prenne en charge cette patiente, mon prédécesseur a essayé plusieurs choses, y compris les électrochocs. Cela n’a rien donné, et personnellement, c’est une solution que je refuse d’employer dans la majeure partie des cas. Je reconnais que cela donne parfois des résultats intéressants, mais le cas de Madame Randall est différent et ne s’y prête pas. A la rigueur, il aurait peut-être fallu utiliser cette méthode beaucoup plus tôt, quand elle a commencé à perdre la raison. Nous avons pratiqué des examens très poussés, pour voir si une intervention neurochirurgicale était envisageable. Dans l’état actuel de nos connaissances, non.
- Vous préférez utiliser des méthodes plus douces, docteur ?
- Oui. C’est pour cela que je préconise que Miss Randall voit sa mère le plus souvent possible. Je sais que son métier ne facilite pas les choses, mais…
- Docteur, j’ai remarqué une photo de Joan sur la table de nuit, dans la chambre. Croyez-vous que voir sa fille plus souvent, alors qu’elle en a la photo sous les yeux, change quelque chose ? L’an passé, Joan est venue très régulièrement, mais cela n’a rien fait évoluer, n’est-ce pas ?
- Je regrette qu’en effet, il n’y ait pas eu d’évolution.
- Croyez-vous sincèrement que cela soit possible ?

Il lève la main, en signe d’impuissance.

- Je crains que non. Mais je ne peux être aussi brutal avec Miss Randall. Des miracles sont toujours possibles…
- Docteur, je ne veux pas dénigrer ce que vous faites, ainsi que toute votre équipe. Je sais, nous savons, Joan, mais aussi sa famille, ses proches, que vous faites au mieux et que cette clinique est certainement l’endroit le plus adapté pour July. C’est très important pour Joan, mais aussi pour le colonel Gurney et pour moi-même, de savoir qu’elle est bien ici, qu’elle est suivie sérieusement, que vous surveillez son état de santé général, qu’il n’y aucune maltraitance. Je tiens à vous le dire, mais je pense à Joan aussi. Mesurez-vous toujours, docteur, qu’elle a passé plus de la moitié de sa vie sans sa mère ? Tout en la sachant vivante, mais jamais présente ? Que peut-elle partager avec elle ? Avec quelqu’un qui l’ignore, qui ne l’entend pas, ne la voit pas ? Même si Joan a tout à fait conscience de son "devoir" vis-à-vis de sa mère, la voir dans cet état est une épreuve.
- Je le sais. J’essaye de penser aussi aux proches de mes malades. Et je ne veux rien imposer. Je veux juste tenter une expérience avec Madame Randall, cette expérience se mènera sur le long terme, c’est pourquoi les visites de sa fille sont importantes. La régularité est importante. Voyez-vous, nous organisons les journées de Madame Randall selon toujours le même schéma. Le lever, le déjeuner. Elle est autonome pour s’habiller, même s’il faut lui présenter ses vêtements. Puis elle reste un peu dans sa chambre, avant d’être menée dans le petit salon où elle passe la fin de la matinée, avant le repas qu’elle prend avec d’autres patients. L’après-midi, un peu de repos, même si elle dort rarement. Puis, quand le temps le permet, une promenade dans le parc, selon toujours le même circuit. Mon but est de lui apporter un cadre quotidien dans lequel elle pourrait se retrouver. Les visites de Miss Randall doivent, dans ma démarche, faire partie de ce quotidien tout en le rompant. Vous comprenez ? Je sais que c’est un travail sur la durée et que cela peut paraître pesant à Miss Randall…
- Je comprends ce que vous voulez faire, docteur. Sachez seulement qu’il est difficile pour nous tous, et plus encore pour Joan, de nous y inscrire. Cela provoque chez elle un profond sentiment de culpabilité et beaucoup de peine de voir que ses efforts ne sont en rien récompensés. Elle aime sa mère, mais ne reçoit rien en retour. Elle a appris à vivre sans, au quotidien, depuis des années. Je veux pouvoir l’aider, vous aider aussi si cela est possible.
- Je vous en remercie. J’espère que votre soutien aidera aussi Miss Randall. Elle est avec sa mère ?
- Oui, dans la chambre.
- Pouvez-vous lui proposer de mener Madame Randall au petit salon ? Vous pourrez repartir ensuite, si vous le souhaiter.
- Je vais le dire à Joan. Merci, docteur.
- Merci à vous, Monsieur Newton, de votre compréhension. J’espère que nous aboutirons à quelque chose…
- Je l’espère pour Joan. Au revoir, docteur.
- Au revoir.

Curtis sort de la pièce et quelques minutes plus tard, il regagne la chambre de July. Joan se lève, prend les mains de sa mère, force un peu pour lui faire comprendre qu’elle doit se lever. July suit ses mouvements sans résistance. Joan passe le bras sous celui de sa mère, et l’invite à sortir de la chambre. Dans le couloir, Curtis les suit, toujours observateur. Ils installent July dans le petit salon, là où Joan l’avait retrouvée lors de sa précédente visite. Deux autres patients sont là. Ils restent un peu, puis Curtis dit à Joan :

- Le docteur Montgomery peut te recevoir si tu veux.
- Je vais aller le saluer avant de partir. Tu m’attends à l’accueil ?
- D’accord.

Elle revient quelques minutes plus tard, et ils sortent. Joan prend une grande bouffée d’air frais, ferme un instant les yeux. Curtis lui jette un regard. Soudain, il comprend ce qu’elle peut ressentir. Le besoin de respirer un autre air, de renouer avec la vie. Il comprend pourquoi elle avait, parfois, cet air si sombre. Il comprend aussi ce dont Ezra lui a fait part, un jour, au retour d’une mission, lorsqu’ils parlaient tous les deux dans le salon de Tycho, que Joan était partie dormir.

Durant le trajet du retour, elle ne dit rien. Il respecte son silence. Lui-même réfléchit à ce qu’il a vu et à ce que le docteur Montgomery lui a dit. Il craint en effet qu’il n’y ait pas de solution. Il ne l’a pas dit à Joan, mais il a aussi occupé ses journées, la semaine précédente, à se renseigner à la fois sur la clinique "White Butterfly", sur les travaux de Montgomery, sa réputation - excellente -, et sur la "maladie" de July. Il va en parler avec Simon. Montgomery n’a pas tort en disant qu’il ne faut pas perdre espoir, mais pour l’heure, il ne voit pas ce qu’il peut faire pour July et il craint que Simon ne puisse pas grand-chose non plus. Mais il est fermement décidé à ne pas laisser Joan seule face à la situation de sa mère.

En arrivant à l’appartement, Joan file dans la cuisine, toujours silencieuse. Il reste dans le salon, il ne sait trop que faire, que dire. Il veut lui laisser le temps de reprendre pied, dans sa vie, tout en faisant sentir qu’il est à ses côtés. Il entend l’eau chauffer. Elle revient avec du thé, se sert une tasse et sort sur le balcon.

Il la regarde, sans dire un mot, reste assis. Puis soudain, se décide et la rejoint. Il pose ses mains sur ses épaules, appuie son menton sur ses cheveux. Elle tient sa tasse à deux mains, les réchauffant ainsi malgré l’air toujours froid de cet hiver qui n’en finit pas. Deux larmes roulent de ses joues.

- Tu vois, dit-elle doucement, tu n’as plus ta mère et je ne peux même pas te présenter vraiment la mienne. Et nos pères ne sont plus.
- Joan…
- Que suis-je pour elle ? Rien. Plus rien. Qu’est-elle pour moi ? Une vieille femme indifférente, ignorante… Que veux-tu que je partage avec elle ? Que peut-elle savoir de ma vie ? Je n’existe plus pour elle…
- Joan… je pense que la femme que nous avons en face de nous n’est en effet plus ta mère. Ta mère, ta vraie mère, quel que soit l’endroit où elle se trouve, se réjouit de ce que tu es, de ce que tu fais, de ce que tu vis. J’en suis certain.

Elle pose la tasse sur la petite table, se retourne vers lui. Son regard émeut Curtis et le bouleverse comme rarement jusqu’à présent.

- Tu as raison. Ma vraie mère est heureuse de ce que je vis.

Elle n’ajoute rien, s’appuie contre lui, ferme les yeux et pense très fort… à Salomé. Il referme ses bras autour de son dos, la serre tendrement contre lui. Ils restent ainsi, de longues minutes, sans bouger.
Puis elle murmure, toujours sans bouger :

- Curt…
- Oui, répond-il tout aussi doucement.
- Je peux te demander quelque chose ?
- Bien sûr…
- Fais-moi l’amour.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 18. Februar 2013, 09:02:11 Uhr
Bonjour Limeye,

pas facile comme thème non plus, courageux de l'aborder, pour se remonter le moral  en tout cas il n'y a que çà qui marche.
 Heureusement July est jeune, autonome. Absente certes, mais encore digne. C'est important ce choix que tu as fait par rapport au regard extérieur de Curtis et Joan. [chinese] Accompagner quelqu'un qui voit son parent , le pilier de sa propre vie en quelque sorte, devenir un autre est particulièrement destabilisant. Tout le monde ne réagit pas avec amour, distance, il y a aussi le rejet , l'agressivité face à cette injustice de la vie.
Curieuse de voir comment tu enchaîne la suite,  [hello]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 18. Februar 2013, 11:49:53 Uhr
Bonjour Elaine,

il y a plusieurs choses que je veux montrer dans les rapports entre Joan et sa mère, et comment, au fil des mois, Curtis va les découvrir. Il y a le choc premier face à cette absente, et ce qu'il commence à percevoir, mais qui sera plus flagrant quand ils iront sur Ixio, c'est qu'il mesure qu'elle a grandi sans ses parents, pas tout à fait comme lui, puisqu'elle les a connus jusqu'à son adolescence. C'est une différence par rapport à lui. Mais c'est aussi ce qui les rapproche, même si elle a eu une enfance et une adolescence plus "normale" que lui. (elle n'était pas destinée à devenir super-héroïne  ;) ).

A travers la relation particulière de Joan et sa mère, je veux aussi que Curtis découvre Joan d'une autre façon. Même si, tel que j'ai commencé l'histoire, il ne connaît pas que son professionnalisme, mais aussi déjà son caractère, etc... un des buts de cette histoire est, pour moi, d'avoir toujours en filigrane ce qu'il se dit à Vancouver "qu'il ignore ces petits riens qui déterminent les choix d'une vie". Ce sont ces petits riens que je veux aborder, entre autres.

Comme tu l'as fait aussi avec les scènes à l'hôpital, j'ai aussi voulu aborder la question de l'absence. J'ai été confrontée, d'un peu loin certes, à la maladie d'Alzheimer, et même s'il ne s'agit pas de cela pour July, j'ai pu mesurer le désarroi des tout proches. Et souligner aussi qu'en tant que fille unique, même si elle a le soutien de ses proches - Ezra, Jelle et les parents de celle-ci - Joan est très seule face à sa mère. Au fond d'elle-même, elle est très seule. C'est cela que je veux faire ressortir aussi, j'espère y arriver. Par contre, j'ignore encore totalement si la présence de Curtis amoindrira cette solitude ou pas.

Je lance des petits cailloux en quelque sorte, et je verrai bien comment ils vont rebondir...  ;)

la suite, demain, sera différente... j'ai beaucoup de choses à raconter sur les jours à venir, mais je peux déjà dévoiler qu'ils ne vont pas tarder à reprendre la route des étoiles, mais cette fois, ensemble. Cependant, comme c'est le "deal" que je me suis fixée, vous n'aurez pas le récit de cette aventure (il y en a suffisamment sur le forum pour combler les trous  :D). Ca me laissera du temps pour aborder les semaines de mars-avril qui seront riches aussi, et ça en laissera à Tachi pour poursuivre la traduction. Car ces journées de février sont longues en texte !

Je réponds plus tard sur ton propre post, je ne pensais pas faire si long sur celui-ci et j'ai encore à faire ce midi !

A plus !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 18. Februar 2013, 19:55:16 Uhr
Hallo Limeye,

unhöflicherweise antworte ich Dir jetzt in Deutsch, da ich heute nicht so viel Zeit habe. Aber ich wollte Dir noch unbedingt sagen, wie wunderbar Du dieses schwierige Thema um die Erkrankung von Joans Mutter aufbereitet hast. Offenbar leidet Joans Mutter an einer neurodegenerativen Erkrankung des Gehirns und es besteht nahezu keine Aussicht auf Heilung. Den Zwiespalt, in dem sich Joan befindet, kann ich sehr gut nachvollziehen. Einerseits wird sie vom schlechten Gewissen regiert, andererseits weiß sie, dass sie nichts zur Besserung des Zustands ihrer Mutter beitragen kann - die bestmögliche medizinische Versorgung hat sie bereits. Es muss schrecklich für sie sein, nur eine "leere Hülle", ohne eigene Persönlichkeit mehr, zu sehen. Und Curtis ist empathisch genug, um Joans Leid zu erkennen und verstehen. Mir hat es unheimlich gut gefallen, dass er Joan unterstützen will und das Gespräch mit dem Arzt sucht - vor allem, um Joan zu helfen und ihr einen Teil ihrer Last zu nehmen und mitzutragen. Das ist wahre Liebe!  [heart]

Viele liebe Grüße
 [knuddeln]
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 19. Februar 2013, 03:59:59 Uhr
Bonjour Tachi,

pas de souci pour lire ta réponse en allemand... je suis contente que ce passage te plaise et que je l'ai bien décrit. Face à la maladie de sa mère, Joan est désemparée et se sent très seule, malgré le soutien de ses proches. C'est ce que j'ai voulu faire ressortir aussi. Et que cette souffrance est d'autant plus forte que sa vie a évolué, que Curtis est entré dans sa vie et que cela, elle ne peut pas le partager. Elle ne peut pas partager avec sa mère une des choses les plus importantes de sa vie. Elle ne peut pas faire comme le font les autres jeunes femmes, présenter celui qu'elle aime et qui partage désormais sa vie à sa mère, au seul parent qui lui reste.
cela fait écho au premier "moment" que j'ai raconté, quand elle hésite à aller la voir à son retour de Vancouver. Qu'elle pense aussi à Narna, dont elle est très proche (parce que c'est la fille de Jelle, parce que c'est sa filleule et tout simplement parce que c'est Narna...) et qu'elle ne peut l'évoquer avec sa mère.

je voulais aussi montrer que pour Curtis, qui a eu connaissance de cet élément de la vie de Joan par Ezra, puis qu'il découvre petit à petit à travers la conversation avec Jelle et là, enfin, lors de cette rencontre, c'est très important d'être aux côtés de Joan, de faire en sorte que justement, ce sentiment profondément douloureux de solitude s'estompe.
il voudrait faire en sorte que le regard que Joan porte sur sa mère, ses sentiments vis à vis d'elle soient plus "apaisés". Parce qu'il l'aime profondément, il veut aussi partager ces moments difficiles pour elle.
Quant à la discussion qu'il a avec le médecin, je voulais à cette occasion faire ressortir aussi son côté "scientifique", montrer son double intérêt : pour le cas "médical" de July - avec une certaine distance, celle du chercheur -, mais aussi pour l'aspect relationnel et sentimental. Ce que je voulais, c'était qu'on ait le sentiment qu'il se tenait d'égal à égal face au médecin, comme s'il avait parlé avec un confrère, mais qu'on sente aussi qu'il était préoccupé par Joan.

merci ! je vais continuer...

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 19. Februar 2013, 04:07:22 Uhr
Bonjour à toutes et tous !

une suite, en deux parties pour cette journée du 19 février. Joan "passe" à autre chose, mais Curtis reste sur cette visite. Je fais deux envois.

bonne lecture et bonne journée à vous  :)

Limeye  :)


New York. Mardi 19 février. Pause du déjeuner

Joan file, sans donner plus de précisions à Ezra. Un instant, le colonel se demande si elle n’a pas rendez-vous avec Curtis. Elle sort rapidement de l’immeuble de la police interplanétaire, s’engouffre dans le cyber-métro et une dizaine de minutes plus tard, elle émerge dans le quartier vivant de New York. Elle traverse, parcourt une centaine de mètres avant d’entrer dans une brasserie un peu bruyante, mais où on mange vite et bien.

- Bonjour, Miss. Vous aviez réservé ?
- Normalement, une table pour deux, au nom de Randall.
- Vous êtes attendue, suivez-moi.
- Merci.

Et Joan suit le serveur, qui la mène à l’étage, moins animé que la grande pièce du rez-de-chaussée. A une table, près d’une fenêtre est installé Hans Stern. Il se lève aussitôt, souriant, et s’avance pour la saluer, posant sa main sur son bras avant de l’embrasser sur la joue.

- Bonjour, Hans.
- Bonjour, Joan, assieds-toi, dit-il en dégageant la chaise pour qu’elle s’installe.
- Merci, Hans.

Il prend place à son tour et lui tend la carte. Elle fait rapidement son choix, elle connaît le menu proposé. Suzy, Clara et elle, et même Jelle quand elle était à New York, viennent souvent manger ici le midi. Cet endroit est facile d’accès depuis leurs lieux de travail respectifs, et cela leur permet de se retrouver juste "entre filles". Le serveur revient rapidement.

- Salade du chef pour moi-même, s’il-vous-plaît, dit Joan.
- Le plat du jour, pour moi. Tu veux boire un peu de vin ?, propose Hans.
- Non, merci. Un jus de pamplemousse, s’il-vous-plaît.

Et le serveur repart avec la commande. Hans fixe Joan, il est heureux qu’elle ait enfin accepté une de ses invitations. Mais son air grave le refroidit bien vite.

- Du travail, en ce moment, Joan ?
- Toujours plus ou moins, tu sais. Ezra et moi préparons une nouvelle mission. Je ne sais pas encore quand nous allons repartir. Et toi ?
- Oh, moi, c’est toujours un peu pareil. Les analyses au laboratoire de l’hôpital, c’est rare que l’on s’ennuie. En même temps, c’est régulier : ce n’est pas en allant plus vite qu’on trouve ce que les gens développent comme pathologies !
- C’est vrai.
- Je suis content de te revoir, tu sais. Je me demandais si tu ne boudais pas. Clara m’a dit qu’elle et Suzy ne te voyaient presque plus en ce moment…
- Je suis très occupée. Les journées passent vite, surtout que la semaine dernière, j’étais d’astreinte. Et le week-end, je récupère Ken. Ca fait deux semaines que nous sommes rentrés de Pluton, mais j’ai l’impression que c’était hier.

A ce moment, le serveur revient avec leur commande. Joan se plonge dans sa salade. Elle a bien réfléchi à cette rencontre. Elle veut faire comprendre clairement à Hans que ce n’est pas la peine qu’il insiste. Mais elle sait qu’elle va lui faire du mal, et c’est quelque chose qu’elle déteste. Il avait bien besoin de s’enticher de moi, aussi ! Mais qu’est-ce que Clara avait bien pu lui laisser entendre…

Ils mangent un peu, silencieusement, puis Hans lui demande :

- Je n’ai jamais bien réussi à comprendre pourquoi tu avais pris en charge un garçon comme Ken.
- Il est orphelin, et il m’a été confié. Et puis, Hans… je n’ai pas de petit frère, ni de petite sœur. Et Ken est comme un jeune frère pour moi, même si nous avons plus d’une dizaine d’années d’écart.
- C'est très généreux, de ta part, de faire cela.
- Dans ma famille, la générosité n'est pas un vain mot. C'est un pilier essentiel.
- Tu le récupères tous les week-ends ?
- Oui.
- Le week-end prochain, alors, on pourrait...
- Hans.

Sa voix est ferme. Elle a décidé de ne pas tourner autour du problème pendant des heures. D'être franche et directe. Elle le fixe. Elle devine un léger tremblement dans ses yeux.

- Je ne veux pas passer de temps avec toi, pas comme tu l'entends.
- Mais... Joan... je... enfin, j'ai vraiment des sentiments pour toi. Je... je voudrais vraiment...

Elle le laisse parler.

- Je voudrais vraiment que ça aille plus loin.
- Pas moi.
- Pourquoi ?
- Hans, il y a quelqu'un dans ma vie.

Il reste un temps interloqué, ne comprenant pas. Il n'a jamais vu Joan avec un homme, et Clara lui a assuré qu'elle est célibataire... n'est-elle pas en train de lui raconter une histoire, peut-elle avoir trouvé cette excuse pour refuser de sortir avec lui ?

Mais il comprend à son air qu'elle est très sérieuse. Il pose cependant la question qu'il s'est formulée à voix basse :

- Pourtant, Joan... tu es toujours seule en soirée et Clara...
- ... t'a assuré que j'étais célibataire. Sauf que Clara ne connaît pas tout de ma vie, Suzy non plus. Et que j'ai de très bonnes raisons pour ne pas m'afficher avec celui qui partage ma vie.
- A cause de ton métier ?
- A cause du sien. Il est agent secret.

C'est un mensonge, mais c'est ce qui colle le mieux à la réalité. Et qui peut aussi le mieux expliquer sa discrétion. Elle espère aussi que Hans n'ira pas tout raconter à Clara, mais rien n'est moins sûr. Surtout s'il débarque avec un air de chien battu à l'hôpital et qu'il la croise dans les couloirs...

- Bien... Je... je suis désolé de t'avoir importunée... je...
- Hans, reprend-elle.

Elle n'a aucune envie d'entendre des excuses qui vont durer.

- Je te fais confiance. Il en va de ma sécurité.
- Je comprends.

Sa voix s'est raffermie. Elle est soulagée. Elle sait que ça ne veut rien dire, mais elle a deviné que lui demander de garder le secret l'aiderait sans doute à accepter la situation. Elle n'est pas très fière d'elle, mais elle est parvenue à finir sa salade durant leur échange. Non, elle ne veut pas de dessert. Non, pas de café non plus, il est temps qu'elle reparte, le travail l'attend. S'il l'invite ? Non, elle peut payer son repas.

Quand elle arrive au bureau, Ezra s'inquiète aussitôt.

- Tu en fais une tête ? Quelque chose ne va pas ?
- Ca va passer, Ezra, pas de soucis. Je viens juste de briser le cœur d'un pauvre garçon, et je déteste cela.

Ezra pousse un long soupir :

- Tu sais que tu m'as fait peur ? J'ai bien cru que tu t'étais disputée avec Curtis...
- Bon, je vais me chercher un café. Tu en veux un aussi, Colonel ?
- Avec plaisir.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 19. Februar 2013, 04:12:40 Uhr
Et maintenant, l'autre protagoniste... mais j'hésite encore à raconter leur soirée. J'ai déjà rédigé la journée de demain... à votre avis, j'intercale encore un passage ou je laisse comme ça ? J'ai le temps jusqu'à ce soir d'écrire...


New York. Même jour. 15H

- Bonjour Simon.
- Bonjour mon garçon, comment ça va ?
- Bien. Et vous trois ?
- Aucun souci.
- Simon, je voulais te parler de July Randall. Nous sommes allés la voir hier. Je voudrais ton avis. Je vais t’envoyer un fichier avec toutes les données que j’ai recueillies. C’est très vaste, cela va des informations sur la clinique, à d’autres cas comme le sien, des divers essais thérapeutiques qui ont été menés et mes propres observations. Ce qu’Ezra, Joan et Jelle m’ont aussi raconté. J’ai appelé Jelle ce midi, nous avons longuement parlé. Elle m’a raconté tout ce dont elle se souvenait concernant les circonstances qui ont fait basculé July dans cette… torpeur, ce mutisme.
- Tu as "craqué" les données de la clinique ?
- Non, pas encore. Je ne suis pas certain que cela soit nécessaire. Sa santé est bonne, elle n’a pas de souci particulier, les analyses de sang sont correctes, Joan reçoit une copie chaque mois. Ils sont sérieux, dans cette clinique, et Montgomery est un bon médecin.
- Tu voudrais mon avis sur tout cela ?
- Oui. Parce que j’ai le mien, mais je voudrais le confronter au tien. Le but n’est pas de remettre fondamentalement en cause ce que font Montgomery et son équipe, mais plutôt de voir si nous pouvons proposer quelques aménagements.
- Comment va Joan ?
- La journée a été difficile. Je pense que c’était très dur pour elle, non pas tant de revoir sa mère une énième fois toujours dans le même état, mais plus parce que j’étais là et que c’était la première fois que je la voyais. Elle aurait beaucoup aimé me présenter une autre femme, une autre mère.
- Je comprends. C’est surtout par rapport à Joan que tu aimerais faire bouger les choses, n’est-ce pas ?
- Tout à fait.
- Je vais regarder les documents. Je te dirai ce que j’en pense.
- Merci Simon. Rien de particulier à dire à Grag et Otho. J’espère qu’ils sont sages !
- Des vraies terreurs. Mais j’arrive à les occuper. Comptes-tu revenir sur Tycho en fin de semaine ?
- Je ne sais pas encore comment nous allons organiser cette fin de semaine. Ken va être en vacances, et c’est son anniversaire lundi. Joan a posé un jour de congé. On a prévu avec Jelle et Davies qu’il passe la semaine avec eux à Vancouver. Je crois que Joan aimerait aller les voir aussi au week-end, mais vous pourriez venir, je pense que Narna serait ravie de voir Grag…
- Pourquoi pas ? Parlez-en avec eux, tu me rediras… Allez, à plus tard mon garçon, je te rappelle pour July.
- Merci Simon, à plus tard.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 19. Februar 2013, 05:48:03 Uhr
Bonjour Limeye,

Moi la soiree, je suis preneuse...surtout s'ils repartent en mission tout bientot....et je suis curieuse de voir si Joan va lui raconter son lunch... ;D

Lectrice toujours aussi assidue,

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 19. Februar 2013, 08:58:52 Uhr
 ;) Bonjour Limeye,
 
le déjeûner était très réussi, bien joué Joan !  CUrtis y peut pas s'en empêcher de sauver tout le monde , hein et en plus il va y arriver! ;D

Quand tu dis soirée, tu dis crac crac ou déprime / tendresse? La différence est notable [naughty] bien que connaissant  ton romantisme l'un ne va pas sans l'autre!

Je te fais confiance :D, j'aurais surement du plaisir à te lire quelle que soit ta décision!
 
A +
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 19. Februar 2013, 09:12:23 Uhr
Bonjour O-tho et Elaine,

je vais donc m'atteler à la rédaction de la soirée... j'espère vous surprendre (un peu...  ;))

si tout va bien, livraison avant midi

bonne journée et à plus tard !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 19. Februar 2013, 14:29:21 Uhr
Voilà donc...  ce soir.

J'espère que ça vous plaira et vous surprendra un peu !


New York. Même jour. Le soir.

En sortant de l’immeuble de la police interplanétaire, Joan a un temps d’arrêt. Il fait désormais jour, maintenant, quand elle sort. Le ciel est clair. Elle hume l’air, il est plus doux. Si Curtis ne l’attendait pas chez elle, elle irait se promener le long du canal. Mais après tout… pourquoi pas ? Elle sort son téléphone et l’appelle :

- Ca te dit une petite balade ce soir ? Il fait bon… j’en ai assez d’être enfermée…
- Pas de soucis, je te rejoins où ?
- Près de l’écluse principale. J’y serai dans moins de dix minutes, en marchant vite.
- Ok. J’arrive.

Elle arrive avant lui, mais pas de beaucoup. Il sourit en la voyant, petite silhouette qui regarde le ciel, goûtant à ce premier signe d’un printemps en devenir.

- Alors, Miss Randall, vous aviez envie d’une promenade, ce soir ?
- Oui. Me dégourdir les jambes, prendre l’air, profiter des journées qui rallongent et de ce soleil que tu as ramené avec toi et qui ne nous quitte plus depuis. Et de cette première douceur dans l’air.

Il glisse son bras autour de sa taille, l’attire contre lui et sans lui demander son avis, prend le temps de l’embrasser. Il aime ces moments où il la retrouve, où il a le sentiment qu’ils sont seuls au monde, que plus rien n’existe à part eux deux, qu’il n’y a plus cette tension constante, ce souci du danger, cette alerte permanente avec laquelle il vit habituellement. Etre avec Joan, goûter à ces instants, c’est se donner du repos, c’est apporter un autre souffle à sa vie.

Il relâche un peu son étreinte, laisse son bras autour de sa taille et ils s’engagent sur le chemin, le long du canal encore gelé. La berge a été dégagée, il est possible de se promener au moins sur toute la longueur du canal qui traverse la ville. Elle se dit qu’ils vont pouvoir faire le petit parcours habituel, remonter deux écluses en amont, puis obliquer vers Central Park, le traverser en partie et regagner son appartement en ligne directe. Une bonne heure de marche, juste assez avant que la nuit ne s’avance sur la ville.

- Ca a été ta journée ?
- Oui, dit-elle simplement. Et toi ?

Elle n’a pas envie de lui raconter son déjeuner avec Hans. Si jamais, un jour, il fait allusion au collègue de Clara, elle pourra toujours lui dire qu’elle s’en est occupée. Elle ne voit pas pourquoi elle lui parlerait de quelque chose, de quelqu’un qui ne le concerne pas. Hans ne fait pas partie de sa vie à elle, de son univers. Il n’y aucune raison pour que Curtis s’intéresse à lui.

- J’ai appelé Simon et Jelle.
- Jelle ? Pourquoi ?
- Pour parler de ta mère. Je voulais qu’elle me raconte ce dont elle se souvenait, les circonstances qui avaient conduit à son état actuel. Et Simon m’a demandé aussi comment nous nous organisions pour ce week-end. Si on allait sur Tycho, si j’emmenais Ken à Vancouver… je lui ai dit que tu aimerais passer ces trois jours là-bas. Tu crois qu’on pourra demander à Jelle, si on peut tous débarquer chez eux ? Je t’avoue ne pas avoir songé à le faire quand je l’ai appelée. Sachant que l’équipe restera à bord du vaisseau…
- Je pense qu’elle acceptera avec joie ! Elle adore recevoir.
- Même dans son état ? Elle avait les traits tirés…
- Je l’appellerai demain soir, je verrai avec elle. De toute façon, il faut qu’on se débrouille pour leur amener Ken, pour la semaine prochaine. Et je crois que cela lui ferait un beau cadeau, si on passait tous son anniversaire avec lui.
- Je le pense aussi. Ce n’est pas arrivé depuis…
- Trois ans. Narna était toute petite.
- C’est vrai…

Ils avancent un peu en silence. Il se souvient de ce jour-là. C’était le premier anniversaire de Ken depuis que le jeune garçon avait embarqué sans autorisation à bord du Comète et avait participé à leur mission sur Jupiter. Cela faisait aussi quelques mois qu’il avait rencontré Joan, lors de cette même mission. Se souvenir de ce jour lui fait toujours un effet particulier. Il sait que sa vie, mais aussi celle de Joan, a basculé ce jour-là.

- Traversons sur la passerelle de l’écluse, on va remonter par là, on traversera un petit bout de Central Park, et on pourra retourner directement à la maison.
- Tu veux qu’on mange dehors ce soir ?
- Non. Je préfèrerais rentrer. Et toi ?
- Comme tu veux.

Ils rentrent, le soir s’étire encore. Des lambeaux de jour restent accrochés au-dessus des buildings, vers la mer. Elle sort un instant sur le balcon, regarde le ciel. Elle pense à Ixio. Elle a hâte de revoir les cieux d’Ixio, les étoiles, les constellations différentes de celles de la Terre. Elle a hâte, tout simplement, d’y être avec lui.

- Tu as faim ?, lui demande-t-il.
- Pas encore. Ca t’embête si je m’installe pour dessiner un peu ? J’ai les doigts qui me démangent…
- Vas-y, je voudrais consulter encore quelques documents…

Elle retourne dans sa chambre, prend ses affaires, le carton rigide sur lequel elle pose ses feuilles quand elle ne dessine pas assise, dans sa chambre. Elle s’assoit par terre, le dos appuyé à la fenêtre. Curtis s’est assis sur un des fauteuils du salon, son ordinateur portable posé sur la table basse. Concentré, il se replonge dans la lecture des documents qu’il a récupérés à la bibliothèque des Neuf Mondes et qu’il n’avait pas encore vraiment pris le temps d’étudier. Il entend crisser doucement les crayons de Joan sur le papier, cela fait comme un murmure, un chant léger et doux.

Elle commence, comme souvent, par l’esquisse des rochers de la plage, près du hameau où elle a grandi. Cet endroit fait tellement partie d’elle-même qu’instinctivement, il se trouve sur beaucoup de ses dessins. Elle pense un moment à sa mère, à son père. Puis c’est l’arbre, le gardien du jardin, ce grand pommier qui a vu naître Salomé dont elle dessine le tronc, les branches. Puis le visage de Curtis se forme sous son crayon. Elle ne sait pas encore si elle va réussir son regard, mais qu’importe. Il est là, en face d’elle, sérieux ; tout est paisible et cela lui suffit.

Très vite, elle prend les couleurs, tout s’enchaîne, elle ne se rend même pas compte du temps qui passe, elle est dans le dessin. Il lui est arrivé, parfois, de ne sortir de sa création qu’en plein milieu de la nuit, alors qu’elle avait commencé en fin d’après-midi.

Curtis lève un œil, il la regarde, assise, là, la planche sur les genoux, les crayons étalés autour d’elle, les jambes repliées sous les fesses. Parfois, elle repousse machinalement une mèche de ses cheveux derrière son oreille. La chaude lumière du salon l’éclaire. Il regarde sa fine silhouette, les mouvements de sa main, de son épaule, le froncement de ses sourcils. Il ne dit pas un mot. Il profite de cet instant, où elle semble hors du monde, partie pour un voyage qui n’appartient qu’à elle, pour l’admirer sans qu’elle en ait conscience.

Joan. Sa Joan. La femme qu’il aime.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 20. Februar 2013, 03:18:17 Uhr
New York. 20 février. 18H30

Ken trépigne d’impatience devant la salle de cinéma. Il se dit que la pension a du bon quand Curtis est à New York : non seulement, il n’a pas de devoirs le week-end, mais en plus, il a droit à une coupure festive dans la semaine. C’est presque mieux que lorsqu’il habitait avec Joan. La contrepartie, c’est que quand ils s’en vont, il est vraiment très seul. Et là, c’est beaucoup plus dur à vivre.

Ils ont laissé Joan à l’appartement, ce film de kung fu ne lui disait vraiment rien. Et puis, elle voulait appeler Jelle. Et une conversation entre filles, ça n’intéressait pas du tout les garçons. La sortie ciné était donc un bon compromis. Elle les attendra pour dîner. Elle a prévu de faire plaisir à l’adolescent avec un de ses plats préférés, une blanquette de veau. En soulevant le couvercle de sa cocotte, elle se demande si elle a prévu assez de viande… ce serait bien qu’il y ait quelques restes pour demain… mais avec Ken, rien n’est moins sûr.

Elle laisse le repas mijoter et s’installe devant le vidéo-transmetteur. Elle ressent l’envie de parler avec Jelle. D’avoir du temps pour être avec son amie, prendre de ses nouvelles. Encore 6 semaines environ avant la naissance.

- Bonjour ma Joan ! Ca va ?
- Bonjour ma Jelle, et toi ? Je viens aux nouvelles…
- Nous, ça va. Narna est un peu plus calme depuis quelques jours. Le matin, désormais, je la mets à la garderie. Elle aime bien, elle peut jouer avec ses copines. Et je ne la récupère qu’en début d’après-midi, après manger. Ca me laisse du temps pour me reposer dans la matinée, et ensuite, j’embraye la sieste avec elle. Je commence à mal dormir la nuit, tu sais.
- Je me doute. Tu dormais, là ?
- Non, je coupe le transmetteur quand je dors.
- OK. Comment vas-tu, sinon ?
- Franchement, ça se passe mieux que pour Narna à la même période. J’appréhendais, tu sais, de devoir rester allongée, alors que j’ai ma grande… quand tu n’as à t’occuper de personne, ça va, mais là…
- Nos parents vont venir ?
- Pas tout de suite. Maman est encore dans les confitures… il paraît que papa ne sait plus où ranger les pots, et qu’elle s’est mise en tête de faire des conserves de compotes. Et ils ont un voisin qui a ramené du thon, du coup, elle fait aussi des conserves de thon à la tomate et à l’huile. Je crois rêver…
- Elle veut nous confier un plein chargement de provisions, quand nous irons les voir le mois prochain…  j’espère que nous pourrons y aller. J’ai tellement envie d’aller sur Ixio avec Curtis ! De lui présenter nos parents… et notre plage, notre village, nos amis…
- Ce serait génial, Joan ! Vraiment génial ! Mais… vous rentrerez pour la naissance, hein ? J’espère que tu seras avec moi, comme l’autre fois…
- J’espère aussi. Si tout se combine bien, on ramènera tes parents avec nous, à moins qu’ils ne décident de venir sur Terre avant. Mais ça m’étonnerait que ta mère quitte Ixio alors que nous allons y venir ! Sauf si Aziliz naissait en avance, mais là, même nous, nous n’irions pas sur Ixio… On en a parlé tous les deux. J’ai déposé mes congés. Ezra me les a accordés, bien entendu, mais il faut l’aval d’Anders. Je n’ai pas trop de soucis à ce sujet, car cela fait des mois que je n’en ai pas vraiment pris, à part un jour par-ci, par-là. Mais si jamais nous devions partir en mission… ils seraient décalés.
- Il a intérêt à te les signer, sinon, je lui pourris l’existence. Je lui envoie des paquets de linge souillé à laver. Et les biberons aussi.
- Tu ne veux pas allaiter ?
- Si ! Je disais ça pour rire… Si je fais ma vache laitière comme pour Narna, j’aurai trop de lait, j’aurai donc besoin de biberons pour stocker… et j’imagine très bien Anders avec le goupillon en train de les laver.

A cette image, Joan éclate de rire.

- Bon, et toi, ma Joan ? Et vous deux… comment ça va ? Comment ça se passe ? Je veux tout savoir !
- Tout ?
- Ah, tu n’es pas obligée de me dire ce que vous faites de vos corps, ni dans quelles positions, mais le reste ! Je soûle Davies, je te jure… je me demande même si je ne commence pas à soûler Narna aussi avec vous deux…
- Tu es incorrigible !
- Juste que je me fais du souci.
- Je ne vois pas pourquoi ?
- Ne cherche pas, je suis enceinte.
- Ah, c’est vrai, je l’avais presque oublié !, conclut Joan en riant.

Puis elle lui raconte leurs journées, leurs discussions, ce qu’elle ressent aussi.

- Je me sens merveilleusement bien, Jelle. Je suis heureuse, vraiment heureuse, tu sais ?
- Tu m’étonnes. Depuis le temps qu’on attendait ça. Ce n’est pas peu dire qu’il aura usé notre patience jusqu’à la corde, Curtis. Mais c’est un peu de ta faute aussi.
- De ma faute ?
- Oui. Tu ne l’aidais pas vraiment en faisant ta timide. Moi, je l’aurais bousculé plus que ça… et je l’aurais aguiché un peu plus aussi !
- Franchement, Jelle, excuse-moi, mais courir avec une robe de soirée sous les océans, dans d’anciens cratères ou à travers les glaces de Pluton, ce n’est pas ce qu’il y a de plus aisé…
- Mouais. La bonne excuse. Je sais qu’il y a eu d’autres occasions pour lesquelles tu aurais pu t’habiller un peu plus sexy.
- Je ne suis pas certaine que ça aurait changé grand-chose… Et je te rappelle que c’est souvent toi qui m’as aidée à choisir mes tenues avant les quelques soirées qu’on a passées tous ensemble…
- Je ne m’en souviens pas.
- Je vois que ton état n’arrange rien à ta mauvaise foi.
- Je ne le suis pas.

Joan sourit. Elle adore quand Jelle est ainsi. Ce côté un peu brut, cette mauvaise foi qu’elle utilise avec beaucoup d’humour, et en premier lieu, pour elle-même.

- Bon, et donc au lit…
- Je croyais que ça ne t’intéressait pas ?
- J’ai dit ça ?
- Oui, il y a cinq minutes.
- Aucun souvenir. Je perds la mémoire à cause d’Aziliz.
- Elle a bon dos, ta fille… au fait, concernant votre proposition, Curtis ne m’a pas dit encore ce qu’il avait décidé, mais je peux t’assurer que sa réflexion avance.
- J’espère qu’il acceptera… il serait le meilleur parrain du monde pour elle ! Mais… ne change pas de sujet, s’il-te-plaît. Alors, au lit ?
- Je n’ai même pas droit à mes petits secrets ?
- Ca doit rester secret ?
- Oui !
- T’es pas drôle, Joan, dit Jelle avec un air penaud et dépité. Tu pourrais quand même me raconter un petit peu… rien qu’un petit peu… ajoute-t-elle avec son air de chien battu, auquel rares sont ceux qui résistent.

Sauf que Joan la connaît parfaitement et que cet air-là, elle sait très bien y résister. Elle ne cède pas à son amie. Et Jelle finit par abandonner pour parler d’autre chose. Mais Joan sait qu’elle reviendra à la charge et que tôt ou tard, elle finira bien par devoir lui lâcher quelques informations "croustillantes".

- Nous sommes allées voir maman, aussi, lundi matin. J’ai encore du mal à digérer cette visite. Sans compter qu’hier, j’ai mis les choses au clair avec Hans Stern, tu sais…
- Dis donc, tu ne pouvais pas faire plus léger pour ton début de semaine ?
- Je ne travaillais pas lundi, c’était l’occasion d’aller voir maman selon la régularité que demande Montgomery et…
- Il est bien gentil, Montgomery, mais bon, faut te récupérer après… tous les quinze jours, il abuse un peu… Enfin, heureusement que Curt était avec toi…
- Oui, mais je pense que c’est aussi pour cela que c’était dur. Il me tarde d’aller sur Ixio, tu sais.
- Ca te fera le plus grand bien. Et Hans, alors ?
- Je ne m’en suis pas trop mal sortie, mais bon… J’espère ne pas avoir à refaire ce genre de choses !
- Ce n’est jamais facile… Tu as été courageuse de le faire, tu aurais pu laisser pourrir. Tu ne lui devais rien.
- Non, mais je ne voulais justement pas laisser pourrir, car il entretenait un vague espoir.
- Ouais, et connaissant Clara, elle devait rallonger la sauce aussi.
- Ce n’est pas certain. Maintenant… rien ne me garantit qu’il va se taire.
- Pourquoi ? Tu lui as dit pour Curtis ?

Jelle est très étonnée.

- Non, pas vraiment, tu t’en doutes, question de sécurité. Mais je lui ai dit clairement que j’étais avec quelqu’un. Je lui ai juste fait croire qu’il est agent secret et que c’est la raison pour laquelle tout le monde croit que je suis célibataire.
- Pas mal comme excuse. Mais rien ne dit qu’il va la boucler devant les filles. A mon avis, il va falloir que tu te prépares à un assaut de Suzy.
- Je le sais. De toute façon, ça finira bien par se savoir… enfin, je veux dire, elles vont bien finir par deviner qu’il y a poisson clown sous galet.

Jelle sourit.

- Bon, comment on s’organise pour la fin de semaine ? Vous venez, vous amenez Ken ? Narna réclame de voir Grag et Otho… tu crois qu’ils pourraient venir ?
- Si ça ne vous dérange pas… Je pense qu’ils en seraient ravis !
- Alors, c’est parfait. Tu me rediras pour votre heure d’arrivée ? Et s’il faut que Davies prévienne à l’aéroport aussi… les pistes sont trop petites pour le Comète. Mais tu sais, ça arrive de temps en temps qu’il y ait des gros vaisseaux et il y a possibilité de se poser sur un des terrains à côté, même avec la neige.
- Pas de soucis, je te tiens au courant demain. Je t’enverrai un message écrit, comme ça, je ne te dérangerai pas si tu te reposes.
- Ah, voilà Narna qui se réveille. Tu veux parler à marraine, ma puce ?
- Vi ! Mais maman, j’ai faim…

Et Joan termine la conversation en parlant avec sa petite filleule. Elle est heureuse de voir le visage de l’enfant, son sourire. Et de la revoir d’ici deux jours. Ils vont pouvoir organiser une belle fête d’anniversaire pour Ken.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 20. Februar 2013, 06:24:13 Uhr
Merci pour cette suite Limeye, j'aime beaucoup ces scenes entre les missions, ou l'on decouvre leurs choix et l'evolution au quotidien de leur relation, et une Joan certes seule mais qui est independante et forte, avec son petit jardin secret  ;)

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 20. Februar 2013, 09:24:54 Uhr
Bonjour O-tho,

contente que ce récit te plaise ! Ce que tu soulignes est exactement ce que je compte faire au fil des jours. Montrer l'évolution de la relation, au quotidien, en dehors de la pression des missions et des dangers, même s'il m'arrivera d'y faire allusion, je pense. Et développer leurs personnalités face à ce quotidien.

et puis, d'une certaine manière, c'est aussi une façon de montrer Joan autrement que comme la jolie plante verte béate et amoureuse, certes aussi courageuse, que le DA a imposée. Je ne vois pas un homme comme Curtis Newton, avec la personnalité qui lui a été dessinée et les défis qu'il a à relever, tomber amoureux d'une femme juste jolie, mais qui pose parfois des questions stupides (ou qui donne l'impression qu'elle est stupide). Elle n'a pas les connaissances scientifiques qu'il a, c'est une évidence, mais quand même... pour arriver là où elle est, faire le métier qu'elle fait, elle a acquis un sacré bagage ! Ou alors, il faudrait qu'ils revoient sérieusement leurs critères de sélection, à la police interplanétaire...

et quelque part, établir aussi un équilibre dans leur relation.

enfin et aussi, montrer qu'ils ont bien le droit au bonheur, non  ;) ?

bonne journée ! 

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. Februar 2013, 03:44:33 Uhr
Journée un peu courte (ben oui, je ne peux pas être partout...). Si j'ai le temps, j'ajouterai peut-être un petit chapitre mais je ne vous promets rien. D'autant que j'ai les 4-5 prochaines journées à rédiger et elles vont être riches. Imaginer un week-end à Vancouver avec toute la smala + l'anniversaire de Ken, ça en fait du boulot  :D

Bonne lecture (et franchement, lisez d'abord les 2 continents, au moins ici, ça vous remontera le moral... ;)).

Limeye  :)


New York. 21 février. 13H45

- Salut Joan !
- Bonjour Suzy !

Joan s'est installée à une petite table, après son déjeuner pour savourer un café. Suzy Perkins l'a repérée et s'assoit en face d'elle.

- Alors, comment ça va ? Tu ne donnes plus signe de vie...
- Ezra et moi sommes en préparation. Les journées sont bien remplies...
- Mouais. Et tes soirées aussi, sans doute ? Tu nous boudes ? Tu ne veux plus sortir avec nous ?
- Si, sauf que le temps file à toute vitesse et que je ne vois pas les journées passer. Lundi, j'ai été voir ma mère, hier, j'ai récupéré Ken. Il a besoin de me voir et aussi que je m'occupe de lui. Notre absence a été dure à supporter pour lui.
- Comment tu fais la semaine prochaine ?
- Je l'emmène à Vancouver. Il va passer sa semaine de vacances avec Jelle et Davies. Ezra et moi sommes susceptibles de partir dans la semaine.
- Je vois.

Suzy porte sa tasse de café à ses lèvres et en avale la moitié, la repose et dit de but en blanc :

- Il s'appelle comment, il fait quoi et depuis quand tu le fréquentes ?

Joan reste impassible. Elle sait depuis longtemps que Suzy n'y va pas par quatre chemins quand elle veut savoir quelque chose. Mais Joan a de l'entraînement. Des années de pratique avec Jelle, ça donne de l'assurance.

- Ken Scott, 12 ans dans quatre jours, élève au Lycée Martin Luther King, sous ma responsabilité depuis bientôt quatre ans.
- Arrête de déconner, Joan. Ce n'est pas de Ken dont je voulais parler.
- Ok, Suzy. Ezra Gurney, 51 ans, colonel de la police interplanétaire. Je le connais depuis bientôt 24 ans.
- Sale bourrique ! Tu vas le lâcher le morceau !
- A plus tard, Suzy, mon chef, le colonel Gurney en question, m'attend.

Et Suzy voit Joan s'éloigner d'un pas sûr.

Tu peux me raconter tout ce que tu veux, ma belle, t'es amoureuse et je vais bien finir par savoir de qui !
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 21. Februar 2013, 09:16:11 Uhr
 [goodjob] [goodjob] [goodjob]

bien joué le dialogue!  ;D
court et envoyé, comme j'aime et j'imagine bien Joan moucher sa copine, d'ailleurs est-ce vraiment une copine ou une fouineuse, j'ai horreur de çà perso.


biz,
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. Februar 2013, 12:38:55 Uhr
J'aime créer ces petits dialogues, en fait. Qui révèlent bien aussi une personnalité, quel que soit le protagoniste. Ici, comme dans celui avec Hans, ça me permet de montrer que Joan n'est pas effacée, ni timide, que sa force de caractère ne se limite pas à son courage. Et comme le faisait remarquer O-tho, qu'elle est indépendante aussi.

Une femme de son temps, quoi  ;)

Je ne promets rien pour une suite pour aujourd'hui... vu que j'avance sur l'autre, et comme tout est dans ma tête, je veux vraiment avancer la rédaction.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 22. Februar 2013, 02:39:37 Uhr
Bonjour à tous et toutes !

je n'ai plus aucune avance, comme j'ai été très prise par l'autre histoire. Voici cependant un petit début pour cette journée. Une suite est prévue pour... dès que j'aurai un moment  ;)

Belle journée à vous !

Limeye  :)


Aéroport Interplanétaire de New York. 22 février. 17H30


Joan est accueillie à bord du Comète par Ook et Eeg, ravis de la revoir. Après les petits câlins d’usage, elle peut enfin saluer Otho qui l’attend en haut de l’escalier.

- Alors, Joan, dit Otho d’un ton enjoué, la pleine forme ?
- Bonjour Otho, oui, tout va bien. Et vous ?
- Nous ? Parfait ! Il y a juste un petit problème avec Grag.
- Ah bon ?
- Oui. Il se rouille…

Elle sourit.

- Et toi ? C’est ton cerveau qui s’encroûte ?
- Pourquoi me dis-tu cela ?
- Parce que Curtis n’a pas été avec vous durant plusieurs jours et il n’a pas pu être l’objet de ton humour dévastateur !
- Hé, attention, Joan ! Tu vas voir !
- Oh, mais je suis prête à t’affronter, dit-elle en riant et en s’avançant vers le cockpit pour saluer Grag et le professeur.
- Bonjour Joan ! Si la boule de gomme t’ennuie, préviens-moi ! Je l’assommerai et tu seras tranquille un moment…
- Ne t’inquiète pas, Grag, je pense que je vais me débrouiller avec lui.

Et elle se tourne vers Otho et lui fait un clin d’œil. Ravi, il sourit mais n’ajoute rien.

- Prête pour ce week-end à Vancouver, Joan ?, demande le professeur Simon.
- Oui ! Je suis ravie que vous veniez avec nous. Narna vous réclame et surtout… nous allons pouvoir fêter tous ensemble l’anniversaire de Ken. Seul Ezra ne sera pas avec nous, mais il a promis de nous joindre lundi.
- Bon, avant que le chef et Ken n’arrivent, veux-tu venir voir notre cadeau ?
- Avec plaisir, Otho.

Et elle suit l’androïde qui la mène vers l’arrière du vaisseau, dans une petite pièce qui sert habituellement de rangement. Un énorme carton trône au milieu.

- Nous ne l’avons pas encore emballé. On voulait ton avis…

Et Otho soulève le couvercle. Joan se penche et découvre une magnifique maquette du Comète.

- Wahou ! Ca, ça va lui faire vraiment plaisir…

La voix de Grag retentit :

- Les voilà !

Otho referme prestement le carton, sort de la pièce avec Joan et la verrouille. Ils rejoignent le cockpit et par la grande baie vitrée, voient Curtis et Ken traverser à bonne allure le tarmac. Un léger sourire se forme sur les lèvres de Joan, sourire qui n’échappe pas à l’œil perspicace d’Otho.

- Et voilà notre beau Capitaine et le petit démon !

Joan entend à peine Otho et ne relève pas l’insistance avec laquelle il a prononcé le mot "beau". Son attention s’est concentrée sur le jeune homme. Elle le regarde s’avancer, le cœur battant. Puis, d’un mouvement rapide, elle se retourne et gagne l’entrée du vaisseau.

Quelques instants plus tard, elle en commande l’ouverture et Ken court vers le petit escalier qu’il grimpe à vive allure, lui saute dans les bras en disant :

- Tu es arrivée avant nous ! Zut ! Mais je suis super content de te voir quand même !

Elle embrasse Ken sur ses deux joues, mais déjà il lui échappe pour filer vers le cockpit, Oog et Eek sur les talons. Elle le suit du regard, lorsqu'elle sent une main se poser sur sa taille pour la faire se retourner. Curtis l’enlace et lui murmure :

- Profitons que Ken les occupe…

Et il l’embrasse passionnément.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 22. Februar 2013, 18:33:47 Uhr
La soirée d'aujourd'hui... un peu écrite "à l'arrache", pas ce que j'ai fait de mieux sur cette histoire, mais bon... les ratés, ça arrive. J'essaye de me rattraper demain  ;)


Vancouver. Même jour. Une heure plus tard, mais 15h heure locale.

Le Comète atterrit en soulevant des paquets de neige. Le grand vaisseau a pu se poser sur un terrain, proche des pistes. Dans l’aérogare, un grand jeune homme aux cheveux châtain clair a bien du mal à retenir sa fille, qui trépigne d’impatience.

Narna se précipite vers le petit groupe d’amis dès que ceux-ci entrent dans la salle des voyageurs.

- Marraine ! Ken ! Graaaaaaag !

Elle ne sait plus où donner de la tête, tellement elle est heureuse de les revoir tous. Curtis salue Davies avec joie, pendant que Narna passe de bras en bras, attrapant finalement la casquette d’Otho pour la mettre sur sa propre tête. L’androïde la laisse faire sous le regard narquois du robot.

Ils gagnent rapidement la grande habitation des Ashton, en dehors de la ville. Jelle les attend, avec son gros ventre, assise au fond de son canapé.

- Bien le bonjour de la part de la baleine échouée…, dit-elle avec un grand sourire en voyant toute l’équipe entrer.

Ken se précipite vers elle, trop heureux de la revoir enfin. La dernière fois, c’était en décembre, quand Davies, Jelle et Narna étaient venus passer quelques jours à New York. A l’époque, le ventre de Jelle était beaucoup moins protubérant. Ken s’assoit à côté d’elle et commence à tapoter son ventre avec tendresse. Joan se penche vers son amie pour l’embrasser.

- Ma Jelle, tu es resplendissante !
- Bonjour Jelle, dit Simon.
- Quelles belles rondeurs, ajoute Otho, toujours prêt à plaisanter.
- Je voudrais t’y voir, lance-t-elle goguenarde.
- Et bien, comment vas-tu ?, demande enfin Curtis.
- Je cultive mon arrondissement, très cher… Tu vois que ta future filleule prend de plus en plus de place !
- Hé là ! Je n’ai pas encore dit oui…, répond-il en lui faisant un clin d’œil malicieux.

Elle sourit :

- C’est tout comme, monsieur le super-héros ! De toute façon, tu n’as pas le choix : tu ne peux pas dire non !
- En voilà des façons !

Les boutades de Jelle lui plaisent. Il aime lui répondre sur le même ton. Joan les regarde et sourit.

La soirée se passe dans la bonne humeur. Narna profite de la situation pour demander une histoire à chacun avant de se coucher. Cela dure une heure. Enfin, ils parviennent à la calmer, mais il a fallu que Grag et Otho lui promettent de lui faire le lendemain le plus grand bonhomme de neige de la Terre.

L’équipe regagne tranquillement le vaisseau, Ken tombe de sommeil et file se coucher sans demander son reste. Joan et Curtis ne tardent pas non plus, le décalage horaire fait son œuvre.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. Februar 2013, 04:50:22 Uhr
Hello !

J'espère avoir mieux réussi ce passage que le petit d'hier soir... il se passe beaucoup de choses à Vancouver ce week-end, et j'espère avoir le temps d'écrire, mais aussi de le faire bien car ce sont des moments importants. En voici le premier.

Bonne journée !

Limeye  :)


Vancouver. 23 février. 11h


Toute l’équipe et la petite famille sont réunies. Narna n’a pas manqué de rappeler à Grag et à Otho leur promesse de bonhomme de neige, et Ken et Curtis leur donnent un coup de main.

Jelle est partie se reposer un peu, Davies s’active avec Joan en cuisine. Simon est avec eux.

- Elle a prévu large pour le repas, tu sais comment elle est, dit Davies à Joan.
- J’espère que notre visite ne va pas la fatiguer de trop.
- Elle commence à s’ennuyer, tu sais, ça lui fait du bien que vous soyez là. Elle attendait les vacances de Ken avec impatience aussi. Il va l’aider à s’occuper de Narna et lui tenir compagnie.
- Il faudra le faire travailler un petit peu… tout en lui laissant le temps de décompresser aussi.
- Ne t’inquiète pas. Tu peux compter sur Jelle, même enceinte, pour le faire réviser.
- Bon, dit Joan, la potée pour ce soir est prête. Il n’y a plus qu’à faire cuire… Je peux t’aider à autre chose ?
- Non, c’est bon. Va dehors avec les autres, si tu veux…

A ce moment, Simon intervint :

- Joan ? Est-ce qu’on pourrait profiter de ce moment de calme pour discuter un petit peu tous les deux ?

Un peu intriguée, elle accepte cependant. Elle aime bien parler avec Simon. Elle va s’installer au salon, il la suit.

- Joan, Curtis m’a demandé d’étudier tous les documents qu’il a pu rassembler concernant ta maman. Ca ne te dérange pas qu’on parle d’elle aujourd’hui, toi et moi ?
- Non, non, professeur. Je suis très touchée que vous y consacriez du temps…
- C’est bien normal. Curtis se demande si nous pouvons faire quelque chose, proposer quelque chose d’un peu différent à Montgomery, ne pas le laisser décider seul non plus de la thérapeutique, même si nous pensons lui et moi qu’il a fait de bons choix jusqu’à présent. Ta maman est entre de bonnes mains, Joan.
- Je le sais, professeur. Ezra s’était bien renseigné quand il a fallu lui faire quitter Ixio. A l’époque, un autre médecin officiait, qui a tenté les électrochocs. J’avais peur de cette solution, car je craignais que ça ne fasse empirer son état. Ca n’a pas eu de conséquences, mais néanmoins… je préfère les solutions préconisées par Montgomery.
- Je te comprends, mais tu sais, il ne fallait pas avoir peur. Les électrochocs pratiqués maintenant donnent des résultats impressionnants !
- Il était trop tard pour maman, il aurait fallu le faire plus tôt, paraît-il. Mais nous étions si démunis ! J’étais petite, Victor, Salomé et Ezra n’avaient jamais été confrontés à cette situation. C’était difficile pour eux de prendre des décisions, ils faisaient confiance aux médecins…
- Je vais te confier mes impressions, Joan. Je pense que ta maman aurait petit à petit perdu la mémoire, mais pas aussi jeune. Elle présente une faiblesse neuronale, plus marquée que chez la plupart des personnes âgées. La mort de ton père a précipité les choses. Le choc était trop violent pour elle. Même si tu avais pu, si vous aviez pu, réagir autrement à l’époque, je crains que vous n’auriez rien pu faire de mieux que ce vous avez fait.
- Vous croyez, professeur ?

Simon la regarde fixement. Il a deviné que Joan se sent coupable de ne pas avoir su aider sa mère, quand l’amnésie a commencé à se manifester.

- J’en suis certain. Joan, tu étais une enfant à l’époque.
- J’avais dix ans…
- C’est très jeune. Rien ne t’avait préparée à affronter la maladie. Comment une enfant de dix ans aurait-elle pu faire quelque chose, prendre des décisions, alors que les adultes étaient eux-mêmes impuissants !

Simon voit un soulagement se dessiner sur le visage de Joan. Il a bien deviné. Et Curtis aussi.

- Joan, tout le monde ici sait que tu aimes ta maman. Tu n’as pas à t’obliger à vouloir le prouver à qui que ce soit, pas même à Montgomery. Lors de leur entretien, Curtis lui a rappelé qu’il fallait songer aussi à toi. Que lui serait là pour toi, pour t’aider toi, avant d’aider ta mère. C’est ce qui compte pour lui.

Elle hoche la tête, pensive. C’est sa manière à lui de lui montrer son amour.

- Professeur, ce que vous me dîtes… personne ne m’a jamais aidée à voir les choses ainsi. J’ai toujours pensé que j’étais trop éloignée de maman. Nos caractères étaient si différents ! Ezra vous le dirait… elle était quelqu’un de très doux, mais assez effacée. Elle avait toujours peur pour moi. Peut-être n’avait-elle pas tort… j’étais déjà une sacrée petite aventurière !, dit-elle avec un léger rire.

Simon l’encourage d’un petit mouvement à poursuivre.

- Alors oui, j’ai cru que j’étais aussi responsable. Pas de la mort de papa, ni de ses conséquences, mais que je ne l’aimais pas assez pour rester présente avec nous.
- Ce n’est pas le cas, Joan. Je crois au contraire que tu lui donnes beaucoup. On peut toujours regretter de ne pas faire assez. Mais mesure-t-on bien que l’on fait au mieux ? Joan, je voudrais te dire quelque chose d’important. Tu n’as pas à sacrifier ta vie pour ta maman, non plus. L’aimer n’est pas se sacrifier pour elle. Construire ta propre vie, avec ou sans Curtis - cela n’a rien à voir -, vivre ta vie, faire ce que tu veux de ta vie, faire tout ce que tu peux pour réussir ce qui te tient à cœur dans ta vie, cela, ta maman le ressentira. Si tu retournes vers elle, plus sereine, heureuse aussi - car tu en as le droit -, elle le ressentira. Je ne dis pas que cela jouera sur sa maladie. Mais peut-être un jour t’accordera-t-elle un sourire.
- Ce serait une énorme victoire, professeur, dit-elle les larmes aux yeux.
- Tu as compris mon message ?
- Je crois que oui.
- Ce que Montgomery veut faire, en te demandant d’aller la voir régulièrement, ne doit pas être une contrainte pour toi. Si tu peux, si tu as envie de la voir, fais-le. Mais ne vis pas cela comme une obligation. Ce n’en est pas une. C’est aussi pour cela que Curtis veut être avec toi quand tu iras la voir. Pour que tu vives ces moments-là beaucoup mieux que jusqu’à présent. Et je pense qu’il a raison. Je crois que Jelle a bien compris cela aussi quand elle dit qu’elle ne veut pas que tu sois seule quand tu vas la voir. Non seulement parce qu’il est important que tu sentes le soutien de celui ou celle qui t’accompagne - que ce soit Curtis, Ezra, Jelle ou même ses parents s’ils viennent sur Terre -, mais aussi parce que c’est important pour ta maman que tu ailles la voir avec un autre état d’esprit. Et que c’est difficile quand on est seul.
- Merci, professeur, je vais réfléchir à tout cela… vous savez, cela m’a beaucoup touchée que Curtis insiste pour venir avec moi. J’aurais tellement aimé lui présenter celle qu’elle a été…

Elle a du mal à retenir ses larmes. Et Simon regrette un instant de ne plus être qu’un cerveau. Il aurait aimé la prendre dans ses bras.

- Mais, ajoute-t-elle en essuyant ses yeux et avec un petit sourire, je vais bientôt pouvoir lui présenter des gens qui comptent vraiment beaucoup pour moi. Mon autre famille. Quand nous irons sur Ixio.
- J’en suis très heureux.



Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 23. Februar 2013, 09:33:32 Uhr
 :-*

Très beau, touchant, tout en abordant des réalités que chacun d'entre nous a du mal à voir: j'aime bien que ce soit Simon et surtout sa pensée regrettant de n'être plus qu'un cerveau, cela le rend humain

 [knuddeln]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. Februar 2013, 18:33:47 Uhr
J'ai toujours eu du mal avec les visions "froides" de certains fans vis à vis de Simon. Certes, il n'est plus qu'un cerveau, mais il a été un homme ! Avec des émotions, une vie, des projets, des envies... des échecs aussi. Tout cela doit subsister en lui. Même si c'est sous une forme plus "limitée", moins démonstrative.  [diploma]
Il est celui qui permet à toute l'équipe, et à Curtis en particulier, de prendre du recul face à certaines situations émotionnellement délicates.

Une fois encore, j'ai utilisé le dialogue pour amener d'autres choses, faire avancer aussi Joan par rapport à sa mère. En voici un autre, avec Curtis, sur le même sujet, pour terminer cette journée (la nôtre, comme la leur  ;) ). J'aurais bien apporté plus de tendresse dans cette scène, mais je suis encore au boulot, et franchement, le bureau n'incite pas  ;D !



Vancouver. Même jour. 23H

Joan se blottit contre Curtis. Ils viennent de faire l’amour. Il referme ses bras autour de son dos. Elle a posé sa tête sur son épaule, elle entend battre son cœur. Elle aimerait lui parler de l’échange qu’elle a eu avec Simon, le matin-même. Toute la journée, elle s’est demandé comment elle allait faire pour lui en parler. A aucun moment, ils n’ont pu être seuls avant ce soir. Il a d’abord fallu finir le bonhomme de neige, le décorer. Grag avait taillé un grand bâton pour faire office de balai, Otho avait prêté sa casquette, Ken avait déterré des cailloux pour décorer le plastron, et faire les yeux. Et elle, elle avait récupéré une carotte en cuisine pour le nez. La bouche leur a longtemps posé problème. C’est finalement Jelle qui a trouvé la solution en la découpant dans un carton et en la peignant de rouge.

Narna était ravie. Jelle a fait quelques photos. Pendant que sa filleule posait aux côtés du bonhomme de neige et de ses bâtisseurs, Joan avait pris la main de Curtis et avait cherché sa présence. Tendrement, il l’avait regardée et avait passé son bras autour de son épaule. Quand il a voulu l’embrasser, il a aussi dû montrer toute sa vélocité à éviter les boules de neige que Ken et Otho lui envoyaient. Il a finalement été contraint de la lâcher. Il ne voulait pas réitérer l’expérience de Central Park, deux semaines plus tôt.

L’après-midi, après la sieste de Narna et les devoirs de Ken – "non, non, a dit Jelle, tu n’y échapperas pas !" -, ils ont fait une promenade dans les bois aux alentours. Jelle était restée dans son jardin pour prendre l’air un peu elle aussi. Car elle est incapable de marcher sur un chemin enneigé sur une longue distance. A Vancouver, l’hiver n’a pas encore desserré son étau.

Ce n’est donc que ce soir-là, dans la chambre, qu’ils peuvent se retrouver enfin seuls.

- Joan, il y a quelque chose qui te soucie ?, demande-t-il doucement.

Elle frissonne. Il a deviné.

- Non, pas vraiment un souci. J’ai parlé avec Simon ce matin, quand vous étiez tous dehors. Nous avons parlé… de maman. Je voulais te dire que…

Elle hésite sur les mots. Il l’encourage d’une légère caresse sur son épaule.

- Que j’étais très touchée que Simon et toi vous preniez le dossier de maman à cœur. Que Simon ait passé tout ce temps à le lire, que tu aies compulsé toutes ces informations et que vous y ayez réfléchi.
- Je tiens à ce que nous déterminions si nous pouvons faire quelque chose.
- C’est ce que m’a dit Simon aussi. Mais il pense qu’il n’y a guère d’espoir. La médecine a ses limites…
- Oui. Mais ce que je veux, c’est que ce ne soit plus une épreuve pour toi d’aller la voir, de te retrouver face à elle. Je comprends la démarche de Montgomery et je pense que nous pouvons essayer de suivre ses préconisations. Par contre, rien ne t’oblige à aller la voir aussi souvent, ni à rester aussi longtemps avec elle. C’est aussi pour cela que je dis que tu ne dois pas y aller seule. Car à deux, ce sera plus facile de mener une conversation devant elle, même si elle ne nous entend pas, ne participe pas. L’important, je pense, c’est d’arriver devant elle en étant vivant, actif.
- Je devine ce que tu veux dire…
- C’est ainsi que nous irons, la prochaine fois. Je resterai avec toi et si nous devons voir Montgomery, nous le ferons ensemble.
- D’accord. Je veux bien essayer.

Il lui sourit. Il se glisse sur le côté, s’installe face à elle, pour la regarder.

- C’est une belle décision.


Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 23. Februar 2013, 19:03:05 Uhr
 [eyeheart] [eyeheart] [eyeheart] trop bien, trop tendre, bien au chaud, je sens que je ne vais pas rester très connectée ce soir ;D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. Februar 2013, 00:22:57 Uhr
Merci Elaine !


Vancouver. 24 février. Le soir


Ken est parti dans la chambre avec Narna, pour lui raconter une histoire. Les Futurmen ont regagné le vaisseau après une nouvelle journée de jeux, de partage et d’amitié. Grag et Otho se font concurrence pour s’occuper de la petite fille. Cela fait si longtemps qu’ils n’ont pas pouponné ! Ils se demandent si un jour, Joan et Curtis auront un enfant. Et même s’ils plaisantent à ce sujet, ils ne le font pour l’instant qu’entre eux deux. Même Simon n’assiste pas à leurs petits délires.

Jelle est installée dans son canapé, elle fait toujours la baleine échouée, comme elle aime à s’appeler depuis quelques semaines. Joan s’est assise aux côtés de son amie. Elles sont en train de papoter tranquillement pendant que les garçons font la vaisselle. Davies revient en proposant un dernier verre. L’une comme l’autre refusent, mais Curtis accepte volontiers un petit whisky.

- C’est un cadeau d’Ezra, précise Davies.
- Alors, il est forcément bon…, répond Curtis en prenant le verre.
- Bon, Capitaine !, intervient Jelle. Tu t’es décidé ?
- Pour faire quoi ?

Jelle regarde Joan :

- Il est stupide ou quoi ?

Joan rit. Curtis lui lance un regard malicieux. Il veut plaisanter encore un peu avec Jelle avant de lui donner sa réponse concernant leur proposition d’être le parrain d’Aziliz.

- Dois-je te rappeler la demande que nous t’avons faite ? Hum ? Ou alors, tu l’as déjà oubliée, trop préoccupé que tu étais à voyager dans les étoiles ?
- Tu tiens vraiment à savoir quelles étoiles j’ai parcourues ces derniers temps ?

Joan rougit un peu. Jelle éclate de rire.

- Chiche !
- Tttt…, moi, je ne suis pas d’accord, dit Joan rougissant de plus belle.
- Bon. Passons. Je n’ai pas pour habitude de mettre ma sœur dans l’embarras.
- J'accepte, Jelle. J'ai parlé de cela avec Joan et Simon aussi. J'ai compris, je crois, ce que vous attendez de moi, et je ferai de mon mieux, tu peux en être certaine.

Jelle lui sourit, de ce beau sourire qu'elle a, plein de générosité et de tendresse. 

- Merci du fond du cœur, Curtis. Vraiment merci.

Il boit une gorgée, car soudain, il ne sait plus quoi dire. Joan devine son embarras, le regarde. Il retient son regard et elle se sent toute émue à son tour.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 24. Februar 2013, 02:40:52 Uhr
Bonjour Limeye,

Trop mignon le coup des petites etoiles, et leur complicite...

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 24. Februar 2013, 08:49:44 Uhr
 ;) Bonjour

 [eyeheart] j'aime beaucoup lorsqu'il retient son regard et qu'ils ne savent pas quoi dire. je trouve ce moment très fort, proportionnel à la responsabilité qu'il accepte.
Très réussi!

A bientôt,

 :-*
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. Februar 2013, 09:57:21 Uhr
Coucou !

merci pour vos petits messages, j'ai un peu le sentiment de piétiner ces deux derniers jours sur cette histoire. Heureusement, je les renvoie bientôt en mission... ça va me faire des vacances  ;D ! Et surtout me permettre de bien réfléchir aux journées suivantes qui seront très importantes.

il faut dire que Kahlon m'a beaucoup préoccupée aussi et donc, j'ai eu du mal à me retrouver en famille et entre amis à Vancouver... Alors que les idées étaient là.

Le coup des petites étoiles, c'était aussi un clin d'oeil à la conversation entre Joan et Jelle quand cette dernière essaye d'avoir des détails "croustillants".

Tant mieux si la toute fin est réussie et que vous l'avez bien aimée, car je me sentais un peu "sèche" pour la rédiger. J'avais envie de souligner qu'autant Curtis se sent très à l'aise quand ils entament la conversation et qu'à la rigueur, l'allusion à son intimité avec Joan ne le gêne pas du tout et qu'on peut très bien imaginer qu'il aurait embrayé là-dessus et tenu la dragée haute à Jelle, autant le sourire et le changement de ton de Jelle le désarme totalement. Et l'échange de regards avec Joan est alors très significatif. Maintenant, il fait partie de la famille Ashton, au sens large du mot "famille".

Je vais utiliser quelques moments de ma journée pour raconter celle de demain, jour de l'anniversaire de Ken. Et j'ai déjà dans la tête un moment assez beau pour mardi. Mais vous verrez dans deux jours  ;)

Bon dimanche floconneux  :)

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 24. Februar 2013, 18:54:24 Uhr
Jelle regarde Joan :

- Il est stupide ou quoi ?

Joan rit. Curtis lui lance un regard malicieux. Il veut plaisanter encore un peu avec Jelle avant de lui donner sa réponse concernant leur proposition d’être le parrain d’Aziliz.

- Dois-je te rappeler la demande que nous t’avons faite ? Hum ? Ou alors, tu l’as déjà oubliée, trop préoccupé que tu étais à voyager dans les étoiles ?
- Tu tiens vraiment à savoir quelles étoiles j’ai parcourues ces derniers temps ?

Ah, j'aime bien la plaisanterie entre Curtis et Jelle...Bravo ! [bthumbup]
Et plus, Curtis montre un bon sens de l'humour (contrairement au héros allemand.....)
A bientôt,
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. Februar 2013, 19:15:25 Uhr
Bonsoir Tachi,

je ne sais pas comment le héros allemand apparaît exactement, mais le héros français du dessin animé n'a pas beaucoup d'humour non plus... ou en tout cas, le montre très peu. Dans les romans d'Hamilton, il est beaucoup plus "cabotin". C'est ce que j'aime bien dans le personnage de romans et que j'ai voulu faire ressortir ici. Non seulement, il sourit beaucoup plus, mais rit et sait rire aussi.

il n'est pas que sérieux ! Ces petites scènes permettent de le montrer, en effet...

bonne soirée ! à bientôt !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. Februar 2013, 04:19:52 Uhr
Vancouver. 25 février. le midi

Ken est assis au bout de la grande table, partagé entre la curiosité d'ouvrir ses cadeaux et l'envie de goûter le gâteau que Jelle a fait pour lui. Toute sa famille est là. Sa nouvelle famille depuis bientôt quatre ans. La dernière fois qu'ils ont tous été rassemblés pour lui, c'était pour ses neuf ans. Il se souvient encore du sourire de Joan quand les Futurmen avaient débarqué par surprise dans son appartement. Narna n'avait pas un an, elle dormait dans son couffin. Jelle, Davies et Ezra étaient là. C'était la première fois qu'il fêtait son anniversaire avec joie depuis la mort de ses parents. Qu'il sentait qu'il y avait vraiment des gens qui l'aimaient et qu'il comptait pour eux. Ca avait été un des plus beaux jours de sa vie. Mais quand la sonnette avait retenti, que Joan avait été ouvrir et qu'il avait entendu les voix de toute l'équipe, son coeur avait vraiment bondi de joie.

Aujourd'hui, c'est encore différent. Seul manque Ezra, mais il les a appelés tout à l'heure et le colonel lui a chaleureusement souhaité un bon anniversaire. Oui, c'est différent. Narna le regarde de ses beaux yeux noisette, au moins aussi impatiente que lui qu'il ouvre ses cadeaux. Grag et Otho se poussent du coude et ont déposé avec précaution un énorme paquet sur la table du salon. Curtis a passé son bras autour de la taille de Joan et la tient tout contre lui. Davies est debout derrière Jelle, entourant de ses bras le gros ventre dans lequel dort Aziliz. Oui, beaucoup de choses se sont passées en trois ans. Il se demande un instant, un peu étrangement, ce qu'il en sera dans trois autres années, quand il aura 15 ans. Est-ce qu'un autre petit enfant sera là ? Narna sera une grande fille, Aziliz marchera et parlera...

- Bon, alors, les bougies ou les cadeaux ? Tu as le choix ! Mais décide-toi, bon sang !, s'exclame Jelle.
- Allez, les bougies !

Otho fait office et bientôt le gâteau dégoulinant de noisettes et de chocolat noir, orné de douze étoiles en chocolat blanc entourant une petite lune, est prêt. Ken aspire un grand coup et souffle. Les applaudissements fusent. Curtis s'avance et lui met la main sur épaule, l'attire près de lui.

- Bravo, mon garçon ! Joyeux anniversaire !

Narna s'approche alors et lui tend un petit paquet. Il l'ouvre. C'est le cadeau que la petite fille lui a préparé. Sur un carton, elle a découpé des petites fleurs qu'elle a peintes, puis collées, ainsi qu'un arbre et un nuage. Cela ressemble à un dessin, mais en relief. C'est simple, mais si plein de tendresse qu'il en est un peu ému, il prend alors la petite fille dans ses bras pour l'embrasser fort sur ses deux joues. Elle appuie ses mains sur les siennes, puis le serre fort autour du cou.

- Il décorera ma chambre, à l'internat !
- Tu n'as pas envie d'ouvrir le gros cadeau ?, demande Otho, soudain aussi impatient que Jelle peut l'être.

Et Ken s'installe devant la table, déchire le papier, découvre un carton sans attrait, l'ouvre... ses yeux s'écarquillent. Une maquette du Comète !

- Wahou ! Géant ! Super géant !
- C'est nous qui l'avons faite, disent les deux compères en frimant un peu.

Il sort avec précaution le vaisseau miniature de son carton et commence à le regarder sous toutes les coutures, s'exclamant en remarquant tel ou tel détail. Puis il le repose, et ouvre ses autres paquets. Jelle et Davies lui ont offert deux livres de Jules Verne, qu'il adore. Joan lui tend deux cadeaux, dans l'un, un sweat-shirt vert, dans l'autre, un billet pour aller voir un des matchs les plus importants de son équipe de hockey préférée.

Puis Curtis lui dit :

- On a aussi un autre cadeau pour toi, Ken, mais on ne pouvait pas l'emballer... d'ici le mois de juin, si Joan et Ezra sont en expédition et que nous-mêmes ne les accompagnons pas, alors, tu viendras avec nous sur Tycho. Mais à une condition... d'y travailler autant qu'au lycée pour ne pas perdre ton année.
 
Ken se demande s'il a bien entendu. Il va pouvoir passer des journées entières sur Tycho ? Wahou ! Méga, super géant !
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 26. Februar 2013, 03:11:32 Uhr
Bonjour tout le monde  :) !

dernière journée avec nos héros... avant un petit mois où vous les retrouverez sur Ixio. J'ai voulu leur accorder un dernier moment d'intimité avant le départ. J'espère que vous ne trouverez pas trop "fleur bleue" la déclaration de Curtis et... que le récit de ces semaines de février vous aura plu !

bonne journée et... à dans un mois  ;)

Limeye  :)



New York. 26 février. 5h

- Joan ? Qu'est-ce qui se passe ?

Il a été réveillé par un tout petit bruit. Elle lui tourne le dos, couchée sur le côté.

- Rien...

Il se redresse, se penche au-dessus d'elle. Il voit une larme briller sur ses joues. Avec tendresse, il s'approche d'elle et l'enlace.

- Pourquoi pleures-tu ?
- Je ne pleure pas.
- Et cela ?, dit-il doucement en essuyant la larme du bout de son doigt.

Elle retient sa main, la serre dans la sienne.

- C'est parce que j'ai décidé de repartir sur Tycho pour quelques jours ?
- Curt... cela fait plus de deux semaines que tu es là, je n'ai pas vu le temps passer... Il y a eu tant de moments heureux...
- Oui.
- Je... je veux dire... je sais que c'est important que tu retournes un peu sur Tycho, tu as des choses à y faire, et Grag et Otho tournent en rond et rendent la vie impossible à Simon si tu n'es pas derrière eux à leur donner des soi-disant corvées dont ils raffolent. Je ne veux pas que tu crois que je veux te retenir ici... c'est juste que tu vas me manquer.
- Toi aussi, tu vas me manquer, mais ce ne sera pas bien long. Tu es à nouveau d'astreinte avec Ezra à partir de demain matin, et jusqu'à vendredi. Je viendrai te rechercher dès le matin, et on passera trois jours ensemble sur Tycho. Je ne me suis pas du tout ennuyé quand tu étais d'astreinte il y a quinze jours, mais nous en avons parlé, et toi-même a jugé que c'était aussi bien de profiter de cette plus courte semaine pour que je m'absente un peu. D'autant que nous n'avons pas à nous occuper de Ken.
- Oui, oui, je ne reviens pas là-dessus. Je ne suis pas très rationnelle, c'est tout...

Il lui sourit avec tendresse, la retourne vers lui. Il plonge son regard dans les grands yeux bleus et lui dit :

- Tes yeux, mon amour, c'est comme un ciel et un océan en même temps. Je ne me lasse pas de les regarder, de m'y noyer... je t'aime.

Elle le regarde, émue. Jamais elle n'aurait pensé qu'il lui aurait dit aussi simplement, aussi aisément, ce qu'il ressent pour elle. Comme si cela était finalement tout naturel. Alors qu'il a été si réservé, si secret jusqu'à ce début d'année.

Elle noue ses bras autour de sa taille, puis doucement, laisse courir ses mains sur son dos, ses épaules. Il la serre plus doucement contre lui, dépose de petits baisers dans ses cheveux, sur la veine battante de son cou. Puis elle frémit, car il commence cette longue caresse faite de baisers légers qu'elle aime tant, quand il laisse courir ses lèvres sur son épaule, son sein, son ventre, le pli de sa hanche puis tout le long de sa jambe, jusqu'à picorer sa cheville. Recroquevillé au pied du lit, il la regarde, étendue devant lui, déjà offerte.

- Nous avons encore un peu de temps pour nous...

Elle sourit, oublie ce petit chagrin. Ses mains se tendent vers lui et il ne résiste pas à revenir vers elle, tout en la caressant de plus en plus précisément et intimement. Il referme sa bouche, son premier cri, de ses lèvres et ils partent pour ce voyage vers leur monde à eux.


New York. 26 février. 10h30

- Colonel Gurney ?
- Oui, mon général ?
- Venez immédiatement avec la lieutenant Randall chez le Président. Réunion en urgence !
- Nous arrivons, mon général.

Ezra et Joan se regardent, et sans un mot, sortent de leur bureau. En quelques minutes, ils gagnent l'étage de la Présidence. En sortant de l'ascenseur, Joan pousse un soupir de soulagement. Elle reçoit dans ses jambes une espèce de petit ballon vert, qui reprend sa forme initiale aussitôt qu'il l'a touchée, alors qu'un chien lunaire arrive en jappant. Ezra lui sourit d'un air entendu. Ils sont convoqués chez le Président. Mais les Futurmen aussi.

Anne les fait rapidement entrer et Anders leur jette un regard satisfait. Ils n'ont pas tardé, c'est bien. D'un bref signe de tête, Ezra salue tous les participants. Joan ose à peine regarder Curtis, mais elle salue d'un grand sourire Grag, Otho et Simon.

- Colonel Gurney, vous allez partir avec le Capitaine et son équipe pour Mercure. Vous avez préparé le dossier, n'est-ce pas ?
- Oui, Joan et moi-même l'avons étudié ces derniers jours. L'affaire est étrange...
- Etes-vous prêts à partir tous les deux ?

Joan acquiesce. Curtis prend la parole à cet instant :

- Parfait. Rendez-vous à l'aéroport international dans une heure, si possible avant.
- Aucun souci, Capitaine, lui répond-elle, reprenant alors ses réflexes professionnels. Nous y serons.

Un bref éclat dans leurs yeux n'échappe pas à Otho qui lance, alors que toute l'équipe quitte le bureau du Président :

- J'ouvre les paris ! Dix contre un que Joan sera au Comète avant le colonel !
- Erreur, Otho, répond Joan. Nous y serons ensemble. Nous sommes toujours prêts à partir l'un comme l'autre.
- Tu n'es pas drôle, Joan ! J'aurais pu gagner contre le tas de ferraille...
- Tu gagneras une autre fois... pour un autre pari.

Otho lui fait un clin d’œil :

- Hé, hé, tu peux compter sur moi !

Quelques minutes plus tard, le colonel et Joan se retrouvent seuls dans leur bureau. Joan envoie rapidement un petit message à Jelle, pour la prévenir de leur départ. Ce sera à Davies de ramener Ken sur New York à la fin de la semaine.

Ma Jelle, nous partons TOUS pour Mercure. Durée de la mission : indéterminée. Prends soin de toi, embrasse Ken et Narna pour nous. A bientôt.

Ils bouclent leurs ordinateurs et leurs tiroirs. Joan range soigneusement la photo que Jelle lui a offerte. Pas la peine de la laisser traîner. En quelques minutes, les bureaux sont dégagés de tout papier, de toute affaire. Joan s’approche d’une de leurs armoires, dans le bas sont soigneusement rangés deux sacs de voyage, le sien et celui d’Ezra. Quand elle a dit à Otho qu’ils étaient prêts à partir, elle n’a pas menti. Moins d’une demi-heure plus tard, ils traversent la piste numéro 8 de l’aéroport interplanétaire de New York en direction du Comète.


Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 26. Februar 2013, 05:44:36 Uhr
Bonjour Limeye,

Eh bien non, pas trop "fleur Bleue" du tout, on peut bien la comprendre d'etre triste.... ;D Rien de tel que de profiter du moment present, on ne sait jamais ce qui va arriver!

Une petite precision: hmm... ils vont sur Uranus (comme le dit Joan a Jelle) ou Mercure (comme le dit Anders)? Ou alors les 2? Ou c'est de la desinformation volontaire?

O-tho, qui a hate de savoir ce qui va se passer dans 1 mois (c'est long....)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 26. Februar 2013, 07:15:16 Uhr
Bonjour O-tho !

merci pour la relecture attentive... c'est moi qui me suis trompée. Ils partent pour Mercure. J'ai corrigé...

certes, un mois, c'est long, mais je ne pourrais pas tenir sur la durée sinon... et puis, une année sans mission, même une demi-année, ce n'est pas très plausible.

et pour une raison bêtement pratique, cela donne aussi le temps à Tachi de faire la traduction en allemand.  :)

Bonne journée ! Bizzz

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 26. Februar 2013, 09:19:27 Uhr
 ;D bonjour Limeye,

Alors là [eyeheart] mais je suis bien curieuse de voir dans quelle cabine elle dort ? Professionnel ou non?
Après promis j'arrête,  [devil] va falloir que je potasse les scènes comme çà,j'ai du mal à les rendre explicites et pas vulgaires....

Du coup avec Jelle , Ken ne part plus jamais avec eux, c'est voulu ou c'est le hasard du timing?
Tu avais l'intention de l'y faire réagir, genre depuis qu'ils sont ensemble, j'existe plus?

Quand tu dis dans un mois, cela veut pas dire que tu n'écris plus pendant un mois, hein, c'est juste les héros qui partent un mois [unbelievable]

Biz, à plus

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 26. Februar 2013, 09:31:52 Uhr
Bonjour Elaine,

déjà, je te rassure tout de suite, je n'ai pas l'intention de rester sans écrire pendant un mois. D'une part, je vais avancer cette histoire pour vous la livrer à partir du printemps, mais comme j'ai beaucoup d'idées pour ces journées-là, rien que le voyage sur Ixio, ça va me prendre du temps à rédiger.

ensuite, ce délai supplémentaire va me permettre 2-3 petites choses : me détendre avec nos petits délires et me replonger dans le Cadavre exquis qui mérite quand même qu'on s'y attelle à nouveau. Tu es bien occupée avec l'histoire du petit William, sans compter la succession sur laquelle tu buttes un peu, donc, je vais pouvoir reprendre plus le fil du Cadavre exquis, avec tes remarques pour me guider bien entendu !

pour ce qui est de Ken, j'étais partie du postulat que désormais, il fallait qu'il aille - un peu - à l'école. Et que cela ne cadrait pas très bien avec les missions. Maintenant, j'aime bien son petit côté sale gosse et je pense qu'il repartira avec eux. Mais en effet, je pourrais jouer un peu sur le "maintenant, je n'existe plus". Sauf que pour l'instant, il n'a pas trop à se plaindre... d'ailleurs, il ne s'est pas vraiment plaint des derniers week-ends sans devoirs. A la place de Ken, un week-end à cavaler dans la neige, un autre sur Tycho et un dernier à Vancouver... hein... ça ou l'internat, franchement...  ;)

moi, j'aime bien ton côté "brute de pomme" pour les scènes chaudes... tu vas direct à l'essentiel, emballé, c'est pesé ! C'est souvent très drôle ! Maintenant, tu as aussi écrit certaines de ces scènes de manière beaucoup plus "sage". Et elles étaient très jolies  [eyeheart]

enfin, dernière question concernant la cabine dans laquelle Joan va désormais dormir... sache qu'il y'en a deux qui se posent la question depuis un moment  ;D ! Je pense que tu devines à qui je fais allusion...

bon, on repart sur un autre défi ? Chuis au boulot, mais j'ai pas envie de bosser...  [unconscious]

bizzz

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 26. Februar 2013, 09:35:00 Uhr
 ;)tu me rassures! ;D un mois sans Limeye sur le forum, l'idée est  :o

 je compatis [imsorry] pour le boulot,le mien m'attends
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 2. März 2013, 15:41:39 Uhr
Bonjour chers lectrices et lecteurs (heu, ceux-ci sont bien discrets pour l'instant  ;) ),

non, non, non, ils ne sont pas déjà rentrés de mission !

mais j'ai commencé la rédaction des premières journées que je vous livrerai vers la fin mars (la date est encore approximative). Néanmoins, je vous demande une petite aide sous forme de sondage.

un grand merci par avance à toutes celles et tous ceux qui répondront !

bonne journée à vous  :)

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: August am 2. März 2013, 18:07:58 Uhr
Je sais, mon vote ne t'aide pas beaucoup   [wallbash], mais vraiment c'est ce que je pense.
Si tu poses la question, je suppose que tu as déjà une idée en tête pour modifier l'histoire. Mais si tu n'as pas l'idée de la modifier, pourquoi irais je te demander de te creuser les méninges pour écrire quelque chose qui ne t'inspire pas ? Pour moi, tu fais comme tu en as envie, c'est ton histoire et je suis sûre qu'elle nous plaira comme tu choisiras de la faire [hello]  [jump]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 2. März 2013, 20:32:14 Uhr
Bonjour Limeye,

Hmm.. C'est toujours la question, peut-on/doit-on modifer les "canon" de l'histoire?...
A vrai dire, la mort du pere de Joan n'a pas vraiment d'incidence sur les histoires (pas comme celle des parents de Curtis), donc je suis tentee de dire comme August- c'est comme tu le sens!
Surtout si cela aide ta ligne creative!

O-tho  :D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 2. März 2013, 21:28:56 Uhr
Bonsoir vous deux !

merci pour vos réponses et votre participation ! Contrairement à ce que vous pouvez croire, mais cela m'aide !  :)

en fait, je suis en train d'écrire un passage concernant le père de Joan, et en effet, je me demandais si je devais raconter sa mort version Hamilton ou une autre. Fondamentalement, ça ne change rien à l'histoire, et le doute m'avait saisie... d'où le petit sondage.

des fois, on bloque sur des broutilles  [wallbash]  :D

et même des "sans opinion", ça aide ! Si si...

bizz et à plus tard  [goodnight]

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 6. März 2013, 18:55:42 Uhr
Salut Limeye,

encore un peu bloquée?  ???  [wallbash]
En tout cas ce n'est pas grave - parce que je besoin de temps avec la traduction...... ;D ;D ;D
Je viens de traduire la première partie du 18. février.....
Et je suis convaincue que la suite sera aussi jolie que les autres parties.... [goodjob]

Biz
Tachi

Hallo Limeye,

bist Du immer noch wegen der Kleinigkeiten blockiert? In diesem Fall wäre das nicht mein Schaden....ich brauche noch etwas Zeit, um mit der Übersetzung aufzuschließen (mich zeitlich anzunähern....). Ich habe gerade den ersten Teil vom 18. Februar übersetzt....ich bin überzeugt, dass der nächste Teil von Dir ebenso wundervoll sein wird wie die bisherigen....
Liebe Grüße
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 6. März 2013, 20:25:32 Uhr
Bonsoir Tachi !

Non, je ne suis plus bloquée ! J'ai finalement trouvé une solution par rapport au petit passage dans lequel je voulais parler du père de Joan.

Mais pour l'heure, ils sont en mission, ce que je ne raconte pas, et cela te laisse du temps pour avancer la traduction, toujours agréable à lire pour moi (ça me permet de me remettre mon allemand lointain dans la tête). J'ai donc avancé la suite de l'histoire que je ne publierai que vers le 20-21 mars environ, toujours pour respecter le calendrier que je me suis fixé.

Comme il s'agit de tout un ensemble, c'est bien aussi que je me laisse du temps pour bien mettre en place les éléments que je veux apporter. Certains passages sont entièrement rédigés, d'autres méritent que j'y revienne encore...

J'espère que cela continuera de te plaire en effet !

La journée du 18 février est en en effet une longue journée... mais c'est une des journées les plus importantes aussi de ce mois de février.

Merci encore !

Bizz et bonne soirée !

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. März 2013, 09:59:22 Uhr
Chères fans assidues !

Ce petit message pour vous informer que je reprends la publication de cette histoire à partir de demain. J'espère que cela ne vous a pas semblé trop long d'attendre  >:( . Mais il y a eu de quoi combler vos envies de lectures sur ce forum, je pense, suffisamment.

Je voulais vous apporter quelques précisions sur les journées qui vont suivre. Il s'agit, comme je l'ai déjà laissé sous-entendre, des vacances de nos deux héros sur Ixio, la planète natale de Joan. J'ai "trahi" Hamilton sur ce point, en même temps, Hamilton apporte peu d'éléments sur le passé de Joan, nous en avons déjà parlé, ce qui permet d'inventer un peu ce que l'on veut (merci, Ed !  ;) ). Pour celles qui ont lu ma Joan'story sur le site français de Capitaine Flam, vous connaissez déjà un peu Ixio. Ici, je vais beaucoup plus décrire cette planète. Je pense qu'elle pourra vous apparaître comme un monde idéal, un paradis rêvé...

J'assume totalement cette image, j'ai eu envie, oui, je l'avoue, face à notre monde ici, d'imaginer une planète sur laquelle les hommes auraient trouvé une forme d'harmonie et de paix, entre eux-mêmes et avec leur planète. Au lieu de se faire la guerre et de lui faire la guerre... Et j'ai voulu que Joan (et Jelle et Davies !) grandisse sur cette planète. Ma vision en est certainement idyllique, mais c'est un rêve aussi pour notre monde... je crois que beaucoup portons en nous un rêve de paix et de vie en bonne intelligence, c'est une espérance pour l'Humanité. Ixio reste un rêve... mais je voulais que ce soit un beau rêve.  :)

J'assume aussi complètement que les lieux soient marqués par ma propre vie, des lieux de ma propre enfance dont je me suis inspirée. C'était pour moi une sorte "d'hommage" à ce pays qui m'a façonnée.

Curtis va donc découvrir cette planète, au fil des jours. J'espère que cela vous plaira autant que j'ai eu plaisir à écrire ces journées. Au fil desquelles, vous allez voir aussi qu'il apprendra beaucoup d'autres choses sur Joan, je vous fais découvrir son enfance comme lui, va la découvrir. Du moins, celle que je me suis plu à inventer.

Je n'ai pas terminé tout ce que je veux vous livrer, néanmoins, tout ce qui concerne Ixio est rédigé et prêt à être posté. Une deuxième partie s'enchaînera à Vancouver avec la naissance de Miss Aziliz. J'ai l'ambition de tenir jusque vers la mi-avril, date à laquelle je serai contrainte de m'interrompre et de vous abandonner pour cause de vacances bien méritées dans un pays que j'aime aussi beaucoup, et qui, peut-être, m'inspirera aussi pour d'autres pages  ;). Mais n'allons pas trop vite en besogne... sachez seulement que je pense avoir de la matière pour tenir jusque-là, maintenant, est-ce que cette matière sera intéressante, ce sera à vous de me le dire... Je compte sur vous pour cela  [poke]

Je vous souhaite donc une bonne lecture, bon courage aussi à Tachi que je ne ménage guère car les journées à venir sont riches, vous vous doutez bien que je n'ai pas pu écrire seulement quelques courts passages, au regard de la situation dans laquelle je place nos héros.

Rendez-vous donc demain, certainement de bonne heure pour leurs premières heures sur Ixio... (je sais, je vous mets l'eau à la bouche  [rollsmile] !)

Je termine en vous remerciant toutes (et tous, des fois que...  ;)) de votre fidélité ! Bonne journée à vous et à demain donc (pour ce post).

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 21. März 2013, 10:03:32 Uhr
 >:( oui tu nous mets l'eau à la bouche sans même un extrait?! >:(

 [nono] ce n'est pas bien , non, non, non ;D


demain, t'as intérêt (moi aussi je fous la pression) [work] [sm]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. März 2013, 12:27:42 Uhr
Non, non, non, pas d'extrait   :-X

Car il ne signifierait pas forcément grand chose  :D !

Mais je te rassure : je pense que tu auras de quoi lire pour ton petit déjeuner  ;) (sauf panne de pc, argh  [hammerpc]!)

Limeye  :) même pas peur de la pression  ;D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 22. März 2013, 02:19:56 Uhr
Bonjour les girls !

moi aussi, je tiens mes promesses  ;)

voici de quoi pour le dîner ouest atlantique et petit déjeuner à l'est... 

je livrerai également une autre partie de cette première journée sur Ixio dans quelques heures.

et bien entendu, j'attends vos commentaires  ;)

bizz

Limeye  :)



En approche d’Ixio. 22 mars. 11h (Temps universel).

Ils sont entrés dans le système stellaire de Calenda depuis à peine une demi-journée et ils voient grandir petit à petit Ixio devant eux. Joan a tourné son fauteuil pour suivre leur approche. Cela fait trois ans qu’elle n’est pas venue sur Ixio et revoir sa planète natale en étant à bord du Comète l’émeut particulièrement.

Curtis lui jette un regard, lui sourit. Otho annonce qu’ils entreront dans l’atmosphère d’Ixio dans moins de deux petites heures.

Le voyage depuis Mercure leur a pris plus de trois jours. C’était le plus simple pour venir jusqu’ici, sans faire de détour par la Terre. L’équipage va les laisser à Ixiopolis pour repartir aussitôt vers le système solaire, ramener Ezra à New York avant de rentrer sur la Lune. Ils reviendront les chercher à la fin du mois, leur laissant ainsi une dizaine de jours de vraies vacances.

- Le système stellaire de Calenda est un tout petit système, dit Simon. Il est intéressant à étudier. Es-tu déjà allée sur les deux autres planètes, Joan ?
- Non. Elles sont inhabitées et inhabitables. Seule Ixio a une atmosphère. Mais les lunes de Xario méritent qu’on s’y intéresse. Elles se trouvent sur la même orbite. Et les trois planètes forment un ensemble assez étonnant.
- Il faudra prendre le temps d’y aller un jour, dit Curtis. Mais pour l’heure… Regarde, nous approchons !

Joan s’est finalement levée et se tient debout, entre les deux sièges du Capitaine et de Grag. Au fil des minutes, les deux continents de sa planète se dessinent devant leurs yeux. Elle explique pour eux tous les particularités d’Ixio :

- La colonie terrienne qui est venue s’installer sur Ixio était composée de plusieurs familles originaires d’Ecosse, ce qui explique que la plupart des noms de lieux de ma planète sont d’origine celte. Il y a le grand port militaire de Doban, et mon village s’appelle Glenogan. Glen, c’est la vallée, ogan, le chêne. Les îles portent toutes des noms commençant par Ennis ou Innis. Ces familles se sont installées sur le petit continent, celui qui est uniquement situé dans l’hémisphère sud, car il était le plus facile d’accès et les conditions de vie, de climat y étaient bonnes, les ressources minières faciles à exploiter. Doban, par exemple, a été construit très rapidement, en partie sur une plage. Quant à Ixiopolis, la capitale, elle a été construite dans une grande plaine traversée par deux fleuves. Mon village se trouve à environ une heure d’Ixiopolis. C’est là que nous allions au lycée, Davies, Jelle et moi. Nous y étions en pension, mais comme les cours étaient organisés sur deux fois deux jours, on rentrait deux fois par semaine à la maison.
- Et le deuxième continent ?, demande Otho, très intéressé par ce que raconte Joan.
- Très vite, un système démocratique s’est mis en place, respectant la charte des Neuf Mondes, s’en servant comme base, mais allant plus loin pour certaines questions. Les Ixiens ont érigé le respect de l’autre en principe fondamental. Le respect de la liberté de l’autre, de sa vie, de ses mœurs, de ses opinions. Mais aussi le respect de l’autre sous une forme non-humaine. C’est pourquoi le deuxième continent n’est pas habité et qu’il est très sérieusement protégé. Le père de Jelle, Victor, a longtemps travaillé à sa protection, avant d’avoir un accident en mer, ce qui l’a obligé à ne plus occuper qu’un emploi administratif. Le deuxième continent, comme vous le voyez, est le plus vaste des deux, il couvre un grand tiers de l’hémisphère nord. Ses richesses géologiques ont été préservées de toute exploitation humaine. Les plantes, les animaux y vivent sans subir la présence des hommes. Des explorations scientifiques sont autorisées, mais les critères de sélection sont très sévères.
- Les Ixiens sont des gens très sages, Joan, dit Simon. Tu as eu beaucoup de chance de grandir sur cette planète.
- Oui, dit-elle simplement.

Puis elle reprend :

- Il y a également deux calottes glacières, sur les pôles, mais leur superficie est assez faible. Deux bases scientifiques s’y trouvent, mais là aussi, se souvenant de ce qui est arrivé sur Terre, les Ixiens ont interdit toute exploitation des pôles. Seules des recherches y sont menées, notamment sur le climat d’Ixio, mais aussi sur la faune des pôles.
- Combien y a-t-il d’habitants sur Ixio ?, demande à nouveau Otho. Le premier continent n’est pas très grand, vous ne devez pas pouvoir être trop nombreux…
- D’après le dernier recensement, la population est évaluée à un peu plus de trois millions d’habitants. C’est en effet très peu pour une planète. Mais Ixio n’intéresse pas grand-monde. Je l’ai bien mesuré une fois que je suis arrivée sur Terre. Beaucoup ignorent même son existence, y compris à la police interplanétaire ! Mais cette ignorance est aussi notre chance… Ixio est loin des grandes routes spatiales et commerciales, cela la met aussi à l’abri des tentations… Ma planète est comme un petit paradis et j’espère qu’elle le restera.

**

Deux heures plus tard, le Comète s’est posé sur l’aéroport international d’Ixiopolis, le seul de la petite planète. Ceux de Doban et de Glenirich sont plus petits, et ne permettent que des liaisons locales. L’aéroport militaire est également situé à proximité de Doban.

Toute l’équipe est heureuse d’atterrir, même si c’est pour une courte étape. Une fois le vaisseau posé, Joan envoie un message à Victor et Salomé pour les prévenir de leur arrivée. En les attendant, ils procèdent au ravitaillement du vaisseau, pour le vol retour vers la Terre.

Joan descend du Comète, Curtis a ses côtés. Il la regarde. Elle s’imprègne déjà de l’atmosphère de sa planète, retrouve la pureté du ciel, la douceur de l’air en cette fin d’été sur le premier continent.

Alors que les opérations de ravitaillement se terminent, elle voit soudain se dessiner deux silhouettes au bout de la piste sur laquelle le Comète s’est posé. Sans plus attendre, elle court vers elles et leur tombe dans les bras.

- Mère ! Père ! Oh, je suis si heureuse…
- Bonjour ma Joan !, dit Victor en faisant claquer deux baisers sur ses joues.
- Ma chérie ! Quel bonheur de te revoir, s’écrie Salomé en la serrant fort à son tour. Tu as l’air un peu pâle… C’était difficile, cette mission sur Mercure ?
- Un peu oui… Et l’hiver à New York a été si long… Je vais vite reprendre des couleurs ici, j’en suis certaine !
- Ah, voilà Ezra…
- Oui, et je vais vous présenter tout le reste de l’équipe… vous en avez beaucoup entendu parler…
- Il était temps de pouvoir enfin les rencontrer !

Le sourire d’Ezra exprime vraiment toute la joie qu’il a à revoir son couple d’amis, enfin, ceux qui sont devenus ses amis au fil des années, et dont il a été d’autant plus proche depuis la mort de William, le père de Joan.

- Ezra ! Nous sommes ravis de te revoir… mais tu repars vite.
- Oui, vous voyez, nous avons terminé l’approvisionnement du vaisseau et nous allons repartir. Je dois être sur Terre dans moins de deux jours. Mais nous nous y reverrons bientôt !
- Oui, à Vancouver…

Pendant que les deux hommes discutent, Salomé voit l’équipe des Futurmen s’avancer, menée par ce grand jeune homme roux dont elle a déjà si souvent entendu parler, que ce soit par l’une ou l’autre de ses deux filles. Il est en civil. Elle le regarde s’avancer avec intérêt. Ainsi, le voilà enfin celui qui fait battre le cœur de sa fille. Dès les premières secondes, il lui plaît, ce qui se dégage de lui, cette force, cette confiance en lui, elle devine aussi son intelligence, sa perspicacité. Et ne doute pas un instant de son courage.

- Bonjour à vous, Capitaine Futur et à toute votre équipe, dit-elle avec ce beau sourire chaleureux que Curtis reconnaît immédiatement comme étant le même que celui de Jelle.
- Bonjour, Salomé, s’il-vous-plaît… ici, et pour ce séjour, je suis Curtis Newton. Mais voici toute mon équipe.

Les présentations se font rapidement, puis tout le petit groupe se dirige vers l’un des bars-restaurants de l’aéroport pour y prendre un déjeuner tous ensemble avant que l’équipage ne reparte, laissant Curtis et Joan sur Ixio.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 22. März 2013, 11:20:09 Uhr
Voici l'autre petit morceau promis pour cette première journée sur Ixio.



Ixio. Plage d’Aelned. Même jour. Le soir

Joan et Curtis sont assis sur le sable blanc de la grande plage d’Aelned, tout près d’Ael Vraz, le hameau où Joan a grandi. Ils viennent de passer plus d’une heure à se baigner. Elle s’est assise entre ses jambes, s’est appuyée sur son torse, il la serre entre ses bras. Ces premières heures sur Ixio sont un vrai bonheur après le voyage et surtout la difficile mission qu’ils ont menée sur Mercure. Il s’en est fallu de peu qu’ils n’aient pas le temps de venir jusqu’ici, mais le soutien du gouverneur de Mercure, le général Pikaw, pour organiser l’acheminement des trafiquants d’organes vers Cerberus, et l’intervention pleine de doigté d’Ezra pour accorder ses congés à Joan une fois la mission terminée sans qu’elle ait besoin de revenir sur Terre, leur ont finalement permis d’arriver sur Ixio deux jours avant l’anniversaire de Joan.

- J’adore la fin d’été sur Ixio.
- C’est normal, c’est ton anniversaire, dit-il en riant.
- Pas du tout. Ca n’a rien à voir. Pendant encore un mois environ, il va faire très beau ici, les températures seront vraiment agréables. Et la mer très bonne. Les débuts et fins d’été sont toujours très agréables.
- Il fait chaud en été ?
- Chaud et souvent orageux. Mais Salomé te dirait que c’est un temps idéal pour les légumes, les fruits… toujours un peu d’humidité, mais beaucoup de soleil aussi et des températures qui ne descendent pas en dessous des 20 degrés, même la nuit. Heureusement que nous vivons près de la côte, dans les terres, à Ixiopolis, c’est déjà moins agréable. Beaucoup de gens viennent passer les deux mois de plein été près de la mer. De l’autre côté de l’estuaire du grand fleuve, il y a plusieurs stations balnéaires réputées. Nous ici, nous sommes plus tranquilles. Les gens qui viennent ici le font parce qu’ils ont de la famille ou des amis. Il y a peu de structures d’hébergement, et à Glenogan, les terres agricoles sont assez rares, il est difficile de construire plus de maisons, d’agrandir le village. Il y a toujours un grand souci de gestion de l’espace, de préservation de notre environnement.
- Simon n’avait pas tort tout à l’heure en disant que les Ixiens étaient sages.
- La planète est petite, les fondateurs de la colonie ont quitté Terre après le grand cataclysme, ils savaient ce qui avaient mené à ce bouleversement. Ils n’ont pas voulu que cela arrive ici, et le respect de la planète est inscrit dans notre Constitution.
- Plus tu me parles de ta planète et de ses habitants, et plus ils me plaisent, même si je n’en ai pas encore vu grand-chose !
- Ici est un des plus beaux endroits, mais je ne suis pas objective…, ajoute-t-elle en riant.

Il ne répond rien, appuie doucement son menton sur son épaule. Un long moment, ils restent là, immobiles, à regarder la mer et le soleil qui descend au-dessus de la pointe rocheuse.

- Tu as si bien dessiné tous ces endroits qui te sont chers que je les ai reconnus sans problèmes, reprend-il. La plage, le jardin des parents, ton village.
- Il y a encore un endroit important que je ne t’ai pas montré, nous irons demain.
- Tu as beaucoup de choses à me montrer ! Aurons-nous assez de huit jours, peut-être moins, car nous serons peut-être obligés de repartir avant… tout dépendra de ce que décidera de faire miss Aziliz.
- Jelle a dit à Salomé hier que jusqu’au 31 mars, nous étions tranquilles. Mais qu’à partir du 1er avril, elle ne promettait plus rien…
- Je me demande sur quoi elle peut s’appuyer pour tenir de tels propos…
- Ne cherche pas à comprendre. C’est Jelle. Et Jelle a toujours raison. Tu verras qu’elle va naître en avril, j’en suis certaine.
- On rentre ? Ce bain m’a creusé l’appétit… et je suis curieux de voir si la table de Salomé vaut celle de sa fille.
- Méfie-toi ! Elle va nous bichonner durant tout notre séjour ! Heureusement qu’on va faire des balades tous les jours…
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 22. März 2013, 21:15:58 Uhr
Ah, bien écrit!  [goodjob]
Je suis à la traîne.....je neu peux pas traduire si vite..... :'(
Mais lire ton histoire, ça va vite! ;D ;D ;D
Liebe Grüße
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. März 2013, 01:58:50 Uhr
Bonjour Tachi !

merci beaucoup !

je sais que tu n'as pas pu terminer encore la traduction de février, mais le calendrier me rattrapait... je ne pouvais plus retarder leur arrivée sur Ixio, pour deux raisons, la première, tu pourras la découvrir dimanche, l'autre, ce sera pour avril. On peut empêcher toutes sortes de catastrophes, mais pas la naissance d'un bébé  ;) !

bonne lecture et bon week-end !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. März 2013, 02:06:27 Uhr
Bon, y'avaient des impatientes de lire... voici donc la suite ! Le tout début de leur journée, je vous préviens, celle-là est assez longue. Vous aurez la suite un peu plus tard.

Limeye  :)



Ixio. Hameau d’Ael Vraz. 23 mars. Tôt le matin.

Curtis s’est réveillé avant Joan. Salomé les a installés dans la chambre où elle a passé toute son adolescence, cette chambre qui a été la sienne tout le temps où elle a vécu avec eux et avec Jelle. La pièce n’est pas très grande, très légèrement mansardée au-dessus de la fenêtre, avec des morceaux de poutres apparentes. Elle est située, comme deux autres chambres et une petite salle de bain, à l’étage. Victor et Salomé dorment en bas, ils ont dû aménager un ancien cellier en chambre quand Victor a eu son accident en mer et que depuis, il boîte légèrement. Il marche assez facilement, mais les escaliers sont toujours une difficulté pour lui, surtout pour les descendre.

Il regarde le plafond, blanc, la fenêtre aux jolis rideaux de tulle. Les murs sont originaux : l’un, celui qui correspond en fait au pignon de la maison est en pierre apparente. Des pierres de couleur ocre, aux joints de sable. Contre ce mur est appuyé le bureau et une petite bibliothèque sur laquelle les livres d’enfance de Joan sont toujours rangés. Le lit se trouve sur le mur en face, face à la fenêtre. La porte s’ouvre au milieu de la chambre, et sur la gauche en entrant se trouve une armoire. La chambre est simple, les meubles de bois clairs joliment décorés. Il s’est senti très ému d’entrer hier soir dans cette chambre, beaucoup plus que dans la chambre de Joan à New York. Ici, il découvre son enfance. Si sur Tycho, elle a été la première à dormir avec lui, il est le premier à partager son lit ici.

Il dépose un léger baiser dans ses cheveux. Au-dehors, il devine que l’aube est proche. La douce clarté de la nuit laisse la place à celle du jour. Il va faire beau, aujourd’hui. Joan a prévu une grande promenade, jusqu’à Abain Uaine, la ria de la rivière verte, là où est situé le petit port. Et il devine qu’elle lui réserve aussi une surprise. Hier soir, elle a pris ce petit air mystérieux qu’il aime bien. Il n’a pas insisté, heureux de la laisser décider de ce qu’elle veut lui montrer, de ce qu’elle veut lui dire aussi.

Elle a dormi entre ses bras. Un léger sourire éclaire son visage. Ses longs cheveux blonds coulent sur ses épaules. Il est une chose qu’il ne veut pas manquer ce matin : c’est l’instant où elle va ouvrir les yeux, pour la première fois depuis près de trois ans, sur Ixio.

**

Après deux repas, le dîner et le petit déjeuner, tous deux pris sous la tonnelle, dans le jardin, il comprend sans difficulté ce que Jelle tient de sa mère. Les confitures sont aussi délicieuses que celles qu'il a goûtées à Vancouver. Les petits pains se laissent manger avec gourmandise. Mais c'est lui qui a fait le café...

- C'est vraiment agréable de pouvoir manger dehors, dit-il en revenant avec la cafetière.
- C'est un des moments les plus agréables de la journée : le petit déjeuner sous la tonnelle de Jelle, répond Joan.
- La tonnelle de Jelle ?
- Oui... en fait, ce n'est pas exactement la sienne... Cette maison était celle des parents de Salomé. Sa mère aimait beaucoup les glycines, c'était une de ses fleurs préférées, et son père a donc construit cette tonnelle pour en faire pousser une, qui donne de l'ombre à la belle saison. Jelle adore cet endroit. Nous y avons passé beaucoup de temps quand nous étions enfants et adolescentes. On lisait, on jouait, on faisait nos devoirs, on prenait nos goûters... Jelle aime s'asseoir à ta place, elle peut regarder tout le jardin de cet endroit. Moi, j'aime beaucoup m'asseoir sous le pommier, un peu plus en hauteur. Le pommier, pour moi, c'est le gardien de ce jardin.

Il acquiesce :

- C'est vrai. C'est le plus vieil arbre du jardin, j'imagine ?
- Je ne saurais te dire qui de lui ou du cerisier est le plus vieux... je pense qu'ils ont été plantés à la même période.
- Ce jardin est vraiment extraordinaire !
- C'est le plus grand du hameau. C'est la fierté de Salomé. Elle y passe tout son temps... quand elle n'est pas à la cuisine. Quand je pense à elle, c'est forcément dans son jardin que je la vois. Quand Victor a eu son accident, j'étais déjà à leur charge. Il a touché une pension, bien sûr, mais moins importante que son salaire. Salomé ne travaillait pas. Elle s'occupait de nous, de la maison. Elle a alors agrandi le potager, elle s'y approvisionnait déjà, mais c'est ce jardin qui nous a nourris pendant des années, et qui continue à les nourrir. Elle n'achète jamais aucun fruit et légume. Ils ont des poules, pour les œufs. Et maintenant qu'ils ne sont que tous les deux, elle donne facilement de ses produits aux voisins, contre du poisson, du lait...
- Et bien entendu, elle vous fait des provisions !
- Bien entendu, ajoute-t-elle avec un sourire.
- Alors, quel est le programme ce matin ?
- Je vais t'emmener voir le village, on n'a fait que le traverser hier après-midi. Je voudrais te présenter quelques amis qui sont encore ici. La plupart de nos amis ont quitté Glenogan, soit pour Ixiopolis, soit pour Doban. Ici, il faut vivre de la mer, avec un petit complément agricole, ou alors, être dans l'administration du village, enseigner... mais les postes sont rares et déjà pris, de même que celui du médecin, et de l'infirmière.
- Est-ce un problème "économique" de vivre par ici ?
- Si tu te contentes de peu, que tu sais mesurer la chance que tu as de vivre dans cet endroit, alors tout va bien. Mais tu peux avoir envie aussi de voir plus de monde, de mieux gagner ta vie, de pouvoir voyager, aller sur une des planètes des Neuf Mondes, et dans ce cas... il ne faut pas rester à Glenogan.
- Je comprends. Tu aurais voulu rester ici, toi ?

Elle secoue la tête.

- Oui et non. Oui, parce que c'est ma planète, mon village, mes parents. Non, parce que je voulais intégrer la police interplanétaire, je voulais voyager comme mon père, faire des missions comme Ezra. J'ai toujours eu la tête dans les étoiles, Curtis... Salomé te dirait qu'enfant, je passais des heures à regarder le ciel, la nuit. Parfois, elle se relevait pour me forcer à me coucher... L'été, je restais longtemps dehors, à la nuit tombante. J'ai toujours guetté la première étoile, l'été c'est Sirius qui s'allume d'abord. Et j'ai été heureuse de la retrouver en hiver, sur Terre, compagne d'Orion et du Grand Chien. Je gardais ainsi une sorte de lien avec ma planète à travers cette étoile.

Il lui sourit. Il aime quand elle lui raconte ces petits détails.

- Donc le village...
- Et le port. Ensuite, on reviendra déjeuner. Farniente au jardin, on attendra qu'il fasse moins chaud pour aller sur la plage. Ca te convient ?
- Je vote pour ce programme !, dit-il en se penchant vers elle pour l'embrasser légèrement.



Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 23. März 2013, 04:45:42 Uhr
Bonjour Limeye,

C'est tres chouette de voir l'enfance de Joan via les yeux de Curtis..tout plein de tendresse aussi!

Merci!

O-tho

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. März 2013, 07:53:47 Uhr
Coucou O-tho, bonjour à toutes !

merci de ta remarque, le fait de poster me fait un peu douter... j'espère que ça ne paraîtra pas "gnan-gnan"  ;D

encore un petit morceau pour les lèves-tôt et les couches-tard  ;)

Limeye  :)



Ils vont à pied jusqu'au village, avec pour mission de revenir avec du pain. Joan a cueilli plusieurs petits bouquets dans le jardin, Curtis n'a posé aucune question. En passant devant une maison, la dernière du hameau sur leur gauche, Joan lui dit simplement que c'est son ancienne maison, là où elle a vécu avec ses parents. Il n'insiste pas. Ils prennent la petite route, sous les grands chênes, puis, après une marche d'une bonne vingtaine de minutes, ils voient se dessiner les premières maisons du village. Certaines sont en pierres, d'autres recouvertes à la chaux. Toutes ont des volets et des portes colorés, comme dans le hameau d'Ael Vraz. Très vite, les quelques passants l'arrêtent, certains surpris, tous heureux de la revoir.

- Cela fait longtemps, petite... Tu as bien fait de revenir, Victor et Salomé nous parlent souvent de toi. Comment va Jelle ? Et sa petite fille ? Et le bébé, alors, c'est pour bientôt ? Et ta pauvre maman ?

Les mêmes questions reviennent, Joan leur répond avec gentillesse. Tous ces gens savent ce qu'elle a vécu, le drame qui a marqué son enfance. La plupart ont compati. Les Randall étaient appréciés à Glenogan.

Enfin, ils parviennent jusqu'à la petite école où Joan, Davies et Jelle, ont passé leurs premières années. Elle pousse la grille, ils traversent la cour pour rejoindre un petit bâtiment sur le côté. Elle monte les trois marches jusqu'à la porte et frappe. Au bout d'une minute, la porte s'ouvre, dévoilant un visage rond et jovial, aux petites lunettes rondes cerclées de fer blanc.

- Bonjour Monsieur Maurans !
- Oh, mais... Joan Randall ! Mais… Si je m'attendais... quand es-tu arrivée ?
- Hier après-midi.
- Ce coquin de Victor va m'entendre ! Il ne m'a rien dit !
- Je voulais vous faire une surprise !
- Ah, mais entrez donc...
- On ne vous dérange pas ?
- Depuis quand la fille de William nous dérangerait ? Viens, viens. Anita ! Viens donc voir qui est là !

Joan se retourne vers Curtis et lui fait un petit signe. Ils pénètrent dans une petite entrée, puis tout de suite dans une cuisine, ouverte sur une véranda qui donne sur un petit jardin. Une femme d'une cinquantaine d'années, aux longs cheveux blonds clairs, presque blancs, traverse le jardin pour venir les saluer.

- Anita, Peter... je vous présente Curtis Newton, mon compagnon. Nous sommes venus pour quelques jours de vacances. Cela fait longtemps que j'avais envie de venir sur Ixio avec Curtis et l'opportunité s'est enfin présentée.

Anita les salue avec joie, propose un café. Difficile de refuser. Joan lui tend le petit bouquet de roses qu'elle a composé dans le jardin.

- Toujours aussi belles, les roses de Salomé. Alors, quelles sont les nouvelles, Joan ? J'imagine que tu vas devoir te répéter bien souvent durant ton séjour...

Joan rit.

- Ce n'est pas bien grave. Je suis heureuse de vous revoir tous, et de vous donner aussi des nouvelles de Jelle et de sa petite famille.
- Elle n'a pas eu son bébé, encore ?
- Non.
- C'est une autre petite fille, c'est cela ? Salomé nous l'a dit... mais elle fait encore mystère du prénom. Toi, tu dois savoir. Jelle n'a pas de secret pour toi.

Peter sourit.

- C'est le moins que l'on puisse dire. Vois-tu, Curtis - il emploie spontanément le tutoiement, ce qui ne gêne pas du tout le jeune homme, heureux de cette simplicité à son égard -, Joan et Jelle auraient été jumelles que ça n'aurait pas pu être pire. Tout le temps que nous les avons eues en classe... elles étaient malignes ! Mais des filles adorables et gentilles. Bonnes élèves, ça oui...
- Peter, gronde gentiment sa femme, tu ne vas pas bassiner ce jeune homme avec les notes de tes anciennes élèves quand même !
- Tu dessines toujours Joan ?
- Oui, quand j'ai le temps... je m'y suis un peu remise cet hiver.
- Cet hiver ? Ah oui, c'est vrai, à New York, les saisons sont à l'inverse des nôtres... j'ai toujours du mal à m'y faire quand Salomé ou Victor nous parlent de vous...
- Salomé s'y est très bien faite. Elle a deux calendriers dans sa cuisine, pour toujours savoir quel jour nous sommes sur Terre, précise Joan en souriant. A force, c'est devenu comme une petite gymnastique de l'esprit pour elle. Comme si elle devait calculer le fuseau horaire de Doban.
- En tout cas, tu avais un bon coup de crayon quand tu étais petite. C'est une chance que tu aies pu suivre les cours de Luis Esteban Rodriguez.

La conversation se poursuit encore un petit peu, Curtis écoute, attentif et ravi de rencontrer ces gens qui ont participé à l'éducation de Joan. Anita qui lui a appris à lire, à compter, à écrire, Peter qui enseigne aux plus grands.

- Vous viendrez manger un soir avec Salomé et Victor ?
- Je leur en parlerai, et ce sera avec plaisir.

Ils prennent congé. Curtis prend la main de Joan alors qu'ils traversent la cour, il pense qu'ils vont redescendre vers le bas du village, pour rejoindre le port par la petite route que Joan lui a indiquée tout à l'heure, mais non. Elle veut l'emmener encore quelque part avant.

- J'ai encore quelqu'un à saluer, Curt, mais ce ne sera pas long. Mais je ne pouvais pas ne pas passer dire bonjour à Anita et Peter. Eux aussi ont beaucoup fait pour moi, et ils étaient très proches de papa et maman.
- Je pense que tu leur dois ta curiosité intellectuelle !
- Entre autres. Ils ont une façon d'enseigner, tu sais, d'ouvrir l'esprit au monde qui nous entoure, de nous fasciner... les cours d'histoire d'Ixio, ou même de la Terre, racontés par Peter... c'était comme écouter une belle légende. J'adorais cela ! Et Jelle aussi.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 23. März 2013, 08:37:08 Uhr
 ;) Bonjour Limeye,

La frustrée te remercie, du coup après la fin de semaine chargée que j'ai eue, c'est très plaisant de lire un grand bout, on se sent en vacances; 8)

J'aime beaucoup la toute fin, sur le professeur d'histoire...

Imaginer Curtis ne rien faire du tout et suivre Joan en spectateur est encore inhabituel pour moi mais il a bien droit à des vraies vacances le pauvre!Tu donnes la part belle à Joan.  :D

Je trouverais intéressant de faire le parallèle avec les personnes importantes dans la vie de Curtis aussi, lorsqu'elle lui présente quelqu'un. Juste une idée, comme cela;

Merci pour la détente, 8) 8) 8) 8) 8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. März 2013, 10:27:41 Uhr
Bonjour Elaine,

tant mieux si ça donne un air de vacances ! J'espère que cette impression perdurera au fil des jours à venir.

pour le parallèle avec la propre enfance de Curtis, pour l'instant, je ne sais pas comment l'aborder. Je sème plutôt des petites allusions, par-ci, par-là. Mais une idée m'est venue avec l'histoire d'Earthy, comme on en a parlé déjà toutes les deux, et j'ai commencé la rédaction de ce passage. Cependant, je ne sais pas du tout encore quand je vais le glisser. Je pense à un moment où je m'absenterai longtemps du forum et quand je ne pourrais pas écrire, ça correspondra à une mission pour lui. Donc, bon, c'est dans un coin de ma tête, mais ça n'apparaîtra pas dans l'histoire avant de longues semaines, voire plusieurs mois, si tant es que je tienne la distance...  ;). Ou alors, je m'en servirai de base pour une autre histoire, bref, à voir...

néanmoins, je garde aussi ta remarque en mémoire, je vais voir ce que je peux apporter en ce sens.

alors, c'est vrai que je donne la part belle à Joan. Pour plusieurs raisons, d'une part, elle est chez elle, c'est son monde, son enfance qui est évoquée. Ensuite, je pense qu'elle méritait bien qu'on s'attarde un peu sur elle et pas que sur monsieur super-héros-crétin-adorable (comme dirait Jelle)  :D.

cependant, il ne va pas rester sans rien faire, tu t'en doutes... le naturel revient vite au galop  ;) ! Mais ce n'est pas pour les tous premiers jours, plutôt pour la fin de leur séjour. Bref, tu verras !

Je vous livre maintenant la suite. C'est un passage qui apparaît aussi dans "Eufholia" mais écrit un peu différemment, et là, j'ai vraiment beaucoup aimé le rédiger. Je l'ai aussi écrit pour nos chers disparus, et personnellement, pour l'une d'entre eux, sans qui je ne serai pas ce que je suis, mais aussi en pensant à une certaine Francesca dont la petite-fille se reconnaîtra.  :)

Bonne lecture !

Limeye  :)


Ils sont arrivés dans le haut du village, Joan prend une ruelle sur la droite, qui serpente entre des maisons et des murs. Bientôt, ils voient se dessiner un champ sur leur gauche. Sur leur droite, c'est le petit cimetière. La grille est ouverte. Joan se dirige dans les allées, avant de s'arrêter devant une tombe, joliment fleurie. Elle prend le vase, enlève quelques fleurs fanées, va changer l'eau, revient et y glisse les brins de lavande et la rose rouge qu'elle a choisis.

- Ici repose la mère de Victor, la grand-mère de Jelle. La seule grand-mère que nous ayons connue. Elle est morte quand nous avions 15 ans. Nous l'aimions beaucoup, elle nous le rendait bien. Nous n'avons pas connu les parents de Salomé, sa mère est décédée avant nos naissances et son père quand nous étions bébés. Ils sont enterrés plus loin, je vais aller les saluer aussi. Mais Mamik... c'était Mamik.

Elle le regarde, elle sourit, même si l'instant est un peu grave.

- Ca a été très douloureux quand elle est partie, mais son heure était venue. Elle était sereine face à la mort. Elle disait qu'elle avait eu une belle vie, qu'elle ne regrettait rien, sauf que son homme était parti trop jeune. Mais elle avait eu un fils, et deux petites-filles, car elle me considérait comme sa petite-fille. Elle ne faisait aucune différence, et cela, depuis que j'étais toute petite. Elle disait sa petite brune et sa petite blonde. Nous étions sa joie de vivre. Elle a été une merveilleuse grand-mère.

Curtis se sent très ému de l'entendre ainsi en parler. Depuis un moment, depuis qu'il réfléchit au cas de July Randall, il se pose aussi des questions sur les grands-parents de Joan. Il entrevoit les réponses, à travers ce qu'elle lui dit. Visiblement, elle n'a pas connu ses vrais grands-parents, puisque seule la mère de Victor lui a tenu lieu de grand-mère.

Elle lui prend la main, l'oblige à s'accroupir devant la tombe, comme elle-même.

- Mamik, je suis de retour sur Ixio, je suis venue te voir, te dire bonjour. Je ne suis pas toute seule. Je suis venue avec la personne qui compte le plus pour moi, avec l'homme que j'aime et qui m'aime. Je sais que tu aurais été heureuse de le connaître, alors le voici. Je tenais vraiment à venir te voir avec lui. Nous reviendrons te dire au revoir. Jelle va bien. Narna aussi. Et ta deuxième arrière-petite-fille va bientôt pointer le bout de son nez. J'espère qu'elle aura tes beaux yeux... Jelle l'espère aussi. Et je sais que cela plairait beaucoup à Davies.

Ce qu'elle dit étonne un peu Curtis. Il ne lui est jamais venu à l'idée de parler ainsi devant une tombe, même devant celle de ses parents, dans une petite dénivellation de Tycho. Ce que Joan est en train de faire est très beau et très émouvant pour lui. Comme si elle parlait à quelqu'un d'encore vivant.

Ils se redressent, puis elle le guide vers la tombe des parents de Salomé, dont elle rafraîchit également le bouquet, mais elle ne s'y arrête pas. Enfin, elle se dirige vers un des murs du cimetière, celui tourné vers la mer.

Une grande plaque y est apposée. Elle est gravée avec des noms. Joan lui en explique la signification :

- C’est la plaque des péris en mer, de ceux que la mer a pris et dont elle n’a pas rendu les corps. On ne peut pas leur faire de tombe, alors leurs noms y sont gravés, pour ne pas être oubliés.

Il regarde la liste, intrigué. Il y voit le nom de William Randall.

- Ton père… ?, demande-t-il doucement.
- Oui. Quand on a appris la mort de papa, Victor, lors d’un conseil du village, a demandé s’il était possible de graver son nom, même s’il n’avait pas disparu en mer. La proposition a été aussitôt acceptée, et nous avons pu organiser une petite cérémonie, comme pour un enterrement, mais en plus simple. Maman perdait déjà la tête… mais elle y a assisté quand même. C’est la dernière fois qu’elle a participé à un acte de la vie commune.


Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. März 2013, 18:05:37 Uhr
Et voilà la dernière partie de cette journée... ça vous plaît ?


Ixio. La crique. Même jour. Le soir

L’après-midi est déjà bien avancé, quand ils quittent l’ombre agréable du grand pommier pour se rendre à la plage. Curtis pense qu’ils vont retourner sur la grande plage de sable blanc, la plage d’Aelned, comme la veille et il est un peu étonné que Joan prenne une autre direction, une fois qu’ils ont quitté le hameau, mais ne dit rien cependant. C’est sans doute la "petite surprise" dont elle lui a parlé hier.
Ils prennent le sentier qui court le long de la côte, puis à un moment, Joan oblique au milieu des herbes, vers les rochers. Rien n’indique pourtant un sentier. Après quelques pas, ils arrivent en haut d’une petite falaise et elle le guide avec assurance. Il se demande bien où elle l’emmène. Arrivés en bas, ils cheminent encore un moment entre les rochers, avant d’arriver sur une minuscule crique de sable blanc.

- Cet endroit n’a pas de nom. C’est juste mon endroit, dit-elle simplement.

Il la regarde, de profil, devine son émotion à se retrouver ici. Elle fait quelques pas vers la mer, laisse les petites vagues lécher ses pieds nus.

- Tu es la première personne que j’amène ici. Personne n’est jamais venu ici avant toi. Même pas Jelle. Elle connaît l’existence de cet endroit, mais c’est beaucoup trop escarpé pour qu’elle ait eu envie de tenter l’aventure… et faire le tour de la pointe à la nage, c’est long. Et puis… elle a toujours dit que c’était important que j’ai un petit recoin à moi, un endroit secret.

Elle le regarde, souriante :

- Allons-nous baigner ! Ici, on peut même se baigner sans maillot, personne ne nous verra !

Elle voit s’allumer une petite lueur dans ses beaux yeux gris.

- Est-ce bien prudent, miss Randall ? Il pourrait t’arriver des bricoles…
- Ah oui ?, répond-elle un peu mutine. Mais j’y compte bien…

Ils nagent un bon moment entre les deux petites pointes rocheuses qui entourent la crique. Un moment, il s’arrête, la regarde glisser dans l’eau, comme un poisson. Avec souplesse, aisance. Il aime voir l’eau couler sur son corps, ses jambes musclées, voir ses bras et ses mains qui ouvrent l’eau devant elle. Elle remarque qu’il s’est arrêté et se retourne vers lui.

- Déjà fatigué ?
- Non. Je suis juste en train de t’admirer. Je ne pensais pas un jour croiser la route d’une si jolie sirène.

Elle revient vers lui, le contact de sa peau la fait frémir. Aussitôt, il réagit, l’attire vers lui.

- Je sais maintenant pourquoi tes yeux sont un océan, lui murmure-t-il avant de l’embrasser tendrement.

Ses mains glissent vers ses reins, vers ce petit creux si doux juste au-dessus de ses fesses. Elle se colle contre lui et ne proteste pas quand il l’entraîne vers la crique. Ils se retrouvent étendus sur le sable, les vagues recouvrant encore leurs jambes emmêlées. Ils font l’amour sans se quitter des yeux. Heureux de partager cet instant, de vivre ensemble cet instant. Et quand le cri de Joan monte vers le ciel, il sait qu’il l’a rendue heureuse comme jamais.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 23. März 2013, 18:46:06 Uhr
 Tu nous gâte [eyeheart] [devil]

merci! :-*


Et voici le fond sonore qu'il faut  , j'ai hésité mais bon, n'empêche en regardant une photo il me fait penser à CF, dommage qu'il soit mort.

http://www.youtube.com/watch?v=UxVdjw0Gm8I 
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. März 2013, 03:34:39 Uhr
Merci Elaine  :) !

voici la suite pour aujourd'hui. En deux parties. C'est un peu le hasard que cela se télescope avec l'histoire revisitée par Frégo... car ces pages sont écrites depuis au moins trois semaines  ;) !

bonne lecture

Limeye  :)


Ixio. Hameau d’Ael Vraz. 24 mars.L’anniversaire de Joan.


- Encore deux minutes… elle a presque fini. Vous pourrez descendre après.

Salomé a expédié les deux amoureux à l’étage, Victor monte la garde au pied de l’escalier. Il guette le signe que sa femme lui fera pour les laisser passer. Elle s’active encore un peu autour de la table, sous la tonnelle, fait enfin le signe attendu.

- Voilà… vous êtes libérés.

Ils descendent tous deux et accompagnent Victor au-dehors.

Salomé a dressé une jolie table, quant au repas, elle y songe depuis leur arrivée. Elle a tout fait avec les produits de son jardin. Elle a d’abord préparé une petite salade composée avec du chou, vert et rouge pour les couleurs, un peu de carottes râpées, des tomates cerises à picorer. Le plat principal se compose de fines tranches de poissons marinées, avec une salade de pommes de terre froides, agrémentée d’échalotes et de ciboulette. Quant au dessert, Joan sait que c’est une surprise pour la fin.
Ils prennent place tous les quatre, Salomé se sent un peu émue. Joan n’a pas fêté son anniversaire sur Ixio depuis sa dernière année de lycée. C’était pour son 17ème anniversaire. Jelle l’appellera tout à l’heure, et certainement Ezra aussi. Ken, lui, l’a fait dès son lever. Il voulait être le premier, après Curtis, a-t-il dit.

- J'ai proposé aux parents de Davies de venir pour le dessert, tu es d'accord, Joan ?
- Bien entendu ! Je suis ravie de les voir. On les a tout juste salués à notre arrivée... comment va son frère, sa belle-sœur ?
- Bien. Les deux enfants aussi. Je ne pense pas que vous les verrez cette fois, sauf si vous alliez à Doban.
- Il n'y a pas grand-chose à voir à Doban, et c'est loin. Je préfère qu'on reste par ici. Nous les verrons pour le baptême d'Aziliz de toute façon...
- Oui.

Le repas se poursuit tranquillement. Joan évoque d'autres amis avec ses parents adoptifs, demande des nouvelles des uns et des autres. Puis, peu avant le dessert, les parents de Davies arrivent.
Salomé apporte alors ce qu'elle a préparé. Un gâteau aux poires, fondantes, qu'elle a décoré avec 24 framboises.

- Tu as droit aux premières poires du jardin, ma chérie !
- C'est un de mes gâteaux préférés... tu es adorable !
 
Elle se penche vers Curtis :

- J'ai la recette, à New York, mais il sera moins bon... par contre, tu pourras en demander un à Jelle !

Il lui sourit, et aide Victor à allumer les bougies, qu'elle souffle joyeusement. Puis vient la distribution des cadeaux. Les parents de Davies lui ont apporté une jolie écharpe, Salomé lui a tricoté un châle bleu pâle, avec des motifs en étoiles. Il est très doux, elle pourra le porter le soir quand il fera un peu frais.

Puis Curtis lui tend un grand paquet en lui disant :

- Cela, c'est de la part de Jelle. Elle me l'a confié la dernière fois que nous sommes allés à Vancouver, pour l'anniversaire de Ken. Elle savait qu'elle ne pourrait pas être avec toi aujourd'hui.
- Elle est folle !
- Non, c'est juste ta sœur !

Elle ouvre le paquet, c'est une pochette de papier spécial pour le dessin.

- Elle est vraiment, vraiment folle. C'est hors de prix, ce papier !
- Je crois qu'elle veut que tu fasses de jolis portraits des filles...
- C'est certain ! Le premier sera pour elles !
- Et cela… ce sont les miens. Ouvre celui-là d’abord.

Ce sont deux petits paquets, de taille similaire. Elle ouvre celui qu’il lui a tendu en premier. C’est un écrin qui contient un étrange collier. Ce n’est pas une perle, juste un morceau de métal, d’une forme indéfinissable, mais qu’on pourrait décrire comme ressemblant à une vague ou à un serpent. Il est poli, lissé, un peu brillant.

Elle le regarde, étonnée. Il sourit et explique :

- Nous n’avions pas vraiment fêté ton anniversaire l’an dernier, puisque nous étions sur le Météore. A part Karl qui avait réussi à te faire une sorte de gâteau avec des fruits, et le bouquet qu’ils avaient réalisé… nous n’avions rien à t’offrir, et je n’étais même pas certain de pouvoir te sauver la vie. A l’époque, j’avais machinalement gardé les éclats de notre premier acier, pour le comparer avec les suivants, et en améliorer la composition. C’en est un, que j’ai retravaillé un peu.

Elle le fixe, gravement. Ce qui leur est arrivé il y a un an restera à jamais dans sa mémoire. C’est une de leurs aventures qu’elle n’oubliera jamais. La tension du voyage à bord du Vulcain, son inquiétude à lui concernant une évasion des prisonniers, inquiétude dont tous se moquaient gentiment, mais certains, de l’avoir négligée, en ont perdu la vie. Puis la rébellion, l’atterrissage en catastrophe sur le Météore et la course contre le temps pour construire un vaisseau de secours. Enfin, le sacrifice de George Mac Clinton. Elle a froid soudain, malgré la douceur de l’air. Elle connaît le prix de ce petit morceau de métal.

Les deux couples de parents se taisent, Salomé devine que quelque chose d’important est caché dans ce collier. Qu’il signifie beaucoup pour eux deux. Elle se souvient parfaitement de leur propre inquiétude, à Jelle, Davies, Ken et eux-mêmes, à la même époque l’an passé. De l’appel d’Anders par un matin de soleil éclatant, leur signalant qu’ils étaient sans nouvelles du Vulcain depuis un mois, que les recherches n’avaient rien donné pour l’instant et que, sans signe de vie d’ici trois semaines, il faudrait les considérer tous comme perdus. Une attente terrible avait alors commencé. Et voir passer les jours, sans recevoir le moindre signe, face aussi au silence des autorités, avait été une épreuve pour eux tous. Plus que pour d’autres missions auxquelles Joan et Ezra avaient participé, Salomé avait alors ressenti une vraie peur. Et leur soulagement à tous avait été tel, quand ils étaient enfin revenus, que même Jelle n’avait pas remarqué tout de suite combien Joan et Curtis s’étaient rapprochés au cours des semaines écoulées. Et même s’il avait encore fallu attendre plusieurs mois avant qu’il ne lui fasse sa déclaration, il était désormais acquis pour la jeune femme que le Capitaine ne pouvait plus se mentir.

 - Ouvre l’autre, finit par dire Curtis, pour rompre cet étrange silence.

C’est à nouveau un écrin, mais la parure qui s’y trouve est bien différente du premier collier. C’est une pierre rare, un diamant bleu des mers de Neptune. La pierre du collier est ovale, la lumière la traverse, lui donnant des reflets plus sombres. Deux petites boucles d’oreilles, aux pierres rondes, le complètent.

La mère de Davies pousse un petit cri d’admiration :

- C’est magnifique ! Je n’ai jamais vu des pierres aussi transparentes… on dirait de l’eau… Et ces reflets…

Joan lui tend le collier, pour qu’elle puisse le regarder de plus près. Puis elle se penche vers Curtis, s’appuie sur son épaule et lui murmure à l’oreille :

- J’avais raison de dire que je connais les deux personnes les plus extraordinaires qui soient ! Tu es au moins aussi fou que ma sœur !

D’un geste rapide, qui surprend même la jeune femme pourtant habituée, il l’enlace et l’embrasse d’un baiser léger.

Après le repas, alors que les étoiles se sont allumées au-dessus d’Avel Vraz, elle l’entraîne vers la petite crique. Ce soir, elle veut dormir dehors, sous la voûte étoilée.




Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 24. März 2013, 04:59:10 Uhr
Bonjour Limeye,

Tres bel anniversaire pour Joan! Ixio et cette vie, n'est-ce pas apres tout ce petit paradis qu'ils recherchent? ;)

Profitons en de savourer ces moments avant que la realite de leur travail ne les rattrape ou le naturel de Curtis....
Merci!

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. März 2013, 16:53:38 Uhr
Coucou O-tho !

merci d'avoir apprécié... c'est vrai que j'ai aussi imaginé Ixio en me disant que ce serait mieux que l'astéroïde isolé  ;). Perso, je les vois très mal vivre tous les deux sans personne... Ce serait explosif à la fin ! Ils tourneraient en rond...

quant à ton autre remarque, tu verras dans quelques jours que Salomé s'en fait une très proche...

je livre la dernière partie de cette journée. Inspirée aussi pour quelques souvenirs de ciels d'été étoilés quand j'étais petite, au bord de la mer  :)

Limeye  :)


Ixio.La crique. 24 mars. Vers 23h.

Curtis tient Joan tout contre lui, ils ont juste emmené une couverture, qu’il a posée sur eux, mais l’air est doux. Ils regardent ensemble le ciel, les constellations d’Ixio. Il reconnaît sans peine les principales étoiles de la Voie Lactée, Sirius, bien entendu, Bételgeuse, Rigel, Aldébaran. Et même le Soleil. Elle lui raconte comment les premiers habitants d’Ixio ont créé des constellations propres à la planète, à partir de leurs souvenirs de celles de la Terre.

- C’est Peter qui nous a raconté ces histoires. Plusieurs fois, hiver comme été, il organisait des sorties la nuit pour nous apprendre les étoiles, les constellations. Il nous racontait l’histoire de celles d’Ixio, comme celles de la Terre. Il arrivait parfois qu’on se mélange entre les deux… mais c’étaient des moments magiques, je ne les oublierai jamais.
- C’est donc un peu la faute de Peter si tu as la tête dans les étoiles…
- Pas seulement. Quand mon père partait, je savais ainsi toujours dans quelle direction regarder. Je demandais aux étoiles de veiller sur lui. Mais cela n’a pas suffi. Et quand Ezra venait nous voir, qu’il nous parlait un peu de ses missions, j’entendais d’autres noms qui me faisaient rêver. Ceux des planètes et des satellites des Neuf Mondes, et alors, moi aussi, j’avais envie d’aller les explorer.
- Que pense Jelle des étoiles ?
- Elle aussi les aime, elle a toujours trouvé joli de regarder le ciel. Par contre, elle n’a développé aucune curiosité envers leur monde ! N’oublie pas qu’en plus, elle a le mal des transports. Je crois que cela a beaucoup réduit son champ d’investigation. Rien qu’à l’idée de mettre le pied sur un bateau, elle est déjà toute pâle, son père n’a jamais pu l’emmener voir le deuxième continent ! La première fois qu’elle l’a vu, c’était depuis l’espace, quand nous avons quitté Ixio pour la Terre.
- Les voyages quand elle vient ici doivent être épiques.
- C’est pour cela qu’elle vient rarement. Même si elle est très attachée à notre planète, mais ils ont fait le choix de s’installer sur Terre, car ils s’y sentent bien. Je sais que Victor et Salomé ont le secret espoir qu’un jour, ils reviennent sur Ixio, mais je crois qu’il faudra des circonstances très particulières pour qu’ils le fassent. Surtout maintenant, qu’ils se sont installés au Canada…

Elle secoue doucement la tête et il goûte à la douce caresse de ses cheveux sur son épaule et son cou.

- … je ne crois vraiment pas qu’ils vivront un jour ici.
- Tu es déjà allée sur le deuxième continent ?
- Oui. Victor m’avait emmenée une fois, en bateau, j’avais 8 ans. Nous avons pu débarquer et je l’avais aidé à faire quelques relevés. Tu aimerais y aller ?
- Forcément ! Crois-tu que ce serait possible ? Nous n’avons pas beaucoup de temps pour demander une autorisation.
- Non, les délais sont longs en général, mais on peut toujours essayer. A condition de faire savoir que Capitaine Futur est là…
- Une sorte de "passe-droit" ?
- Un peu. On en parlera à Victor, demain, si tu veux.
- Je t’avoue que je ne préfère pas. Je n’ai pas envie d’abuser d’un quelconque privilège que me donnerait ma notoriété. Et puis, je suis certain que Simon serait également curieux de s’y rendre. Ce serait mieux si nous organisions une vraie exploration, dans les mois prochains, avec une demande officielle. Ce serait en plus l’occasion de revenir ici.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 24. März 2013, 17:46:10 Uhr
 ;) Bonjour Limeye,

Journée hachée aujourd'hui, j'ai consulté en coup de vent... j'aime beaucoup le collier  et la petite crique [loveu], deux très jolies idées.

Ton histoire change agréablement de la Joan qui trompe Curtis avec Peter chez free Nurara: quelque part, j'ai beau avoir mon côté  [devil] et femme émancipée, je préfère tout de même quand on respecte le couple de départ [eyeheart],  mais faut pas que cela se sache :-X

Quand tout baigne ainsi ,on a juste envie de se laisser porter et de te laisser tranquille, développer ton histoire 8)

biz,  :-*

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. März 2013, 18:14:19 Uhr
Coucou Elaine,

merci pour ta lecture (même hachée). C'est certain que je suis à l'opposé de Free Nurara... d'ailleurs, je me faisais la remarque que les Allemands envisagent toujours des situations assez terribles (mais ils tiennent la distance, je leur dis "chapeau" ! d'ailleurs), et que c'est toujours Joan qui trompe Curtis, pas l'inverse...

cela dit, de manière très très très indirecte, ce passage de l'histoire de Free Nurara m'a rappelé une petite idée que j'avais mise de côté pour ma Joan'Story et que je vais pouvoir réutiliser ici. Mais ce n'est pas pour tout de suite (je pense plutôt développer cela après les vacances de Pâques).

à l'heure actuelle, j'essaye d'organiser à la fois la fin du récit de cette période printanière (Ixio + Vancouver + retour à New York et rebelote mission) et de me projeter plus loin dans le temps. J'ai déjà trouvé une très bonne raison de leur faire passer du temps ensemble hors mission, pour la période mai-juin, ensuite, je pense que je pourrai placer l'idée qui m'était venue en lisant l'histoire d'Earthy et si tout va bien, j'ai de quoi tenir jusqu'à l'automne grâce à une expédition scientifique sur Ixio.

mais là, je vous en dis déjà trop  ;D et vous aller [bigeek] !

Bon, après, au quotidien, faut que ça reste intéressant à lire (et aussi à écrire)  ;)

bizz et à plus !

Limeye  :) qui s'y remet (dur dur pour une fin de dimanche)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. März 2013, 02:58:02 Uhr
Bonjour !

je posterai plusieurs fois dans les prochaines heures, le récit de ce 25 mars est assez long, mais voici déjà un petit passage  [eyeheart] pour démarrer la journée...

Limeye  :)



Ixio. La crique. 25 mars. 6h

Sur le matin, ils admirent ensemble le lever de Calenda, l’air devient un temps plus frais, avant que le jour ne se lève totalement. Les couleurs de la mer changent, de noire comme la nuit, elle devient mauve sombre, puis verte, bleue, enfin, elle se charge de paillettes d’or et de rose.

- C’est magnifique un lever de Calenda sur la mer, lui murmure-t-il, ému par le spectacle.
- C’est peut-être moins beau qu’un lever de Soleil sur Saturne, mais c’est un moment rare et précieux.
- C’est peut-être moins impressionnant, en effet, mais je crois que c’est un des moments les plus beaux qui m’aient été donnés de vivre. Parce que tu es là et que tu m’offres ton monde.

Ils sont assis sur le sable, toujours enveloppés dans la couverture. Une humidité un peu fraîche monte de la mer.

- D’ici une heure, il fera déjà chaud, tu verras. Quand j’étais adolescente, que je venais dormir ici, certaines nuits d’été, il m’arrivait d’aller me baigner avant le lever de Calenda. J’avais alors l’impression de nager dans un monde de couleur. C’était magique.
- Tu as gardé ces couleurs dans ta mémoire, car tu les poses souvent sur le papier.
- Certaines, oui.
- La mer que tu as peinte sur le portrait de Narna que tu m’as montré, cet hiver, elle a les mêmes couleurs que ce matin.
- Tu trouves ?
- Oui.
- Alors, je l’ai réussi. C’est difficile. Les reflets de la mer sont changeants. Pourtant, j’en suis tellement imprégnée que parfois, oui, je parviens à les retranscrire. La mer est parmi ce qu’il y a de plus difficile à dessiner, avec tes yeux.
- Qu’ont-ils de si particulier ?
- Toi, tu ne le mesures pas, mais ton regard a parfois de ces ombres, de ces nuances de gris changeantes qui sont particulièrement difficiles à retrouver sur le papier.
- C’est ce que tu essayes de faire depuis quelques temps ?, lui demande-t-il en riant.
- Oui, je l’avoue. Et tu me poses bien des problèmes !
- Vraiment ?

Cela l’amuse et justement, son regard change. Joan le lui fait remarquer :

- Voilà, là, juste à l’instant.
- Et y a-t-il des ombres que tu préfères ?
- Je les aime toutes. Mais elles te trahissent aussi.
- A ce point ? Il va falloir que je sois plus prudent alors avec mes sentiments.
- Je crois être une des rares personnes capables de les interpréter. Enfin, je l’espère, ajoute-t-elle espiègle.
- Cela va sans dire. Je ne pense pas avoir jamais regardé une autre femme comme toi, je te regarde. Même si tu n’es pas la première que j’ai tenue dans mes bras. Mais tu es la seule avec laquelle j’ai envie de partager le quotidien, avec laquelle j’ai envie de penser à demain.

Elle le regarde gravement, puis un léger sourire s’affiche sur ses lèvres. Elle sait que leur amour est un trésor précieux, qu’aucune pierre ne sera jamais aussi précieuse.

- Mon regard est peut-être chargé de mystère, miss Randall, mais vos étoiles sont des mondes à découvrir et que devrais-je dire de vos sourires, qui sont autant d’invitations et de tentations…
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. März 2013, 11:43:46 Uhr
Ixiopolis. 25 mars.

Joan et Curtis ont quitté Glenogan juste après le petit déjeuner. Peter leur a prêté son véhicule pour qu’ils puissent rejoindre Ixiopolis et se déplacer facilement. Joan a contacté plusieurs amis et ils vont passer la soirée avec eux. Mais elle veut aussi lui faire visiter la capitale.

C’est elle qui conduit, fenêtres ouvertes. Ils quittent rapidement le village par une petite route qui serpente entre les collines, les champs et les bois qui couvrent cette région. Glenogan, ainsi que d’autres villages semblables, Glenalik, Menvraz, Gaelen, Glenael, se trouvent tous sur la pointe extrême ouest du deuxième continent. Une grande baie s’ouvre au sud, jusqu’à l’estuaire du grand fleuve, l’un des deux qui traversent la plaine d’Ixiopolis.

Joan explique :

- Nous sommes proches d’Ixiopolis, ce qui est un avantage pour l’enseignement supérieur, mais aussi la proximité des hôpitaux, de l’administration planétaire. Cela compense la vie un peu plus difficile, comme je te l’ai expliqué, que nous menons sur notre péninsule. Mais Ixiopolis est beaucoup tournée vers l’est et le sud, là où se concentre l’ensemble de la population. Le grand port de Doban est situé sur la côte nord-est, face au deuxième continent. On trouve aussi à Doban un centre de recherche civil et militaire très pointu : la plupart des chercheurs qui observent la vie sur le deuxième continent, ainsi que les militaires qui en assurent la sécurité, sont basés à Doban. Les voies de communication entre Doban et Ixiopolis ont été les premières construites, aller d’une ville à l’autre est très rapide. Mais d’un point de vue architectural, Doban présente peu d’intérêt : c’est une ville "utilitaire". Grand port, base militaire, quartier scientifique. Le frère de Davies, sa femme - qui sera la marraine d’Aziliz – et leurs deux enfants y vivent. Ce soir, tu feras connaissance aussi avec un couple d’amis qui étaient au lycée avec nous à Ixiopolis. Mary-Ann a pu les contacter et ils ont accepté tout de suite l’invitation.
- Mary-Ann c’est…
- La fille de l’ancien médecin de Glenogan. Nous étions à l’école ensemble, avec Jelle. Elle a fait des études de droit, et travaille aujourd’hui dans l’administration planétaire. Elle a un poste assez important. Son mari, que je n’ai rencontré qu’une seule fois, est aussi dans l’administration, mais plus sur le terrain. Ils ont une petite fille, qui doit avoir environ 6 mois de moins que Narna. Nous verrons aussi une autre amie, Faby. Je suis contente de la revoir, elle est très drôle. Son mari est militaire, ce qui est assez étonnant, car Faby a toujours détesté les uniformes… mais elle dit qu’elle a craqué sur l’homme ! Ils ont eu un petit bébé il y a quelques mois m’a dit Mary-Ann, je pense qu’elle viendra avec lui, mais je ne sais pas si nous verrons son mari. Il est souvent absent.

**

La ville d’Ixiopolis est une ville assez étonnante. Mélange d’architecture ancienne de la Terre et ville ultra-moderne. Les bâtiments administratifs, les écoles, les trois hôpitaux, l’université, sont de facture moderne. Les maisons particulières rappellent ce qui s’est construit à une époque en Europe. Joan explique cette particularité à Curtis :

- Je t’ai dit que les premiers colons d’Ixio venaient principalement d’Ecosse, mais pas uniquement. L’Europe avait été dévastée par le grand cataclysme. Des familles venant de plusieurs pays européens sont venues s’installer sur Ixio. Chacune a reconstruit sa maison selon les codes de son propre pays, ce qui donne ces ensembles originaux. Ces maisons sont aussi des témoins de l’Ancien Temps terrestre, un souvenir lointain des origines de chacun des Ixiens.
- Et les bâtiments modernes ?
- Tous des bâtiments administratifs, au sens large. Ils ont été construits selon des normes très strictes d’isolation, de fonctionnalité. Mary-Ann travaille dans un bureau… il fait rêver. Lumineux, confortable, pratique. Un vrai appartement ! Le souvenir du grand cataclysme est resté très présent chez nous, et il n’était pas question pour les premiers colons comme pour leurs descendants de gaspiller les ressources de la planète. Cette planète était une chance, elle les accueillait. C’est quelque chose de fondamental pour les Ixiens. La protection de notre planète nous est enseignée dès notre plus jeune âge, mais pas dans un but "militaire". Les Ixiens ne veulent conquérir aucune autre planète, ni soumettre aucun autre peuple. Ils veulent juste vivre en paix, ici. Un équilibre a été trouvé, chacun le sait, en est conscient.
- D’où le fait que l’Histoire de la Terre soit enseignée…
- Oui, autant que celle d’Ixio. Parfois, quand on est jeune, adolescent, on se demande un peu pourquoi on nous raconte tout cela. Les documents, les témoignages font réfléchir. Certains prennent aussi conscience de cette réalité en allant sur Terre, en voyant les ruines qui subsistent en Europe. Mais ce n’est pas un dogme ! C’est plus… une façon de vivre.

Ils ont entamé une visite du centre d’Ixiopolis, marchant bras dessus, bras dessous dans les larges avenues de la capitale. La ville est assez étendue, mais Curtis se dit très vite que ses premiers bâtisseurs ont réfléchi à son organisation avec beaucoup d’intelligence. Moyens de transports en commun rapides, bâtiments écologiques, mais aussi cadre de vie très agréable. Les maisons ont toutes des jardins, souvent assez petits, mais qui donnent des touches de verdure et de couleurs. Il y a de nombreuses placettes, avec des arbres, des fleurs. La ville possède aussi plusieurs parcs, dont un très beau Jardin des Plantes où sont conservées certaines essences terrestres.

Ils déjeunent dans un petit restaurant que Salomé leur a indiqué, proche de l’université. La grande salle affiche complet tous les midis, car le lieu est réputé, mais il possède aussi une grande terrasse fleurie et ombragée, pour les clients ayant plus de temps. C’est là que le serveur les guide.

- Après le repas, nous irons au Jardin des Plantes, dit Joan. C’est un endroit très reposant, et comme il fait chaud, on y sera bien. Mary-Ann nous y retrouvera pour 16h30.

- J’imagine que ce parc était un des lieux favoris de Jelle…
- Oui ! Nous y allions très souvent. Une des lignes de tramway fait le lien entre l’université et le parc. Nous passerons aussi devant notre ancien lycée.

Ils passent rapidement leur commande, Curtis se dit qu’il faut en profiter pour faire léger. Entre toutes les invitations et la cuisine de Salomé, en une semaine, ils vont prendre des kilos. Heureusement que Joan le fait marcher, nager…

Après le repas, ils gagnent rapidement le Jardin des Plantes et en font le grand tour, visitant les serres, la roseraie, l’arboretum de la Terre. L’ombre est accueillante, leur fait de l’œil. Ils s’installent, dos à un grand cèdre, une légère torpeur leur donne envie de ne rien faire.

Et c’est à moitié endormis que le bip du téléphone de Joan les surprend. C’est Mary-Ann, elle se trouve à l’entrée nord du parc et les attend.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. März 2013, 13:51:53 Uhr
Voilà, je vous livre la fin de cette journée à Ixiopolis. Vous avez aimé  ;) ?

Vous verrez que pour la chute de ce passage, je n'ai pas pu résister...  ;)



Mary-Ann est une grande et belle jeune femme, aux longs cheveux châtain clair, aux grands yeux rieurs, au sourire avenant. Elle les attend, debout sous l'ombre d'un tilleul. Quand elle les voit arriver, depuis la grande allée qui longe l'arboretum, elle se dit que Joan a mis du temps à leur amener quelqu'un, mais que ça valait le coup.

"Elle n'a pas choisi le plus moche, y'a pas à dire ! Heureusement que Tony est à Doban, s'il la croisait, il en serait encore malheureux. Mais c'était son choix, de partir, et elle a eu raison."

Elle sourit alors qu'ils s'approchent, et s'avance pour les saluer. Elle embrasse Joan sur les deux joues, les deux amies sont heureuses de se revoir. Puis Joan lui présente Curtis.

- Heureux de te connaître, Mary-Ann.
- Moi aussi. Vous avez passé une bonne journée ?
- Oui, on a visité Ixiopolis.
- Vous irez à Doban ?
- Non. Nous n'aurons pas le temps, et puis, il n'y pas grand-chose à voir à Doban. La région autour est jolie, mais la ville ne présente aucun intérêt majeur.
- Où avez-vous laissé votre véhicule ?
- Sur le grand parking, près de l'université. C'était le plus facile, on a pris le tramway pour visiter la ville.
- On va aller le récupérer, et je vous propose de rentrer directement à la maison, Jim récupère Kari à l'école. Ils seront rentrés quand nous arriverons. Ce sera plus simple pour vous pour repartir. A moins que vous ne vouliez rester dormir à la maison ?
- Non, on repartira ce soir. Demain, je veux emmener Curtis faire le tour de la pointe du Ponant. Ca nous fera une bonne journée. Je voudrais partir assez tôt.

Moins d'une demi-heure plus tard, ils arrivent chez Mary-Ann et Jim. Ils habitent dans un des quartiers résidentiels d'Ixiopolis, dans une maison de style anglais, avec un joli petit jardin. Jim est amateur de jardinage, et dit souvent qu'il s'aère l'esprit quand il s'en occupe.

Ils s'installent sur la terrasse, face au jardin. Kari fait de la balançoire. Faby et sa petite fille les rejoignent très rapidement. Son mari est en mission, il ne pourra être avec eux. Puis ce sont Solen et Mickaël qui arrivent. Joan est ravie de revoir ses amis et de leur présenter Curtis.

Mary-Ann propose de dîner dehors, tous apprécient de pouvoir profiter des belles soirées de fin d'été.
La discussion s’engage rapidement, Joan demande des nouvelles d’autres amis qu’elle n’aura pas le temps de voir cette fois-ci. Eux demandent aussi des nouvelles de Jelle, de Davies, d'Ezra.

- Comment va ta maman ?, interroge Faby alors qu'ils terminent l'entrée.
- Toujours pareil. Elle est toujours dans la même clinique, près de New York. Elle y est bien, en tout cas, c'est le meilleur endroit possible pour elle. Nous sommes allés la voir il y a un peu plus d'un mois, elle est en bonne santé, mais psychiquement, il n'y a aucune évolution. Elle ne reconnaît jamais personne.

Faby hoche la tête, tout cela est bien triste. Mais Joan ne veut pas s'attarder sur sa mère, et bien vite, elle enchaîne sur un autre sujet. Mickaël qui enseigne la chimie au lycée et donne parfois quelques cours à l'université discute avec plaisir avec Curtis. Joan et lui ont convenu de le présenter comme astrophysicien, ce qui évitera des questions plus poussées.

Quand ils repartent, dans la nuit, Joan promet de les revoir dès que possible et leur fait part de leur désir de revenir sur Ixio avant la fin de l'année.

En l'embrassant, alors que Curtis est déjà dans la rue, saluant Mickaël et Solen, qui vont raccompagner Faby et sa petite fille, Mary-Ann murmure à l'oreille de son amie :

- Tu as mis du temps à nous l'amener, ton prince charmant, mais c'était une super soirée et je suis très heureuse d'avoir fait sa connaissance. Vous formez un très beau couple, ma Joan.
- Merci, Mary. Moi aussi, je suis très heureuse de vous avoir tous revus et d'avoir pu vous présenter Curtis. Cela faisait longtemps que j'espérais pouvoir venir sur Ixio avec lui.
- Surtout... ne lui dis pas non le jour où il voudra te faire un bébé, ajoute-t-elle, avec un rien de malice dans les yeux.
- Mary... sois sérieuse, ce n'est pas au programme !
- Hum, on verra bien !

Et ce sont sur ces mots que Mary-Ann laisse repartir son amie.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 25. März 2013, 16:03:17 Uhr
 [baby]  où est August? Au secours !? ;D


tu crois vraiment que c'est une surprise que tu ne résiste pas? Non, franchement depuis que j'attends ce moment ;D A vrai dire j'optais plutôt pour la thèse accidentelle , que j'utilise aussi à fond dans mes histoires.


Donc en fait tu voudrais nous faire croire que ce "n'est pas au programme"? Pas de Joan, ok, mais Limeye on est grillées, grillées ;D  j'te dis, même Otho ne crois pas quand j'évoque la stérilité,


kekvous en pensez?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. März 2013, 20:04:17 Uhr
Coucou !

sauf que là, ce n'est ni l'un, ni l'autre, qui en parle, mais une tierce personne qui suggère le  [baby]. De toute façon, si je veux être raccord avec Beloga, le moment où Curtis en parle à Joan ne devrait pas du tout figurer dans cette histoire, mais seulement dans un an et demi ! Et je n'ai pas l'intention de tenir jusque-là... désolée si je brise des coeurs  :D !

on est "rosted" comme on dit par chez moi... c'est pas faux  ;D

à ce propos, je me demande comment on (enfin, plutôt eux !) va faire sur le Météore. Parce que quand même, à moins qu'elle ait un stérilet ou un patch longue durée ou un truc qu'on n'a pas encore inventé à notre époque, c'est quand même un bon plan pour tomber enceinte, cette petite planète ! Et Miss Jenkins, tu crois qu'elle se demandera qui est le père à la fin de l'aventure  ;D  ???

bon, c'est mon quart d'heure  [devil] ! La journée a été dure, faut bien se détendre un peu  [threesmilies]

Limeye la suite demain (pour cette histoire)  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 25. März 2013, 20:25:31 Uhr
 [imsorry] [poke2] [knuddeln] [badhairday] [eyeheart] [baby] [smug] [angel] [devil] t'as compris :-* ? 8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. März 2013, 20:39:46 Uhr
Je pense que oui  ;D !
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 25. März 2013, 21:21:32 Uhr
[imsorry] [poke2] [knuddeln] [badhairday] [eyeheart] [baby] [smug] [angel] [devil] t'as compris :-* ? 8)

He, he.... ;D ;D C'est génial! Même si on n'a pas beaucoup de connaissances françaises......c'est la langue internationale!!!!
Liebe Grüße
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 26. März 2013, 12:44:53 Uhr
Bonjour, bonjour !

Récit plus court que les autres jours pour ce 26 mars, avec cependant quelques révélations sur le passé du Capitaine, révélations qui j'espère vous feront sourire.

Toute référence à des lieux existants est purement fortuite bien entendu  ;D

Bonne lecture !

Limeye  :)


Ixio. Pointe du Ponant. 26 mars

Après une journée en ville, Joan veut montrer à Curtis la côte sauvage de la péninsule, vers la pointe du Ponant, la pointe la plus à l'ouest du premier continent. Ils entament leur périple par la route intérieure, entre collines et petits villages, jusqu'à celui de Glenael, le plus occidental de tous. Il est à l'abri des vents dominants, dans un creux de vallée. L'endroit est plus sauvage que Glenogan, plus isolé aussi. Le village rappelle le hameau d'Ael Vraz, avec des maisons plus basses, un seul niveau avec des petits greniers. Elles sont construites en pierre, d'une couleur plus sombre que celles du village de Joan. Mais leurs portes et leurs volets sont peints également de couleurs vives, et les balcons tous décorés de fleurs.

Après avoir traversé le village, ils prennent la route qui mène vers la pointe. Ils doivent s'arrêter à un kilomètre environ, et finir à pied. Salomé leur a préparé un pique-nique, et ils déjeunent près de la pointe. L'endroit est majestueux. Les falaises sont hautes, déchiquetées par la mer. Il n'y a pas de plages. Au large, on devine de forts courants. Joan explique que c'est un des endroits les plus dangereux de la côte pour la navigation, car la pointe s'avance assez loin vers la mer et qu'avec le deuxième continent un peu plus au nord, le passage se resserre.

Après déjeuner, ils prennent le sentier qui longe la côte et font un grand tour qui les ramène jusqu'au village. Il y a du vent, et quand le sentier épouse la falaise qui redescend vers la mer, il leur arrive de recevoir quelques embruns.

- Par tempête, ici, c'est splendide, dit Joan. Mais c'est aussi très dangereux. Le sentier est déconseillé quand les vagues sont trop fortes. Mais si un jour nous revenons ici, et qu'une tempête s'annonce, nous reviendrons jusqu'à la pointe, tu verras un beau spectacle.
- Les couchers de Calenda doivent être très beaux aussi.
- Oui. Veux-tu que nous restions jusqu'à ce soir ?
- Tu avais prévu autre chose ?
- Oui, je pensais nous faire rentrer tranquillement par la route côtière, on aurait pu s'arrêter sur une plage pour se baigner, il y en a des très belles, un peu comme celles d'Aelned. L'une d'entre elle est même bordée par de très hautes falaises, on a un peu l'impression d'être dans un écrin de roches.
- Alors, allons-y, on reviendra une autre fois pour le coucher de soleil.
- De toute façon, sans nuages, ils sont moins beaux.

Et ils repartent pour ce parcours côtier. La plage dont Joan lui a parlé impressionne en effet Curtis. Et il se dit qu'il a bien fait de choisir d'y venir. Elle n’est pas très grande, d'accès un peu difficile, car le sentier est abrupt. Mais une fois en bas, il constate que Joan a très bien décrit le lieu. Le sable est blanc, comme à Aelned, et les hautes falaises la dominent d'une bonne cinquantaine de mètres. La plage est complètement à l’abri du vent, et comme Calenda est encore haute sur l’horizon, il fait chaud. Ils prennent un bon bain, remontant l’étroite bande de mer entre les falaises. Une fois de plus, Curtis constate que Joan nage vraiment très bien, mieux que lui. Il lui en fait la remarque quand ils regagnent la grève et s’installent au soleil. La plage est quasiment déserte.

- Ca se voit que tu as grandi au bord de la mer, dit-il. Tu nages comme un poisson.
- Si tu poses la question à Jelle, elle te dira que j’ai su nager avant de savoir marcher !, répond-elle en riant. Elle exagère un peu, mais c’est vrai que j’ai toujours été à l’aise dans l’eau. C’est une des choses qui me manque le plus dans l’espace, et même à New York. Tu aurais vu ma tête la première fois que je suis allée à la piscine. Je déteste cela… cette odeur de chlore, la sensation qui reste sur la peau après… et puis, pas de vagues, pas de sable, pas de vent. Quand as-tu appris à nager ?
- Très tard. Tu imagines bien que sur Tycho, ce n’était pas possible. C’est seulement quand nous sommes partis pour le voyage dans le système solaire, à la découverte des Neuf Mondes, quand j’avais un peu plus de 16 ans, que j’ai eu l’occasion de le faire. On a passé plusieurs mois sur Saturne, et c’est dans un lac que j’ai fait mes premières brasses. Ce n’était pas vraiment glorieux, Otho se débrouillait bien mieux ! Grag a enregistré la scène dans sa mémoire électronique, mais je préfèrerais qu’il ne te la montre jamais.

Elle éclate de rire.

- C’était si pathétique que cela ?
- Oui. Mais le plus drôle, c’étaient les conseils que Simon tentait vainement de nous donner… Je crois que c’est l’un des plus beaux fous rires que j’ai jamais eus. Mais depuis, je me suis rattrapé et je me débrouille quand même.
- Pas trop mal, même, je dirais, pour quelqu’un qui a appris quasiment à l’âge adulte.
- Tu vois, tu as au moins un avantage sur moi, ajoute-t-il malicieux. Je ne peux pas dire que je suis le plus fort partout.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 27. März 2013, 07:13:57 Uhr
 ;) Bonjour Limeye,  [goodpost]

j'ai enfin pu lire la suite de ton histoire, on sent combien tu aimes ta région, c'est touchant. On s'y croit presque même si je ne connais pas le coin, j'en déduis que tu es une nageuse...de mer

moi je fais partie des nageuses chlorées ;D, le bouillon de microbes, on a beaucoup de piscines par chez nous!

vite la suite! [jump] [hello]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 27. März 2013, 09:27:09 Uhr
Coucou !

merci ! voilà donc la suite, avec un autre paysage marin, je ne pouvais pas ne pas leur faire faire cette petite sortie ! Car elle me permet aussi d'étoffer un peu plus le personnage de Joan et de faire découvrir à Curtis une autre de ses facettes.

le récit de cette journée est plus long que celui d'hier, je posterai en plusieurs fois.

Pour ce qui est d'être une nageuse de mer, oui, je fais partie des "tarés" qui trouvent l'eau super bonne quand elle est à 17 degrés et trop chaude quand elle dépasse 22...  ;D

bon début ou fin de journée !

Limeye  :)


Ixio. Ennis Glaz. 27 mars.

Ils sont partis tôt ce matin, avec Peter et un autre ami de Victor, John, pour un tour en bateau. Joan tient vraiment à cette sortie en mer, pour aller jusqu’à Ennis Glaz, l’île lumière, à moins de deux heures de navigation du petit port de Glenogan. S’ils ne rentrent pas trop tard, ils remonteront l’estuaire jusqu’au pont des oiseaux, ainsi appelé car il forme la frontière entre le petit estuaire et la rivière et que sur les rives, autour, viennent nicher de nombreux oiseaux de mer.

- Qu’a-t-elle de spécial, cette île ?, demande Curtis.
- C’est une jolie île, une des plus proches de notre côte, mais ce sont surtout ses fonds marins qui sont splendides. Rien que le spectacle depuis le bateau est une féérie. Tu comprendras mieux aussi, quand nous arriverons, pourquoi la mer prend par ici ces teintes si changeantes.
- L’île est habitée ?
- Elle l’a été. Mais vivre sur une petite île est difficile, surtout en automne et au début du printemps, à la saison des tempêtes. Nous en ferons le tour en bateau, mais nous pourrons débarquer pour manger à terre.

John mène le bateau d’une main sûre. Le trajet n’est pas difficile, il faut juste bien respecter le chenal dans l’estuaire, ensuite, ils font route directe vers l’île. Intéressé par le pilotage, Curtis pose plusieurs questions à John. Il est surpris aussi que Joan participe aux manœuvres quand ils arrivent à l’embarcadère. Il la voit sauter d’un pas sûr sur le petit quai, toujours bien entretenu, Peter la suit aussitôt et ensemble, ils tirent sur les cordages pour amarrer le bateau. Une fois qu’il est bien stabilisé, Victor peut en descendre, aidé par Curtis. John les rejoint, après avoir coupé le moteur.

- On fera le tour de l’île à la voile, et si le vent se maintient, on pourra faire de même pour le retour, précise-t-il. Mais il valait mieux venir au moteur, sinon nous aurions perdu trop de temps.

Joan a pris le panier du pique-nique, préparé par Salomé, et ils gagnent rapidement ce qui était autrefois une sorte de placette au bout du quai. Des bancs de pierre s’y trouvent toujours, et les trois hommes vont s’y installer.

- Allez faire un tour, il est encore tôt pour déjeuner, à peine 10h, dit Victor à Joan et Curtis. Vous avez le temps de faire une bonne promenade. Joan, normalement, tu peux aller jusqu’à la pointe sud sans difficulté, après, il y a un endroit où le sentier s’est effondré.
- Ca fait déjà un bon tour, on mettra bien trois heures pour faire l’aller - retour.
- La faim vous donnera des ailes !, dit Peter.
- Quand on imagine ce qu’il y a dans le panier de Salomé, c’est fort possible qu’on revienne en courant, précise Curtis en riant.

Peter lui fait un clin d’œil complice. La réputation de cuisinière de Salomé n’est plus à faire à Glenogan.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 27. März 2013, 13:46:07 Uhr
Et voici la fin de cette journée.


Victor les regarde s’éloigner, main dans la main, souriant. Lui aussi est heureux pour sa fille."Il était temps, pense-t-il. Vraiment temps."

Bien vite, ils disparaissent à leurs yeux, en haut du petit sentier. Joan lui explique que les 3 à 4 familles de pêcheurs qui ont autrefois vécu sur l’île y avaient aménagé ce sentier pour pouvoir gagner aisément des endroits où elles disposaient leurs casiers de pêche. Les ruines des maisons se trouvent de l’autre côté de l’île, à l’abri du vent.

La marche, face au soleil et à la mer, leur fait du bien. Ils avancent d’un bon pas. Par endroits, cependant, il leur faut ralentir un peu, ou faire des détours, à cause des buissons qui ont envahi le sentier. Curtis comprend mieux aussi pourquoi Joan a tenu à ce qu’ils mettent des jeans. Ils auraient eu les jambes lacérées par les branches basses, drues. Au bout d’une bonne heure de marche, ils atteignent la pointe sud. En poursuivant un peu leur promenade, ils arrivent face au continent. Mais en effet, ils ne peuvent aller plus loin, le sentier est détruit et les rochers trop escarpés pour contourner l’éboulement.

- Il faut faire demi-tour, dit Joan. Mais ça fait une bonne balade quand même.
- Il commence à faire chaud.
- C’est pour cela que je voulais faire cette promenade ce matin, cet après-midi, on n’aurait pas pu. Et puis on reprendra le bateau après manger, pour voir les fonds. Mais déjà, d’ici, tu peux avoir une petite idée de la transparence de l’eau.
- Ce qui donne cette clarté, ce sont les fonds, n’est-ce pas ? Du sable blanc ?
- Oui, comme sur la plage d’Aelned. Tiens, regarde, vers l’ouest !

Il se tourne vers le point qu’elle lui indique.

- Qu’est-ce que c’est ?
- Des animaux qui ressemblent un peu aux dauphins terrestres. Mais en moins gros, et avec une peau plus bleutée. On en voit parfois par ici. C’est une chance. Si un groupe se trouve dans le secteur, nous pourrons peut-être les revoir du bateau.

Ils rebroussent chemin et rejoignent, un peu avant 13h, les trois hommes toujours installés à l’ombre des grands arbres. Ils ont déjà ouvert une bouteille d’une sorte de cidre produit par le frère de John, et entamé un pâté de Salomé.

- On savait bien que taper dans le panier allait vous faire venir, dit Peter.
- Disons que tu n’as pas pu résister bien longtemps à l’appel du pâté de Salomé !, lui répond Joan du tac au tac.
- Ce n’est pas faux… Je me demande pourquoi Anita a voulu vous inviter ce soir, on aurait mieux fait de se faire inviter par ta femme, dit-il en se tournant vers Victor.
- Ne dis pas cela ! Elle serait prête à vous rendre la pareille avant la fin de la semaine !
- Vous repartez quand, Joan ?, demande John.
- Au plus tard samedi, pour rejoindre Vancouver pour le 1er avril. Jelle sera sur le point d’accoucher et nous tenons tous à être avec elle.
- Il y a des départs le samedi pour la Terre ?
- Oui, dit simplement Victor qui sait que ni Curtis, ni Joan, ne tiennent à s’étendre sur le moyen avec lequel ils vont tous gagner Vancouver.

Même si John et Peter sont de bons amis, la discrétion reste de mise et Victor, comme Salomé, sait parfaitement combien il est nécessaire de garder le secret concernant l’identité de Curtis. Même ici, sur Ixio.

Ils repartent peu après déjeuner, font tout le tour de l’île, observant avec attention les fonds. Puis John entame la manœuvre pour rentrer à la voile. Joan et Peter l’aident pour choquer les voiles, et Joan prend la barre pendant un bon moment. Curtis vient s’asseoir auprès d’elle et l’observe. C’est la première fois qu’il monte à bord d’un bateau à voile et tout l’intéresse, mais plus encore, la façon dont Joan mène le bateau. Pour une fois, il est bien obligé de reconnaître que les connaissances de la jeune femme dépassent largement les siennes. Le retour est moins rapide que le pensait John, mais tous apprécient de ne plus avoir le bruit du moteur dans les oreilles.

- Nous ne pourrons pas remonter l’estuaire, il sera trop tard, la marée descend. Déjà, on peut rentrer au port, estimons-nous heureux, précise John.
- Tant pis, nous le ferons une autre fois, dit Joan. C’était déjà une superbe balade, merci beaucoup John de nous avoir emmenés !
- Vraiment merci, John, poursuit Curtis, heureux lui aussi. Je n’avais jamais passé un aussi bon moment sur l’eau. Et cette balade était un vrai plaisir.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 27. März 2013, 20:41:24 Uhr
coucou Limeye 8)

C'est terrible quand on lit ton histoire on a plus envie de rien faire, mais alors rien faire du tout

la feignasse Elaine, encore demain à fond boulot puis férié! régime concordataire oblige, la "France de l'intérieur" travaille, pas nous :P .


biz
NB: tu devrais essayer le chat, c'est sympa!
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 27. März 2013, 20:54:49 Uhr
Bonsoir Elaine !

tant mieux pour toi pour le férié ! C'est vrai que votre "régime" est différent pour certaines petites choses...

oui, ces journées sur Ixio sont assez contemplatives. Je crois bien que c'est O-tho qui me faisait la remarque l'autre jour en disant que le naturel du Capitaine reviendrait vite au galop. D'une certaine manière, ce sera le cas demain. Oh, pas de soucis, ils vont encore avoir quelques belles heures de farniente et de câlins en perspective, mais quand même... un moment un peu "sérieux" se profile.

pour le chat, pff... je ne sais pas si je pourrais ! Je mets du temps quand même à lire l'allemand, à traduire quand j'ai besoin... alors... en temps réel, j'ose pas imaginer. Je ne pourrai pas écrire... et le faire en français serait tout bonnement stupide.

bizz, à plus, j'ai livré une suite du "cadavre", je peaufine encore un dernier morceau, puis je laisserai la main.

Limeye :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 27. März 2013, 20:58:05 Uhr
 ;) bonne nuit Limeye,

 je pensais qu'on pouvait aussi communiquer en français 8), quand les allemands sont pas connectés, ils se donnent rendez vous le mardi soir!
Nous pourrions convenir de chater  aussi un soir  donné, entre francophones et dès qu'un allemand se pointe j'explique!

kektenpense? [goodnight]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 28. März 2013, 09:13:52 Uhr
Bonjour !

nouvelle journée, comme je l'annonçais hier, Curtis a bien une idée en tête (non, ce n'est pas QUE ce que vous pensez  [naughty])... Je poste en deux fois au moins.

Bizz et bonne journée !

Limeye  :)


Ixio. Ael Vraz. 28 mars. L’après-midi.

Joan a sorti son calepin de dessins, ses crayons. Elle s'est s’installée dans le fond du jardin, sous les noisetiers. Elle veut dessiner l’ensemble du jardin et la maison, avec ce point de vue, et faire plusieurs croquis rapides, pour des dessins futurs qu’elle pourra prendre le temps de réaliser à New York ou sur Tycho. Car elle a déjà dans l’idée de s’installer un petit coin pour dessiner dans le grand salon de Tycho.
Curtis est resté à l’ombre de la tonnelle avec Salomé, Victor se repose un peu.

- Alors, Curtis, heureux de découvrir Ixio ?
- J’en suis ravi ! Ce sera trop court, comme séjour, mais dès que cela nous semblera possible, j’organiserai une expédition scientifique avec mon équipe sur le deuxième continent, Simon en sera très curieux. Et cela nous fera une bonne raison pour revenir ici.
- Il y a encore beaucoup de choses à observer, de recherches à faire sur le deuxième continent. Tu sais que l'inventaire complet de la faune et de la flore n'est toujours pas terminé ? Cela prend beaucoup de temps et les chercheurs ne sont pas si nombreux...
- Alors, c'est une motivation supplémentaire pour y participer nous aussi. 

Il se ressert une tasse de café et dit :

- Salomé, je voudrais profiter de ce que Joan est plongée dans ses dessins pour te parler de quelque chose d’important pour elle et pour moi aussi.

Elle le regarde, devine que cela est sérieux.

- Avant de partir en mission sur Mercure, nous avons eu l’occasion d’aller voir sa mère. J’ai parlé avec le médecin qui s’occupe d’elle, le docteur Montgomery, et avec Simon, nous avons aussi beaucoup réfléchi au cas de July. Mais j’aurais quelques questions à te poser. Jelle m’a raconté comment July avait perdu la raison, mais elle était encore enfant à l’époque et elle m’a dit que Victor et toi auriez des réponses peut-être plus précises à me donner.
- Je t’écoute.
- Comment a-t-elle appris la mort de William ?
- Par la voie officielle. Dans le même temps, le conseil du village en était informé. Victor et moi-même l’avons donc su très vite. Dans un petit village comme le nôtre, les nouvelles vont vite de toute façon. Elle a réagi comme tout le monde l’aurait fait en pareilles circonstances, elle était effondrée de chagrin. Pour Joan aussi, c’était terrible. Je me souviens… elles étaient à l’école ce jour-là. Dès qu’on a su… je m’y suis rendue le plus vite possible, je ne voulais pas qu’elle l’apprenne par n’importe qui… Je les reverrais toujours, mes filles, sortir de la classe, se souriant, venir vers moi. A ma tête, je crois que Joan a compris tout de suite qu’il était arrivé un malheur. Jelle aussi. Mais c’est Joan qui s’est avancée la première vers moi. Je l’ai prise dans mes bras et je lui ai dit : "il va falloir être très courageuse, ma chérie. Ton papa est mort. Mais nous sommes là". Je n’ai pas voulu lui dire les choses de façon alambiquée. Mais je voulais qu’elle comprenne aussi tout de suite que nous serions à ses côtés.
- Elle m’a raconté l’autre jour que vous aviez fait une demande pour inscrire le nom de William sur la plaque des péris en mer.
- Oui. Le conseil du village a accepté tout de suite. Victor et moi sentions la nécessité d’organiser une cérémonie. Un enterrement, c’est toujours un moment douloureux, mais s’il n’y en avait pas eu… je crois que les choses auraient été pires. Pour Joan aussi. Je pense que cela l’a aidée. Mais elle pourrait te le dire mieux que moi.
- Et ensuite, comment July s’est-elle comportée ?
- Au début, je te l’avoue, nous n’avons pas particulièrement remarqué son changement. Elle pleurait beaucoup, cela a duré environ deux semaines après la cérémonie. J’essayais de lui remonter le moral, de lui dire qu’elle avait encore sa petite fille, que Joan avait besoin d’elle, qu’il fallait qu’elle soit forte. Je passais la voir tous les jours, puis Victor est tombé malade, une sorte de grippe et j’ai dû m’occuper de lui. Pendant trois jours, je ne suis pas allée les voir, et c’est Jelle qui nous a prévenus. Joan lui avait dit que sa mère ne voulait plus manger, et qu’elle tournait en rond dans la salle ou dans sa chambre, même la nuit, qu’elles n’arrivaient pas à dormir, ni l’une ni l’autre. July parce qu’elle marchait comme une somnambule, Joan parce qu’elle entendait sa mère. Je me suis rendue chez elles aussitôt, et je n’ai pu que constater qu’elle avait comme perdu la tête. On a appelé le médecin tout de suite, on a prévenu Ezra… il est venu dès qu’il a pu. Et alors, on a fait ce qu’on a pu. Elle a été hospitalisée, dans un service de soins classiques, à l’hôpital d’Ixiopolis, puis elle a très vite été transférée à l’hôpital psychiatrique. Elle y restée plus de deux ans, jusqu’à ce qu’on prenne la décision avec Ezra de la faire hospitalisée sur Terre. Ezra s’était longuement renseigné et c’est finalement à la clinique où elle est toujours qu’elle a été admise.
- Vous avez fait au mieux, Salomé.
- Je sais, Curtis, je me le répète souvent, cependant… pour Joan…
- Je mesure combien c’est difficile pour elle, à chaque fois, de la voir ainsi. Mais je peux te promettre que je l’accompagnerai désormais. Je ne veux pas qu’elle soit seule.
- Jelle le dit aussi. Elle en souffre trop.
- Oui. Mais je me posais aussi d’autres questions. Comment se fait-il que ce soit vous qui vous soyez occupés de Joan ensuite ?
- Parce qu’Ezra nous l’a demandé. Et qu’il ne se voyait pas l’emmener sur Terre, la laisser en pension quand il aurait été en mission, et à l’époque, il était très souvent parti. En célibataire endurci, il ne se voyait pas non plus élever une toute jeune adolescente, même si c’est sa filleule et qu’il l’aime beaucoup. Et ensuite… il y a Jelle. Et Jelle passait son temps à nous dire qu’il ne fallait pas que Joan parte sur Terre, qu’elle y aurait été toute seule, perdue… Pour nous, c’était une évidence aussi qu’il fallait qu’elle reste avec nous, au moins jusqu’à la fin de ses années de lycée. Ensuite, elle pourrait décider… Aussi, quand nous en avons parlé avec Ezra, la décision s’est imposée naturellement et elle est venue habiter avec nous. De toute façon, cela ne faisait qu’entériner une situation de fait : dès l’hospitalisation de July, Joan est venue ici. Il n’était pas question de laisser une fillette de dix ans toute seule.
- Vous avez fait beaucoup, Salomé. Mais ma question portait aussi sur les parents de William et July. Sont-ils encore vivants ? Comment se fait-il qu’ils ne soient pas intervenus ?

Elle le regarde gravement.

- Ce n’est pas à moi de te parler d’eux, Curtis, pas vraiment. C’est à Joan de le faire. Je peux simplement te dire que les parents de William étaient déjà décédés, bien avant qu’ils ne viennent s’installer sur Ixio, July et lui, bien avant leur mariage. Mais pour le reste de la famille… non, c’est à Joan de t’en parler.

Il hoche simplement la tête, soudain pensif. Mais Salomé ajoute :

- Quand elle l’aura fait, si tant est qu’elle accepte de le faire, je pourrai t’en parler aussi si tu d’autres questions.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 28. März 2013, 10:38:05 Uhr
 ;) Bonjour Limeye,

Je trouve ce passage très réussi et particulièrement pertinent par rapport au passé de Joan, effectivement que devient le reste de la famille?
L'attitude de Salomé me plaît beaucoup on sent son respect pour les Randall et son soutien.Elle prend du corps , jusqu'à présent je la trouvais moins intéressante que Jelle. Elle dépasse le stade la mère nourricière et de subsitution.

 [chinese] [hello] Biz

faut que je m'y remette ! [wallbash]

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 28. März 2013, 12:55:29 Uhr
Coucou Elaine,

Merci de tes remarques. Il n'est pas facile en effet de faire "exister" les parents de Jelle face à leur fille à laquelle j'ai donné une telle personnalité ! Et c'est vrai que Salomé apparaît plus comme "une mère nourricière", ton expression est très juste. Elle est beaucoup moins "rentre dedans" que sa fille, plus posée, mais c'est quelqu'un qui a beaucoup de "force intérieure". J'ai sans doute une vision très "idéaliste" de ce personnage, qui a trouvé son équilibre de vie entre son mari, sa maison, son jardin. Qui a besoin de peu, connaît pourtant la vraie valeur de la vie, et dont la première qualité est la générosité.

J'ai essayé pour les jours à venir d'écrire une courte scène dans laquelle la mère et la fille sont face à face, cela peut donner quelque chose d'assez intéressant (j'ai déjà une base).

Je ne le raconte pas ici, peut-être aurais-je un jour l'occasion d'aborder cette histoire, mais en fait, quand les parents de Joan se sont installés sur Ixio, ils ont "atterri" un peu par hasard à Glenogan. Pour eux, qui ne connaissaient personne sur Ixio, cet endroit ou un autre, peu importait. Les deux couples étaient du même âge, avec des histoires très différentes, mais les métiers de Victor et William étaient proches, leurs préoccupations aussi. Salomé est un peu une "matrone" (même si je n'aime pas trop ce mot-là) dans le hameau, quelqu'un à qui on s'adresse en cas de souci, quand on a besoin d'un service (genre, faire garder un gamin à la dernière minute parce qu'on doit emmener le grand frère ou la petite soeur chez le médecin...), bref, la personne sur qui chacun sait pouvoir compter. Et quand William et July sont arrivés, les deux femmes ont très vite sympathisé. Même âge, elles allaient avoir un enfant presque en même temps, elles étaient au tout début de leur vie de femme, d'adulte, de famille. La gentillesse, la simplicité de July ont beaucoup plu à Salomé. Ce qui lui est arrivé, en plus de la mort de William, a profondément marqué la mère de Jelle. Leurs deux filles ont grandi comme des soeurs, pour Salomé, il était tout naturel de s'occuper de Joan, c'est ce que j'ai voulu faire ressortir aussi à travers ce dialogue avec Curtis.

Je prépare la suite de la journée.

Bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 28. März 2013, 20:43:33 Uhr
J'ai failli oublier de vous poster cette petite suite...

Limeye  :)


L’heure du bain s’annonce. Joan a abandonné son repère sous les noisetiers. Ici, elle n’a pas besoin de montre. Elle sait exactement quelle heure il est. Elle traverse le jardin, picore quelques framboises, se penche sur une des roses anciennes au parfum délicat, et rejoint Curtis qui s’est installé avec un livre, assis, le dos contre le  pommier. Il lève les yeux vers elle en l’entendant arriver.

- Alors, miss Randall, tu abandonnes tes crayons ?
- C’est l’heure d’aller à la plage, si un bain te tente, bien entendu !
- Pas de souci, mais je me demande bien comment tu fais pour savoir que c’est l’heure ! Tu ne portes pas de montre…
- Je n’en ai pas besoin ici. Jelle te dirait que j’ai toujours su exactement quelle heure il était, et ce, en toute saison.
- Tu m’impressionnes !
- J’espère bien réussir à t’impressionner un petit peu quand même, Curtis Newton, répond-elle en riant.

Il lui tend la main pour qu’elle l’aide à se relever, mais dès qu’elle la saisit, il l’attire à lui. Elle tombe avec un petit cri de surprise.

- Il y a quelque chose que je veux faire avant d’aller nager.
- Et quoi ?
- Ceci !

Et il l’embrasse longuement.

- Cela faisait au moins deux heures que je ne l’avais pas fait.

Elle lui sourit, heureuse, noue ses bras autour de son cou et lui répond de la même façon.

Depuis la fenêtre de sa cuisine, où elle s’est activée une partie de l’après-midi, non seulement pour préparer le repas du soir, mais surtout parce qu’elle commence à organiser le voyage vers la Terre, Salomé les a vus. "Je ne sais pas ce que ça va donner, avec la vie qu’ils ont…, mais ces quelques jours de bonheur, j’en suis sûre, n’ont pas de prix pour eux. Et je suis heureuse qu’on puisse les leur offrir."

Le jeune couple rentre dans la maison, Curtis s’exclame en traversant la grande cuisine, la pièce que Jelle juge la plus importante de la maison de ses parents :

- Salomé, ne dis pas que tu as encore préparé un gâteau pour ce soir ?
- Non. Ce soir, c’est repas de crêpes, j’en ai fais quelques-unes pour les parents de Davies. Vous allez à la plage ?
- Oui, répond Joan. On va les leur donner en passant, si tu veux.
- C’était ce que j’allais vous demander.
- Tu ne peux pas t’arrêter cinq minutes ? Qu’est-ce que tu fais avec tout ce bazar ?
- Je suis en train de préparer les colis pour vous et pour Jelle. Si on part samedi, il ne me reste pas beaucoup de temps pour organiser tout cela.
- Où est Victor ?, demande Curtis.
- Il est parti à la maison de Mamik. On a été obligés de stocker une partie des bocaux là-bas. Et puis la maison est plus fraîche qu’ici, c’était mieux.
- Salomé, tu es au moins aussi folle que ta fille !, s’exclame Curtis. Heureusement qu’on repart avec le Comète… Je ne sais pas comment on aurait fait dans un vaisseau de ligne ?
- D’habitude, c’est bien dans un vaisseau de ligne qu’on fait le voyage et on s’en sort.
- Tu oublies de préciser que lorsque tu réserves vos billets, les agents du vol lèvent les yeux au ciel et prévoient de laisser libre un grand espace dans la soute… pour tes cartons.
- Jelle n’aura pas le temps de cuisiner beaucoup cet été, avec le bébé. Le jardin est à peine nettoyé…
- Mais je suis certaine que papa s’y mettra dès que nous serons à Vancouver.
- Si la terre n’est pas trop froide, ce n’est pas parce que le dégel a commencé qu’on pourra déjà planter...
- Ne te cherche pas d’excuse, maman…

Salomé sourit d’un air entendu. Elle aime bien quand Joan l’appelle spontanément "maman".
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 29. März 2013, 09:01:28 Uhr
Bonjour à toutes !

dernière journée sur Ixio. Le récit est encore une fois assez long, mais vous allez comprendre pourquoi. Suite à sa discussion d'hier avec Salomé, Curtis n'a pas l'intention de lâcher prise...

maintenant, ce que j'ai imaginé est peut-être peu réaliste ! vous me direz si ça fait trop violons larmoyants...

bonne journée ! bizz

Limeye  :)


Ixio. Plage d’Aelned. 29 mars. Fin de matinée.

Ce matin, ils ont un peu traîné au lit. Le soleil invite pourtant à profiter de la journée, mais ils ont eu envie de s’offrir quelques moments de tendresse. Après un copieux petit déjeuner, Joan s’est sentie soudain pleine d’entrain et a proposé de passer la fin de matinée sur la plage. Elle aime se baigner avant midi, et ils ne l’ont pas encore fait depuis qu’ils sont arrivés.

Après un bon bain, ils se sont étendus sur le haut de la plage, près des rochers. Un léger vent et la chaleur montante du soleil sèchent rapidement l’eau sur leurs corps. L’un comme l’autre ont déjà la peau légèrement brunie. Quelques jours au grand air ont effacé la pâleur de l’hiver et des voyages spatiaux.

Joan s’est allongée sur le ventre, elle ferme les yeux, appréciant la chaleur du soleil dans son dos. Quand elle les rouvre, elle en profite pour admirer le corps musclé de Curtis, assis à ses côtés. Elle sait qu’elle pourrait faire des jalouses. Mais bien vite, elle oublie ce genre de pensées, car il a pris un air sérieux et elle ne se demande pas bien longtemps de quoi il veut lui parler.

- Joan, tu m’as présenté les gens qui comptaient pour toi et qui vivent toujours ici, j’ai bien compris que la plupart de vos amis, à Jelle, Davies et toi, n’habitent plus à Glenogan, mais se sont installés soit à Doban, soit à Ixiopolis ou même sur Terre. Mais une chose m’intrigue cependant : où vivent tes grands-parents ? Tu m’as parlé de Mamik, mais c’était la grand-mère de Jelle et…
- Je n’ai pas eu d’autres grands-parents que Mamik, Curtis, répond-elle un peu sèchement.

Il fronce légèrement les sourcils, mais il n’a pas l’intention de se laisser impressionner par le ton qu’elle a employé.

- Tes parents ont bien eu des parents…

Elle soupire, détourne le regard un instant, appuie son menton sur ses poings fermés. Puis elle se redresse, s’assoit comme lui, en regardant la mer. Son visage s’est fermé, et il se demande s’il a bien fait de poser la question. Peut-être devrait-il lui proposer d'en parler à un autre moment ? Mais alors qu’il s’apprête à le faire, elle reprend la parole. Sa voix a perdu de sa sécheresse, mais elle est plus grave que d’habitude :

- Mes parents sont d’origine terrienne, moi seule suis Ixienne, car je suis née sur cette planète. Mes parents sont venus y habiter juste après leur mariage. Pour deux raisons : mon père avait obtenu un poste dans la compagnie de la police interplanétaire qui officie sur Ixio. Il aurait pu rester sur Terre ou demander un poste plus prestigieux, car il était sorti parmi les premiers de l’Académie de la police interplanétaire et il était bien noté, avait pris du grade après les premières missions qu’il avait menées, certaines d’ailleurs avec Ezra qui n’était que lieutenant à l’époque. Mais il ne voulait pas rester sur Terre, et une petite planète comme Ixio lui plaisait : là, il le devinait, ma mère et lui pourraient s’installer en paix. Le père de mon père est mort quand il était enfant, il n’avait que 4 ans quand c’est arrivé. Il n’avait que très peu de souvenirs de lui et je n’ai que de rares photos. Sa mère l’a élevé, ainsi que son frère aîné. Il y avait une grande différence d’âge entre les deux, je crois même que ma grand-mère pensait ne pas avoir d’autres enfants, car elle avait fait deux fausses couches après la naissance de mon oncle. Mon oncle et mon père avaient douze ans d’écart. Mon oncle vit sur Terre, en Amazonie. Je l’ai vu une fois, avec Ezra, quand j’étais encore à l’Académie de la police interplanétaire. Il avait fait exceptionnellement le déplacement jusqu’à New York pour me rencontrer. C’est un original. J’ai de rares contacts, par courrier, avec lui depuis. Il m’écrit une ou deux fois par an. Mais quand je l’ai vu, j’ai tout de suite compris pourquoi mon père avait demandé à Ezra et non à son frère d’être mon parrain. Il vit un peu comme un sauvage, il fait du commerce de peaux de crocodiles et de serpents. Sa spécialité est de traquer les anacondas…
- En effet, c’est original…
- Ma grand-mère paternelle est décédée, de maladie, juste avant que mon père ne quitte le lycée. Il n’était pas encore majeur. Il s’est construit tout seul, car sa mère était déjà très malade et son frère absent. Il était en pension. Il a rencontré Ezra à l’Académie, ils sont devenus tout de suite très amis. Je crois que papa a trouvé en Ezra le frère qui lui manquait. Victor a aussi joué ce rôle, et Peter, quand ils se sont installés ici. Pour mon père, ses amis étaient très importants. Ils étaient sa seule famille, avec maman et moi. Je crois que c’est pour cela que l’amitié est une valeur très importante pour moi. Je la porte en héritage. Mais ce que Jelle m’a donné compte aussi beaucoup, tu t’en doutes.
- Oui, bien sûr.

Elle prend une poignée de sable qu’elle laisse couler doucement entre ses doigts. Puis reprend son récit, un peu hésitante. Curtis devine que parler de la famille de July est plus difficile encore que d’évoquer celle de William.

- Du côté de maman… les choses sont beaucoup plus compliquées et en même temps, terriblement simples. Pour faire court, je pourrais dire que la famille de ma mère n’existe pas, car je n’existe pas pour eux. Point. Mais cela ne t’explique pas grand-chose.

Elle le regarde, le fixe. Il tend la main vers elle, caresse son bras :

- Alors explique-moi si tu veux. Il est des secrets douloureux qu’il vaut mieux porter à deux.
- Ma mère a deux sœurs. Elle est la deuxième de la fratrie. Mes grands-parents étaient des gens très aisés, d’une des familles les plus bourgeoises et les plus riches de New York. Après le grand cataclysme, l’un des aïeux avait fait fortune en récupérant de nombreux brevets industriels que personne ne pouvait plus réclamer. Il a reconstruit des usines, prenant des risques financiers importants, engageant des chercheurs, des ingénieurs très qualifiés. Il a été l’un des artisans de la reconstruction de New York, mais aussi d’autres grandes villes. Bref, au fil des générations, sa fortune s’est transmise, s’est accrue aussi. Ma grand-mère maternelle a été une de ses rares héritières directes, elle a donc récupéré une part importante de cette fortune. Mon grand-père maternel était lui aussi issu d’une "bonne famille". Leur mariage était un mariage de raison et d’argent. Car dans ce genre de monde… l’amour compte peu. Et c’est bien là qu’est le drame. Quand ma mère a rencontré mon père, ils étaient tous deux au lycée. Papa a été le premier et le seul amour de maman. Tu imagines aisément qu’un tout jeune homme sans le sou, quasi orphelin, n’avait guère de chance face à une des familles les plus riches de la côte Est. Ils se sont opposés à leur relation, ce qui n’a rien arrangé évidemment. Aussi, une fois majeurs, quand mon père a demandé à épouser ma mère, ça a été une vraie tempête. C’est la deuxième raison pour laquelle ils ont quitté la Terre. Ils voulaient repartir l’un comme l’autre sur d’autres bases, construire leur vie de couple différemment, ensemble, bâtir une vie d’amour et d’amitié.
- Tu n’as aucune relation avec la famille de ta mère ?
- Aucune. Quand maman a été hospitalisée sur Terre, Ezra les a contactés, pour les prévenir, leur demander de l’aide aussi. Il a ainsi découvert que ma grand-mère était très malade, elle est décédée avant Mamik d’ailleurs. Quand je suis arrivée à New York, j’ai voulu rencontrer une de mes tantes, l’aînée, qui y vit toujours, l’autre serait en Californie. Je me suis fait jetée. J’ai compris que la fille de July et William Randall n’était vraiment pas la bienvenue dans la famille. Je suppose que mon grand-père est toujours vivant, à moins que la famille n’ait réussi à trouver une combine pour déshériter maman. Pour l’heure, je n’ai jamais reçu la moindre convocation d’un notaire.
- Il est difficile de déshériter quelqu’un…
- Certes, mais je m’attends à tout de leur part. De toute façon, compte tenu des circonstances, maman est bien incapable de gérer la fortune, car ce serait une véritable fortune ! qu’elle recevrait. J’ai déjà pris des dispositions, avec Jelle et Ezra, pour cela. Si je meurs avant maman, sa santé mentale la rend de facto tributaire de ses sœurs. J’ai donc organisé la succession pour que cet argent aille là où maman aurait souhaité qu’il aille, du moins, je le pense. D’une part, je laisse une somme suffisante à la clinique pour qu’ils continuent à bien s’occuper d’elle et qu’elle ne soit une charge pour personne, car je sais très bien que Salomé et Victor, ainsi qu’Ezra, ne la laisseraient pas tomber. Ensuite, j’ai prévu une somme confortable pour Ken et Narna et d’ici peu, je ferai de même pour Aziliz. Je sais que Jelle refuserait cet argent, de même que ses parents. Mais c’est une façon pour moi de rendre ce qu’ils m’ont donné et de participer à l’avenir des filles et de Ken. Enfin, la part la plus importante sera à partager entre deux fondations : l’une pour la recherche sur les maladies du cerveau, pour aider les gens dans la situation de maman, et l’autre ira à la fondation du deuxième continent, pour permettre que ce lieu reste le plus longtemps possible à l’abri des tentations et des convoitises, que les recherches puissent s’y poursuivre. Ezra et Jelle sont mes exécuteurs testamentaires. Mais j’ai aussi prévu une petite part pour Ezra, car sa retraite pourrait ne pas être suffisante quand l’âge se fera sentir, en cas de maladie… mais cela, il l’ignore. Seuls Jelle, et toi, maintenant, êtes au courant.
- Et si par hasard, tu héritais directement ?
- Je ne changerai pas grand-chose à ce dispositif. Je ne veux pas de cet argent pour moi. Mais je ne veux pas non plus qu’il revienne à mes tantes. Maman y a autant droit qu’elles ! Quand Ezra a commencé à aborder cette question avec moi, au début, j’ai dit que je refuserais tout en bloc. Mais il m’a convaincue de l’accepter et de l’utiliser à des œuvres qui me semblent justes, ou pour des gens qui me sont chers. Il m’a rappelé aussi que cet argent avait été gagné grâce au travail de gens qui n’en ont pas forcément bénéficié. Et d’une certaine manière, le distribuer ainsi c’est renoncer à l’égoïsme de ma famille.
- Je crois qu’Ezra a eu raison.

Elle appuie son menton sur ses genoux. Elle en a terminé avec la famille Burton, maintenant, elle n’a plus de secrets pour Curtis.

- Joan ?
- Oui ?
- Merci de m’avoir raconté tout cela. Il y a beaucoup de choses que je comprends mieux, maintenant.
- Des choses comme quoi ?
- Ta solitude face à ta mère. Mais aussi les liens que tu as noués avec Jelle et ses parents.
- Ils sont ma famille, Curt. Ma vraie famille. Tu te souviens quand nous sommes revenus de White Butterfly, tu m’as dit que ma vraie mère se réjouissait de ce que j’étais, de ce que je faisais et vivais. Et c’est vrai. Ma vraie mère, c’est Salomé. Et elle se réjouit de ce que je suis, de ce que je fais et de ce que je vis, avec toi.

Il la regarde intensément. Puis doucement se rapproche et la prend contre lui. A cet instant, les mots entre eux sont inutiles. Elle finit par relever la tête et lui dit, à nouveau joyeuse :

- Un dernier bain avant de remonter ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 29. März 2013, 09:26:12 Uhr
 :( je trouve cela au contraire très réaliste, pas guimauve ( le côté fortune,tu voulais dire?), les querelles d'héritage  sont malheureusement souvent le témoignages de conflits plus profonds et d'humiliations personnelles. C'est logique . Par contre si elle ignore qu'elle reçoit l'héritage (quand tu évoque qu'ils ont peut-être déshérité sa mère) comment peut-elle prendre des dispositions?

Maintenant évoquer tout cela sans l'utiliser ensuite et lui donner une justification, je suppose qu'il y a une raison, non?

j'attends la suite avec curiosité.
biz
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 29. März 2013, 09:50:03 Uhr
ben en fait, les dispositions qu'elle a prises, c'est pour le cas où sa mère ne serait pas déshéritée. Et comme le souligne Curtis, c'est très difficile de déshériter quelqu'un. Une procédure peut prendre des années, mais c'est pour prévoir. Pour l'instant, Joan n'a rien reçu.

mais à travers ce passage, je voulais surtout trouver une explication plausible à l'absence des grands-parents de Joan. Et trouver aussi une "explication" (parmi beaucoup d'autres, même si ça ne s'explique pas vraiment) à l'attirance entre Curtis et Joan, liée au fait que l'un comme l'autre avait une famille un peu étrange, pas comme tout le monde. Ou plus exactement, qu'il perçoive leurs points communs, dans la façon dont ils ont été elevés, et qu'il comprenne alors - enfin !  [motz] - qu'ils étaient faits l'un pour l'autre.

en ce sens, pour ces scènes, j'avais aussi en tête ce que j'ai écrit dans Beloga, et notamment le cadeau de mariage de Jelle.

Voilà ! La suite plus tard

Limeye  :)




Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 29. März 2013, 18:37:01 Uhr
Et hop, une petite suite ! Il restera encore un autre morceau pour cette journée.


Ixio. Hameau d’Ael Vraz. Même jour. Le soir.

Tous les quatre prolongent le repas, sous la tonnelle. Les premières étoiles se sont allumées. Demain sonnera l’heure du retour vers la Terre. Les Futurmen ont annoncé leur arrivée pour le début de matinée. Ils repartiront le plus rapidement possible.

- Un dernier verre ?, propose Victor.
- Pourquoi pas, répond Curtis.
- Méfie-toi… papa ne t’a pas encore fait goûter son tord-boyau.
- Ca ne peut pas être pire que certaines choses que prépare Otho pour graisser les circuits de Grag ?
- Si.
- J’ose à peine le croire…
- Tu vas voir. A tes risques et périls.

Curtis se demande s’il a eu raison d’accepter, et en effet, la première gorgée est… difficile à avaler. Il tousse, crache, pleure, sous les rires de Joan et de ses parents. La deuxième passe déjà plus facilement, et à la troisième, oui, pas de doute, c’est bien à la pomme… Mais non, sans façon, il ne veut pas d’un deuxième verre. Il veut pouvoir descendre dignement jusqu’à la grève. Joan lui a parlé d’un bain de minuit. Il espère qu’elle aura réussi à faire provision de bains, de nages, qu’elle se sera empli les yeux de l’océan, qu’elle aura accumulé assez de souvenirs d’ici leur prochain séjour.

- Tu vas encore faire dormir ce garçon dehors ce soir ?, demande Victor, un peu inquiet.
- Il ne fait pas froid, c’est encore très agréable de dormir sur la plage, tu sais !
- Tu es un peu folle, ma fille, dit Salomé avec un rien d’espièglerie. Mais enfin… tu passes toujours ta dernière nuit ici sur la plage.
- Je veux pouvoir admirer un dernier lever de Calenda.
- Je crois qu’il faut s’incliner devant cette excellente raison, reprend Victor.
- Allez, je vais chercher nos affaires, dit Joan, qui disparaît dans la maison.

Elle revient rapidement, avec le sac de plage et la grande couverture qui leur a déjà servi pour dormir dehors. Curtis la rejoint et ils sortent par le petit portillon, sur le côté de la maison. Victor et Salomé les suivent des yeux, puis lui pose sa main calleuse sur celle plus douce de sa femme.

- C’est beau d’être amoureux comme ça, hein, ma chérie.
- Il était temps. Qu’il se décide. Je ne comprends pas pourquoi il a autant hésité… C’est une telle évidence que Joan est folle amoureuse de lui.
- Un jour, nous saurons peut-être. Et si tu veux vraiment savoir, demande à ta fille. A mon avis… elle doit avoir une petite idée sur la question.
- Jelle est bien la seule personne à pouvoir savoir en effet. Mais non, je ne l’embêterai pas avec ma curiosité. J’espère…
- Voilà que tu te fais du souci.
- Comment ne pas s’en faire avec la vie que mène Curtis, je devrais dire, la vie qu’ils mènent tous les deux ?
- Ils l’ont choisie.
- En est-on vraiment sûr ?

Victor hausse les épaules. Quand Salomé part dans ce genre d’interrogations, il est bien difficile de l’en faire sortir. Jelle tient terriblement de sa mère pour cela.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 29. März 2013, 18:46:18 Uhr
Et voilà la toute fin


Joan et Curtis sont descendus jusqu’à la petite crique. A peine arrivés, ils sont allés nager. Plonger fait du bien à Curtis pour évacuer les quelques vapeurs causées par le petit verre que lui a servi Victor. Joan nage à ses côtés, avec une aisance qui le fascine toujours autant. Elle semble glisser dans l’eau, comme un dauphin. Ses mouvements sont fluides, réguliers, sa respiration bien dans le rythme. Ils nagent un bon moment, profitant de ces dernières heures. Une nouvelle fois, il sait qu’il va quitter une planète en laissant derrière lui des amis auxquels il pensera souvent et qu’il regrettera. Mais qu’il le fera d’autant plus qu’Ixio a su le charmer. L’organisation de ses habitants, le respect qu’ils montrent envers leur planète, et ses êtres vivants, la vie simple que mènent ceux qu’il a croisés.

Ils sortent de l’eau, main dans la main, et comme sur la plage de Long Island, au début de l’année, Curtis prend les deux mains de Joan dans les siennes et la regarde longuement.

- Dis-moi, ma douce, ces journées ont-elles été aussi belles que tu l’espérais ? J’avais tellement envie de t’apporter des moments de bonheur ici.
- Comment peux-tu en douter ? Etre sur Ixio, avec toi, était le plus cher de mes rêves et il s’est réalisé. Cela fait près de quatre ans que je poursuivais ce rêve, comme un espoir insaisissable, comme le diable rouge insaisissable que tu es.

Il sourit. Elle lève la main vers sa joue, fait lentement remonter son doigt jusqu’à son front, pour le laisser redescendre le long de son nez et caresser ses lèvres. Elle se dresse sur la pointe des pieds et l’embrasse légèrement. Il fait remonter sa main le long de son bras, glisser sur l’arrondi de son épaule, se perdre dans ses cheveux mouillés, encore ruisselants dans son dos. C’est lui qui vient chercher un baiser plus profond.

- Je t’aime, Curtis Newton, je t’aime.
- Je t’aime, Joan Randall, je t’aime.

Et il la serre tout contre lui. Elle frissonne.

- Tu as froid ?
- Non.
- Pourtant, tu trembles.

Elle le regarde, gravement. Les étoiles de ses yeux se sont allumées, il se dit que ce sont les plus belles étoiles qu’il ait jamais approchées.

- Ce n’est pas la fraîcheur de l’air qui me fait trembler, c’est toi.
- Moi ?
- J’ai envie de faire l’amour, Curtis Newton. Avec toi.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 29. März 2013, 22:40:18 Uhr
 :-* j'aime beaucoup limeye, mais je suis sur ma faim... [devil] comme je sais que tu as du stock...; :-*

mais j'ai trouvé super sympa le chat , non? J'ai appris des tas de choses.


très bonne nuit! [goodnight]

biz [animtwink]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 30. März 2013, 05:31:10 Uhr
Bonjour à toutes !

désolée Elaine... je ne vais quand même pas raconter par le menu chacune de leurs nuits torrides  :o ?

 ;D

C'était leur dernier jour sur Ixio. Retour vers la Terre désormais. J'espère que vous aurez aimé leurs vacances ! Et qu'Ixio vous aura plu...

Bon début de journée !

Limeye  :)


Quelque part dans l’espace infini, entre la Lune et Ixio. 30 mars. 10h (temps universel)


Otho et Grag sont à la manœuvre pour approcher d’Ixio. Ils ne vont pas tarder à entrer dans l’atmosphère de la petite planète.

- Elle est beaucoup plus petite que la Terre, hein, professeur ?

La petite voix futée de Ken s’étonne.

- Oui.
- Ils sont marrants les deux continents, on dirait un peu le signe chinois du Yin et du Yang.
- C’est vrai, confirme Otho. Tu as l’œil.
- On va sur le grand ?
- Non, sur le petit. Ixiopolis est située dans le quart nord ouest, tu vas bientôt distinguer les deux fleuves qui traversent sa plaine.
- Vous croyez qu’ils sont à nous attendre ?
- Ca m’étonnerait. Connaissant Joan, elle aura fait traîner les choses, dit Otho pour se moquer.
- Sale chewing-gum déformé ! Je suis certain qu’ils seront là !
- En tout cas, j’espère qu’ils auront passé de bonnes vacances, dit Ken pour couper court à leur chamaillerie.
- Je l’espère aussi, dit la voix posée et sage de Simon. Ils en avaient bien besoin tous les deux.
- Dommage qu’il ait fallu ramener Ezra sur Terre, je me serais bien offert aussi une petite semaine de vacances dans ce paradis, dit Otho.
- Je t’en aurais empêché, dit Grag, et je suis certain que le professeur aussi ! Sans compter Jelle !
- Excuse-moi, vieux tas de boulons rouillés, mais vu l’état dans lequel est Jelle… elle ne peut pas m’empêcher de faire grand-chose et puis d’abord, je ne vois pas pourquoi je n’aurais pas pu prendre des vacances moi aussi !
- Parce que tu leur aurais cassé les pieds !
- Moi ? Jamais ? C’est toi qui es insupportable avec ta manière de les couver…

Ken se prend la tête entre les mains, puis regarde le professeur, un peu affligé. Il est temps d’atterrir : Grag et Otho deviennent vraiment intenables.

**

Contrairement à ce qu'Otho a laissé sous-entendre, Joan, Curtis, Victor et Salomé sont bien là. Avec un impressionnant échafaudage de caisses.

- Qu'est-ce que c'est que tout ce bazar ?, demande Grag, étonné.
- Hum, je pense qu'il s'agit des affaires que Salomé veut emmener à sa fille...
- Et bien, elle va être gâtée la petite !
- En tout cas, tas de ferraille, ça va être pour ta pomme de ramasser tout cela à bord !

Le vaisseau s'est posé en douceur, et Ken se précipite vers la porte. Il veut être le premier à les embrasser et leur faire la surprise de sa présence. Mais après tout, Curtis avait bien dit qu'il n'irait pas au lycée quand Joan ne serait pas à New York... et puis, lui aussi, veut être à Vancouver pour la naissance, pas question de manquer cela !

- Ken !
- Eh oui, c’est moi ! Je suis venu vous chercher !

Curtis et Joan se regardent, surpris, mais heureux de voir l’adolescent. Simon a pris la décision de le récupérer au lycée, quand ils ont ramené Ezra à New York. Et il a passé quelques jours avec eux sur Tycho, à faire l’entretien du Comète.


Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 30. März 2013, 13:37:52 Uhr
A bord du Comète. 30 mars. Fin de journée (heure d’Ixio)

Joan et ses parents se sont installés dans le petit salon du vaisseau, avec Ken. Le jeune garçon est heureux de revoir les parents de Jelle. Il est aussi très excité à l’idée de la naissance. Il pose également plein de questions à Joan sur leurs vacances et ne cesse de demander quand il pourra lui aussi venir sur Ixio. Joan lui fait part du projet de Curtis de demander une autorisation pour mener une expédition scientifique sur le deuxième continent et lui promet qu’il viendra à cette occasion avec eux. Elle sait que cela le changera du lycée, et qu’il pourra les aider tout en apprenant de nouvelles choses. Elle ne sait pas exactement ce que Curtis voudra explorer, mais le travail pour mieux connaître le deuxième continent ne manque pas. L’inventaire de la faune et de la flore n’est pas terminé, de même que les relevés cartographiques précis du relief. Sans compter les études géologiques, climatiques et océanographiques.

Elle tente de calmer un peu Ken et lui demande comment se sont passées ces dernières semaines pour lui. Il prend un air de chien battu dès qu’il lui faut aborder les trois semaines qu’il a passées au lycée, sans pouvoir le quitter, même le week-end.

- Tu exagères un petit peu, Ken. Je sais que trois semaines, c’est long, je le comprends. Mais contrairement à tes camarades qui eux sont au lycée, tu as pu le quitter déjà depuis une semaine, passer plusieurs jours sur Tycho, venir nous chercher et nous allons passer au moins une semaine à Vancouver. Je pense qu’ils seraient nombreux à vouloir échanger ta place, quitte à devoir passer trois semaines complètes à l’internat…
- Ca se voit que ce n’est pas toi qui les as faites, ces semaines. A mon âge, tu rentrais deux fois par semaine chez toi !
- A ton âge, oui. Mais ma situation était bien différente de la tienne, je te le rappelle. Je sais que Simon a bien regardé tes derniers résultats, mais j’aimerais quand même jeter un œil à tes notes et à ton travail.

Ken se lève en râlant un peu, pour la forme, et gagne sa cabine d’où il revient peu après avec son cahier électronique. Il le tend à Joan qui se met à l’étudier très sérieusement.

- Je crois que je vais demander à Curtis de te redonner quelques cours de mathématiques. Tu as de moins bons résultats qu’en début d’année.
- C’est parce qu’on a commencé la géométrie. Je n’aime pas trop ça… Et Simon m’a déjà donné des devoirs à faire.
- Ca n’empêche qu’on en parlera quand même à Curtis.
- Tu crois que c’est important pour devenir pilote, la géométrie ?
- Bien entendu !

C’est Curtis qui lui répond en entrant dans la pièce. Ken se retourne vivement :

- Capitaine ! Je n’y comprends rien, je n’aime pas ça…
- Il y a plusieurs manières d’aborder la géométrie. Je m’occuperai de ça quand nous serons à Vancouver. Je suis certain qu’on trouvera du temps pour faire quelques exercices, il faut juste que je regarde le programme qui est le tien en ce moment, c’est tout, pour que tu reprennes le lycée en étant au même niveau que tes camarades.
- Je n’ai pas envie de reprendre le lycée, dit-il toujours un peu boudeur.
- Ken, on a passé un contrat tous les trois, dit-il en s’asseyant entre l’adolescent et Joan.

Victor observe la scène avec une pointe de malice dans les yeux. Salomé s’est levée pour gagner la cuisine et préparer le repas du soir. Elle a tout de suite trouvé ses marques dans la cuisine du vaisseau, qu’elle a jugée très fonctionnelle, mais un peu petite. Joan lui a rappelé que c’était l’essentiel, et que la taille n’était pas un critère important quand ils voyageaient.

- Tu avais le choix, en septembre, de rester à New York ou de partir avec Davies et Jelle à Vancouver. Tu as voulu rester à New York, sachant très bien que tu y serais en pension une bonne partie de l’année scolaire. Nous avons obtenu que tu puisses, sous certaines conditions, venir sur Tycho ou avec nous, y compris sur le temps scolaire. C’est une chance et presque une faveur que la directrice t’a accordée. En échange, elle, tes professeurs et nous-mêmes, nous espérons que tu réussiras ton année. Pour l’an prochain, tu pourras faire un autre choix. Nous t’en laisserons la possibilité, nous te l’avons promis. Mais en attendant… tu as du travail à fournir et si tu ne t’y mets pas un peu plus sérieusement, nous reverrons notre promesse, Ken.

L’adolescent baisse la tête. Joan et Curtis échangent un long regard, il hoche légèrement la tête. Ils se sont compris sans avoir besoin de se parler.

- Bien, dit Curtis pour clore la discussion. Nous reparlerons sérieusement de tout cela un peu plus tard, toi et moi. En attendant, je crois que Salomé ne refuserait pas un petit coup de main pour mettre la table.
- J’y vais !

Et Ken se précipite vers la cuisine, bien content d’échapper à une discussion qui n’aurait pas tourné à son avantage.

Joan pose sa main sur le bras de Curtis :

- Tu penses la même chose que moi ?
- Je crois qu’il va falloir que je discute à nouveau sérieusement avec lui. Je pense qu’en ce moment, c’est nécessaire pour lui. Il a le sentiment qu’on l’abandonne, que je passe trop de temps avec toi et pas assez avec lui, et inversement, que tu n’es plus disponible pour lui. Mais je te rassure, ça ne date pas de cet hiver. Je crois que ça a vraiment commencé quand nous sommes partis sur Saturne cet automne. Il a mesuré alors pleinement ce que cela signifiait que de se retrouver tout seul à New York, sans toi, sans Ezra, sans Jelle et Davies.
- Et sans Narna.
- Et sans Narna.
- On pourrait le prendre un peu sur Ixio aussi, dit Victor. Je n’en ai pas parlé à Salomé, mais je suis certain qu’elle serait ravie !
- Je n’en doute pas, Victor, mais ce n’est pas forcément une solution. Je comprends qu’il se sente un peu mal, un peu perdu aussi. Et que le choix qu’il a fait, finalement, ne lui convient pas. Mais il ne pouvait pas vraiment le mesurer avant. Cependant, il l’a fait, et je tiens à ce qu’il l’assume jusqu’à la fin de l’année. On ne lui impose pas de passer toute sa scolarité ainsi. Lui faire trop de cadeaux, en lui permettant aussi d’aller avec vous, ce ne serait pas lui rendre service. Il lui reste trois mois d’école, dont quasiment trois semaines de "vacances", entre les journées que l’on va passer à Vancouver, plus ses deux semaines de congés de printemps qu’il passera aussi à Vancouver ou sur Tycho. Vivre, c’est choisir, il est en âge de pouvoir l’apprendre, désormais.

A ce moment, Ken revient avec les couverts et les assiettes, suivi par Salomé qui apporte une grande salade, du pain. Ken ressort aussitôt pour chercher l’eau et les verres.

- Otho ne vient pas manger ?, demande Salomé.
- Il pilote pour le moment, je mange et je prendrai le relais avec lui ensuite, il vous rejoindra.
- C’est une sacrée organisation !, dit Salomé.
- C’est un peu comme en bateau, ma chérie, lui rappelle Victor. Il faut toujours se relayer pour avoir quelqu’un à la barre, sur le pont, à surveiller. Sauf au mouillage.
- C’est vrai, ajoute Curtis, je n’avais jamais pensé qu’il y avait autant de similitudes entre la navigation maritime et spatiale, mais quand on y réfléchit un peu, c’est logique.
- Je pourrai piloter un peu, tout à l’heure, si tu veux, dit Joan.
- Demain sera suffisant. Ca permettra à Otho de faire une bonne pause avant qu’on arrive sur Terre. Je préfère qu’il soit opérationnel pour l’atterrissage à Vancouver, c’est un peu délicat de se poser hors des pistes. On aura besoin d’être tous prêts. Il vaut mieux que tu te reposes bien ce soir, cette nuit. Et que tu te prépares pour le décalage horaire. On arrivera en fin de matinée sur Vancouver, mais ce sera après une bonne journée de vol pour nous. Si tu veux être en forme pour notre séjour là-bas…
- Tu as raison.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 30. März 2013, 15:34:12 Uhr
 [animtwink] Bonjour Limeye,

Tu penses à tout et à tous! Crag et Mala  nous avaient manqué et j'aime bien la discussion avec Ken, cela fait très famille avec Victor en spectateur.

Ken est pas encore l'ado terrible et là j'ai une critique sur la méthode d'éducation: ils sont pas allés voir une conseillère d'orientation? Ils lui ont offert des vacances?  [nono]D'ailleurs tu le mets au lycée, et le Bac? Et s'il ne voulait plus être pilote et se découvre une vocation de boulanger? Non, plutôt un cuisinier finalement, avec Joan c'est plus utile! ;D

Je plaisante bien sûr, pov Ken obligé de suivre les traces de Curtis!

Plus sérieusement je me suis toujours demandé s'il n'avait vraiment plus aucune famille, il traîne dans le siège du gouvernement et c'est le seul : bizarre comme adoption. C'est Johnny qui doit être jaloux, même pas un mois!

Je vais devoir te laisser, cuisine et bientôt famille , bon dimanche de Pâques! [rabbit] [flower] [heart]

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 31. März 2013, 10:01:12 Uhr
Bonjour Elaine, bonjour à toutes !

pour Ken, je m'en tiens à une version basique : il est orphelin, famille inconnue, en tout cas, aucune information à ce sujet. J'ai juste imaginé que Curtis et Joan avaient fait des papiers pour officialiser le fait qu'ils en étaient les tuteurs légaux.

si je parle de lycée, c'est tout simplement parce que j'ai simplifié le système éducatif du futur : trois niveaux (plus un si on imagine la maternelle) : le primaire équivalent à ce que l'on connait, le lycée qui couvre toutes les années de l'adolescence (regroupant nos collège et lycée), puis l'université. C'est pour cela que même à 12 ans, Ken va déjà au lycée.

De même, Joan, Jelle et Davies, sont allés au lycée dès leurs 11 ans, à Ixiopolis.

pour cette journée de Pâques pour nous (mais pas pour eux, ça n'existe plus dans le futur), j'ai fait très court et sincèrement, je n'arrive pas à faire plus long. On croirait presque que c'est écrit par Elaine.  ;)
Mais j'avais beaucoup de mal à imaginer ce qui pouvait se passer dans le vaisseau durant les deux jours de voyage. Une journée comme celle d'hier, déjà, c'était pas mal. Mais faire plus... non. Donc, à part piloter, se détendre, manger et dormir, que voulez-vous qu'ils fassent ? Et bien, lisez la suite...  ;)

Joyeuses Pâques à vous toutes !  [rabbit] [flower]

Limeye  :)


A bord du Comète. 31 mars. Fin de nuit (heure d’Ixio)

Curtis a assuré le pilotage du Comète avec Grag une bonne partie de la nuit. Il vient de passer le relais à Otho et va s’octroyer quelques heures de repos. Ils ont encore quarantaine d’heures de vol devant eux. Il entre dans sa cabine, Joan dort profondément. Il se glisse à ses côtés et intuitivement, elle vient se blottir contre lui. Il sourit, heureux de cette présence, de cette entente aussi entre eux. Il ne peut s’empêcher de la serrer tendrement contre lui. Il devine qu'elle le cherche, dans un demi-sommeil, et très tendrement, il commence à la câliner. Elle se réveille, tremblante de désir, et il ne résiste plus à l’envie de lui faire l'amour.

- J'adore quand tu me réveilles ainsi, lui dit-elle avec ce petit sourire qu'il aime tant.
- Je peux te réveiller tous les jours comme ça, si tu veux, répond-il.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 31. März 2013, 21:51:09 Uhr
Bonjour Limeye,

Je viens de rattraper mon retard de lecture! J aime beaucoup comme tu as construit le passe de Joan, et comme Curtis la decouvre peu a peu- tres joliment ecrit!
Feras-tu de meme pour Curtis quand Joan viendra sur tycho?

"Je peux te réveiller tous les jours comme ça, si tu veux, répond-il."....hmmm est-ce une invitation a habiter ensemble?.... ;D
 
O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 1. April 2013, 10:23:21 Uhr
Bonjour Otho !

merci de ta lecture attentive. Je pense en effet dévoiler certaines "inventions" concernant le passé de Curtis dans les prochaines semaines. Il est temps que je m'occupe de lui, maintenant  :D !

je sème aussi quelques petits cailloux, notamment cette phrase que tu soulignes, qui vont sans doute m'aider à faire avancer le récit.

mais les voici à Vancouver pour quelques journées riches en émotions et événements... Voici le récit de cette journée.

bizz !

Limeye  :)


Vancouver. 1er avril. Début d’après-midi.


Le Comète s'est posé depuis une petite heure environ. Personne ne les attendait à l'aéroport, ils avaient décidé entre eux qu'ils rejoindraient les Ashton par leurs propres moyens. Deux taxis les ont rapidement conduits jusqu'à la grande maison de Jelle et Davies. Simon est resté en veille au vaisseau, Otho et Grag se sont disputés pour savoir lequel d'entre eux resterait avec le professeur, et Curtis a décidé qu'ils viendraient tous les deux saluer leurs amis, mais qu'ils ne devraient pas rester.

- Tu as vu, le printemps est arrivé ici, dit Joan à Ken, assis avec eux à l'arrière du taxi.
- Oui, c'est super ! On pourra offrir une fleur à Aziliz pour sa naissance...
- J'espère que Jelle va bien...
- J'espère que Davies tient le coup, dit Curtis pour sa part. Elle doit être insupportable. Et Narna...

Ils arrivent et Narna se précipite vers eux. Elle était en train de jouer dans le jardin avec son père.

- Ravis de vous voir tous, dit Davies en les saluant. Bonjour mère, bonjour père, ajoute-t-il à l'adresse de ses beaux-parents.
- Comment va Jelle ?

Il lève les yeux au ciel, pousse un gros soupir.

- Pour l'instant, ça va encore. Elle est soulagée de vous savoir enfin arrivés. Elle n'appréhendait qu'une chose : s'être trompée et qu'Aziliz naisse avant que vous ne soyez sur Terre. Je l'ai entendue chaque jour de la semaine passée dire à sa fille de ne pas sortir car vous n'étiez pas encore là ! Et qu'il ne fallait pas qu'elle gâche les vacances de son parrain et de sa tante ! Un vrai dragon, ajoute-t-il en riant.
- La dernière fois, elle se prenait pour une baleine..., dit Ken en plaisantant. On peut aller la voir ?
- Bien sûr ! Elle vous attend. Elle est dans le salon, normalement.

Joan et Salomé entrent les premières dans la maison, suivies de toute la petite troupe. Jelle est dans son canapé, son gros ventre en avant. Elle a des cernes sous les yeux, mais son sourire est si chaleureux que Joan et sa mère les oublient presque.

- Ma chérie ! Nous voilà. Nous avons fait bon voyage.
- Je suis heureuse que vous soyez enfin là. Je vais pouvoir me détendre et relâcher la pression. Miss Aziliz, dit-elle, en tapotant sur son ventre, maintenant, vous avez toute latitude pour sortir et venir saluer tout ce petit monde qui vous attend !

Joan sourit. Curtis s'avance et se penche vers Jelle pour l'embrasser.

- Alors, parrain ? Pas trop impatient ?

Il rit :

- Moins que toi !
- Tu as déjà des contractions ?, demande Joan.
- Non. Mais elle bouge, pff... qu'est-ce qu'elle bouge ! Plus que sa sœur.
- Elle doit avoir plus de place.
- C'est ce qu'ils m'ont dit à la clinique, il y a deux jours quand je suis allée pour un contrôle. Déjà, elle est dans le bon sens, et du bon côté. Bon, et vous, alors ? Ces vacances sur Ixio ? J'attends votre compte-rendu ! Capitaine ! Au rapport !
- Formidable, ce séjour. J'ai dû prendre deux ou trois kilos à cause de la cuisine de ta mère, mais je n'ai qu'une envie, c'est pouvoir retourner sur votre planète, Jelle.
- Tu as pris soin de Joan, au moins ? Tu n'as pas passé ton temps à tout explorer ?
- Oh, si, j'ai exploré ! Mais je pense que Joan n'aimerait pas que je t'en dise plus, donc, je me tairai.
- On a vu Mary-Ann et Faby, et aussi Solen et Mickaël. Tous t'embrassent très fort et attendent des photos..., intervient Joan.
- C'est gentil... Au fait, ma Joan, je ne t'ai pas encore embrassée pour ton anniversaire !
- Tu as fait des folies avec le papier... merci...
- C'est pour que tu réussisses enfin un portrait de Curtis digne de ce nom !

Ils éclatent de rire.

- J'avais plutôt l'intention de dessiner tes filles pour commencer.
- Nan ! Je veux que tu réussisses son "fichu" regard. Bon, quelle heure est-il ? Vous avez peut-être un peu soif et faim, non ?
- Oui !, s'écrie Ken.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 1. April 2013, 10:37:48 Uhr
 Bonjour Limeye,  [jump]


Tu ne vas pas la faire naître le 1er avril ? ;D allez elle est pas terrible mais avec tes images de baleine, où qu'il est le romantisme du ventre rond?

Biz [happywave]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 2. April 2013, 07:46:17 Uhr
Vancouver. 2 avril. 11h

Après une bonne nuit de sommeil, tout l’équipage a récupéré du voyage. Salomé s’active à la cuisine, Victor et Grag lui apportent de l’aide. Elle est un peu surprise de la proposition du robot, mais découvre avec joie qu’il est bon cuisinier. Et comme tous ceux qui les côtoient, elle oublie bien vite que Grag et Otho sont des êtres artificiels.

Curtis a demandé à Otho d’occuper Narna, pendant que lui-même fait faire ses révisions à Ken. Le jeune garçon est de meilleure composition que dans le Comète, et pour l’heure, Curtis évite de se lancer dans une discussion trop sérieuse avec lui. "Chaque chose en son temps, se dit-il. Cela ne sert à rien de bousculer Ken, il ne m’écouterait pas car il est trop préoccupé par l’arrivée d’Aziliz. Dans quelques jours, ce sera plus facile."

Jelle et Joan se sont enfermées dans la chambre d’Aziliz, pour y faire les derniers préparatifs et discuter un peu tranquillement toutes les deux.

- Je suis vraiment heureuse que vous soyez tous là, Joan, tu sais. Aziliz va naître en famille. Ca a été avec papa et maman ?
- Très bien. Je peux dire sans me tromper qu’ils étaient enchantés de faire la connaissance de Curtis et c’était réciproque.
- Il est difficile de ne pas l’apprécier quand on le connaît… Maman est sous le charme ! A se demander si Davies ne va pas baisser dans son estime, après votre séjour.

Joan rit :

- Cela m’étonnerait ! Elle adore son gendre, tu sais bien ! Tu n’as aucun souci à te faire.
- Je plaisantais. Mais raconte-moi un peu plus ce que vous avez fait ? Tu disais que vous aviez vu Mary-Ann et les autres ?
- Oui, on a passé une journée à Ixiopolis, je voulais d’une part lui présenter les amis qui étaient disponibles, et je suis d’ailleurs très heureuse de les avoir revus et que Faby ait pu être là aussi, et je voulais aussi lui faire visiter la ville. Ixiopolis est bien représentative de notre planète, de l’esprit de ses habitants.
- Et quoi d’autre ?
- On a été à la pointe du Ponant aussi, et John nous a emmenés faire une sortie en bateau, jusqu’à Ennis Glaz. C’était vraiment gentil de sa part. Victor et Peter sont venus avec nous. Les autres jours, on est resté à Glenogan. On avait besoin de se reposer, et je voulais aussi passer du temps avec nos parents. On s’est baigné tous les jours.
- Te connaissant, tu as aussi dû le faire dormir sur la plage au moins une fois !
- Deux ! Pour les levers de Calenda…
- Qu’est-ce qu’il t’a offert pour ton anniversaire ? Je vois un collier, là, mais pas ce que tu caches au bout…
- Il m’en a offert deux, répond Joan gravement. Une très belle parure - il est fou ! - des diamants bleus de Neptune, et celui-ci, dit-elle en sortant le petit morceau de métal de son corsage.

Jelle le regarde avec attention, fronce un peu les sourcils, réfléchit à voix haute :

- C’est un morceau de métal… du Phénix ?
- Oui, comment as-tu deviné ?
- Je crois que cette aventure, ni toi, ni lui, ni aucun de ceux qui l’ont vécue, n’est prêt à l’oublier. Et nous non plus. Vous nous avez fait si peur ! Et je crois qu’il s’est rendu compte de beaucoup de choses te concernant au cours de ces semaines que vous avez passées ensemble. Il était prêt à se sacrifier pour que tu vives !

Jelle prend le petit morceau de métal dans sa main, puis regarde Joan :

- Ce bijou n’a pas de prix, Joan, n’est-ce pas ? Il pouvait difficilement t’offrir quelque chose de plus précieux.

Joan hoche la tête. C’est aussi ce qu’elle ressent.

- Il aurait pu ne pas t’offrir la parure de diamants bleus.
- Je sais. Elle est très belle, je vais te la montrer, elle est dans mon sac. Mais je pense qu’il voulait aussi m’offrir quelque chose que je pouvais porter pour une occasion particulière, une soirée…
- Oui, bien sûr.

Jelle se prend les reins à ce moment-là et soupire :

- Il est temps qu’elle sorte, j’ai de plus en plus mal au dos. Tu as vu le bide qu’elle me fait, quand même, elle exagère ! Des fois, je me demande s’ils ne sont pas deux…

Joan rit :

- Ce n’est pas ta fille qui exagère, c’est toi !
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 2. April 2013, 21:27:22 Uhr
Salut Limeye,

j'attends la naissance d'Aziliz avec impatience.... juste comme Jelle.... ;D ;D [jump]
Demain (l'anniversaire de ma grandmère décédée) peut-être?  ;)
 [happywave]
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 2. April 2013, 21:44:51 Uhr
Bonsoir Tachi !

La naissance approche, mais tu me donnes envie de changer la date, du coup !

Comment faire ?

Je réécris les prochains jours alors  ???

J'ai encore un peu de temps  ;)

Bonne soirée !

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 3. April 2013, 11:14:43 Uhr
Hello à tous, étant clouée au lit avec une gastro, je demande un peu d'indulgence pour ce passage que j'ai réécrit afin de pouvoir offrir une naissance à Tachi aujourd'hui... j'espère qu'il n'y a pas d'incohérence.

bonne journée !

Limeye  [crazy]


Vancouver. 3 avril. 02h

Cela fait environ trois heures que Jelle a des contractions, mais elles sont encore très espacées et elle préfère attendre un peu pour partir à la clinique. Elle se souvient encore des deux fausses alertes pour Narna et n’a vraiment pas envie de passer les prochaines heures dans sa voiture à faire des allers-retours. Elle alterne des moments allongée dans sa chambre et d’autres où elle arpente le couloir et les escaliers d’un pas décidé.

Toute la maisonnée est réveillée, et il devient de plus en plus difficile de faire tenir Narna et Ken en place. Finalement, Davies prend la décision d'emmener sa femme à la clinique.

- Bon, on va y aller, ma chérie.
- Tu crois ? Tu crois que ça a vraiment commencé ? Elles sont encore très espacée, tu sais...
- Oui, d'accord, mais je pense qu'il vaut mieux partir dès maintenant.
- Si tu insistes...
- J'insiste parce que je ne veux pas partir à la dernière minute et je ne veux pas que tu accouches dans la voiture !
- Avec Curtis à nos côtés, il n'y aurait aucun souci.
- Sauf qu'il n'a jamais assisté à un accouchement...
- Et bien, il faut un début à tout. Comme cela, il sera prêt pour quand ça arrivera à Joan !

Davies lève les yeux au plafond.

- Arrête de dire des bêtises, allez, j'embarque les sacs et si dans 5 minutes tu n'es pas prête, on appelle Grag et c'est lui qui te portera jusqu'à la voiture.
- De toute façon, il faut les appeler car il va bien falloir qu'ils viennent s'occuper des enfants. Papa va rester ici, mais tout seul...

Davies sort de la chambre, gagne le salon, où toute la famille est rassemblée, Curtis tentant vainement de calmer Narna.

- Elle est enfin décidée, ou plutôt, j'ai décidé pour elle. On y va. Qui vient avec nous ?
- Moi, moi, moi !!!

Ce sont Ken et Narna qui ont répondu.

- Non, vous, vous restez ici avec papi.
- J’ai prévenu Otho et Grag. Ils vont venir aussi, ils sauront bien les occuper et Victor ne sera pas tout seul à les gérer, dit Curtis.
- J'allais te le demander, Curtis. Merci.

Une demi-heure plus tard, ils arrivent à l’hôpital. Jelle est aussitôt prise en charge, Davies la rejoint peu après dans la salle d’accouchement. Pour Salomé, Joan et Curtis, l’attente va commencer. Au fil des heures, les deux femmes vont relayer Davies auprès de Jelle.

Vers 8h, ils voient arriver Otho avec un panier et des provisions.

- Je me suis dit que vous auriez peut-être un peu faim...
- Quelle excellente idée, Otho !, s'écrie Salomé.
- Comment ça va ?, demande l'androïde, curieux.
- Pour l'instant, tout se passe bien. Elle ne souffre pas trop, les contractions sont régulières et elle a perdu les eaux. Il y en a encore pour quelques heures.
- Et à la maison ? Les enfants ?, demande Joan.
- On a réussi à les coucher peu après votre départ. Narna était presque plus calme que Ken. Il devient de plus en plus chien fou ! Ils dormaient encore quand je suis parti.
- Il a toujours été chien fou, Otho, c'est juste que tu n'as plus l'habitude de l'avoir dans les pattes ! Tu restes avec nous ?, demande Curtis.
- Non, j'ai promis à Grag de ne pas m'attarder et de lui rapporter des nouvelles.
- On vous appellera quand elle sera là.
- Vous avez intérêt, dit-il en s'éloignant dans le couloir.

Le petit encas apporté par Otho leur fait du bien à tous les trois, et Salomé prépare aussi un sandwich pour Davies. Joan bâille un peu et s'appuie contre l'épaule de Curtis. C'est Salomé qui assurera le relais avec le futur père quand il reviendra. Curtis a passé son bras par-dessus son épaule, et dépose de légers baisers dans ses cheveux.

- Dors un peu, si tu veux, je te tiens. On n'a quasiment pas dormi de la nuit.

Mais elle glisse et finalement, s'allonge à moitié sur les fauteuils de la salle d'attente, la tête posée sur ses genoux. Il lui caresse doucement les cheveux et pense à ce qui se passe de l'autre côté du mur. Une naissance. Il n'a jamais assisté à un accouchement, mais il imagine assez bien comment cela doit se passer. Il se demande aussi ce que Jelle peut bien raconter à l'équipe qui l'entoure. Il sourit à cette idée, et se dit qu'elle doit bien les amuser. Joan lui a raconté un peu plus tôt la naissance de Narna, et comment elle avait fini par insulter toute l'équipe car seul Davies avait pu rester auprès d'elle pour les derniers moments. Alors que Jelle aurait aimé que Joan et sa mère soient également présentes. Il sait que même si l'attente est longue pour eux, ce n'est rien à côté du travail que la future maman doit fournir, de la douleur qu'elle a à dominer, la peur aussi un peu, et faire face à cet inconnu merveilleux.

Vancouver. 3 avril. 11h28

Aziliz pousse son premier cri. C'est son père qui la reçoit dans ses bras, très ému. Même si c'est leur deuxième enfant, c'est quand même un moment très fort pour Davies. Il regarde sa femme avec tendresse. Jelle a été très courageuse, une fois encore. Il se redresse et lui apporte la petite fille, la dépose sur sa poitrine. Elle n'a qu'une main de libre, l'autre étant bloquée par une perfusion.

- Tu crois qu'elle aura les yeux de Mamik ?, demande Jelle à son mari.
- Tu sais bien qu'il est trop tôt pour le savoir... regarde comme elle est belle !
- Oui...

Peu après, la sage-femme récupère Aziliz et accompagnée de Davies, elle la prépare. C'est seulement un peu avant midi que Davies sort avec elle dans le couloir pour la présenter à Salomé, Joan et Curtis.

- Oh, petite puce, dit Salomé en la prenant délicatement dans ses bras. Comme tu es belle ! Aussi belle que ta grande sœur... Regarde là...

Puis Salomé la tend à Joan qui la prend à son tour dans ses bras et se rapproche de Curtis. Emu et un peu étonné aussi, il regarde la toute petite fille, son visage un peu rouge, mais ses traits fins, sa houppette de cheveux sombres, son petit poing serré. Joan le regarde un instant, sourit, devinant son émotion.

- Bienvenue parmi nous, Aziliz, murmure-t-il avec un sourire. 
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 3. April 2013, 14:56:33 Uhr
 [eyeheart] [baby] [loveya] et oui on oublie jamais [heart]  (j'ai ma période smileys)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 3. April 2013, 20:17:46 Uhr
Bonjour Limeye,

Super ce passage sur la naissance!

Et le Curtis, tout emu... ca lui donnerait pas des idees hein?  [naughty]

Bon courage pour la gastro....c'est pas drole ces bestioles...

Bon retablissement!

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 3. April 2013, 21:15:59 Uhr
Merci, Limeye......c'est un cadeau très particulier pour moi.... [jump] [loveya]!
Bon rétablissement !
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 4. April 2013, 09:52:48 Uhr
Bonjour à toutes !

Elaine : j'avais remarqué pour ta période smiley

O-tho : c'est possible que ça lui donne des idées  ;)

Tachi : contente de t'avoir fait ce cadeau pour ce jour particulier pour toi.

Merci de vous inquiéter de ma santé, je vais un peu mieux ce matin, même si je squatte encore mon lit. Vive les portables et les rallonges pour les connexions internet... voici le début de cette nouvelle journée à Vancouver. Je pense ajouter un petit morceau pour l'après-midi, mais je veux le retravailler encore un peu.

Belle journée à vous, c'est grand soleil chez moi  :) !

Limeye  :)


Vancouver. 4 avril. Le matin


Un beau soleil printanier éclaire le jardin, entre par les fenêtres. Après la longue nuit de veille et une journée assez fatigante, tout le monde dort encore. Davies est rentré tard hier soir, avec Salomé. Jelle voulait qu'ils restent un peu avec elle, et sa mère l'a aidée pour la dernière tétée avant la nuit.

Joan ouvre un oeil, s'étire. Déjà le jour ! Elle se redresse légèrement, jette un regard à la montre de Curtis qu'il a posée sur la table de nuit, il est plus de 9H, pourtant pas un bruit dans la maison. Ken et Narna dorment encore... ce n'est pas étonnant de la part de Ken, mais Narna...Bon, je vais me lever, car à mon avis, elle ne va pas tarder à se réveiller elle aussi et je ne voudrais pas qu'elle fasse trop de bruit ! Maman et Davies ont besoin de récupérer...

Elle va pour se glisser hors du lit, mais la main de Curtis la rattrape, frôlant sa hanche, entourant sa taille, pour finalement l'attirer tout contre lui.

- Bonjour mon amour, tu te lèves déjà ?
- Il est plus de 9H, je pense que Narna ne va pas tarder à sortir de son lit, je ne veux pas qu'elle réveille les autres. Maman et Davies notamment ont besoin de dormir, ils sont rentrés tard hier et n'ont pas récupéré comme nous.
- Hum..., grogne-t-il à moitié. Si c'est pour la bonne cause, je te lâche, mais je n'en ai aucune envie !

Et il accompagne ses mots de quelques caresses très suggestives.

Une demi-heure plus tard, Joan sort de la chambre, file à la salle de bain, se lave et s'habille rapidement, puis descend au rez-de-chaussée. Elle a écouté à la porte de Ken et de Narna, les deux enfants dorment encore. Mais elle sait que son père ne va pas tarder à se lever, et que sa mère suivra. Elle veut leur préparer le petit déjeuner.

Elle prépare la table, commence à découper du pain et des tranches de la brioche qu'elle a faite hier après-midi. Curtis la rejoint.

- Je m'occupe du café.

Elle sourit.

- Tu le fais si bien !
- A ce point ?
- Oui, tu le doses parfaitement !
- Au gramme près, tu crois ?
- J'en suis sûre !

Ils entendent alors les petits pas de Narna, qui vient se jeter dans les jambes de Joan. Elle la prend dans ses bras, lui fait un câlin.

- Bonjour, ma puce. Tu as fait un gros dodo !
- Bonjour, marraine ! Est-ce que je vais revoir maman et Aziliz aujourd'hui ?
- Oui, normalement nous pourrons aller les voir cet après-midi, mais peut-être qu'on ne pourra pas rester trop longtemps, si maman est encore fatiguée.

La petite fille redescend puis entre dans la cuisine où Curtis s'active autour de la cafetière.

- Tonton ! Bonjour !
- Bonjour, Narna !

Il est un peu étonné qu'elle l'appelle "tonton", mais c'est son nouveau jeu. Elle réclame ses bras, il repose la boîte du café et l'attrape. Elle le serre fort autour du cou, son doudou pendouillant sur l'épaule du jeune homme.

- Tu as faim ? Marraine a préparé le petit déjeuner.

Ils s'installent tous les trois, mais Narna ne veut pas quitter les genoux de Curtis. Pas très facile de manger avec une petite coquine qui commence à gigoter !

Victor est le premier à les rejoindre, puis Davies et Salomé. Le jeune papa a encore les traits tirés. Dès qu'il entre, Narna se précipite vers son père. Comme elle est déjà agitée, il l'envoie réveiller Ken.

- Ca l'occupera. J'aime bien déjeuner tranquillement. Elle vous a réveillés ?
- Non, on était réveillé avant elle, mais je n'ai pas tardé à me lever, je savais qu'elle ne serait pas restée au lit très longtemps, dit Joan.
- Maintenant, il va falloir l'occuper toute la matinée. Je parie qu'elle a déjà demandé à voir sa mère et sa soeur.
- Bien vu ! Ne t'inquiète pas, on va s'en occuper. Si tu veux te reposer un peu...
- Ce n'est pas de refus. J'avoue que je retournerai bien m'allonger un peu ce matin.
- Profite que nous sommes là !

Après le déjeuner, Joan s'occupe en effet de sa petite filleule. Elle l'aide à s'habiller, puis elles vont dans le jardin. L'herbe est encore humide de rosée, mais la petite fille veut jouer au ballon. Elles sont en pleine partie, quand Grag et Otho font leur apparition. Eek et Oog s'empressent de les rejoindre et très vite, Narna ne sait plus si elle tape dans sa balle ou dans Oog. Elle rit aux éclats quand son ballon se transforme en fleur ou en poupée.

- Je voudrais que vous restiez tout le temps avec nous !, dit-elle à ses petits amis.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 4. April 2013, 16:18:34 Uhr
Voici la fin de cette journée. Ca me trottait dans la tête de faire un petit dialogue entre une mère et sa fille, voilà ce que ça donne.

A plus tard !

Limeye  :)


Vancouver. 4 avril. L'après-midi.

La veille, seule Narna avait pu voir sa petite soeur, en fin de journée. Et c'est seulement cet après-midi que toute la famille va rendre sa première visite à Jelle et à Aziliz. Mais Salomé veille : pas plus d'un quart d'heure, il faut laisser la maman récupérer.

Jelle a les traits tirés, elle n'a pas beaucoup dormi depuis deux jours. Aziliz mange bien, et comme tous les petits bébés, elle dort quasiment toute la journée. Néanmoins, à cette heure, elle est réveillée et c'est avec plaisir que chacun la regarde et l'accueille.

- Nous reviendrons te voir demain, si tu vas bien, dit Salomé. Repose-toi. Ne t’inquiète pas pour nous et pour Narna, on s’occupe de tout.
- Je sais. De toute façon, je ne peux rien faire pour vous…
- Et tu n’as rien à faire non plus !, lui répond sa mère d’un ton un peu sévère.
- Maman...
- Il n'y a pas de "maman" qui tienne. Occupe-toi déjà de toi et de ce petit bout de chou, et ne te fais aucun souci pour nous. Avons-nous l'air de nous porter mal ? Hum ? Penses-tu que ton aînée est maltraitée ? Entre Grag et Otho qui ne savent plus quoi inventer pour lui faire plaisir, et Joan qui peut profiter de sa filleule, sans compter son papi qui la gâte... Heureusement qu'Ezra n'est pas encore arrivé...

Pour toute réponse, Jelle sourit à sa mère.

- Merci, maman, vous êtes tous adorables. A demain.
- A demain, ma chérie.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 5. April 2013, 11:43:14 Uhr
Vancouver. 5 avril. Début d’après-midi.

Curtis a prévu une grande promenade avec Ken, pour pouvoir discuter sérieusement. Ils iront peut-être voir Jelle en fin de journée, Davies les préviendra si elle est en état de les recevoir ou pas. Aziliz a un peu tendance à s’endormir pendant la tétée et Jelle est encore bien fatiguée.

- Ken, il faut vraiment que tu travailles sérieusement ces trois derniers mois. Tu pourrais perdre ton année. Tes notes en espagnol sont catastrophiques. En physique-chimie, tu tiens la route, en mathématiques, j’espère que tu as bien compris ce que je t’ai expliqué pour la géométrie. Et il faut que tu soignes ton anglais. Quant à la langue internationale, tu avais de bons résultats jusqu’à présent, j’ai l’impression que tu décroches. Il ne reste que l’Histoire et la géographie spatiale où tu as vraiment de bonnes notes, ce dont je te félicite d’ailleurs, mais ce n’est pas suffisant.

Ken baisse les yeux. Il sait qu’il trahit un peu la confiance que Curtis et Joan, mais aussi Jelle et Davies, lui ont accordée. 

- Ken, je sais que tu te sens seul à New York. Joan te récupère autant que possible, mais elle ne peut pas faire plus. Quand Jelle et Davies étaient encore là, ça ne posait aucun problème quand elle partait en mission, puisqu’ils te récupéraient, bien gentiment d’ailleurs. Mais là, ce n’est plus possible. Tu as préféré rester au lycée là-bas, plutôt que venir ici, avec eux. Je comprends que tu aies voulu tenter l’expérience, c’était courageux de ta part, mais il faut aussi que tu assumes ce choix. Je te le redis à nouveau, ce n’est que pour une année. Mais la contrepartie, c’est que tu la réussisses ! Je n’ai pas envie que tu sois obligé de redoubler, alors que nous savons tous, et toi le premier, que tu peux faire bien mieux ! Jusqu’à l’an passé, tu t’en sortais bien, tu avais une bonne moyenne. Peux-tu m’expliquer ce qui se passe vraiment ?
- C’est dur. Les cours sont plus durs que l’an dernier.
- C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour travailler en dilettante. Est-ce la seule raison ?

Curtis fixe le jeune garçon, qui a repris son air boudeur.

- J’ai l’impression que plus personne ne s’occupe de moi. Et même si je suis super content de la naissance d’Aziliz, Jelle va avoir encore moins de temps qu’avant pour m’appeler quand vous ne serez pas là.
- Ken, ce sont Joan et moi avant tout qui avons la responsabilité de toi. Jelle et Davies nous aident et t’aident aussi. Mais c’est à Joan et à moi que tu dois d’abord parler en cas de souci. Et quelque chose te soucie, j’en suis certain.

Il hausse les épaules, grogne un peu.

- Est-ce que cela a à voir avec Joan et moi ?
- Mouais… je suis content, hein, pour vous… faut pas croire… tu as pris ton temps, il était temps…
- Bon, ne me fais pas la morale sur ce sujet, ok, Ken. Mais dis-moi plutôt en quoi cela te contrarie.
- Ca ne me contrarie pas, c’est juste…
- Juste quoi ?
- Ben… vous vous occupez moins de moi.

Ken relève les yeux, un peu inquiet, vers Curtis. Celui-ci a le regard sérieux, mais pas fâché.

- Ken, je sais. Tout cela n’est pas simple à organiser. Ni pour Joan, ni pour moi. D’une part, nous essayons de nous voir le plus possible, parce que c’est ce que nous voulons elle et moi. Mais nous ne voulons pas négliger non plus ni notre vie professionnelle, ni nos amis. Grag, Otho et Simon sont un peu dans la même situation que toi.
- Sauf qu’ils sont tous les trois ensemble, et que eux, ils ne vont pas au lycée !
- C’est vrai. Nous parlons beaucoup de toi, Joan et moi, et nous réfléchissons à ce qui serait la meilleure solution pour toi pour la prochaine année scolaire. Mais cela ne pourra se réussir qu’avec ta participation et ton accord ! J’aimerais que tu t’en rendes bien compte.

Ken baisse toujours la tête. Il se sent un peu piteux. Lui aussi a attendu longtemps et espéré qu’enfin Joan et Curtis forment un vrai couple, mais il n’imaginait pas vraiment les conséquences de ce changement, ni que cela aurait des répercussions sur sa propre vie. Il s’en veut un peu de regretter le temps d’avant, et se sent tiraillé dans ses sentiments.

Ils marchent un moment en silence, Curtis veut laisser un peu de temps à Ken pour que ses réflexions avancent. Puis ils s’installent sur des gros rochers, en bordure d’un petit bois.

- Ken, je ne veux pas que tu crois que tu comptes moins qu’avant pour nous. Tu fais partie de notre famille, et tu sais combien le mot "famille" peut avoir de l’importance pour nous, pour Joan comme pour moi. Pour elle, tu es comme un petit frère, moi, parfois, je ne sais pas trop… un frère ou un fils. Tu n’as plus tes parents, moi non plus, et quant à Joan… tu sais très bien ce qui est arrivé à sa mère. C’est important pour elle, comme pour moi, d’entretenir des liens forts avec les gens qui comptent pour nous. Et tu fais partie de ces gens, Ken, tu ne dois pas en douter. Je ne veux pas que tu en doutes, insiste-t-il.

Ken le regarde, à la fois ému et toujours un peu inquiet. Il ne sait pas vraiment comment expliquer à Curtis ce qu’il ressent, mais il devine que ce dernier a bien compris sa situation.

- Qu’est-ce que je dois faire, Capitaine ?

Curtis sourit à cette manière dont Ken l’appelle parfois.

- D’abord, ne pas considérer la pension et le lycée comme une punition. Ce n’est pas le cas. Tu sais qu’il est important d’apprendre, si Simon, Grag et Otho ne m’avaient pas appris tout ce que je sais, j’aurais été incapable d’être ce que je suis aujourd’hui ! Pour Joan, c’est pareil. Pour Jelle et Davies aussi. Eux aussi ont été au lycée, ils ont bûché dur pour réussir leurs études et leur vie professionnelle. Même si Jelle ne travaille plus qu’à mi-temps désormais avec les filles, ça ne veut pas dire qu’elle n’a pas été sérieuse à ton âge ! Tu imagines bien que Salomé et Victor étaient attentifs à leurs résultats à elle et à Joan !
- Oui.
- Si tu rencontres des difficultés pour certaines matières, tes professeurs sont là pour t’aider, et tu peux aussi nous en parler, à tous. Il y a toujours une solution à un problème.

Ken hoche la tête, reste pensif, puis dit :

- J’aimerais habiter encore avec Joan. Ca me plaisait bien. Elle s’occupait bien de moi.
- Je sais, répond Curtis en souriant. Très bien, même. Et elle continue à le faire le mieux qu’elle peut, je te l’assure. Elle se préoccupe beaucoup de toi, simplement, ce n’est plus aussi facile pour elle de te le montrer, car elle te voit moins. Et de toute façon, il ne sera pas possible que tu retournes vivre avec elle au quotidien, comme avant. Non à cause de moi, car cela ne serait pas un souci, mais parce que personne ne peut s’occuper de toi à New York quand nous partons en mission.
- Et pourquoi je ne partirais pas avec vous ?
- Parce que nous avons estimé, et tu étais d’accord, qu’il fallait que tu suives une scolarité normale.
- Je voudrais continuer à partir avec vous. Pourquoi ce ne serait pas possible ? Si je réussis la fin de mon année, est-ce qu’on pourra y penser pour l’année prochaine ?
- Avant d’envisager l’organisation de ta prochaine année scolaire, il faut terminer celle-ci. Et la terminer bien. Pour l’an prochain, il y a deux solutions, pas trois, Ken. Deux. Soit venir habiter à Vancouver avec Jelle et Davies, ils sont prêts à t’accueillir, et passer le maximum de temps avec nous, pendant les vacances et les missions scientifiques. Soit faire la même chose que cette année, la pension à New York, et Joan et moi te récupérons aussi souvent que possible. Dans ce cas, nous envisageons aussi de ne te mettre en pension que lorsque nous serons absents. C’est ce que nous avons à te proposer. J’en ai parlé avec la directrice du lycée et elle est prête à accepter cette formule. Mais tu as encore du temps pour prendre ta décision. Seulement, ces deux solutions ne sont envisageables que si tu fais mieux qu’à l’heure actuelle, cela n’est pas négociable.
- D’accord, dit Ken, finalement pas fâché de s’en tirer à si bon compte.

Il sait très bien qu’il n’a pas à se plaindre. Et il se sent soulagé aussi d’avoir d’autres perspectives pour la prochaine année. Curtis le regarde et se dit qu’il n’est vraiment pas simple d’avoir à s’occuper d’un adolescent. Il lui est difficile aussi de se mettre à la place de Ken, à son âge, ce qu’il vivait était bien différent.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 5. April 2013, 18:51:26 Uhr
Bonjour Limeye,

Super ce dialogue entre Ken et Curtis!  [goodjob]

Ken en bon ado egoiste, qui nous fait son petit Calimero...Et Curtis cerebral et logique, fidele a lui meme....tres reussi!

Au plaisir de lire la suite,

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 6. April 2013, 10:48:56 Uhr
Bonjour O-tho !

merci de ton avis ! Cette scène m'a été un peu "soufflée" par Elaine et c'est vrai que je me suis dit que c'était bien de faire évoluer Ken aussi en parallèle. Au début, il est ravi que Curtis et Joan soient ensemble, puis après, il en mesure les conséquences... même si le fait de se retrouver en pension est plus lié au départ de la famille Ashton pour Vancouver, puisque plus personne ne peut s'occuper de lui quand Joan et Ezra partent.

Ken va être un peu plus "présent" comme personnage dans les prochains jours aussi. Voici cette dernière journée complète à Vancouver. Un peu fleur bleue, je trouve, mais bon... C'est le contexte qui veut ça. Et je suis assez peu satisfaite des scènes entre Joan et Narna, que j'aurais aimé rendre plus complices, enfin, les écrire autrement. Bref, vous me direz !

bizz

Limeye  :)


Vancouver. 6 avril.

Ezra est arrivé de New York, lui aussi veut voir la petite poupée. Il repartira avec les Futurmen demain, Joan reprend le travail avec lui lundi. Il ira voir Jelle et Aziliz avec Davies en fin d’après-midi, les visites sont limitées car Jelle a du mal à récupérer. Elle ne rentrera chez elle qu’en début de semaine prochaine. Elle n’ose pas l’avouer, mais elle est bien contente que ses parents soient là pour une durée indéterminée. Elle va pouvoir se consacrer uniquement à ses filles, sans avoir à se préoccuper du quotidien de la maison.

Joan profite de ses journées pour s’occuper de Narna. Elle a rarement l’occasion d'être avec  la petite fille depuis qu’ils sont partis pour le Canada, et ces quelques jours avec elle sont un vrai bonheur pour l’une comme pour l’autre. Elles jouent beaucoup ensemble, Joan retrouve le plaisir simple de jouer à la poupée. Narna a mis Grag et Otho à contribution pour lui construire une cabane. Les deux amis sont enchantés de faire la "nounou", et Joan s’occupe d’aider la fillette à en aménager l’intérieur. Victor a dégagé un espace dans le jardin pour l’y installer et prépare des fleurs pour en décorer le tour.

Curtis, Ezra et Davies se disent que c’est presque une vraie maison que l’androïde et le robot ont construite pour la petite fille.

L’après-midi, Salomé et Joan se relayent pour faire des crêpes pour tout le monde, et après le goûter, Joan, Curtis, Davies et Ezra retournent voir Jelle et Aziliz.

Quand ils arrivent, la petite fille est réveillée, Jelle peut désormais se lever et l’a changée. Elle va un peu mieux, et est ravie de voir Ezra. Celui-ci lui offre le cadeau qu’il a ramené pour elle. C’est une jolie petite robe antillaise qu’il avait achetée durant ses vacances, cet hiver.

- Tu as pris des risques en achetant une robe à cette époque ! Ca aurait pu être un garçon !
- Je n’ai pas ton intuition, ni celle de Joan, mais j’étais persuadée que tu aurais une autre fille, ne me demande pas pourquoi, Jelle !

Elle rit et le félicite pour le choix.

- Elle sera ravissante dedans pour cet été… Merci beaucoup, Ezra ! Prends-la un petit peu dans tes bras, si tu veux. Elle est de bonne composition pour cela. Pas comme Narna qui ne voulait pas me quitter.
- Tu avais du mal à la lâcher aussi…, fait remarquer Davies. Mais tu avais une bonne excuse…

Pour une fois, sa femme ne réplique rien, et cela étonne Curtis. C’est rare que Jelle n’ait pas le dernier mot. Il se dit que cette naissance a dû avoir des répercussions sur son répondant.

Jelle s’empare de son appareil photo et commence à faire quelques portraits. Tout le monde y a droit, et Curtis ne peut pas y couper. Il se retrouve avec sa filleule dans les bras, elle lui fait un étrange sourire. Puis Joan pose à ses côtés, il tient la petite fille entre eux deux.

La soirée se passe tranquillement, Joan prend le temps de jouer aux dominos avec Narna et de lui lire des histoires. Demain, ils retrouveront tous New York et elle veut profiter des dernières heures ici pour passer le plus de temps possible avec la petite fille qu’elle ne reverra sans doute pas avant l’été.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 6. April 2013, 12:51:59 Uhr

Jelle s’empare de son appareil photo et commence à faire quelques portraits. Tout le monde y a droit, et Curtis ne peut pas y couper. Il se retrouve avec sa filleule dans les bras, elle lui fait un étrange sourire. Puis Joan pose à ses côtés, il tient la petite fille entre eux deux.


Jelle est vraiment redoutable ;D, j'aime beaucoup l'idée, coincé ;D n'empêche si tu as un exemplaire, cela doit être trop chou (comme dirait ma fille avant que je lève les yeux au ciel) [eyeheart]

bizz,
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 6. April 2013, 18:36:39 Uhr
Bonjour Limeye,

cette histoire se démarque tellement des autres, en ce sens qu'elle est vraiment centrée sur les petits (et grands) bonheurs tout simples de la vie, tels qu'on les aime! Ici, pas de tension, de danger de mort, de menace quelconque, seulement la vie simple de tous les jours avec les êtres chers, avec ses joies et ses peines... Ça me fait comme un baume au coeur de la lire, et ça détend!

P.S. J'ai beaucoup apprécié toutes les descriptions sur Ixio, Glenogan et toutes ces régions aux noms écossais. Je n'ai jamais eu la chance d'aller en Ecosse ou en Irlande (j'ai une ascendance irlandaise par mon père), mais je compte bien y aller un jour avec ma soeur et mon beau-frère, qui est originaire d'Édimbourg. Elle l'a rencontré lors d'un voyage en Grande-Bretagne, et ce fut le coup de foudre! Ils sont maintenant mariés, et la seule ombre au tableau est qu'ils n'ont pas d'enfant, mais ils se rattrapent avec mes trois filles pour ce qui est de donner des câlins!

Ixio me semble vraiment une planète idéale pour vivre, j'y m'installerais sans hésiter!  ;)

Flamme

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 6. April 2013, 19:20:55 Uhr
Bonjour Flamme,

oui, cette histoire est totalement différente et originale pour cela, le plus dur pour moi est de tenir le calendrier... pour l'instant, je m'en sors. Dire que je partais sur une histoire très courte, à l'occasion du nouvel an et que j'ai franchi Pâques  ;D ! J'avais envie de décrire... ce sur quoi on s'arrête assez peu dans nos autres histoires. Et je sais que les lecteurs allemands apprécient aussi cette histoire que Tachi prend la peine de traduire à son rythme !

j'ai vraiment voulu prendre du temps pour parler d'Ixio, sur laquelle je ne m'étais finalement pas tellement attardée dans la Joan'story, ce que je regrettais un peu. J'ai toujours imaginé que Joan n'était pas née sur Terre, je ne sais pas pourquoi, un truc à moi  ;), et quand j'ai commencé à écrire, à vouloir parler d'elle plus que de Curtis (pour rééquilibrer les choses en quelque sorte), cette planète m'est revenue à l'esprit. Je ne reviens pas sur la petite présentation que j'en ai faite avant leur séjour sur Ixio, mais en ce qui concerne l'origine des noms, j'aime beaucoup l'Ecosse. Je n'y suis allée qu'une fois, mais j'ai vraiment été charmée par ce pays et par ses habitants. J'aime aussi beaucoup Walter Scott... j'ai eu envie de rendre hommage à cette terre en choisissant pour Ixio des noms d'origine celte, et sonnant particulièrement écossais. Les paysages, eux, sont plus inspirés de ma terre natale, une autre terre celte, la Bretagne. Quand je cherchais comment donner une vraie "personnalité", une vraie "profondeur" à Joan, tout en la démarquant de Curtis, en voulant lui donner une vraie originalité, j'ai pensé à la mer. A en faire une excellente nageuse, capable de le battre sur un terrain où la force musculaire est importante pourtant. Elle ne pouvait pas le battre à la lutte, ni aux arts martiaux, ni à la course... l'idée de lui donner aussi comme "hobby" le dessin vient également de là.

Je te souhaite vraiment de pouvoir aller un jour en Ecosse, personnellement, j'aimerai y retourner quand mon fils sera un peu plus grand. Cette année, nous allons en Irlande, dans le Donegal que nous n'avons encore jamais parcouru. J'espère en ramener aussi quelques idées dont je pourrai m'inspirer pour ce récit  ;)

bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 7. April 2013, 05:37:42 Uhr
New York. 7 avril. Milieu d'après-midi.

Curtis, Joan et Ken sont de retour à l'appartement. Cela fait bizarre à Joan, elle en est partie sans savoir qu'elle n'y remettrait pas les pieds avant de longues semaines. C'est pourtant une situation qui n'est pas rare, mais cela n'était pas arrivé depuis longtemps, et surtout... jamais elle n'avait enchaîné mission et vacances, sur Ixio et à Vancouver. Grag les a déposés sur le toit de l'immeuble avec le Cosmolem et a apporté les quelques cartons que Salomé avait préparés pour eux. Il y en a trois, grands et lourds, qui sont destinés à Tycho et qui sont restés à bord du Comète.

A peine arrivé, Ken se vautre dans un des fauteuils et va pour regarder un film. Curtis fronce les sourcils :

- Tu nous donnes un coup de main, Ken, pour ranger. Il faut aussi trier ton linge, pour demain.
- Pff... j'ai bien le temps, non ?
- Non, on s'y met maintenant, et après, on sera tranquille.

Ken se relève, un peu maussade. Mais ni Curtis, ni Joan ne se laissent prendre à l'air buté de l'adolescent. Ils ont bien compris la manoeuvre. Après avoir traîné un peu des pieds, Ken se met dans le rythme et en moins d'une demi-heure, tout est dégagé. Joan prépare une lessive pour qu'il puisse emporter du linge propre pour la semaine. Puis avant qu'il ne monopolise à nouveau le salon, elle s'installe pour écouter les messages qu'elle a reçus et appelle Davies pour les prévenir qu'ils sont bien rentrés.

Ils dînent ensuite tous les trois dans une bonne ambiance. D’autant meilleure que Ken est certain de passer au moins une soirée avec eux dans la semaine et qu’un week-end sur Tycho se profile à l’horizon. Il prierait presque pour qu’Anders ne les renvoie pas en mission avant un bon moment. Néanmoins, il pose la question :

- Pourquoi je ne rentre pas ici tous les soirs cette semaine ?
- Parce que ce n’est pas prévu avec le lycée, Ken, et on se tient à ce qui a été convenu. Sinon, il est difficile de négocier quelque chose si on ne tient pas nos propres engagements. N’oublie pas que les vacances approchent, que tu viens de passer deux semaines loin du lycée, et que dans deux semaines, tu seras à nouveau à Vancouver ou avec nous. Je pense qu’il y a pire, non ?, lui répond Joan.

Elle ne veut pas que ce soit toujours à Curtis de poser les limites. Elle sait qu’elle aussi doit le faire. Ken la regarde avec un grand sourire :

- C’était une blague.

Joan hausse les épaules, échange un regard avec Curtis.

**

Ils parviennent à mettre Ken au lit pas trop tard, après lui avoir accordé de regarder un western, et se réfugient dans la chambre de Joan. Ca va être leur dernière nuit ensemble, car demain, Curtis repart sur Tycho. Il est grand temps qu'il y retourne. 

- Je me relèverai pour le faire éteindre, ne t’inquiète pas, lui dit Curtis en retirant son pull et son t-shirt.
- Pas facile, en ce moment, n’est-ce pas ?
- Non. J’espère qu’on aura bien remis les choses à plat et qu’il fera les efforts nécessaires. On ne peut pas les faire à sa place.
- C’est certain, répond Joan en s’asseyant sur son lit. Que fera-t-on s’il redouble ?
- On avisera à ce moment-là. Mais je pense qu’il ne faut pas le lâcher pour éviter cela.

Elle opine. Elle se fait du souci pour Ken, depuis le début de son année scolaire. Les choses avaient pourtant bien démarré et il avait plutôt bien accepté la pension, en dehors des lundis matins. Mais ils se sont absentés longtemps à l’automne, et depuis le début de l’année… elle-même ne voit pas le temps passer et se dit qu’elle l’a finalement très peu vu au cours des dernières semaines. Elle secoue légèrement la tête, l’air anxieux. Curtis s’accroupit devant elle, torse nu.

- Tu te fais du souci ?
- Forcément. Pas toi ?
- Bien entendu. Mais je lui fais confiance aussi. Il n’a pas envie de refaire une année dans les mêmes conditions. Il va s’en tirer, tu verras.
- J’aimerais avoir ton optimisme !

Il prend ses mains dans les siennes :

- D’habitude, tu as plus d’entrain ! Je me demande si ce petit pli au front est vraiment uniquement lié à Ken…

Elle le regarde, les sourcils relevés. Il ajoute :

- N’est-ce pas aussi à cause du retour à New York ? Et de mon départ pour Tycho ?

Comment peut-il la deviner si bien ?

Elle retire ses mains des siennes et noue ses bras autour de son cou, pose la tête sur son épaule. De sentir son corps, tout près du sien, elle frissonne. Lentement, il commence à la dévêtir. Toujours blottie contre lui, elle ne voit pas son petit sourire : "Ken a monté le son… sacré filou !", pense-t-il.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 8. April 2013, 04:20:39 Uhr
Hello à toutes !

postage spécial pour Elaine pour son petit déjeuner avant qu'elle ne nous abandonne pour quelques jours. Comme ça, elle aura un peu moins de lecture à rattraper...

Bizz

Limeye  :)


New York. 8 avril. 8h58


Joan ouvre la porte de son bureau, Ezra est déjà là.

- Bonjour Colonel !
- Bonjour ma petite Joan, ça va ?
- Ca va...
- Ca a été avec Ken, ce matin ?
- Curtis s'en est occupé. Il fait un peu la tête, mais je dirais que ça va encore. Ca aurait pu être pire ! Curtis repart dans la matinée avec toute l'équipe.
- Vous vous voyez ce week-end ?
- Oui. Normalement, je récupère Ken mercredi soir, pour lui faire une petite coupure, et Curtis revient jeudi. On a prévu d'aller voir maman, après le travail. Et vendredi, on devrait repartir sur Tycho, il a à y faire.
- Il faut dire qu'il n'y a pas passé beaucoup de temps ces dernières semaines !
- Je dirais presque ces derniers mois pour être plus juste, tu sais !, dit-elle avec un petit sourire malicieux.
- J'imagine déjà Otho et Grag se plaignant de l'avoir sur le dos !
- C'est vrai ! Je n'avais pas pensé à cela, mais je vois bien la scène !

Ezra sourit et se dit qu'il a bien fait d'évoquer leurs deux amis, cela a chassé la légère tristesse qu'il voyait sur le visage de Joan.

Elle range son sac de voyage à sa place, à nouveau garni pour un départ en urgence, puis s'installe à son bureau, lui demande quelles sont les nouvelles. Elle va passer les deux premières heures de la matinée à prendre connaissance des dernières informations, Ezra mentionne une suite probable à leur mission sur Mercure.

- Nous avons démantelé seulement une partie du trafic, Joan. Il y a des ramifications. Je planche là-dessus depuis mon retour.
- Tu penses qu'on va devoir y retourner ?
- Pas forcément sur Mercure, on a bien fait le ménage, mais il y a plusieurs pistes : Titan et Ganymède.
- Hum, hum...

Peu avant la fin de la matinée, elle reçoit un appel sur son téléphone, c'est Curtis qui la prévient qu'ils sont bien rentrés sur Tycho.

- Tu déjeunes avec moi, Joan ?, demande Ezra. J'irais bien manger chez Li Yan.
- Si tu veux, colonel.

Elle devine qu'il veut lui parler de quelque chose en particulier. Elle se demande pourquoi il ne l'a pas fait durant le week-end, mais peut-être n'est-ce pas très important.

Une fois installés à une table tranquille, elle lui pose directement la question :

- Tu veux me parler de quelque chose, parrain ?
- Oui. La semaine dernière, Suzy s'est arrangée pour me croiser deux ou trois fois, oh, tu sais comment elle est, toujours avec tact et comme par hasard.
- Et elle t'a demandée où j'étais ?
- Oui. Je lui ai dit que tu étais chez Jelle. Je n'ai pas parlé de ton séjour sur Ixio, tu t'en doutes.
- Merci.
- Joan, je sais qu'il est important de garder ta relation avec Curtis secrète, et surtout que ça ne vienne pas trop vite aux oreilles d'Anders, voire du Président, car ils pourraient vous refuser de repartir en mission ensemble. En général...
- On évite de faire partir des couples, oui, je sais.
- Il n'y aucun souci pour que je garde le silence, tu le sais, tu peux me faire confiance.
- Bien entendu, je ne doute pas de toi une seule seconde ! De même pour Curtis.
- Mais penses-tu pouvoir cacher votre relation encore longtemps à tes amies ? Tu sais qu'elles se tairont, elles savent garder un secret, Suzy est bien placée pour cela ! Et Clara aussi, professionnellement, l'une comme l'autre savent ce que cela signifie.
- Oui, je leur fais confiance aussi...
- Je ne veux pas t'obliger à la leur révéler si ce n'est pas dans tes intentions, et tu sais que je pourrais rester muet comme une tombe si c'est ce que je veux, mais sincèrement, Suzy a des doutes. Non sur Curtis ! Je pense qu'elle n'imagine même pas que vous puissiez être ensemble, mais sur le fait que tu sois avec quelqu'un.
- Je sais. Tu as raison, il va falloir que je leur dise. Je vais leur proposer qu'on se voit ce soir ou demain.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 8. April 2013, 06:13:48 Uhr
Bonjour Limeye,

Super la petite scene entre Joan et Curtis quand Ken regarda la tele! [eyeheart] ;D

Il est clair que Curtis manque a Joan, l'inverse est-il vrai? ;)...En tout cas, ils ont l'air de passer leurs moments libres ensemble....
Il y a aussi la ramification professionelle de leur relation qui pourrait poser un probleme, comme tu le soulignes...J ai du mal a croire qu'ils vont reussir a le cacher longtemps..un geste, un regard peut trahir des sentiments....
Mais peut-etre que pour le Capitaine, on peut faire des exceptions  ;D....ou cela remettra en cause le statut d'agent de Joan?

Au plaisir de lire la suite!

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 8. April 2013, 07:09:05 Uhr
 :-* merci ma chère Limeye,

dire que j'ai failli ne pas regarder....en plus tu m'as mis mon préféré, le bon vieux Ezzra!

t'es un ange!

bizz, bonne semaine,
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 9. April 2013, 11:18:34 Uhr
Coucou à toutes,

merci Otho pour tes remarques, c'est vrai que j'essaye d'insérer maintenant les contraintes professionnelles. Après quatre mois de vie "commune" ou presque, cela va forcément se rappeler à leur bon souvenir...

Joan manque aussi à Curtis, je te rassure, mais pour l'instant, il n'a pas vraiment eu l'occasion de s'en rendre compte, de le mesurer vraiment. Ca va venir  ;)

J'ai bien aimé en effet rédiger la scène entre Curtis et Joan, ce petit dialogue et ces attitudes qui disent beaucoup. Pour 9 avril, autre lieu, autre scène, autres protagonistes, mais j'ai bien aimé la rédiger aussi. J'espère qu'elle vous plaira !

Bon courage pour votre début de journée... vous n'allez pas tarder à émerger  ;)

Limeye  :) qui peaufine ses fuseaux horaires  ;D


New York. 9 avril. Appartement de Suzy Perkins. Le soir.

Joan a croisé Suzy hier et cette dernière était enchantée qu'elle lui propose une soirée avec Clara. Cela fait des mois qu'elles ne se sont pas vues "entre filles", et Joan sait qu’elles ont hâte d’avoir des nouvelles de Jelle, de Davies et des filles. Joan a aussi pour mission de leur montrer les dernières photos du bébé. Et elle a aussi décidé de leur révéler sa relation avec Curtis. Elle sait qu’il va devenir de plus en plus difficile de la taire à ses deux amies, mais qu’elle pourra compter sur leur discrétion. Et elle préfère le leur annoncer elle-même plutôt que de continuer à mettre Ezra dans l’embarras.

Elles sont installées autour de la table du salon, Suzy a déjà débouché une bouteille de vin blanc, Clara se sert un kir généreux. Joan picore quelques amuse-gueules.

- Alors, Joan ! Donne-nous les nouvelles d’Aziliz ! Elle ressemble à qui ? Montre les photos !

Les deux amies sont impatientes. Pendant un moment, il n’est question que de la petite Aziliz, de Narna et de leurs parents. Joan a pris grand soin de choisir des photos sur lesquelles on ne voit pas Curtis, ni aucun des Futurmen. Elle a privilégié celles avec les grands-parents, Ken, ou elle-même.

Alors que Joan se penche pour se resservir un verre, Suzy remarque soudain l’étrange collier qu’elle porte autour du cou. Elle avance sa main vers lui et demande à Joan :

- Qu’est-ce que tu portes là, Joan ?
- Mon cadeau d’anniversaire.
- Un cadeau d’anniversaire ? Montre !

Joan défait son collier et le tend à Suzy, qui le regarde avec intérêt.

- D’où ça vient ? C’est une pierre d’Ixio ?
- Non. C’est un acier un peu particulier.
- Un acier ?, s’exclame Clara avec un air à la fois surpris et légèrement dégoûté. Drôle d’idée pour un cadeau…
- C’est un acier qui vaut plusieurs vies, répond Joan simplement. Il s’agit d’un des éclats du premier acier que l’on avait fabriqué sur le Météore. C’est Curtis qui me l’a offert.
- Curtis ? Capitaine Futur ?, demandent-elles en chœur.
- Oui.

Elle regarde ses deux amies sérieusement. Mais elle a les yeux brillants. 

- Je vais vous demander le secret, les filles. De me jurer, sur ce que vous avez de plus cher, de ne rien dire.
- Depuis quand on trahit un secret ?, dit Clara un peu vexée.
- Je sais que je peux vous faire confiance. Curtis partage ma vie désormais, et je partage la sienne.
- Hein ? Quoi ?

Suzy s’est rejetée en arrière et éclate d’un rire franc, alors que Clara ouvre des yeux tout ronds. La première reprend vite ses esprits et répond :

- Je savais bien que tu nous cachais quelque chose. Ce n’était pas possible autrement. Désolée pour lui, mais Ken est une excuse à deux balles.(*)
- Ken ? Je ne comprends pas ce que Ken vient faire dans cette histoire ?, dit Clara.
- Clara... ces dernières semaines, du moins, quand elle était à New York, Joan n'a pas cessé de prétexter qu'elle devait s'occuper de Ken pour refuser nos invitations. Tu as oublié ? Tu parles qu'elle s'occupait de Ken... elle était avec Curtis, oui !
- Hum, je comprends mieux... Et ça fait longtemps ?, ajoute Clara.
- Depuis le début de l'année. On a passé le réveillon ensemble.
- Ha, ha... C'était donc lui le changement de dernière minute... je comprends mieux maintenant pourquoi tu as été injoignable durant trois jours. Et alors, raconte-nous tout ! C'est l'amour fou, fou, fou ? Passionné ? Et pendant les missions, hum ? Tu dors avec lui ?
- Oh, Suzy ! Je te savais curieuse, mais à ce point !, rétorque Joan en riant. Et si tu t'imagines que je vais t'en raconter plus qu'à Jelle, tu te mets le doigt dans l’œil !
- Evidemment, Jelle est au courant depuis le début...
- Je te rappelle que Jelle est ma sœur, et que même si j'avais voulu garder cela secret, je n'y serais pas parvenue. Elle me connaît trop bien. 



(*) pour Tachi pour la traduction : "Ken est une excuse à deux balles", signifie que s'occuper de Ken n'est pas une bonne excuse du tout !

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 9. April 2013, 20:25:11 Uhr

(*) pour Tachi pour la traduction : "Ken est une excuse à deux balles", signifie que s'occuper de Ken n'est pas une bonne excuse du tout !

Merci, Limeye..... ;)
En ce moment, je suis prise par mon travail - demain je vais continuer avec la traduction......promise.....!!!
 [flower]
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 10. April 2013, 04:16:49 Uhr
Bonjour à toutes !

livraison du 10 avril...

bon courage pour ton travail, Tachi ! Mon récit de ces journées est plus court que sur Ixio...

bonne lecture !

Limeye  :)


Tycho. 10 avril. Dans la journée.

Depuis qu'ils sont rentrés lundi, toute l'équipe n'a pas ménagé sa peine. Après leur mission sur Mercure et les deux voyages vers Ixio, le Comète a besoin d'une révision complète. Grag, Otho et Ken n'ont fait qu'une révision sommaire la dernière fois. Et Simon a mis au point un nouveau scanner pour le laboratoire, qu'il faut installer. Ils sont tous en plein travail dans le grand hangar de Tycho.

- Ils ont été sympas, à la Présidence, chef, de te laisser deux semaines de vacances, quand même..., dit Otho.
- C'est vrai. Ca aurait été compliqué d'être appelé en étant encore sur Ixio.
- On aurait assuré, renchérit Grag.
- Oh, je vous fais confiance. Je sais que je peux compter sur vous. Ca s'est bien passé avec Ken ?
- Oui. Sage comme une image. Et très intéressé par tout ce qu'on lui a fait faire.
- Ca ne m'étonne pas. Ca lui plaît mille fois plus que le lycée.

Simon intervient à ce moment-là :

- Tu vas changer les choses pour Ken ?
- Pas avant la prochaine rentrée. Je veux qu'il termine son année en respectant le choix qu'il a fait. C'est peut-être un peu dur, mais en même temps, on a déjà obtenu des aménagements, il ne faut pas qu'il se plaigne.
- Ce n'est pas simple avec Ken, n'est-ce pas, cette année ?
- Non. Et Joan se fait du souci pour lui.
- Il va chez elle ce soir, non ?
- Oui, je les appellerai tout à l'heure.

Otho adresse un clin d'oeil malicieux à Grag.

- Ouais, c'est pas à Ken que tu as envie de parler ce soir, chef, avoue !

Curtis hausse simplement les épaules. Depuis qu'il est avec Joan, Otho s'en donne à coeur joie.

Déjà qu'avant, il n'était pas en reste, maintenant... il n'en loupe vraiment pas une !

New York. 10 avril. Le soir

Ken et Joan se sont préparés un grand plateau repas pour dîner sur la table du salon en regardant un vieux film que Ken aime beaucoup, Les aventures de Robin des Bois. Joan aime bien lui faire plaisir et pour la première fois depuis deux mois, ils ne sont que tous les deux. Après l'avoir récupéré au lycée, ils ont fait un arrêt chez Li Yan, le traiteur restaurateur chinois du quartier pour acheter de quoi dîner. Joan a aussi ouvert un pâté de Salomé dont Ken a déjà englouti la moitié.

La scène mythique de l'attaque du convoi royal a à peine débuté que le vidéo-transmetteur de Joan signale un appel entrant.

- Ah, au meilleur moment !, s'exclame Ken. Je suis sûr que c'est Jelle.
- Moi, je pense que c'est Curtis. C'est à peu près l'heure à laquelle il m'appelle.
- Tu mets sur pause ?
- Ben oui !

Ken grogne pour la forme. Joan s'est levée et prend l'appel.

- Bonsoir ma douce, tout va bien ?
- Oui, oui, bonsoir mon amour.
- L'aurait dû appeler pendant la scène gnan-gnan avec Lady Marianne...
- Qu'est-ce que tu marmonnes, Ken ?
- Rien !, dit le jeune garçon en lui faisant une grimace.
- Vous allez bien tous les deux ?, reprend Curtis.
- Oui, je vais te passer Ken et je reviens, je crois qu'il a quelque chose d'important à te dire...

Et Joan se tourne vers Ken en lui faisant un clin d'oeil malicieux.

- Bonsoir Capitaine ! Tu nous déranges en plein film !
- Je suis franchement désolé, Ken, mais je ne voulais pas vous appeler trop tard non plus. Tu vas bien ?
- Oui, oui ! J'ai eu une bonne note en espagnol, et je me suis bien tiré d'un exercice au tableau en géométrie.
- Et bien, tu vois... quand tu veux...
- On part demain soir pour Tycho ?
- N'essaye pas de grapiller du temps, on part vendredi soir pour Tycho. Demain, Joan et moi allons voir sa mère, tu le sais bien.
- Bon, je te repasse Joan, alors, mais s'il-te-plaît, ne restez pas trop longtemps, je veux voir mon film !

Et Joan se réinstalle devant son écran, ils échangent quelques mots, conviennent d'une heure et d'un lieu de rendez-vous pour le lendemain, après le travail de Joan. Quand elle se réinstalle dans son fauteuil, Joan regarde Ken et lui dit :

- Ca va, ça n'a pas été trop long ?
- Non, non, c'est gentil d'avoir pensé à moi... avec Jelle, tu serais restée des heures...
- Avec Curtis aussi, ça m'arrive..., dit-elle avec un petit sourire.
- Je me demande bien ce que vous trouvez à vous raconter comme ça, alors que vous vous êtes vus il y a deux jours et que vous verrez demain.
- Tu verras quand tu seras amoureux !
- Parle pas de malheur !, répond-il en riant. Bon, on regarde la suite ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 10. April 2013, 06:23:32 Uhr
Coucou Limeye,

Ahh Ken, l'ado dans toute sa splendeur   :P...
Et les copines curieeeeeuuuuses... ;D

Au plaisir de lire la suite!

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 10. April 2013, 10:35:13 Uhr
Coucou!

J'avais pris un peu de retard dans cette histoire, qui a sur moi le même effet qu'une tisane relaxante! Sauf qu'en plus, elle me fait souvent rire: en effet, Curtis est tombé sur un des meilleurs moments pour interrompre le film!

Ah, les ados...

Flamme
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 10. April 2013, 10:38:46 Uhr
Il va sans dire que c'est la version avec Errol Flynn  ;)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 10. April 2013, 12:25:33 Uhr
Avec Olivia de Havilland, bien sûr! C'est celle qui m'est venue spontanément à l'esprit, elle est plus facile d'accès pour les jeunes enfants que celle avec Kevin Costner et Mary Ann Mastrantonio, par exemple... Et le parallèle est plus facile à faire avec le Robin des Bois de Shrek!   ;)

Bonne journee!

Flamme  [hello]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 10. April 2013, 17:56:19 Uhr
J'ai bien aimé aussi la version avec Kevin Costner, surtout le méchant... qu'est-ce qu'il jouait bien le méchant !  ;)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 11. April 2013, 02:54:54 Uhr
Oh oui! Et aussi bien dans Robin des Bois que dans Hary Potter! Je trouve qu'il a le don de rester comique malgré sa méchanceté! Tu te souviens, dans le Robin des Bois, peu après qu'il a reçu sa blessure à la joue, de la tête qu'il fait lorsqu'il constate qu'on a rajouté la cicatrice à sa statue?  [rolllaugh]

Et pour Rogue dans Harry Potter, pas besoin d'en nommer, ils sont innombrables...

Pour revenir à Just in your dreams, je suis touchée de voir combien Joan accorde de valeur à son collier avec le morceau d'acier, qu'elle porte continuellement... Je ferais pareil... [loveu]

A demain!
Maintenant, je déjeune en lisant le forum, c'est drôlement plus réjouissant que le journal... [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 11. April 2013, 04:03:19 Uhr
New York. 11 avril. 17h40

Joan descend tranquillement du tramway qui l'a conduite jusqu'à proximité de la clinique "White Butterfly", et se dirige vers l'entrée. Curtis doit l'y attendre. C'était le plus simple et le plus discret pour se retrouver. Le plus rapide également, pour pouvoir passer un moment avec sa mère. Elle appréhende un peu cette nouvelle visite, mais pour la première fois, elle envisage les choses différemment. Curt et elle l'ont préparée, ils en ont beaucoup discuté lundi soir, alors qu'il l'appelait depuis Tycho. Ils vont désormais appliquer ce dont ils ont parlé au cours des semaines précédentes, mais aussi ce que Simon a préconisé.

Il l'attend, assis sur un banc, se lève dès qu'il la voit. Elle court vers lui et lui saute au cou. Il la serre contre lui et l'embrasse.

- Ca va ?
- Oui, je suis heureuse d'être à ce soir.

Il sourit :

- Moi aussi.
- Ca va aller, tu crois ?
- Allons, ça va bien se passer, tu verras.

Ils franchissent l'entrée et traversent le parc. Plusieurs patients sont encore dehors, car l'air est doux, le printemps est désormais bien installé. A l'accueil, on leur indique que July se trouve sur une des petites terrasses, à l'ouest. Ils la rejoignent.

L'endroit est bien ensoleillé, de petits oiseaux viennent se poser non loin du fauteuil dans lequel July Randall est assise. Joan s'avance vers sa mère, se place face à elle et dépose deux baisers sur ses joues.

- Bonsoir, maman, nous revoilà Curtis et moi.
- Bonsoir, Madame Randall, dit Curtis à son tour.

Ils ont convenu de lui parler comme si elle était capable de les entendre, de leur répondre, de les comprendre.

- Maman, nous sommes revenus d'Ixio et de Vancouver il y a quelques jours, commence Joan. Jelle a eu son bébé, sa deuxième fille. Elle s'appelle Aziliz.
- Ce sera ma filleule, ajoute Curtis. Elles se portent bien, et Narna aussi.
- Maman, Victor et Salomé sont avec eux, mais ils viendront à New York dans quelques temps et te feront une petite visite. Il a fait très beau durant notre séjour sur Ixio, tu sais. La mer était délicieuse. On s'est baigné tous les jours, sauf quand nous sommes allés à Ixiopolis et à Ennis Glaz. Nous avons aussi vu Peter et Anita, et mes amies, Faby et Mary-Ann.
- J'ai été enchanté de découvrir Ixio, vous savez. Joan m'a montré beaucoup de choses. C'étaient des vacances très agréables.

Le regard de July reste toujours plongé dans le vague. Ils parlent encore un peu, puis Joan regarde Curtis, un peu désemparée.

- Allons faire une petite promenade, suggère-t-il. Nous la ramènerons pour le dîner.

Joan se relève, prend les mains de sa mère pour la faire quitter son siège. July se met debout, Joan glisse son bras droit sous celui de sa mère, pour la guider. Ils s’engagent dans les petits chemins qui serpentent dans le parc de la clinique, s’arrêtant devant certains arbres en fleurs, discutant de ce qu’ils voient. Puis ils rentrent, ramènent July jusqu’à sa chambre.

Curtis sent bien que Joan hésite.

- Viens, ce n’est pas la peine de rester plus longtemps. C’est déjà une première approche. Nous allons prévenir que nous l’avons raccompagnée jusqu’ici, à moins que ce ne soit l’heure de l’amener au réfectoire ?
- Il est encore tôt. Tu as raison, partons.

Et Joan embrasse sa mère.

- Nous reviendrons vous voir bientôt, Madame Randall, dit Curtis pour la saluer.

En quittant la clinique, Curtis a passé son bras par-dessus l’épaule de Joan.

- Tu veux qu’on dîne au restaurant ce soir ?
- Oh, je veux bien !, soupire-t-elle. Déjà hier, j’ai improvisé le repas pour Ken… je n’ai pas eu le temps de faire des courses.
- De toute façon, on part demain pour Tycho, ce n’est pas la peine de s’embêter. Tu as une préférence ?
- Il y a un restaurant libanais dont on m’a dit beaucoup de bien, mais il est un peu loin de chez moi, il faudra rentrer en métro.
- Aucun souci. Tu veux repasser chez toi avant ou on y va directement ?
- Allons-y directement, je connais un pub pas très loin où on pourra prendre une bière avant.
- Très bien.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 12. April 2013, 09:50:13 Uhr
New York. 12 avril. 9h05

Ezra vient à peine de s'installer à son bureau qu'un appel retentit déjà.

- Colonel Gurney ?
- Bonjour, mon général.
- Convocation immédiate dans mon bureau. Vous venez avec la lieutenant Randall.
- Elle n’est pas encore arrivée, mon général, je pense qu’elle ne va pas tarder.

Ezra tique en entendant le grognement d’Anders.

- Bien, mais dépêchez-vous.

Et il coupe la communication.

Ezra soupire : Pourvu qu’elle ne tarde pas… Si elle n’est pas là dans 5 minutes, je l’appelle. Anders déteste attendre !

Il se lève, ouvre la porte de leur bureau et jette un œil dans le couloir. Il entend un petit pas rapide et voit Joan arriver, les joues un peu roses, un joli sourire sur son visage. Ezra grommelle : Il va falloir que je rappelle à Curtis de ne pas la mettre en retard le matin !

- Bonjour, Colonel !
- Bonjour, Joan. Dépêche-toi, on est attendu chez Anders. Il vient d’appeler.
- Si tôt ?
- Oui.

Elle rentre, un peu fébrile, dans le bureau, dépose son sac et ressort aussitôt. Son sourire a disparu, son regard est devenu sombre. Une convocation en urgence à 9h du matin ne présage rien de bon. Quand ils entrent dans le bureau du général Halk Anders, il est 9h09.

- Ah, vous voilà !
- Bonjour, mon général, le saluent-ils.
- Vous allez poursuivre l’enquête sur les trafiquants d’organes. Voici vos dossiers, nouveaux papiers d’identité. Vous partez ce soir par le vol régulier vers Jupiter. Vous devrez rejoindre ensuite Ganymède. Vous y allez sous un prétexte scientifique, une équipe de géographes chargés de faire des relevés topographiques, cela vous permettra de circuler partout. Vous avez tous les détails dans le dossier. Vous avez la journée pour vous préparer, vous pouvez disposer.
- Bien, mon général.

Ils regagnent leur bureau, en silence, et commencent à regarder les papiers fournis par Anders. Le détail de la mission, leurs nouvelles identités, ce qu’ils auront à y faire, les lieux à visiter. Ils passent la matinée à préparer leur voyage. Un peu avant midi, Ezra dit à Joan :

- Rentre chez toi, et prépare tes affaires. On se retrouvera à l’aéroport.
- Merci, colonel.

Elle se redresse, éteint son ordinateur et range soigneusement ses affaires. Elle sort, le visage fermé. Il ne lui reste que quelques heures à passer avec Curtis avant de partir.

Une fois sortie de l’immeuble de la police interplanétaire, elle l’appelle.

- Tu es chez moi ?
- Oui, pourquoi ?
- Je serai là dans dix minutes.
- Des complications ?
- Oui, je t’explique tout à l’heure, à tout de suite.
- A tout de suite.

Tycho. 12 avril. Tard le soir

Curtis a bien du mal à trouver le sommeil. Il s'inquiète déjà beaucoup pour Joan, tente de se raisonner en se disant qu'elle est avec Ezra, qu'ils ont déjà bien "nettoyé" le terrain en démantelant le principal réseau de trafic d'organes sur Mercure le mois dernier, et qu'il s'agit juste de remonter différentes ramifications, notamment sur Ganymède. Ils y seront dans trois jours, avec les liaisons régulières.

Il se revoit encore, quelques heures plus tôt, quand elle est rentrée chez elle de manière imprévue. En moins d'un quart d'heure, elle avait préparé son sac, en parfaite adéquation avec le rôle de chercheuse qu'elle allait devoir tenir. Pendant ce temps, il avait préparé un rapide repas, un peu improvisé. Ils avaient parlé de la mission, elle l'avait laissé lire les documents qu'Anders leur avait remis. Il n'ignore rien de ce qu'elle va devoir affronter. Mais il aurait aimé qu'Anders leur demande aussi de partir, puisqu'ils ont tous participé à la première phase de cette enquête.

Reconnais que tu as bien du mal à supporter de la savoir en mission. Pourtant, tu la sais capable... mais parfois, si risque-tout ! Je compte sur Ezra pour la freiner... mais il m'arrive de douter qu'il y parvienne vraiment !

C'est à lui, cette fois, d'accepter qu'elle soit partie. Difficile de rester immobile quand l'autre est dans l'action, il a beau se dire que souvent, au cours des années passées, Joan s'est retrouvée dans cette position, il a beaucoup de mal à l'accepter pour lui-même. Heureusement qu'ils ont à faire sur Tycho et que Ken est là. Ca lui donne un prétexte pour penser à autre chose. D'ailleurs, il va faire accélérer la révision du Comète, en profitant de la présence de Ken pour lui montrer certains appareillages, quelque chose lui dit qu'il faut qu'ils soient prêts à partir. Et peut-être pour Ganymède eux aussi...
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 12. April 2013, 13:41:45 Uhr
C'est bien, Curtis, tu réalises enfin ce que tu lui as fait vivre toutes ces années... Et au moins, tu as une idée de l'endroit où elle se trouve, un luxe qu'elle n'a pas toujours eu... Enfin, je ne suis pas rancunière pour autant, alors ne te gêne pas pour aller lui donner un coup de main, tu as la permission...

J'en suis rendue à parler aux personnages!  [afraid]     [gonenuts]  Mais qu'est-ce que je m'amuse!

Bravo Limeye!
A ce soir (mon soir à moi)

Flamme   [hello]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 12. April 2013, 21:36:44 Uhr
Coucou Limeye,

Ahhhh...a lui de souffrir un peu ;) Comme le dit Flamme...Maintenant il sait ce qu'elle a endure! ;D Tres bien ecrit!
Neanmoins, il semble se reserver le droit d'intervenir....ce qu'elle n'a jamais pu faire...

Je me demande bien s'il va endurer cette situation longtemps, ou bien cogiter pour proposer des solutions ...qui seraient satisfaisantes pour les 2 partis ;D

Au plaisir de te lire!

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 13. April 2013, 05:06:50 Uhr
Coucou !

eh oui, je ne peux pas m'empêcher pour ses quelques jours sur Tycho de laisser notre Capitaine se faire quelques noeuds au cerveau au sujet de sa belle... Il tourne un peu en rond, j'avoue que moi aussi pour faire avancer le récit, je ne vais pas tarder à le renvoyer dans l'espace ! Mais vous verrez cela dans quelques jours.

Nous restons donc sur Tycho pour ce week-end, avec Ken dans les pattes  ;)

Limeye  :)



Tycho. 13 avril. Fin de matinée.

Grag pousse un soupir de soulagement, ils ont terminé la vérification des cyclotrons et des moteurs. Le plus dur est fait. Otho est en train d'installer avec Curtis et Ken le nouveau scanner de Simon. Il reste à tester tout le circuit électrique du vaisseau, en refaire l'approvisionnement et les chargements des armes. Ensuite, si nécessaire, ils seront prêts à partir. Le robot rejoint le reste de l'équipe dans le laboratoire du vaisseau.

- Un peu à droite, Ken. Voilà.
- Passe-moi les vis, chef, c'est à ma main, dit Otho.

L'androïde est à moitié couché sous le lourd appareil qu'ils ont encore à fixer.

Une heure plus tard, tout est terminé et la petite équipe accepte avec joie la pause bien méritée proposée par Curtis.

Grag a pioché dans les provisions de Salomé, sortant deux grands bocaux de thon à la tomate, qu'il cuisine avec des légumes de leur serre.

- C'est quoi le programme, cet après-midi, chef ?
- On vérifie tout le circuit électrique. Ca ne devrait pas nous prendre trop de temps, puis on fera un vol d'essai. On se garde le réapprovisionnement pour demain, et on ramènera Ken sur Terre en fin de journée. Ca nous fera un vol d'essai supplémentaire.
- Je ne reste pas avec vous, Capitaine ?
- Non, Ken, je pense qu'on va bientôt devoir repartir.
- Tu penses que Joan et Ezra vont être danger ?, demande l'adolescent, soudain anxieux.
- Non... enfin, je ne sais pas. Mais je ne suis pas tranquille. Cette affaire de trafic d'organes est beaucoup trop sérieuse. Je crains qu'ils ne trouvent quelque chose de beaucoup plus complexe qu'on ne l'imagine sur Ganymède.

Otho s'esclaffe :

- Chef ! Tu te fais du souci pour Joan, et tu imagines qu'au moindre petit bobo, Anders va nous envoyer là-bas ! Ca m'étonnerait...
- Oui, je me fais du souci, et toi aussi, ce n'est pas la peine de te voiler la face, rétorque Curtis avec un léger sourire.
- Moi ? Jamais ! Elle est parfaitement en sécurité avec Ezra. Je ne suis pas comme la boîte à clous rouillés, qui se ronge les boulons derrière notre dos...
- Qu'est-ce que tu racontes encore, boule de gomme ?
- Espèce de mère poule !
- Pâte à modeler !
- Bon, ça suffit, la variété de vos insultes, on connaît. Un fruit, Ken ?
- Oui !

**

Le soir, après un après-midi bien rempli et un repas consistant, surtout pour Ken, le jeune garçon s'est installé dans le grand salon de Tycho avec Curtis. Otho et Grag aident Simon dans le laboratoire, il veut ajouter quelques autres éléments sur l'un des radars du Comète.

- Ca fait bizarre que Joan ne soit pas là, hein, Capitaine ? Je suis rarement venu ici sans elle...
- C'est vrai.
- Ca va durer longtemps, leur enquête ?
- Je ne sais pas. Tout dépend comment ils arrivent à remonter la filature. On avait trouvé deux pistes, l'une sur Ganymède, l'autre sur Titan. D'après ce que Joan m'en a dit, Anders a envoyé une autre équipe sur Titan, depuis trois semaines. Ils vont se coordonner pour déterminer s'il y a des liens entre les deux ramifications ou pas.
- Je comprends. J'espère qu'ils ne prendront pas trop de risques.
- Moi aussi, je l'espère.
- Dis, Curt...
- Oui, Ken ?
- Est-ce que vous allez habiter vraiment ensemble un jour ?
- Pour l’heure, ce n’est pas la question, Ken. On essaye de tout concilier… Il faudra faire des choix, sans doute, un jour. Mais tant que ça nous convient comme cela… C'est-à-dire aussi, tant qu’Anders la laisse partir avec nous.
- Je ne comprends pas trop leur raisonnement, pourquoi Anders ne voudrait pas la laisser repartir avec vous ? Pourquoi y aurait-il plus de risques à faire partir un couple ensemble que séparément ?
- Parce qu’ils estiment qu’on hésite plus à prendre certains risques, certaines décisions quand l’autre peut être menacé. Des risques et des décisions qu’on n’hésite pas à prendre quand on est seul.
- Mais pourtant, plusieurs fois, vous vous êtes sauvés la vie ! Si tu n’avais pas été là ou si Joan n’avait pas été là…
- Je sais que c’est un peu compliqué à comprendre. Et qu’en effet, des risques, elle en prend forcément aussi quand elle est seule. Mais c'est la règlementation et nous devrons nous y plier. C'est aussi pour cela que, pour l'instant, nous ne souhaitons pas vraiment l'un comme l'autre que notre relation soit connue d'Anders, ni même du Président.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 14. April 2013, 11:08:27 Uhr
Tycho. 14 avril. Le soir

Ils ont ramené Ken en fin d’après-midi au lycée, Curtis s’attendait à ce qu’il fasse son petit numéro d’enfant abandonné, mais non, et se demande s’il ne réserve pas cela à Joan. Il faudra qu’il soit vigilant les prochaines fois. Après un nouveau vol d’essai avec le vaisseau, ils sont rentrés sur Tycho en fin de soirée. La base est calme, il se retrouve dans son univers, mais il lui paraît différent. Depuis plus de trois mois, il n’a quasiment pas séjourné sur Tycho. S’y retrouver, après autant d’absence, n’est pourtant pas rare. Certaines missions l’ont même amené à s’absenter de longs mois.

Après les vérifications d’usage de l’atterrissage, il laisse Simon entamer le déchiffrage des données recueillies durant le vol pour tester le vaisseau. Otho gagne sa chambre, Grag suit son chef dans la cuisine.

- Tu veux manger quelque chose, chef ?
- Non, ça va. Tu as vu le goûter qu’on a pris avec Ken ? Il a réussi à manger plus de confitures en deux jours qu’Otho et moi en une semaine !
- C’est un gourmand.
- En ce moment, c’est surtout un ogre ! Il grandit, il commence à avoir besoin de manger plus.
- Ca me rappelle quand tu étais adolescent, chef ! Du jour au lendemain, je me suis retrouvé à ne jamais faire assez à manger. Combien de fois ne m’as-tu pas dévalisé le frigo que je venais de garnir !
Curtis rit à ce souvenir.
- Je crois que tous les enfants font ça à un moment donné…
- On n’a pas eu encore de nouvelles de Joan, chef. C’est normal ?
- Ils en ont pour trois jours de voyage jusqu’à Ganymède. Ils devraient arriver demain en fin d’après-midi.
- Tu crois qu’il faudra les rejoindre ?
- Je n’en sais rien. C'est un peu compliqué comme enquête, mais tout dépendra de ce qu’ils trouveront sur le terrain. Bon, je vais passer au bureau, voir s’il y a des messages.
- Je vais rejoindre le professeur, il aura peut-être besoin de moi. Bonne nuit, chef.
- Bonne nuit, Grag.

Curtis rejoint son bureau, c’est l’ancien bureau de son père. La pièce est assez vaste, les murs sont couverts de rayonnages, avec des livres, des disques de données. La table du bureau est grande, large. Il y a installé deux ordinateurs, le portable qu’il emmène à chaque absence, l’autre avec lequel il travaille au quotidien. L’écran de veille lui signale un message en mémoire.

Bonsoir Curtis ! Nous venons aux nouvelles. Tout va bien pour nous. Narna veut faire des gros bisous à Grag et à Otho. Nous espérons que le week-end avec Ken s’est bien passé et qu’il n’aura pas trop de mal à reprendre les cours. Je l’appellerai chaque soir, et Davies ira le chercher vendredi, sauf si tu décidais autre chose d’ici là. On se tiendra au courant. Bonne soirée. Jelle et Davies.

Il sourit. Ce petit message lui fait plaisir. Il ne s’y attendait pas. Jelle a joint quelques photos des filles. Il s’étonne de voir comment le petit visage d’Aziliz a déjà changé en quelques jours. Le sourire de Narna lui fait oublier un instant cet étrange sentiment de solitude qui ne le quitte pas depuis qu’il a regagné Tycho vendredi soir, depuis que Joan est partie.

Je ne pensais pas qu'elle me manquerait autant désormais. Encore plus... qu'avant.

Il s'accoude devant la fenêtre, regarde la Terre. Le jour se lève sur l'Asie centrale. Il pense aux grandes steppes de Sibérie.

Demain, avec Simon, nous préparerons notre demande pour mener des recherches sur le deuxième continent d'Ixio. Mais je ne sais pas encore quoi inventer pour que Joan vienne avec nous. Une escorte de la police interplanétaire, ça ne passera pas. Il y a ce qu'il faut sur Ixio et aucune raison d'avoir besoin d'une escorte. Le fait que ce soit sa planète natale pourrait peut-être être accepté. Mais je ne veux vraiment pas qu'Anders se doute de quelque chose. Surtout que si nous repartons sur Ixio, ce serait pour plusieurs semaines cette fois-ci.

Il soupire. Se rassoit devant l'ordinateur, transfère les photos que Jelle lui a envoyées vers le portable qui se trouve dans sa chambre.

Allez, au lit, mon vieux. Occupe-toi de ces quelques photos avant de te coucher, ça te changera les idées... et tu pourras toujours regarder celles de Joan...

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 15. April 2013, 01:23:50 Uhr
Coucou Limeye,

Ehehe, Y'a pas qu'a Curtis qu'elle manque la Joan, c'est a toute l'equipe!
"Je ne pensais pas qu'elle me manquerait autant désormais. Encore plus... qu'avant."...Eh ben oui...quand on y a goute, on ne peut plus s'en passer... ;D

Et la Jelle qui en rajoute avec les photos des enfants, si elle n'a pas sa petite idee derriere la tete... [naughty]

"Curtis s’attendait à ce qu’il fasse son petit numéro d’enfant abandonné, mais non, et se demande s’il ne réserve pas cela à Joan."...Le grand classique!! :P

Pour justifier d'amener Joan sur Ixio, ca ne va pas facile d'etre subtil... ;D

Ca va etre de plus en plus difficile de laisser les choses telles quelles...

Au plaisir de lire la suite,

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 15. April 2013, 13:01:53 Uhr
Coucou O-Tho !

Merci de tes petites remarques ! C'est vrai que Joan manque à tout le monde, et ils ont tous un peu le sentiment de tourner en rond, comme s'il leur manquait en effet quelque chose ou plutôt quelqu'un !

Pas facile, non, d'être subtil pour emmener Joan avec eux en expédition sur Ixio, mais vous découvrirez très vite quel artifice j'ai utilisé quand je reprendrai la suite de ce récit, car pour l'heure, je vais marquer une pause. Un peu besoin de me renouveler  ;) Encore deux jours et après... zou !

Bizz

Limeye  :)


Tycho. 15 avril. L'après-midi.


- Que penses-tu de cela, Simon ? Ca me paraît correct comme présentation.
- D'après ce que nous avons trouvé comme informations sur les recherches à mener sur le deuxième continent, ça me paraît intéressant. Cette zone n'a été que très peu explorée, il faut quasiment tout y faire, relevés topographiques, étude de la flore et de la faune, relevés climatiques... nous avons tout ce qu'il faut à bord du vaisseau pour compiler les recherches et les transmettre aux différents laboratoires. Tu as les noms des chercheurs avec lesquels nous pourrions être amenés à travailler ?
- Oui, je vais leur envoyer un premier message pour prendre contact avec eux et leur parler de notre projet. Mais d'abord, nous devons contacter l'organisme chargé du deuxième continent. Victor m'a donné les coordonnées d'un ancien collègue à lui, qui supervise les demandes. Quelqu'un de très sérieux, il faut que notre dossier soit précis et complet.
- Je serais étonné qu'on nous refuse notre demande...
- Moi aussi, Simon, mais ce n'est pas parce que les Futurmen veulent participer à l'étude du deuxième continent qu'on va nous laisser faire juste sur notre réputation !
- As-tu trouvé une solution pour que Joan vienne avec nous ?
- Pas pour l'instant. Cela peut se déterminer un peu plus tard. La composition exacte de l'équipe ne pourra être transmise qu'une fois le premier dossier validé. C'est d'abord ce que nous voulons faire qui les intéresse.
- Je ne sais pas si Anders la laissera partir...
- Sans un motif sérieux, je crains que non. J'en parlerai avec elle aussi, elle aura peut-être une idée.


Ganymède. 15 avril. Midi heure locale. Tycho. Le soir


Joan et Ezra ont débarqué deux heures plus tôt de la navette qui assure la liaison quotidienne entre Joviopolis et Ganycity. Après avoir rempli les formalités de débarquement, ils ont gagné leur hôtel, non loin de l'université. Ils doivent rencontrer dans l'après-midi le responsable de l'Unité de Géographie, pour préparer leur travail sur le terrain, et organiser leur couverture.

Joan gagne sa chambre et après avoir rangé ses affaires et avoir pris une bonne douche, elle s'installe devant le petit transmetteur qui équipe la pièce. Elle vérifie d'abord soigneusement la qualité des liaisons, car c'est un simple appareil de communication, sans protections particulières. Elle installe alors dessus le petit appareil qu'elle embarque toujours en mission et qui lui permet de coder ses communications avec sécurité. Elle sait qu'à l'autre bout, sur Tycho, son appel sera aussi bien protégé.

- Curtis, c'est moi !
- Joan ! Enfin, j'attendais de vos nouvelles avec impatience. Le voyage s'est bien passé ?
- Oui, aucun souci. Nous avons atterri il y a deux heures, et je viens juste de m'installer à l'hôtel. Nous allons à l'université cet après-midi.
- Bien.
- Comment vas-tu ?
- Ca va. J'avance sur notre demande, tu te souviens ?
- Oui, je vois. Et avec Ken ? Le week-end s'est bien passé ?
- Aucun souci, il a repris le lycée sans faire la tête, je craignais un peu le contraire...
- Tant mieux, j'y ai pensé, tu sais.
- Toute l'équipe va bien ?
- En grande forme.

Elle sourit.

- Je ne reste pas plus longtemps, Ezra m'attend pour déjeuner, je te donnerai des nouvelles autant que possible.
- Travaille bien, mais fais attention quand même.
- Ne t'inquiète pas, dit-elle avec un rien de malice dans les yeux et sur son sourire.

D'habitude, ce sont ses mots à lui.

- Je t'aime, Joan.
- Je t'aime, Curt, bonne nuit pour toi, nous, on a encore tout l'après-midi à tenir...
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 16. April 2013, 09:26:35 Uhr
Bonjour à toutes !

d'ailleurs, à ce propos de "toutes", je suggère que le premier gars qui se dévoile ici devienne notre chouchou (remarquez, ça risque de les décourager définitivement  ;D)

bon, dernière journée pour nos héros, que vous retrouverez dans quelques semaines quand j'aurai moi-même retrouvé un peu d'inspiration et surtout pu écrire la suite de ce calendrier...

belle journée  :) !

Limeye  :)


Tycho. 16 avril.

Curtis est installé à son bureau, et est en train d’envoyer sa demande d’exploration du deuxième continent à l’organisme qui en a la charge. D’ici deux à trois semaines, il devrait recevoir la réponse. Il cherche toujours un prétexte pour que Joan vienne avec eux, voire Ezra, mais pour l’heure, n’en trouve pas.

Dans le vaste hangar, le Comète est désormais fin prêt à partir, mais Grag et Otho sont encore en train d’y bricoler. Ils ont bien du mal à s’empêcher de prendre des outils et de trafiquer de menues réparations. L’approvisionnement du vaisseau est également terminé.

Simon le rejoint dans le bureau et tous deux discutent un peu quand le signal bien particulier d’un appel du Président retentit. Curtis décroche et salue aussitôt James Carthew.

- Capitaine Futur, je vais avoir besoin de vous.
- Je vous écoute, Président, dit-il sérieux, mais soudain inquiet.
- Anders a envoyé il y a trois semaines une équipe sur Titan pour remonter la piste des trafiquants d’organes. Il y a quelques jours, le colonel Gurney et la lieutenant Randall sont également partis pour Ganymède.

Curtis ne relève pas, attend la suite.

- L’équipe qui se trouve sur Titan est en difficulté. Vous seuls pouvez intervenir, d’autant que vous êtes au courant de toute l’affaire. Voici juste les derniers détails concernant le travail de notre équipe. Pouvez-vous partir rapidement ?
- Nous sommes toujours prêts, Président. Dans une demi-heure, nous aurons décollé.
- Merci. Bonne chance, Capitaine.

Puis il coupe la communication. Curtis se tourne vers Simon :

- Et bien allons-y, en espérant qu’Ezra et Joan ne se retrouveront pas en difficulté à leur tour.
- En allant sur Titan nous pouvons peut-être leur éviter de se retrouver en difficulté, Curtis, ne l’oublie pas.
- Tu as raison, Simon.

Ils rejoignent alors rapidement Otho et Grag, et après avoir mis les installations de la base en veille, en avoir assuré la sécurité, ils décollent pour Titan.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 16. April 2013, 22:42:01 Uhr
Coucou Limeye,

Allez zou! Tu nous les envoies en mission tous alors! Remarque il ne se fait pas prier le Curtis....

Au plaisir de reprendre la suite de leur histoire...quand ils rentrent! ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 17. April 2013, 01:02:34 Uhr
Coucou!

J'attendrai aussi la suite avec impatience!  Rien de tel qu'une bonne mission pour (re)mettre certaines idées en place...   ;) ;D

Flamme
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 17. April 2013, 03:27:55 Uhr
Coucou les filles !

oui, il était temps que je les ré-expédie tous les deux en mission ! Allez, les papouilles, c'est bien joli, mais au boulot un peu  ;D

et ça va laisser du temps à Tachi pour avancer la traduction allemande... rien ne presse pour les faire rentrer, je n'ai rien avancé de leur retour, des idées, mais j'étais occupée à autre chose, donc  ;)

bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 16. Mai 2013, 03:28:45 Uhr
Bonjour à toutes !

Vous avez été d'une patience d'ange et je reprends aujourd'hui la suite de cette histoire. Certes, nous ne sommes pas tout à fait au 16 mai pour certaines d'entre vous, mais c'est déjà le cas pour moi et fichue insomnie que voilà...  ;)

J'espère que cela sera toujours aussi intéressant à lire !

Bizz

Limeye  :)


En approche de la Terre. 16 mai. 16H (heure de New York)

Curtis voit se dessiner une fois de plus la planète bleue. Ils font route directe vers la Terre, ne s'arrêteront pas sur Tycho. Ils ont secouru l'équipe envoyée par Anders sur Titan, puis ont escorté les criminels interceptés vers Cerberus. Ils sont sur le chemin du retour depuis trois jours. Il a tenté de contacter Joan et Ezra, dans le cadre de la mission, mais sans succès. D'après Anders, tout se passe bien pour eux sur Ganymède, même si l'enquête est complexe. Toujours est-il qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour le moment. Sauf que lui, Curtis Newton s'inquiète. Mais cela, il doit le cacher à Anders comme au président Carthew.

Une demi-heure après l'atterrissage, accompagné de Simon, il entre dans le bureau présidentiel. James Carthew le salue avec plaisir, et le remercie pour leur intervention qui a permis d'éviter une déroute à l'équipe envoyée sur Titan. Simon en profite pour demander où en sont Joan et Ezra, le Président confirme les dires d'Anders, d'il y a trois jours, à savoir que pour l'heure, leur mission se passe sans difficulté notoire.

Avant de quitter le Président, celui-ci fait cependant une remarque un peu particulière au Capitaine :

- Capitaine, vous repartez sur Tycho, aussitôt après notre entretien, j'imagine ?
- Oui, pourquoi ?
- Pouvez-vous convenir d'un rendez-vous avec le général Anders ? Il aurait une demande un peu particulière à vous faire. Je ne sais s'il peut vous recevoir en cette fin de journée, néanmoins, s'il vous sait ici, il s'arrangera pour cela.
- Je vais passer à son secrétariat avant de partir. Nous pouvons aussi rester un jour ou deux sur Terre, ce sera l'occasion de revoir Ken Scott.

Derrière cet alibi, que Curtis trouve bien pratique pour l'heure, se cache aussi pour lui le souhait de faire un tour à l'appartement de Joan, de voir si tout y est en ordre, de revoir Ken bien entendu, mais aussi d'aller peut-être passer un jour ou deux chez les Ashton avec le jeune garçon. Simon et lui-même prennent rapidement congé du Président et gagnent l'étage de la police interplanétaire. La secrétaire d'Anders leur propose de revenir en fin de matinée, le lendemain.

- Retournons au vaisseau, Simon, je vais appeler Ken pour lui dire que nous sommes de retour, je le verrai demain.
- Tu as l'intention d'aller au Canada également ?
- Oui, pour le week-end, je pensais y emmener Ken. Vous repartirez sur Tycho demain, après mon entrevue avec Anders. Je me demande bien ce qu'il me veut... j'espère ne pas avoir éveillé ses soupçons.
- Je ne le crois pas, mon garçon. Mais tu sais que cela va devenir de plus en plus difficile de rester discrets, pour Joan et toi.
- Je sais. Néanmoins, plus tard ils sauront... plus longtemps nous serons tranquilles.

Simon émet un léger grésillement en signe d'assentiment. Lui aussi souhaite qu'on les laisse tranquilles le plus longtemps possible, il sait le prix qu'ils ont payé déjà, à s'attendre, à se chercher. Et cela lui semble bien suffisant.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Frégo80 am 16. Mai 2013, 03:50:09 Uhr
Coucou Limeye!

Merci pour cette suite. Je suis impatiente de savoir que qu'Anders lui veut au capitaine. ;D
Vite! Une suite!  [jump] [jump] [jump]

Bizz.

Frégo  8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 16. Mai 2013, 06:55:41 Uhr
Réponse : demain (non, je ne fais pas durer le suspens trop longtemps  :D)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 16. Mai 2013, 21:14:13 Uhr
Salut, Limeye!
Je me suis de nouveau enrhumée...... [gonenuts]
Le week-end, je vais essayer de traduire un peu, j'espère que tout ira mieux.....
Néanmoins, moi je suis aussi très curieuse de savoir ce qu'il Anders veut discuter avec le Capitaine.... ;)
Liebe Grüße
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 17. Mai 2013, 06:40:22 Uhr
Hello à toutes ! Bonjour Tachi !

Soigne-toi bien... Fichu rhume !  :(

Voilà la conversation entre Anders et Curtis.

Belle journée ! Bizz

Limeye  :)


New York. 17 mai. 11H

Curtis attend qu'Anders puisse le recevoir. Une fois encore, comme depuis la veille, il se demande si cette entrevue à quelque chose à voir avec Joan. Il est seul, il a préféré laisser Simon avec Grag et Otho au Comète. Il s'est préparé mentalement à entendre parler de Joan, et a réfléchi à quelques réponses si toutefois la question de leur relation venait à être abordée. Il ne patiente pas bien longtemps, et la secrétaire le fait rapidement entrer dans le bureau du général, le chef de la police interplanétaire, un des hommes de confiance du Président Carthew, le supérieur hiérarchique d'Ezra et de Joan. Un homme intègre, soucieux de l'ordre et de la justice, un rien paternaliste avec ses équipes. Mais un homme aussi avec lequel il a eu quelques différends, lorsque lui-même a commencé à travailler pour le Président. Anders avait le sentiment que les Futurmen empiétaient sur ses prérogatives, que faire appel à eux signifiait que ses équipes n'étaient pas capables de remplir certaines missions. Il a depuis revu son jugement, et sait pertinemment que sans le Capitaine Futur et ses hommes, plus d'une situation aurait mal tourné.

Anders le salue plutôt amicalement, ce qui le surprend un peu. Le général, quant à lui, s'étonne de le voir en civil et lui pose même la question.

- Je vais récupérer le jeune Ken Scott au lycée, après notre entrevue, général.
- Je comprends.

Mais Curtis ne précise nullement qu'avant d'aller chercher Ken, il va passer chez Joan. Cela, Anders n'a pas besoin de le savoir.

- Capitaine, reprend le général, je vous remercie sincèrement d'avoir pu rester un peu plus sur Terre pour cet entretien. Je m'excuse de n'avoir pu vous recevoir hier.
- Aucun souci, mon général. Que se passe-t-il ?
- Et bien...

Anders hésite un peu, cela intrigue Curtis. Ce n'est pas le genre du général de ne pas aller droit au but. Il se demande de plus en plus s'il ne va pas être question de Joan et lui. Il se concentre pour éviter de manifester la moindre surprise.

- Capitaine, nous avons constaté, et je pense que vous serez d'accord avec moi, que ces dernières années, les criminels que nous poursuivons sont de plus en plus aguerris, mais aussi qu'il s'agit bien souvent pour eux de détourner des découvertes scientifiques à leur profit. Sans votre aide et celle de votre équipe, mes hommes auraient plus d'une fois été en difficulté. J'ai parlé de cela avec le Président, et nous pensons que les formations que nous assurons régulièrement à nos équipes ne sont pas suffisantes. Les perfectionnements en tirs, en gestion de situations dangereuses, en pilotage, en filature, etc... sont nécessaires, mais incomplètes. J'aurais une demande particulière à vous faire.
- Je vous écoute.
- Voilà... le colonel Gurney et la lieutenant Randall partent régulièrement avec vous en mission. Vous en avez convenu avec le Président qu'il valait mieux aussi travailler avec une équipe qui se connaît bien, avis que je partage pleinement, d'autant que Gurney et Randall sont parmi les agents les plus au fait des situations particulières que nous rencontrons et qui correspondent aussi aux missions que vous menez. Seulement... et nous l'avons encore constaté avec cette affaire de trafic d'organes, la lieutenant Randall notamment manque cruellement de connaissances scientifiques, même si elle a déjà eu l'occasion d'apprendre bien des choses à travers vos différentes missions.

Curtis commence à deviner ce qu'Anders va lui demander, et se dit qu'il y a là peut-être l'opportunité d'emmener Joan avec eux sur Ixio sans que cela intrigue. Il hoche légèrement la tête pour inviter le général à poursuivre.

- Je voudrais vous demander, Capitaine, si cela ne vous pose pas de problèmes, bien entendu, s'il vous serait possible de compléter sa formation en travaillant pendant plusieurs semaines, le temps qui vous semblera nécessaire, avec vous sur Tycho.
- Il faudrait, selon vous, lui proposer une formation scientifique de base ?
- En astronomie, elle a de solides connaissances, et en langues aussi, puisqu'elle en parle plusieurs correctement. Non, ce sont en effet plutôt des connaissances en biologie, botanique, physique, qui lui manquent.
- Votre remarque est judicieuse, général. Avoir de bons agents, bien formés, est un de vos soucis. J'accepte votre demande, mais il faudra en convenir des modalités. Peut-elle quitter votre service durant plusieurs semaines ? Nous allons certainement programmer une mission scientifique dans les prochains mois, pourra-t-elle y participer ? Et puis, bien entendu, lui avez-vous parlé de ce projet ?

Il connaît parfaitement la réponse, mais ne veut rien laisser paraître à Anders. Anders qui est en train de lui - leur - offrir sur un plateau une "excuse" parfaitement valable pour passer de longues semaines ensemble, sans que nul n'y trouve à redire, et surtout, l'occasion de mener l'expédition sur Ixio. Il y aura peut-être même l'opportunité d'obtenir la présence d'Ezra avec eux, mais il verra cela en temps et en heure.

- Pour l'instant, non. Cette idée m'est venue ces derniers jours, Capitaine. Je ne veux pas vous obliger... Je veux dire, elle pourra commencer cette formation aussi quand cela vous conviendra.
- Nous pourrons voir tout cela ensemble. Si nous envisageons une expédition, ce serait aussi bien qu'elle participe à cette phase préparatoire.

**

Après son entrevue avec Anders, Curtis fait un tour à l'appartement de Joan. Tout y est en ordre. Puis il se rend au lycée, pour récupérer Ken. Avant de repartir sur Tycho, Grag, Otho et Simon vont les déposer à Vancouver pour deux jours. Ils rentreront par un vol intérieur dimanche. Il avisera ensuite de retourner ou pas sur Tycho le jour-même ou le lendemain. Il aimerait vraiment avoir des nouvelles de Joan.

- Curtis !
- Salut, Ken ! Ca va, mon bonhomme ?
- C'est génial que tu sois rentré !
- On va passer le week-end à Vancouver, Ken. J'ai appelé Jelle et Davies hier, ils sont ravis de nous voir.
- Chouette ! Tu crois qu'Aziliz marche déjà ?
- Ne raconte pas de bêtises, Ken. Allez, toute l'équipe nous attend à l'aéroport. Ils vont nous déposer à Vancouver et repartiront sur Tycho ensuite.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 17. Mai 2013, 18:51:25 Uhr
Qu'est-ce qui s'en vient? C'est presque trop beau pour être vrai! Pourvu que Joan rentre saine et sauve de mission! C'est vrai qu'on est dans Just in your dream, alors je me permets d'espérer! Ce serait bien que pour une fois, le sort s'acharne à réunir nos amoureux plutôt qu'à les séparer!  [loveu]

Je suis impatiente de voir la suite!  [jump]

Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 18. Mai 2013, 10:00:57 Uhr
Bonjour à toutes !

Difficile de commencer un week-end sans faire intervenir Jelle...  :)

Flamme : aucune inquiétude à avoir ! Nous sommes dans Just in Your Dreams... donc nous aussi, nous pouvons rêver  ;) ! Et non faire des cauchemars  [badhairday]. Ca tombe finalement bien que je reprenne ce "calendrier" maintenant. Quand "Meuterei" deviendra trop noir, vous pourrez toujours vous réfugier ici...  ;)

Belle journée !

Limeye  :)


Vancouver. 18 mai. Milieu d'après-midi

Davies et les parents de Jelle ont embarqué Ken et Narna pour faire quelques achats pour le jardin, pour que Victor puisse déjà préparer un petit potager pour sa fille pour l'été prochain. Ils vont en profiter pour laisser les enfants s'amuser un moment au parc de jeux. Dans son landau, Aziliz dort à l'ombre des grands arbres, ombre qui s'allonge depuis une heure sur la terrasse. De temps en temps, Jelle imprime un léger mouvement pour la bercer, mais la petite fille dort profondément. Elle a maintenant plus de six semaines. Curtis est resté avec elles, et tous deux discutent tranquillement.

- Tu n'as pas eu d'autres nouvelles de Joan ?, demande Jelle.
- Nous avions été en contact avec Ezra pour la dernière fois avant de quitter Titan et d'emmener les trafiquants que nous avions interpellés sur Cerberus. Tout allait bien pour eux, mais la piste était difficile à remonter. Ils tentaient de tendre un piège avec la police locale pour les attraper. Et cette semaine, Anders a eu de leurs nouvelles et tout se passait bien. Mais je n'ai pas réussi à joindre directement Joan.
- Tu es inquiet ?
- Je ne devrais pas l'être, Jelle. Ils ne prennent pas de risques particuliers, ils sont bien épaulés par la police locale, leur couverture est excellente... 
- Mais tu ne peux pas t'empêcher de te faire du souci, alors que tu la sais capable.
- En effet.
- Et si tu étais avec eux, tu l'empêcherais de prendre la moindre initiative !
- Suis-je aussi autoritaire que cela ?, demande-t-il avec un léger sourire.
- Difficile de trouver pire, lui répond Jelle avec malice.

Même si la discussion est menée avec humour, l'un comme l'autre savent pertinemment qu'il y a un fond de vérité. Jelle a toujours le don pour asséner quelques vérités bien tranchantes à Curtis. Et elle est la seule personne qu'il supporte d'entendre lui parler ainsi.

- Enfin, reprend Jelle, je suppose aussi que tu as hâte de la retrouver, qu'elle revienne sur Terre.
- Tout à fait. D'autant qu'Anders nous fait un sacré cadeau.
- Comment cela ?

Et il lui explique la teneur de la proposition du général. A ces mots, Jelle éclate de rire.

- Dire que tu cherchais un prétexte pour qu'elle vous accompagne sur Ixio, c'est royal ! Et tu pourras toujours suggérer qu'il reste certains compléments à sa formation à lui apporter pour la garder un peu plus longtemps avec toi sur Tycho...
- Tant que cela restera crédible, on pourra toujours jouer là-dessus, c'est vrai...
- Néanmoins, Curt, ça t'arrive de penser à l'avenir ?

Il la regarde droit dans les yeux.

- Bien entendu, que cela m'arrive. Et pour l'heure, l'avenir ressemble à aujourd'hui, ok, Jelle ?

Elle opine. Cela ne la satisfait pas vraiment comme réponse, mais elle sait qu'il ne lui en dira pas plus. Elle devra trouver un autre moyen de le questionner, de le titiller. Cela ne la dérange pas vraiment : elle a de la ressource, et Curtis Newton finira bien, tôt ou tard, par lui révéler ses intentions concernant Joan. Elle se penche vers sa fille, en se disant qu'il a déjà fait un sacré chemin, que ce n'est pas négligeable. Mais elle ne peut pas s'empêcher de penser qu'elle le verrait bien s'engager encore un peu plus... Joan a été témoin à son propre mariage, et elle, elle se verrait bien lui rendre la pareille.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 18. Mai 2013, 14:21:52 Uhr
"Quand "Meuterei" deviendra trop noir, vous pourrez toujours vous réfugier ici..."

Limeye, tu as écrit là exactement ce que je suis en train de ressentir suite à la lecture des derniers extraits de Meuterei ce matin: le suspense est intense, mais ça rend parano par moments: on se met à soupçonner tout le monde, il y a tellement de gens tordus et pourris la-dedans!  >:( :( [suspicous]

Ça fait du bien de retrouver Jelle et sa droiture! Et c'est vrai que Just in your dreams est apaisant à lire!

Bonne journée à toutes!

Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 19. Mai 2013, 09:57:02 Uhr
Bonjour !

Après la discussion avec Jelle, aujourd'hui, c'est au tour de Ken... 

Bonne lecture et bon dimanche  [flower] !

Bizz

Limeye  :)


New York. 19 mai. Le soir.

Le vaisseau de ligne les ramène tous les quatre à New York. Victor et Salomé ont prévu d'y rester trois jours, afin de voir July avant de repartir pour Ixio. Ils reviendront durant l'été, quand ce sera l'hiver à Glenogan. Narna va à la garderie tous les matins, Jelle a pris le rythme maintenant des deux enfants, de sa petite. Elle peut se débrouiller sans ses parents, d'autant qu'elle ne reprendra le travail qu'en septembre prochain, à mi-temps. Même si elle aime son métier, la priorité reste pour elle sa famille.

Curtis avait proposé à Victor et Salomé de prendre l'appartement de Joan, mais ils ont déjà réservé une chambre d'hôtel, pas trop loin de l'aéroport, pour repartir facilement. Ils ont dîné tous ensemble, puis avec le jeune garçon, Curtis est rentré à l'appartement.

- Tu vas repartir sur Tycho demain, Curt ?, lui demande Ken.
- Non, je ne pense pas. Je voudrais accompagner Victor et Salomé à la clinique, pour voir July avec eux. Voir si son comportement est légèrement différent avec eux d'avec Joan. Je ne le pense pas, mais... et puis c'est l'occasion aussi d'appliquer avec d'autres personnes la méthode que nous avons choisie avec le médecin.
- Tu crois qu'elle guérira un jour ?
- Sincèrement, Ken, je ne le pense pas.
- C'est dur pour Joan.
- Je sais. C'est aussi pour cela qu'elle a besoin que nous soyons présents quand elle va la voir ou quand il s'agit de prendre des décisions par rapport à sa mère.
- Pourquoi les sœurs de July ne viennent jamais la voir ?
- Tu sais, Ken, rares sont les familles où tout le monde s'entend bien. Il y a souvent des différents, des conflits... des choix personnels qui ne conviennent pas à tous. La mère de Joan a choisi de vivre, d'épouser un homme qui ne plaisait pas à ses parents. Elle a été mise à la marge. Aujourd'hui, ses sœurs l'ignorent et son père l'a "oubliée". C'est très dur à imaginer, de renier ainsi son propre enfant pour une raison... qui n'est pas une bonne raison. C'est aussi pour cela que Joan est seule. Même si elle ne s'entendait pas avec ses tantes - je dis "même si" parce qu'elles ne se connaissent pas du tout et que si ça se trouve, elles pourraient s'entendre - elle ne comprend pas que celles-ci puissent ignorer à ce point la situation de leur sœur. Le rejet de July par sa famille pèse sur Joan, d'une autre manière.
- C'est aussi pour cela que tu me disais l'autre jour qu'on forme une vraie famille ?
- Oui. Parce qu'on peut ressentir des liens familiaux très forts avec des gens qui ne sont pas du même sang que nous. Et construire ou reconstruire une vraie famille. Et nous sommes tous d'une vraie et même famille, Ken.
- Je pourrai passer une soirée avec toi alors, si tu restes un peu à New York ?
- Bien sûr. J'irai te chercher tous les soirs, si tu veux. Tu resteras dormir à l'internat, par contre. Comme cela, tu verras encore un peu Salomé et Victor avant qu'ils ne repartent sur Ixio.

Le visage de Ken s'éclaire d'un grand sourire. Curtis se sent heureux de lui faire plaisir, même s'il ne veut rien lâcher à ce qui concerne son travail, ses études. Il se dit qu'il va aussi profiter des quelques jours où il va rester à New York pour le faire travailler. Et que d'ici leur propre départ pour Ixio, si la directrice et les enseignants sont d'accord, Ken restera au lycée et pourra les accompagner. Il ne pense pas pouvoir organiser l'exploration avant la mi-juin de toute façon. Car il faut d'abord la préparer, ce qui sera une bonne base de formation pour Joan, mais devrait leur prendre au moins trois semaines. Il compte profiter du maximum de temps autorisé pour séjourner sur le deuxième continent, à savoir six semaines. Il aimerait aussi être sur Ixio pour l'anniversaire de leur rencontre, à Joan et lui. Si leur mission à Ezra et elle se termine d'ici 8 à 10 jours, cela lui semble possible.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 19. Mai 2013, 22:32:19 Uhr
Coucou Limeye,

Merci de nous redonner un peu de douceur en reprenant ton recit!
Excellent le dialogue entre Jelle et Curtis! Elle le pique dans la bonne direction.... [poke]

Et trop drole quand meme le cadeau du general...Au debut je pensais qu'il allait demander au Capitaine de donner des cours a certains de leurs agents, et pas seulement Joan...ou alors il a devine leur relation? Et leur offre un joli cadeau?...

Et Curtis qui apprend a Ken ce qu'est pour lui sa notion de famille...Il est pret pour etre papa  ;D...

Au plaisir de lire la suite,

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 20. Mai 2013, 08:09:54 Uhr
Coucou O-Tho, bonjour à toutes !

Jelle est un vrai aiguillon pour cela...  ;) Je pense qu'elle est une des rares personnes à pouvoir l'impressionner aussi, d'une manière très différente de Joan, mais Jelle possède une sorte de ténacité et de finesse... Même Capitaine Futur a du mal à lui résister  :D

Quant à Anders, pour l'instant, il est aveugle. Il ne voit que l'intérêt de son service et de ses agents. Je ne sais pas encore quand, ni même si, il découvrira leur relation. De même pour le Président. Je leur offre encore du répit de ce côté-là...  ;)

Quant à agrandir la "famille", pour l'heure, il n'y pense pas (c'est bien un mec pour ça  ;D !)

Belle journée !

Limeye  :)


New York. 20 mai. Fin de matinée.

Après avoir déposé Ken au lycée et convenu d'un nouveau rendez-vous avec la directrice et certains enseignants pour le vendredi, Curtis a rejoint Victor et Salomé et tous les trois se rendent à la clinique "White Butterfly" pour y voir July. Curtis leur a expliqué ce qu'ils faisaient désormais, la façon dont ils abordaient la rencontre avec elle. Il devine que pour Salomé, c'est comme un nouvel espoir. Il sait qu'elle et July ont été très proches, peut-être pas autant que le sont Jelle et Joan, mais qu'elles ont été suffisamment amies pour s'entraider, se soutenir et partager beaucoup de choses. Salomé n'ignore pas grand-chose du passé de July, des choix qu'elle a dû faire, des blessures que sa famille lui a infligées.

Quand ils arrivent, on leur signale que July Randall se trouve au jardin, en promenade avec quelques autres patients. Ils traversent le parc. Le printemps est éclatant, les massifs de fleurs embaument. Les arbres ont retrouvé leur feuillage vert tendre. L'air est doux, il fait grand soleil, la journée sera agréable. En approchant du petit groupe de patients et des deux soignants qui les entourent, Salomé pose la main sur le bras de son mari. Pour elle, c'est toujours un moment difficile de revoir July, et très émouvant. Elle se sent cependant soulagée que Joan ne soit pas avec eux, mais que Curtis ait proposé spontanément de les accompagner. Elle non plus n'aime pas se retrouver seule face à son amie.

L'un des soignants leur propose d'accompagner July pour une plus longue promenade.

- Elle aime marcher, on le sent. Quand on l'invite à sortir dans le parc, on voit qu'elle apprécie cela. On s'efforce de lui proposer au moins deux promenades par jour, le matin et en fin d'après-midi, les plus longues possibles. Elle n'en revient jamais fatiguée, mais on sent que cela l'apaise. Le soir, elle s'endort mieux. Elle est toujours mieux à la belle saison qu'en hiver, quand il est quasiment impossible de faire sortir les patients. Les jours de pluie, c'est pareil, on voit la différence.

Curtis opine. Il est heureux de voir que certaines choses ne laissent pas July Randall tout à fait indifférente, qu'elle ressent quand même des différences entre les jours, les saisons. Il s'avance vers elle, la salue, la prend par le bras pour l'emmener vers Victor et Salomé qui attendent un peu en retrait.

- Madame Randall, vos amis, Victor et Salomé, se trouvent sur Terre depuis quelques temps, ils étaient au Canada, chez leur fille, Jelle, et sont arrivés à New York hier. Ils sont venus vous voir ce matin. Venez avec moi, nous allons poursuivre la promenade tous ensemble.

Salomé échange un bref regard avec son mari, puis s'avance vers eux deux, prend les mains de July, puis l'embrasse sur les joues. A son tour, Victor la salue.

- Reprenons la marche, dit Curtis, nous la ramènerons ensuite pour le déjeuner.

Ils entament un nouveau tour du parc, parlant entre eux, s'adressant à July comme il l'a fait précédemment, la dernière fois que Curtis est venu la voir avec Joan. Le comportement de July est toujours le même, mais il perçoit que pour Salomé, c'est moins difficile, moins laborieux de la revoir. "Si seulement cela pouvait aussi faire du bien à Joan ! Si elle pouvait se sentir plus à l'aise avec sa mère désormais..." Il est persuadé que c'est ainsi que ce sera plus facile pour Joan.

Après la visite, ils déjeunent tous les trois ensemble, parlant beaucoup de July Randall, de ce qu'elle a vécu. Quand Salomé s'absente un instant pour aller aux toilettes, les deux hommes en profitent pour échanger quelques mots plus personnels.

- C'est dur pour Salomé de la revoir, mais je pense que c'était bien de le faire comme nous l'avons fait ce matin, Curtis, dit Victor. C'est une bonne idée que tu as de faire comme si elle pouvait nous entendre, nous comprendre.
- L'idée m'en est venue en regroupant toutes les données médicales que j'avais, le ressenti de Joan, l'avis du médecin. Pour la "réintégrer" dans notre quotidien, dans notre vie, c'est ce qui me semblait le plus logique. Et surtout... ce qui permettra à Joan de le vivre le moins mal possible. Du moins, je l'espère.
- Salomé ne peut s'empêcher de se dire que la vie de July est faite de jours sombres. La mort de William a vraiment été une épreuve dont elle n'a pas pu se relever.
- Simon a pu déterminer avec Montgomery qu'elle aurait très certainement perdu la tête très jeune. Qu'elle présente une faiblesse, et que la mort de William a "seulement" été un élément déclencheur. Il aurait pu s'agir d'autre chose, quelques années plus tard...
- Ils s'aimaient beaucoup, tu sais.
- C'est ce que Joan m'a dit, oui, du moins, dans ses souvenirs d'enfant.
- Tu sais qu'elle a tenté de voir l'une de ses tantes ? D'avoir des nouvelles de son grand-père ?
- Oui, mais qu'on l'avait mise à la porte et depuis, elle n'a pas refait de tentative.
- Tu penses essayer d'entrer en contact avec la famille Burton ?
- Pas spécialement. Je ne suis pas certain de pouvoir rester très aimable... Et pour l'heure, je ne vois pas ce que cela changerait. Joan ne tient pas particulièrement à les rencontrer, moi non plus. Et pour July... elle qui ne reconnaît déjà plus sa fille, croiser un vieillard presque gâteux qui l'a reniée... je ne suis pas certain que ça lui fasse vraiment du bien !

Victor opine en silence. Salomé les rejoint à ce moment-là.

- Que voulez-vous faire cet après-midi ?
- Nous devons voir la sœur d'un de mes anciens collègues, dit Victor, elle vit à New York et son frère m'a demandé de passer la voir pour lui remettre quelques bricoles, si toutefois nous en avions l'occasion.
- Je vais vous laisser alors, je vous retrouverai ce soir avec Ken. Il est ravi que je reste quelques jours à New York, d'autant que je lui ai promis de passer toutes les soirées avec lui.
- Sacré filou ! Il vous aura à l'usure, Joan et toi, dit Salomé avec un petit sourire.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 20. Mai 2013, 17:05:34 Uhr
Bonjour Limeye,

les extraits où tu parles de July me font toujours penser à mon travail, et soulignent quelque chose qu'il faut souvent rappeler au personnel soignant: on ne peut pas tout régler avec des médicaments, les sentiments humains sont tout aussi indispensables!

Je suis très contente de reprendre la lecture de Just in your dreams, cette histoire se distingue vraiment des autres, elle est apaisante! J'adore le suspense et l'action, mais j'apprécie aussi le calme et le repos de temps en temps!  :D

Flamme
 :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. Mai 2013, 06:15:19 Uhr
Bonjour à toutes !

Flamme, voici un nouveau moment de "repos".

Et contrairement au Capitaine, je ne pense pas que je serai désoeuvrée aujourd'hui...  ;)

Belle journée à toutes !

Limeye  :)


New York. 21 mai. Tôt le matin


Curtis a veillé tard la veille, après avoir raccompagné Ken au lycée. Il a tenté plusieurs fois d'entrer en contact avec Joan, à différentes heures de la nuit. Il n'a rien de prévu en particulier pour cette journée, à par rejoindre Victor et Salomé pour le repas du midi. L'après-midi, Salomé a prévu quelques emplettes. Ils repartent de bonne heure demain, pour Ixio.

Allongé dans le lit de Joan, il se dit que c'est un peu étrange, d'être là, chez elle, sans elle. Certes, il a déjà passé des journées entières ici, alors qu'elle était au bureau, mais elle était à New York, ils se retrouvaient le soir, passaient la soirée ensemble, dormaient ensemble. Là, elle est absente et cela fait près d'une semaine qu'il est sans nouvelles, même via Anders. Le seul code qu'il possède est celui de l'hôtel où elle et Ezra sont descendus, et si ça se trouve, ils l'ont quitté depuis un moment. Il lui faut donc patienter. Comme sur Tycho, après le départ de la jeune femme, il se sent un peu désoeuvré. Il pense d'ailleurs retourner sur la Lune dès jeudi matin, après avoir passé l'après-midi et la soirée de mercredi avec Ken. Ils reviendront chercher le jeune garçon pour lui faire passer le week-end avec eux sur Tycho.

Il tourne la tête, jette un œil au réveil. Puis tend la main vers le petit cadre avec le portrait de Joan. Il le tient entre ses mains, la regarde longuement. Il aime beaucoup ce petit portrait, simple, mais Luis Esteban Rodriguez a su en quelques traits révéler à la fois le caractère et le physique de Joan. Elle n'était encore qu'une toute jeune fille, 16 ans à peine, mais elle avait déjà le regard si expressif, le sourire si doux, le menton volontaire. Et les cheveux si soyeux. Il ferme un instant les yeux, imagine glisser ses doigts entre les mèches, la main sur ses épaules et en sentir la douce caresse. Comme elle lui manque !
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 22. Mai 2013, 03:47:11 Uhr
New York. 22 mai au matin.

Victor et Salomé sont prêts à embarquer. Leurs bagages, beaucoup moins volumineux qu’à l’aller, sont déjà enregistrés. Curtis est avec eux.

- Dis à Joan de nous appeler dès qu’elle sera rentrée, dit Victor.
- Bien entendu. Et si j’ai des nouvelles d’ici là, je vous préviens aussi. J’espère pouvoir vous laisser un message pour votre retour.
- Tu repars sur Tycho ?
- Oui, en fin de journée. Je vais passer l’après-midi avec Ken. J’espère aussi trouver une réponse concernant notre projet d’expédition sur Ixio. Je dois sérieusement m’occuper de cela désormais que je sais que Joan pourra être avec nous.
- Et dire qu’Anders ne se doute toujours de rien…, intervient Salomé.
- Et j’espère qu’il ne s’en doutera pas pendant encore un bon moment !, répond Curtis en riant légèrement.

Puis il ajoute :

- Prévenez-moi de votre arrivée, je pourrai alors donner de vos nouvelles à Joan si j’arrive à la contacter.
- Tu ne trouves pas cela étrange de ne pas avoir plus de nouvelles ?
- Pas forcément, non. Maintenant que ma propre mission, en lien avec la leur, est terminée, je n’ai pas de raison d’avoir des contacts avec eux. Ils peuvent avoir aussi changé de ville, d’hôtel… c’était plus ou moins prévu. Néanmoins, si tout se passe bien pour eux, je pense qu’ils ne tarderont pas à rentrer. A moins de devoir escorter les malfrats sur Cerberus, ce qui leur prendrait encore une bonne semaine de plus.

A cet instant, le haut-parleur de la salle d’attente annonce le départ. Tous trois se disent au revoir.

- Nous te reverrons sur Ixio d’ici peu, Curtis, à bientôt, dit Victor.
- Prends soin de Joan à son retour ! A bientôt, ajoute Salomé.
- N’ayez crainte, nous vous tiendrons au courant pour notre arrivée. Faites bon voyage. A bientôt.

Et Curtis les regarde s’éloigner et gagner le couloir d’embarquement. Moins d’une demi-heure plus tard, leur vaisseau décolle. Ils vont mettre quatre jours à regagner Ixio.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 22. Mai 2013, 23:43:39 Uhr
Coucou Limeye,

Eheheh...On dirait qu'elle lui manque la Joan a Curtis! Neanmoins, il n' pas l'air trop inquiet pour elle...Finalement, lui ferait-il enfin confiance?... ;D
Et en plus il a de quoi se rejouir...Joan tout a lui sur Ixio sous couvert de recherche et d'education scientifique!  :P

Au plaisir de lire la suite,

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. Mai 2013, 06:24:42 Uhr
Coucou O-Tho, bonjour à toutes !

Et oui, il faut qu'il prenne son mal en patience... (pour ne pas faire un pire jeu de mot  ;D)

Surtout que Joan ne donne toujours pas de ses nouvelles...

belle journée (je réponds plus tard aux autres posts !)

bizz

Limeye  :)


Tycho. 23 mai.


- C’est une excellente nouvelle, Simon.
- Je ne m’attendais pas vraiment à un refus de la part des autorités ixiennes, mon garçon.
- Moi non plus, mais nous sommes autorisés à mener cette expédition, avec la durée maximum permise. Nous avons aussi désormais les noms de nos futurs contacts, parmi les chercheurs qui sont intéressés par notre expédition. Nous allons avoir du travail de préparation ! Et surtout, à bord du Comète. Il nous faut emmener certains appareils, tout prévoir. Une fois que nous serons sur le deuxième continent, il ne sera pas aisé - et surtout pas pratique du tout ! - de revenir sur le premier s’il nous manque quelque chose…
- Tu comptes partir à quelle date ?
- J’aimerais que nous soyons sur Ixio pour la mi-juin. Ce sera le plein hiver à Glenogan, mais l’été dans la zone de nos recherches. Nous aurons de longues journées, la zone que nous avons choisie d’étudier est vaste, au climat assez chaud. Il y a des forêts, des rivières, le relief est par endroit accidenté. Mais la faune et la flore sont très riches. En altitude, nous trouverons un climat estival de montagne, dans les plaines, un climat plus méditerranéen.
- Tu penses que nous pourrons emmener Ken avec nous ?
- Je ne lui ai pas encore parlé de ce projet, mais Joan l'a fait. Je veux d’abord avoir l’accord de la directrice du lycée et des enseignants. J’ai rendez-vous avec elle demain après-midi, avant de récupérer Ken.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. Mai 2013, 06:22:33 Uhr
Tycho. 24 mai

Comme prévu, Ken passe le week-end avec eux. Le jeune garçon est enchanté. Même s'il sait que Curtis ne reniera pas sa promesse de le récupérer aussi souvent que possible, il craint toujours de devoir rester sur Terre pour le cas où les Futurmen devraient partir en mission.

Quand il débarque sur Tycho, il file saluer Simon qui était resté à la base.

- Bonsoir, professeur !
- Bonsoir, Ken ! Tu vas bien ?
- Oui ! Je suis super content de vous voir et de venir sur Tycho !
- Content de te l'entendre dire, mon garçon. Je vais avoir besoin de ton aide demain.
- Pour faire quoi ?
- Je commence à préparer du matériel pour notre expédition sur Ixio. Tu m'aideras.
- Vous allez partir quand ?, demande-t-il un peu inquiet.
- Le Capitaine a décidé que nous devrions être sur Ixio approximativement pour la mi-juin, nous avons déjà pris contact avec les chercheurs. Nous n'aurons pas trop de ces trois prochaines semaines pour nous préparer.
- Vous pensez que je pourrais venir avec vous ?, demande Ken un peu hésitant. Joan m'avait dit...
- C'est au Capitaine de décider, Ken. Tu auras encore trois semaines de cours quand nous partirons...
- Mais vous serez absents pendant près de deux mois !
- C'est vrai, mais Jelle et Davies pourraient te récupérer à la fin de l'année scolaire...

Adossé à la porte du laboratoire, Curtis n'a rien perdu de cet échange et sourit légèrement. Il a convenu avec la directrice du lycée d'emmener Ken avec eux, puisque son travail s'améliore sensiblement. Mais il devra poursuivre ses efforts pour les trois semaines à venir et surtout, préparer un compte-rendu de ce qu'il aura fait durant l'expédition. En fonction de l'intérêt de son travail, et bien sûr de l'ensemble de ses résultats sur l'année, il sera autorisé à passer dans la classe supérieure. Pour l'heure, Curtis n'intervient pas dans l'échange entre Simon et Ken. Il parlera de cela avec l'adolescent au cours du week-end.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 24. Mai 2013, 21:49:46 Uhr
 [ghost] [devil] [peepwall] [hello] [jump] [poke2] [goodjob] [goodjob] [chinese] ;D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. Mai 2013, 04:25:05 Uhr
Coucou !

Merci Elaine  ;)

Une suite donc ! Vous vous demandiez quand... et bien, la voici  :) ! (Il fallait bien vous faire patienter au moins autant que notre beau Capitaine  ;))

Bizz

Limeye  :)


Tycho. 25 mai

Toute l'équipe est en train de superviser les premiers préparatifs de l'expédition sur Ixio. Ils sont rodés à ce genre d'exercices, même s'il s'agit cette fois d'une expédition très complète. Si Grag et Otho ont réalisé la maintenance du vaisseau durant les jours précédents, il s'agit maintenant de commencer à préparer le matériel qui sera embarqué. Ils sont en plein travail quand un bip signalant un appel retentit. Curtis gagne rapidement son bureau pour le prendre. C'est Joan.

- Curt, enfin je peux t'appeler !

La liaison est de mauvaise qualité, mais malgré les zébrures sur l'écran et le son distordu, elle peut voir le soulagement sur le visage du jeune homme.

- Joan ! Enfin ! Où êtes-vous ? Comment ça va ?
- Je suis avec Ezra à bord d'un vaisseau de la police interplanétaire qui nous ramène vers la Terre. Nous revenons de Cerberus, nous y avons conduit les trafiquants que nous avons interpellés. Nous avons réussi à démanteler tout le réseau...
- Félicitations !
- J'ai essayé de t'appeler depuis deux jours, mais tu vois, on a des soucis de liaison. Le matériel de communication à bord est ancien... j'ai dû attendre qu'on ait déjà parcouru une sacrée distance et qu'on se rapproche de la Terre pour avoir une liaison correcte. Comment vas-tu ?
- Beaucoup mieux depuis quelques instants...

Elle sourit. Il poursuit :

- Pour nous, tout va bien. Ken est avec nous. On est rentré depuis dix jours. Le week-end dernier, j'ai emmené Ken à Vancouver et on est revenu avec tes parents. Ils sont repartis cette semaine sur Ixio, j'ai promis de les appeler dès que j'aurais de tes nouvelles, je le ferai donc après ton appel. Quand penses-tu que vous arriverez ?
- Si le voyage se passe à cette vitesse, nous devrions être sur Terre dans trois jours. J'ai hâte ! J'espère que je pourrai te rejoindre sur Tycho à la fin de la semaine.
- J'ai une surprise pour toi.
- Vrai ? C'est quoi ?
- Une surprise. Tu verras dans quelques jours.

Elle pousse un petit soupir, le regarde avec les yeux légèrement écarquillés et lui adresse un de ses plus jolis sourires, mais il y répond par un même sourire.

- Ok, lâche-t-elle, c'est une surprise... donc je dois prendre mon mal en patience !
- Exactement.
- Comment vont Grag, Otho, Simon, Oog et Eek ?
- Tout le monde va bien. Ils vont être ravis d'avoir de tes nouvelles.
- Tu préviendras Jelle aussi ? J'essayerai de l'appeler d'ici notre arrivée, mais je ne peux rien promettre...
- Ne t'embête pas, je vais le faire. Comme pour tes parents. Tu l'appelleras tranquillement quand tu seras rentrée. Ils vont bien, Aziliz se porte bien, elle commence à faire ses nuits. Narna est parfois un peu jalouse, mais d'après Jelle, c'est gérable.
- Il fallait s'y attendre un peu..., c'est fréquent. Et Ken ? Ca va aussi ?
- Oui, il se remet au travail. Il sait qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps pour faire ses preuves. C'est maintenant ou jamais.
- J'espère qu'on ne repart pas aussitôt, que je pourrai passer du temps avec lui les prochaines semaines...

A ce moment, la communication devient difficile, l'image se coupe par moments.

- Curt... ça devient dur... je ne reçois plus l'image. Je vais devoir couper. Je t'embrasse fort, fort...
- Je t'aime, ma douce. Fais bon voyage, salue Ezra de notre part à tous !

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 25. Mai 2013, 06:01:42 Uhr
Coucou Limeye,

Pffeeew....Je me demandais aussi ce qui retenait Joan....et en passant si la traduction de Meuterei ne t'avait pas donne des idees!  ;D

Merci pour cette suite!

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. Mai 2013, 09:22:57 Uhr
Eh oui, O-tho, ce qui empêchait Joan de donner des nouvelles, c'était uniquement des soucis techniques et non un pilote aux yeux verts  ;). Si jamais il arrivait à Joan de croiser un pilote aux yeux verts dans cette histoire (je vous rassure, je ne pense pas que ça va arriver  :P), je pense tout simplement qu'elle ne le remarquerait pas  :)

cela dit, la traduction de Meuterei m'a donné quelques idées en effet, notamment pour cet échange à distance. C'était une autre vision d'un dialogue entre nos tourtereaux...  [loveu]

bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 26. Mai 2013, 10:46:56 Uhr
Tycho. 26 mai

Depuis la veille, depuis qu'ils savent que Joan rentre dans la semaine, règne une certaine effervescence parmi toute la petite équipe. Ken tente de négocier plusieurs soirées avec eux quand elle sera de retour, Grag et Otho lancent divers paris sur l'heure d'arrivée de la jeune femme, essayant aussi de savoir ce que leur chef compte faire les prochains jours. Simon tente, bon an, mal an, de calmer tout le monde. Le plus énervé de tous, même s'il ne le montre pas, étant Curtis. L'attente touche à sa fin et il se demande si les derniers jours avant leurs retrouvailles ne vont pas être les plus difficiles à vivre pour lui.

Dans la journée, un appel du général Anders le met sur ses gardes. Celui-ci lui demande simplement quel jour il peut être présent sur Terre pour planifier la formation de Joan. Curtis en profite pour avoir quelques précisions sur la date et l'heure d'arrivée de la jeune femme, ce qu'Anders lui confie sans se douter de rien.

Curtis prévient également Jelle, puis Victor et Salomé qui viennent tout juste d'arriver à Glenogan. Il voit le soulagement se dessiner sur le visage de Salomé. "Elle était inquiète pour Joan", se dit-il. Jelle, elle, a été tout de suite plus incisive, à se demander si elle n'a pas conclu une entente tacite avec Grag et Otho pour le mettre encore plus sur des charbons ardents.

- Tu la bichonnes, à son arrivée, hein ? Elle va être rincée du voyage.
- Ne t'inquiète pas, Jelle, je prendrai soin de Joan...
- Tu la laisseras se reposer, tu promets ?
- Mais oui...
- Tu lui diras de m'appeler, aussi ? Bon, je vous accorde quelques heures de répit, mais si je n'ai pas de nouvelles le soir, je te préviens, je risque de vous déranger !
- Jelle... tu n'as aucune raison de t'inquiéter. Sa mission est terminée. Elle aura droit à une journée de repos à son retour, ensuite, on ira voir Anders pour convenir ensemble des modalités de sa formation. Et de là, si tout va bien, on passe vous voir et ensuite, on regagne Tycho.
- Excellente idée ! Vos filleules seront ravies !
- Et vous aussi, j'imagine ?

Elle lui répond par un grand sourire.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 26. Mai 2013, 17:29:35 Uhr
Chère Jelle, j'aime tant son attitude et ses directives à Curtis!  [director]

Mais je ne crois pas qu'elle avait besoin de le faire, puisqu'il semble griller d'impatience, ça fait du bien de le voir ainsi!  ;D

Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 27. Mai 2013, 03:56:16 Uhr
Coucou les filles !

courte journée pour ce 26 mai. Mais tu verras, Flamme, que pour griller, Curtis, il grille...  ;D

Bizz et bonne nuit à vous  ;)

Limeye  :)


New York. 27 mai

Après avoir ramené Ken au lycée ce matin, Curtis est retourné chez Joan. Elle doit arriver demain, en milieu de journée. Il a apporté des documents à consulter, pour avancer la préparation de leur exploration, mais ne se sent, pour une fois, pas vraiment décidé à s’y plonger. Il ressort faire un tour, ramène quelques courses pour les deux à trois jours à venir, sachant pertinemment qu’ils auront bien d’autres choses à faire que courir les magasins. A peine rentré, il ressort faire un grand tour à Central Park, puis le long du canal. Ce n’est qu’en fin d’après-midi qu’il se replonge sérieusement dans ses documents. L’attente lui paraît interminable.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 28. Mai 2013, 12:19:13 Uhr
New York. 28 mai. 22H30

Joan soupire, frémit. Elle écarte doucement les lèvres, que Curtis s'empresse d'embrasser en un long baiser. Un long frisson les parcourt, il laisse glisser sa main sur l'arrondi de son genou, puis la fait remonter lentement entre ses cuisses, jusqu'à ce petit recoin où la peau est si douce, puis un peu plus haut encore, frôlant, entrouvrant, découvrant les replis de sa fleur intime. Elle enroule ses jambes autour de son bras, soudain plus exigeante, et fait glisser sa main en une longue et lente caresse dans le dos du jeune homme. Il abandonne ses lèvres pour la veine battante de son cou, puis son sein, rond et chaud. Mais elle veut plus, encore, déjà, et il ne peut s'attarder et plonge en elle, retrouvant une nouvelle fois la chaleur de son ventre. Ils roulent sur le lit, elle se retrouve sur lui, accroche de ses yeux bleus son regard gris et ils se laissent envahir par le plaisir. Elle retombe tremblante, sur son torse, savourant l'un comme l'autre cet instant où le temps s'arrête et où plus rien n'existe, hormis l'autre.

Après plusieurs longues minutes, elle se redresse légèrement, le regarde, sourit. Il laisse ses mains remonter des reins vers les épaules de la jeune femme, puis se glisser dans ses cheveux, qui retombent sur ses épaules. 

- Je t'aime, lui dit-il.

Elle lui répond par un baiser léger, se rallonge sur lui, le recouvrant de sa douce chaleur, le visage tourné vers la fenêtre. C'est seulement à cet instant qu'elle prend conscience qu'ils n'ont pas quitté sa chambre depuis le milieu de l'après-midi, depuis qu'elle est rentrée chez elle et qu'elle a eu la surprise de l'y retrouver. Que le soir s'avance et que cela fait plusieurs heures qu'ils font l'amour.

- C'était cela, ta surprise ?, demande Joan. Te trouver chez moi à mon retour ?
- Non... même si, en effet, ça aurait pu en faire office.
- Alors, qu'est-ce que c'est ? Ou dois-je encore attendre pour la découvrir ?

Il sourit :

- A mon retour, j'ai été "convoqué" par Anders.

Il n'a pas le temps de continuer que le visage de Joan devient pâle. Il la rassure d'une caresse et poursuit :

- Il voulait me voir pour me demander une sorte de "service". Il a remarqué, au fil des missions, que tu manquais de certaines connaissances. Il voulait savoir si j'accepterais de t'apporter une formation scientifique de base, pour combler tes lacunes, notamment en physique, chimie, biologie...

Joan ouvre de grands yeux :

- Et évidemment, tu as refusé...
- Evidemment.

Elle fait remonter ses bras vers ses épaules, le fixe et l'embrasse longuement. Il resserre son étreinte autour de ses hanches.

- Nous avons rendez-vous avec ton chef après-demain pour convenir des modalités de ta formation. Je lui ai déjà touché deux mots de notre projet d'expédition, sans lui préciser que ce serait sur Ixio, mais que j'envisageais environ trois semaines de préparatifs et que ce serait bien que tu y participes. Il a accepté. Ce qui veut dire que tu ne remets pas les pieds au siège de la police interplanétaire avant de longues semaines, voire plusieurs mois, à part après-demain. Et que tu vas vivre au rythme des Futurmen durant tout ce temps. J'espère que tu supporteras.

Elle rit. Puis devient sérieuse :

- Curt, tu crois qu'Anders se doute de quelque chose ?
- Sincèrement, non. Mais nous devons rester prudents lors de notre entretien avec lui. On se débrouille pour ne pas arriver, ni repartir ensemble, pour commencer. De toute façon, j'imagine qu'il te convoquera avant notre entretien pour te faire part de ce projet. Joue la surprise.
- Bien entendu.

A cet instant, le signal du vidéo-transmetteur de Joan se fait entendre.

- Otho n’est pas là, sourit Curtis, pourtant, je parie que c’est Jelle qui appelle…
- Tu as certainement raison. Il est déjà tard, elle doit s’inquiéter…

Joan se relève, attrape son peignoir et gagne son salon. En chemin, elle s’étonne un peu de trouver épars leurs vêtements qui semblent décorer le couloir et l’entrée. Elle sourit, se remémorant son arrivée quelques heures plus tôt, sa surprise de trouver Curt chez elle, sa joie et très vite leur désir qui les a entraînés jusqu’à sa chambre, jusqu’à son lit.

Elle s’assoit devant le vidéo-transmetteur et prend l’appel. C’est effectivement Jelle. Ou plutôt, Narna.

- Bonjour Marraine !
- Bonjour, ma chérie. Tu vas bien ?
- Oui, et toi ?
- Très bien. Je suis ravie de te voir et de te parler.
- Tu viens bientôt m’a dit maman ?
- Oui, avec Ken et Curtis, dans quelques jours. Tu seras sage d’ici là, n’est-ce pas ?
- Promis !

A cet instant, Jelle intervient et s’installe aux côtés de sa fille, qui très vite, file jouer et laisse sa mère et sa tante se parler.

- Bonsoir ma Joan, ça va ? Je commençais à me demander si tu étais bien rentrée et Narna piaffait d’impatience de te parler.
- Vraiment ?, demande Joan avec un léger sourire.
- Parfaitement, répond son amie avec un superbe aplomb.
- Pourtant, elle ne semblait pas avoir grand-chose à me dire.
- Tu sais, les enfants, c’est comme ça. Ca trépigne pour un truc et dès qu’ils l’ont, ça ne les intéresse plus. Alors, bien rentrée ?
- Oui, même si le voyage a été un peu laborieux ! Avec Ezra, on s’est même demandé si on ne nous avait pas fait voyager dans le vaisseau le plus pourri de toute la police interplanétaire. Cependant, l’équipe du bord était sympa ! Mais j’ai le dos cassé par les couchettes. J’ai rarement aussi mal dormi !
- Je parie que tu es ravie de retrouver ton lit…, répond Jelle, goguenarde.
- Hum, exactement ! D’ailleurs, j’étais déjà au lit, je te signale quand même qu’il est près de 23h à New York.
- Ah oui ? Déjà au lit si tôt ? N’y aurait-il pas un charmant Capitaine qui t’y aurait entraînée ?

Joan rit. Elle adore ces moments de complicité avec Jelle.

- Et quand bien même j’y aurai été emmenée de force, qu’est-ce que ça change ?

Jelle grommelle.

- Bon, vous débarquez quand ?
- Je ne sais pas encore. On en a à peine discuté… et Curt vient tout juste de me faire part de la demande d’Anders. Il va certainement me faire appeler jeudi matin pour m’en parler. Il a donné rendez-vous à Curtis à 11h pour qu’on parle des modalités de ma formation tous ensemble. Ensuite… et bien, je suppose que j’aiderai quand même Ezra pour le rapport sur notre dernière mission. De toute façon, Ken a cours jusqu’à vendredi soir. On n’arrivera pas avant.
- Ok, tenez-moi au courant.
- Comment allez-vous tous les quatre ? Comment va Aziliz ?
- Bien ! Elle est déjà en train d’embobiner son père… Pourquoi j’ai pas eu un garçon ?
- Pour pouvoir faire un troisième enfant…
- Tu en as de ces idées ? Je te signale quand même que moi, j’en ai pondues DEUX, et que tu as du retard à rattraper ! Tu pourrais faire un effort et t’y mettre à ton tour ! Profite donc des mois à venir que tu vas passer avec Curtis pour mettre un bébé en route, comme ça, tu prolongeras ta formation par un congé maternité et on ne te reverra pas à New York avant au moins un an !
- Jelle…
- Oui, Joan ?
- Quand tu auras fini de suggérer des idées stupides, tu me diras, ok ?
- Ce n’est pas une idée saugrenue. Mes filles veulent un cousin ou une cousine. Surtout Aziliz. Elle me l’a encore demandé ce matin.

Joan ne peut s’empêcher de sourire largement face à la mauvaise foi de son amie.

- Tu es irrécupérable, ma Jelle, mais je t’adore !
- Tu sais que si tu ne te décides pas, je vais finir par rappeler ses devoirs à Curtis.
- Quels devoirs ?
- En tant que parrain d’Aziliz, il doit veiller à lui donner un cousin ou une cousine. C’était dans le contrat.
- Ecrit en toutes petites lettres alors.
- Oui, et dans une langue qu’il ne connaît pas.
- Il va adorer.
- Qu’est-ce que je vais adorer ?

Curtis passe la tête par la porte du salon.

- Rien, la dernière invention de Jelle.

Il s’approche de l’écran, et voit le grand et beau sourire de Jelle s’afficher. Elle reprend :

- Bonsoir Curtis. Ravie de voir que tu prends soin de Joan depuis son retour.
- Exactement. D’ailleurs, Jelle, je te signale qu’il est bientôt 23h, que ta sœur a eu un voyage assez éprouvant, que nous avons foule de choses à faire demain, à commencer par aller voir sa mère, et que ce serait bien que tu la laisses dormir !
- Depuis quand c’est moi qui l’empêche de dormir ? Tu n’y serais pas aussi un peu pour quelque chose, Monsieur le Super Héros ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 29. Mai 2013, 18:09:44 Uhr
New York. 29 mai.

Après une matinée qu'ils se sont accordée juste pour eux, ils se rendent auprès de July. Joan veut revoir sa mère avant de quitter la Terre pour plusieurs semaines sur Tycho. Mais Curtis lui promet qu'ils reviendront la voir avant de partir pour Ixio. Il lui a raconté sa précédente visite, avec Victor et Salomé.

Le soir, alors que Curtis fait réviser un peu Ken qu’ils ont été chercher pour qu’il passe la soirée avec eux, elle s'installe un moment sur son balcon pour profiter de la douceur du soir. Elle se sent un peu fébrile. Demain, elle va jouer gros. Elle va devoir dissimuler ses sentiments encore plus que d'habitude. Ne rien laisser paraître. Jouer la surprise, cela ira encore, mais c'est plus l'entretien en présence de Curtis qu'elle redoute.

Joan se laisse aller dans le dossier de son fauteuil. Elle réfléchit à cette proposition inespérée. Ils vont pouvoir passer une longue période ensemble, sans craindre d'être séparés à l'improviste pour une mission. Ils vont aller sur Ixio, pour six semaines sur le deuxième continent, soit un voyage de deux bons mois, car il lui semble difficile de ne pas passer quelques jours à Glenogan. Ils seront sur Ixio pour l'anniversaire de leur rencontre, ce qu'elle n'osait même pas espérer.

Dans tes rêves, Joan Randall, dans tes rêves...

Elle sourit. Décidément, cette année lui apporte de belles surprises...
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 29. Mai 2013, 18:38:43 Uhr
Coucou Limeye,

Ah, impayable la Jelle! Excellent dialogue! ;)

Effectivement, elle lui manque a Curtis la Joan..  ;D..Et en prime, il l'aura 2 mois pour lui tout seul, un vrai cadeau! Pourra-t-il la laisser repartir en mission apres? hmmmm... ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 30. Mai 2013, 02:38:06 Uhr
Ça fait du bien, ces retrouvailles, j'aime mieux Joan et Curtis comme ça!  [loveu] Et avec tout ce qu'elle a enduré à travers toutes les histoires par où on l'a fait passer, elle mérite une année de belles surprises, non?  [eyeheart]

Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 30. Mai 2013, 12:19:52 Uhr
O-tho : tu sais que j'aime beaucoup faire dialoguer Jelle et Curtis ! Et ça va être trois mois au moins tous les deux ensemble (va falloir que je trouve matière à écrire  ;D).

Flamme : j'avais bien dit : ici refuge pour indécrottables romantiques  ;D ! Et en effet, je pense qu'ils ont bien mérité de se poser un peu au moins dans une de nos histoires...

Voici cette journée un peu "charnière" avec l'entretien chez Anders.

Bizz

Limeye  :)


New York. 30 mai. Bureau d’Anders


Un peu avant dix heures ce matin-là, Joan se dirige vers le bureau du général Anders. Comme elle s’y attendait, elle a trouvé en arrivant au bureau une convocation de la part de son supérieur hiérarchique. Elle n’a encore rien dit à Ezra, pour ne pas ajouter de la pression sur ses épaules avant leurs entretiens. Elle sait que Curtis sera là à 11h.

- Bonjour, Léonie, dit-elle en saluant la secrétaire d’Anders.
- Bonjour, lieutenant. Je préviens le général, il vous attend.
- Merci.

Et quelques instants plus tard, elle entre dans le bureau d’Halk Anders. Celui-ci a l’air un peu plus affable que d’habitude. Il répond à son salut et commence :

- Lieutenant, je voulais tout d’abord vous exprimer toute ma satisfaction pour les résultats de votre dernière enquête avec le colonel Gurney. Cela fait plusieurs semaines que vous travailliez sur cette affaire délicate de trafic d’organes. Nous voilà débarrassés de quelques gens peu scrupuleux et dangereux.
- Merci, mon général.
- J’attends votre rapport complet, ainsi que celui de Gurney pour lundi. Mais si je vous fais venir ce matin, lieutenant, ce n’est pas pour parler en particulier de cette mission.

Joan prend un air étonné et demande :

- Je vous écoute, mon général ?
- Lieutenant, j’espère que vous serez d’accord avec le constat que j’ai pu faire au fil des derniers mois. Vous avez mené de nombreuses missions difficiles, délicates et complexes. Je ne mets pas en cause vos compétences, mais j’ai pu constater que vous manquiez cruellement de certaines connaissances.
- Je…
- Ce n’est pas un reproche, lieutenant, mais un constat, dit-il avec un regard bienveillant. Les formations que nous proposons à nos agents n’englobent pas forcément ces aspects du métier. Nous réfléchissons d’ailleurs depuis quelques temps à proposer des sessions plus complètes, mais pour l’heure, rien n’a été mis en place et je veux gagner du temps. Dans les prochains mois, les prochaines années, j’aurai besoin d’agents spécialisés, scientifiquement compétents. Pas seulement de bons pilotes, de bons tireurs et de bons enquêteurs. Vous me comprenez ?
- Tout à fait, mon général.

Halk Anders se lève de son bureau, en fait pesamment le tour et se tait durant quelques secondes. Il a joint les mains derrière son dos et fixe la jeune femme. Sans ciller, un peu interrogative, elle soutient son regard.

- Lieutenant, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Capitaine Futur à son retour de Titan et de Cerberus. J’ai pu m’entretenir avec lui. Je l’attends d’ici peu. Je lui ai demandé une faveur et j’espère que vous mesurerez la chance que vous avez !
- Qu’est-ce donc, mon général ?, interroge Joan en se demandant si Anders mesure vraiment la chance qu’il lui – leur – accorde.
- Vous et le colonel Gurney êtes les agents à avoir participé au plus grand nombre de missions avec l’équipe des Futurmen. Vous connaissez mieux que moi les compétences de son équipe et leurs savoirs, j’ai donc demandé au Capitaine la possibilité de vous apporter une plus solide formation scientifique. A ma grande satisfaction, il a accepté. Nous devons le rencontrer, vous et moi, tout à l’heure, pour discuter des modalités de cette formation. J’ai bien conscience que je vais devoir me priver de vos services pendant quelques mois, d’autant que le Capitaine a des projets d’expédition et que cela pourrait être une bonne base de travail pour vous. Je suis prêt à vous mettre en disponibilité pour une période assez longue – que nous évaluerons avec le Capitaine  – sachant que ce ne sera pas du temps perdu !
- Mon général, je vous remercie de ce souci que vous avez d’obtenir de nous le meilleur. Je suis tout à fait d’accord avec votre constat, j’ai d’ailleurs souligné à quelques reprises les difficultés que j’avais pu rencontrer lors de missions du fait de mes carences en connaissances scientifiques. Et je… j’ai bien conscience que vous me permettez là de me former avec la meilleure équipe qui soit.
- J’ai besoin d’agents performants, lieutenant ! Ne l’oubliez pas !
- Je ne l’oublie pas, mon général.
- Bien, maintenant, et avant que le Capitaine n’arrive, je voudrais vous poser une question un peu personnelle, lieutenant.

Joan frémit intérieurement. Curtis l’a prévenue : Anders n’avait fait aucune allusion devant lui à leur relation, mais… Anders ne lui a-t-il pas caché quelque chose ?

- Mon général ?, demande-t-elle, candide.
- Aviez-vous des projets personnels pour les mois à venir ? Vous ne m’avez pas fait de demandes particulières de congés…
- En effet, mon général. Vous m’en aviez accordés récemment et pour l’heure, en dehors du baptême de la fille de ma meilleure amie, baptême dont la date n’a pas encore été fixée, je n’ai pas de projet particulier.
- Alors, c’est parfait. Vous pouvez donc vous rendre disponible aisément pour débuter cette formation ?
- Tout à fait, mon général.
- Bien, maintenant que nous avons votre accord, voulez-vous prendre un café en attendant le Capitaine ?
- Volontiers, mon général.

Léonie apporte quelques instants plus tard le nécessaire et Anders pose quelques questions à Joan sur sa mission avec Ezra, en attendant l’arrivée de Curtis. Joan savoure lentement son café, elle a passé la première "épreuve" sans soulever le moindre doute dans l’esprit d’Anders. La crainte de la jeune femme est qu’il ne revienne sur ses intentions s’il découvre quoi que ce soit sur Curtis et elle. Elle sait que le jeune homme saura parfaitement masquer ses sentiments, elle a été au premier rang pendant des années pour cela !, mais doute un peu d’elle-même.

Quand Curtis fait son entrée, elle le salue avec simplicité. Il ne s’attarde pas à la regarder, et s’adresse directement à Anders.

- Mon général, lieutenant, me voici.
- Merci de votre présence, Capitaine. Je pense que nous n’allons pas perdre de temps à régler cette affaire. Je viens d’informer la lieutenant Randall de notre projet, elle est d’accord pour y participer et pour suivre votre équipe dans votre prochaine expédition scientifique. Elle est disponible pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
- Quoi qu’il en soit, lieutenant, dit Curtis en se tournant vers Joan, nous ne serons pas de retour de cette expédition avant la fin de l’été. Cela ne vous pose aucun problème ?

Joan sait exactement comment il va aborder la question et n’est pas surprise de ce qu’il lui dit. Ils ont un peu "répété" cet entretien ensemble, la veille au soir.

- Aucun. Je n’ai pas d’engagements particuliers, en dehors du baptême de ma seconde nièce. Mais la date n’est pas encore fixée… et je ne pense pas que ma sœur organisera cette cérémonie avant la fin de l’année, voire l’année prochaine. Pour mémoire, le baptême de ma filleule, son autre fille, ne s’est déroulé que pour les deux ans de celle-ci… Cela me laisse de la marge.
- Parfait. Je vous disais l’autre jour, mon général, que ce serait une bonne préparation pour la lieutenant Randall de participer à toute la phase préparatoire de l’expédition. J’envisage notre départ pour la mi-juin dernière limite. Ce serait donc bien qu’elle puisse nous rejoindre sur Tycho dans le courant de la semaine prochaine, mais vous avez peut-être encore besoin d’elle…
- C’est surtout le colonel Gurney qui va avoir besoin d’elle pour écrire le rapport sur leur dernière mission. Une fois que ce sera terminé, lieutenant, vous pourrez vous considérer comme mise en disponibilité pour votre formation et préparer votre départ pour Tycho.
- Merci, mon général, dit simplement Joan en évitant de regarder Curtis.
- Bien, reprend Anders, avez-vous d’autres questions ? D’autres points à aborder avec moi ? Lieutenant ? Capitaine ?
- Aucun, répond Curtis.
- Pour l’heure, je n’en vois pas, mon général. Mais…
- Mais vous avez encore quelques jours devant vous. Rejoignez Gurney, lieutenant, et occupez-vous maintenant de ce rapport.
- A vos ordres, mon général ! Capitaine, merci de votre attention. Bonne journée à vous.

Et elle les salue avant de quitter la pièce.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Frégo80 am 30. Mai 2013, 13:01:51 Uhr
Fiou! Tout s'est bien passé!  ;D Les deux ne doivent plus avoir un seul cheveu de sec!  ;D

A+

Frégo. 8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 30. Mai 2013, 22:50:37 Uhr
- Qu’est-ce donc, mon général ?, interroge Joan en se demandant si Anders mesure vraiment la chance qu’il lui – leur – accorde.

C'est vrai..... ;D ;D
Mais je suppose que Anders est bien informé sur ce qui se passe? Il est Général de la Police Interplanetaire, il doit savoir plus que les autres.... [devil] Peut-être il joue seulement les ingéues? En tout cas, il est très généreux!
Viele Grüße
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 31. Mai 2013, 10:54:34 Uhr
Coucou Tachi, Frégo et les autres...

je ne sais pas encore comment je vais "révéler" la vérité à Anders et au Président. Pour l'heure, ils l'ignorent... vraiment. Je n'ai pas encore d'idées à ce sujet. Anders n'a pas de raison "d'espionner" ses agents, ni de fouiller dans leur vie privée, même si cet espace "privé" est plus restreint du fait de leurs métiers.

voilà leur journée suivante !

bizz

Limeye  :)


New York. 31 mai au matin

Joan et Ezra sont en plein travail. Ils procèdent comme à chaque fois pour rédiger leurs rapports, mais Ezra se montre encore plus exigent que d’habitude. Il est venu dîner chez Joan la veille, Ken était là aussi, et les deux jeunes gens l’ont mis au courant de la proposition d’Anders. Il a eu un sourire malicieux en pensant à la naïveté de son supérieur, mais ne peut s’empêcher lui aussi de penser que c’est là une occasion inespérée pour eux deux d’être ensemble.

De ce fait, il n’a pas l’intention de faire perdre du temps à Joan pour la rédaction de leur compte-rendu.

- Si nous pouvions avoir terminé ce soir, Joan, tu pourrais profiter du week-end pour préparer ton séjour sur Tycho, et à partir de lundi, tu pourrais avoir l’esprit tranquille.
- Nous allons à Vancouver ce week-end, colonel, je veux revoir Jelle, Davies et les filles avant de partir. Anders nous a donné jusqu’à lundi, ne brûlons pas les étapes non plus.
- Certes.

Et ils se remettent au travail.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 31. Mai 2013, 19:27:15 Uhr
Cher Ezra, toujours aussi adorable... :-*

J'aime beaucoup le côté "presque trop beau pour être vrai", mais je ne peux m'empêcher de me demander ce qui va arriver  ???

Puissent le Président et Anders rester encore longtemps dans l'ignorance, ça pourrait avoir des répercussions non désirées!

Flamme
 ;)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 31. Mai 2013, 20:08:01 Uhr
Vite fait, Flamme, car je vais passer à table...

N'oublie pas que nous sommes dans Just in Your Dreams et qu'il ne peut rien leur arriver de mal...  ;)

Bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 31. Mai 2013, 20:41:23 Uhr
C'est vrai, j'avais un peu oublié! J'avais perdu l'habitude, je suis encore sous l'influence de "Meuterei", du "combat des héritiers" et du "visage de mon ennemie"!   ;D

J'aime réellement ce côté "trop beau pour être vrai"! Je sais, je me répète parfois...  ;)

Bonne soirée!
Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 1. Juni 2013, 19:53:15 Uhr
Vancouver. 1er juin

A Vancouver, c’est déjà presque l’été. Le printemps y est court, et il fait déjà chaud. Ils apprécient tous la fraîcheur des grands arbres du jardin et passent la journée dehors. Toute l’équipe est avec eux, et Narna est ravie de retrouver ses compagnons de jeux, Otho et Grag débordant d’enthousiasme et rivalisant d’inventivité pour l’occuper.

Assise sur un banc, blottie contre Curtis, Joan profite d’un rayon de soleil qui lui chauffe le dos. Son visage est encore marqué par la fatigue de sa dernière mission, mais son regard est apaisé et heureux. Sur la table, s’étalent encore les restes du repas, des tasses de café vides, un sucrier ouvert. Aziliz fait la sieste, c’est un moment de détente aussi pour Jelle et Davies.

- C’était compliqué, cette mission, Joan ?, demande Davies.
- Assez oui. Ils étaient très bien organisés, on a eu du mal à les piéger. Mais il y a de bons éléments dans la police locale et ils nous ont bien aidés, Ezra et moi. Enfin, je suis bien contente de faire autre chose les prochaines semaines.
- Ca, ma belle, je reconnais que moi aussi, dit Curtis avec un grand sourire. Sauf que ce sera tout sauf des vacances !
- Oh, mais je ne crois pas qu’Anders serait très content si je revenais juste avec la mine bronzée…
- Ca s’est passé comment votre entretien avec lui ?
- Ta sœur devrait faire du théâtre, Jelle. Nous nous en sommes très bien sortis. Anders est à mille lieux de soupçonner notre relation.
- J’en n’ai pas dormi de la nuit, dit Jelle. J’imaginais le pire…
- Tiens donc ? 
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 2. Juni 2013, 13:56:01 Uhr
2 juin. Vancouver

Après la sieste d'Aziliz, toute la petite famille part faire une promenade sur le port. Joan et Curtis avaient envie d'y retourner, de revoir cet endroit où Jelle les avait emmenés en début d'année avec Narna. Mais cette fois, ce sont Grag et Otho qui se relayent pour pousser Narna sur son vélo. Ken promène le landau d'Aziliz avec un sérieux qui fait rire Jelle.

- On dirait que tu as peur d'avancer, Ken !
- Non, je ne veux pas la réveiller...
- Ne t'inquiète pas, ça la berce !
- Elle est vraiment belle, en tout cas. Et qu'est-ce qu'elle change vite !
- Les visages des bébés changent pratiquement tous les jours, tu sais. Quand tu reviendras, à la fin de l'été, tu verras qu'elle sera encore bien différente ! Elle se tiendra même peut-être assise, qui sait ?
- Ca va faire bizarre de ne pas vous voir pendant tout ce temps, dit-il.
- Tu sais, Ken, si tu préfères rester à Vancouver plutôt que venir sur Ixio avec nous..., commence Curtis, avec un petit sourire.
- Heu, non, non, Capitaine ! Moi aussi, je veux participer à l'expédition ! Je veux explorer le deuxième continent !
- Une toute petite partie, seulement, Ken, une toute petite partie...
- Et puis, j'ai un gros dossier à rendre au lycée sur cette expédition. Je veux faire du travail sérieux.

Jelle et Curtis échangent un regard significatif. Joan sourit. Elle est heureuse que Ken vienne avec eux, elle a eu le sentiment d'être si peu présente pour lui au cours de cette année scolaire. Elle espère aussi qu'au cours de ces semaines, ils trouveront une meilleure solution pour lui pour la rentrée.

Curtis se penche vers Joan, il a passé son bras autour de son épaule, elle autour de sa taille. Il lui murmure à l'oreille :

- On remonte sur la colline, comme cet hiver ?
- Bonne idée !

Et après un petit signe à Jelle qui comprend et répond avec un clin d'oeil, ils s'éloignent vers la colline. Cette fois, pas de neige sur les marches, pas de vent froid en hauteur. Mais quelques promeneurs qui viennent profiter de la vue sur le port et la mer. Ils s'avancent eux aussi vers les remparts. Curtis passe ses mains autour du ventre de Joan, elle s'appuie contre lui, il pose la tête sur son épaule. Ils aperçoivent quelques voiles blanches au loin, sur la mer.

- Tu sais qu'elle te va à croquer, ta petite robe d'été ?
- Ah oui ?, dit Joan en se retournant vers lui.
- Hum hum. Tu ne l'avais pas emmenée sur Ixio, en mars...
- Non, mais je compte bien la prendre cette fois. Il pourra faire chaud sur le deuxième continent, du moins, là où nous irons.
- Je vois que tu as déjà pris quelques renseignements...
- Tu oublies que c'est ma planète et que même si nous n'avons pas le droit d'aller sur le deuxième continent, nous le connaissons assez bien.
- Tu vas être la meilleure assistante dont je pouvais rêver pour cette expédition.
- Seulement la meilleure assistante ?, ajoute-t-elle avec un sourire malicieux.
- Non... la plus belle femme aussi.
- Curt ?
- Oui ?
- Embrasse-moi au lieu de continuer à dire des âneries...
- Des bêtises d'amoureux, ce ne sont pas vraiment des âneries, ajoute-t-il avant de répondre à son désir.

Soudain, une sorte de petite tornade les sépare.

- On a bien fait de monter, dit Ken en s'esclaffant et en regardant Otho. Ils étaient déjà en train de faire des bêtises !

Curtis fronce les sourcils, regarde Joan et lui dit :

- N'avions-nous pas émis quelques réserves concernant la participation de Ken à l'expédition ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 3. Juni 2013, 08:25:10 Uhr
New York. 3 juin. 11H

Ezra et Joan viennent de terminer leur rapport et le colonel s'apprête à le remettre à Anders.

- Viens-tu avec moi, Joan ? Ce serait bien que tu le salues avant de quitter le service...
- Tu as raison. C'est beaucoup plus correct. J'espère que je ne vais pas flancher.

Ezra la regarde, un peu malicieux.

- Tu as fait le plus dur la semaine dernière. Je peux t'assurer qu'il ne se doute de rien, sinon, il ne t'aurait pas envoyé sur Tycho pour des semaines, ça tu peux en être certaine. Et il aurait tout fait pour former une autre équipe que nous pour partir dorénavant avec les Futurmen.
- J'en suis bien consciente et c'est aussi pour cela que j'ai hâte de partir, tant je crains de faire un lapsus !
- Laisse-moi parler le plus possible, tout ira bien.
- C'est marrant, colonel, c'est à peu près ce que Curtis m'a dit jeudi matin avant que je ne parte au travail.

Ils rejoignent tous deux le bureau du général. Celui-ci n'a que quelques minutes à leur consacrer, il semble déjà préoccupé par quelque chose.

- Ah, Gurney ! Randall ! Bonjour, merci de votre ponctualité encore une fois. Je vous prie de m'excuser, mais le Président m'attend. Je lirai votre rapport plus tard.
- Je reste à votre disposition, mon général. La lieutenant Randall souhaite cependant vous saluer. Puisque nous avons terminé, elle va se préparer à rejoindre l'équipe des Futurmen, comme vous l'aviez convenu avec le Capitaine Futur.
- Oui, oui, bien entendu. Je compte sur vous, lieutenant, pour faire du bon travail !
- Je ferai de mon mieux, mon général. Je sais combien cela peut être important pour ma carrière.
- Parfait. Vous tiendrez Gurney au courant de vos progrès, mais aussi du déroulement de cette expédition scientifique dont nous a parlé le Capitaine Futur et à laquelle vous allez participer.
- Bien entendu, mon général.
- Au revoir, lieutenant, colonel.
- Au revoir, mon général.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 3. Juni 2013, 14:40:30 Uhr
New York. 3 juin. L'après-midi. Appartement de Joan

- Et bien, tu vois, tout s'est bien passé, lui dit Curtis avec le sourire.
- Oui, mais je ne suis pas fâchée de ne pas avoir à retourner au siège de la police interplanétaire avant un bon moment ! Depuis que tu m'as fait part des intentions d'Anders, j'avais l'impression d'être sur le grill !

Ils se sont installés sur le balcon, après le repas, et savourent un café.

- Bien, maintenant, il te faut préparer tes affaires. Au moins pour le séjour sur Tycho, nous reviendrons sur Terre juste avant de partir sur Ixio. Pour y récupérer Ken et pour passer voir ta mère. Si tu as d’autres choses à prendre, ce sera toujours possible.
- Ce ne sera pas très compliqué. Tu as l'intention de me faire faire des vols avec le Comète ou pas avant notre départ ?
- Non. Tu nous aideras Simon et moi-même à préparer l'expédition sur le plan scientifique. On va réfléchir à la façon d'envisager les observations, préparer le planning de l'expédition. Il ne faudrait pas s'attarder à des endroits qui présentent peu d'intérêt. Et ça te fera un bon apprentissage pour les connaissances de base.
- Tu as déjà une idée de la façon dont tu veux qu'on procède une fois sur place ?
- Oui, mais il faut vraiment préparer tout cela en détails. Simon a commencé, tu t'en doutes. Pendant ce temps, Grag et Otho se chargeront du vaisseau et d'embarquer le matériel.
- Et pour Ken ?
- On le récupère ce soir encore comme promis, et demain soir. Je te laisse cet après-midi et la journée de demain pour te préparer. Je pensais aussi qu'on pouvait rendre une autre visite à ta mère demain. Elle ne t'a pas vue pendant plusieurs semaines et nous ne reviendrons pas avant dix jours sur Terre. Quant à Ken, j'enverrai Grag ou Otho le chercher ce week-end, pour nous rejoindre sur Tycho. Il nous aidera aussi dans les préparatifs, j'espère que cela le motivera pour travailler au lycée durant ces derniers jours.
- Tu fais juste une petite erreur.
- Laquelle ?
- Tu n'enverras pas Grag ou Otho le chercher, mais Grag ET Otho.
- Tu as parfaitement raison, miss Randall, dit-il en souriant et en se penchant vers elle pour l'embrasser.

Quand il s'écarte, elle le regarde, les yeux brillants et lui murmure :

- Tu veux vraiment que je prépare mes affaires tout de suite ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 3. Juni 2013, 18:14:06 Uhr
- Tu fais juste une petite erreur.
- Laquelle ?
- Tu n'enverras pas Grag ou Otho le chercher, mais Grag ET Otho.
- Tu as parfaitement raison, miss Randall, dit-il en souriant et en se penchant vers elle pour l'embrasser.

 J'aime bien ces petits dialogues, ils sont très charmants! ;D ;D [goodjob]
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 4. Juni 2013, 06:27:58 Uhr
Bonjour Tachi et merci  :) !

New York. 4 juin. L'après-midi.

Curtis et Joan viennent de laisser July aux bons soins de l'infirmier qui accompagne un petit groupe de malades dans le parc. Ils ont passé un bon moment avec elle. En cette saison, le parc est très agréable, ses grands arbres apportent de l'ombre, de la fraîcheur. Il y a de nouveaux massifs de fleurs, et les cerisiers se couvrent de fruits qui commencent à mûrir. Ils ont rendez-vous avec le docteur Montgomery pour faire le point sur le traitement de July et pour l'informer également de leur prochaine absence.

- Miss Randall, Monsieur Newton, heureux de vous voir. Merci d'avoir pu me consacrer un petit moment, je m'excuse de ne pas avoir pu vous voir plus longuement la semaine dernière.
- Aucun souci, docteur, répond Joan. Nous voulions faire le point un peu avec vous, comment trouvez-vous maman ?
- Et vous, miss Randall ?
- En cette saison, elle est toujours un peu mieux, n'est-ce pas ?
- Oui, toujours. Nous lui faisons faire le plus possible de promenades, elle marche bien, cela l'entretient aussi sur le plan musculaire, cardiaque... L'un des infirmiers, celui qui est avec elle l'après-midi a remarqué qu'elle appréciait certaines fleurs plus que d'autres et il se demande s'il ne faudrait pas la faire, le mot est grand, mais jardiner un peu. Votre maman aimait-elle cela ?
- Nous n'avions qu'un tout petit jardin sur Ixio, mais elle prenait plaisir à l'entretenir. Oh, c'était simple, une petite cour, un carré de pelouse et quelques massifs fleuris. Elle prenait soin de varier les fleurs de manière à ce que de la fin de l'hiver à l'automne, ils soient toujours colorés.
- Ce pourrait être une idée intéressante, intervient Curtis. Vous pensiez à quoi précisément, docteur ?
- Déjà, simplement, lui faire faire un bouquet. Toucher les plantes. Si nous nous rendons compte qu'elle apprécie, pourquoi pas lui faire planter quelques bulbes, ce genre de petites choses. Par ailleurs, je voulais vous donner les derniers résultats des analyses de sang. Ils sont bons.

Et il lui tend une feuille. Joan et Curtis y jettent un œil, puis Joan replie la feuille et la range dans son sac. Curtis reprend alors la parole.

- Nous voulions vous informer de notre prochaine absence et pour une durée assez longue, docteur. Nous allons nous rendre sur Ixio pour deux mois environ, à partir de la mi-juin. Nous reviendrons voir Madame Randall avant de partir. En cas de souci, vous pourrez contacter le colonel Gurney ou Jelle Ashton, vous avez leurs coordonnées, je crois ?
- Oui, bien entendu.
- Au moindre souci, n'hésitez pas à les prévenir. Ils nous tiendront au courant.
- Le colonel Gurney viendra voir maman, régulièrement, du moins s'il n'est pas appelé à partir de son côté. Et Jelle m'a promis de venir aussi une fois durant l'été.
- Très bien, je vous remercie de m'avoir informé de votre absence.
- C'était la moindre des choses, docteur, répond Joan. Nous ne voulons pas abuser de votre temps, nous vous préviendrons de notre prochaine visite afin de pouvoir vous voir également.
- Aucun souci, miss Randall. A bientôt.
- A bientôt, docteur.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 5. Juni 2013, 06:41:31 Uhr
New York. 5 juin. 15h

Le Comète prépare sa phase d'atterrissage sur la piste numéro 8 de l'aéroport interplanétaire de New York. Curtis et Joan attendent que les moteurs soient complètement coupés et qu'Otho ait actionné l'ouverture de la porte pour s'approcher du majestueux vaisseau. Ils montent rapidement à bord et sont accueillis par des jappements et des couinements de joie de la part d'Eek et Oog. Ils gagnent le cockpit où les attendent Grag et Otho.

- Bonjour à vous deux, lance Curtis. Tout va bien ?
- Parfaitement, Capitaine ! Tu n'as rien remarqué à l'atterrissage ?
- Si. Vous avez entamé la révision des moteurs, non ? Ils m'ont semblé moins bruyants, plus... souples.
- Oui. On a bien travaillé, n'est-ce pas ?, dit Otho avec un rien de fierté dans la voix.
- Je vous félicite. Je vois que vous avancez bien dans les préparatifs.
- Il faut dire que Simon nous met la pression..., poursuit l'androïde.
- Comment va Ken ?, demande Grag.
- Il va bien, mais nous a fait une jolie petite scène hier soir, répond Joan. Il ne comprenait pas pourquoi nous partions dès aujourd'hui tous les deux sur Tycho. Il aurait voulu qu'on reste à New York jusqu'à la fin de la semaine, et qu'on parte seulement vendredi, avec lui.
- Il essaye vraiment de gagner le moindre jour, la moindre soirée avec nous, ajoute Curtis. Quand je pense qu'il ne lui reste que dix jours d'école, il exagère vraiment !
- Il n'a pas tort, dit Otho. C'est vrai que ça nous permet toujours de faire des vérifications sur le Comète, surtout avant une expédition, mais ça multiplie un peu les vols...
- Peut-être, mais il est temps de rentrer sur Tycho et de poursuivre les préparatifs. Nous avons encore beaucoup de travail, et je veux que Joan puisse s'y mettre dans de bonnes conditions, qu'on ne soit pas bousculé. Chaque journée sera bien remplie d'ici notre départ. Bon, prêts à décoller ?
- Prêts, Capitaine !
- Alors, c'est parti. Compte à rebours enclenché, Grag !
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 6. Juni 2013, 06:50:26 Uhr
Première journée pour Joan sur Tycho, avec un premier descriptif également de la région qu'ils vont explorer. Je vous enverrai des liens vers les photos des lieux qui m'ont inspirée toute cette expédition au fur et à mesure qu'ils y seront mais pour l'heure, je vous laisse l'imaginer, un peu comme ils le font...

belle journée  :)

Limeye  :)


Tycho. 6 juin. Le matin

Quand Joan ouvre les yeux ce matin-là, elle met quelques secondes à réaliser qu’elle est sur Tycho, dans la chambre de Curtis. Elle sourit en pensant qu’elle va se réveiller ici chaque matin des deux prochaines semaines.

- Bonjour ma douce, que me vaut ce beau sourire ce matin ?
- Bonjour mon amour, je pensais simplement que je me réveillerais tous les prochains jours ici…
- … ici, puis sur Ixio.
- Oui, j’ai encore du mal à réaliser ! Dire qu’il y a dix jours, je dormais sur une couchette encore moins confortable que les lits que nous nous étions fabriqués sur le Météore !
- C’est dire s’il faudrait que l’intendance de la police interplanétaire se penche sérieusement sur ce vaisseau qui vous a ramenés, Ezra et toi, sourit Curtis. En tout cas, profite de mon lit, car sur Ixio, il y aura des jours où nous camperons. Nous ne pourrons pas toujours dormir à bord du Comète, je le crains.
- Si tu me proposes de profiter de ton lit, ça veut dire que je peux profiter de toi aussi un petit peu ce matin, ou faut-il déjà se lever et se mettre au travail ?
- J’accepte ta première proposition, mais nous ne traînerons pas. De toute façon, si tu veux éviter des remarques d’Otho, nous devrons renoncer à l’option "grasse matinée".
- Même sans cela, Otho va s’en donner à cœur joie.
- Cela ne t’effraye pas ?
- Pas le moins du monde ! J’adore quand il est ainsi. Il me fait tellement rire, et parfois, même si elles sont ironiques, ses remarques sont tellement vraies !
- Hum, on verra bien ce que tu en diras dans deux mois…

**

La veille, Joan avait rangé ses affaires. Elle avait juste laissé deux cartons, dont un assez lourd et volumineux dans le salon de Tycho. Ce sont des photos que Jelle leur a données pour décorer le salon, et son matériel de dessin qu’elle a emporté. Après le petit déjeuner, Curtis, Simon et elle s’installent dans le bureau du jeune homme pour qu’elle prenne connaissance du plan de travail qu’ils ont envisagé pour les deux semaines à venir.

- Voilà la carte de la zone que nous allons étudier. Elle est succincte. Nous devrons réaliser une cartographie beaucoup plus précise. Nous avons l’autorisation de survoler et explorer toute cette zone, qui correspond en fait au bassin versant de cette rivière. C’est une rivière assez importante, qui se jette dans un grand fleuve. Celui-ci est bien connu des chercheurs, mais pas ses affluents. C’est pourquoi j’ai proposé d’étudier celui-ci en particulier, car il présentait en plus des caractéristiques qui me semblent intéressantes. Il prend sa source sur un grand plateau où nous devrions trouver une flore de montagne très riche. Ce plateau présente aussi des caractéristiques géologiques intéressantes, comme toute notre zone d’exploration d’ailleurs, avec d’anciens volcans. La rivière a également creusé en aval de profondes gorges dans un causse. Et le climat de cette partie est plutôt méditerranéen. Nous allons trouver une grande diversité de plantes, de milieux, ça va être très intéressant, et pour toi, Joan, ce sera une bonne base de connaissances.
- J’ai hâte d’y être, répond-elle. Explorer ma propre planète est une chance ! Le deuxième continent représente tant pour les Ixiens ! A la fois un monde que nous chérissons et protégeons, mais aussi un lieu merveilleux, fascinant car encore plein de mystères, de richesses et d’enseignements… Je ne sais si vous pouvez imaginer ce que je ressens réellement à l’idée d’y séjourner durant six semaines. Tout Ixien rêve de pouvoir aller un jour sur le deuxième continent, mais chacun sait aussi combien il est nécessaire de le protéger. Cela fait partie de notre réalité.
- Je mesure en tout cas pleinement la chance et aussi l’honneur que les tiens nous offrent en ayant accepté notre proposition d’expédition, dit Curtis. Bien, aujourd’hui et demain, nous allons délimiter plus précisément le planning de l’expédition. La carte manque de précisions, et nous devons nous laisser une semaine de marge, car il est des endroits où nous nous attarderons peut-être plus que prévu, selon ce qu’on y trouvera. Je veux que l’on parte du confluent avec le fleuve et que l’on remonte vers la source. Avant d’atterrir à Ixiopolis, nous réaliserons d’abord un survol de la zone à haute altitude et nous effectuerons les premiers relevés balistiques. Nous les préciserons une fois sur place. Les deux premiers jours, le Comète survolera toute la zone, de plus près, pour préciser les relevés, avec la moitié de l’équipe. J’envisage de laisser Grag, Ken et Simon à bord pour cela. Avec Otho, et le Cosmolem, nous commencerons à explorer le confluent, à faire des relevés dans l’eau, voir comment se mélangent les sédiments.
- Quels types de relevés veux-tu faire ?
- Les plus complets possibles : des relevés climatiques, des prélèvements dans les roches superficielles, mais aussi en profondeur, jusqu’à -200 m, avec les lasers ce sera possible. Un inventaire de la faune et de la flore. Et des données précises sur la géographie du lieu. La rivière connaît des crues, à la fin de l’hiver, suite à la fonte des glaces. Nous devons essayer d’estimer la hauteur et l’importance de ces crues, même si nous nous y trouverons en plein été. Les rives, la végétation nous y aiderons. Je veux pouvoir mesurer au mieux l’apport de cette rivière au fleuve.
- Il faudrait presque faire une étude comparée en hiver et en été pour cela, dit Simon.
- Oui, mais pour l’heure, nous n’avons l’autorisation que pour une saison. Ce qui est déjà beaucoup. Nous pouvons ainsi aussi préparer le terrain pour d’autres chercheurs.
- Cette rivière compte plusieurs affluents, tu veux les explorer aussi ?
- Je crains que nous n’en ayons pas le temps. Nous en remonterons un seul, le plus important qui remonte un peu en parallèle avec la rivière, mais à une cinquantaine de kilomètres d’écart. J’aimerais pouvoir explorer toute la zone qui se trouve entre cet affluent et la rivière, entre leurs deux sources. C’est une zone vaste, montagneuse, marquée par les éruptions volcaniques. De ce que Simon en a déterminé, nous pouvons déjà envisager trois zones bien différenciées : celle du confluent et des gorges, celle entre les deux rivières, et celle de la source. Je prévois de consacrer approximativement une dizaine de jours pour chacune. En sachant que la zone intermédiaire nous prendra certainement plus de temps et qu’il vaut mieux prévoir déjà deux semaines complètes.
- Cela nous donne environ 35 jours de travail. Il nous en restera une dizaine de marge. Ca me semble correct, dit Simon.
- Tu as déjà en tête la date précise à laquelle nous allons commencer ?, demande Joan.
- Oui. Nous récupérerons Ken le 14, nous terminerons nos préparatifs, j’espère que nous serons quasiment prêts à cette date, pour pouvoir partir dernière limite le 16 juin. Nous mettrons deux bonnes journées pour le voyage. Nous irons passer quelques jours à Glenogan pour revoir tes parents et pour que Ken découvre aussi ton village. Pendant ce temps, Simon reprendra contact avec les chercheurs. Avant de partir pour le deuxième continent, nous irons à Doban pour les rencontrer et apporter les précisions sur notre exploration. Je veux commencer l’exploration le 24 juin, pour que nous ayons des semaines complètes de travail, ce sera plus simple.

Joan hoche simplement la tête. Curtis n’a rien laissé paraître dans ce planning, mais déjà, elle sait qu’ils seront à Glenogan pour l’anniversaire de leur rencontre et se dit que c’est tout, sauf un hasard.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 6. Juni 2013, 07:27:42 Uhr
Coucou Limeye,

" De toute façon, si tu veux éviter des remarques d’Otho, nous devrons renoncer à l’option "grasse matinée".
- Même sans cela, Otho va s’en donner à cœur joie."

Ahh tout a fait d'accord! ;), sans meme ouvrir la bouche ou lever le petit doigt, ca leur tombera toujours dessus..pour le plaisir de tous!  ;D

"La veille, Joan avait rangé ses affaires. Elle avait juste laissé deux cartons, dont un assez lourd et volumineux dans le salon de Tycho"....Hmmm on dirait qu'elle pose ses marques la Joan....des photos et dessins sur les murs, des livres par-ci, des habits par-la,  les petites culottes dans les tiroirs et hop elle demenage sur la lune!  ;D

"elle sait qu’ils seront à Glenogan pour l’anniversaire de leur rencontre"...s'il s'imagine qu'elle ne s'en doute pas.... ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 6. Juni 2013, 09:12:43 Uhr
Coucou O-tho !

oui, bien vu... petit à petit, Joan va prendre ses marques sur Tycho, de même que Curtis s'est largement permis de s'installer chez elle  ;) !

je vais sans doute te faire sourire, mais pour l'instant, je ne sais pas exactement encore ce qu'à Curtis en tête pour l'anniversaire de leur rencontre. Je sais juste que j'ai envie de réécrire la fameuse scène de la balade dans la rue et de la rencontre... à ma manière  ;)

mais j'ai encore quelques journées à écrire avant d'y arriver et j'ai eu peu de temps pour m'y consacrer depuis trois jours.

bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 7. Juni 2013, 05:28:05 Uhr
Tycho. 7 juin. Fin d’après-midi.

Joan entre dans le salon de Tycho, elle a pu mesurer au cours des dernières vingt-quatre heures tout le travail qu’il leur reste encore à faire. Mais aussi, ce qu’elle connaît bien, toute l’organisation méticuleuse et précise des Futurmen. Elle a senti aussi que Simon n’était pas mécontent de sa présence, qu’une personne de plus, qui connaît Ixio, même si elle ne connaît pas vraiment leur zone d’exploration, est une chance pour cette phase préparatoire. Ils ont terminé le planning précis de l’expédition et à partir de demain, ils vont affiner l’inventaire du matériel qui leur sera nécessaire. Grag et Otho ont déjà pour mission de préparer et embarquer ce qui est relatif et commun à chaque exploration de l’équipe, à savoir approvisionnement, matériel pour camper, mais aussi vérifier la pharmacie de bord, et tous les instruments de mesure du Comète. Eux envisageront plutôt ce qu’il leur faut comme petit matériel, les capteurs, le matériel de laboratoire, les tablettes pour conserver les échantillons de plantes et de roches.

Elle n’a pas pris encore le temps d’ouvrir les cartons qu’elle a ramenés, mais comme Curtis et Simon lui ont accordé cette fin de journée de repos, elle se dit que c’est le bon moment pour le faire. Elle ouvre d’abord celui de Jelle. Elle a une petite idée des photos que son amie a choisies. Grag l’aidera tout à l’heure à les disposer sur les murs. Il y a la photo de la goutte d’eau que Curtis avait remarquée à Vancouver, un cœur de fleur mauve, un lit de feuilles dorées en automne. Joan se félicite du choix de son amie : les photos sont colorées, elles vont aussi bien s’harmoniser avec les deux reproductions de Monet, qu’Elaine aimait tant. Quant à elle, elle a ressorti le dessin qui plaisait à Curtis, le portrait de Narna sur la plage d’Aelned. Elle a aussi choisi un des dessins récents qu’elle a réalisé lorsqu’ils étaient sur Ixio, du jardin de ses parents à la fin de l’été. Elle se demande cependant si son choix est judicieux. A côté des lumières de Monet, des couleurs éclatantes des photos de Jelle, ses deux dessins paraissent bien fades. Grag entre dans le salon à ce moment-là, avec le petit matériel nécessaire pour les accrocher.

- Me voilà, Joan. J’ai échappé au chef pour venir t’aider ! Oh, c’est vraiment réussi ce portrait de Narna ! Quelle bonne idée tu as eue de nous l’amener ! Je suis ravi ! Nous pourrons la regarder chaque jour ainsi…

Joan regarde, attendrie, le grand robot. Elle ne pensait pas qu’il serait si enthousiaste ! Du coup, son hésitation disparaît.

- Bien, aide-moi à choisir les bons endroits alors, pour les accrocher.

En quelques minutes, c’est fait. Et finalement, Joan est contente du résultat. Grag aussi.

- On montrera ça à la boule de gomme, quand il reviendra d’avoir récupéré Ken. Je suis certain que ça va lui plaire.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 7. Juni 2013, 14:01:23 Uhr
Je vous ajoute un petit bout pour cette journée...


Mais c’est finalement Curtis qui sera le premier à donner son avis sur l’accrochage et la nouvelle décoration du salon.

- Elles sont vraiment belles les photos de Jelle. Elle a fait une bonne sélection, qu’en penses-tu ?, lui demande Joan.
- Oui, elles sont colorées, vives. Cela réveille la pièce. Et je suis content que tu te sois décidée à mettre aussi deux de tes dessins, surtout celui de Narna que j’aime beaucoup.
- N’est-ce pas, chef, intervient Grag, que c’est bien de revoir le sourire de Narna. Je suis vraiment content moi aussi.
- Tu as toujours eu un faible pour Narna, mon vieux Grag, ne te le cache pas !
- Hum, faudra pas le dire à Otho, sinon, il se moquera de moi !
- Nous saurons garder le silence, ne te fais pas de soucis.

Le regard du grand robot refait une fois le tour de la pièce et il ajoute :

- Ca fait vraiment du bien d’avoir un sourire d’enfant sur les murs. Ca manquait.

Ni Joan, ni Curtis ne répondent, mais dans les yeux du jeune homme un éclair particulier s’est allumé le temps d’une seconde et Joan sourit simplement, doucement.

A cet instant, Simon entre dans la pièce et signale l’approche imminente du Comète : Ken va débarquer sur Tycho.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 7. Juni 2013, 20:46:23 Uhr
Adorable Grag!  [eyeheart]

J'ai toujours aimé son côté protecteur, paternel... et à peine subtil!  [baby]

Merveilleux passage que celui de l'éclair dans les yeux de Curtis et du sourire de Joan...

On regrette presque l'interruption de Simon... ;D

Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 7. Juni 2013, 22:04:18 Uhr
Et encore, ce n'était que Simon qui intervenait... je vous laisse imaginer ce que ça aurait été avec Otho ET Ken ! Sans compter un appel de Jelle  ;D

Ce que j'aime avec Otho et Grag, c'est qu'ils mettent tous les deux les pieds dans le plat, mais chacun à leur manière et que c'est tout autant drôle !

Comme tu dis, Flamme, à peine subtil, mais avec une telle innocence qu'on se demande s'il a la moindre idée qu'on peut comprendre ses paroles à double sens...  :D C'est vraiment ce que j'aime avec ce personnage ! Son côté un peu naïf. Alors que chez Otho, il faut plutôt toujours tout lire au second, voire triple degré  ;D

bon, je vais couper, y'a vraiment beaucoup d'orage  :o

bizz et  [goodnight]

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 7. Juni 2013, 22:26:57 Uhr
Coucou les filles,

Exactement! J'aime beaucoup aussi l'innocence et la naivete de Crag, mais toujours pret a rendre service!
Et O-tho qui en profite impunement...

Bon je vais jouer l'empecheuse de tourner en rond, mais il me semblait Limeye que tu as ecrit:
"Tu n'enverras pas Grag ou Otho le chercher, mais Grag ET Otho."...
Pourquoi il est reste sur Tycho Crag et n'est pas alle chercher Ken aussi, hmmm? ;D ou j'ai encore rate un episode?...

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 8. Juni 2013, 10:05:37 Uhr
Bien lu et bien vu, O-Tho !

bon, je vais juste faire une pirouette d'auteur pour te répondre, à savoir que finalement, Grag est resté sur Tycho, car Curtis avait besoin de lui  ;D et que je ne l'ai pas écrit !

voilà maintenant le récit du jour, je n'ai rien écrit d'autre pour l'instant, peut-être que l'inspiration me viendra au fil de la journée... vous verrez bien !

bizz

Limeye  :)

Tycho. 8 juin.

Ken est arrivé la veille au soir sur Tycho, ravi de revoir Joan et Curtis. Ravi aussi de participer à la préparation de l’expédition. Il va passer la journée enfermé dans le laboratoire avec Simon et Joan, à préparer le matériel pour collecter et conserver les plantes. Avec soin, ils rangent dans de grands cartons des petits tubes et boîtes en verre.

- A quoi cela va servir exactement, professeur ?, demande le jeune garçon.
- Dans les tubes, nous prendrons des pousses, avec des racines. Dans les boîtes, nous conserverons des graines que nous collecterons. Chaque boîte, chaque tube porte un numéro. Ce numéro sera une référence dans notre base de données, correspondant à la fiche descriptive du contenu : nous y rentrerons les coordonnées précises du lieu de prélèvement, mais aussi tout un tas d’autres informations : sois attentif à cela, car ce sera un des travaux que je te confierai. Je te réexpliquerai tout cela quand nous serons sur place, mais déjà, je peux te dire qu’il faudra y entrer la température, l’hydrométrie du sol et de l’air, un descriptif précis des alentours, citer les autres plantes à proximité, etc…
- Ca va me plaire, professeur !

Joan sourit et échange un regard avec Simon. Tous deux pensent alors que quoi qu’ils demanderont à Ken, cela lui plaira : à partir du moment où il sera avec eux, il sera toujours partant pour faire quelque chose.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 9. Juni 2013, 10:38:05 Uhr
Tycho. 9 juin. Fin d’après-midi.

Le planning de l’expédition est désormais achevé. Ken poursuit le travail avec Simon dans le laboratoire. Joan est avec eux. Le professeur en profite pour apporter à la jeune femme des notions de physique et de géologie qui lui seront utiles au cours de l’exploration.

- Nous allons réaliser une étude géologique complète, Joan. Je ne sais pas si c’est exactement cela qu’Anders voulait que tu travailles, néanmoins, cela te sera utile pour appréhender dorénavant les richesses des sous-sols des différentes planètes où tu seras envoyée en mission. Bien souvent, des malfaiteurs cherchent à s’emparer de minéraux ou de minerais précieux. Que sais-tu des richesses géologiques d’Ixio ?
- La composition minérale d’Ixio est assez semblable à celle de la Terre. Mais nous savons que le sous-sol du deuxième continent possède d’importants filons d’or, de nickel. Il y a aussi une vaste zone calcaire, située au nord est du deuxième continent. Ce n’est pas du tout là que nous irons. Sur le premier continent, il y a aussi une mine de diamants. Sinon, on trouve sur Ixio les métaux habituels, fer, cuivre, du charbon également, différentes silices…
- Les sous-sols du deuxième continent n’ont jamais été exploités, n’est-ce pas, Joan ?
- Non, pas du tout. Ils sont totalement protégés. La prospection y est interdite. On peut juste faire des prélèvements pour les évaluer, au titre de la connaissance que nous voulons avoir de notre planète. C’est aussi pour cela que nous prenons grand soin des mines qui se trouvent sur le premier continent : les Ixiens font leur possible pour vivre uniquement des ressources du premier continent.
- J’ai parcouru les documents disponibles concernant la flore du deuxième continent. Elle est très riche. Certaines plantes possèdent des vertus médicinales intéressantes. Qu’en est-il de leur utilisation possible ?
- Pour les plantes, la situation est un peu différente que pour les réserves minières. A partir du moment où les plantes se trouvent en grande quantité, il est possible d’en prélever des exemplaires, et pas seulement des graines ou des boutures, afin de les cultiver soit dans un milieu naturel sur le premier continent, soit en laboratoire ou sous serre afin d’exploiter leurs propriétés. C’est aussi pour cela que nous pourrons en prendre certaines, professeur. Mais je crois que le nombre de prélèvements est limité, vous avez peut-être reçu des instructions à ce sujet ?
- Oui, en effet. J’ai également en notre possession toute la base de données actualisée de la botanique du deuxième continent. Cela nous permettra de vérifier au fur et à mesure de nos découverte si nous trouvons une plante encore non répertoriée, ou rare.
- C’est vraiment passionnant, dit Ken. J’ai l’impression qu’on va faire du super boulot !
- Je suis ravi de te savoir si enthousiaste, Ken, dit Simon. Et je pense que Joan partage mon opinion.
- Tout à fait. Allez, Ken, l’après-midi touche à sa fin, il va falloir que tu reprennes tes affaires. Grag et Otho vont te ramener sur Terre.

Ken baisse la tête. Il espérait pourtant pouvoir rester avec eux toute la semaine !

- Ken, intervient Simon. Il te reste une petite semaine de cours, c’est tout. En fonction de l’avancée de nos préparatifs, Curtis et Joan seront peut-être sur Terre jeudi soir, au plus tard vendredi. Ce n’est plus très long, mon garçon. Et je compte sur toi pour me ramener un plan précis du travail que tu devras rendre sur notre expédition.
- C’est vrai, professeur. Vous avez raison. Je dois encore retourner en cours…
- Courage, Ken, c’est presque fini, l’assure Joan avec un sourire.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 10. Juni 2013, 11:07:16 Uhr
Ce n'est pas parce que je suis occupée à d'autres choses, qu'il faut que j'oublie de poster ici...  ;) Autant j'aime bien faire discuter Jelle et Curtis, c'est aussi un peu la même chose entre Simon et Joan... vous verrez aussi demain  ;)

Limeye  :)


Tycho. 10 juin.

Curtis passe la journée à superviser les préparatifs du vaisseau. Il a laissé Joan aux bons soins de Simon. Ils avancent bien, les uns comme les autres. Un semblant de calme est revenu, après le départ de Ken, et Joan apprécie de se retrouver seule avec le professeur soit dans le grand laboratoire, soit dans la bibliothèque. Elle aime parler avec lui et sait qu’en quelques jours, elle a déjà appris beaucoup de choses. Si Curtis peut lui apporter nombre de connaissances, elle sait aussi qu’il en va de même avec Simon. Pendant un petit moment, ils parlent même tous deux de July. Joan l'évoque de manière un peu plus détendue qu’auparavant, et Simon se dit qu’ils ont bien fait d’intervenir, que Curtis a vraiment eu une bonne intuition concernant l’approche qu’il a proposée à Joan.

- Vous irez la voir une fois avant notre départ, n’est-ce pas, Joan ?
- Oui. Nous irons vendredi. Ensuite… je ne la reverrai pas avant notre retour, mais Ezra et Jelle iront lui rendre visite. Jelle a l’intention de passer une semaine à New York durant l’été, pour revoir quelques amis. Je vous avoue que j’attends un peu avec impatience qu’elle voie maman, qu’elle me livre ses impressions. J’ai toujours le sentiment que rien ne change, mais je me trompe peut-être… et Jelle ne l’a pas vue depuis l’automne, elle trouvera peut-être une évolution.
- Ce sera intéressant en effet d’avoir son avis, dit Simon de sa voix neutre.

Ils travaillent encore un moment en silence, puis Simon dit :

- Tu as apporté ton matériel de dessin, Joan, tu penses avoir le temps de t’en servir un peu sur Ixio ?
- Je ne sais pas vraiment, je sais que nos journées seront bien remplies. Mais je ne peux partir sans... si un jour, il faisait mauvais par exemple, que nous étions contraints de rester dans le Comète, même si nous aurions à nous occuper, j’aurais peut-être un peu le loisir de dessiner.
- Je pensais à quelque chose, surtout en voyant un des deux dessins que tu nous as offert pour le salon, peut-être pourrais-tu réaliser des planches des plantes que nous observerons, un peu à la manière d’un herbier illustré. Qu’en penses-tu ?
- Oh, ce serait une belle idée, professeur ! Je n’y avais pas songé… mais cela me prendra du temps…
- Ca n’a aucun but scientifique, puisque nous prendrons des photos, mais cela pourrait enrichir tout simplement nos données, et te permettre de dessiner un peu.
- Je vais garder votre idée en tête, professeur, et je verrai une fois sur place si je peux le faire, au moins pour les fleurs ou plantes qui me plairont le plus.
- Bien, Joan. Nous avons bien travaillé encore aujourd’hui. Veux-tu faire une pause et justement, prendre tes crayons pendant une petite heure avant le dîner ? Tant que Grag et Otho sont occupés, tu peux avoir un petit moment à toi.
- Merci, professeur. Je vois tout à fait ce que vous voulez dire…
- Ils sont incorrigibles, tu sais.
- Oh, je m’y attendais ! Ils sont vraiment déchaînés depuis que je suis arrivée.
- Cela fait un moment qu’ils attendaient que tu puisses faire un séjour plus long avec nous sur Tycho. C’est leur manière de te montrer qu’ils sont heureux de ta présence.
- Je le prends comme tel. Je pense qu’ils ne sont pas les seuls, n’est-ce pas ?

Simon émet le léger bruit qui remplace son rire. Joan ajoute :

- Et moi aussi, professeur, vous savez, cela fait longtemps que j'avais envie d'être ici avec vous tous.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 11. Juni 2013, 08:47:50 Uhr
Tycho. 11 juin.

Cet après-midi là, Joan se trouve avec Simon dans la bibliothèque de Tycho. Elle a entrepris d’y faire des recherches pour compléter les préparatifs qu’ils ont réalisés dans le laboratoire depuis trois jours. Cela fait déjà une heure qu’elle ouvre différents livres et consulte des fichiers et alors qu’elle termine ce qu’elle était en train de faire, elle trouve un étrange petit ouvrage. Elle est tout de suite frappée par le dessin qui illustre la couverture. Cela ressemble à un paysage chinois, une montagne sous la pluie. Intriguée, elle ouvre le livre et y trouve quelques mots. Elle se dit alors qu’elle n’aurait peut-être pas dû l’ouvrir. Il s’agit d’un cadeau qui a été fait à Curtis par une certaine Sorya. Quelques mots, suivis d’une date, y sont écrits. La date est postérieure de quelques mois à leur rencontre sur Jupiter.

 N’oubliez pas, beau Capitaine, que la route des étoiles est celle de la vie. Sorya, en souvenir de vous.

Elle referme le livre. Son silence alerte Simon qui lui a posé une question à laquelle elle n’a pas répondu. Il la rejoint au milieu des rayonnages.

- Joan ? Il y a quelque chose ?
- Professeur… heu… non… non, rien, dit-elle en rougissant un peu, se sentant fautive d’avoir trouvé un secret.

Il s’approche un peu plus et regarde le petit livre qu’elle tient dans la main et qu’elle s’apprête à reposer sur les étagères. Ce petit livre ne lui dit rien du tout à lui non plus.

- Qu’est-ce que c’est ?
- Je crois… que c’est un secret de Curtis.

Simon fait bouger ses tentacules oculaires, il devine le trouble de Joan :

- Alors, laissons-le à sa place. Comme le passé. Terminons ce que nous étions en train de faire, Joan, et je t’accorde une pause pour dessiner !
- Merci, répond-elle avec un sourire, soulagée de la compréhension de Simon.

Quelques instants plus tard, elle gagne le salon et sort ses crayons, reprend le dessin sur lequel elle travaillait hier encore. Mais elle reste songeuse. La jolie couverture est restée dans sa tête, et les mots de Sorya aussi. Elle sait bien que Curtis a eu des aventures avant elle, elle ne doute pas de ses sentiments pour elle, cela n’a rien à voir, mais jusqu’à présent, elle ne lui a posé aucune question, par discrétion. De même, elle ne lui a pas parlé de ses propres relations passées. Parler de Mike ou de Tony lui semble inutile, voire idiot. Sans compter les deux ou trois aventures d’une nuit qu’elle a eues avant de le rencontrer.

C’est Grag qui la sort de sa rêverie en la prévenant que le repas est prêt. "Déjà le soir !", pense-t-elle. Elle repose ses crayons, range son matériel. Elle n’a rien avancé de ce dessin. Puis elle rejoint toute l’équipe autour du repas. Elle les écoute d’une oreille un peu distraite, d’habitude, elle répond avec plus d’entrain aux plaisanteries d’Otho, si bien que ce dernier finit par se taire. Curtis se demande ce qu’elle a, c’est bien la première fois qu’elle participe si peu."S’ennuierait-elle un peu ? Aurait-elle envie d’appeler Jelle ou Ezra ? Elle ne l’a pas fait depuis son arrivée ici", songe-t-il.

Elle finit par se lever, aide Grag à ranger et sous prétexte de fatigue, file dans la chambre sans demander son reste.

- Pressée d’aller se coucher, ce soir, Joan !, lance Otho, ragaillardi par le départ de la jeune femme. Pas toi, chef ?
- Je pense que je ne vais pas tarder, en effet, mais pas pour les raisons que tu soupçonnes. Son silence ce soir m’intrigue. J’espère qu’elle ne s’ennuie pas avec nous.
- Avec toi, ça m’étonnerait ! Mais avec la boule de gomme…, rétorque Grag.

Curtis se dépêche de les abandonner en pleine polémique. Il sait très bien que dès qu’il aura le dos tourné, ils cesseront leurs chamailleries et ergoterons sur les raisons du silence de Joan. Grag est même capable de se faire du souci, alors qu’il n’y a peut-être aucune raison de s’en faire.

Il entre dans la chambre, Joan est déjà dans la salle de bain. Il jette un œil autour de lui, rien d’anormal. Elle a juste enlevé ses vêtements. Il fait de même et l’attend, dans le lit. Quand elle revient, elle est surprise :

- Tu te couches déjà ?
- Oui. J’ai pensé que tu avais trouvé un bon prétexte pour échapper à Grag et à Otho et que tu n’avais qu’une envie, c’était que je fasse comme toi, dit-il en se redressant et en lui souriant.

Elle hésite une seconde, puis le rejoint. Il la prend tendrement dans ses bras et l’embrasse doucement. Elle se sent fondre. Mais alors qu’elle est sur le point de se laisser aller, portée par ses caresses, elle repense à Sorya.

Curtis s’écarte un peu, prends son menton dans ses mains, la forçant à le regarder :

- Quelque chose te tracasse, ce soir, mon amour, qu’est-ce qui se passe ? Tu t’ennuies ?

Elle s’étonne un peu de sa remarque, mais secoue la tête.

- Pas du tout. Je ne m’ennuie pas du tout ici. Il y a tant à faire !
- Alors, qu’y a-t-il ?

Elle voudrait bien échapper à ce regard gris, un peu sombre, qui la fixe, mais c’est impossible. Curt a un avantage sur elle pour cela, et ça n’a rien à voir avec sa force physique. Juste qu’elle ne peut pas, qu’elle n’a jamais pu, échapper à l’un de ses regards.

Elle hésite un peu, mais sait qu’il est inutile de faire traîner les choses. Alors elle demande, d’une voix un peu honteuse :

- Qui est Sorya ?

Un frisson le parcourt. Comment et qu’est-ce que Joan a trouvé ? Il la regarde toujours, mais soupire :

- Quelqu’un que j’ai rencontré il y a quatre ans. Sur Alméria. Tu te souviens de cette mission ? Carthew nous avait envoyés là-bas à cause d’une épidémie qui faisait des ravages. Nous avons fait ce que nous devions y faire, et alors que l’épidémie refluait, nous passions beaucoup de temps, Simon et moi, au dispensaire où étaient soignés les enfants. Kylym était le neveu de Sorya, un petit garçon de l’âge de Ken à l’époque, qui était très atteint. La famille de Sorya avait été décimée par la maladie, il ne lui restait que son père et ce neveu. Elle avait perdu son époux, sa fille, sa mère, son frère et sa belle-sœur et trois de leurs quatre enfants. Beaucoup de familles subissaient le même sort. Nous avons réussi à sauver l’enfant. Sorya a une quinzaine d’années de plus que nous. Un soir, j’étais sorti prendre un peu l’air après une journée particulièrement difficile : trois enfants étaient encore décédés. Mais Kylym était hors de danger, il était seulement affaibli. J’étais parti faire le tour des remparts, admirer la lumière du soir, je cherchais les premières étoiles, notamment le soleil. Je pensais à toi. Je me demandais si j’allais te revoir, à notre retour de mission. Si tu étais repartie ailleurs, avec Ezra. Si… enfin, je pensais à toi. A un moment, je suis resté accoudé au muret, et alors que je songeais à rentrer, Sorya s’est approchée. Elle avait besoin de parler. Nous avons d’abord discuté de ce qui se passait, de Kylym… puis elle m’a demandé à qui je pensais en regardant les étoiles. Je lui ai dit que je pensais à toi.
 
Il se tait un moment. C’est vrai. Il revoit la scène. Il revoit aussi les beaux yeux de Sorya, dans lesquels il avait pu lire à la fois de la tristesse et une étrange attente. Cette même lueur qu’il lirait parfois, dans les mois suivants, dans les yeux de Joan.

Il reprend son récit :

- Elle… elle dégageait beaucoup de tristesse, mais aussi de douceur. Je me sentais proche d’elle. Elle m’a demandé de passer la nuit avec elle, j’ai accepté. C’était une belle nuit, un beau souvenir pour moi, j’espère pour elle aussi. Au matin, nous avons parlé. Elle me disait qu’elle avait beaucoup aimé son époux, qu’elle souffrait de sa mort, et plus encore, de celle de sa fille. Mais il y avait eu tant de morts autour d’elle, tant de deuils… elle voulait garder foi en la vie, pour son père et surtout pour son neveu. Et que ces quelques heures passées ensemble étaient pour elle le moyen de tourner le dos à la mort, de revenir vers la vie. Elle… ce que je sais, Joan, c’est que grâce à elle, j’ai compris que j’étais amoureux de toi. Qu’avec toi, il m’arrivait quelque chose que je n’avais jamais connu avant, avec les quelques femmes que j’avais rencontrées, dont elle aussi. Mais de comprendre cela… m’a aussi fait très peur. Comme si je n’étais plus maître de moi-même, de mes décisions, de mes choix. C’était un terrible révélateur.

Elle hoche la tête, elle sait parfaitement de quoi il parle et préfère ne pas repenser à ces années d’attente, d’espérance vaine, à ces nuits à regarder la Lune, à ces heures à parler avec Jelle. A ce qui lui arrivait à elle-même, aussi.

- Qui t’a parlé de Sorya ? Simon ?
- Non… cet après-midi, en terminant les recherches dans la bibliothèque, j’ai trouvé le petit livre qu’elle t’a offert.

Il hoche la tête.

- Elle tenait à ce que je parte avec. Tu l’as lu ?
- Non. J’ai été intrigué par la couverture, le dessin en est très joli et machinalement, je l’ai ouvert et j’ai juste trouvé les quelques mots qu’elle avait écrits et alors… je… enfin, je me suis sentie très bête.

Il la regarde.

- Je… oui… j’ai eu le sentiment de trouver quelque chose que… que je n’aurais pas dû trouver, comme… un secret.
- Ce n’est pas si secret que cela. Et d’ailleurs, je t’encourage à lire ce petit livre. Ce sont des poèmes d’un auteur de sa planète qu’elle aime beaucoup. Ce sont des textes courts, mais très beaux, qui parlent de la vie, de la beauté du monde. Je suis certain que tu les aimerais.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 11. Juni 2013, 21:48:42 Uhr
Coucou Limeye,

Eheh, on plonge dans le passe amoureux de Curtis, excellent choix!... [naughty]

Et j'aime beaucoup comme tu as decrit la reaction de Joan et son trouble, excellent dialogue!
Par contre, si je puis me permettre de te poser les 2 questions suivantes:
- J'aurais pense que Joan aurait decouvert le petit livre plutot dans la chambre de Curtis ou son bureau, plutot que dans la bibliotheque..?..Somme toute, cela reste un passe plutot prive?
- Curtis pense a elle et passe la nuit avec une autre...hmmmm... ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 12. Juni 2013, 02:33:50 Uhr
Coucou Limeye!

Moi aussi j'ai aimé ce passage, avec toutefois la même réserve qu'O-Tho pour ce qui est de passer la nuit avec une autre alors qu'il pensait à elle... mais si c'est pour mieux comprendre qu'il l'aimait, alors...

Je suis surtout demeurée en interrogation, car le nom de Sorya me dit quelque chose: se peut-il que tu l'aies déjà utilisé dans une de tes histoires? Je ne peux pas me souvenir avec certitude, mais il me semble l'avoir déjà vu...  ???

Et pour terminer sur une note humoristique: Joan a trouvé un moyen de faire taire Otho! C'est un tour de force, ça...  ;D

Flamme
 [hello]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 12. Juni 2013, 08:23:42 Uhr
Coucou les filles,

je vais m'efforcer de répondre à vos questions (cette nuit, je galérais trop avec le wi-fi...)

pour ce qui concerne le passé de Curtis, j'avais envie d'y faire quelques allusions à l'occasion de la présence de Joan sur Tycho. Et dans ce passé, il y a forcément des relations amoureuses, ou du moins sexuelles. Je n'ai rien inventé, Hamilton lui-même le fait, et ce en effet, après sa rencontre avec Joan. Aurais-je un scoop ? Point du tout... je me suis seulement basée sur une réflexion de Pascal concernant l'histoire du Créateur universel. Vous vous souvenez de la princesse ? Dans le DA, on sent bien que le Capitaine ne la laisse pas indifférente. Et bien dans le roman, elle a une soeur qui, dixit Pascal toujours (je n'ai pas lu le roman) aurait carrément pu rendre Joan très jalouse...

D'où l'idée donc de lui faire avoir une aventure après avoir rencontré Joan. En cela, je reste aussi "fidèle" à mon histoire de Beloga, lorsque Joan raconte ses trois années de deuil à Curtis et que lui-même songe qu'il a eu quelques aventures alors qu'ils se connaissaient déjà. Cela dit, je ne sais pas encore si JiYD précèdera Beloga ou pas, pour l'heure, je suis raccord, mais j'ai quelques doutes cependant de pouvoir faire se raccorder tout à fait les deux histoires (néanmoins, cela n'est pas très important).

Je ne sais pas si je suis très réaliste sur le coup en effet de lui faire passer une nuit avec une femme alors qu'il en aime une autre. Sauf que, à ce moment de sa vie, il ne sait pas vraiment quoi faire de ses sentiments pour Joan. Il sait, devine déjà, qu'elle ne représente pas la même chose que les quelques femmes qu'il a déjà croisées par le passé, mais à quel point est-elle différente, cela, à cette époque, il ne le mesure pas encore. J'essayerai de le faire ressentir lorsque j'évoquerai leur rencontre (patience, c'est pour dans quelques jours).

En cela, il le dit à Joan, Sorya a été un terrible révélateur... Et il comprend alors ce que je traduirais simplement par : pour Curtis, il y a les femmes et il y a Joan. Vous suivez ?

Quant au fait qu'il ait rangé le livre dans la bibliothèque, et non dans sa propre chambre, c'est justement parce qu'il ne considère pas cette histoire comme un secret. Il n'a vu dans ce petit livre qu'un simple cadeau en souvenir, pas du tout un présent amoureux. Et ce livre, malgré le petit mot de Sorya,... est juste un livre pour lui, un recueil de beaux poèmes, sa place n'était pas parmi ses "secrets".

Je voulais également que Joan découvre par inadvertance, absolument pas par curiosité, cette histoire et donc un pan de la vie de Curtis qu'elle ignore totalement et sur laquelle elle ne lui a jamais posé la moindre question (pour les mêmes raisons que pour elle à savoir qu'elle ne voit pas pourquoi elle lui parlerait de son propre passé amoureux). Cela me permettait de nous le faire découvrir aussi "par hasard". S'il est une qualité de Joan (entre de nombreuses), c'est qu'elle n'est pas une "fouineuse". Casser les pieds à Curtis avec son passé, c'est pas son truc du tout...

La présence de Simon est aussi tout à fait "naturelle", il aide Joan à passer le cap de la découverte. Je voulais montrer aussi à travers ce petit dialogue entre Simon et elle, toute la tendresse que Simon éprouve pour Joan. Un peu en parallèle avec la discussion qu'ils avaient eue à Vancouver concernant July.

Par contre, Flamme, tu me poses une colle concernant le prénom de Sorya... il faudrait que je refouille dans mes histoires, mais je t'avoue que je ne vois pas non plus... mais c'est possible ! Même les auteurs ont des trous de mémoire  ;D

Cela dit, j'ai un loustic qui a faim, je vous livre la journée d'aujourd'hui plus tard, et vous verrez que Joan a trouvé un autre moyen de faire taire Otho  ;)

Bizz

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 12. Juni 2013, 08:58:55 Uhr
Tycho. 12 juin. Tôt le matin

- Boule de gomme ! Où est encore passé ta sale bestiole !
- Je sais pas, tas d’ferraille ! Et d’abord, parle autrement de Oog, s’il-te-plaît !
- J’espère qu’il n’a pas donné de mauvaises idées à Eek.
- Comment ça ?
- Depuis que Joan est arrivée, Oog ne cesse de donner le mauvais exemple à Eek pour l’embêter !
- N’importe quoi ! C’est Eek qui fait le zouave !
- Bon, en attendant, il faut qu’on les retrouve. Il est encore tôt, et hier, le chef et Joan ont travaillé dur, avec Simon. Tu as bien vu que Joan s'était couchée tôt ! Il faut les laisser dormir et je parie qu’ils sont en train de couiner à la porte de la chambre.

Otho hausse les épaules et regarde son ami d’un air désolé.

- Mon pauvre Grag, tu es d'une telle naïveté que je n'ai même pas envie de me moquer de toi ! Comme si elle était fatiguée, Joan, hier soir. T'as vraiment rien compris ! Et tu as vu à quelle vitesse le chef l'avait suivie ? Et puis, hein, tu n’as vraiment rien d’autre à faire que te soucier de Eek et Oog ? Nous avons du boulot sérieux à faire, c’est ce que le chef nous a demandé. Aujourd’hui, on doit monter du matériel à bord du Comète, et ce ne sont pas Eek et Oog qui nous y aideront. Alors, allons-y ! Et si jamais ils réveillent le chef et Joan, ben… ils se mettront plus vite au boulot eux aussi, c’est tout !

Grag émet un sourd grognement. Il hésite un peu à aller voir jusqu’aux chambres si les deux petits animaux n’y sont pas, car il voudrait échapper aux moqueries d’Otho. Mais en même temps, il veut jouer son rôle de veilleur et de protecteur des deux amoureux et ne voudrait pas se faire réprimander par le Capitaine, et encore moins par Joan, parce que les "bestioles" les ont réveillés de bonne heure.

C’est finalement la jeune femme qui vient à son secours, toute pimpante.

- Bonjour Grag, bonjour Otho ! Vous allez bien ?
- Oui, Joan, répondent-ils avec une belle unité. Bien dormi ?
- Oui, je dors très bien ici ! Et certainement mieux que dans le vaisseau qui nous a ramenés de Cerberus, Ezra et moi. Je ne vous ai pas raconté ?
- Non…
- Les couchettes étaient dignes des trains chinois du XXème siècle ! Et puis le vaisseau était très mal insonorisé, encore, il ne faut pas que je me plaigne, dans ma cabine, c’était supportable, mais celle d’Ezra était à côté de la salle des machines, le pauvre… Je crains que ce voyage ne l’ait rendu à moitié sourd !, ajoute-t-elle en riant.
- C’est sûr qu’ici, c’est calme. Tu n’as même pas le bruit de la ville…, dit Grag avec gentillesse.
- Oui, poursuit Joan en entrant dans la cuisine. Ca me fait penser un peu à Ixio, sauf qu’à Glenogan, il y a du bruit ! Les bruits du hameau, les chants des oiseaux, et puis la mer…
- Et puis faut dire que la chambre du chef est confortable, ajoute Otho, goguenard.
- Tout à fait !, dit Joan avec un sourire malicieux.

Elle a parfaitement compris les allusions de l’androïde.

- Il y a juste un petit souci, Otho…
- Ah oui ?, répond-il en s’appuyant contre l’évier.
- Oui, si tu pouvais rappeler à Oog que ce n’est pas la peine de nous réveiller dès 6h du matin… au cas où tu ne le saurais pas, Curt a un réveil…

Otho ouvre des yeux tout ronds, surpris, il ne trouve rien à redire. Grag s’esclaffe.

- Bon, à table !, s’exclame Curtis qui fait son entrée. Ne perdons pas de temps, on a du travail aujourd’hui.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Frégo80 am 12. Juni 2013, 12:14:55 Uhr
Coucou Limeye, O-tho et flamme!

Frégo, la reine du trivia,  ;D  a la réponse concernant la provenance du nom de Sorya. C'est un personnage de ton récit, l'Héritier de Macrium, Limeye. C'était le nom tu avait donné à la gouvernante de Shen. Elle s'était enfui avec lui et son amant pour le protéger.

Par ailleurs, vraiment trop mignons les deux affreux et leurs bestioles. Il s'en donnent vraiment à coeur joie.  ;D

Bizz,

Frégo  8)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 12. Juni 2013, 13:00:45 Uhr
Merci Frégo !

après réflexion, je me suis dit que si c'était dans une de mes histoires, le prénom de Sorya, ça devait en effet être dans l'Héritier de Macrium, qui est l'histoire que j'aime le moins parmi celles que j'ai écrites... autant pour moi ! C'est bien d'avoir des lectrices attentives  :) !

en tout cas, rien à voir entre ces deux personnages... à force d'en créer, on finit par manquer d'inspiration  ;D

tu avances sur le visage de mon ennemie, au fait ?

bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Frégo80 am 12. Juni 2013, 14:14:53 Uhr
Coucou Limeye!

J'en ai écrit un petit bout hier soir. Je vais m'y mettre sérieusement ce soir.

Bizz.

Frégo. 8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 13. Juni 2013, 00:17:22 Uhr
Bravo Frego! Tu es une rapide!

Limeye, j'aime comment tu fais interagir Joan avec les deux affreux, elle agit avec chacun de la même façon qu'ils agissent avec elle!  ;D

Flamme
 :D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 13. Juni 2013, 08:32:36 Uhr
Tycho. 13 juin.

Ces deux derniers jours, ils ont travaillé d’arrache-pied. Le vaisseau est prêt, il restera à terminer l’approvisionnement et le plein des batteries juste avant le départ. Du côté de Simon et Joan, les préparatifs du matériel sont quasiment terminés. C’est le milieu de l’après-midi, et toute l’équipe est réunie dans le laboratoire pour faire le point. Simon vient d’exposer à Curtis ce qu'il lui reste à faire.

- Tu auras désormais notre aide pour terminer. En moins d’une journée, tout sera prêt et nous pourrons partir dès samedi, c’est parfait. Je propose un dernier vol de vérification en fin d’après-midi, qui nous permettra d’aller récupérer Ken demain soir, et nous laissera le temps à Joan et moi d’aller voir sa mère demain matin et de saluer Ezra avant notre départ. Otho, tu vas rester ici avec Simon pour l’aider. Grag, j’aimerais que tu prépares le Comète pour ce vol pour 17h.
- Bien chef ! J’y retourne !
- En attendant, avançons encore un peu ici.

New York. 13 juin. Le soir.

Ezra vient de les quitter. Il était venu dîner avec eux, promettant de passer voir July régulièrement durant leur absence et de leur transmettre des nouvelles. Il les rejoindra peut-être à Glenogan, à la fin de l’été, s’il a la possibilité de prendre des congés. Joan le raccompagne jusqu’à l’ascenseur.

- Au revoir, parrain, prends bien soin de toi durant notre absence !
- Au revoir, ma petite Joan, surtout profitez-en bien !
- Ne te fais pas de souci !
- Et bien sûr, saluez pour moi Victor et Salomé, et les parents de Davies, et…
- Et tout le monde que tu connais, j’y penserai.

Ezra s’engouffre dans l’ascenseur, lui adresse un dernier petit salut en souriant. Joan regagne son appartement, un sourire aux lèvres. C’est leur dernière soirée sur Terre, encore une nuit sur Tycho et ils seront partis. Elle a hâte. Hâte bien entendu de retourner sur Ixio, de revoir ses parents à Glenogan, mais hâte aussi de commencer l’expédition : les préparatifs ont attisé sa curiosité, et comme elle l’a dit à Simon, passer plusieurs semaines sur le deuxième continent est une chance que tout Ixien rêve de pouvoir connaître un jour. Elle rejoint Curtis, sur le balcon, se blottit dans ses bras.

- C’est notre dernière soirée tous les deux avant un bon moment, ma douce, lui dit-il en la serrant tendrement contre lui.
- Oui, après nous aurons Ken, Grag et Otho pour nous surveiller en permanence.
- Sans oublier Eek et Oog… Il m’arrive de me demander s’ils ne sont pas pires que leurs maîtres dès que tu es là.
- Tu crois ?
- Hum, hum.

Ils restent un moment à profiter du soir déclinant. Il commence à faire très chaud à New York, et Joan n’est pas mécontente de passer l’été loin de la ville. "C’est la pire saison à New York", se dit-elle.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 14. Juni 2013, 10:19:05 Uhr
Salut les filles,

p'tit coup de blues de mon côté et grosse prise de tête au boulot, pas trop la tête à écrire depuis deux jours, je vous livre juste la journée d'aujourd'hui pour JiYD. Je vais me replonger dedans durant le week-end, ça me changera les idées  :)

belle journée à vous ! bizz

Limeye  :) ça ira mieux demain  :)



New York. 14 juin. 8H58

Quand Joan ouvre les yeux, ce matin, elle se demande un peu ce qu'elle fait dans sa chambre. Les bruits de la ville ne l'ont pourtant pas réveillée, elle a bien dormi. Il est près de 9H. Elle s'étire, se tourne, cherche Curtis, trouve la place vide à ses côtés. Elle soupire en comprenant que ce qui l'a réveillée, c'est le bruit de la douche. "Impossible de le garder au lit ! Il va me dire qu'on a un programme chargé pour la journée..." Elle se redresse, passe la main dans ses cheveux, se dit qu'elle a bien vite pris l'habitude de Tycho, de l'atmosphère de la base, car c'est comme si sa propre chambre lui était soudain étrangère. Elle a étrangement hâte de retourner sur la Lune, et cela n'a rien à voir avec leur départ pour Ixio. Elle se lève, traverse le salon, les rayons du soleil passent à travers les jours des stores, entre dans la cuisine. Curt a déjà fait le café, mais elle s'active à préparer le petit déjeuner.

Il la rejoint peu après, s'installe à ses côté après avoir déposé un baiser léger sur ses lèvres.

- C'est le décalage lunaire qui t'a fait sortir du lit si tôt ?
- Pas du tout. On a une bonne journée devant nous, il était temps de se lever. Pourquoi ?
- Hum, pour rien, répond-elle en plongeant le nez dans son bol.

Il la regarde, un peu amusé, lui murmure quelques mots à l'oreille. Elle lui rend un regard d'abord coquin, puis soudain très sérieux. Elle enroule ses bras autour de son cou pour l'embrasser avec fougue, se laisse aller sur ses genoux, la bretelle de sa nuisette glisse de son épaule. "Hum... difficile de lui résister", se dit-il.

- Voilà, c'est mieux comme ça, finit-elle par dire quelques minutes plus tard, en reprenant sa place à table.
- Profite qu'on ne soit que tous les deux et chez toi. Ne t'imagine pas pouvoir me faire ce coup-là sur Tycho !
- Et toi, ne t'imagine pas pouvoir te lever sur Tycho sans t'être occupé de moi avant ! Sinon, je serais capable de te faire ce coup-là quand même là-bas !
- Rien ne t'empêchait de me rejoindre sous la douche, ajoute-t-il d'un ton si sérieux qu'elle en rit.


New York. 14 juin. 13H

Ils quittent à l'instant la clinique White Butterfly, après avoir passé un bon moment avec July. Elle était encore dans sa chambre quand ils sont arrivés, et l'ont emmenée faire un grand tour dans le parc. Joan a incité sa mère à toucher quelques fleurs, des feuilles, une fougère, de la mousse. Curtis a observé July pendant ce temps, n'a hélas remarqué aucune réaction, si ce n'est que la mère de Joan semble calme, presque sereine. Mais cela, il l'a déjà constaté lors des précédentes visites, que le fait d'être au grand air, de se promener lui fait du bien. Ils sont restés avec elle jusqu'à l'heure du déjeuner, puis après avoir rapidement salué le docteur Montgomery, ils sont repartis.

- Je te propose de manger chez Li Yan, dit Joan. Ce n'est pas loin de l'appartement, on pourra y rentrer assez rapidement, et je préparerai mon dernier sac, et les affaires de Ken. Si pour ma part, je n'ai pas grand-chose à emmener en plus de ce que j’ai déjà préparé la semaine dernière, je pense que Ken n’aura pas du tout à l’esprit qu’il fera froid à Glenogan quand nous y passerons.
- Tu n'as pas de courses à faire, rien de particulier à emmener à Salomé, à tes amis ?

Elle secoue la tête.

- Non, je ne vois pas. Tu veux passer au lycée un peu avant qu'on récupère Ken, non ?
- Oui, mais vite fait. Juste pour voir rapidement la directrice et faire un dernier point avec elle. Un peu comme on a fait avec Montgomery ce matin.
- Ca t'embête si je propose à Clara et Suzy de déjeuner avec nous ? Je ne les reverrai pas avant un moment...
- Pas du tout. Appelle-les, vois si elles sont disponibles...

C'est le cas, et Joan devine que ses deux amies sont enchantées de les voir. Après tout, c'est la première fois qu'elles vont les voir "en couple".

Curt et Joan sont les premiers arrivés chez Li Yan, s'installent à une table tranquille. Clara arrive rapidement après eux, Suzy les rejoint dix minutes plus tard, pestant d'un air faussement scandalisé après son chef, Hamilton, qui lui a demandé un dernier service alors qu'elle s'apprêtait à partir.
Elle attaque d'emblée :

- Bon, je me demandais bien si on allait vous voir un jour ! Ezra m'a annoncé que vous partiez sur Ixio pour une expédition ? C'est dingue ça !
- Moi, ce qui m'étonne, enchaîne Clara qui a, comme toujours, bien du mal à faire son choix parmi les différents menus, c'est qu'Anders vous laisse partir ainsi...
- Il n'est pas au courant, Clara, assène Suzy, je te l'ai déjà expliqué !
- Mouais. A d'autres...
- Non, Clara, je t'assure, renchérit Joan. Sinon, il ne nous aurait pas laissé partir, je peux te l'assurer !
- En tout cas, ne vous faites pas de soucis, ce n'est pas moi qui vendrais la mèche !, dit Suzy et elle ajoute, en se tournant vers Clara :
- Bon, c'est pour ce midi ou demain soir ? Tout ça pour finalement prendre le même menu que d'habitude...


Entre la Terre et la Lune. 14 juin. Le soir

Ken affiche un grand sourire en se levant de son siège. La phase de décollage est terminée, et il n'est plus obligé de rester assis. Grag a à peine eu le temps de dire qu'ils pouvaient tous se détacher, que le jeune garçon est déjà debout, sautillant jusqu'aux commandes.

- Ken !, l'appelle Joan. Reste un peu tranquille !
- Quoi ? Mais je suis tranquille !
- Tu n'arrêtes pas de sauter partout. On dirait Oog et Eek...
- Tu te rends compte, grande sœur, dit-il en revenant vers elle avec un large sourire, ce sont les vacances, c'est génial ! On part demain, Capitaine ?
- Oui, dès que nous serons prêts. Mais ce n'est pas une raison pour te lever à 5h du matin... ni pour traîner au lit, à l'inverse, non plus.
- Nous n'aurons qu'à demander à Eek et Oog de te réveiller à la bonne heure, dit Joan en adressant un petit clin d’œil à Otho.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Frégo80 am 14. Juni 2013, 11:58:49 Uhr
Coucou Limeye!

Cette histoire est vraiment l'endroit où on peut se réfugier quand on est sursaturé par le drame des autres histoires. J'espère que ça ira mieux au boulot.  ;)  8)

Bizz!

Frégo
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 14. Juni 2013, 18:47:48 Uhr
Coucou Limeye,

Tout a fait d'accord avec Frego- J'adore ces petits dialogues entre Curt et Joan  ;) [loveu]

Merci encore pour cette petite dose de douceur quotidienne!

Bon courage,   [goodjob]


O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 15. Juni 2013, 10:16:25 Uhr
Coucou les filles,

merci pour vos messages. Les jours suivants seront plus "denses". J'ai aussi commencé à collecter des photos des lieux qu'ils vont explorer et quelques liens vers des chansons que je voudrais vous faire partager au fil de leur exploration, car elles peuvent bien "coller" avec certaines ambiances et lieux.

cette histoire est aussi un refuge pour moi ;) !

bon début de week-end à vous  [flower]!

bizz

Limeye  :)


Tycho. 15 juin.10h

Le toit du hangar de la base de Tycho s’ouvre lentement, avec fluidité. Grag lance les moteurs et la forte poussée arrache le long vaisseau à l’attraction lunaire. Otho referme la trappe, les dernières protections sont activées. Tycho retourne au silence pour plusieurs semaines. Le vaisseau se place à la verticale de la base, tourne un peu, déploie ses longues branches et le vol peut alors vraiment commencer.

A bord, Ken est un peu plus calme que la veille. Il était tellement excité à l’idée de partir, d’être enfin en vacances, qu’il a longtemps tourné dans son lit avant de pouvoir s’endormir. Mais cela ne l’a pas empêché de se lever dès que Joan a frappé à sa porte, trois heures plus tôt et de filer aussitôt dans la cuisine pour engloutir son petit déjeuner sous les yeux ravis de Grag. Puis le robot s’était empressé de rejoindre le vaisseau pour les derniers préparatifs du vol, laissant Otho, Ken, Joan et Curtis déjeuner tranquillement.

- Tu prends le cap 28-412, Grag, dit Curtis. Otho, la trajectoire ?
- Rien devant avant cinq heures, Capitaine, quand nous approcherons de Kuiper.
- Parfait. Passage à la vitesse de la lumière dans deux minutes. Compte à rebours enclenché.

Et deux minutes plus tard, les étoiles se transforment en longs traits lumineux. Après quelques instants, ils peuvent se détacher de leurs sièges.

Joan retient à grand peine un léger frisson. Elle est émue de quitter Tycho pour Ixio. Un vrai premier vol vers Ixio, depuis la base et non, comme la fois précédente, depuis Mercure. Ils seront demain soir à Ixiopolis. Juste avant de partir, elle a envoyé un message à ses parents, et a aussi prévenu Jelle et Ezra de leur départ imminent.

Après quelques minutes à observer le vol, elle quitte le poste de pilotage pour rejoindre Simon. Puis, connaissant Ken, elle ne reste pas longtemps en compagnie du professeur et gagne la cuisine pour préparer un premier repas. L’adolescent n’a pas quitté le cockpit, passionné comme toujours par les manœuvres du vol. Quand elle y retourne, alors qu’elle est encore dans le couloir, elle entend Curtis lui expliquer ce qu’ils font.

"Il est ravi de venir avec nous. Ca aurait été vraiment difficile de le laisser sur Terre, même pour nous...", pense-t-elle avec un léger sourire.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 16. Juni 2013, 10:45:35 Uhr
Bonjour à toutes (et tous, on sait jamais...  ;))

Par cette journée, je poursuis ce récit d'une manière un peu différente désormais. Certains jours, je vous proposerai une photo et/ou une chanson en illustrations. J'ai vérifié les liens, normalement, ils fonctionnent, mais en cas de soucis, faites-moi signe !

bonne lecture et bon dimanche  :)

Limeye  :)

Pour la chanson, que vous pouvez mettre dès le début du texte : 

https://www.youtube.com/watch?v=oiPzU75P9FA


En approche d’Ixio. 16 juin. 23h00

- C'est bête d'arriver de nuit à Ixiopolis, fait remarquer Ken.
- C'est exprès, Ken. Car nous allons d'abord survoler à haute altitude la zone de notre expédition qui, elle, se trouve en plein jour. Nous rejoindrons Ixiopolis au petit matin.
- Et on dort quand ?, demande-t-il un peu effaré.
- Tu peux aller dormir maintenant, Ken, dit Joan.
- Et toi ?
- J'ai dormi cet après-midi, je te le rappelle. Je t'avais d'ailleurs dit de faire comme moi, pour pouvoir profiter du survol du deuxième continent, tu as préféré rester aux manettes avec Otho. Maintenant, ne te plains pas si tu es fatigué...
- Pour l'instant, je ne suis pas fatigué, dit-il avec aplomb.

Curtis qui est debout devant l'un des écrans du poste de pilotage, sourit.

- Bien, ceci étant dit et puisque tout l'équipage est prêt pour la phase d'observation, Ken, tu vas rejoindre Simon au laboratoire pour l'enregistrement des premières informations. Joan, tu restes devant l'écran de captation des données. Otho ?
- Oui, chef.
- Tu mettras en route et piloteras les caméras et capteurs selon ce que Joan te donnera comme indications. Grag, on va approcher de la zone par le sud, exactement comme je compte organiser notre présence là-bas. Tu vas d'abord te positionner au-dessus du fleuve, un peu au sud du confluent. Puis nous survolerons la rivière et le causse. Nous ferons un premier point lorsque nous aurons atteint le principal affluent qui nous servira de limite pour la deuxième zone d'exploration.
- D'accord, Capitaine.
- Tout le monde est à son poste ? Simon, Ken ?

Leurs voix lui répondent par l'interphone.

- Parfait, nous devrions être sur zone d'ici un petit quart d'heure.

Durant les heures suivantes, ils vont ainsi procéder à un relevé cartographique précis de tout leur champ d'exploration. Ils n'ont pas trop de toute la journée pour l'effectuer. Ken s'est endormi dans le laboratoire et Grag a abandonné durant un moment les commandes pour le porter dans son lit.

Alors qu'ils survolent le plateau montagneux, dernière partie de leur expédition, le soir se couche.

- Joan ?
- Oui, Capitaine ?
- Viens voir. Abandonne un peu ton écran. Le spectacle est somptueux, même si nous sommes encore haut, viens donc admirer un coucher de Calenda sur le deuxième continent...

Elle s'approche des fauteuils de pilotage, s'appuie sur celui de Curtis et se dit que la fatigue qu'elle ressent après ces heures de pointage et de guidage vaut bien cette récompense.

- C'est magnifique...

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 16. Juni 2013, 15:02:35 Uhr
Limeye,  [master] [chinese] [respekt]

Tu as rendu Just in your dreams encore plus merveilleux et unique! Le récit prend une toute autre dimension lorsqu'il est agrémenté par la musique et les photos, comme tu le fais!  [goodjob]

Quel plaisir d'écouter "Stand by me", que j'ai toujours aimé! Mais le vidéo est tout aussi exceptionnel, et illustre bien à quel point la musique est un langage universel...  Et le tout est évocateur de paix.

Quant à la photo, c'est la cerise sur le gâteau, le complément parfait! Est-ce toi qui l'as prise?

Chose certaine, ton histoire va continuer à se démarquer des autres, et surtout, elle va continuer de faire office de refuge, comme Frégo le soulignait si bien... Cette petite dose de douceur quotidienne, comme le dit si bien O-Tho, commence bien la journée! :D

Encore bravo et merci!
Flamme
 [flower]

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 17. Juni 2013, 06:19:35 Uhr
Coucou à toutes, coucou Flamme,

merci pour ce premier avis sur cette nouvelle "approche" du récit. Il n'y aura pas forcément de photos et/ou de chansons chaque jour, et en effet pas avant le 19 pour cette semaine (je vous livre une petite "fuite"  ;) ), mais dès qu'ils seront sur le deuxième continent, je vous enverrai régulièrement des liens pour découvrir en même temps qu'eux les paysages qui m'ont inspirée pour cette partie de l'histoire, ceux de ce que j'appelle "ma terre d'adoption". Mais en attendant, voici le récit d'une de ces journées un peu "tampon" avant d'autres un peu plus riches  [eyeheart]

pour "stand by me", cette version a beaucoup tourné par chez nous ces derniers mois, je l'aime particulièrement et je l'avais dans la tête pour leur survol. Je pense qu'au fil des jours de l'exploration, vous pourrez aussi la réécouter et voir qu'elle correspond aussi à l'atmosphère qui se dégage de ces paysages.

ce n'est pas une photo de moi, mais je l'ai découverte en cherchant sur le net, et j'ai aussi trouvé une très très belle photo (même auteur) d'un lever de soleil, ce sera pour une de leurs dernières journées sur le deuxième continent (puisqu'ils finiront l'expédition par cette région).

belle journée à vous et j'espère pas d'insomnies à cette heure pour celles de l'autre continent  ;)

bizz

Limeye  :)


Ixiopolis. 17 Juin. Début d'après-midi.

Après avoir terminé le survol et la cartographie générale de leur lieu d'expédition, ils sont repartis vers Ixiopolis. Ils y arrivent en pleine journée. Ken a encore du mal à jongler avec le décalage horaire. Le temps est couvert sur la capitale, il fait même assez froid.

- Ken, tu veux venir avec nous jusqu'à Glenogan ?, lui demande Curtis. Ou préfères-tu rester au vaisseau, avec Grag, Otho et Simon ?
- Je préfère venir avec vous, j'ai envie de revoir Victor et Salomé !
- Pas de soucis.

Joan ajoute :

- Tu prends juste des affaires pour 3-4 jours, on doit être à Doban le 21. Et prends seulement des vêtements chauds ! L'été, ce sera sur le deuxième continent !

Elle a à peine eu le temps de terminer sa phrase que Ken a déjà filé dans le couloir du Comète.

- Toujours aussi rapide, dit Simon. Vous saluerez bien tes parents pour nous, Joan, ajoute-t-il en se tournant vers la jeune femme.
- Je n'y manquerai pas, professeur. Mais ils nous raccompagneront peut-être. De toute façon, vous les verrez après notre exploration.
- Oui.
- Simon, je te confie de rappeler nos contacts parmi les chercheurs et de convenir des rendez-vous avec eux, avant que nous partions pour le deuxième continent. Je sais que tu vas commencer à exploiter nos premières données, intervient Curtis.
- Oui, je préparerai notamment la carte grâce aux relevés topographiques que nous avons effectués. Quand nous serons sur place, nous pourrons alors facilement la préciser.
- Grag et Otho, vous referez l'approvisionnement du vaisseau avec soin. Nous ne pouvons pas nous permettre de manquer de quoi que ce soit.
- Tu peux compter sur moi, chef !, dit le robot.
- Surtout sur moi !, ajoute l'androïde.
- Alors c'est parfait. Vous aiderez aussi Simon, et notamment pour éplucher les premières données géologiques que nous avons pu collecter. Vous utiliserez la première carte topographique pour y ajouter ces indications. Là aussi, ça nous servira de base pour travailler.
- J'espère que vous ne vous ennuierez pas durant notre petite absence, dit Joan.
- Oh, ne t'inquiète pas, Joan, dit Otho. Il faudra que je veille à ce que le tas de ferraille ne fasse pas d'erreurs, ça m'occupera à plein temps !
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 18. Juni 2013, 06:08:59 Uhr
Coucou Limeye,

Excellent cette idee de lien photo/chanson, mais tu triples ton travail avec tout ca!

Nous c'est avec plaisir qu'on te suit dans ton periple... ;)

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 18. Juni 2013, 06:20:30 Uhr
Bonjour O-Tho

merci de ton petit mot. Contente que cette nouvelle approche te plaise aussi !

oui, ça demande un peu de travail, mais pour les chansons, ce n'est pas trop difficile, un grand poète a beaucoup écrit sur cette région, le plus dur est de trouver de belles versions de ses chansons !

pour les photos, j'ai souvent l'embarras du choix...  ;)

Voici encore une journée "tampon" avant plusieurs autres qui seront plus denses, si l'inspiration me vient dans la journée, je la complèterai peut-être...

bizz et belle journée  [flower]

Limeye  :)


Glenogan. 18 juin

Salomé et Victor ont été très heureux de les revoir, hier. Heureux aussi d’accueillir Ken. Ce dernier veut profiter d’une journée encore calme, un peu froide et ensoleillée pour tout explorer. Il parcourt le hameau avec Joan et Curtis, puis ils l’emmènent sur la plage d’Ael Vraz.

- Est-ce qu’on pourra revenir en été ici, Joan, Capitaine ?, demande-t-il curieux.
- Pourquoi, Ken ?, lui répond Curtis.
- Parce que j’aimerais bien me baigner… ça a l’air d’être une super plage pour se baigner !
- Ca l’est, répond Joan en riant. C’est là que j’ai appris à nager quand j’étais toute petite, j’ai beaucoup joué sur cette plage avec Jelle et Davies, tu sais.
- Je te rassure pour la baignade, Ken. Encore un peu de patience et tu pourras te baigner tous les jours lorsque nous serons sur le deuxième continent. La rivière dont nous remonterons le cours offrira certainement des endroits pour cela. Même s’il y a des rapides, ce n’est pas une cascade longue de 120 km !
- Ah quand même ! Parce que bon, ce sont les vacances et si c’est pour se retrouver en plein hiver…
- Ken, tu as bien vu hier que c’était l’été sur le deuxième continent… je te promets des jours chauds !, insista Joan.

Ils remontèrent vers le hameau en fin d’après-midi, l’estomac de Ken leur rappelant que c’était l’heure du goûter… et que Salomé avait préparé un gâteau aux pommes fondantes et des crêpes.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 19. Juni 2013, 09:41:34 Uhr
Fin des journées "tampon". Je vous offre à nouveau une photo et une chanson pour illustrer cette journée. Le titre de la photo est explicite, quant à la chanson... il s'agit d'un groupe breton, je crois que c'est une des plus belles chansons en hommage à notre région, chaque mot a son importance, chaque phrase dit tant sur ce qui nous lie à cette terre et ce qu'elle a fait de nous. Ca pourrait être un hymne si nous ne ressentions pas une certaine retenue, pour ne pas dire "méfiance" vis à vis des hymnes...

bonne lecture !

Limeye  :)


Ael Vraz. 19 juin

La tempête que Victor avait annoncée la veille est arrivée dans la nuit. Joan, dans un demi-sommeil, sourit en entendant le vent, les branches secouées dans le jardin, et au loin, le chant violent de la mer. L’équinoxe d’hiver approche, et cette tempête va être une des plus puissantes de la fin d’année.
Au matin, quand elle ouvre les yeux, Curtis est déjà réveillé.

- Bien dormi, ma douce ?
- Oui, et toi ?
- Moyen… entre le décalage horaire et le vent…

Elle rit légèrement.

- Question d’habitude… j’adore les tempêtes ! Après le petit déjeuner, tu ne vas pas y couper, on va aller voir la mer. Tu verras, elle sera magnifique ! Tu voulais voir une tempête à la pointe du Ponant, tu vas être servi !
- Ne le dis pas à Ken, alors, sinon, il voudra absolument venir avec nous.
- Pourquoi ne veux-tu pas de Ken ?
- Parce que.
- Une surprise ?
- Non, répond-il. J’ai juste envie d’avoir un petit moment avec toi.
- Et maintenant ? Tu ne veux pas profiter d’un petit moment avec moi ? Il est encore tôt…


Pointe du Ponant. 19 juin. L’après-midi

http://www.youtube.com/watch?v=zYQ2wxxd4V0 

http://photos.cap-sizun.com/fichiers/681-beg-ar-raz-----tempete-du-10-mars-2008-----b.jpg

Le vent souffle très fort et ils cheminent vers la pointe en baissant la tête, le col de leurs manteaux relevés. Ken a tenu à les accompagner, et il grogne un peu contre le vent qui l'empêche d'avancer. Très vite, il marche derrière eux, trouvant un abri relatif derrière la haute silhouette de Curtis.

Mais quand ils arrivent au-dessus de la pointe, l'adolescent reste bouche bée devant le spectacle. La mer est agitée par de longues vagues, qui viennent se fracasser sur la fine pointe de roches, véritable éperon qui semble fendre la mer, vouloir ouvrir un passage au travers des vagues.

Il ne pleut plus, mais ils sentent très vite les embruns leur fouetter le visage. Les cheveux de Joan volent dans le vent, un large sourire éclaire son visage.

- J'adore la tempête, dit-elle. Regarde comme la mer est forte ! Regarde comme tu es humble, face à elle ! C'est elle qui décide, pas toi. Toi, tu n'es rien, rien qu'un petit ballot de chair et de sang dont elle se moque bien. Le ciel peut bien tonner, les étoiles peuvent briller... c'est la mer qui est la souveraine.

Curtis hoche la tête. Il est impressionné lui aussi par le spectacle. Ken ne dit rien, mais ouvre grand ses bras, comme pour s'envoler. Il rit.

- Nous ne pourrons pas descendre le sentier, reprend Joan, comme nous l'avions fait l'autre fois.
- Oui, je me souviens très bien de ce que tu m'avais expliqué. D'ailleurs, par endroits, on voit que les vagues recouvrent le sentier. C'est effectivement très dangereux. Mais c'est un fantastique spectacle, ma douce, tu as bien fait d'insister pour que nous venions. J'avais essayé d'imaginer une tempête ici, mais c'est encore en-deça de ce que je vois.
- C'est une tempête d'équinoxe aussi, c'est toujours plus impressionnant et en plus, c'est marée montante... la mer est déchaînée.

Joan frissonne un peu. Elle ressent très intimement la puissance de la mer, sa force, sa liberté aussi.

- Nul ne pourra jamais la dompter...
- C'est ce qui en fait sa beauté, aussi, ajoute Curtis en la regardant droit dans les yeux.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Frégo80 am 19. Juni 2013, 13:37:41 Uhr
Coucou limeye!

Très bon choix d'image et de chanson! [goodjob]. Ça fait vraiment longtemps que je n'avais pas entendu Soldat Louis. Ses chansons tournaient au Québec à la fin des années 80 et début des années 90. Et cette histoire est toujours un havre de paix [flower].

Bizz

Frégo  8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 19. Juni 2013, 21:19:23 Uhr
Bonjour Limeye, Frégo, O-Tho et les autres!

La photo est sublime, elle s'accorde merveilleusement bien au texte! Et la chanson de Soldat Louis, avec son évocation de la mer, complète bien le tout! Et j'ai beaucoup aimé la cornemuse (j'aime toujours en entendre).  C'est vrai, Frégo, qu'on entendait leurs chansons au Québec, il y a de cela longtemps, mais je me souviens surtout de "Du rhum, des femmes et d'la bière", qui est celle qu'on a le plus entendu... mais pas forcément la plus significative.

J'aime Joan en fille de la mer, qui nage comme un poisson, et qui ressent la puissance des éléments, comme tu l'écris si bien... Et ta finale pour ce passage est à fondre! Ils devraient faire un autre Smiley, qui est en train de fondre... je sens que je l'utiliserais souvent!  [eyeheart]

Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 19. Juni 2013, 21:44:36 Uhr
Bonsoir les filles !

je suis d'autant plus contente de mon choix de chanson pour cette journée que cela vous permet de réécouter ce groupe et d'en découvrir d'autres facettes que leur "tube", loin d'être représentatif en effet de ce qu'ils ont écrit et chanté. Pour votre info, Soldat Louis existe toujours et a même fait l'Olympia deux soirs de suite il y a quelques mois...

autres belles chansons d'eux, "t'es mon secret", "Bobby Sands", "Femmes de légende"... et les versions live sont vraiment très bonnes. C'est un groupe qui a super la pêche et comme toi, Flamme, j'aime entendre la cornemuse... ça donne tout de suite beaucoup de puissance et cet instrument se marie très bien avec des ambiances rock !

j'ai en effet voulu rappeler pour Joan qu'au-delà d'être une aventurière des étoiles, elle est (dans mon imagination) une fille de la mer... et que cette dernière soit calme ou en furie, elle en aime tous les visages...

Flamme, garde un peu de réserve pour demain avant de te liquéfier totalement  ;D

cela dit, côté havre de paix, j'ai commencé à écrire les premiers jours de l'exploration, tout en cherchant photos et chansons pour accompagner le texte, je peux vous assurer que cela fait un bien fou...  :)

bizz à vous ! la suite demain...  ;)

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 19. Juni 2013, 22:02:23 Uhr
Allô Limeye!

Trop drôle, ton "Flamme, garde un peu de réserve pour demain avant de te liquéfier totalement"

Pas de problème, je repasse facilement de l'état liquide au solide! Sinon, je me serais évaporée depuis longtemps, je n'aurais pas survécu à bien des récits! Et ça s'applique également aux oeuvres d'O-Tho, Elaine et Frégo!

Je comprends très bien que ça te fait un bien fou d'écrire tes jours d'exploration, tout en explorant toi-même pour les photos et la musique! C'est sûrement plus d'ouvrage pour toi, comme l'a dit O-Tho, mais un ouvrage certainement passionnant!

Je trouve VRAIMENT qu'il devrait exister un Smiley fondant!  ;D

Flamme
 ;) et  [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 20. Juni 2013, 06:05:48 Uhr
Hello à toutes !

Ne cherchez pas inutilement chez Hamilton ou sur le site de Pascal, cette journée d'aujourd'hui, un peu particulière pour nos héros, sort tout droit de mon imagination...

La chanson qui l'illustre, pas du tout, par contre... vous reconnaîtrez sans problème, d'autant que j'y ai déjà fait allusion, mais c'est celle, qui, pour moi, colle le mieux à ce 20 juin. Elle vous tournera peut-être en boucle dans la tête toute la journée  ;D

Aucune photo pour illustrer, vous pouvez toujours vous repasser l'épisode 1.2 en boucle si la chanson vous trotte trop dans la tête  ;) !

Prêtes pour "the" guimauve day ? Pour "the" total liquéfaction ?

Alors, c'est parti....  [eyeheart] [eyeheart] [eyeheart] [eyeheart]

Limeye  :)


voici le lien pour la chanson : http://www.youtube.com/watch?v=ugDdTGEo5IE


Plage d'Aelned. 20 juin. Fin de matinée

Malgré la tempête, ils sont descendus jusqu'à la plage. Le vent souffle toujours très fort, mais la pluie a cessé dans la nuit. Debout, face à la mer, silencieux, ils regardent les gros rouleaux chargés d’écume s’échouer sur le rivage ou se fracasser contre les rochers. Curtis tient Joan enlacée contre lui, il a posé sa tête sur son épaule et régulièrement, une mèche de ses cheveux lui frôle la joue, balayée par le vent.

Au bout d'un long moment, il voit un léger sourire se dessiner sur le visage de Joan, son regard s'est perdu loin, quelque part là-bas où courent les nuages. Il lui demande d'une voix très douce :

- A quoi penses-tu ?
- Au ciel de Jupiter et à la lumière éclatante d'une fin de matinée de juin, il y a quatre ans.

Il reste grave. Pour lui aussi, les souvenirs reviennent, si différents et pourtant si semblables à la fois. Cette rue, passante, cette porte qui s'ouvre, cet homme qui se transforme en monstre et menace un enfant et soudain... cette silhouette blonde, rapide, qui en quelques minutes s'occupe du problème, évacue l'homme qu'elle a maîtrisé, relève l'enfant, fait évacuer la foule. Et lui, incapable de bouger, d'agir, de réagir. Incapable encore de mettre des mots sur ce qui lui arrive, à part peut-être étonnement, stupéfaction... admiration. Ce n'est qu'une heure plus tard, quand il arrive au palais du gouverneur qu'il comprend seulement que quelque chose est en train de se passer. Mais quoi ? Qu'est-ce que cette jeune femme est en train de faire ? Juste... entrer dans sa vie. Pour ne plus en ressortir.

Elle... elle a compris tout de suite. Des mots tout de suite. Coup de foudre. Avant même de connaître son identité. Ce bleu du ciel, si lumineux, ce soleil éclatant, la voix du gouverneur Quale qui soudain lui parvient comme un murmure quand il s'étonne de voir apparaître le jeune homme, puis cette seconde où elle a croisé son regard. Ce que Curtis ignore, c'est que, déjà, son propre regard est devenu plus sombre en plongeant dans celui de Joan. Pour la première fois.

- Je crois que je t'ai dit beaucoup de bêtises ce jour-là, dit-il avec un mince sourire.
- Tu t'en souviens ?
- Pas vraiment... j'ai plus l'impression d'avoir parlé pour ne pas penser.
- Ne pas penser à quoi ?
- A l'effet que tu me faisais.

Elle relève sa main et caresse un instant sa joue, puis la laisse retomber et se poser sur les siennes, nouées sur son ventre.

- Je me souviens que tu m'as dit une phrase qui m'a tournée dans la tête pendant des semaines, des mois...
- Ah oui ?
- Oui : "l’espace est infini, mademoiselle Randall, je crois que tout est possible, même l’incroyable."
- J'ai dit ça, moi ?
- Parfaitement.
- Hum, ma foi, c'était assez vrai. Et pourquoi donc t'a-t-elle tourné dans la tête ?
- Parce que j'y cherchais un sens caché.
- A y repenser, il y en avait bien un. Mais que je n'aurais pas pu formuler autrement, et que j'ai mis bien du temps à pouvoir exprimer.
- A savoir ?
- Que l'incroyable, c'était que tu existes, que je t'avais rencontrée. Mais toi, comment l'as-tu comprise ?
- Tout est possible, même tomber amoureuse de Capitaine Futur... Même si cela paraissait totalement incroyable. Que l'amour était quelque chose de possible, au-delà de l'incroyable, et que même dans tout l'univers, il n'existait qu'un homme pour moi.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 21. Juni 2013, 03:30:44 Uhr
Coucou Limeye,

Ahhhh, c 'est vrai que c'est a fondre  [loveya]  [loveu].....mais tu le fais tellement bien!  ;)

J'aime vraiment beaucoup comme tu as repris certains elements/dialogues de leur rencontre dans le DA et leur a donne une autre dimension! Cela sonne tellement mieux!  ;)

Dis, tu nous la reecrit cette scene!! ;D

Et il a prevu quoi d'autre le Curtis pour cette journee dis... hmmm? [naughty]

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 21. Juni 2013, 04:13:15 Uhr
Allô!

Devinez: oui, j'ai fondu, évidemment....  [eyeheart]

Pour le reste, O-Tho a bien décrit ce que je voulais dire, alors je ne répèterai pas! Mais il n'est peut-être pas trop tard pour savoir ce que Curtis (ou Joan) a prévu d'autre pour la journée?  [devil]

Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. Juni 2013, 07:08:48 Uhr
Bonjour les filles,

au risque de vous décevoir, non, je n'avais pas écrit plus pour cette journée... je voulais me concentrer essentiellement sur la manière dont ils se remémoraient chacun leur rencontre et comment ils se la racontaient.

mais vous me mettez au défi  [devil] ! Non pour hier, mais pour réécrire cette scène... par contre, je vais avoir besoin d'un peu de temps pour le faire, car il faut que je le fasse en revoyant le DA, et de plus, aujourd'hui, je suis en formation... Mais l'idée va me trotter dans la tête, c'est certain  :D !

en attendant, voici la suite... avec la journée d'aujourd'hui. L'expédition se précise.

belle journée à vous !

bizz

Limeye  :)


Doban. 21 juin. Début d'après-midi.

Ils ont quitté Glenogan, Victor et Salomé le matin-même pour rejoindre Ixiopolis et toute l'équipe qui les attendait patiemment. Simon avait appelé la veille leurs contacts parmi les chercheurs. Deux rendez-vous ont été fixés, le premier pour ce jour, avec le Pr Edward Quinn, le géologue, le second, le lendemain matin avec la Pr Emilie Farrow, la botaniste.

L'autorisation d'atterrir sur l'aéroport militaire de Doban vient de leur être accordée, et après avoir posé le vaisseau, Curtis, Simon, Joan et Ken descendent à terre. Grag et Otho restent à bord.

Un quart d'heure plus tard, ils arrivent sur le grand campus universitaire de Doban, après avoir traversé une partie de la ville. Mais ce petit trajet a suffi à Curtis pour comprendre ce que Joan lui a dit de cette grande ville, plus étendue que la capitale, Ixiopolis. Comme Ixiopolis, elle a été construite avec de larges avenues, il y a aussi de nombreux espaces verts. Mais les bâtiments n'ont pas le charme de ceux de la capitale, avec ses petits quartiers résidentiels et ses maisons rappelant les architectures européennes. Doban est typiquement la grande ville militaire, universitaire et industrielle d'Ixio. Il est néanmoins impressionné par le campus, très bien pensé et organisé. Il devine, et Simon également, que les laboratoires possèdent le matériel le plus perfectionné possible et que la recherche et l'éducation sont des secteurs privilégiés de l'économie ixienne.

Ils entrent dans le grand bâtiment des sciences de la vie, et gagnent rapidement le deuxième étage où se trouvent le laboratoire et les bureaux du département de géologie. Le Professeur Quinn les attend, il est aussi celui qui sera leur interlocuteur privilégié durant toute l’expédition, une sorte de responsable de leurs recherches.

Curtis est heureux de le rencontrer, les échanges qu’il a eus avec lui lors de la phase préparatoire lui ont laissé entrevoir un homme sérieux, mais chaleureux. Il les invite rapidement à entrer dans un grand bureau, confortable, et Curtis se souvient de ce que Joan lui a dit concernant celui de Mary-Ann. Sur Ixio, on veille aussi à ce que chacun puisse travailler dans de bonnes conditions, dans un environnement agréable. "Un point de plus pour cette société", songe-t-il.

- Capitaine Futur, ravi de vous rencontrer, dit Quinn.
- Nous aussi, professeur. Nous voilà donc prêts à partir, d’ici demain, lorsque nous aurons rencontré votre homologue, la professeur Farrow.
- Bien, bien. Je voulais vous dire au nom de tout l’organisme en charge du deuxième continent que c’est vraiment un honneur pour nous que vous vous intéressiez à notre petite planète et que vous ayez sollicité une demande de recherche. Je ne doute pas un instant que le travail de votre équipe nous apportera de nouvelles et solides connaissances au sujet de cette région encore peu explorée du deuxième continent.
- J’ai tout de suite été intéressé par l’ensemble de votre démarche et de votre approche, lorsque Miss Randall m’en a parlé, professeur. Je trouve très belle cette idée de protéger tout un continent, ce respect aussi que vous montrez et démontrez pour votre planète et les formes de vie que l’on y trouve. Le professeur Simon apprécie aussi cette idée et toute mon équipe veillera avec le plus grand soin à ne pas causer de dommages aux lieux que nous allons explorer.
- Nous en sommes certains. Je vous ai préparé sur ce petit disque tous les renseignements dont vous pourriez avoir besoin, contacts, procédures à suivre en cas de difficulté - notamment avec la faune sauvage -, les codes pour les transmissions des données… La professeur Farrow vous le redira également, mais compte tenu de votre sérieux, elle a procédé à une dérogation concernant les prélèvements de plantes. Habituellement, nous en limitons le nombre par zone géographique, là, vous n’aurez pas à respecter cette limitation.
- Nous apprécions votre geste, mais nous avions prévu en conséquence. Je vous remercie néanmoins chaleureusement de votre proposition.
- C’est Emilie que vous remercierez, Capitaine. Quant à moi, j’attends beaucoup de vos découvertes ! C’est une région riche sur le plan géologique, j’espère que vous avez prévu aussi du matériel d’exploration souterrain. Les régions de causses offrent généralement de belles grottes et si vous avez l’occasion d’en visiter… je ne suis pas certain de pouvoir attendre votre retour pour découvrir vos clichés, termina-t-il en riant légèrement.
- Je comprends votre curiosité, professeur. Nous vous ferons parvenir régulièrement nos découvertes.
- Bien, avez-vous des questions particulières ?
- Pour l’heure, non.
- Parfait, je vais vous laisser, je pense que vous avez encore quelques préparatifs à avancer.
- En effet.
- Si je peux me permettre un mot cependant, Miss Randall ?
- Oui, professeur ?
- Vous connaissez Victor Morgon ?
- Oui, lui et sa femme m’ont prise en charge à la disparition de mon père, le Capitaine Randall.
- Oh, je vois ! Vous aviez cité le nom de M Morgon dans votre dossier, Capitaine, et cela m’intriguait. Comment vont-ils ?
- Bien, professeur. Vous avez travaillé avec lui ?
- Oui, à la fin de sa carrière. J’ai eu l’occasion de me rendre avec lui sur le deuxième continent, avant son accident. J’étais un tout jeune débutant à l’époque et j’ai beaucoup apprécié d’être avec lui. Son rôle n’était pas du tout scientifique, mais il était très consciencieux dans son travail et était plein de curiosité pour le mien. Vous le saluerez de ma part, ainsi que son épouse, dès que vous en aurez l’occasion.
- Je n’y manquerai pas, professeur. Je pense qu’il sera ravi d’avoir de vos nouvelles également.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 22. Juni 2013, 03:41:45 Uhr
Coucou !

Dernière journée sur le premier continent avant que l'expédition ne commence réellement. J'ai hésité à placer à cet endroit du récit ce que je vous y livre, j'aurais pu le faire aussi à leur retour. Mais comme je manquais un peu d'inspiration pour ces journées avant l'exploration, et que j'avais envie de faire revenir un peu Ken dans le récit, finalement...

bonne lecture et bonne soirée  ;)  [goodnight] (j'aimerais bien  :( )

Limeye  :)


22 juin. Doban. Fin de matinée.


Comme la veille, Joan et Simon accompagnent Curtis pour ce second rendez-vous, Ken est avec eux, mais il comprend vite qu’il va s’y ennuyer et file explorer les lieux, promettant d’être de retour dans une heure. Mais lorsque le rendez-vous avec Emilie Farrow s’achève, l’adolescent ne les a toujours pas rejoints. Joan propose alors à Curtis et à Simon de partir à sa recherche et de les rejoindre tous un peu plus tard à l’aéroport. Elle les quitte dans le grand hall, sort faire le tour des bâtiments, ne le trouve pas et revient sur ses pas, rentre à nouveau dans le bâtiment. C’est là qu’elle entend soudain une voix qui l’interpelle.

- Joan ? Joan !

Elle se retourne et se retrouve face à Tony. Surprise, elle le regarde s’avancer vers elle. Elle ne s’attendait pas du tout à le rencontrer ici, même si elle a appris par Mary Ann que Tony travaille à l’université de Doban, dans le laboratoire du Professeur MacEnzie, dont il est d’ailleurs l’assistant. Tony a fait des études de climatologie et s’intéresse notamment à ce qui se passe au niveau des calottes glaciaires d’Ixio. Elle lui sourit gentiment, mais se demande un peu ce que va donner cette rencontre pour le jeune homme.

- Que fais-tu là ? Si je m’attendais à te voir !
- Je fais partie d’une expédition qui se prépare à partir pour le deuxième continent. Nous allons y passer six semaines, à explorer l’un des affluents du fleuve Craw.
- Oh, quelle chance ! Mais comment se fait-il que tu fasses partie d’une expédition scientifique ? Tu n’es plus dans la police interplanétaire ?
- Si toujours, mais j’ai été détachée par mon supérieur hiérarchique pour accompagner cette équipe.

Elle n’a pas vraiment envie de rentrer dans les détails et se demande si Ken va bientôt arriver. Elle aurait préféré ne pas croiser Tony, non pour elle-même, mais pour lui, qui la regarde toujours avec ces grands yeux plein d’admiration. Soudain, il lui rappelle un peu Hans. Elle ne veut cependant pas être impolie et lui demande :

- Comment vas-tu, Tony ?
- Bien… je travaille ici, maintenant. Ca me plaît. Est-ce que je peux t’offrir un verre ?
- Je regrette, je ne vais pas avoir le temps. Je dois retrouver une partie de l’équipe.
- Ah, d’accord.

Elle le devine un peu déçu. Et maudit Ken qui n’arrive toujours pas. Le grand jeune homme reprend :

- Vous partez quand ?
- Dès cet après-midi.
- On pourra se voir à votre retour, alors ?, demande-t-il avec de l’espoir plein la voix et les yeux.

Joan se sent de plus en plus mal. Autant elle avait préparé son déjeuner avec Hans pour l’éconduire, autant se retrouver, par surprise, face à Tony est beaucoup plus difficile à gérer pour elle. Le jeune homme, de plus de quatre ans son aîné, avait été fou amoureux d’elle, ils s’étaient rencontrés lors d’une fête chez des amis, alors que Jelle, Davies et elle-même venaient tout juste d’obtenir leur diplôme de fin de secondaire. Il lui avait plu, car il était gentil, intelligent, qu’il aimait les voyages et les explorations. Ils avaient commencé à sortir ensemble, et avaient passé l’été à se balader sur le premier continent. Elle avait ainsi appris à mieux connaître cette partie habitée d’Ixio, car elle n’avait jamais eu l’occasion de le découvrir encore. Victor et Salomé n’avaient pas les moyens de quitter Glenogan l’été, et à part une ou deux sorties scolaires, ni Jelle, ni elle, n’avaient vraiment visité leur continent. Ca avait été plusieurs semaines de vraies vacances, un peu bohèmes, à voyager sur la moto de Tony, à camper. Ca avait été des grands moments de liberté. Tony avait été son premier amant, aussi. Mais quand il lui avait demandé à rester avec elle, sur Ixio, qu’il terminait ses études, que dans un an, il pourrait travailler, s’installer… elle, elle lui avait fait comprendre que ce n’était pas dans ses projets. Elle voulait intégrer l’académie de la police interplanétaire à New York, elle voulait suivre les pas de son père, rejoindre Ezra sur Terre, pouvoir aussi s’occuper de sa mère. Elle ne voulait pas rester sur Ixio, même si elle aime Ixio. A l’époque, elle s’en rend compte aussi aujourd’hui, elle ne mesurait pas encore non plus très bien l’importance de sa planète natale. Elle voulait découvrir les Neuf Mondes, et d’autres univers.

Cette rupture avait été très douloureuse pour Tony, qui était très sincèrement et profondément amoureux d’elle, et elle comprend sans hésitation que cela reste quelque chose qu’il n’a pas encore très bien digéré. Mary Ann a eu l’occasion d’en parler avec elle, un peu rapidement, l’an passé, lors d’une conversation qu’elles avaient eue ensemble, lui apprenant que le jeune chercheur a tenté de faire sa vie, mais sans pouvoir réellement se fixer. Elle a des contacts réguliers avec lui, et à chaque fois, il lui demande des nouvelles de Joan. Elle a tenté de l’aider, de lui faire comprendre que Joan avait sa vie aussi, maintenant, qu’il fallait qu’il tourne la page.

- Je ne sais pas du tout comment s’organisera notre retour. Je veux aussi passer quelques jours à Glenogan, chez les parents de Jelle, répond-elle.

Elle voudrait être plus ferme, mais n’y parvient pas. Et lui qui la regarde toujours d’un air énamouré… Soudain, le téléphone de Joan sonne et elle en bénit Curtis de l’appeler à cet instant.

- Excuse-moi, Tony.

Elle s’éloigne de quelques pas, lui tourne le dos et prend l’appel.

- Ma belle, vous êtes où ? Tu as récupéré Ken ?
- Curt ! Pas du tout. Je suis toujours sur le campus. J’ai fait un tour, et là, je l’attends dans le hall comme on avait prévu. Je ne sais pas où il est passé… et je préfère ne pas ressortir, car s’il revient alors que je m’absente, on va tourner longtemps en rond.
- La prochaine fois, il part avec son téléphone, ce satané coquin ! Bon, tu veux que je t’envoie Otho ? A deux, vous le retrouverez plus facilement…
- Ecoute, j’attends encore dix minutes et s’il n’a pas fait sa réapparition, alors oui, je te rappelle et tu enverras Otho.
- Ok, parce que je voudrais bien que vous soyez là tous les deux pour le débriefing de l’entretien avec la professeur Farrow. C’est important aussi pour Ken et puis je ne voudrais pas tarder à partir. Avec le décalage horaire, j’aimerais arriver au petit matin pour notre première étape.
- Je te tiens au courant. A tout à l’heure.
- Je t’embrasse.
- Moi aussi.

Elle est restée discrète, mais même sans faire le curieux, Tony a entendu une partie de son échange et au ton de sa voix, il a deviné… qu’elle parlait avec quelqu’un qui lui est proche. Même peut-être, plus que proche.

Elle se retourne vers lui, il a baissé les yeux, puis demande :
 
- Tu cherches quelqu’un ?
- Oui. Un jeune adolescent, qui participe aussi à l’expédition. Il s’ennuyait lorsqu’on a rencontré la Pr Farrow et il est parti faire un tour. On lui avait donné rendez-vous il y a déjà un bon quart d’heure, et je ne sais pas où il est passé… Il va se faire taper sur les doigts, crois-moi, dit-elle en riant, espérant détendre l’atmosphère.

Il sourit légèrement, un peu ennuyé.

- Hem, bon, ben…

A cet instant, Ken fait irruption dans le hall et Joan étouffe un soupir de soulagement.

- Joan ! Me voilà ! J’ai vu un super truc et…
- Ken ! Tu as plus de vingt minutes de retard ! Comment peut-on te faire confiance ? Tu n’as pas regardé ta montre ?

Elle est en colère, un peu à cause de Ken, beaucoup à cause de Tony.

- Ah, désolé, dit-il en baissant les yeux… Tu crois que Curtis va me gronder ?
- Il a déjà appelé pour savoir si je t’avais retrouvé. Bon, on va y aller, car il y a le débriefing du rendez-vous avec Farrow à faire et il tient ce qu’on soit là tous les deux. Et puis, on part dans quelques heures !
- Bah, t’auras qu’à lui faire un bisou pour te faire pardonner de notre retard !
- Je te signale que c’est TOI qui nous mets en retard…, maudit-elle.

Elle se retourne alors vers Tony, qui lui semble encore plus pâle que tout à l’heure.

- Je suis désolée, Tony, voilà Ken, le loustic que je cherchais… nous allons pouvoir retrouver toute l’équipe, maintenant. Je te souhaite bonne continuation.
- Merci, Joan. Je… Joan… vraiment…

Elle est à la limite de sautiller sur ses pieds, noue et dénoue ses mains. Puis se dit qu’elle doit conclure.

- Au revoir, Tony.

Il respire un grand coup et dit simplement :

- Au revoir, Joan. Bonne expédition.
 
Et elle attrape Ken par les épaules et lui fait faire demi-tour vers la sortie. Tony les voit s’éloigner, son cœur saigne à nouveau. Elle est toujours aussi belle… non… encore plus belle…

Joan oblige Ken à marcher d’un bon pas, au point que l’adolescent trotte à ses côtés.

- Qui c’était le gars, là ?
- Si on te pose la question, tu diras que tu ne l’as pas vu !, répond-elle toujours en colère.
- Hé, Joan ! J’y suis pour rien, quelle mouche t’a piquée ?
- La mouche que si tu avais été à l’heure, je ne l’aurais pas croisé, c’est tout !
- Ben, c’est qui ?
- Un ancien copain. Voilà. Maintenant, tu la fermes devant Curt, sinon, tu auras sacrément intérêt à planquer tes fesses !
- Ok, ok…

Ils reprennent leur chemin en silence, et ce n’est qu’en approchant de l’aéroport que Ken ose reprendre la discussion. Il dit d’une voix sérieuse :

- Je suis désolé de t’avoir mise dans l’embarras, Joan. Et je te promets que je ne dis rien à Curt. De toute façon, t’as pas perdu au change… il avait l’air gentil, le gars, mais un peu couillon…

Joan sourit :

- C’est un garçon très gentil, Ken, et intelligent. Seulement, je lui ai fait de la peine en le quittant, et franchement, j’aurais préféré ne pas le recroiser. Il était très amoureux de moi, moi, pas autant. C’est tout. Maintenant, c’est fini, on n’en parle plus.
- On fait la paix, alors ?, demande-t-il avec un rien d’espérance.

Elle lui sourit :

- On fait la paix.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 22. Juni 2013, 05:26:36 Uhr
Eh bien, Joan s'est retrouvée dans une situation délicate!   :-[ Pauvre Tony, il m'a fait pitié, un peu comme Hans...Je plains toujours ceux qui vivent des amours contrariées!  Est-ce que Curtis va finir par savoir? Il saurait ce que Joan a éprouvé avec la découverte du livre de Sorya!  Et finalement, Ken s'en tire bien, c'était mal parti! Ah, ces adolescents...  [confusion3]

Flamme
 ;)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 22. Juni 2013, 07:23:37 Uhr
Coucou Limeye,

Ah excellent ces dialogues! Ken qui met les pieds dans le plat, c'est bien un ado tiens!
Et Curtis...saura, saura pas?   ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 22. Juni 2013, 20:30:36 Uhr
Bonsoir à toutes !

oui, Tony aussi me fait pitié, Flamme... mais je voulais aussi aborder le passé de Joan et pas seulement son enfance. Cette rencontre fortuite est en effet à mettre en parallèle avec sa découverte de l'aventure que Curtis a eue avec Sorya. Pour l'heure, je ne sais pas si je ferai réapparaître ce personnage à leur retour.

et oui, Ken s'en est donné à coeur joie ! Et moi aussi, je le trouvais vraiment charmant dans cette scène, entre le coup du bisou, son enthousiasme pour un truc super qu'il a vu (mais on ne saura jamais quoi  ;D) et ensuite, comment il s'excuse, avec un naturel encore enfantin...

j'avance vraiment bien dans la rédaction de l'expédition. C'est un vrai bonheur de les placer dans ces paysages que j'aime tant ! Je suis en train de vous préparer aussi quelques liens vers des photos, qui j'espère, vous ferons les aimer aussi...  :)

première journée pour eux demain sur le deuxième continent ! Et début de la découverte pour vous...

Belle fin de journée / d'après-midi

Limeye  :) :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. Juni 2013, 05:39:24 Uhr
Bonjour ou bonsoir à toutes !

Comme je vous l'annonçais hier, les voici donc sur le deuxième continent. A partir d'aujourd'hui, vous aurez chaque jour un lien vers au moins une photo (parfois plusieurs) illustrant leur séjour. Ils vont donc remonter le cours d'une rivière depuis son confluent avec un grand fleuve jusqu'à sa source. Il y aura aussi certains jours des liens vers des chansons. Si jamais l'un d'entre eux ne fonctionnait pas (malgré mes vérifications), dites-le moi !

Je n'ai rien inventé des lieux qu'ils vont parcourir, même si, pour la facilité du récit, j'ai modifié quelques petites choses à la géographie exacte de cette rivière, l'Ardèche (que j'appelle Aigues dans le récit, qui signifie "eau" en provençal) et des paysages qu'ils traversent, je vous le signalerai à chaque fois que ce sera le cas, pour l'heure, je n'envisage d'ailleurs que deux modifications importantes, une grotte que je décris, mais en fait je me suis inspirée de deux d'entre elles pour cela et elle ne se trouve pas à cet endroit de la rivière (mais l'une un peu plus au sud, et l'autre au début des gorges), et enfin, le fait que je fasse remonter la source un peu plus haut, sur le plateau, à l'endroit où en réalité c'est la Loire qui prend sa source. Mais bon, il va se passer encore plusieurs semaines avant qu'ils n'arrivent à cet endroit... magique pour moi !

Et là de commencer ce récit, ce n'est pas Joan qui a des étoiles dans les yeux, mais moi  :D ! Car cette région m'est aussi chère que la Bretagne.

Bonne lecture donc et j'espère que la découverte vous plaira autant que j'ai plaisir à écrire ces journées !

bizz

Limeye  :)


23 juin. Confluent du fleuve Craw et de la rivière d’Aigues. Le matin

   

Le Comète a décollé en milieu de nuit de Doban. En quelques heures, ils arrivent au-dessus de l’embouchure du fleuve Craw qui se jette le grand bras de mer qui sépare les deux continents. Ils sont très à l’est de Doban et encore plus d’Ixiopolis, et dans l’hémisphère nord. Grag repère un espace assez large, un peu au-delà du confluent pour poser le vaisseau. Avant de le faire, Curtis part avec Otho pour un premier survol de la zone avec le Cosmolem.
 
- C’est bon, Grag. Tu vas pouvoir poser le vaisseau. Il y a un grand espace dégagé, une prairie, à environ un kilomètre de la rivière. Ca me semble l’endroit adéquat pour un premier atterrissage.

- Bien, Capitaine ! On arrive !

Joan s’est installée à la place de Curtis. La fin de journée de la veille, les derniers préparatifs, notamment les courses avec Otho et Grag pour embarquer des provisions fraîches pour leurs premiers jours lui ont fait oublier bien vite la rencontre avec Tony. Elle espère que le jeune homme n’en souffrira pas trop, elle… elle sait qu’elle va juste s’inquiéter un peu pour lui pendant un jour ou deux, mais sans plus. Comme elle l’a dit à Ken, elle n’a plus d’autres sentiments pour lui qu’une vague amitié, et encore… elle ne pense que très rarement à lui, juste quand elle évoque ses années de lycées et ses derniers mois sur Ixio avant de rejoindre la Terre. Mais elle n’a jamais voulu le faire souffrir.

Maintenant, elle a l’esprit tourné vers cette expédition. Cela fait longtemps qu’elle n’est pas partie avec les Futurmen pour une mission uniquement scientifique. Elle a vu avec émotion se dessiner les contours du deuxième continent, peu après qu’ils aient quitté Doban. Et la remontée du grand fleuve, dans le jour naissant, lui a permis de découvrir d’autres paysages. Lors de leur arrivée, ils avaient survolé le deuxième continent soit de nuit, soit de beaucoup plus haut, et pas du tout dans la même direction, puisqu’ils avaient fait route directe vers Ixiopolis.

Simon est installé dans le laboratoire et compare les quelques données qu’ils ont relevées lors de ce survol avec celles que les chercheurs lui ont envoyées sur le fleuve Craw. Il s’intéresse notamment aux sédiments charriés par le grand fleuve, pour mesurer l’apport de la rivière Aigues. Ce sera l’une des premières mesures qu’ils vont effectuer sur place, en remontant avec le Cosmolem un peu en amont du grand fleuve, avant le confluent.

A peine posé, toute l’équipe se précipite au-dehors. Curtis et Otho font atterrir le Cosmolem non loin du Comète et les rejoignent. C’est un peu silencieux qu’ils observent les lieux autour d’eux. Pour la première fois, ils posent le pied sur le deuxième continent, pour la première fois, sauf pour Joan, qui a déjà eu l'occasion de le faire une fois avec Victor quand elle était enfant. Une certaine émotion les saisit tous, en songeant qu'ils sont les premiers humains à venir ici et qu'ils seront peut-être les seuls à jamais contempler cet endroit. Ils devinent vers le nord ouest, les premières lignes du causse que la rivière a creusé au fil des siècles. Calenda chauffe déjà la prairie et les bois alentours.

C’est Ken qui rompt le premier le silence :

- C’est calme ! Mais y’a un bruit bizarre…
- Ce sont des cigales, Ken, dit Simon. Du moins, cela y ressemble fort. Si elles sont comme leurs cousines terriennes, il sera très difficile d’en voir ! Néanmoins, si tu réussis à en photographier ou si tu en trouves une morte, tu auras droit à un bon point !
- Merci professeur ! Bon, j’ai faim, mais j’ai aussi envie de me baigner… On a vu une plage, avant l’atterrissage, est-ce qu’on peut y prévoir un pique-nique ?

Tous rient de son enthousiasme. Curtis se dit qu’ils peuvent en effet s’offrir une petite pause repas au soleil et au bord de l’eau, avant d’organiser les relevés des sédiments. Et très vite, la petite équipe chemine à travers la prairie pour descendre jusqu’à la rivière. Dès qu’il voit l’eau, Ken se précipite, suivi par Otho, aussi enthousiaste que lui. Curtis a pris la main de Joan. La joie des deux amis fait plaisir à voir, et en moins d’une minute, ils se sont mis en maillot et déjà dans l’eau.

- Elle est super bonne ! Hum ! Chaude et tout… c’est génial ! On va jusqu’à la rive en face, Otho ?
- Je croyais qu’il avait faim, grommelle Curtis en se tournant vers Joan et Simon.
- L’appétit lui reviendra très vite. On a intérêt à lui préparer un bon sandwich !

Ils trouvent un endroit ombragé pour s’installer et pendant que Grag déballe les affaires, Joan ôte ses chaussures et remonte le bas de son pantalon. Elle a prévu de s’habiller léger, mais regrette presque déjà de ne pas avoir emporté un short. Enfin, le pantalon était plus adapté pour traverser la prairie et ses hautes herbes, même avec Grag qui ouvrait le chemin. Elle s’approche à son tour de la petite plage de sable et tout en regardant Otho et Ken qui font la course dans l’eau, elle vient la goûter. Son regard fait le tour de l’endroit. La rivière coule doucement, vers le confluent. A cet endroit, son lit s’est élargi, elle a fini son parcours chaotique entre les falaises du causse, la plaine l’attend avant ses épousailles avec le grand fleuve, à deux kilomètres environ en aval. C’est là qu’ils vont passer l’après-midi et la journée de demain. Déjà, elle note la variété des essences d’arbres. Simon lui a confié l’observation de la botanique en priorité. Elle n’a pas vu de fleurs particulières, mais elle remarque les arbres, adaptés au climat assez chaud qui règne ici, y compris en hiver.

Après le repas, Curtis, Simon et Otho repartent avec le Cosmolem pour survoler le grand fleuve. Pendant ce temps, Grag, Joan et Ken effectuent des prélèvements d'eau et font décoller le Comète pour faire des relevés plus précis de la zone qu'ils vont explorer durant les prochains jours. Ils font aussi des analyses géologiques, et grâce à la caméra laser, ils repèrent une faille profonde, peut-être une grotte qu'ils pourront explorer. A leur retour, en fin d'après-midi, Curtis propose un survol du confluent à Joan. Il a remarqué quelque chose qui devrait lui plaire.

- Grag !
- Oui, Otho ?
- S'ils ne sont pas revenus dans une heure, on fera décoller le Comète.
- Pourquoi ? Tu crains qu'il leur arrive quelque chose ? Tu as repéré quelque chose de dangereux ?
- Ouais.
- Hein ? Et quoi ?, s'inquiète aussitôt le robot.
- Le regard du Capitaine sur Joan.
- Stupide gomme balloune !, s'écrie Grag qui veut asséner une grande claque à son ami qui baisse trop rapidement la tête et le coup du robot tombe dans le vide.

**


- Regarde, ma douce, là-bas !

Le visage de Joan se tourne vers la direction que Curtis lui indique à travers la vitre. Une grande tâche d’un bleu sombre, presque mauve. En s’approchant, elle remarque qu’il s’agit d’un grand champ de fleurs sauvages, à la couleur si tranchante sur le vert qui les entoure. Curtis manœuvre le Cosmolem pour le poser à la limite du champ. Quand ils en descendent, ils sont assaillis par un parfum léger, mais présent.

- De la lavande sauvage !, s’exclame Joan.
- On en avait aperçu plus bas, le long des rives de Craw, mais je ne pensais pas en trouver si nord. On va en ramener pour Simon, mais je voulais vraiment te montrer cet endroit, que j’avais remarqué avec Otho.
- C’est très beau… Curt, je n’imaginais pas qu’on aurait vu des endroits aussi beaux ! Dès le premier jour ici…
- Et je crois que nous n’avons pas fini d’être émerveillés…

Elle le regarde et lui sourit. Il s’approche, la prend par la taille et lui murmure :

- Sans compter une petite merveille blonde aux yeux bleus qui va forcément embellir ces paysages…

Elle éclate de rire :

- Heureusement qu’Otho ne t’entend pas ! Il s’en donnerait à cœur joie de se moquer de toi !
- Mais c'est bien parce qu'il ne peut pas m'entendre que j'en profite !

Elle voit dans le regard de Curtis se lever ce voile sombre auquel elle réagit toujours si particulièrement et se blottit intuitivement plus tendrement contre lui. Il sourit, un peu amusé par la clarté nouvelle de ses yeux. Il l'embrasse doucement, mais elle lui répond passionnément.

Alors que le soir s'avance, il caresse doucement ses cheveux, en retire quelques graines de fleurs bleues. Amusée, elle dit :

- Tu as intérêt à ce qu'il n'en reste plus une seule dans mes cheveux...
- Ni dans les miens !, ajoute-t-il en riant.


Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 24. Juni 2013, 06:42:34 Uhr
Coucou Limeye,

Ahh... excellents ces petits dialogues, on ne s'en lasse pas!
Et superbes photos aussi!

Hmmm dis voir, ils vont "baptiser" combien de champs de lavande et lieux d'explorations Joan et Curtis?  ;D  [naughty]

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. Juni 2013, 07:08:55 Uhr
Plusieurs, O-Tho, plusieurs  ;D !

Hier soir, j'ai écrit un beau passage, enfin, je trouve... c'est pour dans quelques jours, vous verrez !

Mais pour aujourd'hui, changement de couleur... Nous passons au jaune des Tournesols de Van Gogh. Avec toujours Jean Ferrat, sur un texte de Louis Aragon en fond sonore (comme hier, j'avais oublié de le préciser).


24 juin. Le confluent


Ce jour-là, c'est Joan qui part avec Otho pour des observations sur la flore du confluent. Simon exploite déjà leurs premières données, et Curtis affine la carte topographique.

- Toute la zone du causse, des gorges du fleuve va être très intéressante à étudier, Simon. Mais je me demande comment nous ferons pour le Comète. Nous devrons le poser sur le causse. Ce sera difficile par endroit de descendre sur la rivière. Nous serons peut-être obligés de diviser l'équipe pour un ou deux jours.
- Avec le Cosmolem, tu devrais pouvoir passer dans toutes les gorges, ou du moins, devoir rarement remonter vers le Causse.
- Oui. Je le pense aussi. Qu’est-ce que ça donne les premiers comparatifs de sédiments ?
- L’apport en sédiments est relativement faible. Cette rivière ne traverse pas de terres argileuses, mais calcaires et volcaniques. Les alluvions présentes dans le fleuve ont une autre origine. Il faut aussi que nous réfléchissons aux endroits où nous installerons les différents capteurs que les chercheurs nous ont laissés, poursuit Simon.
- Il y en a déjà un au confluent, installé par une équipe précédente, celle qui a fait le relevé de tous les affluents. D’après ce que nous avons convenu, nous devons en disposer un dans les gorges, un juste avant, un autre au confluent avec l’affluent principal d’Aigues, et deux autres pour leurs sources. Nous en avons deux en supplément si nous estimons qu’il peut être intéressant de les placer à d’autres endroits.

**

http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/5420862.jpg 

http://www.youtube.com/watch?v=L7mt9x091uo&list=PL1B60D5A72A3570A7

Pendant ce temps, Otho et Joan effectuent donc les relevés des espèces végétales. Ils ont pour mission de remonter jusqu’aux gorges, sur la rive droite, celle qui s’ouvre sur une plaine, la rive gauche étant encore escarpée, quasiment jusqu’au confluent.

- Tu ne regrettes pas d’être avec moi, Joan ?
- Non, pas du tout, Otho ! Pourquoi dis-tu ça ?
- Parce que c’est une journée tranquille pour nous, et je préfère t’accompagner pour piloter le Cosmolem que rester au campement avec le chef et Simon qui vont déblatérer pendant des heures sur nos premières découvertes, ou avec Grag et Ken qui vont trimer en plein soleil à la recherche des cailloux.
- Tu sais que nous aussi, nous trimerons. Car nous devrons nous poser régulièrement pour prendre des échantillons.
- Oui, mais c’est moins fatigant.

Elle rit :

- Depuis quand es-tu devenu fainéant, Otho ?

Ils se posent dans un champ, après avoir survolé toute la zone que Simon et Curtis ont délimitée avec soin et dont ils doivent faire l’inventaire de la flore. Comme il ne fait pas encore trop chaud, ils décident de commencer par les petites plantes et fleurs qu’ils vont trouver. Au bout de deux heures de relevés, de photos, de prélèvements, ils reviennent au Cosmolem, mangent un morceau et appellent l’équipe restée au Comète. L’après-midi, ils s’occupent plus précisément d’une zone boisée, pour profiter de l’ombre. Enfin, ils terminent dans l’après-midi déclinant par une autre zone de prairies, plus vaste que la première où Joan s’extasie devant de grandes plantes, portant des fleurs jaunes. Elles mesurent près de trois mètres, et Otho plaisante :

- On pourrait y perdre Grag, là-dedans, n’est-ce pas Joan ?
- C’est vrai, elles sont beaucoup plus hautes que lui et elles poussent de manière assez serrée. On va prendre des clichés, parce que ça va être difficile d’en ramener une.
- Tu as vu que certaines sont déjà en graines ?
- Oui, on va en cueillir pour nos échantillons. Tu t’en charges ? Essaye d’en prendre une belle, Simon sera content.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 25. Juni 2013, 02:57:32 Uhr
Coucou Limeye!

C'est tellement merveilleux de voyager non seulement par ton texte, mais avec les photos et la chanson (j'avais l'impression de visiter un musée)!

L'amour dans la lavande a comblé mon côté fleur bleue!  [flower]

Flamme
 [hello]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. Juni 2013, 07:15:53 Uhr
Coucou à toutes !

pour la chanson d'hier, en effet, le montage photo du lien est très réussi !

aujourd'hui, juste une photo... et une journée de préparatifs.

bizz

Limeye  :)


25 juin. La grotte

Lors du survol du premier jour, Grag, Ken et Joan avaient repéré une dépression souterraine sur le causse, sur la rive droite du fleuve. Le temps est toujours beau, aucun orage ne s’annonce, et Curtis se dit que ce sont des journées idéales pour tenter une exploration souterraine. Toute cette journée est consacrée d’abord au repérage des lieux, puis à la préparation du matériel. Ils ont posé le vaisseau à proximité de la grotte et avec le Cosmolem, Otho fait un survol plus précis pour tenter d’en trouver une entrée. Au bout d’une heure, il leur signale un trou, masqué par de la végétation mais qu’il a pu repérer. Avec précaution, Grag et Curtis s’en approchent et le dégagent. La cavité se révèle assez large, ils pourront descendre aisément, même avec du matériel.

- C’est parfait !, dit Curtis.

Il appelle Otho, pour lui dire qu’il peut se poser et venir les aider. Peu après, toute l’équipe se regroupe autour de l’entrée de la grotte.

- D’après les relevés au laser, il y a au moins une très grande cavité, profonde. Il y a de l’eau, aussi, explique Simon. Otho, peux-tu t’arnacher et descendre jeter un premier coup d’œil, voir s’il est possible d’envisager une exploration plus complète demain ?
- Bien professeur, j’y vais.

Otho s’attache solidement, puis Grag le fait descendre avec prudence le long d’une corde. L’androïde a emporté une puissante lampe torche qu’il a fixée à son front. Il descend dans le vide, sur une trentaine de mètres, avant de toucher le sol.

- Voilà, j’ai touché le sol, devant moi, il y a une longue pente, assez douce. Je pense qu’on pourra la descendre aisément. C’est immense, en effet, et je crois qu’on va voir de très belles choses…
- Il y a des concrétions, Otho ?, demande Curtis.
- Oui, chef, beaucoup. Là où je me trouve, sur le sol, ce sont des éboulis, sans doute tombés par l’entrée. Mais sur les côtés, j’aperçois déjà des draperies et des formes très belles. Par contre, il faudra vraiment descendre avec plusieurs lampes…
- OK, Grag va te remonter et on va se préparer pour demain.
- Ah bon, chef ? Faut que je le remonte ? Je ne peux pas le laisser au fond du trou ?
- Non, il pourrait encore servir…

Et Grag active la manivelle qui fait remonter lentement la corde et Otho. Oog se précipite, tout content de retrouver son maître.

- Ah, ça va être chouette, les amis !, s’écrie-t-il quand sa tête émerge au-dessus de l’entrée. Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas fait de spéléologie !
- Tu as repéré une rivière souterraine ?, demande Curtis.
- Non, mais j’entendais l’eau. Très nettement.
- Bien, on ne va pas avoir de trop du reste de la journée pour préparer tout le matériel. Je vous rappelle que ce n’est pas sans risques. Grag restera au-dehors pour nous faire descendre et nous remonter. Simon, pour toi, ce sera aisé… Ken, Joan, préparez vos affaires avec soin, lampes, casques, bonnes chaussures et vêtements chauds. On prévoira aussi de quoi manger, la trousse de secours, plus le matériel pour les prélèvements et les photos. Grag, tu m’aideras à préparer une caisse avec les grandes lampes, pour éclairer la cavité le plus possible. Allez, au boulot !

Chacun s’active alors, Joan repart dans l’après-midi en expédition avec Simon et Ken pour faire d’autres relevés de plantes. Ils aperçoivent aussi des rapaces.

http://2.bp.blogspot.com/-9xwVbMXKsU8/URK0O_HIsGI/AAAAAAAAGB4/BzzZrnDBCjY/s640/7.jpg

Le soir, après le repas, alors que Calenda se couche au-dessus des gorges, ils s’en approchent au plus près. Une sorte de belvédère naturel, à moins d’un kilomètre de l’entrée de la grotte leur permet de voir la rivière en contrebas. La vue plongeante est saisissante. Ken en reste muet.

- On va descendre aussi profond que la rivière, Capitaine ?
- Dans la grotte ? Non. Mais la rivière d'Aigues est certainement alimentée par plusieurs rivières souterraines. Tu vois comment elle a creusé son lit ?
- Ca a dû prendre du temps…
- Des siècles et des siècles…

Joan sourit, Curtis l’entoure de ses bras.

- Ca va, ma douce ?, lui murmure-t-il à l’oreille.
- C’est splendide. C’est un vrai cadeau que tu me fais d’être ici !
- Nous avions bien réfléchi avec Simon, d’après les données qu’on avait pu recueillir sur les différentes contrées peu explorées. Je voulais trouver une région qu’on pouvait vraiment étudier en six semaines dans son ensemble, un bassin versant de rivière me semblait une bonne idée. Les affluents de la rive gauche de Craw ont été déjà plus ou moins explorés, du fait du massif montagneux qui intéresse en priorité les chercheurs. J’ai choisi un peu au hasard celui-ci, sur la rive droite, à cause de la variété de paysages et de milieux que nous sommes susceptibles de trouver.
- Je ne sais pas ce que nous réservent les prochaines journées, mais pour l’heure, j’ai l’impression de me remplir les yeux de magnifiques images !

Il resserre son étreinte autour de sa taille.

- Moi aussi.

Puis il l’embrasse doucement dans le cou, elle frissonne, se blottit un peu plus contre lui.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 26. Juni 2013, 01:01:02 Uhr
Coucou Limeye,

Superbes images! Et n'oublions pas les petits moments de tendresse, apres tout rien ne les empeche...

Allez hop, on baptise aussi la grotte hmmm? ... ;D  [naughty]

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 26. Juni 2013, 03:16:01 Uhr
Je seconde la proposition d'O-Tho, si bien formulée, en plus!  [rolllaugh] [jump]

Plus sérieusement, Limeye, ta photo du 23 juin et celle d'aujourd'hui, en plus de ton allusion à la grotte, me font penser aux photos que j'ai vues de l'Ile d'Anticosti, au large de Havre Saint-Pierre... une ile que je n'ai jamais pu visiter encore, mais je compte bien le faire un jour! Et toutes tes photos, tes descriptions,  ça donne envie d'aller faire un tour en Ardèche quand j'irai faire (un jour, aussi...) un tour en France...

Mais comme je te l'ai déjà dit, j'adore voyager en photos, en textes et en chansons! Ça permet vraiment d'aller partout... au moment où on le veut!

Flamme
 8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 26. Juni 2013, 09:01:43 Uhr
Bonjour à toutes !

journée d'exploration en effet pour aujourd'hui. Comme je vous le disais il y a quelques jours, j'ai "inventé" cette grotte à partir de deux sites des gorges et du causse, l'Aven d'Orgnac, une des plus grandes grottes de France, et la grotte de la Madeleine. J'ai fait un mix des deux, car la Madeleine présente de très belles draperies. Je vous ai mis des liens photos au fur et à mesure de leur progression, pour vous donner une petite idée de ce monde souterrain particulier.

il existe une autre magnifique grotte, mais dont je ne peux me servir pour cette histoire, car c'est une grotte ornée de fresques préhistoriques, la grotte Chauvet, découverte il y a une dizaine d'années, non loin d'un site que vous découvrirez bientôt (attendez quelques jours pour avoir la surprise comme eux l'auront !). Les fresques y sont bien plus anciennes qu'à Lascaux, mais sont extraordinaires, du moins d'après les photos, car il est évident que le quidam moyen n'est pas autorisé à y aller, pour des raisons de protection du lieu. Bref, j'ai dû me résoudre à ne pas faire visiter cette grotte à toute l'équipe puisque le deuxième continent d'Ixio n'a jamais été habité... mais je vous en mentionne l'existence si vous avez envie d'en savoir plus (mais encore une fois, attendez qu'ils soient sortis des gorges, car je veux vous montrer un lieu très particulier dans quelques jours !!!

je vous souhaite une bonne journée et bonne lecture !

Limeye  :)


26 juin. La grotte

Ils sont prêts tôt ce matin-là pour descendre. Joan a renvoyé Ken dans sa cabine pour qu’il s’habille chaudement, le garçon était prêt à descendre en short et en t-shirt.

- Il va faire autour de 12 degrés en bas, Ken. Tu vas geler !
- Whaaa, même pas vrai !
- Ken, Joan a raison, intervient Simon. Et mets de bonnes chaussures aussi, à crampons.
- Et dépêche-toi !, dit Joan en sortant du vaisseau.

Elle ressort avec un sac à dos, dans lequel elle a préparé le repas du midi. Curtis a prévu large, il ne sait pas combien de temps ils vont rester en bas, il est possible qu’ils y passent la journée. Il veut aussi faire des prélèvements de roches. Avant de les rejoindre, elle attend Ken et en profite pour contempler le paysage devant elle. Ils sont au-dessus des gorges, sur le haut plateau calcaire. Elle aperçoit l’autre versant du causse, que la rivière a coupé en deux, creusant son lit sur des hauteurs de plus de 50 mètres. Ils n’ont pas encore vraiment remonté les gorges, mais elle est fascinée par l’immensité qui se dégage de ces paysages.

Le retour de Ken donne le signal du départ. Grag a déjà apporté près de l'entrée de la grotte plusieurs caisses avec du matériel, et notamment des cordes pour les attacher tous, et les lampes. Curtis descend le premier, suivi de Joan, Ken. Otho ferme la cordée. Simon vole au-dessus d'eux. Une fois en bas, Ken comprend tout de suite pourquoi ils ont tellement insisté pour qu'il mette un pull. Le capteur de température que porte Curtis lui indique 11 degrés. Ils sont déjà à plus de 30 m de profondeur. Grag leur fait parvenir le matériel par plusieurs va-et-vient.

- Bien, on reste encordés. A la moindre difficulté, vous me prévenez. Je vais porter une des lampes, Otho, tu prendras l'autre. Ken, tu prendras le sac de nourriture, Joan portera le sac avec le petit matériel. Des questions ?
- Si je glisse, je fais quoi, Capitaine ?
- Tu te retiens d'abord à la corde. Mais la pente est douce, et de toute façon, si c'est trop accidenté, nous ferons demi-tour. On ne posera des pitons que si nécessaire. Prêts ?

Tous acquiescent.

Ils entament la descente de la pente d'éboulis, qui se révèlera être la partie la plus délicate de leur cheminement. Grag fait suivre de la corde régulièrement. Après l'éboulis, ils atteignent une partie plus stable du sol.

- Voilà, on en a fini avec les éboulis, dit Curtis. Le sol est désormais dur, mais humide. Ca peut glisser. Soyez prudents.

Ils s'arrêtent néanmoins pour allumer les deux puissantes lampes et repérer les alentours. La cavité est si large et si haute que même avec les lampes, ils ne peuvent en distinguer l'ensemble. Néanmoins, ils vont pouvoir y progresser assez aisément, en cheminant entre de magnifiques concrétions.

Ken est époustouflé par le spectacle. En face d'eux, la nature a crée tout un ensemble que Joan appellera les orgues.

http://www.naturepixel.com/aven_orgnac_47.jpg 

Dans un premier temps, c'est vers cet endroit que Curtis les mène. Régulièrement, Otho dépose des petites diodes qui les aideront à suivre le chemin retour, au cas où ils auraient un souci avec le cordage. Le cheminement n'est pas aisé et ils mettent un bon moment avant d'arriver au pied de l'imposante création naturelle. Grâce à des capteurs laser, ils parviennent à en évaluer la hauteur et le volume. Ils prennent de nombreux clichés et Simon s'approche au plus près du sommet.

Ils en font le tour et découvre alors en contrebas une rivière souterraine.

- Je crois qu'on peut essayer d'aller jusque-là, dit Curtis. Il y a des concrétions sur le chemin, faites vraiment attention, car elles peuvent vite être coupantes.

Ils cheminent avec prudence et atteignent ce qui ressemble à un petit étang souterrain, entouré de stalactites.

http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/19598026.jpg

- C’est un super endroit pour manger, non, Capitaine ?, dit Ken.
- Tiens, ton estomac se réveille ?
- Ca fait un moment qu’il gargouille, mais j’osais rien dire, c’est tellement beau !
- Alors, c’est un vrai exploit : la nature arrive à te faire oublier l’heure d’un repas !
- Pas oublier, Capitaine, juste patienter.
- D’accord, mais c’est en effet une bonne idée. Il est plus de midi. On va s’installer là. On prendra des photos aussi, c’est le fond de la grotte on dirait, en tout cas, cette cavité est relativement petite, les clichés rendront bien.
- Ouais, ok, mais on mange d’abord, quand même !
- On se disait aussi, soupire Joan en regardant Otho avec un sourire.

L’androïde opine, mais sourit largement. Il n’est pas fâché non plus de faire une pause, le chargement de matériel commence à lui tirer sur les épaules et il regrette presque l’absence de Grag pour les aider.

Durant l’après-midi, ils vont remonter, en faisant un détour par-derrière une grande masse rocheuse. Là, ils entrent dans une autre salle, au sol assez plat, mais dont la particularité est d’offrir à leurs yeux de grandes draperies qui descendent du plafond. Au fil des siècles, l’eau y a apporté différents sédiments et les couleurs oscillent entre le blanc, le crème et l’ocre, tirant parfois sur le rosé. Certaines se sont brisées, par leur poids, mais toute la voûte en est décorée. Simon estime que les plus grandes mesurent près de 5 mètres, et que la plus fine n’excède pas un centimètre.

- C’est un spectacle fantastique, dit-il. Nous avons rarement observé d’aussi belles draperies, n’est-ce pas, Capitaine ?
- D’aussi belles et d’aussi nombreuses…

Ils installent à nouveau les lampes et Ken tente de les compter, mais il abandonne bien vite.

- Bien, dit Curtis. Il est temps de remonter à la surface maintenant. D’autant que nous avons fait un détour pour venir jusqu’ici.
- On aperçoit nos petites lampes là-bas, Capitaine, dit Ken. Pourquoi on n’essaierait pas de remonter tout droit ?
- Parce qu’on risque de perdre du temps à emprunter un chemin inconnu, on peut se trouver face à une barrière qu’on ne pourrait pas franchir. Et ensuite, je n’ai aucune envie de laisser de la corde dans cette grotte, ni de demander à Grag de la remonter, car elle pourrait endommager des concrétions.
- Bah, c’est que de la roche !
- Peut-être, Ken, mais nous nous sommes engagés à ne pas détériorer les endroits que nous allons traverser, et à ne rien y laisser qui ne se désagrègerait pas rapidement. Nous devons respecter ce lieu et ce n’est pas parce que ce n’est que de l’eau et de la terre, des sédiments, que nous devons les abîmer. Un jour peut-être il y aura une autre expédition à venir jusqu’ici, que penseront-ils de nous d’y avoir laissé du matériel et d’avoir abîmé des concrétions ? A moins que ce ne soit pour une raison de survie ou de sécurité, en aucun cas, je ne tolèrerai qu’on laisse quelque chose derrière nous.

Ken met le doigt devant ses lèvres, réfléchit un instant et hoche la tête. Il a compris.

La remontée se fait un peu plus lentement qu’à l’aller, leur expédition commence à se faire sentir dans leurs jambes, Ken essaye de ne pas traîner la patte et Curtis ralentit un peu le pas pour ne pas fatiguer l’adolescent. Enfin, ils parviennent au pied des éboulis et Simon remonte rapidement prévenir Grag qu’ils sont de retour et qu’il va falloir les aider à remonter.

- On va passer un par un. Ken, vas-y d’abord. Grag va te hisser, tu n’auras pas beaucoup d’efforts à fournir. Ensuite, on remontera le matériel. Puis Joan, ce sera ton tour, enfin Otho et moi. Tu es prêt, Grag ?
- Oui chef !
- Alors, vas-y. Tu remontes Ken !

Quand ils émergent les uns après les autres de la grotte, l’après-midi s’achève. Il fait bon, comparé à la température de la grotte. Ken s’est assis contre un rocher, il dort à moitié.

- Grag, tu vas ramener Ken au vaisseau, avec Simon, qu’ils se reposent. Nous, on va ranger le matériel et tu reviendras nous aider à le ramener ensuite.
- Est-ce qu’on essaye de reboucher l’entrée de la grotte ? Il y avait des végétaux qu’on a dégagés…
- Oui, on va remettre certaines branches, mais la nature devra là faire son œuvre. Il était difficile de ne pas les enlever pour passer…

Pendant que Grag et Simon raccompagnent Ken qui va s’écrouler sans dîner sur sa couchette, Curtis, Joan et Otho rangent les affaires, mais ils ne sont pas fâchés de voir Grag revenir assez vite. Sur les visages se lit la fatigue d’une belle journée.

Joan regarde Curtis, s’amuse d’un trait de terre sur sa joue.

- Moque-toi de moi, lui dit-il avec tendresse, si tu voyais l’état de ton pantalon…
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 27. Juni 2013, 08:35:33 Uhr
Hello les girls  :) !

j'espère que la promenade souterraine d'hier vous aura plu, aujourd'hui, retour à la lumière et au soleil... En fond sonore, un autre poète qui vivait non loin de cette région, dans le Lot, un grand monsieur aussi qui nous manque...

belle journée à vous  [flower] !

bizz

Limeye  :)


27 juin. Les gorges

http://www.youtube.com/watch?v=FgxwKEuy-pM

Après leur journée d’exploration souterraine, Curtis déclare une journée de repos. Il laisse le vaisseau près de la grotte, mais propose de descendre dans les gorges avec le Cosmolem afin de trouver un endroit agréable près de la rivière pour passer la journée. Ken est ravi à l’idée de pouvoir se baigner toute la journée.

http://f7.img.v4.skyrock.net/5015/40065015/pics/3070602057_1_3_vwIe5ZmX.jpg

Le site est majestueux. Ils s’installent sous la falaise. L’endroit est encore à l’ombre et offre de grandes surfaces de roches polies. Il n’y a pas de sable, mais en face, sur l’autre rive, il y a une plage de galets et de sable. Ils s’y installeront dans l’après-midi, pour profiter de l’ombre des arbres sur la rive opposée. L’eau est verte et les hautes falaises blanches s’y reflètent. La végétation est la même qu’un peu plus bas, arbres courts, herbes, garrigue qui s’accrochent aux rochers.

Ken est le premier dans l’eau et Otho le rejoint d’un grand plongeon.

- On fait la course ?, lance le jeune garçon.
- Attendez-nous, dit Joan. Vous allez voir !

Et elle plonge à son tour. Curtis les rejoint, alors que Grag grommelle, regrettant que ses circuits ne lui permettent que rarement de tels loisirs.

Les quatre nageurs se collent à la paroi et le robot donne le signal du départ. C’est Joan qui arrive la première sur la rive en face.

- Tu triches !
- Même pas ! C’est vous qui êtes des lambins.
- Je défie quiconque d’arriver à la battre, dit Curtis, avec un soupçon d’admiration dans la voix.

Lui sait parfaitement ce qu’elle vaut à la nage, mais Otho n’a pas encore eu l’occasion de se faire battre ainsi par la jeune femme.

- C’est vraiment marrant de se baigner dans de l’eau verte !, dit Ken. Elle est vraiment bonne.
- Oui, et c’est très agréable de se baigner en rivière, dit Joan. Et là, il n’y a quasiment pas de courant.
- Il y a des rapides plus haut, tu te souviens ?
- Oui, on les avait repérés le premier jour. Bon, on la refait dans l’autre sens ?

Ils vont passer une bonne partie de la matinée à nager et à profiter de l’eau. C’est Curtis qui abandonne le premier, intrigué par des rapaces qu’il voit au loin. Il récupère les jumelles à bord du Cosmolem et les observe avec Grag.

- Il y a un couple, avec un petit. On va essayer de les prendre en photo.

Joan les rejoint à son tour. Elle s’appuie sur ses avant-bras et se hisse d’une forte poussée sur l’étendue plate où ils se sont installés. L’eau ruisselle sur son corps et Curtis ne peut s’empêcher de la trouver vraiment très belle. Elle s’approche, il lui tend les jumelles et elle regarde à son tour. Grag se charge des photos.

- C’est l’endroit rêvé pour eux, dit-elle. Ils peuvent nicher dans la falaise, leur nid est à l’abri des prédateurs.
- Qu’est-ce qu’ils mangent ?, demande Ken qui arrive seulement au bord.
- Des petits rongeurs, des serpents aussi… ce ne sont pas des charognards, pas cette espèce, dit Simon.
- Des serpents ?, s’écrie le jeune garçon. Il y a des serpents ?
- Bien entendu, Ken, dit Curtis. Il faudra d’ailleurs se montrer prudent dans les prairies, la garrigue. On ignore s’il y a ici des espèces venimeuses, et il faut savoir que les vaccins n’existent pas, en tout cas pour peu d’espèces.
- Néanmoins, ajoute Simon, si nous parvenions à en capturer, nous pourrions en fabriquer. Mais je pense que cela n’arrivera pas : il faudrait rester beaucoup plus longtemps au même endroit pour les repérer.

Grag aide Ken à sortir de l’eau, il s’empare de sa serviette, s’étire et sans surprendre aucun d’entre eux, annonce qu’il a une faim de loup. Après le déjeuner, ils bénéficient encore pour une petite heure de l’ombre de la falaise, avant que les rayons de Calenda ne les obligent à changer de rive. Ils transfèrent leurs affaires avec le Cosmolem, que Grag peut aisément poser sur la plage. C’est l’heure la plus chaude de la journée, Joan étend sa serviette sur le sable, à côté de celle de Curtis. Le jeune homme est déjà assis, et regarde avec amusement Ken et Otho repartir dans l’eau.

- Ils sont infatigables. Après la journée d’hier, j’aurais cru qu’ils seraient restés tranquilles, dit Simon.
- C’est une journée de repos… on se croirait presque en vacances, dit Joan.
- Cette expédition, c’est aussi un peu du repos, du moins certains jours, dit Curtis. Nous avons bien mérité, tous, d’en profiter un peu. Ce serait d’ailleurs dommage de ne pas s’offrir quelques journées comme celles-là, quand les lieux s’y prêtent !
- Tu es trop bon avec ton équipage, murmure la jeune femme en s’étendant à ses côtés.

Il s’allonge aussi, elle appuie sa tête contre son épaule et s’endort aussitôt. Curtis la regarde un moment, puis à son tour, il sent le sommeil le gagner, bercé par le bruit léger de l’eau qui court, les petits crissements des insectes, et, de temps en temps, les appels des rapaces.

- Joan ne vient pas se baigner ?, demande Ken à Grag.
- Chut ! Ils dorment ! Tais-toi ! Ne les réveille pas !

Ken sourit et repart vers l’eau. Avec Otho, ils font un concours de plongeons, un peu plus loin, vers l’amont. Grag regarde le jeune couple, endormi à l’ombre des arbres. Simon s’approche de lui.

- Des fois, professeur, j’aimerais que ça dure toujours, des moments comme ça, dit le grand robot.
- C’est parce qu’ils ne durent pas qu’ils sont précieux et que nous les apprécions d’autant, lui répond Simon.
- Ils ont bien mérité qu’on les laisse un peu tranquilles, n’est-ce pas ?
- Tout à fait, Grag. Et je sais que je peux compter sur toi pour que les deux zigotos là-bas leur fichent un peu la paix…

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 27. Juni 2013, 13:05:02 Uhr
Soupir!  [master]

Quelle belle façon de commencer ma dernière journée de travail avant les vacances! Et quelle belle découverte que cette chanson de Nino Ferrer, si bien mise en valeur par le montage photo! La photo des gorges donne vraiment envie de s'y baigner, et tes deux liens nous préparent bien à l'ambiance!

Mes coups de coeur: la surprise un peu vexée d'Otho devant la performance à la nage de Joan,  l'attitude protectrice de Grag, la sortie de l'eau de Joan, et surtout, surtout, le dialogue entre Simon et Grag, à la fin...   Quel plaisir d'embarquer dans l'histoire, avec ce texte! Je m'y croyais presque, je n'ai pas envie d'aller travailler...

Flamme
 8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 27. Juni 2013, 21:02:49 Uhr
Bonsoir Flamme !

je suis touchée que cette journée t'ait autant plu ! Je voulais leur offrir un moment de détente au coeur des gorges. Il y aura quelques autres journées ou moments de ce type au fur et à mesure qu'ils remonteront vers l'amont. Mais ces endroits sont si agréables à la belle saison pour se baigner, se détendre, se reposer, qu'il aurait été vraiment dommage que je ne leur en fasse pas profiter, et par ricochet pour vous aussi...

j'ai encore trois jours d'avance, mais il faut que je rédige plus pour être tranquille pour le début de la semaine prochaine.

bonne fin de journée à toi, à vous !

bizz

Limeye  :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 28. Juni 2013, 00:01:39 Uhr
Coucou Limeye,

Merci pour ces beaux voyages! Tout cela est en Ardeche si j'ai tout compris? Je ne connais pas cette region, je l'ai juste traversee il y a longtemps, mais ca donne vraiment envie de s'y arreter.

Et j'ai toujours beaucoup aime la chanson Le Sud de Ferrer (ca ne me rajeunit pas tout ca, tiens... ;D)...

Et puis Curtis et Joan qui font la sieste l'apres-midi...Hmmm, ils ne dorment pas la nuit?  ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 28. Juni 2013, 10:05:15 Uhr
Oui, O-tho, c'est l'Ardèche qui m'a inspirée... avec en plus, sa variété de paysages et d'atmosphères. Je suis une fille de la mer, et pourtant, je me suis toujours sentie totalement en harmonie avec cette région.

Je ne suis malheureusement pas très douée pour créer des liens avec mes propres photos, je pioche donc sur google images pour vous envoyer des liens vers les lieux qu'ils découvrent et la journée d'aujourd'hui m'a d'ailleurs été totalement inspirée par une photo. Si vous pouvez lire le texte, avec la photo ouverte sur une page à côté et écouter la musique en même temps, alors je pense que vous ferez un beau voyage... du moins je l'espère, car personnellement, j'ai eu beaucoup de plaisir et d'émotions à écrire cette journée !

en illustration sonore, un chant venant d'une île qui mêle mer et montagne...

je vous souhaite une belle journée ! Je vais terminer la traduction du dernier petit passage de Meuterei et m'atteler à la suite de leur périple sur le deuxième continent ensuite.

bizz

Limeye  :)


28 juin. Au-dessus des gorges


http://www.youtube.com/watch?v=nDoH0cKcCMs

Il fait encore sombre alors que Joan est déjà réveillée. Curtis dort profondément à ses côtés. Elle le regarde, heureuse. Les journées le long de la rivière s'enchaînent, avec leurs lots de découvertes et d'émerveillement, mais aussi avec des moments de complicité et de bonheur avec toute l'équipe, comme entre eux deux. Chose nouvelle pour elle, elle a désormais le sentiment qu'ils forment un couple, un vrai couple, ce qu'elle n'a pas réalisé encore au cours des premiers mois de leur vie à deux. Peut-être parce qu'ils sont avec l'équipe, avec Ken, peut-être aussi parce qu'ils ne sont pas en mission comme sur Mercure au début du printemps. Elle ne saurait dire exactement ce qui est à l'origine de ce sentiment en elle.

Elle jette un œil à la petite horloge murale, sur le côté du lit, il est encore très tôt. Elle devine que Calenda n'est pas encore passé de ce côté du jour et elle décide d'assister à son lever. Sans bruit, elle sort du lit, s'habille rapidement, attrape un pull et sort. Dans le couloir des cabines, tout est silencieux, Grag est dans le cockpit. Elle va le saluer, le prévient qu'elle sort faire un tour.

Au dehors, la nuit s'estompe lentement, l'aube s'annonce. Tout est calme, on entend seulement les premiers chants des oiseaux et celui de la rivière qui monte des gorges, un peu assourdi. Joan descend rapidement l'escalier du vaisseau et se dirige vers le belvédère, là où deux jours plus tôt, ils ont admiré un coucher de soleil. En approchant, elle frissonne et des larmes lui montent aux yeux. Les gorges sont noyées dans la brume, elle ne distingue pas la rivière qu'elle entend seulement, mais devine la rive en face et l'autre partie du causse.

Emue, elle referme ses bras autour d'elle-même et lui vient à l'esprit ce chant ancien qui parle du monde, de sa beauté ; elle aimerait s'envoler sur le dos d'un aigle, au-dessus de cette brume qui monte des profondeurs et voler vers Calenda. Doucement, les couleurs du ciel changent, l'ombre recule vers l'ouest, le ciel devient rose, puis orangé et enfin l'astre apparaît. Elle se dit que ce qui se passe devant ses yeux est aussi beau et fort que lorsqu'elle assiste, depuis sa crique, au lever de Calenda. Les lumières sont aussi extraordinaires que sur la mer, tout comme le sentiment d'immensité. Elle regrette soudain de ne pas avoir réveillé Curtis et d'être seule à profiter de ce moment de beauté pure. A cet instant, elle sent ses deux bras l'entourer.

Elle se retourne vers lui, il est saisi par ses grands yeux bleus que les larmes d'émotion ont comme délavés, et son regard d'amour le transperce. A cet instant, pour l'un comme pour l'autre, le partage du mot 'amour' prend tout son sens.

Elle se retourne, s'appuie contre lui, lève le bras vers l'aval, là où Calenda est en train de surgir, et fait un geste lent vers l'étoile d'Ixio. Curtis la serre plus fort contre lui, vaincu par la même émotion face à la beauté du monde, de ce monde. Ils sont seuls, privilégiés, pour goûter à ce moment rare, la naissance d'un jour nouveau sur le deuxième continent.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 28. Juni 2013, 15:09:10 Uhr
Bonjour Limeye!

Quelle agréable façon de commencer les vacances! Le texte, la chanson et la meeeeerveilleuse photo m'ont plongée dans une ambiance tellement agréable! Tu es incroyablement douée pour remplir tes textes d'émotions et les faire vivre à ceux qui te lisent...   :D

Le fait d'assister à un lever de soleil est effectivement un moment privilégié; étant une fille matinale et non un oiseau de nuit, je trouve toujours que c'est un moment magique de la journée dont plusieurs ne profitent pas, et je trouve vrai le proverbe qui dit que "le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt"!  :P

Encore merci de nous faire non seulement voyager ainsi, mais aussi de nous faire vivre tant d'émotions!

Flamme
 8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Frégo80 am 28. Juni 2013, 16:43:31 Uhr
Coucou Limeye!

Très beau choix d'image et de chanson pour illustrer ce moment émouvant pour Joan et Curtis!  [eyeheart]  [loveu]. Toujours l'endroit par excellence pour se régugier, cette histoire. [goodjob]

A+

Frégo
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 29. Juni 2013, 09:56:54 Uhr
Bonjour à toutes et tous !

longue journée que ce 29 juillet, je les fais progresser vers l'amont, avec un autre site assez exceptionnel des gorges. Refuge, écrin, voyage... ce sont des mots que j'aime aussi pour cette histoire  :) ! Merci à vous !

belle découverte à vous !

Limeye  :)

29 juin. La remontée des gorges jusqu'au site de la Madeleine

Ce matin-là, après une journée à explorer le causse et faire des prélèvements de plantes, Curtis décide qu’ils vont remonter la rivière avec le Cosmolem. Grag les suivra de plus haut avec le Comète, qui ne peut pas passer entre les gorges trop escarpées et profondes. Joan et Ken viennent avec lui, Simon, Otho et Grag restent dans le vaisseau. Ils n’avancent pas très vite, car ils effectuent de nombreux relevés topographiques. La géographie particulière du lieu, les méandres de la rivière les font progresser moins vite que prévu.

http://2.bp.blogspot.com/-9xwVbMXKsU8/URK0O_HIsGI/AAAAAAAAGB4/BzzZrnDBCjY/s640/7.jpg

En fin de matinée, ils arrivent à un endroit très particulier. La rivière a formé comme un nœud autour de ce qui pourrait s’apparenter à une presqu’île s’ils étaient au bord d’un rivage. D’en bas, ils ne se rendent pas vraiment compte du phénomène, c’est Simon qui les alerte.

- Remonte un peu, Capitaine ! Ne reste pas au niveau de l’eau, vous allez voir quelque chose de très particulier !
- D’accord, Simon, nous reprenons un peu d’altitude.

http://idata.over-blog.com/0/11/70/72/Gorges-de-l-Ard-che-2/belvedere-de-Gournier-29.jpg

- Oh, Capitaine, s’exclame Ken. Comment elle a fait ça ?
- Je pense que lorsque la rivière a creusé son lit, elle s’est heurtée à un obstacle, l’eau cherche toujours à aller par le chemin le plus court, mais parfois, c’est impossible, comme on l’a déjà remarqué depuis que nous remontons vers l’amont. Ici, l’obstacle a été tel, qu’elle s’est presque détournée de son cheminement naturel, avant de pouvoir le reprendre. Ce qui donne cette sorte de boucle. C’est magnifique.

A côté de lui, Joan opine. Dans le Comète, Grag et Otho prennent de nombreux clichés.

L’endroit est assez dégagé, offrant aussi une large plage de sable. Curtis décide d’y poser le Cosmolem. Après vérification, il estime qu’il y a assez de place pour le Comète, d’autant que les falaises sont plus éloignées à cet endroit. Grag réalise la manœuvre avec doigté, et toute l’équipe se retrouve au cœur d’un des sites les plus extraordinaires de cette rivière.

Ken court vers la rivière, déclare que l’endroit se prête à une baignade et bien entendu, à un pique-nique. L’enthousiasme du jeune garçon est communicatif et toute l’équipe s’installe pour une petite pause. Après un bon bain, Ken part en exploration avec Curtis sous les arbres. Joan aide Otho et Grag à faire des prélèvements d’eau et de minéraux. Ce sont les mêmes que plus bas. La jeune femme entreprend aussi de faire le tour de tout cet arrondi et Simon l’accompagne. Il veut essayer d’évaluer la force des courants qui amènent le sable à cet endroit.

- Vous pensez que les crues sont importantes en hiver, professeur ?
- Oui, Joan. Tu as remarqué aussi à quel niveau la végétation se développe ?
- Oui. En dessous, il n’y a déjà plus d’arbres, et quasiment pas d’herbe.
- Je pense qu’en hiver, ou plus exactement au printemps, avec l’apport de la fonte des neiges, ça doit être impressionnant. La rivière a alors beaucoup de puissance, ce qui peut expliquer qu’elle ait ainsi creusé la roche. Ce qui serait intéressant serait d’évaluer la quantité de minéraux qu’elle draine, et de combien son lit se creuse par an ou une période plus longue, un demi-siècle, voire un siècle. Il faudrait revenir aussi à d’autres moments de l’année.
- Ce sera peut-être possible, pour faire un suivi… Vous pensez qu’il y a beaucoup de neige, vers le nord, en hiver ?
- C’est fort possible. Même si nous y passons en plein été, je pense qu’on trouvera des traces aussi dans la végétation.
- En tout cas, ce serait très intéressant de le faire. Peut-être qu’une autre équipe pourra s’en charger. Il y a encore tant à faire pour la connaissance du deuxième continent, professeur, que je ne sais pas quand une autre équipe viendra sur nos traces.
- Raison de plus pour engranger le maximum d’informations. Viens, retournons sur nos pas, je voudrais observer quelque chose.

De retour au campement, l’après-midi est déjà bien avancé. Ken et Curtis ne sont pas encore revenus de leur exploration. Grag et Otho sont en train de ranger et d’analyser leurs découvertes du jour.

Otho déclare, en rangeant le dernier échantillon de sable :

- Je sens qu’on va passer la nuit ici, non ?
- Si le Capitaine et Ken rentrent tardivement, c’est fort possible. De toute façon, ce serait aussi bien, déclare Simon. Ici, nous avons pu poser le Comète, l’endroit est dégagé et tranquille.

A cet instant, ils entendent du bruit à l’extérieur. Ce sont Curtis et Ken qui arrivent, ils étaient partis avec deux sacs à dos, et reviennent avec les petites boîtes à échantillons remplies de graines.

- On a fait un inventaire sérieux, plus vers l’intérieur avec Ken, déclare Curtis. Voici encore du travail pour la fin de la journée.

Otho gémit :

- Dire qu’on vient de finir notre propre rangement !
- Allez, Otho, un peu de courage, dit Joan. Je vais t’aider. J’en connais deux qui ont besoin d’un bon bain ! Vous avez dû avoir chaud, non ?
- Sous les arbres, ça allait encore…, commence Curtis.
- Super !, l’interrompt Ken. Je file enfiler mon maillot !
- Vas-y, toi aussi, dit Joan à Curtis, je vais aider Otho. On suggérait de passer la nuit ici, qu’en penses-tu ?
- C’était ce que j’allais proposer, dit-il en sortant les échantillons du sac de Ken. L’endroit est idéal pour la soirée. Et Ken a réclamé un feu de camp. On pourra le faire sur la plage.

Joan, Otho et Simon en ont terminé dans le laboratoire pour cette journée, et la jeune femme se dit qu'elle rejoindrait bien Curtis et Ken dans la rivière. Elle gagne la cabine du Capitaine, se change rapidement et sort du Comète. Elle sourit en les entendant se lancer des défis, et se demande comment fait Ken pour tenir le coup après une bonne journée de travail. Elle se dit aussi qu'il va falloir qu'il commence à rédiger son compte-rendu, il avait promis de le faire régulièrement pour ne rien oublier. Demain, il restera dans le Comète pour travailler sous la surveillance de Simon, décide-t-elle.

Elle descend jusqu'à la plage, Calenda ne s'est pas encore caché derrière les falaises, mais la lumière de la fin d'après-midi les éclaire d'une touche plus tendre. Le blanc crayeux est moins éblouissant, et le vert des arbres devient plus doux. Elle entre aisément dans l'eau, elle trouve vraiment agréable de pouvoir se baigner presque chaque jour, comme un moment de détente après le travail et songe à la plage d'Aelned. Les deux endroits sont très différents, mais elle ressent la même émotion, le même bonheur à s'y baigner. Curtis et Ken sont sur l'autre rive, à un endroit où la rivière a creusé profondément son lit, et plongent. Elle, elle préfère nager et remonte un peu le courant, se disant qu'elle se laissera dériver pour revenir. Elle atteint le coude de la rivière, puis se laisse aller sur le dos. Doucement, l'eau la porte, l'entraîne tranquillement dans le courant. Elle a les yeux ouverts, fixe le ciel, les hautes falaises au-dessus d'elle. Lentement, le paysage défile. C'est un moment magique, où le temps s'arrête, où elle a le sentiment d'être hors du temps, hors du monde. Juste d'être.

Elle a perdu la notion du lieu, ne sait plus exactement jusqu'où la rivière l'a entraînée et pousse un grand cri en sentant une main la frôler.

- Alors, belle sirène, tu rêvasses ?
- Curt ! J'étais presque en plein rêve...
- J’ai remarqué... Ca fait un moment que je te vois dériver sans bouger ou presque, et je me demandais si tu avais l'intention d'aller ainsi jusqu'à la mer.

Elle rit, se redresse et voit qu'elle a dépassé depuis un moment la plage sur laquelle ils se sont installés, et qu'ils se trouvent au-delà de la zone de sable.

- On va remonter, car il va falloir songer au repas, dit-il, mais je te promets qu'on ira faire un tour après par là-bas.
- Le dernier arrivé fera la vaisselle !, lance-t-elle alors en riant.

Et elle lance ses bras en avant, remonte le courant avec force et aisance. Mais Curt la suit de près, sa force l'aidant contre le courant. Ken est encore en train de jouer dans l'eau, inépuisable. Quand il les voit arriver d'un crawl puissant, il s'étonne un instant et quand Joan lui lance que le dernier sorti de l'eau sera de corvée de vaisselle, il se précipite... mais finit bon dernier. Dépité, il sort de l'eau un peu boudeur sous les rires de Joan et Curtis. Grag qui n'est pas loin s'approche et vient le consoler :

- Je t'aiderai, Ken. Viens, on va chercher du bois pour allumer un feu, j'ai préparé des grillades pour ce soir.
- Chouette ! Ah merci, tu es un vrai ami, Grag !

Le grand robot sourit avec tendresse.

Leur repas au-dehors se déroule dans une bonne ambiance, ils admirent tous le soir qui tombe, les lumières qui changent sur la falaise en face d'eux, les couleurs dont elle se pare. Epuisé par une bonne journée en pleine nature, Ken donne vite des signes de fatigue, et malgré sa promesse de faire la vaisselle, il s'écroule contre le rocher sur lequel il s'était appuyé pour manger.

- Qu'est-ce que j'en fais, chef ?, demande Grag.

- Porte-le dans sa cabine, il ne se réveillera pas. On va ranger les affaires.

http://www.youtube.com/watch?v=EWuj5LRHj7o 

En quelques minutes, tout est ramassé, Otho emporte un dernier chargement. Le feu va s'éteindre doucement, et Curtis entraîne Joan pour une dernière promenade.

- Tu m'as fait dormir dehors à Glenogan, maintenant, c'est mon tour de t'offrir une nuit sous les étoiles. Viens par là, tu vas voir.

Et il l'entraîne vers le sud, il fait encore suffisamment jour pour qu'ils puissent avancer aisément sur la plage, puis traverser un long lit de cailloux. Enfin, après avoir escaladé un grand rocher plat comme ils ont déjà eu l'occasion d'en voir plusieurs en aval, il la fait descendre sur une autre petite bande de sable.

- Ce n'est pas tout à fait comme ta crique, mais cet après-midi, en revenant avec Ken, quand j'ai vu cet endroit, j'y ai tout de suite pensé. Et je me suis dit que ce serait un bon endroit pour passer la nuit, juste... toi et moi, ajoute-t-il en un sourire.

- Tu as raison, c'est moins escarpé pour y arriver, mais cela ressemble aussi à un écrin.

Il l'enlace, plonge son regard dans le sien, y voit s'allumer ces étoiles qu'il aime tant et qui ne brillent que pour lui. Il l'embrasse longuement, commence à la dévêtir. Elle laisse courir ses mains sur son dos, soulève son t-shirt, parcourt ses épaules musclées. Très vite, ils tombent à genoux dans le sable, et il l'entraîne sur le sol, la parcourant de baisers légers, mais de plus en plus précis, allumant le feu en elle, en lui. Il ne sait pas, ne sait plus, si c'est lui qui l'entraîne dans leur monde ou si c'est elle qui l'appelle et l'emmène. Il sait juste... qu'il l'aime très fort.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 30. Juni 2013, 07:03:04 Uhr
Coucou Limeye,

Ahhh...Je ne sais pas ce qui fait le plus craquer...la decouverte du second continent avec ces superbes images et musique... ou nos 2 tourtereaux  qui continuent de se decouvrir l'un l'autre.... [loveu]

O-tho..qui fond aussi sous la canicule...
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 30. Juni 2013, 08:10:56 Uhr
Bon dimanche à toutes !

Je vous parlais l'autre jour d'un autre site exceptionnel dans les gorges, le voici. Il marque symboliquement le début des gorges. C'est non loin de cet endroit qu'a été découverte la grotte pariétale dont je vous ai parlé aussi, la grotte Chauvet.

Je suis contente que la découverte vous plaise toujours, pour moi qui ne vais pas retourner là-bas cet été (peut-être à l'automne...), j'ai l'impression d'être en vacances et de pouvoir y aller quand même ! Et c'est un vrai plaisir de rendre un modeste hommage à cette région que j'aime tant à travers cette histoire.

Belle journée ! Dis O-tho, tu nous envoies quelques degrés, car on est passé directement de l'hiver à l'automne... ?

Bizz

Limeye  :)


30 juin. Le Pont d'Arc

C'est la fraîcheur du jour levant qui monte de la rivière qui les a réveillés. Joan se blottit dans les bras de Curtis, frissonnante, malgré la couverture qu'il avait pris soin d'emmener avec eux hier soir. Elle sait pourtant que très vite, Calenda va réchauffer l'air ambiant, mais elle a hâte de rentrer au vaisseau et de prendre un bon petit déjeuner. Ils ne s'attardent pas et regagnent le Comète. Toute la rivière et les falaises sont dans l'ombre, seul le causse vers le sud est légèrement éclairé par le soleil levant.

- Vous nous ramenez les croissants ?, demande Otho, goguenard.
- Oh, je croyais que tu nous avais préparé du pain frais pour ce matin ?, lui répond Joan du tac au tac.
- Ce n'était pas ça qui était prévu. Le pain frais, c'est pour demain.
- Je m'en souviendrai, lui dit-elle alors avec un grand sourire.

Ils s'installent dans la cuisine, Simon vient les rejoindre.

- Bien dormi, les enfants ?, demande-t-il.
- Très bien, mais il faisait frais ce matin, près de l'eau, dit Joan qui aime la façon dont Simon s'est adressé à eux.
- Et le chef n'a pas eu envie de te réchauffer ?, relance Otho.
- Simon, dit Curtis pour couper court, aujourd'hui, Ken restera avec vous dans le Comète. Il est temps qu'il commence à rédiger son compte-rendu, sinon, il aura oublié la moitié de ce qu'il a vu et fait. Quand il aura terminé, il vous aidera pour les relevés topographiques. On va continuer comme hier, Joan et moi dans le Cosmolem, et vous en altitude dans le Comète. Je crains qu'il ne soit pas possible de reposer le vaisseau d'ici ce soir dans les gorges, elles deviennent de plus en plus étroites et je ne sais pas si nous aurons terminé les relevés ce soir et si nous aurons atteint la plaine qui en marque le début.
- D'accord.
- Il faudra alors trouver un endroit sur le causse où poser le Comète et nous vous rejoindrons à bord ce soir. On va préparer le matériel nécessaire pour la journée et on partira sans attendre, vous n'avez pas besoin de nous suivre précisément. Vous pourrez partir après nous.

C'est ainsi, alors que l'air est encore frais, qu'ils partent tous deux dans le Cosmolem pour remonter en peu plus en amont la rivière. Le lit se resserre en effet, il n'y a plus de bandes de sable sur les côtés, il y a parfois des rapides, et les falaises des deux rives sont proches. Néanmoins, il est possible au petit vaisseau d'y circuler sans difficultés. Deux heures après leur départ, le Comète décolle à son tour. Ken s'est réveillé après le départ de Joan et Curtis et s'attèle sans rechigner à son devoir. Il veut faire quelque chose de bien, heureux d'avoir des choses hors du commun à raconter, et veut surtout recevoir les félicitations de Simon. Il n'a pas non plus envie de passer trop de temps sur cette rédaction et s'applique, car il veut pouvoir retourner dans le laboratoire ou le cockpit pour aider à faire les relevés.

http://www.youtube.com/watch?v=xuX7Ia_GFBE

Curtis et Joan ont à peine décollé qu'ils passent devant un étrange rocher avec plusieurs pointes, qui semble surgir de la masse des arbres accrochés à la falaise.

- Si nous étions en mer, cela ferait un bon point de repère sur la côte, fait remarquer la jeune femme.
- On dirait comme de petits clochers, dit Curtis. Je vais envoyer un bip à Simon pour qu'il le note sur le relevé, eux ne le verront peut-être pas.

http://www.grottemadeleine.com/IMG/jpg/cathedrale0013.jpg

Ils poursuivent leur chemin entre les falaises, abruptes, qui par endroits tombent dans la rivière. Par ici, le lit est profond, plus qu'en aval, là où ils se sont arrêtés les premiers jours. Toute la journée, ils vont les remonter, méandres après méandres.

http://www.guide-montagne.com/album/escalade/Escalade%20en%20Ardeche/slides/Gorges%20de%20l'Ardeche-2.JPG

C'est en fin d'après-midi seulement, dans la belle lumière de cette heure de la journée qu'ils arrivent après un dernier détour face à un endroit qu'ils n'auraient même pas cru possible. La rivière a creusé dans la roche un pont naturel immense, si haut que le petit vaisseau peut aisément passer dessous.

http://www.meteocity.com/medias/gallery/large/france/REG22/DPTM07/pont-d-arc.jpg

- Curt ! Tu vois ce que je vois ?, s'exclame Joan, époustouflée.
- Oui... c'est incroyable ! On ne l'avait pas du tout repéré lors de notre survol à notre arrivée, nous étions trop haut. Je préviens tout de suite le Comète, ils sont encore loin derrière nous. Il faut qu'ils viennent voir cela... Je vais passer en-dessous, derrière, c'est plus large, nous trouverons peut-être un endroit où poser le vaisseau.

Il manœuvre habilement, Joan retient sous souffle et ne quitte pas des yeux l'arche immense. Puis Curtis fait remonter le vaisseau pour un survol de toute la zone et remarque aussitôt quelque chose d'étrange : une combe s'est formée, vers le nord.

- Tu vois cette forme étrange ?
- Oui, c'est bizarre, on dirait...
- C'est l'ancien lit de la rivière. Elle a longtemps butté contre le rocher, avant de pouvoir creuser l'arche, du coup, son lit s'est asséché, mais le paysage en garde encore la trace.
 - Ce qui veut dire que peut-être, dans des siècles et des siècles, un autre pont se formera là où nous avons dormi hier soir..., dit-elle, songeuse.
- C'est tout à fait possible, en effet, c'est exactement la même configuration.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/la-combre-d'arc-%C2%A9-st%C3%A9phane-compoint-resolute3.png 

- On va pouvoir poser le Comète dans la combe, ajoute Joan, il y a la place, non ?
- On va aller voir de plus près, mais ça me semble possible en effet.

Après un survol de l'ancien lit, il prévient leurs amis.

- Grag !
- Oui, Capitaine.
- Vous êtes encore loin de nous ?
- Plus beaucoup, vous avez un souci ?
- Pas du tout, on a quelque chose de fabuleux à vous montrer. Fais route directe vers le début des gorges, tu pourras te poser sur ta droite, je t'envoie le signal du Cosmolem.
- Bien, Capitaine ! Nous arrivons.

Un quart d’heure plus tard, ils voient le long vaisseau approcher et manœuvrer pour se poser. Ken en surgit, tout excité.

- Vous avez vu ? Un pont ! Un pont de pierre sur la rivière !
- Oui, Ken, la nature réserve de sacrées surprises. Quand nous sommes arrivés après le détour là-bas juste en face, je peux te dire que nous avons été estomaqués !, lui répond Curtis. On va établir le campement pour ce soir ici, et faire des relevés. L’ancien lit est aussi très intéressant à étudier.
- On va avoir du travail pour la journée de demain, alors ?, demande Otho qui contemple lui aussi l’arche dans la lumière rasante de la fin d’après-midi.
- Oui. On va passer la journée de demain ici. Et on cherchera aussi le meilleur endroit pour installer le capteur.

Très vite, la petite équipe s’organise. Il n’est pas encore trop tard, même si l’après-midi tire à sa fin, et Curtis veut profiter des dernières heures de jours pour faire les premières mesures, notamment calculer exactement la courbe de l’arche, mais aussi la profondeur du lit de la rivière à cet endroit. Demain, ils s’occuperont de la combe.

Alors que le soir s’avance, il ordonne la fin du travail et tous se retrouvent à nouveau dehors, pour manger et profiter de la douce lumière du soir qui embrase l’arche.


****************************

Et en bonus, je vous offre une autre photo, pour vous montrer ce que ça donne quand la rivière est en crue (et encore là, sur cette photo, elle paraît relativement "sage")

http://www.canoekayak-gesn.fr/IMG/jpg/Pont_d_Arc.jpg   

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 30. Juni 2013, 13:17:49 Uhr
Limeye, quelle merveilleux voyage tu nous fais faire! Et le plus extraordinaire, c'est de réaliser que de telles merveilles existent réellement! Le pont de pierre naturel m'a vraiment émerveillée, particulièrement quand les rayons du soleil le traversent...  Mais le rocher à pointes est aussi très impressionnant...

Et cette scène si romantique, où tu exprimes si bien cet amour passionné entre les deux amants sur le banc de sable secret... j'étais en extase moi aussi! De quoi réchauffer la température, très fraîche ici aussi!

Et la musique d'I Muvrini met parfaitement en valeur tout le récit et ses images...  [master] [respekt]

Bone journée à toi Limeye, ainsi qu'à toutes les autres!

Flamme  8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 1. Juli 2013, 06:31:00 Uhr
Bonjour à toutes !

merci Flamme, je savais que cet endroit t'impressionnerait ! C'est un des symboles de l'Ardèche. L'endroit est hyper-touristique, en été... et si les gorges sont en effet un lieu assez fantastique, personnellement, je préfère la région qu'ils aborderont ensuite, la montagne et le plateau. Mais chaque chose en son heure, et voici leur journée au pied de l'arche.

belle journée à vous, Otho, merci pour les degrés, ça remonte par ici... mais jusqu'à quand ?

bizz

Limeye  :)


1er juillet. La combe d’Arc

Dès le matin, toute l’équipe s’active à étudier la combe. Curtis estime que le lieu se prête parfaitement à un inventaire en règle : pas trop grand, présentant une particularité géologique intéressante, il permet aussi de mesurer aisément les sédiments, même si ceux-ci sont très anciens. A bord du Comète, Simon et Grag multiplient les mesures au laser pour les couches supérieures du sous-sol et les relevés topographiques pour dresser une carte précise du lieu. A terre, le reste de l’équipe procède à l’inventaire de la flore. Ken s’est fait une spécialité dans le ramassage des cailloux de toute sorte, et passe son temps à en ramener des plus beaux et plus originaux les uns que les autres. Il déniche notamment des géodes et s’exclame à chaque fois qu’il découvre un fossile.

- Il y en a vraiment beaucoup ici, Capitaine, plus qu’en bas.
- C’est vrai, Ken. Bonne observation. Il est possible qu’un affluent en ait drainé davantage. Il y a un affluent sur la rive gauche, un peu en amont. Nous le remonterons demain pour voir. Je n’ai pas l’intention de m’y attarder, mais nous pouvons y consacrer une journée.
- Il commence à faire chaud, en tout cas, relève le jeune garçon.
- Ne t’inquiète pas, je te laisserai du temps pour te baigner en fin de journée, lui répond Curtis malicieux.
- De toute façon, tu seras bien obligé de nous laisser du temps. A mon avis, Joan aura envie de se baigner aussi !
- Et à mon avis, vous avez tous les deux envies de nager sous l’arche, n’est-ce pas ?
- Comment tu as deviné…

Curtis éclate de rire devant la mine un peu confuse de Ken.

- Comme si je ne vous avais pas entendu comploter tout à l’heure… Bon, remettons-nous au travail. Plus vite nous aurons terminé ici, plus vite vous serez dans l’eau.

http://ekladata.com/qhKjwP9_3GNd-jVh24y4oV8CRaU.jpg

En fin d’après-midi, alors que la température ambiante devient plus agréable, tous apprécient de se retrouver au campement. Le Comète est encore en vol, Grag et Simon n’ont pas tout à fait terminé leur propre travail. Otho, Ken, Curtis et Joan, ainsi que Oog et Eek, prennent alors la direction d’une plage, sur la rive gauche, située juste en face de l’arche naturelle. Ken est le premier dans l’eau, rapidement suivi par Joan, qui n’a pas perdu de temps à se déshabiller et à enfiler son maillot, sans se préoccuper des regards appréciateurs de Curtis.

Aidés par le courant, tous les deux se retrouvent rapidement au milieu du lit de la rivière et entament une longue nage jusque vers l’arche. Ils se trouvent déjà en dessous alors qu’Otho et Curtis entrent à peine dans l’eau.

- Il va faire des progrès en natation, Ken, ici !
- J’espère qu’il n’y aura pas qu’en natation qu’il en fera, lui répond Curtis.
- En tout cas, il ne rechigne pas à la tâche ! Je ne l’ai pas entendu râler une seule fois pour ramasser des plantes ou des cailloux.
- Il aurait même tendance à en ramasser trop, des cailloux… Je me demande où il va ranger sa collection quand nous serons de retour sur Terre. A mon avis, il n’y aura pas la place chez Joan pour mettre tout ça !
- Il en mettra un peu à Vancouver…, suggère Otho.
- Hum… certes, mais je ne sais pas si Jelle sera très chaude pour abriter quelques dizaines de kilos de fossiles… Il faudra qu’il fasse un choix.
- Bon, on essaye de les rattraper, chef ? Je ne digère toujours pas que Joan me batte à la nage !
- Et bien ma foi, tu ferais pourtant bien de le digérer… car ça m’étonnerait que tu arrives à être plus rapide qu’elle !
- Comment ça se fait qu’elle nage si bien ?
- Elle a grandi au bord de la mer, souviens t’en… ça aide, pour savoir nager. C’est même souvent une nécessité. Mais allons-y, ils sont déjà sous l’arche !

Ken et Joan se trouvent en effet déjà sous le grand pont de pierre, Joan nage plus lentement pour que Ken puisse la suivre, l’eau est profonde, ils sont loin de la rive et elle ne voudrait pas qu’il se retrouve en difficulté en plein milieu. De l’autre côté de l’arche, elle sait qu’il y a une plage, sur la rive droite. Elle a l’intention d’aller jusque-là. Elle se retourne, voit qu’Otho et Curtis les suivent et reprend sa brasse. Ken n’est pas mécontent d’atteindre la plage, dans l’ombre de la falaise, creusée de petites grottes, et couverte d’arbustes. Il entame aussitôt une inspection de la plage, pour y ramasser quelques cailloux.

- Tu comptes les ramener comment, Ken ?, lui demande Joan.
- Ben, heu…, je vais faire un tas, là, et on viendra les chercher avec le Cosmolem…

Joan rit. Elle aime la débrouillardise du jeune garçon et note que ses réflexions ne manquent pas de pertinence.

- A toi de négocier cela avec le Capitaine, lui sourit-elle.
- Tu m’aideras ?
- Ttt… non, tu le feras tout seul. C’est ton idée, elle est bonne, maintenant, à toi de faire en sorte qu’il accepte. Moi, j’ai autre chose à négocier, dit-elle avec un clin d’œil.
- Ca, ça sent la nuit sous les étoiles, grommelle Ken, mais son regard est malicieux.
- Bien vu !
- Tiens, les voilà qui approchent ! Bon, tu me laisses négocier d’abord, ok ? Il n’est pas dit qu’il veuille dire oui deux fois de suite…

Sa remarque fait rire Joan à nouveau. Elle se retourne vers la rivière, sourit chaleureusement aux deux nageurs qui approchent de la rive. C’est son tour d’adresser des regards appréciateurs à Curtis quand il sort de l’eau, ce que le jeune homme ne manque pas de remarquer.

- Alors, madame poisson, déjà sortie de l’eau ?, lui lance-t-il, amusé.
- Madame poisson ne voulait pas fatiguer le petit dauphin, là.
- Qu’est-ce qu’il fait ?, demande-t-il en s’approchant de Joan et en la prenant par la taille.
- Il agrandit sa collection.
- Il se souvient qu’il est venu jusqu’ici à la nage ? Sans filet et sans sac ?
- Il s’en souvient parfaitement, tu verras.

Elle se blottit contre lui, lui dépose un baiser léger dans le cou.

- C’est fantastique de nager, ici, Curt ! Tu imagines ? Je n’ai jamais connu ça à Glenogan ! J’ai beaucoup de mal à dire mon émerveillement !
- Je te comprends, répond-il sérieusement. Je n’imaginais vraiment pas que cette rivière nous offrirait un si beau tableau. D’ailleurs, il faudrait peut-être que tu te décides à sortir tes crayons…
- Excellente suggestion. On repart ? Je vais commencer quelques croquis avant de manger. J’ai entendu le Comète se poser quand nous avons passé l’arche.
- Capitaine !
- Oui, Ken ?, dit-il en relevant la tête et en abandonnant à regret la chevelure de Joan sous laquelle il déposait de légers baisers.
- Est-ce qu’Otho pourrait me donner un cours de pilotage avec le Cosmolem, pour essayer de passer moi aussi sous l’arche ?

Curtis fronce un peu les sourcils.

- C’est quand même un peu délicat, Ken.
- Otho assurerait ! Il est d’accord !
- C’est vrai, ça ?, demande Curt en se tournant vers l’androïde qui opine du chef.
- Ok… mais pas de zèle !
- Merci, Capitaine !

Curtis grommelle, resserre son étreinte autour de la taille de Joan.

- J’ai l’impression que je suis en train de me faire avoir…

Elle sourit doucement :

- On retourne au campement ?

Joan rejoint rapidement le Comète, se change et sort son matériel de dessin. Elle va s’installer sur la plage, face à l’arche et commence ses croquis. C’est à peine si elle remarque qu’Otho et Ken sortent de l’eau, puis qu’une dizaine de minutes plus tard, le Cosmolem décolle en les emmenant tous les deux. Elle ne voit pas non plus le regard légèrement inquiet de Curtis qui ne les quitte pas des yeux pendant qu’ils effectuent la manœuvre. Une heure plus tard, elle n’entend pas non plus Grag l’appeler pour le repas.

Le grand robot reste un peu dépité. Dès qu’il avait posé le Comète, avec Simon, il s’était empressé de préparer une grande salade, et avait même réalisé un dessert de fromage blanc pour les petites fraises sauvages qu’il a trouvées non loin. Il pensait faire plaisir à Joan, mais il constate que la jeune femme ne lui prête aucune attention.

- Ne t’inquiète pas, Grag, elle va venir. Quand elle est plongée dans ses dessins, rien ne peut la faire en sortir.
- Pas même toi, chef ?
- A peine. On va commencer à manger sans elle. Je vais juste lui redire que c’est prêt, mais sans garantie qu’elle nous rejoigne.

Il s’approche alors de la jeune femme, assise sur le sable, le dos appuyé à un gros bloc de rocher, son carton rigide sur les genoux, les crayons étalés autour d’elle.

- Ma douce, le repas est prêt…
- Hum… j’arrive…
- Ok, on commence sans toi…
- J’arrive, je te dis…

Curt fait demi-tour, sachant pertinemment qu’il est inutile d’insister. En effet, elle ne vient s’attabler avec eux, au campement, qu’une heure plus tard, alors que Ken est en train de finir le saladier de fromage blanc.

- T’es arrivée trop tard pour le dessert, Joan, j’ai tout mangé !, lui lance-t-il, taquin.
- Pas grave, dit Joan, d’un air songeur.
- Je t’en ai mis une part de côté, dit Grag. Je savais bien que le petit goinfre ne se ferait pas prier pour finir le plat !

Joan regarde le grand robot, lui sourit et il en est tout confus.

- Merci Grag, tu es adorable.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 2. Juli 2013, 00:14:56 Uhr
Coucou Limeye,

Eheh...Juste retour des choses...Joan partie dans son monde du dessin comme Curtis avec ses experiences scientifiques... ;)
Savoureux dialogues avec Ken!  ;D

et "Merci Grag, tu es adorable", je suis bien d'accord!  ;)

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 2. Juli 2013, 06:08:57 Uhr
2 juillet. La vallée de l'Ibie


C’est un peu à la demande de Ken que Curtis décide d’explorer ce petit affluent de la rive gauche d’Aigues, situé un peu avant le site majestueux du pont naturel. La petite rivière a aussi creusé son lit à travers le causse, mais sur une profondeur bien moindre que la rivière mère. Le causse, tout doucement, en remontant vers le nord, devient collines. Le lit de la rivière est presque à sec par endroits et de beaux cailloux blancs en tapissent le fond. Ce sont de ces cailloux que Ken a ramassés la veille et dans lesquels il a trouvé des géodes et des fossiles.

Comme toujours, le jeune garçon a un flair excellent pour dénicher des endroits agréables pour faire la pause du midi.

http://www.ardeche-nature-photographies.com/photos/phototheque/previews/1306162842.jpg

http://www.closdeloubarres.com/balades-rencontres/janvier2011-ibie/titre.JPG

Joan l’accompagne à la recherche de fossiles, espérant ainsi limiter un peu sa récolte. Elle sait que cela fera très plaisir à Jelle d’en avoir quelques uns, et d’avoir aussi des exemplaires des différentes roches qu’ils trouvent au fil de leur exploration. Mais de là à en avoir des quantités… même pour une géologue comme son amie, il y a des limites que Ken ne mesure pas encore très bien. Curtis en profite pour faire un survol en altitude avec le Comète, afin de repérer plus en détails leur prochaine zone de recherches. D’ici deux jours, ils devraient avoir rejoint le petit confluent et entrer dans une zone de montagne. Mais avant, ils vont faire connaissance avec la plaine, située entre le causse et la montagne. Otho et Simon l’accompagnent.

Il remarque au loin des formes étranges sur la montagne, en s’approchant, il comprend qu’il s’agit d’anciens volcans dont les éruptions se sont figées.

http://cycleric.files.wordpress.com/2011/04/suc300235.jpg

- Ces coulées basaltiques sont vraiment particulières, n’est-ce pas, Simon ? On dirait que le volcan a poussé comme un gros bouchon, puis que tout s’est figé. Malheureusement, nous n’aurons pas le temps d’aller voir cela en détail. Je vais cependant sortir avec le Cosmolem pour prendre quelques clichés de plus près. Cette zone est à la limite de la zone que nous avions prévu d’explorer. Nous ne pouvons pas remonter plus au nord, mais comme nous allons nous trouver dans les prochaines semaines dans une zone d’anciens volcans, c’est intéressant de noter déjà ce type de paysages.
- Tu as vu la plaine plus bas ? C’est une belle prairie.
- Oui, la végétation y est déjà différente de celle du causse, on y mesure l’apport des volcans.
- Tu veux placer là un capteur ?
- Pourquoi pas. Ca pourrait être un bon repère pour une future expédition.

Une heure plus tard, il est de retour au vaisseau. Il s’est posé sur le sommet de l’étrange mont, a pu descendre le long des orgues basaltiques. Il espère qu’ils en verront d’autres dans les prochains jours. Il devine qu’ils ont déterminé ici la limite entre deux paysages, deux types géologiques différents : le causse et les gorges, calcaires, et la montagne, volcanique.

Ils retrouvent le reste de l’équipe, les pieds dans l’eau. Grag et Joan ont trouvé d’autres petites fraises sauvages pour agrémenter leur repas du soir.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Tachioniumfinder am 2. Juli 2013, 20:39:12 Uhr
Salut, Limeye!
Je vais continuer avec la traduction de ton histoire très sympathique....même si on a des "vives discussions" dans le forum allemand. J'espère qu'on essaie de profiter de l'occasion...pour de discussions constructives, pas pour balayer qn. On verra.
Amicalement
Tachi
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 2. Juli 2013, 20:53:47 Uhr
Bonsoir Tachi !

merci de continuer la traduction !

pour nous, francophones, ce qui s'est passé sur le forum allemand nous a beaucoup surprises et chagrinées et nous n'avons pas bien compris ce qui s'est passé et surtout pourquoi ça s'est passé...  :(

si j'avais plus de temps, j'aimerais aussi traduire d'autres histoires allemandes, notamment celles de Johanna et de Claudrick (si elles acceptent, bien entendu). Peut-être quand j'aurai terminé cette histoire... et celle des héritiers, sur laquelle je n'avance pas par manque d'inspiration pour la fin ! Sans compter que j'ai un volet 3 d'Etoile Filante en préparation aussi...  ;)

heureusement, les vacances arrivent  :D !

j'espère que le voyage sur le deuxième continent d'Ixio que je suis en train de publier te plaît et te fait découvrir une région de France que j'aime beaucoup !

bonne soirée ! bises

Limeye  :)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 3. Juli 2013, 08:28:26 Uhr
Bonjour à tous !

pour cette journée, ils quittent progressivement les gorges pour remonter vers la plaine, et vont s'arrêter près d'un endroit où se trouve l'un des plus beaux villages de France, Balazuc. Il vous faut bien entendu imaginer le lieu complètement sauvage pour leur séjour... c'est aussi un de mes endroits préférés, très agréable pour la baignade, et très joli village avec des maisons typiques de la plaine ardéchoise, en pierre, avec des arches, des petits escaliers, des recoins secrets... un petit bonheur pour les photographes !

mais avant, ils vont passer dans un lieu particulier, tout en rondeur, appelé le "cirque des gens", un peu comme si les formes de pierre symbolisaient des personnes se tenant en ronde.

je vous souhaite une bonne journée  [flower]

Bizz

Limeye  :)


3 juillet. Le cirque des gens et Balazuc

Ce matin marque leurs dernières heures dans les gorges. L’arche naturelle en est comme le signe particulier de l’entrée, ils vont désormais se retrouver dans une vaste plaine, fermée au loin par les montagnes qu’ils exploreront durant les prochaines semaines. Toute l’équipe a réintégré le Comète et ils commencent le survol de la plaine, tout en suivant toujours les méandres de la rivière. Cette dernière a cependant creusé son lit dans la roche, leur offrant encore d’autres visions impressionnantes.

http://p9.storage.canalblog.com/97/10/803641/59529925.jpg

- On va descendre avec le Cosmolem. J’ai l’impression que nous n’en avons pas encore vraiment fini avec les gorges, dit Curtis en voyant les formes creusées dans la falaise.

En s’approchant, avec Joan et Ken, ils constatent qu’en effet, la rivière a comme réalisé à cet endroit une répétition de ce qu’elle fera en plus profond et plus haut, vers l’aval.

http://cirquedegens.files.wordpress.com/2012/10/cropped-juin-2006-cirque-de-gens-bene-et-fab-009-1.jpg

- On va se poser, décide-t-il, et on prendra des mesures. Par contre, Ken, essaye de ne pas ramener trop de cailloux… je voudrais qu’on remonte plus au nord aujourd’hui.
- Bien Capitaine ! Mais hier, tu as vu, j’ai été raisonnable…
- Si on peut dire… tu as failli donner le mauvais exemple à Joan et à Grag. Enfin, tu es pardonné, car tu as trouvé le plus beau fossile de l’expédition !

Curtis manœuvre jusqu’à une petite plage de sable et de galets ronds, certains sont blancs, d’autres gris-bleu sombre.

- Tu vois, Ken, la rivière apporte ici d’autres types de roches. On sent que le changement se dessine petit à petit entre nos première et deuxième zones d’exploration.
- Quand sera-t-on dans la montagne ?, demande Joan.
- Si tout va bien et si nous ne découvrons pas d’endroits où nous attarder plus que de raisons, alors nous devrions y être dans trois jours. Il y fera certainement moins chaud.
- On pourra quand même se baigner ?, s’inquiète Ken.
- Oui, la rivière est encore large, et l’affluent que nous remonterons aussi. Par contre, je ne sais pas si nous remontons d’abord jusqu’à la source ou si nous commençons par l’affluent. On verra une fois sur place.

http://www.youtube.com/watch?v=nAB4vOkL6cE 

Quand ils regagnent le Comète, c’est déjà le début de l’après-midi. Ken ne se fait pas prier pour filer à la cuisine. Et quand il en ressort, c’est pour deviner qu’ils vont à nouveau se poser.

- Ken, je pense que tu vas être content, lui dit Joan. Grag a repéré un endroit où nous pourrons passer la nuit. On va poser le Comète là-bas, tu vois ?

Elle désigne une sorte de prairie, rase, aux herbes rabougries.

- C’est moche ! C’est tout grillé…, dit-il. Tu parles d’un endroit rêvé…
- Ne râle pas avant d’avoir vu ! On se pose là, car c’est facile d’y faire atterrir le Comète, reprend Joan. Mais on va marcher un peu à travers cette garrigue, et on retrouvera la rivière. On a repéré une belle plage.
- Ah, chouette ! Et il y aura des cailloux aussi ?, demande-t-il en lançant un clin d’œil malicieux au Capitaine.

L’endroit où ils atterrissent est en effet une sorte de prairie, avec quelques menues dénivellations, à la végétation rase. En une petite demi-heure, Joan et Simon en ont fait l’inventaire. Ils y trouvent des épineux, du thym, des herbes sèches.

- La moindre étincelle ici, et c’est l’incendie assuré, dit le professeur. Il faudra être prudent en relançant les moteurs pour le décollage.

Curtis, Otho et Ken sont partis devant, avec les affaires pour le repas et la baignade. Grag emporte le reste du matériel, Joan retourne au Comète pour se changer, car il fait bon. Ce soir, elle en profiterait bien pour mettre sa petite robe fleurie, et porter autre chose que des vêtements pratiques. Néanmoins, elle reste en short et en chaussures de marche jusqu’à la rivière. Simon les accompagne.

En arrivant au bout de la prairie, ils découvrent la rivière en contrebas, depuis le haut d’une belle falaise. Son lit est encore large, mais moins profond et son débit est plus doux que dans les gorges. Joan se dit qu’ils vont encore passer une soirée dans un site majestueux. Et qu’une fois de plus, il lui vient l’envie de dormir dehors. "Dans la montagne, il fera plus frais, ce ne sera peut-être pas possible", songe-t-elle.

http://www.foupix.com/photos/2011/02/14/m20110214090428s.jpg

http://4.bp.blogspot.com/_6HAC4rIoU-Q/TA4I9B7j1WI/AAAAAAAAAuc/qKSjgFcjueU/s1600/Potos+Balazuc+Yasmine+012.JPG

- Tu as vu, Joan, dit Simon, comme la végétation est déjà différente ?
- Oui, ici, on voit maintenant d'autres essences de feuillus. Ce ne sont plus les chênes lièges et les essences de type méditerranéen que l’on voyait les premiers jours. Là, ce sont des chênes, des bouleaux, mais aussi des fruitiers. On va pouvoir faire des provisions.
- Tout à fait. Je suggèrerai bien à Curtis de s’arrêter demain dans la plaine, pour cela. Maintenant, il s’agit de trouver un chemin pour descendre… pour moi, c’est facile, mais pour Grag et toi…
- La boule de gomme a dû s’amuser à faire de l’escalade, dit Grag. J’en suis certain. Mais le chef et Ken, c’est moins sûr…

Ils longent un moment la falaise vers le sud, puis découvre le lit à sec d’un petit ruisseau. En le suivant, ils parviennent assez aisément jusqu’à la rivière et retrouvent le reste de l’équipe, déjà installée à l’ombre des falaises, sur de larges rochers plats. Ken est en maillot, prêt à plonger.

- Vous avez trouvé le passage ?, demande Curtis. J’allais vous appeler pour vous le signaler.
- Oui, chef ! Nous ne tentons pas des expéditions trop présomptueuses pour nos capacités, dit Grag en regardant Otho.
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Je parie que tu es descendu à main nue le long des falaises, non ?
- Non, j’avais trop peur pour le petit. Mais si vous voulez une démonstration de mes talents…
- Si ça peut te faire plaisir, Otho, vas-y !, dit Curtis. J’ai l’impression que tu manques d’exercice…
- Cela dit, moi, je vais me baigner, dit Joan, en ôtant rapidement sa petite chemise orangé et son short.

Elle en profite pour sortir une paire de sandales souples et confortables de son sac à dos. Deux minutes plus tard, elle est dans l’eau et nage en direction de l’autre rive, où une belle plage de sable a été créée par les courants.

Au milieu de la rivière, un peu en aval, une vaste plage de galets s’avance dans le lit. Elle est recouverte par une végétation courte, d’herbes vertes, de fleurs jaunes qui ressemblent à des iris d’eau. Plus bas, de grands arbres se dressent sur la rive. Le soir décline tout doucement, Calenda leur offre de belles lumières douces sur les rochers creusés de la même manière que ceux qu’ils ont vus dans la matinée. Curtis la rejoint, comme elle, il observe le paysage. Les falaises hautes et rondes au-dessus d’eau et vers l’aval, les coudes de la rivière qui ont créé comme des petites prairies.

- On va encore avoir de très belles lumières ici ce soir, murmure-t-elle presque pour elle-même.
- Tu as pris tes crayons ?
- Bien sûr. On dort ici ?
- Je me demande pourquoi tu poses la question. Tu devrais dire plutôt : on dort ici.

Elle lui sourit avec tendresse.


***************************

En bonus : la rivière le soir, la plage de sable est située complètement sur la gauche de la photo, sous un grand pont qui permet de traverser la rivière, on ne la voit pas sur les photos.

http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/media/images/rubrique-voyages/bons-plans-verts-visuels/le-vieil-audon/520642-1-fre-FR/le-vieil-audon_940x705.jpg
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 4. Juli 2013, 06:20:06 Uhr
4 juillet. La plaine d'Aubenas

Ce matin-là, avant de rejoindre le Comète, Curtis cherche un gué dans la rivière pour traverser et pouvoir prendre en photo l'ensemble de la falaise au pied de laquelle ils ont dormi. Au niveau de la rivière, sur plusieurs mètres de haut, la roche a formé comme des strates.

http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/72156137.jpg

Joan en profite pour s'offrir un bain du matin, malgré la fraîcheur toute relative de l'air ambiant.

Ils décollent vers 10 heures, pour entamer le survol de la grande plaine qui s'ouvre entre la montagne et le causse. La rivière serpente paresseusement au milieu. Sur leur gauche, vers l'Ouest, elle est délimitée par un vaste massif montagneux, qui culmine à plus de 1500m. Situé sur la rive droite d'Aigues, il ne fait pas partie de leur zone d'exploration, mais la délimite.

En fin de matinée, Curtis fait poser le vaisseau près d'une prairie où poussent des fruitiers. Ils font provision d'abricots, de pêches. Joan remarque aussi la présence d'amandiers et de vignes sauvages.

- Si cet endroit était habité, dit Simon, on y trouverait certainement de beaux vergers. Le climat se prête particulièrement à la culture des fruitiers.

Tout l'après-midi, ils vont survoler la vaste plaine, pour finalement remonter vers le nord. L'air devient lourd, l'orage menace sur la montagne.

http://www.ardeche-nature-photographies.com/photos/phototheque/previews/1209256304.jpg 

- Je crois qu'on va avoir droit à un orage d'ici la fin de journée, dit Curtis. Il vaudrait mieux qu'on pose le vaisseau à un endroit sûr, ou alors, on remonte d'emblée au-dessus des nuages et on passe la nuit dans l'atmosphère.
- Ca ne présente pas de risques particuliers qu'on se pose, dit Otho. On met Grag dehors et il va servir de paratonnerre.
- Et toi, tu seras transformé en marshmallow grillé !, lui lance Grag, agacé.
- C’est bon, les Marshmallow grillés, dit Ken. On fait des grillades ce soir ?
- Non, Ken. On ne mangera pas dehors ce soir. On va rester dans le vaisseau. De toute façon, il faut faire le point sur tout ce que nous avons accumulé depuis le début de l’exploration. Je vais aussi préparer un compte-rendu pour nos contacts à Ixio, je leur enverrai demain. Je pense que le professeur Quinn sera très intéressé par les photos de la grotte, notamment.
- J’en profiterai pour envoyer aussi des nouvelles à nos amis, dit Joan. Jelle doit se demander ce que l’on devient… et je voudrais bien avoir des nouvelles d’Ezra aussi, savoir s’il a été voir maman.
- Aucun souci, ma douce, nous ferons cela avant de décoller demain matin. Nous ne sommes plus très loin du petit confluent.


En bonus : le Tanargue sous la neige

http://www.ardeche-nature-photographies.com/photos/phototheque/previews/1112189858.jpg
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 5. Juli 2013, 07:18:02 Uhr
5 juillet. Le petit confluent   

Le jour qui se lève est une aube grise, brumeuse. Le ciel est bas, l’orage a tonné toute la nuit. Il fait frais, la température a chuté d’une dizaine de degrés par rapport à ce qu’ils ont connu dans les gorges. Ils ne peuvent distinguer les sommets de la montagne, noyés dans un brouillard épais.

- Beuh, c’est l’hiver, ici, dit Ken. Fait froid… brrr !!!
- Nous arrivons vers la montagne, le temps va être différent. Mais cela m’étonnerait que nous passions les prochaines semaines dans la brume. Nous allons profiter de cette matinée pour faire le point et mettre un peu d’ordre dans le vaisseau. D’ailleurs, Ken, tu vas commencer par faire une lessive de ton paquet de linge sale…
- Oh non !
- C’est ça ou la serpillière dans la cuisine…
- Bon, je m’occupe de mon linge…

C’est une journée qui s’annonce plutôt calme. Curtis pensait faire des relevés de la partie haute de la rivière, mais le temps brumeux ne le permet pas aisément. Ils restent donc à terre, préparant la deuxième partie de leur expédition. Ils profitent aussi d’être à proximité de la petite rivière qui délimite leur zone d’exploration, l’affluent d’Aigues, pour se réapprovisionner en eau. La région est riche en sources, Simon découvre facilement que l’eau est de nature bien différente dans cette partie de la rivière : chargée en minéraux, c’est eau typique des régions volcaniques.

C’est au confluent qu’ils vont installer l’un des capteurs remis par les chercheurs de Doban, mais Curtis se demande si le lieu est vraiment bien approprié. Encaissé entre les flancs de la montagne, il craint que les données ne soient pas aisées à transmettre, selon les conditions météo. Avec Grag et Otho, il bricole un relais, qu’ils vont installer sur l’un des sommets les plus élevés aux alentours. 

Joan reste au Comète, avec Ken qui poursuit la rédaction de son compte-rendu, et Simon qui termine l’inventaire des plantes qu’ils ont ramassées dans les gorges. Une fois que tout cela est terminé, et comme les garçons ne sont pas encore revenus, elle s’installe dans le cockpit et compose le code de Jelle. Très vite, le visage de son amie s’affiche sur l’écran, elle tient Aziliz dans ses bras.

- Oh, ma Joan ! Quelle bonne surprise ! J’ai appelé maman hier pour savoir si elle avait de tes nouvelles…
- Nous faisons une pause aujourd’hui, car le temps est très couvert, nous ne verrions pas grand-chose. On en profite pour bricoler, faire du rangement… et ça me laisse le temps de t’appeler. Tout va bien pour vous ?
- Oui, oui. J’ai eu des nouvelles d’Ezra, il y a trois jours. Il était allé voir ta mère. Elle va bien. Lui aussi. Il doit repartir d’ici deux jours. Oh, pas loin. Sur Mars. Il doit accompagner une équipe de chercheurs, il devrait revenir d’ici trois semaines, quatre au maximum.
- Tu fais bien de me prévenir, je vais le contacter sans tarder.
- Et vous ? Comment ça se passe ?
- Très bien ! On a vu des choses extraordinaires, Jelle ! Cet endroit est magnifique ! Curtis et Simon ont vraiment fait un choix judicieux… non seulement, nous avons beaucoup de choses à collecter, la végétation est très variée, mais les lieux sont magnifiques… Nous avons fini de remonter les gorges, nous sommes dans la plaine, au pied des montagnes que nous explorerons dans les prochains jours.
- Tu as des photos à m’envoyer ?
- Oui, je t’ai préparé un fichier, je te l’envoie dès qu’on aura coupé la communication.
- J’ai hâte de voir ça !
- Ken te prépare aussi un sacré cadeau !
- Ah bon ?
- Il a trouvé des fossiles, des géodes… Simon pense qu’il va devoir lui donner un autre rangement pour tout ce qu’il ramasse.
- Des fossiles ? Génial ! Tu le remercieras en lui faisant un énorme bisou de ma part ! Il n’est pas avec toi ?
- Il travaille à la rédaction de son compte-rendu pour le lycée.
- Ah, bien ! Il est sérieux ?
- Très, et très sage aussi. On n’a pas eu droit au moindre signe de mauvaise humeur…
- Il n’a pas intérêt… je pense qu’il mesure vraiment la chance qu’il a d’être avec vous !
- Oui, et tu sais, on a profité aussi des endroits où nous étions… on s’est offert de belles baignades dans la rivière !
- Et quelques nuits sous les étoiles, non ?
- Evidemment, répond-elle avec un petit sourire.
- J’espère que vous en profitez bien…
- Ne te fais pas de soucis pour cela !
- Je veux dire pour faire avancer les choses…
- C’est quoi, cette allusion ?

Jelle pousse un long soupir.

- Tu es désespérante, Joan. Et je me demande si tu ne l’es pas plus que Curtis. Je veux bien que vous me rameniez tous les fossiles du coin, mais ramenez-nous un bébé aussi !
- Tttt, tu es bien impatiente, ma Jelle.
- Même pas vrai.

A cet instant, Ken entre dans le cockpit, intrigué d’entendre Joan parler toute seule. En voyant le visage de Jelle sur l’écran, il se précipite et les interrompt.

- Jelle ! Bonjour ! Comment tu vas ? Et Narna ? Et Aziliz ? Et Davies ?
- Hé, doucement, Ken ! Comment veux-tu que je réponde à autant de questions à la fois !
- De la même manière que tu nous obliges parfois à te répondre !
- Alors, il paraît que tu me ramènes quelques cadeaux ?, lance-t-elle pour changer de sujet.
- Oui ! J’ai trouvé de belles géodes et des fossiles aussi… Un bel escargot pour Narna !
- Elle va être ravie !

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 5. Juli 2013, 21:50:19 Uhr
Coucou Limeye,

Ben alors, sniff, pas de belle photo aujourd'hui?  ;D

Bon OK, en echange, on a Jelle...qui vient toujours avec ses gros sabots mettre les pieds dans le plat....Le petit, c'est peut-etre un peu premature en effet, mais bon parfois ca fait avancer les choses que de secouer le cocotier!  ;)

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 6. Juli 2013, 04:18:07 Uhr
Coucou les filles!

Limeye, c'est toujours plaisant de retrouver Jelle... et l'une des raisons est qu'elle aime bien secouer le cocotier! J'adore cette expression, O-Tho, c'est une image humoristique qui vaut mille mots...  ;D

Flamme
 :D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 6. Juli 2013, 06:42:15 Uhr
Bonjour tout le monde !

Et non, Otho, pas de photo pour la journée d'hier, car le petit confluent se trouve dans la réalité dans une zone très construite, avec de plus, d'anciennes usines de filature sur les rives, pas franchement "glamour"... mais je vous réserve quelques belles photos de l'affluent (pour lequel, je cherche un nom original) et qui dans la réalité s'appelle la Volane. Mais pour l'heure, ils n'y sont pas encore et continuent à remonter la rivière d'Aigues, dans son lit supérieur.

Quant au cocotier... c'est vraiment LA spécialité de Jelle... j'avais envie de la faire se rappeler à notre bon souvenir, cette coquine ne les (nous) lâche pas comme cela  ;) ! Elle finit toujours par parvenir à ses fins, même si ça prend beaucoup, beaucoup de temps... la preuve, elle voulait vraiment qu'ils sortent ensemble et y est parvenue !!!

A partir d'aujourd'hui, ils vont vraiment explorer une partie de ce que l'on appelle la "montagne ardéchoise", qui comprend en fait une partie des Cévennes (qui se "terminent" au dessus-de l'Ardèche par le massif du Tanargue) et toute la zone montagneuse entre le lit supérieur de l'Ardèche et le plateau, lui-même étant en partie sur le département de l'Ardèche et sur celui de la Haute-Loire. Ce samedi, ils vont explorer un ancien volcan.

belle journée/fin de nuit à toutes et tous !

Limeye  :)


6 juillet. Le volcan de Jaujac

Après une journée couverte, le vent a repoussé les nuages et toute l’équipe va pouvoir reprendre son exploration. Pendant que le Grag et Simon repartent à bord du Comète pour remonter la vallée en altitude et affiner les relevés de la haute vallée d'Aigues, le reste de l'équipe s'est posée non loin d'un ancien volcan. C'est le premier qu'ils vont explorer. Curtis, Grag et Otho l'avaient repéré la veille, après avoir installé le relais. Son sommet n'est pas très haut, et malgré la forêt qui le couvre, on devine aisément la forme du cratère. Ils ont posé le Cosmolem dans un champ et entament l'ascension. Le but est de faire un inventaire de la flore le plus précis possible, et de ramasser quelques roches pour en déterminer la composition exacte.

Ken est enchanté à l'idée de pouvoir ramasser encore quelques cailloux, et s'étonne de la grande différence entre ceux qu'il ramassait il y a encore deux jours et ceux qu'il trouve désormais.

- Nous avons complètement changé de zone géologique, Ken, lui explique Curtis. Ici, c'est une montagne, en partie créée par des éruptions volcaniques. Lorsque nous repartirons, nous essayerons aussi de tracer avec précision la limite entre les deux zones.

Cette expédition les occupe toute la journée, à cheminer sous les arbres.

- Simon sera très intéressé par ce que nous trouvons ici, fait remarquer Joan. La forêt est assez dense, des feuillus, surtout des châtaigniers.

Ils ne vont pas pouvoir faire le tour entier du cratère, car la végétation est trop touffue. Alors qu'ils se trouvent à mi-chemin dans la descente, Grag et Simon les appellent.

- Où en êtes-vous, Capitaine ?
- On redescend du volcan. Je pense qu'on en a encore pour au moins une heure avant de rejoindre le Cosmolem. Et vous ?
- Nous avons terminé, dit Simon. Nous avons repéré une prairie, près de la rivière, où nous pourrons nous poser. Et je crois qu'il y a des choses très intéressantes à voir le long de la rivière. Des coulées basaltiques.
- Des coulées ? Ca va intéresser Ken, cela ! Vous faites les premiers relevés, Simon ?
- Capitaine !
- Oui, Grag ?
- Si ça ne t'ennuie pas, j'ai mieux à faire avant votre retour. Mais Simon pourra commencer.
- Et c'est quoi que tu as mieux à faire ?
- Préparer le repas. Si vous avez crapahuté presque toute la journée, je connais quelques estomacs qui vont crier famine en arrivant.

Curtis jette un regard en coin à Ken qui n'a pas entendu la remarque du robot.

- Tu as raison, Grag. Est-ce que les coulées sont étendues ?
- Pas trop, à première vue. Mais nous en avons repérées à plusieurs endroits, en remontant la rivière.
- Nous en ferons donc des relevés topographiques précis, mais je suppose que vous avez déjà bien avancé le travail...
- Tout à fait, Capitaine, répond le robot avec enthousiasme. Alors, tu me laisses cuisiner ?
- Oui, oui, Grag. Fais-toi plaisir et prépare-nous quelque chose de bon, comme d'habitude, ajoute-t-il.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 7. Juli 2013, 05:26:02 Uhr
Impressionnant, Limeye, comme la végétation a tout recouvert ce cratère!  Et ce petit village, qui semble avoir traversé le temps... C'est magnifique! On doit vraiment avoir l'impression que le temps est suspendu lorsqu'on le visite...

Le voyage que tu nous fais faire est aussi intéressant que diversifié!

Merci encore!
Flamme
 :D 8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 7. Juli 2013, 08:58:31 Uhr
Bonjour tout le monde !

merci d'apprécier le voyage... cela continue, et j'espère que ces nouveaux types de paysages vous plairont autant que ceux du sud. Ils vont commencer à explorer la région que j'aime beaucoup, pour une fille de la mer, voir des montagnes de ces couleurs et de cette richesse, c'était passé d'un extrême à l'autre ! Ou presque...

je vais vous surprendre, mais hier, j'ai rédigé la fin de cette histoire... je l'avais bien en tête depuis quelques temps, ça mûrissait... bien entendu, je ferai sans doute quelques ajustements en fonction de ce que je vais inventer pour les prochaines semaines, et surtout pour l'automne, mais il ne devrait pas y avoir beaucoup de modifications.

en attendant, voici la suite de leur périple, le long de la rivière, au pied du volcan que vous avez vu hier.

belle journée dominicale à vous ! bizz

Limeye  :)



7 juillet. Les coulées basaltiques de Jaujac

- Géant !, s’exclame Ken.

Ils ont quitté le Comète une petite demi-heure plus tôt, en cette fin de matinée, et cheminent le long de la rivière. Le passage est assez aisé, car l’hiver, la rivière creuse un large lit, qui s’assèche au fil de l’été. Ils peuvent y avancer, sur les cailloux et des plages de sable où ne pousse parfois qu’une rase végétation. Sur les côtés, les montagnes se font plus hautes, plus escarpées. Le paysage est très différent de celui des gorges, mais la rivière a tout autant creusé son chemin au travers des collines que plus en aval.

Ils se trouvent sur la rive droite de la rivière, là où elle a formé une vaste île, son bras passant non loin du volcan qu’ils ont exploré la veille. Ils remontent ce bras, cheminant tranquillement dans la fraîcheur agréable qui monte de la rivière et qui est aussi le fruit d’une ombre bienfaisante. Ken vient de s’arrêter et désigne les premières coulées basaltiques qu’il leur est donné d’observer.

http://www.location-gite-ardeche.com/datas/photos/baignade-jaujac.jpg 

En remontant au fil de l’eau, ils vont en découvrir de très belles et d’une hauteur imposante. La rivière forme un petit coude, avant de longer le pied du volcan. Mais la veille, ils avaient entamé l’ascension de bien plus haut.

- Ce sont les traces d’une des éruptions du volcan que nous avons exploré hier, dit Curtis. C’est fabuleux de voir ces vestiges naturels. La végétation les a laissés apparents, ce n’est pas fréquent. L’autre jour, quand on vous a laissés le long de l’affluent, après le pont naturel, celles que j’ai vues étaient plus couvertes par la végétation, précise-t-il à Joan. Et elles étaient au sommet du volcan, là, ce sont vraiment des coulées.
- Tu as vu leurs formes ? Elles sont octogonales…
- Oui. C’est ainsi que les atomes se figent… et en masse, ils finissent par donner cette forme très particulière. On va en chercher des morceaux, il y en a certainement dans le lit de la rivière.
- Je pense qu’on va pouvoir confier cette mission à Ken, ajoute Simon.

Ils installent un petit campement sur une petite plage de sable, face à l’un des tronçons les plus imposants des coulées, au coude de la rivière. Celle-ci en a creusé la base, et son lit est assez profond et large à cet endroit pour nager. Joan est la première dans l’eau, avant Ken qui fouille les cailloux avec Grag. L’eau est encore un peu fraîche, juste avant midi, et cela lui rappelle les bains matinaux à Glenogan. Mais à la différence de la mer, l’eau de la rivière laisse sa peau très douce après le bain. Elle a aussi un parfum très léger, un peu différent de celui qu’elle avait dans les gorges, et Joan comprend que c’est lié aux minéraux qu’elle transporte à cet endroit, et peut-être à la présence de souffre.

- Entre Joan qui se baigne à la première occasion et Ken qui nous envahit de cailloux, elle prend une drôle de tournure notre exploration, Capitaine, fait remarquer Otho.
- C’est vrai que d’habitude, nous ne travaillons pas tout à fait comme cela. Mais nous avons aussi rarement pu mener une telle exploration. Ne t’inquiète pas, je n’oublie pas nos objectifs. Et pour l’instant, nous les tenons largement et nous pouvons bien nous offrir quelques moments de détente chaque jour. Dans la montagne et la forêt, quand nous ferons de longues expéditions à pied, Joan ne trouvera certainement pas des endroits où se baigner chaque jour.
- Par contre, Ken continuera sa collection de cailloux, j’en suis persuadé…, ajoute l’androïde avec malice.
- Certainement. Bon, Simon ?
- Oui, Capitaine.
- Tu m’avais dit que vous aviez repéré d’autres coulées hier. Elles sont loin ?
- Plus en amont. Il y en a pratiquement tout le long de la rivière, avant qu’elle ne descende de l’autre flanc de la montagne.
- Bien. Il faut réfléchir à la façon dont nous allons les relever. On le fera avec le Cosmolem. Je vais proposer à Joan, Grag et Ken de rester ici cet après-midi, et de regagner le Comète ce soir. On laissera le vaisseau là où il est. Nous, on remontera la rivière le plus loin possible et on fera tous les relevés, quitte à ce que ça nous occupe aussi toute la journée demain. On se regroupera tous demain soir, plus en amont, avant de se lancer à l’assaut de la montagne.
- Tu veux remonter jusqu’à la source ?
- Pas complètement. J’ai réfléchi à la façon d’explorer la montagne. On va remonter le lit de la rivière Aigues encore un peu, puis on survolera la montagne, en s’arrêtant régulièrement, jusqu’à l’affluent. On étudiera entièrement celui-ci, jusqu’à sa source. De là, nous accèderons au large plateau et on rejoindra la source d’Aigues. Nous ferons comme une boucle.
- Bien.

A cet instant, Otho se permet d’intervenir :

- Il est très bien ton programme, Capitaine, mais si j’ai bien compris ce que l’on va faire durant les prochaines heures, il y a quand même un petit problème.
- Lequel, Otho ?
- Tu vas passer une nuit sans Joan ?


En bonus : le pont romain

http://www.la-fabrique-ardeche.fr/images/jaujac05-gd.jpg
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 8. Juli 2013, 06:28:02 Uhr
8 juillet. Thuyets / Le pont du diable

http://www.youtube.com/watch?v=TH_YbBHVF4g

C’est en fin d’après-midi de ce jour que toute l’équipe se retrouve au complet, dans un endroit encore marqué par les éruptions volcaniques. La rivière a creusé son lit, parmi les coulées basaltiques, parfois dans des endroits très escarpés et resserrés. Le matin, Curtis, Otho et Simon ont cheminé le long d’orgues impressionnantes.

Bien que la vallée devienne de plus en plus encaissée, Grag a pu trouver un endroit où poser le Comète, une sorte d’aplat, au-dessus d’une belle coulée. En contrebas, la rivière a creusé l’un de ses passages les plus étroits du site.

http://ea.img.v4.skyrock.net/7290/47597290/pics/2940196015_1_3.jpg   

C’est là que toute l’équipe se retrouve, et Otho ne manque pas de faire aussitôt quelques remarques, en voyant Joan, Ken et Grag descendre le long d’un sentier escarpé.

- Ca va, le tas de ferraille a bien pris soin d’eux. Joan te revient en pleine forme, Capitaine.
- Je me demande si Grag ne t’a pas plus manqué que Joan ne m’a manqué, lui lance Curtis, d’un ton aussi malicieux que celui de l’androïde.
- Beuh, même pas vrai ! Capitaine ! Ne me dis pas que tu ne pensais pas à elle hier soir en regardant les étoiles…
- Et toi, tu n’as pas cessé de te plaindre de l’absence de Grag !
- Je crois que vous êtes à égalité, soupire Simon, pour les départager avec un parfait souci d’égalité et de justesse.

Ken arrive le premier en bas du sentier, court vers eux, se jette dans les bras de Curtis, puis vient asticoter Otho.

- Otho, c’est génial ! Il y a encore plein de choses à voir ici ! Et vous avez trouvé un super coin pour nager et manger !
- Et pour dormir, grogne l’androïde… Ca a l’air plus confortable que l’endroit qu’on avait trouvé hier. Mais on a passé quasiment la journée ici. Le chef nous a fait travailler comme des forçats. J’espère que Grag a préparé un bon repas, je meurs de faim !
- Oui, et Joan l’a aidé.
- Ah, chouette ! Ca va nous changer de l’ordinaire du tas de boulons…
- Otho ! Tu es incorrigible, lui lance Joan qui arrive alors. Grag n’a pas cessé de se faire du souci pour toi, et que je ne t’entende pas faire la moindre remarque négative sur le repas, car il s’est vraiment donné du mal ! Entre la navigation qui n’était pas aisée, et le fait qu’il ne voulait pas me laisser seule aux fourneaux… mais nous avons aussi vu de belles choses. Et on a pu s’arrêter à plusieurs endroits, professeur, pour collecter des plantes. Nous avons aussi repéré un endroit pour placer un autre capteur, si tu le juges nécessaire, ajoute-t-elle en se tournant vers Curtis qui s’est approché d’elle après avoir laissé Ken.
- Pour l’heure, il n’y a qu’une chose que je juge nécessaire, répond-il en plongeant son regard sombre dans ses yeux bleus.

Et il l’attrape par la taille et l’embrasse longuement. Quand ils rompent leur baiser, elle pose simplement sa tête contre son épaule et lui murmure si bas qu’il est le seul à entendre :

- Tu nous as encore déniché un bel endroit pour dormir…
- Plein de petits recoins où nous pourrons être tranquilles, lui répond-il tout aussi bas.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 9. Juli 2013, 07:21:06 Uhr
Coucou Limeye,

Superbes ces coulees basaltiques! Elle vaut vraiment le detour cette region!

Et le Curtis...Une nuit sans Joan et il craque completement! On dirait qu'il va bien se rattraper... ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 9. Juli 2013, 15:46:13 Uhr
Coucou O-Tho !

Les coulées basaltiques de Jaujac et Fabras sont en effet parmi les plus belles de France. En fait, toute cette partie "montagne" de l'Ardèche en regorge. Il y en a également de très belles le long de la Volane, le "petit affluent" qui va délimiter leur zone d'exploration vers l'est, sauf que pour l'heure, je n'en ai pas trouvé de photos. J'ai d'ailleurs un peu de mal à trouver ce que je veux pour la semaine prochaine, difficile d'être satisfaite par des photos un peu "banales", toutes prises du même point de vue, alors que je connais d'autres endroits pour installer un appareil photo et "mitrailler"... mais je n'ai pas mes propres photos en ligne et je ne peux donc pas vous les montrer, d'autant que la plupart sont des photos prises avec mon ancien appareil, un argentique, ce qui m'obligerait en plus à les scanner (et j'ai pas de scanner, of course).

Enfin, on a bien de ces soucis, n'est-ce pas  ;D !

Et je vous laisse imaginer comment nos amoureux se sont rattrapés  [eyeheart]

bizz

Limeye  :)



9 juillet. Montpezat

- Grag, on va tenter de se poser sur cette prairie. Dans la montagne, ça va devenir plus difficile de poser le Comète. Ici, je pense qu’on peut, plus haut, ça paraît compliqué…

Le paysage qui s’ouvre à leurs yeux est en effet fort différent de ce qu’ils ont vu dans les gorges. Les monts se succèdent les uns aux autres, barrant l’horizon. De nombreuses sources et ruisseaux en descendent, alimentant la rivière d’Aigues dont le lit se rétrécit considérablement au fur et à mesure qu’ils remontent vers l’amont. Ils sont encore loin de la source et vont entamer la deuxième partie de leur expédition, dans la montagne.

Grag parvient à les poser dans une belle prairie, à cet endroit, la vallée s’est élargie, la végétation est riche, la montagne offre une palette de couleurs variées : mauve de la pierre, vert du feuillage des arbres, jaune des hautes herbes de la prairie. Quelques tâches vives apparaissent par endroits : genêts en fleur dans la montagne, roses sauvages, fleurs variées dans la vallée.

Non loin de la prairie où ils ont atterri, un ruisseau tombe en cascade d'un long rocher, formé par une coulée de lave.

http://www.patrimoine-ardeche.com/visites/images/montpezat17.jpg

- Je crois que nous allons voir nombre de ce genre d'endroits dans les prochains jours, dit Simon. Beaucoup des monts qui nous entourent ont été autrefois des volcans. Il faudrait que nous parvenions à en dater l'âge le plus précisément possible.
- On va faire des prélèvements géologiques très régulièrement, décide Curtis.
- C'est un endroit encore très sauvage, dit Joan. J'aime les couleurs qu'on voit sur la montagne. Ce soir, dans la lumière rasante, je suis certaine que ce sera magnifique.
- Tu n'avais pas dit aussi que tu ferais des reproductions de certaines plantes ?
- Si, je n'en ai pas eu le temps encore, mais je trouve que la végétation par ici offre plus de possibilités.
- On va délimiter une zone d'environ un kilomètre carré, et en faire l'inventaire précis. Ken !
- Oui, Capitaine ?
- Tu as l'autorisation de nous ramener quelques scories, si tu en trouves. Allez, au travail.

Ils passent l'après-midi à répertorier la flore de la zone qu'ils ont délimitée, un peu au-dessus de la petite cascade. Elle englobe aussi une pente douce de la montagne.

- On fera de même au fur et à mesure que nous gagnerons en altitude, dit Curtis. Cela nous fera une bonne appréciation au fil des jours, et je pense que nous aurons ainsi réalisé un inventaire assez complet.

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 10. Juli 2013, 09:27:40 Uhr
Bonjour tout le monde !

une bonne journée m'attend, et je rêve des montagnes... je fais court pour ce matin, je rajouterai peut-être un petit morceau plus tard dans la journée, selon l'inspiration.

en bonus, je vous envoie un lien vers un petit site présentant quelques photos de la flore de la montagne ardéchoise...

belle journée à vous tous !

Limeye  :)


10 juillet. Dans la montagne ardéchoise, entre Montpezat et Burzet


Durant les deux journées suivantes, ils explorent la montagne tel que Curtis l’a envisagé : à bord du Comète, la moitié de l’équipe effectue des relevés topographiques et géologiques précis, à terre, l’autre moitié étudie la flore. Joan et Ken sont tous deux toujours dans l’équipe qui reste à terre, elle pour compléter l’inventaire de Simon, lui pour ramasser d’autres cailloux. Il est tout autant fasciné par les scories et pierres de lave que par les géodes et fossiles qu’il ramassait dans la basse vallée.

Chaque soir cependant, l’équipe se retrouve au complet. Ils dorment tous à bord du vaisseau, les nuits sont trop fraîches et Joan abandonne vite l’idée de dormir dehors. Un peu de confort n’est pas pour lui déplaire non plus. Elle profite aussi des longues soirées de cet été sur le deuxième continent pour dessiner. Curtis a bien compris qu’il fallait lui laisser au moins deux heures en fin de journée pour cela, soit pour faire des esquisses des lieux qui les entourent, soit pour dessiner certaines plantes qu’elle a recueillies au fil de la journée. La végétation de la montagne est en effet très riche en fleurs, ils ont découvert différentes variétés d’orchidées sauvages, des campanules, et toute la richesse des fleurs des champs s’offre à eux. Avec un réel plaisir, Joan et Ken ont aussi découvert des myrtilles qui poussent en abondance sur les pentes ombragées des montagnes.


En bonus, le lien vers les photos de fleurs :

http://www.forumlumix.com/t97972-flore-de-la-montagne-ardechoise-fz50

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 10. Juli 2013, 14:30:22 Uhr
Je vous ai promis une éventuelle suite pour cette journée, la voici...


- Joan, le deuxième continent est un vrai petit paradis !, dit Otho ce soir-là, alors qu'ils sont tous installés à l'ombre de plusieurs châtaigniers et qu'ils profitent de la douceur du soir, finissant tranquillement leur repas.
- Tout le deuxième continent n'est pas ainsi, Otho, tu sais !, lui répond-elle. Il y a une région, tout au nord, non loin du pôle qui est quasi-désertique et glacée. Mais c'est vrai que contrairement à la Terre, on ne trouve pas de grands déserts sur Ixio, même dans la zone qui correspond au Sahara. L'absence d'activités humaines a aussi contribué à limiter l'érosion.
- Est-ce que cette région a été étudiée ?, demande Simon avec intérêt. Celle proche du pôle, dont tu nous parlais à l'instant.
- Oui. Elle est toujours beaucoup étudiée et fait l'objet d'expéditions environ tous les trois ans. Les pôles intéressent beaucoup de chercheurs sur Ixio, car ils jouent une influence importante sur le climat. Et cela reste une grande préoccuption pour nous tous, liée au souvenir du grand cataclysme terrestre.
- Lorsque nous avons commencé à préparer cette expédition, Curt et moi, poursuit Simon, nous avons appris qu'environ 30% seulement du deuxième continent était bien connu. Sans compter les pôles, bien entendu.
- Oui. Même si nous avons une connaissance globale du deuxième continent, des expéditions comme celles que nous menons sont assez rares, et je ne suis pas étonnée que vous ayez reçu une réponse favorable, indépendamment du fait que c'était vous qui en faisiez la demande.
- Il y a encore vraiment beaucoup à faire. Dommage que nous ne puissions pas étudier plus la faune locale. Mais pour cela, il faudrait envisager un autre type d'expédition, et nous avons préféré nous consacrer à la flore et à la géologie des lieux. Ca correspond de plus mieux à ce qu'Anders attend de ta formation, ajoute Curtis.
- Je me demande sous quelle forme il voudra que je lui en rende compte. Il n'a pas du tout abordé cet aspect des choses avec moi. Ni avec toi, non plus, dit Joan en le regardant.
- Non. Je suppose qu'il attend d'en voir les résultats lors de tes missions...
- Et puis, tu pourras toujours copier sur Ken, dit Otho, au besoin ! Pour lui présenter un rapport complet et brillant.
- C'est vrai, Ken, je suis satisfait de ce que tu m'as montré hier, dit le professeur. Curtis, si tu avais le temps d'y jeter un oeil d'ici demain...
- Aucun souci, j'en connais une qui n'a pas du tout envie d'aller se coucher pour l'instant, mais veut ressortir ses crayons, alors, Ken, amène-moi ton dossier, je vais regarder cela tout de suite.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 11. Juli 2013, 02:27:13 Uhr
Coucou Limeye!

Je reviens juste d'un petit séjour où j'ai pu profiter d'un autre genre de paysages, et ce qui est merveilleux avec notre planète, c'est sa diversité! Chaque région possède un charme qui lui est propre, et ces photos sont tellement agréables à regarder! Et ton texte à lire! J'imagine bien que Curtis saura profiter des moments où Joan aura envie de dormir...  [naughty]

Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 11. Juli 2013, 11:57:06 Uhr
Coucou !

journée de lecture plus courte aujourd'hui, demain, vous en aurez plus, promis ! Je galère toujours un peu pour récupérer des photos, il faut dire que je n'ai pas beaucoup accès au "grand" ordinateur, et qu'avec le portable, ce n'est pas très facile à faire. Mais bon, ça avance, petit à petit.

belle journée à vous et poursuite de la découverte avec un paysage assez étonnant, en tout cas, la première fois que je l'ai vu, ça m'a fait l'effet que je décris pour l'équipe. Vous me direz si vous partagez cette impression !

bizz

Limeye  :)


11 juillet. Meyras et le Rocher d’Abraham


Avec Grag et Simon, Curtis décolle tôt ce matin-là pour terminer les relevés jusqu’à la limite de leur zone d’exploration. Ils vont haut dans la montagne, découvrant un paysage aride, qui n’est pas sans leur rappeler certains cratères de la lune.

En revenant vers l’intérieur de la montagne, cependant, les pentes se couvrent à nouveau de végétation, plus rase sur les sommets, herbes, genêts, arbustes. Les arbres y sont plus rares, signe que les hivers y sont rudes et que la terre est plus pauvre.

http://i24.servimg.com/u/f24/09/04/57/91/2011_028.jpg

- On est vraiment très haut, fait remarquer Grag.
- Oui, répond Simon. Ici, la montagne culmine aux alentours de 1500m. La rivière d’Aigues traverse vraiment une région très riche, très diversifiée. Elle se charge aussi en minéraux tout au long de son parcours, sans compter les apports des affluents.
- Il est impossible de se poser par ici avec le Comète, déclare Curtis. Nous ne pourrons le faire en altitude que lorsque nous serons sur le plateau, plus au nord. Mais nous devions vraiment terminer cette exploration et les relevés à l’ouest de notre zone de recherche. Nous en aurons ainsi déjà délimité l’essentiel, et nous allons pouvoir tranquillement redescendre vers le petit affluent.
- Il faudrait lui donner un nom, dit Grag.
- On demandera à Ken d’y réfléchir. Il pourrait ainsi expliquer dans son compte-rendu pour quelles raisons il l’a choisi.
- Bonne idée, dit Simon.

Quand ils retrouvent toute l’équipe, en fin d’après-midi, c’est pour constater que leurs amis ne se sont pas ennuyés. Simon les félicite pour cette nouvelle belle journée de collecte de plantes, et ils passent deux bonnes heures à les ranger et à compléter l’inventaire.

- Nous allons vraiment rapporter des trésors sur Tycho, mais aussi aux chercheurs de Doban, dit le professeur. Je m’attendais à trouver ce genre de choses, et je m’en réjouis !
- Simon, tu vas avoir de longues journées de travail devant toi à notre retour sur Tycho, lui répond Curtis en souriant.
- J’espère que Joan restera assez longtemps avec nous pour m’aider. Comme je n’ai pas participé à toutes les collectes, je n’ai pas mémorisé toutes les indications concernant les plantes, les lieux… je sais que je pourrais compter sur elle !

Curtis rit légèrement :

- Simon, toi, tu es en train de chercher un prétexte à fournir à Anders pour qu’elle reste un peu avec nous à notre retour !
- C’est pour t’éviter d’avoir à le faire…, lui répond le cerveau volant avec un rien de malice.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Frégo80 am 11. Juli 2013, 14:25:02 Uhr
Coucou Limeye!

Vraiment "ratoureux"ce professeur Simon quand il s'y met. Même un cran au dessus des deux affreux. ;D
Si lui-même complote pour que Joan reste plus longtemps parmi eux, Anders n'a qu'à bien se tenir.  ;D

A+

Frégo  8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 12. Juli 2013, 07:31:04 Uhr
Bonjour à toutes et tous  :),

aujourd'hui, journée très "spéciale", dans un autre lieu extraordinaire d'Ardèche, qui fleure bon la myrtille et que j'ai découvert lors de mon premier séjour là-bas, en insistant pour que papa s'arrête pour aller voir... ce que vous allez voir en images. N'y étant jamais allée en plein hiver, je vous offre en bonus deux photos assez extraordinaires du lieu, je ne l'ai jamais vu ainsi, mais c'est de toute beauté également ! La toute première photo est une vue générale du site, vu comme ça, rien d'extraordinaire, n'est-ce pas ? Et pourtant... vous pouvez déjà y voir le petit "sillon" que la rivière a creusé. Le reste : en image, en mots et en musique  [heart]

en fond sonore, je vous offre un morceau connu, qui n'est pas interprété par son auteur, un p'tit gars de par chez vous, amies canadiennes, mais ce morceau a eu de nombreux interprètes. C'est évidemment ma version préférée...  ;)

j'espère que vous aimerez...

@ Frégo : j'adore le mot "ratoureux" ! C'est tout à fait ça  ;)

belle journée à vous toutes/tous  [flower]

Limeye  :)


12 juillet. Le Ray Pic


http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/61647893.jpg   

http://www.youtube.com/watch?v=vEOZLQ3d1FI

L'après-midi est à peine entamé quand ils parviennent à trouver une vallée assez large pour poser le Comète. Curtis et Joan décident de remonter la rivière vers le nord, pendant que le reste de l'équipe s'installe dans la vallée. Ils partent à pied, en remontant le lit de la rivière. Très vite, les rives douces se resserrent et ils avancent comme dans un étroit canyon. Par moments, ils doivent escalader des rochers, de petites cascades. L'endroit est calme, il fait encore chaud.

http://www.rando-sud-est.com/wp-content/gallery/la-cascade-du-ray-pic/p1010602.jpg

Ils parviennent enfin à un endroit un peu plus large. Joan marche la première et soudain s'arrête. Ils ne vont pas pouvoir aller plus loin. Dans le fond du petit canyon, il y a une paroi qui se termine en arrondi, et une belle cascade tombe d'une trentaine de mètres de hauteur. Une autre plus petite se trouve sur la droite. Mais le plus étonnant, c'est que la cascade semble jaillir de la pierre. Elle naît d'un ancien volcan. Sur les côtés, c'est une cascade de pierres qui l'entoure.

http://img.over-blog.com/600x518/5/94/86/57/Ray-Pic-FINAL.jpg

Curtis s'arrête, contemple le lieu, fasciné par les magnifiques orgues de lave figée. Joan s'avance un peu, silencieuse. Le jeu des couleurs l'étonne et l'émerveille à la fois. Le blanc de l'eau qui jaillit, le noir tirant sur le rouge de la pierre, le vert sombre du petit lac qui s'est créé sous la cascade, le vert plus tendre de la végétation tout autour. Sur sa droite, sous les arbres, les rochers sont un peu glissants, mais elle trouve un endroit abrité où poser son sac à dos. Le regard toujours fixé sur la cascade, elle s'assoit, lève les yeux au ciel, les repose sur l'eau. Ce vert l'attire. Elle ôte ses chaussures, se relève, regarde Curtis. Il n'a pas bougé, il est toujours debout, sur les cailloux qui parsèment le lit du ruisseau, à une dizaine de mètres d'elle.

Elle le fixe, ses yeux sont brillants, ceux du jeune homme se font plus sombres. Il n'ose pas bouger, le lieu l'impressionne. Joan l'impressionne. Fine silhouette au cœur d'un écrin de verdure et de roches, étoile au milieu des perles d'eau. Lentement, elle dégrafe les boutons de sa chemise, fait glisser son short le long de ses jambes. Il frissonne, elle porte ses petits dessous roses pâles. Les lèvres entrouvertes, elle les enlève et nue, s'avance vers l'eau. Il la voit s'enfoncer dans le bassin naturel d'une brasse profonde. C'est seulement lorsqu'elle émerge de l'eau, nageant vers la cascade qu'il se secoue comme tiré d'un rêve.

http://www.gite-chambre-ardeche.fr/wp-content/uploads/2013/02/cascade-du-ray-pic.jpg

Lentement, comme s'il craignait que le moindre de ses gestes ne fasse fuir les oiseaux, que le moindre bruit ne fasse taire la cascade, n'arrête le bruissement léger du vent dans les arbres, il gagne l'endroit où Joan a laissé ses affaires. A son tour, il se déshabille et la rejoint dans l'eau. Elle est près de la cascade, l'eau tombe trop violemment pour nager dessous, mais elle apprécie les remous qu'elle forme dans le petit bassin. Elle regarde Curtis aller vers l'eau, y entrer sans hésitation. Il ne vient pas vers elle, nage juste un peu et s'arrête le long des rochers. Il la regarde, et c'est comme un appel.

Ils n'ont pas dit le moindre mot depuis qu'ils ont découvert cet endroit.

Joan reprend sa brasse, s'avance vers lui, comprend qu'il est en fait assis sur un rocher, l'eau lui arrive à peine au-dessus de la poitrine. Elle s'approche, pose une main sur sa joue, lui tend ses lèvres qu'il prend doucement, presque délicatement. Ses cheveux ruissellent d’eau. Elle vient s'asseoir sur lui. Les mots ne sont pas assez forts pour dire ce qu'ils ressentent à cet instant. Juste qu'ils sont en totale harmonie l'un avec l'autre, et ensemble, avec cet écrin de nature.

Ils vont s'aimer, plusieurs heures durant, sans avoir vraiment conscience du temps qui passe. Quand Curt se réveille, il se demande quel rêve il a bien pu faire. Le chant de la cascade les a bercés longtemps. Il prend conscience qu’il est allongé sur le dos, sur une roche plate et légèrement humide. Au-dessus de lui, à travers quelques branches, il voit le bleu encore lumineux du ciel. Il tourne son visage, Joan est étendue à côté de lui, sur le flanc, lui tournant le dos. Elle a posé sa joue sur son bras, tendu vers une petite mousse sur un caillou. Doucement, il se redresse, la regarde, admirant ses courbes chaudes, ce corps qu’il a longuement caressé durant les heures précédentes. "Joan… ma Joan."

Il ne sait combien de temps il la regarde ainsi dormir, seule sa poitrine se soulève légèrement, régulièrement. C’est le cri strident d’un rapace, loin, au-dessus de la montagne, qui la réveille. Curtis ose alors poser sa main sur son bras, le caresser jusqu’au bout de ses doigts. Joan ne bouge pas, elle apprécie de sortir lentement du sommeil, de découvrir ce lieu qui les a abrités, qui leur a offert un refuge magnifique et secret. Un refuge pour eux deux, rien que pour eux deux. Elle sent le corps chaud de Curtis contre son dos, ses jambes, elle frissonne un peu, l’air est toujours légèrement chaud, agréable. Elle sourit en suivant du regard le vol léger d’un papillon, les parfums deviennent plus subtils avec l’après-midi déclinant, odeurs de mousse et d’eau, parfum des arbres et des myrtilles. Ils demeurent ainsi un long moment, seul mouvement, celui de la main de Curtis qui va et vient sur son bras, son poignet. Joan finit par se retourner lentement, vers lui, leurs regards se trouvent et se troublent. Il se penche vers elle, l’embrasse.

Mais la lumière décline lentement, et Calenda jette un dernier rayon dans le petit défilé, éclairant d'un bref éclat le haut des cascades d'eau et de pierres. Ils vont s’offrir une dernière étreinte, étroitement enlacés, unis par un feu brûlant comme la lave, mais doux comme l'eau.

**

Quand ils regagnent le vaisseau, dans le soir tombant, main dans la main, personne ne leur dit rien. Sur leurs visages sont gravés trop de sérieux, trop de magie, et trop d'amour aussi pour que leur silence puisse être troublé. Ils vont simplement s'asseoir dans la petite prairie, le visage tourné vers le ciel et les étoiles qui s’allument une à une.

Quelque chose d'important leur est arrivé, cet après-midi là. Mais ni l'un, ni l'autre, ne peut à ce moment précis dire exactement ce qu'il en est. Ils mettront des mois à l'exprimer vraiment.


En bonus : les cascades en hiver

http://photoscyriltreveys.files.wordpress.com/2012/02/2012-02-06-133_4_5_tonemapped.jpg 
http://photoscyriltreveys.files.wordpress.com/2012/02/2012-02-06-092_3_4_tonemapped.jpg
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 12. Juli 2013, 15:32:44 Uhr
Bonjour Limeye!

Encore une fois, j'ai commencé ma journée de façon merveilleuse, non seulement en images et musique, mais aussi avec ton texte! C'était magique, cette atmosphère, cette communion des esprits et des corps, et ce silence... C'est ce que je retiens de ce passage, à savoir qu'ils n'ont pas parlé depuis la découverte de la cascade, et que personne non plus ne leur a rien dit à leur retour... Il y a de grands bonheurs qui se savourent mieux en silence...

Je n'ai même pas pu t'écrire sur le coup, j'ai dû réintégrer le monde réel avant... Tu écris merveilleusement bien, et ce texte en est la preuve! Merci de nous faire vivre tant d'émotions et de magie!

Bizz
Flamme  [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 13. Juli 2013, 07:08:42 Uhr
Coucou Limeye,

Je crois que Flamme a tres bien exprime ce que l'on ressent a te lire...ces passages etaient plus que savoureux, merci!

Quant a tes dernieres lignes...
"Quelque chose d'important leur est arrivé, cet après-midi là. Mais ni l'un, ni l'autre, ne peut à ce moment précis dire exactement ce qu'il en est. Ils mettront des mois à l'exprimer vraiment."
...tu veux dire 9 mois?.... Desolee, je n'ai pas pu resister!   ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 13. Juli 2013, 08:56:14 Uhr
Coucou Otho, Flamme,

je me demandais laquelle d'entre vous ferait allusion au  [baby] , Elaine n'a pas dégainé assez vite  :D

vous verrez, vous verrez. Mais soyez patientes, c'est tout ce que je peux vous dire !

contente que cette journée "particulière" vous ait plu. Maintenant, la suite... Néanmoins pas facile de les faire "atterrir" et finalement, je prolonge un peu la journée de la veille avec la chanson qui accompagne cette nouvelle journée.

Belle journée à vous !

Limeye  :)


13 juillet. Burzet et ses alentours


http://www.youtube.com/watch?v=E0ZIBRVHFWI   

Durant la nuit, ils ont prolongé le souvenir de leur journée. Vers 3 heures du matin, l’un comme l’autre ont eu envie d’aller regarder le ciel et les masses sombres des montagnes. Même si les constellations sont différentes de celles de l’hémisphère sud, à Glenogan, Joan en connaît quelques-unes et en raconte l’histoire à Curtis. L’aube les trouve blottis l’un contre l’autre, sous un châtaigner, sur une pente douce qui descend vers la prairie où ils ont posé le vaisseau. Il est le premier à s’éveiller, frissonnant sous la rosée qui se dépose.

- Ma douce…, murmure-t-il à Joan, réveille-toi, l’aube approche.

Joan ouvre lentement les yeux, lui offre son premier regard du jour, cadeau merveilleux, se redresse et lève son visage vers la montagne, encore endormie. Le ciel devient pâle vers l’est, puis de plus en plus clair et chaud. Calenda est levé depuis longtemps avant qu’ils ne voient le soleil d’Ixio apparaître enfin derrière les montagnes, et lancer son premier rayon doré.

http://burzet.stationverte.com/visuels/full/20130611_Burzet_-_hameau_de_Coste_Durante.png     

Elle sourit, heureuse de contempler le magnifique spectacle de cette nature sauvage et inviolée qui s’éveille. Curtis l’entoure de ses bras, elle n’a pas conscience d’avoir froid.

- Tu vas attraper un rhume, il fait vraiment frais, ce matin. Rentrons nous réchauffer.

Ils regagnent rapidement le vaisseau, tout y calme, seul Grag assure la veille sans broncher et leur fait un simple signe alors qu’ils filent vers leur cabine. Joan ôte rapidement ses sandales, ses pieds sont humides, elle attrape une serviette dans la salle de bain, les essuie d’un petit geste vif, puis tout aussi rapidement, fait tomber ses vêtements et se glisse dans le lit. Curt la rejoint en riant.

- Tu es plus rapide qu’une petite belette ! Déjà au lit ?
- N’était-ce pas ce que tu voulais ?, répond-elle en lui tendant les bras et en lui dévoilant un peu de sa poitrine.
- Hum, vu comme ça…
- Dépêche-toi donc, il fait plus chaud ici, dans le lit…
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: Elaine am 13. Juli 2013, 10:08:18 Uhr
enfin seule pour lire THE passage [eyeheart] [eyeheart], merci !

bon  à part déprimer parce que je suis pas en pleine nature...dis tu les nourris quand?  ;D Ils vivent d'amoouur et d'eau fraîche, ah ,  [rabbit] en tout cas en forme Curtis

bon les américaines  franchement l'équipe de foot c'est pour moi [baby] ;D, sinon je perds toute crédibilité!

bizz, :-* ;D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 14. Juli 2013, 09:36:06 Uhr
Bonjour à toutes et à Mala,

je vous annonce que je vais m'absenter une semaine, j'ai donc pris un peu d'avance pour la rédaction de JiYD, et je vous livre trois journées d'un coup. Cependant, c'est très court, et désolée, Elaine, ce n'est pas là que je les ferai manger, même si je fais quelque allusion à ce qu'ils trouvent pour se sustenter.

je poursuivrai la rédaction durant mon absence et je vous livrerai donc plusieurs journées d'affilée, des journées dont je veux soigner la rédaction car elles concernent précisément la région où je me "pose" (et pas avec le Comète) quand je vais là-bas.

je vous fais aussi savoir que normalement, vous aurez la fin du Combat des héritiers, j'ai enfin une idée de la fin... Car j'ai commencé la suite  [confusion3]   [runaway]

hé oui, hier, mon homme me dit : "tiens si tu veux une idée pour une de tes histoires, j'ai lu un truc intéressant sur ce qu'on appelle les planètes de diamants". Ben, tiens, il n'en fallait pas plus pour que ça se mette à trotter dans mon cerveau entre désherbage et plantations, et c'est donc parti (je crois que Pascal avait vraiment raison en disait que je ferai une trilogie).

sans compter que j'ai des bases pour un volet 3 d'Etoile Filante, avec gâteau au chocolat et cours de tir à la clé (non, non, je ne les avais pas oubliés !  ;) )

et de plus, Frégo me lance le défi de reprendre la main dans le cadavre exquis.  [work]

c'est sympa, j'étais presque certaine de m'ennuyer pendant une semaine  ;D

je vous souhaite une belle semaine ! Pour celles qui sont en vacances, profitez-en bien ! Pour les autres, j'espère que ça approche...

je vous embrasse et vous dis à bientôt ! Et donnez-moi de la lecture pour mon retour (n'est-ce pas, Elaine ?)

Limeye  :)


14-15-16 juillet. La montagne dans les alentours de Burzet


Les journées suivantes se ressemblent quelques peu. Progressivement, ils explorent les montagnes, sommet après sommet, vers l'est, Curtis estimant qu'il leur faudra bien 4 à 5 jours avant d'arriver à l'affluent. La montagne leur offre ses parfums, ses couleurs, son chant. Après les gorges blanches, le vert qui les entoure est un repos pour les yeux. Le soir, les lumières douces de Calenda révèlent nombre d'endroits où ils ont envie de se promener, ou simplement, qu’ils prennent plaisir à contempler.

L'une de leurs principales activités en ces jours dans la montagne est de déterminer quels sont les monts qui sont d'anciens volcans, les autres étant de simples et hautes collines. Simon cherche aussi à dresser une cartographie précise des nombreux ruisseaux qui descendent de la montagne, tous alimentant plus ou moins directement la rivière d'Aigues. Ils ont abandonné celle-ci quelques jours plus tôt et ne la retrouveront qu'à sa source.

Chaque soir, ils dorment dans le vaisseau qu’ils parviennent à poser en général sur des cols, les vallées étant trop encaissées. Mais ils les explorent soit avec le Cosmolem, soit au cours de randonnées, se frayant un chemin sous les châtaigniers ou le long des flancs dénudés de certains monts. Dans ces montagnes, ils ne trouvent plus d’abricotiers, ni de pêchers, mais il y a les myrtilles et les fraises sauvages, mais aussi des cerisiers aux petits fruits noirs et juteux.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 14. Juli 2013, 18:00:40 Uhr
Coucou Limeye!

Je ne t'imagine pas t'ennuyer durant une semaine (ni aucun laps de temps), du moment que tu as la possibilité d'écrire! Et ce, même si tu n'avais pas décrit tous tes projets! Soit dit en passant, je suis bien contente de constater que tu n'avais pas oublié les leçons de cuisine et les cours de tir pour le volet 3 d'Etoile filante, je l'espérais bien...  ;D

Bonne semaine!  8)
Et bonnes vacances à toutes et tous!
Flamme

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. Juli 2013, 16:35:38 Uhr
Coucou !

je reprends donc avec un léger décalage la suite de Just In Your Dreams. Je me remets donc à jour jusqu'à la date d'aujourd'hui. Pour les journées que je vous livre aujourd'hui, voici précisément l'endroit où j'aime tant aller et qui fut aussi l'endroit où vécut l'un de nos grands chanteurs français, Jean Ferrat, dont je vous livre également quelques chansons en illustrations de ces pages. Pour cette journée, c'est cependant I Muvrini que j'ai choisi. Et malheureusement, pour les photos, ce n'est pas toujours ça...

bonne lecture !

Limeye  :)


17 juillet. Le col d'Aizac

http://www.youtube.com/watch?v=n2pJouMmjp0 

En cette fin d'après-midi, ils arrivent en haut d'un col, et se retrouvent au-dessus de la vallée de l'affluent. Le col offre un espace suffisamment vaste et dénudé pour poser le Comète. Sur leur gauche, une haute crête de montagne, encore ensoleillée ; sur leur droite, un volcan, dont le cratère se devine aisément.

- Voilà, dit Curtis. C'est notre dernière étape avant de trouver l'affluent, demain, qui coule au fond de cette vallée.

Et il désigne de la main, devant lui, cette dernière.

- On va s'installer ici ce soir. Comme vous le voyez, nous nous trouvons sur le flanc d'un ancien volcan. Demain, nous en ferons le tour, à pied, et nous ferons aussi des relevés et des prélèvements de roche. Il s'agit de déterminer la part que ce volcan a apporté aux alentours, comme nous l'avions fait pour le premier que nous avons rencontré. Voir jusqu'où sa lave s'est déversée. Puis demain soir, nous rejoindrons le confluent et ensuite, nous remonterons par étapes tout l'affluent jusqu'à sa source. Ken, je compte sur toi pour bien observer tout ce que nous verrons et trouverons, car c'est à toi que revient l'honneur de donner un nom à cet affluent. Et de nous expliquer pourquoi tu l'auras choisi.

Le jeune adolescent sourit avec fierté.

- Bien, Capitaine !

Toute la petite équipe s'installe alors pour le campement du soir. L'air est plus chaud qu'il y a quelques jours, et lorsque Ken suggère de monter les tentes pour dormir dehors, Curtis accepte. Ken est ravi de faire du camping, et Grag prépare tout ce qu'il faut pour faire des grillades. Ils dînent tranquillement, en profitant des belles lumières du soir qui tombent sur les montagnes et le volcan. Très vite, dès qu'ils ont terminé, et alors que Ken s'amuse à griller des chamallows au-dessus des dernières cendres du feu, Joan remonte à bord du vaisseau pour y chercher son matériel de dessin. Elle trouve un endroit agréable, le dos au soleil couchant, avec une vue qui lui convient, sur une vieille souche. Puis elle se lance, réalisant de nombreux croquis de la vue dégagée qui s'offre à ses yeux. En contrebas, elle voit un long promontoire et se demande comment il a été créé. Ce ne sera que le surlendemain, lorsqu'ils survoleront les lieux, qu'elle comprendra qu'il y a là en fait un petit confluent, et qu'une autre petite rivière rejoint leur affluent, créant ainsi cette forme particulière.

Un moment, elle lève les yeux, s'arrête de dessiner pour admirer les douces et chaudes lumières qui enveloppent la montagne. Là aussi, comme face à la mer, le soir, elle est émue par l'atmosphère sereine, calme, qui s'en dégage. Curtis vient s'asseoir à côté d'elle, lui sourit. Il ne veut pas la déranger en pleine création, mais simplement partager avec elle ce moment si agréable d'une fin de journée sur le deuxième continent. Elle continue à dessiner pendant un moment, cherchant à saisir les nuances des couleurs sur la montagne.


Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. Juli 2013, 16:56:43 Uhr
18 juillet. Le volcan d'Aizac

Ils entament l'ascension du volcan tôt ce matin-là. Curtis espère pouvoir faire tout le tour du cratère, contrairement au premier qui n'était pas facile d'accès. Ils circulent assez aisément sous les châtaigniers, dans l'ombre du volcan, puis très vite, rencontrent la coulée de lave. Ken s'y précipite pour chercher des pierres de lave, en trouve de superbes, qu'il confie à Grag. Le robot a prévu un large sac et portera sans aucune difficulté la récolte de la journée. Simon les accompagne, curieux aussi de découvrir un volcan éteint dans son ensemble. L'équipe est pour une fois au grand complet pour cette exploration.

Ils s'arrêtent en haut du cratère, pour déjeuner, et se trouvent alors sur le flanc sud du volcan. De là, à travers une légère brume de chaleur, ils voient se dessiner la vallée d'Aigues, dans le lointain. A cette heure, il fait chaud, ils sont plein sud, et sont bien contents de profiter de l'abri des grands arbres. Curtis donne le signal du départ avant que tous ne s'assoupissent, et moins de deux heures plus tard, ils sont de retour au Comète. Ken demande s'il est possible d'aller se baigner, et ils redescendent alors de la montagne, vers le flanc qu'ils ont exploré deux jours plus tôt, pour s'arrêter sur les rives d'une petite rivière. Il n'y a pas vraiment d'endroits pour nager, mais cela rafraîchit toute l'équipe.

Grag et Simon, qui sont restés au Comète, viennent les rejoindre en fin de journée avec le Cosmolem et le repas du soir.

http://3.bp.blogspot.com/-ddoLxD0fMiw/TXX_Ewhgj4I/AAAAAAAAAHk/_0NO5mt-8Xg/s1600/IMG_3597.JPG

- Ca va, ma douce ?, demande Curtis en s'installant à côté de Joan, qui s'est assise sur un rocher plat et laisse ses pieds au frais, dans l'eau courante.
- Oui, on est bien, là, n'est-ce pas ?
- Tout à fait. C'était encore une bonne journée. On a fait du bon travail, sur le volcan.

Il passe son bras au-dessus de son épaule, et elle s'appuie contre lui.

- C'est un vrai petit paradis, ici, Curt. J'aime cet endroit, aussi.
- Oui, c'est différent de ce que nous avons vu les premiers jours, mais c'est plus agréable côté température. On commence à monter en altitude, aussi, et la montagne offre une variété de paysages et de couleurs, je comprends que cela plaise à l'artiste qui est en toi.

Elle sourit, puis tourne son visage vers lui et lui tend ses lèvres, qu'il prend sans se faire prier.

- Je t'aime, lui dit-elle quand il s'écarte un peu.
- Moi aussi, je t'aime.


Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. Juli 2013, 17:01:59 Uhr
19 juillet. Le confluent

http://www.youtube.com/watch?v=8IjWHBGzsu4 

Ils ont quitté le volcan et sont repartis en droite ligne jusqu'au confluent. De là, Curtis compte remonter ensuite l'affluent tranquillement, et en faire aussi le relevé de tout le bassin versant. Il n'a pas prévu d'aller au-delà de la rive gauche. Ils y sont rapidement, puis l'équipe se divise et Curtis, Joan et Ken entament la remontée, survolant la rivière avec le Cosmolem, le Comète restant un peu plus en haut en altitude et effectuant les relevés topographiques et hydrographiques. La rivière a creusé la roche, et très vite, ils trouvent deux choses particulièrement intéressantes : des sources d'eau gazeuse et d'autres coulées basaltiques. Elles ont pour origine le volcan près duquel ils ont dormi deux soirs de suite.

Ils ont travaillé toute la journée, posant le petit vaisseau dès que cela est possible. Ken est intrigué par les petits bassins que la rivière a formés entre les rochers.

- Ce sont des gourds, lui dit Joan. Par endroit, la roche était plus tendre, et la rivière l'a creusée plus facilement. Cela donne ces sortes de petits bassins, certains étant même d'une assez belle taille, et assez profonds. Ce soir, nous pourrons peut-être nous y baigner, mais pour l'heure, il faut qu'on continue. Jusqu'où veux-tu aller, Curtis ?
- J'aimerais remonter aujourd'hui, jusqu'au pied du volcan où nous étions hier.

http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/36490166.jpg

En fin d'après-midi, ils arrivent en effet au promontoire que Joan avait remarqué deux soirs plus tôt, en faisant ses dessins, promontoire entouré d'un côté par leur affluent, et de l'autre, par un autre petit ruisseau qui remonte vers le nord. Au pied du promontoire se trouve un étrange bloc de rocher, une concrétion de roche volcanique d'une forme étrange, créée par l'érosion. L'un des flancs du promontoire laisse apparaître aussi de belles orgues basaltiques. Le sommet en est relativement plat, et permet à Grag d'y poser le Comète.

- On a repéré un autre volcan, chef, dit Otho en les rejoignant. En face, là-bas, dit-il en désignant le sommet qui les domine, au sud-est.
- Bien, on ira le voir de plus près demain. Pour l'heure, nous avons deux baigneurs qui n'attendent une chose : aller plonger dans les petits bassins que l'on peut voir en contrebas.
- Ca m'aurait étonné aussi..., dit l'androïde avec malice. Mais j'avoue que j'ai bien envie de faire comme eux !

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. Juli 2013, 17:12:47 Uhr
Pour cette journée, au pied d'Antraigues, je ne pouvais que vous proposer cette chanson... qui dit tout ce qu'est la montagne. Je vous assure, quand on arrive là-bas par la petite route, ce sont ces mots qui nous viennent à l'esprit, des murettes aux vignes qui courent dans la montagne... par contre, le diaporama n'a rien à voir, donc regardez plutôt les photos jointes  ;)

merci, monsieur Ferrat, si vous saviez tout ce que je vous dois...

Limeye  :)

20 juillet. Antraigues

http://www.youtube.com/watch?v=VbekG3glB5g&list=PL1B60D5A72A3570A7   

Mais le lendemain, le ciel est couvert, l'orage gronde, les averses se succèdent, et il leur est impossible d'envisager l'ascension du volcan qu'Otho leur a signalé. Comme lors de l'orage précédent, ils restent au vaisseau, en profitent pour faire le point sur ce qu'ils ont engrangé comme informations. Curtis envoie un nouveau rapport aux chercheurs de Doban, Joan appelle ses parents à Glenogan. Ken travaille sur son dossier et réfléchit sérieusement au nom qu'il va donner à l'affluent. Il pense à "Orgues" du fait des belles coulées basaltiques qu'ils ont vues depuis le confluent, mais il est aussi marqué par les gourds. De toute façon, ils ne sont qu'à la moitié de la rivière, et il se demande quelles nouvelles surprises la partie haute va leur réserver.

Joan s'est installée dans la salle de repos du Comète, dans l'après-midi, et range ses dessins. Elle a déjà réalisé de nombreuses esquisses, des gorges, de la montagne. Elle met aussi de côté les planches de plantes et de fleurs qu'elle a dessinées depuis qu'ils sont dans la montagne. Puis elle va aider Simon un moment dans le laboratoire.

En fin de journée, le ciel se dégage, un fort coup de vent du sud les chasse vers les hauteurs, le soleil refait son apparition et Ken déclare qu'il est temps d'aller se baigner.


http://laforest.mireille.free.fr/Randonnees/images/07-antraigues-crau-pont.jpg

Ils quittent alors le Comète, parviennent à descendre sans trop de difficulté du promontoire, contournent l'étrange bloc de lave figée. Ken est tenté par quelques plongeons dans les gourds, Otho reste avec lui, mais Joan aimerait observer de plus près les orgues du promontoire et remonte le petit ruisseau avec Curtis. Comme lors de leurs premiers jours dans la montagne, les orgues tombent directement dans le ruisseau. Deux cent mètres au-dessus de l'affluent environ, ils arrivent à une petite prairie en partie ombragée. La rivière a creusé à cet endroit, au pied des orgues, un large bassin et des rochers, charriés par les courants se sont assemblés, formant ainsi une retenue d'eau naturelle.

http://pmeyraud.pagesperso-orange.fr/antraigues.jpg  *

- Une vraie piscine naturelle !, s'exclame Joan. Et profonde. Ken va regretter de ne pas nous avoir suivis.
- Ne t'inquiète pas qu'il ne va pas tarder à nous rejoindre. Et nous pouvons compter sur Otho pour lui rappeler qu'il faut nous surveiller.
- Des fois qu'on ferait des bêtises ?
- Parfaitement. Mais nous allons les surprendre, on va rester très sage.

Elle répond par un large sourire à son regard malicieux.

- Ca, c'est ce que tu dis...
- Parfaitement, Miss Randall. Je suis capable de résister à vos charmes.

Elle soupire :

- Je sais parfaitement que tu en es capable. Tu as résisté presque quatre ans !
- Et c'était une erreur, dit-il en l'enlaçant d'un mouvement rapide pour l'embrasser. Mais je m'efforce depuis quelques mois de la corriger, poursuit-il quand il rompt ce baiser.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 21. Juli 2013, 20:39:38 Uhr
Et voici la dernière journée (par rapport à mon retard).


21 juillet. Le volcan de Craux

Ce jour-là, avec une journée de retard due à l'orage de la veille, ils entament de bon matin l'ascension du volcan, signalé par Otho. La pente est raide au début, ils sont heureusement dans l'ombre de la montagne. En une heure et demie environ, ils sont au sommet, une belle étendue de prairie, qui offre un beau panorama sur la vallée d'Aigues. Ils traversent cette longue prairie pour atteindre enfin le cratère, qui n'est plus qu'une masse d'éboulis. Curtis estime qu'il est trop dangereux d'en tenter la traversée, et préconise plutôt de faire demi-tour pour redescendre. Néanmoins, ils peuvent traverser un petit bois et du sommet, admirer la vallée qui s'étend de l'autre côté.

http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/74669116.jpg

- On fera un survol avec le Cosmolem, dit-il. Mais avant de redescendre, on va pique-niquer. J'en connais un qui sera content.
- Je crois que nous en serons tous contents, dit Joan.

Ils s'installent à l'ombre de deux grand châtaigniers. Très vite, Ken se met à batifoler dans la prairie avec Eek et Oog.

- Quand il est comme ça, murmure Joan, je revois en lui le petit garçon qu'il était sur Jupiter. Tu te souviens quand il courait après les papillons, dans les jardins de la résidence du gouverneur ?
- Parfaitement. Mais il a grandi, quand même...

A cet instant, Ken leur fait de grands signes :

- Venez par là !

Ils se lèvent, le rejoignent. Ils se trouvent au bout de la prairie et domine la vallée de l'affluent. En bas, sur le promontoire, ils peuvent distinguer le Comète. En face d'eux se trouvent l'autre volcan, le col où ils ont dormi deux nuits, et la belle crête des montagnes.

- La vue doit être magnifique de tout là-haut, dit Joan.

Curtis acquiesce :

- Oui, je pense qu'on doit voir toute la vallée d'Aigues, et peut-être même celle du fleuve Craw. Il faut qu'on aille s'y poser.
- Avec le Comète ?
- Les sommets semblent découpés d'ici, mais si ça se trouve, c'est assez plat. On verra lors du survol, sinon, on fera une sortie avec le Cosmolem.
- Vous avez vu les arbres, là ?, les interrompt Ken. C'était ça que je voulais vous montrer.
- Oui, dit Curtis. Ils ont été frappés par la foudre. Mais ce n'est pas récent. Néanmoins, je crois qu'on était mieux en bas, hier, qu'ici.


En bonus : photo du château de Craux


http://www.patrimoine-ardeche.com/visites/images/craux01.jpg  Craux
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 22. Juli 2013, 09:24:40 Uhr
22 juillet. La Route des Crêtes

http://www.youtube.com/watch?v=yqeeUJ7hbDQ 

Curtis se réveille tôt ce matin-là et se lève sans bruit. Il gagne l'avant du vaisseau. Le jour se lève à peine, l'ombre recule doucement. Joan le rejoint très vite, elle aussi veut admirer un lever de soleil sur la montagne. Elle sait qu'ils vont quitter ces lieux dans la journée, pour remonter l'affluent et que d'ici deux jours, ils seront sur le plateau, qu'ils vont encore changer de paysages. Et elle veut profiter encore un peu de cet endroit où elle se sent si bien.

Ils sortent tous les deux dans la fraîcheur du matin, gagnent l'avant du promontoire, face au volcan et à la montagne découpée. Ils s'assoient au creux d'un rocher, poli par l'érosion, et admirent le changement des couleurs sur la montagne, puis le premier rayon de Calenda qui caresse le sommet. Les chants des oiseaux se font entendre, ils distinguent aussi les jolies toiles des épeires, dans les herbes, couvertes d'une légère rosée qui disparaîtra bien vite. Du fond de la petite vallée monte le chant de l'affluent.

- Veux-tu le fond de ma pensée ?, interroge doucement Joan.
- Oui, je t'écoute.
- Si on pouvait vivre sur le deuxième continent, cet endroit serait un de ses paradis.
- Je ne sais pas si tu dirais la même chose en plein hiver.
- Je suis certaine que cela doit être très beau, aussi.
- Beau, certainement, mais vivable, c'est autre chose. Mais nous verrons. Nous pourrons toujours demander la possibilité de revenir en hiver, pour faire des comparaisons climatiques et botaniques.
- Tu veux revenir ici l'hiver prochain ?
- Pas le prochain... mais pourquoi pas dans deux ou trois ans ? Je ne pense pas qu'on nous le refuserait. Sauf si ce que nous avons déjà trouvé intéresse une autre équipe et que d'autres chercheurs viennent très vite sur nos traces.
- Tu vois loin, Curt.
- Pas toi ?
- J'ai du mal à nous projeter si loin, dit-elle. Qui peut dire ce que nous allons vivre comme aventures dans les prochains mois ? Quels adversaires il te faudra encore affronter ?
- Cela ne m'empêche pas de vouloir envisager une autre exploration, Joan. Serais-tu un peu mélancolique aujourd'hui ?
- Tout est si fragile... et ce monde si beau me fait prendre conscience avec encore plus de force de notre propre fragilité. Un peu comme quand je suis face à la mer, en pleine tempête.

Curtis hoche la tête, il comprend son sentiment. Mais n'accepte pas qu'elle se laisse aller.

- Viens, dit-il, on va profiter que l'équipe dort encore.
- Que veux-tu faire ?

Il ne répond pas, mais l'entraîne jusqu'au vaisseau. Dix minutes plus tard, le Cosmolem décolle et se dirige vers la crête. Le jour est totalement levé, Joan voit se dessiner la ligne fine du sommet de la belle montagne. Des herbes rases, quelques genêts épars le recouvrent.

Curtis parvient à poser le petit vaisseau, ils en descendent et voient devant eux s'étaler toute la région qu'ils viennent d'explorer, jusqu'aux lointaines gorges.

http://img.over-blog.com/600x450/4/41/82/17/velo-3/velo4/100_4674.JPG
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 22. Juli 2013, 12:51:02 Uhr
Coucou Limeye!

A mon réveil ce matin, j'ai passé presqu'une semaine à voyager en Ardèche, dernière occasion avant le retour au travail!

Les photos du village d'Antraigues sont magnifiques, notamment celle où l'on voit la route des Crêtes...

Et ton choix de chanson est excellent!

Bonne journée à toi et à tout le monde, c'est reparti pour le boulot... soupir...

Flamme
 8)

Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 23. Juli 2013, 03:46:51 Uhr
Super Limeye,

Merci de nous faire rattraper le retard! Faut avouer que ma petite dose quotidienne me manquait... ;)

Et Joan, dis donc...Ce sont deja les hormones qui la travaillent? ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 23. Juli 2013, 09:44:43 Uhr
Coucou les filles !

merci pour vos remarques ! Oui, Joan a comme qui dirait un petit coup de blues... qui est en fait calqué totalement sur le mien à chaque fois que je dois repartir de là-bas !

bizz et belle journée pour vous !

Limeye  :)


23 juillet. Le haut de la vallée de la Volane

http://www.ardeche-nature-photographies.com/photos/phototheque/previews/1305041529.jpg 

Ken est assis à côté du Capitaine, dans le Cosmolem, et ne quitte pas des yeux l'affluent. Au fil des minutes, la vallée devient plus étroite, la rivière serpente parfois entre des rochers, très encaissés. Plus ils remontent vers l'amont, plus elle se réduit et n'est bientôt plus qu'un simple ruisseau qu'ils ont parfois du mal à distinguer à travers la végétation.

- Comment on va faire, Capitaine, si vraiment on n'arrive plus à la voir ?
- Pour déterminer sa source ? Ne t'inquiète pas, avec les relevés que nous faisons, nous la trouverons. Et puis, tu vois, plus elle nous fait remonter en altitude, et plus la végétation s'éclaircit ; il n'y a déjà plus d'arbres par ici.

Quelques minutes plus tard, l'adolescent soupire :

- Encore un affluent. Faut qu'on se pose, non ?
- Oui, on va se poser. Le meilleur moyen d'être sûr de bien suivre la rivière, c'est de mesurer son débit. Même si en cette saison, ce n'est pas forcément très facile.
- En tout cas, il y a vraiment beaucoup de sources qui l'alimentent, même par ici.
- On dirait en effet que cette montagne est gorgée d'eau.

Curtis manœuvre pour poser le petit vaisseau dans une prairie, ils en descendent et rejoignent l'endroit qui leur pose question. Après quelques mesures, ils parviennent à déterminer que leur rivière est celle de gauche. Ils repartent alors.

- As-tu une idée du nom que tu vas lui donner, Ken ?
- J'hésite un peu, en fait.
- Ah ? Tu as plusieurs idées, donc.
- Oui, deux essentiellement, et ce que je vois depuis ce matin ne m'en fait pas changer.
- Tu veux attendre encore pour te déterminer ou tu veux déjà me donner tes propositions ?
- Et bien, dès que j'ai vu les orgues, plus bas, et aussi dans toute la vallée d'Aigues, j'ai vraiment été impressionné par ces formations géologiques. Je n'avais jamais rien vu de tel. Mais j'ai aussi beaucoup aimé les gourds dans lesquels on s'est baigné, on n'en a pas vu d'autres ailleurs, sauf de l'autre côté du volcan, il y a quelques jours. Il n'y en avait pas le long d'Aigues, alors que des orgues, il y en avait. J'hésite donc un peu entre "Orgue" et "Gourd". Le gourd, ça sonne joli, aussi, non ?
- Oui, c'est vrai.
- J'ai essayé de combiner un nom avec ces deux mots, mais ce n'est pas terrible. "Orgourd", ça fait un peu... archaïque.
- Ca aurait pu être une bonne idée, en effet, d'assembler les deux mots. Je pense qu'il va falloir que tu fasses un choix entre ces deux solutions, surtout si rien de ce que tu as vu aujourd'hui ne t'aide.
- C'est dur de choisir, parfois, Capitaine.
- C'est vrai. Mais on ne peut pas toujours tout avoir.
- Comment on fait pour choisir ? Par exemple, si je choisis Orgues, ce sera définitif et dans quelques années, si ça se trouve, je me dirai que Gourd, c'était mieux...
- Parfois, les circonstances nous poussent à choisir, parfois, des amis nous y aident aussi. Et parfois... on ne peut se déterminer que seul, ou alors, lancer une pièce et laisser le hasard décider. Mais c'est rarement satisfaisant. C'est beaucoup plus gratifiant et encourageant de faire le choix par soi-même, surtout s'il est un peu difficile ou compliqué. Après, on se sent heureux de l'avoir fait.
- Et si on fait un mauvais choix ?
- Il arrive rarement que les choix que l'on fait soient vitaux et que l'on ne puisse pas revenir en arrière. Cela aide aussi à se déterminer. Par exemple, si ce soir tu décides de manger un abricot, rien ne t'empêchera de manger des cerises demain, hormis si Otho a vidé le saladier. Tu ne seras pas mort de faim pour autant.
- Oui, bien sûr. Mais ça, c'est pas un vrai choix.
- C'en est un, pourtant.

Ken se tait, réfléchit un peu. Alors, "Gourd" ou "Orgue" ? Il reprend :

- Je peux te poser une question, Capitaine ?
- Vas-y.
- Qu'est-ce qui t'a décidé à aller vers Joan ?

Curt lui jette un regard en coin, sourit :

- La peur de la perdre définitivement. Et la conscience qu'elle était ce qui me manquait. Qu'elle était aussi celle qui pouvait partager ma vie et que j'avais envie de partager la sienne. Et pas seulement la retrouver durant les missions. Que je voulais être à ses côtés, et l'avoir à mes côtés, le plus possible.

Ken se gratte la tête. Cela ne l'aide pas pour l'instant.

- Et puis..., poursuit Curtis dans un murmure. Et puis... je n'avais jamais vu des yeux aussi beaux que les siens et un jour, j'ai senti que la vie n'aurait pas de sens sans son regard, que je ne pourrais pas vivre sans elle. Tout simplement. Ce n'était... ce n'était même pas une question d'être heureux, mais vraiment une question de vie.

Ken n'ajoute rien, reste pensif, tout en surveillant le ruisseau qui descend maintenant de la montagne et en vérifiant que les relevés s'affichent bien sur le petit écran à côté de lui.

- Regarde, Ken, là-haut. Le paysage devient plus doux, tu vois ? Je crois qu'on arrive sur le plateau.

http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/5248100.jpg

http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/13750038.jpg


Ils retrouvent le reste de l'équipe peu après, Grag se pose dans la vaste prairie d'où émerge la source de leur rivière. Le soir s'avance, les rayons de Calenda se font plus doux. Le temps est beau, sec. Ils vont encore pouvoir manger et dormir dehors ce soir.

Joan est un peu étonnée du comportement de Ken, ce soir-là. Il la regarde étrangement, elle s'inquiète de sa journée, de ce qu'ils ont fait Curt et lui.

- Vous n'avez pas eu trop de mal à remonter jusqu'à la source, Ken ?
- Ca a été. Par moment, on a hésité un peu, on s'est posé aussi. C'était beau, par contre.
- Oui, vu de plus haut aussi. Tu as trouvé une autre idée pour le nom de la rivière ?
- Non, je vais devoir choisir entre "Orgues" et "Gourd".

Il la regarde alors, un peu fixement, et dit :

- Je crois que je vais l'appeler "Orgues". Parce que c'était plus beau et impressionnant.
- C'est un beau choix, surtout qu'on en a trouvé tout du long ou presque. C'est typique de cette rivière. Enfin, pour l'un comme l'autre choix, tu pouvais facilement l'expliquer.
- Oui. Mais les orgues sont plus beaux.

Elle lui sourit :

- Maintenant, tu n'as plus qu'à rédiger ce chapitre de ton dossier. Ce ne sera peut-être pas le plus difficile ?
- Va savoir !, dit-il d'un ton moqueur. Peut-être plus que le choix lui-même...
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 23. Juli 2013, 13:10:43 Uhr
Coucou!

Le blues de Joan (et le tien, Limeye, quand tu pars de là-bas, comme tu dis) sont bien compréhensibles, je ressentirais la même chose...

J'ai tellement apprécié les confidences de Curtis à Ken, en réponse à la question de ce dernier! Il y a tellement de sensibilité dans ce passage... j'ai fondu, je vais devoir me remettre en un seul morceau pour aller travailler!

Bonne journée à tout le monde!

Flamme
 [flower]
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 24. Juli 2013, 08:53:44 Uhr
Coucou à toutes et tous,

Flamme, combien de fois te seras-tu "recollée" en un seul morceau, dis-moi  :D ?

Pour les derniers jours de leur exploration, je vous propose de découvrir cette partie de la région que l'on appelle Plateau ardéchois, et qui s'étend aussi sur une partie de la Haute Loire. C'est encore un paysage différent, mais personnellement, autant je peux me passer d'aller voir les Gorges à chaque séjour, autant il m'est impossible de ne pas "monter sur le plateau".  ;)

belle journée ! bizz

Limeye  :)



24 juillet. Le plateau

http://www.youtube.com/watch?v=hOmmBzgTmLw&list=RD02n2pJouMmjp0

En repartant ce matin, Joan jette un dernier coup d’œil vers la vallée. Ils vont entamer la dernière partie de leur exploration, et dans quelques jours, rejoindre la source d'Aigues. La boucle sera alors bouclée, et ils devront repartir pour Doban. Elle se sent un peu triste, comme si c'était la fin des vacances. Pourtant, elle sait qu'il leur reste encore de belles choses à découvrir, et plusieurs semaines à passer avec Curtis. Plus le temps passe, et moins elle a envie de replonger dans son quotidien new-yorkais. Elle le ressent, mais ne sait pas encore comment l'exprimer. Un fugace sourire éclaire son visage quand elle repense à la suggestion totalement farfelue de Jelle : "Faites un bébé, tu iras vivre des mois sur Tycho. Après, tu seras tellement occupée par ton rôle de jeune maman qu'il faudra inventer toutes sortes de prétextes pour t'en faire décoller." C'est vraiment totalement farfelu. Elle est incapable de s'imaginer enceinte de Curtis.

http://imganuncios.mitula.net/plateau_ardechois_jerbier_de_jonc_96635351625073121.jpg

Mais il est temps de repartir, et elle abandonne son poste d'observation pour regagner le vaisseau. Un quart d'heure plus tard, ils décollent et commencent le survol d'une vaste étendue de prairies et de forêts.

http://meteo-mezenc.fr/photos/Septembre-2011/35.jpg

Là où ils se trouvent, le plateau est encore étroit, au nord s'ouvre une profonde vallée, creusée par un autre affluent du fleuve Craw, au sud, c'est le doux moutonnement des monts et volcans qu'ils ont explorés depuis deux semaines. Vers l'ouest, devant eux, le plateau s'élargit petit à petit. Ils devinent par endroits des monts et des collines qui en surgissent, mais l'ensemble n'est pas du tout accidenté comme ce qu'ils ont vu les jours précédents. Grag est satisfait : ici, il pourra poser le Comète sans difficulté, il n'aura même que l'embarras du choix.

En fin de matinée, Simon propose une première étape, pour ramasser des plantes. La végétation est encore totalement différente de celle qu'ils ont vue plus au sud. Il y a là beaucoup de résineux, typiques des régions de montagne. La limite entre résineux et feuillus est d'ailleurs bien marquée sur les flancs du plateau. Ils y trouvent aussi une grande variété des plantes des montagnes, herbes, céréales, fleurs. Simon est absolument ravi de ce qu'ils engrangent.

http://meteo-mezenc.fr/photos/Septembre-2011/27.jpg
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 24. Juli 2013, 12:48:51 Uhr
Coucou à toutes (tous)!

Limeye, pour répondre à cette question:

"Flamme, combien de fois te seras-tu "recollée" en un seul morceau, dis-moi ?"

Ça fait longtemps que j'ai perdu le compte...  ;D

Les photos du plateau ardéchois sont magnifiques, c'est étrange de voir tous ces rochers éparpillés ça et là...

Ça m'a fait sourire de lire que Joan est incapable de s'imaginer enceinte de Curtis: nous, à force de forumiser, on n'a pas cette difficulté!  [baby]

Bonne journée à tout le monde!
Flamme
 :D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 25. Juli 2013, 10:55:30 Uhr
Hello à toutes et tous !

c'est vrai que ces paysages sont particuliers. Je vais essayer aussi de vous trouver un ou deux liens vers des images en hiver, vous pourrez voir qu'il y a parfois des hauteurs de neige impressionnantes !

pour cette journée et celle de demain, j'ai apporté une modification à la géographie ardéchoise, puisque je fais partir la source d'Aigues non de l'endroit où l'Ardèche prend sa source, mais à la place de la Loire.

belle journée à vous !

bizz

Limeye  :)



25 juillet. Le Gerbier

http://www.youtube.com/watch?v=maAyfcO-X3k   

Il est midi quand ils décollent à nouveau pour avancer vers l'ouest. Très vite, devant eux, se dresse un étrange pic, entièrement dénudé. Il semble être constitué d'un amas de roches, plus ou moins volumineuses et plutôt plates. Ils se posent à côté, Ken se dit capable d'en tenter l'ascension. Curtis comprend vite qu'ils n'iront pas plus loin aujourd'hui.

http://www.photo-luc-olivier.fr/wp-content/themes/photo-luc-olivier.fr/albums/WSPP/B_Auvergne/A_Haute_Loire/H_Vall_e_de_la_Loire/gridBig/Le_Mont_Gerbier_de_Jonc002.jpg

- C'est quoi, Capitaine ? Comment une telle montagne a-t-elle pu surgir ?
- Réfléchis un peu, Ken. Qu'as-tu vu depuis des jours ? Essaye de comprendre ce qui s'est passé.

L'adolescent observe les lieux.

- C'est un volcan ?
- Oui.
- Pourtant, il n'y a pas de coulées de lave, de scories... les pierres sont toutes plates ! Pas du tout rondes...

Curtis lui explique les différentes formes de volcans, et comment celui-ci en particulier a été créé.

C'est cependant Otho qui attire leur attention. Eek et Oog sont partis batifoler dans la belle prairie qui s'étend devant le mont. Il les a suivis et trouve très vite une source.

- Est-ce que ce ne serait pas notre source, Capitaine ?, dit l'androïde. Je vais vérifier avec nos relevés.
- C'est tout à fait possible, dit Simon. Nous ne devons pas en être bien loin, de toute façon.
- Je crois que c'est ça !, dit Otho en ressortant du vaisseau.
- Déjà ?, s'étonne un peu Curtis. J'aurais pensé qu'elle était encore un peu plus loin vers l'ouest. Bien, on va avoir du travail ici alors. Déjà, déterminer son parcours, et faire la jonction avec l'endroit où on avait quitté Aigues. Grag, viens m'aider, on va installer le matériel dans le Cosmolem, et cet après-midi, on descendra en exploration.

http://madame.lefigaro.fr/sites/default/files/imagecache/image-diaporama-photo/2013/03/03-bis_-les_sources_de_la_loire_0.jpg 

Tout l'après-midi, avec Joan et Ken, il survole la rivière, mais s'ils arrivent aisément à retrouver leur dernier point de repère, au cœur de la montagne, il leur est beaucoup plus difficile de déterminer la source exacte. De nombreux rus alimentent en effet la rivière, depuis le plateau. Curtis décide d'en dresser une cartographie très précise, ce qui les oblige à parcourir à pied les grandes étendues de prairies. Ce n'est qu'en fin de journée, fourbus, mais heureux car ils en ont terminé, qu'ils retrouvent leurs amis au campement.

Grag leur a préparé un bon repas, Otho a monté les tentes. Une belle soirée s'annonce encore.

- Demain, je fais l'ascension !, promet Ken en bâillant. On doit avoir une vue terrible de là-haut !




En bonus : le Mont Gerbier de Joncs en automne
 
http://www.photo-luc-olivier.fr/wp-content/themes/photo-luc-olivier.fr/albums/WSPP/B_Rh_ne_Alpes/A_Ard_che/B_Montagne_Ard_choise/gridBig/Le_mont_Gerbier_de_Joncs_1.jpg   
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 26. Juli 2013, 09:34:30 Uhr
Journée spéciale "les deux affreux"...  :D



26 juillet. Une journée au Gerbier

C'est Simon qui arrive le premier au sommet, sans aucune difficulté, bien entendu. Mais sa présence aide beaucoup les marcheurs, pour choisir certaines voies. Ils sont montés par le flanc est, qui présente des éboulis à son pied, mais ensuite, le cheminement est plus aisé. La face nord, elle, est très abrupte. Enfin, au bout de trois heures d'ascension, ils parviennent au sommet. Malgré le soleil, il y fait frais, et surtout, il y a beaucoup de vent. Mais la vue est splendide et aucun ne regrette d'être monté. Au Nord s'étend la vallée de l'autre affluent, et toute une enfilade de petites vallées et de petits monts. Vers l'Est, ils devinent des sommets enneigés, ceux du grand massif situé sur la rive gauche du fleuve Craw. Devant eux, au Sud, dans le lointain, ils voient se dessiner le causse au-delà des petites montagnes. Enfin, vers l'Ouest, le plateau s'élargit encore, mais une nouvelle montagne, facilement identifiable comme étant aussi un ancien volcan se dessine. C'est là qu'ils iront demain.

Ils redescendent prudemment du mont, s’installent près de la source pour déjeuner. Malgré le vent léger, les rayons de Calenda invitent à la torpeur et au farniente. Après plusieurs journées bien remplies, Curtis accepte de laisser l’équipe souffler l’après-midi. Ils vont rester dormir au pied du mont, et ne repartiront que le lendemain.

- Dis donc, vieux tas de ferraille, ça commence à sentir la fin du séjour, tu ne trouves pas ?
- Hé oui… dommage, on était bien, ici.
- A mon avis, on reviendra.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça, boule de gomme spongieuse ?
- J’ai entendu le chef en parler avec Simon. Ils voulaient revenir en plein hiver, pour faire des comparaisons.

Le grand robot se gratte la tête.

- Faudra alors trouver un autre prétexte pour amener Joan avec nous. Je crois qu’il va falloir qu’y réfléchisse nous aussi.
- Moi, j’ai bien une idée de prétexte pour la garder avec nous, mais bon, je ne suis pas certain qu’ils soient d’accord.
- Moi aussi, mais tu penses à quoi ?
- Reconnais que nous avons la même idée et que pour une fois, nous sommes certainement d’accord.
- Tu veux dire un bébé ?, dit Grag d’un air béat.
- Hé oui !
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: O-tho am 27. Juli 2013, 07:33:01 Uhr
Coucou Limeye,

Ah! Excellents ces 2 affreux...entre eux et Jelle, Curtis et Joan n'ont qu' a bien se tenir!
Mais ca fait chaud au coeur de savoir qu'ils ont deja accepte Joan a part entiere et meme plus...Comment leur en vouloir... ;D

O-tho
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 27. Juli 2013, 10:22:57 Uhr
Coucou O-tho, coucou à toutes et tous,

j'aime beaucoup le côté "comploteurs en douce" des deux affreux  :D !

pour cette nouvelle journée, je te remercie, O-tho, de m'avoir permis d'utiliser un de tes défis. J'ai apporté quelques modifications pour pouvoir l'intégrer à mon propre récit.

belle journée ! bizz

Limeye  :)


27 juillet. Le Mezenc


http://www.youtube.com/watch?v=if-UzXIQ5vw

Ils sont repartis tôt, Curtis veut consacrer toute la journée au mont qu’ils ont aperçu dans le lointain, depuis deux jours, et qui est le plus élevé des alentours. C’est aussi un ancien volcan, dont le cratère se distingue parfaitement parmi les amas de roches.

En survolant les prairies, Ken aperçoit des petits animaux qui caracolent.

- Vous avez vu ?
- Oui, Ken, dit Simon. Voici les cousins ixiens des marmottes terriennes !
- Vous croyez qu’on va pouvoir les approcher ? J’aimerais bien en toucher une !
- On va essayer. Otho, quand on sera posé, tu iras avec Ken pour placer un piège. On verra bien ce que ça donne. On l’observera un peu et on le relâchera ensuite.

Ken va se maudire durant plusieurs heures. Pas facile d’attraper cette bestiole ! Ils ont placé le piège à l’entrée d’un des abris, sous les rocailles, mais Curtis a bien insisté : lui et Otho doivent rester sur place, afin de ramener l’animal au Comète dès qu’ils en auront attrapé un. Pas question de le laisser en cage trop longtemps. Ils se sont installés un peu plus loin, mais s’ils entendent les petits animaux siffler et parfois en distinguent qui courent dans la prairie ou sortent de leurs abris, aucun ne semble vouloir sortir de l’abri qu’ils ont choisi pour le piège.

- Il commence à faire chaud, se plaint Ken au bout d’une heure d’observation.
- Ken, je te signale que c’est toi qui as eu l’idée… et pour l’heure, je suis bien obligé de rester avec toi, alors arrête de te plaindre. Si quelqu’un est à plaindre dans l’affaire, c’est moi !, lui répond Otho.
- Tu crois qu’on pourrait prétexter d’aller chercher une bouteille d’eau et puis revenir ? Ca nous ferait une pause et si ça se trouve, la bestiole, elle ira dans le piège quand on se sera absenté…
- Possible. Mais faut qu’on revienne d’ici dix minutes, sinon, le chef va nous houspiller et Grag en profitera pour nous coller de corvée de vaisselle ce soir.
- De toute façon, c’est notre tour pour la vaisselle… ça ne changera rien !, dit Ken en riant.

Ils quittent alors leur abri, pour rejoindre le Comète, posé au pied du volcan. A bord, personne, toute l’équipe est partie en exploration sur le volcan. Ils en profitent pour prolonger leur pause en s’offrant un en-cas et Ken lance à Otho le défi d’une course spatiale en jeu vidéo. Deux heures plus tard, ils ressortent du vaisseau, constatant avec soulagement que personne ne se trouve aux alentours.

- Bon, retournons vite à notre poste, Ken. On sait jamais, le chef pourrait nous voir de là-haut…

Pas de chance, le piège est toujours vide. Otho propose alors à Ken de s’installer ailleurs, plus loin.

- Et puis, on n’est pas malin, Ken, on n’a pas fait attention au vent… on était sous le vent ! Elles ont dû nous sentir…

Il leur faudra attendre le milieu de l’après-midi seulement pour entendre le déclic caractéristique du piège qui se referme. Ils bondissent alors de leur planque et s’approchent. Une petite marmotte est en effet prisonnière.

- Ne t’inquiète pas ma belle, on te remet en liberté demain. Tu vas être la première marmotte à monter à bord d’un vaisseau spatial ! Imagine l’envie que tu vas provoquer auprès de tes copines !

Mais ramener l’animal, même dans le piège s’avère presque aussi compliqué de que l’avoir attrapé, mais moins long. Elle gigote, la cage remue, elle tente de passer une patte par les petites ouvertures, griffe, mordille la main d’Otho qui la porte.

L’androïde pousse un soupir de soulagement en entrant dans le laboratoire :

- Tiens, chef ! Maintenant, débrouille-toi avec notre nouveau pensionnaire ! Je te préviens, elle a un caractère de cochon…

Ken, quant à lui, file à la cuisine pour prendre son goûter et s’étale lamentablement sur les fauteuils de la salle de repos. Joan qui les a entendus arriver passe la tête par la porte et lui dit :

- Allons Ken, ne fais pas la grosse flemme, viens donc m’aider à ranger ces échantillons !
- Pff, sous cette chaleur c’est un vrai miracle si j’arrive à bouger, bougonne l’adolescent tout en s’exécutant, il sait pourtant pertinemment quelle chance il a d’être sur le deuxième continent d’Ixio avec Joan et toute l’équipe du Capitaine.

Apres avoir soigneusement classé les échantillons de plantes qu’elle a ramassés tout au long de la journée sur les pentes du volcan, Joan passe voir Curtis.

- Qu’est-ce que c’est que ca ?, demande-t-elle intriguée, elle n’a jamais rien vu de pareil, même sur l’autre continent.

Curtis est en train d’examiner l’animal que Ken et Otho ont si difficilement ramené.

- Je ne suis pas encore bien sûr, répond Curtis, une lueur d’excitation dans ses yeux. Je l’ai déjà passé aux rayons X, mais il est si surprenant, que je vais préparer d’autres échantillons et le passer au MRI pour avoir des détails supplémentaires sur son anatomie.
- Surprenant dans quel sens ?, demande Joan, maintenant tout aussi curieuse. Une main sur l’épaule de Curtis, elle se penche au-dessus de la cage de l’animal, l’observant de plus près.
- Et bien, on dirait un mammifère, toutefois il a des caractéristiques du marsupial avec une poche pour le développement des petits, et on dirait qu’il… euh… pond des œufs... comme... euh… les monotrèmes… et…

La proximité de Joan commence à l’affecter dangereusement. Il fait l’erreur de tourner la tête vers elle et de baisser légèrement les yeux. C’est alors qu’il aperçoit une goutte de sueur perler dans son cou et il suit, fasciné, son parcours jusqu’à sa disparition entre ses seins, généreusement relevés par le décolleté de son T-shirt. Il déglutit difficilement et relève les yeux sur le visage de Joan, qui plonge son regard dans le sien, un sourire décadent sur ses lèvres…

- Ils vont où comme ca tous les deux, ensemble ?, interroge Grag à la vue de Curtis entrainant Joan par la main d’un pas rapide vers la forêt, une couverture à la main.
- Ben ils parlaient des théories de la reproduction des mammifères, lui répond Otho avec un grand sourire et une bière bien fraîche à la main, et maintenant je crois qu’ils passent aux travaux pratiques…
- Alors, on est bien parti.
- Bien partis pour quoi ?
- Ben, pour le bébé, abruti !


En bonus
: l'hiver sur le Mezenc

http://www.mezenc.eu/album/hiver/T2020111_rt.jpg
http://img11.hostingpics.net/pics/533008P1060119.jpg 
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 28. Juli 2013, 02:39:38 Uhr
Coucou! Limeye, la première photo du paysage hivernal, avec le coucher de soleil (enfin, je crois que c'est un coucher de soleil), est sublime!

J'ai adoré le dialogue en fin de texte, tout comme pour le passage précédent! Trop attendrissants, les deux affreux, quand ils se mettent à projeter l'avenir de Joan et Curtis avec un bébé! Et la remarque d'O-Tho est judicieuse, ça me fait chaud au cœur moi aussi de voir à quel point Joan s'est fait une place dans leur cœur! (pas de Smiley fondant!)

O-Tho, ce passage que tu avais écrit dans un mini-défi s'insère tellement bien dans ce récit, on dirait presque qu'il a été écrit pour ça! Et ça donne un caractère drôlement coquin à ce passage, j'ai eu un très large sourire plein de dents en le lisant!  ;D

Flamme
 ;D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 28. Juli 2013, 11:29:59 Uhr
Coucou !

quand O-tho a rédigé son défi, j'étais encore loin de ce passage et je ne voyais pas vraiment comment l'insérer, et finalement, les marmottes me sont revenues à l'esprit...

belle journée ! bizz

Limeye  :)


28 juillet. Au pied du Mezenc


Après les péripéties de la veille avec la marmotte qui a été presque aussi difficile à relâcher qu’à attraper, car elle ne voulait plus s’éloigner de ses nouveaux amis, trouvant notamment Oog tout à fait à son goût, Curtis décrète une journée de repos. Ils ont quasiment terminé toute leur exploration, mais il veut encore réaliser un grand survol du plateau, et consacrer encore une journée à un lac qu’ils avaient aperçu lors de leur premier passage, en arrivant sur Ixio. Mais compte tenu qu’ils n’ont pas pris de retard sur leur planning d’exploration, il estime qu’il peut accorder cette journée de farniente à toute l’équipe. Simon, quant à lui, veut de toute façon terminer le rangement des nombreuses plantes qu’ils ont ramassées la veille.

http://www.youtube.com/watch?v=xHk3vISlXX8   

Le soir, avec Joan, il remonte sur le sommet du volcan pour admirer une dernière fois la vue. Du haut du volcan, avec les couleurs changeantes du soir, ils goûtent à la paix qui se dégage des montagnes. Ils se sentent très privilégiés, d’avoir pu être les premiers à découvrir cette région, d’avoir contribué aussi à une meilleure connaissance du deuxième continent et de ses richesses, mais aussi d’avoir engrangé images, souvenirs, et pour Joan, nombreuses sources d’inspiration pour ses dessins futurs. Elle sait déjà qu’elle pourra occuper bien des soirées d’hiver à dessiner, se remémorant les lieux, les couleurs, les atmosphères qu’elle aura gardés en souvenirs.

Ils savent aussi pertinemment que ce séjour a été une chance, mesurent combien ces semaines ont été des moments de paix dans une vie quotidienne bien mouvementée. Qu’ils ignorent quand ils pourront retrouver de tels moments, et cela donne encore plus de prix aux dernières heures qu’ils vont passer ici.

Ils ne regagnent le vaisseau qu’à la nuit complète, après avoir profité un long moment du coucher de soleil, mais aussi des constellations d’Ixio qui se sont allumées presque pour eux seuls, les unes après les autres.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 29. Juli 2013, 09:08:27 Uhr
29 juillet. Issarlès

http://www.youtube.com/watch?v=iRYvuS9OxdA   

Ils décollent dans la matinée, en direction du sud. Ils survolent pendant un moment la petite rivière d'Aigues, avant d'obliquer vers le sud ouest, et se retrouvent rapidement au-dessus d'un lac, qui s'est formé dans le cratère d'un ancien volcan.

http://www.location-gite-ardeche.com/issarles/issarles.jpg 

Curtis pose le Comète dans un champ, près de la rive. Au cours de la journée, ils vont en faire le tour à pied, profitant de l'ombre bienfaisante des arbres. Ils effectuent là leurs derniers relevés et prélèvements, en roches et plantes.

http://www.location-gite-ardeche.com/issarles/issarles-lac.jpg 

De retour au campement, tous veulent profiter d'un dernier bel après-midi et Ken passe plusieurs heures dans l'eau. Il se sent prêt à mettre Joan au défi de traverser tout le lac à la nage, mais se retient : il n'est pas sûr du tout de pouvoir tenir la distance, et ne veut pas que le reste de l'équipe se moque de lui parce qu'il aura fallu aller le chercher en Cosmolem en plein milieu.

Le soir s'avance, les lumières se font douces sur le plateau. Ils ont prévu un dernier feu de camp, à la grande joie de Ken, mais aussi de tous. Le jeune adolescent insiste pour dormir dehors, Otho se dévoue pour rester avec lui. Blottie entre les bras de Curtis, Joan voit les étoiles s'allumer une à une et distingue le Soleil. Dans une semaine environ, ils repartiront dans sa direction. Elle ignore encore combien de temps elle pourra rester sur Tycho avec Curtis, mais elle sait déjà qu'elle en profitera au maximum.

Lorsque la nuit devient bien noire, tous deux retournent dans le vaisseau avec Grag, laissant Otho et Ken dormir sous la tente. Quand ils se retrouvent tous deux dans la cabine du Capitaine, Curtis l'enlace et lui dit :
 
- Dernière vraie nuit à bord, mon amour. Les prochaines, nous serons en vol... profitons-en !

Elle lui sourit, mutine :

- Je vois très bien de quelle manière tu veux que nous en profitions...
- Hum, pas toi ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 29. Juli 2013, 12:54:10 Uhr
Coucou!

J'espère qu'ils vont en profiter au maximum! Parce qu'on sent que le retour est proche... cette évocation n'est pas tellement plaisante, j'aimais bien ce voyage en photos!  :D

Bonne journée à tous (tes)!

Flamme
 8)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 30. Juli 2013, 09:39:28 Uhr
Coucou toutes et tous !

Eh oui, toute chose a une fin... l'expédition s'achève aujourd'hui, j'espère avoir réussi à vous faire voyager comme j'ai essayé de les faire voyager eux aussi, et je crois bien que cela vous aura dépaysé(e)s ! Dernières photos également, avec notamment deux en bonus sur l'hiver sur le plateau ardéchois... bon, je sais que ça fera sans doute "petit" par rapport à ce que vous avez au Canada, mais je peux vous assurer que moi qui connais les lieux en été, quand on voit sur certaines photos que la neige recouvre les panneaux routiers... ce n'est pas forcément qu'il en tombe beaucoup (quoique), mais qu'avec la burle (le vent qui souffle là-bas), elle s'agglomère par endroits en couches très épaisses.

Sur la deuxième photo, vous pouvez voir l'enfilade des Monts, le plus à gauche avec encore un peu de neige au sommet étant le Mezenc, le plus à droite, avec sa forme bien caractéristique en pain de sucre étant le Gerbier de Joncs.

Profitez donc bien de cette dernière journée, moi, je commence déjà à songer à leur retour...

Bizz !

Limeye  :)


30 juillet. Dernier jour sur le plateau

http://www.ardeche-nature-photographies.com/photos/phototheque/previews/1108237801.jpg 

Ken a ouvert les yeux avant Otho, il sort sans bruit de la tente. Dehors, Calenda étire ses premiers rayons. Il est enchanté de voir les belles lumières dorées se glisser sur le lac, entre les arbres. Quand la lumière se fait moins chaude, il regagne le vaisseau. Grag s'active déjà en cuisine pour préparer le petit déjeuner. Otho dort encore, du moins, c'est ce qu'ils en supposent tous les deux. Mais l'androïde est en train de se battre avec la tente pour la démonter. Grag le rejoint, Ken le suit, mais il fait vite demi-tour pour retourner au Comète. Les deux amis sont en train de se houspiller de la plus belle manière qui soit.

Une fois que tout rentre dans l'ordre et que chacun a déjeuné, Curtis donne le signal du départ. Ils prennent la direction de l'ouest, laissant derrière eux Aigues et sa longue promenade à travers le plateau, les douces collines des volcans, laissant les gorges profondes et les grottes inviolées. Face à eux, lors du décollage, ils peuvent admirer une dernière vue de l'ensemble des monts qu'ils ont arpentés au cours des derniers jours.

http://www.alain-collet.com/MassifCentral/GR7/Photo_big/GR7-035.jpg 


En bonus : le plateau en hiver

http://img11.hostingpics.net/pics/501178LAigueNgre3.jpg

http://i78.servimg.com/u/f78/12/88/77/56/08_12_15.jpg
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 31. Juli 2013, 09:32:03 Uhr
J'ai fait court pour ces derniers jours, mais j'ai d'autres laits sur le feu  ;)

Limeye  :)


31 juillet. Doban

Ils sont arrivés à Doban hier soir, en fin de journée, mais c'est seulement ce matin que Curtis se rend à l'université pour revoir les deux chercheurs, Edward Quinn et Emilie Farrow. Il s'étonne un peu que Joan ne souhaite pas l'accompagner, mais n'y prête pas plus attention. Simon est avec lui, ainsi qu'Otho. Joan reste au Comète pour aider Ken dans sa rédaction, et préparer les affaires pour les quelques jours qu'ils vont passer à Glenogan avant de reprendre le chemin de Tycho. Elle lui a caché la vraie raison de ne pas se rendre à l'université : elle n'a pas envie de recroiser Tony.

Ce n'est qu'en milieu d'après-midi qu'ils redécollent de Doban pour rejoindre Ixiopolis, puis Glenogan. Cette fois, Victor et Salomé sont venus les attendre, ravis de revoir toute l'équipe. Simon est curieux de voir Glenogan et seuls Grag et Otho restent au Comète.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 1. August 2013, 04:22:42 Uhr
Sniff, l'expédition est finie...  :'(  Mais tu l'as terminée avec deux magnifiques photos hivernales!

Ça me semble difficile de reprendre la vie de tous les jours après ça!  :( Un peu comme un retour de vacances, non?...  Il y a quand même le voyage de retour et quelques jours sur Tycho, où ils vont pouvoir encore être ensemble, au moins...

Flamme
 :)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 1. August 2013, 11:06:56 Uhr
Hé oui, pas facile de reprendre pied après ces semaines de vacances / exploration. Moi aussi, il va falloir que je retrouve de l'inspiration... sinon, je les réexpédie en mission, mais j'avais prévu cela plutôt pour septembre. A voir donc si j'arrive à suivre le rythme de la petite chronique quotidienne quand même au mois d'août. Il y en a une qui me sauve la mise, c'est Jelle, vous allez comprendre pourquoi...  ;)

Belle journée à vous !

Limeye  :) reprise du travail aussi (gloups, je sais plus rien faire  :D !)


1er août. Ael Vraz

- Alors, Ken, raconte-nous un peu plus tout ce que tu as fait et vu durant ces semaines ! De ce que vous nous en avez dit lors de vos appels, ça paraît fantastique !
- C'était génial, Victor. On s'est baigné presque tous les jours...
- Ca, ce n'est pas très original. J'en connais une qui se baigne presque tous les jours quand elle vient à Glenogan...
- Oui, mais on a été dans une grotte aussi ! Et on a vu des aigles ! Une marmotte !
- Une marmotte ?
- Oui !

Et Ken de se lancer dans le récit de leur exploit à Otho et lui-même pour avoir réussi à en attraper une. Curtis sourit à Joan d'un air entendu en l'écoutant raconter leur labeur. Puis Joan se lève, aide Salomé à débarrasser la table. Elles se retrouvent toutes les deux dans la cuisine. Il fait bon dans la maison, Victor a allumé un grand feu au réveil. L'hiver s'étire à Glenogan, mais déjà, des petits signes du printemps se font sentir, les crocus émergent dans la pelouse et les premiers perce-neige se sont ouverts.

- Alors, ma chérie ? Ce séjour t'a donné de ces couleurs !
- C'était vraiment magnifique, maman, tu sais. Les paysages étaient grandioses, et aujourd'hui encore, j'ai bien du mal à dire quel endroit j'ai préféré. Je vous ferai un petit dossier de photos, je suis certaine que cela plaira à Victor.
- Certainement ! Tu as rapporté des croquis, aussi ?
- Beaucoup... je vais avoir de la matière pour dessiner pendant des mois !
- Cela te changera du jardin et de la plage...
- C'est très différent, et je sais que je continuerai quand même à dessiner la plage et notre jardin.
- En tout cas, toute l'équipe a l'air enchanté de cette exploration, et je suis certaine que Quinn et Farrow se réjouissent déjà de tout ce que vous avez pu ramener.
- Curtis aimerait y retourner en hiver, pour voir la différence...
- Lui viendrait-il des envies de poursuivre l'exploration du deuxième continent ?
- Je crois qu'Ixio lui plaît de plus en plus, tu sais. Il est vraiment fasciné et comment dire... admiratif aussi de ce que nous avons fait avec le deuxième continent. C'est totalement dans sa philosophie de vie.
- Je suis heureuse que vous ayez eu ces semaines ensemble, tu sais, ma chérie. Je me suis réjouie pour vous chaque jour.

Joan sourit à sa mère adoptive.

- Comment va Jelle ?, demande-t-elle pour ne pas laisser voir son émotion.
- Il va falloir que tu l'appelles. Elle a dans l'idée de prévoir le baptème d'Aziliz pour la fin août.
- Vous repartez avec nous, alors ?
- Non, on partira avec un vaisseau de ligne. On va avoir le jardin à préparer d'ici peu, et nous passerons sans doute tout le mois de septembre sur Terre...
- Hum, je vois, vous allez anticiper un peu, alors.
- Tout à fait !
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 2. August 2013, 10:32:07 Uhr
2 août. Ael Vraz

Joan s'installe dans la petite pièce où se trouve le transmetteur et compose le code de Jelle. C'est la fin d'après-midi à Vancouver, et elle espère que son amie sera chez elle. Elle a hâte d'avoir de ses nouvelles.

- Coucou ma Jelle !
- Ah, ma Joan ! Je suis contente de te revoir et de t’entendre !
- Comment vas-tu ? Les filles ? Davies ?
- Tout le monde va bien. Il fait une chaleur par contre… mais Narna déborde d’énergie, je me demande comment elle fait. Heureusement qu’on n’est pas loin de la mer, je l’y emmène le plus possible. Et le jardin reste frais. Je n’aurais jamais cru qu’il aurait fait si chaud…
- Ne me dis pas que c’est pire qu’à New York ?
- Non, heureusement. Mais raconte-moi ? Vous êtes chez papa et maman ?
- Oui, pour quelques jours. On va repartir pour Tycho ensuite…
- La fin de l’expédition s’est bien passée ?
- Très ! On a vu des endroits magnifiques, tu verras sur les photos. Je suis certaine que tu aurais aimé toute cette nature !
- Certainement. Vous ferez un petit détour par Vancouver à votre retour ?
- Oui, je pense que je pourrais demander cela à Curt. J’ai hâte de te revoir et de revoir les filles. Et de toute façon, je voudrais aussi passer voir maman…
- On était à New York la semaine dernière avec Davies. Juste trois jours, on avait laissé Narna à des amis, et emmené Aziliz. Je suis allée la voir.
- Ca allait ?
- Comme toujours, Joan. Mais en cette saison, elle est mieux, je trouve. Enfin, moi, je l’ai trouvée mieux que la dernière fois que je l’avais vue, avant de venir ici.
- Davies était avec toi ?
- Oui.
- Et il en a pensé quoi ?
- Pas grand-chose en fait. Il n’a pas vu de changement…

Le visage de Joan se voile d’une légère ombre. Jelle la remarque et change rapidement de sujet :

- On a vu Ezra aussi. Il était rentré de mission. Il a dit qu’il allait prendre des vacances. Il viendra nous voir un peu. Et là, on attend les parents de Davies, ils doivent arriver vers le 15 août.
- Maman m’a dit que tu envisageais le baptême d’Aziliz à la fin du mois ?
- Vers le 20. Tout le monde sera là. On voudrait en profiter du fait que les parents de Davies seront là, ainsi que son frère et sa belle-sœur.
- Ca va vous faire du monde d’un coup !
- Même pas peur !
- Ca, ça ne m’étonne pas de toi !, dit Joan en riant.
- Tu en parles avec Curt ?
- Oui, bien sûr.
- Tu crois que tu seras encore sur Tycho à cette période ?
- Déjà, je crois que Curtis ne va pas annoncer tout de suite à Anders qu’on est de retour d’expédition. Ensuite, il va lui faire savoir qu’il faut que je reste encore un peu sur Tycho pour dépouiller toute la matière qu’on a ramenée, et là, ce ne sera même pas un mensonge. Mais je ne pense pas que je pourrais aller au-delà du 1er septembre. Sans compter qu’il faut aussi s’occuper de Ken.
- Il a bien travaillé avec vous ?
- Oui. Je crois que c’était une bonne expérience pour lui. Il a pris en assurance aussi, il a vu beaucoup de choses, compris aussi comment on menait une étude scientifique. Il a bien avancé dans son compte-rendu… non, franchement, pour Ken, c’est tout à fait positif.
- Et pour toi ? Et Curt ?
- Que veux-tu que je te dise ? On est heureux, c’est tout.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 3. August 2013, 08:15:36 Uhr
3 août. Ael Vraz

C’est une journée froide et brumeuse. De la petite fenêtre de sa chambre, ce matin-là, Joan voit les lambeaux de brume recouvrir le jardin. Tout semble gris, morne. Mais elle sait que la vie n’est pas loin. Le vent a tourné hier au soir, se mettant au nord est. Et Victor a dit "Ca sent la neige".

Avec Curt, elle a prévu d’aller faire un tour jusqu’à sa petite plage. Ils n’y sont pas encore allés depuis leur retour du deuxième continent, elle a envie aussi d’avoir un petit moment juste avec lui. Mais Ken est toujours sur leurs talons. Heureusement, ce matin, Victor a prévu de l’embarquer après le petit déjeuner pour aller jusqu’au port. Le temps calme des derniers jours a permis à quelques pêcheurs de sortir, il y aura certainement du poisson au menu des prochains repas.

Après un petit déjeuner joyeux, Ken part aussitôt avec Victor. Salomé s’active comme à son habitude, incapable de rester sans rien faire. Et elle s’empresse de les expédier au-dehors :

- Profitez-en donc, tant qu’il fait encore beau. Mais je suis certaine que ça va tomber dans l’après-midi, tu as vu comme le ciel est plombé, Joan ?
- Oui, tu as raison.

Les voilà partis pour ce petit tour. Le vent froid souffle dans leur dos, ils se sont bien emmitouflés. Main dans la main, ils cheminent le long du petit sentier côtier. La lande est d’une couleur grisâtre, les embruns des tempêtes d’hiver ont grillé les herbes, les petits buissons, les mousses. Ils descendent l’étroit sentier que Curtis reconnaît désormais très bien. La mer est à mi-hauteur, descendante, elle dégage la petite plage de sable. Elle prend des tons gris, aux nuances changeantes, plus sombres par endroits.

Blottie entre les bras de Curtis, debout dos à la mer, le visage tourné vers elle, Joan sourit :

- Tu vois qu’elle a la même couleur que tes yeux, aujourd’hui…
- N’est-ce pas l’inverse ?
- Comment savoir ?, répond-elle en riant.

Il la regarde, légèrement amusé. Et un rien provocant, il la met au défi :

- Et bien, voilà en tout cas une belle source d’inspiration pour tes prochains dessins, non ?
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 4. August 2013, 14:40:47 Uhr
Coucou Limeye!

Alors? Je vais devoir prendre ma dose quotidienne de douce sérénité en revenant de mon excursion...

C'est vrai que ça faisait longtemps que j'avais commenté... le choc de la fin de l'expédition, probablement!  Mais je voulais te dire, Limeye, comment j'ai aimé la petite conversation de Curtis et Joan sur le gris changeant de la mer et des yeux! Et aussi de replonger dans l'atmosphère d'Ael Vraz, dans la maison de Victor et Salomé... On croirait presque être invités chez eux

Flamme
 :D
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 4. August 2013, 15:31:43 Uhr
Coucou Flamme et les autres !

oui, désolée, je n'ai pas posté ce matin comme à mon habitude, je voulais essayer d'améliorer ce que j'avais écrit pour cette journée, mais ça ne vient pas... donc tant pis, je vous livre ce que j'ai fait. Je pense qu'en fait, j'ai beaucoup de mal à me remettre de leur expédition, pour laquelle les paysages m'ont aussi bien servi de supports à l'histoire, et aussi de les imaginer quitter Ixio ! Du coup, ça donne quelques journées un peu moins bonnes, je pense. Mais je vous rassure, l'inspiration m'est revenue et j'ai déjà repris une semaine d'avance !

donc voilà de la lecture, même si c'est pour après ton excursion, Flamme (désolée  :-[  ;) )

Bizz

Limeye  :)


4 aout. Ixiopolis

Grag et Otho ont profité des derniers jours pour refaire l’approvisionnement du Comète. Ils sont maintenant prêts à repartir pour Tycho. Ils attendent patiemment le retour de Ken, Simon, Curtis et Joan. Le décollage est prévu pour le début d’après-midi.

Après une dernière matinée à Ael Vraz et une promenade sur la plage avec Ken pour le faire courir, autant que faire courir le chien, ils ont repris la route vers la capitale. Le Comète les attend sur la piste numéro 6 de l’aéroport interplanétaire de la petite planète. Durant le trajet, Victor fait la conversation avec Joan et Ken. Curtis reste silencieux, regardant défiler les paysages qu’il avait vus à la fin de l’été, quelques mois plus tôt. Il aimerait revenir ici, avec Joan, durant le prochain hiver à New York, c'est-à-dire, en plein été ici. Mais il sait qu’il ne pourra peut-être pas tenir cet engagement. Et se demande déjà combien de temps il leur reste à pouvoir être ensemble, avant que les missions ne les séparent à nouveau.

Il lui faut attendre de se retrouver aux commandes du vaisseau, et d’être à nouveau dans son élément pour sentir une certaine tension le quitter. Les adieux ont été brefs, ils se reverront bientôt à Vancouver, mais c’est avec une certaine tristesse que toute l’équipe voit s’éloigner la petite planète. Même Otho, pourtant peu enclin à la morosité, a du mal à retrouver son sens affûté de l’humour. Ce n’est que dans l’espace, alors que le Capitaine lance les ordres pour le passage en vol oscillatoire qu’il va lancer sa première pique à destination de Grag.
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: flamme am 5. August 2013, 00:09:48 Uhr
Coucou!

Limeye, ne sois pas désolée, c'est juste que j'ai été surprise de ne pas voir de suite ce matin! Loin de moi l'idée de te reprocher quoi que ce soit... car je comprends très bien que tu aies du mal à "revenir" de l'expédition, je ressens la même chose... ainsi que toute l'équipe, on dirait! Tout le monde est au ralenti, morose... le retour à la réalité n'est jamais plaisant! Ils sont tous solidaires dans cette situation, c'est touchant...

Flamme
 ;)
Titel: Re: Just in your dreams...
Beitrag von: limeye am 5. August 2013, 09:38:15 Uhr
Coucou Flamme, coucou à tous !

je me remets donc en route, même si cette journée est encore une "petite" journée... ça ira mieux demain !

bonne lecture ! bon petit déjeuner  ;) !

Limeye  :)


5 août. Quelque part dans l’espace, entre Ixio et la Terre

Joan avait pris la résolution d’aider Simon dans le laboratoire durant les deux jours qu’allait durer le voyage jusqu’à Tycho. Elle l’aide à terminer les relevés de leur inventaire des plantes. Une fois dans le laboratoire, sur la Lune, il leur faudra tout ranger, et compléter leur base de données. Le professeur pourra alors commencer sérieusement l’étude des propriétés des différentes plantes, et lancer la culture de celles qui lui seront le plus utile, que ce soit pour fabriquer des médicaments ou en tirer simplement certains éléments.

Après plusieurs heures avec Simon, elle ressent le besoin d’une petite pause et va s’allonger un peu dans la cabine du Capitaine. Elle sait qu’elle devra prendre le relais d’Otho durant quelques heures, en fin de nuit. Elle sait aussi qu’elle va passer dans le vaisseau quasiment ses dernières heures, car ils ne feront qu’une étape sur Terre, jusqu’à New York. Puis ils prendront un vaisseau de ligne pour gagner Vancouver, Curtis préférant que le Comète reste sur Tycho. Après plusieurs semaines de voyage et d’expédition, il faut que le vaisseau subisse une révision complète afin d’être prêt à repartir dès que nécessaire.

Joan sent qu’une nouvelle routine s’installe, ou plutôt qu’ils vont tous retrouver leur rythme habituel. Elle se demande aussi comment vont se passer les prochaines semaines sur Tycho, et surtout, si elle pourra y rester. Anders acceptera-t-il qu’elle s’absente encore un peu, d’autant qu’Ezra sera en congés ? "Il risque de me faire rentrer plus vite qu’on ne l’imagine. Enfin, c’est Curt qui va négocier cela avec lui, au moins, je n’aurai pas à rejouer la comédie…"

Le sommeil la gagne et elle s’endort bien vite.